‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 311 sur 504 · RETZ, IV · texte numérisé non relu

RETZ, IV

— ÉTYM. Voy. BROSSER 2.

i. BROUSSIN (brou-sin), s. m. Excroissance qui vient à quelques arbres, et particulièrement aux érables,et dont on se sert dans la tabletterie.

— HIST. xiii' s. Lors vont laver et puis mengier; La table sist sur deux coissins; Desor la nape ot doux broussins, Où il avoit cierges d'argent. Fabliaux mss. p. 2G4 , dans lacurne. || xv"s. Un baston nouUu [noueux] àplusieursbroz, du cange, broca. || xvi* s. Couteaulx à manches de brossin, de ladorue. Émaux, p. 232.

— ÊTYM. Diminutif de brox ou broc, nœud, c'està-dire pointe, autre forme de broche.

f 2. BROUSSIN (brou-sin), s. m. Fromage délayé dans du vinaigre et du poivre, sorte de mets.

— ÉTYM. Brousse.

t BROUSSURE (brou-su-r'), s. f. Carie du froment.

BROUT (brou), s. m. || !• Pousse des jeunes taillis au printemps. || 2° Terme de vétérinaire. Mal de brout, maladie atteignant les animaux qui mangent le brout.

— HIST. XIII* s. Li sainglers encraisse.... De nois, de glans et de favine, Le brost desdaigne et la racine, Partonopex, 628. || xv* s. Si vient guerre, mort ou famine. Dont Dieu nous gard, quel train, quel mine Ferons nous pour gaigner le broust? villon, Baillev. et Malep. \\ xvi" s. Ils estoient la plus part du temps sans manger un jour entier, et leurs chevaux sans manger autre cho.se que du broult, m. du bell. 424. Ceulï qui ne bougent d'alentour dos tables plantureuses et friandes, qui ne cherchent que le broust, comme l'on dit, amyot. Comment dise, le flatt. 7.

— ÉTYM. Bourguig. brou , bourgeon ; provenç. brot, broto; espagn. brote, brota. II y a deux formes de ce mot ; le provençal et e.spagnol sans s, et

BRO

le français broust avec s. Le premier se rapporte h l'ancien haut-allemand . broï, bourgeon ; le second à l'ancien saxon, brusiian, bourgeonner.

I BROUTAGE (brou-ta-j') , t. m. Terme de céramique. Soubresaut qu'éprouvent les blocs dans lei moules.

— ÊTYM. Voy. BROUTER.

BROUTANT, ANTE (brou-tan, tan-f), adj. Qui broute. Les bêles broutantes, le cerf, le daim, la biche, etc. Ce roi vit un troupeau qui courait tous les champs. Bien broutant, en bon corps, la font. Fabl. X, (0.

BROUTÉ, ÉE (brou-té, tée), port, posté. L'herbo broutée par les moutons.

t BROUTEMENT (brou-te-man) , ï. m. || 1* L'aotion de brouter. || 2° Terme de métier. Saccade qu'éprouve le tour à guillncher ou godronner.

— HIST. xvT s. Broutement, dans oudin.

— ÉTYM. Voy. brouter.

BROUTER (brou-lé), v. a. || 1* Manger sur place l'herbe ou les feuilles des arbres. L'agneau broute le serpolet, La chèvre s'attache au cytise, lamart.

Harm. i, 7 le cerf hors de danger Broute sa

bienfaitrice [la vigne] ; ingratitude extrême, la font. Fabl. v, 15. Il Par extension. Nous [abeilles] ne broutons que des fleurs odoriférantes; nous ne faisons que du miel délicieux, fén. xix, 46. Tandis que des hommes créés à l'image de Dieu et rachetés de tout son sang, broutent l'herbe comme des animaux, auriez-vous la force d'y être le seul heureux? MASS. Carême, Aumône. |{ Absolument. Dès que les chèvres ont brouté. Certain esprit de liberté Leur fait chercher fortune.... la font. Fabl. xii, 4. Il Fig. et familièrement. L'herbe sera bien courte s'il ne trouve de quoi brouter, se dit de celui qui sait vivre, se tirer d'embarras là oïl d'autres ne le sauraient pas. || i' Terme de métier qui se dit d'un outil ne coupant pas le bois nettement, et en rendant la surface inégale, par comparaison avec l'effet de la dent des animaux qui broutent.

I Proverbe. Où la chèvre est attachée il faut qu'elle broute, se dit pour exprimer que le mieux est de se conformer à son sort, à sa situation, à la nécessité.

— HIST. XII* s. Plus que la chievre ne s'apese Des chous bruster, s'ele en a ese, benoît, ii, i20!)&.

II xrv* s. Dame, dist Bauduins, par la vertut discrée, Kievre convient brouster là où est assenée, Baud. de Seb. x, 347. || xvi* s. Sus, grand toreaux, et vous brebis petites. Allez au tect, assez avez brousté, MAROT, m, 303.

— ÉTYM. Wallon broster; bourguignon, brdltai; provenç. broslar, brouter, ronger, brost, rongé (voy.BBOUT).ifrou(er, dans le sens de mal couper, a donné dans les métiers broutement et broutage, au sens de saccade.

BROUTILLES (brou-ti-U', Il mouillées , et non brou-ti-ye), i. f. phir.\H° Menues branches. || ^u jmj. Terme d'hortic. Bourgeon axillaire [delà vigne]. Il 2° Fig. et familièrement, futilités, petites cho.ses inutiles et de peu de valeur. Il n'est occupé qu'à des broutilles. \\ Au sing. Amelot en était [des conseils], qui, à vrai dire, leur laissait la broutille ou les choses ré.solues, et faisait tout, ou seul ou avec la princesse des Ursins, st-sim. 243, 233.

— ÉTYM. Diminutif de brout. L'ancien français avait brousleler, diminutif de brouter.

t BROUTURE (brou-tu-r') , î. f. Branche broutée.

— HIST. XVI* s. Par mesme remède sera guéri le venin provenant de la morsure des chèvres et autres bestes, après en avoir taillé les branches par dessous les broutteures, o. de serres, iu7.

— ÉTYM. Brouter.

t BROWNIEN, lENNE (brô-niin, niè-n'), adj. Terme de médecine. Qui appartient au brownismu.

t BROWNISME (brô-ni-sm"), s. m. Système hypothétique de médecine, dans lequel, regardant la vie comme produite par l'excitabilité, on considérait les maladies comme produites par un excès ou par un défaut de cette excitabilité.

— ÉTYM. Brown, médecin écossais ds la fia du XVIII* siècle.

t BROMTNISTE (brô-ni-st'), S. m. Médecin qui était partisan du brownisme.

t BROYAGE (bro-ia-j' OU broi-ia-j'), s. m. Action de broyer.

— ÊTYM.' Broyer.

f I. BROYE (brol), s. f. Instrument en bois pour rompre le chanvre et séparer la filasse de la chèn*votte.

— ÊTVM. Broyer.

t 2. BROYE (brol), *. f. Terme de blason, qui signifiû certains festons dans des situations variées.

BRU

■t 3. BROVK (broJ), i. (. Voy. bhayk.

BROYlî. fiE, (bro-ié, iée; plusieurs disent broiié), ?'"■'• pnxsé- Son corps hroy(^ par la wagon. Il f'ain broyé, pelil pain de fine farine que les lioulânper» faiMienl fiour leur chef-d'muvre quand on las recevail niallres. || Kig. Cet ciiilionpoiiil îles plus brillants Kst pélri de mets succulents Kl broyé de Tin de Champagne, hegnard, Souhaits, 3.

f BROYKMKNT (broi-man et aussi bro-ic-uian), s. m. Action île broyer.

— f.TYM. Brin/er.

IJROYKR (bro-ié; plusieurs disent broi-ié),je broie, tu broies, il broie, nous broyons, vous broyez, ils broient; je broyais, nous broyions, vous broyiez; je broierai ; je broierais; que je broie, que nous broyions; que je broyasse; broyant, r. a. Héduire par l'écrasement en très-menues parcelles. Broyer une drogue dai.« un mortier. Les dents molaires broient les aliments. La lithotritie est une opération par laquelle on broie la pierre dans la vessie. Seigneur, je broie la cif-'uë, bern. dk s -p. Jfor( rfe Socr. Dieu I quelle masse au loin semble, en sa marclie immense, Hroyer la terre sous son poids, V. nuGO, Odes, i, 6. || Broyer des couleurs, broyer des substances colorantes pour la peinture. Croyez-vous qu'un grand peintre passe .son temps à broyer des couleurs et à préparer ses pinceaux ?fkn. Tél. XXII. L'autre broie en riant le vermillon des moines, boil. Lutr. n. Quelle main sur la terre en broie la couleur? Régnier, Sat. ix. || Fig. et familièrement. Broyer du noir, s'abandonner à de tristes et sombres pensées.

— HIST. xiir s. Broies les nois avoec sel et avoec oignons, et en faistes emplaistre, alebrant, f° bs. Atant cueilli en la gaudine Jehans d'une erbe la rachine; Si l'a au pomel de s'espée Broiie et d'auwe destrempée, Bl. et Jeh. SBio. || xvi* s. La teste desdits os a fait autre lieu ou cavité tenant la place desdits os, laquelle est broyée et calleuse, paré, XIV, B.

— ÉTYM. Berry, brayer, bréyer;&ng\. to bray, écraser. Origine ultérieure inconnue; en l'alisence de tout renseignement on peut conjecturer une dérivation de l'ancien français brai, boue : réduire en boue, broyer; ou un rapprochement avecle (irovençal brrqar, frotter, comme fricare a donné frayer ou froyer; ou avec le Gotli. brikan, rompre.

BROYEL'R (bro-ieur; plusieurs disent broi-ieur), s. m. Celui qui broie. Broyeur de chanvre. || En langage d'atelier, broyeur d'ocré, mauvais peintre.

— HIST. xvi* s. Broyeur, cotgrave.

— ÉTYM. Broyer.

*. BROYON (bro-ion; plusieurs disent broi-ion), s. m. Terme d'imprimerie. Espèce de molette en bois qui sert à prendre l'encre et à l'étaler, quand on fait usage de balles, au lieu d'employer le rouleau.

