‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 368 sur 504 · M. DU BELLAY · texte numérisé non relu

M. DU BELLAY

— ÉTYM. Chanoine.

CHANOIME (cha-noi-nie) , s. f. Canonicat. Posséder, conférer une chanoinie. Le refus que fait l'abbé de Paris de se démettre de sa chanoinie, rac. Leit. Boileau, 34. J'ai trouvé moyen de multiplier vos bienfaits, et de faire que vous me pourrez donner une chanoinie, voit. Letl. *^9. || Mot vieilli; on dit canonicat.

— HIST. XV' s. Le duc de Bretagne, son corps [de sa personne], se logea dedans le chastel de Blois, chez une chanoinie de Saint-Sauveur, froiss. ii, III, UO. Il resigna tous ses bénéfices, et ne retint pour vivre sobrement et petitement, que la channoinie de Rheims, id. m, iv, 37. |i xvi' s. Le pape peut conférer à une mesme personne deux chanoinies, prébendes ou dignitez en mesme église cathédrale, p. PITHOU, 73.

— ÉTYM. Chanoine.

CHANSON (chan-son), s. /■. || 1° Pièce de vers que l'on chante sur quelque air, et qui est partagée le plus souvent en stances égales dites couplets; petite composition d'un rhylhme populaire et facile. L'air, le refrain d'une chanson. Faire, noter, composer, dire, chanter une chanson. Faire des chan- .sons sur ou contre quelqu'un. Auparavant écoute une chanson que je viens de faire : Je portais.... — Unechanson, dis-tu? — Je port.... — Une chanson f chanter? — Je port.... — Chanson amoureuse? Peste ■ MOL. Princ. d'Élide, n, s. Il faut même en chansons du bon sens et de l'art, boil. Art p. ii. Aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.... Une femme chantait : C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait, LA FONT. Fab. VII, 9. Le berger, qui par ses chansons Eût attiré des inhumaines. Crut, et crut mal, attirer des poissons, id. t7>. x, u. Les dieux de l'amoureux délire Avec toi dansent aux chansons, VOLT. Ép. 46. Ah! ma chan.son ! ma chanson est tombée en vous écoutant; courez, courez donc, monsieur; ma chanson! elle sera perdue, beau- MARCii. Bnrb. de Sév. i, 3. En France et sous nos rois, la chan.son fut longtemps la seule opposition possible; on définissait le gouvernement d'alors une monarchie absolue tempérée par des chansons, scRiRE, Disc, derécept. à l'Acad. || Chansion d'amour, chanson oil l'amour est célébré. || Chanson à boire ou chanson de table, chanson où le vin est célébré. Purgeons nos desserts Des chansons à boire, bérang. Musique. Ces bagatelles sont comme les chansons de table qu'il ne faut chanter qu'en pointe de vin, VOLT. Leit. fillette, *" sept. I70B. || Comme dit la chanson, locution dont on .se sert quand on dit quelque chose qui se trouve dans une chanson connue. Devinez pourquoi, comme dit la chanson, sÉv. 419. Il Mettre quelqu'un ou quelque chose en chanson, s'en moquer par des chansons. Faut-il qui) désormais à deux doigts l'on te montre. Qu'on te; mette en chansons? mol. Sgan. 9. || Au pluriel, chansons se dit quelquefois pour poésie. Les doctes chansons des Muses. || Chanson à danser. Voy. chambre (musique de chambre). i| 2° Fig. et familièrement, propos rebattus qui reviennent sans cesse comme un refrain. Il n'a, il ne sait qu'une chanson. C'est toujours la même chanson. Comme il

