I. t l'appas qui la chatouille ... Lui cache le
péril de ce qu'elle entreprend, uûursault. Fables d'Ésope, IV, 3. Un auteur vertueux en ses vers innocents Ne corrompt point le cœur en chatouillant les sens, boil. Art poét. iv. Il n'y a rien qui chatouille tant l'oreille d'un homme soupçonneux que jes rapports, d'ablancourt, Lucien, t. m, dans BICHRLET. Il Absolument. Il n'y a rien assurément qui chatouille davantage que les applaudissements que vous dites, mol. Bourg, genl. i, 1. ||4° Se chatouiller , V. rép. Se causer la sensation du chatouillement. Il Fig. Se chatouiller pour se faire rire, rire sans sujet, faire effort pour paraître gai. || Se chatouiller l'un l'autre. Ils s'amusent tous deux à se chatouiller.
— HlST. XIV" s. Et aucuns sont aussi comme sont ceulz qui se doublent que les autres ne les catoillent, et pour ce il se calouUent et confriquent premièrement, oresme. Eth. 211. Il xv's. Quantdedans fu [le dard], mon cueur vint esveiUer Et tellement le print à catoillier Que je senty que trop rioit de joy^, CH. d'orl. 1. Durant que ce vin j'avaloy. Qui me chastouiUoit soubz la langue, basselin, Vau de Vire, 9. Il xvi' s. Geste parole ne despleut pointa Sylla, ains au contraire, il donna à cognoistre qu'elle l'avoit chatouillé, amvot, Sylla, 72. Lapluspart des plaisirs nous chatouillent et embrassent pour nous cstrangler, comme faisoient les larrons que les ^Egyptiens appeloient Philistas, mont, i, p. 283. Livre que j'avoy basty pour me chastouiller moymesme, à fin do me faire rire le premier, des accords. Avant -prnpos. Guerres, maux et telles petites mignardises qui chatouillent malheureusement les personnes pour les faire rire, Moyen de parvenir, p. 4, dans lacdrne.
— ÉTVM Picard, calouiller; rouchi, catoulier ; d'après Diez, de caluiire, changé en catuliare, être eu chaleur en parlant des chiennes, de cclulus, petit chien, diminutif de canis, cnien; d'après Grandgagnage, qui trouve dans le wallon cati, gati, guètt, pour chatouiller, de l'allemand : anglo-saxon, citelan; hoU. killelen; allem. moderne, kitteln, chatouiller. La forme du mot est en faveur de l'opinion de Diez. Il y avait aussi dans l'ancien français chatillicr ou calillier, signifiant harceler : Li mal d'amour.... Ne me font fors chatillier De joie et de delirier Sans penser nule folie, SIss. de poésies fr. avant (300, t. iv, p. (384, dans lacub.ne. Et s'estoient là retraits une grcsse compoignie pour catiUier las Picards, mon.strelet, dans du cange. catillare. Ces lormes catillare, catillier, dont le sens n'est pas très-précis entre harceler et chatouiller, se prêteraient mieux à l'élymologie de Grandgagnage, et, comme il est arrivé souvent, une confusion a pu s'opérer entre chatillier et cl\atouiiler.
CIIATOPÎLLEUX, ECSE (cha-tou-Uea, Ueû-z",
IiICT. DE LA LANGUE FBANÇ.\ISË.
U mouillées, et non cha-tou-yeû) , adj. \\ 1° Qui est sensible au chatouillement. Cet enfant est trèschatouilleux. Il Terme de manège. Cheval chatouilleux à l'éperon, cheval qui, au lieu d'obéir à l'éperon, hennit et rue. || 2° Fig. Qui s'offense aisément, qui se pique aisément. C'est sur ce point qu'il est chatouilleux, boss. i, Annonc. i. Quelque chatouilleuses que soient les impressions del'arnour-propre, elles ne m'empêcheront jamais de dire la vérité, MIRAHEAI!, Collection, t. m, p. 45. En un siècle comme celui-ci où l'on ne vit que par exemple, et qui me semble autant ou plus chatouilleux pour les écrivains que celui sous lequel on était obligé de se présenter la corde au cou quand on voulait proposer de nouvelles lois, Utt. à Malh. dans malh. Éd. de MÉNAGE, p. 202. Pour un monsieur si chatouilleux, qu'avez -vous trouvé de gai à certain souffiet de tantôt? BEAUMARCH. Mar. de Fig. v, (O. j] 3° Affaire, question chatouilleuse, affaire, question qui pourrait facilement exciter des susceptibilités. L'éclat de" ces faveurs dont vous enveloppez De votre faux secret le chatouilleux mystère, corn. Agésil. m, 4. Ce factum accompagné de notes un peu chalouilleu.ses, VOLT. Lelt. d'Argcr.tal, 4 janv. (773.
— IIIST. XV' s. Il luy sembloit davantage que ses subgectz estoient ung peu cbastoulleux h entreprendre auctnrité quand ilz en verroient le temps, COMM VI, 7. Il XVI' s. Sentir la hart, vaut autant à dire que chatouilleux de la gorge, desper. Coules, xcvii. Depesché aux plus chatouilleuses négociations, d'aub. Ilist. préf. 8. Ils s'y logèrent, encores qu'il y fist fort chatouilleux [dangereux], carl. ix, 28. L'univers de bout en bout Sent partout Sa chatouilleuse puissance [de l'amour], am. jamyn, liv. iv. Chanson, Or que le plaisant.... Je no-sçay si la ditle princesse a composé le dict livre, d'autant qu'il est plein de propos assez hardis et de mots chatouilleux, LA cnoix DU MAINE, Bibl. p. 309, dans lacurne. Un aultre disoit au bourreau, qu'il ne le touchast pas à la gorge, de peur de le faire tressaillir de rire, tant il estoit chatouilleux, mont, i, 290. Mais, de contourner le jugement des événements, souvent contre raison, à noslre advantage, et d'obmettre tout ce qu'il y a de chatouilleux en la vie de leur maistre, ils en font mestier, ID. ii, 1 14. Combien qu'ayez la parole plus chatouilleuse et plaisante aux oreilles des auditeurs. Nuits de Straparole, t. ii, p. 236, dans LACURNE. Chatouilleux de la gorge [qui mérite d'être pendu], ouDiN.
-.- ËTY.M. Voy. CHATOUILLER.
CHATO'VANT, ANTE (oha-to-ian, ian-t'; d'autres disent cha-toi-ian), adj. Qui chatoie. Étoffe, couleur chatoyante. Les mouches étaient toutes distinguées les unes des autres; il y en avait de dorées, d'argentées, de tigrées, de rembrunies, de chatoyantes,
BERN. DE ST-P. ÉtUde I".
t CUATOYEMENT OU plutôt CHATOIEMENT
(cha-tol-man), s. m. Effet d'une surface chatoyante. Le chaioyement du cou d'un pigeon.
— ÈTY.M. Chatoyer.
CIIATO'VER (cha-to-ié; d'autres disent cha-toiié) , je chatoie, tu chatoies, il chatoie, nous chatoyons, vous chatoyez, ils chatoient; je chatoyais, nous chatoyions, vous chatoyiez; je chatoierai; je chatoierais; que je chatoie, que nous chatoyions, que vous chatoyiez; que je chatoyasse, v. n. Changer de couleur, avjir des reflets, selon les différents aspects, comme l'œil du chat.
— UEM. Ce mot ne se trouve ni dans les éditions du Dictionnaire de l'Académie antérieures à 1835, ni dans Hichelet, ni dans Furelière. Il existe dans le parler du Berry. Il se p^ut qu'étant provincial, il se soit introduit tardivement dans la langue littéraire.
— ÉTYM. Chat; Berry, thuloyer, flatter comme lorsciu'on caresse un chat, plaire.
f CUAT-PARD (cha-par), s. m. Nom scientifique de l'espèce appelée vulgairement lynx de Portugal. Il Au plur. Des chats- pards.
— ÊTYM. Chat, etpord.
f CUÂTRABLE (chà-tra-bl'), adj. Qui peut être châtré.
- lllST. XVI* s. Le chastrer des aigneaux n'est reslraint à certain aage, estant chastrables et les jeunes et les vieux de ces animaux, o. de serres, 322.
CH.iTUÉ, ÉE (cliâ-tré, trée), part, passé. \\ 1°Ud taureau châtré. || 2" S. m. Un châtré, un homme châtré. Il s'était adressé pour cela à un petit châtré, organiste d'une église, scarr. Ilom. com. ch. xv. Voyant un châtré fredonner le rôle de César, volt. Cand. 25. Il On dit aussi castrat; mais châtré, en cet emploi, a quelque chose de moqueur que n'a pas castrat.
CIIÂTKEK (châ-tré),f. a. || fCouper les testicules ou les ovaires. Châtrer un taureau, une truie. On a châtré des hommes pour avoir certaines voix de chanteurs. Les Orientaux châtrent les hommes pour en faire des eunuques et les commettre à la garde des harems. On proposa à cet Atlale de châtrer lionorius,voLT.JtfœHrs,i(. || 2' Fig. Châtrer un livre, en retrancher ce qui p?ut être licencieux ou simplement trop hardi. I| 3" Terme de jardinage. Cbâtrerdes fraisiers, des melons, en ôter les rejetons ou les fleurs superflues. || 4° Châtrer une ruche, en Oter la cire ou le miel. || Châtrer des cotrets, en ôter quelques bâtons. Il Châtrer une roue, ôter quelques jantes, pour resserrer les ais.
— IllST. XIII' s. Chasiris [moulons], joinv. 267. Il XV s. En ce moys l'en chastre les vaisseauli des mousches.se ilz onta.ssez miel, Prouffiti champ, et rurauLr, vii, «.||xvi' s. Et puis, pour couronner l'eslevalion des Lorrains, le Conseil de France la chaslra du droit qu'elle avait sur Bar, et les en fit souverains, d'aub. Ilist. i, 88. Les eunuques et chastrés dégénèrent en nature féminine, paré, vi, (8. Chastrer les abeilles, c'est à dire vendanger le miel et la cire qui sont dans les rusches, o. de
serres, 447.
— ÉTYM. Picard , calrer; provenç. castrar, craslar, crestar ; espagn. castrar; ital. castrare ; du lalin castrare, châtrer.
CHÂTRECR (châ-lreur), s. m. Celui dont la profession consiste à parcourir les campagnes pour châtrer des animaux.
— lllST. xvi* s. U y a gens en Afrique qui vont par la viUe, à la mode de nos chaslreux, et font mestier de coi;per telles caruncules, paré, i, 34.
— ÉTYM. Berry, chdtreu; provenç. crestaire; espagn. castrador; du latin castratnrem,i\icaslrare, châtrer. Dans le provençal creifaire est le nominatif répondant à castràlor; crestador serait le régime répondant à castrat<'ire>n.
t CUAT-ROCUIER (cha-ro-chié), s. m. Nom vulgaire du squale roussette, dit aussi rocher et chat des rochers, parce qu'il affectionne les parties rocheuses de la mer. \\ Au plur. Des chats-rochiers.
t CUÂTRURE (châ-tru-r'), s. f. Terme de vétérinaire. Castration des animaux par l'emploi du caustique.
— ÉTYM. Châtrer.
fCHATTE (cha-f), s. f. || l'Voy. chat. |i 2°Terme de marine. Sorte de grappin servant à accrocher au fond de l'eau une corde tendue par l'ancre ou des cordages tombés dans une rade. {| Espèce de chassemarée servant à la pêche.
t eu ATTÉE (cha-tée) ,s.f.Li porlée d'une chatte.
r- ÉTYM. Chatte.
t CUATTEME.NT (cha-te-man), adv. Terme trèsfamilier. X la manière des chattes, d'une façon caressante et aussi d'une façon trompeuse et hypocrite.
— ÉTYM. Chatte, et le' suffixe ment.
CHATTE.M1TE (cha-te-mi-f). t. f. Personne affectant des manières humbles et flatteuses. Voyezvous celte chattemite! Un chat faisant la chaltemite, Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, LA FONT. Fabi. VII, (8. Ahl ahl dis-je, Alisoii, vous lisez des romans; Et vous vous arrêtez i l'endroit de l'ermite; Je crois qu'ainsi que vous, pleine d'enseignements, Oriane prêchait, faisant la chaltemite, ID. Ballade sur les romans. Que vanudit soit l'amour et les filles maudites Qui veulent en tâter et font les chattemites, mol. le Dép. v, 4. Les renards, autres chattemites, Se glissant dans nos basses-cours, volt. Épilr. xcvii.
— IlIST. xiu* s. Si l'une est chate , l'autre est mite, Ben. (44. || xvi' s. Ils font si bien les chatemiles, quand ils veulent avoir quelque avantage sur quelqu'une, et sont de si attrayante inaniere, mahg. iVour.46.Chalemilies,leiiuel dernier terme vaut quasi autant que contrefaiseurde brebiettes, n. est. Apol. d'Ilérod. p. 020, dans lacurne. Malheureux nosiro siècle en ce dcsastre né, Sous lequel nous voyons lantd'ameschatemites. Carnassières des rois, avoil esté produites, pasquier. Lettres, t. ii, p. 573. Je ne voudrois, Florus, estre P:.uvre, pouilleux, cliatemile. Caché près d'une marmite Dont on ne me pousl cognoistre, duverdier, Bibliolh. p. 40, dans LACURNE. Vous voulez douc que désormais Je face de lachatemile, Papelardaiit comme un hermite, Le blason des faulces amours, p. 240, dans lacurne. Les Huguenots deCondom,qui estoient demeurés sous l'edil du roy, ayans fait toujours la chatte mille de no vouloir prendre les armes, montluc, Mém. t. u,
p. 394, dans LACURNE.
— ÊTYM. Chatte, et mile, qui probablement est le I même que mitis, doux, emplové pour signifier chat.
CHA
t niATTEMITERIE (clia-te-mi-te-rie) , s. f. Action (Ift chaltemite.
Ilisr, xvr s. D'autres aussi font les scrupu-
Ifiiix par une vraye clialnmiltorie, afin de sembler plus saincts, lanoue, 77.
— KTYH. Chnttemite.
CIIATTER (clia-lé), V. n. Faire des petits, en parlant d'une ciiitte.
— F.TYM. Clin lie.
t CHATTKRIK (clia-te-rie), s. f. \\ i° Acte de friandise. || 2" Les friandises mGmes. Manger des fliattorics. Il 3" Coqueticrie, gentillesse. Faire des cliatteries. || Fausse cares.se.
— lilsT. XVI" s. Fouquet lui alla ouvrir et en allant s'avisa de jouer un tour de chatterie à son liomme, uesper. Contes, xii.
— ÉTYM. Clialle, chat, ces animaux paraissant [dus sensuels que les autres, à cause qu'on les voit souvent se lécher les babines; bourguig. chaiteric. Au xvi' siècle, on disait chalonie, dans le sens d'espicglerie.
t CIIAT-TFGRE (cha-ti-gr') . s. m. Un des noms vulgaires donnrs au chat margay, au chat ocelot et au chai sorval. || Au plur. Des chats-tigres.
t CHAUCHÉ (chô-ché), s. m. Chauché gris, nom, en Bourgogne, du pineau blanc.
t CIIAUCUE-BRANCUE (chô-che-hran-ch'), s. f. Il l» Levier pour de grands fardeaux. || Au plur. Des chauche-branches. || 2° S. m. Nom vulgaire de l'engoulevent. Il Au plur. Des chauche-branche ou chauche-branches.
— fTVM. Dans le premier sens, c'est une branche [levier] qui cauche; dans le second, c'e.st l'oiseau qui caudie la brandie. Caucher est un ancien verbe qui veut dire serrer, presser (voy. cocher).
I CUACCnivPOULE (chô-ehe-pou-1'), s. m. Nom vulgaire du milan. || Au plur. Des chauohe-poule ou chauche-poules.
— ÉTYM. Caucher (voyez le précédent), et poule: l'oiseau qui cauche la poule.
CHAUD, CU.\UnE (chô,chô-d'; le d ne se lie pas, un ami chaud ànous servir, dites : chau à; Chifflet, Cramm. p. 2)2, fait même remarque; au pluriel 1'*' se lie : des amis chau-z à), adj. || 1° Qui a, qui donne ou produit de la chaleur. Dans ces climats chauds, les hommes n'imaginèrent point de plus grande béatitude que les ombrages et les murmures des eaux, VOLT. Pr. de Babyl. 4. Le comte de Guiche disait des merveilles des esprits de vos pays chauds, SÉv. til. Que faisiez-vous au temps chaud? la font. Fab. I, 1. Il Fig. et familièrement. Avoir les pieds chauds, jouir des commodités delà vie. || Fig. Pour lui il n'y a rien de trop chaud, ni de trop froid, il prend tout et de toutes mains. Dame, demoiselle, bourgeoise, paysanne, il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui , mol. le Festin, i, ) . Il Fig. Avoir la main chaude , gagner plusieurs fois (le suite à un jeu où le gagnant fait toujours, ce qui, pour ainsi dire, lui entretient la main chaude. Il Main chaude, jeu où l'un des joueurs tient une main renversée sur son dos, et doit deviner celui qui frappe dedans. Ce jeu se nomme ainsi, parce que la main, souvent frappée, s'échauffe. || Pleurer à cliaudes larmes, abondamment. Je ne désespère pas de sa conversion que tous les gens de bien demandent au ciel à chaudes larmes, balz. lie. ii, lett. fi. Au point d'en pleurer à chaudes larmes, J. J. nouss. Conf. II. Il Fig. et familièrement. Cela est trop chaud, on n'y peut pas toucher, c'est chose délicate, dangereuse. Ce fut .M. d'Alet qui fit sa cour, en se récriant pour M. de Paris; ce nom présentement n'est plus trop cliaud, il a soufflé dessus, sÉv. 4CP. Il 2" Oui garde encore une portion de la chaleur qui a servi à la préparation. Un pftté tout chaud. Ce pain, ce gâteau est encore tout chaud du four. Il Fig. Cet ouvrage est encore tout chaud de la forge, il sort des mains de l'auteur. Lorsqu'ils [les journaliste,s] s'imposent la loi de ne parler que des ouvrages encore tout chauds de la forge, montesq. Lett. pers. ui». Il Le rendre tout chaud à quelqu'un, le rend recnaiiu comme braise, riposter, repartir incontinent et vertement. Il Fig. Prompt, tout récent. Les récompenses toutes chaudes ont un prix merveilleux. Le soufllet sur ma joue est encore tout chaud, BAC. Plaid, ii, 4. Ce petit conte est tout chaud, il faut qu'il passe, sÉv. 455. Les plaisanteries ne sont bonnes que quand elles sont servies toutes chaudes, volt. Lett. Chalotais , 21 mars 1763. H 8' Oui conserve la chaleur, qui garantit du froid. Ce manteau est bon et chaud. Une étoffe chaude, li ♦-Qui augmente la chaleur intérieure du corps. Les liqueurs alcooliques, les épices sont chaudes.
CHA
Il Être chaude, être en rut en parlant des femelles de quelques animaux. || Fièvre chaude, fièvre accompagnée de délire et d'extrême agitation. || Chaud mal, le même que fièvre chaude. || Fig. Tomber de fièvre en chaud mal, tomber d'un élat fâcheux en un pire. Il Rtre chaud de vin [être ivre] , volt. Pr. de llahyl.
4. Il 5" Fig. Ardent, passionné, vif, emporté. Tempérament chaud. J'eus le sang un peu chaud et le bras un peu prompt, corn. Cid, ii, t. Près d'un esprit si chaud et si fort emporté Suréna dans ma cour est-il en sûreté? m. Suréna, v, t. Ma femme bien souvent a la tête un peu chaude, mol. Femmes sav. II, 6. Et d'un .sang un peu chaud réprimant les bouillons, N'oublions pas tous deux devant qui nous parlons, m. D. Garde, m, 3. Le Marseillais, Provençal un peu chaud, la font. Quipr. Un jour pourtant d'humeur un peu trop chaude, boil. l^pigr. III.... je vois bien où tend tout ce discours trompeur. Reprend le chaud vieillard; le prélat vous fait peur, id. Luir. iv Les Cévennes, pays ppuplé d'ignorants et de cervelles chaudes, volt. Louis XIV, 38. On craint que quelques tètes chaudes n'attaquent quelques articles auxquels il est si aisé de donner un mauvais sens, volt. Lett. Damilaville, 2S avril 1766. || 6" Zélé. Un chaud partisan. Être chaud sur une affaire. S'il se montre trop cliaud à suivre la vertu, Régnier, Sat. xvi. Indocile à la paix et trop chaud à la guerre, id. Épil. i. Un roi qui aime mieux qu'on le blâme d'être un peu trop chaud quand il voit les ennemis que trop sage, pé- LissoN, Corners, de L. XIV devant Lille, p. 63. Je crois qu'un ami chaud et de ma qualité N'est pas as'iurément pour être rejeté, mol. Mis. I, 2. Faites état de moi, monsieur, comme du plus chaud de vos amis, in. Impromptu, 3. || Familièrement. N'être ni chaud ni froid, rester indécis, indill'érent entre deux partis. )| 7» Vif, animé. Style cliaud. Attaque chauile. La dispute fut chaude. || En termes de guerre, affaire chaude, action chaude, chaude journée, engagement sanglant et disputé. || En termes de peinture, ton chaud, co'.oris chaud, ton, coloris brillant et vigoureux. Tableau chaud de couleur. Il Alarme chaude, vive alarme. Savoir me retirer des plus chaudes alarmes, ri"onier, Épit. ii. Remettez-vous, monsieur, d'une alarme si chaude, MOL. Tari. V, 7. Harcourt leur donna des alarmes si chaudes.... st-sim. 206, (8. || La donner bien chaude, l'avoir bien chaude, donner, avoir une grande alai-me. Mon front l'a, sur mon âme, eu bien chaude pourtant [l'a échappé belle], mol. Sgan. 22. || 8» Chauil, adv. Servir, boire, manger chaud. Il Tenir chaud, préserver du froid. Cette robe lui tiendra chaud. || Se tenir chaud, se préserver du froid. Ils se tiennent chaud au poêle. || Tout chaud, lac. adv. Tout de suite. || Chaud 1 chaud! vite, sans tarder. Très-familier. || 9° A la chaude, loc. adv. X l'instant, vivement. Mais il faut à la chaude Le gripper aux cheveux, scarr. Jodelct, ii, «. i la chaude, les cantons protestants firent rendre par ceux de Ncucliàtel un jugement provisionnel, sT-siM 181, 182. M. le duc, toujours furieux, ne put être induit à chercher à la chaude à replâtrer l'affront, ID. 00, 54. || 10° Substantivement. Chaleur. Avoir chaud. Je mourais de chaud, sÉv. 42. Nous avons chaud nous autres, il n'y a plus qu'en Provence où l'on ait froid, sÉv. 197. L'oiseau que.... Le vain courroux des vents berce au chaud sur sa branche, lamart. Joc. m, 1 1 7. |1 II fait chaud, on ressent de la chaleur. Il faisait très-chaud dans cette chambre. 11 fait trop chaud ici. 1| Il fait chaud, la température est cliaude. || Fig. 11 fai.sait chaud à celte b:itaille, l'action était vive, périlleuse. 11 était à la tranchée partout où il faisait chaud, sÉv. 301. Nous nous sommes vus en des lieux où il faisait fort chaud, mol. Préc. 12. || La chaleur du jour. Le chaud, la solitude l'invitèrent d'abord. |1 Souffier le chaud et le froid, louer et blâmer une même chose, être tour h tour d'un avis contraire. Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le .''roid. la font. Fabl. V, 7. || Cela ne fait ni chaud ni froid, cela ne fait rien, ne sert ni ne nuit. Il ne vous fera ni chaud ni froid, sÉv. 454. Cela ne vous fait ni chaud ni froid, ni bien ni mal, plaisir ni peine, p. L. COUR. Lett. I, 209. Il Fig. Je n'ai jamais senti ni froid ni chaud pour vous, regnard, ilénech. ii,
5. Votre bourse est.... Un thermomètre sur, tantôt bas, tantôt haut Marquant de votre cœur ou le froid ou le chaud, regnard, Joueur, i, 6. j] Proverbes. Si vous n'avez rien de plus chaud, vous n'avez que faire de souffier, vous vous fiattez d'une vaine espérance. |! Froides mains, chaudes amours, c'està-dire la fraîcheur des mains annonce ordinairement un tempérament ardent. || 11 faut battre le fer
CHA
pendant qu'il est chaud, c'est-à-dire il faut saisir l'occasion favorable.
