‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 398 sur 504 · IJ · texte numérisé non relu

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— ÉTYM. Clairvoyant.

CLAIRVOYANT, ANTB (klêr-vo-ian, ian-l' ; plusieurs disent klèr-voi-ian, ian-t'), adj. li 1° Oui voit clair; dont la vue est lionne. {| Substantivement. C'est un clairvoyant qui est directeur de l'institution des aveugles. La dame à qui nous venons de parler est une clairvoyante. |{ 2" Fig. Oui voit clair dans les alfaires. Un homme, un esprit clairvoyant. Cette ruine fait entendre aux moins clairvoyants l'accomplissement de la prophétie, boss. Jlist. u, 4. Et, afin que cette suite du peuple de Dieu fi3t claire aux moins clairvoyants, Dieu la rend sensible et palpable par des faits que personne ne peut ignorer, ID. ib. II, <3. La princesse palatine croyait voir partout dans ses actions un amour profane déguisé en vertu; plus elle était clairvoyante, plus elle était tourmentée, id. Anne de Gont. Les efforts que vous feriez pour l'empêcher, ne serviraient qu'à faire connaître aux moins clairvoyants que vous avez eu peur, PASC. l'rov. (5. Les mystères du cœur sont souvent si cachés Que les plus clairvoyants y sont bien empêchés, CORN. Nicom. III, 4. Si le ciel s'est ouvert, si ton oeil clairvoyant Peut voir ce qui n'est pas et lit dans le néant, brébeup, Phars. v.

— HIST. xiu" s. Et qui seroit bien cler veans, Il verroit que ihaus est neans, Car ainsinc le dit l'Escripture, la Rose, 6320. || xvi' s. Or avez vous l'esprit si clervoyant. Que nul destour, tant soit il fourvoyant. Vos pas certains pourroit tromper.... DU BELLAY, vn , 31, rcclo. Solon le jugement des plus clairs voyans et plusadvisez, condé, Mémoires, p. 568. Dirons nous pas que ces simples gents là se sont laissez piper aprez le vulgaire, pour n'estre pas clairvoyants comme nous? mont, i, 203.

— ÉTYM. Clair, et voir; bourguig. clarvoyan.

V CLAMABLE (kla-ma-bl'), adj. Terme de coutume. Bien clamable, bien sujet à l'exercice d'un retrait.

— ÉTYM. Voy. CLAMANT.

f CLAMANT (kla-man), s. m. Terme de coutume. Le demandeur, le saisissant, le rctrayant.

— ÉTYM. L'anc. franc, clamer, réclamer, du latin clamare, appeler.

t CLAMEAUX (kla-m6), s. m. plur. Clous ou crampons à deux pointes coudées pour des constructions provisoires.

— ÉTYM. Sans doute dérivé de clarnp (voy. ce mot).

CLAMEUR (kla-meur) , t. f. || 1° Ensemble de cris tumultueux, souvent de mécontentement, de réprobation. LJno bruyante clameur. U s'éleva une clameur universelle. Une montagne en mal d'enfant JeL:xit une clameur si haute Que chacun au bruit accourant Crut qu'elle accoucherait sans faute D'une cité plus grosse que Paris, la font, l'abl. V, to. Les bons papes trouveront l'Église en clameurs, PASC. P. Jés. 4. Partout où il a passé ç'aélé des clameurs [cris de douleur], sÉv. 2H. Justice qui fait semblant d'être vigoureuse, à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres et peut-être aux clameurs d'un peuple irrité, BOSs. le Tellier. J'entends de tous côtés les clameurs des soldats, volt. Adslaide, i, 1. Les clameurs des soldats par la crainte étouffées, DELAV. Paria, i, l. || 2° Réclamation à haute voix. Les dieux plus pitoyables X nos justes clameurs se rendent exorables, cohn. lHédée, v, 4. La forte clameur que vous poussez pour eux vers letrônede votre fils, mass. Pass.i. Lesgrer.ouiiles, se lassant De l'état démocratique. Par leurs clameurs firent tant Oue Jupin les soumit au pouvoir monarchique, la font. Fabl. m, 4. || La clameur publique, l'indignation publique. || Clameur de haro, terme de pratique, qui se disait autrefois, en Normandie, de la sommation de comparaître sur-lechamp devant le juge. Voy. haro, jl 3° CriaiUeric. Braver les clamevirs des sots. U a troo craint les clameurs de la cabale. Osant braver l'es clameui-s de leur sexe, j. j. kouss. Ém. i. A ces vaines clameurs on ne répondait pas, volt. Œdipe, v, i. — SYN. CRI, CLAMEun. Cri est le mot général;

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clameur le particularise. Le cri est la voix poussée avec effort, mais sans être nécessairement articulée. Un homme qui souffre beaucoup peut jeter des cris, mais non des clameurs; la clameur suppose toujours un sens et des paroles; elle emporte l'idée de plainte, de demande, d'accusation, de réclamation.

