CEINDRE
f CEINTURÉ, ÊE (sin-tu-ré, rée), part, passd. Le comte de Guiche, ceinturé comme son esprit, sÉv. 112. Il Terme d'histoire naturelle. Qui a le milieu du corps d'une autre couleur que le reste.
t CEINTURELLE (sin-tu-rè-1') , 5. f. Terme de marine. Sorte de trelingage des mâts qui portent des antennes. || Bridure des haubans.
— ÉTYM. Diminutif de ceinture.
t CEINTURER (sin-tu-ré), u. a. Entourerd'une ceinture. Il Se ceinturer, v. réjl. Se mettre une ceinture.
— IIIST. XVI' s. Non celle desnaturée. Qui do Venus ceinturée Les loix ne recognoist point, du Bellay, m, 35, verso. Environnée de ses Grâces et de ses Cupidons, qui la coiffoient et ceincturoient de fleurs, YVER, 626. Ils arrivèrent en veue de la ville surla mi-nuict : le chef decesestradiots l'aiant veue bien ceinturée de feux.... d'aub. Hist. 11, 379. En une heure ils furent ceinturez de retranchemens, ID. ib. m, 42.
— ÉTYM. Ceinture; provenç. centurar.
t CEINTURETTE (sin-tu-rè-f), ï. f. Terme de chasse. Bande de cuir mise autour du cor de chasse.
— ÉTYM. Diminutif de ceinture.
TEINTURIER (sin-tu-rié), s. m. Faiseur ou marchand de ceintures, ceinturons ou baudriers. || Adjectivement. Marchand ceinturier.
— ÉTYM. Ceinture.
CEINTURON (sin-tu-ron), «. m. Sorte de ceinture, ordinairement en cuir, pour suspendre des armes.
— ÉTYM. Augmentalil de ceinture.
CELA (se-la), nom général de chose, ou, ce qui revient au mêîne, l'adjectif ce (cela est pour ce-ld) Iiris substantivement au masculin singulier. |1 l'Indiquant, par opposition à ceci, la chose la plus éloignée. Reprenez ceci et donnez-moi cela. Cela est bon, mais ceci vaut encore mieux. || 2° Indiquant, sans opposition à ceci, un objet présent, un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va parler. Cela fait, cela dit, je m'éloignai. X cela prés. Cela ne fait rien. Et moi qui m'étais défendu toute ma vie des tristesses, des langueurs et des inquiétudes de l'amour, je trouve à cette heure tout cela dans l'amitié, vorr. Lettr. 53. Et quand je vous aurais ]iayé au double tout ce que je vous dois, après cela je ne serais pas encore quitte, id. ib. L'objection à cela, c'est que les sauvages ont une religion, pascal, Mir. 30. Nous roniirons-nous à cela? mol. Bourg, m, 10. || Point de cela ou pas de cela, phrase abrégée signifiant : je ne veux point ou pas de cela. Ne plus nous voir, ohl point de cela. Dans le discours ordinaire, on contracte souvent et l'on dit : point de ça. || Il ne manque plus que cela, signifie c'est le dernier coup, le dernier trait, la dernière souffrance. Fàcbez-vous à présent contre moi, il ne manque plus que cela. Dans le discours familier on contracte le plus souvent : il ne manque plus que ça. ||Cela, sorte d'affirmation qui se met à la fin d'un membre de phrase, et qui y donne plus d'expression. Voilà parler, cela, et voilà ce que c'est que montrer de la fermeté. Voilà des événements, celai II 3° Haut, grand comme cela, et souvent, dans la conversation, comme ça, se dit pour indiquer une certaine hauteur ou grandeur, que l'on est supposé marquer par un geste de la main. Je vous ai vu que vous n'étiez pas plus grand que cela, mol. Bourg, iv, 5. Mes lettres vous pleuvront une page pour une ligne, et bientôt vous en aurez haut comme cela, p. L. COUB. Lett. 1, 25. Il Cela, avec un geste de mépris qui explique la pensée. Pour moi je m'en soucie autant que de cela, MOL. l'Étour. II, 7. Il N'e.st-ce que cela? indique le peu d'importance qu'on attache à quelque chose. || 4" Familièrement. C'est cela, c'est bien cela, se dit à une personne qui cherche à imiter quelque chose, ou qui montre qu'elle a bien compris ce qu'on lui a dit. Il C'est bien, cela! se dit quelquefois pour approuver et encourager une personne. || 5° Comment allezvous?