— REM. C'est une façon de parler populaire mai» fautive, dédire: il fait plus de chaud qu'nier. Il faut dire : il fait plus chaud qu'hier. Faire chaud est une hjcution faite, dans laquelle plus n'intervient pas pour changer le rapport des termes.
— SYN. LE CHAUD, LA CHALEUR. Le chaud est la qualité de tout ce qui est chaud; la chaleur est la qualité active qui fait qu'un corps est chaud. On sentira la nuance dans ces phrases: le chaud du jour, la chaleur du jour. Le chaud du jour, c'est le temps oit le jour est le plus chaud; la chaleur du jour est l'impression qu'un jour chaud nous fait sentir. Nous sortîmes au chaud du jour plutôt que pendant la chaleur du jour. La chaleur du brasier (et non le chaud) était si grande. Dans les qualités élémentaires qu'ils admettaient, les anciens comptaient le chaul, non la chaleur.
— HIST. X' s. E faciebat grant iholt, Frag. de Valenc. p. 408. || xi' s. Et endurer et granz chak et granz freiz, Ch. de liol. lxxvii. Granz e.st li calz, si se levé la poudre, t'b. cclxvi. Nous les ferons [nos épées] vermeilles de chald sang, ib. i xx;v. || xii" s. Iccl jour fit moût caut, et li ciel fu serin, Konc. p. 104. Car li sans et li chais l'avoit forment grevé, ib. p. 195, A I mult par est la vie del chaitif humme grieve;Orest chalz, or est freiz, cume celé eve tieve. Th. le mart. 92. E Deus de rechiaf Samuel apela, e Samuel chalt pas leva et vint al evesche, Rois, 11. Il XIII* s. Il la recuevrcnt chaut et de gris et d'ermin, Berte, Lv. Car nus sens n'i peuist suffire. Tant estoit de chaude matire, la llose, 8332. Omicidos, si est quant aucuns tue aucun en caude mellée, beaum. xxx, 6. L'yaue devenoit, ou [au] chaut du jour, aussi froide comme de fonteinne, JoiNV. 220. Il loûit [conseillait] que il se iraisit [retirât] sur le flum, pource que ses serjans eussent à boire; car le chaut estoil jà grant levé, m. 226. Il xiv s. Et comme en esté par grant chaut l'en ne dit pas à un homme ou deffent que il ne sue , ORESME, Elh. 72. Por ce sont congneuz les principes en science naturel comme cestui : tout feu est chaud, ID. ib. xi, 13. || xv s. Le connectable de France, qui savoit d'armes ce qui en est, et qui .sentoit les Anglois chauds, bouillans et aventureux, Fnoiss. II, II, 32. Couroient ses gens tout le pais d'environ, et ne laissoient rien à prendre s'il n'estoit trop chaud, trop froid ou trop pesant, m. liv. l, p. 291 , dans LACURNE. Messire Enguerrant estant chault, non sentant le meschief qu'il avoit, cuyda hausser sa hache, Jeh. de Saintré, ch. 42. Par luy je reçoy Souvent froit et chault; Puisqu'estre ainsi fault. Remède n'y voy, ch. d'orl. Ilond. Si ne souffiroit de donner exemple, ni ung ny plusieurs, quand bien, par l'espace de deux rail ans, Dieu a ainsi traictiéles Juifs entre chault et froit, chastel. Chron. du duc Philippe, Proesme. Si les fit boire un coup et eux refresehir, car grand chaud faisoit, liouciq. II, ch. 20. Et plusieurs prins en la ville, lesquelz furent penduz à la ciiaulde, comm. vi, 5. La guerre est telle qu'il faut besongner selon la loisir qu'on a, et fault procéder aucunes fois froit, aucunes fois chault, le Jouvencel, f° 28, dans la- CURNE. Sire, dist la dame, sauf vostre grâce; car vos parlers ne font ne froit ne chault. Perce forest, t. IV, f" 48. Il XVI' s. Icy commença Homenaz jecter grosses et chauldes larmes, et battre sa poictrine, RAB. Pant. IV, 63. Sur la chaulde [au moment même], mont, i, 27. Souvent il tastoit s'ils estoyent trop chauds, id. i, ioo. Boire chauld, m. i, 164. C'est souffier de mesme bouche le chauld et le froid, ID. I, 249. Nous retombons tousjours de fieb- . vre en chaud mal, id. i, 283. Les Grecs descrioient les tisserandes, d'estre plus chauldes que les aultres femmes, m. iv, 189. Il ne savoit à qui s'en prendre; mais, à la chaude [tout à coup], vint saisir un fteutilhomme le plus prochain de lui ... despeb. Conii», Lxxxii. M. d'Andelot, qui ne trouvoit jamais rien trop chaud [dangereux], dit Q'i'il se falloit retiret au pas, LANOUE, 650. Leur camp, ayant pris l'alarme très chaude, commença à tirer canonuadei sur canonnades, id. 66i.Je cuiday suyvro le mesme chemin à la chaude, sans l'humanité de Monseigneur, ID. 089. Pleurant à chaudes larmes, amvot, Cam. 62. Chault de l'ardeur de la bataille, id. Pélop. et Marcel, comp. 5. Il faisoit un chaud-picquanl et estoulîé, d'aub. Foen. m, 7. Comme un homme déterminé, qui ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid, ir. Vie, xxviii. Peu de gens voulant coudre la besongne que cette chaude teste enttejirenoit, il se mit à pleurer chaudement, ID. llist. i, 3U3, La mcre de famille se prend garde d»? meublea
CHA
CHA
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qui défaillent, dont on fait faire la recherche à la chaude, o. df. serres, 882. Hien ne lui est trop chaud ni trop froid, h. est. Précel. p. 77. Chaud à l'œuvre, id. Conf. du tang. fr. atrclegrcc, p. 103. Comme la chaleur do leur aage les pousse qui ne doute de rien et qui ne trouve rien do trop chaud ni trop froid, sinon au toucher, montbourcheb, Du gay debal, f° 3, dans iacurne.
— ÉTYM. Picard, heud , caud; provenç. caïd, tout; anc. catal. cnlt; espagii. et portng. calido; itai. cnldo; du latin cnlidiis, chaud (voy. cruLKCR). La forme ihnll rencontri^e dans un texte du x" siècle n'est point inexplicable ; il faut que l'on prenne ili pour une manière insolite de représenter le son ch.
t CII.MJDE (cha-d'), s. f.\\l' Feu vif et qu'on entretient pour se réchauffer. Donnez-nous une chaude. |! 2° Terme de maréclialerie. Se dit de l'action de faire chauffer le fer et de le forger. Il faut plusieurs chaudes pour faire un fer à cheval. On dit que la chaude est grasse, quand le fer est presque en fusion k sa sortie du feu. || 3° Degré de cuisson que l'on donne à la matière du verre. |1 4° Chaude suante, certain degré de chaleur que l'on communique au fer. Donner une chaude, mettre le métal au feu. Il Chauffe que l'on donne à une pièce de fer pour la re;iianier. H 5° Battre la chaude, se disait autrefois dans les monnaies pour battre sur l'enclume les lingots sortant du moule.
— ËTYM. Chaud.
CHAUDE.\U (chô-do), s. m. \\ 1° Sorte de brouet ou de bouillon chaud que l'on portait autrefois aux maiiés. Préparer des chaudeaux. || 2° Toute boisson chaude. Là-dessus Son épouse.... Lui présente un chaudeau propre pour Lucifer, la font. Fabl. m, 7. Il 3° Lait de poule.
— HiST. xin' s. Oui a fait à ma fille brasser si fait chaudel? /{e)-(e, Lxxxv. || xiv s. Se cel aigle [je] tenoie qui brassa ce chauilel. En tel cage seroit mis.... Cuescl. 20664. || xv's. Le chaudeau que nous vous apportons, sera tantost tout froid, louis xi, Nouv. XXIX. Il XVI" s. On c'onnera à l'accouciiée un pressis de chapon, ou un chaudeau où il y aura du .safTran, paré, xviii, 31. Cliaudeaux faits de poulailles cuites avec racines de persil, ozeille, petit houx, semences froides, etc. m. xx, 25. 11 descouvroit les discours qu'ils avoient eus ensemblement le premier soir de leurs nopces , nommoit ceux qui leur avoient apporté le chaudeau le lendemain matin, pasquier, Kccherches, liv. vi, p. 572, dans
tACtlRNE.
— ÉTYM. Picard, caudiau, bouillie faite avec de la farine et des œufs; génev. chaudelet; bas-lat. caldellum , diminutif de caldus , pour ealidus , chaud.
t CHAUDE-CHASSE (chô-de-cha-s') , s. f. Terme d'ancienne légi.slation. Poursuite active d'un prisonnier.
— ÊTYM. Chaud, et chasse.
t CHAUDELAIT (chû-de-lè), i. m. Espèce de gSteau composé de lait, de farine et d'anis.
CHAUDEMENT (chô-de-man), ado. || 1° Avec chaleur; de manière à conserver .sa clialeur. Quand on est enrhumé, il faut se tenir chaudement. || 2" Kig. Avec ardeur et vivacité. Ils poursuivaient chauilenient leur ennemi, vaugkl. Q. C. liv. vi, ch. t, dans MCHELET. Le prince qui jirend si chaudement les intérêts d'Alexandre, HAMILT. Gramm. 7. || 3" Tout de suite, h l'inftant même. Voilà ses mêmes paroles que je vous écris tout chaudement, sÉv. 208.
— HIST. xii* s. Le cors et le ventrail durement freit aveit, E de sun mal del flanc achaisuueux esteit. E pur ço tut adès chaudement se vesteit, Th. le mari. iBa. || xiii' s. Es-tu or laiens chaudement? Beu. 8»26. Cors tenir tôt chaudement, kuteb. II, 76. Il xiv«'s. Et puis ont à conseil que Henri chaudement X Sébile s'en voist faire aux bourjois présent, Guescl. )08:tR. Hxv's. Respondirent cliauldement qu'ilz estoient bien seurs de ce que ils disoient, COMM. v, 10. Il xvi' s. U se jjresenta une belle occasion qui fut bien preveuepar M. l'admirai, et assez chaudement exécutée, langue, 600. L'edict fut révoqué, et recommencèrent à poursuivre ceste guerre plus chaudement que devant, amyot, Snlon, H. Ma mort ne soit des miens non regrettée, Ains chaudement plorée et lamentée, m. l'uhl. et Salon, I. Larmoyant fort chaudement, id. P. ÀSm. Bfl. Le fruit sur lequel l'eau et le sucre meslés sont jettes chaudement, ne reçoit neantmoins que le sucre,
— ÉTYM. Provenç. caudamen; anc. catal. caldament; ital. caldamente; de chaude , et du suffixe tnenl.
I CHAUDE-PISSE (chô-de-pi-s'), s. f. Nom vulgaire et grossier de la blennorrhagio.
— IIIST. XVI' s. Et par ce que un malheurne vient jamais seul, lid print une pisse chaiilde (pii.... fab. P(int. II, 33. La chaude pisse ou ardeur d'urine, PAaiî, XVI, 16. X d'aucuns, par un reliqua d'une chaude-pisse, se procrée des carnosités, lu. xvi, l.
— ÉTY.M. Chaud, et piue; àcauseque l'urine, en passant, excite de la douleur.
tCHAUDEU (chô-dé), f.o. Répandre de la chaux sur un champ pour le fertiliser. On dit plutôt chauler.
— ÉTYM. Chaux.
t CHAUDERET (chô-de-rè) et CHAUDRET (chôdrè), î. m. Le plus petit des moules à étendre l'or et l'argent.
t CHAUDERIE (chô-de-rie) ou CHAUDUERIE (chô-dre-rie), «. /'.Nom du caravansérail dans l'Iude.
t CHAUD-FROID (chô-froi), s. m. Sorie de préparation culinaire en usage pour la volaille. || y4u plur. Des chauds-froids. En Lorraine, un rhume.
f CHAUDIER (chô-di-é), f. n. Terme de vénerie. Entrer en clialeur, en parlant des levrettes.
— HIST. xv s. X cause de cest amour en quoy l'iing chauilioit, G. ciiastelain, Chron. des ducs de Bourgogne, m, 7.
— ÉTVM. Chaud.
CHAUDIÈRE (chô-diê-r'), S. f. || 1° Grand vaisseau en méal où l'on fait chauffer, bouillir ou cuire. Chaudière de teinturier, de raffineur. La chaudière d'une machine à vapeur. Et qu'il est aux enfers des chaudières bouillantes Où l'on plonge à jamas les femmes mal vivantes, mol. Éc. des f. m, 2. || 2" Contenu d'une chaudière. Une chaudière de lessive. Il 3° Terme de marine. Chaudière d'éluve, vase qui, dans les ports, sert à faire chauffer le goudron. Il Grand vaisseau en cuivre où cuisent les aliments. Il Faire chaudière, faire bonne chère. || Dans les ports de mer, faire chaudière, tenir une maison où les marins des bâtiments de commerce eu relAche apportent leur ration et où on la leur fait cuire. Ici on fait chaudière. || 4" Partie du four à chaux qui se trouve au-dessus du cendrier. || Vase de fonte peu [irofond rempli de feu chez les argenteurs. || En termes de manufacture de laine, le pied de la chaudière, les drogues préparatoires et les drogues colorantes. Charger la chaudière, y mettre les ingrédients nécessaires. || 5°Termede blason. Meuble qui, surtout en Espagne et en Portugal, est une preuve de grande noblesse.
— Hisr. xii* s. Miex vos venist les hastes à torner. Et le broel des chaudières humer, liât. d'Aleschans, v. 4031. Moab est caldere de la raeie espérance. Liber psalm. p. 167. || xiii" s. Nus no puet à Paris mètre en oevre laine ne lile taiiit en noir de chaudière, se il n'i a autre coleur desus.... Liv. des met. 1 19. Oui dont veist cel asne ocire et destrenchier. Et mètre en la caudiere et sor le grant brasier, Ch. d'Aiit. vil, 899. [U voit] Ces cuisines fumer, ces caudieres bolir, Ces somiers vers la mer et aler et venir, id. v, 444. Jà ne iert [sera] si liaus hom, si je l'ai en baillie [en mon pouvoir], Qu'il ne soit ars au feu ou chaudeire bouillie, Parise la duchesse, dans du canoë, catdarin. || xv* s. Messire Jean d'Aubrecicourt regarda les armes quelles le chevalier les porloit.... et me dit depuis que le champ e^toit d'argent à une endentiire de gueules i\ deux chaudières de sable, froiss. ii, m, 39. Il XVI' s. Kt desjeunions liiy et moy tous les matins de potage de soupe chaudière, paré, ix, 14.
— ÉTYM. Picard caudiere; provenç. caudiera;espagn. Caldera; portug. caldeira; ital. caldaja; du latin caldaria, de caldiis, pour ealidus, chaud.
t CHAUDRÉE (chô-drée), s. f. Quantité de soie à teindre eu noir à la fois.
t CUAUDRERIE (chô-dre-rie), i. f. Voy. ciiau-
DERIE.
f CHAUDRET (chô-drè), s. m. Voy. CHAUDERET.
t CUAUDRETTE (chô-drè-f) , s. f. Terme de pêche. Voy. caudrette.
CHAUDRON (chô-dron). s. m. || 1° Petite chaudière pour les usages de la cuisine. Faites bouillir cela dans un chaudron. C'est en frappant des chaudrons qu'on rappelle les essaims fugitifs des abeilles, BUFF. De l'ou'ie. Les trois sorcières [dans Macbeth] arrivent au milieu des éclairs et du tonnerre, avec un grand chaudron dans lequel elles font bouillir ileslieibes, voltaire, Letir. Ouelos , 25 déc. t76l. Il 2° Terme de marine. Calotte de plomb qui garantit la pompe des ordures de la cale. |] Calotte de cuivre clouée sur les habitacles au-dessus des lampes. Il 3° Terme de mépris. Mauvais instrument à cordes qui sonne comme un chaudron frappé. Ce piano
n'est qu'un chaudron. C'est un chaudron que votre guitare. |{ 4° Partie où l'on met les parfums, dans une cassolette. || 5* Espèce de ba(|uel ou tonneau coupé pour mettre trera[ier les boyaux. || Proverbe. Le chaudron machure la poêle, c'est-à-dire un voisin difi'ame son voisin.
— SYN. cHAUURON, BASSINE (usteusiles de cuisine). La bassine est moins haute de bord; elle a deux poignées, tandis que le chaudron a une anse mobile qui permet de le suspendre.
— HIST. xiii" s. Mort l'abat en un chauderon; Or n'ifaut d, sejioivre non, barb. Fabliaux, t. iv. p. 93. Il XIV* s. Chaudières, chauderons et maint bon lit paré, Guescl. I05I7. ||xvi' s. Si d'adventure il rencontrait gens aussi fols que luy, et, comme dit lo proverbe, couvercle digne du chaudron, rab. Garg.i, Prologue. Deux chauderons d'argent blanc, à mettre potaige, laborde, Émaux, 209.
— ÉTYM. Dérivé de chaudière ou choudèrc ; l'ancienne orthographe étant chouderon. Picard, eaudron, ftcndrort; espagn. calderon; ital. coWeronc
CHAUDRONNÊË (chô-dro née) , s. f. Ce que contient un chaudron.
— ÉTYM. Chaudron; picard, couedronnêc; wallon, gndronéic.
CHAUDRONNERIE (chô-dro-ne-rie), s. f. L'art, le commerce, la marchandise du chaudronnier.
— ÉTYM. Chaudronnier.
CHAUDRONNIER, 1ÈRE (chô-dro-nié, niè-r'), s.
m. et f. Celui, celle qui fait ou qui vend les divers ustensiles de cuisine en cuivre, particulièrement les vases, chaudrons, bassines, casseroles, etc. Il Adj. Maître , garçon , apprenti chaudronnier. il Chaudronnier planeur, celui qui ne fait que planer, polir et brunir des planches de cuivre pour la gravure.
— HIST. XIV' s. X Jehan de Richebouit, chauderonnior, pour un long colTre de boys ferré par dedans, tout au long et par dehors, de i.adobde, Émaux, p. 202.
— ÉTYM. C/iaudron; picard, keudriei , keudrongner.
CHAUFFAGE (chô-fa-j'), s. m. Action de chaufl'er; manière de tirer le meilleur parti possible d'un combustible pour l'élévation de la température des enceintes closes. Méthode de chauffage. Bois de chauffage. J'ai payé vingt francs pour le cliaun'age. Le stère est l'unité pour le lois de chauffage. || Droit de cliauffage, droit de prendre du bois dans une forêt pour son usage. |{ Terme de marine et de chemin de fer. Action de chauffer un navire à vapeur, une locomotive.
— ÉTYM. Chauffer.
CHAUFra (chô-r) , s. /". Il 1° Terme de métallurgie. Action de chauffer. Donner une chauffe. || Terme do fondeur. Le fourneau où brûle le combustible employé à la fonte des pièces. || 2" Surface de chauffe, la partie d'un appareil que l'on doit chauffer. || 3° Opération entière de la distillation, {j 4° Temps employé au chauffage d'un appareil.
— ÉTY.M. Voy. chauffer.
<. CHAUFFÉ, ÉE (cliôfé, fée), part, passé. Rendu chaud. Une pièce chauffée par un poêle. Du fer chauffé à blanc.