— ÉTYM. Broyer.

I 2. BROYON (bro-ion), t. m. Terme de chasse.

Voy. RRAVON.

BRU (bru), s. f. Femme du fils p.Tr rapport au père et à la mère de ce fils. Quiconque à son mari veut plaire uniquement. Ma bru, n'a pas besoin de tant d'ajustement, mol. Tart. i, <.

— HIST. xir* s. Tant com s'entreamerunt et li fiz et li père; E li dui amerunt e la broiz e la niere. Th. Je mart. <e3. || xvi* s. Iji bruz qui a survécu aura douaire sur les biens de celuy des dits père et ni'îre qui auroit consenty le dit mariage, Cnuslumier général, t. Il, p. B90, dans lacurne. Nous disons la bru et lebrumen, au lieu de fiancée et fiancé, FABRV, Art de rhét. liv. i, f" 7, rei-to, dans laclrne.

— ÉTYM. Norm. bru, nouvelle mariée; de l'alletnand : goth. bndhs; ancien hant-allem. briJ(; allem. moderne, Braut; angl. sax. bryd; angl. bride, fiancée, nouvelle mariée. L's dans les anciims textes provient de formes allemandes qui avaient une j.

BRUANT (bru-an), s. m. Voy. bbêant.

— HIST. XVI' s. La linotte hait tellement le bruant, que l'on tient pourasseuré que leur sang ne se mesle jamais, paré. Animaux, 21.

t BRUANTIN (bru-an-tin), *. m. Sorte d'oiseau dit aussi mangeur de riz.

BRUCELLES (bru-sè-1'), ». f. p(ur. Terme d'arts. Sorte de petites pinces à ressort servant à piendre, à tenir de petiis objets.

— Rtym. Origine inconnue.

t BRCCHK (bru-ch'), t. m. Sorte de coléoptère pïït) * *"'''^' '® '"■"'=''' ^^^ vois (bruchtit

tBUK.INE (hru-si-n'), ,. f. Terme de chimie.

Nom d'un alcaloïde qu'on nomme présentemeni vomicine (voy. ce mot).

— ÉTYM. Bnuée (hrucea anlidysenterica) , d'où on croyait à tort que provenait la fausse augu.sture, qui fournit la bruciiie.

BRUONON (bru-gnon), s. m. Espèce de pêche ou de pavie à peau lisse.

— HIST. XVI* s. Les deux brignons, gros et petit (sorte de prunes; — alias : groignon, espèce d'aulierge), o. nR serbes. 6s:i. Je paisteray ma dent et mes yeux Du ifluge esclat de l,i pavie. Encore en ce brignon muscat Dont le pourpre est plus délicat, Jeit de Théophile, 3' partie, p. )&o, dans lacurnr.

— ÉTVM. Bourguig. ('ri-i/jnon. Il y a dans l'italien bruf/na et prugna, prune, dans le milanais bntgnoca et brugnôlo, dans le portugais brunho, même sens. Brugnon est de môme racine; et ces mots coïidui.sent à un radical prunea, dérivé de prunvs, prunier (voy. prune) Le changement de p en b ferait grande difficulté dans le français, si l'italien ne servait ici d'intermédiaire. Groignon, qui se trouve dans Olivier de Serres, répond à l'espagnol grifion, abricot-pêche, mais tient à un autre radical. On disait dans le xvi* siècle brignon, qui se dit encore mais n'est plus qu'un provincialisme.

BRUINE (bru-i-n'), «. f. Petite pluie très-fine et froide. Une rosée qui ressemblait à la bruine qui tombe sur la terre, volt. Phil. iv, (13. Ils se convertissent en bruine ou gelée blanche, desc. iléléor. 6.

— HTST. xii* s. Une brolne commence à espoissier. Qu'on ne pooit veoir ne charoier, Li coronemens Looys, 2295. || xiir s. 0 vos, rosées et broïne, beneissiez à vostre seigneur, Piautter, f" (92. Et le joedi après, par un poi de bruin, Yieux du paon , f° 80, dans C/ieiah'er au cygne. Glossaire. Il sont issu à camps [champs], mais il faisoit bruine; Falos. cierges, brandons ot feux les enlumine, ib. Ne guerre ne bruin [querelle]. Chevalier au cygne, v. B280. Mettre en bruine [en querelle], rt. v. 3)941. Ils veoient la montaigne par dessus la bruine, jom- VILLE, 282. Celi samedi leva une bruine et descendi de la terre sur la mer, et pour ce cuiderent nos mariniers que nous feussions plus loing de l'ille de Cypre que nous n'estions, joinville, 283. Il xiv 6. la nuit y ot bruine, grande fu l'oscurtez; Encor veoient po quant sulaux fu levez, Guesc. 3777. Le crestien [je] matai et mis à grant bruine, Baud. de Seb. ii, 21. || xv s. Or fut dit au roi de Castille.... Sire, sire, entendez à nous.... car une bruine [au figuré] trop folle et perilleu.se se nourrit entre vous et le duc de Lancastre, froiss. ii, m, t09. Et la bruine chue [tombée], ID. ii, ii, 497. Il faisoit si grand bruine qu'on ne pouvoit voir un demi

bonnier de terre loin, ID. i, i, 134. || xvi* s Vit

eslever bruynes etfrimatzQui procedoientd'un vieil gouffre aquatique, l. marot, v, co. Et tomba tant de bruine et de grésil, que les vignes et tes olives geierent, amyot, Démétr. <5. Les bruines causent aux raisins des picotures noires, dont ils périssent, 0. de serres, (54. Les costeaux soleillez de pamjire sont couvers. Mais des hyperborés les éternels iiyvers Ne portent que le froid, la neige et la bruine,

DU BELLAY, VI, 6, reC(0.

— ÉTYM. Bourguig. bruène; picard, breuainc, brouaine; waUon ybrouhène ; nSimuroh,bruhène ,brnwène ; rouchi, bruène. On a indiqué le latin pruina, gelée blanche ; mais le passage du p au b est toujours difficile à admettre en français ;de plus bruine veut dire non pas gelée blanche, mais brouillard qu' tombe; c'est le sens actuel et le sens des anciens textes. A la vérité, le sens de gelée blanche se trouve dans l'italien brina, provençal moderne brino, breino, milanais prinna, qui probablement viennent du latin pruina, et qui peuvent servir d'intermédiaire entre le p et le 6, comme l'italien en sert pour brugnon avec prwnHs; quant au sens, passer du brouillard qui tombe à la gelée blanche qui en résulte souvent est une métonymie admissible. On a dit bruin au masculm. Bruine a eu le sens de querelle, tumulte, comme on le voit dans un exemple de Froissart; il y en a aussi des exemples plus anciens : c'est un sens figuré, sans doute analogue à celui de miaae, quand nous disons : il y a un nuage entre nous. Grandgagnage le tire du celtique bru, pluie. •

BRUINfi. ÊE (bru-i-né, née), part, passé. Des blés bruinés, blés gâtés par la bruine. Usité seulement en ce sens.

t BRUINEMENT (bru-i-ne-man), s. m. Action de bruiner; le résultat de cette action.

— HIST. XVI* s. Bruinemenf , cotgrave.

BRUINER (bru-i-né), t. imper». Il »e dit do la

bruine qui tombe. Il bruine, il a bruiné toute la matinée. Il II se conjugue avec l'auxibaire avoir.

— HIST. XVI* s. Friieaux bruinés [saupoudrés] de sucre candy, cotgravk.

— frrvsi. Bruine ; wallon, brouhiner; namurois, bruhiner, hruwiner; rouchi, bruéner.

t BRUINEUX, EUSE (bru-i-neû, neû-z"), adj. Qui tient de la Bruine.

— MIST. XV* s. Air bruineux et couvert, christ de pis,\n, Charles V, part. li, ch. I.

— ÉTYM. Bruine.

t BKI.'IR (bru-ir), v. a. Tenne de métier. Imbiber une étofl'e de vapeur pour l'amollir.

— RiYM. Comparez l'étymologie qu'on propose pour broui'e.

BRUIRE (bru-i-r*. Autrefois, dans bruire, bru\ était monosyllabe comme dans bruit ; aujourd'hui il est dissyllabe), v. n. Verbe défectif, usité seulement à l'infinitif ; au présent singulier de l'indicatif : je liriiis, tu bruis, il bruit; à l'imparfait : je bruyais, et les autres personnes: au futur et au conditionnel ; je bruirai, je bruirais; et aux temps composés : il a bruit. Il 1° Renilre un son confus. Le vent bruit dans la forêt. Les serpents à sonnettes bruyaient de toutes parts, CHATEAUBB. Atala , 252. Mais quoi! n'entends-je pas, avec de sourds murmures, De ta base à ton front bruire les armures. Colonne....? v. hlgo, Odrs, III, 7. Il 2° Faire bruire, faire retentir. || Fig. Faire bruire ses fuseaux, faire grand bruit dans le monde. Vous voyez depuis un temps que le vin émé tique fait bruire ses fuseaux, mol. Festin, m, i.

— REM. L'imparfait ancien et grammatical de bruire est je bruyais; toutefois l'usage commence à en introduire un autre : Les insectes briiissaient sousl'herbe, bernardin de ST-piERRE,dansGmAULTduvivier; La ville.... Bruissait àsespieds comme une ruche pleine, Lamartine. Ce serait absolument un barbarisme si cet imparfait ne s'appuyait sur .son analogie avec bruissement. Pour que bruissement s» soit établi, il faut supposer une conjugaison irrégulière et fautive, qui a pris ce verbe comme si, s'écrivant bruir, lise conjuguait sur /îni'r, et d'après laquelle l'imparfait je bruissais s'est formé. C'est de la même façon qu'on a fait un participe brumant, et un subjonctif que je bruisse. Ce sont des procédés que l'usage tente pour combler les lacunes du verbe bruire devenu à tort défectif.

