JAC
qui sout encore à demi cachée» aui yeux des physiciens, CONDORCET, Bucqurt. \\ f Fig. Douleur cachée. Passions cachées. Haine cachée. Dieu qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église et qui, fécond en moyens, emploie toutes choses à ses fins cachées, boss. Reine d'Anglet. J'ignore de son cœur les sentiments cachés, MOL. Misanth. i, 3. La vertu dans l'oubli ne sera plus cachée, hac. Esth. u, b. Songez combien do fois vous m'avez reproché Un silence témoin de mon trouble caché, id. Ilaj. v, 4. || C'est un trésor oaché, se dit d'une personne d'un grand mérite qui n'est pas connu. || N'avoir rien de caché pour quelqu'un, lui tout dire, ne lui rien dissimuler. Je n'ai rien de caché pour Votre Excellence, Doss. Lett. 288. Il 3" Oui dissimule. C'est un esprit caché. {| 4° En termes de musique, quinte, octave cachée, quinte ou octave qui n'est pas réellement écrite, mais qui . se montrerait si l'on remplissait les intervalles : ce qui, dans une pièce à plusieurs parties marchant par mouvement semblable, est presque toujours une faute. || B" Terme do botanique. Radicule cachée, radicule couverte par la base prolongée des cotylédons.
CACHK-CACHE (ka-che-ka-ch') , s. m. Jeu d'enfants nommé aussi cligne-musetle, où un enfant cherche les autres qui sont cachés. Jouer à cachecache.
— ÊTYM. Cacher. On a dit au xyi" siècle cachemouchet : Je ne pense sinon à jouer un cachemouchet, DFSPER. Cymbal. <32.
tCACUE-COn (ka-che-kou), s. m. Fichu, mouchoir de col. Il Au plur. Des cache-cou ou cachecous. *,
CACHECTIQUE (ka-chè-kli-k') , adj. Terme de médecine. Oui est attaqué de cachexie, ou qui appartient à la cachexie. Enfant cachectique. Etat cachectique.
— HiST. XVI* s. Cachectiques et de mauvaise habitude, PARÉ, VI, u.
— ÉTYM. Voy. CACHEXIE.
t CACHE-ENTRÉE (ka-chan-trée) , s. m. Terme de serrurerie. Prèce de fer mouvante qui couvre l'entrée d'une serrure. || Au plur. Des cache-entrée ou cache-entrées.
t CACUE-LUMIÈRE (ca-che-lu-miè-r') , s. m. Petite chappe qui sert à couvrirla lumière d'un canon. \\Au pbir. Des cache-lumière ou cache-lumières.
t CACHE-MARËE, j. m. Terme de marine. Chassemarée.
— ÊTYM. Voy. CHASSE-MABÉE. Cache est ici un archaïsme pour chasse.
t CACUEMENT ( ca-che-man) , s. m. Action de cacher. Leurs détournements de tête et leurs cachements de visage firent dire cent sottises de leur conduite, MOL. Crit. del'éc. des femmes, 3.
— ETYM. Cacher.
CACUEMIUE (ka-che-mi-r'), s. m. || 1» Tissu trèsfin fait avec le poil des chèvres ou des moutons du petitThibet. Cette étoffe est du cachemire de l'Inde. Cachemire français, étoffe faite à l'imitation du cachemire de l'Inde. || 2° Un cachemire, un chile de cachemire. Cachemire de l'Inde. Cachemire français. Prodige inouï dont je suis stupéfait! Lucile a de l'esprit, un talent qu'on admire. De la beauté, vingt ans et pas de cachemire, oela vigne, Coméd. I, 5. Vous devez bien quelque chose à ma bella ; D'un cachemire elle attend le cadeau, bérang. tton tombeau.
— ÉTYM. Nom d'un royaume de la haute Asie.
t CACUE-MUSEAn(ka-che-mu-zO), s. m. Sorte de petit chou, pâtisserie. || Au plur. Des cache-museau ou cache-museaux.
— HIST. XVI' s. Fougasses, brassadeaui, tourtillons, biscuits, eschaudés, oublies, cachemuseaux, pelils-chous, etc. o. de serres, 826.
— ÊTYM. Cacher, museau.
t CACHE-NEZ (ka-che-né) ,s.m. Grosse cravate qui couvre le bas du visage et dont on se sert dans les grands froids. || Pièce de la bride. || ^u plur. Des cache-nez.
— ÊTYM. Cacher, net.
tCACUE-PEIGNE(ka-chepè-gn'),s. m. || l°Boucle
de che%eux servant à cacher le peigne ou le ruban q'.:i retient la coiffure d'une femme. || 2° Coiffure de femme; (leurs, rubans ou perles placés derrière la lête comme devant cacher le peigne. || Au plur. Des cache-peigne ou cache-peignes.
ÊTYM. Cacher, peigne.
»,ti::l'^'^^^,'^<''*-='"^ P°)- *• "»• Il 1° Papier Pl'ssé L^lt« ""'«""-s 'lont on se sert pour cacher un £he uo^n";." 'V™ «"•'«iê™- il -«"plur. Des cache-pol ou cache-pou, \\ 2» X cache-pot, loc. ado.
CAC
Vendre du vin à cache-pot, le vendre sans payer les droits.
— ETYM. Cacher, pot.
