CHAÎNE
CADENETTE (ka-de-nè-f) , ». f. Longue tresse qui tombe plus bas que le reste des cheveux. Cheveux en cadenettes. Elle met sous la toilette La dent et la cadenette. Le fard et la savonnette, perbin, Poésies,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Sous Louis XIII on appelait moustache une grande mèche de cheveux qu'on laissait pendre; lorsque M. de Luynes devint connétable, on fit maréchal de France son frùre puîné. Honoré d'Albret, seigneur de Cadenet, très-recommandé par cette touffe de cheveux dite moustache, qui, de lui, fut nommée cadenette.
CADET, CADETTE (ka-dè , ka-dè-t' ; le « se lie : le ka-dè-t et l'aîné; Vs se lie :les ka-dè-z et les aînés), adject. Il 1° Oui est né ou née après un autre frère ou une autre sœur, et aussi, absolument, le second des frères, la seconde des sœurs : fils cadet, fille cadette; de sorte que cadet se dit, d'une part, de tous les enfants qui viennent après l'aîné ou après le second enfant Iju après le troisième, etc. et d'autre part quelquefois, spécialement, de l'enfémt qui vient immédiatement après l'aîné : frère cadet, sœur cadette. Branche cadette d'une maison, c'està-dire branche issue d'un cadet. || 2° Substantivement. Un second lui succède [à l'alné] et se met en posture. Mais en vain; un cadet lente aussi l'avenlare; Tous perdirent leur temps, la font. Fabl. IV, 48. Un homme Joue et se ruine; il marie néanmoins l'aînée de ses deux filles.... La cadette est sur le point de faire des vœux, qui n'a point d'autre vocation que le jeu de son père, la bruï. (4. On honore en celui-ci les aînés, en cet autre les cadets, PASC. Conv. ï. Son neveu n'était alors que cadet de famille, hamilt. Gramm. 7. H n'était que cadet d'une maison fort ancienne, id. 16 ». Je ne sais quel gentilhomme qui ne vaut pas mieux que lui , et qui n'est pas maître en sa maison , étant cadet des cadets, scarr. Rom. com. 2* part. ch. (2. Il était cadet, il fut destiné à l'Ëghse, et on lui donna l'habit, qui assez souvent accoutume les enfants i croire qu'ils y sont appelés, fonten. Louville. Je ne sais si les égards des cadets pour les aînés étaient
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d'usage dans toutes les familles, mder. Ess. sur Claude, I. ii. Ouelle fatalité secrète, Ma sœur, soumet tout l'univers Aux attraits de notre cadette? MOL. Psyché, I, \. Il Souvent aussi cadet se dit pour le dernier fils. Il suffit que ce jeune homme soit le cadet de sa maison, pour ne pas douter qu'il ne soit dès là appelé aux fonctions redoutables de pasteur des âmes, bourd. Carême, 1. 1, 6(D. || Fig. Othon et Suréna Ne sont point des cadets indignes de Cinna, corn. Aurai, 1676. || Populairement. C'est le cadet de mes soucis, c'est la moindre de mes inquiétudes. || 3° P.ir extension, en parlant de personnes qui ne sont pas parentes, moins âgé ou moins ancien. Je suis son cadet [je suis moins âgé que lui], mais dans la compagnie il est mon cadet [il est moins ancien que moi]. || Familièrement et avec une expression soit de supériorité soit d'ironie. Mon cadet. N'y allez pas si vite, mon cadet. Pardonnez-moi, mon jeune cadet, J. i. Rouss. Ém. ii. Il Ironiquement. Voilà un beau cadet! || 4''Gentilhomme qui servait comme soldat et bientôt après comme bas-officier, pour apprendre le métier. Il entra dans les cadets, ou dans une compagnie de cadets, c'est-à-dire entièrement composée de cadets. Éprise d'un cadet , ivre d'un mousquetaire, BoiL. Sat. X. Il y avait [dans l'armée de Luxembourg] beaucoup de jeunes cadets sans paye, VOLT. Louis XIV, 9. J'allais devenir militaire, car on avait arrangé que je commencerais par être cadet, j. j. ROUSS. Conf. IV. Et votre tresse non confuse Semble à ces mèches d'arquebuse Qu'un cadet porteàson côté, RÉGNIER, iouanjes de J[focc»e. || C'est un cadet de haut appétit, se dit d'un dépensier.