— Comme cela, et, dans la conversation, comme ça, c'est-à-dire pas trop bien. || 6° 11 est comme cela, c'est sa manière d'être, son caractère. Il C'est comme cela, la chose est ainsi, ilfaut en prendre son parti. || Comment cela? quoi! est-ce possi'ule? comment, de quelle manière? || 7° Cela.... que, locution où cela annonce ce qui va être dit. Cela est faux, mes pères, que, la défense étant permise, le meurtre soit aussi permis, pascal, Prot). 14. Cela même est aïsez plaisant, que ce système fut alors une occasion de péché, fontenelle. Les mondes, 1" soir. Ils ont cela de bon qu'ils ne laissent pas de dire.... paso. Prov. 1. || 8° Cela avec le pronom il qui le représente. Cela viendra peut-être; mais il n'est pas venu, sÉv. 1B. Je vous dis cela comme il m'a été dit, sév. 30o. Si cela est vrai pour les hommes, à plus forte raison l'est-il pour les jeunes gens, j. j. Rouss. Ém. IV. Cola peut être véritable, quoiqu'il nesoitpascertain, PASc.i'roi'. 13. Il 9° Eu parlant des personnes. J'ai vu cela tout jeune. Comme cela dort, ces jeunes gens ! Cette petite fiUe m'a frappé en passant; jelui ai demandé qui étaientses parents: cela meurt de faim, cela a quatorze ou quinze ans, st-si- MON,35B, 180. || 10° Aveccela, néanmoins. Jesuis convaincu que vous ne viendrez pas; avec cela, je vous attends toujours. || Avec tout cela, néanmoins. Je me suis acquis dans les armes l'honneur de six ans de service; mais, avec tout cela, je ne veux pas me donner un nom où d'autres en ma place croiraient pouvoir prétendre, mol. Bourg, m, 12. || Pour cela, en vérité, effectivement. Il a reçu une charmante lettre do son ami, «h! pour cela, vraiment charmante. N'est-il pas fier de sa noblesse? — Ohl pour cela, non. Il Par contraction, ça (voy. ce mot).
— REM. Des grammairiens ont demandé que l'Académie mît un accent grave, cela, puisqu'elle en
CÊL
CEL
CEI,
met un sur là et sur voilà; c'aurait l'avantage d'effecer une inconséquence d'orthographe. Mais, l'accent grave sur là n'ayant d'autre objet que do le distinguer, pour l'œil, de la article, du moment que dans un mot, comme cela, il n'y a plusdeconrusion possible, il est inutile de surcharger l'écriture; c'est ainsi que dii se distingue de du, au lieu qu'au pluriel on écrit dus sans accent parce qu'il n'y a plus rien à distinguer.
— lliST. XVI* s. L'amour a cela qu'il s'attache et se lie à tout ce qu'il trouve comme Tait le lierre, AMYOT, Cnmm. il faut ouir, 49.
— ÈTYM. Ce et là; picard, chelo; wall. snula.
i. CÉLADON (sé-la-don), s. m. Familièrement et ordinairement avec ironie, amant délicat et langoureux. C'est un céladon. Faire le céladon. Jamais Amour ne connut la morale; Ce qui me iilaît peut me rendre fripon; Des gens d'honneur petite est la cabale Depuis la mort du pauvre Céladon, chaulieu, Ritponse à l'abbé C. \\ Adjectivement. On voit des maris céladons.
— ÉTYM. Nom d'un personnage du roman de l'Aslrée, qui, langoureusement passionné, est toujours aux pieds et aux ordres de sa bergère; pris de Céladon, nom d'un héros mythologique qui est dans Ovide, et qui vient de xeXâôwv, bruyant.
2. CÉLADON (sé-la-don), s. m. Vert piVle tirant sur la couleur du saule ou de la feuille de pêcher. Il Adi- Vert céladon. Taffetas, ruban céladon. Puisque l'on dit bien des jarretiftres de Céladon et des roses à la Parthénice.... Francion, v, t96.
— f.TYM. Les dames de la cour ont appelé ainsi cette couleur Je Céladon, nom d'un personnage du roman de l'Astrée, parce que le caractère de Céladon est d'une tendresse fade.
t CÉLADONIQCE (sé-la-do-ni-k'), adj. Qui tient (lu céladon.
t CÉLADONISME (sé-la-do-ni-sm') ,s. m. Style fade d'un céladon. Il Manie d'un céladon. || Néologisme.
— f.TYM. Céladon 1.
