‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 403 sur 504 · LISSY · texte numérisé non relu

LISSY

— ÉTYM. Clissi; Berry, eicler , tresser.

t CLISSON (kli-son), s. m. Toile de lin qui se fait en Bretagne.

— ÉTYM. CUsson, ville du département de la Loire-Inférieure.

t CLISTER (kli-sté) ou CLISTRER (kli-stré), f. a. Luter une poêle sur son fourneau, dans une saline.

t CLITORIDIEN, lENNE (kli-to-ri-diin , diè-n"), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au clitoris.

CLITORIS (kli-to-ri) , s. m. Terme d'anatomie. Petit organe charnu placé à l'entrée des parties génitales des femelles chez les animaux mammifères.

— ÉTYM. K>e.TOÇi(;.

t CLITORISME (kli-to-ri-sm'), s. m. Terme de nédecine. Abus du clitoris.

t CLIVABLE (kli-va-bl'), adj. Qui est susceptible d'être clivé.

— ETYM. Cliver.

t CLIVAGE (kli-va-j')- î. m. Division mécanique, dans une ou plusieurs directions, de la masse d'un corps cristallisé, division qui met à découvert les joints dos lames ou couches planes et parallèles dont ce corps est composé. Substance qui se prête aisément au clivage. Il m'a été facile de m'assurer qu'aucun phénomène de trombe ou de clivage ne s'était manifesté dans cet ouragan, car les arbres étaient .seulement renversés, Acad. des sciences, comptes rendus, t. l, p. 0)4. (| La fissure d'un cristal, et en particulier d'un diamant, lorsqu'elle est à surface plane.

— ÉTYM. Cliver.

CLIVÉ, ÉE (kli-vé, vée), part, passe. Diamant clivé.

CLIVER (kli-vé), v. a. Diviser un corps cristallisé suivant les lames ou couches planes dont il est composé. Il Terme de lapidaire. Tailler une pierre dans le sens de ses couches de cristallisation. || Se cliver, lî. réfl. Être divisé par clivage.

— ÉTYM. Allem. kliebcn; suéd. klyfwa; angl. (o cleave, fendre.

t CLOACAL, ALE (klo-a-ka!, ka-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au cloaque.

CLOAQUE (klo-a-k"; au temps de Chifflet, Gramm. p. )83, on prononçait cloaque), s. m. \\ 1" Lieu destiné à recevoir les immondices. Il [Napoléon] proclame que le Kremlin, arsenal, magasins, tout est détruit ; que désormais Moscou n'est plus qu'un amas de décombres, qu'un cloaque impur et malsain, sans importance politique et militaire, ségur, Hist. de Napol. IX, 6. Il Trou creusé en terre pour recevoir les eaux ménagères. || Masse d'eau sale et croupie. Tomber dans un cloaque. Cloaque infect. Il 2° Par extension, tout ce qui offre des amas d'ordures et une grande saleté. On pénétra dans de misérables logements qui étaient des cloaques. Cette ville est un vrai cloaque. Il Fig. C'est un cloa(|ue, c'est une personne sale et puante^ Dict. de l'Acad. \\ 3° Fig. Cloaque d'incertitude et d'erreur, pasc. dans cousin. Un pays qui est le clo-.que de la nature, \x)lt. Amabed, to' lettre d'Amabed. Un dieu aurait-il pu former ce cloaque de misères et de forfaits? id. MemmiHs , v. Je vous plains de remuer, dans l'horrible chftteau [la Bastille] où vous allez tous les jours, le cloaque de nos malheurs, volt. Letl. Chardon, 5 avril )767. Il Un cloaque d'impureté, de toutes sortes de vices, une personne couverte de souillures morales. || 4" Terme d'anatomie. Poche que forme l'extrémité du canal intestinal chez les oiseaux et les reptiles, et dans laquelle s'ouvrent les uretères. || 5° S. f. Conduit de pierres par où s'écoulent les immondices d'une ville. N'est usité, en ce sens, qu'en parlant de la grande cloaque, égout bflti à Rome par Tarquin et encore subsistant.

— REM. Dans la grande cloaque, le genre étymologique a été conservé par le latin marimn cloaca, qui est le nom de cet égout. || Au xvi siècle cloaque était tantôt masculin, tantôt féminin; c'est à tort que le masculin l'a emporté, ne fût-ce qu'à cause de cette anomalie d'avoir un même mot de deux genres suivant l'emploi.

— HIST. xiv* s. Il fist fere cloaques, ce sont conduiz souz terre pour celles yaues fere descendre ou Tybre , bercheuhe , f" 20 , recic. || xvi* s. Nature renvoyé ces excremens vers le mezentere et pancréas, comme dedans un cloaque ou esgout de tout le corps, PARÉ, v, )9. Ceux qui habitent et fréquentent es lieux putrides, comme es poissoimeries, escorcheries, cemetieres. hospitaux, cloaques et tanneries, ID. XXIV, 3.,.. Jette dedans mon ventre Un désir de manger, ventre, non, mais un antre, Plustost une cloaque instrument de mes maux [il s'agit de Phinée et des harpies], rons. 84). Bref ils t'ont fait ta cloaque d'erreur, id. 965. Il est ici bas lugé au dernier et pire estage de ce monde, plusesloigné de la voûte céleste en la cloaque et sentine de l'univers, CHARRON, Sagesse, p. 47, dans lacurne.