CACHER (ka-ché), V. a. \\ 1° Dérober à la vue avec intention. Cacher des papiers, de l'argent. 11 avait caché un proscrit. Prétendez-vous longtemps me cacher l'empereur? bac. Brit.i, 2. Une seconde fois souffrez que je le cache [l'enfant], )d. Athalie,
III, 6. Il Aux cartes, ou cache son jeu, on tient ses caries de manière que les autres joueurs ne les voient pas. || Fig. et familièrement. Cacher son jeu, dissimuler son habileté. {{ Dérober à la vue .sans qu'il y ait intention. Vous me cachez la lumière. Ce boiscache la vue du château. Quel pays reculé le cache à mes bienfaits? BAC. Esiii. 1,3. Celle qu'avait hymen à mon cœur attachée, Au marbre que tu vois sa dépouille a cachée, malh. vi, \o. \\ Terme de marine. Cacher le vent, le masquer à un bâtiment. Il 2° Fig. Cacher ses inquiétudes sous le faste. La prospérité cache les défauts. Sous cet air d'indifférence il cachait une ambition démesurée. || Cacher sa vie, rechercher l'obscurité. Heureux qui, satisfait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché, sac. /p/v. i, <. Quand on se vante de l'avoir [le bonheur]. On en est privé par l'envie : Pour te garder il faut savoir Te cacher et cacher sa vie, volt. Thélème et Macare. || 3" Prendre soin de ne pas dire, de ne pas faire connaître. Cacher un bruit. Cacher sa crainte. Us ne me cachèrent pas leur pensée. Je ne cache pas que mon intention est de réclamer. Cacher son nom. Je n'ai pu vous cacher, jugez si je vous aime, Tout ce que je voulais me cacher à moi-même, hac. l'hèd. v, <. Je leur ai commandé de cacher mon injure, id. Andr.
IV, B. Je voudrais vous cacher une triste nouvelle, ID. l'hèd. I, 4. Il 4° Se cacher, v. réfl. Se soustraire aux regards. Les animaux se cachent dans des tanières. Les étoiles se cachent. Ceux qui s'étaient cachés dans les bois. Du moins, pour son honneur, Rodrigue, cache-toi, corn. Cid, m, i. Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher? rac. Phèd. iv, 6. Où me cacher? fuyons dans la nuit infernale; Mais que dis-je? mon 'père y tient l'urne fatale, id. iv, 6. Approchons cette table et vous mettez dessous. — Comment?— Vous bien cacher est un point nécessaire, MOL. Tort. IV, 4. Il Aller se cacher, ne pas oser paraître. Dis-moi plutôt, dis-moi que j'aille me cacher, mol. Mis. ii, <. Allez vous cacher, vilaines, allez vous cacher pour jamais, m. Frée. <». || 5" Déguiser ses sentiments. Bajazet ne sait point se cacher, RAC Baj. I, 4. Il 6° Se cacher à, fuir, éviter. Se cacher au monde. Dans son chagrin, il se cachait à ses amis. Je me cachais au jour, je fuyais la lumière, racine, Phèd. iv, 6. || Se cacher à soimême, s'ignorer soi-même. Toutes les passions sont menteuses, elles se cachent à elles-mêmes, la bruy. dans le Dictionn. de poitevin. Souvent il se disait en son cœur que le plus malheureux effet de la faiblesse de l'âge était de se cacher à ses propres yeux, Boss. le Tcllier. ...A ses propres yeux L'homme sait se cacher d'un voile spécieux, a. chén. Élég. 36. Il 7» Se cacher Ôe quelqu'un, lui cacher ce qu'on dit, ce qu'on fait. Non, il s'est caché d'eux en cette conférence, corn. Agés, v, i. On trompe Iphigénie, on se cache d'Achille, rac. Iphig. II, 8. Il Se cacher de quelque chose, n'en pas convenir, le tenir secret. U ne se cache pas de dire
qu'il souhaite.... SÉV. 176 Je ne m'en cache
point, BAC Androm. iv, 3. U a su me toucher. Seigneur, et je n'ai point prétendu m'en cacher, id. Brit. II, 3. Si vous êtes l'ami de Jésus-Christ, pourquoi vous en cachez-vous? mass. Car. Respect hum. Il 8" Être caché. L'homme se cache sous le monarque, FLÉCII. Uont.
— SYN. 1. cacher une chose, se cacher d'une chose. Tous deux expriment qu'on tient secrète une chose. Je cacha le dessein que j'ai, veut dire simplement que je le dérobe à la connaissance des autres. Si je dis : je me cache du dessein que j'ai, à l'idée simple se trouve ajoutée l'idée qu'il y aurait quelque honte, quelque dommage, quelque inconvénient à le divulguer. Un dessein qu'on ne cache pas est un dessoin qu'on laisse manifeste à tous les yeux; un dessein dont on ne se cache pas, est un dessein qu'on n'a aucun motif de crainte, de honte, de blâme pour ne pas avouer ouvertement || 2. cacher, celer, TAIRE. Le sens de ces trois mots est ne pas manifester au dehors. Taire, c'est ne pas dire, il suffit de ne pas ouvrir la bouche. Pour celer, il faut quelque chose de plus, c'est non-seulement taire la chose, c'est aussi prendre garde qu'elle ne nous éohappe. Prendre garde qu'elle ne nous échappe,
CAC
dit assez pour celer, mais ne dit pas assez pour cacher; car cacher implique toutes les précautions qui serviront à voiler ce que nous voulons n'être pas su ou connu.
— HIST. xiv s. Il touz seulz se quaicha en ung lieu destourné, Girart de Ross. B602. Que tout le reste ne fuyst ou se cachast aux églises ou aux maisons, comm. ii, <3. ||xvi* s. On prit d'aventure quelques Grecs, qui s'en estoient fouiz cacher dedans une caverne là auprès, amvot, iucul. 28. Le» chn.ses que l'on fait en crainte veulent estre cachées, etleur est la lumière ennemie, id. Nicias, 43.
