‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 367 sur 504 · CHAMPLURE · texte numérisé non relu

CHAMPLURE

t CHAMPER (chan-pé), CHAM^ESER (chan-pezè), V. a. Jeter le bois sur la grille dans une saline.

CHAMPÊTRE (chan-pê-tr') , adj. Qui appartient, qui a rapport aux champs; qui est dans les champs, loin des villes. Vie, site, musique champêtre. Les divinités champêtres des païens. La table où l'on servit le champêtre repas, la pont. Phil. et Bau. Les moines s'étaient proposé pour modèle de leur vie celle de ces ouvriers champêtres qui gagnent leur vie par le travail, fén. xvii, 40 i. Ce vieillard au héros.... offre un festin champêtre, volt. Henr, i. Elle [une jeune fille] brille surtout dans nos champêtres jeux, ID. Scythes, i, i. Tout cela donne à cette maison un air plus champêtre, plus vivant, plus animé, plus gai, j. j. Bouss. Hél. iv, )0. 11 était si naturel d'opposeï les mœurs champêtres aux mœurs de la cour, volt. Lett. d'Argenfal, 4 9 déc. 4768. Ô mu.ses, vous savez.... Si mon cœur dévorait vos champêtres histoires, Cet tige d'or si cher à vos doctes mémoires, a. chén. Élég.. xiv. || Garde champêtre, garde préposé à la police des campagnes.

-- IHST. XI* s. Qui ad aver campestre, Lois à« Guill. 4 8. Il xui* s. Aucun uzage sunt es bones viles de mesonner et de plusors autres cozes, qui ne sunt pas es viles campestres, seaum. xxtv, 22. || xiv s. Lieux desers de coustivement champestre , ber- CBFUBE, f 52, verso. Il XV* s. Le mareschal s'en alla ti Botun, qui est une grosse ville champestre, qui lost fut pillée, Bouciq. ii, 21. Ils virent bien six raille Liégeois partant de leur ost et bataille, le.squ«Is s'en alloient moult légèrement, fuyant vers une ville champestre, monstbel. i, 50. I| xvi* s. Une vie champestre et rastique, amyot, Arist. et Catnn, 2. Herbes champestres, cichorée, buglosse et semblables autres, 0. de serres, 336. VisitanUs l'isle, ils remarquoientles terres mieulx cultivées et maisons champestres mieulx gouvernées, mont, ii, 9.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. campestre; du latin campeslris, de campus (voy. champ).

t CUAMPEUR (chan-peur), s. m. Ouvrier qui obampe dans une saline.

— ÉTYM. Champer.

+ CHAMPI, ISSE (ohan-pi, pi-s'), adf. Un enfant cruunpi, une fille champisse, et substantivement, un champi, une champisse, un enfant trouvé. Mot wu Poitou, de VAogoumois, de la Saintonge et du

^m ;«?,Tn"' "" *' "'' ='"'='«"' ^"' ^'"«age litté- P*/"'' •^'"^^modarneet unepièce dotWfttre.

■IÇT. xrv s. La quel Dousset respondit inju-

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fieti.5ement au dit Rcmea qu'il avoit faussement menti comme mauvais champis fllz de moine, du CANOR, cnmpenses. Jehan appela le dit Jordanet fils de champisse, ID. ib. || xv* s. Lesquelx vindrent contre les filz et varlets du suppliant, en les appelant champilz, id. 16. Champis qui vaut autant à dire que filz de prestre ou d'un homme et femme non mariez, id. 16. || xvi* s. Qu'eust-il dit de voir son fils de champis capitaine, de capitaine prince souverain? d'aub. Conf. I, 40.

'—ETYM. Saintonge, champis, au féminin champise; de campilis (comme le prouve la forme champil), du latin campus, champ : enfant trouvé dans les champs.

CHAMPIGNON (chan-pi-gnon), s. m. yi-Terme de botanique. Nom de plantes cryptogames, formant une classe qui renferme une infinité de genres et d'espèces, les unes bonnes à manger, les autres très-malfaisantes et causant souvent la mort quand on en mange par imprudence. Le pied, le chapeau d'un champignon. Une couche, un maniveau, un plat de champignons, Champignons vénéneux. || Blanc de champignon, assemblage de petits filets blancs à l'aide desquels les jardiniers reproduisent les champignons. Il 2° Fig. Il est venu en une nuit comme un champignon, c'est-à-dire il a fait fortune en peu de temps. Ou ces doctes mignons Naissent en une nuit comme des champignons, régnieb, Sat. u. Il y a fort peu de temps qu'il est dans la comédie : on ne devient pas comédien comme un champignon, scakr. Rom. corn. V. Jamais je n'avais pensé à une place qui ne devait être remplie que dans cinq ans, mais ces champignons de fortune prenaient leurs mesures de loin, st-sim. 242, 234. || On dit aussi d'un enfant qui grandit vite et se porte bien, il vient comme un champignon. Il 3° Terme de pathologie. Excroissance molle et fongueuse qui se forme, en certains cas, sur des surfaces mises à nu. || Terme de vétérinaire. Squirre du cordon testiculaire après la castration du cheval par casseaiix. || Maladie à laquelle les chiens sont sujets. ||4° Support en l'orme de champignon pour des chapeaux et bonnets de femme, perruques, etc. |t5° Renfiement spongieux qui se forme à une mèche qui brûle mal. || 6° Bouton, embout de métal d'un fourreau. Comme Cambyse sauta sur le cheval, du fourreau de son sabre tombe le champignon, le sabre le blesse à la cuisse, p. L. couB. H, 479. || Rond do tôle à l'extrémité d'une cheminée ou d'un tuyau. || 7° Sorte de jet d'eau peu élevé. || 8° Champignon de mer, nom vulgaire de plusieurs corps que l'on trouve sur le bord de la mer.

— HIST. XIII" s. Campaigncus sont de maintes manières, et il en a qui font les gens soudainement morir. alebrant, f^et. ||xiv*s. Champignons d'une nuit sont les meilleurs et sont petits et vermeils dedans, clos dessus, Ménagirr, 11, 5.

— ÉTYM. Ital. campignuolo ; l'ancien français et l'italien, qui sont les mêmes, viennent d'un baslatin campinolius; le français moderne d'un bas-latin campinio, de cojnpws, champ : qui vient dans les lieux champêtres.

t CHAMPIGNONNIÈRE (chan-pi-gno-niê-r') , s. f. Couche de fumier préparée pour faire venir des champignons bons à manger. On accommode des champignonnières dans des caves.

— ÊTYM. Champignon.

CHAMPION (chan-pi-on), s. m. \\ 1° Celui qui combattait en champ clos. || Celui qui soutenait en champ clos une querelle judiciaire pour son compte ou pour celui d'autrui. Ceux qui ne pouvaient combattre de leur personne fournissaient des champions. |t En Angleterre, champion du roi, homme armé de toutes pièces, qui entre à cheval dans la grande salle de Westminster, et qui défie par la bouche d'un héraut quiconque oserait contester le droit du roi à la couronne. || i° Par extension, tout homme qui combat sur un champ de bataille. Les seuls champions qui pussent tenir devant les chevaliers de France étaient les chevaliers d'Angleterre, cnATEAUB. Génie, iv, v, 4. || Par plaisanterie, tout homme qui se bat. Tandis que coups de poing trottaient. Et que nos champions songeaient à se défendre, la font. Fabl. i, 43. Aussitôt contre Evrard vingt champions s'élancent, boil. Lutrin, v. Il Ironiquement, c'est un vaillant champion, c'est un homme peu courageux. || Molière a employé ce mot au féminin : Tous venaient sur mes pas, hors les deux championnes. Oui du combat encor remettant leurs personnes.... l'Élour. v, (4. || i" Fig. Défenseur. Il fut un des plus fermes champions de la foi.

— HIST. XI* s. Contre païens [il] fut tout tens

cnA

campiuns, Çh, de Hol. ci-xiii. ||xii*s. Aiuors lenç'-a et bataille Vers son champion a prise, dans holi.and, p. 228. Charles i a son champion mené, Itonc. 4 90. Le rei [il] i ad trové od ses privez druguns, Evesques, e abez, e cuntes, e baruns; Tuz suis entra en champ cumme bons champiuns. Th. le mart. 38. Il eslit par tut les bons champiuns e la forte baclielerie, Uois, 52. || xiii* s. Li sires touz puissans fu champions à nos ancessours contre Pharaon, Psautier, f" 4 82. Il resamble le mauvais campion qui .se claime vaincu sans mehanier, Bibl des chartes, 4* série, t. v, p. 324. Trois champions «ont moult failli Et bien ont deservi à batre. S'il ne pueent le quart abatre, la Rose, 499CO. Et li aucun louoient campions en tele manière que il se dévoient combatre en toutes quereles qu'il aroient à fere, beaum. xxxviii, 4 5. Mais déboutés seroit de son tesraoynage et li campions aroit le poing copé, se le [la] IJataiUe estoit par campion, id. vi, 48. En sa main tint l'espée 0 le poing [poignée] de laiton. Son escu embracié à loi de campion; Iluecques se défient à guise de lion, Ch. d'Ant. viii, 4440. oh com glorieux champion, j. de meung , Tr. 4 4 78. Il XIV* s. Et aussi comme un champion bien aprins contre un ignorant ou ydiot, ores.me, Elh. 85. Et se aucun veult monstrer à un autre comment champions se doivent combattre, iD.tfc.62. |( xv*s. Ha! noble contrée de François ! ce n'est mie de maintenant que tes vaillans champions se monstrent hardis et fiers entre toutes les nations du monde, Bouciq. i, 24. Il xvi* s. Le champion et la championne furent tout un temps à se battre si vertueusement que.... DESPER. Contes, Lxv.

— ÉTYM. Provenç. campion; espagn. campeon; portug. campedo, it:il. campione; bas-lat. campio, de campus , champ du combat.

fCHAMPLÉ, ÉE (chan-plé, plée), adj. Attaqué de la champlure. Les vignes sont champlées.

t CHAMPLEVER (chan-le-vé) , v. a. Terme de T'itier. Pratiquer une rainure dans une plaque de naétal. Il Abaisser le champ d'une pièce à la hauteur qu'il doit avoir pour y incruster une autre pièce. Il Creuser et découvrir au burin un figure dessinée sur un morceau d'acier.

t 4 . CHAMPLURE (chan-plur') , s. f. Terme rural. Gelée, pendant l'hiver, des germes, des bourgeons de la vigne qui doivent s'épanouir au printemps, bien distincte de la gelée ordinaire de la vigne qui arrive au mois d'avril ou de mai, en ceci que la gelée d'avril n'altère pa.s la santé du végétal, tandis que la champlure l'altère.

t 2. CHAMPLURE (chan-pbi-r') ou CHAMPE- LURE, s. f. Terme de métier. Trou pratiqué au bas d'un tonneau ou d'un baquet. || Robinet d'un tonneau qu'on amis en perce (Normandie).

