CEU
CER
CÊR
fCERFOUETTE (sèr-fou-é-f), s. /. Voy. siiR-
FOUETTK.
CERF-VOLANT (sèr-TO-lan) , s. m. || 1° Un des noms vulgaires d'un gros insecte volant, lo lucane cerf (coléoptères), ainsi nommé parce que ses grandes pinces ont été assimilées au bois du cerf; on le nomme aussi taureau volant, par une comparaison semblable des mêmes pinces aux cornes d'un taureau , et grand escarbot à cause de sa taille. 1 1 2° Jouet d'enfant, en forme d'une grande raquette, fait de papier étendu sur des baguettes, qu'on fait enlever par le vent en le retenant par une ficelle. La tùte du cerf-volant, pointe triangulaire qui est à l'extrémité supérieure du cerf-volant. Queue du cerf-volant, bout de ficelle garni d'intervalle eu intervalle de morceaux de papier, et qui, placé à la partie inférieure du cerf-volant, est destiné à le maintenir droit. Pour décider si Sommonacodom avait joué au cerf-volant, volt. Dial. 22. Des écoliers s'amusaient à guider des cerfs-volants, J. J. Rouss. Ém. II. Je revois les endroits où j'ai joué à la fossette et au cerf-volant; ces souvenirs me font plaisir, p. l. COUR. Lett. II, 96. Il Fig. ILa terre] cerf-volant dont la ficelle casse, Tourne en tombant, tourne et tombe toujours, BÉRANG. Comèlc. Il En physique, cerfvolant électrique , cerf-volant maintenu par une corde entourée d'un fil métallique, et armé d'une pointe métallique pour soutirer l'électricité des nuages. Il 3° Cuir tanné à forfait et dont le ventre a été ôté. Il Au plur. Des cerfs-volants.
— IIIST. XV* s. Deux petites cornes de cerf volant garnies au bout d'argent doré, de laborde , jémauj;, p. <98. Or vueil-je compter d'un songe qui lui [Charles VI] estoit advenu en celle saison, et sur quoi il s'ordonna de sa devise du cerf volant, frois- SART, n, II, <63. Au roy fut présenté ung cerf volant, au duc d'Orliens un blanc cliisne [cygne], G. CHASTEL. Chron. des ducs de Bourg, i, 2.
— ÉTYM. Cerf, iohnt.
t CfiUIFÈRE (sé-ri-fô-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui produit de la cire.
— ÉTYM. Cera (voy. cire), et ferre, porter.
t CÉRINE (sé-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Voy.
CÉROTIQUE.
t CÉRINTHE (sé-rin-f), s. f. Nom d'une plante delà famille des borraginées, dite aussi mélinet.
— ÉTYM. Latin cerintha.
t CÉRIQUE (sé-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide cérique, acide formé par l'action de l'acide nitrique sur la cire.
— ÉTYM. Cera, cire.
t CÉRIROSTRE (sé-ri-ro-str') , adj. Terme de zoologie. Qui a le bec garni d'une membrane cireuse.
— ÉTYM. Cera, cire, et roslrum, bec.
CERISAIE (se-ri-zê) , s. f. Lieu planté de cerisiers.
— HiST. Nom très-ancien d'une rue de Paris. -- ÉTYM. Cerise.
CERISE (se-ri-z'), s. f || 1° Fruit du cerisier; la peau en est rouge. || Rouge comme une cerise. Cette jeune fille a les joues rouges comme une cerise. Il Terme de métallurgie. Rouge-cerise, rouge trèsvif et un peu clair, qui est l'indice d'une très-haute température. Fer chaufi'é au rouge-cerise. |{ 2° Par extension , le fruit du caféier. Du café en cerise. De nombreux esclaves s'empressent à recueillirla cerise du café, CHATEAUB. Natch. il, 65. || 3° Terme de vétérinaire. Cerises, petites excroissances charnues, de couleur rouge, qui s'élèvent de la surface des plaies de la sole de chair du cheval.
