‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 322 sur 504 · BURE (bu-r'), s. f. Puits profond dans une mine · texte numérisé non relu

BURE (bu-r'), s. f. Puits profond dans une mine

— ÉTYM. AUem. bohren, percer (voy. bdrih).

t 3. BURE (bu-r') , s. f. Partie supérieure d'un fourneau de forge.

— ÉTYM. Le iliême que buire?

f 4. BURE (bu-r'), s. /. Terme de pêche (voy. bire).

i. BUREAU (bu-rô), s. m. Grosse étoffe de laine. Mais qui n'étant vêtu que de simple bureau Passait l'été sans linge et l'hiver sans manteau, boil. Sai. u Il 2° Bureau, tapis qu'on mettait sur une table, et de là la table môme (voy. bureau 2).

— HIST. xiii* s. Bien fu li mastins deceOz, Des gardes fu aparceOz ; 0 maçues et o tiniaus Li ont bien aune ses buriaus, Rcn. 13994. [L'amour] C'est taigne qui riens ne refuse. Les porpres [pourpres] et les buriaus use, la Rose, 434o. Me garantist et cors et teste, Par vent, par pluie et par tempeste, Forré d'agniaus cist miens buriaus. Comme pers forré d'escuriaus, ib. 9H5. Cote ot nueve de burel. Poésies fr. mst. dans lacurne. || xiV s. Riches draps, gros bureaux et le linge esmeré, Guesclin, (95IB. Il xv* Tout homme estant vestu de noir de ces gros bureaux [pour le deuil du prince de Castille], COMM. vni, 17. Myeux vaut vivre sous gros bureaux, Pauvre, qu'avoir esté seigneur Et pourrir sous riches tombeaux, villon, G. Teimm. || xvi' s. Print quatre aulnes de bureau, s'en accoustra comme d'une robbe longue à simple cousture, hab. Pant. m, 7. Il lui parloit le latin médicinal, qui estoit en ce temps-là fin comme bureau teint, desper. Contes, LXi. Est toutesfois requis d'avoir quelque peu de laine noire, pour mesler avec la blanche, en faire des draps gris, ou seule, des bureaux pour les habits du mesnago, o. de serres, si7.

— ÉTYM. Bure ( ; provenç. bureus; catal. burel; espagn. buriel ; ital. burello. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li burels ou buriaus; au régime le burel (voy. l'étymologie de bork i).

2. BUREAU (bu-rô), X. m. || !• Table sur laquelle on écrit, on compte de l'argent, etc. Payer \ bureau ouvert. Voy. odvert. [j 2° Grande table à tiroirs et à tablettes. || Cette aflaire est sur le bureau, on com mence à s'en occuper. || 8* Endroit oii travaiUen habituellement des employés, des commis, eto

uo

BUR

Les bureaux du ministère. Le bureau d'un courtier. Les bureaux de l'administration d'un chemin do fer. Il Garçon de bureau, domestique attaché au service d'un bureau. || 4' Lei employés mêmes qui travaillent dans un bureau. Le travail des bureaux. Il Fig. et familièrement. L'air du bureau, les dispositions des personnes chargées d'une affaire. Prendre l'air du bureau, s'informer de l'état d'une affaire. Je proposai à M. le prince de Conti de venir au parlement et de demeurer simplement dans le» termes qui se pourraient expliquer plus ou moins favorablement, selon qu'il trouverait l'air du bureau dans lagrand'chambre, betz, il, 204. Si on nous rogne les ongles, il nous sera impossible de marclier; d'ailleurs le vent du bureau n'est pas pour nous, VOLT. Leltr. d'Argental, 24 novembre fJT2. Il Connaître l'air du bureau, pressentir l'issue d'une affaire. || B" Établissement détaché où s'exécute quelque service d'une administration publique. Bureau des hypothèques. Bureau des longitudes. Bureau de tabac, de poste, etc. || Bureaux arabes en Algérie, administration, confiée à des militaires, de certains districts occupés par les indigènes. |i 6° Bureau des messageries, lieu où l'on retient sa place dans une voiture publique. Il Bureau restant, s'écrit sur une lettre, sur un paquet, pour indiquer qu'ils doivent rester au bureau de la poste, au bureau des voitures, jusqu'à ce qu'ils soient réclamés. || Les bureaux d'un théâtre, les endroits où se distribuent les billets pour a.ssister à la représentation. Bureau des suppléments, bureau où l'on paye un sujjplément pour prendre une meilleure place. || 7° Bureau de charité, heu où se font des distributions de secours aux indigents. || Bureau de bienfaisance, la réunion des administrateurs chargés de la direction des bureaux de charité. 118» Bureau de placement, établissement où l'on se charge de placer des employés, des domestiques. || Bureau des nourrices, établissement où l'on se charge de placer des nourrices. Il 9° Bureau d'adresse, lieu où l'on se charge de procurer divers renseignements. || Familièrement. C'est un vrai bureau d'adresse, c'est-à-dire c'est ui.e maison où l'on dit beaucoup de nouvelles, c'est une personne (jui a toujours beaucoup de nouvelles à dire. || 10° Bureau d'esprit, en parlant des choses littéraires, société où l'on s'occupe ordinairement de littérature; cela se dit ordinairement par dénigrement. Là du faux bel esprit se tiennent les bureaux, BoiL. Sat. X. Une histoire du prince de Condé sortie de ces mêmes bureaux d'ignorance, VOLT. Louis XIV, 27. L'autre jour la cour du Parnasse Fit assembler tous ses bureaux, i. b. aouss. Sonnet à la Fare. || 11° Membres^ d'une assemblée que leurs collègues désignent pour diriger les travaux. Le bureau se compose d'un président, d'un vice- président et des secrétaires. || La réunion du président, du vice-président et du secrétaire ou des secrétaires soit dans une assemblée législative, soit dans une académie, soit dans tout autre corps.

