‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 378 sur 504 · I.ISSY · texte numérisé non relu

I.ISSY

— ÉTYM. Forme dialectique de ch-enal; Cerry , échenct, échinai.

t CIlP.NK-MABIN (chê-ne-ma-rin), s. m. Terme de botanique. Le ficoïde vésiculeux et plusieurs de SOS variétés. || Au plur. Des chênes-marins.

CUENKT (cbe-nè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l'î se lie : les che-nè-z et les pincettes ; chenets rime avec traits, succès, jamais, etc.), s. m. 111° Ustensile de cheminée, pour tenir le bois soulevé dans le foyer. Ler. pieds sur les chenets étendus sans façon, regnahd. Joueur, ii, 4. Faisons comme un tison qu'on heurte au dur chenet F.tinceler la vie, v. hugo, Crép. 33. |l Fig. et famil.èromem. Avoir les pieds sur les chenets, ne »e donner aucune peine, vivre commodément.

CHÉ

Il 2° Terme de marine, machine de fer qui sert à donner le pli aux bordages que l'on chauffe.

— HIST. XIV* s. Pour quatre paires de chenetz de fer pour les chambres de la royne, de laborde, limaux, p. 2H. Un landier ou chienet, etungreil de fer, DUCANRE, chenetus. Audoin a receu dampnablement un chiennez pour mettre en cheminée d'un des commissaires du chastelet,io. ib. Jehan feri ledit .Simon d'un queminel appelé chienet sur la teste, à saiic et à plaie, in.ib. || xv s. Pierre Labbé print en la cheminée un chiennet ou cheminel tout ardant, DU CANOË, chiminale. Icelluy lilonibl dist au suppliant moult arrogammant et par grant aïr que s'il en parloit planté [beaucoup], qu'il \e getteroit sur les chiennez, nj cangk, plenitudo. Une paire de chiennetz do fer, pesant chacun cinquante livres,

DE LARORDE, ÉniOUZ . p. 2(2.

— ÉTYM. Chien; mot à mot petit chien, à cause d'une assimilation avec un chien couché sur le ventre. Les Allemands nomment le chenet un bouc, Feuerbnck.

t CIIEnetkaD (chê-ne-tô), s. m. ferme d'eaux et forêis. Jeune chêne.

— HIST. XVI' S. Desur deux chesneteaux je gravay.... nONS. 745.

— ÉTYM. Diminutif de chêne.

-f CIIENETTE (che-nè-t'), s. f. Terme d'imprimerie. Petile gouttière autour d'une presse.

— ÉTYM, Chéneau.

j CIlÊNETTE (chê-nè-f), s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire delà germandrée officinale (teucrium chamœdrijs, L), dite aussi petit chêne des boutiques, ou, simplement, petit chêne.

— ÉTYM. Diminutif de chêne.

t CIIÊN'EVEAU (chè-ne-vô), s. m. Terme de pêohe. Sorte de filet.

CIlÈiVEVIÈRE ( chè-ne-viê-r' ) , s. f. Terrain semé de chènevis, où croît le chanvre. Quand la chènevière fut verte. L'hirondelle leur dit : Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain. Ou soyez sûrs de votre perle, la font. Fabl. i, 8. Il Epouvantai! à chènevière, mannequin pour éloigner les oiseaux; et figurément, personne difforme et ridiculement accoutrée. |i Ce n'est qu'un épouvantail à chènevière, se dit d'une personne ou d'une chose dont on veut nous faire peur et que nous regardons comme plus redoutable en apparence qu'en réalité.

— HIST. XV* S. Et ce n'est.... Qu'un espoventail de chènevière. Que le vent a cy abatu, villon, Archer de Bagnolet. \\ xvi* s. C'est en la valée de Garonne que j'ai veu le plus de chenevieres, et les plus grandes qui se trouvent ailleurs, d'aud. Fœn. m, 4 5. Ils servirent, pour le moins, tant que la journée dura, d'epouvantail de chènevière, carl. i, 41. A la façon qu'en hyver on cultive les chavenieres en Berri , o. de serres, t09. Toute la chènevière ne se descharge à la fois, y restant le maslo après la femelle, m. 731. Chanvriere, id. 732. Et veux qu'Amour d'un petit De liu ou de chènevière [chanvre] Trousse au fianc sa robe légère. Et my nud me verse du vin, roms. 4(fi. Ces mines fieres et tyranniques d'un homme qui n'a plus de sang ny au cœur ny aux veines, vrais espovantails de chènevière,

— ÉTYM. Génev. chenevier ; picard, canvriere; norm. canivière; c'est la canivièr' au diable, c'est une chose embrouillée; Berry, chemière, chéncbère; de cannabaria, terre plantée de chanvre, de cannahis, chanvre (voy. chanvre).

CHÈNEVIS (chè-ne-vi ; l'i se lie dans le parler soutenu : le chè-ne-vi-z et les oiseaux), s. m. La graine du chanvre.

— HIST. xiii" s. Quiconques est huiliers à Paris, il puet faire huile de olives, de amandes, de nois, de chènevis et de pavoz, Liv. des met. (59. Chanevuis en charrete doit deux deniers, ib. 283. Sire Renart, mien escient. Moult drue chanvre i croistroit. Qui [cui] chanevis i semeroit, Ren. (9822. Il xiv s. Les petis oiseaulx sont peus de chènevis, qui est chault et sec, ilénagier, ii, 5. || xvi' s. Le chenevoi s'eschauffe soi-mesme, dont on tire un proverbe assez commun, d'aud. fœn. m, -15. Huile de channevy, paré, xxv, 24. La graine de chenevy est de piande efficace à eschauffer les poules, o. de SERRES, 354. Le chenevi qui est la graine du chanvre,

— ÉTYM. Berry, chenebou, cheneveu, chénoué, chenoui<; génev. chenevar; d'un mot cannabisum, cannabosum, de cannabis, chanvre (voy. ckanvre).

CUÈNEVOTTE (chê-ne-vo-f) , $. f. Brin do chanvre dépouille de l'écorce. Je tirais avec le pied des chènevottes de mes voisins poiir grossir mon tas,

CIIË

1. >. Rouss. Hél. v, 7. Il Fig. J'en fais autant d'état comme de chènevottes, bégnier, Sat. xi.