— HIST. XI!" s. D'ire et de mautalent [il] rougit corne cerise, Sax. xxiii. || xiii" s. Blanchefleur trairai [j'empoisonnerai] en pome ou en cerise, Berte, Lxxvi. Moult i ot de bones cerises. Et plusors fruiz do maintes guises, Ren. 128B. || xvi' s. De beaux pelitz arcz pour tyrer des noyaulx de cerises contre les grues, rab. Pant. iv, 7. En France on appelle cerise le fruit qu'en Languedoc on ditagriote, et la cerise de telle province est nommée en France guine.... S'en voient des grosses, moiennes, petites, rondes, longues, plattes, refendues: des rouges, blanches, noires: des aigres, des douces: des molles, des dures.... La cerise ou agriote est plus aigre que douce, comme tirant son nom de là; au contraire la guine est plus douce que aigre.... La grosse agriote, aiant la queue courte, le noiau petit, estant de couleur rouge-brun, surpasse les autres en valeur.... Parmi les douces, paraissent pour les plus prisées les duracines, appelées aussi graffions, mot pris en Dauphiné pour toutes sortes de guines.... Merises sont guines presque sauvages et petites, tenans de l'amer dont elles portent le nom. Cœurs sont assés grosses, poinctues et fendues, ainsi dittes à cause de leurs figure ressemblant, et en
leur chair et en leur noiau, aucunement lo coeur d'une créature humaine, par aucuns, sans grande raison, appelées aussi cerises heaumécs, ot leurs arbres, heaumiers. Non plus pouvons-nous dire pourquoi d'autres cerises sont dites pinguereaux, rodanes , greffions et semblables; très-bien des musquates, dont le goust rend raison de leur appellation; ces noms sont donnés aux guines, non aux agriotes, o. de serres, 082. Lo pigeon saoul trouve les cerises ameres, cotorave. C'est folie de manger cerises avec son seigneur, id. Faire d'une cerise trois morceaux, ID.
— ETYM. Provenç. cercira, îcmi'o ; calai, cirera; espagn. cereza; portug. cereja ; ital. ciriegia; mots dérivés, àl'aide d'un suffixe féminin, dulatincerosus, qui vient de xspaaoç, dit ainsi do Cerasus, Cérasonte, ville du Pont d'où LucuUus rapporta le cerisier en Italie. Pline dit qu'un siècle après son importation en Italie, lo cerisier avait déjà pénétré dans l'île de Bretagne.
t CERISETTE (se-ri-zè-f), s. f. Cerise séohée, qui est à la cerise ce que le pruneau est à la prune. Il Espèce de prune rouge.
— ÉTYM. Diminutif de cerise.
CERISIER (se-ri-zié; l'r no se lie pas; au pluriel Vs se lie : les se-ri-zié-z et les pruniers) , s. m. Arbre de la famille des rosacées {prumis cerasus, L.). Il Bois de cerisier. Meubles en cerisier.
— HIST. xiii* s. Liement s'en vet ot joiant Tant qu'il trova en un pendant Un cerisier trop bien chargié, lien. 2BI2I. || xvi* s. Les ceriziers et guiniers se délectent d'estre entés, o. de serres, 683.
— ÉTYM. Cerise.
t CERISIN (se-ri-zin) , s. m. Un des noms du serin.
t t. CÉRITE (sé-ri-f) , «. f. Terme de minéralogie. Mine composée d'oxyde de cérium, de sihoo, et d'oxyde de fer.
— ÉTYM. KTipi-ni;, sorte de pierre, do xripi;, cire, t 2. CÉRITE (sé-ri-f), s. f Terme de zoologie.
Genre de mollusques à pied court, à coquille tortillée. I CÊRIUM (sé-ri-om'), s. m. Nom donné à un métal découvert en I80t dans la cérile.
— ÉTYM. Nom dérivé de Cérès.
f CERMOISE (sér-moi-z') , s. f. Variété de tulipe.
CERNE (sèr-n'), s. m. || l" Cercle, rond qui entoure quelque chose. Faire, décrire, tracer un cerne. Il me faut leurs deux noms dans un cerne graver Pour rendre de tous points ma figure accomplie, RACAN, Herg. l, 2, Poli\lhéne. \\ 2° Kond livide qui entoure les yeux battus ou une plaie en mauvais état. Il 3° En termes d'eaux et forêts, se dit des cercles concentriques qu'offre la coupe d'un arbre. Un arbre aautant d'années que de cernes. || 4° Terme de chasse. Enceinte pour traquer le gibier. || 5° Terme de fauconnerie. Vol à grand cerne, vol des oiseaux qui vont haut et bas.
— HIST. xiv* s. Le cerne d'entour la prunelle de l'ueil [de l'épervier], ilodus, f" xcvi. ||xv' s. Si les gouverne Et enivre du vin do sa taverne Amours, qui cloz les tient dedans son cerne, al. cuart. Ddbat des deux fort. Premièrement fit un cerne, plusieurs caractères et autres choses superstitieuses, monstb. i, 39. Le maréchal, le quel, comme celui qui tenoil sa vie pour perdue et cher la vouloit vendre, avoit faict entour lui à force de coups si grand cerne de morts et d'abatus que nul ne l'osoit approcher pour le prendre, Buuciq. liv. i, p. loo, in 4°, Paris, t020, dans lacuhne. || xvi' s. Et voyant que tous estoyeut dedans le cerne des chordes, soudain cria : tyre, tyre, rab. Pant. u, 25. Environné d'un grand cerne de peuple, paré. Animaux, <2. Et sans qu'il fallut que nostre cavalerie fist un grand cerne pour i)assor les fossez , nous les eussions conjbattus et peut estre deflaits, montluc, Mém. 1. 1, p. m, dans LACUR.^E.
