‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 399 sur 504 · CLAQUE (kla-k'), s. f. || 1° Coup donné du plat · texte numérisé non relu

CLAQUE (kla-k'), s. f. || 1° Coup donné du plat

de la main. Donner une claque sur les fesses à un enfant. || 2° Troupe de claqueurs dans un tliéàtre. La claque s'efforça en vain de .soutenir la nouvelle pièce. Il 3" Nom d'une espèce de sandales que les femmes mettent par-dessus leurs souliers, pour se garantir de la crotle. Aux dominos que la dame rencontre Elle s'en va disant: ciQue je vous montre Monsieur Grognard, un franc original. Mon cordonnier qui prend des airs de bal. « Lors d'un peu loin dirigeant ses altaqi;es : m Tenez demain, pour trois heures un quart. Mes souliers prêts; entendez-vous, Grognard! — Oui, mais pour vous, point de souliers, des claques, r, pqns (de Verdun;, Contes et poésies, p. 08.

— mST.xiVs. Le dit Jacque avoit mis main à Andrieu Postel.... sus qu'il en temps passé avoit donné une claque à une certaine personne, ducange, claca.

— ÉTYM. Claquer.

2. CLAQUE (kla-k'), s. ?/i. i| 1° Chapeau qui s'aplatit et qu'on peut mettre sous le bras. Un claque rit commode au bal. Home verra sa broderie [de M. Millin] , son claque et sa dentelle , p. l. codr. Lett. n , «8. Il 2° Jouet (l'enfant, papier plié de façon à paraître plat comme un claque, mais qu'un mouvement rapide de la main fait ouvrir avec le bruit d'un coup de fouet.

-• ÉTYM. Clique I, h cause du bruit qu'il fait en fp. repliant.

CLAQUÉ, ÉE (kla-ké, kée),par(. passé. || 1° Frappé d'une claque. Ce poli.sson claqué comme il le méritait. Il 2° Applaudi. De tous les yeux vous êtes remarquée; De mille mains on vous verrait claquée, VOLT. Ép. Lxxx. Il 3' Souliers claqués, bottines claquées, souliers de femme ou bottines légères, garnis, auprès de la semelle, de cuir ou il'une autre substance moins perméable à l'eau que l'étoffe dont la chaussure est faite.

t CLAQUEBOIS (kla-ke-boî), s. m. Terme de musique. Sorte d'harmonica en bois, composé de dixsept bâtons qui vont en diminuant de longueur et qu'on fait résonner en frappant dessus avec des baguettes.

— ÉTYM. Claquer, et bds.

CLAQUEDENT (kla-ke-dan), s. m. || 1° Terme d'injure. Un gueux, un mi.sérable qui tremble de froid. Il 2° Familièrement, homme qui parle de lui-même avec jactance. D'où vient peut-être qu'on nomme ceux qui parlent beaucoup des claquedents, u'ablancouRT, Lucien, dans le koux, Dicl. comiq\ie.

— HIST. xv° s. Claquedent [un des satellites de Pilate], mystère de la Passion, dans lacurne.

— ÉTYM. Claquer, dent.

CL.AQUEMENT (kla-ke-man) , s. m. || 1° Bruit de choses qui s'entre-choquent. Le claquement de dents dans le froid de la fièvre. Le claquement des mains. Le moine maronite appelle par le claquement de deux planches l'étranger que la nuit a surpris, cha- TEAUB. Génie, iv, m, 5. || 2° Bruit du fouet lorsqu'on en frappe l'air.

— HIST. xvi' s. Quand il vit le bruit recommencer, avec un claquement gênerai des mains, Sat. «en. p. 05.

— ÉTYM. Claquer.

CLAQUEMURÉ, ÉE (kla-ke-mu-ré, rée) , part, passé. Renfermé étroitement. Que voudriez-vous que le courtisan fit d'une dame Honesta claquemurée dans son ménage? p. l. cour, i, 316.

CLAQUEMURER (kla-ke-mu-ré) , i'. a. || 1° Mettre en une prison étroite. Il nous faudrait toutes Dans des couvents claquemurer, la font. Aveux. Ô Marc René [d'Argenson, lieutenant de police], de qui la faveur grande Fait ici-bas tant de gens murmurer, Vos beaux avis m'ont fait claquemurer; Que quelque jour le bon Dieu vous le rende , volt. Bastille. Il 2° Familièrement. Se claquemurer, v. réfl. Se tenir renfermé. 11 s'est claquemuré et ne veut voir personne. || Tig. Que vous jouez au monde un petit personnage. De vous claquemurer aux choses du ménage ! mol. F. sav. i, t.

— ÉTYM. Claquer, et mur; proprement, claquer, c'est-à-dire, jeier dans des murs. Oudin, Diet., a claquemur, sorte de jeu qu'il traduit par aiallimuro.

t CLAQUE-OREILLE (kla-ko-rè-11', «mouillées), s. m. Terme populaire. Chapeau i bords pendants. Il Au plur. Des claque-oreilles.

CLAQUER (kla-ké), t;. n. || 1° Faire entendre un bruit sec et éclatant. Claquer des dents pendant un accès de fièvre. Claquer des mains pour applaudir. L'un claque, l'autre siffle; et l'antre du parterre. Et les cafés voisins sont le champ de la guerre, VOLT. Cabales. Faisant claquer un maudit fouet qu'il avait à la main, IIAMILT. Gramin. 3. Les monstres [crocodiles] poussent un cri, et faisantolaquer leurs mâchoires, fondent sur les étrangers, ciiateaubr. Génie, i, v, )0. || Fig. Faire claquer son fouet, se faire beaucoup valoir, faire l'important. Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre. Et je faisais claquer mon fouettout comme un aut.-e, rac. l'iaid. I, I . Il Faire claquer la rose, produire un petit bruit en pl'ant des feuilles de rose d'une certaine manière et les frappant contre le front, sorte de badinage duquel on tirait un bon ou mauvais augure du succès de ses amours. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° V. a. Claquer quelqu'un, lui appliquer un ou plusieurs soufflets. || 3° Claquer un acteur, l'applaudir. Je vous avertis que je joue le grand prêtre dar.s Sémiramis et que je suis fort claqué, VOLT. Lett. d'Àrgentiil, nov. )"02.

— ÉTYM. Sans doute onomatopée, qui se trouve aussi dans l'allemand : moyen haut-allem. klac, bruit; holland. klakkeii , faire un claquement.

CLAQUET (kla-ké; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriell'sso lie: les kla-kè-z et...; claquets rime avec traits, succès, paix), s. m. Petite latte placée sur la trémie d'un moulin, qui bat continuellemînt avec bruit. |{ La langue lui va comme un claquetde moulin, se dit de quelqu'un qui parle sans cesse.

— HIST. xvi's Que ton importun caquet [d'une

cloche] Soit fait compagnon du cla.iuet [petit engin pour faire du bruit], Du baril et de la besace D'un

ladre verd.... b. belleau, t. u, p. (0, dans lacurne. Elle claquette toute seule. C'est un moulin, c'est une meule D'un moulin qui tourne tousjours, id. ib. p. I3,s. Quand les porcs courent au claquet du chaudron et tiennent leurs groings dedans l'auge, merun cocAïE, t, i, p. 246, dans lacurne.

— ÉTYM. Claquer.

t CLAQUETER (kla-keté. Le I se double quand la syllabe qui suit est muette : je claquette, je claquetterai, je claquetterais), v. n. On prétend l'avoir entendue [la cigogne] claqueler on passant devant les portes, bufp. cigogne. || U se dit particulièrement de la cigogne et aussi du cri des poules lorsqu'elles veulent pondre. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir,

— HIST. xvr s. Il grince et claquette des dents, parB, Introd. ta. Un bruit d'un grand feu qui claquette, PARÉ, XXIX, 28. Clacquelant des dents, id. Anim. I8. Ils claquetent comme cigales, ils bourdonnent comme les mousches, id. ib. 26 Et de

coups redoublez l'un sur l'autre abondons. Font craquer leur maschoire et claqueler leurs dents, bons.

— ÉTYM. Claquet.

t CLAQUETTE (kla-kè-f), s. f. \\ 1° Sorte de crécelle qu'agitent les employés de la poste pour annoncer l'heure de la levée des lettres. || 2" Populairement, celui, celle qui aime à débiter des nouvelles. Cet homme est une claquette. || 3' Terme de musique militaire. Instrument garni do grelots et imitant le bruit d'un fouet. || 4° Espèce de livre formé de deux planchettes pour donner un signal en les faisant claquer. || 5° Espèce de carnet où les dames mettent leurs cartes de visite.

— ÉTYM. Claquer.

CLAQUEUR (kla-keur),i. m. Enlang.ige de théitre, applaudisseur gagé. Une troupe de claqueurs. Il Approbateur. Cet écrivain a ses claqueurs.

— ÉTYM. Claquer.

t CLAREQUET (kla-re-kê), s. m. Conserve transparente de fruits.

t CLAllET (kla-rè) , s. m. Nom que les Anglais donnent à toute sorte de vins rouges, surtout auv vins de Bordeaux.

— HIST. xv s. De boire vous vueillez garder Ypocras, claré et garnache [grenachel, e. desch. Poésies mss. f''486, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. CLAIRET.

t CLARETTE (kla-rè-t), s. m. Soite de petit vin blanc. Voy. clairette.

t CLARICORDE (kla-ri-kor-d'), s. m. Terme de musique. Ancien instrument à cordes, dit aussi manicorde.

— ÉTYM. Clair, et corde.

t CLARIÈRE (klariê-r'), s. f. \\ 1' Voy. clairière. Il 2° Terme do marine. Passage entre les banquises et les gros amas de glaces.

— ÉTYM. Clair.

CLARIFICATION (kla-ri-fi-ka-sion) , s. f. Opération qui consiste à séparer d'un liquide les particules solides qui s'y trouvent suspendues, et qui en troublent Il transparence. La clarification se fait d'ordinaire par l'ébullition, la despumalion et la filtration. La clarification arrive à do certaines liqueurs par le seul repos, ciiarhas, Pkarmac. liv. i, cli. 3|.

— HIST. xVs. Pour clarification [éclaircissement] et alegement de la pratique (levant dicte, est. de LA boche, Arismetique, f 34. Et qui plus est, si la lenebre obscure Ne peult [exister] avec clarification, Dieu qui estoit la clarté nette et pure.... J. marot, V, 295 et 296.

— ÉTYM. Clarificatio , de clarificare, clarifier; provenç. clarificacio ; espagn. clarificacion; ilal. chiarificazione.

CLARIFIÉ, ÉE (kla-ii-fl-é, ée), part, passé. Rendu clair. Eau clarifiée par un filtre.

CLARIFIER (kla-ri-fi-é), r. a. || 1" Rendre clair un liquide qui est trouble. || 2° Par extension, purifier. Clarifier un sirop. |i S" En langage mystique, rendre gloire à quelqu'un. Comme j'ai clarifié mon Père sur la terre, vous allez me clarifier, confesser mon nom et le porter dans tout l'univers jusqu'à la consommation dos siècles, mass. Conf. de la vocation à l'état ecclésiastique. \\ Aujourd'hui la chaire ne parai' plus le servir de ce mot. {| 4" Se clarifier, v. réfl. Deveni clairou limpide. Celle liqueur se clarifie.

— HIST xit' s. Cesle apparicions nostre Signer clarifiet ui cest jor [aujourd'hui], et li devocions et li honoiemenz des rois lo fait dévot et honraule, s. BERN. 65). Il XVS. Pour gloire el exaltation ae cestuy très crestien royaulme, clariffié par batturei et souffrance, o. cuastel, Chron. du duc Ph,uippe. Proesme. || ivi's. Pour le trouble clariffier Et nostre

CLA

honneur voriffler, Dictesqu'ennous tout bien abonde, j. MABOT, V, 303. Affin de claririler [illustrer] davantaige sa race, et donner à ses enfants une plus vive coulRur dn noblesse, carl. ix, 3. Tost après que l'ulcère fait par ledit cautère jette boue, la veue se clarifie, paré, viii, as. On donne aussi le petit laict cuit et clarifié, ID. xxi, 2. Si la doctrine rencontre les âmes mousses, elle les aggrave et suffoque, masse crue et indigeste; si desliées, elle les purifie volontiers, clarifie et subtilise jusqu'à l'exinanition, mont, iv, 42.

— lîTYM. Clarificarp, de clarus, clair, et facere, faire (voy. faire); provenç. clarificar, clarifiar; espagn. clarificar; ital. chiarificare.

CLARINE (kla-ri-n'), s. f. \\ 1° Sonnette qu'on pend au cou des animaux lorsqu'on les fait paître dans les forêts. Il 2° Terme de blason. Animal qui porte une sonnette.

— KiST. XIII" s. Landris li connestables au col de son cheval pendi un clarain , autel com l'en atache au col do ces be.stes qui vont en pastures, du cangk, clarasius. \\ xiV s. Un chien au col du quel, par esbatlement, il pandi une sonnette ouclare, queontacoustumé de porter vaches, brebis ou moutons, ID. ib. Robin trova un clarin de vaches, m. ib. \\ xv's. Ung clarant qu'on pend au col des beufz, id. ib.

— ÉTVM. Clair; ainsi dit à cause du son clair.

t CLARINE, ÉE (kla-ri-né,née), adj. Terme de blason. Animaux clarines, animaux qui ont des sonnettes.

— ÉTYM. Clarine.