— ÉTYM. Corruption de chantepleure.

t CHAMPONIER (chan-po-nié) , s. m. Voy. clau-

PONIEB.

— ÉTYM. Altération de clamponier.

t CHAMSIN ou KHAMSIN (kam'-sin'), s. ta. Vent d'Egypte qui souffle pendant cinquante jours, vingtcinq jours avant l'équinoxe du printemps et autant après.

— ÉTYM. Arabe, chamsin, cinquante, CHANCE (cban-s'), s. /. || 1° Façon d'advenir,

suivant des conditions qui ne nous sont pas connues. La chance des armes. Nous en courrons la chance. J'abandonne à leur chance et mes sens et mon âme ; Qu'ils aillent où Dieu sait, chacun de leur côté, la- MART. Ilarm. iv, 44. || Pousser sa chance, suivre sa fortune, tenir bon. Il a poussé sa chance, molière, Fdch. I, I. Il Rompre la chance, faire manquer une alTaire. Au hasard du succès sacrifions des soins; Et s'il poursuit encore <l rompre notre chance. J'y consens, ôtez-lui toute notre assistance, mol. l'Étour. III, 4. Il Rompre la chance, se dit à l'écarté lorsqu'un joueur ayant gagné plusieurs fois de suite, un nouvel adversaire lui est opposé pour changer la fortune du jeu. Il Conter sa chance , conter l'aventure qu'oa a eue, conter son sort. Lui conter sa chance, mol. Éc. des maris, m, 2. Il fut trouver .son cousin, lui conta sa chance, bamilt. Gramm. 9. || Par forme de souhail, bonne chance! c'est-à-dire je souhaite que vous réus.sissiez. {| 8° Absolument et abusivement, heureux ha.sard, bonne fortune. Il aura de la chance s'il s'en tire. Je n'ai pas de chance au jeu. Quelle chance de vous rencontrer! Poursuivez pendant que vous êtes en chance. Pauvres gens, ils n'ont vraiment pas de chance. Je finis, etje vous souhaite Une victoire très-complète, Chance à tous jeux, de la santé, la font. Lettres, xxm. || 3* La probabilité qu'il y a qu'une chose arrive ou non. En jetant en l'air une pièce de monnaie, il y a autant de chanco

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pour qu'elle tombe sur pile que sur face. Les chances de mort aux différents âges. U n'a aucune chance de salut. Calculer les chances. On met ainsi presque toutes les chances contre soi , J. J. Rouss. Contr. m, 6. Il En mathématiques, la théorie des chances, le calcul des probabilités. 1| 4° Sorte de jeu de dés. Ils jouaient à la chance à deux dés, hamilt. Gram. H. Il Fig. La chance tourne, a tourné, c'est-àdire les dés tournent, ont tovirné, les choses changent, ont changé de face. Ah ! mon pauvre garçon, la chance a bien tourné ! Pourrais-tu de mon sort deviner l'injustice? mol. VÉtoiir. ii, 7. Que si d'un sort fâcheux la maligne inconstance Vient, par un coup fâcheux, faire tourner la chance, boil. Sat. iv. . Il Fig. C'en est fait pour jamais, la chance en est jetée, RÉGNIER, ÊUq. 2. Il Donner la chance, livrer la chance, livrer chance, se dit quand le joueur, qui lient le cornet, nomme le point qu'il veut avoir en sa faveur.jl Fig. Leduc de Chevreuse livrait chance à tout le monde [provoquait] en plein salon et y disputaitcontretoutvenant,ST-siM. 2:î8, <78.(| 5° Terme lie métier. Pot de terré dans lequel on blanchit les épingles de fer.

— HIST. xiii' S. Tornée lor est la cheance Du dé en perte et mescheance , Hist. de France en vers à la suite du roman de Faurel, ms. n° 68)2, ^ 72, dans LACURNE, au mot dé. Fors que Gentillesce sa fille. Cousine a prochaine cheance [a chance prochaine pour sa cousine], tant la tient fortune en balance, la ttosf, 6B92. Nus deicier ne puet ne ne doit fere ne achater dez ploumez, quelque chance que il doinent [donnent], de quoi qu'il soient ploumez, soit de vif ou de pions. Livre des met. (82.

Il XIV' s Point de plus vaillant homme. Ne qui

plus de victores, pour vigueur, pourcheance, Heûst (eût] : quar douze fois [il] vainquit le roi de France, Girart de Ross. v. 278. || xv« s. Quand il cognoist qu'en liasart gist sa chance, ch. d'orl. Rondeau, p. 288. Il xvi" s. Je pose sus le bout de la table en mon cabinet tous les sacs du deffendeur, et lui livre chance premièrement [jejettelesdés pour lui], rab. Pant. ni, 37. Là [il] jouoytàlablanche, àlaciiance à trois dez, à lu tabie.... ID. Garg. i, 22. Maintenant la chance est tellement tournée, qu'ils sont ilevenus cousins des rois et des empereurs, Calvin, Tnstit. B(9. J'aime mieulx me resouldre à quelque partyque ce soit, aprez que la chance est livrée [le sort jeté, l'affaire engagée], mont, m, 47. Mais si la chance tourne.... m. iv, 63. Ce fut lui qui livra (le chance [donna le signal, commença], en criant, haut les bras, d'aub. Hist. 11, 393. Ce petit combat livra de chance, et resveilla les uns et les autres à la guerre, de laquelle on doutoit auparavant, id. tft. 11, 133. U avoit le jour précèdent gaigné six mille escus à la chance à trois dez, cahloix, m, 20. J'ay joué comme aux dés mon cœur et mes amours; Arrière bien ou mal, la chance en est jettée, rons. 229. Il n'est chancequine retourne ^ lerouxdelincï, Prov. t. n, 3(4.

— ÉTYM. Picard, cince; anc. franc, cheance, du part, cheant, de choir. Provenç. cazensa; ital. cadensa; bas-lat. cadentia, du latin cadens, tombant, de cadere, choir (voy. choir); comparez cadence.

t CHANCKAU(chan-sô), s. m. Terme d'architecture. Nom des barreaux d'une griUe qui ferme une enceinte.

— HIST. xvi' s. Les coUateurs sont tenus à l'entretenement du chœur et chanceaux [cancel.s] des églises parrochiales, Nouveau coustumier général, t. II, p. 49.

— ÉTYM. Antre forme de cancel.

CUANCEL (chan-sèl) , s. m. Voy. cancel.

t CIIANCELADE (chan-se-la-d'). Ghanceladins ou chanoines réguliers de la Chancelade, chanoines de l'abbaye de Notre-Dame de Chancelade à une lieue environ de Périgueux, établis en ( 12» et suivant la règle de Saint-Augustin.

t CUANCELADIN (chan-se-la-din), s. m. Voy.

CHANCELAnE.

CHANCELANT, ANTE (chan-se-ian, lan-t'), adj. Il 1" Qui chancelle. U sent ses genoux chancelants, FÉN. Tél. xviii. Et d'un pas chancelant marche vers son vainqueur, volt. AIî. 1, 4. Et lorsque, tout fumant d'une vineuse haleine. Sur vos pieds chancelants vous vous tenez à peine, regnahd. Distrait, I, 6. Il Oui n'est pas solide, en parlant des choses. Un pont chancelant. || 2° Fig. San lé, foi chancelante. Multitude déjà tout ébranlée et chancelante, VAUGEL. Q. C. liv. III, dans ricmelet. Il croit ([ue le climat, en dépit de la guerre. Pourra prêter l'épaule au monde chancelant, corn. Mort de P. i, 1 . Courroux chancelant, m. Sertor. m, 4. J'ai trouvé son courroux rhancelant, incertain, RAfi. Ath. ni, 8. À combien

de familles de gentilshommes presque chancelantes n'a-t-il pas tendu des mains charitables? mass. Yilleroy. Dans ces vives terreurs les villes chancelantes , n'o-sant lui résister fà César], n'osant le recevoir, BRÉBEUP, Phars. II. J'entends un prêtre saint dont la voix chancelante Dit la prière des tombeaux, v. iiUGO, Odes, i, 7.

CHANCELER (chan-se-lé; l'I se double quand la syllabe qui suit est muette : je chancelle; je chancellerai; je chancellerai-s) , v. n. || 1° Être peu ferme, pencher comme si l'on allait tomber. Nous le vîmes chanceler et tomber. Il chancela du coup, mais bientôt après il se remit. Dans ces convulsions de la nature la lerre semblait chanceler sur ses fondements. Il s'aperçut que le roi chancelait et laissait aller ses armes de faiblesse, vaugel. Q. C. liv. vni, chap. 14. Les petits coups, selon toi, Sentent le buveur qui chancelle, bérang. P. coups. \\ 1° Fig. Pourtant toute espérance en mon esprit chancelle, Régnier, El. I. Je sens qu'elle [ma vertu] chancelle et défend mal la place, corn. Hor. 11, 5. Soutiens ma haine qui chancelle, in. Hér. v, (. Il permet qu'ils chancellent dans la droite voie, boss. Intég. 1. Plus je sens chanceler ma cruelle constance, rac. Bér.n, 2. Votre haine chancelle, id. Andr. iv, 3. Il Hésiter, en parlant de la mémoire. La mémoire de ce prédicateur a chancelé plus d'une fois. || Chanceler se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— SYN. chanceler , vacillkr. Chanceler se dit d'une personne ou d'une chose qui penche deçà et delà, parce qu'elle n'est pas ferme, solide, et menace de tomber. Vaciller veut dire simplement aller deçà et delà, sans qu'il y ait nécessairement pour cela menace de tomber. Dans un tremblement de terre, le sol vacille, mais ne chancelle pas; au contraire un ivrogne ne vacille pas, mais il chancelle. Au figuré, une résolution qui vacille est une résolution qui n'est pas fixe; une résolution qui chancelle est une résolution qui n'est pas ferme. Un témoin vacille dans sa déposition , quand il sait mal les faits ; il chancelle dans sa déposition , quand il n'a pas le courage ou la volonté de les maintenir.