I CÉLAN (sé-lan), s. m. Terme de pêche. Sorte de hareng; le même que célerin.
f CELARENT (sé-la-rint'). Nom d'une des formes du syllogisme dans la scolastique. Voy. bakbaba.
f CELATION (se-la-sion) . s. f. L'action de celer, de cacher. Se dit en médecine légale, en parlant de la grossesse. Celation de grossesse.
— HIST. xiii' s. Seigneur, mi compaignon, n'en ferai celaison, Ch. d'Ant. i, 475.
— ETYM. Celatio, de celare (voy. celer). Cclationem donne régulièrement celaison; celation a été refait sur le latin.
t CÊLÉBRABLE (sé-lé-bra-bl") , adj. Qui peut être célébré.
— HIST. XV* s. Artus, Charlemaine, Alixandre, Kl maint autre qui sont en cendre. Dont leur renoms est celebrables, E. desch. Poésies mss. f" B6< , dans lACURNE.
~ f.TYM. Célébrer.
CÉLÉBRANT (sé-lé-bran) , s. m. Celui qui dit, qui célèbre la messe, ou qui officie. || Adj. Le prêtre célébrant.
t CÉLÉBRATEUR (sé-lé-bra-teur) , s. m. Celui qui célèbre.
— HIST. XVI* s. Celebrateur, monet, Dict.
— ÉTYM. Célébrer.
CÉLÉBRATION (sé-lé-bra-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action de célébrer, en parlant des saints mystères, de la messe, de l'oriice divin, d'une fête, d'un mariage, d'un concile.
— ÉTYM. Celebratio, de eelebrare. célébrer. CÉLÈBRE (sé-lè-br"), adj. Dont le renom s'étend
an loin. Ce fut un avocat très-célèbre. Un Père de l'Église célèbre pour sa doctrine et sa piété. Le Tage est célèbre par son sable d'or. Abraham a toujours été célèbre dans l'Orient, boss. Hist. n, S. Surcoût premiers peuples célèbres J'ai plongé cent peuples fameux Dans un abîme de ténèbres Où vous disparaîtrez comme eux, BÉRANO. Le Temps. Sais-tu dans quels périls aujourd'hui tu t'engages? Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages, boil. Ép. i. C'est ainsi qii'on devient célèbre, parce qu'on a été maître de disposer d'un grand loisir, et qu'on perd ce loisir"si préciçux, parce qu'on est devenu célèbre, FONTKN. Varignon. || Substantivement. C'est Hameau, élève du célèbre qui nous a délivré du plain-chant (du récitatif de LuUi] , didebot, le Neveu de Rameau.
— ÉTY»l. Espagn. et ital. ceiebre; du latin celeber. CÉLÉBRÉ, ÉE (sé-lé-bré, brée) , part, passé.
Il 1° Solennisé. Fête célébrée avec beaucoup de pompe. Il a° Chanté, vanté. Événement célébré par les deux plus grands poètes, BOSs. llist. i, 6.
CÉLÉBRER (sé-lé-bré. L'Académie ne dit rien sur la conjugai-son de ce verbe, où la syllabe lé doit prendre un accent grave devant une syllabe muette, il célèbre, tout en gardant l'accent aigu au futur et au conditionnel, il célébrera; ce qui est une contradiction , puisque dans les deux cas la syllabe lé est devant une syllabe muette, mais contradiction que l'Académie consacre dans tous les cas analogues), r. a. Il l°Solenniser. Célébrer un mariage, des noces, des funérailles, un concile. Et que deviendrez-vous, si dès cette journée Je célèbre à vos yeux ce funeste hyménée? bac. Baj. ii, 5. Je viens, selon l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée.... in. Ath. i, (. Lorsque de leur naissance on célébrait la fête, volt. Zaïre, ii, 3. || Dans un sens analogue, célébrer la venue, l'arrivée de quelqu'un. Il Célébrer la messe, ou, absolument, célébrer, dire la messe. Célébrer pontificalement, dire la messe en habits pontificaux. Après Ifl mort d'Henri III, M. Benoise [secrétaire de son cabinet],, qui vécut fort longtemps après lui, ne manqua pas chaque année de lui faire célébrer un service, auquel il invitait tous les officiers d'Henri III qu'il connaissait; après quoi il leur donnait à dîner, SE- OHAis, Mém. t. n, p. 96. || 2* Pubher avec éclat, vanter, louer hautement. Tout y célébrait leurs ancêtres, BOSS. Hist. u, 3. Nous vous avons célébrée h tout moment, sÉv. 70. Non, non ne souffre pas que ces peuples farouches. Ivres de notre sang, ferment les seules bouches Qui dans tout l'univers célèbrent tes bienfaits, bac. Esth. i, 4. Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques, Où vos voix si souvent se mêlant à mes pleurs De la triste Sion célèbrent les malheurs , ID. ib. i, 2. Chacun célébrait ses vertus [de César] : les uns louaient sa rare valeur ; d'autres sa douceur et sa clémence, vert. Rév. rom. XIV, 286. Nous célébrons tant de faits éclatants, BÉRANG. Mon grenier. || 3° Se célébrer, «. réft. Être célébré, solennisé. Là, dans l'assemblée de toute la Grèce, à Pise premièrement, et dans la suite à Êlide , se célébraient ces fameux combats où les vainqueurs étaient couronnés avec des applaudissements incroyables, boss. Hist. i, 6.