— HIST. XII* s. Bruient H mont, et li val resona,

Bnnc. p. 85. Il XIII* s Et jure entre ses denz Que

quiconques il doie nuire. Si fera il ses grenons [mâchoires] bruire Ou de chapons ou de gelines. Ben. 50(2. Vers une rivière m'adresce Que j'oï près d*!lecques bruire, ia Rose. iu5. Car quant el [Peur] ot bruire le vent. Ou ele ot saillir deus langotes [sauterelles], Si l'en prennent fièvres et gotes, ib. 3896. La rivière qui bruit, buteb. 25(. Tiex gens ne vont pas seuls en enfer le puant. Que leurs hoirs el leurs famés vont après eus bruant. Où il ne trouveront qui les aille chuant [choyant], Ains seront tiiit ensemble tormcnté li truant, i. DE meuno, Test. 1982. Il XVI* s. Et qu'il n'y ail gros canon raccourcy. Qui ceste nuit ne bruye par outrance, MAROT, II, 296. Tu dois en lus par sus Mercure bruire, id. ii, 378. Un cler ruisseau bruyant près de l'umbrage, id. ni, 293. Sans fin bruira le nom et gloire de ce roy norapareil, id. iv, 299. Si faut-il toutefois que Bellay s'esvertue. Aussi bien que la mer, de bruire ta vertu, dubkll. vi, 43, verso. Les grosses citez, que font-elles, sinon tirer tous les profits qu'elles peuvent, faire bruire leurs privilèges, et jetter sur le pauvre peuple cliampestre toutes les charges et les misères? langue, «3. I.a jeunesse de la cour bruyoit de ce voyage et s'en rejouissoit, carl. IV, (o. Dès aujourd'liuy je feray bruyre [annoncer] mon parlement de ce lieu, id. VI, 40. Si commencèrent adonc les Romains à faire bruire des bassins et autres vaisseaux de cuivre, AMVOT, P. jEm. 29. 11 me dist que c'estoient toutes bayes ce qu'on bruyoit par deçà de la licorne , paré, Uumie, 7.

— ÉTYM. Provenç. 6ru:i'r, brugir ; anc. catal. l/ruji'r; it.al. bruire. Ménage propose, et Diez incline à admettre rugire, rugir, avec l'addition d'un 6 pour renforcer le mot. Il y a dans le celtique : basbreton, ()ri2d,bruit;kymri, i)rot/i;irland. bruidhean, qui sont tentants, maison ne voit pas comment, de ces mots, le g qui se trouve dans le provençal el le catalan serait venu. Bruire a été actif dans le xvi*siècle.

t BRCISINER (brui-si-né), v. a. Moudre en gros le grain germé, dans les brasseries.

— ÉTYM. Dérivé de l'ancien verbe bruisier, bruter, qui signifiait briser, broyer: angl. to bruise. p' Qui paraît se raprorter à l'anglo-saxon bnisan

BRI

BRU

brO

f BUCISSANT, ANTK (bni-i-san,saii-f),arfj. Qui bruit. Déjà le fifre aigu, la trompette sonore El les longs roulements du bruissant tambour, masson, Helvéliens, m. La petite ville d'Aix en Savoie, toute fumante, toute bruissante des ruisseaux de ses eaux chaudes et sulfureuses, lamart. dans le Dict. de DocuFZ. Les lames de la mer qui apportent et remportent les coquillages bruissants, ID. ib.

— ETYM. Nouveau participe du verbe fer«tre(voy. REM. à bruire), incorrect et fait d'après bruissement.

BRUISSEMENT (bru-i-seman), t. m. Kspèce de bruit confus. Le bruissementdes vagues. liruis.sement d'oreilles, bourdonnement qu'on y perçoit sans qu'il y ait aucun bruit extérieur. Entend-elle le bruissement d'un carrosse , la bruy. vu.

— f.TYM. Bruire. Reçu, mais néologisme barbare du xvn* a. Au xvi* s. Cotgrave dit bruiement.

BUUIT (brui; le t se lie : un brui-t injurieux ; au pluriel l's se lie:desbrui-z injurieux),*, m. || 1° Mélange confus de sons. Les taureaux furieux n'auraient pas fait un bruit aussi affreux, fén. Tél. xv. Cette vieille fit du bruit aune porte, m. Tél. vm.Ils me font un bruit enragé, sÉv. 420. Les dieux mêmes, les dieux de l'Olympe habitants, Qui d'un bruit si terrible épouvantent les crimes, rac. Phèd. iv, 6. Sa voix tumultueuse [du peuple] assez souvent fait bruit, CORN. Hor. V, 3. Mes sœurs, j'entends du bruitdaiis la chambre prochaine, rac. Esther, ii, 9. Le Rhin, tranquille et fier du progrès de ses eaux. Appuyé d'une main sur son urne penchante, Dormait au bruit flatteur de son onde naissante, boil. Ép. iv. 11 mesure au bruit des combats Tout le bruit de sa renommée, BÉRANG. Bonheur. L'opéra toujours Fait bruit et merveilles, bérang. Musique. Queleséjour de l'homme est divin, quand la nuit De la vie orageuse étouffe ainsi le bruit! lamart. Ilarin. il, 4. Il Familièrement. Faire plus de bruit que de besogne, parler plus qu'on n'agit. || Bruit de mer, nom donné au bruissement que l'on perçoit en appliquant une coquille univalve contre l'oreiUe. || 2° Dires, nouvelles qui circulent dans le public. Bruits de bourse. Il y a des bruits de guerre. 11 n'est bruit que de cela. J'ai fait semer ce bruit, cohn. lier, ii, e. Un faux bruit s'y coula touchant la mort du roi, id. Hod. I, i. Crains-tu si peu le blâme et si peu les faux bruits? ID. Cid, m, 4. C'est une chose étrange que les mauvais bruits qui courent de lui, sév. 4|4. Le bruit court que je vais en Provence, m. 2(9. Un bruit qui courait d'elle en toutes ces provinces, la font. Fianc. J'ai rancor.tré un orfèvre qui, sur le bruit que vous cherchiez quelque beau diamant en lague.... mol. Jfar. forcé, 5. Ou qu'on tâche à semer de méchants bruits de vous, m. lits, i, l. Mille bruits en courent à ma honte, bac. Brit. iv, 2. Croyez-moi, hâtonsnous d'en prévenir le bruit, id. Baj. i, 2. Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi, Seigneur, jel'ai jugé trop peu digne de foi.... id. Iph. iv, «. Au bruit que l'on menait Bélisaire au supplice.... rotr. Bélis. V, 7. Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace, boil. Disc, au roi. Je fus soudain frappé du bruit de son trépas, rac. Uithr. i, (. Déjà de ma faveur on adore le bruit, id. Brit. v, 3. Au bruit de sa marche, vertot, Rétol. rom. liv. xiv, p. 296. || Le commun bruit, la voix publique. Contraire en jugement au commun bruit de tous, Régnier, Sat. ii. il En jurisprudence, bruit public, commune renommée, qui peut tenir lieu de preuve. || 8" L'éclat que fait une chose dans le monde. Tout autre que moi Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d'effroi, CORN. Cid, II, 2. Votre sévérité, sans produire aucun fruit, Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup (le bruit, ID. Ct'nno, IV, 4. Et je vous demandais quel bruit fait par la ville De Pompée et de moi l'entretien inutile, iD. Serior. iv, 3. Et de votre grand nom diminuer le bruit, rac. Mithr. m, t. Us ont à soutenir le bruit de leurs exploits, id. Baj. i, (. Surtout ne craignez point qu'une aveugle douleur Remplisse l'univers du bruit de mon malheur, id. Bérén.

l, ♦ Le bruit de sa fierté, id. Plièd. il, l. La

beauté de Mlle Stwart commençait à faire bruit, HAMiLT. Grumm. 6. 11 n'était brui't que des charmes de Mlle Jennings, id. ib. ». Cette nouvelle ne fait aucun bruit à Versailles, sév. S35. Ce livre fait un grand bruit, id. 480. Leur conversation a fait du bruit, ID. 430. Il remplit l'univers du bruit de sa sainteté, Boss. flist. i, n. 11 fait du bruit dans le monde, id. i , Prof. t. Les sociniensfunt peu de bruit dans le monde, ID. Àtert. ». Ceci se passa avec peu de bruit sous son pontificat, pasc. Prov. n. Cette opinion des Jansénistes qui fait tant de bruit, id. Prov. t. L'habit est propre et riche, il fera du bruit ici , MOL. M. de Pourc. i, 5. Votre esprit fait du bruit, ID. Fdeh. Il, 4. Les peuples tremblaient au seul bruit

