CED
nonce rien de bon. Ceci n'est pas humble, mais il faut qu'il passe, sÉv. 448.
— llEM. 1. Doit-on dire : ceci et cela me plaisent, ou ceci et cela me plaît? La seconde manière es! préférable, à cause du vague dans lequel l'esprit reste après avoir entendu les mots ceci et cela. 112. Ceci s'emploie quand on veut annoncer des paroles qui vont être prononcées. Dites à votre ami do ma part ceci : il est nécessaire qu'il prenne garde à lui. Cela s'emploie quand on se réfère à des paroles qui viennent d'être prononcées : il est nécessaire que votre ami prenne garde à lui, dites-lui cela de ma part. S'il .s'agit non pas de paroles prononcées ou à prononcer, mais seulement de quelque chose à quoi on se réfère, on peut employer ou ceci ou cela : il faut .songer dans la jeunesse aux besoins de la vieillesse ; ceci ou cela s'adresse aux prodigues. On emploiera au.ssi ceci ou cela, si Ton se réfère à quelque proposition qui vient après : cela ou ceci est vrai que Galilée fut condamné par l'inquisition.
— HIST. XV* s. On faict cecy, on faict cela, On va par cy, on va par là, coquill. Monol. de la botte de foin. Il XVI" s. Sla tant bonne femme est morte, qui estoyt la plus cecy, la plus cela qui feustau monde, RAB. Pant. II, 3.
— ÉTY'M. Ce et et; wallon, soussi.
t CÊCIFORME (sé-si-for-m') , adj. Terme de botanique. En forme de cœoum, de sac.
t CÉCIRÈGLE , i. m. Instrument faisant correspondre les aveugles avec les voyants par l'écriture.
CÉCITÉ (sé-si-té), s. f. État d'une personne aveugle. Il fut frappé de cécité. Sévère dans la ferme, humain dans la cité, Il [le chien] soigne le malheur, conduit la cécité, delille, dans laveaux. J'irai, je charmerai la discorde inhumaine. Ma triste cécité, les cris de mes rivaux, id. Paradis perdu, vu.
— SYN. CÉCITÉ, aveuglement. Cécité se dit au propre, etaveuglement au figuré.
— HiST. xvi" s. Alongeons le chapitre et le bigarrons d'une aultre pièce , à propos de la cécité [au propre], mont, m, loo. De celles [choses divines] auxquelles on a donné corps, comme la nécessité Ta requis parmy cette cécité universelle [au figuré], ID. II, 247.
— ÉTYM. Cœcitas, de cxcus; provenç. cecitat, ceguetat ; espagn. ceguedad.
I CÉCUBE (sé-cu-b'), s. m. Nom d'un vin ancien de l'Italie qui était fort renommé, et qui s'emploie quelquefois comme synonyme de bon vin en poésie. Boire du céoube.
— ÉTYM. Cxcubum, nom d'un vignoble de Campanie.
CÉDANT, ANTE (sé-dan, dan-t'), adj. Terme de droit. Qui cède son droit; spécialement, qui cède créance. || Substantivement. Le cédant et lecessionnaire. || Terme de bourse. Propriétaire d'une action nominative qui la cède à un autre.
t CÉDÂT (sé-da), s. m. Acier naturel, de forge, de fusion.
CÉDÉ, ÊE (sé-dé, dée), part, passé. Des terres cédées à un tel par son père. La place cédée fut aussitôt occupée. Il Débiteur cédé, celui dont le créancier cède sa créance à un tiers.