— ÉTYM. Espagn. cercen; portug. cerce; ital. cercine; du latin circinus, cercle, dérivé de circus (voy. CIRQUE). L'accent est en espagnol et en italien sur la première syllabe comme dans le latin cireinus.
CERNÉ, ÉE (sèr-né, née), ■part, passé. || l' Marqué d'un cerne. Ses yeux caves, cernés par un sillon d'azur, lamart. Joc. v, 179. || Absolument. Yeux cernés, yeux battus. 1| 2° Entouré. L'attroupement cerné par les gendarmes.
CERNE.\U (sèr-nfi), s. m. Moitié d'une noix, tirée de la coque avant la maturité. Faire, éplucher, crier des cerneaux. || Vin de cerneaux, vin rosé bon à boire dans la saison des cerneaux, Dict. de l'Acad.
— HIST. XVI* s. Cerneaux sont viandes de seigneurs , et noix vieilles , viandes de laboureur , YVER, «4*.
— ÊTY'M. Berry, sarnmii, noix; icerner des noix,
en tirer le cerneau quand elles sont vertes; ainsi dit do cerne, parce qu'on fait uu cemt pour tirer le cerneau de la coquille.
t CERNEMENT (sèr-ne-man) , s. m. Action do cerner.
— ÉTYM. Cerner.
CERNER (sèr-né), e. o. || 1* Entourer comme d'un cerne. Déjà des bois épais qui cernent les remparts La vaste profondeur cache vos étendards, viennet, Clov. m, 10. Il 8* Par extension, investir, surveiller tout autour, de manière à empêcher de fuir, etc. La place, la maison fut cernée. U fut immédiatement cerné par les assistants et désarmé. || Fig. Cerner quelqu'un, l'obséder, l'entourer de conseils, do gens apostés, le circonvenir. || 3* Enlever une bandelelto circulaire. Corner l'écorco d'un arbre. Vitruve dit qu'avant d'abattre les arbres il faut les cerner par le pied jus<|ue dans le cœur du bois, et les laisser ainsi sécher sur pied, bufe. Expér. sur les végct. 2* mem. || 4* Détacher tout autour. Cerner des noix, en faire des cerneaux en les détachant de la coque. || En chirurgie, cerner une tumeur, la circonscrire tout entière par une incision, pour l'extirper. || Terme de jaidinage. Cerner un arbre au pied, creuser tout autour pour l'enlever avec de« racines ou pour y mettre du terreau tout autour. Il 5° Se cerner, v. réfl. Devenir cerné. Les yeux de cet enfant se cernent.
— HIST. XVI* s. Petitz demy coulteaux, dont le. petiz enfans cernent les noix, rab. Carg. i, î7. Faut tout premièrement cerner le nombril, paré, I, t. Les mains de ceux qui cernent les noix nouvelles en sont noircies pertinacitement, id. xxv, 46.
— ÉTYM. Circinare , âe circinus (voy. cer:^e); norm. cêner.
t CERNOIR (sèr-noir), s. m. Espèce de serpette.
— HIST. XVI* s. De l'arbre d'un pressoir, [faire] le manche d'un cernoir [pour exprimer une décadence], COTORAVE,
— ÉTYM. Cerner.
t CÉROÈNE ou CÉROINE (sé-roi-n'), t. m. Terme de pharmacie. Emplâtre dont la cire fait la base, regardé comme résolutif et fondant. || On trouve aussi cirouène.
— HIST. xu* s. N'y ot emplastre, ne ciroine, Ne n'y ot nerfs, ne os ne voiue, j. de meung, Tr. 'y-i*. Il XVI' s. Cerouenne est une composition plus dure et solide que les onguens et plus molle que les emplastres, paré, xxv, 27.
— ÉTYM. Bas-lat. ceroneum, de xi]pô(, cire (voy. ce mot).
t CÉROFÉRAIRE (sé-ro-fé-rê-r'), j. m. Terme de liturgie, ancien synonyme d'acolyte. Celui qui porte les cierges.
— HIST. XVI* S. Exposant le nom d'acolythe, ceroferaire, calv. /lulit. H80.
— ÉTYM. Bas-lat. ceroferarius , de cera, cire, et ferre, porter.
t CÉROGRAPUIE (sé-ro-gra-fie) , s. f. Noin donné quelquefois à la peinture à l'encaustique.
