CES
— HIST. XIII* S. Nus cervoisiers ne puet ne ne doit faire cervoise fors de yaue et do grain, l.iv. des met. 29. Ne cervoise ne vin por boivre, Ren. 13018. Il XVI* s. Ceux qui ont accoutumé de boire de la cervoise ou bière, le pourront faire, pourveu que la bière soit bonne, claire et déliée, paré, xxiv, 23. Et de Ceres [ce breuvage] sera nommé cervoise, bons. 084.
— ÉTYM. Provenç. cerveza ; espagn.cervesa; portug. cerreja; ital. certogia;de cenisia dans Pline; cervisa dans Marcelliis, de Bordeaux; mot cellique: cornwall. coruf, curef; kymri , cwrw; bas-bret. kufr, autrefois koref.
CICS (se), pluriel de ce, cette, adj. démonst.
CICSAR (sé-zar), s. m. || 1° Nom du célèbre romain qui conquitles Gaules, défit Pompée, etdevint maître de la république romaine. C'est un César, se dit, à cause du renom militaire de Jules César, d'un homme d'une très-grande vaillance. Il est brave comme un César. || Il veut être César ou rien, se dit d'un homme qui hasarde tout, pour être tout ou rien. || Par plaisanterie. Ce chien.... Fut le premier César que la geiit chienne ait eu, la font. Fabl. viii, 24. Il 2° Nom commun à Jules César et aux onze premiers princes qui, héritiers de sa puissance, gouvernèrent après lui l'empire romain. Les douze Césars. Suélone a écrit la vie des douze Césars. Errant dans le palais, sans suite et sans escorte, La mère de César veille seule à .sa porte, RAC. Brit. I, t. Il Titre donné par extension aux empereurs et princes romains après les douze premiers empereurs. Tel que sur son char Victorieux dans Home entre notre César , corn. Poly. i, 3. Et quoiqu'à ses Césars fidèle, obéissante.... bac. Bêr. II, 2. Il Titre particulier des héritiers pré.somtifs de l'empire. C'est surtout k partir de Dioclétien que cette signification fut arrêtée; Dioclétien régla qu'il y aurait toujours deux empereurs et deux Césars; les empei eurs s'appelaient Augustes et s'adjoignaient, sous le nom de Césars, des aides ou coadjuteurs qui devaient leur succéder. || Par extension, qualification des monarques qui ont le titre d'empereur. Une tille des Césars, une fille de la maison d'Autriche. Les prélats s'étaient donné la liberté de faire un César, volt. Mœurs, 5(. || Proverbe. Ufaut rendre à César ce qui appartient à César, c'est-àdire : à chacun ce qui lui est dû.
— HIST. XV" s. Hardy comme un César je suys à cette guerre Où l'on combat armé d'ung grand pot et d'ung verre, 0. bassel. V. de Vire, 10.
— ÉTYM. Le latin Cxsar ou Cxso fut un surnom donné à des enfants que l'on tirait du sein de leur mère par une incision, dite plus tard césarienne, de cxdere, couper, inciser.
t CÉSARIEN, lENNE (sé-za-riiu, riè-n'), adj. Il 1° Qui appartient à Jules César ou aux Césars. Famille césarienne. Troupes césariennes. || 2° S. m. Celui qui était partisan de César. Les Césarieus et les Pompéiens.
— ÉTYM. Cxsarianits, de Cxsar.
CÉSARIENNE (sé-za-riè-n'), adj. f. Terme de chirurgie. Opération césarienne, inoisioii piuliquée aux parois de l'abdomeu et k celles de l'utérus pour extraire le fœtus.
— HIST. xvi* s. F. Rousset, en son livre de l'enfantement caesarien, escrit que.... paué, .wiii, 42.
— ÉTYM. César (voy. ce mot).
f CÉSARISME (sé-za-ri-sm'), s. {. Domination des Césars, c'est-à-dire des princes portés au gouvernement par la démocratie mais revêtus d'un pouvoir absolu. Il Théorie de ceux qui pensent que cette forme de gouvernement est la meilleure. || Néologisme.
— ÉTYM. César. *
t CÉSERON (sè-ze-ron) , s. m. Un des noms vulgaires du pois chiche.
— ÉTYM. Dérivé du latin cicer, pois chicho. fCESPITEUX, EUSE (sè-spi-teû, teù-z'), adj.
Terme de holaiiique. Qui croît en touffes serrées. Se dit des feuilles ou des rameaux qui viennent sur un rhizome ou sur la base de tiges vivaces détruites annuellement.
— ÉTYM. Le latin cespes, toufl'e, gazon. CESSANT, ANTE (sè-san, san-t'), adj. Qui cesse.
Il faut exécuter cet ordre, tous empêchements cessants. Je viens, toute affaire cessante.... la font. Fars. Pour me prier, toutes choses cessantes, d'aller voir ce chef-d'œuvre, sÉv. 272. De ces obscurités cessantes Tu verras sortir triomphantes Ma justice et ma liberté, lamart. Méd. i, 8.
CESSATION (sè-sa-sion; en poésie, de quatre syllabes), î. f. Action de cesser. Cessation d'hostilités, de poursuites, de commerce, etc. Unecessation d'inquiétude, PASC. dans cousin. La cessation de presque tout le commerce qui ne se fait plus que par
des contrebandiers, volt. Letl. d'Àrgenlal, 22 décembre 1700. Il Cessation do payements, faillite.