de mon nom, fén. Tél. viii. Ia gloire des. irmes est un vain bruit, hass. Conty. Remplir tout l'univers du bruit de son nom, id. Car. Resp. humain. Vous prévoyez que cela fera du bruit, et moi, je vous réponds qu'il y a des conjonctures où le bruit est nécesiiaire, bourd. Pensées, t. u, p. 475. C'est peu d'expérience à conduire sa vie. De mesurer .son ai se au compas de l'envie. Et perdre ce que l'âge a île (leur et de fruit, Pour éviter un bruit, malh. v, 5. ....vous le savez fi c'est depuis un jour Que l'histoire fait bruit du nom de Fatencour, hauterociie, Nohles de prorince, i, l. Force gens font du bruit en France; Un équipage cavalier Fait les trois quarts de leur vaillance, h\ font. Fabl. v, 21. || Faire grand bruit de quelque cho.se, y attacher de l'importance, s'en prévaloir. Nos catholiques font grand bruit de l'autorité de ITlglise, j. j. houss. Êm. iv. Il a fait un grand bruit de l'amitié qu'il a pour moi, sév. 238. Ces vertus dont vous faites tant de bruit, id. 605. La matière qui y est décidée, n'étant qu'un simple point de fait, est bien loin de mériter tout le bruit qu'on en veut faire, pasc. Pror. lo. Voici une comédie dont on a fait beaucoup de bruit, mol. Préf. du fart. On se résout à le laisser périr sans en faire bruit, boss. Amb. 5. || Le bruit, le tumulte du monde. Se retirer, vivre loin du bruit, jj 4° Réputation. Le fameux Amphion, quelque bruit qu'il ait eu. N'a point fait de merveille.... malh. i, 12. [IlsJ ont acquis dans la scène un légitime bruit, ROTR.St Genesl, I, 7. C'est un petit garçon qui a bien le meilleur bruitqu'on peut imaginer, sÉv. 225. Si je n'ai pas bon bruit, c'est à grand tort, la font. Contes, 66. Hé! là, là. Madame la Nuit, Un peu doucement je vous prie; Vous avez dans le monde un bruit De n'être pas si renchérie, mol. Arttph. prol. Pour vous donner bruit de connaissance, id. les Préc. lO. Des ministres aussi désintéressés que celui-là [l'emple] sont bien rares; les nôtres n'en avaient pas le bruit [d'être désintéressés], st-sim. C5, 82. Les uns mentent pour abuser, les autres veulent acquérir bruit de sincérité, p. L. COUR. II, 187. Gardez-moi un profond secret; il ne faut pas que mon nom paraisse ; je n'ai pas bon bruit, VOLT. Lettr. Vernes, 2 janv. (763. || 5° Tumulte, mouvement séditieux. On craint pour ce soir <lu bruit dans la ville. || 6° Querelie, éclat. Je ferai beau bruit, MOL. le Dép. V, 9. Je serais d'avis que vous ne fissKjz point de bruit, id. Fourb. i, 8. Là-dessus nous n'aurons point de bruit, id. Éc. des femmes, i, l. Mon Dieu, vous en parlez, mon frère, bien à l'aise, El vous ne savez pas comme le bniil me pèse, ID. F.sav. il, 9. Je fais un grand bruit pour retrouver ce paquet, SÉv. 21. L'époux monte et fait bruit, la font. Fais. Vous êtes bien ridicules de faire du bruit pour les propositions, pasc. Prov. 7. La belle rai.son de quitter .sa femme et de faire un si grand bruit! la font. Psyché, II, p. 140. Il 7° À grand bruit, locut. adv. D'une manière bruyante. Les cloches argentines Appelaient à grand bruit les chantres à matines, boil. Lutr. IV. Il Fig. Avec ostentation, avec faste. Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, boil. Lulr. v. Il Chasser à grand bruit, chasser à cor et à cri avec une meute et des piqueurs. || 8° À pet:t bruit, loc. adv. .Sans éclat. Je me divertirai à petit bruit, MOL. D. Juan, v, 2. On le garde à petit bruit, sév. 211. Trop heureux de se sauver de la solitude à petit bruit, FLÉCH. u, 68. H appelle les mages en secret et à petit bruit, id. Serm. i , 225. || 9" Sans bruit, Icc. adv. Joui doucement, sans qu'on soit entendu; et figurénient, tranquillement. On le fit entrer sans bruit. Trois quidams bonnes gens et sans bruit.... la font. Orais. Et forcez-la sans bruit d'honorer d'autres lieux.... CORN. Sert, ii, 4. || Proverbes. Cet homme n'aime pas le bruit s'il ne le fait, se dit de quelqu'un qui prend des libertés et qui n'en veut pas permettre aux autres. || Cet homme est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pasdu bruit, seditd'un hommequi ne se déconcerte pas, ne s'effraye pas facilement, {j Qui a bruit de se lever matin peut dormir jusqu'au soir, c'est-àdire celui qui a bonne réputation pourrait en abuser. || L'un a le bruit, l'autre lave la laine, se dit pour exprimer que pour quelque travail l'un a la récompense et l'autre la peine.

— HiST. xii* s. Grans fu li bruiz de la gent paganie, Rnnc. p. 54. {| xiii' s* Grant paour (elej ot du vent qui menoil trop grant bruit, Berte, xxxvi. Un si fier bruit est en la court, Et si grant foule et si granl presse, Ram. de Robert le diable. || xv s. Et pour ce que j'oe moult de painne De moi relever à mie-nuit. Ou temps que les cers vont en bruit, FROiss. Le dit dou florin. Et ils firent tous le mieuli qu'ils peurent; mais ils n'en emportèrent gueres de bruit, J. DE troyes, Chron. (4)8. El ont esté ceulx qui ont donné le bniyt [renom] à ceux qui sont ve-

nus depuis ']i"i premiers Suisses venus en France], COMM. l, 6. Il xvf S. Il emportoit le bruit par-desjus ses compagnons, marg. ^ouv. x. Ilavoiteu le bruit d'estre plutost hardi et gentil compagnon que bon chrestien, id. i6. xiii. Cacnez-vous en mor. cabinet, et ne faites un seul bruit [le moindre bruit], m. ib. xxxvi. Elle connoLssoit le contraire du faux bruit que l'on donnoit aux François, car ils esloient plus sages.... 10. ib. xiv. Il avoit acquis un bon bruit pendant sa vie, desper. Contes, cxxvi. il avoit le bruit d'avoir esté engendré par Neptune, amïot. Thés. 40. Cestuy Thaïes avoit bruit d'eslre poète lyrique, et prenoit le tillre de cest art ià, ID. Lyc. 4. Il courut un bruit sourd qu'iiz avoient occis le roy Romulus, ID. Num. 3. Ce qui plus augmenta leur gloire, et leur donna plus de bruit et de réputation, fut le renvoi qu'iiz feirent du triplé, id. Solon, 7. Et do peur que se« frères en montant ne feissent bruit, elle la [l'échelle] couvrit et fourra de laine premior que de la devaller, id. Pélop. 05. Qui a mis Hercules en bruit et renommée sempiternelle? RAS.Pa/il. v, 15. Aussi dit on que la plus méchante roue du chariot est celle qui mené le plus grand bruit, eouciiET, Serées, l. i, p. 439, dans l.acubne ste-pa-

LAYB.

— Êtym. Wallon brut ; bourguig. bru ; Berry , bruX (voy. BRUIRE). On trouve dans le bas-iatin brugilus.

tBltCLABLE (bru-la-br),ad>. Digne d'être brûlé. Ces messieurs ont affecté d'imprimer le livre le plus dangereux et le plus brùlable.voLT. Lettres vers, 20. Je m'aperçois que cette lettre est plus brùlable que.... m. Leur. d'Argental, I6 février 1761. Deux tomes très-condamnables et très-brùlables que de charitables âmes m'ont fait la grâce de m'impu:er, ID. ib. 13 avril (773.

— HlST. xvi* s. [Charles Quint mort] estoil indigne de sépulture en terre saincte et très bruslable comme fagot, brant. Charles-Quint. Jedy lieretxque formé, hérétique clavelé, hérétique bruslable, RAB. Pant. m, 22.

— ÊTYM. BrilUr.

t Blifl-AGE (bni-la-j'), s. m. Action de briller le» herbes de.s.->échées dans un champ.

— Etym. Brûler.

BUCLANT, ANTE (bru-lan, lan-t'), ndj.|irOui est en llammes. Un foyer brûlant. Du bois brûlant. Des peuples qui, dix ans, ont fui devant Hector, Qui cent fois, effrayés de l'aiisence d'Achille, Dans leurs vaisseaux brûlants ont cherché leur asile, bac. Andr. m, 3. Entrant à la lueur de nos palais brûlants, id. Andr. m, 8. {| 2° Qui a une tr's-grande chaleur. Des marrons sortis du feu et brûlants. L'air est brûlant D;s sables brûlants. Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains, rac. Baj. m, 8. {| Fig. Question brûlante, question qui pas.sionne, et de laquelle il est difficile de traiter. On dit dans le même sens un terrain brûlant. || Très-chaud, en parlant du corps. La peau de ce malade est brûlante. Fièvre brûlante. La tête est brûlante. J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Ath'nes, RAC. Phèd.v, 7. || 3" Fig. Possédé d'une passion. Brûlant d'amour. Brûlant du désir de vous revoir. César brûlant de décider la querelle. Il presse cet hymen qu'on prétend qu'il diffère. Et vous cherche brûlant d'amour et de colère, id. Iphig. m, t. Il 4" Vif, animé, en parlant des choses. Un z'ia brûlant. Une piété brûlante. Une éloquence brûlante. 11 a ce ton brûlant et plein de vérité. Qui par les imposteurs n'est jamais imité, m. j.cuén. Charles IX, II, 4. Il 6° Terme de botanique. Se dit des plantes armées d'aiguillons dont la p'qûre cause une douleur cuLsante. L'ortie est une plante brûlante.

BRÛLÉ, ÉE (bru-lé, lée), part, passé. |l 1- Consumé par le feu. Les villes brûlées par les barbares. Il Fig. Animé. Brûlé du désir de rentrer dans sa patrie. Brûlé de plus de feux.... bac Andr. i, 4. Il Un cerveau brûlé, une cervelle brûlée, un homme exalté, extravagant. Suirset Benlivoglio éUientdeux tètes brûlées qui n'avaient rien de sacré, st-siji. 440, 122. Le parti janséniste se récria contre l'injustice de lui attribuer l'hérésie de quelques léles brûlées qu'il désavouait entièrement, id. 260, eo. il 2" Trop cuit. Ce pain est brûlé. || S" Vin brûlé, vin qu'on a fait chauffer avec des épices. Eau-de-vie brûlée, eau-de-vie à laquelle on a mis le feu. jj Crème brûlée, sorte de melsfaitavec dulait .Uesœtifsetdu sucre passé au feu. || 4* Échauffé eicessiveuienL Une l'erré brûlée par le soleil. || Ancien termed'astronomiu Astre brûlé, astre très-voisin du soleil, jl 6*Hàlé. Avou letelnl brûlé par le soleiL || Termed'bisloire naturelle. De couleur foncée, noire ou noir&tre. || 6* Terme de chlmia. La chimie pneumatique nomme corps bnMéi

BRÙ

les corp» combinés avec l'oxygène. || 7° Au jcn , CAtli hrûlta, carlo mise de côté. || 8°Terme(le pêche. Se dit d'une morue corrodée par le sel. j| Harengs brûlés, Imrenfçs de rebut, j 9" S. m. Odeur d'une chose brûlée. Cela sent le Irûlé, et, au figuré, l'affaire prend mauvaise tournurj. || Terme d'orfèvre. Or ou argent venant de galons ou autres ornements qui, usés, ont été brûlés pojr en retirer le métal.

t BRClE-AMOUCE (bru-la-mor-s*), ï. m. Terme do marine. Petit instrument en bois garni de cuivre :ivcc lequel on fait feu comme avec un fusil pour les signau.ï. Il Au plur. Des brûle-amorce.