— HlST. XV' s. S'aucun aussi monstre sa retenue, Et au bureau va faire serement. Les offlciers n'y font empeschement, CH. d'ohl. Rond. Et fault produire quelque don, Quelque affiquet; s'il semble beau. On mettra sans dilation Les pièces dessus le bureau, coquill. Droits nouv. || xvi* s. La despense de laquelle, rappourtée à son bureau, ne montoyt par quartier gueres plus que.... rab. Pant. m, 7. Or sus donc, le sage jugera de tout, rien neluy eschappera qu'il ne mette sur le bureau et en la balance, CHARRON, Sageste, ii, 2. Puis a esté commandé expédier le procès des prisonniers du faict de saint Medard, et m'a esté ordonné l'aller dire à la Tournelle , où le dit procès est sur le bureau , CONDÉ, Mémoires, p. 644.

— ÉTYM. Bas-lat. burellum, ainsi dit parce que la table était couverte d'un drap de bureau (voy. BOREAU t).

t BUREAUCRATE ( bu-ro-kra-t') , ». m. Néologisme. Homme puissant dans les bureaux ou même simple employé dans les bureaux. Il ne se dit guère que par ironie et en mauvaise part. C'est M. Mathieu, bureaucrate envieux, insinuant, mêlant à froid ses passions et ses intérêts, et nous apportant ici le despotisme dont il se plaint ailleurs, bavard et DE WAiLLT, le Mari à la campagne, ii, 6.

— ÊTYM. Ce mot a été tiré de bureaucratie (voy. bureaucratie).

BCREACCRATIB (btt-ro-kra-sie) , s. f. Pouvoir des bureaux. Néologisme très-peu correct, rendu nécessaire par l'influence de plus en plus générale que les buieaux, dans toutes les administrations, exercent sur toutes les entreprises. || InQuence abutive de» commis dans i'admmistration

BUR

— ÊTYM. Bureau, et xpaxEiv, avoir le pouvoir.

t BUREAUCRATIQUE (ba-ro-kra-ti-k'), odj. Néologisme. Propre aux gens de bureau.

— ÊTYM. Uureaucralie.

t BURELÉ, ÉE (hu-re-lé, lée), adj. Terme de blason. Se dit d'un écu garni de longues listes, de liane à flanc, à nombre égal et d'émail difîérent.

— Rtym. Burelle.

t BURELLE (bu-rè-1') , ». {. Terme de blason. Petites bandes alternant l'une avec l'autre, en nombre pair, et île couleurs différentes.

— HIST. XV* s. Le seigneur de Montmiral, qui portoit burelle d'argent, Jehan de Saintré, 68.

— ÈTVM. Bureau < .

BURETTE (bu-rè-t'),». (. \\ 1° Petit vase àgoulotoù l'on met du vinaigre, de l'huile, etc. Il y avait une burette de vin contenant un demi-setier, volt. Phil. V, 357. Il 2° Petits vases où l'on met le vin et l'eau qui servent à la messe. || 3' Vase de fer-blanc pour verser le suif dans les moules à chandelles.

— IllST. xiv= s. Une binette à biberon de chappelle, pesant deux marcs, cinq onces, d'argent, de LABOBDE, Emaux, p. <78. Il XVI' s. Les cierges et burettes, calv. Inslit. ttso. Burettes à huyle, AMYOT, Sylla, 30.

— ÉTYM. Diminutif de buire.

BURGANULNE (bur-gan-di-n') , s. f. L'Académie

dit burgandine- mais les autres dictionnaires ont avec raison burgandine (voyez ce mot).

BUUGAU (bur-gô), s. m. Xom vulgaire de plusieurs coquilles univalves nacrées, principalement du turbo marbré qu'on trouve dans l'Inde. Le berceau offert par la ville de Paris au roi de Home, fils de Napoléon, était en vermeil, nacre et burgau,

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