‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 347 sur 504 · FÉN. II · texte numérisé non relu

FÉN. II

— ÉTYM. Ka-rny.riorii;, instruction, de xaTà, contre, et <^/,ri(Ti;, bruit, retentissement, de ïixe'v, faire du bruit (voy. écho) ; mot à mot, bruit alternatif (par demandes et par réponses).

+ CATftCUÉTE (ka-té-chè-f), s. m. Celui qui fait la catéchèse. || Nom, dans quelques églises des premiers temps, d'un certain ordre d'instructeurs.

t CATÉCUÉTIQUE (ka-té-ché-ti-k'), adj. Terme didactique. Qui a rapport à la catéchèse, et, en général, à l'enseignement oral. Ces studieux jeunes gens s'efforçaient de traduire en paroles oatéchétiques les paroles brillantes, semées naguère d'une chaire plus élevée, cournot, Discours, Revue de l'instruction publique, 22 nov. 1860.

t CATÉCHISA TlOPf (ka-té-chi-za-sion), s. f. Action de catéchiser.

CATKCHISÊ, ÉE (ka-té-chi-zé, zée), part, passé. Les infidèles catéchisés par de fervents apôtres. || Familièrement. Voilà un gaillard fraîchement catéchisé, c'est-à-dire il ne sait son rôle que depuis peu, il le joue mal, on ne lui a pas assez fait la leçon. Il Ah ! c'est un nouveau catéchisé, il n'y a zèle que de nouveau catècliisé, c'est-à-dire cet homme, ayant changé de parti, agit sans retenue pour donner des gages.

CATÉCIUSER (ka-té-chi-zé), v. a. \\ i° Initier à la foi chrétienne. Catéchiser les infidèles, lesignorants, les enfants. Leur législateur [des évêques] lut un pauvre qui catéchisa des pauvres, volt. Ifœurï, 4 2. Il 2° Fig. Donner à quelqu'un toutes les raisons qu'on peut imaginer pour qu'il croie ou fasse quelque chose. Vous avez beau me catéchiser, je n'en croirai, je n'en ferai rien. || S'Styler quelqu'un, lui dire d'avance ce qu'il faut qu'il fasse ou qu'il dise. On l'a catéchisé; il est impossible d'en rien tirer. Catéchisez votre homme si vous voulez qu'il réussisse dans sa mission. || 4° Familièrement, chapitrer, gronder. Il a été rudement catéchisé pour son étourderie.

— HIST. xvi° s. Un maçon le voyant à table et

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ayant biea catéchisé sa mémoire pour le reccnnoistre.... d'aub. Fcen. m, iS.

— ÉTYM. Provenç. cathexixar; espagn. catequiiar; ital. catechiiiare ; du latin catechisare; de xa- Titi/iCeiv (voy. catéchèse).

CATÉCHISME (ka-té-chi-sm') , f. m. || 1" Explication, par demandes et par réponses, de la croyance et des usages de la religion chrétienne. Faire le catéchisme. Aller au catéchisme. |{ Le livre qui contient cette explication. Enseigner, réciter le catéchisme. Savoir, dire son catéchisme. 11 a déchiré son catéchisme. Il Dire une chose comme son catéchisme, la dire d'une façon routinière. N'allez pas lui dire cela froidement comme son catéchisme, j.J.KOuss.^m. IV. Il 2° Par extension, exposition abrégée, par demandes et réponses, ou autrement, de quelque science. Catéchisme d'économie poUtique. || Fig. Comptez-vous pour peu de chose que les découvertes de Newto» soient devenues le catéchisme de la noblesse do Moscou? VOLT. Dialogues, xxiv,7. 113° Leçon pour mettre au fait, pour endoctriner. On lui a fait le catéchisme. C'est un catéchisme qu'il nous débite là. Il sait son catéchisme. || 4° Remontrances. Ennuyé de vos longues morales, de vos éternels catéchismes, j. j. Rouss. Ém. IV. Il 5° Familièrement. Catéchisme poissard, recueil de propos grossiers. || Ces propos eux-mêmes qu'on débite.

— ÉTYM. Génev. caf^c/iime; wallon, catruième, du latin cateehismus ; du grec xaiiiXK'iiôt (voy. catéchèsk).

