CHU
pierrei de diiférente nature, mais- toutes de couleur jaune verdâtre, telle que le corindon ou chrysolitlie orientale.
— REM. Tous les mots conjposés avec lithe sont masculins, excepté chrysolithe, hippolithe et hystérolithe. U n'y a aucune raison de maintenir ces disparates.
— HIST. XIII* s. Et bons coraus, et crisolites. Et diamans et ametistes, Romancero, p. 59. || xvi's. La poignée estoit d'un chrysolite, et le pommeau d'un fin rubis, vver, 604.
— ÉTftrl. XpMoôXiOo;, de xpyo^d 0''i «' Xi6o«, pierre.
f CHRYSOLOGIE (kri-zo-lo-jie), s.f Expression proposée pour science de la richesse.
— ÉTY.M. Kc'jihi, or, et î-oyoç, doctrine.
t CHRYSOLOGUE (kri-zologh'), adj. Qui parle d'or. Épilhète donnée à quelques Pères de l'Egliso grecque. Pierre Chrysologuo, archevêque de Ravenne dans le v° siècle.
— ÉTYM. Xpuaoç, or, et >6y<*i parler, d'où XôfOi (voy. logique).
t CHRYSO.MÈLE (kri-zo-mè-l') , s.m. Terme d'entomologie. Nom d'un scarabée.
— KTYM. X&joôi;, or, et ixiÀoç, membre. tCHRYSOPÉE(kri-zo-pée), s. /". Terme d'alchimie. Art prétendu de faire de l'or.
— ÉTYM. Xpi'oonoiîa, de ypMnôi, or, et Ttoitw, faire (voy. poète).
t CiHlYSOPHTHALME ( kri-zo ftal-m' ) , adj. Terme de zoologie. Qui a les yeux dorés.
— ÉTYM. XpuTo;, or, et àçiJaXiiOî, œil.
t CHRYSOPUYLLE (kri-so-fi-l'), adj. Terme de botanique. Oui a des feuilles dorées.
— ÉTYM. XoviTo:. or, et <pO).>,ov, feuille.
CHRYSOPRASE (kri-zo-pra-z') , s. f. Variété d'agate d'un vert blanchâtre qui doit sa couleur à l'oxyde de nickel.
— HIST. XIV* s. Crisopace est une pierre d'Antioche. — U estuneaultre espèce de crisopace en Ynde, qui est verde comme ung porret, de laborde, Émaitx, p. 213.
— ÉTYM. Xpuuonpaooc;, de xp^J'^v or, et Ttpioo;, poireau.
t CHRYSOPTÈRE turi-zo-ptê-r*), adj. Terme de zoologie. Qui a des ailes dorées.
— ÉTYM. Xpu-îô;, or, et ittEpov, aile.
t CHRYSOSTOME (kri-zo-sto-m'), adj. \\ 1° Qui a la bouche d'or. Êpithète donnée à quelques Pères de l'Église grec(|ue. Il 2°Terme d'histoire naturelle. Qui a la bouche de couleur d'or.
— ÉTYM. Xpo(jo(7To jAo; , de xpuffà?, or, et atopia, bouche.
t CHRYSULÉE (kri-zu-lée), s. f. Ancien nom de l'eau régale.
— ÉTYM. Xpuoèî, or, etOXîCeiv, purifier, à cause de sa propriété de dissoudre l'or.
t CHTUONIEN, ENNE (klo-niin, niè-n'), adj. Terme de mythologie. Les dieux chthoniens, les dieux qui résident dans les cavités de la terre.
— ÉTYM. XOwv, terre.
■j cnrHONOGÉNE (kto-no-jè-n'), s. m. Terme de chimie. Nom des métaux produisant les terres (ancien nom de certains oxydes), tel que le potassium.
— ÉTYM. XOwv, terre, et le suffixe gène, dans le sens de : qui engendre.
CHU, CHUE (chu, chue), part, passé de choir. Tombé. Platon, Aristote, saint Augustin y sont chus malheureusement et ne sont pas reconnaissables, BALZ. le Barbon. Or me voilà d'un mal chu dans un autre, la font. Orais. Moins honteux d être chu que des'être dressé. rEgnier, Sat. x. L'n monde.... Est chu tout au travers de notre tourbillon, mol. Femmes sav. iv, 3. || Chercher, trouver chape-chute. Voy. ciiapk-ciiute.
t CHUCHETER (chu-che-té), V. n. Crier, en parlant du moineau.
t CHrCHILLEMENT(chu-chi-lle-man, H mouillées), ». m. Chuchotement. Grand éclat de risée et grand chuchillement, la font. Cand.
— ÉTYM. Autre forme de chuchotement.
CHUCHOTÉ, ÉE (chucho-té, tée), part, passé.