— ÉTYM. Lat. cloaca.

CLOCHE (klo-ch'), s. f. \\ 1° Instrument d'airain, en forme de coupe renversée, produisant des sons retentissants à i'aide d'un battant suspendu dans l'intérieur et misen mouvement par le branle de la cloche, ou à l'aide d'un marteau placé à l'extérieur et mil directement ou par des ressorts. Sonner, tinter la cloche. Bénir une cloche. On sonnait la cloche à volées. Les cloches dans les airs de leurs voix argentines. Appelaient à grand bruilleschantresà matines, boil. Lutr. IV. Tandis que dans les airs mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, ID. Sat. VI. Du dîner j'aime fort la cloche. Mais on la sonne en peu d'endroits, bérang. Tcuniebr. On se sert du son des cloches pour dissiper les nuées,

Boss. Conn. m, 3. || Fig. Faire sonner la grosse cloche, faire intervenir dans une affaire celui qui a le plus de pouvo'r. || N'être pas sujet au coup d« cloche, être maître de son temps. Les horlogej étaient défendues dans tous ses Étals, et on eût réputé pour insensé un homme ou une femme qui se fussent asservis à un coup de cloche, seobais, /'rin» cesse de Vaphlagonie, t. n, p. 2)7. || Fondre la cloche, prendre un parti, une résolution extrême; en venir au fait, à l'exécution. || Etre étonné, être penaud comme un fondeur de cloche, être fort surpris do voir manquer une chose sur laquelle on comptait. Locution tirée de ce qu'il arrive parfois que l'opération de jeter la cloche en moule manque. Si Foy eût pu soutenir ce style, la scène changeait; M. Pasquier, surpris comme un fondeur de cloches, eût remis ses lois da"s sa poche, et moi, petit propriétaire, ici je taiîle'ais ma vigne sans crainte, p. L. COUR. Lettre x, t. i, p. 220. || Genlilstiommes de la cloche, noblesse de la cloche, nom que l'on donnait aux descendants des maires et des échevins, maîtres, en leur qualité d'officiers municipaux, de la cloche de la commune, et anoblis en certaines villes par quelques charges municipales. || Coup do cloche, un coup frappé contre la cloche et qui la fait sonner; et fig. un avertissement. Il est vrai que j'ai été fort malade; ces petits avertissements sont des coups de cloche que bientôt il n'y aura plus d'heure pour nous , volt. Lelt. Schomberg , 31 août )789. Il 2°Terme de cuisine. Ustensile concave qui sert à faire cuire des fruits. || Couveicie en fer-blanc pour tenir les plats chauds. || Vase de verre dont on couvre le fromage pour le servir sur la table et sous lequel ii se fait. || 3° Dans le jardinage, vaso de verre dont on couvre les plantes délicates. Plantes venues sous cloche. || Fig. Il était vrai que dès lors je pointais fort, mais c'était sous cloche, st-sim. 2)7, 18). Il 4° Dans les laboratoires, manchon ou cylindre creux en verre,, ouvert par une extrémité et fermé par l'autre. || 5" Nom d'une machine qui a la figure d'une cloche, et dans laquelle un homme peut demeurer sous l'eau pendant assez longtemps. Cloche à plongeur ou cloche à plonger. || 6° Vésicule de sérosité qui se forme sur la peau. Il a des cloches aux pieds. || 7° Terme de vétérinaire. Un des noms vulgaires de la cachexie aqueuse des bêtes à laine. Il 8° Terme de botanique. Fleur en cloche, fieur monopétale ayant à peu près la forme d'une cloche. Il Double cloche, espèce de dalura: primevère doublée par la culture. {| 9" Terme de marine. Cylindre d'un cabestan. || Partie supérieure d'une manche à vent. Il 10° Terme de mineur. Cavité qui se forme au toit d'une galerie. || 11° Terme de sondeur. Cloche à galets, tige creuse pour saisir une tige de sonde. || 12° Ornement de monture de chandelier. Il Dans la poterie, bouillonnement. || Proverlies. On ne peut sonner les cloches et aller L la procession, c'est-à-dire on ne peut faire deux choses à la fois. Il C'est le sondes cloches auxquelles on fait dire tout ce qu'on veut, c'est-à-dire ce sont des paroles qu'on interprétera comme on voudra, ou c'est un homme qui dit tantôt d'une façon et tantôt d'une autre. Locution fondée sur une ancienne superstition qui faisait regarder les ciocnes comme pouvant annoncer l'avenir; le son des cloches n'ayant rien de déterminé, on y entendait toujours ce qu'on désirait. Il Qui n'entend qu'une cloche, n'eutenil qu'un son, c'est-à-dire, en toute chose, il faut entendre le pour et le contre.