— ÉTYM. Kr)(/à;, cire, elYpif-iv, peindre.
t CÉROÏDE (sé-ro-i-d') , adj. 'fenae didactique. Qui a l'apparence do la cire.
— ÉTYM. Kr,p6?, cire, et «cSo;, forme (tiiy. idée). f CÉROIXK (sé-roi-n"), *. m. Voy. cEroene.
t CÊROLÉINE (sé-ro-lé-i-n'), s. f. Terme de chimie. Une des trois substances qui coostitueut la cire des abeilles.
— ÉTYM. Cera, cire, et oleum, huile (voy. hoilb). f CÉROllANClE (sé-ro-man-siej, s.f. Divination
pratiquée en versant goutte à gcullo, dans un Tase plein d'eau, de la cire fondue.
— ÉTYM. Kt,oo;, cire, et mande, sufBxe.
t CÉROSL\NCIEN (sé-ro-man-siin), s. m. Celui qui pratique la céiomancie.
f CÉRO-MEL (sé-ro-mél), t. m. Terme de pharmacie. Mélange d'une partie de cire et de deux parties de miel qu'on em|iiuyait autrefois au panaemenl des plaies et des ulcères.
— ÉTVM. Cera, cire, et md, miel.
t CÉRON (sé-ron) , s. m. Terme de commerce. Ballot couvert d'une peau de btBuf fraîche, dont le poil est en dedans. Ou du aussi suron.
t CÉROPL STIQUK (sé-ro-pla-sli-i ') , t. f Art de modeler en cire.
— ÉTVM. Kr.fii, cire, et plastique.
t CÉROriQUE (sé-ro-tik'), adj. Terme de cliimie. Acide cérotique ou cérine. un des principes constituants de la cire.
— ÉTYM. K»ipo?, cire.
t CÉUOXVLE (séro ksi-i'), i. m. Terme de botanique. Palmier qui produit de la cire.
— ElYM. Kr,i</;, cite. i>; -J'ir., bois
CER
■f CERKK fsè-O. *■ "'• Espèce <lo cliiiio d'Kurope.
— RTYM. Cerrus, sorte de chône.
CEllTAIN, AINE (sèi-titi, tè-n'), adj. ||1° Oui no peut manquer, faillir, tromper, en parlant (les choses. Ce qui est certain. Il est certain que.... Je n'oserais donner pour certain que.... Tenir pour certain. Un espoir certain de salut. Je le sais de science certaine. le mettrais en ses mains que je tenais certaines Quelque bien.... MOL. l'Étour.iv, i. Quiconque est loup agisse en loup; C'est le i)lus certain de beaucoup, i.A font. Fabl. m, 3.... Quand le mal est certain, La plainte ni la pour ne changent lo destin, ID. ih. viii, 1 2. On doit tenir pour cerlain que.... Boss. 7/i4(. ii, (O. l'erlide, je te veux porter des coups certains , rac. Uithr. m, 0. Et ne devrait-on pas à des signes certains Reconnaître le cœur des [lerfides humains? m. l'hèd. IV, 2. Ce qu'il y a de certain dans la mort est un peu adouci par ce qui est incertain; c'est un indéfini dans lo temps.... LA nnuY. xi. || En termes de peinture et de gravure, contours certains, contours bien dessinés et bien liés. || 2° Kiié à l'avance, déterminé, invariable. On se réunira àjourcertain. Supposons, pour prendre un nombre certain, qu'il s'agisse de cent personnes. Ces marchandises n'ont pas de prix, de taux certain. Et lo meilleur remède à son infirraiié [de l'homme], C'est de choisir toujours un but cerlain à suivre, cohn. Iinil. l , t "i- 1| 3;" En parlant des personnes, qui a la certitude de. Être certain de quelque cho.se. Bien cerlain que le gouvernement ferait la guerre. Je suiscertain de m'exposer à deux reproches. Ils demandaient fort peu, certains que le secours Serait prêt dans quatre on cinq jours, la font. Fahl. vu, 3. Il Terme d'ancienne pratique. Fondé de pouvoirs suffisants. Venir certain à l'audience. || 4» Un, quelque, d'une façon indéterminée, sans doute par antiphrase, puisque, de soi, certain a un sens tout contraire. Certaines gens pensaient. Un certain mal. Les murs étaient déjà élevés à une certaine hauteur. L'insolence de certains hommes. L'on voit de certaines gens qui rient également des choses ridicules et de celles qui ne le sont pas, LA BRUY. XI. Certain chagrin conçu dans l'esprit de la reine.... eotrou , Jiélis. m, 6. Certain cuvier dont on fait certain conte En fera foi.... la PONT, le