Dit tout bas. Une médisance chuchotée à l'oreille. CHUCHOTEMEN'r (chu-cho-te-man) , s. m. Action de chuchoter. La diplomatie n'est plus ce fin chuchotement d'autrefois qu'il était si difficile de surprendre, F0RCADE, Urtjuc des Deux-Mondes, 16 mars
— HIST. XVI* s. u y a des choses qu'on ne dit encore qu'en chuchotements, mont, dans le Dict. de
DOCHEZ.
— ÉTYM. Chuchoter.
CHUCHOTER (chu-cho-té). || Y. n. f Parler bas
cim
et en remuant à peine les lèvres. II ne convient pas de chiictiolor en sociélé. || 2- V. a. Prononcer à voix basse. Chuchoter (juolijues mots à l'oreille.
— liEM. Dans Furtliire et Kichelet, il n'y a que chuchoter, comme dans le xvi* siècle.
IllST. XVI' s. Les deux tiers de Paris commencèrent à chucheter en l'oredle, à admirer, à louer, et puis à s'esjouir des prosperilez du Uoi, d'aub. Util. II, 265. Furent vous les princes et prince.sscs chucheter en l'oreille l'un de l'autre, Sat. Mén. p. bb. Messieurs.... q\n chuchotlent là vers la cheminée aux oreilles les uns des autres, sully, 'If^m. t. i, p. 406,
dans LACL'RNE.
— ÉTYM. Onomatopée. Bourguig. suchenotai ; wallon , sussiné.
CllUCIIOTIcniK (chu-cho-te-ne), s. f. Affectation de cliuclioter, et aussi, simplement, action de chuchoter. Je irenililai qu'on ne cherchât du mystère à cette chuchûlerie, J. J. Bouss. Ilél. i, 33.
— fcTYM. Chuchoter.
CIlUClIOTKUn, KUSE (chu-cho-tcur, teû-z'), s. m. et (. Celui, celle qui a l'habitude, qui affecte de chuchoter.
— lîTVM. Chuchoter.
t CHUGUETTE (chu-ghè-f), s. f. Un des noms vulgaires de la mâche.
t CIIUINT.\NT, ANTE (chuin-tan, tan-t'), adj. Terme de grammaire. Consonnes chuintantes, consonnes qui se prononcent avec un sifllement particulier et différent de l's; telles sont le j et le ch des Français, le ci des Italiens, le s/i des Anglais, Vsch des Allemands. Un son chuintant.
f CHUINTElt (chuin-lé), V. n. Se dit du cri de la cbouelle.Lacbouetlechuinte.||Termedegrammaire. Donner à des lettres un son chuintant, et aussi, en parlant de la lettre même, avoir un son chuintant.
— ETYM. Onomatopée.
t CHUULEAU (chur-lô), s. m. Un des noms vulgaires du jianais sauvage.
CUUT (chut'), intcrj. Mot dont on se sert pour avertir de faire silence. Chut! me dit-on, c'est un vrai sage. Oui dans les cours a fait naufrage, bè- RANG. Uco gratias. Après que la reine eut dit chut , Chacun prit un siège et se tut, scarhon , Virg. travesti, II.
— f.TYM. Onomatopée.
CHUTE (chu-f), s. f. Il 1° Action de choir, de tomber. La chute d'urie tour. Débile et mal remis encor de la faiblesse Oii ma perte de sang et ma chute me laisse, rots. Vencesl. iv, 2. Cette allée nous a fait souvenir delà chute que vous y fîtes un jour, sÉv. 70.... la chute du ciel ne pourrait l'ébranler [ma fidélité], corn. Cinna, v, 3. || Terme de physique. Chute des corps, mouvement des corps vers la terre, qui est déterminé par l'action de la pesanteur, et qui a pour caractères essentiels de s'effectuer selon la ligne verticale et d'être accéléré. I) La chute des feuilles, séparation des feuilles d'avec l'arbre; saison où elles s'en détachent. Ce poitrinaire mourra à la chute des feuilles. Je comptais à peine dix-sept chutes de feuilles, lorsque.... ciia- TEAtiB. Atala, 2t I. Il Séparation de certaines parties d'avec le corps. Chute des cheveux, des dents, des ongles, des eschares, des croûtes sèches. || 2° Chute d'eau, masse d'eau qui tombe d'une certaine hauteur. C'est une chute d'eau puissante qui fait mouvoir ce moulin. || Cataracte. La chute du Niagara. Si vous voulez nous suivre, nous campons au bord de la chute, ciiateaubr. Atala, 317. || 3° Terme de ponts et chaussées. Différence de hauteur entre les niveaux de deux biefs consécutifs d'un canal ou d'une rivière. || Mur de chute, mur construit en aval des portes d'amont d'une écluse à sas, pour racheter la différence de niveau. || Terme d'horticulture. Haccordement, qui se fait par des perrons ou par des gazonsen glacis, dedeuxterrains qui ne sont pas de niveau. ||4° Au théâtre, la chute du rideau, la toile qui descend; et aussi, la fin du spectacle. Nous partîmes avant la chute du rideau. || 5° Terme de médecine. Déplacement qui porte un organe audessous de sa position normale. La chute de ia luette, de l'utérus. || 6° La chute des reins, le bas du dos. La duchesse de Bourgogne revint, les épaules, les bras, le sein découverts, la chute des reins bien marquée, st-sim. 2, 235. || Eji termes d'architecture, chute c'e festons et d'ornements, bouquets pendants de fleurs ou de fruits. Chute d'un toit, pente ou égout. Il Terme de marine. Hauteur verticale d'une voile quand elle est tendue. || Terme de pêche. La hauteur d'un filet quand il est tendu. || 7° La chute du jour, le moment où le jour diminue, il •" Baisse considérable du cours des rentes, des