— ÉTYM. Hourguig. queichai. chauché. Chauché du bourguignon est une confusion avec chasser, confusion qui vient de ce que chasser s'est dit trèssouvent cacher, caucher, chaucher. Mais la forme queichai, donnée d'ailleurs aussi par un texte du XIV* siècle, est bonne et met sur la voie; car elle conduit au provençal </«at(, tapi; italien, qua((o, tapi, qualtarf tacher ; mots que Diez rattache à coactus, pressé, serré, coactare, serrer, presser (d'où é-cacher); coo a donné ca ou qua, comme dans cailler de coagulare;elctde\\enlch, voyez fléchir, deflectere. Quant à coactus, c'est le participe passé de cogère, de co pour con, avec, et agere, pousser (voy. agir).
t CACHÈRE (ka-chè-r"), s. f. Place où le verrier dépose les bouteilles en les dégageant de la canne.
t CACHERIE (ka-che-rie), i. f. Soin de se cacher. Quoique cela fût devenu le secret de la comédie, la même enfermerie [l'habitude de s'enfermer], la même cacherie furent toujours de même, sT-sm.
— ÉTYM. Cacher.
t CACHERON (ka-che-ron) , s. m. Sorte de ficelle grossière.
CACHET (ka-chè; le t ne se lie pas dans la conversation; l's se lie : des ka-chè-z élégants; cachets rime avec traits, succès, paix) , s. m. \\ i° Petit sceau qu'on applique sur de la cire. Un cachet bien gravé. Cachet de chiffres. Le cachet d'un fabricant. || 2° La matière qui porte l'empreinte même. Le cachet est rompu. C'est bien là son cachet. || Fig. Mettre un cachet sur la bouche de quelqu'un, lui imposer de garder un secret. Pontchartrain et sa femme l'appelaient leur muet, parce que la charité avait mis un cachet sur sa bouche, st-sim. 4 98, 143. Il Cachet volant, cachet qui n'adhère qu'au pli supérieur d'une lettre sans la fermer. || 3° Lettre de cachet, lettre au cachet du roi et contenant un ordre de sa part. La lettre de cachet que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, boss. Lett. 2. Il En particuUer, lettre d'exil ou lettre d'emprisonnement. Être exilé par lettre de cachet. Une lettre de cachet l'envoya à la Bastille. M. de Péréfixe avait fait main basse sur la Sorbonne et répandu grand nombre de lettres de cachet, st-sim. 68, 229. Il 4° Petite carte portant un cachet, ou du moins une marque et servant à tenir le compte du nombre de foisqu'on faitune chose. Ce maître de danse prend cinquante francs pour douze cachets, c'est-à-dire douze leçons. On a quinze cachels pour vingt-cinq francs chez ce restaurateur, c'est-à-dire quinze repas. || Familièrement, courir le cachet, donner des leçons en ville. Il 5° Marque caractéristique. Cet écrivain a son cachet. Le cachet d'originalité est empreint sur cet ouvrage. Langage qui porte le cachet de la candeur. Jeune homme, recevez dans votre âme encore flexible le cachet de la vérité, j. j. Rouss. Ém. IV.
— HIST. XVI* s. On lui envoya encore des blancs seings pour estre remplis à sa discrétion, et des cachets volans nouvellement mis en usage par ladite assemblée pour s'en servir ainsi qu'il aviseroit bon estre, d'aub. Vie, p. cxi. Pour ûng cachet d'or, auquel il y a deux figures de relief esmaiUées, us LABOHDË, Émaux, p. (81.
— ÉTYM. Cacher, parce que le cachet cache.
t CACHE TAMPON (kache-lan-pon), s. m. Jeu d'enfants, où l'on cache un tampon cherché par l'un des enfants qui, le trouvant, en frappe les autres s'il peut les atteindre. Le cache -tampon amuse beaucoup les enfants. Jouer à cache-tampon.
CACHETE, ÊE (ka-che-té, tée),port. pas.<!é. Une letlre cachetée avec de la cire verte.... Je trouve à propos que, toute cachetée. Cette lettre lui soit promptement reportée, mol. Ec. des Maris, 11, 5.
CACHETER (ka-che-té ; il faut prendre garde à une prononciation vicieuse qui gagne plusieurs mots de ce genre : jecachte une lettre, au lieu de : je cachette); je cachette; je cachetais; je cachetai ; je cachetterai: je cachetterais; cachette, cachetons; que je cachette, v. a. Fermer avec un cachet, marquer d'un cachet. Cacheter une letlre, un paquet, une l)outeille. Cire à cacheter. Pain à cacheter.
CAC
— REM. Il y a inconséquence à écrire, comme fait l'Académie, d'une part, j'achète avec un accent grave, et de l'autre je cachette, avec deux /(. Les deux cas sont identiques et devraient être traités de mfime.
— HIST. XVI' s. Pour ung cachet d'argent, à manche d'yvoire, pour servir à M. de Nevers à cachetter lettres de la royne, de laborde, Émaux, p. 18I. Or quand le temps a esté déterminé à Daniel de la ve-" nue de Jesus-Christ, il lui est aussi ordonné de cacheter [celer] la vision et le prophète, calv. Instit. 378. Les fidèles sont scellez ou cachetez du Saint- Esprit de la promesse, id. ib. 4)5. Le Saint-Esprit ne scelle et ne cachette proprement la remission des péchez, sinon aux eleus, id. tb. 427. Ce qui n'a pas petite force pour donner de mauvaises impressions à la jeunesse délicate, qui, par l'assiduelle lecture de ces folies, les va cachetant dans son cœur,
LANOUK, 141.