Cuv. Les Levantins en leur légende Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas.... id. Fabl. VII, 3. Certain ajustement, dites-vous, rend jolie, JC. ib. IV, 3. Certain loup aussi sot que le pêcheur fut sage, m. ib. ix, to. Il y a de certains impertinents au monde qui viennent prendre les gens pour ce qu'ilsnesont pas, mol. Méd. m. lui, ii, 9. Il coûte moins à certains hommes de s'enrichir de mille vertus que de .se corriger d'un seul défaut, la bruy. xi. n y a, sans mentir, de certains mérites qui ne sont poir.t faits pour être ensemble, de certaines vertus incompatibles, id. v. || Certain, certaine, se met aussi avec un nom propre, non sans quelque nuance de dédain. Un certain Mazzaniello pêcheur fut le promoteur de l'insurrection de Naples. || En style de monitoires, do procès-verbaux, un certain quidam, certains quidams, pour désigner des personnes imparfaitement connues. || De même que, au singulier, on dit avec l'article, cerlain homme ou un certain homme; de même, au pluriel, on dit avec de ou sans de, certaines gens ou de certaines gens. On le dit même avec l'adjectif démonstratif ces. Ces certains savants-là peuvent, à les connaître, 'S'aloir certaines gens que nous voyons paraître. — Oui, si l'on s'en rapporte à ces certains savants; Mais on n'en convient pas chez ces certaines gens, mol. F. sav. IV, 3. Il Dans le même sens, substantivement, au pluriel, quelques-uns. Certainsprétendentque.... Il 5° Il sert à atténuer, à restreindre ce qu'une expression a de trop absolu. Il jouit d'une certaine réputation. Je n'y vais pas sans une certaine crainte. 11 y a dans quelques hommes une certaine médiocrité d'esprit qui contribue à les rendre sages, la uauY. XI. Il Un certain 9ge, un âge déjà avancé. Cet homme est d'un certain âge. || 11 est d'un certain mérite, il n'est pas sans mérite. Il est d'une certaine force au billard, il n'est pas sans quelque habileté à ce jeu. || Quand on est d'une certaine qualité; quand on est fait d'une certaine manière, etc. locutions qui se disent pour exprimer avec une sorte de réticence qu'on est de qualité, qu'on est bien fait, etc. Cette locution, qui est passée dans l'usage, est signalée par de Caillières , en «690, corarao une mauvaise façon de parler des gens de cour. Il 6» .S. m. Chose certaine. Quitter le certain pour l'mcertain. Abandonner le certain. || Terme de Damiiie. Monnaie prise pour terme de comparaison dans 1 appréciation du taux du change; c'est le terme ÛM ; 1 incertain est le terme qui varie. Londres donne
le certain. || 8° l'oiir certain, loc. adv. As.surément. Il Del'aima jamais, pour cerlain, CORN, le Uent. iv, 7.
— RKM. Cerlain change de signification suivant qu'il est devant ou après son substantif : certaines nouvelles, c'est : quelques nouvelles; des nouvelles certaines, c'est: des nouvelles qui ont de la certitude. Cependant Paccal a dit : Taille-l-on vos avis à une certaine mesure? pasg. Proi'. 2. Alors, pour certain comme pour in/me, l'usage n'avait pas encore attaché un sens différent aux deux positions avant ou après le subrtantif.
— SYN. CKRTAIN, SÛR. En parlant des choses, certain exprime ce dont on ne peut pas douter; sur exprime ce sur quoi on peut se fier. D'une nouvelle certaine, on ne peut douter; à une nouvelle sûre on .se fie; la nouvelle est certaine, venant par une voie sûre. En parlant des personnes, la distinction est la même : une personne certaine est celle qui sait d'une façon indubitable; une personne sûre est celle en qui on peut se fier; à quoi il faut ajouter que, en ce sens, certain veut toujours un complément: certain de la nouvelle; et que stlr peut se dire absolument : un homme sûr.