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continuait cette vieille chanson, héonier , Sat. VIII. Voilà ma chanson, sèv. «a». || Familièrement. Voilà bien uno autre chanson, c'est une autre affaire, c'est une clioso inattendue. || S" Fig. et familièremer.1. ionte en l'air, discours ou raison dont on ne tient aucun compte. Il faut être, je le confesse, D'un esprit bien posé, bien tranquille, bien doux. Pour souffrir qu'un valet de chansons me repaisse, mol. Amph.n, <. C'est parler comme il faut; et que peutil répondre?— Répondre? Des chansons dont il vient me confondre, lo. l'Élour. i, 9. Ne nous amusons pas, ma fille, à ces chansons, id. Tart. II, 2. Car Lucile soulient que c'est une chanson, m. le Dép. m, ». Chansons que tout cela, id. Ec. des maris, i, 2. Tous ces biens à venir me semblent autant de chansons; il n'est rien de tel que ce qu'on tient, in. le Héd. m. lui,u, 2. Ce que mon livre en dit doit passer pour chanson, la pont. Oies. Je le souffre aux écrits qui passent pour chanson, ID. Fiancée. Les maux les plus cruels ne sont que des chansons Près de ceux.... id. Coupe. Un amant de son p&re écoute les leçons, Et court chez sa maltresse oublier ces chansons [remontrances], boil. Art p. III. Je veux tout manger pendant que j'y suis; car pour ce qui est de revenir ici, chansons, fén. IX, 48 Mais permettez.... — Je ne veux rien permettre. — Ce n'est pas un exploit. — Chanson ! — C'est une lettre. — Encor moins. — Mais lisez. —Vous ne m'y tenez pas, bac. Plaid, ii, 2. || Je ne me paye pas de chansons, c'est-à-dire je veux des effets et non pas des paroles. || 4° Chanson de geste, voy. GESTE. 1 1 Proverbe. C'est la chanson de Ricochet dont on ne voit pas la fin , se dit d'un homme qui recommence toujours à dire ou à faire la même chose. || II n'aura qu'un double, il ne chante qu'une chanson, c'est-à-dire il a fait peu de besogne , il sera peu payé. Il Si vous en avez l'air, vous n'en avez pas la chanson, c'est-à-dire vous avez l'apparence et non la réalité.

— HIST. XI* s. Cançun mauvaise de nous ne seit chantée, Ch. de Ilol. lxxvii. Maie chançun n'endeit estre chantée, ib. cxi. || xii' s. Nule chançon ne m'agrée, Coud, i. Bêle dame me prie de chanter; Si est bien drois que je fasse chançon , ib. x. Il xiii* s ... Et li souvint d'une chanson qu'il avoient fait entr'eux deux , que nus ne savoit fors eus deux, Chr. de Rains, 5B. Dist Chantecler : pas ne te croi, Un poi detrai en sus de moi, Et je dirai une chançon, Ren. 458). Seignor, oi avez maint conte Que maint conteres vos aconte, Cornent Paris ravi Helayne.... Et fables et chançons de gestes, i6. 7. Au paier .sont plain de perece; Or faut la feste, Or remainent chançons de geste [il ne se fait plus de chansons de geste], ruteb. 30. || xv* s. Amphion fonda les murs de la cité de Thebes par la douceur de sa chanson, Bouciq. iv, 10. || xvi' s. Cantiques spirituels.... chansons spirituelles, calv. Jnstit. 7tt. De chansons mondaines et sales, marot, iv, 204.

— ÉTYM. Picard, cainchon, canchon; provenç. canso, chanso; catal. cansô; anc. espagn. chanion; esp. mod. cancion; portug. cançâo; ital. canxone; du latin conftonem, action de chanter (voy. chant).

t CHANSONNABLE (chan-so-na-bl'), adj. Qui mérite d'être cbansonné.

CHANSONNÊ, ÉE (chan-so-né, née), part, passé. Moqué en chanson. Tous l'un de l'autre ennemis obstinés. Mordus, mordants, chansonneurs, chansonnés, volt. P. diable.

CHANSONNER (chan-so-né), v. a. Faire des chansons contre quelqu'un. Et là d'une facile veine, Le chevalier chansonnera Quiconque le méritera, CHAUL. Au ch. de Bouillon. On rira des mœurs des grands , On chansonnera leurs agents , bérang. Ainsi soit-il.

— ÉTYM. Chanson.

t CUANSONNET (chan-so-nè), i. m. Terme de zoologie. Etounieau, sansonnet.

CHANSONNETTE (chan-so-nè-f), s. f. Petite chanson sur un sujet léger, gracieux. Il avait l'esprit orné de lieux communs et de chansonnettes, hamilt. Gramm. 7. X moins de douze couplets. Au aiable une chansonnette, bKrang. Margot. Plaisants repas, menus devis. Bon vin, chansonnettes jolies, LA font. Poésies mêlées, lxxi. Souvent l'auteur altier de quelque chansonnette Au même instant prend droit de se croire poète, boil. Art p. u. J'aime que l'on chante gaîment Quelques couplets, des chansonnettes, mahsollier, Alexis, se. 2.