acUons, des «ffels publics, etc. La chute de la
CHTl
rente. Comment vous trouvez-vous des trois vingtièmes et de la chute des actions sur les fermes? voltaire, Lettres , Urne de Fontaine, 6 novembre 1769. Il 9" Fig. Disgrâce qui fait tomber une personne ou une institution. Quand il [le ciel] élève un trûne, il en venge la chute, corn. Cinna, m, 4. Vous eussiez pu tomber, mais tout couvert de gloire. Votre chute eût valu la plus haute victoire, id. Pompée, m, 2. En vous qui de sa chute êtes l'unique auteur, ID. fiicom. IV, B. Il te peut en tombant écraser sous sa chute, id. Cinna, l, l. Et tout le peuple même avec dérision De ma chute certaine en tirait le pré.sage, racine, Esther, m, t. La chute désormais ne peut être qu'horrible, iD. ib. Cet esprit d'imprudence et d'erreur. De la chute des rois funeste avant-coureur, ID. Ath. i, 2. Par une belle chute il faut me signaler, m. Baj. iv, 7. Je vous prie de considérer avec une attention plus particulière la chute des Juifs dont toutes les circonstances rendent témoignage à l'Évangile, Boss. Ilist. ii, 8. Insensible à sa chute et grand dans ses misères, VOLT. Zaire, ii, i. Biron.... Un trépas si fameux, une chute si belle Hemlait [eût rendu] de ta vertu la mémoire immortelle, VOLT. //cnr. viii. Et tombent avec eux d'une chute commune Tous ceux que leur fortune Faisait leurs serviteurs, malii. i, 3. J'avais prévu ma chute en montant sur le laite, la font. Fahl. X, (0. 11 marque les différentes erreurs qui s'étaient élevées, et le temps de leur chute aux pieds de la foi, l'abbé iiouteville, dansDESEONTAixES. La nouvelle Babylone, orgueilleuse de ses trois cents triomphes, tdmbed'une chute immense, ID. tti. Qui m'anime moi-môme à la chute de Troie, lamotte, ib. Il 10» Mauvais succès d'une pièce de théâtre. [I.aharpe] Tout meurtri des faux pas de sa muse tragique Tomba de chute en chute au trône académique, gilb. Apologie. J'ai soixante et six ans, et je ne veux plus mourir de la chute d'une pièce de théâtre, volt. Lett. d'Argenlal, H janv. 4700. Il y a force tragédies, force comédies; vous aurez le plaisir de voir des succès et des chutes, id. Lett. d'Argental, (O déc. <7C2. || 11° Terme de théologie. Faute entraînant la perte des mérites devant Dieu. La chute des anges. La chute du premier homme. Le crime d'être un sujet de chute à ses frères, mass. Petit Car. Vices. Le coup encore frais de ma chute passée Me doit avoir appris à me tenir debout, malh. I, 4. Tremblez, âmes réconciliées, qui renoncez si souvent à la grâce de la pénitence, tremblez, puisque chaque chute creuse sous vos pas de nouveaux abîmes, boss. Anne de Gom. \\ Par extension, action repréhensible. Dans le crime il suffit qu'une fois on débute; Une chute toujours attire une autre chute, boil. Sat. x. || 12° Terme de rhétorique. Le trait, la pensée qui termine une pièce de vers. La chute en est jolie, amoureuse, admirable, mol. IfîS. 1, 2. Vous daignez employer dans les chutes des strophes les trois petits vers de trois pieds, volt. Roi de Prusse, 87. Les mêmes nombres et les mêmes chutes mettent de l'ennui dans un long poëme, MONTESQ. Coilt, variété. Si bien que, comme l'auditeur prévoit d'ordinaire cette chute qui doit arriver, il va au-devant de celui qui parle, et le prévient, marquant, comme en une danse, la chute avant qu'elle arrive, boil. Longin, 33. On aurait beau montrer ses vers tournés sans art. Seuls et jetés par ligne exactement pareille. De leur chute uniforme importunant l'oreille, Gilbert, XVIII' siècle. Il La chute d'une période, le dernier membre. Il Terme de musique. Terminaison d'une pensée musicale. Il 13°Termed'astrologie. Signe où une planète a moins de vertu et d'inlluence. |1 14° Terme d'horlogerie. Petit arc que parcourt la roue (]uand une de ses ailes quitte le pignon sur lequel elle engrène, et qu'une autre aile tombe sur la suivante. || Proverbe. De grande montée, grande chute, c'est-àdire plus on est dans une position élevée, plus la chute est profonde.