— HIST. XI* s. Cent solz al clamur por la teste. Lois de Guill. 4. {| xu' s. Les meies paroles o tes oreilles recels, sire; entent la meie clamur. Psautier, dans Missions scientifiques, t. v, p. 140. Un en doit faire clameur, Couci, m. Ne jà certes jjej n'en feisse clamor. Se j'eusse de moi venger puissance, ib. XVI. Il XIII' s. Grains [attristé] et marriz, [il] fist tant par sa maistrise [adresse], Que à sa dame en un destour A fait sa plainte et sa clameur, AUDEFR. LE HAST. Romancero , p. c. Li mestre marischaus a la joustice de tous les forfais apartenans à leur mestiers, et de toutes les clameurs qu'il i font li uns seur l'autre, Liv. des met. 46. Je vous ains [aime], dit-il, par amors; Si en ai fait maintes clamors, Ren. 4(0. Comment, par le conseil d' Amours, L'amant vint faire ses clamours X ami, à qui tout compta, la Rose, si 20. Quant le [la] clameurs est d'aucun cas qui touque à l'eritage de son seigneur, BEAUM. 30. Et se il est requérant, qu'il die le plus brief qu'il pora; car en brieve clamor a deus proufiz; l'un est que la court retient et recorde mieus le court que le lonc, Ass. de Jcr. 40. || xvi" s. Petits plaisirs, longues clamours, Or taschons à trouver la chose Que je cherche au temple d'Amours, makot, I, 191. Et alors se leva une clameur de joye que le peuple jetta si haulte, qu'elle fut entendue jusques en la mer, amyot, Fldmin. 20.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. cJomor ; ital. clamare; du latin clamorem, cri.

t CLAMEUX, EîjSE(kla-meù,meû-z'), ad/. Terme de vénerie. Ciiasse clameuse, chasse qui se fait avec grand bruit, pour effrayer le gibier. || Par extension. Les hirondelles de mer, dans les temps de nichée, sont plus inquiètes et plus clameuses que jamais, BUFFON, dans le Dict. de poitevin. || S. m. Nom d'un oiseau, le bruyant, qui a la voix forte.

— ÉTYM. Le latin clamosus, criard, de clamare, crier (voy. clameur).

t CLAMP (klan) , s. m. Terme de marine. Pièce de bois, qui, étant appuyée contre un mit ou un pilier, sert à le soutenir et à le fortifier.

— ÉTYM. Wallon, clamni, crampon; norm. acclamper , cramponner ; de l'ancien Scandinave hlampi; allemand moderne, Klammer, crampon.

t CLAMPE (klan-p), s. f. Terme de charpentier. Sorte de crampon ou d'emboUure.

— ÉTYM. Voy. CLAMP.

t CLAMPIN (klan-pin), s. m. Terme militaire. Soldat retardataire, traînard, écloppé. || Populairement, clampin, clampine, un fainéant, une fainéante. Il Boiteux. Le duc du Maine, tout clampin qu'il est, Lett. gai. dans leroux, Dict. com.

f CLAMPONNIER (klan-po-nié), s. m. Terme de manège. Cheval long et jointe, ou qui a les paturons longs, effilés et trop pliants. || Adj. Cheval claraponnier.

I. CLAN (klan), s. m. En Ecosse et en Irlande, parmi les Gaëls, tribu formée d'un certain nombre de familles, régie par des coutumes déterminées, et ayant un clief appartenant à une famille éininente qui le fournit héréditairement. Un clan de montagnards. Chef de clan.

— ÉTYM. Gaélique, clann, enfant, descendant.

t 2. CLAN (klan), s. m. Terme de marine. Mortaise dans les murailles, au bout des vergues, au pied des mâts de hune, etc.

— ÉTYM. Autre forme de clamp.

t 3. CLAN ou CLAND (klan), s. m. Instrument de parcheminier.

t CLANCCLAIRE ( klan-ku-lê-r' ) , s. m. Nom d'une secte d'analiaptistes, qui s'assemblent secrètement pour les exercices de leur croyance, dans l'opinion qu'ils n'ont point de compte à rendre de leur foi au public.

— ÉTYM. Le latin clancularius , clandestin, de clam, en cachette.

