CES
II, a)B. n y eut plus de eoo cheva^fix qui toute la nuit ne cessèrent de trotter par la ville pour trourer logis, car personne ne vouloit les loger, juv. DES unsiNS, Charles VI, HH. Je me veulx cesser rie parler de faitz d'angleterre, comm. m, 7, || xvi's. Cessent les armes, régnent les toges, iîab. Pant. m, 7. Il convient cesserdu labeuretsoi repenser, m. ib. 1 5. Advenant le prince, cesse le magistrat, m. ib.
47 Ne que je cesse à louer ton haut nom, marot,
I, 225. Il arreste la tempesfe et la fait tenir coie , et fait cesser les vagues à ceux qui navigent, calvin, Inslit. HO. Si la charrue cesse, et si la main rustique Oisive par les champs au labeur ne s'applique, nu BELLAY, viii, 40, rcrso. Le très fort a commandé à la mer cesser ses ondes, marg. Lett. 20. Elle ne cessa de me prescher et faire envers moy l'office de reconfort, m. ib. Le duc envoya deffendre à tous deux qu'ils ne passassent plus outre, ains qu'ils eussent à s'en cesser et déporter, m. du bellay, 499. lia cessé de vivre, mont, i, 72. Ils ne cessent jusques au dernier souspir de les braver et desfier, id. i, 244. Encore .seroit-il raisonnable que vous cessissiez le combat pour l'amour de nous, amyot, Rom. 29. S'il y avoit aucun qui n'y prist point de plaisir, il falloit seulement qu'il priast l'autre de s'en abstenir, et incontinent il cessoit, ID. I.yc. 4 9.
— ÉTYM. Provenç. cessar, sessar; espagn. césar ; ital. cessare; du latin cessare, fréquentatif de cedere (voy. céd.I'R).
t CESSIBILITÉ (sè-ssi-bi-li-té) , s. f. Qualité d'une chose susceptible d'fitre cédée.
— ÉTYM. Cessible.
CESSIBLE (sè-ssi-br), adj. Terme de jurisprudence. Qui peut être cédé. Droit, pension cessible.
— IITST. xvi" s. Retrait [droit de rachat] seigneurial et conventionnel est cessible; le lignager non, si ce n'est à un lignager, lovsel, 428.
— ÉTYM. Le latin cedere (voy. céder), par l'intermédiaire du supin cessum.
CESSION (sè-sion), s. f.\\ l'Action de céder à un autre quelque chose dont on est propriétaire, et spécialement une créance. Dans ce dernier sens, synonyme de transport. || 2° Cession de biens, abandon de ses biens par un débiteur à ses créanciers. Cession volontaire, cession acceptée parles créanciers. Cession judiciaire, cession autorisée par la justice quand elle admet le débiteur au bénéfice de cession, malgré les créanciers. Elle perm.et à ceux qui font cession de retenir leurs biens, pasc. Prov. <2. On met dans les finances un vieux prodigue, qui en sa jeunesse a fait cession de biens, balz. 2« Dise, de la eour. n était obligé à faire cession de ses biens, Boss. Fr. d'Ass. t. ïl fit sur-le-champ cession de biens, montesq. Espr. Ii, 8.
— mST. XIV' s. Nulz debteurs n'cstoit receuz en la dicte ville à cession [de biens] , Ordonn. des Rois, t. VII, p. 544 II XVI" s. Qui veut faire cession [abandon de biens pour rester libre] , doit confesser la dette en jugement et en personne, loysel, C8I. L'on peut renoncer (fax répits [en contractant] , mais non au bénéfice de cession, id. 082. Répits ou cession n'ont lieu en dettes privilégiées ou procédantes de dol ou de crime, m. 083. Ils ne font point ces cessions et ces reculemens là pour révérence qu'ils leur portent , amyot , Corn. dise, le flaileur de l'ami, 29.
— ÉTYM. Le latin cessio, de cedere (voy. ce mot). CESSIONNAIRE(sè-sio-n5-r'),s.m.et^. || l''CeIui,
celle qui accepte une cession, un transport. || 2°0ueliiuefois, par abus, celui qui a fait cession de ses biens, fl 3° Terme de bourse. Celui qui reprend à une autre personne une action nominative.
— ÉTYM. Cession.
*. CESTE (sè-sf), s. m. Nom d'un gantelet de cuir souvent garni de plomb, qui servait aux anciens athlètes, pour combattre à coups de poings, dans les jeux publics. Le prix du ceste, le prix donné au vainqueur dans cette sorte de combat.
— msT. XVI' s. PoUux bon à combattre Aux cestos emplombés.... ronsard, 847.
— ÉTYM. CiEstus, le même que ceste 2,nialgréa;. 2. CESTE (sè-sf), s. m. Terme de mythologie. La
ceinture de Vénus, et aussi celle de Junon.
— HlST.xvrs. Estimant que ce fust le vrai cesta tant célèbre dont Venus conjoint les amants, yver,
^). Cythere entroit au bain, et te voyant près d'elle. Son ceste eile te baille afin de le garder, RONSARD, 277. Quand j'admire le ris de l'amour gracieux Et le ceste puissant de sa mère aux doux yeux ,
AM. JAMYN, Poésies, p. t73, dans LACURNE.
— ÉTYM. KîTTÔç, piqué, bien piqué (sous-entendu isiàç, courroie), courroie bien piquée; de xevvEÏv,
CEV
piquer, & cause de l'instrument pointu qu'on emploie (voy. centre).
t CESTOÏDE (sè-sto-1-d'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un ruban, d'iine ceinture. || Vers cesloîdes, ordre d'animaux de la classe des helminthes, caractéri.çés par un corps mou. Le ta;nia est un ver cestolde.
— ÉTYM. Ktatii (voy. ceste 2), et £T5o;, forme (voy. idée).
t CESTREAU (sè-strfi), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des solanées (cestrum).
— ÉTYM. Latin cestrum, sorte de marteau. CÉSURE (sé-zu-r'), s. f. || 1° Dans la peésie
latine, le vers hexamètre se divisant en deux parties inégales et impaires, l'une de cinq, et l'autre de sept temps ( si la première avait sept temps, la seconde n'en avait que cinq), on appelait césure la première partie, considérée comm« séparée du reste du vers; c'est dans ce sens qu'on la disait semi-quinaire ou somi-septenaire. || Dans les collèges, on nomme césure la syllabe qui termine un mot et commence un pied. || 2° Dans la poésie française, repos marqué dans le vers de dix syllabes après la quatrième, quelquefois, mnis rarement, après la cinquième, et dans l'alexandrin après la sixième syllabe. La césure sépare les hémistiches. Ce vers n'a pas de césure.
— ÉTYM. Cwsura, coupure, césure, de cœdere couper (voy. césar).
CET, adj. ddmonst. Voy. ce, adj. démonstratif.
CÉTACÉ, ÉE (sé-ta-sé, sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui appartient aux grands mammifères ayant la forme do poisson. Les animaux cétacés. Il S. m. j)!«r. Les cétacés, ordre de mammifères auquel appartiennent les baleines, les cachalots, les dauphins. C'est dans les régions du nord que vivent les puissants cétacés, chateaub. Génie, i, vi, 4.
— REM. Autrefois on écrivait avec deux e, cétacée, même au masculin, pour se conformer à la finale latine ceux.
— ÉTYM. Latin cete, les gros poissons, pluriel neutre de forme grecque, doxTiTT), pluriel do y.rc.Q;, gros poisson de mer.
CÉTÉRAC (sé-té-rak) , s. m. Terme de botanique. Autrement doradille. Espèce de fougère médicinale dont les feuilles ont été préconisées comme pectorales [asplenium ceterach, L.).
— ÉTYM. Ital. cf/racca, citracca; bas-latin, ceterah; bas -grec xiTapàv., xà ■zixfjiyy.onov , dans Du Cango, qui dit que le mot est arabe.
f CÉTIXE (sé-li-n'), s. f. Terme de chimie. Principe immédiat, gras, qui constitue presque seul le blanc de baleine.
— ÉTYM. Ktjto;, baleine (voy. cétacé).
f CÉTOGRAPIIIE (sé-to-gra-fie), s. f. Terme didactique. Description des cétacés.
— ÉTYM. Kf,Toç, gros poisson de mer, et ypoûpeiv, décrire.
f CÉTOINE (sé-toi-n'), s. f. Nom d'un genre de coléoptères dont une espèce, la cétoine dorée, est souvent mêlée par fraude aux cantharides, dont sa forme ramassée et ovalaire la rend facile à distinguer.
f CÊTOLOGIE (sé-to-lojie), s. f. Terme didactique. Histoire des cétacés.
— ÉTYM. Ktjtoç, gros poisson de mer, et îôyoç traité.
f CÊTOLOGISTE (sé-to-lo-ji-sf), s. m. Naturaliste qui s'occupe de l'histoire des cétacés.
f CÉTRARINE (sé-tra-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Matière amère trouvée dans le lichen d'Islande {cetraria islandica).
CETTE, adj. démonst. Voy. CE.
f CETTUI (sô-tui), adj. démonstr. masc. sing. Ce, cet. Il n'est plus usité; mais on le trouve encore dans le style marotique. Cetlui me semble , à le voir, papimane, la font. Papef. Cetlui Richard était juge dans Pise, id. Cal. Et cettui lieu beaux pères fréquentaient, in. Mazet. De cetlui preux maints grands clercs ont escrit, la bruy, xiv. Celtui pays n'est pays de cogagne, volt. Conte du Bourbier.
— IIIST. xii' s. Cestui prenderons nous, se n'en trouvons plus grant, Roncisv. i 99. || xv s. Car tous les autres ne nageoient que sous le vent de cestui, COMM. V, <.
— ÉTYM. Cestui est le cas régime du pronom dont cist, cest est le nominatif, et répond à ecccislius, génitif de ecce-iste.
CEUX, plur. de celui. Voy. ce mot.
■\ CfiVADE (sé-va-d'), s. f. Avoine. On abandonna 100 pièces d'artillerie, 4B0 milliers de poudre, 30 000 sacs de farine, 20 000 de cévade, )6 ooo de pain, sT-siM. (00, «7.
— ÉTYM. Espagn. cebada, orge; de ccbnr. don-
CHA
ner à manger; du latin eibare, ae ctbui, aliment.
fCÉVADILLE (sé-va-di-n*, « mouillées), t. f. Terme de pharmacie. Fruit du reratntm tabadilla, !.. qu'on emploie à l'extérieur pour détruire U vermine.
— ÉTYM. Espagn. cebadïlla, poudre d'ellébore; sans doute par comparaison avec cebada , l'orge (voy. cévade).
+ CÉVADIQUE (sé-va-di-k'), adj. Terme de chimie. Acide cévadique ou sabadiUique, acide retiré de la cévadille.
t aiABLAGE (cha-bla-j") , s. m. Surveillance qui était exercée par certains préposés, afin que les bateaux ne rencontrassent aucun obstacle au passage des ponts.
— ÉTYM. Chableur.
t I. CHAULE (cha-br), s. m. Grosse corde passée .dans une poulie pour .soulever un fardeau.
— ÉTYTH. Autre prononciation de cdble.
t 2. dlABLE (cha-bP), ». m. Nom, en quelques contrées, de la herse.
— ÉTYSl. Chable en ce sens est ^urchaable, ancien nom d'un engm et, particulièrement, d'un engin de guerre; bas-lat. cadabula, quadablum (voy. cuABLis 4), du grec xataêoX^i, action do renverser, xaxaSâXXEiv, renverser, de xaio, en bas, et ^âX- Xetv, lancer (voy. baliste).
f ClXABLE.iU (cha-bia), t. m. Longue corde pour tirer les bateaux.
— ÉTYM. Chable f.
I I . CHABLER (cha-blé), v. a. Terme de marine. Attacher un fardeau à un câble pour le haler. (| Tordre plusieurs cordes en une.
— ÉTYM. Chable 4 .
t 2. CIIABLER (cha blé), V. a. Terme rural. CImibler les noix, abattre les noix à coups de gaule.
— ÉTYM. Même radical que dans chablis l.
t CHABLEUR (cha-bleur), s. m. Ancien titre d'office. Officier de ville dont les fonctions consistaient à faire partir les coches d'eau, et à prendre des mesures pour leur sûreté dans les passages difficiles.
— msT. XV* s. A Meleun aura un chableur, appelé le chableur du pont de Meleun, du caxge, chaablum.
— ÉTYM. Chable t , à cause du chable ou câbl« employé dans ces occasions.
t. CHABLIS (cha-bli), s. m. Terme d'eaux et forêts. Le chablis est le bois que la force du vent ou quelque orage abat dans les forêts.
— HisT. ïiv" s. Que soubz umbre de caablo l'en ne face vente de chesnes, Ordonn. des rois, t. vu, p. 775. Caables ou arbres abatuz ou .secz, ib. |1 xvi's. Telles restrinctions de lune n'ont lieu pour le boismort, ni pour le bois-chablis, qui est le presque abbatu par le vent, car on les peut prendre en tous temps, coupant à pied les arbres qui ont défailli,
— ÉTYM. Bas-lat. cabUcia, chaableium, eaplim, la coupe de bois; capellus, capitum; anc. franc aulcuns cables ou arbres abattus; le boit nommt caables, du cange, eabulus. Le chaple des espitt, DU CANGE, capulare. Il y a dans ces mots deux radicaux; l'un avec un b, icrW cable, cablicia Ql mieux caable, vient de quadobalum , chadabula, sorte d'engin de guerre , propre à renverser, qui vient de xaTo6o),T, (voy. chaule 2) et auquel se rattache ac-cabler; et l'autre eaplim, chaple, qui veut dire tailler, couper, et qui vient du latin eopulare, frapper.
t 2. CHABLIS (cha-bli) , s. m. Vin blanc renommé. Boire du chablis.
— ÉTYM. Nom de lieu. C'est à tort que plusieurs personnes prononcent et écrivent Chdblis.
t CIIABLOT (cha-blo), s. m. Terme do maçonnerie. Cordage.
— ÉTYM. Le même que ehableau.
CHABOT (cha-bo), s. m. || 1* espèce de poisson, appelé aussi meunier; ce sont des noms vulgaires de la lotte goujon. Ne faites.... présent ni don, Si ce n'est d'un chabot pour avoir un pardon , rëg^kr , Sal. xm. Il On dit aussi cabot. Nous péchions sur ce rivage des cabou, des polypes, bern. db s.-p. Paul tt Yirg. || 2° Terme de blason. Meuble d'armoiries qui représente un chabot en pal, la tète en haut montrant son dos. Pour leurs armes les Chabot ont toujours conservé leurs chabot* en écartelure, stwm.
— HIST. xiii' S. Qui n'est pas graindres d'un cabot, DU cange, cabot. || nv* s. Loches elchaveloz, à la sause verte, Dibl. des Char.v série, t. i, p. sa». Il XVI' s. Sire, il te plaist trois poissons bien aymert Premièrement, le bienheureux dauphin : Et le
CHA
chabot qui noue en la grand mer [allusion aux armes de l'amiral Chabot), marot.iit, )0. t.es terroirs pierreux et sablonneux nourrissent les truites, chabots, cheviniaux.... o. de serbes, 425.
— lîTYM. Dérivé, à l'aide du suffixe diminutif o(, de chali ou cab, tête (voy. chef).
t CirAnOTTE (cha-bo-f), s. f. Terme de serrurier. Masse de fonte dans laquelle on fixe les grosses enclumes.
CHAItHAOPE (cha-bra-k') , .ç. f. Voy. schabbaoue.
f CllAI!RlLLOlI(cha-bri-llou, H mouillées), s. m. Nom d'un fromage de chèvre en Auvergne.
— ÉTYM. Chèvre, jiHT chabri ou cabri.
I CHABUISSEAU (cha-bui-sfl), s. m. Un desnoms vulgaires de la chevanno, sorte do poisson.
CHACAL (cha-kal), s. m. Animal rie la taille du renard, mais plus haut .sur jambes, gris jauniUre en dessus, blanchâtre en dessous, et vivant en troupe. X de longs intervalles on entendait les lugubres cris de quelques oiseaux de nuit et de quelques chacals, voi.ney, Ruines, ch. i. là.... Grondent.... Le chacal, l'hyène rayée Et le léopard taclieté, V. nuGO, Orient. 27. || Au plur. Des cliacals.
— ÈTYM. Schakal, mot turc.
CIIACOMVE (clia-ko-n'), s. /: || 1° Air de danse trîis-étendu, à trois et quelquefois h quatre temps, qui servait de finale ;\ im ballet ou à un opéra. La chaconne n'est plus en usage. Allons, cette chaconne en 0 .lol ut. hauteroche, Crispin mus. i, JO. Il Chaconne chantante, paroles sur un air de chaconne. Nous voudrions vous envoyer une chaconne et un écho, sévigné, 360. || 2" Danse sur un air de chaconne. Que font des menuets, des chaconnes dans une tragédie? J. i. eouss. IM. i, 23. !l 3° Ruban que l'on portait sur la chemise.
— ÉTYM. Espagn. chacona, .sorte de danso nationale, du basque chocuna, joli, gentil.