— llIST. xiii' s. Mes les gelines s'en effroient. Qui l'ont oî à sa cheoite; Chascune de foîr s'esploite, Ren. (323. Il XV* s. Et se tenoit pour le temps le sire de Coucy en Avfgnon, car bien quinze semaines y fut au lit d'une chute de cheval, iroiss. ii, 11,225. i[ XVI' s. Monsieur estoit campé sur un petit ruisseau, dans lequel un estang faisoit sa cheutte, d'aib. Ilist. I, 287. C'est un malplaisant discours à celui qui aime et honnore son pays et sa nation, d'en vouloir preannoncer les cheutes, langue, 2.
— lïTYM. Saintonge, chéle ; bourguig. chcute; provenç. cazuta; catal. cagguda; esjiagn. cciida; portug. caliida; ital. caduta. Cheute, aujourd'hui c/iu(e, est le féminin du participe cheùt, aujourd'hui chu; cheoite n'y déroge pas, car, au lieu de cheùt,
on a dit aussi dans l'ancien franç.ii» cheoit. La plupart des autre» langues romanes ont usé semblsblement de ce participe passé.
t I. CIIUTEU (chu-té), V. n. Terme très-familier. Tomber, en parlant d'une pièce de théâtre. Cette pièce a chuté.
— ÉTYM. Chute.
t 2. CHUTEK, V. a. Crier chut. Chuter un acteur. Il Absolument. Les uns applaudissaient, les autres chutaient.
— ÉTYM. Chut.
t CIIYLAIRE (chi-lê-r*), adj. Voy. chyleux.
CHYLE (chi 1') , s. m. Terme de physiologie. Fluide qui, dans les intestins grêles, est siiiaré des aliments pendant l'acte de la digestion, et que les vaisseaux dits chylifères pompent à la surface de l'intestin, et portent dans le sang pour servir à sa formation. Les aliments se confondent tous en une liqueur douce, qui devient une espèce de lait, nommé chyle, fén. Exist. 35. Il en résulte que les parties du chyle sont plus propres à être appliquées sur les fibres et à les nourrir, montesq. Esp. xiv, 2. Ce sang dépend de la formation du chyle, volt. Oreilles, 7. Le potage et le bouillon de viande leur font un meilleur chyle, j. j. Rotiss. Ém. 1.
— HIST. XVI' S. Les veines mezaraïques, par lesquelles le chyle se porte au foye, pour estre fait
sang, PARÉ, XV, 62.
— ÉTYM. Xu),o;, SUC, de xû"v, radical de yeiitit, verser.
tCHYLF-DX, EUSE (chi-leu, leû-z"), adj. Terme de physiologie. Qui appartient au chyle, qui a de l'analogie avec le chyle.
— ÉTYM. Chyle.
CHYUFËRE(chi-li-fê-r'), ad}. Qui porte le chyle.
Vaisseaux chylifères, ou, substantivement . les chylifères . ou veines lactées, les vaisseaux lymphatiques des intestins, ceux qui, s'emparant du chyle pendant l'acte de la digestion, le conduisent au canal thoracique.
— ÉTYM. Chyle, et ferre, porter.
CHYLIKICATION (chi-U-fi-ca-sion) , s. f. Terme
de physiologie. || 1° Élaboration qu'éprouve le chyme dans l'intestin grêle et qui le rend apte à fournir le chyle. Il 2° Action par laquelle la graLsse du chyme arrive dans les vaisseaux chylifères et qui a pour résultat la formation du chyle; action dite aussi cbylose.
— ÉTYM. Chyle, et facere, faire.
t CUYLIFIER (chi-li-fi-é)j v. a. Transformer en chyle. Il Sechylifier, i-.r^/î. Être transformé en chyle.
t CUYLOLOGIE (chi-lo-lo-jio) , s. f. Terme de physiologie. Histoire du chyle.
— ÉTYM. Chy'e , etXôyo;, traité (voy. logique). t CHYLOPOEÈSE (ki lo-pé-è-z'), s. f. Synonyme
inusité de chylification.