— ÊTYM. Ilriller, amorce.

t BROle-BOUT (bru-lobou), s. m. I.e môme que lirûle-lout. \\Au plur. Des brûle-bout ou brûlebouts.

t BRClÊE (bru-lée), t. f. Maladie des vers à soie.

— f.TYM. lirulir.

t BRCle-GUEDLE (bru-Ie-gheul'), î. m. Pipe tr5s-courle. Il^u plur. Des brûle-gueule. || Terme populaire.

— ÉTYM. Brûler, gueule.

BrClEMENT (bru-loman), s. m. || 1» Action de brûler ou état de ce qui brûle. [Louvois dit au roi] Qu'il avait bien senti que le scrupule était la seule raison qui l'ait retenu de consentir à une chose aussi nécessaire que l'était le brûlement de Trêves, STsiM. 407, 04. Il Terme de charpentier. Action de brûler le pied des pieux qu'on enfonce en terre pour les préserver des effets de l'humidité. || 2* Sensation de brûlure. Avoir un brûlement à l'estomac.

— HIST. XVI* s. Degasts de pais, saccagemens de villes, bruslemens d'édifices, langue, 66. La nuit, au diable la garde, bruloit le village qui vouloit; nos grands le bruloient, à la mode s'entend, c'està-dire qu'ils pronoient cent oscus d'une paroisse pour la laisser vuide au milieu du département. — Vous avez bien fait de m'expliquer ce brûlement, je pensois que ce fust mettre le feu pour faire degast, d'aub. Fœn. iv, 6.

— ÉTYM. Brûler.

BROLK-POUKPOINT (X) (bru-le-pour-poin) , loc. adv. Tirer un coup de feu à brûle-pourpoint, le tirer de très-près et, pour ainsi dire, de manière à brûler le pourpoint. || Fig. Tirer sur quelqu'un à brûlepourpoint, l'attaquer par de vives paroles. || Y aller à brûle-pourpoint, parler ou agir sans ménagement. Il Dire une chose à brûle-pourpoint, la dire en face. La jalousie [du duc de Gesvres] pouvait l'avoir excité à lui dire [au maréchal de Villeroy] à brûle-pourpoint des vérités fâclieuses à entendre, ST-siM. 73, toi. Il Ce qu'on dit à brûle-pourpoint n'est pas toujours quelque chose de désobligeant; il y a des éloges, des flatteries à brûle-pourpoint. Il Raison, argument à brûle-pourpoint, raison, argument convaincant.

— ÉTYM. Brûler, pourpoint.

t BrCle-QUEUE (bru-le-keue),s. m. Cautère dont en se sert pour arrêter l'écoulement du sang après l'amputation de la queue du cheval. {| Au plur. Des brûle-queue ou brûle-queues.

— ÉTYM. Brûler, queue.

BRQler (bru-lé), V. a. \\ t' Consumer par le feu. Les Romains brûlèrent Carlhage. Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière d'Oise; nous pouvons voir de nos faubourgs la fumée des villages qu'ils nous brûlent, voit. Lelt. 74. Brûlons ce Capitole où j'étais attendu, hac.' Milhr. m, i. Lisez ce qu'il cite d'Aristote, et vous verrez qu'après une autorité si expresse il faut brûler les livres de ce prince dos philosophes ou être de notre opinion, PASC. l'rov. i. Il Fig. Brûler ses vaisseaux, s'engager dans une aflaire de manière à ne pouvoir reculer. Il Brûler ses livres, tout faire pour réussir. Locution tirée de l'alchimiste, qui, ayant tout tenté, brûle ses livres, désespéré de ne pas réussir, ou, ayant tout dépensé, brûle jusqu'à ses livres pour chauffer ses fourneaux. J'y brûlerai mes livres ou je romprai ce mariage, mol. l'ourç. i, 3. J'y brûlerai mes livres, rac. Plaid, i, 7. Je vous la rendrai saine et entière, ou j'y brûlerai mes livres, SÉV. 1. 1| 2° Fig. Mille convoitises le brûlent. Mais quelque ambition, quelque amour qui me brûle, b.^c. Baj. ii, 6. Vous me connaissez mal, la même ardeur me brûle, corn. Poly. 1,4. N'imputez qu'à ce feu qui brûle encor mon Ame.... mut. Zaïre, iv, 0. Si ton ardeur est extrême, Même ardeur vient me brûler, bKkang. Chnile II 3°Terme de métier. Brûleries métaux, leur 1,'^J.'?"" qualités en les laissant trop chauffer, "î;" P"'*nt de quelques substances chimiques, corroder, consumer. Les acides concentrés brûlent la peau comme le fer rouge. || Brûler la terrs, en pariant rtfngra;,, U rendre trop chaude et l'em-

BRU

pêcher par là de produire; en parlant des plantes, l'épuiser rapidement. || En parlant du froid, causer un effet assez semblable à celui de la brûlure. La gelée brûle la racine des arbres. La neige brûle les souliers. || 6" Employer comme combustible. Brûler du bois, du charbon de terre,do la tourbe. || Se servir d'une chose pour s'éclairer. Briller de la chandelle, de la cire, de l'huile. || Fig. Brûler la chandelle par les deux bouts, c'est-à-dire compromettre sa fortune par des dépenses de tout genre, ou sa santé par des excès de tout genre. || 6° Faire subir le supplice du feu. On a longtemps brûlé les hérétiques. On prétend qu'il y a un confiit de juridiction , entre le Parlement et le Chfttelet, à qui fera brûler le livre et l'auteur, volt. Lett. lIoreUet,2:i fév. ma. ||7°Brû- 1er des parfums. En vain sur les autels ma main brûlait l'encens, hac. Phèd. i, 3. || Fig. Brûler de l'encens devant quelqu'un, le flatter avec de grandes démonstrations de respect. || Brûler de l'eau devie, mettre le feuàde l'eau-de-vie, faire du punch. Il Brûler du vin, distiller du vin pour en faire de l'eau-de-vie. || Brûler du café, le torréfier avant de le moudre. || Brûler l'amorce d'un fusil, d'un pistolet, y mettre le feu. || Sans brûler une amorce, sans tirer un seul coup de fusil. La ville fut prise sans brûler une amorce. || Brûler la cervelle à quelqu'un, le tuer d'un coup de feu tiré dans la tête et de très-près. Se brûler la cervelle, se tirer un coup de feu dans la tête. || 8° f:cliauffer beaucoup, dessécher par un excès de chaleur. Un soleil ardent brûlait la campagne. || Par extension. 11 a une fièvro qui le brûle. La soif les brûlait. || Fig. Brûler le pavé, courir, marcher très-vite. || Brûler lepapier, écrire avec beaucoup de verve et une grande chaleur. || Brûler les planches, jouer un rôle d'une manière vive et entraînante. Il Brûler les yeux, faire mal aux yeux par une excessive lumière. La première fois que je lus votre ouvrage, je fus frappé d'une lumière qui éclairait mes yeux et qui devait brûler ceux des sots et des fanatiques, volt. Lett. Chalellux, 7 déc. <772. Il 9" Brûler la politesse à quelqu'un, le quitter brusquement, rompre une affaire. || Brûler l'étape, brûler un gîte, ne pas s'y arrêter. Nous brûlâmes ce village, et allâmes coucher plusloii. Je pris la résolution de brûler l'étape de '** et de passer toutdroit, 1. 3. Bouss. Conf. vi. || Â certains jeux, brûler une carte, la mettre do côté. || En un sens analogue. Peu à peu elle [la duchesse de Bourgogne] en brûla [quelques-uns de ses cercles], et à la fin ils cessèrent sans qu'ils aient été rétablis depuis, ST-siM. 41 , 07. Il 10° Y. n. Être consumé par le feu. Quand la maison du voisin brûle. La bûche continuait à brûler. || Fig. Il était indécent qu'il [le duc de Bourgogne] languit dans l'oisiveté à son ûge, tandis que sa maison brûlait [périclitait] de toutes parts, sT-siM. <96, toi. Il Flamber, être allumé. Le feu brûle. Flambeaux qui brûlent. Une lampe brûlait dans le sanctuaire. || Donner du feu, de la lumière. Ce bois brûle bien. Cette lampe brûle mal. Il 11° Être brûlant ou très-chaud. La tête lui brûle. Je m'en sens tour à tour et brûler et glacer, TRISTAN, Mort de Chrispe, i, ). Je sentis tout mon corps et transir et brûler, rac. Phèd. i, S. || Fig. Les pieds lui brûlent, il est impatient de sortir, de s'en aller. || 12° En termes de cuisine, être frappé par un feu trop vif; ce qui se connaît par l'odeur désagréable qui s'exhale. Le rôti brûle. Cette crème brûle. Il Fig. Le rôti brûle, c'est-à-dire iln'y apasdetempsà perdre, pas de négligence à se permettre. || 13° Fig. Être possédé d'une passion violente. Brûler d'amour. Et si Rome savait de quels feux vous brûlez, corn. Nicom. i, 2. Un juste courroux dont je me sens brûler, iD. Cinna, v, 2. Déjanire brûla de jalousie, FÉN. Tél. XV. Je brûie, je l'adore.... bac. Uiihrid. IV, 6. Mon époux est vivant, et moi je brûle encore.... ID. Phèd. IV, 0. Mais quelque noble ardeur dont ils puissent brûler, ID. Alhal.i, 2. 11 n'en faut po;nt douter, vous aimez, vous brûlez, Vous périssez d'un mal que vous dissimulez, id. Phèd. i, *. Mon frère, ayez pitié d'une sœur égarée. Qui brûle, qui gémit, qui meurt désespérée, volt. ZaïVe, m,*. Près d'un amant qu'elle aime et qui brûle à ses pieds, w. Zaïre, iv, 3. Je crois sentir les étincelles De l'amour dont Renaud brûla, hi'.bang. Éducaliim. Il Brûler pour, se dit de l'amour qu'on éprouve pour une personne. De la même ardeur dont je brûle pour elle. Elle brûle pour moi, malh. v, 2I. Mais quoique je l'aimasse et qu'il brûlât pour moi, corn. Cinna, v, 2. |1 14° Désirer ardemment. Il brûle d'être à Rome, afin d'en recevoir Du maître qu'il s'y donne et l'ordre et le pouvoir, corn. Sertor. l, 2. Elle brûle d'envie do revenir à Paris, SÊV. )3. C'est qu'elle sort d'un sang qu'il brûle de ré-