CÉDER (sé-dé; la syllabe ce prend Taccent grave devant une syllabe muette, je cède, excepté au futur et au conditionnel où Taccent aigu est conservé, je céderai : mauvaise et inutile contradiction), v. a. Il 1° Laisser une chose à quelqu'un. Céder le haut du pavé à quelqu'un. Il céda la victoire à l'ennemi. Que cédé-je à mon frère en cédant vos États? cor. Nicom. IV, 3. Sans regret il vous quitte, il fait plus, il vous cède, id. Poly. iv, 5. J'ai cédé mon amant, tu t'étonnes du reste, rac. Baj. m, 4. Elle lui céderait une indigne victoire, id. Mithr. i, 4. Le parti le plus sur, c'est de respecter fort les procureurs du roi et leurs clercs, de fuir toute rencontre avec eux, tout démêlé, de leur céder non-seulement le haut du pavé, mais tout le pavé s'il se peut, P. L. COUR. I, 4 74. Il 2° Terme de commerce et de jurisprudence. Transporter la propriété d'une chose à une autre personne. Céder un magasin, un fonds, un cheval, une créance, un bail, ses droits, ses prétentions. Il 3° V. n. Plier, fléchir sous le poids, sousla pression. La porte céda sous nos efforts. Le plancher surchargé acédé. Cette voilte cédera. Des tumeurs molles et qui cèdent à la pression du doigt. Ses greniers cédaient sous le poids' du grain. || 4°Fig. En parlant des personnes , ne pas s'opposer , ne pas résister. Ne cède pas à l'adversité. Céder aux circonstances. J'ai cédé i mon penchant. Les autres cédèrent à Thabitude. Je cédais au sommeiL Cédant à la crainte, à la colère. Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages,
MAi.iî. II, 12. Nous n'avons point d'amis qui ne cèdent au nombre, corn. Sert.v, 6. On dira que je cède à la difficulté, MOL. l'Étour.m, i,Vn homme dont le corps a cédé au.t tourments, boss. 7/i.sl. ii , ( 2. Prince, sans l'irriter, cédons à cet or;ige, bac. Brit. m, 8. Je suivais mon devoir et vous cédiez au vôtre, id. Andr. iv, 6. Son téméraire orgueil, que je vais redoubler. Croira que je lui cède et qu'il m'a fait trembler, ID. Iph. IV, 8. Le roi de son pouvoir so ■soit déposséder, Et lui-même au torrent est contraint do céder, id. ib. v, 3. Aux cris d'un vil oiseau vous cédez sans combat, boil. Lutr. m. Doux fois, en grand politique, ce judicieux favori sut céder au temps et s'éloigner de la cour, boss. leTellier. Poussin, rappelé de Rome à Paris, y céda à l'envie et aux cabales; il se retira, volt. Louis XIV, Peintres. |{ Absolument. A la fin il céda. Tu c6deras, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté, BOSS. Marie-Thér. Du moins s'il faut céder.... BAC. Mithr. m, \. L'univers a cédé; cédons, mon cher Zamore, volt. Als. ii, 4. || 5° Dans le même sens, en parlant des choses. Tout cède à un travail opiniâtre. Comme j'ai fait céder mon amour au devoir, CORN. Cid, y , 0. Je sais ta passion et suis ravi de voir Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir, COBN. Cid, II, 2. Enfin ma bonté cède à ma juste fureur, id. Poly. v, 3. Leur vaine amitié cède h leur politique, id. Nie. iv, C. Ma générosité cède enfin à sa haine, id. t'b. m, 4. Peu .savent, comme vous, s'appliquer ce remède [la patience]. Et dans leur intérêt [affiiction], toute leur vertu cède, id. llor. V, 2. La constance du pape Libère cède aux ennuis de l'exil, boss. llist. i, < l. Je vois que la raison cède à la violence, RAC.Phèd. ii, 2. Et que medirezvous qui ne cède, grands dieux! X l'horreur de vous voir expirer \ mes yeux, id. ib. i, 3. Dont la beauté ne cédait qu'à celle d'Achille, FÉN. Tél.xx. Que l'éclat de l'ancien temple céderait à la majesté du nouveau, MASS. }fyst. Nouvelle vie. Ce nom si redoutable à qui tout autre cède, volt. Tanc. ii, i. Dès sa première jeunesse, tout cédait aux lumières de son esprit, noss. le Tellier. Tcut devait céder h ses désirs fougueux, FÉN. M. II. Il 6° Se reconnaître au-dessous de quelqu'un, et aussi être au-dessous de quelqu'un. Et comme ses rivaux lui cèdent en mérite, corn. D. .Sanch. I, <. Les Gaulois ne leur cédaient pas en courage, boss. Hist. m, e. Le roi ne cédait h personne ni pour la taille ni pour la mine, hamilt. Gramm. e. Elle ne cède point à la reine pour communier souvent, sévig. m. 11 aurait été tenté de nous regarder comme des intelligences supérieures, s'il n'avait éprouvé combien nous lui cédions à d'autres égards, dider. Lett. s. l. aveugles. || On dit aussi le céder, dans le même sens. Il le cède en habileté à son frère. H ne le cède à personne en vertu. L'Académie ne donne pas cette tournure ; mais elle est continuellement employée, et, à l'historique, on voit qu'Amyot s'en est servi. || 7° Être diminué, en parlant d'un mal physique, cesser. La violence du mal ne cédant pas aux remèdes. Quand la douleur vient à céder. Le mal paraissait céder.