— HIST. XII* s. E [ils] establirent que, chascon an, cest jor fussent célébré hautement, Mach. ii, )0. En la sue sale demaine [seigneuriale] Le roi [il] fist servir e honorer E si hautement célébrer.... benoît, II, <OI2e. Icel saintisme baptisteire Qui i est faiz e célébrez, id. ii, 1B28. Qu'il loyse à vos cappellains en vo église célébrer li office divin à basse voix, TAiLLiAR, Recueil, p. B03. Erranment li verrez la messe célébrer. Th. le mart. 30. Quant ne puis, fait li sainz, par ma paresse aler, Parosses e églises conseilliereguarder, Ne puis pas mun mestier faire ne célébrer, ib. <3). ||xiii"s. Et li chapelain qui estoient en l'ost célébrèrent le service nostre seigneur en l'onnour dou Saint-Esperit, H. de val. vi. Lors a mis son prestre à parole Qui celebroit en sa chapele, [.a Rose, (6476. Ains en font les grans cortoisies. Dont lor proesces sont prisies Et célébrées par le monde, ib. 52B6. Commandé fu de par Dieu à la ligniée Israël que célébrassent celé feste, J'seautier. f' 80. Il XIV" s. Lors bout les consuls les sollempnitez des diex faites et célébrées, bercheure, f°28, recto. Il XV* s. Il n'estoit prestre qui y osast célébrer ni faire le divin service, froiss. i, i, <06. || xvi* s. Il dit et profera tout hault celle parole , qui depuis a tant esté célébrée, amyot, P. lEm. 40. Il fit célébrer des jeux de toutes sortes, et des somptueux sacrifices aux dieux, id. ib. 47.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. cele\)rar; ital. eelebrare: du latin eelebrare, de celeber, célèbre.
CÉLÉBRITÉ (sé-lé-bri-té), s. f. \\ 1- Solennité, pompe. Cette cérémonie se fit avec une grande célébrité, la bruy, Théophr. (5. || 2° Renom qui s'étend au loin. La célébrité d'un nom, d'une personne, d'un ouvrage, d'un événement. Viser, parvenir à la célébrité. Une vaine, une honteuse célébrité. Ils lui disent par compliment que sa haute réputation et la célébrité qu'il a donnée au lieu où il est. les ont obligés de le venir voir, balz. Entretien 8, dans B1CHELET. Il 3° Néologisme, personne célèbre. Les célébrités de notre temps.
■ HIST. xvrs. Célébrité, monet, Dict.
— ÉTYM. Provenç. celebritat; espag. celebridad; ital. célébrité; de celebritaiem , de celeber, célèbre.
CELÉ, ÉE (se-lé, lée), part, passé. Un secret longtemps celé. Il n'a rien de celé pour moi. Une grossesse celée.
CELER (se-lé. La syllabe ce prend un accent grave devant une syllabe muette : je cèle; je cèlerai ; mais, par une inconséquence singulière, l'Académie qui écrit celer, écrit recéltr, et au futur je recèlerai.
On remarquera aussi l'anomalie qu'il yak écrira, dans un cas tout semblable, je cèle, et j'appelle; il faudrait suivre une règle uniforme), «. o. || 1* Dérober aux yeux, .\ la connaissance. Si dont coursier voulait Ne pomt celer sa maladie. Lui loup, gratis, le guérirait, la font, v, 8. Je ne vous puis celer que son ordre m'étonne, corn. Cinna, i, 4. X ne voui rien celer.... bol. Éc. d. maris, i, ). Récit menteur! soupçons que je n'ai pu celer! rac. Baj. ir, I. Soupirs d'autant plus doux qu'il les fallait celer, ID. ib. I, 4 . Il 2* Se faire celer, refuser sa porte. C'est une fort mauvaise politique de se faire celer aux
I réanciers, mol. Festin, iv, 3. Il faut absolumcul qu'il se fasse celer, rac. Plaid, i, 7. Glycère se fait celer pour les femmes, la bruy. m. || 3" .Se celer, V. réfl. Être celé. Un grand contentement malaisément se cèle, BÉOMiER, Sat. xii. Et votre heureux larcin ne se peut plus celer, rac. Ath. i, 2.