CLARINETTE (kla-ri-nè-f) , s. f. \\ l'Instrument de musique à vent, à bec et à anche. Jouer de la clarinette. || Jouer de la clarinette avec son nez ou sur le bout de son nez, geste moqueur en usage chez les gamins et les jeunes soldats, qui consiste a tenir les deux mains aussi étendues que possible, le pouce gauche au bout du nez, le pouce droit touchant le petit doigt gauche, le tout dans la direction de la personne dont on se moque, et à remuer les doigts intermédiaires comme si l'on jouait de la clarinette. On dit dans le même sens jouer de la llûle sur le bout de son nez. || 2° Musicien qui ioue de la clarinette. C'est une excellente clarinette.

— ÉTYM. Diminutif de clarine; génev. clarinette. ■(■CLARINETTISTE {kla-ri-nè-ti-st'), s. m. Mot

qui se dit quelquefois pour désigner le musicien qui joue de la clarinette.

— ÉTYM. Clarinette.

f CLARISSE (kla-ri-s') , s. f. Nom des religieuses de Ste-Claire.

— ÉTYM. Claire, fondatrice de cet ordre, et née à Assise en H9).

t CLARISSIMAT (cla-ri-ssi-ma), s. m. Titre de clarissime.

— ÉTYM. Clarissimatus , du latin clarissimus.

t CLARISSIME (kla-ri-ssi-m'), s. m. || 1» Titre d'honneur très-fréquent dans le bas-empire. 11 s'est employé aussi comme adjectif. || 2° Par plaisanterie. J'ai écrit au clarissime, dont j'ai lu la dissertation avec grand plaisir, p. l. cour, i, 48.

— ÉTVM. Clarissimui, superlatif de clarus, illustre (voy. clair).

CLARTÉ (klarté), s. f. \\ l'Oe qui éclaire. Les hibous fuient la clarté. C'est vouloir que la rose au pavot se compare Et le nuage à la clarté, malh. vi, 2B. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles, corn. Cid, IV, 3. Enfin mes faibles yeux cherchèrent la clarté, RAC. Iphig. ii, i. Et la mort à mes yeux dérobant la clarté, id. Phèd. v, 7. 11 marche à la clarté de la lune, fén. Tél. xviii. 11 s'en fallait de beaucoup que la ville de Paris fût ce qu'elle est aujourd'hui; il n'y avait ni clarté, ni sûreté, ni propreté, VOLT. Louis XIV, 29. Il Poétiquement. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond des déserts brillante de clartés? rac. Alhal. m, 7. Dieu protège Sioii.... Je vois de toutes parts sa clarté [de Sion] répandue, ib. ni , 8. Un rang qui l'expose aux yeux de tout le monde. Dont je n'ai pu de loin soutenir la clarté, ID. Brit. Il, 3. Vos yeux sur cette nuit répandront la clarté, volt. Orp/t. ii, 7. Cet astre si brillant, si longtemps respecté, Penche vers son déclin sans force et sans clarté, id. Simiram. ii, 3. Si quelquefois les dieux pour des beautés mortelles Quittent de leur séjour les clartés éternelles, corn. Andromède, I, <. Il a» Flambeau. Faire apporter de K\ clarté. Demander de la clarté. Monsieur le commis.nire. Votre présence en robe est ici nécessaire : Suivez-moi, l'il vous plaît, avec votre clarté, mol. Écol. des mar. "1, <>• Il Poétiquement. Les noms et ies vertus de ces clartés errantes Par qui sont nos destins et nos mreurs différentes, la font. Fabl. xi, 4. C'est que jo vo.s les nots s.,mbres. Toi, les astres enchartésl

CLA

Hélas 1 je compte les ombres, Ouind tu comptes les clartés, v. iiuco, Voii intér. xn: || 3° Fig. La clarté du jour, la vie. Perdre la clarté du jour. Revoir la clarté du jour, revenir à la vie. ô frère, plus aimé que la clarté du jour! corn. Roaog. v, 4. Mais où vous a-t-il dit qu'il reçut la clarté? mol. l'Êtour. vi, 3. Il 4° Tout ce qui éclaire l'esprit. Quel effet a pu faire Des rayons immortels l'immortelle clarté? malh. i, 4. Les uns et les autres sont dans une extrême clarté naturelle, pasc. Géom. Pour .se voir affranchi de la prison du corps. Et contempler de près mes clartés infinies, corn. Imitation, m. 49. Quand, pour quelques clartés dont ton esprit abonde, Ton orgueil à quelque autre ose se préférer, id. ib. i, 2. Étrange aveuglement!— Éternelles clartés! corn, l'oly. iv, 3. Vous avez des clartés que mon insuffisance.... id. Sertor. ii, 3. Venez, derrière un voile écoutant leurs discours. De vos propres clartés me prêter le secours, BAC. Esth. 11, 8. C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles Tes clartés immortelles, id. Àthal. Il, 9. Je consens qu'une femme ait des clartés de tout, MOL. Femmes sav. i, 3. Et j'ai vécu depuis, sans que de ma maison J'eusse d'autres clartés [renseignements] que d'en savoir le nom, id. L'Étour. V, (4. Don Louis du secret a toutes les clartés, id. D. Gare, v, 5. Vous qui pour l'avenir avez tant de clartés. Ignorez-vous les maux qui vous sont apprêtés? LEMERC. Agamemn. iv, 6. Aux clartés dos chrétiens si son âme est ouverte.... volt. Als.v, 7. Et si Dieu ne te donne une clarté nouvelle, Ta probité te parle, il faut n'écouter qu'elle, id. ib. v, 5. Le plus vil témoin et les moindres clartés Nous montrent quelquefois de grandes vérités, ID. Xérope, II, I. Mais, sans tes clartés sacrées. Qui peut connaître. Seigneur, Les faiblesses égarées Dans les replis de son coeur? j. d. rouss. Ode 2, liv. i. Aspirez aux clartés qui sont dans la famille. Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs Que l'amour de l'étude épanche dans les cœurs, mol. F. sav. i, ). Comme vos yeux, votre âme a beaucoup de clartés, quinault, La comédie sans comédie, ii, B. Lutèce, si petite.... Et qui jette aujourd'hui.... Sous le nom éclatant dont le monde la nomme, Plus de clarté qu'Athène et plus de bruit que Rome, v. hugo, Voix intér. vu. || 5° Netteté, en parlant des idées et des expressions. Le génie de notre langue est la clarté. Vous m'apprîtes qu'il n'y avait rien en votre personne ni àl'entour que vous ne connussiez avec une clarté merveilleuse, voit. LMt. 34. La clarté dans les affaires est le premier devoir auquel il faut s'attacher, en quelque genre que ce puisse être, volt. Lett. Richelieu, 25 mars -1775. || Avoir de la clarté dans l'esprit, dans les idées, avoir des idées claires et nettes. || 6° Transparence, limpidité. La clarté du verre. La clarté de l'eau. || 7° État de ce qui est clair, poli, uni. La clarté de son teint n'est pas chose mortelle, malh. v, (2.

— REM. Au commencement du xvii" siècle, on disait souvent clairlé. Je sais bien que mon sort n'eut jamais de clairté Qui ne fût un rayon de Votre Majesté, DU RTER, Alcyonée, u, 3. Et le ciel.... Blanchissait de clairté les peuples d'Orient, Régnier, Ép. 1.

— HIST. XI' S. N'i a clartet, se li ciels ne s'i fent, Ch. de Roi. cix. Charles, chevauche; tei ne faudra clartet, ib. CLxxv. |1 xii' s. Jors ni solaus n'i va clarté faisant, lionc. p. 68. Très grant clartez li est au vis montée, ib. p. -161. ||xili"s. La clarté [elle] fait ester, qu'on n'i put rien choisir [voir], Berte, xiii. Nus boutoniers ne puet ouvrer de nuiz, quar la clartez de la nuit n'est mie souffisans à ouvrer de leur mestier, Liv. des met. <8B. Je avoie fait une meson, là où je mangoie moy et mes chevaliers à la clarté de l'uis, joinv. 278. Et s'il veut faire plus haute maison que la moie, je ne li puis deveer, tout soit ce qu'elle nuise à la clarté de ma maison, BEAUM. XXIV, 22. l|xv"s. Celle clarté qu'il avoit apportée, Si m'esveiUa du somme de soussy Où j'avoye toute la nuit dormy, ch. d'orl. Bal. 67. || xvi's. Comme une estoile diffère de l'autre en clairté, CALVIN, Instit. (487. La dame laissa la porte ouverte, et alluma de la clarté là dedans, parquoi la beauté de cette fille pouvoit estre vue plus clairement, MARG. Nouv. xviii. Parquoy s'ensuit qu'en toute clairté Son nom relu y t et sa vertu puluUe, j. MAROT, v, 29B et 296. S'estant esveillé en sursault tout emeu du bruit et de la clarté de la lune, qui rayoit dedans sa chambre, amyot. César, 81.

— ÉTYM. Génev. clairté; Berry, clairté, cl mouillés; bourguig. clertai, datai; provenç. claritat, , dardât, clartat; espagn. claridad; portug. claridade; ital. chiarità; du latin clarilatem, de clarus I (voy. CI. Mil). L'ancien françaisavait un verbe c/ariVr, |

CLA

dareier, être clair, brillant, qu'il est bien fâcheu , d'avoir perdu.

CLASSE (klâ-s'), s. f. Il f Division du peuple romain suivant certaines conditions sociales et polit'ques. Servius Tullius [roi de Rome] établit le c ■ ou le dénombrement des citoyens distribués > i. certaines classes, Boss. llist. I, 7. (| 2° Rangs établis parmi les hommes par la diversité et l'inégalité de leurs conditions. Les diverses classes de la société Les hautes classes. Les basses classes. Au moyei ."ige il y a trois classes de personnes, les nobles, les vilains et les serfs. |{ Ensemble des personnes qui ont entre elles une certaine conformité d'intérêts, de mœurs et d'habitudes. Classes gouvernantes. Classes industrielles, agricoles, ouvrières. La classe des avocats, des marchands, des rentiers. ||Les classes laborieuses, les ouvriers, celles qui travaillent spécialement. Il Par analogie. La classe des honnêtes gens. Cet ouvrage convient à toutes les classes de lecteurs. Il Un artiste, un peintre de la première classe, d'un mérite supérieur, d'un très-grand talent. || Familièrement. Un fripon de la première classe, fripon trèsadroit, très- audacieux. || 3° Ensemble d'objets qui sont de même nature, qui présentent les mêmes caractères. Classe de marchandises. || En histoire naturelle, classes, groupes généraux en lesquels se subdivisent les embranchements et qui sont formés par la réunion des ordres, comme ceux-ci le .sont par celle des familles composées ae genres, qui euxmêmes sont un assemblage d'espèces. L'homme seul fait une clas.se à part [parmi les animaux], BUFFON, Homme. || 4° Division. Partager en plusieurs classes. Classes de l'Institut. || Division avec l'idée de gradation, spécialement dans le langage polititique et administratif. Route de première classe. Médaille de première classe. |1 Cla.sse de fonctionnaires, correspondant plutôt à des différences de traitement qu'à des différences d'attributions. Un ingénieur de première classe. Une préfecture de première classe. Chaque ordre de tribunaux se divise en plusieurs classes. || Classe de contribuables d'après le chiffre de leurs impositions. Terres de première classe, les plus imposées. || Division d'après la qualité. Terres de première classe, terres les plus fertiles. Houille de première classe. || Division des places d'après leur commodité et leur prix dans les navires, les bateaux à vapeur, les chemins de fer. Une place de première classe , et par suite un convoi de première classe, par opposition à convoi omnibus. || 5° Ordre établi, pour régler le service dûàl'Ëtat, entre matelots et autres gens de mer, lesquels sont distribués par parties dont chacune se nomme une classe. |1 Les classes, en France, l'ensemble des gens de mer soumis à l'inscription maritime qui doivent leurs services à l'État pendant un certain nombre d'années. Les classes sont pour les gens de mer l'équivalent de la conscription pour les autres citoyens. Colbert distribua les pilotes et les matelots en trois, quatre ou cinq divisions, qui furent appelées classes, pour servir alternativement dans les armements de mer. || 6° Dans le langage administratif, l'ensemble des jeunes gens appelés chaque année à concourir au tirage pour le recrutement de l'armée de terre, ou de ceux qui, appelés sous les drapeaux, appartiennent à une même année. Les classes de I8I2, 18)3, 18)4, furent appelées par anticipation. || 7°Terme de collège. Distribution des élèves selon les différents degrés d'études. Le cours des études universitaires comprend sept classes de la huitième à la seconde et est couronné par la rhétorique et la classe de philosophie. La classe de rhétorique. La classe de septième. Basses classes. Hautes classes ou classes supérieures. Il a fait toutes ses classes, U a fait un cours d'études complet. Le possesseur du jardin Envoya faire plainte au maître de la cla.sse; Celui-ci vint, suivi d'un cortège d'enfants, la font. Fabl. ix, 5. li La classe, les écoliers. La classe a eu un congé, jj La salle où se donnent les leçons. Il a été mis à la porte de la classe, j | Le temps où les écoliers sont assemblés pour entendre la leçon; la leçon même. Troubler la classe. 11 n'y a pas de classe aujourd'hui. La rentrée des classes. || Faire classe se dit aussi du professeur. Il n'est pas habitué à faire classe. Il fait la classe de sixième. Il n'a ou ne fait que cinq classes par semaine. Il Ouvrir une classe, commencer à tenir école. Il Tenir classe, donner des leçons dans une classe. Il ne faut pas s'imaginer que Socrate tînt classe à la manière des autres philosophes, FÉit. Sotrale. \\ En dehors du collège, enseignement. Unt classe d'histoire. Une classe de chant. Les classes du conservatoire. Classe de solfège. || Les classes, l'ensemble des études, des professeurs et des écoliers,

CLA

CLA

CLA

i des manières de penser et de parler du collège. Un

enfant alors dans ses classés, i.a font, v, Il Un

lies plus grands principes de leur science et le fonilpment de leurs traités du vide; on le dicte tous les jours dans les classes, v».sc.Pesant. île l'air, Conclusion. [Ils] Ne vous parlent que d'Apollon, Do Pégase et de Cupidon, Et telles fadeurs synonymes, itporant que ce vieux jargon, Helégué dans l'ombre des classes, N'est plus aujourd'hui de saison, gkesset, Chartreuse. || 8° Populairement, endroit où les crocheteurs d'un quartier attendent qu'on les emploie.