— HiST. xiii- s. À l'endormir de l'enfant doit le [la] norrice cançonnetés bêles et douces canter, alebrant, P- 30. Madame musique aus clochetes Et SI clerc plein de chansonnettes, Bataille des sept arts. Adonc commença à chanter Une chançonnete novele, Hen. 5439. ||xiv' s. De saint Loys dire vous

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vueil; Du quel n'eut boban ni orgueil. Ne vanité de chançonnettes, Ci comme est en nos pucelettes Et en nos jolis damoisiaus, Arthur et .S. iJiys, jubinal, t. Il, p. 200. Il XVI" s. Pour dire sainctes chansonnettes, marot, IV, 205.

— ÉTYM. Diminutif de chanson; bourguig. chansenote; provenç. cansoneta, chansoneta ; portug. canconcta; ital. cansnnetta.

t CHANSONNEUR (chan-so-neur), s. m. Celui qui chansonne. Tous l'un de l'autre ennemis obstinés. Mordus, mordants, chansonneurs, chansonnés , volt. Pauvre diable.

CIIANSONNIKR, 1ÈRE (chan-so-nié, niê-r'; l'rne se lie pas; au pluriel l's se lie : chansonniers et chansons, dites : chan-so-nié-z et chansons), s. m. et f. Il 1° Faiseur, faiseuse de chan.sons. Je voulais.... Réveiller l'enjouement badin De Votre Altesse chansonnière, volt. Êp. t3. J'ai encore dîné hier avec le chansonnier [Béranger] ; il imprime le recueil de ses chansons, p. l. cour. Lett. ii. <73. Ce n'est point aux chansonniers Que la gloire en impose, BÉRANG. J. muse. Il 2° Recueil de chansons. Acheter un chansonnier. Le chansonnier des dames. Le chansonnier français.

— ÉTYM. Chanson.

4. COANT (chaii),ï. m. Il 1° Sorte de modification de la voix humaine par laquelle on forme des sonsvariés, appréciables et soumis à des intervalles réguliers. Il nous entretint de l'usage où l'on a toujours été de mêler le chant aux plaisirs de la table, Barthélémy, Anachars. chap. xxx. La poésie et la danse ne tardèrent pas à se mêler au chant dont elles sont des dépendances naturelles, lamotte, Disc, sur l'églogue, p. 283. Il 2° Suite de sons formant soit des phrases, soit des périodes musicales, que l'on nomme généralement des airs, et auxquelles on donne l'expression voulue par le sujet. Chant harmonieux. Chant lugubre. Chant pieux. Le chant de la Marseillaise animait les troupes de la République. L'art, les règles du chant. Chantons, on nous l'ordonne; et que puissent nos chants Du cœur d'Assuérus adoucir la rudesse! rac. Esth. lu, 3. U chante des chants de joie et de victoire, mass. Or. fun. Dauph. [Les psaumes] monuments immortels de l'histoire de Moïse, de celle des Juges, de celle des Rois, imprimés par léchant et par la mesure dans la mémoire des hommes, boss. Ilist. u, t3. || Fig. Chant de sirène, langage trompeur. || 3° Ramage des oiseaux, cri du coq, de la cigale; et ironiquement, la voix de l'Ane, etc. Le chant du rossignol, du serin. Dès le chant du coq. Le chant monotone de la cigale. Le paon se plaignait à Junon : .... Le chant dont vous m'avez fait don Déplaît à toute la nature , la font. Fab.u. 17. [L'âne] Lève une corne toutusée.... Non sans accompagner, pour plus grand ornement, De son chant gracieux, cette action hardie, id. îft. IV, 5. Il Fig. Le chant du cygne, la dernière et excellente composition d'un musicien, d'un poète célèbre, d'un orateur, etc. Locution prise de ce qu'on pensait dans l'antiquité que le cygne, près de mourir, faisait entendre un chant mélodieux. || 4° Musique qui s'exécute avec la voix. Mettre un air en chant. Il a fait les paroles, un autre a fait léchant. Etudier un morceau de chant. || Plain-chant, chant grégorien, chant d'église, le chant ordinaire de l'Église dont la régularisation est attribuée à saint Grégoire. C'est de là que l'on est parti pour le faire auteur, c'est-à-dire compositeur de plain-chant; par une conséquence de cette invention prétendue, on a nommé le plain-chant chant grégorien, comme s'il était l'œuvre du célèbre pontife, la fage. Cours complet de plain-chant, n» 754. || Chant figuré, notre chant ordinaire, par opposition à plain-chant, parce que les phrases musicales et leurs sections, les mesures, le ton, sont astreints à une marche et ont une valeur déterminée qui lui donnent une figure particulière et reconnaissable. || Chant sur le livre, plain-chant ou contre-point à 4 parties, dans lequel une seule partie est écrite, celle du livre de chœur qui est au lutrin, les trois autres étant composées et chantées impromptu. || 5° Partie mélodique delà musique, celle qui résulte de la durée et de la succession des sons, celle d'où dépend en grande partie l'expression et à laquelle tout le reste est subordonné. Ce morceau manque de chant. || Musique vocale. Parties de chant, celles qui sont exécutées parles voix. Il Phrase musicale qui se détache de l'ensemble. Dans ce sens, se dit des instruments. Chant du violoncelle, du hautbois. || 6° Par extension, poésie qui se chante ou peut se chanter. Chant nuptial. Chant guerrier. Si dans nos chants ta douleur retracée.... rac. Eslh.i, 2. Il Chant royal , composition de notre ancienne poésie, qui avait cinq