— ETYM. Cachet.
CACHETTE (ka-chè-f) , s. f. Petite cache. Il avait mis son argent dans une cachette. Les fuites des méchants, tant soient-elles secrètes, Quand il les poursuivra, n'auront point de cachettes, malh. ii, ). Il En cachette, loc. adv. En secret, à la dérobée. L'amour s'y trouve secrètement et en cachette, PASC. dans cousin. On peut tuer en cachette son ennemi, id. Prov. 7. Les Jeus et les Ris, qu'il avait amenés à sa suite, se moquaient de lui en cachette et se faisaient signe du doigt que leur maître était attrapé, la font. Psyché, l, p. 46.
— HIST. XIV* s. Nature.... Tous jours robant sa procédure, Œuvrant en cachette de nous, Traité ctalch. 462. Il XVI' s. Luy mesme les r'appela et leur trahit sa cachette, mont, i, 138. i cachettes de leurs parents, id. i, 226. Vouloir tirer gloire de son oysifveté et de sa cachette [solitude, retraite], id. i, 286. Laodice ayant secrettement conceu Munychus de Demophon, il fut nourry à cachettes par iElhra dedans Troye, amyot, Thésée, 42. Il promit qu'il reveleroit des cachettes où il y avoit de grands trésors, id. Lucul. 64. L'autre jour que j'estois au temple à Saint-Denys, Regardant tant de rois en leurs cachettes mis.... bons. 694.
— ÉTYM. Cacher ; bourguig. caichôte.
t CACHEUR (ka-cheur), i. m. jj 1° Celui qui cache. Il 2° Cacheur ou cacheux, morceau de bois dont se sert le raffineur de sucre pour sonder les formes.
— ÉTYM. Cacher.
fCACHEVEAC (ka-che-vô), s. m. Un des noms vulgaires du plongeon.
CACHEXIE (kachè-ksie), s. f.\\l°Tenae de médecine. Ëlat dans lequel toute l'habitude du corps est manifestement altérée. Cachexie cancéreuse, tuberculeuse. Il 2" Terme de vétérinaire. Cachexie aqueuse, état d'altération générale qui est caractérisé par l'infiltration du tissu cellulaire et par l'hydropisie des membranes séreuses, et qui s'observe dans le mouton, même avec le caractère épizootique, et quelquefois dans le bœuf.
- HIST. XVI' s. Boursouffleure est ce que les Grecs appellent cachexie, paré, xviii , 73.
— ETYM. KaxeÇia, de xaxicj mauvais, et de IÇia ouKiç, état, delx<«, avoir, être (voy. hectique).
t CACUIBOU (ka-chi-bou), s. m. Terme de boUnique. Voy. chibou.
t CACIHJIENT (ka-chi-man), s. m. Terme de botanique. Plante dite aussi corossol (voy. ce mot).
t CACHOLONG (kacho-lon), s. m. Terme de minéralogie. Chalcédoine d'un blanc de lait.
CACHOT (ka-cho; le ( se lie : un ka-cho-t obscur; au pluriel Vs se lie : des ka-cho-z obscurs; cachots rime avec dos, maux, faux, etc.), s. m. Il 1" Petite prison basse et obscure dans une grande prison. Ca condamné s'étant révolté, fut mis au cachot. Dans un cachot affreux abandonné vingt ans, Mes larmes t'imploraient pour mes tristes enfants, VOLT. Zoïre, II, 3. || 2° En général, prison. Tirer quelqu'un des cachots. Un rayon de lumière perce l'horreur des cachots et va faire sentir à cet infortuné qu'il y a encore de l'humanité sur la terre, mass. Villars. Dans l'horreur d'un cachot par son ordre enfermé, rac. Ath. v, 2.
— HIST. XVI' s. Advertis que depuis deux mois il avoit mis en ung cachot [une cachette] tous les calices, croix, reliques, etc. carloix, m, (4. Ne faut chercher autres cellules et cachots en l'amarry [vésicule du tiel] que les anciens ont imaginé estre infinis, que cesle partie dextre et senestre, paré, i, 34. Les bestes sauvages laissent leurs cavernes
et cachots, id. xxiv, 6 Fouillant et furettant
par tous les trous, coings, recoings, destours, ca-
CAC
chots et secrets, et non sans cause, charron. Sagesse, i, t.
— ÉTYM. CochCT; bourguig. caichA.
t CACUOTTE (ka-cho-f), t. f. Pipe dont le fourneau n'a pas de talon.
t CACHOTTER (ka-cho-té) , ». a. || 1' Diminutif de cacher. Je lui contai tout naïvement mes prospérités, ne voulant pas les cachotter, sÉv. B2I. || 2' So cachotter, v. réjl. Se cacher avec affectation. Et en se cachottant il avait donné les ordres pour le soir, SÉV. 2H.
— ÉTYM. Cacher.
CACHOTTERIE (ka-cho-te-rie) , s. f. Affectation de mystère. Elle aime à faire des cachotteries.
— ÉTYM. Cachotter.
t CACHOTTIER, 1ÈRE (ka-cho-tié, tiê-r*), s. m. et f. Celui, celle qui se plaît à faire des cachotteries. Mot familier.
— ÉTYM. Cachotter.
CACHOU (ka-chou), î. m. Terme de pharmacie. Extrait préparé avec le bois et les gousses fraîches du mimosa catechu, arbre des Indes.
— ÉTYM. Catechu, nom de l'arbre qui produit le cachou.
t CACHUCHA (ka-tchu-tcha) , s. f. Danse espagnole qu'un homme et une femme exécutent sur un air gracieux, vif et passionné.