— HIST. XV* s. Après la dite desconfiture, ils se ralierent et vinrent devant une place nommée Malaunoy, dedans laquelle estoit un capitaine gascon nommé le capdet Uemounent, Chr. de L. XI, p. 308, id. in-i'. Il XVI" s. Sainte Colombe, allant au dernier assaut de Rouen avec cinquante des meilleurs soldats, y mesie une vingtaine de goujats et cadets, quecen'estoitque feu et bons harquebusiers, brant. Cap. fr. t. IV, p. (30, dans lacurne.
— ÉTYM. Capdet donne l'étymologie : capitettus, diminutif roman de caput, chef (voy. chef); le capdet ou cadet est le petit chef, à la différence de l'aîné qui esUie premier chef de la famille.
K CADETTE (ka-dè-f), s. f. Pierre de taille propre pour paver.
— ÉTYM. Cadet.
2. CADETTE (ka-dè-f), s. f. La moins longue des deux grandes queues qui servent à atteindre sur un billard les billes trop éloignées.
— ÉTYM. Cadet.
t CADETrER (ka-dè-té), V. a. Paver avec des pierres de taille.
— ÉTYM. Cadette 1 .
CADI (ka-di), s. m. Fonctionnaire musulman chargé de régler les contestations civiles et religieuses.
— ÉTYM. Arabe, ksdhi, juge.
t CADIL (ka-dil), s. m. Nom d'une mesure de capacité qui valait un litre, dans le système métrique de 1794.
— ÉTYM. Diminutif de cade, en latin cadus.
t CADISLESKER (ka-di-lè-skêr'), s. m. Juge d'armée ou grand juge chez les Turcs.
— ÉTYM. Arabe, kadhi, juge, et turc, asker, armée.
CADIS (ka-di), s. m. Sorte de serge de laine, de bas prix. || Cadisé, même sens. Cadisés ordinaires, Tahl. ann. aux lett. pat. 22 juill. Poitiers.
— HisT. xv° s. Comment nous seoit.... D'un kamoukas ou d'un cadis, Comment se taillolt un abis Après nos costes et nos cors, froiss. Poésies mss. p. fis, dans lacurne.
— ÉTYM. Origine inconnue.
t CADMÉEN, ENNE (kad-mé-in, è-n'), adj. Alphabet cadméen, lettres cadméennes, les seize lettres de l'alphabet primitif des Grecs, lesquelles sont les mêmes que les lettres sémitiques ou phéniciennes.
— ÉTYM. Cadmtw, qui, suivant les récits mytholojiques, vint do Phénicie en Grèce.
CADMIE (kad-mic), s. f. Terme do l'ancienne chimie. || 1" Cadmie naturelle ou fossile, minéral qui contient du zinc, du fer, quelquefois de l'arsenic, souvent aussi du bismuth, de l'argent et du cobalt. Il 2° Cadmie artificielle ou desfourneaui,dite aussi tutie, l'nxyde de zinc sublimé. || 3° Cadmie d'arsenic, l'oxyde blanc pulvérulent qui se forme à la surface des masses de l'acide arsénieux du commerce.
— ÉTYM. KaSueiot.
tCADMlFÈRE (kad-mi-fê-r'), adj. Qui contient du cadmium.
— ÉiYM. Cadmium, et ferre, porter.
h CADMIQUE (kad-mi-k') , adj. Qui est relatif au cadmium.
f CADMICM (kad-mi-om*), s. m. Terme de chimie. Sorte de métal solide, blanc comme l'étain, inodore, insipide, très-brillant, ductile et malléable.
— ÉTYM. Cadmie.
CADOGAN (ka-dogan), s. m. Voy. catogan.
CADOIJ; (ka-do-1'), s. f. Terme de serrurerie. Loquet ou espèce de pêne qu'on soulève avec un bouton.
— ÉTYM. Peut-être cadere, tomber : la chose qui retombe.
t CADORECX (ka-do-reû) , ç. m. Un des noms vulgaires du chardonneret.