— HlST. xiv* s. Servius ordena tout le pueple ro- I main en cinq grandes distinctions, lesquelles il appela classes, bercheure, f° 21 , reclo. \\ xvi" s. Leurs classes seroient plus décemment jonchées de fleurs que de tronçons d'osier sanglants, mont, i, 183.

— ÉTYM.Le latin classis, venant par contraction j de ealare, appeler, convoquer (voy. calendes).

CLASSÉ, ÉE (klâ-sé, sée), ^art. fasse. Mis dans

! un certain rang dit classe. Les végétaux classés par

I Jussieu. Les baleines classées parmi les mammifè-

res. Il Familièrement. Il est classé, on connaît sa

portée, sa capacité. || Matelot classé, matelot inscrit

sur les registres de l'inscription maritime.

CL.-VSSEMENT (klâ-se-man), s. m. || 1° Action de mettre dans un certain ordre. Faire un classement de papiers. Classement d'une bibliothèque. || Classement des fortunes en vue de l'impôt. || 2° État de ce qui est classé. Le classement des matitres.

— REM. Cioiîemffit n'est dans aucune des éditions du Dictionnaire de l'Académie antérieures à l'édition de 1836.

— ÉTYM. Classer.

CLASSER (klà-sé), V. a. \\ 1° Distribuer par classes. Classer des plantes. Il faut classer tous ces papiers. Il osa former le projet de décrire et de classer tous les êtres de la nature, conuohcet, Linné. Il Absolument. Un naturaliste qui classe. || Par extension, On le classa parmi les plus habiles. Quand le génie de Napoléon, la grandeur de son élévation , l'importance de son entreprise et l'habitude de leurs anciennes relations classaient encore Bernadotte [alors roi de Suède] comme son lieutenant.... ségur, Bist. de Napol. i, 4. || 2° Terme de marine. Inscrire un marin sur le legistre du quartier auquel il appartient. Il 3° Se classer, être classé. Ces objets se classeront difficilement. || Être apprécié. Du premier coup il se classa parmi les premiers de sa profession.

— REM. Classer ne se trouve dans aucune des éditions du Dictionnaire de l'Académie antérieures à l'édition de I835.'

— ÉTYM. Classe.

t CLASSEUR (klà-seur) , s. m. Portefeuille à compartiments.

— ÉTYM. Classer.

t CLASSICISME (kla-si-si-sm') , s. m. Néologisme. Système des partisans exclusifs des écrivains de l'antiquité, ou des écrivains classiques du xvii' siècle.

— ÉTYM. Classique.

t CLASSIFICATEUR (kla-si-fi-ka-teur), s. m. Terme didactique. Auteur de classifications.

— ÉTYM. Classifier.

CLASSIFICATION (kla-si-fi-ka-sion) . s. f. Action de distribuer par classes. Classification des marchandises. Il En histoire naturelle, distribution d'une collection d'êtres, d'objets, de choses, de quelque nature qu'ils soient, en classes, ordres, genres, espèces et variétés. Classifications naturelles ou méthodes, celles qui sont fondées sur l'ensemble des caractères. Classifications artificielles ou systèmes, celles qui sont fondées sur la considération d'un seul caractère. |1 Classification des maladies ou nosologie.

— SYN. CLASSEMENT, CLASSIFICATION. Le classement est l'action de ranger effectivement d'après un certain ordre : le classement des papiers. La classification est l'ensemble des règles qui doivent présider au classement efl"ectif ou qui déterminent idéalement un ordre dans les objets.

— ÉTYM. Classifier.

t" CLASSIFIER (kla-si-fi-é), ». a. Néologisme. Faire, étaiilir des classifications.

— ÉTYM. Latin fictif c/oisi/tcare, declassis, classe, et le suffixe ficare, faire.

CLASSIQUE (kla-si-k') , adj. \\ 1° Qui est à l'usage des classes. Les livres, les auteurs classiques. || Qui appartient aux classes. Exercices classiques. || Livre classique, nom donné, soit aux auteurs grecs ou latins expliqués, soit aux auteurs modernes ou aux livres admis dans les classes des lycées, des collèges, ou dans les écoles. Il Substantivement. Les classiques grecs, latins, || 2° Auteur, poète, ouvrage classique, celui qui est regardé comme un modèle. Vous me fai-

tes grand plaisir en m'apprenant que l'Académie va rendre h la France et à l'Europe le service de publier un recueil de nos auteurs classiques, avec des notes qui fixeront la langue et le goût, volt. ieK. Vuclos, U) avril 1761. Il Par extension, tout auteur, tout ouvrage qui fait autorité. Les ouvrages de ce jurisconsulte , de ce médecin , sont devenus classiques. Il 3° Oui appartient à l'antiquité grecque ou latine. L'antiquité classique. Les langues classiques, 1" grec et le latin. {| Par analogie. L'algonquin est la langue classique du désert, chateaub. Amer. iio. || Terre cla.ssique, la Grèce ou l'Italie antique. || Fig. Terre classique des beaux-arts, pays où ils furent cultivés avec le plus de succès, La Grèce est la terre classique delà liberté. Cette Ile fameuse [l'Angleterre], cet inépuisable foyer de si grands exemples, cette terre classique des amis de la liberté, Mirabeau, Collection, t, i, p. 338. || 4° Classique, par opposition à romantique, qui est conforme ou qui se conforme aux règles de composition et de style établies soit par les auteurs de l'antiquité grecque et latine, soit par les auteurs classiques du xvii' siècle. Poète classique. Poésie classique. Le genre classique , et, simplement, le classique. || En termes d'arts, qui rappelle la manière antique. Pureté classique. Cet artiste suit les traditions classiques.

— ÉTYM. Classe. Les grammairiens anciens appelaient écrivains ou poètes classiques ceux qu'ils mettaient dans la première classe; les modernes ont donné le même nom à ceux qu'on étudie dans les classes; d'où la série des sens : qui est donné comme modèle et qui, à ce titre, a\)partient à l'antiquité, et enfin qui est opposé à romantique.

t CLASTIQUE (kla-sti-k') , adj. || 1° Terme de géologie. Terrain, roche élastique, terrain, roche qui présente des traces évidentes de fracture. || 2''Anatomie élastique, pièces artificielles d'anatomie qui peuvent se démonter de manière à montrer les parties sousjacentes.

— ÉTYM. KÀasTÔ;, brisé, de xXiw, briser.

t CLATHRE (kla-tr') , s. m. Terme de botanique. Genre de champignons,

— ÉTYM. Latin clathri, barreaux, traverses.

CLATIR (kla-tir), V. n. Terme de chasse. Redoubler son cri, en parlant du chien qui poursuit le gibier. Peu usité.

— ÉTYM. Bas-latin, clatire, pour glatire (voy. glapir).

CLAUDE (klô-d'. Chifllet, Gramm. p. 225, recommande de prononcer glaude, prononciation que quelques personnes ont conservée), s. m. Imbécile, niais. C'est un vrai claude. || Adj. U n'est pas si Claude qu'il en a l'air.

— ÉTY.M. Claude. En latin Cioudtus, pris (comme Jeannot, par exemple) en un sens général et défavorable.

CLAUDE (reine-) , s. f. Voy. heine-claude. CLAUDICATION (klô-di-ka-sion) , i. f. Terme didactique. Action de boiter.

— HIST. XVI' s. La cause de la claudication et de l'emaciation est, que l'humeur aura jette l'os femoris hors de sa boette et lieu naturel, paré, xxi, i2.

— ÉTYM. Le latin claudicatio, de daudicare , boiter, dedaudus, boiteux; provenç. ciaudicado ; esp. daudicacion; ital. daudicazione.

t CLAUJOT (klô-jo), s. m. Un des noms locaux du gouet ou pied-de-veau.

CLAUSE (klô-z'), s. f. Terme de droit. Disposition particulière qui fait partie d'un traité, d'une loi, d'un contrat ou de tout autre acte public ou particulier. Clause expresse. Clause tacite. Clause dérogatoire. Clause irritante. Contrat qui porte une clause avantageuse, patru. Plaidoyer t2, dans richelet. Sans laquelle clause Le présent testament seranul, et pour cause, regnard, Légataire, iv, 6. Le parlement de Toulouse ordonna une procession annuelle pour célébrer la mémoire de Jacques Clément, en ajoutant la clause qu'on pendrait quiconque parleraitjamais de reconnaître pour roi Henri IV, volt. Lett. d/Argental, 1 août 1702. || Clause de six mois, celle qui résilie un bail à la condition de s'avertir six mois d'avance (propriétaire ou locataire). Bail sans clause, bail qui ne contient pas cette clause. Il Clause résolutoire, celle qui entraîne l'annulation d'un acte, soit dans le cas où l'une des parties n'exécute pas ses obligations, soit dans le cas d'un événement prévu. |{ Clause pénale, celle qui, dans un contrat ou un testament, soumet à une peine pécuniaire ou indemnité le contractant ou le légataire qui n'accomplira pas ses obligations. || Clause comminatoire, clause qui menace seulement, qui n'est pas encourue de plein droit et ne s'exécute pas à la rigueur.

— HIST. XII* 8. Li vers est d'une rime en cinc clauses cuplez : Mis langages est bons, car en France fui nez. Th. le mart. 106. || xiv s. Tant chief, tantes sentences : chascun en dit sa clause, Girart de Ross. V. 638. Il XV' s. Je sçay bien qu'il a bonne cause; Mais vous y trouverez bien clause. Si voulez, qu'il l'aura mauvaise, Patelin. ||xvi' s. U y a quelqu'un des vieillards qui, le matin avant qu'il» se mettent à manger, presche en commun toute la grangée. en se promenant d'un bout à aultre, et redisant une mesmç clause à plusieurs fois, jusques à ce qu'il ayt achevé le tour, mont, i, 237.

— ÉTYM. Provenç. dauia;du bas-latin ctouia, fermeture, chose fermée, bornée, déterminée, de clausus, participe passé de daudere, clore (voy. clobe). D'ailleurs le bas-latin dausa s'est confondu avec le latin classique dausula, qui avait un sens qu'on retrouve dans les exemples de l'historique. Dans la première moitié du xvi" siècle, Maigret, en son traité de grammaire françiiise, appelait clause la proposition comme renfermant une pensée parfaitement terminée.

t CLAUSICONQUE (klô-zi-kon-k"), adj. Terme de zoologie. Qui a une coquille fermée.

— ÉTYM. Lat. dausus, fermé, et conque.

f CLAUSOIR (klô-zoir) , s. m. Dans les constructions, dernière pierre d'une voûte.

— ÉTYM. Lat. daudere, fermer (voy. clore). CLAUSTRAL, ALE (klô-stral, stra-1'), adj. Oui

appartient au cloître. La vie, la discipline claustrale. La passion de posséder les bénéfices claustraux ou affectés aux religieux élait une pomme de discorde dont l'abbé [de Cluny] savait profiter, st-sim. 27», <7. Ces biens [ecclésiastiques] partagés en divers lots prirent le nom de bénéfices manuels, simples, claustraux, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Offices claustraux , certains bénéfices qui sont du corps d'une abbaye ou d'un prieuré. || Prieur claustral, le religieux qui est le supérieur des autres.

— ÉTYM. Claustralis, de daustrum (voy. cloître).

t CLAUSTRATION ( klô-stra-sion ) , s. f. Néologisme. Action d'enfermer dans un lieu étroit et resserré.

— ÉTYM. Lat. daustrum (voy. cloItre).

t CLAUSTRE ou CLOSTRE (klô-str'), s. m. Terme d'architecture. Les claustres sont des demi-cylindres creux (Je poterie, employés à garnir une balustrade.

— ÉTYM. Lat. daustrum, barrière (voy. cloître).

t CLAUSULE (klô-zu-l'), s. f. Conclusion, sentence. Peu usité. Il Terme de métrique ancienne, plus usité dans cet emploi. Petit vers jeté au milieu de grands vers de même espèce, quicherat, Tr.de versification latine, ch. 27. Clausule signifie aussi la terminaison d'un vers, le dernier pied ou les derniers pieds, id. ib.

— HIST. XVI' s. Par quoi l'apostre , disent-ils, comprend tout ceci par une clausule, qu'il faut que tous comparoissent devant le siège judiciîd du fils de Dieu, calvin, B6.