— nrST. XVI' s. Je luy cède la mestairye de la pomardiere, à perpétuité, rab. Gar. i, 32. Si les ennemis ne cèdent et viennent à accord, mont, i, 25. En présence, toutes choses luy cèdent; mais.... id. II, 80. La commodité particulière doibt céder à la commune, in. ii, 87. Ces ouvrages montrent qu'ils ne nous cedoient non plus en l'industrie, id. iv, (8. Hz refusèrent tous le triplé, et le cédèrent en tour les uns aux autres par une honneste humilité, amyot , Solon, 7. Il ne le cedoit en bonté d'entendement à nuld'eulx, id. Sertor. 1.
— ÊTYM. Espagn. céder; ital. cedere; du latin cedere, proprement, aller, puis s'en attler, et, finalement, céder.
CÉDILLE (sé-di-ir, Il mouillées, et non pas cé-diye), s. f. Signe en forme de c retourné qu'on met sous le c suivi d'à, o,' u, afin qu'il soit prononcé comme s : çà et là, glaçon, reçu.
— ÈTYM. Espagn. cedi'lla ; ital. xediglia; diminutif de xêta, nom du g en grec; la cédille a été ainsi nommée, parce que, d'ordinaire, pour donner au c le -jn de Vs, on écrivait cz: lecson pour leçon.
«JÉDRAT (sé-dra) , s. m. Fruit du cédratier ou citronnier médique. Cédrat confit. Essence de cédrat. On ne doit servir un plat à son hôte que pour qu'il en mange, et il est fort injuste de se brouiller avec lui parce qu'il aura entamé un cédrat qu'on lui aura présenté, volt. Lett. d'Autre, 6 sept. (765. || Cédrat ou cédratier, arbre de la famille des aurantiacées, originaire de Perse et de Médie {citrus medica, L.), aussi appelé citronnier des Juifs.
— HIST. xn* s. Par sus tous ses compagnons, le
cedriac [espèce de limon] ainsi appelé en Provence, est le plus propre à recevoir les escussons des autres,
— f.TYM. Ital. cedralo, cédrat, proprement citronné, c'est-à-dire assimilé au citron, de cedro, citron (voy. citron).
t CÉDRATIER (sé-dra-tié), s. m. Voy. cédrat.