CHACUN, CHACUNE (cha-kun, cha-ku-n'; l'nne se lie pas: chacun a ses passions, dites cha-kun a ses passions) , pronom distrib. Chacun n'a pas de pluriel. Il 1° Chaque personne, chaque chose. Chacun prit sa part. Chacun des assistants applaudit. Chacun.e de ces femmes. Chacun fut de l'avis de M. le doyen, la FONT. Fabl. II, 2. Ils allaient [deux rats] de leur œuf manger chacun sa part, id. ib. K , i. Chacune avait sa brigue et de puissants suffrages, eac. Esth. 1, t. Chacun se disputait la gloire de l'abattre, id. Àndr. V, 3. Ce n'est pas moi qui les ai mis chacun à leur plai;e, mass. Vérité de la religion. Quatre cent Ti'igt-six ans après le déluge, comme les peuples marchaient chacun en sa voie, boss. Ilist. i, 3. Tout cela agité, approfondi, discuté et disputé entre nous deux [le duc d'Orléans et moi] nous laissa chacun dans sa persuasion, st-sim. 521 , <72, On se battait pour avoir le pillage du camp ennemi; après •quoi le vainqueur et le vaincu se retiraient chacun dans sa ville, montesq. l!om. 1. Les abeilles, dans un lieu donné, tel qu'une ruche ou le creux d'un vieux arbie, bâtissent chacune leur cellule , buff. Abeilles. Chacun des juges s'était adjugé le prix, en môme temps que la plupart avaient accordé le second à Thémistocie, barthél. Anach. ii'partie. Les nymphes n'étaient pas inutiles : elles préparaient les autres plaisirs, chacune selon son office, la font. Psyché, 1, p. 70. Il 2° Au masc. d'une manière indéfinie, en parlant des hommes ou des femmes, toute personne, qui que ce.soit, tout le monde, on. Chacun en parle. Chacun voit ceux [les maux] d'autrui d'un autre œil que les siens, corn. Hor.ni, 4. Chacun en liberté peut disposer du sien [bien], id. Cinna, 11, 1. Dans le temple voisin chacun cherche un asile, RAc. Phèd. V, 6. Comme un point de maturité que chacun cherchait en lui-même, fléch. le Tell. Chacun est prosterné Devant les plus heureux ; sont ils dans la misère, On les plaint tout au plus.... des- TOUCHES, Dissip. V, <5. Par les richesses, l'ambitieux se peut assouvir d'honneurs; le voluptueux, de plaisirs; chacun enfin, de ce qu'il demande, BOss. la Vallière. || Familièrement, au fém. Sa chacune, la femme avec qui un homme est uni. A voir chacun se joindre à sa chacune ici , J'ai des démangeaisons de mariage aussi, MOL. retour. V, to. Nous suivons nos désirs, et, sans pudeur aucune. Chacun comme il lui plaît avecque sa chacune, lafare, Uéponse à une hall. \\ 3° Un chacun, pour chacun, a vieilli. Un chacun doit mourir, et la Parque félonne De ce commun devoir ne dispense personne, gar- NIER, Antig. m. Vous recevrez les vœux d'un chacun, BALz. I, 107. Ce que fait un tout seul, tout un chacun le sache, Régnier, Élég. 2. Dans l'esprit d'un chacun je le tue aujourd'hui, mol. lÉtour.n, 1. Hautement d'un chacun elles blâment la vie, id.
CHA
Tart. i, 1 D'un chacun il doit être approuvé,
id. ib. Il, 4. Un chacun est chaussé de son opinion, ID. Éc. des Fem. i, <. Leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'un chacun la honte de vos actions, id. Don Juan, iv, 6. Voilà par sa mort un chacun satisfait, m. ib. v, 7. Un chacun de ces dieux faisait un Christ à sa mode, boss. Uonté, 1. Il est vrai , à la lettre, d'un chacun de vous que vous allez être établis ou que vous l'êtes déjà pour édifier ou pour détruire, mass. Confér. Excell. du sacerd. Trouveriez-vous le maître que vous servez avec tant de zèle et de valeur, équitable, si là-dessus la fidélité d'un chacun de vous lui devenait suspecte? iD. Car. Inj. du monde. Examinant la dispo-, sition d'un chacun, fléchier, Serm. 11, 207. j] Proverbes. Chacun pour soi. Dieu pour tous. [| X chacun le sien ce n'est pas trop , c'est-à-dire il est juste qu'on rende à chacun ce qui lui appartient.
— REM. 1. Faut-il dire : ils ont pris chacun son chapeau; ils sont sortis chacun de son côté; ou bien , par le posse.ssif du pluriel : ils ont pris chacun leur chapeau; ils sont sortis chacun de leur côté? L'un et l'autre se disent et sont corrects ; quand on emploie son, on le fait rapporter à chacun en tant que chacun estdistributif : ils ont pris, (.savoir) chacun (a pris) son chapeau; leur, quand on l'emploie, .se rapporte à chacun, en tant qu'il est collectif: ils ont pris leurs chapeaux, (savoir) chacun a pris le sien. A la première et àla seconde personne, chacun exige le possessif du pluriel : nous avons pris cliacun notre chapeau ; vous êtes partis chacun de votre côté. A la vérité il n'y a aucune incorrection grammaticale à dire : nous avons pris chacun .son chapeau; vous êtes partis chacun de son côté; mais cette tournure est inusitée, jullien. || 2. Chacun ne se met pas devant un nom au lieu de chaque; on ne dit pas : il sera payé par chacun an; mais on dit: il sera payé chaque année. Autrefois chacun s'employait avec un substantif. La nomination de douze officiers par chacun an, perhot, Tac. 92. Qu'aussitôt que chacune sœur [des trois] , la font. Fabl. II, 20.
— HTST. IX* s. Et in cadhuna cosa. Serment. Il XI' s. Pur chascun un dener. Lois de Guill. 6. Quant cascuns ert [sera] à son meillor repaire, Ch. de Bol. iv. Chaucuns portout [portait] une branche d'olive, ib. xiv. Car chascun jour de mort il s'abandone, ib. xxviii. || xii* s. Chesquns huem [homme] est mençungiers, Liber psalm. p. 478. Chascuns est moult irez, Roncisv. *T. Florent et crient chascuns de ses casez, ib. <8. Entre ses bras il prist chascun baron, ib. 98. Chascuns paiens en baissa le menlon, ib. (28. Et chascuns d'eus inclina à Mahon, ib. Dame, mar [je] vi le clair vis et la face Où rose et lis florissent chascun jour, Coud, xi. Las! chascuns chante, et je plor et souspir, ib. xiii. Chascuns plore sa terre et son païs. Quant il se part de ses coraus amis, ib. xxiv. Faites chascun baron en sa terre envoyer. Saxons, vi. || xiii" s. Chascuns i est couru la merveille esgarder, Berte, m. Et lui et ses deux fils chascun [le roi] fait chevalier, ib. c.xxix. Il xv« s. Elle joue et rit à chascun, froiss. Esp. am. Et avoient chacuns bannières de leurs mestiers, id. II, II, (93. Quatre cents marcs d'esterlins, à payer chacun en la ville de Bruges, id. i, 1, 27. Si se retraist chacun vers leur ville, id. i, i, 272. Chascun jour se menoit de petis marchez pour soustraire gens l'ung à l'autre, comm. i, 9. Ils s'en allèrent chacun à sa chacune [chez soi], louis xi, Nouv. xxix. Et sur ce, s'en allèrent tous, chacun en .sa chacune, ID. ib. xcvii. Il xvi° s. Vien-ça chacun, je te veux faire entendre Et te monstrer la voye on tu dois tendre, mahot, iv, 270. Justes humains, menez joie orendroit Chacun de vous, qui avez le cueur droit, Aussi un chacun et chacune, Ô Roy, t'honorera, id. IV, 297. Obligez nous bailler par chascun an deux millions d'or, rab. (iar(j. i, 50. Secondement que nous appliquions chacun son esprit, tant qu'il sera possible, à penser aux œuvres de Dieu, calv. Jnstit. 298. Quant nous disons que J. C. a esté fait homme pour nous faire enfans de Dieu, cela ne s'cstend pas à toutchacun, id. ib. 304. Allons un chacun selon .son petit pouvoir, id tb. 537.Ily aoccasion deprieràchacune heure, id. ib. 678. Voicy le carneval, menons chascun la sienne, Allons baller en masque, allons nous pourmener, du bf.llay, vi, 32, recto. Si est chascun de nous à soymesmes tesmoing Combien la France doit de la guerre estre la.sse, id. ib. verso. Chascun peult penser comme il feut relevé, mont, i, 39. Elles ont chascune des passions propres, id. i, 97. Au veu d'un chascun, id. i, <<). Essayons de faire nostre debvoir, chascun de son costé, laboétie, t«i. Chascune de ces parts estoit telle, qu'elle pouvoit
cnA
rendre à son maistre par chascun an 70 minots d'orge.... AMYOT, Lyc. <2. La ville de Corinthe recevoit une très glorieuse louange et benis.sement d'un chascun de délivrer ainsi la Sicile, ID. Timol. 33. Tout chacun s'embesoigna aux barricades, carloix, V, 45.
— ÉTYM. Chaque, et un; bourguig. champenois et génev. chécun; Berry, chacun; picard cacun ; Saintonge, chaque d'yn, chaquyn; provenç. coicun, quascun; ital. ciascuHO.
t CHACUNIÈIIE (c+ia-ku-niè-r'), s. f. Mot de plaisanterie signifiant la maison de chacun. Les filles s'en vont chacune à sa chacunière, SÉV. 4 75.
^IllST. XVI' s. Toute la ville brusle; ainsi chascun s'en va à sa cliascuniere, bab. Pant. 11, 4 4. Usage ancien, que je trouve bon àrefreschir, chascun en sa chascuniere, mont, i, 257.
— ÈTYM. Chacun.
t CHAFAUD (cha-fô), s. m. Terme de marine. Ëchafaud.
— HIST. XV' s. A St-Denis, un chafault et parterre, Joustestrès grans où l'or luit et habonde, E. desch. Poésies mss. t° 29S, dans lacurne.
— lîTYM. Voy. éciiafaud; bourguig. chafaud. grenier à foin.
t CHAFAUDIER (cha-fô-dié) , s. m. Terme da pêche. Celui qui dresse les échafauds sur lesquels on fait sécher la morue.
— ÉTYM. Chafaud.
t CUAFÉE (cha-fée), s. f. Son qui reste quand l'amidonnier a exprimé toute la farine du froment.
f CHAFF (char), s. m. Nom anglais donné au mélange, à parties égales, de paille et de foin coupés.
CHAFOUIN, INE (cha-fouin, foui-n'), s. m. et /'. Celui, celle qui ressemble à une fouine, d'apparence grêle et sournoise. Petit chafouin. || Adj. Mine chafouine. L'abbé Dubois était un petit homme maigre, effilé, chafouin, à perruque blonde, sr-siM. 390, 13,
— ÉTYM. Saintonge et Berry, chat-fouin, fouine; de chat et fouine.
t CHAGNOT (cha-gno), i. m. Terme de pêche. Squale glauque,
— ÉTYM. Le même que cagnot.
4. CHAGRIN (cha-grin), s. m. || 1° Cuir grenu fait d'ordinaire d'une peau de mulet ou d'âne. Peau de chagrin. Étui de chagrin. Relier un livre en chagrin. C'est avec le cuir de l'Sne que les Orientaux font le sagri que nous appelons chagrin, buff. Âne. Il Fig. et familièrement. Avoir une peau de chagrin, avoir la peau rude, rugueuse. || 2° Espèce de squale dont la peau fort dure sert à faire une sorte ■ de chagrin.
— ÉTYM. Ital. aigrino; vénit. sagrin; de sagri, nom turc du chagrin.
2. CHAGRIN (cha-grin), s. m. || l"Déplaisirquipeut être causé, soit par une affiiction, soit par un ennui, soit par une colère. Grand, profond, noir chagrin. Chagrin cuisant, mortel. De longs, de petits chagrins. Passer son chagrin, noyer son chagrin dans le vin. J'ai de l'ambition, et mon orgueil de reine Ne peut voir sans chagrin une autre souveraine, CORN. Sert. Il, 4. S'il faut que cela soit, ce sera seulement pour venger le public du chagrin délicat de certaines gens, mol. Préf. Crit. de l'Éc. des fem. Dans vos brusques chagrins je ne puis vous comprendre, mol. itis. i, 0. Les querelles, procès, faim , soif et maladie Troublent-ils pas assez le repos de la vie. Sans s'aller, de .surcroît, aviser sottement De se faire un chagrin qui n'a nul fondement, mol. Sganar. 4 7. Grâce à Dieu, je passe les nuits San» chagrin, quoique en solitude.... Un an se passe, et deux, avec inquiétude : Le chagrin vient ensuite, LA font. Fabl. VII , 5. Tant de façons mettaient Pierre en chagrin, id. Juin. Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, boil. Ép. vi. Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, id. ib. v. Jamais homme n'eut plus de chagrin que lui contre les tolérants, soss.Arert. (.Ce mal de côté me donnait bien du chagrin, sÉv. 543. Vivez, philosophez avec vos î amis; qu'ils égayent avec vous le chagrin secret de la vieillesse, volt. Lett. Mme du Delfant, 2) sept. 4 766. Il 2° Humeur qui s'inquiète ou se tourmente. Les hérétiques, curieux ou ignorants, ont été livrés aux raisonnements humains, à leur chagrin, à leurs passions particulières, B0ss.rar.l5. Quand il a raison, il ne faut pas lui donner de chagrin [le contrarier], SÉV. 667. J'ai, comme Bajazet, mon chagrin et mes soins, rac. Baj. m, 6. Mais toi, dont la valeur d'Amurat oubliée Par de communs chagrinsà mon sort s'est liée, id. ib. iv, 7. Et jamais leui-s chagrins [des sultans] ne nous laissent vieillir, id. ib. 1,4. J'affectai les chagrinsd'une injuste marâtre, iD. Phèd. i, 3. X la table d'Esther portez-vous ce
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chagrin? ID. Esth. ni, i. Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres, Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres, rac. ib. On a des chagrins contre son siècle et l'antiquité en profite, roNTîN. Socr. et Mont. \\ l'roverbe. Cent heures de chagrin ne pajent pas un sou de dettes, c'est-à-dire il vaut mieux s'évertuer que de se livrer à un chagrin inutile.
— SYN. CHAGRIN, TRISTESSE. Le chagrin est une souffrance ds l'Ame, souffrance causée par une peine quelconque, par une contrariété, un désappointement, une perte, etc. La tristesse est un état de l'àme que le chagrin peut produire, mais qui peut aussi se développer de soi-même et sans accident. La mort d'une personne chérie cause un violent chagrin et jette dans une profonde tristesse. La tristesse est l'opposé de la joie et de la gaieté; le cliagrin n'a point dopposé. Parce qu'elle est un état, la tristesse se dit des choses inanimées : la tristesse d'une harmonie, d'un site; parce qu'il est une souffrance, le chagrin ne se dit que des personnes.
— HIST. xv s. 11 faut laisser le chalgrin importun X tout le moins à la table buvant, bass. .xl. Il .\vi' s. Chagryn fait les gens aager bien tost,
PALSGR. p. 418.
— ÉTYM. Bourguig. chaigrin. Ce mot est, comme on voit, nouveau dans la langue; on ne peut donc y apercevoir que le mot chagrin, peau rude et grenue, qui, employée pour frotter, polir, limer, est devenue, par métaphore, l'expression d'une peine qui ronge (voy. chagrin t). Le patois génois a sagrinà, ronger, et sagrindse, se ronger de colère ; ce qui met sous les yeux le procédé mental qui, de chagrin, peau rude, a fait c/mgrin, peine morale.
3. CHAGRIN, INE (cha-grin, gri-n'), adj. Qui a du déplaisir, soit par une aftlictiou actuelle, soit par une humeur habituelle. Vous paraissez bien chagrin. Quel esprit chagrin! Sénèque, si chagrin d'ailleurs, a voulu aussi s'ébattre une fois en sa vie, BALZ. VI, Lett. 6. Je voudrais qu'il ne fût point chagrin contre vous tous, sév. 496. Âme chagrine, CORN. Suréna, i, <. Tel a vécu pendant toute sa vie chagrin, emporté, avare.... la bruy. xi. La face de la raison, si je puis parler de la sorte, paraît trop sérieuse et trop chagrine, Boss. la Vallière.
— KEM. Chagrin, au masculin, suit son substantif: un vieillard chagrin; au féminin, il peut le précéder : la chagrine vieillesse.
— HiST. XV' s. Discorde haineuse Fait vie oultrageuse.... Au cueur chagrineuse, Au corps périlleuse, AL.cHAHT. Lai de paix. Pauvreté chagrine, dolente, VILLON, Grand testament. En despit de nos voisins Gens trop chalgrins , bass. xxxix. || xvi" s. X Deinosthenes fut reproché par ung chagrin, que ses oraisons sentoyent l'huile, rab. Carg. i, Prol. Elles sont pensiveset chagrineuses et fort desgoustées, PARÉ, xvm, 64. L'or n'est pas seulement de nostra corps soigneux, Il est de nostre esprit: qui tant soit chagrineux, Despit, triste, pensif, resveur, mélancolique.... HONs. ao5. Je crois qu'il y a quelque art à distinguer les visages débonnaires des niais, les sévères des rudes, les malicieux des chagrins,
— ÉTYM. Voy. le précédent.
CHAGRINANT, ANTE (cha-gri-nan, nan-t'), adj.
Qui chagrine. Un homme chagrinant. Une nouvelle chagrinante. On ne veut point s'engager là-dessus en de chagrinantes recherches, bourd. Serm. Dim. t. 11, p. 2). D'un mal si chagrinant je sais bien le remède, hauteroche, Crispin mus. i, 4 2.