CATÉCHISTE (ka-té-chi-sf) , s. m. et f. Celui , celle qui enseigne le catéchisme, qui fait le catéchisme aux enfants. Dona Marina était la catéchiste [des Mexicains], volt, itœurs, 4 47.

— ÉTYM. Catechista, de xo-Pixio-nî; (voy. CAIÉ-

CHtSE).

t CATÉCUUMÉNAT (ka-té-ku-mé-na ; le ( ne se lie pas) , s. m. Etat de catéchumène. L'église primitive voulait trouver en ses catéchumènes des hommes repentants de leurs crimes passés, et instruits des devoirs qu'ils avaient à remplir envers Dieu et leur prochain; ce fut l'origine de l'institutioa du catéchuménat.

— ÉTYM. Catéchumène.

CATÉCHUMÈNE (ka-té-ku-mè-n') , s. m. et f. Personne qu'on instruit pour la disposer au baptême. Les premiers rayons de la foi forment des catéchumènes, tLÉcii. Aig. Le corps des chrétiens se distinguait en croyants ou fidèles, et catéchumènes, CHATEAUB. Génie, iv, m, 3.

— ÉTYM. Catcchumenus, de xaririxoOp.tvoç, celui qu'on instruit du catéchisme, proprement, celui qui reçoit l'enseignement donné par le «itéchiste, de xaTïiysïv, instruire (voy. catéchèse).

t CATÉGORÉMATIQDE (ka-té-go-ré-ma-ti-k' ), ctdj. Qui est da ia nature du catégorème. Un père ou un frère se retirent bien plus contents lorsque l'écolier distingue entre l'infini catégorémalique et l'infini syncatégorématique, baylb, article Zenon, rem. G. Il y a une différence essentielle entre catégorémalique et syncatégorématique, volt. Dial.

t CATÉGORÈME (ka-té-go-rè-m"), s. m. Terme de la philosophie aristotélicienne. Qualité qui fait ranger un objet dans telle ou telle catégorie.

— ÉTYM. KaTTi-j-ôpTiiia (voy. CATÉGORIE). • CATÉGORIE (ka-té-go-rie), s. f. || 1° Terme de

logique. Un des chefs généraux sous lesquels nous rangeons toutes nos idées. La catégorie de la substance, de l'accident, etc. Aristote établit dix catégories. Les catégories do l'école péripatéticienne sont les prédicamenls des scolastiques. Les dix catégories sont la sulistance, la quantité, la qualité, lu relation, le lieu, le temps, la situation, avoir, agir et pâtir, c'est-à-dire, comme le remarquent très-bien MM. de Port-Royal, qu'il [Aristote] a voulu réduire à dix classes tous les objets de nos pensées, en comprenant toutes les substances dans la première et tous les accidents dans les neuf autres, D. DETKACY, Logique, dite, préliminaire. On regarde ces catégories comme une chose établie sur la raison et sur la vérité, au lieu que c'est une chose tout arbitraire et qui n'a de fondement que l'imagination d'un homme, Jd. ibidem, p. sa, édition 4 826. Aristote est le premier philosotophe qui ait inventé des catégories où les idées viennent se ranger de force, cuateaub. Génie, 1, iv, 2. ||ï°Dan3 le langage général, toute classe où l'on range les objets de la même nature. Établir des catégories. Il y a dans la boucherie plusieurs catégories de viandes. Il 8° Par extension, nature, espèce. Ces deux choses ne sont pas de même catégorie. || Fig. Ces gens-U sont de même catégorie, c'est- à-dir« ils ne valent

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pas mieui Iti uns que les autres. |[ Mettre tout en même catégorie, no tenir compte de rien. Comme vous Êtes roi , vous ne considérez Qui ni quoi : rois et dieux mettent, quai qu'on leur die, Tout en même catégorie, la font. Faol. v, is.

— ÉTYM. Categoria, de xamYopla, prédicament, attribution, de xaià, à, et le mot fictif àTfopeiv, parler, de àyopà, place publique (voy. agora).