— ÉTYM Xu>o;, chyle, etnoieîv, faire.
t CUYLOSE (chi-lô-z'), s. f. Terme de physiologie. Voy. chylification.
— ÉTYM. Chyle.
t CUYLDRIE (chi-lu-rie) , s. f. Terme de médecine. Altération consistant en la présence de la graisse en éraulsion dans l'urine.
— ÉTYM. Chyle, et oîpov, urine.
f CHYME (chi-m'), s. m. Terme de physiologie. Masse alimentaire élaborée par la digestion stomacale et descendant dans le duodénum et l'iléon pour fournir le chyle
— ÉTYM. Xunôç, suc.
f CHYMIE (chi-mie), s. f. Voy. chimie.
t CUYMIFICATION (chi-mi-fi-ka-sion), s. f. Terme de physiologie. Conversion des substances alimentaires en chyme; digestion stomacale.
t CHYMIFIER (chi-mi-fi-é), r. a. Transformer en chyme. || Se chymifier, t'. réfl. Être transformé en chyme.
— ÉTYM. Chyme, et/ocere, faire.
CI (si), adv. de lien. || l'Ici, en parlant du lieu où on est, par opposition à là. Venez-ci. Vous trouverez-ci un de vos bons amis. Ctest particulièrement usité dans cette formule funéraire : Ci-gît un tel. Il 2° Dans les comptes de commerce il .se met avant la somme qu'il annonce. Deux mètres de drap à 25 fr. ci.... 60 fr. Il 3° Il se joint aux noms précédés de ce cette, ces, et aux adjectifs démonstratifs tels que celui, celle, pour exprimer une idée d'actualité et de proximité. X cette heure-ci. Cet homme-ci. Celui-ci, celle-ci. Cette vie-ci n'est qu'un songe. De cet exemple-ci ressouvenez-rous bien. Et quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien, mol. Sgan. se. 24. Point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci, la font. Fabt. vii, 6. Quoique je n'aie pas accoutumé de trouver fort
agréables les biens que l'on me fail i\ ces heures-la ^minuit], j'ai reçu celui-ci avec plus de contentement que je ne le puis dire, voit. I.clt. fli.llPar opposition à là. Cet enrant-ci, cet enfant-là. Ce n'est pas celui-ci, c'est celui-là. Celle-ci et celle-là. {| Interrogativement. 0 'esl-ceci? coiiN. Poly. iv, 6. Il ne faut pas confondre qu'est-ce-ci? et qu'est ceci? Le premier signifie : qu'y a-t-il ici ? le second : qu'est celte chose-ci? || 4° Immédiatement devant un adjectif ou un participe. Les témoins ci-présents. La pièce ci-jointe. La copie ci-inchise. i| Quand des adjectifs ou participes ainsi construits précèdent le substantif, l'habitude est de les lais.ser indéclinables. Vous trouverez ci-joint, ci-inclus une copie de la lettre. || B" Entre ci et demain, entre le moment présent et demain. Entre ci et là, entre le moment présent et un temps plus éloigné. Je voudrais qu'entre ci et là vous fissiez l'impossible pour vos affaires, sÉv. 78. Vous avez des fruits que je dévore déjà par avance, j'en mangerai l'année qui vient, si je ne meurs entre ci et là, id. 83. Je serai ravi de vous voir si je ne suis pas pendu entre ci et là, SÉV. 325. Il faut que les réflexions q\ie vous ferez entre ci et làvousôtent un peu des craintes inutiles que vous avez pour ma santé, id. 333. Je partirai enireci et la Pentecôte, m. 60. ]| 6'>De-ci,de-là,ioc. adv. De côté et d'autre. Il allait de-ci , de-là. || 7° Parci, par-là, /oc. adu. En diversendroits, de côtéetd'autre. Il Fig. X diverses reprises, sans suite. || 8° Ci-après,/oc. odr. Unpeuaprèï-.unpeuplusloin. Ci-après, vous trouverez votre compte détaillé. || 9° Ci-contre, loc. ndv. En regard, vis-à-vis. Je vous donne cicontre le détail des frais. La page ci-contre. || 10° Cidessus, Joe. adv. Plus haut. Cela se trouve déjà énoncé ci-de.ssus. || 11° Ci-dessous, loc. adv. Plus bas. Cela sera expliqué ci-dessous. || 12° Ci-devant, loe. adv. Précédemment. Rien n'était plus important [que de se cacher de la cour] , pour les rai.sons que vous avez vues ci-devant, retz. iv, 23t. J'admire qu'il ne se soit ci-devant trouvé personne qui ait remarqué, DESC.fœfws, 2. Ceux qui on tci-dev!int recherché la vérité, id. Mélli. 2, il. Je ne pense ni plus ni moins à votre sœur que ci-devant, boss. Lett. abb. 35. Il Précédent, d'autrefois. Le ci-devant gouverneur. Le roi d'E.spagne, c'est-à-dire le ci-devant, voulut l'autre jour visiter la bibliothèque vaticane, p. L. coiin. Lett. ii, 80. Voilà de singulières erreurs; mais nous autres ci-devant gens de qualité, nous avions coutume de dire que nous n'entendions rien aux affaires, MiRAnF:AU,Coi/ec/ion, t. iv,p. 228. || Dans le langage de la Mévolution, un ci-devant, un gentilhomme, c'est-à-dire un ci-devant gentilhomme, la république ayant supprimé les distinctions nobiliaires. Au plur. Les ci-devant. || 13°Ci-entour, loc. adv. Dans les environs.