pandre, rac. Iphig. n, B Vous brûlez que je

ne sois partie, id. ib. li, 5. Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre, m. Athal. rv, 3. Jl brûlait d'impatience de retrouver Mentor, fén. Tél. XXII. Voici cet étranger Que vos tristes soupçons brûlaient d'interroger, volt. Uérope, ii, <. Et du peuple et des grands la colère insensée Brûlait de le punir de sa faveur passée, id. OEdipe, I, 3. Peuple accablé de ta tristesse, Tu n'as plus celui qui sans cesse Brûlait de zèle pour la loi, MALFIL. Ode, Élie enlevé aux deux. Oui, mon cœur au mérite aime à rendre justice. Et je brûle qu'un nœud d'amitié nous unisse, mol. Mis. i, 2. || 15° Le tapis brûle, se dit à certains jeux de cartes pour avertir qu'un des joueurs a oublié de mettre au jeu. Il À certains jeux d'enfants, l)rùler, se dit pour être tout près de l'objet qui est caché et que l'un des joueurs cherche. || Perdre la partie pour avoir fait trop de points. J'ai brûlé, j'ai deux points de trop. Il 16" Se brûler, v. réfl. Sardanapale se brûla lui-même avec ses femmes. || Fig. Se brûler à la chandelle, se jeter dans le péril en s'abandonnant à de trompeuses apparences. Locution prise des papillons qui le soir viennent effectivement se brûler à la chandelle. || Se brûler à la jambe, au pied, être atteint par un corps très-chaud. || 17° Se dessécher. Si on néglige ce premier âge, les enfants deviennent ardents et inquiets pour toute leur vie; leur sang se brûle, les habitudes se forment, fén. XVII, 43. Il Proverbe. Graissez les boites d'un vilain, il dira qu'on les lui brûle, c'est-à-dire il y a des gens qui ne veulent pas reconnaître les bons offices qu'on leur rend.

— HIST. XII* s. Sicume fus [feu] chi brulle la selve, e sicume fiamme brullant les monz. Liber psalm.\). i\6. Il XIII* s. Brulle mes reins et mon cuerde la ilambe du Saint esprit, Psauinr, f° 33. Il XIV* s. Mucius ha mis sa destre dedens le feu, et, comme se il eust le courage hors du sens, il la brûla, ardi et grailla, berciieurk, f° 32, recto. \\ xv* s. Et de grâce que le poure brulle [le pauvre homme dont la maison avait été brûlée] Retenue ait et confirmaoion [de sa pension], e. descii. Supplication au roi. Il xvi* s. [Il] Rendoit ma muse lente. Bien qu'elle fust bruslanle De s'offrir à vos yeux, dubell. m, 12, reclo. Didon se brusle, et de son mal enclos Jà la fureur luy saccage les os, id. iv, o, reclo. 0 la fureur d'une brusiante rage, Qui maintenant transporte mon courage 1 id. iv, (7, recto. Qui contrefaict ce Tantale mourant Bruslé de soif au milieu d'un torrent, id. vu, 27, verso. Nous brûlons le vilage, c'est à dire que nous faisons semblant d'estre fourriers; nous nous mettons de deux ou trois logis tout en un pour avoir argent des autres, d'aub. fœn. iii, i. De trop près se chauffe qui se brusle, cot- OHAVE. Les criminels se viennent brûler à la chandelle, comme on dit en commun proverbe, u. est. Apol. d'ilér. p. t47, dans lacurne sainte-palaye.

— ÉTYM. Bourguig. brelai; provenç. bruslar; ital. brustolare. Il y a dans l'ancien espagnol uslar, brûler, qui suppose un bas-latin ustulare, fréquentatif formé de nslum, supin de urerc, brûler. Ustulare se retrouve dans l'itajien br-uslolare, le provençal bruslar, le français br-usler. Reste à expliquer br ; Diez le rattache au latin per, dans perustus, brûlé tout à fait, d'où perustulare contracté en bruslulare. M. Chavée, voulant éviter le changement du p en 6, y voit le préfixe bcr, bar ou brc, qui a. un sens péjoratif : brûler à mal, brûler tout à fait.

BRÛLERIE (brule-rie) , s. f. Fabrique d'eaude-vie.

— ÉTYM. Brûler.

BRCLE-TOUT(bru-le-tou), s. m. Sorte de bougeoir court, garni d'iw rond qui fait bobèche, et surmonté d'une pointe sur laquelle on fiche le bout de bougie à brûler. || Au plur. Des brûle-tout.

— ÉTYM. Brûler, tout.

BRCLEUR, ECSE (brûleur, eù-z'), s. m. ei f. Il 1° Incendiaire. Ce passage pensa rompre notre entretien ; car je fus sur le point d'éclater de rire de ia bonté ot douceur d'un brûleur de grange, paSC. Prov. 8. Il Être fait comme un brûleur de maisons, être mal vêtu, avoir les vêtements en désordre. Il 2° Fabricant d'eau-de-vie.

— HIST. XVI* s. U fit brusler le temple des reformez avec telle ardeur que trois des brusleurs y furent consumez, d'aub. Hist. I, 138. Touts en ordre comme brusleurs de maisons, rab. Pant. n, 44.

— ÉTYM. Brûler.

f BRClis (bru-li),ï.m. || 1* Terme d'eaux et forêts. Partie de forêt incendiée. || 2° Terme d'agricultur*.' L'action de brûler ce oui est à la surface d'un champ

BRU

BRU

BRU

pour le fertiliser et le débarrasser. Le brûlis sur place des siliques de colza.

— HIST. XV* S. Quand ce vint le Ifindemain que le feu fut estainct, le roy alla veoir le brûlis qui avoit bien demi lieue de lé, Perce forest, t. u, f'*, dans

LACUBNE SAINTE-PALAYE.

— ÉTYM. Brûler.

BrOLOT (bru-lo; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au plurieH'i se lie : les bru-lo-z ennemis; brûlots rime avec faux, travaux, repos, etc.), *. m. |l 1° Terme de marine. Bâtiment chargé de matières inflammables et explosives, et destiné à porter l'incendie et la destruction. Je fis une faute que personne n'a remarquée; je ne pensai point à placer mes brûlots à la tête de la ligne des vaisse.iux ; si j'avais pris cette précaution, j'aurais assurément brûlé quelque pavillon ennemi, Mémoires de Villelte, en leoo, dans jal. || 2° Fig. Homme de parti disposé à tout risquer. || 3° Morceau très-poivré et trfcs-salé. || 4° Eau-de-vie brûlée avec du sucre. Il 5° Synonyme de brûle-gueule. || 6° Nom donné à des insectes qui, se trouvant dans l'herbe, s'attachent aux jambes de ceux qui y marchent. || 7° Sorte de polissoir à l'usage du fabricant de glaces.

— ÉTYM. Brûler.

t BKULOTIER (bru-lo-tié) , s. m. Terme de marine. Marin qui monte et dirige un brûlot.

— ÉTYM. Brûlot.

BRGlure (bru-lu-r"), s. f. || !• Lésion plus ou moins grave produite sur une partie vivante par le feu, par un corps très-chaud ou par une substance corrosive. La première chose à faire en cas de brûlure, c'est d'y appliquer de l'eau froide. La brûlure quecette lampe m'a faite, la font. Psyché, i, p. <t4. Il Onguent pour la brûlure, onguent qu'on met sur les brûlures; et, figurément, remède, ressource contre les inconvénients et le? maux. Les protestants n'ont pas trouvé D'onguent pour la brûlure, bébang. Miss. Il 2° Action de brûler. Est-il vrai que la flotte russe ait brûlé toute la flotte turque dans le port de Lemnos? Le commerce de Marseille ne souffre-t-il pas un peu de toutes ces brûlures et de tous ces ravages? VOLT. Lett. Àudibert, 2 oct. <77i. || Rare en ce sens. || 3° Terme d'agriculture. Maladie des plantes consistant tantôt en un dessèchement de l'écorce qui se soulève et se fendille sous l'influence du soleil ou de l'eau congelée, tantôt en une altération des bourgeons et des jeunes pousses, qui deviennent noirs subitement. La brûlure se nomme brouissure, quand elle frappe les céréales. || 4° Maladie des moutons.

— HlST. XVI* s. St Paul ne défend pas seulement l'impudicité externe, mais aussi la bruslure intérieure du cœur, calv. Instit. <02a.

— ÉTYM. Brûler.

t BRUMAILLE (bru-mâ-ll', U mouillées), s. f. Terme de marine. Sorte de brouillard peu épais.

— ÉTYM. Brume.

BRUMAIRE (bru-mè-r') , s. m. Le deuxième mois du calendrier républicain, commençant trente jours après l'équinoxe d'automne (du 23 octobre au 2) novembre). || Dix-huit brumaire, coup d'Ktat de Bonaparte, qui fut ainsi nommé parce qu'il se fit le dix-huit brumaire, et qui eut pour résultat de renverser la République et d'y substituer le pouvoir d'un seul; et, par extension, coup d'Etat de même nature, c'est-à-dire qui renverse un gouvernement de discussion et y substitue un pouvoir absolu.

— ÉTYM. Bruma, solstice d'hiver, hiver (voy. bbume).

BRUSIAL, ALK (bru-mal, ma-l'), adj. D'hiver; qui appartient à l'hiver. Plante brumale. Peu usité en général, et inusité au pli^riel masculin.

— ÉTYM. Voy. BRUMAIRE.

t BRUMASSER (bru-ma-sé) , V. impers. Terme de marine. Il brumasse, l'atmosphère est chargée d'un léger brouillard.