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strophes de onze vers, et un envoi de cinq à huit vers, ces six parties finissant par un même veis qui en formait le refrain. || 7° Auplur. Fig. et poétiqu ement, toute composition d'un ordre élevé en vers. Chants sublimes, immortels. Mes chants rediron' tes exploits. U excelle à conduire un char dan» la carrière.... X réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre, RAC. Rrit. IV, 4, Il 8° Division d'un poème. L'Enéide a douze chants. Un chant du Lutrin.

— HIST. xii' s. Li oisel [se] lèvent, si commencent lor canz, Roncisv. 34. Jamais nuls chanz par moi ne fu oïz. Coud, v. Or commence chansons moult bone à enforcier, Qui bien en sait les vers et le chant desrainier, Sax. iv. || xni' s. U [au] munde n'a si bel oisel; Fust tieus [tel] ses chans cum est ses cors, Il vauroit mix [mieux] que nul fins ors, MARIE, Fable 14. Li chastelains de Couci aima lani Qu'onc pour amor nus [nul] n'en ot dolor graindre [plus grande] ; Pour ce ferai ma complainte en ton chant. Car je ne cuit que la moie soit maindre [moindre], anonyme, dans Couci. Pour qui fera' [je] mais ne chançon ne chant? ib. \\ xvi' s. Et rossignols au gay cournge.... Chantent leur joly chant ramage, marot, i, 177.... Tous differens de chantz et de plumages, id. i, 218. Le chant a grande force et vigueur d'esmouvoir et enflammer le cœur des hommes, calv. 328. Tout ce qu'ils appellent musique rompue, et chants à quatre parties, id. Instit. 711,

— ÉTYM. Picard, cant;provenç.can(, can, chant ; espagn. et ital. canto; du latin cantus, chant, de cancre, chanter.

+ 2. CIIANT (chan). Voy. champ 2.

t CHANTABLE (chan-ta-bl') , adj. Qui peut être chanté ; digne d'être chanté.

— HIST. XII' s. Cantables à mei esteient les tues justificaciuns, Liber psalm.f. 187. || xiii" s. Chantables esteient à moi les teues droitures, Psautier, fus.

— ÉTYM. Chanter ;'\ivi\. eantabile.

t CHANTAGE (chan-ta-j'), s. m. Terme populaire. Action de faire chanter quelqu'un, c'est-à-dire de lui extorquer de l'argent en le menaçant de révéler quelque chose de scandaleux, ou de le diffamer, etc

— ÉTYM. Voy. CHANTER

CHANTANT, ANTE (chan-tan,tan-t'), adj. \\ l'Qui chante. Le phénix delà poésie chantante [Quinault] renaît de ses cendres; il a vu mourir et revivre sa réputation dans un même jour, la bbuy. xti. {| 2* Qui se chante aisément; qui est propre à être chanlé, à être mis en chant. Air chantant. Musique chantante. Vers chantants. Paroles chantantes. Surun air aussi simple qu'elle Mettons des couplets bien chantants, BÉRANG. Bouquet. Il 3° Au théâtre, déclamation chantante, déclamation dont les intonations se rapprochent trop du chant. || Langue chantante, une langue accentuée et musicale; l'italien est une langue chantante. || 4° Terme de musique. Composition chantante, composition dans laquelle l'auteur s'est attaché principalement aux effets de la mélodie. Cette sonate est chantante.

fCHANTARILLE (chan-ta-ri-ir, i^ mouillées), s.

f. Voy.CHANTERILLE.

CHANTÉ, ÉE (chan-té, tée), part, passé. || l°Dit en forme de chant. Un refrain chanté en chœur. Une messe chaulée en musique. || 2" Célébré. La guerre de Troie chantée par Homère. || Fig. et ironiquement. Voilà bien chanté, se dit d'une personne qui allègue quelque raison non satisfaisante.