— REM. On fait souvent la faute de dire : Cet homme ici, ce moment ici; et du temps de Vaugelas, pendant que tout Paris disait : Cet homme-ci, ce temps-ci, la plus grande partie de la cour disait: Cet homme ici, ce temps ici; Vaugelas lui-même était pour cette dernière façon de parler. Aujourd'hui il n'y a plus de choix: la première est la seule reçue dans le bon usage.
— HIST. XI' s. De ces parolesque vous avez ci dit, Ch. de Roi. X. Bien devons ci estre pour nostrerei, tb. ixxvii. li XII* s. Je irai là, et vous ci remandrez, Ronc. p. 15. De ci qu'as porz passanz [d'ici jusqu'aux ports qui servent de passages], ib. p. 34. Ci fust ii rois cui avons fait homage, ib. p. 05. Comme [il y] auroit ci très glorieus secours! Coud, vu. Tout a croisés amoureus à contendre D'aler à Dieu ou de remanoir chi, ib. xxiv. [Vous] Estes ci assemblé, amiranl et princier, Sax. vi. Entre ci que as portes n'i ot arrestoison, ib. viii. || xiii's. Et la navie vint par dedens le port, et de ci endroit aus [eux] : et là ci a un flum qui fiert dedens la mer, villeh. Lxxiv. 11 n' [y] ot plus bêle dame de ci jusqu'en Thessale, Berte, xxvii. Quant, pour venir droit ci [tu] me meïs en la sente, ib. xlviii. De ci [je] me vueil lever, si nous apareillons [ainsi préparonsnous], ib. Lxxvii. Ci devant [ici en face] maint [habite] Simons, preudoms est durement, ib. ex. Sauriez vous ci près maison ne casement? ib. De ceste chose ci, oiant vous, [j'J enquerroie, ib. cxvii. Ne mais [elle] ne sera aise de ci qu'aura seû Se c'est Berte sa fille.... ib. cxxiii. Vez-ci le roi Pépin que j'ai ci amené, ib. cxxv. Cy respond l'Amant à Haison, la Rose, 6932. || xvs. Et Bretons et François après, qui les encha.ssoient en fossés, en aulnaies et en bruyères, ci dix, ci douze, ci vingt, ci trenle,et les [les Hamands] combattoient de rechef, froiss. ii, u, t!)7. Les soudoyers de Mortaigne sont issus, et ont accueilli grand proie ci-entour. id. i, i, hô3.
Je vous conseille, beau fils, que vous départez de ci, ID. i, i, 448. Si m'en suis ci enfuie devers vous, iD. I, i, 7. Certes, dame, voyez ci votre chevalier qui ne vous fauldroit pour mourir, id. i, i, (1. Sire, les Escots sont à trois lieues i>rès de ci logés sur une montagne, id. i, i, 4o. Ne cy ne ailleurs, coHM. IV, n. Dont j'ay parlé ci devant, id. i, 2. Et commanda que tout souldain, Cy pris, cy mis, on chappellast Cinq ou six douzaines de pain, villon, I" Repue. Pour parler plein, elle se délivra, ci prins ci mis, après cette première course, d'un trîs beau fils, louis xi, Shuv. xxix. || xvi* s. Cy n'entrez pas, hypocrites, bigotz, bab. Garg. i, 64. Ta vertu, la quelle m'a esté par cy devant osprouvée, ID. l'anl. n, 8. C'est ci le premier indice qu'il nous convient ensuivre pour trouver l'ante christ, CALV. liistil. 010. Ceste esioit ci la façon commune et usitée, id. ib. 970. Ci après Dieu ne parlera point comme par avant par les uns ou les autres, ID. ib. 024. C'est ce qu'avons dit ci devant, id. ib. 1095. Tant que ceste vie ci dure, id. ib. 1077. Les citoyens de la ville d'Athènes Ont fait dresser ces trois images cy, AMYOT, Cimon, 12.