1. CHAGRINÉ, ÉE (cha-gri-né, née), part, passé de chagriner i . Peau chagrinée.
2. CHAGRINÉ, ÉE (cha-gri-né, née) , part, passé de chagriner 2. || 1° Affligé. Chagriné par des pertes d'argent. |{ 2° Tourmenté. Chagriné par des créanciers.
t CHAGRINEMENT (cha-gri-ne-man) , adv. D'une façon chagrine. Je passe la vie à Paris chagrinemeat quelquefois, et quelquefois en espérance et en amusement. sÉv. dans le Dict. de poitevin.
— ÉTY.M. Chagrine, elle suffixe ment.
). CHAGRINER (cha-gri-né), V. a. Préparer une peau de manière à la rendre grenue, à en faire du chagrin.
— ÉTYM. Chagrin l .
0 2. CHAGRINER (cha-gri-né) , V. a. ||1° Causer du chagrin. Cette perte le chagrine beaucoup. Il se plaît à chagriner les gens. Son monsieur Trissotin me chagrine et m'assomme, mol. Fem. sav.i, 3. Phèdre TOUS chagrine, et blesse votre vue, rac. l'hèdre, i, i Alexandre chercha tous les moyens de chagriner Aristote , FÉN. Ârist. || 2° Se chagriner, v. réfl. Éprouver du chagrin. Il n'y a pas de quoi se tant chagri-
DICT. DE LA LANUUE FKAn^AISB
ner. Ne vous en chagrinez pas. Ils s'émeuvent soudain, soudain ils se chagrinent. Et ne gardent plus rien de leur première paix, corn. [mit. i, (4.
— HIST. xvi' s. La condition la plus heureuse où ils sauroient estre les chagrine, les ennuyé et les degouste, sully, dans le Dict. de dociiez.
— ÉTYM. chagrin 2.
t CHAGRINIER (cha-gri-nié) , t. m. Celui qui fabrique le chagrin.
— ÉTYM. Chagriner 4.
t CHAH ou SHAH (cha), t. m. Titre des rois de Perse.
— ÉTYM. Persan, schâ, roi.
t CHAHUT (cha-u), s. f. Sorte de danse assez peu décente pour que la police l'interdise dans les lieux publics.
t CHAHUTER (cha-u-té) , t). n. Danser la chahut.
t CHAI (ch''), s. m. Magasin au ras du sol, tenant lieu de cave. Les chais servent surtout à emmagasiner l'eau-de-vie.
— ÉTYM. Ba.s-lat. eayum, chayum;\e même que quai (voy. ce mot) , par l'intermédiaire de la glose d'Isidore : kai, cancillx, barreaux. Chai, quai a donc signifié tout ce qui renferme dans un enclos.
t CHAILLE (cha-ll',/J mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de la camomille romaine.
t CHAÎNAGE (chê-na-j'), s. ?)i. || 1° Terme d'arpenteur. Opération qui consiste à mesurer une ligne droite sur le terrain avec la chaîne d'arpenteur. Il 2» Terme d'architecture. Appareil intérieur, de bois ou de fer, qui soutient une construction en maçonnerie.
— ÉTYM. Chaîne.
t CHAÎNASSE (chê-na-s'), s. f. Terre argileuse mêlée de sable quartzeux.
CHAÎNE (ohê-n'), s.f.\\ 1° Espèce de lien de métal, formé d'une suite d'anneaux. Chaîne de fer. Chaîne pesante. Chargé de chaînes. Retenir quelqu'un dans les chaînes. Briser ou rompre ses chaînes. Chien à la chaîne. Mettre à la chaîne. Le peuple ferma les boutiques, tendit les chaînes par les rues, et fit des barricades, la roch. Mém. 3i. Léon IV fit élever des tours, tendre des chaînes sur le Tibre, volt. Mœurs, 28. On le peint [l'Hercule gaulois] avec des chaînes qui lui sortent de la bouche, comme s'il eût entraîné les hommes par ses paroles, la font. Lettr. XII. Il Chaîne à la catalane, chaîne composée de plusieurs anneaux ronds ou elliptiques, en fer et doubles. Chaîne carrée, chaîne dont les anneaux sont de figure elliptique et ployés en deux. Chaîne en gerbe, chaîne dont les maillons sont courbéj comme un 8. Chaîne en S, chaîne dont les maillons ont la forme d'une S. || Chaîne à la Vaucanson ou chaîne sans fin, chaîne qui, tenant lieu de crémaillère, fait tourner en même temps plusieurs roues ou pouhes. Il Chaîne d'arpenteur, chaîne d'une longueur connue qui sert, dans les opérations d'arpentage, à mesurer les distances sur le terrain. Cet instrument est formé de morceaux de gros fil de fer ou de cuivre coupés de même longueur, recourbés en boucle à leurs extrémités , et réunis deux à deux par de petits anneaux; les chaînons extrêmes sont disposés do manière à former deux poignées par lesquelles on tient la chaîne tendue au-dessus du sol (voy. décamètre). 11 avait le coup d'oeil presque aussi sûr que la clialne d'un arpenteur, J.J. Rouss. Ém. ii. Il Mesure de corde, ou faite d'anneaux métalliques, pourprendre la taille desanimaux domestiques; mais elle est infidèle ; on préfère la mesure dite potence. Il Chaîne de port, la chaîne, ou, par extension, l'estacade qui barre l'entrée d'un port. || Chaînes d'abordage, longs crocs de fer que l'on lance dans les agrès d'un navire ennemi. || Huissiers à la chaîne, do la chaîne, huissiers du conseil du roi qui portaient à une chaîne d'or la médaille du roi. M. do Bouillon étant allé à Évreux, son fils y envoya un exploit par un huissier à la chaîne, st-sim. 68, 242. Il Terme de joaillier. Chaîne de diamants, chaîne garnie de diamants. Chaîne de cou. Chaîne de montre, et, absolument, chaîne, chaîne à laquelle est suspendue la montre. |1 Terme d'horioger. Chaîne d'une montre, l'espèce de chaînette d'acier qui tend le grand ressort. || 2° Chaîne , la peine des galères et le convoi même des forçats conduits au bagne. 11 fut condamné à la chaîne. La chaîne était escortée par un piquet de gendarmerie. C'est le conducteur delà chaîne, Ses captifs sont plus gais que lui, bé- BANG. Jndépend. \\ 3"" Fig. Servitude, captivité. Briser les chaînes des esclaves. Secouer ses chaînes. Rompre sa chaîne. Elle le retient par une douce chaîne. Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne, corn. Aîc. v, 9. Tandis que l'Orient, dans le lit de ses reines, Voit passer un esclave au sortir de ses chaînes,
RAC. Bér. 11, î. Ces religieux se consacrent à hriseî les chaînes des chrétiens, son. Mœurs, 139. ||Lien, engagement étroit. Brisez votre alliance et rompez-en la chaîne, corn. Hor. u, «.Du sang qui vous unit je sais l'étroite chaîne, bac. Ândr. i, s. Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes, m. Andr. m, 7. Et ces noms, ces respects, ces applaudissements. Deviennent pourTitus autant d'engagements Qui, le liant, seigneur, d'une honorable chaîne.... ID. hér. v, 2. Ah! si d'une autre chaîne il n'était point lié, ID. Baj. m, 7. Tant d'années étaient des chaînes qui me liaient à ces deux hommes, fén. Tél. xui. Il est absurde que la volonté se donne des chaînes pour l'avenir, j. i. rouss. Contr. ii, t. Celle qui par la douceur, par un amour vrai et même parles chaînes de l'habitude, l'avait subjugué [Louis XIV], volt. Louis XIV, 2G. Il Esclavage, sujétion, dépendance. Forcez, rompez, brisez de .si honteuses chaînes, corn. Nie. 1, 2. Cette âme, d'avec soi tout à coup divisée, Reprend de ses remords la chaîne mal brisée, in. Sert, i, i. L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine Tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne, boil. Sat. viii. Un voyage rompra toutes ces vilaines chaînes-là, sév. 42. Xelesa-t-il pas vus tous deux dans les chaires de Mlle du Bouchet? sÉv. 585. Hippolyte rendra ma chaîne plus légère, RAC. Phèd. Il, t. Tu vis mon désespoir; et tu m'as vu depuis Traîner de mers en mers ma chaîne et mes ennuis, m. Andr. i, ^. Votre état est donc plutôt une irrésolution vague d'un cœur agité , et qui craint de rompre ses chaînes, mass. Aient, Délai de convers. Rompez des chaînes que je détesti;, lo. Carême, Motifs deconv. Pour lui faciliter les moyens de rompre ses chaînes, m. Aient, Bonh. des Justes. J'ai préparé la chaîne où tu mets les Romains, volt. M. de César, i, 1. Ils tiennent sous leurs pieds tout un peuple à la chaîne, ID. Henr. vu. Un sang nouveau bouillonne dans mes veines ; Des douleurs et des ans j'ai dépouillé les chaînes, c. delavig. Paria, V, 3. Sans me lasser de vos chaînes. J'invoquerai la liberté, bérang. PJui de poi. Je rampe sous la chaîna Du plus modique emploi, id. Yocntion. Comme un taureau dans la plaine. Vous traînez après vous la chaîne De vos longues iniquités, lamart. Méd. i, 3o. Il est comptable à sa patrie Des dons qu'il tient de leur bonté [des cieux]; Cette influence souveraine N'est pour lui qu'une illustre chaîne Qui l'attache au bonheur d'autrui, J. b. rolss. Odes, iv, 7. || Etre rivé àsa chaîne, ne pouvoir se soustraire àladépendance où l'on vit. Il Bénir sa chaîne, se trouver heureux de la sujétion où l'on est, de l'attache qu'on a. || 4° Suite non interrompue d'ohjets semblables. La chaîne de montagnes qui borde l'Océan. Une chaîne d'étangs partage cette contrée. Le général disposa les postes de manière qu'ils fissent une chaîne continue. Il 5" Suite de personnes disposées pour se transmettre quelque chose de main en main. Les manœuvres forment la chaîne pour transporter des matériaux. Il n'y avait pas assez de monde pour faire la chaîne, de la rivière au heu de l'incendie. || En physique, chaîne électrique , suite de personnes qui se tiennent de façon à se transmettre une commotion électrique. Il Terme de danse. On appelle chaînes en général les mouvements où les lignes décrites par les figurants s'entre-croisent, et où cou.x-ci se donnent la main en passant, ce qui forme en effet une sorte de chaîne; la grande chaîne est celle qui se fait entre tous les danseurs d'une contredanse dans la figure d'un lacs d'amour; les cavaliers parlent par leur droite, les dames par leur gauche ou réciproquement, et chacun donne alternativement la main droite ou la main gauche aux arrivants; on fait ainsi le tour entier. Les petites chaînes se font entra quatre figurants et le plus souvent avec les vis-àvis, rarement sur les côtés. La chaîne des dames, la chaîne anglaise sont les principales des petites chaînes; elles exigent huit mesures. || Chaîne anglaise, pas composé où les deux couples vis-à-vis font un traversé, les dames passant au milieu, et occupent ainsi la place l'un de l'autre: après quoi les deux couples reviennent à leur place par un mouvement semblable. || Chaîne des dames, pas composé dans lequel les deux dames traversent et retraversent. Aux deux extrémités, elles trouvent d'abord le cavalier vis-à-vis, puis leur propre cavalier, qui leur donnent la main et font un dernier tour de main avec elles. || Demi-chaîne, même pas, dont on fait seulement la moitié. Demi-chaîne anglaise, les deux couples traversent seulement et ne retraversent pas. La demi-chaîne ne demande qua quatre mesures. || 6* Enchaînement, continuité. La chaîne des causes. Je serais bien aise de faire voir toiita
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la chaîne des autres vérités, desc. lll'th. Cette prciiya fm-a voir la chaîne ontiiVodela tradition, noss. Vef. eomm Où est l'iionimo assc-c slupido pour ne paa voir 1,1 chaine do tout cela? J. ;. «ouss. hm. l. ïi il y a nuelmic chose de clair on métaphysique oest U chaîne de ce raisoniieraep.t, ciiateaud. Génie, l, l, i Donc ne pré«ento/, plus îi mon cœur agité Ces immiial.les lois de la iiécossilé , Cette cliaîno des corps, dos esprits et des mondos, volt. Dés. île Usbonne. Il T Terme do tisserand. Los fils tendus sur lesdou.< rouloaux du métier, et entre lesquels passu la trame. Êloflo à chaUio dooolouet tramede aino. Il Terme do maçon. Hangéo do piencs de taille superposée pour donner du la solidité h. un mur do petites pierres. || Rangée do gros cailloux espacés 6uf des chemins ferrés pour contenir la pierraille intermédiaire. || 8- Collection d'auteurs qui ont tiavaiUé sur (pielque partie de l'Écriture sainte. |1 8» Chaîne à poil, chaîne de surcroît dans le velours.
— SVN. CHAINE, KF.RS. La différence entre ces deux mots, pris au sens de liens pour tenir captif, est que la chaîne est lo mot propre, et que fers est, en cette acception, un mot poétique; aussi dit-on mettre un chien i la chaîne et non aux fers.
IIIST. XI' s. En caeines de fer, CIi. de Roi.
ccLxxii. Il XII' s. En deux chaaines [il] tenoit un grant lion, Koncisv. 113. Ou il l'en amaint [ou qu'il l'amène] pris on chaaine ou en liart, Saxons, XIX. Il XIII' s. Dont vindrent les galles et pristrent le port par force et rompirent la ohaene qui moult estoit fort, viLLEH. XLV. L'en apelo drap nays, à Paris, lo drap duquel la chaene et la tisture est tout d'un, l.iv. des met. t i9. La belle chaane dorée Qui les quatre elomons enlace, la liosc, 16988. Les baillis à la fonde [bour.se] et à la caonne [tribunal des contestations maritimes, ainsi dit de la chaîne du port] , Hht. occid. des croisades , t. ii , 475. Se puis trover François, coste gent mal senée, Chascun el col aura caïne bien fermée. Puis les menrai à vous, à Baudas [Bagdad] la loée, Ch. d'Ant. v, 027. Il XV* s. Une chayenne forte et de dure assemblée par ordre de plusoursaneaulx joins et entretenans ensemble, chr. de pis. Charles V, ii, 4. Il xvi' s. Pour porter au col, eut une chaisne d'or, RAii. Carg. i, 8. Tandis que tu as gardé le silence [dit Apelles à Megabysus], lu sombloies quoique grande chose à cause de teschaisnes et detapompo,
— ÉTYM. Berry, chadaine, cordon, chaîne de vigne en espalier; picard, cagne, caine ; provenç. et cspagn. cadena; portug. cadca; ital. catena; du latin calena.
t CHAÎNÉ, ÉE (cbfi-né, née), adj. Qui est formé de parties atlacliées bout à bout. Cible chaîné.
t CHAÎNEU (chê-né), v. a. Terme d'arpenteur. Chaîner une distance, la mesurer avec la chaîne d'arpenteur.
— ÉTYM. Chaîne.
CHAÎNlîTIEU (chû-ne-tié) , s. m. Ouvrier qui fait des agrafes et toutes sortes de petites chaînes.
— ÉTYM. Chaînette.
CUAÎNETTIÎ (chê-nè-t"), s. f. || 1° Petite chaîne. La chaînette d'une bride. || 2" Terme de mathématiques. Chaînette ou funiculaire, la courbe que la pesanteur fait décrira à toute corde ou chaîne suspendue par les deux extrémités. Déterminer l'équation de la chaînette. En ce temps-là, le problème de la chaînette, qu'il avait proposé, faisait beaucoup de bruit parmi les grands géomètres; c'est la courbure que doit prendre une chaîne attachée fixement par les deux extrémités, égalemept pesante en toutes ses parties et dont chaque partie est tirée en embas par son propre poids et en même temps retenue par les points fixes, fonten. DernoulH. || Terme d'architecture. Voûte dont la courbe est celle d'une chaîne suspendue par les deux bouts. || 3° Point do chaînette, point de couture ou point noué qui sert à rabattre une couture et qui a l'apparence d'une chaîne. Il Broderie en point de chaînette, points rentrant l'un dans l'autre en forme do lacs continu. || 4° La partie du harnais des chevaux de carrosse qui sert à soutenir le timon et à lo reculer. |{ 5° Terme d'imprimerie. Gouttière au bas d'un tympan. || 6° Terme militaire. Troupe de soldats rangés en cercle et garantissant ceux qui sont chargés do fourrager.
— IIlST. xui's. Li lormier de Paris pueent taillier 6t faire taillier leur renés, leur chenetes, leur poitnaus, et toutes choses qui h leur mestier apartienent, tii). des met. 223. Hxiv» s. Et si tenoit une herminette Trop gracieuse et trop doucette X une çhamnclte d'or fin, .maciiault, p. ia. Un demy ceint cl or, qui fut & la royno Jeanne de Bourbon , assis sur un tissu noir, oucrud a une ohainette à façon
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do fleurs do lis, nE la loude. Émaux. Et [le faucon] yra pasiurcr, tout lié d'une cordelle ou chaînette, Modus, f- Lxxiv. Il XVI' s. Une medaillo pendante h une cluiisiiette d'or, carloix, viii, 20.
— ÉTV.\I. Diminutif de chaîne.
t CHAÎNEUB (chê-neur) , s. m. Terme d'arpenteur. On nomme chalneurs les hommes que l'on emploie à mesurer les distances avec la cbalno. Quand l'arpenteur prend part lui-même à l'opération, celui qui l'aide est nommé porte-cbalne. Par suite, dans un chaînage on donno souvent le nom de chalneur àcebi-làseul des deux manœuvres portant la chaîne (pii est le plus intelligent et qui dirige l'autre, ce dernier n'étant alors que porte-chaîne.