I 2. CHAUFFÉ (chô-fé), s. m. Espace où le fondeur allume le feu, sous le fourneau qui contient le métal à fondre.
t CHAUFFE-ASSIETTES (chô-fa-siè-f), f. m. Ce qui sert à chauffer et à tenir chaudes les assiettes. Il Au plur. Des chaufl'e-assietles.
t CHAUFFE-CHEMISE (cliô-fe-che-mi-z') , s. m. Espèce de panier d'osier, sous lequel on met un réchaud qui échauffe le linge étendu sur ce panier. Il Au plur. Des chaufl"e - chemise ou chauffe-chemises.
CHAUFFE- CIRE (chô-fe-si-r') , s. m. Officier de chancellerie qui avait la charge de chauffer la cire pour sceller. Son chauffe-cire [du garde des sceaux] et sa boutique étaient dans une chambre à part, sT-siM. 513, 38. Il Au plur. Des chaulfe-cire.
t CHAUFFE-DOUBLE (chù-fe-dou-bl'), s. f. Cuisson <le l'eau-de-vie seconde avec de nouveau vin. \\ Art plur. Des ch.iuffes-doubles.
t CHAUFFE-LINGE (chô-fe-lin-j'), .?. m. Synonyme de chaulfechemise. || ..lu plur. Des chaulTelinge.
t CHAUFFE- LIT (chô-fe-li) , i. m. Ustensile qui sert à chauffer le lit. On dit plutôt bassinoire. \\Au plur. Des chauffe-lit ou chaufi"e-lits.
t CHAUFFE-PIEDS ( cliô-fe-pié), S. m. Chaufferette. Il .t» plur. Des chauffe-pieds.
CHAUFFER (chô-fé), v. a. || 1° Rendre chaud. Chauffer de l'eau. Chauffsr le four. Chauffer au
CHA
rouge, pousser la chaleur au point que l'objet que l'on y expose devienne rouge; chauiïer à blanc, chaufTer au point ipie l'objet devienne blanc, ce qui eiige une température bien plus élevée. || Terme de marine. Cliauffer un bâtiment, briller de la paille sn[i% la carî'iie. Il CliaulTer les soutes, les sécher. Il ïirerle soufflet dans ime forge quand le for est au feu. Il Chauffer les pieds, donner la question par le moyen du feu appliqué aux pieds. || 2° Terme de guerre. Chaufferuii poste, lecanonnervivement.il Fig. Chauffer quelqu'un, l'attaquer, le presser vivement par des raisonnements ou par des plaisanteries. || Chauffer uneafTaire,lamenervivement. || Très-familitrement. Chauffer une femme, lui faire vivement la cour. I 3» K. n. Produire plus ou moins de calorique. Ce bois chauffe plus que tel autre. || Être chauffé. Le bain chauffe. || Fig. Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, votre espérance et vos prétentions sont vaines. Il C'est un bain qui chauffe, se dit lorsque, par un temps d'ondées successives, le ciel devient trèspljr et que le soleil a toute sa force, parce que ce moment d'éclaircie est fort souvent suivi d'une forte pluie. || En parlant d'un bateau à vapeur, d'une locomotive, allumer son feu, s'apprêter k partir. DépSchez-vous, le paquebot chauffe. || Fig. Cela chauffe, l'affaire chauffe, c'est-à-dire l'affaire est pressante, il faut se hâter. || 4° Se chauffer, v. rfî/î. Recevoir l'action de la chaleur. Venez vous chauffer. Il Fig. et familièrement. Allez lui dire cela et vous chauffer au coin de sou feu, c'est-à-dire vous ne seriez pas bien venu à lui tenir ce langage en un lieu où il serait le maître. |j Fig. S'il m'attaque, je lui ferai voir de quel bois je me chauffe, c'est-àdire je lui ferai voir à quel homme il aura affaire. Vous verrez de quel bois nous nous chauffons quand on .s'attaque à ceux qui nouspeuventappartenir, mol. G. Dand. r, 4 (voyez à l'historique un exemple qui fait comprendre cette locution). 1| Nous ne nous chauffons pas du même bois, c'est-à-dire nous ne nous ressemblons pas, nous n'avons rien de commun.
— HiBT. iiii' s. Cel jor s'est bien chaufée Berte delez le feu, Berle, u. L'en puet bien à festes où fours cuisent et estuves rhaufent communément, B'uevre apareiUier sanz tistre [tisser] et sanz ourdir, Liv. des met. 390. || xv" s. Pour ce que le suppliant ne se pouvoit mettre à si giant et grosse rançon, lui chauffèrent si fort et appreignirent les plantes des pies que les soles d'iceulx lui en sont cheutes, DU GANGE, atiidere. Faites de l'eaue chauj'er bien lost, la Nativité de N. S. J. C. || xvi- s. Trop chauffer cuit, trop parler nuit, jean d'auton. Annales de Louis XII, ms. f° H9, dans LACtiBNE. Que faictesvous? que dites-vous? brief de quel bois vous chauffez-vous? pasqdier, Lettres, 1. 1, p. )8,dansLACURNE. Une partie des femmes s'amusent à chauffer leur bruvage, qui est leur principal office, mont, i, 237.
— ÉTYM. Picard, caufer ; provenç. cal far; du latin calefacere, de cal, radical de calor, chaleur (voy. chaleur), et facere (voy. faire), par une formation irrég'ilière qui a transformé facere en far ou fer, de la v conjugaison; autrement, le verbe serait chauffaire.
CHAUFFERETTE (chô-fe-rÈ-f), S. f. || 1° Sorte de boîte à couvercle percé de trous, et dans laquelle on met du feu pour se chauffer les pieds. La devise de Hené était une chaufferette pleine de charbon, volt. Mœurs, 09. || i' Petit réchaud qu'on met sur la table pour tenir les viandes chaudes. || 3° Coffret de bois garni de tôle, dans lequel les ouvriers en soie allument du feu pour redresser le poil du velours.
— HiST. xiv s. X Guillaume Arode, orfèvre, demeurant à Paris, pour avoir rappareiUé et mis à point le bacin et la chaufferette d'argent blanc, LA BORDE, Émaux, 210. jl XV s. Pour avoir resouldé les deux chaullerettes de Monseigneur et de Madame [le duc et la duchesse d'Orléans], id. ib. Pour enfans fault hers et drapiaux , Nourrice, chaufette et bacin, Paellette à faire le pain, k. desch. Bail. Uénage des nnuv. mariés. || xvi« s. El adunc Ateius, s'en courant vers la porte de la ville, meit une chaufferette pleine de feu ardent tout au milieu de la rue, AMT. Crassus, 3i. Vous posés le plat-escuelle sur une eschauffeto,.avec de la braise, o. de shere.s, 9UU. Si aucun veut faire cheminées, astres ou chauffreltes à l'eaconlre du mur inoitoyen, il y doit faire contre-mur de thuileaux ou de piastre de demi pied U'espesseur; Grand coustumier de France, Ht. ii, ch. 38, p. 252, dans lacurne.
— ETYH. Chauffer.
ÇUAIJPFERIE (chô-fe-rie), ». f. Forge où l'on réduit le fer en barres. || ParUe du four à briques.
— LTYM. Chaujfer.
aiAUFPBUa (chô-faur), ,. m.||l- Celui qui en-
tretient Is feu d'une forge, d'une machine à vapeur. Il Adj. L'ojvrier chauffeur. || a°Nom par lequel, dans les guerres entre les Vendéens et les républicains, on désignait des brigands qui brûlaient les pieds de leurs victimes pour faire dire où l'argent était (voy. à l'historique de chauffi'.r des exemples d'un pareil brigandage).
— Rtym. 'Chauffer.
CHACFFOm (chô-foir), s. m. || 1» Endroit d'un monastère, d'un ho.spice où l'on se réunit pour se cliauffer. Il Chauffoir public, chambre ouverte aux pauvres pendant les hivers rigoureux. || 2° Autrefois dans un théâtre, lieu où les comédiens et les spectateurs allaient se chauffer. On die aujourd'hui foyer. Il 3° Pièce de linge qu'on fait chauffer pour réchauffer un malade, ou garnir une femme en couche. Il 4° Caisse de tôle dans laquelle le Cartier fait sécher les feuilles de carton qu'il veut coller.
— IHST. xiv s. Dans lesquelx bos [bois] a un cauffoir à faire eaux, du cange, calidus furnus.
— RTYM. Chauffer.
t CHAUFFUIIE (chô-fu-r'), s. f. Terme de métallurgie. Défaut du fer ou de l'acier qui, ayant été trop chauffé, s'écaille.
— ÊTYM. Chauffer.
CHAUFOUIl (chô-four), s. m. Four à chaux. Il Magasin où le chaufournier serre le bois, la pierre et la chaux.
— niST. xiv« s. Le suppliant venant vers le chaufour où les compaignons se chauffoient, du cange, cnlfatorium. || xv s. Le suppliant ayant le droit de la ferme de la coustume et passage appelé chauffeur, du cange, calidus furnus. Il apperçuit le chaulfour qui tout derompu estoit, et le tiloel là où il escript les lettres, Perceforest , t. i, f° H3' dans lacurni!.
— ËTYM. Chaux, et four; picard, caufour. CUAUFOURNIEK (chô-four-nié; Vr ne se lie pas;
au ])luriel Vs .se lie : deschô-four-nié-z et....), «. m. Ouvrier qui fait la chaux.
— mST. XVI" s. Plusieurs chaufourniers ont aussi eu de grandes pertes, par un accident tout semblable, PALISSY, 3Û(.
— ÉTYM. Ch au four.
CHAULAGE (chô-la-i'), î. m. || 1» Opération qui consiste à soumettre à l'action de la chaux vive, pulvérulente ou dissoute dans l'eau, les grains des céréales que l'on veut préserver ou débarrasser de la carie, du charbon. || 2° Terme de jardinage. Opération qui se fait avec du lait de chaux un peu épais, fraîchement préparé, et dont on badigeonne les arbres l'hiver pour détruire les insectes, la mousse, etc. Il Opération qui consiste à asperger d'eau ae chaux le raisin pour .empêcher les passants d'en prendre. Il 3° Terme d'agriculture. Opération qui consiste à répandre sur les terres, pour en augmenter la fertilité, de la chaux réduite en poudre, seule ou mélangée.
— ÉTYM. Chauler.
CHAULÉ, ÉE (chô-lé, lée), part, passé. Du blé chaulé. Une terre chaulée.
CHAULER (cliô-lé), v. a. Passer du blé par l'eau de chaux avant de le semer. {| Ctiauler un arbre, le laver avec un lait de chaux. || Chauler des raisins, pour empêcher qu'on n'en prenne. || Chauler une terre, y répandre de la chaux.
— ÉTYM. Chaux; wallon, chastrer; namur. chaustrer.
CHAUMAGE (chô-ma-j'), s. m. Action d'enlever la partie des t.ges de céréales qui reste attachée à la terre après la moisson. || Temps où on coupe le chaume.
— ÉTYM. Chaumer; bourguig. échaumage.
CHAUME (chô-m'), s. m. H 1° Portion de la tige
des céréales qui reste sur iiied après la récolte. Il 2° Terme de botanique. Nom de toute tige cylin- 'irique, simple ou rarement ramifiée, le plus .souvent fisluleuse, offrant de distance en distance des nœuds d'où partent des feuilles alternes et engainantes: c'est la tige des graminées. || 3° Champ où le chaume est encore sur pied. Les perdrix se réunissent dans les chaumes. Nous mîmes une demiheure pour nous rendre à Athènes à travers un chaume de froment, chateaub. Itin. <7t.|| Terme d'ancienne coutume. Chaumes, landes et bruyères. Il 4° La paille qui couvre les maisons de village. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre, malii. VI, )8. Du chaume! des roseaux! voilà donc sa retraite! volt. Scythes, m, i. Il |le roi d'ïvetot] fav sait ses quatre repas Dans son palais de chaume, BÉRANO. Yvetot. Il Fig. Toit delà maison du paysan, du pauvre, et, par eitonsion, cette maison même. Vous qui habitez sous le chaume. Et les princes verront les chaumes préférés Au faste ambitieux de
CHA
leurs palais dorés, cobn. fmit. i, 24. La justice, fuyant nos coupables climats, Sous le chaume innocent porta ses derniers pas, delille, Géorg III. Elle [notre gloire] épouvante cncor les rois Ft nous bannit des humbles chaumes, béranc. Ch. d'asylc. Dans les palais et sous le chaume Mni, dit la swur, j'ai de mes mains Distillé le miel et le baume.... iD. Deux soeurs de ch. || Être né. vivre sous le chaume, c'est-à-dire dans l'humble condition des paysans.
— HIST. xiii* s. X Paris []'] emportoie cl/aume, busche et estrain , lierle , ixxiii. D'autre part sunt li mur de bue. Oui n'ont pas d'espès plaine paume; S'est [la maison] toute coverte de chaume, la Rose, 0132. Sor ung poi de chfiuine ou de fain [foin], ih. (0171. En yver, par la grant froidure. Se gisoit sor la chaume dure, Deux coûtes meloit desus soi, rutrb. II, 2(0. Premier ne demandèrent qu'un peu de repostaillo. Atout un pou d'estrain ou de chaume ou de paille, id. I76. Bien dire sans bien faire est comme feu de chaume Qu'on esteint de legier du pié ou de la paume, j. de meung. Te:>t. eus. || xiv' s. Si tu sens que tes ennemis Viengne, prie tous lus amis Et fait tantost ton maiiriemenl.... Mais garde le cor.tremander : Car li contremant du royaume Ont fait ariloir maint toit de chaume, macïuiilt, p. (08. Il xv s. Cheurent paTmilliers morts et navrez en grand confusion et désolation l'un sur l'autre, en telle manière que les mons et multitude de morts et navrez estoient, en plusieurs lieux, plus grans que ne sont les chaumes des moissons au mois d'aoust, monstrelet, t. i, ch. 47, p. 75, dans lacurne.
— ÉTYM. Le latin ca^omws. Le bas-latin coimo répond à chaume féminin , qui se trouve quelquefois dans l'ancien français.
CHAUME, f.E (chô-mé, mée) , part, passé. Un champ chaume.
CHAU.MER (chô-mé), v. a. \\i' Couper, arracher le chaume. V. faut chaumer le champ. 1| V. n. Chaumer dans un champ, y couper le chaume. || 2° Terme d'eaux et forêts. Chaumer les arbres, mettre du feu à leurs pieds par mal.ce pour les faire périr.
— HIST. XIV s. Le dit Bourgeois venoit des champs de cueillir ou chaumer du chaume, du cange, calma.
— ÉTYM. Chaume; bourguig. ^chaumer.
fCHAUMERET (chô-me-rè), s. m. Espèce de
bruant, oiseau.
f CHAU.MET (chô-mè), s. m. Instrument pour couper le chaume.
— HIST. XIV S. En haussant une chaumelte, qui est un ba.ston long à manche, ou quel a au bout un fer qui est fait en manière de fauxille, du cange, calma.
— ÉTYM. Chaume.
I CHAUMIER (chô-mié), s. m. \\ 1° Celui qui
coupe le chaume. || Celui qui couvre de chaume le» habitations. || 2° Tas de chaume.
CHAUMIÈRE (diô-miè-r'), s. f Maison des champs, couverte en chaume. Les grands peintres savent également exercer leurs talents sur les palais et sur les chaumières, volt. Letir. .Mme du Bocage, 19 sept. (764. Un silence pieux s'étend sur la nature; Les chemins sont déserts, les chaumières sans voix. Nulle feuille ne tremble à la voûte des bois. LAMART. Ilarm. ii, ♦.
— HEM. D'après Furetière, chaumière était de son temps un mot récent, en place duquel on disait auparavant chaumine.
— ÊTYM. Chaume; bourguig. chaumeire.
CHAUMINE (chô-mi-n'), s. f. Chétive maison de
paysan. Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée.... Marchait à pas pesants.... Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée, la font, l'abl. I, (* O'.iintius fut contraint de se retirer dans une méchante chaumine qui était auprès du Tibre, vertot, Rérol. rom. liv. iv, p. 3H.Au détour d'une eau qui chemine À flots purs, sous de frais lilas. Vous avez vu notre chaumine, bérang. Hirond.
— HIST. XVI' s. Chaumin [(|ui a rapport au chaume], cotgbave. Chaumine [cabane], in. Sans difficulté ils enlrenten la case chaulmine, mal bajtie, mal meublée, toute enfumée, babel. dans laculne.
— ÉTYM. Chaumin, adj. formé de chaume; case chaumine, puis absolument, chaumine.
t CHAUMO.VTEL (chô-mon-tèl), t. m. Poire de Chaumontel, dite besi chaumontel, ou simplement le chaumontel, poire née d'un sauvageon dans le village lie Chaumontel (Seine-et-Oise), arrondissement de I ontoise.
t CHAUNE (chô-n'), s. m. Terme d'épinglier; Instrument pour couper les tronçons de laiton.
CHA
CHA
CHA
CHACRSANT, ANTE (chô-san , san-t') , adj. Qu'on chausse raciletncnt, en parlant des bas particulièrement. Un bas de soie est plus chaussant qu'un bas de fil.
— HIST. XIII* S. Estivaux [bottes].... estroiz es piez et bien chauçans, barbazan, Fabliaux, édU.tiÊO}^, t. IV, p. 180.'
— f.TYM Chausser.
CHACSSK (clifl-s'), s. f. Il 1° Sorte de sac d'étoffe de laine, de forme coni,-]ue, que l'on emploie à filtrer certaines liqueurs trop denses pour passer au filtre de papier. |J 2° Chausse de l'Université, ornement de ceux qui ont quelques degrùs dans l'une des facultés. C'est une piùce de drap, froncée en son milieu, parnie d'un, deux ou trois ranps d'hermine, selon le grade, qui se place sur l'épaule gauche, à découvert, par-dessus la robe, el penil sur la poitrine et sur le dos. || 3° Terme de blason. Espèce de chevron plein et massif, nui, étant renversé, louche de sa pointe celle de Técu. ij 4° Terme de costume militaire. Chausse du colback, partie supérieure du colback, formée d'un morceau de drap qui pend sur le côté. || 5° Chausse d'aisances, le tuyau des latrines.
— HIST. XVI' s. Il fut six sepmaines prisonnier dans un engein de bois pointu par le bas, que les questionnaires appellent chausse-d'hypocras, u'aub. llist. I, 75. Et lorsqu'on le voudra donner au patient, estant en la chausse ou canon à clystere, on. y adjousieia une dragme d'huile de genievie, paré, XV, 39. Les apothicaires usent de manche de drap faits en pointe, qu'on appelle chausse d'hippocras, m. ib. XXVI, to. X l'endroit où l'isle se va estroissi.ssant en une longue chausse serrée d'un costé et d'autre de la mer, amyot, Phocion, is. Que la chausse de l'aisement [latrines] soit distante de dix pieds du puys (ju voisin, Coxutumier génér. t. i, p. 281.
— ETYM. Voy. CTIACSSES.
CHAUSSÉ, ÉE (ch9-sé, sée), Tpart. ^assi.\\i'X quiona fait des chaussures. Chaussé par un bon cordonnier. Il Fig. et familièrement. Elle est toute des mieux chaussées, se dit d'une femme élégante et du bon ton. Il ne s'adresse qu'aux mieux chaussées, il ne courtise que des femmes qui se font remarquer par leur élégance et leur rang. 1| 2° Xqui on a mis des chaussures. Cet enfant est chaussé par la bonne. Connaissez-vous sur l'Hélicon L'une st l'autre Thalie? L'une est chaussée, et l'autre non : Mais c'est laplusjolio, piron, Épigr. contre la Chaussée, Il S'enfuir un pied chaussé et l'autre nu, fuir précipitamment, en toute hilte. Nous avons été contraints de nous .sauver un pied chaussé et r.iulre nu, en l'équipage que vous nous voyez, scarr. Itoman com. ch. II. Il 3° En parlant du cheval, balzane haut-chaussée, balzane s'étendanten haut jusque vers le genou ou le jarret, ou dépassant ces régions. |1 4° Terme de blason. Ecu chaussé, écu dont le sommet de l'angle est à la pointe d'en bas et au milieu de l'écu , et dont la ligne d'en haut forme la mesure de cet angle. C'est l'opposé de chape. || 5° Kig. Être chaussé ii'une opinion, y tenir opiniâtrement. Chose étrange de voir comme avec passion Un chacun est chaussé de son opinion, mol. Ec.desF. i, i. j| Proverbe. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, c'est-àdire on néglige d'ordinaire les avantages qu'on peut se procurer facilement.
1 . CHAUSSÉE (chô-sée) ,s.f.\\l' Remblai en terre sur le bord d'une rivière, jiour contenir l'eau. || Construction qui, dalis un étang, sert à arrêter el con- .server l'eau. La chaussée se nomme quelquefois la tête de l'étang. On dit aussi la levée. 1| 2" Levée de terre servant de roule. Jean-Krançois Delagorgue, lieutenant général de la chaussée du Boulonnais, r. L. COUBIBB, II, 308. || 3° La partie bombée d'une roule ou d'une rue. || 4° Le rez-de-chaussée, le niveau du sol. Le mur n'était encore qu'au ou qu'à rez-de-chaussée. || Toute pièce d'une maison au niveau de la voie publique. 11 demeure au rez-dechaussée. Les rez-de-chaussée sont ordinairement humides. || 5° Ponts et chaussées, dénomination sous laquelle on comprend tout ce qui concerne l'administration des roules, des ponts, des canaux. Il École des ponts et chaussées, école spécialement destinée à former des sujets pour les travaux de ce genre. || 6° Terme de géographie. Chaussée de» Géants, localité d'Irlande où une immense quantité de colonnes de basalte s'avance dans h mer, formant uni! espèce de chaussée.
— lllST. xiu' s. Les chaucies jonchées de fresche erbe et de jonc. Berle , cx.xxiii. Chaucie est une coustume assise et establie ancienement seur chars, seur charretes, seur somiers chargés, Liv. des met.