— HIST. XII* s. Tant [j'] ai d'amor mon fin ouer esprouvé. Que jà f^ans lui n'aurai joie certaine, Couci, XIV. X moi haïr, dont si [je] la voi certaine, ib. t26. Il xiirs. Son errement [elle] lui conte, dont bien [elle] estoit certaine, aud. le bast. flomanc. u. Et Symons, et ses filles, chascuns ot cuer certain [en qui on peut se fier], Berte, xiviii. [Ils envoyèrent] Un certain messager cui bien faisoit à croire, ib. Lxvi. Soixante sols [il] cousta, un an a, en certain, ib. Lxxiii. Il s'en deit faire certain parle recort des homes do la court qui furent là quant il garda son jor, Ass. de Jér. oo.X ce repondi li roys, que il leur commanderoit volentiers de touz ceulz dont eu le feroit certein que il eussent tort, joinv. 2uo. Il ne sceit pas ne n'est certeins que il ait eu tele repentance que Dieu li ait pardonné, id. < 94. || xiv' s. Remettons et pardonnons par ces présentes, de certaine science, grâce especial et de la puissance et auctorité royal dont nous usons, Lelt. de rémission en (368, dans Bibl. des chartes, 6" série, 1. 1 , p. 82. Le juge pourroit dire quant il li plaiioit que il scet de cerlain que il n'est pas culpable, ORESME, Eth. tC2. Pour certain il vault mieux , m. VI (10). En commun parler nous assignon sapience es ars à ceulz qui sont les plus certains selon telz ars, id. ib. 07. j| xv* s. Jean Lyon savoit tout de certain que.... froiss. ii , ii, 65. Et se mirent et establirent en trois aguets , afin que cils ne leur pussent mie eschapper; et vinrent les plusieurs et les plus certains sur un pas entre haies et buissons et là s'embucherent, id. i, i, <08. Certain est que.... id. i, i, 34. Quarante mil esous qui depuis, pour certain, leur furent rendus, comm. v, <5. ||xvr s. Valant par chacun an en deniers certains... En moins de quatorze jours, il dilapida le revenu certain et incertain de sa chaslellenye pour troys ans, rkb. Pant. m, 2. Ils esgarent çà et là les poures âmes en spéculations volages, plustost que les ailresser à un certain but, calv. Instit. 4(7. Certains Indiens.... mont, i, te. Il est certain que.... ID. I, 42. Prendre pour certain l'opposé de ce que dit le menteur, in. i, 37. Le bien est certain et finy, le mal infiny et incertain, id. ib. Fourni û'uiie contrebatterie d'enchantements certains à le préserver, ID. 1, 94. Sans obligation à nul certain office, id. i, 280. Laisser le certain pour prendre l'incertain, AMYOT, Numa, 9. U rencontra lettres et messagers qui luy apportoient nouvelles certaines de la victoire, id. P. Mm. 41 . Des mémoires sans nom d'au- Iheur certain, id. Arisl. 7.
— ÈTYM. Proveno. certan; espagn. et ital. ccrtano; tiré du latin certus (voy. certes), à l'aide du suffixe de dérivation an, comme si l'on avait dit certanus. Cerlits avait donné, dans l'ancien français, cert.
CERTAINEMENT (sèr-tè-ne-man), adv. || 1° D'une manière certaine. Vérité connue si certainement par l'expérience. Le roi veut qu'on l'arrête, et qu'on sache certainement de quel pays il est, fén. Tel. m. Il 2° Par extension, sans doute, en vérité, assurément. Certainement vous ne m'écoutez pas. Le connaissez-vous? certainement. C'est certainement une fort belle chose. Et certainement on ne saurait assez plaindre la perte décos excellents originaux, boil. Longin, Préface.
— UIST. xu* s. Car tu sais bien certainement, La charrette, 3206. Qu'encore i est [Durandall pour voir [vrai] certanement, Roncisv. <08. Mais [je] ne sai pas encor certeinnemcnt Quel guerredon ele me voudra rendre, Couci, v. U sout [sut] certainement,
CER
Th. le man. los. Il xiifs. Devers Aussai [Alsace'. 'Mii née.sachiez certainement, /?er(c,XLVii. Et quantBIondiaus l'oï, si sot certainement que c'estoit ses sires, Chr. de Ueims, 55. ||xv' s. Il dist qu'il s'estoit levé [avait décampé], parce qu'il estoit certainement informé, COMM. IV, 4. Il XVI' s. Mutins, ne le cognoissant p;is certainement, n'oza demander lequel c'estoit. AMYOT, Pub. 33. Cette amitié que nous avons nourrie, tant que Dieu a voulu, entre nous, si entière et si parfaicte que certainement il ne s'en lit gueres de pareilles, et entre nos hommes il ne s'en veoid aulcune trace en usage, mont, i, 207.
— ÈTYM. Bourguig. çartaiyneman ; provcnç. cerlanamen; anc. catal. certanament ; de certaine, et du suffixe ment.
tCKRTEAU (sèr-tô), s. m. Variété de poire.
— IIIST. xvi' s. La vessie du fiel est de magnitude et figure d'une bien petite poire, vulgairement nommée de certe;iu, PARÉ, I, 9.