— HIST. xiv s. La remission ou cessation de tel mouvement, ORESME, ï'Wse de meunier. || xvi's.Voycz Plutarque au livre de la cessation des oracles, rab. Pant. IV, 27. On accuse ma cessation en un temps où quasi tout le monde estoit convaincu de trop faire, mont, iv, 172. Les consuls décernèrent la cessation de la justice, et surseance de tous affaires, AMVOT, Sglla, 18. La cessation de la sécheresse, m. iVumo, 23.
— ÉTYM. Provenç. cessatio; espagn. cessacion; ital. cessasione ; du latin cessadoncm, de cessare (voy. cesser).
CESSE (sè-s'), s. f. Fin, relâche. Mot qui tombe peu à peu hors de l'usage et qui n'osfplus guère usité que dans les locutions : n'avoir pas de cesse, et sans cesse. Parler, travailler sans cesse. Il n'a ni repos ni cesse. .Sa haine contre vous n'aurait jamais de cesse, tristan, M. de Chrispe, u, 6. ô cruauté du sort qui n"a jamais de cesse! racan, Berg. u, 2, Lisimandre. L'esprit [le démon] s'en va, n'a point de cesse Qu'il n'ait mis le fil sous la presse, la font. Ch. imp. Point de cesse, point de relâche, in. Fab. V, 0. Astre par qui vont avoir cesse Nos ténèbres.... MALIl. m, 1.
— HIST. XVI* S. Or sus, esprit, temps est que donnes cesse  ta douleur et fascheuse tristesse, marot, r, 319. Je ne l'ay plus, par mort L a pris cesse, id. II, 67. Ce pendant ma destresse Ne prendra fin ne cesse Que par vous sa maistres.se, st-gelais, 240.
— ÉTYM. Voy. cesser. L'ancien français avait cessement et aussi ces.
CESSÉ, ÉE(sè-sé, sée), part. pass^. Des poursuites judiciaires cessées par autorité supérieure. Où sont-ils ces maris? la race en est cessée, la font. Coupe. La justice y était abolie, le négoce cessé, st-sim.472, 17.
CESSER (sè-sé). || 1° Y. n.Mettre fin à, ne pas continuer, être dans l'inaction. Je n'ai ni affaires ni loisir; je ne fais rien et je ne cesse jamais, balz. I, 300. Romains, souffrirez-vous qu'on vousimmole un homme Sans qui Rome aujourd'hui cesserait d'être Rome? corn. Uor. v, 3. Le bruit cesse, on se retire, la font. Fabl. 1, 9. Cessez donc de tenir un langage si vain, id. 16. iv, 3. Il ne cesse de les rappeler à la pénitence, boss. 7/iit. 11, 4. Cesse, cesse, et m'épargne un importun discours, rac. Phèdre, IV, 2. Joas ne cessera jamais de vous aimer, ic Àlh. IV, 4. Grand roi, ces.se de vaincre, ou je cesse d'écrire, boil. tp. vui. Cesse donc à mes yeux d'étaler un vain titre, iD. Lutr. n. Les orages Ont cessé de gronder sur ces heureux rivages, volt. Ériph. n, 3. Le soleil se coucha ce jour-15 à onze heures et se leva à deux, sans qu'on cessât de voir aussi clair qu'en plein midi, regnard, l'oi/. de Laponie. t. IV, p. 204. Ces bois ont repris leur verdure nouvelle; L'orage en est cessé, l'air en est éclairci, malh. v, 25. Il Faire cesser, mettre fin à. Faire cesser une querelle, les discordes, le tumulte, une révolte. La nuit fit cesser le combat. Le même arrêt invita l'archevêque à faire cesser lui-même le scandale, volt. Louis XV, 30. Il 2° V. a. Ne pas continuer. Cesser tout effort. Cessons nos plaintes. Le généreux vainqueur a cessé le carnage, volt. Henr. viu. La Sorbonne menaçait de cesser ses leçons ; et le parlement, qui avadt lui-même cessé ses fonctions plus importantes, ordonnait à la faculté de continuer les siennes, ID. Louis XV, 36. Vous avez cessé vos désordres, mais vous ne les avez pas expiés, MASS. Car. Petit nombre des élus.
— REM. 1. Cesser se conjugue avec l'auxiliaire arotr, quand on veut marquer un fait : les plaintes ont cessé au moment que vous entriez ; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer un état qui persiste : les plaintes sont cessées depuis que vous êtes entré. Et du Dieu d'Israël les fêtes sont cessées, rac. Fsth. l, i.||2. D'après Chifflet, cesser, I'. n. commençait de son temps à être employé activement. On trouvera à l'historique un exemple d'Amyot et un de Marguerite où cesser est verbe actif.
— HIST. XI" s. Cent paienor ne veulent cesser onque, Ch. de Roi. clxxxvii. || xiv" s. Mais quant l'amisté est dissolue et cessée vers aucun, oreshe, Elh. 265. En dormant l'ame repose et cesse de toutes
les operacions selon lesquelles elle est dite ou bonne -M ou malvaise, id. 16. 30. Karenlouet l'oy , lors a dit sans M cesser : Seigneur, or du biau faire 1 il nous convient ouvrer, Guesel. 14970. |{ xv* s. Et en tua lui e.' sa compagnie, ains qu'ils ce-ssassent, plus de troit cents, froiss. i, i, 43. Et si tost qu'il en sa voit en une ville, il ne cessoit jamais tant qu'il l'eust banni ou fait tuer sans déport, id. i, i, 65. Quand ce cri fut répandu parmi î'ost , tous se cessèrent, id. u