t . CÈDRE (sè-dr') , s. m. || 1° Nom d'un genre d'arbres conifères, dont le plus connu, très-grand, est le cèdre du Liban {larix cedrus, L.), et qui donne un bois très-résistant aux causes de destruction. Poudre de cèdre. Crayons à gaîne de cèdre. Temple, renverse-toi, cèdres, jetez des flammes, rac. Alh.m, 7. Liban, dépouille-toi de tes cèdres antiques, m. Estli. m, 9. Le sage Louis XII, au milieu de ces rois, S'élève comme un cèdre, et leur donne des lois, volt, llenr.vu. Jésus-Christ n'a pas toujours eu des autels de porphyre, des chaires de cèdre et d'ivoire, chateaub. Génie, i, ii, l. || Fig. Ce qu'il y a de plus grand, do plus élevé, en parlant des personnes et des choses. Nous avons vu tomber les cèdres mêmes du Liban , mass. Or. (un. Dauph. Je voyais le régent livré à ce cèdre tombé, à ce malheureux évêquo de Troyes que le retour au monde avait gangrené, st-sim. 459, 2)4. La comtesse de Grammont l'avait vue [MmedeMainlenon] sortir do terre et surpasser rapidement les plus hauts cèdres, id. <18, 4). Il Proverbes. Il connaît tout depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, il connaît tous les secrets de la nature depuis les plus grands jusqu'aux moindres, et aussi il connaît tout le monde, les plus grands personnages comme les plus petits. Par la sambleu! on m'a dit qu'on le va dauber, lui et toutes ses comédies, de la belle manière, et que les comédiens et les auteurs, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, sont diablement animés contre lui, mol. Impromp, 3. Il 2° Cèdre rouge ou cèdre de Virginie, nom du genévrier de Virginie (juniperus virginiana, L.).
— HIST. xii' S. Tu veis que jo main [demeure] en palais de cèdre, e l'arche Deu est herbergie desuz peels, liais, 142. La voix del Segnur frainanz [brisant] les cèdres, Liber psalm. p. 34. j| xiii* s. La voix dame Dieu est ausint comme debrizans les cèdres, qui sunt grantarbre. Psautier, f" 35. || xiv* s. Un coffre de cèdre, coulleiz, environ lequel sunt dix pilliersd'or et une serrure, de laborde, Émaux, p. t66. Cèdre vermeil est un fust que l'on vend sur les espiciers, et est dit cèdre dont l'en fait manches àcousteaulx, id. ib. p, tee.
— ÈTYM. Provenç. cèdre, sedre ; espagn. cedro; ital. cedra; du latin cedrus, qui vient du grecxéôpo;.
2. CÈDRE (sè-dr'), s. m. Cédrat. Aigre de cèdre (voy. aigre).
— ÈTYM. Ital. cedro, citron, de citrus, citron (voy. ce mot).
t CÊDREL (sé-drèl) , s. m. Terme de botanique. Nom de genre d'arbres d'Amérique, dont le fruit etl'écorce ont, dans une espèce (le cédrel odorant, cedrela odorata , L.), une odeur fétide et alliacée passant dans la chair des animaux qui en mangent.
CÉDRIE (sé-drie),s. f. Résine qui découle du cèdre.
— ÈTYM. KsSpia, de xéSpoç, cèdre.
CÉDULE (sé-du-l') , s. /•. || 1° Autrefois, petit morceau de papier où l'on écrivait quelque chose pour servir de mémoire. Dans l'ancienne université, on donnait aux régents des cédules où étaient écrits les noms des écoliers qui avaient commis quelque faute. Il 2° Promesse de payer sous seing privé. Prêter sur simple cédule. Il signa, comme il aurait signé la cédule du sabbat, s'il avait eu peur d'y être surpris par son bon ange, retz, m, <54. || Fig. Plaider contre sa cédule, contester contre l'évidence, vu que, quand on plaide contre sa cédule, on nie une dette contre sa propre signature. || 3° Terme d'ancienne pratique. Cédule évocatoire, signification de pourvoi à fin de renvoi devant un autre parlement. Il Terme de pratique actuelle. Cédule de citation, acte par lequel un juge de paix, en cas d'urgence, abrège les délais. Au milieu du procès, dans la plus grande rage de ses persécutions, quand son garde champêtre [du maire], ses cédules, ses huissiers ne me donnaient point de relâche, p. l. cour.