--HIST. xv's. D'estrain et de chenevotte Se chauf. foit tous les yvers, basselin, 44. A petit feu de chènevottes Tost allumées, tost estaintes, villon, Rcqrels de la belle lleaulmyere. || xvi« s. C'est une peinture assez expresse de l'estat où on laisse la chenevotle avant de la donner au feu, d'aub. fœn. III, (5. Le charbon de saule ou de chènevottes, paré, IX, 2' duc.

— ÉTYM. Diminutif de chanvre, par un intermédiaire tel que chènevis; bourguig. cheneveuille, Berry. cl emenolle, chamenolle, chomenelle.

CUiîXEVOTTER (chô-iie-vo-té),r. n. Terme d'agriculture. Pousser des rameaux trop minces, minces comme la chenevotte, en parlant d'un végétal.

— ÉTYM. Chenevotle.

] CIlf.MCE (ké-ni-s'), *. f. Terme d'anliooité grecque. Sorte de mesure de capacité valant 4 '",08.

— ÉTYM. XoTviÇ.

t CIIKXIER (chê-nié), s. m. Terme de botanique.

Champignon de chêne.

— ÉTYM. Chêne.

CHENIL (che-iji; VI ne se lie jamais; Vs se lie: des che-ni-z infecis), s. m. || 1° Lieu où l'on renferme les chiens d'une meute. || 2" Par extension, bâtiment où sont logés les officiers et les équipages de chasse. M. de Mantoue alla voir les écuries el le chenil de Versailles, st-sim. (33, 218. || 3° Par dénigrement, logement sale et mal tenu. Quel chenil 1 C'est un vrai chenil.

— h:st. xvi* s. Il n'appartient à nul de nommer chenil le lieu où il met ses chiens qu'à celuy qui a meulte de chiens royale, qui peuvent prendre les cerfs en tous temps sans autre ayde que de leurs chiens, chaules ix, De la chasse, p. 62, dans la-

CURNE

— éTY'M. Wallon, chinis; de canile, de canis (voy. chien).

CHENILLE (che-ni-ir. Il mouillées, et non cheni-ye), s. f.\\ 1° Larve des lépidoptères ou papillons. Il Fig. Une chenille, une méchante chenille, un misérable qui se plaît à mal faire. ]| lître laid comme une cl.enille, être d'une extrême laideur. Cessez donc, vieille clieniUe, Au travers de votre grille, D'épouvanter les passants , Chansons joyeuses. Il 2" Sorte de passementerie veloutée en soie. X irîsbon marché je m'habille, Et, moyennant quelque aune de chenille, Je fais d'un vieux iJroguet, que je tourne à l'envers. Du velours ciselé pour porter les hivers, Pompon à Babiole, dans richelet. || Ancienneme.nt, étoffe pareille à cette sorte de pa.ssementerie. Des robes de chenilles veloutées, sÉv. 3(4. Vendre aux dames des rubans, de la chenille, 3. 1. Bouss. Ém. m. \\ 3° Autrefois , un habillement négligé que les hommes portaient avant de faire leur toilette. Lorsqu'il me rendit visite, j'étais encore en chenille. || 4" Dans le costumemilitaire, chenille de casque, crinière non fiottanteet à poil court.

— HIST. xiv* s. Se les chenilles menguent tes choulx, quant il plouvera, semé de la cendre par dessus les choulx, et les chenilles mourront, ilénagier, II, ?. Aussi doit l'en donner aux petis oiseaulx chenilles.... ib. n , 6. |j xvi* s. Les bestes venimeuses sont canthaiides, buprestes, chenilles de pin, sangsues, et infinité d'autres, paré, xxiii, 9.

— ÉTYM. Picard, queneille; Berry, ccnille; provenç. canilha, dons guessahd , Gramm. provenç. 2* éd. p. 63; de canicula, pelite chienne, par comparaison avec un chien, comme en Normandie la chenille est dite, par comparaison avec un chat, chatte pelouse, c'est-à-dire châtie poilue.

f CUENILLÈBE (clie-ni-llè-i', U mouillées), s. f. Nid de chenilles; lieu infesté de chenilles. || Fig. En ce peu de mots il y a une chenillère d'ignorances el d'impertinences , garasse , Recherche des recherches , p. 618, dans LACURNE.

— ÉTYM. Chenille.

CHENH.LETTE (ohe-ni-Uè-t', H mouillées, et non che-ni-yè l'), s. f. Terme de botanique. Plante légumineuse, ainsi nommée parce qu'elle produit une gousse roulée sur elle-même; c'est le nom vulgaire de la scorpiure.

— ÉTYM. Diminutif de chenille.

tCHÉXISQUE (ké-ni-sk'), s. m. || 1» Terme d'antiquité grecijue. Bec de navire en forme de col d'oie. Il 2" lerœe de zoologie. Nom d'un oiseau du genre bernaclie.

— ÉTYM. XrivCd-to;, diminutif de x'i'», oie.

-j- CHËNON (chê-non), s. m. Terme de construction. Vitrage dont lou'es les pièces paraissent liées comme les anneaux d'une chaîne.

— ÉTYM. Chaine.

CIIE

t CHÉNOPODE (k6-no-po-(l') , s. m. Terme Je botanique. Genre de plantes qu'on a|ipelle vulgairement ansennes ou pattes d'oie {chenopoditim anthdminticum, L.; chenopodium bonus-Henricus, L; clienopodium botrys, L, etc.).

— tTYM. Xr,v. oie, etnoC;, roôô;, pied.

I CHÉXOPOnÊE (ké-no-po-dée), s. f. Terme de botanique. Les cliénopodées, famille de plantes dont le chénoiiode fi.st le type.

— ÊTYM. Chdnopode.

i CIIKNOPODIACÉE (ké-no-po-di-a-sée), ou CHÉ- NOP01)lf:E(ké-no-po-di-ée), s. f. Terme de botanique. Synonyme de chénopodée.

— ÈTY.M. Voy. CIIÉNOPODE.