CHANTEAC (chan-tô), s. m. || 1° Morceau coupé à un grand pain. || Chanteau de pain bénit, ou, absolument, chanteau, le morceau qu'on envoie à la personne qui doit rendre le pain bénit le dimanche suivant. || Dans quelques provinces, le pain luimême, quand il est entamé. Passez-moi le chanteau. Il 2° Morceau d'étoffe coupé à une plus grande pièce. Manteau coupé en plein drap sans chanteau. Il Espèce de pointe que les tailleurs ajoutent sur les côtés d'un manteau, d'une robe, d'une soutane. Il 3° Une des pièces du fond d'un tonneau. || 4° Les chanteaux, les janles du rouet.

— HIST. XII' s. Il est sailliz en piez, tint t escu en cantel, Roncisv. 194. || xiii' s. Li sire avoit devant son visTorné sou inantel en chantel, Ijii de l'ombre. U loisoit à tous ceu7. qui le chantelage paioient à oster le chantel de leur tonniau et la lie vuider. Livre des met. 306. Il xv s. Mal se peut vuidier sans rongier au chanteau de quelqu'un, G. chast. Expos, sut vérité mal prise. Le suppliant print un chanteau de pain qu'il rencontra, du cange, chantellus. \\ xvi's Vous adjugez tous les vieux quartiers de lune au; caphardz..,. Que tous ayent à se pendre dedans U

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i!!>mier shanteau de ceste lune; je les fourniray de licolz, RAB. Pant. iv, Prol. Le chanteau part le vilain fd^s que le vilain fait pain à part, il est censé à part pour tous les biens], loysel, 93.

— ÊTYM. Bourguig. chaintca ; picard, cante, cantien; Berry, le chantiau de la lune, le quartier; Saintonge, cft<in((J; provenç. cantei; espagn. cantillo; tâs-lat. canlellus, de cantus, coin, côté (voy.

CANTON et CHAMP 2).

t CHANTE-CLAIR (chan-te-klêr) , s. m. Nom du coq dans le roman du Renart, si célèbre dans les xu' et xnr siècles.

— ÊTYM. Chanter, clair. Ce mot est passé dans l'anglais comme un des noms du coq : chanticleer.

t CHANTIîLAGE (chan-te-la-j'), i. m. Terme de droit K'odal Droit qu'on payait pour la vente du vin.

— HlST. xiV s. Le chantellage de vin, c'est assavoir de chacun tonneau de vin vendu es dits hostels et en chacun d'eux, quatre deniers parisis, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 313.

— Rtym. Bas-lat. chantelagium, cantelagium , de cantellus, proprement chanteau, mais qui s'est confondu avec cantirium, chantier (voy. chantier ().

CHANTEPLECRE(chan-te-pleu-r'), $./■. || i" Sorte d'entonnoir qui a un long tuyau percé de trous pour faire couler les liquides dans un tonneau sans les troubler. Depuis deux jours on m'entretient Pour savoir d'où vient chantepleure ; Du chagrin que j'en ai, je meure. Si je savais d'où ce mot vient. Je l'y renverrais tout à l'heure, Le chevalier 'de cailly, dans RiciiELET. || 2° Fente dans un mur de clôture ou de terrasse pour le passage des eaux. {| 3° Robinet d'un tonneau à vin, à cidre ou à bifcre. || 4° Arrosoir de jardinier, à queue longue etélroite. || 5° Rigole ouverte dans la herge d'une rivière. || 6° Sorte de tonneau dans lequel on foule, en certains vignobles, le raisin avant de le descendre dans la cuve.

— HIST. xiii* S. Vesci une cantepleure qu'on puet faire en un hanap, de laborde, Émaxix, p. 204. Je puis avoir nom chantepleure. Qui de deuil chante et de tristor. Chanson dans Berte aux granz pies. Car le juge de vérité Punira nostre iniquité Par la balance d'équité, Qui ou val de la chantepleure Nous boute en grand adversité, J. de meung, Tr. 1353. Qu'il ait en le [la] maison cantepleures, et ke li pavemens soit arousés d'ewe froide, alebrant, f* 22. Il xiv s. Une chantepleure d'argent verre, esmaillé par la panse, et a, au bout dessus, vn esmail, de laborde, Émaux, p. 204. |{ xvi* s. Quaresmeprenant avoyt les temples, comme une chantepleure; les joues, comme deux sabbots, bab. Pant. IV. 3i . Par l'instrument appelle ohante-pleure, l'eau ramonte tant qu'on veut.... La chante-pleure n'est autre chose que deux tuiaux d'esgale longueur et grosseur, joints ensemble faisans deux branches de telle figure que ceste lettre grecque A, o. de serres, 76».