— ÉTYM. Brume.

BRUME (bru-m'), s. f. Brouillard, surtout en parlant des brouillards de mer. Les brumes épaisses qui régnent dans les mers des régions arctiques. Toujours plane une brume Sur cette mer.... v. UUGO, Orient. 1. 1| Brume sèche, brouillard qui ne dépose aucune humidité. || Fig. et poéti(juement. Si quelque brume obscurcit votre aurore , Leur disait-on , attendez le soleil, béranq. Suicide. || Proverbe. Dans la brume tout le monde est pilote, c'est-à-dire, quand personne n'en sait plus que les autres, personne ne peut prendre la direction, et aussi dans le désordre tout le monde ordonne.

— HIST. XIV* s. Si que ces tempestes cesseront. Mais tels brumes i engendrèrent, Tel/, ordures et lelz

DICT. DE L* LANCUE F1\ANÇA!SE.

fumées, Qui ne furent gueres amées, machault, p. 72. Il xvi° S. Sept jours devant et sept jours après brume [le .solstice d'hiver] , jamais n'y ha.sus mer tenipeste, rabel. dansLACURNE sainte-palave. Cela estoit au temps de la brume, environ le i]ualorzieme décembre, au solstice liyvernal, lorsque le soleil est au tropic du capricorne, Aleclor roman,

p. 7.i, dansLACUHNE SAINTE PALATE,

— ÉTYM. Provenç. bruma; catal. broma; espagn. et ital. bruma; walaque, brume, givre; bas-bret. brumen, brouillard; de brumo, solstice d'hiver, hiver (les étymologistes latins tirent bruma de brevissuma, brev-uma, le jour le plus court). On conçoit comment bruma, l'hiver, a doimé son nom à la brume. Déjà dans les Gloses d'Isidore brumostis sa troove a>ec le sens de pluvieux.

t BUUMÉ, ÉE (bru-mé, mée), adj. Terme de pêche. Morue brumée, morue couverte d'une poussière brune.

— ÉTYM. Brume, p^r métaphore.

t BRCMEU (bru-mé), v. impers. Terme de marine. Il brume, le temps est plus ou moins chargé de brume.

— ÉTYM. Brume.

BRUMEUX, EUSE (bru-meù, meû-z'), adj. Couvert de brume, de brouillard. Temps brumeux.

— ÉTYM. Brume; provenç. brumos.

BRUN, BRUNE (brun, bru-n'; l'n ne se lie pas: brun ou blond, dites : brun ou blond; si brun se trouvait devant son substantif, ce qui n'arrive presque jamais, l'n se lierait : un brun n-Allemand, brun ayant le son du nom de nombre un; au plur. l's se lie : bruns et blonds, dites : brun-z et blonds), adj. Il 1° Oui est d'une couleur de châtaigne foncée tirant sur le noir. || Invariable dans les locutions de ce genre : des étoffes brun foncé. || La couleur brune. Cette étofle est d'un beau brun. || Brun de montagne, terre d'ombre. Brun rouge, ocre dont on se sert dans la peinture. 1| 2° Familièrement. Il commence à faire brun, la nuit vient. || .S. f. La brune, le moment du jour où il commence à faire brun. Les heures s'envolaient; et l'aurore et la brune Te retrouvaient toujours dans ce chemin perdu, a. de MUSSET, dans le Dict. de dochez. || X la brune, sur la brune, loc. adverb. Au déclin du jour. Un petit laquais était sorti sur la brune, iiamilt. Gramm. 9. Hier au soir, sur la brune. Un chat- huant s'en vint votre fils enlever, la font. Fabl. ix, 1. Avanthier, advint que de fortune Je rencontrai ce Guignard sur la brune, volt. Ihjpvcr. || 3* En parlant du teintetdes cheveux, qui offre une légère nuance de noir. J'ai le teint brun, mais assez uni, le front élevé, LA ROCiiEF. Portrait. || Substantivement, personne qui a le teint et les cheveux bruns. Un brun. Une bnine. Une petite brune vive et piquante, j.j. Rouss. Ém. V. Plus d'un brun à large poitrine, bé- RANG. Grég. En secret un brun m'accompagne; Tout se découvre; adieu mon roi, ID. Cartes. || Aller de la brune à la blonde, être inconstant dans ses amours.

— HIST. XI* s. Neirs les chevels [cheveux] il ot et auques bruns, Ch. de Bol. cclxxix. Dreiles ces hanstes, luisant cil espié brun [poli], ib. lxxx. [U] fiert Charlemagne sur l'haume d'acier brun, ib. cclxui. Il xn* s. [Cheval] baucent ou brun, Bonc. p. t33. E un suen escuier n'i volt il oublier, Rogier de lirai, un brun, un prode bachelier. Th. lemart.is. \\ xiii*s. Et 11 bruns airs esclaircis Par la lune.... Ane. poésies dans LACURNE STE-PALAYR. Nus toissarans ne puet tistre à Paris camelins bruns et blancs, se il n'est.... L. des met. )t8. Si surcil sont brun et petit; Onques nus hom plus bel ne vit, FI. et Bl. 2853. Il XV* s. U estoit toute nuit et faisoit moult brun et moult espais, kroiss. i, i, 292. Et sur la brune rencontrèrent en leur chemin de cin(| à six cents combattants de leurs ennemis, monstbel. bv.ii, ch. 162. Certes, nennil, vostre vie est trop brune [mauvaise], E. DESCH. Poésies mss. f° 357, col. 3, dans lacckne ste-palaye. C'estoit en hiver, et faisoit brun et noir, louis xi, Nouv. lui. Faulte de blanc pain faict aulcunes fois manger le brun, Perceforcst, t. vi, f" 7G, dans LACURNE ste-palaye. Il XVI* s. Voyant cette fille assez belle, pour une claire brune, maro. Aouu. lui. Se doublant bien que les ennemis, sur le soir, quand il commencerait à faire brun, se retireroient à la file un à un, amyot, Philop. 24. Je veux mourir pour le brun de ce teint, bons. 27.

— ÊTYiM. Provenç. brun; espagn. et ital. bruno; de l'anc. haut allem. briJn; allem. mod. braun. Le sens radical de brun est brûlé (voy. brunir).

t BRUNÂTRE (bru-nâ-tr'), adj. Tirant sur la brun.

— ÉTYM. llrun. et b désinence dégradative dire.

t BRUNE (bru-n'), s. f. Terme de pêche. Poisson du genre des labres.

BRDNELLB (bru-nè-l"), «. /. Terme de liotanique. Genre do la famille des labiées. La brunelle commune et la brunelle à grandes fleurs sont les deux espèces les plus répandues. On dit aussi, prunelle.

BRUNET, ETTE (bru-nè. nè-t'), t. m. et f. || 1* Petit brun, petite brune. Autant qu'une plus blanche il aime une brunette, Régnier, Sat. vu. jj 2* Brunet, t. m. Espèce de merle. || 8* Brunette, s. f. Espèce de bécasseau. || 4* Anciennement, brunette, petite chanson tendre et d'un goût naturel et dé' licat.

— HIST. xii* S. La dameiselle ot non Lunete, Et fu une avenanz brunete, chrestien db troies dans holland, Chrestien de Troiet, p. 7B. || xiii* s. Car ausinc bien sunt amoretes Sous buriaus comme sous brunetes [étoffe fine presque noire], la Rose, 4348. Desous le front sont li sorcil Brunet et estroit et soutil, Bl. et Jeh. 263. Prenez garde à celui qui chanta cest motet; Savoie à faire ami, le feroie brunet. Salut d'amors, jubinal, t. ii, p. 23». |{ xv*s. Si fut enfant.... de joyeux visaige, un peu sur 'e brunet et assez coulouré, Bouciq. l, ch. 2. J'achateray, ou gris, ou verd. Et pour un blanohet, Guillemette, Me faut trois quartiers de brunette, Patelin. || xvi* s. Allégez moy, douce, plaisant brunette, marot, m, tl9. La brunete Marguerite, iD. m, 136. J'aime la blanche et j'aime la brunette,

y VER, p. 627.

— ÉTYM. Diminutif de brun; bourguig. breugnotu. i . BRUNI, lE (bru-ni , nie), part, passé, jj 1* Hendu

brun. Un teint bruni par le soleiU || 2° Poli. Or bruni. Et toute son armure, emblème de malheur, Ëtait de fer bruni . ^ans or et sans couleur, guibebt, Bourbon, IV, 9.

2. BRUNI (bru-ni), s. m. Terme d'orfèvrerie. Le poli, par opposition au mat

— ÉTYM. Brunir.

BRUNIR (bru-nir), v. a. || 1* Rendre brun. Mais déjà l'ombre plus épaisse Tombe et brunit les vaste» mers, lamart. Uéd. i, 2i. || Peindre en brun. Faire brunir une voiture. || Brunir de l'acier, signifie quelquefois faire subir à l'acier une préparation qui le rende plus brun. || V. n. Devenir brun. Il a bruni. Il Se brunir, v. réfl. Devenir brun. || 2° Rendre brillant par le poli. Brunir de l'or, de l'argent. || Saupoudrer de gypse calciné la baudruche destinée à recevoir l'or battu. || Terme de vénerie. Se dit du cerf, frottant son bois pour le dépouiller de la peau morte. Ce cerf brunitson bois. || 3* Se brunir, v. réfl. Devenir brillant. Cette sorte d'or se brunit mieux.

— HIST. XI* s. François i fièrent des espiez brunissans, Ch. de Bol. cxxiii. jjxji* s. Toz vos images [je] fis faire d'or bruni, Bonc. p. )4t. {| xiii* s. Que nuls ne puisse nulles vielles ouvres reparer ne brunir, ne vendre pour nueves, sus peine de perdre les, Liv.desmét. lOi. Quiconques est fremailliers de laton, et il fasse oevre qui ne .soit ijruntie que d'une [lart, si comme de fermaus rons, i«.3 oevre n'est mie souffisans, ib. 96. Cilz deux lieux -ot'tfaiz à pugnir Tous ceulx qui faillent à venir X ces '.ens souverains ensemble. Qui pevent blanchir et brii.j " Tout homme.... J. de meuno. Très. 532. || xiv* s. ij ; la mâche [massue] déferle feri li marctiis, Pardessore le hiaume, qui bien estoit burnis, Baud. de Seb. IV, <58. Il ivi* s. Comme un myroir par son lustre bruny. Monstre.... j. marot, y,2uo. L'esprouvette, estant sur l'os, glisse comme sur quelque chose brunie et pohe, paré, xi, 22. U [amour] fit son trait de ton œil brunissant, rons. 73.