CIIEXU, UE (che-nu, nue), adj.\\i° Tout blanc devieillbsse. Une tête chenue. Hommes, enfants, les personnes chenues Lamentent pêle-mêle aux places et au.v rues, gaun. il. Ant. iv. Pour moi, je cède au temps, et ma tête chenue M'apprend qu'il faut quitter les hommes e*. le jour, mainakd, dansiuciiiî- LET. Ce vieillard chenu qui s'avance. Le temps dont je subis les lois, volt. Ép. XLV. La vieillesse.... Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue, boil. Épll. X. Vos ans chenus, garn. les Juhes, m. (I 2° Fig. Couvert de i.eige. Quoique les Alpes chenues Les couvrent de toutes parts, malii. ii, 2. Montagnes.... Dessus vos têtes chenues. Je cueille au-dessus des nues Toutes les fleurs du printemps, FÉN. XXI, 289. jSuperbes monts] Vous qui sur vos cimes chenues Voyez, dans le vague des airs. Les tonnerres et les éclairs, godeaij. Poésies, ps. l'i», dans picnELET. Il 3° Par analogie. Il ne va point fouiller aux terres inconnues, X la merc' des vents et des ondes chenues, racan. Pastorales. Qui compterait plutôt les arènes menues Que baigne l'Océan de ses vagues chenues , godeau , Poés. Égl. v. Il 4° Arbre chenu, arbre dont la cime est dépouillée. Il 5° Fig. Hors il'usage. Les mêmes choses avaient besoin d'être récrites dans le français nouveau qui devenait bien vite vieux et chenu, villemain, Préf. du Dict. de VAcad. IS35. |16° Dans le langage populaire, chenu sedilpoûr excellent, fort, riche, à cause que ce qui est vieux s'est amélioré. Voilà du vin qui est chenu. Cet emploi est ancien dans Paris, Leroux en parle dans son Vicl. comique. Il bubstanlivement. C'est du chenu.

— HlST. XI» s. I'".t Blancandrijis i vint au canupeil, Ch. de Roi. xxxvii. De Oharlemagne qui est canuz et vielz, ib. xl. Fiers est Ii reis à la barbe canuo, ih. ccLxvii. il xii« s. Toz fu Ii podz chenus, ItOKC. p i' . De Charlemaine qui fu chenus et blans, ib. p. ïo. Salomon [il] en apele et Buevon le chenu. Sax. xxviii. Assez 1 ad trovée joeuents etchauuz. Th. le mart. 38. || xiii's. Grant due', [deuill font pour Bertain Ii joene et li chenu, Berle, ci. Mes foi nue doi Deu et saint Jorge, J'ai tote chenue la gorge, Ren. 4 0008. Kt Tybert [le chat].... Si ot toz les grenons chanuz, Et les denz trenchanz et aguz, F.tles ongles grans por grater, ib. t955. Toute sa teste estoit cbsnue. Et blanche cum s'el fust llorie, la Rose, Sis. Dans Pierres Ii ermites à la barbe canue, Ch. d'Aiil. VIII, <I34. Et amenoient avec eulx un homme de grant vieillesce tout chanu, joinv. 242. Et si n'estoit mie pelée La penne qui d'ermine fu; D'un schelin noir et chenu Fu Ii manteax au col coulez. Fabliaux mss. p. 238, dans lacurne. |1 xv« s. Comme img chat, suis vieil et chenu, en. d'obl. Tioiid. Il xvi' s. Je rendz grâces à Dieu de ce qu'il m'a donné pouvoir veoir mon anticquité chanue reflourir en ta jeunesse, rab. Pant. ii, 8. Non autrement qu'on voit parmyles nues Les haults sourcils des grands Alpes chenues, du bell. m, 5, rixto. La foychenuO; alors non violable, Tiendra le lieu des punissantes loix, jn. m, 6, verso. Mcsme en ces tant jeunes ans. Geste vertu tant chenue, m. m, 15, t'erso. Ces choses n'ont d'appuy qu'en la barbe chenue et rides de l'usage, MJNT. 1. U8. [Léandre] dedans l'escume chesnue S'enivra du Ilot amer, ïveh, p. 577. Depuis qu'il fu devenu vieil et chenu, amyot, Calon, (o.

— ÉTVM. Provenç. caniU; ital. canu(o; du latin canulus, dérivé de cânus, pour casnus; sanscrit, l;as, briller : ce qui est blanc est brillant (voy. canuelh).

CHEPTEL (che-tll), s. m. |1 1' Convention ou bail d'un m litre avec son fermier, lorsqu'il lui donne un certain nombre de bestiaux pour les nourrir et les soigner, avec partage du profit. || Cheptel à moitié, cheptel où chacune des deux parties fournit le Sétail par moitié. || Cheotel de fer, cheplel dans lequel le preneur doit, à ! expiration, rendre une valeur égale. Il Fig. Un roi ainsi élevé [aux écoles publiques] jamais ne pen.xerait nous tenir à cheplel de Dieu ni d'aucune puissance, p. l. cour, i, :'.oo. Il 8° Par extension, les bestiaux mêmes formant le

CHE

fonds du cheptel. Le preneur doit ses soins à la conservation du cheptel.

— IlIST. XI* s. Dune il rendra le chatel. Lois de Guill.t. Il xiii* s. Car nus n'i saura jà tant mètre , Qu'il n'i perde tout le chaté, la Rose, t0833. Car quantcU amis en l'eslableSon destrier, il le puet revendre. Et chetel ou gaain reprendre, ib. (0822. Se vous aviez le chaté Oultre [plus que] sa valeur achaié, ib. s-Jé.".. Les unes des demandes sont sor muebles et sor catii, et les autres sor héritages, beaum. vi, (8. Se Ii remanans de son héritage n'est pas si grans qu'il soufisse à la soustenance de ses enfans, et Ii mueble et le calel sont granL... lu. xii, <7. J'ai vescu de l'autrui chatei Que liom m'a creû et prestei, ruted. 1. Chaliex est ce que aucuns espargne ou qu'il désert par son servise que l'en Ii doue, Ihgesie, O" (70. Il XV' s. A tel charge avoir, y convient employer si chier chatei, comme la vie, le sang, les membres et l'avoir, chrisï. de pisan, Charles Y, ii, ch. 4.

— f.TYM. Norm.c/icKei, biens mobiliers; picard, chasiel , objet quelconque en la possession d'une personne; génev. chédal, le bétail; prov. copiai, capdal;dn latin capi/aic, capital, l'avoir (voy. capital et acheter à I'ëtym.).

f CHEPTELIER (chè-te-lié), s. m. Preneur d'un bail à cheptel.