— ÉTYM. Chainer.
CHAÎNON (chê-non), s. m. || 1° Anneau d'une chaîne. || Fig. Il y a des chaînons si déliés qu'on craint qu'ils ne se rompent, volt. Lett. Prusse, 10. Le passé, le présent, l'avenir lient tous les membres de cette .société des chaînons de la loi naturelle, DiDEROï, Réft. s. l'esp. Il 2° Bride qui embrasse les queues des tenailles. {| 3' Te"rae de géologie. Élévation do terrains qui sont en diminutif ce qu'est une chaîne de montagnes. 1| 4° Terme de marine. Anneau d'un cAble-cbaîno; on dit plus souvent maillon. Il La portion d'un câble-chaîne comprise entre deux manilles (3o mètres environ).
— SYN. MAILLE, chaînon. Le clialnon est l'anneau, de diverses figures, qui entre dans la composition d'une chaîne; la maille, quand elle est de métal, est l'anneau, de diverses figures aussi, quientre dans la composition d'un tissu : les mailles d'une cotte d'arme.
— iilST. XI' s. Et si lui mettent ou col un caeignon, Ch. de Roi. cxxxv. || xiii" s. Et fu pendus à un gibet tout nuef, et h [un] caignon tout nuef, que la corde ne rompist, Chr. de Itains, t73. Il XVI* s. Nous avons un certain nombre de syllabes en cliascun genre de poème, par lesquelles, comme par chaînons, le vers françois lié et enchaîné.... DUBELLAY, I, 29, verso. Une chaîne, de laquelle les petits chaînons d'or cstoient distingués de perles et pierres de toutes couleurs, ïveh, 633.
— ÉTYM. Chaîne.
t CUAINTRE (chin-tr'), s. m. Nom, dans quelques endroils, de portions de terrain un peu creuse.s qu'on laisse aux extrémités des champs pour servir d'égout. Il Lieu mis en réserve pour le pâturage des bestiaux et défendu au moyen de quelque clôture.
— ÉTYM. Autre prononciation de ceintre.
1. CHAIR (cher), s. f. \\ 1° Toutes les parties molles du corps de l'homme et des animaux, et plus particulièrement la partie rouge des muscles. Recevoir une blessure dans les chairs. Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange. RAO. Alh. ii, 5. Il En chair et en os, la personne elle-même. On le disait au fond d'un précipice; mais le voilà en chair et en os. || Entre cuir et chair, au-dessous de la peau : il éprouvait des élancements entre cuir et chair; et figurément, en soi-même : ils'impatientait entre cuir et chair. || Être en chair, avoir de l'embonpoint, avoir la chair ferme; se dit aussi du cheval et autres animaux. |1 En chirurgie, on appelle chairs indistinctement les parties molles qu'on traverse avec l'instrument tranchant. i| Terme do pathologie. Substance molle qu'on observe dans les solutions de continuité , formée principalement par les bourgeons vasoulaires. Chairs baveuses, excroissances de chair. Il Familièrement. C'est une masse, une grosse masse de chair, se dit d'une personne lourde de corps et d'esprit, ou seulement très-grosse. || Vendeur de chair humaine, racoleur, agent pour le remplacement militaire, et aussi celui qui fait métier de prostituer des femmes. || Chair à canon, les troupes que l'on expose .sans ménagement aux coups de l'ennemi. || 2° L'apparence extérieure, la peau. Avoir la chair douce , rude, blanche. || Avoir la chair fraîche, avoir un frais coloris. || Avoir la chair courte , avoir la peau sujette à se gercer. || Chair de poule, l'aspect que présente la peau lorsque l'impression du froid y détermine des aspérités dues à la saillie des bulbes des poils, ce qui la fait ressembler à la peau d'une poule plumôo. {| Fig. Cela fait venir la chair de poule, cela excite la frayeur, l'horreur. Il 3° La viande des animaux terrestres et des oiseaux considérée comme aliment. Chair do bœuf, Je mouton. Chair crue, cuite, dure, tendre, fine, courte, longue, salée, fraîche. Vendredi chair ne mangeras. Chair blanche, le veau, la volaille, etc. par opposition au mouton, chevreuil, lièvre, etc. De cette double proie L'oiseau se donne au cœur joie, Ayant de celte f.içon À souper chair el poisson, L,\ font.
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Fahl. IV, u . Il Chair à saucisse, chair de porc hachée qu'on met dans les saucisses et dans d'autres mets. Il Hacher menu comme chair à pâté, mettre en pièces, couper par morceaux. || Fig. Sentir la chair fraîche, se dit des désirs amoureux qu'excite la présence d'une personne, etau3.si, d'une façon générale, de tout ce qui peut exciter le désir du gain, l'intérêt, la curiosité. La Marans arriva, elle sentait ia chair fraîche, sév. 35. ||4° La 'partie blanche ou rougeâtre, mais do nature musculeuse, que l'on mange dans les poissons. Le saumon a la chair fino et ferme. || 5' On nomme aussi chair, le parenchyme, la partie succulente de certains fruits: c'est le sarcocarpe. La chair de la pêche, du melon, de l'abricot. Il 6° La nature humaine, considérée en opposition <i la nature spirituelle. Le verbe s'est fait chair. La résurrection do la chair. Ou s'il y a des dieux. ils ont le cœur de chair, récnier, Élég. m. Fils da cette sainte veuve plus selon l'esprit que selon la chair, Boss. Or. 9. La multitude adore des divinités de chair et de sang, kKn. xvii, 240. Les âmes timides veulent s'appuyer sur un bras de chair ou sur la force de leur sagesse, id. xviii, 15u. Co n'est pas un bras de chair qui l'a conservée, mass. Carême, Vérité de la religion. Le reproche que fait Jésus-Christ à ses parents .selon la chair, mass. Cari'me. Salut. Vous nous défendez dans vos écritures de nous faire un bras de chair, fléchier, Tur. Dieu brise le bras de chair qui les appuyait, ID. Le Tell. Honteux attachements de la chair et du monde, corn. l'oUjeucte, Vf, 2. Ceux qui vivaient selon la chair, doss. IHst. i, \. Si la chair et le sang, se troublant aujourd'hui , Ont trop de part aux pleurs que je répands pour lui , rac. Ath. i, 2. De la chair corrompue éteindre en nous les feux, m. Hymnes. On voit tous les jours les amateurs du monde tomber avec leurs protecteurs, et avec ces appuis de chair et de sang en qui ils mettaient une vaine confiance, mass. tlyst. Purifie. Soumission. Nous aUons triompher de la chair et du démon, id. Carême, Jeûne. De la chair et du sang réprimez les murmures, c. df.lavigne , Paria, il, 4. S. Jérôme charge ses épaules d'un lourd fardeau, pour dompter une chair révoltée, chateaubr. Génie, u, m, ». Il En termes d'Écriture, toute chair, l'ensemble des êtres vivants, homme et animaux. Hors des heures de louange, toute chair est ici en silence devant le Seigneur, fén. xvii, 2S4. La multitude l'empêchat-elle d'exterminer toute chair au temps du déluge? MASS. Car. Petit nombre des élus. || Le mariage no fait qu'une chair de l'homme et de la femme. || C'est la chair de sa chair, c'est l'objet de ses plus vives affections, c'est un autre lui-même. ||La chair, la concupiscence charnelle. L'œuvre de la chair, l'œuvre de chair, la conjonction charnelle. L'aiguillon de la chair. Le péché de la chair, le péché d'impureté. Lepéchéde la chair tentait l'humanité, Régnier, .S'a*. I. Vous êtes donc bien tendre à la tentation; Et la chair sur vos sens fait grande impression , mol. Tart. m, 2. Il Être de chair, avoirdes faiblesses humaines, et particulièrement des faiblesses amoureuses. Filles du sang royal ne se déclarent guères; Tout se passe en leur cœur; cela les fiche bien : Car elles sont da chair ainsi que les bergères, la font. Fianc. Vous considérerez, en regardant votre air. Que l'on n'est pas aveugle et qu'un homme est de chair, mol. Tart. m, 3. || 7° ."?. f. plur. Dans les arts, toute imitation de la chair de l'homme. Les chairs sont mal rendues dans ce tableau. Ce sculpteur traite bien les chairs, ses chairs sont belles. || Au singulier, telle partie est belle de chair. || Couleur de chair, rouga pâle qui approche de la couleur de la chair da l'homme. Un maillot couleur de chair. || 8" En termes de fauconnerie, l'oiseau est bien à la chair, lorsqu'il chasse bien. || 9° Terme de tanneur, côté de la peau opposé à celui où se trouve le poil. || 10' En termes da forge , lo fer a de la chair quand la cassure en est inégale et paraît d'un brun noirâtre. || 11° Terme de minéralogie. Chair fossile, espèce d'amianle à feuillets épais et solides. || 12° Chair à dame, espèce de poire peu estimée. {| Proverbes. La chair nourrit la chair, c'est-à-dire la viande est le meilleur aliment. Il II n'est ni chair ni poi.sson, se dit d'un homme d'un caractère indécis, qui flotte entre deux partis. Il Jeune chair et vieux poisson, c'est-à-dire il faut manger les animaux quand ils sont jeunes, et le* poissons quand ils sont vieux. En vérité, mon compère, vous faites bien mentir le proverbe: jeune chair et vieux poisson; car, n'étant qu'un jeune brochet, vous avez une fermeté que les plus vieux esturgeons n'ont pas, voit. Lett. 143. || il n'y a point de belle chair près des os, c'est-à-dire un* personne inaigre n'est jamais belle. || L'esprit est
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prompt et la chair est faible, so dit des bonnes résolutions qui sont proinpten]eiit conçues, mais que l'on tient difficilement.
— SYN. VIANDE, cHAin. La viande est la chair préparée dans la bo\icherie ou dans la cuisine pour la nourriture de l'homme ou des animaux. La chair n'a subi aucune préparation et est l'animal lui-même tel qu'il est aprîs avoir été tué. Les animaux carnivores se nourrissent de chair; l'homme mange de la viande.
— ilIST. XI* S. En [pour cela] deit hom perdre du sang et de la char, Ch. de Bol. lxxxvi. L'haubert [il] lui rompt entresques à la charn, ib. xciv. As chars vives, ib. cxxiv. [Je] ne vous lairrai por [par crainte de] nul home de char, ib. CLvii. Hxn" s. De maulalcnt [il] a la car tressuée, Roncisv. 62. Dex le garit [préserva] qu'en char [il] nol put toucher, ib. 6.t. Chascuns se doit enforcier De dieu servir, jà n'isoit li talens. Et la char vaincre ut plagier, OUESNES, numanc. 98. [Je feraij La char oindre de miel, et lécher à mes ours, Saxons, xxvii. Mes fiz que je ai engendré de ma charn me quiert ocire, Hois, 179. Il XIII' s. [Féru] Si angoisseusement que la char en fut bloc [bleue], Berte, xxxni. Ne pain, ne char, ne vin, negastiaux, ne biscuit, ib. xxxvi. Atant le lairons du roi Richart qui fu mors sans hoir de sa char, Chr. de Raitis, 3.1. Je ne laissai hui à l'oslel Ne pain, ne vin, ne car, ne sel. Ucn. 20B8U. Nus homs ne se dovroit ii\ prendre X famé qui sa char veut vendre, la Rose, 4680.... S'ot la char tendre, Qu'en [on] la li peûst toute fendre X une petitete ronce, ib. 843. Et les chars salées, pour ce que il ne mangoient point de porc, join'v. 237. La maladie de l'ost estoit tele que la char de nos jambes sechoit toute, id. 2:i6. || xiv» s. Mais estre Ijatuz et feruz, ce leur est grant peine et grant douleur se il sont sensibles et se il ont char, oresme, Eth. 89. Chars legieres sont de bonne digestion et saines, in. l'b. tso. || xv" s. Etpourvurent ledit chastel de vins, de farines, de chairs et de toutes autres pourveances, fboiss. i, i, 263. Il est grand et long et fort et de gros membres, sans estre trop chargé de chair, id. ii, m, <o. En char crue mon cueur ne se délecte. Oublions tout le vieil gouvernement, Ch.d'orl. Bal. <25. Mon mari a, que je croy. Par ma foy! Le gozier de chair salée. Car il ne peut respirer Ne durer Se sa gorge n'est mouillée, cl. EASS, Y. de Vir. sa. X ung jour de char [un jour gras], Bibl. de.i chartes, 4* série , t. iv, p. 373. Il xvi* s. X qui le poisson seroit plus appétissant que la chair, mont, i, 228. En chair et en os [en personne], id. m, 309. Et issoit de toute sa personne une odeur fort souëfve tellement que les habiUemens qui touchoient à sa chair en estoient comme tous perfumez, amtot, Alex. (î. Chair et semence de courge, pabé, xxi, 3. Toute chair n'est pas venaison, leroux de lincy, Prorerb. t. ii, p. < 92. Jamais ne demeure chair à la boucherie, m. ib.
— ÉTYM. Berry, bourguig. picard et wallon, c/)ar; namurois, cliau; provenç. carn; espagn. et ital. carne ; dulatin carnem, accusatif de caro, qui tient nugreoxpsœç, à l'ancien haut-allem. hréo , génit. hréwes; irland. carna.
f 2. CHAIR (cher), s. m. Coussinet, en termes de chemin de fer.
— ÉTYM. Angl. chair, coussinet, chaise; l'anglais thair est le francai< chaire (voy. ce mot).
CHAIRE (chê-V), s. f. Il 1° Siège élevé d'où l'on parle , enseigne ou commande, et, particulièrement, espèce de tribune à dais d'où le prêtre adresse la parole aux assistants. Chaire de bois, de marbre, sculptée, etc. Ce mandement fut lu en chaire dans toutes les églises. Ce qui obligea le curé de monter en chaire, pasc. Prov. (6. Ils ne montent pas dans les chaires pour y faire de vains discours, boss. Por. de Dieu, 1. Si nous sommes soigneux de former des prêtres que Louis puisse choisir pour remplir nos chaires, boss. le Tellier. Ce que cette chaire, ce que ces autels, ce que l'Evangile que j'annonce, rt l'exemple du grand ministre dont je célèbre les vertus, m'oblige à recommander plus que toutes choses, c'est les droits sacrés de l'Église, m. ib. Les autres [prêtres] à l'État rendus plus nécessaires. Ont éclairé l'Église, ont monté dans les chaires, volt. llenr. v. || La chaire évangélique ou la chaire de vérité, la chaire où l'on prêche l'Évangile. X présent que je suis assis dans la chaire de Jésus- Christ et des apôtres, et que vous m'écoutez avec attention, BOSS. la Valliere. \\ Être assis dans la chaire de mensonge, de pestilence, etc. professer l'hérésie. Lucifer assis dans sa chaire infernale, boil. Sal. xii. Vous, malheureux, assis dans la chaire empestée Où le mensonge règne et répand son poison, fac. Ath. m, 4.
Des femmes de la société, de graves philosophes avaient des chaires d'incrédulité, chatraub. Ginie, I, t. Il L'éloquence de la chaire, nom générique qui comprend toutes les sortes de discours qui sont ou peuvent être prononcés dans les églises, savoir : les panégyriques, les oraisons funèbres, les sermons, les prônes, les conférences, etc. || Fig. La prédication. Les orateurs do la chaire. Avec quel succès le grand art de la chaire est cultivé \ Genève, j. J. Rouss. Dédie. \\ 1' Tribune où siège un professeur dans les écoles publiques. Le professeur est en chaire. \\ Fig. L'enseignement même ou la place du professeur. Une chaire de littérature française. Ce professeur a obtenu la chaire qu'il désirait. Le peuple ne donne ni chaires , ni pensions, ni places d'académie , j. i. hocss. Ém. v. Le rhéteur Eumènes tenait à Rome une chaire d'éloquence, cuATEABB.>/or(. f 1 6. || S'Siègoqu'a l'évêque au haut du chœur. L'évêque, étant dans la chaire, donna la bénédiction au peuple. Les évoques à qui ils avaient laissé une chaire, boss. llist. n, t3. Il Fig. La chaire apostolique, la chaire de saint Pierre, la chaire d'unité, termes qui désignent le siège apostolique, la papauté. || 4° Chaire curule, ou, absolument, chaire, chaise curule. Des chaires, des licteurs, des faisceaux, J. J. Rouss. Ém. IV. Il B* Terme de marine. Grand bateau plat pour charger et décharger les vaisseaux.
— REM. i. Du temps de Vaugelas, l'identité de chaire et de chaise (voy. chaise) était encore si présente qu'il indique les cas où il faut se servir de l'un ou de l'autre. Aujourd'hui l'emploi do ces deux mots, qui sont le même mot différemment prononcé, est tellement spécifié qu'il n'y a plus lieu à aucune remarque de ce genre. || 2. Th. Corneille dit: «J'ai vu plusieurs ouvrages de poésie où l'on faisait rimer chaire avec affaire; ce qui marque qu'il y a des provinces où l'on prononce ce mot comme le féminin de l'adjectif cher. D'autres le font rimer avec guerre, ce qui est mal, quoique la prononciation de chaire en approche davantage. » Ces nuances n'existent plus pour notre oreille; et chaire rime avec affaire, chère et guerre.