276. Et fu mis en un pellorit tout nuef qu'on 11 fist emi le [la] chauchie de Lille, Chr. de Rains, (73. Si comme de lor moustiers réfère et de lor caucies ramcnder, heaum. xxi, 27. Cil l'empire [g:\ie le chemin] qui (lellel les cauchies qui furent fêtes por le quemin amender, lu.xxv, 12. l'ar les boes de la chaucie Desccndoit du chaslel aval, Sans demander cher ne cheval, butf.ii. ii, (78. Le roy ot conseil que il feroit faire une chaucie parmi la rivière pour passer vers les Sarrazins, joinv. 230.j|xiv' s. Droit envers le chaslel ont leur voie aqueillie. Et puis vers le chaslel vont toute le [la] cauchie, Jlaud. de Seb. IX, 535. Persone ne trova passant sus le [la] cauchie, Ne maison qui ne fuist freméc cl verrouillie, ib. XI, 3J. Chacuns en droit soy facent refaire les chaussées [des rues do Paris], quand elles ne seront sulfisantes, Urdonn. des rois de Fr. l.ii, p. 380. Il xvi' s. Aux réparations et entretenement de la chaussée du havre de Granvillo , Texte dans jal , Gloss. naut.
— ÉTYM. Picard , keuchie , cauchie; provenç. caussada; espagn. caUada ; portug. calçada; de calciala (sous-entendu via, chemin), que Diez tire de cali, chaux: chemin fait à la chaux; mais la chaussée est surtout une levée de terre ou la chaux n'entre pas; aussi vaut-il mieux prendre calcialus, chaussé, puis foulé (voy. ciialsses), sens qui se trouve en eiïet dans le bas-latin (voy. du cange, ealciart), de sorte que la chaussée serait la terre foulée, pressée.
t 2. aiAUSSÉE (chô-.sée) , i. {. \\ 1« Espèce de sac que traverse la farine dans un moulin. |J2"Pié.:e de la cadralure d'une montre, qui porte l'aiguille des minutes.
CHAUSSE-PIED (chfl-se-pié), s. m. Instrument de corne, bande de cuir dont on se sert pour chausser plus facilement les souliers. 1| Kig. L'héritière de Pyney était fort riche parle défaut des enfants du premier lit, dont l'éiat parut à M. le prince un chaussepied pour faire Bouttevilie duc et pair, ST-siu. )6, t89. |Mu p/iir. Des chausse-pieds.
— HIST. xvi* s. Un chaussepied, d'aub. Fcen. III, 3. Chausse-pied, paré, vi, 6.
— ÉTYM. Chausser, pied.
CHAUSSER (chô-sé), V. a. \\ !• Mettre ses bas, sa chaussure. Chausser ses souliers, ses bottes. i| Fig. Chausserlecolliurne, composerune tragédie, s'exercer dans les rôles de la tragédie; et par extension, enller son style. Mais quoi! je chausse ici le cothurne tragique; Reprenons au plus tôt le brodequin comique, boil. Sat. x. |{ Chausser le brodequin, composer des comédies; s'essayer dans les rôles de la comédie. |i Terme de manège. Chausser les étriers, y enfoncer les pieds trop avant. 1| 2" Chausser quelqu'un, lui mettre ses bas, sa chaussure. || Ou dit aussi chausser à quelqu'un ses souliers. || Chausser les éperons à quelqu'un, lui mettre les éperons en le recevantchevalier. L'officiant me chaussa les éperons en me donnant accolade, chateaub. Itinéraire, m, 39. Des éperons d'or que les Yseult, les Genièvre, les Oriane chaussèrent jadis à de vaillants chevaliers, m. Dem. des Abenc. 152. || Fig. et lamilièreuient. Chausser de près les éperons à quelqu'un, poursuivre de près quelqu'un qui s'enfuit. || Terme do vétérinaire. Chausser une vache, envelopper le paturon d'une vache fatiguée. {| Terme de fauconnerie. Chausser la grande serre d'un oiseau, entourer l'ongle du gros doigt de l'oiseau avec un morceau de peau qui lui sert d'entrave. || 3° Faire la chaussure, en parlant du cordonnier. Ce cordonnier me chausse depuis bien des années. || Absolument. Ce cordonnier chausse bien. ]| Fig. N'être pas aisé à chausser, se dit d'une personne qu'il est difficile de persuader, de contenter. Esprits ruraux volontiers sont jaloux. Et sur ce point à chausser difficiles, LA FONT. Fér. || 4° Chausser bien, chausser mal, aller bien, aller mal, en parlant de la chaussure. Ce bas, ce soulier me chausse bien, ou, absolument, chausse bien. || Populairement. Cela me chausse, cela m'arrange, me convient. US" Fig. et familièrement. Chausser sa tète, se mettre une idée dans la tète. J'aurai chaussé ma tête et l'on me contraindra! Ah! vous verrez comme on réussira, regnard. Folies amour, l'rol. || On dit aussi dans le même sens se chausser la tête. Il Chausser une idée, s'en infatuer. Se chausser une opinion dans la tète. || 6 Terme d'agriculture. Chausser un arbre, une plante, entourer de terre le pied pour favoriser 1 accroissement. || 7° Y. n. s'emploie seulement dans ces phrases ; chaussera six points, à sept points, à tant de points, porter des souliers de telle ou telle longi:our. || Fig. Chausser à mOnie point, être de mtme humeur. On a du aussi dans
le même sens se chausser. Toutes, au fait d'amour, sechaus.sent en un point, këghisr, Sat. xiii. Il Activement, en termes de musique, chausser les voix à leur point, proportionner l'étendue des chants, tant au grave qu'à l'aigu, à l'étendue dos voix qui doiïcutles chanter. |] 8" .Se chausser, tJ. rc'p. Mettre ses bas, sa chaussure. Il ne peut plus se chausser lui-même. || Fig Sa chausser d'une opinion, s'en infatuer.
— HIST. XI" s. Au destre poing si lui faites chaicer [le gant], Ch. de Roi. CLXXxix. Lur espérons 'ils] ont en leur piez calcez, ib. ccLXXXii. || xii's. Et
il] li caucha son premier e.speron, Ronc. p. 29. il xiii's. Et MarchuÔeschaucaerrammentleshueses vermeilles, par l'aie et par l'enortement des autres Grieus [Grecs], villeh. xcvii. [Uert'e avoit] La povre gent souvent chaucie et revestue, Berte, cil Dux Naymesior ala les espeions chaucier, ib. cxxix Li rois estoit li plus larges [généreux] chevaliers qui on(|ues cauçast espeion, Chron. de Rains, p. BO. . Chauciés refu par grant mistrise D'uns solers decopésàlas, laRose, 830. De mon lit tantost melevai, Chaussai moi et mes mains lavai, il. 90. C'est un bons qui en biaus estiez [hôtel] Mainstenir moult se deh toit; Cissechauçoit bien el vestoit, t'6.H20. Si comme s'il sunt trové vestant ou cauchant du lit où il estoient coucié, BEAiM. -xxx, 10?. Je laisse huit vins livres parisis pour vestir el chaucier les povresde ma terre, du GANGE, calcius. Il XV* S. Et chaussant son espée [la mettant à la main], et la levant contre mont pour ferir et donner un coup, FROiss. liv. iv, p. IB4, dans lacurne. Je m'en vais chausser mes souliers, louis xi, JVowïi. cxiii. Il XVI* s. Pompeius ne sceut vaincre : et César luy chaussa bien aultrement les espérons quand ce feut à son tour, mont, i, 351. Considérant le pauvre mendiant à ma porte, souvent plus enjoué et plus sain que moy, je me plante à sa place, j'essaye de chausser mon ame à son biais, id. i, 281. En la jeunesse mesme, il m'est advenu de chausser ainsin un teinct el un port trouble et de mauvais prognostique, sans grand accident, id. iv, 280. Quand noiis voyons un homme mal chaussé , nous disons que ce n'est pas merveille s'il est chausselier; de mesme il semble que nous voyons souvent un médecin plus mal médecine, un théologien moins reformé, et coustumierement un sçavant moins suffisant qu'un autre, id. dans lacurnf.. Voiant que l'empereur avoit chaussé cette opinion, d'aub. Bist. i, 34 1. Quand on chausse des gants estroils, paré, iv, 29. .... En remparant les murailles avec de fine argile pestrie, dont elles seront chaussées et revestues autant hautement que.... o. de serris, 776. Chausser ses lunettes [regarder avec attention], ot;mN. Ne vous moquez pas de mal chaussés, id. Monsieur [dit le connétable de Bour'oon], vous me chaussez les espérons de bien près. — Monseigneur [lui répondit 'Warthy], vous les avez meilleurs que je no croyois, mignet, Le connétable de Bourbon. Revue des Dcu.r-Mom/es, iaeo,l. xxv, p. soi.
— ÉTYM. Picard, caucher; provenç. caiisîor; calai, calsar; espagn. calzar ; portug. calcar; ital. caliare; du latin calceare, de caUeus, soulier (voy. chausses).
CHAUSSES (chô-s'), s. f. plur. || !<• Ancienne espèce de vêlement. Les chausses étaient un caleçon; ou les appelait haut-de-chausses quand elles n'atteignaient que le genou; la partie qui continuait s'appelait bas de chausses; le pied se nommait chausson. Il 2°Culotte, caicçon. Prendre, mettre ses chausses. Chausses de velours. Je ne trouvai pas à propos de lui faire mettre chausses bas, SÉV. 492. C'est la première chose qu'ils font de délier leurs chausses, m. 434. Il Chausses de page, chausses courtes et piisséesque portaient les pages et qu'on appelait aussi trousses. Prendre les chausses, quitter les chausses, se disait pour entrer dans les pages, cesser d'être page. Le maréchal de Bellefond totalement ridicule, parce qu'il avait négligé do mettre des rubans au bas de ses chau-^ses de page, de sorte que c'était une vraie nudité, sÉv. 602. Il Familièrement. N'avoir pas d» chausses, être fort pauvre. Mme de Mailly était une demoiselle de Poitou qui n'avait pas de chausses, fille de St-Hermine, cousin issu de germain de Mme de Maintenon, st-sim. 3, 6*. || Fig. Tirer ses chausses, détaler, s'en aller au plus vile. Et me laissez tirer mes chausses sans murmure, mol. le Dép. I, 4. Oui, Seigneur, ce n'est point raillerie, j'en suis ce qui s'appelle disgracié; il m'a fallu tirer mes chausses au plus vite, et jamais vous n'aveu vu un emporlemenl plus bru.-que que le sien, iD, la l'rinc. d'Él. v, l. La convei'siition finirait mal, ne l'entamons point, tirons nos chausses, dancourt. Vacances, i, 4. {| Famibèrement. Elle porte les
CHA
chausse», «e dit d'une femme qui est maltresse dans U maison. Sa femme [au nis de Saumery] était une grande cn'aliire qui porlait les chausses et devant qui il n'osait pas soufller, st-sim. 71, <72. On dit plus souvent aujourd'hui porter la culotte ou les culottes. ||Trôs-faiiiilièremeiit.Tenirquelqu'un»iicul et aux cliaus.ses, le serrer de si près qu'il ne peut s'échapper, et aussi examiner de prùs sa conduite, en dire tout' le mal qu'elle mérilo. Je vous dirai franchement que l'on n'est point plus ravi que de vous tenir au cul et aux chausses, MOL. ^'/ti'orc, III, 5. || Être apiYS les chausses de quelqu'un, le poursuivre vivemenl. Ils étaient une douzaine de possédés après mes chausses, mol. 7'OHrc. li, *. || Prendre son cul pour ses chausses, se méprendre grossièrement. || Faire dans ses chausses, avoir une grande peur. || Il a la clef de ses chausses, se di.sait(run jeune homme qui était hors d'Jge de recevoir le fouet.
— HIST. xu* s. Chances de fer blanches come auqueton, Itnnc. p. 182. Chances de paile qui mult font à proisier, Itamd de C. 2t 9. || xiir s. Quiconques est chauciers à Paris, il puet fere chances de soie et de toile, sanz chaux [souliers] et chauçons, Liv. des met. 139. Il xiv s. X Jehan île Saumur, cordouanier, pour avoir semelé des paires de chausses, au pris de six sous la paire, laborde. Émaux, 210. Il XV* s. Souliers, chausses à housser, bottines, espérons. Fno:ss. Il, III, 35. Ceux de Mortaigne n'avoient ni chausses, ni souliers au pied, in. ii, n, 30. Il avoit prins son père prisonnier à ung soir comme il se vouloit aller coucher, et mené cinq lieues d'Allemaigne à pied sans chausses par un temps très froit, comm. iv, <.
— ÉTYM. Wallon, chase; namur. chause; rouchi, eauche ; picard, cauchcs, keuches, chausses, bas; norm. cauches, bas; provenç. calsa, cawsso ; catal. calsas ; espagn. caiza; portug. calças ; ital. caijo, eaiio ; du latin ca/cews, qui est devenu féminin dans les langues romanes; cependant l'italien a calso, et le vieux français dit quelquefois chatix, s. m. Il y avait, comme on voit à l'historique, des chausses de fer, sorte d'armure.
CHACSSETIER (chô-se-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie: des chô-se-tié-z et ....), s. m. Celui qui fait ou qui vend des bas et autres articles de bonneterie.
— HIST. xv s. Coupe Noie, clerc des eschevins, qui estoit chaussetier, ayant grand crédit avec le peuple, COMM. VI, 7. [j xvi" s. Ce tailleur avoit une fois fait un manteau, d'un fin gris de Rouen, à un sien compère chaussetier, desper. Contes, xlviii.
— ÉTYSl. Chaussette.
CHAUSSK-TRAPE (chô-se-tra-p'), s. f. ]| !• Machine de fer, qui sert de piège pour prendre des loups et d'autres bêtes. || 2° Terme de guerre. Fer à plusieurs pointes aiguës, dont quelques-unes s'élèvent, et qu'on sème dans un champ pour fermer les passages à la cavalerie. || 3° Terme de botanique. Chausse-trape laineuse, ou chardon étoile, plante dont les fleurs sont armées d'épines (centaurea calcitrapa, L.). \\ Au plur. Des chausse-trapes : car le sens est une trspjie qui chausse, qui saisit; ce qui montre qu'il en est ainsi et que ce n'est pas chausser, mettre en place une trappe, c'est que le mot est féminin; s'il s'agissait de chausser une trappe, le mot serait masculin, comme il l'est dans les mots de ce genre ; un porte-montre.
— REM. Trappe s'écrivant avec deux p, on ne voit pas pourquoi, dans chausse-trape, il n'y en a qu'un.
— HIST. XV' s. Et, ce fait, se despartirent les meurtriers, gectant après eulx des chauces-trappes par les rues, doubtans poursuite, Geste des nobles, viriville, t» m. Et y doit on mètre pieux agus, chauche-trapes, et garnisons, encombrans à ceulx qui làse vouldroientdevaler, christ, «episan, Charles V, ii, ch. 28. Mais d'orties et ronces y a tant, Cauppetrapes et lierre qui pourpraint, Qu'à l'essarber .sa clievance gasta, E. DEScn. Hall. Le jardinier. Il xvi' s. Un gué que les Italiens du prince de Nevers avoient enpli de planches clouées de cercles et de chausse-trappes, h'aub. Uist. i, 229. Chausse trape , autrement carduus stellatus , est plante i)eu délicate, o. de serres, 6H. Moins de mal en adviendroit es parties controverses marcher sus chausses trappes que de son droict soy déporter en leurs responscs et jugemens, RAB. l'ant. m, 43. Le jeune. Scipion, le(|uel accusa aigrement 808 soldats de ce qu'ils avoient semé des chaussetrapes uoubz l'eau à l'endroict du fossé par où ceulx d'une ville qu il assiegeoit pouToient faire des sorties sur
luy, MONT. II, 96.
— ÈTYM. chausser, et troppt.
CHA
CHAUSSETTE (chô-sè-f), «./■. Demi-bas. Chaussettes de laine, de coton. Une paire de chaussettes.
— HIST. XVI' s. Il le fit deschausser, et voyant ses chausses et pieds nets, avec la petite chaussette bien blanche et déliée, telle chose le confirma d'avantage estre homme à payer quelque bonne rançon, PARÉ, m, 719.
— ÉTYM. Diminutif de chausse.
t CHAUSSINE (chô-si-n'), .v. f. Houille sèche propre à la cuisson de la chaux.
— ÉTYM. Chaux.
CHAUSSON (chô-son) , s. m. || 1° Chaussure qui n'enveloppe que le pied, et qu'on met sur ou sous les bas. Kn se levant, le pli d'un chausson lui a déplu [à Melanthe]; toute la journée sera orageuse, pi'.N. xix, 449. Il Un peigne dans un chausson, locution qui s'est dite pour exprimer un état de fortune chétif ou délabré. [I.a toilette d'un débauché] Où le luxe mis hors d'arçon Ne montre pour tout équipage Qu'un peigne dedans un chausson, st-amand, dans RiCHiîLET. M. d'Irval [plus tard dit le comte d'Avaux] est parti pour Lyon; l'équipage de Jean de Paris n'était qu'un peigne dans un chausson au prix du sien, sÉv. Lettre du )3 mai 1872 (t. ii, p. 430, Paris, édit. de (828). Il Fig. Tout son équipage tiendrait dans un chausson, se dit de quelqu'un qui a peu de linge et de bardes. Non baron de qui l'équljiage Se transporte dans un chausson, Mais baron d'un haut parentage , chaulieu , A la duchesse du Haine. Il Chaussure d'étofTe ou de lisière que, dans les temps de verglas, on met par-dessus ses souliers, et aussi pour se baigner sur les plages où il y a du galet. Il Soulier plat dont on se sert pour faire des armes ou jouer à la paume. || Chaussons de bal, souliers forts légers propres à la danse. || 2° Sorte de pâtisserie contenant ordinairement do la marmelade de pomme. || 3° Sorte de combat où le pied joue un grand rôle, dit aussi savate. Professeur de chausson. Mot populaire.
— HIST. xiii' s. Ouiconques est chauciers h Paris, il puet fere chances de soie et de toile, sanz chaux [souliers] et sanz chauçons, ].iv. des met. (39. Il XVI' s. S'ils n'ont garde que leurs chaussons Passent par dessus leurs souliers. L'amant rendu cordelier, p. 583, dans lacurne.
— RTYM. Dérivé de chausse; picard, cauchon; espagn. calzones ; ital. ca/ÂOnt, haut-de-chausses.
CHAUSSURE (chô-su-r'), s. /■. || 1° Tout ce qui sert à chausser les pieds. || Fig. Trouver chaussure \ son point, ou à son pied, rencontrer juste ce qui convient, et aussi, rencontrer quelqu'un qui peut nous tenir tête. {| Fig. Une chaussure à tous pieds, chose banale, doctrine qu'on accommode de manière qu'elle puisse plaire à des esprits très-opposés. Il 2° La somme nécessaire pour entretenir quelqu'un de souliers, de bottes, etc. Ma chaussure me coûte tant par an.
— HIST. XIII' s. En Ydumée estandré ge ma chauceûre. Psautier, f° 435. Et la dame s'est devestue De son mantel grant aleûre Et de sa propre chauceUre, ruteb. u, 204. || xvi' s. La chaussure patricienne ne guarit pas de la goutte des pieds, amyot, De la tranq. d'âme, t. Qu'ils se desplaisent de cette vilaine chaussure qui montre si à descouvert nos membres occultes [la braguette, dont la forme était si indécente, comme on le voit dans des gravures du temps], mont, i, 338.
— ÉTYM. Chausser; picard, cauchure. Chaussure, chausseûre , répond à un substantif calciatura.
CHAUVE (chô-v') , adj. || 1» Dont les cheveux sont tombés en totalité ou en partie par l'elTet de l'âge ou de la maladie. Chevelu sur le front et chauve par derrière, Régnier, Sal. x. 11 n'est tète chauve qui tienne, la font. Fabl. I, 17. Le chef branlant, la tête chauve, beaumarch. Barb. de Sév. ii, I3. Il S. m. Un chauve. Phèdre dil que deux chauves se battirent pour un peigne qu'ils avaient trouvé. Ceux qui n'ont rien ne laissent pas d'y faire des pertes, et on y arrache les cheveux aux chauves, balz. liv. VI , lett. :>. || 2° Se dit d'un oiseau qui a la tête dégarnie de plumes. || Se dit d'une graine, d'un fruit dépourvu de poils, d'aigrette, etc. i| 3" 5. f. Une chauve, veine blanche dans une carrière d'ardoise. Il Proverbe. L'occasion est chauve, il est difficile de la bien .saisir. Villeroy eut ordre de tenter tout pour le secours de Namur; mais l'occasion, qui est chauve, ne revient plus, st-sim. 3), loo.
— HIST. XII' s. Il n'i fist joie ne cheveluz ne chauz, Ronc. p. 149. Petiz enfanz eissirent hors de la cited, si l'gaberent, si li distrent : or en vien, dancalf, or en vien, Uois, 35i. || xiii's. Ne remest en la ville ne chauf ne chevelu, Derle, cxxxvii. Si TOUS aviés passé le flum Jordain, vous n'i atende-
cHA
ries ni cauf ni kevelu, Chr. de liains, 203. Apremengier, savez que firent; Hastivement se départirent. Qu'il n'i remist ne bons ni maux. Fors eulr, ne chevelox ne caui, Ren. 12072. || xvi' s. Tous ayment mieulx estre chenus que devenir chauves, GÉNiN, Récréât, t. II, p. 250. De commodité, j'en tirois peu ou rien [de i'arjient] : pour avoir plus de moyens de despense , elle [la despense] ne m'en poisoit pas moins; car, comme disoit Bion, autant se fasche le chevelu comme le chauve, qu'on lu! arrache le poil, mont, i, 315.
— ÉTYM. Provenç. calv, qualv : espagn. et liai. ealvo ; du latin calvus. Ne chevelu ne chauf élaii une locution habituelle dans l'ancienne langue pour dire : âme qui vive.