— ÉTYM. Norm. champelure, cannelle du tonneau; picard, champleuse ; de chanter et pleurer, à cause du murmure que fait entendre le liquide en s'écoulant.

t CHANTEPLEURER (chan-te-pleu-ré), v. a.

Mettre du raisin dans la chantepleure et le piétiner.

CHANTER (chan-té), V. n. || 1° Faire entendre un chant. Chanter juste. Chanter au lutrin. Maître à chanter. Une femme chantait : C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait ! Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles, la font. Fabl. vii, 9. Un savetier chantait du matin jusqu'au soir ; C'était merveille de le voir ; Merveille de l'ouïr; il faisait des passages.... la.ib. J'ai raconté comment la mère indienne porte ses enfants , comment elle leur chante, comment elle les pare, chateaub. Amer. B(. On le berce, on lui chante pour l'endormir, J. i. rouss. Ém. I. 11 ne danse, ni ne chante, ni ne joue ; il est pour la conversation, yoht. Lettr. d'Àrgental, (3 déc. 4762. Chanter, ou je m'abuse. Est ma tâche icibas; Tous ceux qu'ainsi j'amuse. Ne m'aimeront-ils pas? Quand un cercle m'enchante. Quand le wn divertit. Le bon Dieu médit : cliante. Chante, pauvro petit, BÈRANG. Yocalion. \\ Chanter à livre ouvert, à première vue, chanter sans avoir besoin d'étudier les notes. Ouais! je ne croyais pas que ma fille fût si habile que de chanter ainsi à livre ouvert sans hésiter, mol. Mal. imag. ii, 6. || Familièrement. C'est comme si vous chantiez, vous perdez votre temps, je ne vous écoute pas. 11 [l'amant] pleure, il se désespère. Mais c'est comme s'il chantait, dé- SAUGIEBS, Parodie de la Vestale. || Pain à chanter, le pain sans levain dont on fait l'hostie. Mince comme pain à chanter. Le /joindc/ionter, c'est, ensuppléant l'ellipse, le pain à chanter la messe. Voyez, dans l'his-

torique, vin et eau à chanter; ce qui exclut absolument le chanteau de pain , dont on avait parlé comme étymologie de pain à chanter. \\ Familièrement. Je le ferai chanter sur un autre ton, je le ferai agir, parler tout autrement. || Familièrement. Il faudra qu'il chante plus haut pour avoir cela, il faudra qu'il en donne un prix plus élevé. |{ Familièrement. Faire chanter quelqu'un, lui faire faire quelque chose par force ou par ruse ; locution tirée de i'usiige de chanter à table. Vous croyez donc aussi disposer de son âme ? Vous l'avez rebutée, et j'appréhende fort.... — Eh bien! enlevons-la, je vous l'ai ditd'aliord. Quand nous la tiendrons seule, il faudra qu'elle chante, montfledby, le Comédien poète, m, 9. I.e baron : Comment faquin! et la musique? Le laqtiais : Ehl c'est mon fort; je sais faire chanter l'Anglais le plus boutonné, le Hollandais le plus avare, quand l'un ou l'autre est amoureux d'une femme que je protège, la Musicomanie, 4. Ils porteront le fer et le feu au cœur de la France et la feront chanter, Lucien en belle humeur, t. i, dans le roux, Dict. eom. Il En un autre sens, qui est celui de l'argot, faire chanter quelqu'un, l'obliger à donner de l'argent, par la crainte de révélations scandaleuses, vraies ou fausses. || 2° Etre charitable. On dit qu'un morceau ne chante pas, c'est-à-dire qu'il ne peut être chanté, qu'il n'entre pas dans le registre de la voix humaine. Il Être chantant. || Chanter, se dit de l'exécutant, de l'instrument qui fait ressortir la mélodie, spécialement du violon, du violoncelle, du cor, par opposition au simple accompagnement. La basse seule chante dans ce morceau. || Imiter la voix humaine dans l'exécution instrumentale. Il 3° Se dit aussi des oiseaux, de la cigale, et poétiquement ou ironiquement, d'autres animaux. Progné lui repartit [au rossignol] : Eh quoi ! cette musique Pour ne chanter qu'aux animaux, LA FONT. Fabl. m, <B. [L'âne] gambadant, chantant et broutant, id. t6. vi, 8. Dès quel'Aurore, dis-je, en son char remontait, Un misérable coq à point nommé chantait, id. tb. v, 6. La cigale ayant chanté Tout l'été, id. tb. i, t. || Se dit aussi de certains bruits qui ont une sorte d'harmonie. L'eau commence à chanter, elle est près de bouillir. J'écoutais chanter l'eau dans les bassins de marbre, LAMART. Joe. i, 60. || 4° Réciter d'une manière qui approche du chant. Chanter en parlant. Ou elles [les femmes] hésitent ou elles chantent en lisant, FÉN. XVII, 9S. Il B» Avec la préposition de, célébrer. Aussi bien chanter d'autre chose. Ayant chanté de sa grandeur, malh. m, 3. || Proverbes. Une porte mal graissée chante, c'est-à-dire il faut bien payer pour qu'on ne dise rien. || Ce n'est pas à la poule à chanter devant le coq, c'est-à-dire une ffemme ne doit point prendre un ton de commandement avec son mari.... Mon congé cent fois me fùt-il hoc, La poule ne doit point chanter devant le coq, mol. F. sav.y, S. || Tel chante qui ne rit pas, on est souvent triste au fond, au milieu d'apparences contraires. Il Qui bien chante et qui bien danse Fait un métier qui peu avance, c'est-à-dire se livrer trop aux distractions nuit à la fortune.