— ÉTYM. Provenç. et ital. dausula; du latin dausula, de daudere, fermer (voy. clore).

t CLAVAIRE (kla-vêr'), s. f. Terme de botanique. Genre de champignons à substance charnue ou tubéreuse et ordinairement en forme de massue. Toutes les grandes clavaires à chair tendre sont comestibles, mais particulièrement la clavaire coralloïde {chnaria coralloides, L.), connue vulgairement sous les noms de mainotte, menotte^ chevaline, barbe de bouc.

— ÉTYM. Le latin dava, massue.

t CLAVALIER (kla-va-lié) , s. m. Arbre d'ornement.

t I. CLAVÉ, ÉE (kla-vé, vée), adj. Terme de marine. Être clavé, être serré dans une banquise, se dit parmi les marins qui fréquentent Terre-Neuve.

— ÉTYM. Ane. franc, et patois, claver, fermer à clef; du latin doits, clef (voy. ce mot).

t 2. CLAVÉ, ÉE (kla-vé, vée), adj. Terme didactique. Qui est en forme de massue.

— ÉTYM. Lalin dava, massue, de ctai'us, clou (voy. clou) ; à cause de la forme de la massue.

I. CLAVEAU (kla-vô), s. «1.111° Terme d'architecture. Pierre taillée en coin, qui sert à fermer une plate-bande; à former le dessus d'une fenêtre ou d'une porte carrée ou d'une corniche. Cette pierre s'appelle voussoir, lorsque ces portes ou ces fenêtres sont en arcade. C'est le temps qui creuse une ride Dans un claveau trop indigent; Qui sur l'angle d'un marbre aride Passe son pouce intelligent, v. HUGO, Voix, 4. Il 2° Terme de construction. Pièce de bois disposée en biais, de manière à tendre vers le centre d'une arcade. || Pièce en saillie au milieu d'une arcade.

CLA

iirsT. XII* s. Raous le fiert, ciii mervelles fu hel Que li csciis ne li vaut un manlel, Kt de l'au- Lerc li rompi le clavel [clou], Raoul de C. v. J09.

— f.TYM. Provenç. da«eî, clou, hameçon, dard; catal. clavell; ital. chiavello; du latin clavelhis, diminutif de clavus (voy. clou). le claveau des anciennes armures est une sorte de clou; le ctot'cau des architectes est une pierre taillée en forme de coin.

2. CI-AVEAU (kla-vô), s. m. Terme de vétérinaire. Maladie éruptivo et contagieuse p.'opre aux bêles à laine, et qui parait avoir heaucoup d'analogie avec la petite vérole. || Nom donné par les vétérinaires à la matière claveleuse, susceptible de transmettre le claveau par inoculation.

— ÊTYM. Lat. olavellus, petit clou, diminutif de clavus (voy. clou); à cause qu'on a comparé la pustule du claveau à un clou.

). CLAVECIN (kla-ve-sin), s. m. Instrument de musiqueà clavier et à cordes métalliques, abandonné aujourd'hui, remplacé parle piano, et dans lequel les cordes pincées par un bec de cuir donnaient des sons trop uniformes. Un clavecin bien accordé ne fournit que des touches qui expriment la juste valeur de chaque son, FÉN. XXI, (48. 11 ne doit jamais chanter qu'au clavecin, i. J. houss. Ém. Ii. On a un vieux clavecin tout dérangé; Emile l'accommode et l'accorde, il est luthier aussi bien que menuisier, ID. ib. V. Toutes ces désinences heureuses [en e muet dans le français] laissent dans l'oreille un son qui subsiste encore après le mot prononcé, comme un clavecin qui résonne quand les doigts ne frappent plus les touches, volt. Lett. Tovaiii, 24 janvier 1761. Il Clavecin à ravalement, celui qui a plus de touches que les autres. Clavecin organisé, clavecin dont le clavier fait jouer un petit orgue.

— ÉTYM. Ital. gravicembalo , clavicembalo ; de clavicymbalum , du latin ctofis, clef, clavier (voy. clavier), elcymbalum, cymbale.

t 2. CLAVECIN ou CLAVESIN (kla-ve-sin), s. m. Terme de marine. Partie de la dunette consacrée à la distribution des chambres d'officiers; salon au milieu de l'espace occupé par ces chambres.

t CLAVECINISTE (kla-ve-si-ni-sf), s. m. et f. Celui, celle qui jouait du clavecin.

t CLAVEL (k!a-vèl), s. m. Terme de chimie. Soude d'une qualité inférieure.

t CLAVELADE (kla-ve-la-d'), s. f. Terme de vétérinaire. Synonyme de claveau 2.

— ÉTYM.CJatieoit 2.

CLAVELÉ, ÉE (kla-ve-lé, lée), adj. Terme de vétérinaire. Attaqué du claveau.

— HIST. XVI' s. Il est, par la vertu Dieu, hérétique; je dis hérétique formé, hérétique clavelé, hérétique bruslable, babel. Pant. m, 22.

— ÉTYM. Claveau 2.

CL.AVELÉE (kla-ve-lée) , s. f. Terme de vétérinaire. Synonyme de claveau 2.

— HIST. XV' s. Et puis je lui fesoie entendre, Affin qu'il ne m'en peust reprendre, Qu'ilz mouroient de clavelée. Patelin, )006.

— ÉTYM. Clavel, ancienne forme de claveau (voy. CLAVEAU 2) ; génev. gravelle.

t CLAVELISATION (kla-ve-li-za-sion), s. f. Terme de vétérinaire. Inoculation de la clavelée. La clavolisation a été préconisée par un grand nombre de vétérinaires et d'agriculteurs.

fCLAVELISER (kla-ve-li- zé), v. a. Terme de vétérinaire. Pratiquer l'opération de la clavelisation.

— ÉTYM. Clavelée.

t CLAVESIN (kla-ve-sin), s. m. Terme de marine.

Voy. CLAVECIN 2.

t CLAVET (kla-vè), s. m. Terme de marine. Fer àe calfat, ou calfat double.

— ÉTYM. Diminutif de clavus, clou (voy. clou). CLAVETTE (kla-vè-f) , s. f. Petite cheville plaie,

qui passe au travers d'une plus grosse pour l'ai réter.

— HIST. xu' s. Nis [même] la cuoule [le capuchon] e l'estamino En aveit il en une archete [boite] Que desfermout ceste clavete [petite clef], benoIt,

II, t2490.

— ÉTYM. Diminutif de clavis, clef (voy. clef). fCLAVICORDE (kla-vi-kor-d'), s. m. Terme de

musique. Espèce de clavecin.

— ÉTYM. Lai. clavis, clavier, et corde.

t CL.AVICORNE (kla-vi-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a les antennes en massue.

— ÉTYM. Lat. clava, massue, et corne.

t CLAVICULAIRE (kla-vi-ku-lê-v'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la clavicule.

-;- HIST. XVI* s. De la luxation de l'os claviculairo ou jugulaire, pahé, xiv, tl.

— ÉTYM. Clavicule.

CLAVICULE (kla-vi-ku-r), i. f. || 1" Petite clef,

CLA

usité seulement dans cette locution , la clavicule de Salomon, titre d'un livre de magie attribué faussement à Salomon. || 2» Terme d'anatomie. Os qui sert d'arc-boutar.t à l'épaule, et que l'on a ainsi appelé parce qu'on l'a comparé à la clef d'une voûte; ou, selon d'autres, parce que la forme en est la même que celle des verrous anciens.

— HIST. ivi's. Les clavicules semblent estre connexes avecques le sternon par un moyen os cartilagineux, PABÉ, II, 4. X la teste des dits omoplates, attacheras les os clavicules ou furcules, en les bien joignant avec le sternum, id. iv, Ch. compl.

— ÉTYM. Lat. clavicula, petite clef, de clavis, clef (voy. clef).

CLAVICULE, ÊE (kla-vi-ku-lé , lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Pourvu de clavicules. Animaux clavicules.

— ÉTYM. Clavicule.

t CLAVI- CYLINDRE ( kla- vi-si-lin-dr'), s. m. Terme de musique. Instrument à clavier dans lequel le son est produit par le frottement des cordes sur un cylindre de verre tournant.

CLAVIER (kla-vié; Vr ne se lie jamais; au pluriel i's se lie : les claviers et.... dites: les kla-vié-z et....), s. ?(i. Il 1° Petite chaîne ou anneau de fer pour réunir les clefs. Anciennement, le clavier faisait partie de la i>arure des femmes. || 2° Terme de musique. Assemblage des touches de certains instruments, le piano, l'orgue, la vielle, sur lesquelles on appuie les doigts pour tirer les sons. Sur le clavier quand votre main brillante Joue avec art une pièce savante, st- LAMBERT, Zipifre. Selon les diverses façons que l'organiste remue les doigts sur le clavier, desc. L'homme. Ces jours sont loin, poursuit-elle [la fée], où ton Ame, Comme un clavier, modulait tous les airs, bé-

RANG. Adieu chansons Vous dont la main de

flamme Fait parler au clavier la langue de votre âme, v. HUGO, F. d'automne, 34. || Présenter quelqu'un au clavier, lui mettre les doigts sur le clavier, lui donner les premières leçons de piano. Savoir son clavier se dit de l'enfant qui commence à apprendre et qui sait distinguer les touches. Posséder son clavier, toucher le clavier d'une manière exercée et habile. || Il y a des claviers de pédales, c'est-à-dire qui se remuent avec les pieds, dans les orgues. Il L'étendue d'un instrument quelconque. Il La portée générale, tableau indiquant les rapports des diverses clefs. Il 3° Dans les métiers, morceau de fil de fer ou de laiton plié en anneau vers le milieu.

— HIST. XVI* s. Le très gtorieulx clavier [porteclefs] de paradys, sainct Pierre l'apostre de Jesucrist, JEAN d'auton. Annales de Louis XII, ms. f" BO, dans LACDRNE. Moy je joueray sur le clavier, et feray resonner les orgues, paré , t. m, p. 688.

— ÉTYM. Lat. ciam, clef (voy. clef). Ciatit'er, dans l'ancien français, signifiait celui qui porte les clefs; et le clavier, dans la musique, a pris ce nom parce qu'il est la réunion des clefs.

t CLAVIÈRE (kla-viê-r'), s. f. Poisson de la Méditerranée (genre labre).

tCLAVIFOLIÊ, ÉE (kla-vi-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en forme de massne.

— ÉTYM. Lat. claia, massue, et folium, feuille. fCLAVIFORME (kla-vi-foi-m'), adj. Terme didactique. Qui est en forme de massue.

— ÉTYM. Lat. clava, massue, el forme.

t CLAVIGÈRE (kla-vi-jè-r') , s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères.

— ÉTY.M. LH. clava, massue, clgerere, porter.

t CLAVI-HARPE (kla-vi-har-p') , s. m. Terme de musique. Sorte de piano où les marteaux frappent des cordes de harpe ou disposées comme dans la harpe.

— ÉTYM. Lat. clavis, clef, clavier, et harpe.

t CLAVI-LYRE (kla-vi-li-r'), s. m. Terme de musique. Espèce de clavi-harpe.

.— ÉTYM. Lat. clavis, clavier, elUjre.

t CLAVIN (kla- vin), s. ni. Autre nom de la clavelée.

— ÉTYM. Lat. clavus, clou.

t CLAVIPALPE (kla-vi-pal-p"), adj. Terme d'entomologie. Qui a bs antennes en forme de m.issue. Il S. m. Genre de coléoptères.

— ÉTYM. Lat. clava, massue, el palpe.

t CLAYER (klè-ié) , s. m. Grosse claie.

— HIST. XV' s. S'il y a aussi bourbe qui nuyse à passer, car en ce cas il fauldroit porter des claiers ou des fagotz.... leJouvencel, i° 28, dans l.\cubne.

— ÉTYM. Claie.

t CLAYÈRE (klè-iê-r'), s. f. Parc inondé, sorte de grand marais ou de grand étang rempli d'eau de mer dans les grandes marées et dans lequel on jette les huîtres après les avoir pêchées, pour les y nourrir et engraisser.

CLE

— ÉTYM. Claie, à cause de la clAture de ces parcs.

t CLAYETTE (klè-iè-t'), s.f. Nom donné à l'assemblage de vingt-quatre maniveaux de champignons.

— ÉTYM. Diminutif do claie.

t CLAYMORE (klè-mo-r), s. f. Grande et lar^u épée des Gaëls d'Éco.sse,et dont le nom leur sert de cri de guerre.

— ÉTYM. Mot Celtique, contraction du gaélique claidheamh , épée, et mor, grand: grande épée.

CLAYON (klè-ion) , s. m. \\ i" Sorte de petite claie en jonc ou en paille, servant à dilférents usages, et entre autres à faire égoutterlcr fromages. || Petite claie ronde sur laquelle on porte les pStisseries. 11 2° Claie servant de clôture. Comme un clayon léger qui parque des brebis, Nous avions devant nous vu tomhor nos murailles, mass. llelvél. m. H 3° Terme de ponts et chaussées. Brin de bois flexible servant îi la construction des clayonnagcs. 114° Carré d'osier dont l'arçonneur se sert pour ramasser au milieu de la claie l'étolTe qui est éparse. |1 Natte dont on couvre les cuviers de lessive.

— ÉTYM. Claie.

CLAYONNAGE (klè-io-na-j*) , s. m. Assemblapde pieux et de fascines sous forme de claies, destiH' à soutenir des terres ou à défendre contre les eaux les bords des rivières. L'Académie peut en juger |iar le fragment de clayonnagequejomets sous ses yeux; la quantité d'huttres n'y est i as moindre que sur les fragments de roche, coste. Comptes rendus, Acad. des se. t. LU, p. 120. Il Faire un ciayonnage, enfermer quelque espace avec des claies qui empêchent les terres de s'ébouler.