CHAUVE-SOURIS (chô-ve-.sou-ri ; l's se lie dans le parler soutenu : la chau-ve-sou-ri-z et la belette), s. f. \\ 1° Petit mammifère qui a des ailes membraneuses et qui ressemble à la souris par la forme de son corps. Une chauve-souris donna tête baissée Dans un nid de belette.... la font. Fabl.
II, 5. Il 2° Terme d'architecture. Toile en appentis pour garantir des rayons du soleil. |{ 3° Terme de marine. La partie la plus élevée de la ferrure du gouvernail, s'étendant en ailes, tribord et bâbord de l'étambot. || Au plur. Des chauves-souris.
— IlEM. La Fontaine a dit souris-chauve : Je connais maint detteur [débiteur], qui n'est ni souri.schauve. Ni bui.sson, ni canard, ni dans tel cas tombé.... Fabl. xu, 7.
— HIST. xiu' s. Quant ta parole est blanche et ta pensée est fauve. Tu voles en ténèbres comme une soris chauve, J. he meing. Test. 4 474. Ce estoit chauve la soriz. Et Pelez li ras ses mariz, Que dant Renart ot estranglé, Ren. H866. Samblanz sui faiz à la chauve souriz de leu [lieu] seul , Psautier , f° 120. Quant la chauve suris les v[t. Moult li pesa k'od eus n'esteit, marie. Fable 31. A tuz jurs mais en est houniz, Come fu la chauve souriz. Qui ne deit mes par jur voler. Ni ne deit plus en court parler, m. tb. ||xiv' s. Deux pots dorez et esmaillez aux chauves soriz, pesant xxi marcs, laborde, Émaux, 2H.
— ÉTYM. Picard, casseuris , catoeum; wallon, chatce-sori ; namur. chau-sori, chèhau sort; rouchi, queue d'sori. La première idée qui se présente est qu'il s'agit d'une souris chauve, cet animal ayant pu être ainsi nommé à cause que ses ailes n'ont pas <le plumes; mais Grandgagnage fait remarquer que les formes wallones veulent dire sourisehouette; de sorte qu'il y aurait là une paronymie qui aurait changé chawe, chouette, en chauve. Mais ce qui em|iêche d'admettre cette opinion, c'est que chauve J souris se trouve dans les plus anciens textes sans ■ variante, ce qui ne serait pas si chauve était une corruption de quelque autre mot.
CHAUVETÉ(ch9-ve-té),«. /'.Calvitie. || 11 est vieux.
— HIST. XVI' s. Oraison de Synese à la louange de la chauveté, duverdier, Bibl. p. 81, dans lacurne.
— ÉTYM. Chauve.
t CH.\UVIN (chô-vin), s. m. Nom d'un personnage de quelques dessins populaires qui, exprimant des sentiments d'tm patriotisme aveugle et étroit au sujet des succès et des revers de Napoléon I", est devenu le nom de celui qui a des .sentiments exagérés et ridicules de patriotisme et de guerre. C'est tenir un langage de chauvin.
f CHAUVINISME (chô-vi-ni-sm'), s. m. Sentiments du chauvin. Moi qui suis toujours si fière de me montrer en public à côté d'une gloire militaire!... — Le mariage t'a jetée dans le chauvinisme, comme ils disent, bayard et dumanoir, les Aides de camp, se. 5.
CHAUVra (chô-vir), je chauvis, tu chauvis, il chauvit, nous chauvons, vous chauvez, ils chauvent; je chauvais; je chauiis, nous chauvîmes; je chauvirai; je chauvirais, e. n. Usité seulement dans cette locution : chauvir de l'oreille, chauvir des oreilles, dresser les oreilles, en parlant des animaux qui ont les oreilles longues et pointues, tels que les ânes et les mulets. || Fig. D'un fardeau si pesant ayant l'âme grevée. Je chiuvisde l'oreille et demeurant pensif.... bi^gnier, Sal. viii.
— HIST. XVI' s. Ils baislent aux mousches comme veaulx de disme, chauvent des aureilles comme asnes d'Arcadye on chant des musiciens, rab. Pant.
III, Prol. lîaislans aux mousches, chouans des aureilles comme ung asne d'Arcadie on chaut des musiciens, ID. tti. v, Prol. Plaine mangeoire d'avoyne, laquelle quand les guarsons d'estable cribloyenl, il leur chauvoyt les aureilles, leur signifiant que il ne lemangeroyt que trop sans cribler, id. li». v, 7,
CHA
CHE
CHE
Tout ainsi que l'on voit en un plaisant festin Le compaignon gaillard qui se gorge de vin, II le taste d'entrée, il chauvit de l'oreille. Et pou à peu gayment en beuvantse resveille, pasquier, Oliuv. mes- Ucs, p. 418, dans lacurne.
— ÉTYM. Rabolais dit chaurer ou chnuer ; ce qui rend trîs- probable que c/iounV, citauver ou ehouer Tiennent de chowe ou choe , ancien nom de la éhouelte (voy. ce nom), et désignent ce mouvement des plumes, pnriiculier à la chouette, qui figure des oreilles comme celles du chat.
CHAUX (chô; l'x ne se lie pas; de la chô et du sable; ChifUet, Cramm. p. 218, fait même remarque), s. f. Il 1° Substance très-répandue dans la nature, surtout en combinaison avec l'acide carbonique qui forme avec elle la pierre à bAtir et les marbres, ou avec l'acide sulfurique qui forme avec elle le gypse ou pierre à plâtre. || Chaux vive, celle qu'on a débarrassée de son acide carbonique en la chauffant h grand feu dans des fours à chaux. || Pierre à chaux, fragments ou morceaux (le marbre et plutôt encore de pierre i bâtir commune qu'on veut réduire à l'état de chaux vive. || Chaux hydratée, chaux vivo sur laquelle on a versé de l'eau, qui l'échauffé, la dissout et forme avec elle une pSle fine et blanche douée de qualités alcalines très-énergiques. Il Chaux éteinte, c'est la même chose que la chaux hydr.Ttée, lorsqu'elle est refroidie. C'est avec la chaux éteinte et le sable qu'on forme le mortier le pins solide. Bâtir à chaux et à sable, bâtir trèssolidement. Il Chaux hydraulique, celle qui durcit sous l'eau. || Chaux maigre, celle qui n'augmente pas au contact de l'eau. On dit dans le sens opposé chaux grasse. || 2° Lait de chaux, blanc de chaux, chaux éteinte étendue d'assez d'eau pour s'étaler avec le pinceau et couvrir les murs comme un badigeon. Il Eau de chaux, eau qui tient de la chaux en dissolution. || 3" Terme de chimie. Protoxyde de calcium, alcali qu'on obtient en calcinant les carbonates calcaires naturels. || Dans l'ancienne chimie, chaux métalliques, tous les oxydes métalliques, de couleur plus ou moins blanche, obtenus en exposant les métaux à l'action du feu. j| Proverbe. Cela est fait à chaux et à ciment, ou à chaux et à sable, se dit d'une affaire qui est faite solidement, avec toutes les formalités nécessaires. Etait à lui par hyménée Conjointe à chaux et à ciment, sc.\rron, Virg. travesti, dans leroux, Dict. comique.
— HIST. XII* S. E il fist cax et pierre atraire, Rou, 102(1. Il xin* s. Et fist porter à tous communément la cliaut et le mortier, H. de valf.nc. xi. Cil des vaissiaus lor jettoient chau vive es ielx, id. XXXII. L'en doit conter à droiture d'i-.ne teneure, puiser et abruver ses bestes, et droiture de pestro là, si et de fere i la chous, et de sablon foïr. Lit'. de just. iH. Boine chauc vive, alebrant, f° 34. il XV' s. Mais sa conséquence et sa preuve Ne tiennent à chaulx ne h sablon, coquillart, Plaidoyer de la simple et de ta rusée, \\ xvi' s. Et mettras en l'eaue quelque quantité de chaux esteinte pour mieux les blanchir, parS, iv, chap. comjil. Prenez chaux vive lavée par neuf fois, puis incorporée avec onguent rosat, m. x, 9. Si très fort a esté cassé [!e fondement de la justice], Qu'il ne tient ne à chaux ne à .sable, l'Ancien monde gotlic, dans padre, Études sur la Basoclie, p. 272.
— f.TYM. Wallon, chdse ; namur. chawse; rouchi, canche; picard, keuche, keiix, eaus; provenç. caU,
.caus, quaus; catal. cals; espagn. et portug. coi; ital. calcc; du latin calx, caîcis.
t CH AVANT (cha-van), s. m. Un des noms vulgaires de la hulotte.
— f.TYM. Radical chav ou chau, le même qui se trouve dans chouette (voy. ce mot et aussi ciiat- HUANT Ji l'étymologie).
CHAVIRÉ, ÊE (cha-vi-ré, rée), part, passé. Une barque chavirée.
t CHAVniEMENT (cha-vi-re-man), s. m. Terme de marine. Action de chavirer; état d'un vaisseau qui cliavire. Le chavirement de l'embarcation.
— f.TYM. Chavirer.
CH.\ VIRER (cha-vi-ré), V. n. Terme de marine. Il 1° Etre tourné sens dessus dessous. La barque cliavira. Nous fûmes deux fois près de chavirer, ciiATEAUB. Itin. 28. Il Fig. et familièrement, mal tourner, ne pas réussir. Un jeune homme chavire quelquefois au début de la vie. Ce négociant a cha- \\rÈ. Il î" F. a. Terme de marine. Retourner un objet, le mettre sens dessus dessous.
— REM. Chavirer se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action : le navire a chaviré par un coup de lame ; avec l'auxiliaire être, quand on veut exprimer l'éta* ; le navire est chaviré.
— ÉTYM. Cha ou ca pour cap, chef, tête (voy.
chkf), et virer.
fCHAVOCHE (cha-vo-ch'), s. f. Un des noms vulgaire de la chevêche.
— f.TYM. Voy. chevêche.
t CHAVREAU (cha-vrô), s. m. Sorte de bêche triangulaire et un peu courbée.
— ÉTYM. Sans doute l'ancien français chaver, creuser.
f CHEAPS (che-ô), s. m. plur. Terme de chasse. Les petits du loup, du chien et du renard.
— HIST. xiii" s. Car après vinrent li chael. Et li venieres les semont, Ren. t. i, p. 92.
— ÉTYM. Provenç. cadel; cataL cadell; ital. catello; du latin catellus, diminutif de canis (voy. chikn).
CHEBEC (che-bèk), s. m. Terme de marine. Bâtiment à trois mâts de la Méditerranée, allant à voiles et 5 rames.
— ÉTYM. Ane. franc, chabek; espagn. jabeque; anc. portug. enxabeque; port. mod. enxavcque, xaveco, chaveco; ital. sciabecco, stambecco, iambecco; génois, sciabeca; tous mots qui signifient chebec, et dont l'origine est ignorée.
CHEF (chef; au pluriel Vs ne se lie pas : les chef et les soldats; cependant quelques-uns lient : les chèf-z et les soldats), s. m. || l''Tète. Le chef de saint Jean-Baptiste. Et que peut plus un corps dont le chef est àbas?R0TR. SI Gen. v, 2. Je veille sur les miens, mes soucis les conservent. Comme le chef a soin des m"mbres qui le servent, corn. Cid, ii, 7. Le corps n'est non plus vivant sans le chef que le chef sans le corps, PASC. Pensées, ii, <7. Et son chef couronné De cent fleurs de lis d'or, Régnier, Épit. i. C'est swis cette croix terrible qu'elle baisse son chef sacré, mass. Car. Passion. La marque effroyable de royauté dont on l'a couronné déchire son chef auguste, ID. ib. L'onction fut répandue sur son chef sacré, m. Or. fun. Yilleroy. Le chef orné de longs cheveux en tresses, volt. Ingénu, 1. Je creusai à mon général une fosse profonde, j'y réunis le tronc et le chef de Maurice, chateaub. ïlart. 230. || Par mon chef, sorte de jurement autrefois en usage et qui, signifiant par ma tête, exprimequ'onmetsa tête pour garant. Par mon chef, c'est un siècle étrange que le nôtre, «ol. l'Étour. i, 6. || Par extension, tète de bétail. Il avait deux cents chefs de brebis. Il est vieux. || 2° Principal. Abbaye chef d'ordre, ou, simplement, chel d'ordre, la principale maison de l'ordre, celle dont les autres dépendent. || Terme de marine. Chef d'eau, synonyme de haute on pleine mer. i| 3° Premier ancêtre. Le chef de la famille des Montmorency. Ma famille eut pour chef Un des fils de Pépin le Bref, eérang. Carab. || Chef de famille, celui qui tient le premier rang dans une famille. Ce jeune homme, ayant des frères et des sœurs plus jeunes que lui, est devenu, par la mort de son père, chef de famille. || Chef du nom et des armes ou chef de nom et d'armes, celui qui est le premier de la branche aînée d'une grande famille. || Terme de jurisprudence. Du chef, d'où un droit procède. Venir à une succession de son chef. Il a tant de biens du chef de son père. U a eu cette terre du chef de sa femme. Notre prince a des dépondants, Qui, de leur chef, sont si puissants. Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée, la font, l'abl. i, 12. De son chef il ne devait rien, boss. i, Pass, i. Les enfants sont de leur clicf associés à son droit, J. J. Rouss. Écon. 3. Il De son chef, de son propre mouvement, de son autorité privée. J'ai été voir de mon chef M. de Lamoignon, sÉv. 492. Vous m'écrivez de votre chef au coin du feu, id. <04. Monsieur, je vous respecte trop pour vous rien dire de mon chef qui vous déplaise, regnard. Sérénade, (6. Il met de son chef des règles à tout re qui nous est prescrit, montesq. E's/'. iv, 2. Au lieu de vous dire de mon chef ce que je pense, j. 1. rouss. Ém. IV. Il 4° Celui qui est h la tète, qui dirige ou commande. Le pape est le chef de l'Église. Les chefs des douze tribus. Ce.s mutins ont pour chefs les gens de Laodice, cohn. Nicom. •/. 3. Elle avait encore gagné un maire de Londres dont le crédit était grand, et plusieurs autres chefs de la faction, boss. Reine d'Anglet. L'homme de la nature est le chef et le roi, boil. Sat. viii. Ils n'attendent qu'un chef contre la tyrannie, rac. Mithr. m, (. Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux, kac. Iph. m, 6. C'est [Benoît XIV] le pape des savants; or les savants ne peuvent rien faire de mieux que d'avoir pour leur chef celui qui l'est de l'Église, monteso. Correspond. 49. || Le chef du jury, nom donné par extension à celui qui est désigné le premier pour faire partie du jury et qui doit porter la parole pour
dire oui ou non. || Clief , en parlant d'une femme. En mémoire de cet événement [l'affaire du Pruthj, il voulut que la czarine instituât l'ordre de Ste-Catherine dont elle serait chef et où il n'entrerait que des femmes, fonten. Czar Pierre. \\ S' Général d'armée. I! est du devoir d'un bon chef.... Cet ce qu'a vu notre- siècle; et, ce qui est encore plus grand, il a vu un roi .se servir de ces deux grands chefs [Condé etTurenne], et profiter du secours du ciel, boss. Louis de Rourbon. De là vient ce parfait concert qui fait agir les armées comme un .seul corps, ou, pour parler avec l'Écriture, comme un seul homme; pourquoi comme un seul homme? parce que, sous un même chef qui connaît et les soldats et les chefs comme ses bras et ses mains, tout est également vif et mesuré, boss. 16. || Les officiers des différents grades. Obéir à ses chefs. Cette ardeur qui des chefs passe aux moindres soldats Anime tous les cœurs, fait agir tous les bras, corn. Les victoires du roi. Il Chef de corps, colonel dans l'infanterie, chef de bataillon dans les chasseurs de Vincennes, etc. Le ministre enjoint aux chefs de c^rps.... Il Chef d'escadron, de bataillon, officier qui commande un escadron, un bataillon. |l Chef de poste, celui qui commande un poste. {| Chef d'escadre, autrefois officier supérieur de marine qu'on nomme aujourd'hui contre-amiral. || 6° Terme d'artillerie. Chef de pièce, l'artilleur qui dirige la manœuvre d'une pièce et qui la pointe. H?" Chef de file, l'homme qui est le premier d'une file d- gens. de guerre à pied ou à cheval. || Terme de marine. Le vaisseau qui est le premier de la ligne de bataille , qui tient la tète de l'armée. || Fig. Chef de file, meneur. C'est lui qui est le chef de file de tous ces gcns-là. Il 8" Terme d'administration. Chef de division, de bureau, celui qui dirige le travail des employésd'une division, d'un bureau. || Anciennement, chef de pont, synonyme de chableur. || 9° Dans l'industrie, chef d'atelier, celui qui dirige les travaux d'un atelier. {| Chef industriel , chef d'industrie , chef d'un grand établissement industriel. || Terme de corderie. Chef de roue , celui qui conduit la roue. Il 10° Au théâtre, chef d'emploi, celui qui remplit en chef les rôles de même caractère. || Chef d'orchestre, celui qui dirig'e un orchestre. || Chef d'attaque, musicien chargé de conduire les chanteurs qui, dans un chœur, chantent la même partie. Les chefs d'attaque marquent les entrées. Il 11° Dans les choses de la bouche, chef d'office, de cuisine, et, absolument, chef, celui qui présida à l'office, à la cuisine. || Dans quelques cours, chef de gobelet, chef de fruiterie, le principal officier du gobelet, de la fruiterie. || 12° En chef, loc. adv. En qualité de chef. Ingénieur en chef. Ayant commandé des armées en chef, sév. 134. || Être, travailler en chef dans une affaire, avoir la principale direction. Il 13^ Article, division, point en discussion. J'ai réduit ce grand sujet à trois chefs, boss. Aumône, 4. On peut classer la littérature sous ces trois chefs principaux : philosophie, histoire, éloquence, chateaub. Génie, m, 11, <. Ces lois avaient plusieurs chelset l'on en connaît trente-cinq, montesq. Espr xxiii, 21. Les chefs d'une requête, patru, P/atd. 4 . dans richelet. Voilà comme il parle sur tous ces chefs, etc'est surquoi je m'imagine qu'il croitavoir le pouvoir de résister à la grâce, pascal, Prov. <8. Si l'ambassadeur est lésé dans quelques chefs qui ont été réglés, la bbuy. x. Elle n'approuvait pas la réffirmation d'Edouard en tous ses chefs, boss. Var. )0. Ils vivaient sous la foi des anciennes prophéties qu'ils avaient vues s'accomplir si précisément à leurs yeux en tant de chefs, id. Ilist. 11, 6. Il y a grande apparence que vous gagnerez un chef de votre procès, volt. Dial. 2. |] 14° Point d'accusation. L'accusation se réduisait it deux chefs, boss. Conc. L'auteur ne dit rien sur ce dernier chef d'accusation, m. Préf. Un de leurs plus grands chefs d'accusation et où ils insistaient le plus était celui-ci.... PASC. Prov. t9. || Crime de lèse-majesté au premier chef, attentat, conspiration contre la personne du prince. Crime de Icse-m.njesté au second chef, attentat contre l'autorité du prince ou contre l'intérêt de l'Étal. Les crimes de lèse-majesté au premierchef, pasc. ;'roi'. )4. Dansle casdu crime de lèse-majesté au premier chef, montesq. f*pr. V, 4 5. Il Fig. Attaquer ce préjugé, crime de lèsemajesté au premier chef, niDER. Princ. de polit. 68. Il 15° Terme de manufacture. La tête d'une étoffe, le bout par lequel on a commencé à la fabriquer. Il Terme de chirurgie. Les chefs d'une banile, les bouts, les extrémités de la bande. || Fig. Venir & chef, veniràbout.... aucun d'eux ne put veniràchef De son dessein, la font. Rem. JeanCbatel n'a p»s
CHE
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CHÉ
misàchcfson entreprise, volt. Mœurs, (74. 11 pense mettre à chef quelque belle entreprise, niicNiKn, Sot. IX. Cette tournure a vieilli, et venir à bout la remplace généralement. || 16" Morceau de pûte réservé pour sen-ir de levain. || Côte à pic d'une carrière. Il I.a partie du devant d'un bateau. || 17" Terme dépêche. Chef de lirême, brôine rouge. || 18" Kn termes de blason, le chef est une pièce honorable qui occupe le tiers le plus haut de l'écu. La qualité en est déterminée par quelque autre mot, comme chef paie, chef bandé, etc.