— ÉTYM. Brun; Berry, brunejir; provenç. brunir et bnrnir; espagn. brunir, broni'r; iuil. brunire ; moyen-allem. brt'nnen, rendre brillant. Dans l'ancien haut-allemand brun signifia à la fois brun et brillant; ancien Scandinave, bruni, incendie, feu. On conçoit comment le même radical a pu donner brujt, ce qui est noirci par feu, et brunir, rendre brillant comme le feu, d'où poUr.

t BRUNIS (bru-ni), s. m. Terme de métier. L'effet du bruni.

— ÉTYM. Brunir.

BRUNISSAGE (bru-ni-sa-j') , t. m. Action de brunir, de polir.

— ETYM. Brunir.

BRUNISSEUU, EUSE (bru-ni-seur, seû-z*), *. m. et f. Celui, celle qui brunit les ouvrages d'or et d'argent.

— HIST. XV* s. L'espée estoit plus clere et plus luysante que s'elle venoit des mains du brunisseur, Perceforest, t vi, ^ 5i , rcc(o, col. 2, dans lacurns sainte-palayk.

— ÉTYM. Brunir.

BRlTNISSOin (1>ru-ni-soir), i. m. Outil qui sert à hninir les ouvrages d'or et d'argent.

— lîTYM. Pnmir.

nnUNISSnilE (bru-ni-»u-r'), i. f. || 1' Terme da teinturier. Action de brunir par la teinture les nuances dos étolTos. || i' Le poli d'un ouvrage qui a été bruni ; l'art du brunisseur. || Terme de vénerie. Poli des tétos d« cerf, lorsque l'animal les a brunies.

— ÉTYM. Brunir.

t BUUNITURE (bru-ni-tu-r'), *. f. Terme de teinturier. Substance pour donner aux couleurs une teinte plus foncée; celte opération même.

— f.TYM. Brunir.

f BRUNNICIIIE (bru-nni-kie), s. f. Terme de botani([ue. Sorte de liane.

tnnONOIR (bru-noir), t. m. Sorte de merle du cap de lîonno-Kspérance.

t BRdNOME (bru-no-nie), t. f. Terme de botanique. Geiiro de plantes de l'Australie.

t BRUNOYER (bru-no-ié), V. n. Avoir une teinte brunfltre, tirer sur le brun.

— HIST. XIII* s. L'espée trait [il tire], dont li aciers burnoie, audefr. le bastard, Romancero, p. 30. Il XVI* s. Il y avoit un pauvre chaudronnier qui cherchoit logis; mais pour ce qu'il bruneoit, il ne pouvoit voir de chemin, joint qu'il avoit negé, Moijen de parvenir, p. 389, dans lacubne sainte-

PALAYE

— ÉTYM. Brun. Ce verbe est fait comme verdoyer.

t BRUSC (brusk), s. m. Nom vulgaire d'une espèce de bruyère.

— HIST. XVI' s. I,e romarin, le brusc, les sermens de vigne, le jenest, o. de serres, 486. Sureaux, bouis, genevres, caddes, houx, bruscs ou houssons, iD. 785. Brusc autrement dit housson,

— ÉTYM. Provenç. brus, bruyère; espagn. et ital. IrHsco; du latin r«sCMm, ruscus, frngon épineux. I.'épenthtse du 6, ici manifeste, est un appui à l'opinion qui tire bruit de rugitus.

BRUSQUlî (bru-sk'), adj. || 1° Qui a une rudesse mêlée de promptitude. Homme brusque. Ton brusque. Style brusque. Dans vos brusques chagrins je ne puis rien comprendre, holiêre. Misanthrope, I, t. Il a le repart brusque et l'accueil loupgarou, ID. Kc. des marir, i, 6. On voit des gens brusques, inquiets, qui, bien qu'oisifs et sans aucune affaire qui les appelle ailleurs, vous expédient, pour ainsi dire, en peu de paroles et ne songent qu'à se dégager de vous, la bruy. 6. || 2°Soudain, que rien ne prépare. Brusque départ. Prenant de brusques résolutions. Une brusque repartie. Une brusque attaque d'apoplexie. Quels sentiments contraires Par un brusque passage ont fait dans votre cœur X la siiourité succéder la terreur? lemerc. Bruneh. u, i.

— HIST. xvi* s. Et, pincetant sur les chanterelles de son luth obéissant une mesure plus brusque, poursuivit en ces termes, yver, p. B26. Celuy qui a esU attainct au vif et deschiré d'une remonstrance, SI on le laisse ainsi tout brusque, enflé et esmeu de cholere, il est puis après difficile à remettre, AMYOT, Comment dise, le flatteur de l'ami, 63. On cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met-on au dessus les guayes et claires, m. Pe la tranq. d'âme, 3). Petit vin, brusc, rude et aspre, paré, XXV, 27. J'ay d'une ardante et brusque fantaisie, Dès la mammelle, aimé la poésie, rons. OSO. Il est très brave et vaillant et brusq ; jamais il ne refusa combat, Brantôme, J. A. Doria. Cingar tenoit un voulge [sorte d'arme] en main, et sur le cul avoit une large dague, faisant bien le brusc avec un grand pennache qui voltigeoit sur son bonnet, et ne regardant que do travers, Merlin coccaïe, t. i, p. 47B, dans LACUHNE sainte-palave. Ainsi que le diamant brusque [non poli], pasquier, Rech. m,

p. 2B9, dans LACURNE.

— ÉTYM. Espagn. et portug. hrusco, de mauvaise humeur, emporté; ital. brusco, aigre, âpre. I.e mot est italien et d'origine incertaine. Diez y voit l'ancien haut allemand bruttisc , contracté en brull'sc , sombre, colère. D'autres le rapportent au celtique : gaél. brisg ; kymri, brysj; bas-bret. bresg, yif, prompt. Enfin on peut croire qu'il est d'origine latine et que, tenant à bruscolo, brin de paille, brusm. brosse, bruscia, épine, broussailles, il se rapporiB à hrusco (voy. brlsc); le sens du radical serait piquant, d'où brusco, aigre, âpre.

Il lMUwP''^n''-''• <^^"-^''^' '^^"l' part, passé. i.p~. îi \.'".^"P'°Ï* brusqué parson supérieur. U S Pressé, hâté. Une aventure brusquée.

BRt'SQtlEMBII.LE (bru-skan-bi-U' , Il mouillées) , s. f. Jeu de cartes qui peut se jouer à deux, trois, quatre ou cinq personnes. || Xce jeu, nom des as ou des dix. L'as e.st la brusquembille supérieure.

— ÉTYM. Mot qui paraît formé de brusque par quelque dérivation plaisante. Il y a eu un comédien bouffon du nom de Bruscambille, Uist. du Th. fr. t. IV, p. 137.

BRU.SQUEMKNT (bru-ske-man), adv. D'une manière brusque. Il lit, et se tournant brusquement par la place.... béonier, Sat. viii. Je lançai un peu trop brusquement mon foudre contre un philosophe, d'ablancourt, Lucien, t. i, dans richelet. Il Charger brusquement l'ennemi, le charger sans qu'il ait le temps de se reconnaître.

— HIST. XVI* s. Le quel brusquement entrant, TUB.Pant. m, 43. Voy-tu cestuy-là qui se promené si brusquement? DESPER. Cymbal. <00.

— ÉTYM. Brusque, et le suffixe ment.

«. BRUSQUER (bru-ské), «. a. || 1° Avoir, à l'égard de quelqu'un, un langage brusque, un ton brusque. Pour peu que j'eusse parlé, je n'aurais pu m'empêcher de le brusquer, montesq. Lett. pers. 48. Les ministres du roi (Sully entre les autres) ne furent point d'avis qu'on brusquât ce jeune imprudent, ANQUETiL, Ligue, lu, 110. On ne saurait lui din une parole qu'il n'éclate tout d'un coup et qu'il ne vous brusque sans modération et sans ménagement, BOURD. Pensées, t. ii, p. 240. || Absolument. Il semble toujours commander et brusquer, dider. S. l. caract. || 2° Presser, bâter. C'était le moment de brusquer l'entreprise. Brusquer la victoire. || Brusquer la fortune, chercher fortune et principalement la chercher par des moyens prompts et hasardeux. En différents pays j'ai brusqué la fortune, Sans que l'on ait de moi reçu nouvelle aucune, regnard, ilénechmes, \, 2. Ce furent les Anglais et les Hollandais qui brusquèrent fortune, des font; ttém. de Trév. 1724. || Brusquer une affaire, la faire vite et avec peu d'examen. J'avais un voyage en tête à brusquer dont je parlerai tout à l'heure, st-sim. 4( , 222. Il Familièreojnt. Brusquer l'aventure, prendre brusquement son parti , au hasard de ce qui peut arriver. || Terme de théâtre. Brusquer un dénoûment, l'amener sans préparation. |! Terme militaire. Brusquer une place de guerre, essayer de l'emporter par un coup de main. || 3° Surprendre en violentant. Nous avons, pour ainsi dire, brusqué la nature en amenant dans nos climats des chevaux d'Afrique ou d'Asie, nous avons rendu méconnaissables les races primitives de France, buff. CIteval. Il Brusquer les dés, jeter les dés vivement et tout d'un coup. Le joueur qui pouvait, par un art illicite, natter ou brusquer les dés selon l'occasion, MONTESQ. Correspondance, t.

— HIST. XVI* s. 11 se trouva 200 italiens etc tuez,

qui s'escartoient par les villaigcs deçà de-là, brusquant fortune et leurs commoditez, par trouppes,

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