CLANDESTLN, INE (klan-dè-stin, sti-n'), adj. Il 1° Qui se fait en cachette. Un écrit clandestin. Une réunion clandestine. Un mariage clandestin, la FONT. Fab. IV, t. Un hymen clandestin mit ce prince en son lit. rac. Iph. iv, 4. Un rapport clandestin n'est pas d'un honnête homme; Quand j'accuse quelqu'un, je le dois et me nomme, gresset, Méchant, v, 4. || 2° Par extension, caché. Il ne se renferme point dans les lieux clandestins de sa débauche, DIDER. Éloge de Richardson. U m'est très-important que Genève, qui n'est qu'à une lieue de mon

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séjour, ne passe point pour un magasin clandestin d'éditions furtives, volt. Lett. Damilaville. 2 févr.

— HIST. XIV* S. Par clandestine aliance, ber- CHEURB, f° 62, vcrso. || XVI* S. Et si ses clandestins et secrets rapports poignans en derrière n'engendrent pas soudainement un ulcère, AMYOT, Commenl dise, le flatt. 42. [La honte et la crainte] sorties du maudit et clandestin mariage de l'esprit humain avec la persuasion diabolique, charron. Sagesse,

— ÉTYM. Le latin clandestiniis , Ai clam, en ca-

chelte.

CLANDESTINE (klan-dè- sti-n') , s. /". Terme de botanii;ue. Plante ainsi nommée parce que ses tiges croissent dans la terre ou sous la mousse ; dite aussi herbe -cachée, herbe à la matrice, et madrate Ç.athrxa clandcslina, i.).

— ÉTYM. Clandestin.

CLANDESTINEMENT (klan-dè-sti-ne-man), adv.

D'une manière clandestine. Assemblés clandestinemant. Ils se sont mariés clandestinement. Le sort des accusateurs et des accusés, balancé clandestinement dans l'intérieur du palais, ne dépendra plus des intérêts d'un petit nombre de gens on faveur, DIDER. Essai sur Claude. Doté sur vos journaux d'une renie d'injures. Ou clandestinement diffamé par brochures, gilb. Apologie.

— HIST. xvi» s i ce qu'ils n'eussent plus à

lire clandestinement de nuyct, rab. Pant. 11, <7. U y en a qui disent que Helpicine n'habitoit point clandestinement, ains publiquement avec son frère Cimon, comme sa femme légitimement espousée, AMYOT, Cimon, 8.

— ÉTYM. Clandestine , et le suffixe ment.

CLANDESTINITÉ (klan-dè-sti-ni-té) , s. f. || 1° Caractère de ce qui est clandestin. C'est pour cette raison que Cranmor n'osa jamais déclarer son mariage durant la vie de Henri VIII, et il lui fallut ajouter à un mariage défendu la honte de la clandestinité, BOSS. Var. 7. Qu'on a eu tort de leur reprocher la clande.stinité de leurs assemblées, lo. ib. <5. Il 2° Terme de droit. Vice d'une chose faite en secret, contrairement à la loi, comme en matière de possession, de mariage. || Clandestinité des hypothèques, se dit sous un sysième hypothécaire qui n'en ordonne pas l'inscription pour les rendre publiques.

— ÉTYM. Clandestin.

t CL.INGUEUR (klan-gheur) , s. f. Terme de zoologie. Cri aigu et retentissant de certains animaux comme le son de la trompette.

— ÉTYM. Le latin danger; greCixJâYYui, crier bruyamment.

CLAPET (kla-pè) , s. m. \\ 1° Soupape qui se lève et qui se ferme en forme de couvercle. || 2" Espèce do soupape pratiquée dans une écluse de manière à s'ouvrir et à se fermer par la seule action des eaux.

— ÉTYM. Allem. Klappe, de klappen; angl. (0 clap, faire du bruit en frappant.

CLAPI, lE (kla-pi, pie), part, passé, de clapir. Un lapin clapi dans son trou.

CLAPIER (kla-pié; au pluriel l'i se lie : des clapiers et.... dites : kla-pié-z-et....), «. w. || 1° Ensemble de trous oil les lapins se retirent dans une garenne. Un clapier bien peuplé. Le roi Charles IX s'amusant à chasser des lapins dans un clapier, volt. Mœurs, 1 7 1 . Il 2" Réduit où l'on élève des lapins. Prends-moi dans ce clapier trois lapins de garenne, Et chez mon procureur porte-les ce matin, rac. Plaid, i, 0. Il Unlapin de clapier, ou, simplement, un clapier. Kn lapins de garenne ériger nosclapiers, boil. Sat.m. Il 3° Fig. Par le seigneur lui-même, père des belles filles etmari de Babeau. celle terre fut nommée un clapier de p.... p. l. cour. Gazette du village, n°4. Il Anciennement, clapier tout seul signifiait un lieu de prostitution. Elles [les femmes publiques] avaient dans chacune de ces rues un clapier qu'elles tâchaient à l'envi de rendre propre, agréable et commode,8AiNT-Foix. Kssais sur Paris, ûKwrr.i, tiii, p. 73 , dans pouGENS. j | 4° Terme de chirurgie. Sinus ou foyer qui se forme plus ou moins profondément dans, des abcès étendus, sur le trajet des fistules.