CACIQUE (ka-si-k'), s. m. Chef, prince des Indigènes de Haïti, de Cuba et de contrées appartenant au continent d'Amérique. Un cacique, un corrégidor formaient le corps militaire et civil des Réductions, CHATEAUB. Génie, iv, iv, 6.
— ÉTYM. Mot caraïbe. Gomara {Hist. de las Initias) dit, ch. XVI, en parlant de Colomb à l'île de Haïti : s Guacanagari, roi, ou, comme ils disent là, cacique de cette terre. »
CACIS (ka-si) , s. m. Voy. cassis.
t CACO.... (ka-ko), préfixe venant du grec xaxè;, mauvais.
t CACOCUOLIE (ka-ko-ko-lie), s. f. Terme de médecine. Mauvaise nature de la bile.
— ÉTYM. Kaxè;, mauvais, et xoX:^ , bile.
t CACOCHONDRITE (ka-ko-kon-dri-f) , s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de serpents venimeux dont la peau est comme cartilagineuse.
— ÉTYM. Kaxà;, mauvais, et ^ôvêpoç, cartilage. t CACOCHYLIE (ka-ko-chi-lie), î. f. Terme de
médecine. Chylification dépravée.
— ÉTYM. Kocxoç, mauvais, et chyle (voy. ce mot).
CACOCHYME (ka-ko-chi-m') , adj. \\ 1° D'une constitution détériorée et débile. Fagon mourut dans un grand âge pour une machine aussi contrefaite et aussi cacochyme qu'était la sienne, st-simon, 482, 269. Il garde le dernier, et ce corps cacochyme Est à son art fatal dévoué pour victime, regnard, le Lég. i, t. Croyez qu'un vieillard cacochyme Doit mettre, s'il a quelque sens, Son âme et son corps au régime, volt. Ép. 88. Je ne me chargerais pas d'un enfant maladif et cacochyme, j. j. rouss. Ém. i. Mon âme est très-mal à son aise dans mon corps cacochyme, volt. Lett. Cideiille, lO mai 1764. || 2°Fig. Mal disposé, mal né, d'humeur inégale. C'est un esprit cacochyme. Une humeur cacochyme. Il est cacochyme. Il 3° Substantivement. C'est un pauvre cacochyme.
— HIST. XVI' s. Les apostemes qui sont faites en corps cacochymes, hydropiques, sont difficiles à guérir, paré, V, 4. Ulcère cacochyme, id. ii, t.
— ÉTYM. Kaxôxvfio;, dexaxàî, mauvais , et x«- |ià;, suc (voy. chyme).
CACOCHVMIE (ka-ko-chi-mie), s. f. Terme de médecine. État d'un corps cacochyme.
— HIST. XVI' s. Quant à la cacochymie, elle sera corrigée par manière de vivre et par purgations,
— ÉTYM. Kaxoxujiîa (voy. CACOCHYME).
•t CACOCHYMIQCE (ka-ko-chi-mi-k'), adj. Qui a rapport à la cacochymie.
t CACOÈTHE (ka-ko-è-f), adj. Ancien terme de pathologie. De mauvaise nature. Ulcère cacoèthe.
— ÉTYM. Koxoïi&nî, de xax4{, mauvais, et riOo;, nature.
t CACOGENÈSB (ka-ko-je-nê-z'), s. f. Terme de pathologie. Formation monstrueuse de naissance.
— ÉTYM. Kaxô;, mauvais, et ^sveoiî, naissance.
CACOGRAPHIE (ka-ko-gra-fie), s. f. Orthographe vicieuse. Employer des exemples de cacographie à l'enseignement de l'orthographe. || Au ptur. Textes fautifs ou imprimés exprès avec des fautes d'orthographe, que l'on met sous les yeux et entre les mains des élèves pour qu'ils les corrigent.
— HIST. xvi* s. Traité du ris.... plus un dialogue
CAD
sur la cacographie françoise, avec des annotationt sur l'orthographie, parjouBERT, Pans, (67».
— ÊfYM. KaxoYpoçia, de xoxè;, mauvais, etypolçfiv, écrire (voy. grapiiioue).
t CACOGRAPHIQCE (ka ko-gra-fi-k"), adj. Qui appartient à la cacographie. Exercices cacographiques.
tCACOLET (ka-ko-lè), s. m. Mot usité dam les Pyrénées. Panier à dossier dont on cbarg* un mulet.
CACOLOGIE (ka-ko-lo-jie), t. f. Locution vicieuse. Un recueil de cacologies.
— ÉTYM. KoxoXofia, de xaxoc, mauvais, et de X6fo;, di.scours (voy. logique).
tCACOLOGIQUE (ka-ko-lo-ji-k'), adj. Qui appartient, qui touche à la cacologie.
CACOPHONIE (ka-ko-fo-nie), s. f. \\ 1* Vice d'élocution qui consiste en un son désagréable, produit parla rencontre de deux lettres ou de deux syllabes, ou par la répétition trop fréquente des mêmes lettres ou des mêmes syllabes. En l'en entendant parler fait une cacophonie insupportable. Et les moindres défauts de ce grossier génie Sont ou le pléonasme ou la cacophonie, «ol. F. sav. ii, 7. || 2° Terme de musique. Assemblage discordant de plusieurs son: ou de sons discordants. Jamais on n'entendit pareille cacophonie.
— HIST. XVI' s. Leurs concerts ne pleurent aucunement à Mathieu de Gournay, qui n'estoit pas fait à ces sortes de cacofonies, Mém. de du Gutscl. (9.