— HIST. xii" s. Le povre [il] sache [tire] del femier, od les princes le fait sedeir; chaere de glorie li fait aveir, Rois, 7. || xiii" s. Cil qui ci est en une chaiere entre nous, villeii. lxvii. Un riche chevalier estoit mort, et li avoit l'en fet une grant fosse large en terre, et ravoitl'en assis moult noblement et paré en une chaere, joinv. 26S. || xv s. Respondit tanstost messire Guillaume de Fermiton et dit : Dites à Jean de Chastel-Morant qu'il s'en voise reposer un petit en sa chaiere, froiss. ii, ii, 8). Le duc de Berry, frère du roy, presidoit assis "en chaire, COMM. I, 8. Ladicte demoiselle estoit en, sa chaire et le duc de Cleves à costé d'elle, id. v, H. || xvi' s. S'eslançant d'une chaire où elle estoit assise, mont. III, tsi'.
— ÉTYM. Saintonge, Berry et norm. chaire, chaise; bourguig. cheire, chaise; picard, ca/iiérc, ca/iteWe, kielle, chaise; wallon, chèïre, chaise; namurois, chèière, chaise; rouchi, cdière , kèière , chaise; provenç. cadcra, cadcira; calai, cadira ;anc. espagn. cadcra; porlug. cadeira; ital. caltedra; du latin cathedra, siège, du grec y.œOéSpcf, de v.aD, xatà, sur, et S5pa, siège, dont le radical est le même que le radical latin sed dans scd-ere (voy. seoib). Plusieurs patois ont conservé des formes analogues à la forme ancienne chaere, c'est-à-dire non contractée; chaere, dans les anciens textes, était toujours do trois syllabes.
f CHAIS, s. m. Voy. chai. Mauvaise orthographe; c'est celle du pluriel.
CHAISE (chô-z'), s. f. Il I" Siège à dossier et ordinairement sans bras. Chaise de bois, de paille, de rotin. Chaise rembourrée. Prendre, donner, avancer une chaise. Loueuse de chaises. Chaise k bras pour les enfants. Alidor assis dans sa chaise, Médisant du ciel à son aise. Peut bien médire aussi do moi; Je ris de ses contes frivoles; On .sait fort bien que ses paroles Ne sont pas articles de foi , boil. Épigr. xiii. Il Chaise de chœur, ancien nom de ce qu'on nomme aujourd'hui stalle. || Chaise longue, sorte de lit ou de canapé qui n'a de do.ssier qu'à un bout. || Chaise percée, ou, simplement, chaise, siège garni d'un vase pour les besoins naturels. Et pour prix de sa peine au grand vent dispersée Vont ses papiers servir à la chaise percée, bêgnieb, Sat. ii. Sidrac assura que [le principe de tout] c'était la chai.se perco", volt. Oreilles, 7. || 2° Sorte de siège formé et couvert où l'on se fait porter par deux hommes. Chaise à porteurs. Porteur de chaise. Il va en chaise. Allez, 'ni'7. votre chaise d'ici, mol. Pré: ° Je me puis
vu arrêter comme je sortais de ma chaise, hamilt. Crnmrn. 7. Antigonus fit présenta Bion d'une chaise, afin qu'il le piU suivre quand il voudrait, fén. Bion. Il Porter en chaise, se dit de deux personnes qui entrelacent leurs mains pour en porter une troisième sur leurs mains ainsi entrelacées. |1 9° Voiture do voyage à deux ou quatre roues, traînée par un ou plusieurs chevaux. Chaise de poste. Chaise roulante. Mon fils s'en va demain en chaise, sév. 345. Il 4° Chaise ou chaire curule, siège d'ivoire des principaux magistrats de la république romaine. Lesdeux chaises d'ivoire ont reçu les édiles, v. iil'GO, Odes, IV, 4 1. Il 5° Terme d'architecture. Charpente formée de quatre grosses pièces, sur laquelle on établit la cage d'un clocher, d'un campanile, d'im moulin à vent. Il lîAti de bois qui soutient la cage d'un moulin. Il 6" Partie de la roue du coutelier. || BSti de hois pour exhausser une chèvre, une grue. || Table qui supporte la poêle lorsqu'on fait les bougies filées. Il 7° Terme de marine. Large sangle disposée en un siège mobile pour les gabiers ou voiliers. || Chaise marine, sorte de siège disposé de manière à affranchir du roulis et du tangage. || 8° Terme do fief. En partage de fief noble, nom dos quatre arpent* de terre qui environnent de plus près le château.
— lllST. xvi" s. Une chayze de fer qui estoit garnio develoux, delaborde. Émaux, p. 200. Une chayze de Florance, id. ib. Une chayze de bois d'ouvraige de Naples, id. ib. Celuy qui vuide ma chaize percée, mont, i, 328. Elle passa un lacet de sa robbe dans l'un bras de sa chaize, id. m, <52. Porté sur des brancars d'or, et assis dans une chaize d'or, id. iv,
— ÉTY'M. C/ia?seest une prononciation vicieuse du motchaire (voy. chaire). Danslexvretlexvii'siècle, le peuple de Paris, en beaucoup de mots, remplaçait le son de Vr par celui du s, et cette faute, acceptéo par l'usage, a fini par faire deux mots de chaire et chaise , avec une acception différente. Mais pendant longtemps l'usage ne les a pas séparés, Molière a dit chaise pour chaire: Les savants ne sont bons que pour prêcher en chaise, Fem.sav.v, s. Régnier, chaire pour chaise: Et chacun en son rang Se met en une chaire, Sat. x. Après sa mort on donna sa chaise [chaire] au jeune Gronovius, p. 448, Menagiana.
t CHAISIER (ohè-zié), s. m. Ouvrier qui fait des chaises.
— ÉTYM. Chaise.
t CHAISIÈRE (chè-ziè-r'),s. /. Loueuse de chaises à l'église (dans les provinces du Nord).
— ÉTYM. Chaise.
CHAKO (cha-ko) , s. m. Voy. shako.
f CHALAN (cha-lan), s. m. Voy. chaland 2.
i. CHALAND, ANDE (cha-lan, lan-d), s.m.elf. Il 1° Acheteur, pratique. Ce marchand a beaucoup da chalands, de bons chalands. Il perd ses chalands. Il Quelquefois, simplement, acheteur. Faire venir les chalands. || 2° Par extension, client, et toute personne qui en recherche une autre, s'attache à elle, eniretient avecelle des rapports habituels. Cette femme est un fort bon parti, elle ne manquera pas de chalands. Savez-vous bien qu'elle est assez sotte? Cela n'attira point les chalands, sév. 309. Cache ton corps sous un habit funeste; Ton lit, Margot, a perdu ses chalands; Et tu n'es plus qu'un miséralile reste Des premiers temps et des premiers galants, mainard, dans richelet. || Familièrement. C'est un chaland [une connaissance] dont je ne me soucie guère. Nous ne serons pas longtemps chalands [en bons rapports], si vous vous conduisez ainsi. || 3° Se disait d'une sorte de pain assez blanc et très-massif. Mais retournons à table où l'èclanche [de mouton].... Des dents et du chaland séparait la querelle, b6- ONIER, Sat. X. Il Adjectivement, pain chaland. Ce pain était ainsi nommé, parce qu'il était le pain ordinaire des chalands d'un boulanger.
— HIST. xii" s. Rois, se tu es enuinz [oint], curtme d'or portant. Ne deiz estre en orgueil, mais en bien reluisant, X tun peuple deiz estre e chiefs e lur [leur] chalant. Th. le mart. 30. || xv s. Gautier le camus, qui estoit accompagné de dix autres compagnons acointés et chalans de ladite Tassire.... DU cange, chelandium. |l xvi' s. Pain chalan, 0. de SERRES, 824. Outre celles qu'ils entretenoient en leurs maisons, ils avoient leurs chalandes [maîtresses] par tous les endroits de la ville, u. F.ST. Apol. d'Ilérod. p. 68, dans lacurne.
— ÉTYM. Espagn. f /la (an; de chnlnnd, sorte de bateau (voy. chaland 2); le chaland, qui achète, étant comparé au chaland, bateau, qui va chercher les marchandises pour les apporter au rivage, au quai, au marché (comp. barguigner). Dans le
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passaRO do Thomas l'- martyr, chiefs et chalant si- Knifietil chef et iissocié, comme le prouve l'emploi de chalandisr dans un Icxic de Kroissart cité plus loin. Enfin, dans le parler de Lnudéac (Côles-du-' Nord) , chaland signifie gouttière, conduit pour 1 eau, peut-Lire pai linéique assimilation avec chaland,
Jialeau. ...
2. CHALAND (cha lan; le d ne se lie jamais) ou, suivant les dictionnaires de marine, CIIALAN, s. m. Il 1° Terme do navigation fluviale. Grand bateau plat, pour le transport des marcliandises. Les chalands qui font les transporU entre le Havre et Paris. Il a- Terme do marine. Allège à fond plat tirant trèspeu d'eau.
— HIST. XI' S. Il n'i a barge ne dromond ne calant, Ch. de Jiol. CI.XXVI. jjxifs. Tus les porz funt puaitier e de jur e de nuit, Qu'il n'i puisse passer od plain chalant u vuit , Th. la mart. 03. || xiii* s. Et li consaus [conseil] fu tex que l'empereres Henris s'en iroit au rivage et entreroit en un chalant, viLLEM. CLXX. I.ors SB part de Jherusalem, Puis s'en entra en un chalan; Le flum passa, el bois en vint, BUTEB. II, <20. Chascuns puet ce faire, ausint comme il puet mener son chalant par le flueve, Liv. de just. o*. Parmi le bras saint Jore Hatins les a menés, ICt troveiit les chalans garnis et conreés, Ch. d'Ant. u, 322. Il XV s. Grand plenlé de nefs et de chalans, fboiss. i, i, 201.
— ÉTYM. Ane. catal. xclandrin; bas-lat. chelandrivm, chelindrus, salaridra, caUinmis; bas-grec XeXâvôiov. Origine inconnue. Diez propose, par assimilation, yùvôpoi. tortue de mer, serpent de mer. llyabien, dans le bas-latin, ca/oncs, barques portant le bois aux soldats; on pourrait accepter ce changement d'nn en on /mais d'où viendrait le « ou d do c/ialant ou chalandùa.iK les plus anciennes formes?
t CHALANDEAU (cha-lan-dô) ou CHALANDOU (cha-lan-dou), s. m. Terme de marin. Marin chargé de la conduite des chalands : ce qui est devenu un terme de mépris.
— ÉTYM. Chaland 2.
CHALANDISE fcha-lan-di-z') , s. f. || 1° Affluence de chalands, vogue. L'enseigne fait la chalandise, la FONT. Fabl. vu, IB. Pour attirer du peuple et de la chalandise, bouiîsault, Es. à la cour, i, 5. Je voudrais parfois qu'il n'y eût que moi de femme au monde.— Vous auriez de la chalandise, regnabd, la Coq. m, 6. Il 2" Les relations habituelles qui constituent la chaland; le chaland lui-môme. Vous êtes trop cher; vous n'aurez pas ma chalandise. Ce marchand a perdu toutes ses anciennes chalandises. Il n'a que de bonne; chalandises. Oui, toute notre marchandise Ne saurait dignement payer L'honneur de voire chalandise, BENSERAnE, Ballet de la nuit , dans RICHELET. Si j'étois que de vous, je chasscrois bien celte chalandise-là, Francion, liv. v, p. (84. Il On dit aujourd'hui ordinairement pratique.
— lllST. XV' s. Or me cuidai trop bien parfaire Pour prendre ailleurs ma calandise; Si me mis en la marchandise, fboiss. Buisson de joncce. Seigneurs, nous vous disons pour le mieux que vous n'ayez nulle accointance ni challandise à ceux de Flandre, id. ii.ii, 172. || xvi" s. Au lieu que les marchands prient les plus belles, celles-cy laides prient les marchands de prendre et achepter de leurs denrées, qu'elles leur laissent pour rien et à vil prix; car le plus souvent leur donnent de l'argent pour s'accoster de leurs chalandises, bran't. Dames gai. t. i, p. 220, dans lacurne. Il eut peur de perdre sa chalandise. Nuits de .Straparole, t. Ii, p. 289, dans LACURNE. Ainsi faisoyent aulcuns chirurgiens de Grèce les opérations de leur art sur des eschafTauds à la vue des passants, pour en acquérir plus de praticque et de chalandise, mont, iv, -173.
t CIIALASIE (ka-la-zie), s. /'.Terme de chirurgie. Séparation partiellede lacornéed'aveclasclérotique.
— RTYM. Xâ/aaiç, relftchement.
CIIALASTIQCE (ka-la-sti-k') , adj. Terme de médecine. Se dit des médicaments qu'on croit propres à relftcher les parties.
— P.TYM. XaXamixo;, rellchant, de yaX^'j, re- Iftcher (voy. caleb).
i CUALAZE (ka-la-z"), s. f. || 1° Terme de botanique. Le point qui répond, sur la tunique interne d'une graine, àl'inserlion du cordon ombilical ou cordon par où la nourriture arrive à la graine. || 2° Terme d'anatomie. Nom du point germinatif dans l'œuf, et, par extension, de deux cordons qui maintiennent le jaune suspendu dans l'oeuf d'oiseau.
— *^f YM. XàVoÇa, grêle; ce point de la graine étant comparé îi un grêlon.
t CHALAZfi, ÊE (ka la-7,é, zée), adj. Terme de botanique. Qui est muni dune chalaze.
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t CUALAZtFÈRE (ka-la-zi-fê-r"), adj. Mot hybride
pour lequel il vaut mieux dire chalazophore (voy. ce mot).
t CUALAZION (ka-la-zion), s. m. Terme d'anatomie. Tumeur, aussi appelée chalaze, grêle ou grêlon, du bord libre des paupières, de la grosseur d'un grain de millet ou d'un haricot.
— ÉTYM. XaXâÇiov, grêlon, de -/iXaCa, grêle.
f CIIALAZOPIIOUE (ka-la-zo-fo-r'J , adj. Terme il'anatomie. Membrane chalazophore , membrane privée de vaisseaux que la première couche du blanc de l'œuf d'oi-seau produit en se condensant et s'ajipliquant sur la surface du jaune.
— ÉTYM. Grec fictif yaXa^oyôpOi;, de yâ\%ltii, chalaze, et çopoç, qui porte.
t CIIALCKDOINE (kal-sé-doi-n'), s. /. Voy. calcédoine.
t CHALCIDIQUE (kal-si-di-k') , s. m. Terme d'archéologie. Sorte de vaste portique où l'on pouvait se promener et qui s'adjofgnait aux basiliques.
— ÉTYM. Chalcidicum, ainsi dit d'un édifice de la ville de Chalcis, dans l'Ile d'Eubée.
t QUALCITE (kal-si-f), s. f. Ancien nom d'un minerai de cuivre, le sulfate de cuivre.
— ÉTYM. Xa.)Mri)i, de /a^xôç, cuivre.
COALCOGRAPHE (kal-ko-gra-f) , s. m. Graveur
en airain ; tout graveur sur métaux.
— ÉTYM. XaXxàç, airain, et yfitfw, graver (voy. graphique).
CHALCOGRAPHIE (kal-ko-gra-fie) , s. f. Il l°L'art du chalcographe. Synonyme de gravure en taille douce. Il 2° L'atelier, l'établissement même où l'on exerce cet art. || 3° Nom d'une collection de gravures. La chalcographie du musée du Louvre, recueil composé de toutes les gravures dont le musée possède les planches. || Catalogue des planches gravées composant le fonds de la chalcographie, et dont les épreuves se vendent dans cet établissement, au musée du Louvre. {| La chalcographie apostolique, l'imprimerie papale.
— ÉTY.1I. Chalcographe.
t CHALCOGRAPilIQUE (kal-ko-gra-fi-k'), adj. Qui se rapporte h la chalcographie.
CHALDAÏQUE (kal-da-ï-k'), adj. Qui appartient aux Chaldéens, ancien peuple de la Babylonie. La langue chaldaïque. Les juifs apprirent la langue chalda'ique fort approchante de la leur , Boss. Ilist. I, 8. Il .S', m. Le chaldaïque, la langue chaldaïque.
— ÉTYM. Voy. CIIALDÉEN.
■f CHALDAÏSME (kal-da-i-sm'), jt. m. Locution propre au chaldéen.
CHALDÉEN, ENNE (kal-dé-in, è-n'), s. m. et f. Il 1° Nom d'un ancien peuple habitant la Babylonie. Il 2° S. ni. Le chaldéen, la langue chaidaïque. Les juifs d'Egypte et de Grèce oublièrent non-seulement leur ancienne langue, qui était l'hébreu, mais encore le chaldéen que la captivité leur avait appris, Eoss. Ilist. i, 8. Il 3" Nom des prêtres astrologues de Babylone. || 4° Nom des nestoriens d'Orient.
— ÉTYM. Chaldxus, yjxXôaâoç.
CHÂLE (chft-l'), s. m.' \\ l» Longue pièce d'étoffe que les Orientaux emploient diversement dans leur vêtement, et spécialement en turban. Mon équipage consistait en un tapis, une pipe et quelques châles pour m'envelopper la tête, chateaub. Itin. 31. Il 2° Grande pièce d'étoffe carrée, ou en carré long double, qui se plie en biais une pointe sur l'autre, ordinairement dans le genre des chAles de l'Orient, et que les femmes portent sur les épaules. ChAle uni. Châle broché. Châle de soie. Châle de cachemire. Cliâle à grandes palmes. Châle long. Châle boiteux, châle carré ou châle long qui n'a de palme ou de bordure qu'à un bout. Châle de l'Inde. Châle français, châle fait en France et imitant le ohàle de l'Inde. Châle bariong (voy. barlong). Déjà sa main [de Lisette] à l'étroite fenêtre. Suspend son châle en guise de rideau, bérang. Grenier.