— CHANTER, V. O. || 1° Exécuter un morceau de chant. Chanter une chanson. Chanter un air , une hymne, la grand'messe, le dessus, la basse. Lorsque les chantres du printemps Réjouissent de leurs accents Mes jardins et mon toit rustique, Lorsque mes sens en sont ravis. On me soutient que leur musique Cède aux bémols des Monsignis Qu'on chante à l'Opéra-Comique, volt. Épitr. cvil Je cherche où est le charme attendrissant que mon cœur trouve à cette clianson ; mais il m'est de toute impossibilité de la chanter jusqu'à la fin sans être arrêté par mes larmes, J. j. Houss. Confess. 1. 1| Fig. et familièrement. Chanter toujours la même chanson, la même antienne, répéter sans cesse la mémo chose. Chanter à quelqu'un sa gamme, lui adresser de vifs reproches, lui dire ses vérités. || Chanter la palinodie, se rétracter, dire lout le contraire de ca qu'on avait dit. || Fig. Chanter magnificat à matines, faire une chose à contre-temps. || i' Célébrer, surtout en vers. La guerre de 1 loie qu'lIomî:re a ciiantée. Où est celte merveilleuse fontaine qu'Ausone a chantée de toute la force de sa voix? balz. Entretien 30, dans richelet. Je chante les comhats et cet homme pieux Qui, des bords phrygiens conduit dans l'Ausoiiie, Le premier aborda les champs de Lavinie, boil. ilrt p. m. Je chante ce héros qui régna sur la France Et par droit de conquête et par droit de naissance, volt* Ilenr. i. ... Son vainqueur sur les toits S alla percher et chanter sa victoire, la font. Fabl. VII , 4 3. La prophétesse chanta sa défaite par une ode, boss. PoW. Chantez, louez le Dieu que vous venez chercher, rac. Àth. i. 3. Que son nom

soit béni, que son nom soit chanté, ni.Etth. i>i, *, Pour chanter un Auguste, il faut être un Virgile, BOIL. Dise, au roi. En joyeux gourmands qii« nous sommes , Nous savons chanter un repM, BÊRANG. Age fut. Il Annoncer, en parlant d'un oracle. Et chantant seulement des ordres immuables, Annonçant desarréts qui sont inévitables. Il [l'oracle] néglige nos pleurs et défend aux mortels D'apporter leurs dési rs atu pieds de sesautels, brébeof, Phars. v. Il Fig. et familièrement. Chanter victoire, se glorifier du succès. Il Cnanter les louanges de quelqu'un, en faire de grands éloges. || 3° Par plaisanterie, dire. Que chantes-tu là? Qu'est-ce qu'elle chante cette physique [dequoi traite-t-elle]? mol. le Bourg, g. ii, 6. Au nom de Jupiter, laissez-nous en repos. Et ne nous chantez plus d'impertinents propos, id. L'Étour. i, 8. Nous en tenons, madame, et puis prêtons l'oreille Aux bons chiens dependards qui nous chantent merveille, id. Bip. am. n, 4. Voyons ce qu'elle chante [écrit], rac. Plaid. II, 4. Ce n'est qu'un excès de peur des peines éternellesqui fait qu'un libertin nous prêche et nous chante sans cesse qu'elles sont douteuses, uass. Car. Doutes. || Chanter injures, pouiUes, goguettes à quelqu'un, lui dire des injures, lui faire querelle. Nous nous sommes tous deux chanté pouilles à tort, hegnard, Ménech. v, 6. {| 4° Chansonner, railler. L'armée se console de la perte d'une bataille lorsqu'elle a chanté le général, montesû. Espr. n, 7. Il 6° Se chanter, v. ré/l. Être chanté. Cette chanson satirique se chante partout.