CATÉGOUIQUE (ka-té-go-ri-k'), adj. \\ 1° Terme de logique. Qui se rapporte aux catégories; qui en a la précision, la certituile. Les propositions catégoriques sont celles qui sont énoncées simplement et absolument, comme tout homme est un animal, nul homme n'est un arbre, d. de tracy, Trad. de la logique de Uohbes, part. <, ch. 3. |j 2° Dans le langage général, qui est selon la raison, à propos, ou clair et précis. Une réponse catégorique. Cela n'est pas catégorique.

— ÉTYM. Katr.yopixoc, de xaTHiyopia, catégorie. C.\TÉGOUIQUEMENT (ka-té-go-ri-ke-man), adv.

D'une manière catégorique. Il a parlé catégoriquelacnt. Répondre catégoriquement.

— HiST. XVI* s. Je ne sçaurois à vostre demande catégoriquement respondre, rab. Pant. m, 42.

— ÉTYM. Catégorique, et le suffixe ment.

t CATÉGORISE, ÉE (ka-té-go-ri-zé, zée), part, passé. Réduit en catégories. Idées catégorisées.

t CATÉGORISER (ka-té-go-ri-zé), v. a. Terme de logique. Classer par catégories.

— ÉTYM. Catégorie.

f CATÉGORISEUR (ka-té-go-ri-zeur) , adj. Qui établit lies catégories. Philosophe catégoriseur, et, substantivement, un catégoriseur.

i CATEL (ka-tèl), s. m. Terme de droit féodal. Droit de meilleur catel, droit en vertu duquel les seigneurs, après le décès d'un vassal, prenaient à. leur choix le meilleur dos meubles du défunt.

— ÉTYM. Ancienne forme de cheptel.

I CATELLE (ka-tè-!') , s. f. Petite chaîne qui se donnait chez les Romains comme récompense militaire.

— ÉTYM. Catella , diminutif de catena { voy. chaInk).

t CATÉNATION (ka-té-na-sion), s. f. Terme didactique. Enchaînement.

•— ÉTYM. Catena (voy. chaîne).

t CATÈNE (ka-tè-n'), s. f. Terme de philosophie sacrés. Suite de remarques sur l'Écriture sainte. On dit aussi clialnes. Les catènes ou chaînes sur les pères de l'Église.

— ÉTYM. Catena, chaîne (voy. ce mot).

t CATÉNIÈRE (ka-té-niè-r'), s. f. Terme de pêche. Ctialnes portant plusieurs crocs et servant à retrouver des filets au fond de la mer.

— ÉTYM. Catena, chaîne (voy. ce mot).

CATÉNIFÈRE (ka-té-ni-fè-r'), adj. Terme didactique. Qui porte des chaînes, des marques en forme 4e chaînes, de raies.

— ÈTVM. Catena, chaîne, ei ferre, porter. TCATENCLAIUE (ka-té-nu-lê-r'), adj. Terme

d'histoire naturelle. Qui offre des séries de rugo- «tés ou des lignes en forme de petites chaînes.

— ÉTYM. Caténule.

CATÉNULE (ka-té-nu-l') , s. f. Terme de botanique. Petite chaîne, petite raie.

— ÉTYM. Calenula , diminutif de catena (voy. chaîne).

t CATEROLE (ka-te-ro-l') , s. f. Terme de chasse. Trou que la femelle du lapin creuse dans la terre, pour y faire ses petits, hors du terrier ordinaire. On trouve aussi catterole.

— ÉTYM. Catir, setapir(voy.CATiR,àrétyraologie). t CATHARE (ka-ta-r') , s. m. Nom d'hérétiques

novateurs qui se prétendaient plus purs et plus rigides que les autres. || Nom donné aux Vaudois.

— ÉTYM, KaOapi;, pur (voy. cathartique).

t CATHARISTE (ka-U-ri-sf) , s. m. Nom d'une secte de manichéens.

— ÉTYM. CatharistcB, de xaftaoîCeiv, purifier.

tCATHARTE (ka-taj-f), s. m. Tejme de zoologie. Nom de vautour» d'Amérique qui enlèvent les charognes et les débris, et que par cette rvsou les habitants respectent.