— ÉTYM. Portug. xales ; de l'arabe schdl, vêtement do laine plus ou moins fine dont les hommes et les femmes en Orient se couvrent la tête, les reins et les épaules.
t CHALE (cha-l'), ï. f. Pile de bois, dans les salines.
— ÉTYM. II y a dans le bas-latin cala, sabot. Estce l'étymologie, par assimilation?
CHALET (cha-lè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel l's se lie : des cha-lè-z agréables ; chalets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Il 1° Cabane de paysan suisse où se font les fromages, et où les vaches s'abritent l'été dans les montagnes; et par extension, maison de paysan suisse. Vous ne pouvez non plus rester sous ce chalet, LAM. Joe. u, 73. Des colonnes de fumée bleue
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et légère montaient dans l'ombre et annonçaient le
parcs ou les chalets des abeilles [au mont Hymetlei chateaub. Itin. 205. || 2» Maison de plaisance construite dans le goût des chalets sui.sses. Le las d'Enghien est entouré d'élégants chalets.
— ÉTYM. Scheler le t;re du mot fictif chailet , dimin. de casa, case. Je suis plus porté à y voir une contraction de castelletum, petit castei.
CHALEUR (cha-leur), s. f. || 1° Qualité de ce qui est chaud; sensation produite par un corps chaud. Vive, forte, douce chaleur. La chaleur du feu, du soleil , du corps. Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie, rac. Brit. v, B. Et que tes vains secours cessent de rappeler Un reste de chaleur tout prêt à s'exhaler, id. Phéd. 1, 3. || Chaleur animale, la température propre à chaque espèce d'animal. || 2° La température produite par l'action du soleil. Chaleur dévorante, étouffante, tropicale. Durant les grandes chaleurs. Nous avons eu des chaleurs excessives, sÉv. 289. Il leur dispense avec mesure Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits, kac. Ath. 1, 4. Il sommeille accablé par la chaleur du jour, c. de- LAViGNE, Vfpr. sicil. IV, 3. Je me sens ranimé par de douces chaleurs; J'y foule les gazons, j'y marcha sur les fleurs, st-lambert. Saisons, hiver. || 3° Sentiment pénible de chaleur qui accom|iagne certains états de malaise, de maladie. La chaleur de la fièvre. Une chaleur d'entrailles, de tête. Il lui monte des chaleurs suffocantes. Des chaleurs l'empêchaient de pouvoir sommeiller, mol. Tart. i, B.||Fig. et familièrement, chaleur de foie ou de sang, mouvement de colère prompt et passager. Vous avez raison en tout ce que vous dites ; mais ce sont chaleurs de sang dont parfois on n'est pas le maître, mol. Am. méd. III, H.JIi'Fig. Ardeur, feu, zèle, véhémence. La chaleur de l'âge. La chaleur des passions. Dans la chaleur de la guerre. Toute la chaleur du débat se réunit sur un seul point. On débattit avec chaleur dans le sénat si.... Ils prennent la chose avec trop de chaleur. Quel est celui qui, dans la chaleur de la victoire, considère le nombre des ennemis? vau- GEL. Q. C. liv. III, ch. U, dans richelet. Et si cette chaleur n'est bientôt apaisée. Jamais sédition ne fut plus disposée.... hotbou, Vencesl. v, 8. Il donne chaleur à la besogne par sa présence;' il anime les ouvriers par sa mine, par sa voix, balz. le Prince, ic. Je ne veux point douter que sa vertu romaine N'embrasse avec chaleur l'intérêt de la reine, corn. Nicom.i, (.Seigneur, vous pardonnez aux chaleurs de son âge, m. t6. ii,3. Et dans ce même jour, Rome en votre pré.sence Avec chaleur pour lui presse mon alliance, id. ib. m, 4. Pardonnez à ce peuple un peu trop de chaleur Qu'à sa compassion a donné mon malheur, id. id. v, to. C'est d'un nouveau chrétien la première chaleur, m. Poly. m, 3. Sire, dans la chaleur d'un premier mouvement Un cœur si généreux se rend malaisément, m. Cid, ii, 7. Madame, croyez-moi, vous serez excusable D'avoir moinsde chaleur contre un objet aimable, iD.it.iii, 3. La reine avec chaleur saurait vous y servir, ju. Seit. IV, 3. Déjà les deux armée? D'une égale chaleur au combat animées, m. llor. i, 4. Vous pardonnerez donc ces chaleurs indiscrètes, m. liod. iv, o. La chaleur qu'ils ont pour les intérêts du ciel, mol. Tart. Préf. Et que par la chaleur de montrer ses ouvrages On s'expose à jouer de mauvais personnages, m. Mis. 1, 2. J'ai un degré de chaleur moins que VOUS pour la belle-sœur, sEv. 392, J'ai peut-être avec trop de chaleur Raliaissé ses présents ou blâmé sadùuleur, bac. Bér. ii, 5. D'un coupable transport écoutant la chaleur, lu. Iphig. v, 2. N'aurai-je vu briller cette noble chaleur, id. ib. i, 2. Du zèle qui pour toi l'enflamme et le dévore La chaleur se répand du couchant à l'aurore, id. Esth. Prol. Et, de moi-même Aristarque incommode, A vous poursuivre épuiser mes chaleurs, J. J. rouss. hp. aux Uluses, 1, t. Il Chaleur du style, qualité d'un stylo passionné, etqui fait partager à l'auditeur la passion de l'orateur. || Concupiscence. Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte; Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte, mol. Tart. m, 2. |{ 5° Désir des femelles de certains animaux pour le mâle. Être en chaleur. Temps de la chaleur des truies. Devenir en chaleur. |1 6° Terme de vétérinaire. Un des noms de la maladie du sang chez les bêtes à laihe. || Proverbe. Couvrez-vous, la chaleur vous est bonne, .se dit à ceux qui, par incivilité, mettent leur chapeau à contre-temps.
— HlST. xif s. En droit midi esteit, s; faseit grant chalor, Rou, 4627. Pour la calor qui l'aloit apro chant, Boncisv. t52. |j xw s. Li jors fu biaus el clairs, et la caure est levée, Ch. d'Ant. I, SIC Caur« en froidure, mâtzner, p. 60. Lacaurre du jour, pu
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liousKES, Chron. ^0I96. Tantost li assoaja la maladie, et la chalor [fièvre] le laissa, Ilist. occid. des croisades, t. ii, p. <80. Kt se ce n'estoit, nulz biens ne venroient ou pais pour la grand chaleur du solîeil qui ardroit tout, jomv. 220. ||xiv' s. Si comme la vertu du feu c'est chaleur par quoy il est bon en sa nature ou espèce et par quoy il fait bien son operacion naturel, oresme, Kth. 43.1|xvi"s. [Un vieux cheval qui voyant une jument] revient à ses importuns hennissements et à ses chaleurs furieuses, MONT, m, 3.
— ÉTYM. Picard, ca^eur, -provenç.et espagn.caîor; ital. eaiore; du latin calorem. I,a forme caure est digne de remarque : elle provient du nominatif latin câloT avec l'accent sur ca, tandis que chaleur provient du régime calôrem avec l'accent sur lo. C'est peut-être le seul exemple, dans les noms en or tels que calor, où les deux cas du latin soient restés dans le vieux français.
t CHALEURKUSEMENT (cha-leu-reû-ze-man) , adv. D'une manière chaleureuse. Vous avez pris chaleureusement son parti.
— HIST. xiv" s. En ladite mellée qui estoit çienée chaleureusement et sans aguet, du cange, aventurerius.
— ÉTYM. Chaleureuse, et le suffixe ment. CUALEURECX, EUSE (cha-lea-reù, reù-z'), adj.
Il 1° Qui a beaucoup de chaleur naturelle, se dit des personnes et est peu usité en ce sens. X cet âge on n'est plus guère chaleureux. Quoi ! en vêtements d'été, par un tel froid; vous êtes donc bien chaleureux. Il 2° Fig. Il parla d'un ton chaleureux. 11 nous fit un chaleureux accueil, nous adressa quelques paroles chaleureuses. C'est une âme clialeureuse. De chaleur vient chaleureux ou chaleureux; ilsepasse, bien que ce fût une richesse pour la langue, la BRUY. XIV. Il Depuis La Bruyère, chaleureux a repris faveur.
— HIST. XIV" s. Paroles chaleureuses, du cange, calidameya. \\ xv* s. Tremblant de froit en manoir chalereux, cii. d'orl. Ba(. U2. || xvi' s. La malignité de l'air, que le vent austral a causée par son humidité chaleurease, pahé, ix, 2'disc. En ce mois chaleureux de juing où nous .sommes, cahloix, vit, 10. Celuy qui a la fiebvre semble chaleureux, amyot, Cor. 32. Une chaleur ou complexion chaleureuse,
MONT. Il, 289.
— KTYM. Chaleur; génev. chaloureux.
CHÂLIT (chil-li; le l ne se lie pas dans le parler
ordinaire), s. m. Bois de lit. Châlit de noyer, de fer. Je vis CastiUon sans meubles, avec un châlit et un capucin, et qui en voulait prendre l'habit, stsiM. 334, 139. Mais, montant sur son châlit, Il rencontra dans son lit Une concubine; C'était Proserpine, SEDAINE, la Tentation de S. Antoine.
— HIST. XII" s. Quant veneit que li jurs ert en la uuit plungiez, E li liz saint Thomas esteit apareilliez, Desus un chaelit qui tut esteit quiriez [garni de cuir], D'une cuilte purpoinle, d'un poi d'estraim junchiez E de chiers linges dras [linges dras, toiles de lin] e blancs e déliez, Th. le mart. 104. || xiii" s. Car el lit où ele se couche. N'a il ne chaelit ne couche, Ains gist en fiens et en ordure, ruteb. 11, 34. Il XV" s. Esquelles maisons avoitgentes .salles, chamiDres, garderobes, charlistz, Jeh. de Saintré, 54. Les chalitz des liclz dorez, comm. vu, <5. Et lors prennent le lit et le chaalit tout ensemble entre leurs bras. Gtiy de Wancick, roman en prose. Si ensepvehrent incontinent le corps du Seigneur, et lo mirent en ung chaalit couvert d'un poille royé, dela- BORDE, Émaux, p. (98. Pour aohatter de la paille pour mettre es chaliz de monseigneur [le duo d'Orléans] , pour ce que les gens du Roy en avoient ostô les pailles, ro. ib.
— ÉTYM. Picard, cah't;Saintonge,cftaioj;se,c/iait<<; esjiagn. cadalecho, lit de branches d'arbr.e; ital. calaletlo, litière, cercueil, lit de parade; bas-lat. cadeletus; de catar, voir, regarder (voy. catafalque), et lit. Le sens propre estlitde parade, et puis toute espèce de bois de lit. Dans l'ancien français , chna-lit ou chae-Ht (de trois syllabes), cha'a ou chae répond à cata. L'accent circonflexe de châlit est la trace de la contraction de chaa ou chae en cha.
CUALOIR (cha-loir). Verbe vieilli, qui n'est plus employé, dit l'Académie, qu'à la 3" personne du singulier du présent de l'indicatif et impersonnellement. Cependant on pourrait étendre cet emploi au futur : il chaudra; au conditionnel : il chaudrait; à l'infinitif : il ne peut chaloir, il ne iloit chaloir; et au subjonctif présent : qu'il chaille. Uans l'ancienne langue chaloir avait tous ses temps: il cnalait, il chalut, il a chalu), v. n. Être d'im-
portance, causer du souci. Il ne me chaut de cela. Il ne vous en chaut, n'est-ce pas? Que tout s'y pervertisse, il ne m'en chaut d'un double, bEgnier, Sat. VI. Or il ne me chaudrait ....Qu'ils fissent à leurs frais messieurs les intendants, ID. 16. x. Il ne VOUS doit chaloir ni de qui, ni combien, id. Sat. XIII. J'en suis d'avis, non pourtant qu'il m'en chaille, LA FONT. Gageure. Car quant à moi, du plaisir ne me chaut, À moins qu'il soit mêlé d'un peu de peine, m. ib. Allez, il ne m'en chaut, scabron, D. Japhet, m, 20. Soit de bond soit de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire [le paradis]? PASC. Frov. 9. || Régnier a fait de chaloir un verbe réfiéchi : Je ne me veux chaloir du lieu, grand ou petit, Ëp. 11.
— HIST. x" s. Dont [ce dont] lei [à elle] nonque chielt, Eulalie. \\xi' s. Ne lui chalt, sire, de quel mort nous mourions, Ch. de Roi. xv. De ce cui calf? 16. cviii. Il xu" s. Beaux sire Guenes, ne vous chaut esmaier, Roncisv. (85. B bien as hui mustred que rien ne te chalt de tes cunestables ne de tes hommes, floi's, I9(. Il XIII" s. Une chaloit, à cens qui l'ost voloient depecier, del meilleur ne del peieur , mais que li ost se departist, villeh. lxxxix. Et sachiés que il i avoit assés de ciaus [ceux] qui bien vousissent que li corans [le courant] emnenast les vaissiaus contreval le bras ou li vens, ne leur chausist comment l'aventure avenist, id. cm. Moi ne chaut qu'on en fasse, mais qu'elle soit tuée, Berte, xvi Mal fustes conseillée, tant vous en a chalu, ib. li. Ou se d'espargnier ne li chaut, Ains viengnent li froit et li chaut.... la Tiose, 5033. Mes de povreté ne vous chaille. Fors de penser, comment qu'il aille. Comment la porrés cschever, ib. 809. Ne lor chaut gueres qui le sache, ib. 7785. Car il ne pot caloir li quix [le quel] perde , beaum. lxiii , 8. Li cuers avariscieus acquiert ne li caut comment, et ne pot estre assasiés d'avoir, id. 21. || xiv" s. Et ceulz qui ont receu le bien, il ne leur chaut, se il ne rendent grâces ou retribucion , oresme, Èlh. 273. || xv" s. 11 ne peut chaloir, dit le duc d'Anjou; j'ai dit et juré que jamais ne partirai de ci; si aurai le chastel à ma volonté, froiss. ii, ii, h. Et du faict du roy d'Angleterre ne leur challoit, au demeurant, comment il en allast, comm. iv, 7. || xvi"s. C'estoient païens, auxquels il chaloit autant de J. C. que de celui qui n'avoit jamais esté, calv. Instit. I5B. Prenons le cas, quant à eux, qu'il ne leur en chaille, ID. ib. 226. Ils seront si empeschés h. leur profit particulier, qu'il ne leur chaudra guère de leur office, ID. ib. 272. Que chault-il quand ce soit? MONT. I, 83. Que vous chault-il de l'avoir perdue? id. i, 85. Il ne peut chaloir de quelle religion soit mon médecin, ID. i, 218. Pourveu qu'il soit gentil compagnon , la guerre qui confond toutes choses, fait qu'il ne peut chaloir de quelque lieu il soit, amyot, Fab. 43. II estoit si deshonté, qu'il ne luy chaloit d'estre vitupéré, ID. Aie. 20. S'ainsin estoit, toute peine fatale Me seroit douce, et ne me chaudroit pas, BONS. 25.... Ne luy chalut de mon corps périssant, id. (82.... Mais peu se chaillant d'eux, id. 746.
— ÉTYM. Provenç. et anc. espagn. caler; ital. calere; du latin calere, proprement être chaud (voy. chaleur), et de là désirer.
1. CU.\LON (cha-lon), s. m. Terme de pêche. Grand filet qu'on traîne dans les rivières entre deux bateaux.
— HIST. xiv" s. Comme ils se fussent mis en un chalon ou bateau, lequel ils trouvèrent en la rivière de Mayne, nu cange, ehelandium.
— ÉTYM. Chalon, bateau, se rattache peut-être au bas-latin calones, barques portant le bois aux soldats (voy. chaland 2) ; mais chalon, filet, est-il le même?
f 2. CHALON (oha-Ion) , s. m. Terme de commerce. Sorte d'étoffe de laine.
CHALOUPE (cha-lou-p') , s. f.\\i° Petit bâtiment à voile et à rames, non ponté, que l'on emmène pour le service d'un grand vaisseau. Chaloupe de pèche. On arma, on mit à la mer la chaloupe. Je m'embarquai dans la chaloupe du bâtiment, chateaubr. /(tn.23. Il Chaloupe canonnière, petit bâtiment à fond plat et portant du canon. || Double chaloupe, grande chaloupe pontée. || 2° Chaloupe cannelée, nom, parmi les marchands, de la coquille de l'argonaute.
— HIST. XVI" s. Les assiégez envoyèrent une chaluppe les convier de terrir, d'aub. Ilist. i, 499.
— ÉTYM. Espagn. chahipa; ital. scialuppa; du hollandais sloep ; danois, sluppe; d'où l'anglais shallop et sluop.
f CUALOUPIER (cha-lou-pié) , s. m. Terme de marine. Matelot qui fait partie de l'équipage d'une chaloupe.
I CHALUF (cha-luf), s. m. Voy. chalut.