— HIST. XI* s. Son petit pas [il] s'en torne cancelant, Ch. de Roi. clxiii. Charles cancele, por peu qu'il n'est cheUt, ib. ccLXiii. || xii» s. Charles chancelle, mont pert de sa vertu, Roncisv. 146. Sur un char fist on mètre l'arche Deu et covrir ; Li buef en chancelèrent, l'arche voleitchaïr, Th.leinart.T6. Li prélat doivent estre li plus esperital, Ne deivent chanceler pur rien de lur estai, ib. 71. Et ce nos mostrat bien celé arche del Testament ki s'inclinât cant [quand] li buef scancelhievent [chancelaient], Job, 475. Il XIII' s. Si chancelé qu'à poi ne chiet, Ren. 14906. Du tout defailloit ses durtés, Fiebles et vains tremble et chancelé, Fuïr s'en volt, honte l'apele, (o iRose, 1501B. Ha! rois de France, rois de France, La loi, la foi et la créance Va presque toute chancelant! ruteb. 93. Puisque justice cloce, et drois peut et encline, Et vérités cancelle, et loiautés décline, m. 23:i. Je sui sor ferme pierre assise; La pierre esgruine etfent et brise. Et je chancelé, ID. 78. Et fichoit chascun son pel [pieu], si qu'il ne povoit chanceler ne croler, J. de meung, Végèce, l, 11. || xiV s. Par vertu le bouta, et de coer si très grant Qu'il le fist cancheler; et en che canchelant, Trouva derrière lui une piere pesant. Si que li eiifes va tout parmi tresbusquant, Baud. de Séb. IX, 288. Qu'il ne face l'oneur de maintes [femmes] chanceler, Girart de Ross. Prol.\\xv' s. Ainsi leur eut-il en couvent par sa créance, de quoi il chancela et detria puis assez.... froiss. i, i, 63. Ne feroient jà au roy d'Angleterre chose qui peust briser n'entamer ne chanceler, par quelque voye que ce soit, les alliances qui estoient jurées, escrites et scellées entre France et Castille, ID. liv. m, p. 317, dans LACURNE. Il XVI" s. Ma voix tremblote, et ma langue chancelle. Mon cœur se pasme, et le sang me tressant, rons. 171. Et comme yvre d'amour tout le corps me chancelle, id. 222. Bien poulsé longuement chancelle, cotgrave. II vaut mieux tresbuscher une fois que tous jours chancelier, id.

— ÉTYM. Pioveno. cancheler, chancelar. Diez le tire de chance, qui veut dire proprement action de tomber; mais il y a une difficulté insurmontable, c'est que, le mot étant très-ancien, si la dérivation était telle, on le trouverait écrit en quatre syllabes, cheanceler, chaanceler. Il faut donc en revenir à la forme même, qui est le latin cancellare. La forme vraie et claire est eschanceler , qui est dans Job (sancelhievenl) : sortir des barreaux, doii chanceler. Elle s'est confondue avec chanceler, latin cancellare, rayer, faire des raies, et, figurémeiit, n'aller pas droit.

CHANCELIER (chan-se-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel \'s se lie ; les chan-se-iié-z et les magistrats), s. m. Il !• Avant la Révolution, premier officier de la couronne en ce qui regarde la justice, chef de tous les conseils du roi, et garde du sceau royal. On ne dépossédait point un chancelier, on lui donnait quelquefois un garde des sceaux. Le chancelier de France était président-né du grand conseil. La charge de chancelier vaqua, et toute la France la destinait à un ministre si zélé pour la justice, boss. le TelU Les chanceliers n'étaient pas nobles par leur charge ) ils avaient besoin de lettres d'anoblissement, volt. Lett. Damilaville, 13 févr. 1763. || Celui qui gardait les sceaux des princes de la maison royale. Le chancelier de la reine, de Monsieur. || 2° Celui qui, dans certains consulats, a la garde du sceau et la tenue des registres. || 3° Celui qui administre les biens d'un corps, d'un ordre militaire. Le grand chancelier de la Légion d'honneur. || Les ordres de Malte, d« Saint- Esprit, de St-Lazare avaient leurs chanceliers. Il 4° Chancelier de l'Académie française, celui qui gardait le sceau, et qui aujourd'hui remplit les fonctions de président en l'absence du directeur. Il B° Dans l'ancienne Université, il y avait deux chanceliers, celui qui était établi dans la cathédrale . et appartenait au corps du chapitre; de là venait que les bonnets et les degrés de docteurs en théologie étaient pris au logis de l'évéque; et celui qui était pour les actes et appartenait à Ste-Geneviève. Il II y a eu aussi pendant longtemps dans l'Université moderne un chancelier qui délivrait les diplômes, (j 6° Eu parlant de chanoines, l'ecclésiastiqu» qui a les sceaux du chapitre. || 7° Chancelier de l'échiquier; un des juges de la cour de l'échiquier ou des finances d'Angleterre. || 8° Chancelier de justice, le chef de la justice dans certains Etats d'Allemagne.

— mST. XII' s. Ne volt uncore pas li reis à tant suffrir; Ains volt de lui, ço dit, ses acuntes oïr, Quant sis chanceliers fu, de quanque ot à badlir, Th. le mart. 33. || xiii' s. S itant ont laissié ceste raison ester. Son canceler a fait Corbaians apeler, Oui li devoit ses Chartres et ses briés saeler, Ch, d'Ant. VII, 133.

— ÉTYM. Provenç. eancelier, chancellier ; catal. eaceller; anc. espagn. canceUer, canciller; espagn. mod. cancelario ; portug. chancelier, caneeltariof ital. canceliiere ; de cancellarius , huissier d'un tribunal, scribe, greffier, ainsi dit de ce qu'il se tenait ad cancellos (voy. cancel) , aux barreaux qui séparaient les juges de l'assistance.

CHANCELIËRE (chan-se-liê-r"), ï. f. || l°Lafemme du chancelier. || 2° Petit meuble chaudement fourré, disposé pour qu'une personne assise y puisse tenir les pieds à couvert du froid.

— ÉTYM. Chancelier.

CHANCELLEMENT (chan-sè-le-man), s. m. Mouvement de ce qui chanceEe. Le ohancellement d'un homme ivre.

— HIST. xvi* s. Chancellement. rob. estiennE; Dict.

■— ÉTYM. Chanceler.

CHANCELLERIE (chan-sè-le-rie), s. f. || 1° Lieu où l'on scelle du sceau du prince, de l'État, etc. les actes pour lesquels est requise cette formalité. La chancellerie du consulat. || 2° Les bureaux, l'administration que dirige un chancelier; et par extension, l'hôtel même oii réside un chancelier. [I 8° Style de chancellerie, style consacré dans les actes qui émanent de la chancellerie. La morgue impériale est telle qu'elle refuse encore la majesté au roi dans les lettres qu'on appelle de chancellerie, c'est-à-dire, qui commencent par les titres de très-haut, etc. et sontcontre-signées, st-simon, 67, 107. || 4» Autrefois, la grande chancellerie, celle où l'on scellait arec le grand sceau du roi gardé par le chancelier et qui avait autorité dans toute la France; la petite chancellerie, celle qui était tenue par un maître des requêtes ou par un autre officier, où l'on scellait avec un petit sceau , et qui n'avait autorité que dans le ressort du parlement où elle était établie. || Aujourd'hui, grande chancellerie, l'administration de la Légion d'honneur. || 5° Chancellerie de l'Université, office du chancelier de l'Université. || 6° Chancellerie romaine, lieu à Rome où l'on délivre toutes les expéditions de la cour de Rome.

— ÉTYM. Chancelier; provenç. eancellaria; catal. cancelleria; espagn. cancelaria; ital. cancelleria.

CHANCEUX. EUSE (chan-seû, seû-z'), od/.

Il 1" En parlant des choses, soumis au caprice du hasard, qui dépend de la chance, des chances. C'est une affaire très-chanceuse, mais il faut bien risquer quelque chose. || l'Que la chance sert t

CHA

souhait, qui est en bonheur, ou, ironiquement, qui n'a que de mauvaises chances. Il s'est allé servir là d'un homme bien chanceux, mol. G. Dand. ii, <. Au " bout des deux .souhaits, étant aussi chanceux Qu'ils étaient, et que sont tous ceux Qui souhaitent toujours.... LA FONT. Fahl. vn, 6. Peu chanceux, et vous et moi. Nous n'avons eu de nos vies, Moi, l'encolure d'un roi. Ni vous celle, en bonne foi, D'un homme à deux abbayes, ID. Lettres, xx. ïe voilà bien chanceuse d'être femme d'un prince, 3. J. Rouss. Ilél. IV, 4 3. Il est vrai que je suis bien chanceux d'avoir cette chambre-ci, p. L. COUR. Lett.u, <83. Je quittai les bords de la rivière pour les côtés du lac, et je ne fus pas plus chanceux [dans mes recherches botaniques], ciiateaub. Voy. Àm. 385.

— HIST. xvi* s. Chanceux, ouniN.

— ÉTYM. Chance; picard, chanceleâs, chèceleâs. CUANCI, lE (chan-si, sie), part, passé. || i' Moisi.

Pain chanci. || 2" S. m. Terme de jardinier. Fumier dans lequel s'est développé du blanc de champignon. Il Terme de salines. Charbon éteint.

CHANCIR (chan-sir), V. n. || 1" Moisir, se gâter par l'humidité. Ces jambons chancissent, commencent à chancir. |{ Terme de jardinage. Commencer à blanchir, en parlant du fumier et des racines des arbres. || 2° Se chancir, v. réfl. Même sens. Ces confitures sont mal couvertes, elles se chanciront.

— REM. Chancir, v. n., se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand on veut marquer l'action : ces jambons ont chanci ; avec l'auxiliaire être quand on veut marquer l'état : ces jambons sont chancis.

— HIST. XVI* s. Et ne faut pas mettre ton ostéotomie seiche [squelette] en lieu remulge ny humide, de paourque lesdits os ne se chancissent et noircissent, PARÉ, IV, chap. compl.... Qui fait que ladite escorce, encore qu'elle fusl toute récente, se chancit et pourrit, ID. xvi, 7. Un grain d'orge, non trop sec, ny humide et chancy, id. xxv, h. Chacun tient que du froment vert, chanci, ridé et léger, provient l'ivroie, o. de serres, <u4.

— ÉTYM. Norm. chanir ; Berry, chenorir, chenotisir , chamir, chandir, channir; provenç. et catal. mnuiir, blanchir. Chanir, chandir et chamir, plus altéré, viennent de canire pour canere, être blinc; chenorir, chenousir, canusir, viennent de canutire, dérivé de canufui, blanc (voy. chenu); chancir vient aussi de canutire, par contraction.

CHANCISSURE (chan-si-su-r") , s. f. Moisissure, ôter la chancissure de dessus un pâté.

— HIST. xvi* s. Un tonneau vieil et se perdant de moisisseure, chancisseure et autre puautise, o. de

— ÊTYM. Chancir.

CHANCRE (chan-kr') , s. m. || l" Petit ulcère qui a de la tendance à s'étendre et à ronger les parties environnantes. Elle se résolut enfin de le détromper [R. LuUe amoureux], en lui découvrant, de l'aveu ou même du conseil de son mari, un chancre horrible qu'elle avait au sein, à la mamelle gauche, qui la dévorait peu à peu, perroquet, Vie de R. tulle , p. 6. Il Fig. et populairement. Manger comme un chancre, manger excessivement, comme le chancre qui dévore toujours, j] Fig. Vice, fléau, plaie qui ruine, qui détruit. Ces affaires ne furent rien en comparaison d'une autre dont l'entreprise donna lieu à la plus grande plaie que la pairie pût recevoir et qui en devint la lèpre et le chancre, ST-siM. 20, 23). i ce trait, on reconnaît bien le chancre rongeur de Rome sur les Ëtats qui s'en laissent subjuguer, id. 45< , 60. |{ 2° Terme de médecine. Ulcère vénérien primitif. |( 3° Terme de vétérinaire. Ulcération qui se forme sur la membrane muqueuse des narines du cheval affecté de la morve. Il Chancre de la langue, ouglossanthrax, ou chancre volant, le charbon, lorsqu'il a son siège sur cet organe. || 4° Terme de botanique. Chancre des arbres, maladie des arbres, consistant dans la formation d'espèces d'ulcères qui détruisent de proche en proche l'écorce et le bois. || Fig. Des dents.... Où le chancre et la rouille en monceaux s'amassait, Régnier, Sat. x. Il h' Terme de fauconnerie. Espèce de tartre qui s'attache au gosier et à la partie inférieure du bec d'un faucon.