— ÉTYM. Cheptel.

t CUÉPC (chê-pu), s. m. Billot Fur lequel le tonnelier bûche le bois.

— ETYJl. Voy. CUAP'JI.

t CUËQUE (ché-k'), s. m. Terme de banque. Bon à vuedéiadiéd uulivreàsoucht cl donné, sur le banquier qui a reçu provision préalable, par le débiteur ou payeur au créancier ou à la personne qui doit recevoir. Les chèques sont devenus, en Angleterre, une monnaie courante, une véritable monnaie fiduciaire. Le chèque est essentiellement à vue et au [lorteur. Le chèque barré est un chèque traversé par deux barres entre lesquelles on met le nom du banquier de la personne à qui le chèque est rem.is, ou tout au moins le signe Et Cie, ce qui oblige le porteur à faire encaisser le montant du ciièiiue par son banquier dans le premier cas. et par un banquier quelconciue dans le second, c'est-à-dire par une personne connue et qui ne l'aura elle-même reçu que d'une personne connue, Jules lechevalier st-an- PRÉ, Question monétaire.

— ÉTY.M. Anf,'!. check, du verbe (o check, signifiant, en comptabilité, contrôler, vérifier.

ClIEU, CIIDkE (chef, chê-r'),arfj. 111" Auquel on est attaché par une vive aflection. Un homme cher à sa famille. Vous parlerai-je de ses pertes et do la mort de ses chers enfants? boss. Harie-Piér. Hermione, seigneur, peut ra'ùtre loujours chjre, rac. Andr. i, 2. Ah ! si je vous suis cher, ma princesse, vivez, ID. Iphig. ni, o. Je pouvais de ma mort accuser.... Tout l'univers plutôt qu'une si chère main, ID. Béréràce, iv, 5. Car de son cher tyran l'injustice fut telle.... corn. Sertor. i, 2. Une main qui nous fut bien chère Venge ainsi le refus d'un coup trop inhumain, in. Rodog. v, 4. Je te fis après lui mon plus cher confident, ID. Ct'nnOjV, (.Contre ma douleur j'aurais senti des charmes, Cnand une main si chère eùtessuyé mes larmes, id. Cid, m, *. || H s'emploie comme expression altectueuse. Mon cher ami. Mon cher onde. Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte, rac. Athal. i, (. || Elliptiquement et familièrement. Mon cher, ma chère, le renard dit au loup : Notre cher, pour tous mets J'ai souvent un vieux coq ou de maigres poulets, LA FONT. Fabl. XII, 9. Il Aujourd'hui, dans le langage très-famiiier, on supprime même l'adjectif possessif. Bonjour, chers. Çà va tien, très-chers? Venez-vous, cliers boi s?|| 2° Par exlansion, à quoi on lient. Son estime m'est chère. Sa mémoire vous est chère. Et [ô Dieu!] n'ayant rien si cher que ton obéissance, Où tu le fais régner, il te fera servir, malh. u, 4. Un bien que j'ai si cher, in. v, 4. [Que l'amoureux] N'aime rien que ce joug et toujours s'étudie À tenir en humeur sa chère maladie, TiiÉOPii. Sat. i. Même de vos rivaux la gloire vous est chère, corn. Mcom. m, 8. Ainsi puisse-t-il loujours vous être un cher entretien; ainsi puissiezvous profiler de ses vertus, boss. Louis de Bourbon. Hélas! loin de vouloir éviter sa colère, La plus soudaine mort me la rendra plus chère, rac. Bnl. v,7. Et que, finissant là sa haine et nos misères, 11 ne séparât point des dépouilles si chères, id. Andr. m, 6. Chers pleurs, id. Eérén. jv, 5. Et ce cher intérêt est le seul qui m'amène, ID. Jft(/ir. iv, 2. Ma gloire vous serait moins chère que ma vie, id. Iph. v, 3. Mais l'ofi'rttnde à mes yeux en doit être plus chère, in Phèd. u, 2. Pour moi, je tiens plus chère