— HIST. XI* s. La traîson ne puel estre celée, Ch. de Roi. CXI. Il xii* s. Que vous ferez ceste dolor celer. Ronds. <B8. Ne tout [je] ne coil mon cuer, mi tout [je] neldi. Coud, vu. Ne vus en sai musirer sun quer ne sun pensé . Mais à cels del conseil ne l'a il pas celé, Th. le mart. 42. Respundi li reis : n« me celle pas ço que je te demanderai, Bois, <70.
II xiii* s. Que' ceste chose soit si leùe et celée, Berte, xvi. Qui sui et qui je quier, jà ne vous crt [sera] celé, ib. xlv. Mais que Moires nel coile mie, Que tôt son engien ne lui die, FI. et Bl. 3ni5 Tantosl se sont el bois aie Tôt coiement et à celé, lai de Melion. Mes vers la gent très bien te celé, Et quiers autre achoisoii que celé Qui celé part le face aler; Car c'est grant sens de soi celer, la Rose, 2390. Or te lo [je te conseille], et veil (je veui) que lu quieres Un compaignon sage et celant, X qui lu dies ton talent, ib. 2699. Mais se li procureres derrain se taist ou choile se [sa] procuration, beaum. 34. Il XIV* s. Celer teles choses, c'est fait de paourenx et de couart, oresme, Elh. (24. || xv* s. Je vous di, sans que plus le ceUe.... cii. d'oui. Bal. 33. Il XVI* s. C'est ce qui le fit résoudre de se faire celer, commandant que l'on repondist qu'il y avoit longtemps qu'il estoit sorti, Xém. s. Dug. 29. Celer les vices des rois, MONT, i, 1 3. Ils luy celèrent les deux articles précédents, in. i, 69. Ce qui a esté flé h mon silence, je le celé religieusement, id. iu, 241. Jamais le front ne celle le souci De triste cœur que l'amour a transi, rons. 6(6.
— ÉTYM. Picard, chéler; provenç. celar, selar; espagn. celar; ital. celare; du latin celare. On en rapproche le celtique: kymri, cel; gaél. ceal, cacher.
t CÉLERET (sé-le-rè), s. m. Terme de pêche. Sorte de filet, en Normandie.
CÉLERI (sé-le-ri),ï. m. Variété de l'apium grnrrolens, l. qui a perdu son âcrelé par la culture, cl dont on mange les tiges non développées et les supports étiolés des feuilles. Faire blanchir du céleri.
— ÉTYM. Picard, d(Tn';ital. îcdono, Tulgairement sellaro; brescian, se/eno;aUem. Cellerie, Zelleri, Sellerie; holl. sellery. Le mol céleri est passé de l'ilali. n en France, et de France dans le nord; l 'est une ah. Mtion de l'italien sellaro qui, par la forme bresciano seleno, se rattache au latin îcJinum, persil,du grec
t CÉLÉRIFËRE (.sé-lô-ri-fê-r'), t. m. Voilure publique dont le service est accéléré.
— ÉTYM. Cekr, vite (voy. célérité), et ferre, porter. Ce mot est mal composé; car, étyraologiquement, il signifie : qui porte des choses rapiilu«.
t CÉLÉRIGR.iDE (sé-lé-ri-gra-d"), ad;. Ternie de zoologie. Qui marche ou court avec rapidité.
— ÉTYM. Mot latin hyputhélique, crierigradus , formé à l'imitation de tardigradus; de celer, vile (voy. cÉLÉMiTÉ), et gradi. aller (voy. oraiie>.
fCÉLÉRIMÈTRE (sé-lé-ri-mè-tr'), ». wi. Instrument qui, aiapté à la roue d'une voilure, mesure le chemin parcouru. On dit plutôt el mieux hodoniètre.
— ÉTYM. Ctler, Tite (roy. ciLfiaiT*), «t mttrt. t CÉLERIN (sé-le-rin), t. m. Petit
mer qui est une espèce de sardine (du g'
— HIST. XIII* s. El harenc celerin nedi'ii j ■•", .le coustume. Lir. des met fil3. || xvi* s. Ooumaud», merlus, celerins. sjmlines, pars, xiiv, ïJ.