— ÉTYM. Clayon.

CLÉ (klé) , s. f. Voy. clef.

f CLÉCHÉ, ÉE (klé-ché, chée), adj. Terme de bl?son. Se dit d'une pièce ouverte à jour qui laisse vo'i le champ de l'écu.

— ÉTYM. C'tef. CUcM s'explique étymologiquement par une forme fictive clavicatus.

CLEF ou CLÉ (klé; Vf ne se prononce jamais; au pluriell'sselie: les clefs étaient.... dites: lesklé-z étaient), s. f. || 1° Instrument ordinairement en fer, servant à ouvrir et à fermer une serrure. Une clef de caisse, de secrétaire, de bureau. 11 est bien assuré que l'angoisse qu'il porte Ne s'emprisonne pas sous les clefs d'une porte, malh. i, 4. La foi, l'honneur et la raison Gardent la clef de leur prison. malh. VI, <0. Dans une armoire dont j'ai la clef, noss. Lettr. Corn. ii2. J'en garde la clef, mol. VKtour. V, i. Un endroit dont il gardait toujours la clef,FÉK. Ki. VIII. LaclerducofTre-fortetdescœurs, c'est la même; Que si ce n'est celle des cœurs. C'est du moins celle des faveurs, la font. Le petit chien. Il Fermer à clef, à la clef, avec la clef, fermer à un, deux tours. C'est un miracle.... qu'il ne m'ait.... F.nfermée à la clef, mol. Ée. des maris, i . 2. Fermantsur lui la porte àla clef, j. j. Rousseau. £m. u. | Cette porta ferme à clef, elle est munie d'une serrure. Les portes de beaucoup de maisons ne fermaient point à la clef, BERN. DK s. -p. Paul et Virg. \\ Fausse clef, clef imitée ou non, dont les voleurs se servent pour ouvrir les serrures. || Gentilshommes de la clef d'or, certains grands officiers de la cour d'Autriche, d'Espagne et autres, qui ont le droit d'entrer dans la chambre des princes, et qui, en signe, portent une clef d'or à leur ceinture. 1| Clef de chambellan, charge de chambellan. || Fig. Jeter, mettre les clefs sur la fosse, renoncera la succession d'une personne parce qu'elle doit trop : locution qui vient de ce que, dans l'ancien droit, la personne qui renonçait mettait effectivement les clefs sur la fosse. || Fig. Mettre la clef sous la porte, déménager furtivement. Le premier, mourant de faim, a mis la clef sous la porte et s'en est allé, p. l. cour, ii, 286. || Fig. Prendre la clef des champs, s'évader, prendre la fuite. Donner la clef des champs , donner la permission de sortir, de s'en aller. || Avoir U clef des champs, être en liberté d'aller où l'on veut. Caliste N'eut pas la clef des champs, qu'adieu les livres saints, la font Coupe. Il [mon génie] veut, pour se produire, avoir la clef des champs; C'est lors qu'il court d'haleine et qu'en pleine carrière, Quittant souvent la terre en quittant la barrière. Puis d'un vol élevé se cachant dans les cieux. Il rit du désespoir de tous ses envieux, corn. Excuse à Ariste. || Fig. Sous clef , en prison. Une lettre de cachet le tenait sous clef. Il Dans un autre sens, tenir sous clef, tenir caché. Il tient la vertu dans le cabinet ou sous la clef, boss. Honn. :<. M. de Noailles, tout dévotement, élan sournoisement dans le même goût [des filles et des pots] sous cent clefs, st-sim, 95, 7. J'écris àCramar

CLE

et je lui mande qu'il mette les autres exemplaires sous la clef, volt. I.ell. HichiHieu, )'J juillet ("73. il Terme de blason. Il y a des clefs posées en pal , en sautoir, ou couchées, ou adossées selon la disposition (les pannetons. Le pape perle deux clefs posées en Wutoir. Il 2» Les clefs d'une ville, les clefs qui ferment /es portes de la ville. Présenter les clefs d'une vUle uu vainqueur, se rendre. L'trecht envoya ses clefs et capitula avt'i'. toute la province, volt. Louis XIV, 8. Ou'aisément ils [les étrangers] ouvraient les portes Dont nous avions livré les clefs, uérang. Cocarde. Il 3" Fig. Passage, place par où l'on peut avoir accès da]isunpays. Les Theraiopyles sont la clef de la Grèce. Il livra le Plavre de Griice, c'est-à-dire la clef du royaume, bûss. Déf. Pour le Guipuscoa, c'était un leurre de le prendre pour une clef d'Kspagne, «T-siM. 82, es. Il 4» Terme de théologie. La puissance des clefs, la puissance d'ouvrir et de fermer le paradis, de lier et de délier, de condamner et d'absoudre, que Jésus-Christ donna à ses apôtres. Il Les clefs de saint Pierre, l'autorité du saint-siége. Il Lesclefsdu royaume descieux, lapuis.sance de lier et de délier. Le grand principe de MM. Claude et Jurieu est que Jésus-Clirist a donné les clefs non au corps des pasteurs, mais au corps de toute l'Eglise, FiîN. Il, 29. Il 5' Ce qui ouvre, ce qui prépare, ce qui explique. Ne leur donnez jamais la clef de vos affaires, fén. Tél. xxiv. Les gens artificieux avaient trouvé la clef de son cœur, id. ib. xvi. Tout autant de dévolions que vous trouverez dans ce livre sont autant de clefs du ciel, pasc. Prov. 9. Les langues sont la clef ou l'entrée des sciences, et rien davantage, LA BRUY. XII. C'est une des clefs qui ouvrent l'intelligence des prophéties, boss. //ts(. ii,9. La générosité étant comme la clef des autres vertus, desc. Pass. (fi). Nous aurions en main la clef du mystère, Boss. Avert. 2. X moins qu'on n'ait la clef de tout le mystère, ID. Var. 4. Peut-être tirerait-ondes mêmes principes la clef des faux jugements, j. J. Rouss. Hél. IV, M. Ceux qui n'auraient vu dans la chimie qu'une suite d'expériences curieuses, de théories abstraites, apprenaient à la regarder comme la clef de l'histoire naturelle, C0NL'0rcI';t, Bucquet. Il La clef du caveau. Voy. caveau. || 6" Convention d'après laquelle on peut lire une écriture .secrète. Il Clef du chiffre, alphabet convenu d'avance qui sert soit à chiffrer soit à déchiffrer les dépèches se- • crêtes. || Explication de caractères énigmatiques, ou 'de noms supposés. La clef de la cabale. Les clefs du livre des Caractères de la Bruyère. Ajouter une clef à un ouvrage, faire connaître le nom des personnes à qui il est fait allusion. || 7° Par extension, ensemble de connaissances ou de i enseignements nécessaires pour comprendre une chose. La clef d'un système de philosophie. La clef d'une affaire. Vous pourriez prendre certaines vues justes qui vous donneraient une clef générale de tous les détails, fén. xviii, 380. Voilà, sublime dervis, la clef de la nature, montesq. Letl.pert. 97. Et qu'est-ce que la vie? L'n réveil d'un moment! Labyrinthe sans clef! question sans réponse! LARM. Harm. m, 9. || Clef des fêtes mobiles, indication à l'aide de laquelle on connaît les jours où tombent les fêtes mobiles. || 8° Terme de musique. Caractère de musique posé au commencement d'une portée, pour déterminer le degré d'élévation de cette portée dans le clavier général et indiquer le nom des notes placées sur la ligne de la clef. 11 y a trois clefs, la clef de fa, la clef de sol et la clef d'ut. On voit que, pour rapporter une clef à l'autre, il faut les rapporter toutes deux sur le clavier général, au moyen duquel on voit ce que chaque note de l'une des clefs est à l'égard de l'autre; c'est par cet exercice réitéré qu'on prend l'habitude de lire aisément les partitions, j. j. rouss. Dict. de musique, clef. De quelque caractère que puisse être une voix ou un instrument, pourvu que son étendue n'excède pas à l'aigu ou au grave celle du clavier général, on peut lui trouver une portée et une clef convenables, m. ib. \\ Fig. Laisse-moi ton bémol, prends la clef de nature, réonier, Sat. x. || 9° Ce qui, dans les arts, sert à ouvrir, à fermer, à serrer, à détendre, à monter et à démonter des instruments, desappareils, des machines, etc. || Fig. Que l'argent est la clef de tous les grands ressorts, mol. Éc. des f. I, 6. Il La clef d'un robinet, la partie mobile qui sert à l'ouvrir et à le fermer. |! U clef d'un poêle; petite bascu'.e de la largeur du tuyau à l'intérieur duquel elle est placée, et qui est posée sur un axe mobile qui sert à la faire mouvoir. || La clef d'une montre, d'une pendule, petit instrument creusé en carré avec lequel on monte le ressort. || Iji clef d'un piano, d'une hirpe, instrument qui sert à tourner les chevilles s'c lesquelles les cordes sont enroulées. || Les clefs

DtCT. VF. LA LANGUE FRANCAISK.

d'un in.strument à vent, les pièces mobiles au moyen de.squelles le musicien ouvre et ferme les trous de l'instrument. || Clef de pressoir, la vis qui serre et desserre le pressoir. || Une clef de voiture, l'instrument qui sert à monter, à démonter et à serrer les écrous. Il Clef de lit, instrument avec le(|uel on tourne les vis pour monter et démonter un bois de lit. Il Clef de pistolet, de carabine, d'arquebuse à rouet, se disait autrefois de l'instrument avec lequel on bandait ces armes. || Clef d'étau, morceau de fer qui sert à serrer l'étaj. || Clef anglaise, espèce de marteau à deux mâchoires, dont une se meut par une vis et qui sert à serrer et à desserrer. || Clef de forceps, petit instrument de fer destiné à fixer le bouton qui unit les branches du forceps. Clef de trépan, petit instrument d'acier qui sert à monter la pyramide du trépan et à la démonter quand la voie de la couronne est assurée. || 10° Terme d'architecture. Clef de voûte, pierre du milieu et du haut d'une voûte, et qui, étant plus étroite en bas qu'en haut, presse etaffermit toutes les autres [derres composant la voûte. [U voyait] ....les feux dispersés dans des nuits embaumées, Calculant sans compas leurs courbes enflammées. Sous la voûte sans clef flottant de toutes parts, lamart. Harm. u, )2. MKig. Le point capital d'une affaire. Les règlements ne sont que le cintre de la voûte dont les mœurs forment la clef, J. J. ROUSS. Conlr. u, <2. || Clefs du crâne, nom donné autrefois aux os worraieiis, Il 11" Dans les métiers, ce qui sert à fixer, tenir ferme, élargir. |{ Clef de poutre, courte barre de fer dont on arme chaque bout d'une poutre et qu'on scelle dans les murs où elle porte. || Clef de cliarpenterie, pièce de bois qui est arc-boutée par deux décharges pour fortifier une poutre. || Clef de menuiserie, tenon qui entre dans deux mortaises, collé et'chevillé pour l'assemblage des panneaux. {| Terme de tourneur. Espèce de coin de bois, d'un pied de longueur et d'un pouce d'épaisseur qui, entrant dans une mortaise ménagée à la queue des poupées, les affermit sur les jumelles, par-dessous lesquelles ces clefs sont placées. || Terme de cordonnier. Clef de forme, morceau de bois qu'on fourre dans une forme brisée pour élargir le soulier. Clef d'embouchoir, morceau de bois que l'on met dans l'emboucboir pour élargir les bottes. || Clef de relevée, tige à anneau servant de tête de sonde. Clef de retenue, canal où glisse une tige de sonde. || Dalle de pierre mobile placée sur la voûte d'une fosse d'aisance pour en boucher l'entrée. On dit aussi tampon. |{ 12°Terme de marine. Pièce de charpente placée horizontùlement pour tenir un bâtiment droit dans sa forme. Clefs de ber, arcs-boutants dont un bout s'appuie sur les bords de la cale. || Petit billot qu'on enfonce entre les varangues des bâtiments en construction. Il Gros boulon carré traversant la caisse des mâts de hune pour les supporter. || Être en clef, eu parlant d'un mât supérieur qui, ayant atteint sa hauteur, repose sur la clef scule. || Demi-clef, sorte de nœud très-simple dont la propriété est de se serrer beaucoup lorsque le cordage est fort tendu, et de se défaire très-aisément lorsque le cordage est lâche, jal. Il 13° Terme de dentiste. Clef anglaise ou clef de Garengeot, instrument qui sert à arracher les dents. Il 14° Terme de vénerie. Clefs de meute, les meilleurs chiens d'une meute. Les clefs de meute, parvenues X l'endroit où pour mort le traître se pendit, Remplirent l'air de cris, la font. Fabl. XII, 23. Il Fig. et lamilièrement, clef de meute se dit d'un homme qui a beaucoup de crédit dans sa compagnie, dans son parti. |{ Terme de fauconnerie. Se dit (les ongles de derrière d'un oiseau de proie. Il 15° Terme de pêche. Sorte de nœud qui sert à attac'ier les hameçons aux empiles , les poids aux cordes et les cordes aux piquets. || 16°Clef-de-mûntre, nom d'une plante, la lunaire commune {lunaria antiua, L.).