CERTES (sèr-f), adv. Certainement, en vérité, à coup sûr. En quoi certes personne ne le surpassa jamais, vaugelas, dansBotmouRS. Certes, messieurs, le barreau n'a vu que trop de ces malheureux, patru, Plaidoyer, dans bouhours, Nouv. rem. Mais certes c'en est trop d'aller jusqu'à la joie, corn. Hor. 1, t. Certes l'exemple est rare et digne demémoire, id. 16. IV, 2. Certes les chrétiens ont d'étranges manies, ID. Poly. IV, B. Certes plus je médite, et moins je me figure Que vous m'osiez compter pour votre créature, hac. Brit. 1, 2.
— REM. On trouve peu d'exemples de certes écrit sans s ; Ménage en rapporte un de Michel Marot : J'ai trouvé certe une chose bien rare Au eabinel de mon père Marot. En voici un de Molière : Cela certe est fâcheux. — Oui, plus qu'on ne peut dire, Tart. IV, 5. Cette licence a été prise aussi par V. Hugo : Certe on peut parler de la sorte, < Quand c'est au canon qu'on répond. Orient. 35.
— llIST. XI" s. Non ferez certes, dist li quens Oliviers, Ch. de Bol. xviii || xir s. Certes, dit Charles, trop avez mal talent, Roncisv. 44. Certes, dame, moult s'honnoure Qui courtois est contre tort, Couci, IV. Diexl tant avons esté preus par buiseuse [oisiveté]; Or verra on qui à certes ert [sera] preus, QUESNES, Romane. 94. Par Dieu, vassal, jel [je le] di pour vous gaber; Cuidiez-vous donc qu'à certes [je] levons die? it. (08. Certes, seigneur, dist-ii, trop tost id saura on , Sax. Xxv. || xiii' s. La royne me pria si à certes comme elle pot, joinv. <"). Il XV* s. La fille lui respond : Certes, mère, nenni, LOUIS XI, Nouv. XIV. Vous voyez bien que c'est à certes [pour tout de bon] , quand de rechef s'est apparu l'ange vers moi , ID. ib. Chargeant à chacun , par exprès et bien à certes, qu'il ne faille pas à son heure assignée, ID. ib.xxxiv. |j xvi* s. Aucuns personnages m'ont amiablement, mais acerles, adverty que.... M. DU BELLAY, 311. Socrates avoit soul mordu à certes au précepte de son Dieu : de se cognoistre, MONT. II, 62. J'en vaulx certes bien mieulx, id. ii, 83. Il ne ])ouvoit croire qu'ils eussent parlé à certes [sérieusement] d'une si vaine matière, id. ii, 239. Quand Platon escript selon soy, il ne prescrit rien à certes, id. ii, 244. Quand il vit qu'ilz parloient à certes, il leur monstra du doigt le camp des Romains, AMYOT, Lucull. 19. Elle luy rospoiidit magnanimement certes , sans se troubler ny estonner , id. Dion, 25.
— ÉTYM. Provenç. et anc. espagn. certas; calai. certes. Il y avait l'ancien adjectif cert, dont certes, certas, est le pluriel féminin. La locution complète estd certes, que l'on trouve en effet, et sous-entendu un substantif indéterminé féminin pluriel, comme voies, manières, choses; elle suppose une forma latine a certis ; c'est pour cela que certes s'est toujours écrit avec une s, qui, comme on voit, n'est point un caprice d'orthographe et qui seule permet de comprendre comment certes a un sens adverbial. Certus est, par métathèse, pour cretus, participe passé decernere, séparer, distinguer', le même que le grec xf/tveiv, juger (voy. crise).
CERTIFICAT (sèr-ti-fi-ka ; le ( ne se lie pas) , t. m. Acte par lequel un individu, un fonctionnaire, un corps constitué, rendent témoignage d'un fait qui est à leur connaissance. Le certificat est une déclaration lorsque celui qui le délivre y est intéressé. Donner , délivrer, prendre, produire un certificat. Certificat d'inscription, d'origine, de bonne vie et mœurs, de civisme, d'indigence, de résidence. Ce domestique a de bons certificats. Certificat de vie, certificat constatant l'existence d'un rentier. Certifl' cat de capacité, attestation, délirrée dans les écoles de droit, de la capacité de ceux qui se destinent àla profession d'avoué. Certificat d'étude. || Familiôrement,
CER
assurance, garantie. La goutto est un certificat de vie. Vous .serez sévèrement puni, je vous en donne mou certificat.
— HIST. XV» s. Quand les ambasadeurs de Portin- Kal orent apporté certificats.... froiss. ii, m, <8. Il XVI" s. Et n'oublièrent aussy de retirer chacun urig certificat de leurs services, signé do la main du roy. CARL. V, <. Ils avoient signé certifficat à M. de VieiUeville, de ne marcher que pour le service du roy, m. vm, 36.