— f.TYM. Voy. ici; picard, chi.
Cl-APRftS, loc. adv. Voy. ci.
■[■ CIBAIRE (si-bê-r'), adj. Terme d'entomologie. Appareil cibaire, appareil de manducalion des insectes.
— ÉTYM. Le latin cibus, aliment.
t CIBATION (si-ba-sion), s. f. Opération chimique par laquelle on donne à une substance plus de consistance et de solidité.
— Rtym. Cibare, nourrir, alimenter.
t CIBACDIÈRE (si-bô-diê-r'), s. f. Terme de pêche. Sorte de filet.
CIBLE (si-bl'), s. f. Sorte de planche servant de but pour le tir de l'arc ou des armes à feu. Tirer à la cible. Au Ijord du grand chemin, ta vie est une cible Offerte à tout venant, v. iiuoo. Voix, 30.
— UEM. Cible n'est ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, ni dans Furetière ni dans Richelet.
— ftTYM. Génev. cibe; de l'allemand Scheibe, disque, cible. On trouve dans un poète du xiv* siècle: ....plus de cent. Voire de mil tout à un sible L'apeloient le roy paisible, machault, p. 406. Mais ce sible, dont le sens n'est pas clair, n'a rien de commun avec cible.
CIBOIRE (si-boi-r'), s. m. || 1° Vase où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion des fidèles. Le saint ciboire. Un beau ciboire. || 2° Petit dais, espèce de baldaquin dont on couvrait autrefois les autels.
— HiST. xiii* s. Ly donne cil communion.... Et puiz ly donne la sainte oille Qu'illec tenoit en sa chyboiUe, de laborde, Émaux, p. 214. Li fiexau bon roi Charlemaine.... Nous donna sainte Leochade; Là fu grant tens en no chiboire Leis [près] saint Maart, leis saint Grégoire, du cange, ciborium. Il XV' s. Le snpliant print, dedens le ciboire, ung calixe avec lequel estoit enveloppée une petite boite dedens laquelleestoitlecorpsde nostre Seigneur, id. ib. Ung grand cyboire d'argent doré, sans pié, pour mettre deux corpus domini, garni de pierres autour et au dessus ungpetitcrucifix, de LAnoitnE, Émaux, p. 214. Il XVI* s. Deux cyboires : ung de cristal garny d'argent doré, de perles et roses de vermeilles, et l'autre de fonte bien doré, id. ib.
— ÊTYM. Provenç. cibori ; ilal. ciborio; de ciborium, vase où l'on conserve les provisions, proprement gousse de fève, du grec xiëwpiov.
CIBOULE (si-bou-l'), s. f. Plante potagère, du genre de l'oignon {nlii>im fislulosum , /..).|| Proverbe. Marchand d'oignons se connaît en ciboules, c'est-à-dire chacun se connaît aux choses de son métier et n'y est pas facilement trompé.
— HIST. XV* s. Meschant, tu as puante aleine; Avale moy ceste ciboule , Uart. de St Etienne. jl xvi* s. Porreaux, oignons, ciboulles, muguettes, PARÉ, xviii, 4!. Les cibouilles ou civots participent de l'oignon et du pourreau, tenans de l'un la figure, et de l'autre la saveur, 0. de' serres, 51o.
— ÉTYM. C^rpuUa, ciboule, diminutif de crpo , oignon. Picard, ctfe ; Berry , ciïc, cti-o(; provenç. cebula, siveli ; espagn. cebolla ; ital. cip<dla, oignon.
CIBOULETTE (si-bou-lè-f), s. f. Nom vulgaire de la civette {altium sc/iœnoprasum, t.).
— ÊTYM. Diminutif de cibouie.
t CICADAIRE (si-ka-dè-r'), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble à la cigale. || S. m. Les cicadaires, l'amdle d'insectes hémiptères dont la cigale est le type.
t CICADELLE (si-ka-dè-l") , s. f. Terme d'ento-
mologie. Genre d'insectes hémiptères dans la famille des cicadaires.
— ÉTYM. Le latin cicada, cigale (voy. cigale}. CICATRICE (si-ka-lri-s'l , s. f. \\ 1' Marque ou
trace qui reste des plaies ou blessures après leur guérison. Une large cicatrice. Une ciciitrice difforme. Et (le ce front guerrier les nobles cicatrices Ne peuvent se couvrir que du bandeau des rois, volt. Biropc, 1, 3. Il avait une cicatrice au travers du nez, HAMiLT.Cramm. 7. || Terme d'histoire naturelle. Tissu qui réunit les solutions de continuité des divers systèmes organiques, animaux ou végétaux. || 2° Fig. Res.sentiment profond. Il est des blessures Dont un cœur généreux ne peut jamais guérir; La cicatrice reste, volt. TancT. v, 3. || Tort fait à la réputation. Ne craignez rien, calomniez toujours; Quand l'accusé confondrait vos discours, La place est faite; et, quoiqu'il en guérisse, On en verra du moins la cicatrice, J. B. nouss. Ép. i, liv. ). Aux musei.