— HIST. X" s. Ad une spede [il] li roveret [commanda] tolir lo chief [tCte], Eulalie. Un edre [lierre] sore sen cheve, Fragtn. de Valenc. p. 408. jjxi's. Assez est miex qu'il i perdent les chefs [tètes], Ch. de /loi. III. Disl l'archevesque : je irai, par mon chef [par ma tète] ! ib. Lxii. Je lui toldrai la courone du chef, th. clxxxix. Et si [il] chevauche au premier chef davant, ib. ccxxx. |{ xii* s. Au chef [sommet] d'une montagne, Jlonc. p. ). Clina son chief, ib. p. 7. En chief [tCte] li lacent un baume poitevin. Rime. p. 60. D'un chief en autre [de bout en bout] [il] lui a fraite [la large] et croisie, ib. p. ba. Si chevauchez au primer chef devant, ib. p. t'H. Les chez floris, mainte barbe i ont blance, ib. p. 134. Et son col blanc, son chief blond et luisant, Couci, V. X chief de tour [après tout] foloient li plus sage, OUESNES, Itomanccro, p. 80. Li uns conseille l'autre à quel chef pourront traire [à quelle fin ils pourront arriver]. Soi. xxxi. Il n'en vemont à chief, mes cuers le senefie [l'annonce] , ib. xxxii. E Adam e li clerc nen unt chief se deu nuu, Th. te mart. 82, Bien vaigniés, dame, ce li a dit li rois. Diex vos saut, sire, disl la dame au chief blois, Raoul de C. 266. Il XIII* s. Perdue avoit la veue par une plaie qi\'il avoil eue el chief, villeh. xl. Adonc prisirent un parlement au chief [à la fin] du mois à Soissons, ID. XIV. Tel couronne [elle] ot ou chief, qui moût lui atalente, Berte, x. Dort la roïne Berte, sous son chief une pierre, ib. xl. Ce fu par un lundi, au chief de la semaine, ib. L. Ains que de cesle chose à bon chief [nous] ne venons, ib. lxxvii. Par la lance saint Jacques! dist li rois, fai eut cou qu'il te pla'st: mais je croi que tu n'en venras à clef; car Englois sont traïtour et félon, Ch. de Raitis, (f>4. Et avint que Miles li esleus lie l'iauvais «lui estoil clés d'eaus [eux], s'en vot revenir en Franche, ib. <0J. Mes la sens, qui le vuet aciiuene. Tant cum il puet vivre sor terre, Kait i son mestre compaignie, Et miex vaut au chief [bout] de sa vie Qu'il ne fist au commencement, la Rose, àant. i chief de pièce [à la fin], ib. Mot. Nus ne vit onques nului qui en uzast, qui en venist onques à bon quief, beaum. xi, 26. Et cil afere fust renvoiez de chief au roi, perce qu'il ne fu.ît pas prové que le conseil à l'autre fust requis en tens convenable, Liv. dejust. 48. Le chief seignor dou reiaume de Jérusalem peut fié [fief] douer dou demaine de sa seignorie, Ass. de J. i, 215. Quant il se retournoit et veoit que les Turs estoient entrés par l'autre chief [bout], il leur recouroit sus l'espée au poing et les en chaçoit, joinv. 25(. Le royetnousalamesjusquesauchief [au bout] du courtil, m. 285. Au chief de ix jours, les corsde nos gens .que il avoient tuez vindrent au desus de l'yaue, id. 235. Babyloine [le Caire] estoit le chief [la capitale] de tout le royaume d'Egypte, m. 2)9. Le mestre s'agenoilla et tendit le chief de son mantel au roy, et abandonna au roy quanque il avoient à prenre pour s'amende, tela comme il la voudroit deviser [régler], id. 2C8. ||xv"s. Je la reprendrai [la chevauchée du duc de Lancastre] où je la laissai, car j'ai grand désir de la continuer et mettre à chef et conter comment elle se fit, froiss. ii, m, 82. Quand le duc d'Anjou vit qu'il n'en viendroit point à chef, id. ii, ii, 20. Mais que vous me promettez que du corps mal ne lui ferez. Par mon chef, dit le comte, nennil, m, i, i, tr.i. X nud chef, et la hart au col [Eustache de St-Pierre], id. I, I, 321. Un escu d'azur à un chef d'argent, id. 1, I, 34. Sa bannière [du sénéchal de Carcassonne] qui estoit de gueules à un chef d'argent et à deux demi chevrons au chef, ID. i, i, 137. Or avint que, au chef de deux jours, ce tourment [tempêie] cessa, :d. i, i, <8. Londres qui est le chef d'Angleterre, ID. 1, 1, 23. [Les chevaliers envoyés pour reconnaître les morts rapportent au roi] que onze chefs de princes estoient demeurés sur la place, id. i, i, 205. Je tiens amans pour folz, ne leur desplaise. De travailler sans riens mener à chef, en. n'oni.. h"f !?"■ '•'^1"'^' sembloit aussi bien prince et grant cbierde guerre comme nul autre que veisse, comm.
", ». A chef do pièce [à la fin], ce désiré jour fu assigne, i,o,j,3 xi. JVouv. i. je ne doute pas que j
n'en vienne bien à chef, id. Vb. m. Elielui vadire, de chef en chef et de bout en bout, tout le fait, m. ib. XIV. Lnrs lui va conter, de chef en bout, l'averlissement et conseil, in. 16. xxvi. || xvi's. Ce dist Paris : je suys lo chef de France, J. mabot, v, 24iJ. Comme si le chef et principal de toutes vertus eust esté, CALV. 7mti(. )7t. Pour aller veoir Jésus Christ nos- Ire chef, MAROT, I, 274. Ou si au chef lui trouvez attaché Chappeau de lleurs, qu'il luy soit arraché, ID. I, 302. Et n'est doctrine escripte, ne verballe. Qu'un vrai poète au chef ne deust avoir, id. ii, toi). Si luy a dit à chef de temps ainsi : Que cherches-tu en ce palais icy? in. iv, b8. Ce jour premier fut la cause et le chef Et do la mort, el de tout le meschef, DuiîELL. IV, -11, recto. Un qui veit à chef de pièce [à la fin] un sien esclave fuitif qui le suivit, la DCÉTiE, 307. Le chef [commandant] d'une place assiégée, MONT. I, 23. Celuy qui debvoit conduire l'entreprinse !x chef, esloit.... id. i, (27. Chrysippus et Zenon, chefs de la secte stoïcque, id. i, 240. Xantippus feit enterrer son cliien sur un chef [cap] en la coste de la mer qui en a depuis retenu le nom, ID. II, ^^5. De respondre à un propos où il y eust plusieurs divers chefs, il n'est pas en ma puissance, in. III, 64. Sur cette route, au chef [bout] de cha.sque journée, il y a de beaux palais, id. iv, 26. Leurs lieutenants leur ont mis à chef de grandes enlreprinsos, m. m, 90. Finablement, ayant conduit l'œuvre totale à chef, ahyoï, Épit. Par le dénombrement du peuple il fut trouvé cent trente mille chefz contribuans, en ce non compris les enfants orphelins ni les femmes vefves, m. Publ. 23. Au long du port de Pirœe à venir de devers le chef [cap] de Alcimus , id. Thém. 68. Ce lieu estoit fatalement destiné pour estre une fois le chef de toute l'Italie, id. Cam. 54. Los longs cheveux de ton beau chef (loré, id. Flamin. 26. Pendant qu'il avoit esté seul en chef capitaine, id. Nicias, 38. Pou de jours après se présenta devant le chef [cap] de Caux trente cinq navires anglesches, M. du Bellay, 5D6. La ligature ou bande retenirice se fait quelques fois avec un chef, ou avec plusieurs, paré, vu, B.
— ÉTYM. Berry, ché ; wallon, clitf; di chif à cnive,àe chef en queue, du commencement à la fin ; provenç. cap; espagn. xefe, chef; caOo, bout; ital. capo; du latin caput, tète. Dans le vieux français, nominatif singulier, chés ou chiés; régime, clief.
CHEF-D'OEUVIiE (chè-deu-vr'), s. m. || 1° Ouvrage que faisait un aspirant ou une aspirante pour se faire recevoir maître ou maîtresse dans le métier qu'ils avaient appris. Les jurés ou les jurées donnaient le ciief-d'œuvre à l'aspirant ou à l'aspirante, qui le devaient faire devant un certain nombre rie maîtres ou de maîtresses. Qu'il fasse toujours son chef-d'œuvre , et que jamais il ne passe maltie, J. 3. ROtJss. Ém. m. Nul artisan n'est agrégé à aucune société ni n'a ses lettres de maîtrise sans faire son ohef-d'oeuvre, la bruy. Préface au Disc, à l'Ac. française. Les gens de métier font leurs chefs-d'œuvre à jeun, mais le parasite ne vaut rien s'il n'a mangé, et il fait tous ses chefs-d'œuvre à table, d'a- BLANCOURT, iMcicn, diuloQue du parmxiie. \\ Aujourd'hui, ouvrage auquel un ouvrier met tous ses soins, toute son habileté, pour s'en faire licuneur. || 2° Œuvre parfaite et très-belle en son genre. Un chef-d'œuvre d'architecture. L'homme est !o chef-d'œuvre de la nature. Les chefs-d'œuvre de Corneille. Mais quoi I c'est un chef-d'œuvre où tout mérite abonde. Un miracle du ciel, une perle du monde. Un esjiril adorable à tous autres esprits, malii. vi, 25. On n'a guère vu jusqu'à présent un chef-d'œuvre d'esprit qui soit l'ouvnige de plusieurs, la p.iiuy. i. L'ignorance et l'erreur i ses naissantes pièces [do Molière], En babils de marquis, en robes de comtesses. Venaient pour diffamer son chef-d'œuvre nouveau. Et secouaient la tète à l'endroit le plus beau, boil. hp. VII. J'ai eu soin d'avertir plusieurs fois qu'on ne doit juger les grands hommes que par lejrs chefsd'œuvre, VOLT. Leur. Maillet, 20 nov. (768. La tiagédie de Macbeth qu'on regarde comme un chefd'œuvre de Shakspeare, volt. Leltr. Duclos, 25 duc. <76i. Forçons l'antre funeste où Ion tient enfirmé Ce miracle d'amour, ce chef-d'œuvre animé, ROTROU, Antig.y, 3. ||3° Fig. Toute œuvre, toute action qui mérite quelque louange. C'est un chefd'œuvre d'avoir réconcilié ces deux adversaires. J'ai fait un chef-d'œuvre : j'ai été voir Mme de Ricouart, sÉv. 605. Si vous étiez moins hasardeuse, j'aurais plus de repos; mais vous voudrez faire des chefsd'œuvre, passer où jamais carrosse n'a passé, sEv. (36. Il Un chef-d'œuvre d'habileté, de patience, une œuvre où éclate l'habileté, la patience; et ironique-
ment, un chef-d'œuvre de malice, de bêtise, dlmperiinence. Cette harangue était un cb'jf-d'œuvre d'impertinence , balz. dans bicuelet. || Ironiquement. Un beau chef-d'œuvre, une œuvre, une action dont il n'y a pas lieu de se vanfr. Voilà da ses chefs-d'œuvre. La drôlesse, un matin, s'en vint, bon jour, bonne œuvre. Jusqu'à notre maison porter ce beau chef-d'œuvre [un enfant trouvél, REONARD, Démocr. V, 5. Ils vous auront beaucoup d'obligation, et vous avez fait là un beau chefd'œuvre, VOLT. Platon. Il Au plur. Des chefsd'œuvre, c'est-à-dire des choses capitales en fait d'œuvres.
— UEM. Au pluriel , Malherbe a donné une s à chef-d'œuvre : Tous ces chefs-d'œuvresantiques, 11, 2. En poésie, cela pourrait se dire; car, en définitive, des chefs-d'œuvre peuvent être considérés comme des chefs d'œuvre en général, ou comme des chefs d'œuvres en particulier pour chacune des opérations qui les ont produits.
— HIST. XIII* s.^ Se li aprentis set faire un chief d'œvre tout sus [seul], [Av. des met. 2ic. Chief de œvre de deux piaus ne doit noient, 16. 281. || xvi" s. Ung chef d'ouvraige, j. marot, v, («(. Françoisos sont chefs d'œuvre de nature, id. v, 251. Tu as fait un beau chaf d'œuvre. ayant fait élire consul Lepidiis le plus estourdy fol qui soit en toute ceste vdle, AMYOT, Sylla, 70, Et pour ce, sire, estant ceci un chef d'œuvre [une somme], et l'amas de tous les travaux d'un de vos serviteurs et sujects, parc, Védic. L'ame ostée de ce beau chef d'œuvre [le corps], ce n'est plus qu'un vaisseau plein de corruption, ID. Au lecteur.
— F.TYM. Chef, de, oeuvre.
CHEFECIER (chè-fe-cié) , s. m. Voy. chevecieb.
t CUEFFERIE (chù-fe-rie), s. f. Circonscription dans laquelle un officier du génie exerce ses fonctions.
— itTYM. Chef.
CHEF-LIEU (chèf-lieu), s. m. || 1° Autrefois principal manoir d'un seigneur, d'un chef d'ordre. Il 2° Aujourd'hui, ville ou bourg, siège d'une division administrative. Chef-lieu de département ou de préfecture, d'arrondissement, de canton, jj Au plur. Des chefs-lieux, c'est-à-dire des lieux qui sont chefs.
— HIST. XVI* s. Le nouveau vassal doit aller trouver son seigneur en son chef lieu, là, demander s'il y est, ou autre pour lui, ayant pouvoir de le recevoir en foi, LOYSEL. 556. Le cheflieu ou maislre manoir [du fief], id. 6(4.
— ÉTYM. Chef, lieu.
t CHÉGROS (ché-grô) , s. m. Terme de cordonnier. Fil enduit de poix.
— P.TYM. Chef, gros.
CUEIK ou SCuklK (chèyk, eu une seule syllabe; on l'entend aussi prononcer chèk), i. m. Chef de tribu arabe. Ils jugèrent que mon domestique était le scheik, chateaub, Itinér. n, (03.
— HIST. xiir s. Il avoient fait chevetain [capitaine] d'un Sarrazin qui avoit à non Scecedin, le filz au seic, joinv. 221.
— ÉTV.M. Arabe, scheikh, vieillard.
t CIIEIL.... Pour les mots scientifiques composés de chcil.... yy.yo;, lèvre, voy. chil....
t CUËIR..,. Pour les mots scientifiques composés de che'ir.... yûçi, main, voy. cuir....
t CUÉIROPTÈRE (chéi-ro-ptê-r'), adj. Voy. ciil-
ROPTftRE.
t CHELEM (che-lèm', et, ordinairement, ch'leni), s. m. C^^up, au whist et au Loston, qui consiste à faire à deux toutes les levées. Je crains un chelem. Il Adj. invariable, signifiant qu'on n'a fait aucune levée. Faire chelem. Nous sommes chelem.
] CIIÉLICÉUE (ké-li-sô-r'), s. f. Terme d'entomologie. Nom de deux pièces de la tète des arachnides représentant les antennes intermédiaires des crustacés décapodes.
— F.TYM. \r,Xr,, pince, et XEpac, corne.
CUÉLIDOLNE (ké-li-doi-n'), s. /". 1| 1° Terme de botanique, La (jrande chélidoinc, vulgairement nommée éclaire {chelidonium majus, L), qui croît dans les muiaij'es et les décombres, et contient un suc jaunâtre, caustique, très-amer. || 2" Terme de minéralogie. Pierre précieuse, jj Petits cailloux appartenant aux agates, on dit aussi pierres d'hirondelle.
— HIST. XIII* s. Se vus avez as oilz manjue [démangeaison]. Dune prenez celidoine et rue, Ms. St- Jean. \\ xvi* s. Ausi les guérit le jus dechelidoiue, lu laitde tithymal, paré, v, 2t.
— ÉTYM. Xc).iôoviov, de ytXitiùv, hirondelle, à cause qu'on disait que l'hirondelle se servait de cette plante pour rendre la vue à ses petits.
CHE
CHB
CHE
t CHÊLinONINE (ké-li-do-ni-n'), i. (■ Terme de ehitnie. Principe trouvé dans la chélidoine.
t CHELINGUE (che-lin-gh') , s. f. Terme de marine. Bateau à fond plat dont oa se sert sur les côtes de l'Inde.
t CHÉLODONTE (ké-lo-don-f), adj. Terme d'entomologie. Oui a les dents en forme de pince. Il S. m. Les cliélodontes, famille d'arachnides.
— f.TYM. XtiXt), pince, etoSoù;, d<;nt.
t CHf.LOÏDE (ké-lo-ï-d'), s. f. Terme de chirurgie. Tumeur irrégulière qui a le plus ordinairement son siège sur la partie antérieure de la poitrine, et 'lui offre souvent des digilalions.
— ÊTYM. X/{/.ri, pince d'écrevisse, et eî?o:, forme. L'étymilogie montre que l'orlhographe kéloide qu'on trouve quelquefois e"it mauvaise.
t CUÉLONIEN (ké-lo-niin), s. m. Terme de zoologie. Ordre premier de la classe des reptiles, auquel la lonue a donné son nom et qui renferme les reptiles quadrupèdes à queue rudimentaire pourvus d'une carapace.
— f.TYM. X£/»ivT), tortue.
t ClIÉLOXITE (ké-lo-ni-f), s. f. Tortue pétrifiée, pierie de tortue.
— ÉTYM. XeXwvy).
t CUf.LOXOGRAPUE (ké-lo-no-gra-f) , s. m. Naturaliste qui s'occupe particulièrement des tortues.
— ÊTYM. XÙMyr,, tortue, et ypâçsiv , décrire.
t CHÊLONOGR.APUIE (ké-lo-no-gra-fie) , s. f. Description des tortues.
t CHÉLONOPIIAGE (ké-lo-nn-fa-j') , adj. Qui vit de tortues, qui mange des tortues.
— ÊTYM. Xï>,wvTi, tortue, etçayEÏv, manger.
t CHÊLOPODE (ké-Io-po-d'), a<1j. Terme de zoologie. Oui a les pieds armés d'ongles crochus.
— ÉTYM. Xr|X9), pince, et ttoù,;, roôèi;, pied.
t CUELOUP (che-loup'), s. m. Terme de marine. Petit navire caboteur.
— ÉTYM. Forme altérée de sloop.
aiËMER (SE) (chô-mé), v. réfî. Maigrir, tomber en chartre. Voilà un enfantqui sechême. Vieilli.
— HIST. xj'.i* s. Mais je feroye à Karle l'ame du cors semer, Les quatre fils Aymon , v. 500.
— ÉTYiM. Berry. semer, senc, cener, couper, châtrer ; provenç. semar , priver, sem, privé; anc. calai, sem, prive; ital. .'cemare, diminuer, amoindrir; scemo. anciennement semo, amoindri; piémontais, îemé; bas-latin, semus, mutilé, simare, semare, mutiler; vcmolioetscetno.'io, mutilation ;du latin semis, demi; de sorte que chemer, semer, semar, scemare, c'est proprement réduire à moitié. On remarquera le changement do l's latine en ch ou se.
t CUEMÉKAGE (che-mé-ra-j'), s. m. Terme de droit féodal. Droit d'aînesse en vertu duquel les puî nés tenaient de l'aîné leur portion de fief en hommage
— ÉTYM. Chemier.
t CHEMIER (ohe-mié), s. m. Terme de droit féo dal. l'aîné d'une famille noble qui jouissait du chemérage.
— ÉTYM. Contraction de chef premier.
CHEMIN (che-min), s. m. || 1° Toute voie qu'on
peut parcourir pour aller d'un lieu à un autre. Se détourner de son chemin. Un chemin facile. Enseigner, montrer à quelqu'un son chemin. Hamilton se trouvant sur son chemin.... il le prit dans son carrosse, hamilt. Gramm. 9. Quelque chemin qu'il tienne, il trouve des combats, malu. v, 2. Le reste m'a suivi par un autre chemin, nAC. Baj. v, 8. Prends ton chemin vers Suse, ID. listh. i, l.Les rois d'Assyrie apprirent le chemin :1e la terre sainte, noss. Hist. I, 7. Et si l'envoyé moscovite à Vienne n'avait adroitement fait évader ces malheureux par divers chemins, ils étaient tous livrés i leurs ennemis, VOLT. Charles XII, 3. || Le bon chemin, le chemin qui conduit où l'on veut aller; le mauvais chemin , celui qui n'y conduit pas ; et (igurément , bonne conduite, mauvaise conduite. Qu'il est aimable I qu'il prend un bon chemin! sÉv. B65. Elle crut en avoir assez fait pour le mettre dans le bon chemin, hamilt. Gramm. 4. Elle se peut vanter d'être dans le bon chemin de la convalescence. sÉv.3(8. jj Par voie et par chemin, par tous les chemins qui s'ollVent. Courir par voie et par chemin, aller de tous les côtés, beaucoup courir. L'ambitieux, ou, si l'on veut, l'avare, S'en va par voie et par chemin, la FONT. Fab. VII, (2. Il Le chemin du paradis , un chemin étroit, un défilé où l'on ne va qu'un à un. || Sur les chemins, en route, en voyage. Sur les chemins que l'est-il arrivé? mol. Amph. ii. l. || Être en chemin, aller vers; se mettre en chemin, partir, se rendre k sa destination. Sans oser répUquer, en che-
min se remirent, la font. Fab. iv, 12. le roi est en chemin avec toute son armée, sÉv. )4n. Elle ne peut pas se mettre en chemin, lo. 13. Cette nuit en longueur me .semble sans pareille; Il faut, depuis le temps que je suis en chemin.... moi.. Amph. i, 2. Louise, une fleur à la main, Avec Lisbeth sa douce amie. Un jour s'était mise en chemin, millev. La fleur du souvenir. || Passer son chemin , continuer son chemin. Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez, LA FONT. Fab. III, t. Il Cet homme est toujours par chemin, se dit d'un homme qui est toujours hors de chez lui. Il Tenir le cliemin de, aller vers. Gentilshommes, cavaliers, fantassins qui lo is tenaient le chemin de la cour, anolet. Ligue, l, 240. || Figurément, il tient le chemin de la ruine. {| AbsoJument. Il ne tient point de chemin, il va à travers champs. Il Prendre lecheminue, se diriger vers. L'arméeprit le chemin de l'Italie. Voilà le beau monde qui prend le chemin de nous venir voir, mol. Fréc. ridic. <2. Il Figurément. Prendre le chemin de, tendre à, être sur la voie de. Ne vous souvient-il pas d'un certain mois de septembre que vous trouviez qui ne prenait point le chemin de faire jamais place au mois d'octobre? sÉv. 03. Si ma tante prenait le chemin de languir, je partirais, m. t37. Votre santé prend le chemin de se rétablir, id. 333. 11 prend le chemin d'alior b'en loin, m. 548. M. de Luxembourg prend le chemin de garder sa Flandre , ID. 2 1 0. Nous ne prenons guère le chemin de nous rendre sages, MOL. Impr. 3. || Ouvrir le chemin d'un pays, en procurer l'accès. Ouvrez-rùoi seulement les chemins d'Arménie, CORN. Nie. V, 0. Il F!g. Le chemin est encore ouvert au repentir, uac. Ba]. ii, t. Ce qui ouvre le chemin à toute illusion, boss. Or. lo. Ce qui ouvrait le chemin à l'impénitence, id. Var. ). Il Couper le chemin, intercepter le pa.=sage. Il fait signe aux siens de couper le chemin à Adraste, fén. Tél. XX. Il Fig. À tous nos démêlés coupons chemin de grâce, mol. 1/ù. n. t. Pour couper tout chemin à nous rapatrier, id. le Dép. iv, 4. ||Croi.str le chemin, venirdans un chemin par une traveise; et figurément, faire obstacle, déranger. N'admirez-vous pas la bizarre disposition des choses et de quelle manière elles viennent croiser notre chemin? sév. dans le Dicl. de DociiF.z. || Familièrement. N'y pas aller par quatre chemins, s'expliquer sans détours et sans ménagements. || Trouver une pierre ou des pierres en son chemin, rencontrer des obstacles à ses desseins. Dans un sens analogue : il est bien barbare de trouver ce devoir sur mon chemin, lorsque je suis prête à vous aller voir, sÉv. 4 33. || ;-'ig. et ironiquement. Mener quelqu'un par un chemin où il n'y a pas de pierres, le mener rondement, le traiter durement. || Kig. Il me trouvera en son chemin, ou je le trouverai en mon chemin, je trouverai occasion de le contrecarrer. 11 ne fiisait pas bon se trouver sur son chemin, uamilt. Gramm. 8. || Fig. Je lui ferai voir bien du chemin, c'est-à-dire il n'en est pas avec moi où il en croit être, je lui opposerai des difficultés auxquelles il ne s'attend pas. Il Fig. Prendre le chemin de lécole ou des écoliers, le chemin ou le moyen le pluslong. || Montrer le chemin aux autres, leur donner l'exemple. 11 est ravi de montrer le chemin aux autres, sév. B24. || S'arrêter en beau chemin, à mi-chemin, s'arrêter en voie de succès. De là, ils vont plus avant, et ne le laissent pas en si beau chemin, balz. ""■ dise s. la cour. Ils ne demeurèrent pas en si "oeau chemin, Boss. Var. 3. Ne vous arrêtez pas en si beau chemin, m. Bén. i. Il fajt ne pas porter en soimême une conscience et des scrupules qui vous arrêtent à moitié chemin, staf.l, Allemagne, i, ch. 2. Mœurs. \\ L'afiuire est en bon chemin. || Aller le droit chemin, procéder avec droiture et franchise. Il Aller toujours son chemin, continuer, pour.suivre son affaire, .sans se laisser arrêter ni influencer. J'irai toujours mon chemin, sÉv. 549. Il n'en faut pas moins aller son cliemin en foi , boss. Lelt. abb. 198. || Familièrement. Aller son petit bonhomme de chemin, mener ses an"aires adroitement et sans éclat. || Chemin de carrière, le puits jiar lequel on descend dans une carrière, ou l'ouverture que l'on fait dans une n~.ontagne pour en tirer de la pierre ou du marbre. || Terme de manège. Entamer le chemin, commencer à galoper. Manger le chemin, avancer trop rapidement. |1 2° En particulier, route construite pour aller d'un lieu à un autre. Chemin battu, frayé. Les chemins sont afireui dans ce pays. Il suivait tout pensif le chemin de Mycènes, RAC. Plùd. V, 6. Je vous écrirai des chemins [en route], SÊV. 288. Je vous écrirai par les chemins, ID. 2)5. Je fuyais avec lui le fer des assassins Qui de Rome sanglante inondaient les chemins, volt.