•— HIST. XIV s. Si ung faulcon a cancre dedens le bec, Uodus, f. xcii, verso. \\ xv s. En chancre et lix [fies, excroissances] et en ces ords cuveaulx Où nourrices essangent leur drappeaux.... Soient frittes ces langues venimeuses, villon, Bail. ||xvi's. Amputer les excroissances, comme loupes, verrues, polypes chancres, et autres chairs superflues, L*^hi r'™**- ''• ^'''""'' «^'""« tumeur qui res- T^riTà T "'T'\'^^ "''''• '"■ *• ="-Ceste tumeur t pns le nom de chancre, parce qu'eUe ressemble

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beaucoup au poisson appelé chancre, id. v, î4. Le vulgaire appelle cesle maladie [l'état saburral des nouveau-nés] le chancre blanc, id. xviii, <7. Te vienne le chancre, H. est. Apol. d'Hérod. p. 429, dans LACUHNE. Sa playe se pourrissait de chancre. Nuits de Siraparole, t. n, p. 28, dans i.acurne.

— ÊTYM. Provenç. cranc; ilal. granchio, grancin, cnncro, canchero ; du latin cancer, grec xapxivoç (voy. CANCER et cancre).

CUANCREUX, EUSE (chan-kreû, kreû-z'), adj. De la nature du chancre, du cancer; ou qui est attaqué de chancre. Arbre chancreux.

— HIST. xvi» s. Ulcères corrosives et chancreuses, PARÉ, v, 4 9.

— ÉTYM. Chancre; provenç. cancros ; espagn. canceroso; portug. cancroso ; ital. canchernso.

t CHANCROÏDE (chan-kro-i-d'), s. m. Terme de médecine. Nom donné au chancre vénérien non infectant.

— ÉTYM. Chancre, et eISoç, forme (voy. idée). CHAMIELI'.UR (chan-de-leur), s. f. Fêle de la

Présentation de Jésus au temple, et de la Purification de la vierge, où les assistants i)ortf'nt et font bénir des cierges, chandelles de cire. X la Cliandeleur les jours s'allongent sensiblement. Le soleil n'est auprès d'elle Qu'un cierge de la Chandeleur, RÉGNIER, Mac. Il Proverbes. À la Chandeleur, grande douleur, c'est-à-dire en ce temps-là il fait quelquefois un froid très-vif. || Êtrennes d'honneur durent jusqu'à laCliandeleur.

— HIST. XIII' s. Nostre dame Chandeleur, villeh. cxxxiv. Et fu ja de l'iver grant partie passée et entour la chandelor estoit et prochoit li caresmes, id. c. C'est à savoir, à la mi-aoust, à la septembresche, à la Chandeleur et en mars, Liv. des met. 2M. Il XV" s. Une feste ou assemblée d'une Chandeleur, DU CANGE, candela.

— ÉTYM. Picard candeleur ; provenç. et anc. espagn. candelor; du génitif pluriel candelarum. ou plutôt, avec transposition de genre, candelorum: festum candelorum, la feste Chandeleur; nostra domina candelorum, nostre dame Chandeleur. Quelques génitifs pluriels latins étaient restés dans le français et le provençal: la geste francor, gesla Francorum; la gentpaienor, gens paganorum.

4. CHANDELIER, ÈRE (chan-de-lié, ê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui fait et vend de'la chandelle. J'aime mieux qu'Emile ait des yeux au bout de ses doigts que dans la boutique d'un chandelier [qu'il ait l'habitude d'aller sans lumière dans l'obscurité], j. j. ROUSS. Ém. II.

— HIST. XIII' s. Quiconques veut estre chandeliers de suif à Paris, estre le puet, pour tant qu'il ait esté aumestier à Paris ou ailleurs, Liv. des met. tel. Il XVI* s. Tout ainsi que le chandelier trempant sa meiche par plusieurs foisdans le suif, il en fait une grosse chandelle, paré, xv, 35.

— ÉTYM. Chandelle; provenç. candelier ; anç. espagn. candelero.

2. CHANDELIER (chan-de-lié ; Vr ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie : les chan-de-lié-z et les chandelles), s. m. Il 1° Ustensile qui sert à tenir et hausser la chandelle , la bougie, les cierges. Chandelier de bois, de cuivre, d'argent. Branches de chandelier. Il En termes de jeu, mettre au chandelier, mettre de l'argent pour les frais. || Aux petits jeux, embrasser le dessous du chandelier, embrasser une dame sur la tête de qui on a mis le chandelier. Il Chandelier d'église, grand chandelier qu'on met sur les gradins de l'autel et sur lequel on fixe les cierges pour éclairer durant le service. || 2* Dans l'Écriture sainte, mettre la lumière sur le chandelier, synonyme de ne pas la mettre sous le boisseau, c'est-à-dire rendre les vérités publiques. || Fig. Dans le style de la chaire, le chandelier, une haute position. Ceux dont l'Église a besoin sur le chandelier, Boss. Lettres, 89. Plus il allait être élevé sur le chandelier, plus.... ID. Kelat. Jésus-Christ les a mis sur le chandelier pour éclairer la maison de Dieu, m. Polit. Ne cherchait-on pas autrefois parmi les solitaires ceux qu'on voulait élever sur le chandelier de l'Église? fEN. XXI, 100. Il Cette locution a passé du style de la chaire dans le langage familier. Être sur le chandelier, être en vue, dans une haute position. Il 3° Dans le langage de la galanterie, chandelier est le nom de ceux qu'on a mieux nommés paravents , et que l'on rend l'objet de la jalousie Ou mari , lorsque c'est un autre qui courtise la femme. Alfred de Musset a fait une pièce intitulée le Chandelier. Il 4° Terme d'art militaire. Chandeliers de tranchée ou de blinde, pieux plantés dans des madriers pour couvrir les sapeurs. || 5° Terme de marine. Sorte de support de fer ou de bois, à une ou deux branches.

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Chandelier de bastingage. Chandelier de pierrier. Il 6° Terme de jardinage. Faire le chandelier, couper toutes les petites branches nouvelles qii sont sur les plus grosses. || 7° Chandelier de jauge ,J>àton à l'usage du faïencier. || 8° Teime de véne rie. Porter le chandelier, se dit d'un vieux cerf qui a le haut de la tète large et creux. || 9° Petit piliei de terre au milieu d'un fourneau à cuire les pipes Il Garde-corps de machine sur les bateaux à vapeur Il 10° Chandelier d'eau, espèce de jet d'eau ou fontaine dont le jet est élevé sur un pied portant up potit lia.ssin, et qui ne diffère du champignon qu'en ce ()u'il ne fait point nappe.

— HIST. xui* s. Que nus chandelliers de cuivre ne soient faiz de pièces soudées pour mètre sus table, Liv. des mél. lOl . Li abes prent une maçue Qui moult estoit grande et cornue, V.t le prieur un chandelier, 7?en. 6956. Il XIV* s. Six chandeliers d'argent, en manière d'un olifant , portant un chastel assis sur une tcrace esmailliée de vert, pesant enviroii quatre vingt deux marcs d'argent, laborde. Émaux, p. 202. Il XVI* s. Il s'adressa à cettui-ci duquel noua parlons, qui estoit prest comme un chandelier, u DESPER. Contes, xxrv. Au plus fol le chandelier. Proverbe, oénin, Récréât, t. ii, p. 235.

— ÉTYM. Chandelle; provenç. candelier, candelar; espagn. candelero; ital. candelliere.

CHANDELLE (clian-dè-1') , s.f.\\i' Petit flambeau de suif, de cire ou de quelque autre matière grasse et combustible. || En particulier, flambeau dt suif, par opposition aux flambeaux de cire ou d'autre matière. Ne brûler que de la chandelle. Une livre, un paquet de chandelles. Chandelle des quatre, des six à la livre; ou chandelle de quatre, d» six. Chandelle bénite. Eteindre, souffler la chandelle. Cette chandelle n'éclaire pas, coule. Un boude chandelle. Je bats le fusil, j'allume la chandelle, J. J. Houss. Ém. II. Sous Frédéric II [Barberousse] la bougie était inconnue et la chandelle un luxe, VOLT. Mœurs, 8). || Moucher la chandelle, retrancher avec les mouchettes la partie de la mèche qui est brûlée et qui empêche la lumière ; et figurément, remplir des fonctions tout à fait subalternes. Molière était, lui, chef de sa troupe; moi, je mouche les chandelles, p. l. couh. Lett. i, 221. || Moucher la chandelle, comme le diable mouche sa mère , c'est à-dire l'éteindre en coupant la mèche trop bas. Il Moucher une chandelle à 25 pas, tirer très-bien le pistolet. Il \ la chandelle, à la lumière, par opposition à la locution au grand jour. J'avais résolu de ne les faire voir qu'à la chandelle [au théâtre], mol. Préf. des Préc. Mlle de l'Étoile fit encore mieux la malade à la chandelle, qu'elle ne l'avait fait dans l'obscurité, scarh. Rom. com. 11, 42. Ce qui paraît d'une couleur au soleil, paraît d'une autre à la chandelle, FÉN. Pyrrhon. \\ A chandelle éteinte, le temps que dure une chandelle pour se consumer. || En droit ecclésiastique, excommunication à chandelles éteintes, lorsqu'on donnait au pécheur la durée d'une chandelle pour se repentir. || Ferme d'ancienne pratique. Donner à chandelle éteinte, adjuger dans une adjudication où l'on pouvait surenchérir tant que brûlait une chandelle. || Familièrement. Ses yeux brillent comme des chandelles, il a les yeux trèsbrillants. Il Voir des chandelles, voir mille chandelles, apercevoir, à roccasion d'un grand coup, d'un choc violent, ou même d'un éblouissemenl. des lueurs phosphorescentes. i| Populairement. Ses cheveux frisent comme des paquets de chandelle, c'est-à-dire ne frisent pas du tout. || Se brûler, venir se brûler à la chandelle, courir étourdiment à sa perte, se jeter dans le péril en cherchant follement le plaisir. Je vous connais, objets doux et puissants; Plus ne m'irai brûler à la chandelle, la font. Diable. Il Economie de bouts de chandelle, économie sordide ou mal entendue, qui ne porte que sur les petites choses. Fleury excellait aux ménages de collège et de séminaire, et, qu'on me pardonne ce mot bas, au ménage des bouts de chandelle, STsiM. 506, 158. Il Le jeu ne vaut pas la chandelle, cela ne vaut pas la peine, les frais qu'on ferait. Et le jeu, comme on dit, n'en vaut pas les chaudelles, corn, le Ment, i, 4. || Brûler la chandelle par les deux bouts, se livrer à des dépenses, i des excès ruineux, extravagants, dont les conséquences sont doublement funestes. Ils brûlaient la chandelle par les deux bouts, lesage, Cil Blas, VII, 4 5. Il La chandelle brûle, le temps presse. Il C'est une chandelle qui s'éteint, se dit d'un vieillard, d'un malade qui finit doucement. || Tenir la chandelle . assister et se prêter à une turpitude ol' à une chose dans laqueUe on est dupé. Se dit par ticulièiemeut de complaisances honteuses peur ua