CHE

et plus digne d'envie Une honorable mort qu'une honteuse vie, ROTR. il ntiff. ni, 6. El la plus prompte mort dans ce moment sévère Devient de leur amoui la mai que la plus chère, rac. Baj. iv, B. Lorsqu'aux dépens d'une santé qui nous est si chère.... boss. Louis de Bourbon. Rendre la royauté non-seulement vénérable et sainte, maisencore aimahleetchiœ aux peuples, 'D. Heine d'Anglet. Mes regrets m'étaient chers; mais mon âme affaiblie Tombant dans les Inngueursde la mélancolie.... st-lambert, Saisons, hiver. A tous les cours bien nés que la patrie est chère! VOLT. Tancr.iu, >.\\3' En parlant du temps, précieux. Vous me faites perdre un temps qui nous est cher, Molière, Impr. t. Le temps est cher en amour comme en guerre, la fo.nt. Orais. Et ce moment si cher, madame, est consumé  louer l'ennemi dont je suis opprimé, bac. Bril. ii, 6. Soit que le temps trop cher la pressât de se rendre... ID. Baj. III, 4. Le temps est cher, seigneur, plus que vous ne pensez; Tandis qu'à me répondre ici vous balancez, Mathan, près d'Athalie, élincelanl de rage. Demande le signal et presse le carnage, ID. Alh. v, 2. Allez, le temps est cher, il le faut employer, id. Ifil/ir. m, 6. Les moments me sont chers; écoutez-moi, Thésée, id. Phèd. v, 7. Les moments sont trop chers pour les perdre en paroles, ID. Baj. V, 4. Il faut les secourir; mais les heures sont chères; Le temps vole.... id. Eslh. i, 3.||4»Quo l'on caresse en idée. C'est mon vœu le plus cher C'est ma plus chère espérance. Laisse-moi mon erreur, puisqu'elle m'est si chère, corn. Ile'racl. v, 3. Je connus votre erreur; mais que pouvais-je faire? Je vis en même temps qu'elle vous était chère, RaC. Baj. V, 4. Celte grandeur sans borne à ses désirs si chère, volt. Ilenr. ch. m. Et mêler des remords à mes plus chers .souhaits, mol. Don Garcir , m, 2. Il 5° Qui est d'un prix élevé. Une marchandiserhère. Ce drap est fort cher. Les vins sont chers cette année. Il Substantivement. Pour me régaler du plus cher [du vin le plus cher], Au beau coin m'attend dame Jeanne, bébang. Bedeau. || C'est chère épice, se dit d'ujie chose qu'on fait trop cher. || Qui exige une grande dépanse. La vie esi chère. Un voyage cher. Il Une chère année, une année pendant laquelle le blé a été beaucoup plus cher qu'à l'ordinaire. Comme il [le menu peuple] est beaucoup diminué dans ces derniers temps par la guerre, les maladies, et par la misère des chères années qui en ont fait mourir de faim un grand nombre.... vau- DAN, Dime, p. 97. || Qui vend à haut jirix. Ce marchand est très-cher. C'est un magasin très cher. Cet ouvrier est habile, mais il est cher. Vous pouvez voir ailleurs, messieurs; on vous accommodera peut-être; moi, je suis cher, je vous l'avoue, da.ncoubt, La maison de campagne, se. 30 || 6° Cher, adr. X haut prix. Vendre, acheter cher. Ces éton"es coûtent cher. On ccmpte, avec celte masure. Un quart d'arpent, cher affermé, bérang. Jacques. || Il fait cher vivre dans cette ville, tout ce qui sert à l'entretien de la vie y est d'un prix élevé. || Fig. Coûter cher, être obtenu au prix de grands sacrifices, de grandes souffrances, de grandes pertes. La victoire coûtera bien cher. Que vos plaisirs coûtent cher à ces infortunés! Votre générosité vous a pensé coûter cher, VOIT. Lett. 23. || Vendie cDer, fai:e obtenir au prix de grands sacrifices. Payer cher, obtenir au prix de grands sacrifices. Il me payera cher cet outrage. C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt. De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font, corn. Cinna, it, i. Fais-lui payer bien cher un bonheur qu'il ignore, rac. Bril. ii, c. Et tu peux concevoirQueje lui vendrai cher le plaisir de le voir, id. t'!;. u, 2. Vous m'avez vendu cher vos .secours inhumains, m. Baj. v, (. Mon père paya cher ce dangereux honneur, id. Mithr. i, 3. || Vendre sa vie bien cher, la venger glorieusement avant de la perdre. || Familièrement. Urne le payera cher, il le payera plus cher qu'au marché, cela lui coûtera cher, c'est-à-dire je le ferai repentir de ce qu'il a fait. — REM. 1. Voltaire a dit: On avait vendu les rvres trop chers à ses ambassadeurs [de Pierre le Grand] , Charles XII, 2. C'est une faute ; cher est ici adverbe et, par conséquent, invariable; chers ne pourrait être adjectif que s'il se rapportait à vivres; et le sens serait alors qu'on leur avait vendu des vivres que la délicatesse ou 1?. rareté rendait trop chors ; or ce n'est pas le sens que Voltaire veut faire entendre. || 2. Cher signifiant d'un prix élevé, se mot toujours après le substantif: une marchandise chère. U faut en excepter l'expression chère année que l'on emploie quelquefois pour dire une année pendant laquelle le blé a été beaucoup plus cher qu'à l'ordinaire.

CIIE

— mST. XI' s. E H plaiez [blesse] jurra [jurera] sur saints que pur mes [moins] ne! pot Taire, ne pur haOr [haine] si chier nel fisl, Lois de Guill.H. D'or et d'argent et de garnemenz chers, Ch. de llol. VIII. Les douze pairsque Charles a tint chers, ib. XL. Tel as occis que moût cher [je] te cuid [pense] vendre, ib. ixxii. Dreiz empereres, cher sire, si ferons, ib. CLxxiv. Ilxii' s. Sejechiernelivent, ftonc. Tj 45. Guenelon sire, je vous ai forment chier, t'b. p. 30. Par cui il est amez et chier tenuz, ib. p. 8i. Seoipres morrai, mais chier me sui vendu, ib. p. 9.1. Chers [riche] est li lieus, si est digne l'église, t'b. p. 179. [Elle] comperroit [payerait] cier.sa folie, Couci, m. Vous merci-je, ma douce amie chère, ib. xviii. Li cristien rei soient saint iglise obéir; Lais [un laïque] ne deit clerc fuler, mais chier le deit tenir, Th. le mart. n. \\ xiir' s. Pour ce que [eUeJ vous ressemble, assez plus chiere [je] l'ai, Berle, vu. Cotte [elle] ot d'un blanc bliaut et mantel moût tr^s chier, ib. xix. Là n'y verrez joiel, tant soit de chère vente. Que je ne vous acheté.... ib. CXI. Coveitise ne set entendre X riens qu'à l'autrui acrochier; Coveitise a l'autrui trop cher, la Ilose, 193. Chascun se fait si chier pource que il s'en welent aler en leur pais, cpie nous ne leur oserions donner ce que ils demandent, joinv. 257. || xv* s. Et aussi cher avoit-il prendre la mortavec celle noble dame [Isabelle] comme autre part [qu'ailleurs] , FROiss. I, I, to. Et eut adonc en plus cher la délivrance de messire Hervey de Léon que du seigneur de Cliçon, id. i, i, 212. Et se taille celle chevauchée à durer un longtemps, et par ainsi vous seront cher vendus les gages que vous avez pris, id. ii, in, <8. [Les cardinaux] aimoient plus cher à mourir confes-seurs que martirs, id. ii, il, 2). Il leur enchargea, si cher qu'ils le vouloient obéir, que son mignon ne fust servi d'autres choses que de pastés d'anguille, LOUis xi, Noxw. x. 11 aimeroit autant ou plus cher mourirque son malheureux cas fust connu, m.ib. xiii. Ne vous trouvez jamais devant moi, si cher ([ue vous aimez votre vie, m. tb. xLvui. J'ai aussi cher lî'aime autant] de n'en faire rien,iD.tb. lxxxii.|| xvi' s. Elle nous vend trop cher sesdenrées, mont, i, 75. J'aimerois aussi cher [autant] que mon escholier eust passé le temps à jouer à la paulme, id. i, 145. On l'acheté trop cher, m. i, (93. Je n'ayme pas une vertu si sauvage et si chère [coûtant si cher], id. i, 524. Les Romains auront maintenant à cher un prince doulx et aimant la justice, amyot, Numa, 10. X ce con'ipte un homme n'auroit cher ny l'honneur, nylascience, quand il les posscderoit, de peur d'en estre privé, id. SoUin, (0. Geste ville est merveilleusement chère, le vin de Chio cousie dix escus, id. De la tranq. d'âme, 20. Je veux reciter une histoire laquelle me fut bien chère [me coûta cher], PARÉ, XIII, 23. L'on ne peut faire de cher fils ou d'enfant de prédilection, et faire l'un d'eux donnataire, et pardessus cela le faire entrer en partage comme un autre, Nouv. comt. génér. t. i, p. H93. Fille trop veue, robbe trop vestue n'est pas chère tenue, cotgrave.