— HIST. XVI* s. Ogier aiant pendu un bazelaire [poignard] à sa ceinture et un planchonàsaniain, disant qu'il cstoit temps que la clapoire [lieu de prostitution] feust effondrée, du cange, c/aperiu*-. || xv* s. Les supplians misrent le corps d'icelluy brigantsoubz nn clappier et monceau de pierres, in. t&. Clappieret bordel publique, id. ib. S'une fois vous trouvez en mue. C'est assavoir en leur clapier, Fussiez-vous cent fois esprevier. Ils vous feront devenirgrue. Le blason des fauhes amours, p. 235, dans lacuhne. Il xvi* s. Se retirèrent tous comme connins [lajnnsj

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au clappyer, iean dIauton, Annales de Louis XII, r>s. ^ 90, dans lacdrne. Le monastère des cordeliers de Paris, qui est le plus fertile clapier de moines qui soit d'ici à Rome, lanoue, HI. Ce clapier-ci est par d'aucuns appelle garene, toutcsfois improprement, 0. DE SERRES, 412. Lors faut fermer incontinent les trous des terriers qu'improprement aucuns appellent clapiers, ID. 417.

— ÉTYM. Provenç. clapier, trou à lapins, clapiera, tas do pierres, clap, tas, monceau. Dans le bas-latin, on ne trouve clapcrius, claperium, claperia, avec le sens de clapier, que dans le commencement du xiv siècle, mais, antérieurement, avec celui de las de pierres. Or clapns, qui est évidemment le primitif do claperium, signifie également tas de pierres et clapier; on comprend la liaison des idées: vn tas, puis, comme les lapins vivent en grand nombre dans les terriers, un tas de lapins, et finalement le terrier où ce tas se loge. Cette étymologie fait tomber celle de Diez qui assigne h clapier de lapins le verbe latin ckpere, dérober, pour origine, et celle de Du Gange qui assigne clapa, sorte de piège à prendre les lapins. Clapier au sens de tas est rattaché à deux origines différentes : par Diez , au kymri clap, clamp, masse; par d'autres étymologistes, à l'islandais, klaupp, roc; allem. Klippe. L'origine celtique paraît préférable.

GLAPIR (kla-pir), x. n. Se dit du cri des lapins. Les lapins clapissent. ||Seclapir, v. réfl. Se cacher dans un trou, en parlant des lapins.

— -ÉTYM. Clap, ancien mot signifiant tas, de sorte que clapir c'est se mettre en tas (voy. clapier).

f CLAPIS (kla-pi), s. m. Grand éclat fait maladroitement en taillant le marbre.

— ÉTYM. Allem. klaffen, être ouvert.

CLAPOTAGE (kla-po-ta-j') , s. m. Mouvement vif

et rapide des vagues, et surtout bruit qui résultede ce mouvement que le vent communique à la mer et qui soulève à sa surface des ondes courtes et pressées.

t CLAPOTANT, ANTE (kla-po-tan, lan-t'), adj. Qui clapote. Une mer clapotante.

CLAPOTER (kla-po-té), v. n. En parlant de la mer ou d'un lac, se couvrir d'ondes courtes et pressées qui font du bruit. '

— ÉTYM. Allem. klappen, faire du bruit (voy. clapet).

CLAPOTEUX, EUSE (kla-po-teù, teù-z'), adj. Mer clapoleuse, mer qui clapote. Flots clapoleux.

— ÉTYM. Clapoter.

CLAPOTIS (kla-potl), s. m. Voy. clapotage.

t CLAPPEMENT (kla-pe-man), s. m. Terme de grammaire. Bruit aigu que produit la langue se détachant brusquement du palais. || Articulation particulière à la langue des Hottentots.

t CLAPPER (kla-pé), V. n. Faire entendre un clappement.

— ÉTYM. Allem. klappen, faire un claDpement. fCLAQUADE (kla-ka-d'), s. f. Terme familier.

Coups répétés.

HIST. xvi' s. La fouetter de claquades, brant. Pâmes gai. t. i, p. 372, dans lacurne.

— ÉTYM. Claquer.

f CLAQUART (kla-kar), s. m. Variété de pigeon.

— ÉTYM. Claquer.

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