— ÉTYM. Kaxoftdvîa, do xaxi;, mauvais, et çuv^,
voix (voy. PHONIQUE).
t CACOTHANASIE (ka-ko-ta-na-zie), ». f. Terme didactique. Mort dans la douleur et l'angoisse, par opposition à euthanasie.
— ÉTYM. Kaxo;, mauvais, et OivocTo;, mort.
t CACTÉE (ka-ktée), s. f. Terme de botanique. Famille de plantes dont le cactus opuntia est le type.
— ÉTYM. Cactus.
CACTIER (ka-ktié), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des cactées dont deux espèces sont remarquables : i' la raquette ou figuier d'Inde (cactus opuntia, L.), dont le fruit, de la forme des figues et d'une saveur douceâtre, est rafraîchissant; 2' le nopal {cactus coecinellifer , L), sur lequel vit la cochenille.
—ÉTYM. KâxTo;, sorte de plante épineuse.
f CACTUS (ka-ktus'), *. m. Le même que le caotier.
CADASTRAL, ALE (ka-da-stral, stra-l"), o<f;.Qui est relatif au cadastre. Les registres cadastraux.
— ÉTYM. Cadastre.
CADASTRE (ka-da-str'), s. m. || 1' Autrefois, registre qui servait à l'assiette des tailles réelles. || Aujourd'hui, registre publie dans lequel sont relatées la quantité et la valeur des biens-fonds. || 2* L'arpentage et l'évaluation des propriétés imposables. On avait ordonné un cadastre général de tout le pays, J. J. ROUSS. Confess. iv. Cette opération pourrait demander un cadastre général, id. Pal. n. 113* Nom que les marchands de certaines provinces donnaient au registre sur lequel ils inscrivaient leurs opérations et le détail de leur dépense de maison.
— HIST. XVI' s. Quant aux vins et bleds, il est tout certain qu'ils coustent plus cher vingt fois qu'ils ne faisoyent il y a cent ans, ce que je puis dire avoii veu au cadastre de Toulouze, J. bodin, I>tie. sur les monnnyes.
— ÉTYM. Espagn. ealattro; ital. catasto et eatcutro; du bas-latin capistratum, registre de l'impôt par tête, de caput, tête (voy. chef.)
t CADASTRÉ, ÊE (ka-da-stré, strée), part. passé. Communes cadastrées.
t CADASTRER (ka-da-stré) , v. a. Faire la cadastre.
— ÉTYM. Cadastre.
CAD.A'VÉREUX , ECSE (ka-da-vé-reù, reû-z"), adj. Qui tient du cadavre. Un teint cadavéreux. Si les corps exhalent une odeur cadavéreuse, on a une preuve infaillible de la mort, bufp. De la vùnlless» et de la mort. || Fig. Il est peu de ces âmes cadavéreuses devenues insensibles, l. i. ROuss. Ém. iv.
— HIST. XVI' s. Jettant une sanie ichoreuse, séreuse, et très puante et cadavéreuse, paré, v, Ï7. Quant aux corps morts qui s'eslevent sur l'eaue,' c'est adonc qu'ils sont ja cadavéreux et remplit d'air, ID. m, 660.
— ÉTYM. Cadaverosus, deeadorer (voy. cadavre). CADAVERIQUE (ka-da-vé ri-k"), ai}. Terme d'à-
natomie. Qui a rapport au cadavre. Autopsie cadavérique.
— ÉTYM. Le latin eadaver.
CADA\TIE (ka-da-vr"), s. m. || !• Corps mort,
CAD
lurtout en parlant de l'homme. C'est, dit-il, un cadavre; fltons-nous, car il sent, la font. Fabl.v, 20. Un certain sentiment, confus àla vérité, mais trèsfort et si général qu'il peut passer pour naturel, fait respecter les c.mlavrcs humains, fontkn. IJllrf. Bien qu'.i ce triste aspect ses chevaux pleins d'eiïroi Semblassent respecter le cadavre dun roi, duryf.b, Scévol. III, 3. La mort no nous laisse pas assez de corps pour occuper quelfjue place.... notre chair change bientôt do nature; notre corps prend un autre nom; même celui de cadavre, dit TertuUien, parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps; il devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue, boss. Duch. d'Orléans. || Kig. et familièrement. C'est un cadavre ambulant, se dit d'une personne eitraordinairement pâlie et amaigrie par la souffrance et par la maladie. || 2* Fig. Jérusalem n'était plus que le cadavre d'une grande ville, BOSS. Polit. Il Sentir le cadavre, sentir que les choses vont mal. X la fin de la vie du roi, Brancas et sa femme sentirent le cadavre; ils comprirent que les choses ne se passeraient pas agréablement entre M. le duc d'Orléans et M. le duc du Maine, st-sim. 4*7, 229.
— ÉTVM. Le latin cadaver.
t ». CAUE (ka-d"), t. m. Baril en usage dans les sïlines. Il Nom d'une mesure de capacité, qui valait <ooo litres dans le système de mesures établi par la loi du )" aoiit <793, modifiée par celle du 30 ni- YÛse an H (1» janvier <704).
— ETYM. Le latin cadus, tonneau.
t 2. CADE (ka-de), s. m. Terme de botanique. Nom du genévrier oxycèdre (juniperus oxycedrus , L.). On emploie l'huile de cade contre les ulcères des chevaux et la gale des moutons.
— HIST. XVI* s. Sureaux, bouïs, genevres, caddes, houx, 0. de serres, 785. Des aulx piles est fait cataplasme avec de l'huile de cade, que le vulgaire païsan françois appelle tal, id. W.