1, 163. La cédule pour l'élargissement du prisonnier fut signée, chateaub. Nalclt.n, 251.
— llIST.xiii' s. Et nous baillèrent une sedule qui estoit le transcript de la dite Ictre où estoient contenues les dites ordenances, Liv. des met. 392. Il xiv* s. Uns homs mit en escript ses pechiés, ce lisons. Puis les mit sur l'autel en fervens orisons, Puis reprist sa sedule, riens escrips n'y trova, Girartde Hoss. 4489. Comme dit est au blanc de ceste cédule [feuillet], Ménagier, u, 8. || xv* s. bien est vérité que j'en vis aucunes cedulles, jetées et es-
CEI
cripics en papier; et disoit-on que c'en estoit la propre copie, froiss. h, m, «oî. || xvi's. Si le papier de mes schedules beuvoyt aussy bien que j« foys, mes créditeurs auroyent bien leur vin quand on vicndroit à la formule de exhiber, rab. Carg. I, 6. II faudroit veoir si tu le pourrois induire à te prestcr un talent sans cedulo ny obligation, aktot, De la mauv. honte , ai. Papiers, schedules et lettres obligatoires, id. Agis et Cléom. )6.
— ÈTYM. Provenç. eedula, cedola; espagn. cedula ; ital. cedola; du latin tchedula, feuillet, page, de scheda, feuille, du grec ox(5»i, planche, ais, de cyiCeiv, fendre, latin scindere (voy. scinder).
CEINDRE (sin-dr'), je ceins, je ceignais, je ceignis, je ceindrai , que je ceignisse, ceignant, ceint, V. a. Il l'Entourer, border. Du côté qui regarde l'orient, la province était ceinte d'un fleuve très-rapide, VAUGEL. Q. C. liv. vil, ch. 10. Sa tiare était ceinte d'un bandeau de pourpre, id. ib. liv. m, ch. 3. Chacun peut apprendre en Hollande et en Italie avec quelle rapidité le Rhin, lo Pô et l'Amo, aujourd'hui qu'ils sont ceints par les digues, élèvent leur fond, ciiviER, Kév. 151. Il 2* Plus particulièrement, ceindre so dit des choses qui serrent le corps ou la tète. Une corde lui ceint les reins. Des bandelettes ceignaient le front des victimes. F.t ton front cette fois Sera ceint de rayons qu'on no vit jamais luire Sur la tète des rois, malh. ii, I2. Il II se dit aussi de l'action de mettre autour du corps ou de la tête de quelqu'un une chose qui serre. Il le ceignit d'une écharpe. Se ceindre les reins, la tête, etc. d'une corde, etc. .arracher de son front le sacré diadème Pour ceindre une autre tête en sa présence môme, corn. Rodog. I, 6. Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête, RAC Andr. m, 7. Les princes à qui ces chevaliers s'engageaient , leur ceignaient le baudrier, VOLT. Mœurs, 43. || Ceindre l'épée à un chevalier, lui mettre une épée au côté. || Absolument. Se ceindre le corps, les reins, se serrer avec une écharpe, une corde, etc. || Fig. Ceignez vos reins, préparez-TOUs à de grands efforts. || 3* Fig. Ceindre le diadème, la tiare, être élevé au trône, au pontificat. Je ceignis la tiare et marchai son égal, rac. Ath. m, 3. Que de tableaux à tracer depuis le pasteur du hameau, jusqu'au pontife qui ceint la triple couronne pustorale ! chateaub. Génie, ii, ii, 9. Il Être ceint de lauriers, avoir une grande gloire. Aux lauriers immorteb qui lui ceignent le front, CORN. Ilor. v, 3. Que je souffre à mes yeui qu'on ceigne une autre tête Des lauriers immortels que ?a gloire m'apprête, ID. Hor. n, 5. || ir Se ceindre, r. réjl. Le commissaire se ceignit de son écharpe. Il Dans le langage de la dévotion, se ceindre, s'apprêter à la lutte contre les passions.