CADRAN (ka-dran), s. m. \\ 1° Plan où les heures sont tracées. Cadran solaire. J'ai un cadran au milieu de mon jardin. Comme les architectes et quelquefois les simples maçons savent faire des cadrans, FONTEN. Varignnn. Les Arabes donnaient une attention particulière à la mesure du temps par des clepsydres, par d'immenses cadrans solaires et même par les vibrations du pendule, la place, Exp. V, 3. Le cours du soleil se marque sur un cadran, Boss. Connaiss. i, 3. L'ombre seule marque en silence Sur le cadran rempli les pas muets du temps, LAMART. Ilarm. iv, 4. || 2° Par extension et par abus (car le cadran est primitivement carré), le cadran d'une horloge, d'une montre, qui est rond, et qui a permis la locution le tour du cadran, locution impossible avec l'ancien et vrai cadran. Il Faire le tour du cadran, aller d'une certaine heure du soir à la même heure du matin. Je me suis couché à huit heures et j'ai fait le tour du cadran. Un jeu effréné où la comtesse passait les nuits et faisait souvent le tour du cadran , st-sim. 70, 242. Il Fig. Faire le tour du cadran, passer par un cercle d'idées et revenir au point de départ. La princesse palatine avait commencé par les idées cartésiennes; de là elle avait passé à ne plus rien croire, et, ayant achevé le tour du cadran, elle avait remonté d'elle-même vers la religion, comme plusieurs esprits forts ou libertins de cette époque, CIIATEAUB. dans le Dictionn. de dochez. || 3° Êtau du lapidaire. Il 4° Maladie des arbres, ainsi dite à cause de la disposition des fentes qui se produisent, il Sorte de mollusque gastéropode (trochus perspeclivus).
— IIIST. xin* s. Tu es le quadran etl'equerre De la divine vision, j. de meung. Tr. (589. || xiv s. Un cadran d'or, à un estuy de brodeure, à fieurs de lys et deux boutons de perles, de laborde. Émaux, p. tsi. Un petit cadran d'argent, rond, esmaiUlé, en un estuy de cuir bien ouvré d'ymages, id. ib. Maistre Robert, faiseur de cadrans à Paris, id. ib. Il XVI* s. Quand ilsauroyent les cartes de toutes régions et le cadran de la mer [la boussole], le compas et les instruments astronomiques,... palissy, ^32. Le meilleur moyen pour passer seuremont sans dommage, c'est de porter avec soi le quadran, qui est la prudence, et la carte, qui sont les beaux preceptesqui découvrent le vray et le faux, langue, 603.
— ÉTYM. Provenç. quadrant, quadran; espagn. cuadranle; ital. quadrante; du laiin quadranlem, quadrans, de qwadrare(voy. carrer) ; ainsiditparce que les cadrans solaires tracés soit sur un plan horizontal, soit sur un plan vertical, sont toujours en forme de quadrilatère plus ou moins approchant du carré.
fCADRANÉ, ÊE (ka-dra-né, née), adj. Term d'agriculture. Qui est attaqué par la cadranure.
fCADRANNERIE (ka-dra-ne-rie ), ». f. Dépôt d'instruments de marine; art de les fabriquer.
t CADRANT (ka-dran), s. m. Instrument dont le lapidaire .se sert pour tenir les pierres sur la roue.
t CADRANURE (ca-dra-nu-r'), s. f. Terme d'agriculture. Maladie des arbres qui se manifeste par des fcnlos disposées en cadran.
— ÉTYM. Cadran.
CADRAT (ca-dra),i. m. Terme d'imprimerie. Petit morceau de fonte plus bas que les lettres et de la largeur de trois ou quatre chifl'res, qui sert à compléter les lignes et à remplir les vides de toute espèce.
— ETYM. tjuadratus, carré (voy. carrer).
CADRATIN (ka-dra-tin) , s. m. Ternie d'imprimerie. Petitcadrat de la largeur de deux chiffres. Demicadratin, cadrât de la largeur d'un chiffre.
— ÉTYM Cadrât.
CADHATI7RF, (ka-rtra-tu-r'), s. f. T»nn9 d'hnr-
logerie. Assemblage des pièces qui meuvent les aiguilles et la répétition d'une montre, etc.
— ÉTYM. Même mot, sauf la prononciation, que quadrature (voy. ce mot).
fCADRATURIEU (ka-dra-tu-rié), i. m. Ouvrier qui fait des cadratures.