CHALUME.^n (cha-lu-mfl), s. m. || 1" Tuyau da paille, de roseau, et, par extension, de métal, etc. Humer un liquide, souffler une bulle de savon aveo un chalumeau. || Le chalumeau d'or dont se sert la pape à la communion. La distribution du sang du Notre Seigneur se faisait avec un petit tuyau ou chalumeau d'or, bouteroue, Traité des monnaies, p. 383. Il Terme de botanique. .Nom des tiges simples, herbacées, sans nœuds, et plus ou moins fistuleuses. || 2° Tube de laiton dont les émaiUeurs et les chimistes se servent pour diriger, au moyen d'un courant d'air, la flamme d'une lampe ou d'une chandelle sur l'objet qu'ils veulent fondre ou soumettre à une forte chaleur. || 3" Instrument de musique pastorale qui n'était dans l'origine qu'un roseau percé de plusieurs trous. Tircis, je n'ose Ecouter ton chalumeau Sous l'ormeau, Car on en cause Déjà dans notre hameau. Vieille chanson rappelée par 3. j. Houss. Conf. I. Il En poésie, se dit des flûtes et autres instruments d'une musique champêtre. Viendrai-je en une églogue, entouré de troupeaux. Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux? boil. Sat. IX. Quand la renommée eut annoncé le départ de Lycon, les bergers dans leur douleur brisaient leurs chalumeaux, fén. xix, 67. Ainsi le dieu des bois enflait ses chalumeaux, volt. Disc. 5. Ses révolutions [d'Israël] sont tour à tour racontées avec la trompette, la lyre, le chalumeau, chateaub. Génie, u, VI, 2. X peine la musette et l'humble chalumeau Ont rassemblé le soir les galants du hameau, ST- LAMBERT, .Savions, hiver. || 4° En musique, se dit des tuyaux qui s'adaptent au corps de la musette. Il Le registre le plus grave de la clarinette. || 5°Tcrme de chasse. Petite branche que l'on frotte de glu pour prendre les petits oiseaux.
— HIST. xn" s. Cinq jougleres od lui [il] menoit, Flahutieles et calimiaus, lai d'ignaurès. || xm' s. Flahustes, timbre et calimicl, Renart, t. iv, p. 166. Là peûssiez oïr mil calimels cantant. Notices et extraits des bibl. de Suède par gepproy, p. ( i. H xv" s. Et si emportons nos freteaus, Nos muses et nos ca-
niraeaus, phoiss. Pastourelle. || xvi" s Faisoit
sonner chalumeaux, cornemuses, marot, i, <06.
— ÈTYM. Picard, calumieu; bourguig. chailemine, s. f.; provenç. calamel, caramel, calmeilh; espagn. caramillo; du latin calamellus, diminutif de calamus (voy. chaume). L'ancien français est : au singulier, nominatif chalemels, au régime chalemel; au pluriel, nomma.ii{ chalemel , régime chalemels.
t CHALUMET (cha-Iu-mè). s. m. Bout d'une pipe.
— ÉTYM. Chalumeau.
t CHALUT (cha-ln), s. m. Terme de pêche. Nom d'un filet en forme de chausse que l'on traîne avec une drague.
— ÉTYM. Serait-ce une forme provinciale do châlit (voy. ce mot, à l'étymologie), le filet étant ainsi dit par une vague assimilation à un châlit?
t CHALCTER (cha-lu-lé), V. n. Terme de pêche. Traîner un chalut sur le fond de l'eau.
— ÉTY5I. Chalut.
CHALYBÉ, ÉE (ka-li-bé, bée), adj. Terme da pharmacie. Qui contient de l'acier ou du fer. Vin chalybé. Eau chalybée.
— ÉTYM. Le latin c/io?i/!)î, fer trempé, acier, de XiXu']/, de XàXuSe;, nom d'une nation sur le Pont qui passait pour avoir découvert l'acier.
t CHAM (kan). Voy. kan.
CHAMADE (cha-ma-d'), s. f. \\ l°Signalmilitaire, qui se donne avec le tambour ou la trompette, pour avertir qu'on veut traiter avec l'ennemi. Le onzième [jour] de tranchée ouverte, la chamade fut battue, et la capitulation telle à peu près que les assiégés la désirèrent, st-sim. i, 26. || Fig. Battre la chamade, se rendre, céder. Je me mis sur nouveaux frais à presser la place, jusqu'à ce qu'enfin 1» sefiora Mencia battit la chamade, lesage. Cil Blas, vni, 10. Il 2° Batterie de tambour pour attirer les curieux, en termes de bateleur.
— HIST. XVI" s. St Gelais fit faire quelque.? ciiamades à .son trompette, et puis l'envoia parler aux capitaines, si glorieusement, qu'ils sa rendirent, d'acb. Hist. u, 4.13. Le duc, ayant chassé le tambour qui avoit fait la chamade, ne re.spondit que menaces à leurs promesses, id. ib. m, t )8. Les chiamadeset salves de tant de chiormes, de sorte qu'il n'estoit pas possible d'ouyr un plus grand bruit, CARLOix, I, 36. U print ung trompette.... et la chiamade faicte, on demanda ce qu'il vouloit, id. ni, 2*. Après que la trompette eust commencé la chamade de bien ioing, on leur ouvrit fort courtoisement , m. IV, te.
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— ÊTYM. Porlug. chamada; de chamar, appeler, du latin clamare (voy. clamkub); ital. chiamala, de chiamare,
t CirAJMîHOPS (ka-mt-rops'), «. m. Terme de botanique. Nom d'un genre de palmiers de petite taille {chammrops Immilis).
— ÉTYM. Xa|i«i, à terre, et fûTteç, broussaille.
t CHAMAILLABD (cha-ma-llar, 1!! mouillées), S, m. Celui qui est disiiOs6 l se chamailler.
— HIST. XV" S. Le suppliant estoit à ung boisapycllé le bois Chamaillart, situ6 près la ville do Nyort, Dti CANGE, loscairare.
— ÊTVM. Cliamailler.
t CHAMAILLE (cha-mS-ll', U mouillées), s. f. Dispute où l'on se chamaille.
— niST. XYi^s. necommençans leurs chamailles, lant plus le centaure s'efforçolt de fraper cehiy du dragon, et tant plus se sçavoit dextrcment desmarcher et éviter ses pesans et horribles coups, Don riores de Grèce, f" clvh, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. CIIAMAILLEH.
CHAMAILLER (cha-mû-llé. Il mouiliées, et non cha-mâ-yé), v. n. || !• Se ballre, et aussi avoir une dispute bruyante. Pour moi je n'aime point à combattre de paroles, j'aime mieux cliamailler avec de bonnes armes, et montrer de vrais effets, l'rancion, 1. vu, p. 275. Nous irieas bien armés; et, si quelqu'un nous gronde, Nous nous chamaillerons.... — Moi chamailler I bon Dieu 1 suis-je un Roland, nionmaltre? mol. Dép. amour, v, f. Ces trois dieux sur lui chamaillèrent, scahron, Gigantom. ch. v. Il Kig. Chamailler des dents, manger beaucoup,
lififrer d'importance Ce sont de ces gens Qui ne
craignent personne et chamaillent des dents, Et qui d'un ennemi se défont fort en hâte S'il leur duro aussi peu que fait un lièvre en pâte, iiauteroche. Nobles de prov. i, 9. {| 2° Se chamailler, v. re'fl. .... Que les vautours plus ne se chamaillèrent, la FONT. Fab. VII, 8. Nos gardes se chamailleront, J. J. nouss. Éin. iv. La garde et les amours Se chamaillant toujours, BÊRANG. Il' Grégoire. || Mot familier.
— HIST. Kvi" s. Enfin, après avoir bien chamaillé l'un contre l'autre, Bertrand fit un dernier effort, lléin. s. J)ug. 6. Puys, les lances rompues, meirent la main aux espées, et soy chamaillèrent l'ung l'aultre si brusquement que leurs espées voilèrent en pièces, nAB. la Sciom. Ils brisent les portes avec beaucoup de bruit; ils arrivent dans la grandrue, chamaillent les portes de la ville, d'aub. Ilist. ii, 422. Ainsi cesBoreans [fils de Borée] à grands coups d'alumelles Chamailloient sur le chef, sur les flancs, Bur les ailes [des Harpies], Ronsard, 843.
— ÈTYM. Picard, se camailler. M. Maury le tire ùeCamulus, nomdudieudelaguerre chez les Gaulois, en gaélique, camh, puissance, cam, combat, coma, brave. Mais les intermédiaires manquent, et le mot ne paraît pas ancien dans la langue; aussi la dérivation la plus plausible est de camail ou chatnail, armure de tête : frapper sur le camail, d'où se battre.
CIIAMAILLIS (oha-mâ-Ui, ii mouillées, et non cha-mft-yi) , s. m. || 1° Combat. Un carnage rapide, un ardent chamaillis Fait voir autant de morts qu'il fait voir d'assaillis, brébeuf, l'Iiars. vu. || Vieilli en ce sens. Il Ancien terme militaire. Espèce de joute en champ clos où tous les combattants se confondaient en frappant à droite et à gauche. || 2° En langage familier, mêlée, combat où l'on cliamaiUe; disputa bruyante. Chamaillis entre les cochers, et quelques injures; Mme d'Elbœuf, la tête à la portière, criant qu'on fit reculer, st-sim. 243, 244. Ce chamaillis de cent propos croisés Ressemble aux vents l'un à l'autre opposés, volt. Êp. 64.
— HIST. XVI" s. Le chamaillis fut grand de part et d'autre, ilém. s. Dug. <3.
— ETYM. Cliamailler.
f CHAMAN (cha-man), s. m. Nom de prêtres bouddhistes cheK les tribus qui occupent le nord de l'Asie.
— ÉTYM. Corruption du mot sanscrit sramanas, aiicète.
tCHAMANISME (cha-ma-ni-sm'), s. m. Religion et pratiques des chamans.
t CHAMAUAS (cha-ma-rft), s. m. Terme de botanique. Germandrée aquatique. On trouve aussi chamaire.
— ÉTYM. Cliamjrdrys, de yuaiîpy;, germandrée. t CHAMARUE (cha-ma-r'), s. f. Nom ancien de
ce que nous nommons aujourd'hui simarre, et que Victor Hugo a em|)loyé dans le sens de broderies, ornementa : Fût-,I tout harnaché d'ordres et dé chamarres, Huy Bios, i, î -- ETYM. Voy. simarre.
CHA
CHAAIARRC, fir (cba-ma-ré, réc), part, passé. Il 1° Garni de rubans et semblables objets. Des laquais chamarrés de livrées, hamilt. Gramm. U. Les valets, troupe chamarrée, Troquant aujourd'hui leur livrée, bérang. Vieux hab. Chamarré do vieux oripeaux. Ce roi, grand avaleur d'impôts, Marche entouré de ses fidèles, m. Ch. le Simple. Qu'il voit de toutes parts les hommes bigarrés. Les uns gris, les uns noirs, les autres chamarrés, boil. Sat. iv. Il 2° Fig. Style chamarré. Discours chamarré de grec et do latin. Chamarrée de tendresse et d'admiration, siîv. 277. Comédie toute chamarrée des beaux endroits de la musique de l'Opéra, sÉv. 404.
CHAMARRER (cha-ma-ré), v. a. \\ l'Garnir de pa.ssemonls, dentelles, galons, bandes de velours, etc. Chamarrer un habit, un meuble. De chamarrer leurs lances des couleurs de chaque Dulcinée, hamilt. Gramm. 4. || 2° Arranger avec des ornements de mauvais goût. Peut-on chamarrer de la sorte ses vêtements ? Il 3° Fig. et jfimilièremcnt. Chamarrer quelqu'un, le chamarrer de ridicules, l'en couvrir. Le prince de Conti me conta la retraite du roi, et, malgré ma jeunesse, la chamarra bien, parce qu'il ne se défiait pas de moi, st-sim. u, ■128. || 4° Se chamarrer, V. réfl. Se couvrir ridiculement d'ornements de mauvais goût.
— HIST. XVI' s. Fontanelle aucune ne restera au fons du terroir, que par les tranchées, dont l'aurés environné et chamarré de tous costés, les sources ne se ramassent en une, 0. de serres, 758.
— ÉTYM. Chamarre.
CHAMARBURE (cha-ma-ru-r") , s. f. || 1° Manière de chamarrer ; ornements dont on chamarre. De son orgueil ses habits se sentaient; Force brillants sur sa robe éclataient, La chamarrure avec la broderie, LA FONT. Court. Il Ne se dit plus guère que par moquerie. || 2° Fig. Propos critiques, sarcasmes. La cabale se jeta sur une partie de paume faite si peu k propos ; et là-dessus toutes les chamarrures les plus indécentes, st-sim. 2)3, )26.
— ÉTYM. Chamarrer.
CHAMBELLAGE (chan-bè-la-j') , s. m. Terme de jurisprudence féodale. Droit qui se payait, dans certaines mutations, aux seigneurs féodaux.
— HIST. XVI' s. Les enfants ne doivent coutumierement que bouche et mains, avec le droit de chambellage, qui est du par tous, loysel, 6bo. Droit de chambellage est une pièce d'or due au chambellan du .seigneur, à la discrétion du vassal, id. 562.
— ÉTYM. Voy. CnAMDELLAN.
CHAMBELLAN (chan-bè-lan) , s. m. || 1° Titre, che^ les princes, des gentilshommes qui servent dans'la chambre. Grand chambellan , le premier officier de la chambre du monarque. Il avait l'honneur d'être chambellan de la roi ne, hamilt. Gramm. s. \\ La clef de chambellan, la fonction de chambellan, dont la clef est l'insigne. || 2'" La table dont le grand chambellan faisait les honneurs aux courtisans que traitait le roi. Aller dîner au chambellan. || 3° Chambellan ordinaire du roi, titre que portait le prévôt de Paris. || Grand chambellan, surintendant des finances du pape. || Chambellan du sacré collège, cardinal qui administre les revenus du sacré collège.
— HIST. xni* s. Girart de Nivelé et Mengiers Dervi chambellanc le roi de Navarre, du cange, accensare. Cis estoit chamberlens au conte Baudoin, viLLEH. LV. Et lors il dit à Jehan Sarrazin son chamiierlain, que il li baillast la lettre que il li avoit commandée, JoiNv. 200, Nous entrâmes en son paveillon, et son chamberlanc nous vint à rencontre pour ce que nous alissiens bêlement, id. 2)8. || xiv s. Et aussi comme si elle fust serve prinse en bataille, Appius la donna k son sergent et à son Chamberlain, bercheure, f° 00, verso. || xv' s. Ses chambrelans et ses varlets qui dorment en sa chambre et qui le veillent, froiss. ii, m, ^^. || xvi' s. Après eux se mit l'Empereur accompagné seulement de six de ses chambellans, m. du bellav, 343.
— ÉTYM. Proveno. camarlenc, chamarlenc; espagn. camarlengo; portug. camerlengo; ital. camarlingo ; de l'anc. haut-allem. chamarlinc, allem. mod. /iràm77ier/)ni7 , de Kammer, chambre (voy. chambre) : l'officier de la chambre. La syllabe Une, qui est germanique, prouve que, bien que l'allemand Kammer provienne du latin, cependant le dérivé c/iomfienaHC et autres formes a été emprunté par les langues romanes aux idiomes germaniques.
t CHAMBELLANIE ( chan-bèl-la-nie ) , s. f. Par plaisanterie, dignité de chambellan. Je n'ai point reçu la lettre par laquelle vous me faisiez part de votre chambellanie, volt. Lett. Albergati, t" octobre ) 767.
— ÉTY-M. Chambellar
CHA
t CHAMBERTIN (chan-bèr-tin) , ». m. Vin d« Bourgogne très-recherché. C'est, ditos-vous, du chambertin? — On dit que c'est du chambertin.— Oui vraiment, c'est du très-bon vin; Mais est-ce bien du chambertin? J'en veux goûter encor pour en être certain, le Nouveau seigneur de village, se. 3. J'avais de l'encens à leur vendre Après un coup de cliambertin, BéRANG. Gnérison.
— ÉTYM. Nom d'un cru en Bourgogne.
CHAMBOURIN (chan-bou-rin) , ». m. Espèce de
pierre qui sert à faire le faux cristal. || Sorte de verre q\ii est do couleur verte et très-commun.
t CHAMBRAGE (clian-bra-j'), s. m. ou CHAM- BRAIE (chan-brô), s. f. Terme de marine. Charpente au pied du mât de beaupré dans un grand bâtiment.
CHAMBRANLE (chan-bran-V), s. m. Nom (|u'on donne aux bordures ou encadrements des trois côtés d'une cheminée, d'une porte, d'une fenêtre. La manière de faire les portes et leurs chambranles ect telle qu'il faut premièrement convenir de quel genre on les veut; car il y a trois sortes de portes, la dorique, l'ionique et l'atticurge, Perrault, Vilruve, IV, 6. Il Chambranle à cru, chambranle qui porte sur l'aire du parquet ou sur l'appui de la croisée sans plinthe.
— ÉTYM. Ancienne orthographe, chambransle. On trouve dans l'ancien français eambry pour voûte, et dans le bas-latin caméra pour boiserie. Mais estce là l'origine de chambranle ?