— ÉTYM. Provençal, cade.
CADEAU (ka-dô),ï. m. Il l-Traits de plume dont les maîtres d'écriture ornaient leurs exemples. || Grandes lettres placées en tètes des actes ou des chapitres dans les manuscrits en écriture cursive. || 2° Anciennement, fêle que l'on donnait principalement à des femmes, partie de plaisir. Elles y ont reçu des cadeaux merveilleux de musique et de danse, mol. Am. magn. i, K Nous mènerions promener ces dames hors des portes, et leur donnerions un cadeau, ID. Pre'c. ridic. se. to. Je l'ai fait consentir au cadeau que vous voulez lui donner, id. B. gent. m, 6. Des promenades du temps. Ou dîners qu'on donne aux champs, 11 ne faut point qu'elle essaye : Selon les prudents cerveaux. Le mari dans ces cadeaux Est toujours celui qui paye, id. Éc.des f. m, 2. J'aime le jeu, les visites, les assemblées, les cadeaux et les promenades, en un mot toutes les choses de plaisir, iD. Ilar. forcé, i. Dieu me garde de feu et d'eau, De mauvais vin dans un cadeau. D'avoir rencontres importunes, De liseur de vers sans répit. De maltresse ayant trop d'esprit.... la font. Lettres, XXI. 113° Aujourd'hui, présent que l'on fait à quelqu'un. Les petits cadeaux entretiennent l'amitié. 11 lui fit cadeau de livres. Un riclie cadeau. Quoi ! parce que des sots se piquent, quoique mal. Du pompeux appareil d'un cadeau nuptial , 11 faut faire comme euxl MONTFLEURY, Femme juge, m, 2.
— HIST. xir s. Il le me velt torner en lonc cadel. Plumer me velt h reis com fait oisel, Gérardde Ross. p. 326. Il XVI» s. Combien que quelques uns ne sçachans discerner les anciens W en forme de cadeaux d'avec des BB, des accords, Contes de Caulard, p. 23, verso, dans lacurne.
— ÉTYM. Catellus, petite chaîne, de cateno, chaîne (voy. CHAÎNE), à cause de la forme enchaînée des traits de plume. Ménage nous apprend que faire des cadeaux s'est dit pour faire des choses spécieuses, mais inutiles, comparées métaphoriquement à ces traits de main des maîtres d'écriture. De là on passe sans peine à cadeau dans le sens de divertissement, fête et, finalement, présent.
t CADEl.ER (ka-de-lé), v.a. Tracer des cadeaux ;
orner les capitales de traits de plumes. Inusité.
. , ~ !"*^- "^i' s. Escriteaux mis au dos de gens
justiciez, lesquels estoient escrils en lettres cade-
Wea, PASQuiER, Lettres, 1. 11, p. 3oo, dansLACURME.
— Etym. Cadeau.
se3^et^îi^•''n^^\<''*■.'**"'"■'')' '■ /"• Ecriture en grosses lettres;, affiches. Inusité.
i.rni',',*rl;, *^'' ^" ^* 1'®'''"'' &\isdi\s marchands de ^s '^r«,?rm„^"'"""^^^' Plaquaràoucadeleu-
CAD
CADENAS (ka-de-ni; 1'» ne se lie pas dans la conversation, et se lie dans le parler soutenu : un ca-de-na-z et sa clef), s. m. \\ 1* Serrure mobile qu'on accroche à la porte, à la malle, etc. qu'on veut fermer. Car sitôt que du soir les ombres pacifiâmes D'un double cadenas font fermer les boutiques, BOIL. Sat. VI. Il Fig. Et nos prédicateurs ont-ils ces quaiitér? Si par hasard ils ne les avaient pas, faudrait-il pour cola leur attacher des cadenas aux lèvres? DIDEROT, Claude et Héron. \\ 2° Coffret d'or ou de vermeil contenant le couteau, la cuiller, etc. qu'on sert à la table du roi et des princes. Le roi d'Angleterre ayant la reine sa femme à sa droite et le roi à sa gauche avec chacun leur cadenas, st-sim. 3, 67. Le roi était seul au milieu [des tables], dans son fauteuil, avec son cadenas, m. 270, 227.
— IlIST. xvi* s. Appliquans des morillons et cadenats jusqu'aux boutiques et fenestres basses pour les empescher de courir à l'allarme, d'aub. llist. i, 278. Ils furent bien aises de mettre entr'eux et l'armée victorieuse la Dordongne, oii nous avons dit, et le Lot àcadenat, id. ib. 1, 3(8.
— ÊTYM. Picard, cadenas; génev. eadenar; ital. catenaccio ; d'un bas-lat. caienacium, de catena, chaîne (voy. chaIne). Le provençal cadenat, et l'espagnol candado, anciennement cadenado, viennent de catcnatum.
CADENASSÉ, ÉE (ka-de-na-sé, sée), part, passé. Une porte cadenassée. La chambre bien cadenassée Permettait de laisser l'argent sur le comptoir, la FONT. Fabl. xii, 3.
CADENASSER (ka-de-na-sé), n. o. Fermer avec un cadenas.
— HIST. XVI* s. Ils avoient promis de cadenasser et barrer les portes des catholiques, castelnau, p. 232.
— ÉTYM. Cadenas; génev. cadenater.