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commerce de galanterie. || 2° Chandelle donnée en offrande à l'église ou consacrée. |{ Il doit une belle chandelle à Dieu, il est échappé comme par miracle d'un grand péril. |{ Il vous doit une belle chandelle, TOUS l'avez tiré d'un mauvais pas. |{ Fig. Donner une chandelle à Dieu et une au diable, se ménager entre deux partis opposés, caresser amis et ennemis. Il II est réduit à la chandelie bénite, se dit d'une personne à l'agonie.ll Chandelle des Kois, grosse chandelle enjolivée que les chandeliers donnaient le jour des Kois à leurs pratiques. |{ Habit bariolé comme la chandelle des Rois, bigarré de plusieurs couleurs. || 3° Bois de chandelle, nom collectif de plusieurs végétaux résineux employés comme torches. Il 4° Chandelle de glace, eau glacée qui pend des toits des maisons, des gouttières, des arbres. Il 5° Chandelle romaine, pièce d'artifice en forme de grosse chandelle, qui lance en brûlant des étoiles d'un vif éclat. || 6° Pièce de bois ou de fer placée verticalement pour servir d'ôtai dans une construction. || Terme d'imprimerie. Longue pièce de bois pour empêcher la presse de varier. || Terme de marine. Acccre de construction, quand il n'excède pas un mètre. || Proverbes. La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qui va derrière, c'est-à-dire on se conduit mal, quand, au lieu de faire du bien pendant la vie, on remet à faire ses liDéralités dans son testament. i| Apportez-lui un bout de chandelle pour trouver ce qu'il veut dire, se dit d'une personne qui a beaucoup de peine à s'expliquer. || C'est un bon enfant, il ne mange pas la chandelle, c'est un bon enfant si l'on veut, mais je n'en saurais dire aucun bien. |i X chaque saint sa chandelle, il faut ménager et gagner tous ceux dont on a besoin.

— HIST. xii' s. Où feu n'eilst ou chandele alumée, Roncisv. 156. Einsi fu sainte iglise honnie et violée; Ne matines, ne vespres, messe ni fu chantée. Ne Deus n'i fu servi, ne chandeille allumée. Th. le mart. 153. De Jesu-Crist il soient, fait-il, trestuit maldit. Dune a geté à val, quant il out cel mot dit,

Desur le pavement lacandeille en défit, ib. 432 et

les chandoiles mises Es chandeliers, toutes esprises, la Charrette, 937. || xm" s. [Elle] a pris une chandele, qu'on [car on] n'i pooit veïr, Berte, Lxxxvu. De son lit saut toz estordiz, Si a une chandoile prise. Au feu en vient, si l'a esprise, Ren. 34H.... i chandele cust [coud] la puoele. En un bliaul ma damoiselle, Lai del désiré. Sire Renart, ne vas anuit. Il lors avesprera assez; Mes ces chandeles alumez, lien. 21294.... La lune. Envers qui les autres estoiles Resemblent petites chandoiles, la Rose, t002. Moult est fox qui tel chose esperne [épargne]. C'est la chandele en la lanterne, la Rose, 7448. Il xiv s. Ce fut la nuit à la chandelle, La bataille y fu moult belle. Le livre du bon Jeh. iu. Pour dix livres de chandelle de buef à veillier de nuict, DE LAHORDE, Émaux, p. 202. Pour chandelle de cire et de suif, du laborde, Émaux, p. 202. Il XV* s. Ainsi furent-ils trois jours et trois nuits sans pain, sans vin, sans chandelle, froiss. i, i, 39. Oui eust esté à Bruge eust vu comment on estoit soigneux de mettre biscuits en sacs, de mettre blés, chandelles de sieu [suif], chandelles de cire, id. II, m, 35. Ycelluy avoit en sa chapelle une chandoille ardent qui estoit divisée en vingt-quatr^ parties, CHH. DE pisAN, Charles V, i, m. Mais quant ce vint au fait de la despense, Il restraingnit eufs, chandelle et moutarde, e. ueschamps, Adm. de l'hôte du Pr. Et puis quant on a l'esguillon Et qu'on se sent de l'estincelle. On fait comme le papillon Oui se brusle à la chandelle, coquill. Enq. de la simple et de la rusée. j| xvr s. On mettra [dedans le canal] une chandelle de cire, ou une verge de plomb, PAKE, XV, 43. Et que (le sa vie il ne fera la guerre en son royaume, ny contre ses subjects; car c'estoit se battie soy-mesme et brusier la chandelle par les deux bouts, carloix, x, i. Les autres poètes ne sont que les naquets de ce brave Virgile , non pas Horace mesmes , si ce n'est en quelques unes de ses odes.... Le reste ne vaut pas la chandelle, BONS. 584. Ainsi qu'on voit faillir sans cire une chandelle, id. 797. Qui ne peut mettre au chef d'un sainct un» chandelle. Au moins la mette aux pieds, et qui aux pieds sacrez Ne la peut mettre, au moins qu'il la mette aux degrez, id. 867. La cire se blanchit, pour, ainsi subtiliée, en faire de la bougie, des chandelles pour l'estude, les banquets et autres gentillesses, o. DE SF.KRKs, 452. Autrement le jeu ne vaudroit pas la chandelle, id. 4ii<. Le jeu ne vaut pas la chandelle : il y a moins de mal souvent & perdre sa vigne qu'à la plaider, mont, m, 47. Nous préférons l'art à la nature, nous fermons en

plein midy les fenestres, et allumons les chandelles, CHARRON, Safiesse, ii, 3. La chandelle esclaire chascun et allume, et soy-mesme se détruit, font et consume , lkbol'x de linct, Prov. t. ii, p. 323.

— ÊTYM. Kranc-comtois et bourguig. chandoile ; picard, candeille, candoille, candelle; provenç. espagn. et ilal. cnndela ; portug. candea; du latin candela, i\e candere, être ardent (comp. candeur), et le même que canëre, être blanc (voy. chancir et

CHKNU).

t CHANDELLERIE (chan-dè-le-rie), s. f. Lieu où l'on fait des chandelles, jj Boutique où l'on en vend.

— ÉTYM. Chandelle.

t CHANE (cha-n'), s. f. Outil pour souder.

t CHANÉE(cha-née), s.f. Cannelure du métier à tisser la soie. || Gouttière qui conduit l'eau sur la roue du moulin à papier.

t CUANELETTE (cha-ne-lè-f) , s. f. Terme de papeterie. Petite chanée.

CHANFKEIN (chan-frin), s. m. || 1° La pièce d'armure qui couvrait le devant de la tête du cheval. Les chevaux furent bardés de fer, leur tête fut armée de chanfreins, volt. Jfoeurs, 38. || 2" Partie antérieure de la tète du cheval, qui s'étend depuis les yeux jusqu'aux naseaux. || Partie comprise entre le bas du front et le museau dans les mammifères. Il Bouquet de plumes qui garnit la tête des chevaux de parade. || Parties de cuir ou d'étoffe qui couvrent le chanfrein du cheval. || 3° Terme de zoologie. Bouquet de plumes effilées, rudes et dirigées d'avant en arrière, qui garnit la base du 'oec de quelques oiseaux. H*" Terme d'architecture. Petite surface qu'on forme en abattant une arête. Abattre en chanfrein, mettre hors d'équerre l'arête d'une barre. || Sorte d'ornement qu'on nomme aussi nacelle, j 15° Petit creux en cône que l'horloger pratique dans une pièce de métal.

— HIST. xiv s La selle estoit si noble et si

dorée, De pierres précieuses entour avironnée; Et li chanffrains estoit de telle euvre estorée, Guesclin, 8828. Il xv" s. Ung chanfrain de cheval sur velours noir, de fil d'or de brodure, garny de huit grans tables de balays et d'un gros cabochon de balay et cent et douze perles branlans, de laborde, Éinaiix, p. 204. Et sur leurs testes chacun ung très bel chanffrin d'acier bien garny de très belles plumes d'ostrusse, Jehan de Saintré, 27. Voulentiers frappoit aux chamfrains D'ung cheval, quant venoit en jousie. Ou droit à la queue sans double, villon, Arch. de Bagn. \\ xvi's. Adoncques dressèrent un grand boys, on quel pendirent une selle d'armes, ung chanfrain de cheval... rab. Pant. ii, 27. Le cheval qui aura la liste ou raie blanche qui lui descende par la face ou chanfrin sans toucher aux sourcils ni arriver jusques au museau, o. de skrres, 302.

— ÉTYM. Bas-lat. charnus, frein; espagn. cama, barre du mors; du latin camus, frein, qui est le grec 10)1101^, et de frein : sorte de rédui>lication où un mot moms connu est déterminé et expliqué par un mot plus connu.

t CHANFREINDRE (chan-frin-dr'), i>. a. Voy.

CHANFREINER.

CHANFREINÉ, ÊE (chan-frè-né, née), part, passé.

CHANFREINER (chan-frè-né), r. a. Terme d'architecture. Abattre l'arête d'une pierre, d'une pièce de bois, pour former un chanfrein.

— ÉTYM. Chanfrein.

t CIIANFRER (chan-fré), t). a. Terme de métier.

Voy. CHAMI'l.EVER.