— HlST. XI* s. Chanson malvaise de nous ne seit chantée, Ch. de Bol. lxxvii. Maie chanson n'en deit estre cantée, ib. cxi. || xii* s. Messes canter ferez, Roncisv. 18. Mais j'ai plus grand talent que je me coise, Pour ce j'ai mis mon chanter en defois,

j'ai cessé de chanter], quesnes, Romancero, p. 83. Les faux amants] Ne chantent fors qu'en pascor au printemps]. Lors se plaignent sansdolor, Couci, I. Nouvele amor où j'ai mis mon penser Me fait chanter de la plus debonaire, ib. ii. Une beauté m'est venue devant Qui me semont et prie que je chant, ib. v. [Gens] qui m'ont mis sus mensonge à escient. Que j'ai chanté des dames laidement, quesnes, Romane, p. 89. L'apostole s'apreste pour la messe chanter. Saxons, xiii. En grant dévotion celé messe ad chantée. Th. le mari. 3B. ||xiii' s. Ains que l'en commençast à chanter la grant messe, li dus de Venise monta el letrin, villeh. xxxix. [Les dames] carolent et festoient et chantent hautement, Berte, ix. Et dit Renart : chante, cousins, Ren. 4 686. Ce fu en la douce saison Que cler chantent li oisellon Por le tens qui est nez [net] et purs, Ren. 24346. En l'an de l'incarnation x et ce et iiij et xxx. Si com l'escripture le chante, ruteb. ii, 4 66. Et leur dis que vileinne chose estoit de chevaliers et de gentilzhomes qui parloient tandis que l'en chantoit la messe, joinv. 236. Lors envola querre le roy le légat et touz les prelas de l'ost, et chanta l'en hautement : te deum laudamus, id. 2(5. Deux burettes d'or, à mettre le vin et l'eaue à chanter, à la chapelle du roy nostre sire, de laborde. Émaux, p. 4 79. Uneboeste d'argent à mettre pain à chanter, ID. tb. p. 488. Il XVI" s. La depesche de Thomas de Granson ne chantoit que la mesme chose, Uém. s. du G. 34. Vertus dieu que ne chantez-vous: adieu paniers, vendanges sont faictes? rab. Garg. l, ï7. Tu es le seul dieu que j'honore. Aussi sans fin te chanterai, MAHOT, IV, 330. Le parler et le chanter, si on en use en oraison.... calv. Instit. 7H.... De leur présenter la tette, de les bercer, de les chanter,

— ÉTYM. Picard cainter, canter; provenç. cantor, chantar; espagn. cantar; ital. cantare; du latin eantare, fréquentatif de canere.

4. CHANTERELLE (clian-te-rè-l"), s. f. j| 1* La corde d'un instrument à manche qui a le son le plus aigu. Mettre une chanterelle à un violon. Si le son est tiré de la chanterelle ou du bourdon , j. j. ROUSS. ^m. II. il Appuyer sur la chanterelle, faire ressortir la partie qu'on exécute sur la chanterelle, la partie du chant qui est la plus intéressante; et fig. appeler l'attention sur ce qu'il y a de plus important eu une affaire. || Fig. et familièrement. Ne haussez pas tant la chanterelle; je vous ferai baisser la chanlerelle. c'e.n-à-dire ne le prenez pas si haut, je vous ferai baisser le ton, je vous rabattrai le caquet. Il 2° Bouteille de verre fort mince, dont on tire des sons en soufflant dessus. || 3" Terme de chasse. Oiseau qu'on met dans une cage, pour en attirer d'autres dans les pièges qu'on leur tend. || Femelle de perdrix dont on se sert pour attirer les mâles.

— HlST. XVI" s. Néanmoins, elles ne dédaigneront les petits fredons de ma chanterelle, touchée

CHA

d'un pouce tant affectionné à votre bsnin service,

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