CHAMBRE (chan-br'), s. f.\\l° Une pièce d'une mai -on, et principalement celle qui est affectée à l'usage particulier d'une personne, pour y coucher, travailler. Chambre à coucher, de parade, parquetée, carrelée, haute, basse, on galetas, à feu, vide. Meubles, robe, pot de chambre. Et seule dans ma chambre enfermant mes regrets, corn. Pohj. 11, î. De princes égorgés la chambre était remplie, bag. A)h. I, 2. Il Chambre, pièce isolée qui se loue et qu'on dit par opposition à appartement, boutique, cabinet. Chambre meublée, garnie, à louer. || Travailler en chambre, se dit d'un ouvrier qui travaille chez lui sans avoir de boutique. || Garder la chambre, ne pas sortir de chez soi. Je gardais la chambre, noss. Letl. abb. ( 1. Il y a quatre jours qu'il fait un orage continuel; toutes nos allées sont noyées; nos charpentiers gardent la chambre, sÉv. 85. 11 a gardé plus de quinze jours sa chambre, id. 395. Un mal subit qui le force à garder le Ut.... — Garder le lit, Basile 1 il a bien fait d'envoyer; je vais le voir à l'instant.— Quand je dis le lit, monsieur, c'est la chambre que j'entends, Beaumarchais, Barbier de Sév. III, 2. Il Valet de chambre, femme de chambre, homme, femme attachés au service personnel. Mettre à lachamlire, faire valet de chambre, femme de chambre. C'est une fille que j'ai mise à la chambre, mol. Comtcs.'se, 4. || Familièrement, mettre une fille en chambre, louer un logement poui l'y retirer et l'entretenir. || Fig. et familièrement, mettre, tenir quelqu'un en chambre, l'obséder, le circonvenir pour le retenir au jeu et le duper, etc. Il Pièce où un homme se livre à ses occupations de bureau ou d'esprit. Aujourd'hui on dit cabinet. Soit que dans la chambre il médite, malh.ii, 3. Une haute capacité qu'ils doivent à la chambre et au loisir d'une mauvaise fortune, la bruy. xi. || Chambre noire, pièce non éclairée, et aussi dansles monastères, pièce sombre pour mettre en pénitence, ou pour se recueillir dans la retraite. || Chambre, dans le sens d'étage, inusité aujourd'hui. Ils [les savants] sont toujours logés à la troisième chambre. Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre, la font. Fabl. VIII, 1 9. Il Terme d'ancienne législation. Chambre étoffée, meubles attribués à une femme après la mort de son mari. || 2° Musique de chambre, celle qui est faite pour être jouée dans les salons, à la différence de la musique d'église ou de théâtre qui doit être exécutée devant une assistance très-nombreuse et déploie par conséquent des ressources bien plus étendues. La musique de chambre comprend les morceaux de chant à une, deux, trois ou quatre voix, avec ou sans accompagnement, et plus spécialement encore les morceaux de musique instrumentale où les parties ne sont pas doublées; tels sont les duos, trios, quMuors, quintettes, etc. tandis que les symphonies et les concertos, avec accompagnement d'orchestre, où il y a de dix à vingt premiers violons, autant de seconds, autant de basses, etc. sont des pièces de concert et non de la musique de chambre. Avant l'invention de l'opéra, la musique se divisait en musique d'église ou sacrée et en musique de chambre. Il y avait encore celle qui servait à la danse, et l'on dansait généralement aux sons de chansons rhythmées
CHA
que los Italiens appelaient hallate. Nous avions en France les chansons à danser; celles-ci étaient des espèces de roniles avec un refrain (|ue l'on répétait après chaque couplet. La musique de chambre se composait d'abonl de madrigaux ou de chansons à 4, a, c voix, quelquefois même davantage; chaque parlie était écrite ou imprimée surdo petits cahiers que l'on distribuait aux exécutants suivant le caractère de leurs voix; les madrigaux et les chansons se chantaient souvent à la fin des repas. Plus tard, et avant que l'on écrivit de la musique uniquement destinée aux instruments, ceux-ci jouaient seuls les diverses parties destinées aux voix ou les doublaient , suivant leur diapason ; c'est pourquoi sur certains recueils de madrigaux imprimés en Italie au svi* siècle on trouve ces paroles : da suonare e da cantare, pour jouer et pour chanter. Un peu avant le milieu du xvii" siècle, la cantate fut inventée ; les cantates étaient des espèces de scènes détachées dans lesquelles se succédaient des récitatifs et des airs; elles étaient écrites pour une voix avec une basse chiffrée ou non chiffrée, qui servait pour l'accompagnement du clavecin ; il y en avait aussi à deux voix. Les cantates de Porpora et d'Alexandre Scarlatti ont joui d'une grande célébrité; celles de Clérambault ont eu do la vogue en France au commencement du xvni* siècle ; mais depuis longtemps ce genre de composition a cessé d'être en usage. Aujourd'hui on entend généralement par musique de chambre celle qui est exprimée par ladéfinition mise en tête de l'article, Noie de M. fahheng sur l'histoire de la musique de cftambre. Il 3° La chambre, pris absolument, signifie la chambre du roi, et par extension, les officiers de la chambre. Huissier, musique de la chambre. La chambre est entrée. Vous savez bien qui vous nommâtes h la place de Visconti ; ce fut un noble, un vicomte, un gentilhomme de la chambre, p. L. cour. I, 120. Il Maître de chambre, premier officier de la maison du pape ou d'un cardinal. || 4° Dans les vaisseaux, certains espaces où couchent les principaux officiers, où se tient le conseil, etc. La chambre du capitaine. La chambre des passagers. || 5° Assemblée qui entre en partage de la puissance législative. Il y avait sous la monarchie constitutionnelle la chambre des pairs et la chambre des députés. Dans les états généraux, le clergé, la noblesse et le tiers état formaient trois chambres. Convoquer, dissoudre une chambre. Siéger h la chambre. Chambre des représentants. Chambre des seigneurs. || En Angleterre, chambre des communes ou chambre basse, assemblée des députés des comtés et des bourgs, qui représente la petite noblesse et le corps du peuple. Chambre haute ou chambre des pairs, assemblée dos pairs anglais. || Chambre étoilée, en Angleterre, juridiction tirée, pour les accusations politiques, de la chambre des lords. || 6° Lieu où se réunit une assemblée qui porte le nom de chambre. || Chambre du conseil, pièce où les juges se retirent pour délibérer; et, par suite, l'assemblée du tribunal qui statue sans publicité sur certaines aflTaires. || 7° Nom de diverses juridictions spécifiées par une seconde désignation. Chambres de l'édit ou mi-parties, chambres instituées par l'édit de Nantes et composées par moitié do catholiques et de protestants. Chambre des comptes, chambre qui a été remplacée par la 'cour des comptes. Chambre de justice ou chambre ardente, commission nommée pour connaître des malversations de deniers publics, etc. Plus anciennement, on nommait chambre ardente deux tribunaux qui prononçaient la peine du feu, l'un dans les cas d'hérésie, l'autre dans les crimes d'empoisonnement. Cliambre aux deniers, bureau qui tenait la comptabilité de la bouche du roi. || Chambre ecclésiastique, chambre qui connaissait des dîmes. Il Chambre apostolique, juridiction romaine où se traitent les affaires qui regardent le trésor et le domaine du pape. Il Chambre impériale, cour de justice qui se tenait àWezlar, depuis la ruine deSpire,etoù l'on jugeait, par appel, tous lesdifl'éiends des princes et des villes de l'empire germanique. || Nom des sections de certains tribunaux. Chambres de la cour de cassation , des cours d'appel. Chambre d'accusation. Chambre civile. Chambre correctionnelle. Chambres réunies, réunion de toutes les sections (ou de plusieurs)d'unecour. Président de chambre. Chambre des vacations, chambre installée pour fonctionner en place dos di verses chambres pendant les vacances. Il Les chambres des anciens parlements. Les présidents et doyens des conseillers de chaque chambre furent avertis de se trouver chez eux le b mai , stsiM. 20, 237. Il Grand'chambre ou chambre du plaidoyer, première et principale chambre de chaque parlement où ."se tenaient les lits de justice || 8° Nom
CHA
d'assemolées chargées de la discipline d'un corps, ou réunies en vue de certains intérêts. Chambre de commerce, d'assurance. Chambre des notaires, des avoués, des huissiers, des commissaires priseurs. Chambre syndicale, littéraire. || 9° En quelques villes on nomme chambre ce qu'à Paris on nomme cercle. Il Chambre de rhétorique, au xV siècle, dans les Pays-Bas, réunion de personne» pour se livrer i des travaux littéraires. l| 10° En termes d'optique , chambre noire, obscure (voy. noir, atij.), chanibre claire (voy. caméra lucida). |1 11° Vide, cavité. Il se forme souvent des chambres à la fonte quand la mitière coule mal; le tir en produit aussi quelquefois dans les bouches à feu. Qu'ils se fassent montrer les deux chambres ou concavités qui y sont [dans le cœur] , desc. Me'th. 6. 1| Chambre d'un mortier, d'un obusier, d'une mine, la cavité où se met la charge. || Fig. En jouant sur le sens de chambre et dévide. Il y a bien des chambres à. louer dans sa tête, il est un peu fju. || Terme d'anatomie. Chambre antérieure de l'œil, l'espace compris entre la cornée et la partie antérieure de l'iris; chambre postérieure, l'espace compris entre la partie postérieure de l'iris et la face antérieure du crislalUn. Il Terme de ponts et chaussées. Chambre des portes, la partie d'une écluse dans laquelle les portes se meuvent. || Chambre de plomb, vaste pièce dans laquelle on fabrique l'acide sulfurique. || Chambre de vapeur, espace compris entre la paroi supérieure de la chaudière et la surface du liquide. || 12" Vide qu'on pratique dans une selle , un bât ou un collier de cbfval. || Ouverture il la base d'une enclume. Il Fente du peigne du tisserand par où passent deux fils. Il Creux dans la verge de plomb où le vitrier insère les carreaux de vitre. || 13° Terme do chasse. Endroit de la forêt où le cerf se repose pendant le jour. Il Sorte de piège à loups.
— HIST. XI" s. E si alcons [quelqu'un] est apelez [accusé] de muster [moùticr] froisser [froi.sser , enfoncer] u de chambre.... Lois de Guill. 17. Et Angleterre que il teneit sa cambre [province], Ch. de Itol. CLXix. [Il] Fait soi porter en sa cambre voltice, l'b. CLXX.XIV. Il xii" s. Beden/, sa chambre qui ert [était] peinte à gérons, lioncisv.i le. [Elle] Qui m'a nourrie en sa chambre pavée , ii). 1 0 1 . En une chambre peinte de diverse color, ib. tas. En sa chambre ert 11 reis od ses plus privez druz, Th. le mart. 36. Ixingres est chambre [province ou ville directement soumise au souverain] Fempereor Pépin, Oarin, dans DU cange, caméra. \\ xiu' s. Maison pour boste- 1er, chambre b. voûte, ne salle, Berte, xxvii. Et li drogliemant monte àmontparune fausse poterne et vint en la cambre la roine (jui l'attendoit, Chron. de liains, 6. Li tiers c.is, si est si comme s'aucuns, qui ne soit pas mes sires, brise mes huces ou mes cambres, beaum. xxxix, 79. Defl'ense est fête que por dete on ne voist penre en cambre à dame, ne damoiselle ne de feme qui gise d'enfant, m. Liv, 7. Et sachiez que un vieil Sarrazin chevalier qui estoit en la galée, le portoit aus chambres privées à. son col, JOiNV. 241. Et pour la fort menuison [dys-seiiterie] que il avoit, li convint coper le fons de ses braies toutes les foiz que il desceiidoit pour aller à la chambre [latrine], id. 237. Encore en parlerons-nous, de cette journée, es chambres des dames, id. 228. ■jl xiv s. Chambre coye ou courtoise [latrines], ûV
CANGE, caméra. || xv" s Et si Courtray nostre
chambre [district], froiss. h,ii, 6G. [Le roi Charles de France] tout quoi estoit en ses chambres et en ses déduits, ID. II, II, 45. Par foi et serment et sur deuxmiUions de florins à la chambre du pape, id. I, I, 95. [Yvain] fut, tant que le roi Philippe de France vesquit, des enfans [pages] de sa chambre, ID. II, II, 30. Assené [assigné] de une rente et revenue par an sur la chambre des comptes, id. ii, m, 26. Las! la chambre de ma pensée De grant plaisance reluira, CH. d'orl. Bail. 44. Il sembla aux dessus dits que la bombarde ne s'estoit pas bien descliargée de toute la poudre qui mise et boutée avoit esté dedens la chambre d'icelle, j. de troyes, Chr. 1478. Ung prieuré ou chambre d'abbé dépendant de ladite abbaye, du cange, caméra. ||xvi' s. Puis [le petit Gargantua] les passant par une autre grant salle, les mena à sa chambre [au haut de la maison], RAB. Carg.i, V2. En ycelluy estoient9333 chambres, chacune guarnyo de arrière chambre, cabinet, guarde-robe, chapelle et yssue en une grande salle, in.ib. 1, B3. L'un de ses valets de chamhre, amyot, LuciM. 31. L'homme de chambre de M. de Lansac le jeune, paré, Introd. 24. U observera les bestes, leurs repaires et gistes, licts, chambres, reposées, bauges et tanières, o. de serres, 993. Vides cham-. bres font femmes folles [c'est-à-dire la pauvreté fait
que les femmes sa livrent au désordre luoox ci LiNCY, Prov. t. u, p. )59.
— ÉTYM. Picard, comte, cambre; provenç. cambra ; espagn. camara ; ital. camerck ; allem. lCom« wier; du latin caméra ou camara, où l'accent est sur co, toit voûté, du grec xaiiipa, voûte.
CU.4i\iBRË, ÉE (cham-bré, brée), adj. \\ !• En parlant des pièces d'artillerie, qui a des chambres. Il 2° En termes de zoologie, coquilles chambrées, coquilles qui présentent plusieurs cavités séparées les unes des autres par des cloisons.
— ÉTYM. Chambre.
CHAMBRÉE (chan-brée), s. f. \\ 1° Tout ce que contient une chambre. || Un certain nombre d'ou« vriers ou d'autres personnes qui ccuchent dans un9 même chambre. Comme j'étais de chambrée avea lui, nous nous étions liés "de préférence, i. j. rouss. Conf. V. Les grandes chambrées des jeunes Lacédémoniens n'étaient que des écoles de l'amitié, BERN. de s.-p. Harm. vu. De Fami'a'^. || Certain nombre de soldats qui logent ensemble. Le maréchal ferrant de la compagnie où il était se trouva de sa chambrée, st-sim. 118, 3. Les soldats ne disposent, à quatre sous par jour, que de 73 livres, el ils vivent gaiement en s'associant par chambrées, VOLT. l'Homme aux io écus, entretien avec un géo' mètre. || 2° La quantité de spectateurs que tient uu théâtre, et la recelte qu'il fait pour une représentation. Bonne, faible chambrée. Si vous pouvtz donner quatre ou cinq représentations de la pièce avant la fin du carême, je vous conseille de ne pas perdra ces quatre ou cinq bonnes chambrées, volt. Lett. U Kain, 2 mars 1767. || 3° Se dit des différentes profondeurs d'une carrière d'ardoise.
— HIST. XVI' s. Il l'interrogua premièrement combien ils estoient logez ensemble par chasque chambrée, amyot, Lucutl. 17.
— ÉTYM. Chambre.
CUAMBRELAN (chan-bre-lan), s. m. Ouvrier en chambre. || Locataire qui n'occupe qu'une chambre. Il Mot populaire et peu usité.
— ÉTYM. Le même que chambellan.
CHAMBRER (chan-bré), v. n. || i' Être de la
même chambrée; habiter la même chambre. Plus de subordination entre Gil Blas et son secrétaire; plus de façons entre eux; ils chambrèrent ensemble, et n'eurent qu'un lit et qu'une table, le sage, Gil Blas, IX, 8. Il 2' Terme de vénerie. En parlant du cerf, se reposer pendant le jour. || 3* ¥. a. Terme de sellier Faire de petits creux dans une selle et en tirer la bourre , quand le cheval est blessé. Il 4° Mettre en une chambre, diviser par ordre une assemblée. On vous a dit, on l'a dit au public, on en a fait une espèce de cri d'alarme contre ma motion , qu'elle tendait à chambrer les états généraux, à autoriser la distinction des ordres, MiRAB. CoUect. I, p. 249. Il 5° Chambrer quelqu'un, l'obséder , le circonvenir pour le retenir au jeu. Il Familièrement, prendre quelqu'un à part pour Io chapitrer ou le catéchiser. || 6° Se chambrer, v. rèfl. En termes d'artillerie, une pièce se chambre quand par le battement du boulet il s'y forme des creux qui bientôt la mettent hors de service.
— ÉTYM. Chambre. .
t CHAMBRERIE (chan-bre-rie), s. f. Office d'économe dans certains chapitres ou monastères. {| Juridiction atlachée à l'ancien oftlco de grand chambrier de France.
— HIST. xvi° s. Frère Jehan de la Noue, chambrier de l'abbaye deSt-Benoist surLoyre, procureur de la justice de la chambrcrio du dit saint Beiioist, Cousiumicr gin. t. i, p. 880.
— ÉTYM. Chambre.
CUAMBRETTE (chan-brè-t') , s. f. Petite chambre. Les solitaires do Martaigne ont quatre chambrettes, un petit jardin et une petite chapelle chacun, ST-siM. 1 , 32. Tu veux fuir de ma chamhrette Pour courir je ne sais où, bérang. Chatte.
— HIST. XII" S. Tut le plus del jur ert en un suen oratur Dedenz une chambreto où faiseit sun labur, E ferment l'uis sursei.... Th. le mart. loi. || xiii* s. U n'i a chamhrette petite Qui ne soit si bien ramonée Que jà poudre ii'i ert trovée. J'oie de paradis, dans RUTKB. t. ii. p. 3.it. || xV s. U descend de sa chambre si celéement, qu'il fust dedans la chambretle où la meschine blutoit, sans qu'elle onques en sceust rien, louis xi, JVout'. xvii. || xvi' s. Si y eut un do ceulxque l'on avoit condemnez, beau jeune enfant, qui fut emmené en une petite chamhrette par l'un des plus grands garsons, amyot, C. d'Uti'j. 4.
— ÉTYM. Diminutif de chambre; bourguig. chambra te.
CIIAMURIËR (cham-bri-é), s. m. || 1° Certain