CADENCE (ka-dan-s'), s. f. \\ 1» Appui ou insistance de la voix sur les syllabes accentuées qui terminent les sections des phrases. Accourez, troupe savante; Des sons que ma lyre enfante Ces arbres sont réjouis; Marquez-en bien la cadence, boil. Ode sur Namur. || Dans la prose, dans les vers, la cadence n'est pas autre chose que le rhylhme ou le nombre : seulement on y joint ordinairement l'idée d'une certaine douceur dans le style, d'un certain art dans l'arrangement des phrases ou dans le choix des mots que le rhythme proprement dit ne suppose pas du tout, jullien. Enfin Malherbe vint, et le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, boil. Art p. 1. Le style des Cantiques, hardi, extraordinaire.... affranchi des liaisons ordinaires que recherche le discours uni, renfermé d'ailleurs dans des cadences nombreuses qui en augmentent la force, surprend l'oreille, saisit l'imagination, émeut le cœur, boss. Ilist. 11, 3. Il Chute ou fin d'une phrase. Cadence harmonieuse. ||2''Terme do musique. Terminaison d'une phrase musicale sur un repos. Et marquer sur la lyre une cadence juste, boil. iV'"-viii. || Par extension, le trille, parce qu'on fait souvent un trille sur l'avantdernière note d'un chant pour en annoncer la terminaison. Cadence perlée. Battre la cadence. En ce sens, trille a remplacé presque complètement cadence. Il Résolution d'un accord dissonant sur un accord parfait ou consonnant. || Caractère de la musique qui donne un sentiment vif de la mesure. Le terme plus exact est rhythme. || 3° Conformité des pas du danseur avec la mesure marquée par l'instrument. Danser en cadence. Frapper la terre en cadence. Ajuster ses pas à la cadence d'un air, pasc. Div. 3. Holà ! ne pressez pas tant la cadence, mol. Préc. <3. Il Cadence se dit aussi des mouvements qui ont une certaine régularité, comme ceux des forgerons, des rameurs, etc De lourds marteaux
Qui tombent en cadence et domptent les métaux, delillb, Enéide, viii. Un soir, t'en souvient-il? nous voguions en silence : On n'entendait au loin, sur l'onde et sous lescieux, Que le bruit des rameurs qui frappa,ient en cadence Tes flots harmonieux, lamart. Iledit. i, <3. Nous baisâmes tout, et les hommes et les femmes; la princesse me montrait le chemin, et je la suivais avec une cadence admirable, sÉv. 447. Il La cadence du pas, mesure qui règle le pas militaire. Il Fig. 11 faut aller au jour la journée en ces diables de temps, et ne pas tant songer à la cadence, RETZ, IV, 232. Cela vient fort mal en cadence avec la réponse de M. de Cambrai aux états d'oraison de M. de Meaux, st-sim. 59), 243. Monseigneur le duc de Bourgogne avait passé le Rhin, le maréchal de Vauban partit de Paris en cadence [au même instant] et le joignit peu après, id. <22, 88. La Vrillière envoie le chancelier chez le roi pour
CAD
lui demander la charge en cadence de Mme de Maintenon [en même temps qu'elle] , :d. 77, 260. Il i" Terme d'équitation. Mesure régulière que le cheval observe dans ses mouvements.
—HIST. XVI* s. La cadence [concomitance] de tout cela fut que le roi de Navarre se meslant de sa liberté l'obtint, et par mesmemoien la place, d'aub. I/ist. m, 40. Traînant une jambe à la cadence delà teste, ID. Fœn. 11, I3.
— ÉTYM. Ital. cadensa, de cadente, tombant, de caderc, tomber (voy. choir).
CADENCÉ,ÉE(ka-daii-sé,sée),par«. pasï^. || l°Soumis à une certaine cadence, c'est-à-dire ramenant à de certains intervalles des sons plus fortement accentués que les autres. || Terme de musique. Bien cadencé, bien rhythme, oii le mouvement se fait bien sentir. || 2* Qui a, dans le style, le genre d'harmonie dit cadence. Une prose nombreuse et cadencée. Mais jeter ma colère en strophes cadencées ! Consumer tous mes jours en stériles pensées! y. hcgo, Odes, II, 4. Qu'il est doux de voir sa pensée En mètres divins cadencée! lamart. Harrn. i, <.
CADENCER (ka-dan-sé), v. a. || l* Donner delà cadence à ses phrases, à ses vers. Jadis la poésie en ses pompeux accords.... Pour cadencer un vers qui dans l'àme s'imprime. Sans appauvrir l'idée enrichissait la rime, Gilbert, ieis* s Sur les flots
dormants se répand une voix. Une voix qui.cadence une langue divine, lamart. llarm. iv, n. || 2° Conformer ses mouvements à la cadence. Et vous , étoiles.... Qu ,cadençant vos pas à la lyre des cieux. Nouez et dénouez vos chœurs harmonieux, lamart. Méd. II, 8. Il Le c prend une cédille devant a et 0.
— ÉTYM. Cadence.
CADÈNË (ka-dè-n'), s. f. Chaîne défera laquelle
on attachait les forçats. || Vieux.
— HIST. XVI* s. Les mareschaux de camp qui traînent cette cadene [bande de captifs] sont Ragot et du Halde qui a pour estaffier l'héritier de Piene, d'aub. Faen. iv , 20. Les chrestiens perdirent dix huict mille hommes, que morts, que mis à la cadenne, id. Ilist. i, ms. Chacun admiroit de la voir mener à sa cadene [gouverner à son gré] de si
grands princes, id. ib. 11, 122 Ou'il seroit mis
à la cathene en danger d'y user le reste de ses jours, CAHLOix, I, 4. Comme un forçat, infiniment fâché D'estre longtemps en cadene attaché. Mille moyens de s'évader désire, am. jamïn, Poésies, p. (04,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Proveiiç. cadena , du latin catena, (voy.