CHANGE (chan-j'), s. m. ]| 1° Succession de choses diverses ou d'états divers. La faim se renouvelle au change des viandes, Régnier, Sal. x. ô que nos fortunes prospères Ont un change bien apparent, MALH. u, 3. C'est elle et non pas lui qui l'ait sentir au monde Le change des saisons, id. v, 25. || 2» Changement d'affections. J'aime le change, à la bonne heure, la font. Pâté. En amour le change est assez doux, MOL. Psi/. IV, 2. Mon cœur court-il au change? id. F. sav. IV, 2. Quoi ! vous appelez crime un change raisonnable? corn. llor. i, 2. Mon honneur offensé sur moi-même se venge, Et vous m'osez pousser à la honte du change [inconstance], m. Cid, m, fi. Il 3° Troc d'une chose contre une autre. Vous auriez sans doute perdu au change, balz. vi, Lett. 2. Ma perte n'est pour vous qu'un change avantageux, CORN. l'oly. V, 2. Il Ce qu'on donne pour une autre chose, ce qui peut remplacer, équivaloir; et figurément, la pareille. C'est ce qu'on peut donner pour change Au songe dont vous me parlez, mol. Amph. II, 2. Fille qui n'eût de quoi rendre le change, la FONT. Mai. Je voudrais.... savoir comment.... Caliste en use et lui rendre le change, m Coupe. Un nouveau galant qui survient lui rend le change, labruy. m. {

Rendre le change & quelqu'un, signifie aussi lui faire une réplique ingénieuse ou vive. || 4* Toute négociation relative à la vente ou à l'échange des matières d'or ou d'argent, soit monnayées, soit en lingots, ainsi que de tous les papiers représentant une valeur métallique. Change d» monnaie. Bureau de change. Combien vousa-t-on pris pour le change de votre billet? || Le prix que prend le changeur. Quel est le change des billets de banque? || Lieu où l'on change la monnaie, l'or pour de l'argent, etc. Aller au change. Le pontau Change à Paris, ainsi dit parce que les changeurs y logeaient. || Payer comme au change, payer sur-le-champ. || S'est dit autrefois de la bourse, du lieu destiné aux réunions des négociants. Il 5° Terme de banque, toute négociation par laquelle on cède, moyennant un prix convenu, à on tiers, des fonds qu'on possède dans un endroit autre que celui où se fait l'opération. Le change est une manière de remettre de l'argent d'un lieu à un autre, par une lettre qui en indique le payement, et qui se nomme lettre de change. Une bonne lettre de change bien acceptée, sÉv. 295. || La lettre de change est" aussi une sorte de billet dont le nonpayement entraîne la contrainte par corps, || Agent de change, fonctionnaire ministériel nommé par le gouvernement pour attribuer à la négociation des rentes, des effets publics, des actions de banque, de tout papier commerçable enfin, le caractère de l'authenticité. Charge d'agent de change. Moitié, quart d'agent de change, personne qui est intéressée pour moitié, pour quart dans les affaires d'un agent de change à qui elle a fourni la moitié ou le quart de ses fonds. || Le prix que prend )• banquier pour l'argent qu'il fait remettre. Le change d'ici à Londres, sur Londres, est à tant pour cent, est haut, bas, au pair, désavantageux. Coter le chinge, en marquer le taux. ||6° Le profit, l'intérêt de l'argent qu'on prête selon le cours de la place. Prendre à change. Rare en ce sens. || 7° 'ierme de vénerie. Substitution d'une nouvelle bête à celle qui a été lancée d'abord. La bête donne le change, en fait lever une autre à sa place. Les chiens prennent le change, tournent au change, quittent la bête lancée pour la nouvelle. Les chiens gardent le change, ne tournent pas au change. Que de raisonnements pour conserver ses jours! Le retour sur ses pas, les malices, les tours. Et le change et cent stratagèmes, LA FONT. Fab. x, t. Il Fig. En me donnant le change attirer mon courroux, corn. Suréna, iv, 4. Ne parlons point ici du Tage ni du Gange, Je connais ma portée et ne prends point le change , id. M. de Pomp. ii, 3. X cet amour naissant il fautdonijer le change, mol. Vlilour. i, 9. Je sais l'affaire et ne prends point le change, id. Tartufe, iv, 3. Je crois voir Annibal qui, pressé des Romains, Met leur chef en défaut, ou leur donne le change, la font. Fables, XII, 23. Il donne le change aux théologiens, Boss. 2" écrit. Il fit le plaisant pour donner le changea ses hôtes, HAMiLT. Gramm. 4. lisse donnent sans cesse le change à eux-mêmes, mass. Carême, Doutes. De peur que les passions ne lui fissent prendre le change, ID. Carême, Avenir. Le monde ne prend pas le change sur vos sentiments, id. Carême, Pardon. Elle s'est humiliée d'avoir pris si grossièrement le change sur ses intérêts éternels, in. Carême, Inconst. Si l'Évangile renfermait les moindres obscurités favorables aux passions, c'étaient sans doute ces premiers disciples qui devaient y prendre le change, id. Car. Évid. de la loi. Sous prétexte d'un pèlerinage qui ne fit prendre le change à personne, voltaire, Louis XIV, 1 7. Il exhorte Polybe à donner le change à sa douleur, dider. Claude. || 8° Terme de fauconnerie. Empêcher le faucon d'aller au change, l'empêcher de quitter l'oiseau qu'il chasse pour en prendre un autre.

— HIST. XII' s. Pour un des nostres cinq des paiens prenez: Ci a bon change; Dex en soit aorez, Roncisv. <02. Il XIII* s. Se tu as le [la] fort monnoie, mulleplie par canje tant sans [sous] com tu vels cangier, Comput, ^ 22. Se marchant font change de chevaus li uns à l'autre bout à bout, riens ne doivent de tonlieu, it't'. desmét. 3(6. Car il en eust eu grant raençon ou change d'aucun gentilhomme, Chron. de Rains, »a. Certes, moult ai fait mauves change, Quant si vers moi vous truis [trouve] estrange. Que ge plus aim que riens qui vive, la Rose, <cc69. Por ce que li monde se change Plus sovent que denier à change, ruteb. 218. Se li drapiers ne t'en veut croire. Si t'en rêva droit àia. foire, Kt va au cnange, id. 28. De ce change se souffrissent moult bien li pèlerin, se Diex vousist, villeu. XXIX. Il xiv* s. Se ton faulcon va ou [au] change et U prend coulon ou cornaille ou autre oysel de change.

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Moduf, f Lvav, verte. || iv« s Change esl paradis ft l'argonl, Car il a là tous ses déduits, Sfis lions jours, ses bonnes nuits; Là est frotés et eslril- Its, Lfivès et bien appareilliès, khoiss. Le dit dou florin. En ung seul lieu aimera fermement. Sans point quérir ou désirer le change, eu. u'ohl. 10. Et je to promets que avant que il soit gueres de jour, tu me verras aller jiar entre les changes de Gènes, Bouciq. m, aa. || xvi« s. X Home lut baillée grande scmmo d'argent au change, pour cette opinion de nostro ruine, mont, i, 44. Cela m'a emporté hors de mon propos; mais il y a du proufit au change, ]D. m, f07. C'est un vilain desreglement qui poulse si souvent les femmes au change, ID. ni, 370. C'est unmeschant :ayonsen un bon en cliange, in. iv, 83. Quelqu'un, pensant faire du plaisant.... MaisDionysius luy rendit son change plaisamment, car il lui dit.... AMYOT, Timol. 22.

— ÉTYM. Provenç. camge, camje (voy. cuangeb). CHANGÉ, ÉE (chan-jô, jée), pari, passé.

il 1° Échangé. De l'or changé pour de l'argent. Jl 2° Remplacé par un autre. Ses vêtements qui étaient mouillés, ayant été changés. |) 3» Métamorphosé. Les compagnons d'Ulysse changés en bêtes par Circé. ||4° Oui a éprouvé un changement, modifié, altéré. Tout est changé. Situation changée. Visage changé. Â la fin des siècles on verra toute la nature changée faire paraître un monde nouveau pour les élus, boss. la Vallière. Pompée à cet échec n'ayant que trop senti Que les destins changés ont quitté son parti, brébeuf, Phars. vu. Un cœur jeune encore dans un corps changé et elTacé, mass. Àvent, sermon du 3« dim. || Dont la physionomie a subi un cluuigement eu mal. J'ai quelquefois des rêveries dans ces bois, d'une telle noirceur que j'en reviens plus changée que d'un accès de fièvre, sÉv. S7. Il 5° Dont les dispositions d esprit .sont changées. Tant il est changé ! Je ne suis nullement changé à son égard. Vous me voyez bien changé de ce que j'étais ce matin, mol. Don Juan, iv, 9. Je serais bien changée et d'âme et de courage, corn. Nie. m, t.

t CUANGEABLE {chan-ja-bl') , adj. Qui peut être changé.

— lllST. XIII* s. Li cens a non réguliers por ce qu'il maine l'omme droit comme li riule [la règle], ne n'est onques canjable, Comput, f° 4,

— ËTYM. Ckangi'r.

CHANGEANT, ANTE (cban-jan, jan-t') , adj. Oui éprouve un cliangement, qui présente des changements. Eloffe cliangeante, étoffe dont les nuances varient suivant les expositions. Temps changeants. Caractères changeants. Ce qui nous rend si changeants dans nos amitiés, c'est qu'il est difficile de connaître les qualités de l'âme, et facile do connaître celles de l'esprit, la rochek. Max. 80. iNotre désir changeant suit la course de l'flge, Théophile, Sat. i. Oulre le rajiport que nous avons du côté du corps avec la nature changeante et mortelle, boss. Duch. d'Orl. La mort ne l'a point changée, si ce n'est qu'une immortelle beauté a pris la place d'une beauté changeante et mortelle , iD. ilarie-Thérése. Quel fruit lui en revint-il, sinon de connaître par expérience le faible des grands politiques, leurs volontés changeantes ou leurs paroles trompeuses ? ID. Anne de Gons. Mais, si je ne l'ai pas, ce titre qui l'enchante, Seigneur, à qui tient-il qu'à son humeur changeanteîcoHN. PuWi. 11, 4. [Les pigeons] Au cou changeant, au cœur tendre et fidèle, la font. Fabl. VII ,8. Oui peut nommer de certaines couleurs changeantes et qui sont diverses selon les divers jours dont on les regarde? la bbuy. vin. La conscience est la plus changeante des règles, vauven. J/aa. cxxxiii. Surnos débris Albion nous défie, Mais les destins et les flots «ont changeants, bérang. Dieu des b. geiui. Comme les écailles D'un lézard changeant, v. uuoo, Orient. \\ Terme d'astronomie. Étoile changeante, et, substantivement, une changeante, étoile qui change périodiquement d'aspect, comme l'étoile Algol qui passe de la 2* à la 4« grandeur dans un espace de ï jours 20 heures 4» minutes. La changeante de la Baleine. Les changeantes du Cygne. On observe des variations périodiques dans l'intensité de la lumière 'le plusieurs étoiles que l'on nomme pour cela changeantes, LAPLACE, Expos. 1, t3. || Terme de zoologie. Dont le pelage varie suivant les saisons. Reptiles changeants, nom d'un genre de sauriens.

— HlST. XVI" s. Les poulmons soûl de couleur changeant, entre rouge et palle, paré, u, ».

CHANGEMENT (chan-je-man) , s. m. Action de cluinner; état, transformation de ce qui change ou est changé. Ciiangenient de domicile, d'état, de vie, «W couduite. U s'opère de singuliers changements.