CADRE (ka-<lr'), s. m. Il 1° Rordure de bois ou d'autre maiiôre, dans laquelle on place un tableau, un bas-relief, etc. Je ne vous conseille pas de mettre un cadre à cette peinture, sÉv. 447. Aux plus grossiers de ces dessins je mets des cadres bien brillants, J. j. rouss. Êm. ii. | Bien que, étymologiquement, le cadre soit carré, on a oublié l'étymologie, et l'on dit un cadre ovale, un cadre rond. !| Fig, La mer d'un côté, des forêts de l'autre formaient le cadre de ce grand tableau (le champ de batlaille], chatfacbr. ilart. t«6. j 2* Terme d'architecture. Bordure de pierre ou de plâtre, ornée de sculptures. || Terme de menuiserie. Sorte d'ornement. Il 3° Pièces de bois assemblées pour soutenir les parois d'un puits, le toit d'un filon de mine. Il Terme de papeterie. Sorte de châssis. || 4* Terme de marine. Sorte de lit où couchent les officiers, les passagers et les malades. La moitié de l'équipage iStait sur les cadres, était malade. || 5° Le cadre de feu, sorte de supplice que les sauvages de l'Amérique du Nord font subir à leurs prisonniers. Vous me verrez dans le cadre de feu; vous entendrez les gémissements de ma chair, chateaubr. Atala, 221. Il 6° Fig. Le plan et l'arrangement des parties d'un ouvrage. L'on y trouve [dans le songe d'Ênée],dans un cadre étroit, tous les genres de beautés qui lui sont propres [à Virgile], chateaubr. Génie, n, v, t). Il 7° Terme militaire. L'ensemble des officiers et sous-officiers d'une compagnie. Conserver des cadres forts et bien organisés. || Figurer sur les cadres d'une compagnie, y être enrôlé.
— ÉTYJI. liai, quadro, de quadrum, un carré (voy. carrer).
CADRER (ka-dré), v. n. S'ajuster comme dans un cadre, avoir de la convenance, du rapport. Vous vous servez d'une comparaison qui ne cadre pas. Toutes choses cadrent au juste à nos desseins, boss. Serm. Quinq. 2. Il faut qu'ils puissent faire cadrer cette vérité avec leurs principes, id. Euch. 2. Admirez comme tant de choses cadrent et s'ajustent au sauveur Jésus, id. Asc. \. Les explications ne cadrent pas avec le texte, id. Préf. Je ne vois pas comment le déluge y pourra plutôt cadrer que ces autres prodiges, id. Lett. 4 39. Pour faire cadrer ce temps au juste, id. Hist.u, 4. Il est utile de cadrer aux autres, LA bruy. b. Les livres cadrent mal avec le ma. riage, mol. Femm. sav. v, 3. Cet événement n'a pu cadrer fortuitement avec la prophétie, j. J. rouss. Ém. IV. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HEM. On dit cadrer à, et cadrer avec.
— IIIST. XVI* s. L'archevesque leur demanda de.s députez pour apprendre s. leur opinion quaoTait àla leur, ilém. sur Pugueiclin, I8. Ceuxqui les mythologiscnt, en choisissent quelque visage qui quadrc bien à la fable, mont, ii, ici.
— ÉTYM. Quadrare, faire un cadre, carrer (voy. carrer). On écrivait, étymologiquement, quadrer.
CADUC, CADUQUE (ka-duk, ka-du-k'), adj.
Il 1" Qui tombe ou qui est près de tomber. Maison vieille et caduque. Quel architecte est celui qui, faisant un bâtiment caduc, y met un principe pour se relever dans ses ruines ! boss. Connaiss. iv,-2. || 2° Par extension, .santécaduque,santé qui tombe. || Âge caduc. Age qui tombe, se casse et s'affaisse par le poids des ans. Mon père tout caduc émouvant ma pitié....corn. Itédée, I, ( Une famille.... ne pourrait subsister toute seule, si elle était uniquement composée ou de vieillards caducs ou ... bern. de stpiERRE, Ilarm. 1. vi. Science des enf. Tuer un chien devenu caduc au service de la famille, c'était une sorte d'impiéié, chateaubr. Génie, iii.v, o. Achève donc ton ouvrage. Viens, ô favorable mort. De ce caduc assemblage Rompre le fragile accord .j.b. rocss. Odes, IV, 9. Il 4* Terme do jurisprudence. l.cgs caduc, legs annulé pour vice de forme, refus ou incapacité. Il Donation cjiduque, donation non valable. Lot caduc, lot non réclamé. La dot était caduque après la mort de la femme, montf.sq. Espr. xxiii, 2i. || Voir. caduque, voix annulée dans un scrutin. Etant da môme avis [le père et le fils, ducs et pairs à la fois] leurs voix nescraient comptées que pour une; et d'à' vis différents, elle serait caduque, st-sim. 289, «00 Il Par extension. La comparaison que vous pouvw faire entre le royaume de Jésus-Christ et ceux de \i terre est caduque, BOss. Var. ti. || 6* Le mal caduc, l'épilepsie ou le haut mal. || 6* Terme de botaoique. Oui ne persiste pas, qui tombe vite. Corolle,