Triuinv. u, 4. || Grand chemin, grande voie da communication. Pour assassiner le monde et pour voler sur les grands chemins, pasc. Récit. || Fig. Suivre le grand chemin, la chemin battu, s'en tenir aux moyens connus, aux usages établis. En quelque lieu qu'il aille, il ne peut jamais aller par le grand chemin, bai.z. le Barbon. Je vais le grand chemin que mon oncle m'apprit, rF.gn!Er, .Ça(. ix. Je me trouve fort bien d'aller mon grand chemin, sRv. 223. Nos pères qui vivaient dans un siècle peu fin. Ne voulaient qu'amour et siraplesse. Et sur le fait de la tendresse Allaient toujours leur grand chemin, lafare. Ballade. || Aller son grand chemin, en parlant d'une chose qui s accomplit sans peine.-.. tels traités allaient leur grand chemin, la pont. Troq. Il Aller son grand chemin, n'entendre point de finesse à ceqii'on fait, àcequ'ondit. || Familièrement. Le grand chemin des vaches, le chemin des vaches, les chemins où l'on va par terre; et figurément, l'usage commun et ordinaire. || Familièrement. Vieux comme les chemins, fort vieux, très-connu. Tout décrépit que vous êtes, on ne dira pas que vou;) êtes vieux comme un clieiT.in, volt. Lelt. Choiseul, 18 mars )708. Puis il faut vous dire que je suis découragé, affligé, malaae, vieux comme un chemin, ID. Lett. d'Argental, 26 sepL 4773. || Chemin de traverse, chemin qui coupe à travers la campagne et s'écarte du grand chemin. || Chemin vicinal, chemin qui sert aux communications de voisina.ge. Il Chemin de déblai ou d'exploitation rurale, chemin qui fait communiquer la ferme aux pièces d'un domaine. || Chemin ferré , chemin formé d'un mélange de cailloux ou d'éclats de pierre et de sable graveleux , et bordé de grosses pierres. Il Chemin de fer, voie formée de deux rails ou bandes de fer parallèles, sur lesquelles roulent des wagons. || Chemin de halage, chemin sur la bord d'un cours d'eau, pour le passage dos chevaux qui baient les bateaux. || Chemin de ronde ou de» rondes, chemin entre le rempart et la muraille d'une plac forte. || Chemin couvert, chemin qui règne sur It bord exiérieur des fossés d'une place et où l'on est à couvert du feu des a.ssiégeants. Il 3° L'espace à parcourir, la distance parcourue. Vous allongez votre chemin. Cette flèche a parcouru beaucoup de chemin. Je te crois pas qu'elle soit encore à moitié chemin de son petit château, IIAMILT. Gramm. 9. Moi (jui suis éloigné de tant de chemin du lieu où je me souhaite , voit. I.rtl. 33. Il Faire du chemin, marcher. Nous fîmes beaucoup de chemin dans la forêt, avant de nous retrouver. Il Faire du chemin, gagner du terrain, avancer, au propre et au figuré. Pendant notre con- \ersation la vriture, le bateau avait fait du chemin. Ses charmes faisaient leur chemin dans le cœur du nù, HAMILT. Gramm. 6. On fait souvent plus de chemin qu'on ne veut, quand on se permet des agaceries, ID. Gramm. 8. L'esprit fait assez de chemin, sKv. 440. Elle vous aime par avance, vous trouverez bien du cliemin de fait, id. 307. Mme de Beauvais avait a.ssuré que je faisais chemin dans son esprit [de la reine], betz, m, 379. Je croyais avoir fait un peu de chemin dans son cœur [d'Atala], chateal'B. Alala, 245. Il En chemin faisant, ou, simplement, chemin faisant, pendant le trajet. Nous devisions chemin faisant. Et fig. Par la même occasion. Je vaisy laisser cette lettre en chemin faisant, st.v. 2)8. Il En chemin, pendant qu'on chemine; et fig. Pendant ce temps-là. Jouis. — Je le ferai. — Mais quand donc? — Dès demain. — Hé! mon ami, la mort te peut prendre en chemin, la font. Fabl. vin, 27. Il En chemin de, en voie de. Il est fort riche et en chemin de le devenir bien davantage. || Faire la moitié du chemin, faire des avances. Assurez-vous que votre frère fera la moitié du chemin, mass. Car. Pardon. Il Tromper le chemin, se désennuyer par quelque chose, tout en cheminant. Eux discourant, pour tromper le chemin. De chose et d'autre, ils tombèrent enfin sur ce qu'on dit de la vertu secrète De certains mots.... la font. Orais. \\ Faire son chemin, parvenir aux emplois, à la fortune; locution des gens de cour, d'après de CaiUières, 1690. Cet homme-là fera son chemin. La cœur me dit que votre bonne fortune a encore beaucoup de chemin et beaucoup d? choses à faire, voit. Lett. ))9. Il a cru mieux faire son chemin par la voie de la magistrature, mass. Car. Vocation. Je ne désespère pas de lui voir faire un chemin digne de son mérite, j.j. bousseau. //fi. ii, 9. Ii Familièrement. Ce chemin va à la ville, on va à la ville parce chemin. Un chemin qui irait au pont serait très-commode. Il Terme de marine. Espace parcouru par le navire, et, quelquefois, vitesse de navire. Ce bâ.timent fait
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hnaucoup de chemin. Noiis avons fait six lieues chemin nonl, c'csl-.V'lire «lu calé du nord. ||4" Fig. Voie, moyen. Et prennent à l'empire un chemin éclalànt, corn. Iléracl. iv, (. Vous vous mettez fort mal au chemin de régner, id. Me. m, i. Mais puisque pour 6ier l'Ksiiagne fi nos tyrans, Nous prenons, vous et moi, des chemins difTiirents. m. Sertnr. H, 2. Et trouvera l'empire un chemin glorieux, ID. lidr. II, 7. Et vous m'avez au crime enseigné le chemin, ID. Cinna, v, 2. Et vois quel est ce digne effort Oui peut mettre ta conscience Au chemin d'une lionne mort, m. Iniit. i, 23, Et le plus sûr chemin pour aller vers les cieux , C'est d'aiïerniir nos p;is sur le mépris du monde, m. ïh. i, (. Éloigna de son fils tous ceux de qui le zèle Pouvait du trône encor lui rouvrir le chemin, bac. Drilan. iv, ï. Par un chemin plus doux Vous lui pourrez plus tôt ramener un époux, in. ib. m, 3. Aricie a trouvé le chemin de son cœur, id. Vhcd. iv, 0. [Oui] Sait si bien découvrir les chemins de mon cœur, lo. lier. IV, 4. r.hildéric, le plus méprisable de tous les princes, lui en ouvrit le chemin [ilii trône], Boss. Uist. I, (I. Croyez-vous que son esprit ail retrouvé le chemin de me plaire? sÉv. 44. 11 voulait s'ouvrir le chemin à la royauté, fên. m.xm. Cette heureuse h.inliesse leur avait ouvert le chemin aux grandes choses, pasc. Pré(. Vide. Il ne s'écartei-a pas clu chemin que tant il'illustres personnages lui ont frayé, patru, Plaidoijer 4, dans iuciielet. La foi est le chemin à l'intelligence, boss. Senn. quinq. t. Il 5° Chemin de velours, chemin sur une pelouse; et figuréme ;t, voie facile, agréable, pour parvenir à quelque chose. Au paradis allant au petit pas. On y parvient, quoi qu'Arnaud nous en die; La volupté, sans cause il l'a bannie; Veut-on monter sur les célestes tours? Cliemm pierreux est grande rêverie: Escoh:irsait un chemin de velours, LA font. Bafiade sur Escvbar. || Tapis long et étroit que l'on étend sur les parquets d'un appartement ou dans les vestibules d'une porte à l'autre. || 6" Terme de dévotion. Chemin de la cioix, suite de tableaux représentant les divers actes de la passion. Sorte de petite procession avec priîires. Livre contenant ces prières. Pratique de dévotion individuelle. || 7"" Le chemin de Saint-Jacques, la voie lactée. || Terme d'hippiatrique. Un cheval montre le chemin de Saint- Jacques cjuand, étant au repos, l'un des membres antérieurs est très en avant de la ligne d'aplomb, de façon qun l'appui se fait sur la pince, et que le talon ne repose pas sur le sol; altitude qui indique de la soufl'rance dans les parties postérieures des membres. || 8° Voûte sous laquelle le verrier met le bois pour chauffer le four. || Voie ou jeu d'une scie. Il Trace d'un diamant sur la meule. || Terme de tonnelier. Solives de sapin dont on se sert pour conduire d'un bateau les tonneaux de vin à tprre. Il 9" Terme de construction. Disposition de règles sur un plafonil ou sur un mur , pour traîner les moulures [| Kspècede filet de plâtre dressé à la règle pour conduire le calibre. || Proverbes. Bonne terre, méchant chemin, c'est-à-dire les bonnes terres qui sont grasses retiennent l'eau. || En tout pays il y a une lieue de méchant chemin, c'esl-à-dire il n'y a point d'affairesoù l'on ne trouve des difficultés. || S chemin battu il ne croît point d'herbe, c'est-à-dire il n'y a pas grand profit à faire dans un trafic connu de tout le monde. ! Tous chemins vont, tout chemin ra6ne à Rome, on peut de diverses manières arriver au même but. Ils s'y prirent tous trois par des routes diverses : Tous chemins vont à Home; ainsi nos concurrents Crurent pouvoir choisir des sentiers différents, la font. Vabl. xii, 27. || Hien dépenser et pou gagner, c'est le chemin de l'hôpital.
— IllST. XI' s. Tant chevauchèrent es veies e chemins, Ch. de Hol. xxx. Veer [voir] povez les granz chemins puldrus, ib. clxxiv. {{ xu" s. Droit vers Espaigne [il] a son chemin tenu, Ronc. p. 88. Et nous repairerons notre chemin antif, Sax. xxiv. Mais ne voleient pas le dreit chemin errer. Th. le mart. 49. Si s'en levèrent tuit ki Adonias i ont mandez; e chascuns tinct sun chemin, Itois, 22G. Il xiii' s. Celui qui celé part la mist ens au chemin, Série , lv. Droit à la mie nuit , au chemin nous metons [mettons-nous], ib. Lxxvii. X tant fet et à tant erre. Qu'il entre en un chemin ferré, Ben. 704. Quant on tailla les quemins, beaum. xxv, 2. Que on gart se cbe doit estre sentiers ou quariere ou voie ou quemins plus grans o pelés quemins royal, id. •xxv, 3. Tant a aie dans Pieres par k)s chemins ferr*»,-. v'ue il vint à Paris, qui est riches cités, Ch. d'.An(. ^TAi. Etleroy si ûst muuU voleuliers, et puis susemist au chemin, jqinv. 2'j». Vint le rov.à jaTec] toiita sa bauille sur uiï chemin leyé, lO. 226.
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Il xiv s. Nulz n'est en bon chemin, que l'on Bien ne desvoie, Cirarl de Itos.s. v. 788. || xv« s. Parlezvous-en et allez vostre chemin chacun en son pays, FROiss. II, m, 8. Tant subliia , visa et imagina IMahieu] qu'il trouva le chemin, ID. Il, ii,'5'j. El disent les Londriens que vous allez le droit chemin pour perdre votre lignage et le royaume d'Angleterre, iD. 111, IV, 03. Di.sant: oyseaulx, je vousvoy en chemin De tout plaisir et joye désirée, en. d'oul. nal. 07. 11 fallut que il s'en retirast le droit chemin vers Ilrotaigne, comm. i, 15. Tant y a de mauvais chemins, ID. ii, tt.ljxvi' s. Durant le chemin, faictes.... MONT. I, 71. Les chemins y cheminent comme animaulx, et [je] vis que les voyaigiers demandoyent, où va ce chemin? bab. Pant. v, 26. Je y recogneu pareillement le vieulx quemin de Peronne à Saint-Quentin, ID. il). Pour la manutention de l'exercice de la religion catholique, nous sommes résolus d'espendre noire sang, à l'e.\emple du chef d'icelle, nostre seigneur Jesus-Clirist, qui nous en a fait le chemin le premier, d'aub. Ilisl. u, 227. Le roy commençoit à se mettre à leur queue, non de si près qu'il peut rompre les chemins aux soldats ou empescher la facilité desestappes.... m. du BELL. i>08. .... Que si Pyrrhus se faschoit de vivre, il avoit assez de chemins ouverts pour aller à la mon, AMYOT, Pijrrh. 71. Il faict bon aller son grand chemin et non tergiverser, brant. Pescayre. Combien avons-nous veu depuis force huguenots s'eslre convertis et faits bons catholiques! Les chemins en rompent, ID. Capil.fr. l. m, p. t72, dans lacurne. Les chemins allans de bonnes villes à autres doivent avoir soixante pieds, et les chemins des viscomties estant es villages et allans de l'un à l'autre doivent avoir trente pieds, Ci'U.stum. génér. t. ii, p. 878. Avec le florin, la langue et le latin. Par tout l'univers l'on trouve le chemin, lerouxdelincy, Prot). t. Il, p. 244.
— ÉTYM. Nivernais, semin; bourguig. chemi ; champenois, eheml ; picard, cnmin; provenç. cami ; espagn. cnmino ; porlug. caminho; liai, camminn; du celtique: kymri, cam, pas; cnmèn, chemin"; bas-breton, kamm, pas; gaél. cam, pas ; irland. ceim, pas.
t CIIEMINEAD (che-mi-nÔ), s. m. Cheminée portative.
— llIST. XV' s. Et renversa les buscbes en la cbeminée sur les cheminaux [chenets], froiss. u, m, ^o.
— ÊTYM. Cheminée.
CHEMINÉE (che-mi-née),ï. f. || 1° Endroit dans une chambre, disposé pour servir de foyer et communiquant avec le dehors par un tuyau qui donne issue à la fumée. Le foyer d'une cheminée. Un feu de cheminée. Cette cheminée fume. Itamoner la cheminée. Il La partie inférieure et antérieure de la cheminée, celle qui est dans la chambre. Cheminée de marbre. Chambranle de cheminée. || La partie supérieure et extérieure, celle qui domine le toit. II fil un grand ventqui aballit plusieurs cheminées. || Cheminée en hotte, celle dont le manteau fort large parle bas et en figure pyramidale est porté en saillie par des corbeaux de pierre. || Cheminée de cuisine, celle qui est avec hotte seulement, et le plus souvent sans jambage. || Cheminée à la prussienne, sorte de cheminée en tôle, qui s'adapte à une clieminée ordinaire et se termine par une espèce de tuyau de poêle caché dans le conduit de la cheminée. || Cheminée à la Uumford, cheminée dans laquelle on fconslruit en briques des plans verticaux qui convergent en se rapprochant du fond de la cheminée, et sont coupés par un plan incliné à l'horizon, qui, partant du manteau, s'abaisse aussi vers le fond de manière à diminuer l'espace ordinairement laissé à l'entrée de l'air dans le tuyau, ce qui active le tirage. || Cheminée à la Lommond, celle où le foyer est enveloppé de tuyaux ou conduits par où passe l'air pris au dehors, lequel s'échaulTe et vient se verser dans la chambre par une bouche de chaleur, j; Fig. et familièrement. C'e.st une cheminée qui me tombe sur la tête, c'est un accident imprévu. Tant de cheminées qui,- pour ainsi dire, m'étaient tombées sur la tête en allant mon chemin, st-sim. 237, IBO. Il Fig. Il faut faire une croix, ou il faut faire la croix à la clieminée, se dit à l'occasion d'un fait qui ne se produit que très-rarement, ou en voyant paraître une personne dans une maison où il y avait longtemps qu'elle n'était venue. Voyez cet avare, il se met en frais; il faut faire une croix à la cheminée. Il Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre au-dessus du foyer. Il Fig. Sons la cheminée, sous le manteau delà cheminée, secrètemwt et satis .suivre les formes ordinaires, locutions prises des grandes cheminées sous
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lesquelles ou sous le manteau desquelles on pouvait se mettre pour causer. Chamillartfit faire la Feuillade maréchal decampsoiisla cheminée, sT-siM. 104, )09. Ces lettres ne pouvaient passer pour contradictoire» et pourjuger, sans entendre les parties, un procès pnndanl entre elles, et un [irocès de telle qualité et entre de telles parties, sous la cheminée, in. 18,209. Il Mariage fait sous la cheminée, mariage secret et sans les formalités ordinaires. On a dit dans le môme sens : un arrêt sous la cheminée. || 2° Tube de verre qui entoure la lumière d'un quinquet, d'une lampe, et jiar où passe la fumée. || Terme d'arquebusier Cheminée d'un fusil, la partie de la batterie d'un fusil à piston où se met la capsule. Ij 3° Terme de marine. Trou carré par où passe un m.M de hune. || 4* Petit vide dans une pièce de métal fondu. Il Trou d'une fosse d'aisances. Ouverture pour le travail des vidangeurs. || Tuyau de plomb ouvert aux deux bouts dans un orgue.
— lllST. xiii* s. Mainte tour, mainte sale et mainte cheminée, Berte, Lxxxii. Une tor Hoonde corne keminée, Fi. et Hl I8II.... Bûches à charretées Por faire feu en cheminées, la liose, 17874. Les iauesensont ensoufrées, Ténébreuses, mal savorées. Comme cheminées fiimans, ib. 0040. ||xiv s. Et qu'il faisoit la char rostir à cheminée, Guesel. 918 La cheminée esloil houssée comme en esiédefraillonsou de aucune chose vert, nFLAiiORDE. Émaux, \). 2 11 . Trois choses sont qui chassent le preudomme hors de sa mai.son, c'est assavoir maison descouverte, cheminée fumeuse et femme rioteu-e, llénagier, i, 7. || jv s. En cei galeries a une cheminée où on fait par usage feu quand le comte y séjourne,... froiss. ii, m, (0. Quant la dame veit que le chevalier n'esloit encore levé, cela dist à sa niepce et aux damoyselles qui les suyvoient : parlons coyement pour ce chevalier qui dort. Et certes, madame, dist la pucelle, c'est bien raison pour ung tel chevalier de cheminée; il deust jà avoir chevauché trois ou quatre lieues pour trouver aucune adventure où il peust exaucer son nom, Percelorrst , t. v, f" 18. || xvi' s. Parcas c'estoit en esté, où l'on avoit mis des branches et feuilles dans la cheminée, ainsi qu'est la coustume de France, de LA HORDE, Émaux, p. 2) 1. Nouvelle cheminée est liientost enfumée, le roux de lincy, Prov. 1. 11, p. 163. En petite cheminée fait on bien grand feu, cotgrave
— ETYM. Ital. caminala, cammwala ; bas-Iat. c«r»niina(a dans un texte de l'an B8i; d'un participe caminii/KS. garni d'un foyer, cam mui. grec xàpiivoç.
t CUE.MIN'EL (che-mi-nèl), s. m. Variété de poire avec la(|iielle on fait du poiré.
t C1IEMINE.MENT (che-mi-ne-raan) , s. m. || I» Action de cheminer. || 2° Terme d'art militaire. Marche progressive des travaux offensifs d'un siège. || Marche comparée des armes ou troupes diverses.