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Sans qu'il se passe un seul changement en lut, PASC. Prov. <5. Un changement d'avis, quand là raison en presse, N'est pas une action contraire à la sagesse, rotrou, AnHy. iv, o. Cet heureux changement rend mon bonheur parfait, cokn. Poly. v, 8. Le bruit éclatant Qu'aux changements de rois pous.se un peuple inconstant, m. M. de Pomp. v, 4. Cette âme inaccessible aux changements divers, URÉBELF. Phars. II. Elles firent un grand changement dans les mœurs, aoss. Jlisl. 11, t. Admirez donc avec nous ces grands changements de la main de Dieu, la. la Vallière. Tout est vanité sous le soleil, c'est-à-dire, tout ce qui est mesuré parles années, tout ce qui est emporté par la rapidité du temps; sortez du temps et du changement, aspirez à l'étomité; la vanité ne vous tiendra plus asservis, ID. Duch. d'Orl. Tant que nous sommes détenus dans cette demeure mortelle, nous vivons assujettis aux changements, parce que, si vous me permettez de parler ainsi, c'est la loi du pays que nous habitons.... Mais aussitôt qu'on cesse jiour nous de compter les heures et de mesurer notre vie par les jours et par les années, sortis des figures qui passent et des ombres qui disparaissent, nous arrivons au rf'gne de la vérité où nous sommes affranchis de la loi des changements, iD.ih. On s'étonne de ce qu'il n'y a pre.sque jamais de changement dans le gouvernement des princes d'Orient; d'où vient cela, si ce n'est de ce qu'il est tyrannique et affreux? montesq. Lctt. pers. 103. Les hommes, dans une demeure si sujette aux changements [la terre], id. ib. H3. || Terme de thé.'ilre. Changement de décoration; et fig. changement dans la face des affaires. || Changement à vue, changement de décoratiun qui s'opère par des machines sous les yeux du spectateur, sans qu'on ait à baisser la toile. || Terme de chemin de fer. Changement de voie, action de faire passer un train d une voie sur une autre. || Terme de manège. Changement de main, passage du cheval par une ligne diagonale commençant à la sortie du coin qui mène au grand côté du manège et finissant à l'autre extrémité. || Terme de danse. Changement de jambe, temps qui consiste à s'enlever légèrement de terre en faisant passer en avant la jambe qui, dans la position précédente, se trouvait derrière. || Terme mihtaire. Changement de direction , changement d'une troupe en marche, changement de front, changement d'une troupe en bataille |1 Proverbes. Changement de temps , entretien de sot , c'est-à-dire mettre la conversation sur le beau ou vilain temps est d'une personne qui ne sait que dire. || Changementde propos réjoui t l'homme , il est bon de parler de choses di verses.

— SYN. changement, mutation, VARIATION. Termes qui s'appliquent à tout ce qui altère et modifie. Le premier et le second marquent le passage d'un état à un autre, et il ne faut qu'un de ces passages pour avoir changé ; le troisième marque le passage rapide par plusieurs états, et c'est cette succession d'états différents qui fait la variation. Quant k changement et à mutation, ils ne diffèrent que parce qu'ils ne sont pas du même style ; changement est du langage général ; mutation est d'un langage plus didactique. L'histoire nous fait assister aux changements des empires; elle nous enseigne les lois des mutations que subissent progressivement les sociétés.

— HlST. xii" s. Li tuen enemi repruverent le cangement de tuncrist. Liber psal. p. 131. || xv°s. Vous prendrez bien garde au changement de son visaige, quand vous parlerez à lui, Bouciq. m, 16. || xvi* s. Il n'y a autre fin de changement et de mutation en l'homme que celle de l'estre , amyot, Flamin. 46.

— ÉTYM. Changer. Génev. sangement; bourguig. chaingeman ; pvoyenç.camhiamen ;anc. catal. cambiamenl ; espagn. cambiamienlo ;\Ia\. cambiamento.

CHANGER (chan-jè; le g prend une après lui devant a ou 0; nous changeons, je changeais), v. a. Il 1° Céder une chose pour une antre, prendre en échange. Changer son habit pour celui d'un autre. Changer du vin contre de l'huile. Uy a des maladies qui viennent de ce qu'on change un bon air contre un mauvais, montksq. Lett. pers. I3|. || Fig. Changer son cheval borgne contre un aveugle, changer une mauvaise chose pour une pire. || 3° Donner un billet, une pièce, pour avoir de la monnaie. Je n'ai qu'un billet, que de l'or; il faut que je le change pour vous payer. Changer une pièce de cinq francs en petites pièces, en sous. || Absolument. Il faut que je change, j'ai besoin de petite monnaie. || 3° Remplacer un objet par un autre, prendre un autre, quitter pour un autre ; jilacer ailleurs. Changer le certain pour l'incertain. Dans sa vieillesse il changea certaines choses à sa doctrine. Il changea sa résidence. L'os est changé de place. Il faut changer les aiguilles de

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main. || 4" Modifier une personne, une chose, la rendre différente de ce qu'elle éUit. Changer ses habitudes. Il n'y a rien à changer à cette disposition. Cela change bien les affaires. Mais non.-, punvons changer un destin si funeste, cork. Cinna, 1. Puisqu'il change mon cœur, il veut changer l'État, iij ib. V, 3. Alexandre allait à Jérusalem, résolu de se venger; mais il fut changé à la vue du souverain pontife qui vint au-devant de lui avec les sacrificateurs. BOSS. Hist. I. 59. Vois ces si)hères de feu, ces glohesde lumière. Rien n'interrompt leur course ou change leur carrière, brEbeuf, Phars. n. La résolution qu'avait prise M. le cardinal d'aller sur le Rhône a été changée sur ce qu'il vitavant-hier un bateau chargé de soldats qui courut très-grand hasard de se perdre , voit. LcU. i 27 .Un moment a changé ce courage inflexible, rac. Esth. 11, ». Mais croyez qu'en mourant mon cœur n'est point changé, volt. Catil. V, 7. ]1 agit secrètement dans les cœurs par son Saint-Esprit, il les change, il les renouvelle, BOSS. la Vallière. Un de ces esprits lemuauts et audacieux qui semblent être nés pour changer le monde, id. Heine d'Anglet. Tienne qui voudra pour sentence Que les honneurs changent les moeurs ; Je crois pour moi que les honneurs Mettent les mœurs en évidence, pons (de Verdun), Poésies. Il 5° Convertir en. Circé changea en bêles les compagnons d'Ulysse. Changer le reproche en éloge, la

discussion en dispute Et vous allez au temple

Y changer l'allégresse en un deuil sans pareil, cociN. Rodog. y, 6. Une condition meilleure Change en des noces ces transports, la font. Fabl. vij 2). L'intempérance des hommes change en poisons mortels les aliments destinés à conserver leur vie, FÉN. Tél. xvii. Qui changera mes yeux en deu.v sources de larmes Pour pleurer ton malheur? rac. Athal. m . 7. L'audace d'une femme arrêtant ce concours En des jours ténébreux a changé ces beaux jours, ID. ib. 1,1. L'adulation change en source de vices des penchants qui étaient en eux [les grands^ des espérances de vertu , mass. Pedt carême, Tentations. Il Changer à est dans cette phrase consacrée : Dans le sacrement de l'eucharistie le pain est changé au corps de Notre-Seigneur. Cette tournure se trouve aussi dans la poésie et dans la prose élevée. Et qu'il ait, sans espoir d'être mieux à la cour, X son long balandran changé son manteau court, RÉGNIER, Sat. xiv. Cependant l'humble toit devient temple, et ses murs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs, la font. l'Itil. et Ban. Peut-être avant la nuit, l'heureuse Bérénice Change le nom de reine au nom d'impératrice, rac. Bcr. 1,3. Et des rois les plus grands m'oflrit-on le pouvoir, Je n'y changerais pas le bien de vous avoir, MOL. Mélic. 11, 3. Je changerais mon sort au sort d'un braconnier, v. hlgo, il. Delorme, iv, 6. || Bossuet, dans la même phrase, après avoir employé en, a employé à ; Leur félicité [des anges] fut changée en la triste consolation de se faire des compagnons dans leur misère , et leurs bienheureux exercices au misérable emploi de tenter les hommes, BOSS. dans girault-duvivier. || 6° Changez ce malade, cet enfant, changez les draps, la chemi.se, les vêtements de ce malade, de cet enfant Il 7" Terme de manège. Changer un cheval, tourne ou porter sa tête d'une main à l'autre. || 8^ Terme de marine. Changer la barre du gouvernail, la faire passer de tribord à bâbord , et réciproquement. Il 9° F. n. Avec la préposition de, au propre et au figuré, quitter une chose pour une autre. Changez d'habits avec moi. 11 changea de ton, de résolution. Est-il donc vrai, madame? et changeonsnous de sort? corn. Uéracl. v, 8. On peut changer d'amant, mais non changer d'époux, m. //or. 1, 3. On change avec le temps d'âme, d'yeux et de cœur, id. Agés, v, 8. J'ai changé de couleur, je me suis écriée, id. JVicom. i. B. Plusieurs se sont trouvés qui , d'écharpe changeant , Aux dangere , ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue, la font. Fab. n, b. Vous vous troublez, madame, et changez de visage, RAC. Prit, n, 3, Pyrrhus m'a reconnu, mais sans changer de face, id. Andr. v, 3. 11 changera de mœurs en cliangeant de fortune, volt. U. de César, i, \. \\ Fig. et familièrement. Changer de batterie, recourir à de nouveaux moyens. || Fig. Changer de note, changer de façon d'agir ou de parler. Je te ferai changer de note, chien de pliilosophe enragé I mol. Uar. f. se. 8. Leur ennemi changea de note , Sur la robe du dieu fit tomber une crotte : Le dieu, la secouant, jeta les œufs à tas, la font. Fab. 11, 8. Il Absolument, faire un troc. Oh! je ne saurai» plus, dit-elle, y résister; Changeons, ma sœur l'aragne, LA FONT. Fabl. ui, 8. || Terme de manège.