— HIST. XI* s. Il ceint l'espée au senestre costct, Ch. de Roi. ccixvn. || xii' s. Ceinte [il] ot joyeuse, onques ne fut sa pair, Ronc. <H. Mainte en i a çainte d'une courroie Qui lor ami ne font fors de guiller, quesnes, Romane. »7. En demenires s'armèrent là fors Ii chevalier, E osterent les cotes, ceinstrent les brans d'acier, Th. U mart. Ht. \] XIII' s. Ensi montèrent H message seur leur chevaux , les espées ceintes, et chevauchierent ensemble, viLLEii. xciii. Et Ii bon rois Pépins leur ceint les brancs d'acier, Berte, cxxsx. S'il veut porter espée, porte la ceinte desoz son surcot, bealm. lviii, is. Vous m'adoubastes, sire, n'i a meslier celée, Me çainsistes, biaus sire, une moult longue espée, Ch. d'Ant. v, 919. [Il] me tint si pressé que je no pouoie traire m'espée que j'avoie ceinte, joinv. S25. Il XIV" s. Appius ceint à l'entour de grant compeignie de jouvenceaux , behcheore, f" «9, recto. Il XV* s. Puis espérance l'asseurée, L'espieu ou poing, çainte l'espie, Vint pour combattre voulentiers, CH. d'orl. Bond. || xvi* s. La picqueau poing, les tranchantes espées Ceinctes à droit.... marot, H, 21. Le pais d'alentour est une vallée ceincte et environnée de montagnes, amtot, Fab. I». On luy devalla de dessus la muraille une chorde, de laquelle il se ceignit et fut ainsi guindé à mont, id. Sylla, 60. Elle cuida se donner d'une courte dague qu'elle avoit tout expressément ceinte à son costé, ID. Anton. (02.
— ÊTYM. Provenç. efnA<r, tendre; espagn. ertfr; portug. cingir, ital. cingere; du latin eingere. Le français, le provençal et l'italien ont gardé la conjugaison latine, cingere avec l'accent sur e<n ; l'espagnol et le portugais l'ont fait de la 4* conjugaison, cingire, avec l'accent sur gi.
CEINT, CEIXTE (sin, sin-f), part, passé. Entouré. Une place ceinte de murailles. Front ceidt de lauriers, de gloire. Son pourpoint était une casague
CFJ
de grisette, ceinte avec une courroie, scarh. Rom.
com. cil. I. , . •
fCKWTES (sin-f), i. (■ plur. Nom de certaines pièces (le bois qui servent à lier la charpente d'un vaisseau. On dit aussi ,«ceinles. || Tons les cord:igus qui ceignent, qui lient ou environnent un vaisseau.
— ÊTVM. Ceindre.
CEINTRAGE (sin-tra-j') , s. m. Ternie de Marine, l'ensemble de cordages qui ceint et relie un bAli- Dient en mauvais état pour l'empêcher de s'ouvrir.
— ÉTYM. Ceinircr.
t CEINTRE (siii-tr'), s. m. Terme de marine. Sorte de ceinture placée autour d'une embarcation pour la pré.server du frottement.
— P.TVM. Voyez cintrk.
t CEINTRÉ, ËE (sin-trô, trée), adj. Terme de marine. Navire ceiutré, navire arrêté et croisé par le câble de son ancre, par-dessus lequel il a passé.
f OEINTRER (sin-tré), v. a. Terme de marine. Passer par-dessous la carène d'un navire, et serrer des cftbles et des grelins pour obvier à la déliaison des bordages. || Ceintrer des lisses ou préceintes, leur donner la courbure qu'elles doivent avoir.