— ÊTYM. Picard, cair, hier, quier; rouchi, lier; provenc. car; espagn. et ital. caro; ilu latin cariis.

t CHERCHE (chèr-ch'), s.f.\\i° Ne se dit que dans cette locution : être en cherche d'une personne, d'une chose, la chercher. || 2" Terme de construction. Nom de tout ce qu'un seul trait de compas ne peut représenter, et qui demande divers points pour être décrit, comme les panneaux qui servent à former le cintre d'une voùle, etc. La cherche d'un escalier en est le cintre.

— HIST. xv s. Et lorsqu'il faisoit la dicte cerche, il ouit nouvelles que le comte d'Eu .vvoit esté arresté à Damas, Bouciq. i, I5.||xvi's. Qui sera en cherche de science, si la pesche où elle se loge, mont, ii, 98. Les sceptiques disent qu'ils sont encores en cherche de la vérité, id. ii, 230.

— ÊTYM. Voy. CHERCHER.

CHEKCIIÉ. ÊE (chJr-ché, chée) , part, passé. (1 1° Qu'on tâche de trouver. Un passage longtemps cherché dans les régions arctiques. L'ennemi cherché et vaincu. Par le milieu des eaux, par le milieu des flammes, On passe au repostant cherché, corn. ]mil. I, 22. 112" Affecté. Kien de cherché dans son style. Il Terme de beaux-arts. Œuvre cherchée, œuvre dans la(|uelle l'artiste a trop visé à l'effet.

t CHERCUE-FICUE (chér-che-fi-ch'), s. m. Terme de serrurier. Outil pour dégager l'aile d'une fiche. Il Au pluT. Des cherche-fiches.

t CUEUCHE-POlN'rE (cher-che-poin-f) , s. m. Synonyme de cherche-fiche. || Au phir. Des cherche-pointes.

— ÊTYM. Chercher, et pointe.

CHE

CnERCHER (chèr-ché), i'. a. || f Tâcher de trouver. Que cherchez- vous? Je cherche ma bourse, mon livre. Je cherche mon fils qui s'est séparé de moi dans la foule. Son chien le chercha longtemps. Et les hommes jamais ne cherchent qui les fuit, CORN. Imit. 1, 21. Grande reine, est-ce ici votre place? Quel trouble vous agite, et quel effroi vous glace? Parmi vos ennemis que venez-vous chercher? RAC. Ath. II, 5. Mon cœur pour le chercher volait loin devant moi, id. Iph. ii, 3. || Kamilièrement. Chercher quelqu'un par mer et par terre, par monts et par vaux, à pied ei à cheval, le chercher partout. Il Chercher Dieu, avoir l'Ame remplie du désir de se conformer à sa volonté. Âmes chrétiennes, sachez que qui cherche Dieu de bonne foi, ne manque jamais de le trouver, boss. la Vallière. Que peut-on imaginer de plus malheureux que de ne pouvoir conserver la foi sans s'exposer au supplice, ni sacrifier sans trouble, ni chercher Dieu qu'en tremblant? ID. Heine d'Anglel. Nous résistons à Dieu, sous prétexte de le chercher, mass. Fet. Car. Soum. Il Chercher le Seigneur, se disait, dans le langage my.slique des puritains anglais du xvii* siècle, d'un état mental de dévotion où l'esprit était entièrement tourné vers Dieu. || Fig. Chercher une aiguide dans une botte de foin, faire une recherche sans résultat possible. Il Fig. et familièrement. Chercher midi à quatorze heures, chercher ce qui ne peut se trouver (voy. MIDI). 'Vous qui vivez dans ces demeures, Êtes-vous bien, tenez vous-y, Et n'allez pas chercher midi À quatorze heures, volt. Inscript, pour un cadran solaire. \\ Terme de manège. Un cheval cherche sa cinipiième jambe quand il se porte sur la main et y cherche un point d'appui. || Terme de marine. Chercher la sonde en venant du large, approcher des côtes pour trouver le fond avec la sonde. Il Fig. 11 cherchait l'occasion de gagner de l'argent. Les Mèdes ne cherchaient ni l'or, ni l'argent, mais la vengeance. 11 cherche le danger pour le danger lui-même. Pourquoi chercher des preuves d'une vérité que le Saint-Esprit a prononcée par une sentence manifeste? BOSS. Heine d'Anglet. Sans chercher d'excuse dans le mauvais état où se trouvaient ses affaires, boss. Anne de Gonz. l'our lui des Persans bravant l'aversion. J'ai chéri, j'ai cherché la malédiction, rac. Esth. m, 1. i| Absolument. Je cherche, et ne trouve rien qui me plaise. On chercherait longtemps chez les plus beaux génies de Kome et de la Grèce, avant d'y trouver rien qui soit à la fois aussi simple et aussi merveilleux [que la naissance du Chnst], chateaub. Génie, ii, vi, 2. Celui qui demande, on lui donne ; celui qui cherche, il trouve, BOSS. la Vallière. \\ Chercher dans sa tète, interroger ses souvenirs. || 2° Aller à la recherche de quelqu'un, de quelque chose. Page, cherchez Rodrigue et l'amenez ici, corn. Cid, il, 4. Ne cherche plus ta sœur où tu l'avais laissée, m. Ilor. IV, 6. Et par tout l'univers cherchoiis-lui des vengeurs, RAC. J/tf/ir. v, 5. Sans le chercher aux bords de l'Escaut ou du Rhin, La paix l'offre à mes yeux plus calme et plus serein, boil. Ép. i. Mais que, sans m'avertir du piège qu'on me dresse. Vous me laissiez chercher jusi|u'au fond de la Grèce L'ingrat qui ne m'attend que pour m'abandoiuier. Perfide, cet affront se peut-il pardonner? rac. Iph. il, B. Il Aller chercher, venir chercher, aller, se rendre auprès de quelqu'un. On ne viendra pas me chercher dans cette retraite. J'irai le cherclier à Lyon. Il Aller chercher quuli|u'un, venir chercher quel- (ju'un, se rendre au|)riîs de lui pour ijuelque besoin, pour le mener quelque juirt. Allez cheicher le médecin. On est allé chercher la garde. Je viendrai vous chercher quand il en sera temps. Mme Manchon vint avant-hier me chercher, fort alarmée d'une lettre que vous lui avez écrite, iiag. et boil. Leur. vu. |1 Fig. Aller chercher na guère d'autre sens que cheicher et renforce seulement l'expression. Que jamais du sujet le discours s'écartant N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant, liOiL. Art p. 1. Mais je sais bien aussi que, .s'il dépend de vous De me faire chérir un souvenir si doux. Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée N'en punisse aussitôt la coupable pensée; Que ma main dans mon cœur ne vous aille chercher Pour y laver ma honte et vous en arracher, rac. Bithr. II, 6. Quand son épée allait chercher mon sein, ix). Phèdre, m, t. Un censeur.... dont le crayon sûr aille d'abord chercher L'endroit que l'on sent faible et qu'on se veut cacher, BOIL. jlr( p. iv. || envoyer chercher quelqu'un, quelque chose, obtenir par un message que quelqu'un vienne, qu'une chose soit apportée. Il envoya chercher ses amis || 3" 11 se dit des choses. L'eau cherche un passage. L'aiguille