— ÉTV.M. Origine inconnue.
t CÉLÉBll'ÈDK (sé-lé-ri-pè-<i'), adj. Terme d« zoologie. Qui marche rapidement.
— ÉTYM. Mol latin hypothétique, celrripts. de celer, vite (voy. c&l<rite), el pes, pedis, pied (voy. PI En).
CÉLÉRIxe (sé-lé-ri-té) , s. f. Activité rapide. C'est une affaire qui requiert célérité. Les RomaiM
CÉL
Wtiroiit des navires avec une célérité capable de faire croire que leurs forêts avaient été tout à coup métamorpUosées en galères, le p. catrou, dans desfont. Le nouvel arrangement des finances demande de la célérité quand ce no serait qu'en faveur de ceux qui souffrent dans lo passage, Lettre sur le nouv. syst. des fin. dans desfont. Les expériences montrent combien l'exactitude des arrivées et la célérité de la marche [des bateaux à vapeur] coûtent clior aux compagnies, Compte rendu, Acad. des sciences, t. li, p. t073.
— HIST. xvi* s. Pour la grande promptitude et célérité do laquelle ilz executoient ses mandemens,
AMYOT, Itom. 4(.
— ÉTYM. Provenç. Uelerilat; cspagn. celeridad; ital. celerità; de celeritatem, de celer, vite, prompt, qu'on a rattaché au latin cellere, usité seulement en composition, per-cellere, grec xéXXeiv, secouer, agiter.
CÉLESTE (sé-l&-st'; au xvi* siècle, d'après Palsgrave, p. 03, on ne prononçait pas Vs), adj. || 1» Du ciol. Les espaces célestes. Les globes célestes. || Poétiquement. Les célestes flambeaux, les astres. La voûte céleste, l'espace illimité qui paraît sous forme de voûte. Il Harmonie céleste, harmonie que quelques philosophes anciens avaient pensé Ctre produite par le mouvement des astres , sans être perceptible à notre oreille. |{ En astrologie, thème ou figure céleste, synonyme d'horoscope. || Bleu céleste, bleu qui est de la couleurdu ciel vu par un temps serein. || 2° En considérant le ciel comme séjour des bienheureux, la gloire céleste, les esprits, les puissances célestes. La céleste patrie, le paradis. Le Père céleste. Dieu. Il 3" Dans les idées païennes, en considérant le ciel comme le séjour des dieux. Les célestes lambris, le palais des dieux. La troupe céleste, les dieux de l'Olympe. Le souverain pouvoir de la troupe céleste, COBN. //or. IV, <. ||4° Divin, qui vient de Dieu ou, dans les idées païennes , des dieux. Don céleste. Détestables flatteurs, présent \i plus funeste, Que puisse faire aux rois la colère céleste, nAC. Phcd. iv, 8. Objet infortuné des vengeances célestes. Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes, m. ib. II, 6. Mais, au milieu (Te ces célestes douceurs, la justice divine eut son tour, Boss. Anne de Gonz. .... Cet enfant l'objet du céleste courroux, volt. ORd. IV, 1. Les animaux périri Car encor les humains! Tous avaient dû tomber sous les célestes armes, LA FONT. Phit. et liauc. Que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du céleste courroux, in./'ab. vii,<. Il 5°Fig. Plus qu'humain. Beauté, Sme, regard céleste. Et lorsqu'on vient avoir vos célestes appas, MOL. l'art, m, 3. || Terme de musique. Voix céleste, se dit d'un registre de l'orgue qui produit des cons doux et voilés. || 6° Soeurs célestes, ou sœurs de l'Annonciade, religieuses d'un ordre qui fut fondé en <G04 et qui professa la règle de Saint-Augustin; elles sont vêtues de blanc, leur scapulaire est bleu et leur manteau de môme. || 7° Le céleste empire, nom que les Chinois donnent à leur empire.