— 6TYM. Cintre. La marine a conservé l'ortliograjihepar et, tandis que l'Académie écrit cintrer.
r.EINTURE (sin-tu-r') , s. f. \\ 1° Ce dont on se ceint le milieu du corps. 11 se mit une ceinture. Porter une épée à la ceinture. Détacliant son poignard de sa ceinture. Ceinture de commandement, ceinture d'uniforme portée par les généraux. Dénouer la ceinture de sa robe. || Ceinture de Vénus, ceinture dite ceste que la mythologie attribuait à la déesse Vénus et qui avait la vertu de charmer les cœurs. On dirait que, pour plaire instruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture, boil. Art p. m. Il Ceinture de vierge, ceinture que portait une jeune lille cbez les Grecs et les Romains et. que le mari dénouait le premier soir des noce.s. Détacher sa ceinture, se marier. Celui qui ne s'est point attaché à son épouse par sa ceinture virginale [c'està-dire qui, épousant une femme vierge, ne s'est pas attaché à elle et ne conserve pas sa mémoire], celui-là ne fera jamais la félicité d'une seconde épouse, CHATEAUB. Génie, i, i, 10. || Bourse ou sacoche en cuir à mettre de l'argent que l'on s'attache autour de la taille sous le vêtement. Mettre son argent dans sa ceinture. || Ceinture de la reine, droit qu'on levait pendant un certain temps sur les marchandises qui venaient ^ Paris par la Seine, et qui était ainsi nommé, parce qu'il entrait ou était supposé entrer dans la bourse de la reine. Il Ancienne locution. Bailler le bout de la ceinture, faire cession ou banqueroute. || Terme de chirurgie. Sorte de bandage porté par les femmes qui sont affectées de certains déplacements de l'utérus. || Sorte d'appareil qui est muni d'un cadenas ne pouvant être ouvert par la personne ainsi enveloppée, qui embrasse le bassin jusqu'à la ceinture, et qui, imaginé par la jalousie pour garder les femmes, a été quelquefois employé par la médecine pour préserver les jeunes gens de l'abus d'eux-mêmes. || Portion circulaire du tronc du corps occupée par une affection dartreuse. L'eczéma aiîecte souvent la forme de ceinture ou de demi-ceinture. || 2° La partie de certains vêtements qui entoure et serre la taille. Un pantalon, une jupe trop large de ceinture. Il lui fallut élargir sa ceinture, la font. Lun. || Fig. Être toujours pendu à la ceinture de quelqu'un, suivre ses pas. Être toujours après lui. || S» Le milieu du corps. Nu jusqu'à la ceinture. Ayant de l'eau jusqu'à la ceinture. 11 vit arriver le petit Ragotin, botté jusqu'à la ceinture, scakr. Rom. com. 2° part. cli. vu. Ils sont semblables à vous, de la ceinture au haut, d'ahi.anc. Lucien, t. ii, p. 38, dans bichelet. || Être grosse à pleine ceinture, se dit familièrement d'une femme'qui est très-avancée dans sa grossesse. || Familièrement et par exagération. Il ne lui va pas à la ceinture, il est très-petit à côté de lui; et figurément, il est loin d'avoir autant de talent, de capacité, etc. Ils ne vont pas à la ceinture De ceux dont je fais le portrait, SCARKON, dans RiCHELET. Il 4° En général, ce qui entoure. Une ceinture de murailles, de haies. La ceinture du chœur d'une église. J'avais imaginé que la ceinture des Alpes et du mont Jura serait une barrière contre les vents, volt. AWeroati, 27 octobre (762. Et le vieux Océan, père de la nature, Étend autour de nous son humide ceinture, louis hac. Religion, V. Hélas 1 et vous feriez une ceinture au monde Du sillon du vaisseau, v. hugo, Feuil. d'aut. «. Il 5° Ceinture funèbre ou ceinture de deuil ou litre, bande noire que les patrons des églises ou les seigneurs hauts justiciers avaient droit de faire peindre dans les églises et dehors, chargée de leurs
CEI