— ÉTYM. Cheminer; bourguig. chemenrman.
CHEMINER (che-mi-né), v. n. || 1° Faire du chemin, surtout en ce sens que le chemin est long, pénible, ou qu'an le parcourt lentement. Ils cheminèrent longtemps ensemble. Voit-on que j'aie besoin de carrosse ou de chaise pour cheminer? MOL. Uar. for 2. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé, L'autre portant l'argent de la gabelle, la font. Fabl. 1, 4.||2° Par extension. Voyez-vous cette main qui par les airs chemine [la main du .semeur qui lance le grain]? la font. Fabl. i, 8. Au détour d'une eau qui chemine  Ilots purs, SONS de frais lilas. Vous avez vu notre chaumine. bé- B ANC. 7/ irond. Toute nuit en fin se termine; La mienne seule a ce destin Que d'autant plus qu'elle chemine, Moins elle approche du matin, malh. v, 5. Je vis les montagnes abaissées au-dessous de moi ; je vis les vents et les nuées cheminer dessous mes pieds, voit. Leit. 9. Il 3" Fig. Voyez dans quel sentier la vertu chemine, doublement à l'étroit et par ellemême et par l'effort de ceux qui la persécutent, BOSS. Reine d'Anglet. Celui qui le saurait, l'empêcherait de cheminei [faire sa fortune], la bbly. vui. Médina Sidonia était de ces hommes à qui il ne manque rien pour cheminer et arriver dans les cours, FT-siM. 81, 49. Il Cheminer droit, ne point tomber en faute. || L'affaire chemine, va son train. Cela chemine bien. || En parlant d'un ouvrage d'esprit. Ce poème chemine hien, les diverses parties sont bien disposées, liées habilement. C'est un style juste et court, qui chemine et qui plaît au souverain degré, sév. <25. || 4° Terme de guerre. S'avancer vers une place assiégée, en parlant des mineurs qui travaillent sous terre, ou de l'artiUerie et du génie
qui poussent en avant leurs travaux, ,,
,..r^ lIlST, xu* s. C.berainaiiz.i^passereat e ïirentli» cors jesir à terre, «ei«, 289. || xiii' s. [Us] Tant yon»
CHE
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et tant chemineiit sans longue demorée.... Berte, Civ. Renarl pient congié, si s'en part, Si chemine lOt un essart, Ren. 240(i8. l'roié li a qu'ele li die De lui et de sa compaignie, Quel part il voudront cheminer, RL'TEB. II, 109. Il XIV' S. J'aime une (1. ur qui s'euvre et qui s'encline Vers le soleil, de jour quant il chemine, maciiault, p. )23. || xv* s. Et tant chemina par ses journées que elle s'en vint à Paris, FROiss. i, i . b. || xvi' s. Ainsi comme ilz cheminoient à grands pas, à travers la plaine, vers.... AMYOT, Arist. 43. L'homme ne sçait ny cheminer, ny parler, ny manger, ny rien que pleurer, sans apprentissage, mont, ii, tGl.
— Rtyh. Chemin; hourguign. chemené; provenç. et espagn. caminar; porlug. caminhar; ital. camminarn.
CHEMISE (che-mi-z') , s. f.\\l° Vêtement de linge qu'on porte sur la peau. Chemise de toile, de calicot. Le corps de la chemise, la partie qui couvre le corps. Le devant de la chemise, la partie antérieure du corps de la chemise. Un devant de chemise, la partie de la chemi.se qui couvre la poitrine, qui se voit et qui est ornée. || Être en chemise, être sans habit. Le matin en chemise il surprit les tranchées, Régnier, Épit. i. De se voir tramé en chemise par les vaincus, hamilton, Gramm. 6. On l'a menée nue, en chemise et la corde au col, sÉv. 290. Kn chemise, à la croisée, II lui faut tendre ses lacs, bébang. Fri'Hll. || La chemise d'Hercule, don funeste , locution prise de la mythologie et de la chemise du centaure Nessus qui, donnée à Hercule, le fil périr. Accorder ce présent à l'ardeur qui vous brûle. Ce serait vous donner la chemise d'Hercule, mair. Sopkon. iv, 5. Il Chemise ardente, chemise enduite de soufre qu'on mettait aux personnes condamnées à périr sur un bûcher. || Familiùrement. Pontchartrain avait quitté le commerce du ptre de la Tour, comme une chemise sale, et n'en avait pas ouï parler depuis, stsiM. 305, 242. || Fig. N'avoir pas de cherai.se, manquer de tout. Il Jouer, manger, vendre, engager, donner jusqu'à sa chemise, c'esl-à-dire tout ce qu'on a. Laissez faire; ils ne sont pas au bout; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout, bac. Plaid, i, 7. Il Mettre quelqu'un en chemise, le ruiner. Lorsqu'il ne tient qu'à lui qu'il ne mette en chemise ses petits voisins, balz. le Prince, cb. vi. Il Fig. Cacher quelqu'un ou quelque chose entre la peau et la chemise, faire tout pour mettre en sûreté quelqu'un ou quelque chose. On dit aussi : Je le moitrai dans ma chemise. |{ Familièrement. Changer de. etc. comme de chemise, changer queliju'un ou quelque chose très-souvent. 11 change de doniestitpies comme de chemise. Ah! que j'ai de dépit que la loi n'autorise X changer de mari comme on fait de chemise, mol. Sf/an. 5. 1| Demi-chemise, vêtement de toile à une seule manche dont certains verriers se servent pendant leur travail. || Cliemise de laine, vêlement de laine qu'on porte sur la peau ou qu'on met pour aller se baigner. 1 2° Chemise de maille, cotte formée il'annelets d'acier. || 3" Enveloppe de loile, de papier, etc. dont on se sert [lour serrer certains objeis. On met ies dossiers dans des chemises. || La chemise d'une balle de soie, la toile qui enveloppe imméiliatement la soie. || 4° Terme île botani(]ue. Portion desenvelnppes lloralesqui accompagnent le fruit à sa maturité, jj 6° Terme de jardinage. Couverture de litière épaisse de0",08 à o-,lo, qu'on met sur les meules de champignons pour les garantir de l'action des agents extérieurs. || 6° Terme de fauconnerie. Le duvet de l'oiseau. || 7° Terme de marine. Toiles ou nattes dont on tapisse la cale d'un navire qu'on charge en grenier. |{ Terme d'argot maritime. Compter ses chemises, vomir parl'effet du mal de mer. |1 Chemises à feu, pièces de loile trempées dans une composition de pétrole , de camphre et d'autres malières combustibles, dont on se servait, sur mer. pour brûler les vaisseaux ennemis, en les y atlachant et y mettant le feu. {| 8° Terme de construction. Maçonnerie qui enveloppe une conduite de poterie. |{ Muraille en briques au pourtour des calorifères. || ferme de fortification. Mur' dont un rempart ou un bastion est revêtu, pour soutenir les terres. || 9° Terme de maçonnerie. Crépi, revêtement. Il Terme de sculpture. La couche de potée formant la chape d'un moule. || 10° Partie inférieure du fourneau où fond le minerai. || Canon de fusil ébauché. Il Calotte pour revêtir la couronne d'un four de verrier. || 11° Terme de lapidaire. Petite croûte blanchâtre qui enveloppe diverses pierres. || 12° Chemise de clairon, de cornet, de trompette, partie opposée au pavillon , prolongement rectiligne de l'enroulejnent. || 13* Lettres en chemise ou à la duchesse,
espèce d'écriture où les pleins tiennent la place des déliés et vice versa. || 14° Jeu d'hombre. Prendre une chemise blanche, écarter ses neuf cartes pour en prendre d'autres. || Proverbes. La peau est plus proche que la chemise, c'est-à-dire les intérêts personnels sont plus forts que les autres. On dit dans le même sens : La chemise est plus proche que le pourpoint. || Entre la chair et la chemise, il faut cacher le bien qu'on fait, c'est-à-dire il faut faire le bien sans le faire paraître.
— IIIST. xii* s. F.lle ot chemise de soin d'Aumarie, Ronc. p. 160. Sa chemise qu' [il] ot vestuc, [il] M'envoia pour embrasser, Couci, Dame de Faicl. Dame Alaïs corut aparillier Cliemise el braies et espérons d'ormier [pur] Et riche ermine depaile de quartier, Ilaoul deC. 14». || xiu* s. Vestn [elle] ot un bliaut par desus sa chemise, Uerte, xxxi. La vieille de paour trembloil sous sa chemise, t'6. Lxxvi. Lasse! pourquoi ne crevé mes cuers [cœur] sous ma chemise? ib. c. Comment Amors très bien souef [doucement] Ferma d'une petite clef Le cuer de l'amant, par tel guise Ou'il n'entama point la chemise, la Rose, 2008." Il demore, quant il est desarmés, en pure sa quemise, bealm. lxiv, 2. Li un vestent coutelle grise, Et li autre vont sans chemise, ruteb. 158. Ele veut avoir gent legiere En son servise. Une eure en cote, autre en chemise, ID. 31. Le clerc s'en ala en pure sa chemise en son hostel, jomv. 200. Comme la chemi.se est plus près du cors que nul autre vestement, m. 2(i0. || xiv« s. Ung bon messel, couvert d'une chemise de drap de damas blanc semé de marguerites, laborhe. Émaux, p. 213. Unes chroniques de France, à deux fermoirs d'argent dorez, et ont une chemise de soye à queue, m. ib. p. 232. Un livre à une chemise de soie longue, nommé le liacional de l'Eglise, au fermoir d'argent esmailé, gilles mallet. Inventaire des livres de la bibliothèque du Louvre, p. 44. Un livre à une chemise blanche de soie, à deux fermoers d'argent, m. ib. Mais ma chemise m'est plus [irez certainement Que ma cote ne fait.... Gnescl. (7227. Mais je le veil dire et aprendre i.'ue, pour resprendre ta chemise, Ne mes ton héritage en mise, maciiault, p. (09. Il XV" s. Tout deshoutonné, en une simple cote et sa chemise, froiss. 11, 11, 30. Tant de.spcndon, que on n'a chemise, vill. Bail. \\ xvi' s. Les blasphèmes contre Dieu, les querelles contre les amis, les jeux jusques à la chemise, et les ordes amours des femmes impudiques, langue, )I9. Il fait toujours le brave au commencement, et puis se couêfe de sa chemise, b'aub. Fœn. m, 6. La pluspart esloignez de .sa présence après y avoir mangé jusques à la chemise, ID. Ilisl.m, 291. Ne voit-on pas la jeunesse de ce' temps porter le linon empesé au colet et aux poignets, bien que le corps de la chemise soit de grosse toile et pourrie? ID. Ccnf. 11, 6. Ta chemise ne sache ta guise, gênin, Recréai, t. 11, p. 250. Il m'en souvient aussi peu que de ma première chemise, oldin. Oni|ues d'esloupes bonne chemise, LEROUX de li.ncy , Prov. t. Il, p. 103. Et si les garenliroit de lous dangers belliques cpii peuvent survenir au corps, en lui baillant la chemise de nécessité qu'on a accoutumé veslir quand on va à la guerre, laquelle est faille de lin filé la nuit de Noël par des filles chastes au nom ilu diable, bouchet, .Serées, liv. m, p. 25, dans lacubne. Le roi François ne faillit point. Quand il prédit que ceux de Guise Metlroieiit ses enfants en pourpoint Et tous ses sujets en chemise, Sut. Ménipp. Harangue de il. d'Auhray.
— KTVM. Bourg, cheminse, chaiminge ; picard, kemise ; provenç. et espagn. camisa ; porlug. camiza; ital. cainicia, caiiiiscia; lat. camisia, dans St-.lérôme; c'est le plus ancien exemple de ce mot, qui parait signifier un vêtement en usage dans les camps, et avoir été un mot du langage populaire (vnio pro legentis facilitate abuti sermone vulgato; soient mililantes habere lineas, quas camisias vocant). L'ancien haut-allemand fournit hamidi, hetnidi, chemise, où i'h pourrait se changer en c, mais qui n'explique pas le suffixe isia. Ce suflixe n'est pas non plus expliqué par Isidore qui tire camisia, de cama, lit. L'ancien français, à côté de chemise, a chainse, étoile de lin, italien cdmice, qui suppose un radical cam; ce radical pourrait se trouver soit dans le celtique ( kymri camse, long vêtement, ancien gaéllipie cot'mùs, génitif caimie, chemise; mais le celtique ne paraît avoir aucune racine pour ces mots), soit dans l'arabe qdmiç, vêtement de dessous, mot qui se trouve déjà dans le Coran, mais pour lequel l'arabe non plus ne fournit point de racine. La conclusion de cette discussion empruntée à Diez est que les langues romanes ont
eu un radical cam, et une forme camit, d'oii la forme adjeclive camisia; et qu'on ne sait à quelle langue rattacher cam ou camis.
t CUEMISER (che-mi-zé), v. a. Terme de laboratoire. Garnir une cornue d'un enduit préservateur.
— ETYM. Chemise.
t CIIE.MISERIE (che-mi-ze-rie) , ». f. Magasin de chemises.
— ÈTYM. Chemise.
CIIE.MlSETrfi (che-mi-zè-f), s. f. || !• Partie antérieure et supérieure d'un corps de chemise qui se met sur la chemise même. Les hommes mettent quelquefois des chemiseltes quand ils ne veulent pag mettre une chemise blanche. || 2° Petit corsage décolleté en tbrme de chemise, brodé el garni ou plissé, que les femmes mettent en dessous de leurs corsages ouverts ou décolletés, et qui dépas.se un peu la robe.
— liiST. XV* s. Pour faire unes chemisectes aux petites heuresduroy, DE LAiiOBDE,^mai(i, 2<i. Ung petit messel, couvert de cuir rouge, garni d'une chemisette de chevrolin rouge, du cange, camisa.
— ÉTVM. Diminutif de c/icmi'se; bourg, chemisôte. + aiEMISlKK, lÈKE (che-mi-zié, ziè-r'), s. m.
el f. Celui, celle qui fait ou qui vend des chemises.
— ÉTVM. Chemise.
t CIIÉJIO.SIS (ké-mô-zis'), s. m. Terme de médecine, liourrelet IrJs-élevé el rouge que foraie la conjonctive, dans certaines ophthalmies accompagnées d'un afdux considérable dans le tissu cellulaire sous-muqueux.
— trVM. Xr||xii)iji;, de yT,\iri, trou, à cause que, dans ces cas, la cornée paraît comme au fond d'un trou.
CHÊNAIE (chê-nê), s. f. Lieu planté de chênes.
— IIIST. xvi° s. Voianl les belles chesnaies d'un costé: <le l'autre les ohasteneraies , les ormaies....
— ETVM. Chêne; Berry, chdgnaie.
CHENAL (che-nal) , s. m. || 1° Passage pratiqué dans une rivière ou à l'entrée d'un port. Un chenal profond. Des chenaux élruits. {{ 2° Courant d'eau pour le service d'un moulin, d'une usine. || 3° Courant d'eau bordé de terre, soit naturellement, soit par le travail de l'art, où les vaisseaux peuvent passer. || Pas.sage entre des rochers, des bancs, des terres. I! 4° Canal le long d'un toit conduisant les eaux d'une gouttière. Dans ce sens on dit mieux chéneau.
— IIIST. XII" S. Alsi com les aiwes en lur chenals, Job, 470. Il XIII" s. Avient ainsi que il [le deuve] vient tout en un ch.nnel jusques en Egypte, joinv. 219. Il XIV" s. Et crut si la rivière par droite force vive. Qu'elle issit du chenel, n'y oui si haule rive, Cirart de Ross. v. 3925. || xvi" s. Les goutieres alloyent jusques en terre, ou finoyent en giandz eschenaulx, qui tous conduisoicnl en la rivière par dessoubz le logiz, rab. Car. i, 53. Cesie langue do terre, environnée par tout de la mer et des achenaulx, d'aub. Ilisl. ii, 297. Et s'estant fan passer l'acbenal par intelligence qu'il avoit au pais, id. ib. II, 298. Ce qui pouvoil venir en la ville (lar les achenaux et marais de ce costé là jusques à la mer, id. ib. 11, 437.
— ÊTYM. Forme ancienne de canal {voy. ce mot); génev. chenà; wallon, chcnd; angl. channel,
fCIIENALER (che-na-lé), l'.n. Terme de marine. Chorclier un chenal, suivre les sinuosités d'un chenal.
CHENAPAN (che-na-pan), s. m. Vaurien, bandilî C'est un vrai chenapan.
— ETVM. Allem. Sc/ifM»;)p/ia/m, de fc/inappen, attraper, et llahn, coq.
t CnEN.\RD (cJie-nar), s. m. Un des noms vulgaires ducliéncvis.
— HIST. XVI" s. Au lieu du bon froment est sorty la nielle. Chardons pour artichaui, chenarde pour safran, rons. 747.
— ETYM. Le radical paraît être le même que dam chèneris.
t CHENA 'VAUD (che-na-Tar) , s. m. Sorte de feutre grossier.
CHÊNE (chê-n"), s. m. || l'Arbre de la famille des aroeniacées, qui produit le gland. Le chêne craint le voisinage des pins, des s.ipins, des hêtres, et de lous les arbres qui poussent de grosses racines dans la profondeur du sol, bukfon, Exp. sur les vigi'l. 2" mém. Le chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature; Un roiielet pour vous est un pesant fardeau, la font. Fables^ t, 22. Il Chêne vert, yeuse, variété de chêne qui conserve ses feuilles en toute saison. || Chêne rouvre, autre variété très-grande {ijui-rcus robur). \\ Famdièrement.
CIIE
Payer en feuilles de chêne , payer en effets sans valeur. || Pomme de chêne, voy. noix de galle. Il 11 .se porte, il est fort comme un chêne, se dit d'une santé très-robuste. || Kig. L'Académie, moins hardie oiie nos grands écrivains, ou, si l'on veut, plus timide en mas.se que dans chacun de ses meinhres, n'avait-elle pas trop restreint les richesses de notre langue, trop ébranclié le vieux chêne gaulois? vii.lemain, Pn'f. du Dict. clel'Acad. <8.16. Il 2° Le bois de chêne travaillé. Un buffet de chêne. || Le bois de chêne à hrùler. Je ne brûle (pie du chêne. || 3° Chènc-saule, arbre d'Amérique. Les chênes-saules dont la riviùre était bordée y répandaient l'ombre, ciiatkalbii. Atnér- u, (37. || Petit chêne, un des noms vulgaires de la germandrée. Ij 4° Tei me d'astronomie. Chêne de Charles 11, petite constellation méridionale. || Proverbes, l'etit homme abat grand chêne, c'est-à-dire une force petite mais intelligente vient à bout de grandes choses. || On n'abat pas un chêne du premier coup.
— IllST. XII' s. Cume li ir.uls vint suz [sous] un grand chaigne e ki mnlt ont branches, une des branches aerst Absalon par la tresce, Rois, tSG. Il xiii" s. Li pors li vint gole baée, Et li chevaliers tint s'espée; X un chesne s'est afichié, iien. 22507. Il XIV' s. L'amour d'une pucelle n'est pas si tost gaingnie; Au premier cop li kaisnos, che dist-on, ne kiet [tombe] mie, Baud.de Seb. y, 666. ||xvi's. Les autres meirent à l'entour de leurs testes des chapeaux de branches de chesne, amyot, Pyrrhus, 23. Et jusques à mon temps encore monstroit on un vieil chesne, que ceulx du pals appeloient communément le chesne d'Alexandre, iD. Alex. i'i. Le nom de chesne a esté particulièrement donné au quercus, estant le robur appelle roure, et l'ilex l'yeuse. L'yeuse est aussi a[ipellé en France chesnevert, 0. DE SERRES, 794 et 7U.'). Il Proverbes. Petit hommeabbatbienun grand chesne, et douce paroUe grand ire, Gabriel meurier. Trésor de sentences dorées, dans leeoux de lincy, t. I, p. 62. D'un petit gland sourd [sort] un grand chesne, leroux de LlNCY, ib.
— ÉTYM. Berry et saintongeois, chdgne; picard, quéne, caine ; iierry, r.haiyne ; provenç. casser; bas-lat. cainus. Casnus est dans des textes du ix* siècle, c'est la plus ancienne forme que nous connaissions; le provençal ca.sser est pour ca.vne ,-et les formes de la langue d'oïl répondent aussi à casnus. Mais d'où vient casnus? Diez le tire d'un adjectif quercinus , de quercus, chêne, attesté par l'italien qrucrctno, contracté en querçnus, à'où casnus, cUine, qite étant changé en ca ou t/m comme- dans casnm, chascun, de quisque-unus. Vs qui est dans casnus, la plus ancienne forme. écarte l'étyinologie celtique par tann, chêne, qui, p'ononcé chnnn, aurait donné cMne ; mais il n'est pas impossible que le celtique ail agi pour s'assimiler le mot originairement latin et pour lui donner la forme singulière qu'il a prise.
CIlP.NEAU (chê-nô), s. m. Jeune chêne.
— HIST. XVI" s. Romulus couppa un beau grand et droit chesneau, et l'accoustra en forme de trophée, AMYOT, Rom. 25. Ccux qui entenl des pommiers, poiriers, pruniers, sur djs cbesneaux, ormeaux, G. DESEllRES, li57.
— KTYM. Diminutif de chêne.
CnÉNEAU (che-nô), s. m. Sorte de canal en bois ou en plomb, portant à la gouttière les eaux du toit.
— REM. L'Académie écrit chéneau avec un accent aigu; mais cet accent n'est justifié ni par l'étymologie puisque chéneau n'est qu'une forme de chenal, ni pat la prononciation usuelle des hommes de métier.
— HIST. XVI» s. Dedans le bout d'iceluy bois j'emmancherai une autre pièce de chenelle ou autre bois percé; et pour soustenir les dites chenelles.... pa-