— IIIST. XVI* s. Te deffios tu de ces mienes cicatrices et de ceste espéeÎAMYOT, Anton. 82. Ce dit cuir deperdu se peut régénérer par tout, fors que sur la cicatrice, paré, i, 3. Empeschant que l'ulcère ne soit menée à cicatrice, ID. vin, 15.
— ÉTYM. Le latin cicatrix.
t CICATRICIEL, ELLE (si-ca-tri-si-èl , è-l'), adj. Terme de chirurgie. Qui appartient à une cicatrice, qui la forme ou en provient. Tissu cicatricieL
— ÉTYM. Cicatrice.
tCICATRICULE (si-ka-tri-ku-1'), s. f. Terme d'anatomie. Tache blanche sur le jaune de l'œuf, qui indique le germe. Harvey remarque que la cicalncule se trouve dans tous les œufs féconds ou inféconds, BUFF. Animaux, systèmes sur la générât.
— ÉTYM. Diminutif de cicatrice.
t CICATRISABLE (si-ka-tri-za-W), adj. Qui peut se cicatriser.
— ÉTYM. Cicatriser.
t CICATRISANT, ANTE (si-ka-tri-zan, zan-t'), adj. Terme de chirurgie. Les topiques cicatrisants, ou, substantivement, les cicatrisants, topiques auxquels on suppo-ait la propriété de hâter ou de favoriser la cicatrisation des plaies.
t CICATRISATION (si-ka-tri-za-sion), s. f. Terme de chirurgie. État d'une plaie qui se cicatrise.
— IIIST. xiV s. Cicatrisation . 11. demondeville, f Si>, eerso. Il Justjues à cicatrisation, paré, y, 18.
— ÉTYM. Cicatriser.
CICATRISÉ, ÉE (si-katri-zé, zée), part, passé. Il 1° Fermé par une cicalrice. Une plaie à peine cicatrisée. || 2° Marqué d'une cicatrice. Son front cicatrisé rend son air furieux, boil. Ép. iv. Reine du monde, ô France, ô ma patrie. Soulève enfin ton front cicatrisé , bErang. En faut i de la Fr. Il 3° Fig. Pour moi si mon habit partout cicatrisé, RÉGNIER, Sat. II. (Il y a dans le texte cicatrice, qui était la forme du xvi* et même du xvii* siècle).
CICATRISER (si-ka-lri-zé), r. a. \\ 1' Opérer la cicatrisation d'une plaie. Il est certaines plaies que la naturenecicatrise pas sansl'aide del'art.ll 2° Faire, l.ii.sser des cicatrices. La petite vérole lui a cicalrisé le visage. || 3° Se cicatriser, v. réjl. Se fermer par une cicatrice. La plaie se cicatrise.
— REM. Scarron a employé cicatriser dans le sens de balafrer : Et de leurs grands coups [elles] scandalisent Ces géants qu'elles cicatrisent, Gigant. chant v.
— HIST. xvi* s. Et cet autre tout cicatrice, transi et pasie de faim, mont, i, 278. Dès qu'il n'estoit encore qu'un jeune homme, il avoit desjà l'estomac tout cicatrice de coups qu'il avoit receuz en diverses batailles, amvot, Caton, 2. Il en avoit le corps tout détaillé et cicatrice de coups, id. /l;i(on. 82. Qu'après l'ouverture le lieu soit mundifié, incarné, puis consolidé el cicatrizé. pari!, v, lO.
— ÉTYM. Cicalricarc, de cicatrix, cicatrice.
CICÉRO(si-sé-ro), s. m. Terme d'imprimerie. Caractère entre le saint- auguslin et la philosophie. Ce mot n'est plus guère usité dans cette acception, les caraclt''res étant généralement désignés par le nombre de points qui en exprime la force de corps; mais il est employé pour indiquer en typographie une mesure de longueur, qui est de onze ou douze points, suivant les différentes imprimeries.
— ÊTYM. Ainsi appelé de l'édition de Cicéron, faite à Rome en (458; Cicero, orateur romain, dont le nom vient de cicer, pois cbicbe (voy. cuiche).
CICEROLE (si-se-ro-l'), s. f. Terme de botanique. Nom du pois chiche.
— ÉTYM Cicer, pois chiche (voy. cniCHE). CICERONE (si-sé-ro-né; d'autres prononcent si-
.sé-ro-n'; d'autres enfin disent, à l'italienne, tchitché-ro-né), ï. m. Guide qui montre aux étrangers