— filST. XI' s. Tenez les clés de ceste cllet large, Ch. de liol. Li. Il xii"s. De Saragoce les des emporterez, lioiic. p. 31. X prince terrien ne volt aine Dous baillier Les clefs del ciel, qu'il poent lier et desber; Mais as ordenez fait sa poesté traitier, Tk. le mart. 9l. ||xiii*s. [Elle] De tout portoit les clés, qu'ele l'ot deservi [mérité], Uerte, Lix. Le poslic [elle] refreme à la clef. Lai d'Ignaures. Li rois Jehans et la crestientés de France et de Lombardie et de Toscane et d'Alemaigne ont assise [assiégé] Damiette, et bien savent que c'est li clés de la terre, Chron. de Hainx, 89. C'est la clef de nostre terre, et par illeuc nous vient toute nostre pourveance, ib. 90. Toutes les fois qu'on va penre [prendre] por dete par justice, et cil sor qui on va penre ne veut debonerement monstrer se» ciiozes, les slés le roi

CLE

[la force qui ouvre tout] doiveiil estre fêles, beaum. Liv, «. Li boens rois de Nav.irre, qui lait ^i beia terre. Que ne sai où plus bêle puisse on troveir ne querre; Mais hom doit tout laissier por l'amor Dieu conquerre , Ciz volages est cleis qui paradix desserre, RLTEB. 138. Et je regardé une coignée qui gisoit illec, si la levai et dis que je feroie la clef le roy, jomv. 280. ]| xiv° s. Se tu pi'es sentir ou veoir Que tes ennemis asseoir En bourc, en chastel ou en viilo Te veillent, aie tant de guille Qu'adès aies la clef des chans, machault, p. H3. || xv° s. Un très fort chastel qui est la clef et l'entrée de Bretagne, froiss. i,i, tS5. En le gardant en loyaulté, Soubzclef de bonne voulenté, cii. d'orl. Bal. 32. Mais la despartie [séparation], sans double. Est la clef de nostre œuvre toute, LA FONT. 054. Il n'y failloit [à l'arbalète! ne corde ne clef pour la descocher, Perceforest, t. IV, f° 22. Quant aux autres qu! ne se peurent sauver assez à temps dans icelle ville, ils prirent les clefs des champs à l'atlvenlure, les uns par eaue et les autres par terre, jean chaiîtier, p. 280, dans lacurnr. Là [après la mort de Philippe, duc de Bourgogne] renonça la duchesse Marguerite si femme de ses biens meubles, pour la double qu'elle ne trouvast trop grands debtes, mettant sur sa représentation sa ceinture, avec sa bourse et les clefs, comme il est de coustume, monstril. i, (7. || xvi's. Il le conjura fort confidemment de luy donner la clef de ce mystère, llém. s. du G. ch. 7. Ils passeront deux ou trois heures à jouer au llus, à la séquence, à la condemnade, au trou madame, à \a clef, à remue ménage, chouères, Cotaes, f* (74,

dans LACURNE.

— ÉTY.M. Bourgilig. clar; provenç. clau; anc. espagn. c/are; espagn. niod. iiaie; portug. chart; ital. chiave; du latin clavis, clef, dont le radical est dans clau-dere, fermer.

t CLKIDO.... préfixe mal orthographié, venant de x).£l;, x).£tôèî, clef, et devant s'écrire clid, Vu se rendant en français par t. Voyez les mots commençant par clido.. .

CLÉMATITE (klé-ma-ti-f) , s. f. Plante grimpante, du genre clematis. Laclématite en fleurs se suspend aux arcades, lamart. Hnrold, v.

— ÉTYM. K),r|t).aTÎTi; , de x).ï||ji,aTiç, menue branche, de x)ii[ia, branche, de v.).â/, rompre.

CLÉMENCE (klé-man-s") , s. f. Vertu qui, chez une personne puissante, consi.st» à pardonner les offenses, et à adoucir les châtiments. Un acte de clémence. La clémence est la plus belle marque Qui fasse à l'univers connaître un vrai monarque, corn. Cinna, iv, 4. Une aveugle clémence. Loin d'arrêter le crime, en nourrit la licence, rac. Eslh.iii, 4.... Le sceptre d'or que vous tend cette main Pour vous de ma clémence est un gage certain, :d. ib. II, 7. Que lui peut-on reprocher, sinon la clémence? BOSS. Reine d'Anglet. Songez que ma clémence a

surpassé mes crimes, volt. Ali. v, 7 Lassant

enfin les clémences célestes. Le monde à ces signes funestes Ose répondre en les bravant , v. iiuco, Odes, !, fl. Sans jamais écouter ni pitié ni clémence Qui te parle pour eux, malh. ii, I2. Coupa- Lies, approchez : De la chaîne des ans les jours de la clémence Sont enfin retranchés, gilbert, Jug, dernier. || Indulgence d'un père pour ses enfants. On doit toujours espérer en la clémence d'un père.

— HIST. X' s. Par souue [sa] clementia, Eulalie. Il XVI" s. Qu'ilz n'abusent de la clémence dont avons usé envers les simples, condé, itémoires, p. 554.

— ÉTYM. Le latin clementia, de démens, clément. CLÉMENT. ENTE (klé-man, man-f), adj. Qui a

de la clémence. C'était la force et la sévérité qui sortait du doux et du clément, mass. Or. fun. Dauph. Je veux bien avouer de lui [Charles I"] ce qu'un auteur célèbre a dit de César : qu'il a été clément jusqu'à être obligé de s'en repentir , boss. Reine d'Anglet. Ainsi mourut César; il fut clément et brave, volt. Triumv. iv, 2. Elle calma souvent la colère du czar, et le rendit plus grand encore en le rendant plus clément, volt. Russie, li, i. || En termes de dévotion. Dieu est clément et miséricordieux. Il Un ciel clément, un climat doux, propice; et fig. un destin prospère.

— ÊTYM. Le latin démens.

CLÉMENTINES (klé-man-ti-n'), s. f. phtr. ||1° L«

septième livre des décrétales rédigé par le pape Clément V, et publié par le pape Jean XXII. ||2* Ouvrage en huit Uvres, attribué au pape Clément 1 (de l'an 9i), mais reconnu comme apocryphe

— ÊTYM. Clemens, nom propre.

\ CLENCHE (k!an-ch'), s f. Pièce principale d'un loquet, laquelle, reçue par le mentonnet, tient lu porte fermée. On dit aussi clenchette ou clincbc.

CLE

CLE

CLÉ

— ÉTYM. Wallon, cliehe, eliehette; de l'allem. hlinkr' siiéd. klinkd ; an);l. cUnch, loquet.

tCI.EXCIIKTTE(klan-cliô-l'), s. f. Voy. clenche.

CLEIMITE (klè ri'), s. m. Nom que les montagnards libres de l'Olympo et du Pinde se donnent à eux-mêmes. Les chants des cleplites. Trois oiseaux se sont posés au-dessus du poste <les cleplites, FAiiBiKL, Chniils populaires de la Grèce miid. P. I, n* <. Les Turcs se sont comptés trois fois, il en manque cinq cents: les enfants des clepliles se comptent, il leur manque trois bra-cs, ID. t!<. n" 2.

— ÉTYJl. (;rec mod. xXiî^Or,;, du grec ancien xiÉitT^nç, voleur, de xïékteiv, voler.

CLEPSYDRE (klèpsi-dr'), s.f.\ll° Macliine qui indique l'Iieure par le moyen de l'écoulement do l'eau Quoique les clepsydres ou horloges à eau, si usitées chez les anciens," aient été entièrement abolies parmi nous par les horloges à roues infiniment plus justes et plus commodes.... fontkn. Amnnions. Il 2° Nom de certaines machines hydrauliques chez les anciens.

— ÊTYM. K).E^05pa, de ylimivi, dérober (voy. ci.F.riiTE), et Oô(.)p, eau (voy. iivnnK); ainsi diie parce c|ue, l'écoulement tari, l'eau pour ainsi dire 5e dérobe. Il y avait à Athènes une fontaine dite jlepsydre parce qu'elle était inicrmitlenle.

CLERC (kltr; le c ne se prononce jamais, excepté lans la locution clerc à maître, dites: clèi-k à maître; au pluriel l's ne se lie pas: des clercs en vacances, dites : des clèr en vacances; cependant d'autres disent : des clèrz en....), s. m. || I* l'ar opposition à laïque, toute personne qui étudie pour entrer dans létat ecclé.siastique. Il naît un autre clerc pour remplir la place, la druy. xiv. Un clerc mondain ou irréligieux, s'il monte en chaire, est déclamaleur, in. xv. On sauve l'innocence des clercs de la contagion du monde, mass. Or. fiin. Vilteroij. Il n'était pas permis [sons Charlemagne] de se dire clerc sans l'être, volt. Ilcçiirs. 20. || Dans les anciens parlemenis, conseiller -clerc, conseiller qui était pourvu d'une chargealTectée aux ecclésiastiques. Il Clerc de la chapelle, ecclésiastique qui étai' im des officiers de la chapelle du roi. || A Rome, clerc de la chambre, prélat officier de la chambre apostolique. || Fig. Parler latin devant les clercs, parler de choses devant des personnes qui les connaissent mieux que vous ne les connaissez. || Adjectivement. C'est qu'on avait toujours devant les yeux les tribunaux clercs, MONTESQ. Espr. xxviii, 40.112" Autrefois, par extension, tout homme lettré ou savant. Salomon qui grand clerc était, la font. Joc. M. de disions, qnien affaires du monde n'était pas grand clerc, alla nasiller coup sur coup au régent, st-sim. 450, 38. Pour être. S'il se peut faire, en mal plus grands clercs que leur maître, hégnier, Sai. vi. N'en déplaise aux docteurs, cordeliers, jacobins, Pardieu, les plus grands clercs ne sont pas les plus fins, m. Sat. m. Il Clerc du secret, ancien nom de ceux qu'on a appelés plus tard secrétaires d'Ctat. || Adjectivement. Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Ou'il fallait dévouer ce maudit animal, la FONT. Fabl. VII, I. Il 3° Celui qui travaille dans l'étude d'un notaire, d'un avoué, etc. Clerc d'huissier. Clerc de procureur. Aborder sans argent un clerc de rapporteur, boil. Lutr. Ii. George.... Qu'un million comptant, par ses fourbes acquis. De clerc, jadis laquais, a fait comte et marquis, id. Sat. 1. 1| Maître clerc, principal clerc, premier clerc, le clerc qui dirige une étude. || Petit clerc, jeune homme qui, dans une étude, fait les commis-ions et rend les petits services. || Vice de clerc, faute qui, se trouvant dans un acte par l'étourderie d'un clerc, n'est pas imputable à l'auteur de l'acte, et peut se corn ger parce qui suit ou précède. Celte locution vieillit. Il Familièrement. Pas de clerc, faute commise par ignorance Ou par étourderie dans une alTaire; démarche inutile, maladroite. Et il n'est pas question d'aller faire ici un pas de clerc, mol. C. Dand. 1, 4. Ma langue en cet endroit a fait un pas de clerc, ID. le Dép. i, 4. Que sùtes-vous par le rapport ■ de votre envoyé? Peu de chose; à la fin on imî prime, tout devient public, et il se trouve qu'il n'y a point eu de conspiration; cependant les têtes étaient coupées; voilà un furieux pas de clerc, une bévue qui coiUe cher, et que la liberté des journaux vous eût épargnée, p. l. cour, i, 2io. Le parlement de Toulouse, qui voit qu'il a fait un horrible pas de clerc, empêche que la vérité ne soit connue, volt. d'Argenial, i-i mai I70.>. || Compter de clerc à maître, rendre seulement compte de ce qu'on a reçu et déboursé, sans autre responsabililé. Il 4- Dans les paroisses, clerc de l'œuvre, celui qui n soin de eertiines choses çoncern.mt l'œuv«> de

la paroisse. Il Autrefois, chez le roi ou chez les grands princes, clerc d'office, officier suivant les plats servis devant le roi et ayant soin des choses qui se faisaient dans l'office. || Autrefois, celui qui servait quelque corps de métier et qui en faisait partie. Le clerc des orfèvres. || Autrefois, clerc du guet, officier ilu guet dans les ports de mer et sur les côies. Il S-" Autrefois, clerc d'armes, jeune geniilhomme qui apprenait les exercices militaires et qui était un novice do chevalerie. || Proverbe. Les bons livres font les bons clercs, c'est-à-dire c'est dans les bons livres qu'on prend la science.