armes, pour honorer les morts de eur famille; aujourd'hui bande noire et ornée des armoiries du défunt qu'on tend autour de l'église. || Terme d'architecture. Ceinture de colonne, petile moulure carrée an haut et au bas du fût, auquel elle se joint par un congé. || Terme de boulanger. Ceinture de four, le tour intérieur de la cavité où la chapelle et l'âtre s'unissent. || 6° Ceinture de Vénus, ligne de la main, qui forme un arc de cercle depuis le second doigt jusqu'à l'auriculaire, et que l'on consulte dans la chiromancie. || Proverbe. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, c'est-à-dire il vaut mieux avoir une bonne renommée qu'un certificat de vertu. L'origine de ce proverbe n'est pas très-assurée. On dit que Blanche de Castille, femme de Louis VIII, ayant reçu à la messe le baiser de paix, le rendit à une fille de mauvaise vie qui portait une ceinture dorée, et que, ayant appris sa méprise, elle obtint du roi une ordonnance qui défendait aux courtisanes de jjorter de telles ceintures. Le fait est que Pasquier, Rcclierches, vm, 4), cite deux ordonnances, l'une de ) 420 et l'autre de 1U6, qui renouvellent ces défenses. Il est très-probable que ce sont ces ordonnances qui ont donné lieu au proverbe, soit qu'elles fussent éludées par les femmes de mauvaise vie, soit que le malin dicton voulût dire que des femmes qui de droit portaient la ceinture dorée faisaient, par leur conduite, mentir ce certificat. || Parler sous la ceinture, c'est, dans le langage d'argot, promettre de l'argent à quelqu'un pour l'engager dans une entreprise.
— HIST. xii» s. Sicume ceingture, de la quele tûtes ores il est purceint. Liber psalm. p. 170. Il XIII" s. Charlemagne six espans avoit de seint, sans ce qui pendoit dehors la boucle de la ceinture, nE LABORDE, Émaux, p. <9B. Et li chevalier issirent maintenant des huissiers [navires] et saillirent en la mer jusques aux ceintures, villeh. lxx. || xiV s. Une ceinture d'or à charnières et menues perles et à pierres, de laborde, Émaux, p. (96. || xv°s. Ils avoient coursiers et genests de séjour cinq ou six , et grosses ceintures d'argent, froiss. ii, m, 35. Tant comme ils seront seigneurs de Calais, ils disent ainsi qu'ils portent les clefs du royaume de France à leur ceinture, ID. m, iv, 27. Dire ne sauroye combien Dedans mon cueur mal je relien. Serré d'une vieille saiuture, ch. d'orl. liai. 98. || xvi's. Si j'aime bien les blanches ceinturettes, J'aime bien mieux dames qui sont brunettes, marot, II, 31. On faisoit une ceinture de pippes enduites de poix, et on faisoit ceindre en basse mer le navire [à relever] par le cable qui les enfiloit, d'aub. Hist. m, 19. Les premiers le ventre à terre, les seconds le genou, les tiers penchez de ceinture, et lesderniers seuls debout, m. ib. m , 51. Adonc Brennus deceignit son espée et la mit , ceinture et tout, dedans la balance, amyot, Cam. 49. Les Portugais usoient d'une aultre sorte de mort contre eulx quand ils les prenoient, qui estoit de les enterrer jusques à la ceincture et tirer au demeurant du corps force coups de trait, mont, i, 2S9. Que nuls orfebvres ny aultres personnes mettent ou facent mettre sur les ceintures d'argent nuls autres bloquets ny mordants qui soient signez d'autres poiiisson que de celuy qui aura fait premièrement les diltes ceintures, Coustumier génér. 1. 1, p. H65. Pourquoy, en matière de cession de biens, l'on fait abandonnement de la ceinture devant la face du juge, PASQUIER, Recherches, liv. iv, p. 344, dans LACURNE. Étroit de ceinture, se dit d'un avare, le ROUX DE LINCY, Proverbes, t. ii, p. 158.
— ÉTYM. Proveno. centura, sentura; espagn. et ital. eintura; du latin cinctura, de cingere (voy.