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changer de main, porter la tête du cheval d'une | qjain il l'autre, pour le faire aller à droite ou h gauche. I| Terme de marine. Changer d'amures, le.s prendre à l'autre bord lorsqu'on louYoio. Changer devant, changer derriùre, virer vent devant, en faisant tourner toutes les voiles d'un mJt ensemble. ||lO°Elliptii|nement, changer se dit pour changer de lieu. Point de coup de balai qui l'oblige [l'araignée] à changer, la font. FabJ. m, ». || Changer de linge, d'habits. Je suis trempé, il faut que je change. 11 n'a pas de quoi changer. Le roi changeait devant le très-peu de gens distingués qu'il plaisait au premier gentilhomme de la chambre de laisser entrer, ST-SIM. 4t7, (0. Il Changer, v. n. dans les sens des n'-Oet <o, se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 11° Devenir autre, éprouver un changement. Combien les mœurs ont changé. Tout change. Voyez comme les choses ont changé. Le vent venant à changer. Mais il n'est pas moins vrai que cet ordre des cieux Change selon les temps comme selon les heux, corn. Cinna, a, t. Nous ferons bien changer ce courage indompté, ID. Nicom. m, K L'Angleterre a tant changé, qu'elle ne sait plus elle-même à quoi s'en tenir, noss. Reine d'Ànglet. Elle avait appris par ses malheurs à ne changer pas dans un si grand changement de son état, ID. Reine d'Anglet. X Raguse, le chef de la république change tous les mois, MONTESQ. Espr. II, 3. La fortune est changée, rac. Baj. IV, 3. Mais les temps sont changés aussi bien que les lieux, id. Iph.n, 2. Tandis que vou.s vivez, le sort qui toujours change Ne vous a pas promis un bonheur sans mélange, ID. «6. i, 4, || Fig. Changer du blanc au noir, devenir tout autre. On dit dans le même sens, changer du tout au tout. || Le raisin change, il prend une autre couleur. || Se corriger, et qiielquefois se giter, prendre une mauvaise conduite. Ce jeune homme a bien changé, c'est-à-dire sa conduite est devenue régulière, ou il est devenu bien mauvais sujet, si ce qui précède le représente comme ayant auparavant satisfait tout le monde. || Prendre une autre apparence, en parlant des personnes. Comme ce jeune homme a grandi ; comme il est changé ! 11 n'était point du tout changé [défiguré] , SÉV. 483. Vous n'êtes presque point changé [vieilli] depuis tant d'années, fén. Tél. ix. Il Être inconstant. Tflchez de ne pas changer. Je n'ai nullement changé. Cet homme aime à changer. Un amant jure de ne jamais changer. Et qui change une fois peut changer tous les jours, corn. Tois. d'or, iv. s. Leurs alliés qui avaient changé avec la fortune, vertot, Rév. rom, ii, <'J9. il Changer, V. n. dans les sens du n° (4 , se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il s'agit d'une action, d'un fait: La fortune a changé en cette journée; Cet homme a beaucoup changé par sa dernière maladie. 11 se conjugue .avec l'auxiliaire être, quand il s'agit d'un état: La fortunées! changée depuis cette journée ; Cet homme est bien changé depuis sa maladie. Il là" Se changer, v. réfl. Être remplacé par, faire place à. Comme toute cette joie s'est promptement changée en deuil! || 13° Être converti en. Par le feu l'eau se change en vapeur. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? hac. Alh. m, 7. Il 14° Être mortifié, devenir différent. Je ne puis me changer. Se changer en mal. Se changer en bien. Il 11 faut se changer, se corriger. On croit se convertir quand on se change, et quelquefois ou ne fait que changer de vice, Boss. Pensées chrél. 7. Il 15° Changer de vêtements. Vous êtes bien mouillé, changez-vous. || Proverbe. Il faut qu'on l'ait changé en nourrice, se dit d'un enfant qui ne ressen:ble en rien à ses parents, et aussi d'une personne qui est dépourvue d'intelligence.

— HIST. xii" s. Au deuil qu'il ot, [il] a la color changée, Roneisv. 9t. Or quidout [cuidoil] qu'il fust tels cum il l'ont ainz veii : Trestut esteit changiez; Sainz I':spris en lui fu, Th. le mart. 39. || xiii* .s. De la paeur qu'ele a, [elle] cuide le sens changier, Berle, xi. Bien [il] s'aperçoit coment Berte lui fut changie, xb. xc. Mais il n'a pas tant de différence es pois comme il a es mesures, car il ne se changent pas en tant de liex, beaum. xxvi, <c. || xvi° s. La peur change des roseaux en gentsdarraes, mont, i, 8). Changer d'advis, m. i, 298. Changeray-je pas pour vous cette belle contexture des choses? id. i, 85. L. Cossitius, de femme changé en homme, m. i, 92. Changer de visage, id. i, <45. Il ne change, pour hyver et temps qu'il face, le mesme bonnet qu'il porte au couvert, id. i, 260. Le premier article, ce feut que chascun changeroit plustost la mort à la vie, que les loix persiennes aux leurs, m. I, 297. Si la cour ne changeoit point, elle auroit changé, tidus p'en avons jamais veu ni leu autre

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cnose, d'auc. Fœn i, a. Hz furent très contens(* changer de place aux [avec les] Lacedœmoniens, AMYOT, Arist. 37. Ainsi donques estoient les Grecs occupez K changer en diligence l'ordonnance de leur bataille, id. ib. 38. La fortune nedure pas toujours une, ains va se changeant, id. l'iamin. 44. 11 feit aussi changer de manière de vivre aux Arabes, id. Lucull. 38. Et leur ayans osté leurs basions et leurs armes de soudards, furent bien aises de les changer à ceulx de gladiateurs, id. Crasms, 14.

— ÉTYM. Bourguig. cheingeai; picard, canger; wallon, cangt; anc. wallon, cambgier, chambger ; Berry et génev. sanger; provenç. camhiar, eamjar; espagn. cambiar; ital. cnmbiare; bas-latin, camhiare , dérivé du htin cambire, formé du grec xâ(iêew, xdt|j.in£vv, courber, plier.

CHANGEUR, EUSE (chan-jeur, jeû-z'), s. m. et f. Celui , celle qui fait commerce de changer les billets de banque et les différentes sortes de monnaies. Il Familièrement. Payer comme un changeur , payer comptant.

— HIST. xiii" s. Wittes doit à Doucet le cangeor quatre vings muis de froment, tailliar. Recueil, p. 29. Encor i a que li baillis doit garder les changeorset les autres marcheanz, qu'il soient en bone manière, Liv. de juH. 70. || xvi° s. Plus renversez [cambrés] qu'un poulce de changeur, j. marot, V, )02. Hz le brusierent dessus la place avec les bancs et les tables des changeurs qu'ils assemblèrent de tous costez, AMYOT, Anton. <8.

— ÉTYM. Provenç. eambiaire, camjaire, cambiador, camjador; espagn. cambiador; ital. cambiatore; du bas-latin cambiatorem , qui vient de cambiare (voy. changer). Le vieux français et le provençal font : au singulier, nominatif ehangere, camjaire, régime changeor, cnmjador ; au pluriel, nominatif changeor, camjador, régime changeors, camjadors, tout cela dépendant de la place de l'accent latin dans coiïi&idîor, cnmbiatôrem , cambiatôres.

} CHAM^TR ou CHANLATTE (chan-la-f), s. f. ||1° Terme de couvreur. Chevron refendu diagonalement, qu'on pose sur l'extrémité des chevrons d'une couverture, de même sens que les lattes et qui sou tient les derniêrestuiles et l'égout. ||2» Terme d'eaux et forêts. Perche de chêne propre à faire des arrêts pour le barrage d'une rivière. || S. f. pi. Terme de pêche. Espèces d'échelles pour suspendre les harengs qu'on veut saurer.

— iilsT. XIV' s. La mue [pour l'épervier] aura une cbnnlatte coulant oil l'en lui donra sa viande, Ménagier, in, 2. || xvi" s. Si sur mur maitoyen ou parsonier sont posez eschenets et chanlcttes communes ,^ recevoir les eaues des deux maisons, nouveau cniistumier gén. tu, p. 1 137.

— ÉTYM. Champ 2, c'est-à-dire côté, et latte: latte mise de champ.

CHANOINE (cha-noi-n') , i. m. || 1° Nom donné d'abord aux cénohifes, puis à tous les clercs, puis aux clercs vivant en commun, fleury. || Chanoines de Saint-Augustin, moines dits aussi hermites de Saint-Augustin, Augustins. || 2° Clerc séculier, membre d'un corps dit chapitre qui , attaché à une église cathédrale ou collégiale , sert de conseil h l'évoque. J'ai maints chapitres vus Qui pour néant se sont ainsi tenus. Chapitres non de rats mais chapitres do moines. Voire chapitres de chanoines, la font. 'fabî. ii, 2. Ses chanoines vermeils et brillants de santé S'engraisisaient d'une longue et sainte oisiveté, boil. Lutr. i. || Chanoine de St-Denis, nom des membres du chapitre de St- Denis qui , établi pour le service des sépultures des monarques, est composé d'évêques et de prêtres, il Fig. Mener une vie de chanoine, mener une vie douce et tranquille. Avoir une mine do chanoine, aToir une mine fleurie, qui respire le bien-être et la santé. Avec .ses bonnes grosses joues, si fraîches, si rosées, son air de santé et de bonne humeur. — Oui, je me souviens, vous l'aviez surnommé le petit chanoine, bayard et dumanoir, te Marquise de Pretintaille , se. e.

— HIST. XI" s. Moines, canonies, prouveires cou ronez, Ch. de Roi. ccix. Ensemble odlui .si clerc et si canonio, ib. cclxvi. || xir s. Cist foi-ainz habiz fu de chanoine riulé [régulier] , Th. le mart. ) 55. Par desus le surpliz s'est de l'estole armez. D'une chape

à chanoine par desus afublez, ib. 37 Ne bons

de religion, que quanques il a est à s'egU.se, exeptés les prelas et les autres religions où aucuns peut avoir propre, si comme canoines et prostrés secu- 1ers, beaum. xii, 45. Comment, fet-il, sont ce dont moine? Renart respont : ainz sont chanoine. Ren. 986. Li rois escrit as chanoines Seint-Aignand'Orlieus que il un poure clerc receussent à chanoine por sa

CHA

prière, Iav. dejust. tT. Iluec sont asemblé de toute la cité Clerc etprestre et canonneet evesqueetabé, Oui ont fait le .service et la messe chanté, Ch. d'Ant. VIII, Kjïo. il XV" s. Prostrés et moines et chanoines.... froiss. i, i, <«<. \\ xvt" s. Autant en est-il de tous chanoines, doyens, chapellains, prevosts, chantres, et tous ceux qui vivent de bénéfices oisifs, calv. Instit. 875;

— ÉTYM. Provenç. canonge , canorjue; catal. canonge ; espagn. canonigo; port, conego; ital. canonico; du latin canonicus, de canon, règle (voy. canon). Cannnie dans la Chanson de Roland se disait canoine, comme le montre le vers.

CHANOINESSE (cha-noi-nè-s'), s. f. Nom donné principalement aux religieuses. || Titre fort ancien de filles vivant en communauté sous une espèce de règle, mais sans aucun engagement et ayant pour principale fonction de chanter l'office divin comme les chanoines. || Celle qui possède une prébende, c'est-à-dire un revenu attaché à une chanoinie, dans un chapitre de filles. H Chanoincsse de Saint-Augustin, religieuse qui suit la règle de Saint- Augustin et qui est habillée de serge blanche, avec un surplis de toile fine sur sa robe, un voile noir sur la tête, et une aumusse sur le bras. On appelle ces chanoinesses madame.

— HIST. xvi" s. En icelle ville y a un beau couvent de canoniesses genti-femmes, lesquelles ne font aucun vœu de religion, et se peuvent marier,

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