— IIIST. XI* .■!. Ensemble od lui si clerc et si chanoine, C/i. de Tîoi. cclxvi. || xii' s. Li clers i vint sur un mulet ambiant, Ilonc. p. tC3. Faites faire crramant Vos cnartres et vos briés [brefs] à cicrz bien escrivanz, Sax. xxi. Sire clerz , tout en haut fà haute voix] nous dites la leçon, ib. xxv. Arccvcsques, evesques, e clerc de grant clergie. Th. le mari. lia. As leis [lois] ccclesiaus deit laie lois servir; Nulz ne deit plaiz d'iglise, se n'est clers, maintenir, ib. 75. Il xiii* s. Si vot li quens Gauliers que Jelians ses fins fust clers; mais il ne le vot iesire, Chr. rie Itains, is3. Ilonis qui aime ne puel bien faire. N'a nul |ireu de ce mont [monde] enlemlro; S'il est clers, il pert son a prendre, la Rose, :i058. Sel [si vous le] demandés as clers lisans, ib. 370. Ca.scuns des auditeurs pot avoir son clerc por escrire ce qui est dit en l'enqiieste, beaum. xl, 20. Fors escoliei-s, autre clergié Sont tuit d'avarice vergié ; Plus est lions clers qui plus est riches, ruteb. 227. || xiv's. Au dit mestier n'aura que dix vendeurs tant seulement, lesquels vend'ont les dits poissons en leurs personnes, sans ce qu'il les puissent faire vendre par leurs femmes, par leurs clercs mesmes, ne par aucune autre personne que par eux, Ordonn. des rois de l'r. t. ji, p. 358. A.ssez puet impetrer qui donne largement; Car li homs est bons clers qui a assez d'argent, Cuescl. 17428. ](xv«s. Aussi [de même] les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie, fboiss. Prol. Fscoutés donc ce qu'on dira; Aprenez, soyez clergeressc, coQuii.L. Droits nouv. Los bons livres font les bons clercs, gerson, dans llist. liltér. de la Fr. t. XXIV, p. 283. Clercs et femmes sont tout ung, LEROUX DE LiNCY, l'Tov. t. Il, p. 421. Car chevaliers ont honte d'estre clers, eust. nEscii. Poésies mss. f" 137, dans LACURNE. Maint sont clers où n'a que folie; Car sans savoir sont hors du sens; Si se puet l'en bien chevir sans Tels clers où science n'est mie, ib. !° 282. 11 avoit plusieurs clercs [commis] et facteurs sous luy, qui se mesloient des diles marchandises , MATHIEU DE coucY , Uist. de Charles VU, p. 091 , dans laccrne. Mais dit le sage que tous ceulx ne sont pas clercs qui en portent le semblant, ne chevaliers qui portent espérons, Perccforesl, t. IV, p" 42. Et combien qu'elle ne l'eust jamais vu exercer l'office de clergie, toutefois elle jugea tanto.st qu'il est très grand clerc, i.ouis xi , Nouv. c. Il xvi" s. Divisons l'Eglise en deux estais: assavoir qu'elle contienne le clergé et le peuple. J'use de ce mot de clercs, pource qu'il est commun, combien qu'il soit impropre: par lequel j'enten ceux qui ont office et ministère en l'Eglise, calv. Inslit. 005.... Mais trop plus est à craindre une femme clergesse, Sçavante en l'art d'amour, quand elle est tromperesse, rons. <26. Il ne s'y entend comme clerc d'ar mes [il y est habile], n. est. Préccll. p. 79. Jadis un antique prophète de la nation judaicpie mangea un livre, et fut clerc jusqu'aux dents; présentement vous en boirez un, et serez clerc jusques au foye, RAB. Pant. V, 40. Gens de condition ne peuvent faire leurs enfants clercs sans l'exprès consentement de leurs seigneurs, Coustum. gciicr. t. i, p. 88u. Entre les clers, aucuns sont mariez, aucuns non : les mariez jouissent de leurs privilèges si longue'ment qu'ils portent la tonsure et l'habit clérical ot servent à une église, liospiial ou séminaire, et à faute de ce ils les perdent, ib. t. ii, p. 1057. Je ne parle point en clerc d'armes, je l'ay vu, Contes de ciioliêhes, 1* 220, dans LACURNE.

— ÉTYM. Bourguig. clor, clar; provenç. clerc, clergue, cierge; espagn. clerigo ; ital. chicrico ; de ctericvs , de y.)Tipixo;, do x>f,po; , clergé, proprement lot , bon lot , terme appliqué dans les premiers temps aux chrétiens par opposition aux p.iïens, et finalement à ceux qui avaient charge de prêtrise. Régnier s'est encore servi Je clergesse dans le sens de femme habile : Clergesse. elle fait j.\ la leçon aux prêcheurs, Sat. xiii. Dans l'ancien français, au singulier, nominatif li clers, et régime le clerc ;n\i pluriel, nominatif /i der, régime le.i clers.

CLERGÉ (klèr-jé), s. m. Le corps des clercs ou

des ecclésiastiques d'une église, d'un pays, d'une ville. Le clergé séculier, les curés, évèques et archevêques. Le clergé régulier, les moines. Le haut, le bas clergé. Sous l'ancienne monarchie, le clergé était le premier des trois ordres, et composé en partie de personnes séciili.Jres, en partie de personnes réguli.'ies. Elle y voit aborder le marquis, la comtesse. Le liourgooi», le manant, le clergé, la noblesse, noiL. Lutrin, i. || Rentes <lu clergé, se disait autrefois dos rentes constituées sur le clergé.

— lllSï. XII* s. Tous li clergiés et li home d'caga Qui en aumosne et en bicnfais mainront.... ol'esuks, llnmancero, p. 94. || xiii* s. Si i furent mandé li cvesquect tous li clergiés, villeii. xcviii. Li clergiés vint encontre moût ordcnéement, Derte, cxxxiii.

— F.TYM. Clericalus, de clericus (voy. clerc).

f CLERGEON (kl'r-jon), s. m. Ancien terme do dénigrement, petit clerc de procureur. Si je savais à quel procureur vous êtes, je vous ferais châtier, petit clergoon.... Mais tout ce que je pus faire.... fut de lui dire que je n'étais point clergeon de procureur, et que j'étais gentilhomme, Francion, 1. iv, p. 171. Il Vieilli. Onadit aussi clergeau et clergeot.

— HIST. XII* S. Ke ne sai la kele leçons Est aie lire un dcsclerjons. Itou, 503.Cantent limestrecler e cantent li clerjon, ib. 1020. || xiii* s. Savez rien de celui afere Que li maistres fait as clerçons, quant il lor aprent les leçons, Iten. 2u929.

— f.TYM. Diminutif de clerc; provenç. eierxon; espagn. clerizon; ital. chiericone.

t CLERGESSE (klèr-jè-s'), s. f. S'est dit autrefois pour femme savante, habile; c'est le féminin de clerc (voy. clerc, h l'historique et à l'étymologie), Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, EUe lit .saint Bernard, la guide des pécheurs, HÉCNina, Sat. xiii. Il Vieilli.

f CLERGIE fklèr-jie), s. (. Instruction, savoir. Vieux. Il Bénéfice de clergie, privilège établi autrefois en faveur de certains criminels, dans le cas où ils possédaient les premiers éléments des lettres. Le bénéfice de clergie par lequel un criminel obtenait sa grAce, en cas qu'il sût lire, volt. Uoeurs, 73. Il Bénéfice de clergie, en Angleterre, usage encore subsistant, suivant lequel un meurtrier, dans les cas graciables, est sauvé du dernier supplice, lorsqu'il peut lire quelques lignes de vieux caractères saxons; un juge prononce alors : legit clericus; sur quoi le coupable obtient grâce de la vie.

— lIlST. XII* s. Et les leis que vus dites, à quel li reiss'alie. Ne sunt de leauté.ainzsunt de felunie, Contre Dcu et raisun, pour dustruire clergie, Tli. le mart. 40. || xiii* s. Come l'on ne peut savoir totcs clergiés, ne me semble il pas que l'on puisse saveir toz les plais, Ass. de Jér. 5t. Toutes gens d« rehgion, tote clergie, tout chevalier et tout gentilhomme, Liv. des met. 309. Se clers est marceans, il ne pot pas affrancir sa marceandise par le privilège de sa clergie, beaum. xi, 36. {| xv* s. Si aviseront un saint home de religion, pourvu de prudence et de clergie, et le chargèrent pour aller en France, froiss. ht, tv, 33. [Paris] C'est la cité sur toutes couronnée, Fontaine et puis de sens et de clergie, E. DESCH. Sur les beautés de Paris. Renommée en clergie et science, louis xi, Nouv. c. || xvt* s. Mieux vaut plein poing de bonne vie qu'avoir un muy de clergie, cotorave.

— ÉTYM. Clerc; provenç. clercia; espagn. clerecia; portug. clereîia; ital. chiericcia.

CLÉRICAL, ALE (klé-ri-kal, ka-l'), adj. || I* Qui est propre aux ecclésiastiques. Tonsure cléricale. Les ordres cléricaux. || Lettres cléricales, lettres écrites par le clergé d'une église, lorsque le siège épiscopal est vacant. || Autrefois, titre clérical, le revenu dont chaque clerc devait faire preuve, avant d'êfe ordonné. || 2° Qui est favorable au clergé, h l'Eglise. Le parti clérical. Tendances cléricales. Il Substantivement. Les cléricaux.

— HIST. xu* s. As leis ecclesiaus deit leie [laïque] leis servir; Nuls ne deit plaiz d'iglise. se n'est clers, maintenir. Ne laie leis ne deit la clergil davancir [devancer] , Th. le mart. 75. |{ xvi* s. Les uns font la première ordre de la tonsure cléricale, la dernière de l'evesché, calvin, Instil. 1 179. Les enfans masies d'une femme de servile condition ne peuvent prendre, avoir ou porter couronne ou tonsure cléricale, sans administration, congé ou licence du seigneur dont ils sont serfs, Coustum. génér. t. i, p. 80. Matière d'opinion, non matière de foy; ce que je discours, selon moy, non ce que je croisse- Ion Dieu.... d'une manière laïque, non cléricale, mais très religieuse tousjours, mo.nt. i, 40t.

-• liTYM. Clericalis, de cVrtctw, clerc; provenç.

eu

clerjnl- Le deux français clergil vient d'un cleiieilis.

CLÉRICAI.F.MENT (klé-ri-ka-le-mnn), adv. D'une manière cléricale. Si les clercs cessent de vivre cléricalcment. ils sont déclius de leurs privilèges.

— ÉTVM. Cléricale, et le suflixe ment.

t CLÊRICAT (kléri-ka), s. m. Office de clerc de la chombre apostolique.

CLfiRICATUUE (kié-ri-ka-tu-r') , s. f. L'état, la condition du clerc ecclésiastique. Lettres de cléricature. Après quatre ans de théologie faits comme ils peuvent l'être par obéissance, il quilia la cléricature, et par piété et par amour pour les mathématiques, FONTEN. 0%anam.

— msT. XVI' s. Lu roy peut justicier ses officiers clercs, pour quelque faute que ce soit commise en l'exercice de leurs charges, nonobstant le privilège de clericalure, p. piriiou, 38.

— ÉTVM. Bas-lal. clericatura , de clericatus, clergé (voy. ci.RnoÉ).

t CLÉUODEXDRON (klé-ro-din-dron ) , s. m. Terme de botanique. Genre de la famille des verbénacées, dont les espèces sont des plantes d'ornement.

— ÉTYM. K/fjpo:, lot, choix, et ôÉvôpov, arbre.

t CLÉROMANCIE (klé-rn-man-sie), s. f. Art prétendu, chez les anciens, de deviner ou de dire la toime aventure, en jetant le dé ou en tirant les lots.

— ÉTVM. KXf,(.oi, sort (voy. cu;hc), et le suffi.\e mande.

j CLÊROMA^'CIEN (klé-ro-man-siin), s. m. Celui qui pratique la cléromancie.

t CLÉKOXOMIE (klé-ro-no-mie), s. f. Terme d'histoire ancienne. Partage de biens par le sort.

— ÉTYM. K),r,povou,ia, de -/.Xtipo;, sort, et vono;, loi.

CLICIIAGE (kli-cha-j"), s. m. Terme de typographie. Art ou action de clicher.

— ÉTYM. Clicher.

CLICHÉ, ÉE(kli-ché, chée), part, passé. Feuilles clichées. Il S. m. Planche en relief obtenue par le clichage. || Terme de sculpteur. Empreinte d'un coin de médaille qu'on fait dans de l'élain en fu^ion, et par laquelle on juge jusqu'à quel point le travail est avancé.

CLICHER (kli-ché), t'. a. Terme de typographie. Couler de la matière fondue dans l'empreinte qu'on a prise d'une page composée en caractères mobiles; ce qui donne par le refroiilisseraent un bloc présentant le même relief que les lettres mêmes; bloc qui , employé pour l'impression au même usage que les caractères, permet de tirer, s'il y a lieu, un très-grand nombre d'épreuves sans faire une nouvelle composition. Clicher un ouvrage classique. On dit aussi clicher un fleuron, une vignette. {| Absolument. Cet ouvrier cliché bien. || Se clicher, v. re/î. Être cliché. Cet ouvrage se c!ichera-l-il ?

— HIST. W s. El en ce faisant fut la noise ouïe de la ville, dont les gens, tout esmus, en grand nombre vinrent au chasiel et tirèrent le pont qui n'estoit ni cliqué ni verrouillé, mO-nstrel. il, 12.

— ÉTVM. Clicher parait être le même, prononcé différemment, que cliquer, dans le sens de fixer, assujettir, qui se rattache à l'allemand Klinke, loquet (voy. ci-ENCiiE). Dans le wallon , cliclu signifie un loquet.

CLICHEITR (kli-cheur), s. m. Celui dont la profession est <le clicher.

— ÉTYM. Clicher.

+ CLIUO.MANCIE (kli-do-man-sie), s. f. Divination avec une clef qui, attachée par un fil à une Bilile, donnait, tournant ou ne tournant pas, un présage.