— ÉTYM. Kaôaptn;, nettoyeur.

t CATIIARTINE (ka-tar-ti-n'), «. f. Substance d'une saveur acre et nauséabonde, qui se ttouve dans le séné, dont elle est le principe actif.

— ÉTYM. Voy. CATHARTIQUE.

CATHARTIQUE ( ka-tar-ti-k' ) , adj. Terme de pharmacie. Médicaments cathartiques, médicaments désignant tantôt des purgatifs en général, tantôt des purgatifs plus forts que les laxatifs et les minoratifs, mais moins actifs qua les drastiques, tl S. m. Un cathartique.

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— ÉTYM. KaOaprixèi;, de xaBaipjiv, nettoyer, purifier, de xoôapèi;, net, pur; dorien, xoOapôç; du .sanscrit çudh, purifier.

CATHEDRA (EX) (èks'-ka-té-dra) , mots latins qui veulent dire de la chaire (voy. chaire), et dont on se sert pour désigner les paroles dogmatiques de l'enseignement ecclésiastique ou de tout autre enseignement. Le pape parle ex cathedra lorsqu'il publie un décret comme chef de l'Rglise universelle.

f CATllP.DRAL 'ka-té-dral), s. m. Chanoine d'une église cathédrale. Mot tombé en désuétude.

— HIST. XIV* s. Où sont li cathcdral channoine, G. GUIART, t. I, p. 344. Il XV* S. Pourra prendre l'estat du cloistre, Kstre chanoine régulier Ou cathedral séculier, e. descii. Poésies mss. t' 608, dans

LACDRNE.

— ÉTYM. Voy. CATHÉDRALB.

CATHÉDRALE (ka-té-dra-l"), adj. f. Se dit de l'église épiscopale d'un diocèse. L'église cathédrale. Il Substantivement. On a chanté le Te Deum à la cathédrale. Il Par extension. Nom donné aux grands et beaux monuments de l'architecture chrétienne. La cathédrale de Paris. Nos vieilles cathédrales. Une cathédrale gothique.

— HIST. IV* S Fut couronné le roi Jean de

Castille ains-né fils du roi Henry, en l'église cathédrale de la cité de Burghes, froiss. u, ii, 44. Destruisez cest antipape que les Romains ont, de force et par erreur, créé et mis au siège cathedral de saint Pierre, m. liv. iv, p. »9, dans lacuhne.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. catedral; ital. ca((edra?e; du bas-latin cathedralis, de calliedra, chaire, fonction épiscopale (voy. chaire).

CATIIÊDRANT (ka-té-dran) , s. m. Celui qui préside à une thèse de théologie ou de philosophie. Terme vieilli.

— HIST. XVI* s. C'est aux apprentis à enquérir et à débattre, et au cathedrant de résoudre ; en un cathedrant, c'est l'autorité de la volonté divine qui nous règle sans contredict et qui a son reng au dessus de ces humaines et vaines contestations, mont.

— ÉTYM. Bas-lat. cathedrare, de cathedra, chaire (voy. chaire).

t CATHÉDRATIQDE (ka-té-dra-ti-k*), adj. Droit cathédratique, droit que levaient certains hauts dignitaires ecclésiastiques dans leurs visites.

— HIST. XVI* s. Du masque de ces louables coustumes prirent leur source les décimes, lesannates de la cour de Rome, les déports des archidiacres, les proficiats et cathedratiques que les evesques prenoient pour leur bienvenue, pasq. Recherches, livre m,

p, 252, dans LACUHNE.

— ÉTYM. Bas-lat. cathedraticum , de cathedra,

épiscopat, chaire (voy. chaire).

CATHÉRÉTIQUE (ka-té-ré-ti-k"), adj. Terme de pharmacie. Médicaments cathérétiques, caustiques faibles ou employés en petite quantité, de mnni''re que l'effet s'en borne à produire une vi\e irritation et la formation d'une eschare très-superficielle. || S. m. Un cathérétique.

— HIST. xvi* s. Faut consumer telle chair superflue par doux cathérétiques, paré, vni, 21. Les uns, qui sont les faibles et débiles pyrotiques, sont appelés cathérétiques, c'est à dire corrosifs, m.

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