CHE

aimantée cherche le nord. Les honneurs vinrent chercher Cincinnatus. Le malheur me cherclie, MOL. l'est. II, 10. Mon maître est un vrai enragé d'aller se présenter à un péril qui ne le chcrch» point, ID. ib. III, 4. Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule, BAC A th. il, T. Un courroux qui ne cherche que moi, ID. Andr. m, i. Et de ses volontés une amoureuse étude Les cherche jusque dans ses yeux, mol. Psyché, iv, t. || i' Tâcher de se procurer, d'acquérir. Chercher une place. Chercher son salut dans la fuite. Nous cherchons notre bonheur hors de nous-mêmes. 11 cherchait les moyens de parvenir. || Chercher la solution d'un problème. || Chercher femme, chercher à se marier. Il Chercher de l'argent, tâcher de s'en procurer par un emprunt. || Chercher son pain, mendier. Il Chercher sa vie, chercher les moyens de subsister. Il Chercher malheur.chercherson malheur, faire des choses capables d'attirer sur soi quelque maL || Chercher l'ennemi, aller à sa recherche pour lui livrer bataille. || Chercher querelle, noise, susciter une querelle, un différend. Il chercha querelle à un homme qui n'en pouvait mais. || 5" Chercher à quel- ■ qu'un, faire des recherches pour quelqu'un. Je l'ai " prié de me chercher un logement. Cherchez-lui un secrétaire. Il s'accu.sait, il se cherchait des crimes. Et je veux me chercher dans cette illustre envie Les moyens glorieux de sortir de la vie, mol. D. Garde, IV, )l. Il Cette tournure ne s'emploie guère qu'avec les pronoms compléments du verbe et placés devant lui ou afirès l'impératif : cherchez-lui un logement. On ne dirait pas aussi bien : je cherche un logement à Frédéric, mais pour Frédéric. L'expression cliercher querelle à quelqu'un fait exception. Il 6° Suivi d'un infinitif précédé de la préposition 4, tâcher, s'efforcer de. Et vous, ne cherchez point à former des discords, corn. Nieom. ii, 3. Je cherche à te rejoindre et non à t'en défendre, ID. Itodng. V, 4. Vos deux États voisins , qui cherchent à s'unir, rac. Ilérén. m, 2. Mon cœur court après elle et cherche à s'apai.ser, id. Andr. ii , 5. Oui, c'est Joas ; je cherche en vain à me tromper, id. Alhal. v, 6. La foi véritable qui ne cherche qu'à se développer de ses ténèbres et, en dissipant ie nuage, se changer en pure lumière et en claire vision, BOSS. le Tellier. \\ Familièrement. Chercher à se faire battre, faire des choses qui exposent à Cire battu. Il Avec la prépoiîition de, dans le même sens. Que le cœur affligé.... Cherche d'être allégé, malh. VI, 18, Vous ne trouverez pas étrange que nous cherchiorrs d'en prendre vengeance, mol. Festin, 5. Il 7° Se chercher, v. réft. Être en quête l'un de l'autre. Ces gens se sont cherchés longtemps. De leur furtive ardeur ne pouvais-iu m'instruire? Les a-t-ou vus souvent se parler, >e chercher ÎraC. PUéd. iv, < Il Fig. Essayer de connaître ce que l'on est, ce que l'on peut. C'est une époque où cet artiste se cherchait encore. Maintenant je me cherche et ne me trouve plus, RAC. Phèd. II, 2. Il Se chercher, chercher la retraite pour n'être point distrait de ses pen.sées. Lasse de vains honneurs et me cherchant moi-même, lu. Eslh. I, t. Mon amour m'entraînait, et je venais peut-être Pour me chercher moi-même et pour me reconnaître, id. Bérén. v, 6. || Obéir à l'amour de soi. Cette âme qui s'est tant aimée et tant cherchée ne se peut plus supporter aussitôt qu'elle est seule avec elle-même, boss. la Vallière. MiUheur à moi, si, dans cette chair-e, j'aime mieux me chercher moi-même que votre salut, et si je ne préfère à mes inventions, qirand elles pourraient vous plaire, les expériences de cette princesse qui peuvent vous convenir! BOss. Anne de G'o/iï. D'un cœur qui t'aime, Mon Dieu, qui peut troubler la paix? Il cherche en tout la volonté suprême. Et ne se cherche jamais, hac. Ath. m, 8. Ne nous chercher en rien alors que tout nous quitte, Ne vouloir rien qui plaise alors que tout déplaît, corn. Imit. ii, 9. Il Proverbe. Le bien cherche le bien, c'est-à-dire la bien vient d'ordinaire à celui qui en a déjà beaucoup. Il 11 cherche midi où il n'est qu'onze heures, se liit d'un écornilleur, par allusion à l'habitude où l'on était jadrs et où l'on est encore dans plusieurs provinces de diner à midi. || En cherchant on trouve, ou qui cherche trouve, c'est-à-dire en se donnant de la peine on finit par réussir.