— ÉTVM. K)eI;, v.yv.iii, clef, cl le suffixe mande. CLIENT (kli-an), s. m. || l"XKonie, plébéien qui

était sous le patronage d'un patricien. Oue veulent les consuls avec la suite immense D'alTrancliis, de clients vendus à leur puissance? m. j. chén. Gracques, 1, 2. Il 2° En général, toute personne qui se met sous une protection. Mon char est Siilué d'un peuple de clients, v. iiuGO, Odes, iv, ». Non loin de ce palais où je rends mes oracles. Est un vaste séjour des mortels rêv<f. e t.1 de clients soumis à toute heure entouré, hoil. Lutrin, vi. || Fig. Moi, je me plus toujours, client (le la nature.'Â voir son opulence et bienfaisante et pure, a. ciiiiNiEn, 225. {j 3" Client, cliente, s. m. et f. Toute personne qui confie ses intérêts à un homme d'affaires. Cet avocat a beaucoup de clients. Le nom d'un pareil avocat fera bien de l'honneur à son client, volt. Letl. d'Argental, ib juin 1705. Nul ange n'a jamais eu, depuis le démon de Socrate, un si importun client; tantôt tragédies, tantôt farces^ \oi.t. Lett. d'Argental, i4 août

17(13. fj II se dit au.ssi des parties à l'égard de leurs juges. Il Celui, celle qui use habituellement des soins d'un médecin; celui, celle qui fréquente une boutique ou un éiabli.ssemcntouvert au public. Mais ce néologisme n'est pas bon : un médecin a des malades ; un marchand a des pratiques et non des clients. C'est à tort que de clientèle on a conclu à client.

— HIST. XVI* s. [Avocats] Assez vous aurez d'autre temps Pour d'avarice Faiie exercice Sur les clients, 1. i.E HOL'x, VII. Les procureurs et gens de langue en fournissant quelques procès seront tenus de fournir en mesme temps une procuration en forme de leurs maistres ou cliens, fiouv. ccustum. génér. t. i, p.

— ÉTYM. Lat. cliens. On le rattache au latin cluere, entendre; grec, v.Weiv; goth. Wiu(/i, ouïe; kymri, clyw, cl bas-hret. kléô, ouïe; sanscr. sent, entendre.

CLIENTÈLE (kli-an-tè-l'), s. /■. || 1°' Terme d'antiquité romaine. Tous les clients d'un patron. || La protection que le patron devait à ses clients. 11 était sous la clientèle de Scipion. || La relation de client à patron. || 2" L'en.semhle des personnes usant habiluellenient des services d'un homme de loi. 11 a peu de clientèle. Grande clientèle. Quelqu'un disait (|ue Roch, po'jr la première fois. Venait d'être attaqué d'une goutte cruelle : Pour la première l'ois! vous me la baillez belle. Reprit son procureur, homme des plus matois ; Depuis plus de dix ans que j'ai sa clientèle, Hoch m'a bien fait sentir qu'il a la goutte aux doigts, BERTRANn, Épigr. dans richelet. Il L'ensemble des malades d'un médecin, considéré alors comme une sorte de patron de ses malades. Il Par extension, l'ensemble des pratiipies, des chalands, en parlant de ceux qui fréi|uenlent un magasin, une boutic]ue, un établissement ouvert au public. Une nombreuse clientèle.

— HIST. XVI" s. Clieiitelle, cotgrave.

— ÉTYM. Le latin cUentela, de cliens, client. CLIFOIRE (kli-foi-r'), s. f. Jouet que les enfants

se font avec une tige de sureau pour lancer de l'eau comme avec u; e seringue.

— ÉTYM. Sans doute un radical clif ou claf ou clop, qui se trouve dans clapet.

CLIGNÉ. ÉE (kli-gné, gnée), part, passé. Tenir les yeux clignés.

CLIGNE.MENT (kli-gne-man), s. m. Mouvement par lequel on rapproche les paupières l'une de l'autre, de manière à ne laisser que très-peu d'intervalle entre elles, soit pour garantir l'œil d'une trop vive lumière, soit pour apercevoir plus facilement des objets éloignés, soit pour faire à quelqu'un <les signes d'inlelligcnce.

— HIST. XVI' s. Clignement d'oeil, œil d'hypocrite, PARÉ, XT, 5.

— ÉTYM. Cligner.

CLIGNE- MUSETTE (kli-gne-mu-zè-f), s. f. Jeu d'enfants où plusieurs se caclient, tandis qu'un seul cherche. Jouer à cligne-musetie.

— HIST. xiv s. Mais viez péchiez et vielles debtcs Font à Dieu compter à clignettes. C'est à dire qu'il n'i voitgoute, maciiault, p. 1 15. || xv's. M'avez-vous fait jouer à cligne-musette pour me faire ce desplaisir? LOUIS XI, NOUV. LXXXVII. Il xiv* s. Il jouoit k clinemucette, rab. Carg. i, 22,

— ÉTYM. Bourguig. clemisôtie; norm. climuchetle; de cligner, fermer l'œil, et mussettc, caclieite, de musscr : feime l'œil, et mussons-nous. Uuselle esi une altération pour musselle ou mucelle.

CLIGNER (kli-gné). v. a. Faire un clignement. Cligner les yeux ou l'œil. Tout ce qu'il y a dans le monde d'effroyable et de terrible, n'est p.is capable (le lui faire cligner un reil, dalz. les Romains, jj Absolument. Cligner de l'œil.

— HIST. xii' s. Moult li a ris et moult clignié. Et maint semblant fait d'amistié, Itomun du Unit, ms. f" 05, dans lacurne. || xui* s. Adonc [il] clocha forment d'un pié. L'un oel ouvert, l'aulie clingnié, La teste basse et les reins haut, Bl. et Jeh. 3034. A cest mot s'en est relornez En la poudrière au souleil. Et commença à clincr l'oil; Ne doute que gorpil [renard] s'i mcie, lien. 1521. (Jar les chapons [il] voit an soleil, EtChantecler [le coq] qui cime l'ui'il. ib. 49H0. Li cox [leco(|] lespunt : si dei-ge faire. Maudire l'ueil qui vient cligner. Alors qu'il devrait veillier, marie, lab. 5t. Il xiv s. Ivorine, la bêle, li va de l'oiel clignant, Qu'il se rcndist bricfinent au pople me'.cieant, flaiid. de Seli. xiii, 3,S5. || xV s. S'ils eussent romande leurs gens, on Icseust pu excuser; mais nennil, ainçois clignoreni-ils les yeux et le souffrirent, froiss. 11, il, 01. En terre clinoio mes yeuls, lu. Éjiinelle amoureuse. Mes yeulx cligniez et mon oreille close, cit. d'orl. Songe en complainte. Cliascun parle de divers gicux jouer, De clmer l'oeil,

eu

de porter maie honte, e. descii. Poéries mss. t° 226, dans LACURNE. Je suis content de cligner l'œil tant que l'on voudra, mais que guarison s'ensuive,

LOUIS XI, A'ouf. LXXXVII.

— ÉTYM. Cénov. cliner, cligner; provcnç. dinar, courber, baisser; ilal. c/iinarc, incliner; du latin dinars, briisser, incliner. Cliner, très-usité dans l'ancienne langue, veut dire proprement baisser, puis baisser la paupière, c'est-à-dire cligner. Les deux formes cliner, cligner, même cluigner, se confondent pour signifier tantôt cli.gner, tantôt incliner.

CLIGNOTANT, ANTE (kli-gno-tan, tan-t'), adj. Qui clignote. 'Yeux clignotants. Un homme enivré.... Dont la clignoiante et débile paupière Lui laisse encore à peine entrevoir la lumière, volt. Disc. 2. || ferme de zoologie. Membrane clignotante, membrane demi- transparente qui, chez les oiseaux, placée à l'angle interne de l'œil, entre le globe oculaire et les paupières, est tirée à volonté par l'animal comme un rideau pour se garantir de l'impression de la lumière.

CLIGNOTEMENT (kli-gno-te-man), s. m. Clignement prompt et répété, moMvcment involonlairc par lequel les paupières se referment et s'ouvrent coiUinuplIemcnt et avec rapidité.

— ÉTYM. Clignoter.

CLIGNOTER (kli-gno-té), ». n. Cligner continuellement. Il ne fait que clignoter. Clignoter des yeux. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xiii* s. Celui (|ui clingnete de l'cil, Ilist. occid. des croisades, t. 11, p. 682. || xvi' s. Leurs yeux clinellent tdusjours, paré, xxiii, 46.

— ETYM. Fréquentatif do cligner; bourguig. cleignoté.

CLIMAT (kli-ma; le ( se lie; au pluriel Ts se lie: des kli-ma-z heureux; climats rime avec appas, attentais, etc.), s. m. Il 1° L'espace compris, sur la mappemondeet les caries géographi(iues, entre deux cercles parallèles à l'équateur terrestie. || 2'' Par extension, une éfinilue (le pays dans laquelle la température et les autres conditions de l'atmosphère sont partout à peu près identiques. Los climats se divisent : en chauds, de l'éipiateur au 30' ou 35' degré de latitude; tem|iérés, du 30' ou 35* degré au 5o* ou 55'; froids, du 50* ou 55' au pôle. Des climats différents la nature est diverse ; la Grèce a des verlusqu'onne voitpointen Perse,coRN./lg&ii. v, 2. Si le climat avait tant de puissance, la Grèce porterait encore des Platon et des An.icréon, volt. Lett. Somarokof, 20 février )709. Dans leurs climats brûlants les Africains domptés, rac. Ilaj. 11, t. Les climats font souvent les (liveises humeurs, boil. Art p. m. Je n'ai jamais conçu qu'on ait abandonné le plus beau cl mat de la terre (la Louisiane] dont on peut tirer du tabac, de la soie... volt. Lelt. d'Argental, I" nov. 1700. Comme on distingue les climats par les degrés de latitude, on pourrait les distinguer, pour ainsi dire, par les degrés de sensibilité : j'ai vu les opéi as d'Angleterre et d'Italie; ce sont les mêmes pièces et les mêmes acteurs; mais la môme musique produit des effets si différents sur ces deux naiions, l'une est si calme et l'autre si transportée, que cela paraît inconcevable, mo.-<teso. Esp. xiv, 2. La culture des terres est le plusgrand travail des hommes; plus le climat les porte à fuir ce travail, plus la religion et les lois doivent y exciter, iD. ib. x:v, 0. Ce sont les différents besoins, dans les (lifféronts climats, qui ont formé les difiérenles manières de vivre; et ces difiérentes manières de vivre ont formé les diverses sortes de lois, ip. 16. XIV, 10. Il 3" Pays, région. J'ose dire, seigneur, que par tous les climats Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'Étals, corn. Cinna, it, t. Délivrez nos climats de cette vagabonde, JD. Sertor. H, 4. Pour en donner l'exemple à cent climats divers, ID. Serlor. il, 4. Et jamais ces climats n'ont vil pompes si belles, lo. Siiréna, i, 1. Il avait assez vécu dans une cour, et, quelques agréments qu'un philosophe y puisse avoir, il ne peut s'empêcher de sentir qu'il est dans un climat étranger, font. llartsoeker. Tel est le sort de l'Inde et de ces beaux climats. Où jamais les hivers n'ont porté les frimas, ST. -LAMBERT, Saîsoiis, liireT. Il En Bourgogne, nom de certains lerriioires propres à la culture de la vigne. Ce propriétaire a des vignes dans les meilleurs clinas.

— HisT.xiv's. En chaus ciimas. H, de hondevn.LE, f* 80. Il xvi' s. Le siècle auquel nous vivons au moins pour nostre climat , est que, je ne dis pas l'exécution, mais l'imagination mesme de la vertu en est à dire, mont, i, 203. Au dit comté et baillage d'Auxerrc il y a plusieurs climats et territoires notoirement allodiaux, Couslum. y^n^r. t. i, p. 32i,

— ÉTYM. KXi(jux, Ue /.Xtvfc), incliner, indiquant^ l'inclinaison de la terre, de l'équateur au pôle, et les espace! compris entre les cerclas parallèles. Le grec /Xvo) est le latin clinare (voy. cligneh).

CLIMATÉniQUE (kli-ma-té-ri-k'), adj. Qui appartient à un (les Sges de la vie regardés comme critiques. I.es époques climatériques. || Xn ou année climatérique. C'étaient, suivant les uns, toutes les années de la vie de l'homme qui sont des multiples du nombre sept; les autres n'ont donné ce nom qu'aux années qui résultent de la multiplication de sept par un nombre impair; quelques-uns ont étendu ce nom aux multiples de neuf; et tous ont admis comme climatérique, la soixante-troisième année, dite la grande climatérique, parce que soixante-trois estie produit do sept multiplié par neuf. Les spéculations climatériques, poussées avec cette rigueur arithmétique, sont sans fondement. Il épouse une vieille anli<iue Qui compte plus de vingt printemps Après son an climatérique, mainard, Poésies, àans RICHKLET. Il Fig. L'an climatérique, l'époque de la décadence. X chercher l'an climatérique De l'éternelle fleur de lis, malii. m, <. || Maladie climatérique, terme employé pour désignerun changement survenant sans cause connue aune période avancée de la vie, et par lequel le patient perd ses chairs et ses forces avant de se plaindre m d'anorexie ni de dyspepsie.

— REM. Une faut pas, comme font quelques-uns, faire dériver ce mot de climat, ni dire influence cUmalérique pour influence de climat.

HiST. XVI* s. Les causes de ce mal ne sont point

celles que les astrologues et philosophes remarquent ou sur les constellations ou sur les ans elimacteriels, d'aub. Hisl. II, t7B.

— ÉTYM. Climactericus, qui va par échelons, par degrés, de /.yiiiaxTuipixo; , de x/ip-axTrip, échelon, de y.Xîiia?, échelle, de xXîveiv, incliner, àcause qu'une échelle est inclinée quand on s'en sert (voy.

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