— HIST. xi« s. Hoi [je] te coman [recommande] au glorieus céleste [Dieu], C h. de Roi. cixiv. || xii's. Lor âmes soient on la céleste vie, Honcisv. 164. Deus est celestiex, c sa loi ensement. Th. le mari. 29. Car ki volt à la gloire celestiel partir [avoir part].... ID. 79. Bethsames, cest num espelt [signifie] cité de soleil, e signefie la cité de la celestielJerusalem, Jloi's, 22. Il xiu" s. Paradis est celestiaus, Mèsn'est mie à toz conmunaus, Ren. G773. Dont ge jur Dieu le roi celestre, la Rose, 0062. En espérance d'avoir les biens celestiens, iieaum. xlix, 0. ||xv«s. Surquoy povons noter estreles plus suppoUatifz biens lescelostielles choses comme perpétuelles, en. de pisan, Ch.v, I, 4. Et pour ce, enfans, soyez tous avoyez Do rendre loy à Dieu celestieulx, coquill. Hall. Paix de Reims. || xvi's. En la céleste et béatifiée Hierusalem, RAB. Gafg. i, 10. Le bleu signifie certainement le ciel et choses célestes , m. ib. Toutes créatures tant célestes que terriennes honnorent sa majesté, calv. Instit. 402. Aussi de ce que nous sommes resuscitez avec Christ, il infère qu'il nous faut cercher les choses celestielles, i». «6. 4oo. Or m'ont les dieux celestes et terrestres Tant fait licureux.... makot, i, »22. 11 se couvre de pretieuK habits, arbore un panache d'oiseau céleste avec une enseigne de gros diaments, d'à un. llist. i, 237. Une taye, laquelle est quelquesfois blanche, noire, céleste, cendrée ou livide, VKRÉ, xv, 20.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. céleste ; de cœ- «eitis, de cœlum (voy. eux). On disait aussi dans ,
"r^'.^LÏl"^ - ■' "'<■»'•>« « celestiel ou celeslial. oiMnA T*'*"'^"'''")' *■ »'• O'Jre religieux in-
stitué vers lan ■.254 par Pierre de Moron, depuis '
CEI,
pape sous le nom de Célestin V. Les célestiin suivent la règle de St-Benott avec les constitutions de l'instituteur. Quoi, dit-elle d'un ton qui fit trembler les vitres, J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres. Diviser cordeliers, carmes et célestins, boil. Lntr. I. Il Voilà un plaisant célestin, locution vieillie qui se disait d'un homme divertissant ou ridicule, et qui provenait, dit Ricbelet, d'une certaine redevance dont, .\ Rouen, les célestins étaient exempts, à condition qu'un frère célestin marcherait en tête des charrettes chargées de vin, et sauterait d'un air gai en passant auprès de la maison du gouverneur de la ville. || Omelette à la célestine, omelette a la manière des célestins, omelette très-épaisse et succulente. Vieux. || Ëpinards à la célestine ou à la religieuse, épinards qu'on a réchauffés plusieurs jours de suite et qui sont en effet bien plus savoureux.
— ÉTY»r. Cœlestinus, nom propre, dérivé de cœlum, ciel.
■ t CÉLEUSTE (sé-leu-st'), s. m. Terme de la marine ancienne. Celui qui donnait les ordres aux matelots et aux rameurs.
— ÉTYM. KeXeuCTTrjç. Voy. céleustique.
t CÉLEUSTIQUE (sé-leu-sti-k') , s. f. Terme didactique. Art de transmettre les commandements au moyen d'instruments de musique. || Adj. Qui a rapport à cet art.
— ÊTYM. KsXeuimxàç, qui commande, de xe- XsOeiv, commander.
CÊLIAQUE (sé-lia-k') , adj. Voy. cœliaque.
CÉLIBAT (sé-li-ba ; le « ne se lie pas) , s. m. Ëtat d'une personne non mariée. Vivre, demeurer dans le célibat. Garder le célibat. Ils quittaient leurs femmes pour embrasser le célibat , BOSS. Var. 2. Mais l'endroit où notre historien [le protestant Burnet] a épuisé toutes ses adresses et usé, pour ainsi dire, toutes ses plus belles couleurs, est celui du célibat des ecclésiastiques, m. ib. 7. Du célibat fidèle appui. Je vois avec colère L'amour essuyer aujourd'hui Les larmes de son frère, bérang. Célib.
— HIST. XVI* S. On y trouva [en Amérique] une bien expresse image de nos pénitenciers, l'usage des mitres, le cœlibat des presbtres , mont. 11,
— ÊTYM. CxUbatus «u cœlibatus (les deux orthographes se trouvent), âecxlehs; mot d'étymologie difficile, pour lequel on a indiqué coe signifiant un et répondant à eka du sanscrit (voy. c-ocles, borgne, qui n'a qu'un œil), et libère ou lubere; ce qui signifierait : aimant à être un, seul.
CÉLIBATAIRE (sé-li-ba-tê-r'), s. m. Celui qui vit dans le célibat. Un vieux célibataire. || U se dit aussi en parlant des femmes. Est-elle mariée ou célibataire? Quelques femmes consacrées aux dieux avaient seules le droit de rester sans honte célibataires, sf.- GUR, Ilist. des Gaules. \\ Adj. Un vieillard sans enfants, riche et célibataire. Il a des goûts célibataires. Une vie célibataire.