— msr. xi« s. [11] cerce [parcourt] les vais, et si cerce les monz, th. de Uol. clx. || xii' s. La cité [ils] cerchent qu'est d'avoir replenie, Ronc. p. <*7. Toute France [il] a cerchie comme tapins truanz, Soi. v. Par ces noveles furent mull li moine esmaié, E purço l'uut [le corps du saint] es crûtes [crypte*] enterré e mucié; Mais primes unt les dras e le cors tut cergié, Th. le mart. 155. [Ils] Firent les porï

CHÈ

cergier, « gaitier, e guarder, Que, seli arcevesques i volsist ariver, Qu'il li fussent encontre, prez de lui desturher. 16. )22. {| xiii' s. Dedens ces neuf jours issi une compafinie de nostre ost |iour aler en fuerre et cerchier la contrée, villeii. lxiv. Par trestout le pais [ils] vont la terre cerclianl [fouillanl le pays], Berte, cvii. Qui cercheroit jusqu'en Carlaije, Kt d'Orient en Occident.... la Hose, 6394. Li marinier qui par mer na^e, Cerchant mainte terre sauvage, Tout regarde-il à une estoile, 16. 75S8. L'en seurcho guerre et bataille. Il ne me chaut, mf's que bien aille, riiteb. 202. Il doit scercier les escomenioz et les larrons et les muririés , Liv. de jxst. 72. Il XV' s. L'avant-parde ipii clicvauchoit devant avoit quis et cerclié et cerchoit dessus et dessous la rivière à tous lez, FBOiss. 11, 11, 7i. lit fit à savoir à ceux du pays qu'il iloniioit trêves trois jours pour chercher les champs de Crecy et ensevelir les morts, ID. I, I, 205. Va n'attendit mie que ils le venisseut cercher, ains alla sur leur pays, Houcir/. m, ch. 2. Mes sommiers estoient assez loin; et estoit trop tard pour les cercher, comm. vin, 6. Princes qui cherchenl gaigner gens, m. 1, 9. || xvi« s. Nous qui cherchons de former non un grammairien.... mont. I, (87. Ceulv qui cherchent à troubler et changer Testât de nosire police, id. i, 2ju. Us cherchent qu'on les contredise, pour.... id. ii, 2:h . Chercher une querelle d'Alleniaigne, id. iv, 40. Et telle nous degouste D'un amoureux chercher [poursuile], yvkb, p. 575. Il cherchoit de complaire à la commune, AMYOT, Nicias, 3. Il les avoit rendus plus refroidis à chercher la guerre, in. ib. ts. On cerche plustost d'obtenir un peu de renom, langue, I97.

— f-TYM. Picard, cerquier; Berry, cercher, charcher, sarclier, sercher; nivernais, serc/icr; bourgulg. chaic/iaz ; génev. cercher, sarcher; provenç. cercar, serqiiar; anc. porlug. cercar, parcourir; espagn. cercar, enfermer, enclore: ital. ccrcare, parcourir, chercher; du latin circare, faire le lourde, parcourir, de circHS, cercle (voy. cirque). Le sens primitif d\i mot français est parcourir pour trouver.

CHERt;ilEUR, EUSE (clier-cheur, cheO-z'), s. m. cl f. Il 1° Celui, celle qui cherche. Ha! seigneur don Juan, l'on vous a bien cherché. — L'on devait me trouver, je n'étais pas caché; El qui sont ces chercheurs? scAiiBON, Jodelet, iv, 3. Tout l'ancien territoire de la baie d'Hudsonqui n'élait jadis parcouru que par des chercheurs de pelleteries, sera bientûl une riche annexe du Canada, maury, Rapport de ge'ofir. p. 25 || En mauvaise part.... Lui dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus Qui n'en étaient pas revenus, la font. Fabl. viii, 8. Quatre chercheurs de nouveaux mondes Presque nus, échappés àla fureur des ondes, id. ib. x, ta. Un chevalier errant grand chercheur d'aventures , id. Fianç. Il Chercheur de francheslippées, un écornideur, un parasite. || Les chercheurs de midi à quatorze heures, savoir le joueur de gobelets, le batteur de fusil, l'espagnol, la vieille, le procureur, le ramoneur, le charlatan, le vendeur de lunettes. Ballet dansé au Louvre le 29 janvier (620, beauchamp, Recherche desIhétUres, t. m, p. 80, dans lacurne. || 2° Un chercheur, celui qui cherche avec activité et persévérance des faits, des documents, des livres ou autres pibces de collection. || En mauvaise part. Celui que j'ai vu est un chercheur de pointes et un faiseur d'antithèses, balz. Sucrale clirét. dise. 7. || Une chercheuse d'esprit, femme péilante et prétentieuse. Il Chercheuse d'esprit se dit aussi, d'après le conte de La Fontaine qui porte ce titre, d'une jeune fille innocente qui cherche aventure. La Chercheuse d'esprit, opéra de Faiart. \\ Adj. Un esprit chercheur. Une imagination chercheu.se. || 3° Nom d'une secte chrétienne en Angleterre et en Hollande, qui, admettant les Ecritures, prétend qu'elles ne sont bien expliquées par aucune des sectes chrétiennes qui les reçoivent, et en cherche le sens avec beaucoup de zùlo. Et ceux qu'on nomme chercheurs, à cause que, dix-sept cents ans après Jésus-Christ, ils cherclienl encore la religion et n'en ont point d'arrêtée, boss. Heine d'Anglet. \\ 4° Terme d'astronomie. Petite lunette subsidiaire, à court foyer, adaptée au télescope.

— UIST. XVI' s. Chercheur de barbets [voleur],

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