— ÉTYM. Latin fictif ccrtilicatum, du bas-latin certifuare, de certus, certain, et du suffixe ficare, faire.
CERTIFICATEUK (.sèr-ti-fi-ka-teur). || 1" S. m. Terme de pratique et de commerce. Celui qui certifie uiie caution, une promesse, un billet. Certificateur de criées, celui qui attestait en justice la régularité des criées. || 2° Adj. Kotaire certificateur, notaire choisi par l'Etat pour délivrer aux rentiers les certificats de vie.
— HIST. xvi°s. J'ai eu juste crainte qu'on m'eust pris pour certificateur [approbateur] des enormitez, d'aub. Hist. III, 423.
— lîTYM. Vov. CERTIFICAT.
fCERTIFICATIF, IVE (sèr-ti-fi-ka-tif, ti-v'), adj.
Oui a la vertu de certifier.
— HIST. XVI" s. Que je ne partirois point sans une lettre certifficative de sa parole, carl. vu, 7.
— ÉTYM. Voy. CERTIFICATION.
CERTIFICATION (sèr-ti-fi-ka-sion). s./'. || I" Terme de palais. Assurance par écrit. Certification de caution, de criées. Vieilli. || 2° Terme de bourse. Certification des signatures, obligation du cédant et souvent des deux parties dans le transfert de certaines actions (particulièrement celles de chemins de fer) , de faire certifier leurs signatures par un agent de change ou un des administrateurs de la compagnie.
— HIST. XIV" s. Telles raisons ne font pas certification, ORESME, Thèse de meunier. || xv= s. Quand le pape Clément et les cardinaux en eurent la certification, FROISS. m, IV, <0. Il XVI" s. La circoncision leur estoit une certification et souvenance pour les confirmer en la promesse faite à Abraham, de la semence bénite, calv. Instit. (043, Comme Eumenes en eust pris et emmené des chevaux autant qu'il voulut, et en eust envoyé une lettre patente de certification aux harassiers et escuyers qui en avaient la charge, amyot, Hum. <6.
— ÉTYM. Certifier.
CERTIFIÉ, ÉE (sèr-ti-fi-é, ée), part, passé. Fait certifié par un témoin oculaire.
CERTIFIER (sèr-ti-fi-é), v. a. \\ 1° Assurer qu'une cbose est certaine. Je vous le certifie. Je vous certifie que.... Il certifia à son ami qu'il en était ainsi. Il Autrefois ce verbe voulait le régime direct de la personne. 11 me certifia du fait. Dieu certifie l'àme en tout ce qu'il convient, bossuet, Lettr. abb. i&3. Il 2" Terme de pratique. Certifier une caution, en répondre. Certifier des criées, en attester la régularité.
— HIST. XIII" s. Si ne peûst-il pas le nombre Des grans contens [disputes] certefier. Tant seilst bien monteplier, la Rose, 12999. Et [que] nous [soyons] certefiés des noms des hommes que vous aurez fait adjorner, du cange, assisa. Se le seignor viaut [veut] estre certefié que il ait son jor gardé si comme ildeit, Ass. deJér. 90. Certifier son essoine [excuse] au seignor et à la court qui ajorne les parties, ib. 97. Il XIV" s. Et dès maintenant peut as.sez aparoir quele chose est science, mes toutevoies il en convient plus certifier, oresme, Elh. <73. ||xv" s. Faites apporter de grands mairins, nous vous certifions que par force on la pertuisera [l'abbaye] en plusieurs lieux, FROISS. I, I, <37. Car il n'eut, je vous certifie. Or ne argent de son poisson, villon, i" repue, comment ils eurent du poisson. \\ xvi" s. Il cognoist bien que le printemps revient, Et aux fruits meurs l'automne il certifie : Voilà son art et sa philosophie, ST-GELAis, 209. Les ministres sont ordonnez de Dieu comme tesmoins, et quasi comme pleiges, pour certifier les consciences de la remission des péchiez, calv. Insl. 49B. Il sera droitement certifié, là où auparavant il estoit en doute, m. th. 497. Toutefois [César] estant par le chemin certifié qu'il l'Caton] s'estoit luy mesme desfait de sa propre main , AMYOT, César, 70. 11 la certifia de tout ce qu'il avoit veu et entendu, carloix, iv, 23.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. certificar ; ita.1. certt'/icare; bas-lat. certificare, du latin cerfus , certain (voy. certes), et ficare, fréquentatif de facere, faire.
. CERTITDDE (sèr-ti-tu-d') , s. f. || 1° Qualité de ce qui est certain. Certitude morale, mathématique. L'histoire commence à avoir de la certitude, boss. Hist. I, 7. 11 faut toujours compter avec la fortune