— ÊTYM. Célibat.
t CÉLICOLE (sé-li-ko-l"), s. m. Nom d'hérétiques qui adoraient le ciel en place de Dieu et qui furent du temps de l'empereur Ilonorius.
— ÊTYM. Cœlum, ciel, et colère, adorer.
t CÉLIDOGRAPIUE (sé-li-do-gra-fie), s. /'.Terme d'astronomie. Description des taches de la lune ou du soleil.
— ÉTYM. KtjVi;, tache, et ypà^êiv, décrire.
t CÉLIDOGRAPIIIQUE (sé-li do-gra-fi-k'), adj. Qui se rapporte h la célidographie.
t CÉLIUS (sé-li -us'), s. m. Une des sept collines do l'ancienne Rome.
— ÉTYM. Cœliusmons, le mont Célius ou Cœlius. t CELLA (sèl-la), s. f. \\ 1° Terme d'antiquité.
Nom latin employé quelquefois en français pour désigner la nef des temples anciens. || 2° Te'.me de botanique. Fruit à trois enveloppes.
— ÉTYM. Cella, loge.
t CELLAIRE (sèl-lô-r') , s. f. Terme de zoologie. Espèce de polype.
— ÊTYM. Celta, loge.
1 CELLARIÉ (sèl-la-ri-é), s. m. ou CELLARIÉE (sel-la-ri-ée), s. f. Terme de zoologie. Nom d'une famille de zoophytes.
— ÉTYM. Voy. cellaire.
i . CELLE (sè-F). Voy. celui.
t 2. CELLE (sè-l'), s. f. Nom de différentes pièces des thermes chez les Romains. | Pendant le moyen âge, habitation destinée à Qes personnes de condition servile. || Aujourd'hui, nom de quelques localités. La Celle-St-Cloud.
— HIST. xu" s. Ne sufferronl qu'il soient en si
CEL
grant perte mis, Qu'il perdent leur catels et celles et pais. Th. le mart. 90. ||xvl's. Or sur le vespre chacun sort de sa celle, et s'assemblent tous en un, afin d'ouïr leur père, lanoue, B3t
— ÊTYM. Provenç. cella; espagn. celda; ital. cella; du latin cella, que les étymologistes regardent comme dit pour ced-la, de cedere, aller, se rendre. Le verbe celare, celer, ne rend pas compte des deux II.
t CELLÉPORE (sèl-lé-po-r'), s. m. Terme de zoologie. Corail à .cellules.
— ÉTYM. Cella, cellule, etporiii, pore.
t CELLÊRAGE (sè-lé-ra-j') , s. m. Droit seigneurial sur le vin, lorsqu'il était entré dans le cellier.
— HIST. XIV* s. Rentes appelées les celeragcs, DU CANGE, celeragium. \\ xv s. Afin que la dite ville ne puisse estre fraudée de ses droits de criages et celerages, id. 16.
— ÉTYM. Cellier.
t CELLÉRERIE (sè-lè-re-rio), s. f. Anciennement, office de cellérier dans un monastère.
— ÉTYM. Cellérier; provenç. celararia.
CELLÉRIER, lËRE (sè-lé-rié', ric-r'), s. m. et /'.Titre
d'office dans les ordres monastiques. Le cellérier, la cellérière, est un religieux, une religieuse, qui a soin des provisions et de la nourriture du couvent. Il Adj. Le frère cellérier, la sœur cellérière. jj Par extension, celui ou celle qui est chargée du même soin ailleurs que dans un couvent. Quelle personne es-tu? dit-il à ce fantôme. —La cellérière du royaume De Satan, reprit-elle; et je porte k manger X ceux qu'enclôt la tombe noire, la font, f ofci. m, 7.
— HIST. xii" s. Ilprist un pot, si l'a dedens bouté, Mist à sa bouche, en son cors l'a coulé; Lo cenelier en a forment pesé. Bat. d'Aleschans, 3927. Il xiu* s. Tu me deïs que d'un celier T'en avoit en [on] fet celerier, Ren. <44t8. Un mien scelerier qui estoit né de Doulevens, joinv. 240. || xiv* s. Le celerier et le consierge de la court le roi, du cange, cellerarius. \\ xv° s. Entre les autres qui furent décapités, le furent deux moines de Joy en Brie, c'est à savoir le celerier du dit lieu et dam Symon,