— HIST. XIII* s. Les cloche de la ville sonnèrent hautement, Berte, ix. Decamelin, pour la pouriere [poussière], [ils] Avoient clokes [chapes] paringaus [semlilables] Fourées de vermeus cendaus, Bl. et Jehan, v. B436. || xiv* s. Quant li bourgois cirent la choze deviser, La cloque de la ville ont fait tantost sonner, Baud. de Seb.x, /6. jj xv*s. Adonc alla dire Lydore la royne : venez à moi, Lyriope belle fille; si vous osteray la cloche que vous avez vestue, et si nous servirez, Percfforest, 1. 1, f" )22. || xvi* s. Tous utenciles de cuisine faits de metail de cloche, de cuivre, de leton, o. de .serbes, 88). Ui chappe ou cloche d'un alambic, id. «89. .\ conseil de fol, cloche de bois, cotgravh:. Dont il feut plus eslonné qu'ung fondeur de cloches, et s'escria.... rabel. Pant. il, 29. L'on a beau battre les cloches devant que les paroissiens soient venus, le bolx de lincy. )'ror. 1. 1, p. 7. Mieulx vault à cloche se lever que à la trompette, ID. ib. Rapporter les cloches d'un tel lieu [avoir des amiioules aux pieds pour y être allé], oudi», Curtosiles fr. Si es dites vignes est trouvé gros bestail avec cloche fermée ou bouschécen temps de fruicts, de nuit, le seigneur du besiail court l'amende da vingt sols tournois, Couslum. génér. t. u, p. 681.

CLO

— ËTVM. Dourguig. cloiche; picard et I^e^rJ, cloque; provenç. cloca, clos; piémontais, cioca; bas-lat. cloccn, cloca, dans des tcxles du vursiôcle; «nglo-sax. ducfle, ix" siècle; anc. h. allem. clocca, H* siècle, ordinniremeiU avec un g. glocca; anc. Scandinave, klucka; allem. mod. Cloche; kymri, tlocli; irl. clog ; bas-bret. cloc'h. Ce mot est d'origine obscure; car on ne sait pas précisément s'il est allé des langues romanes dans les langues germani(|ues et celliques, ou s'il a suivi le chemin inverse. Dans lo premier cas, on le ratlacliernit à clocher, boiter, à cause du mouvement d'oscillation et, pour ainsi dire, de claudication de la cloche en bran le. Dans le second cas on le rallaclierait à l'ancjcn haut-allemand/.-/oc/io/t, battre, frapper, bien plulrtt qu'à l'anglo-savon cloccan, anglais clitck, glousser, dont la signification ne peut convenir. Clocher est probable; V. clocher la cloiche, à clocher? l'ar a.ssimilation une chape a éié dite cloche ou cloque, en anglais c/oa/;. CLOCIIF.MENT (klo-che-man) , *. m. Action de clocher, de boiter.

— lîTVM. Clocher 2;

CLOClIK-I'IKt) (X) (klo-che-pié), loc. adv. Sur un seul pied. Sautera cloche-pied. D'autres allaient toujours à cloche-pied, volt. l)ababrc.\\ S. m. Le cloche-pied , sorte de jeu gymnastique. |j ICspèce d'organsin qui n'a que trois brins de soie, dont deux sont moulinés ensemble séparément et puis moulinés avec le troisième.

— ÉTY.M. Clocher 2, et pied.

t. CLOCHER (klo-clié; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie : des clochers élevés, dites: kloché-z élevés), s. m. || 1° liAtiment élevé qui fait partie d'une église et dans lequel on suspend les cloches, La Nuit baisse la vue et du haut du clocher Observe les guerriers, les regarde marcher, boil. Luir. m. C'est ainsi que du sein des vastes métropoles On voit un riche amas d'édifices épars S'élancer en clochers, s'arrondir en coupoles. Ou s'étendre et s'enfuir en immenses remparts, masson, llelv. II. Il Fig. Placer le clocher au milieu de la paroisse, mettre à la portée de chacun ce qui doit servir i tous. || Fig. N'avoir vu que son clocher, que le clocher de son village, n'avoir point quitté son pays, être sans expérience du monde. || Se hattre avec les pierres du clocher, se dit d'un bénéficier qui jouit par provision d'un bénéfice qu'on lui conteste, et, en général, de tout homme qui se sert contre ses adversaires de l'objet en litige. Voyons le court détail de cette aflaire, dont la cabale (contre le duc de Bourgogne] se battit, comme on dit, avec les pierres du cloclier, st-sim. 2i:i, I25. || Course au clocher, course à cheval, qui, comme si elle avait pour but un clocher vu de loin , va à travers champs et franchit haies et fossés. || Des rivalités de clocher, des jalousies de village à village ou île petite ville à petite ville; et de même : cela n'a pas d'intérêt général, c'est une question de clocher. || 2° Paroisse, église. Il y a tant de clochers en Fiance. {| Pi«verbes. Un curé n'a besoin d'autre titre que de son clocher pour demander ses dîmes, c'est-à-dire la chose dont il s'agit est de droit commun et n'a besoin d'être appuyée d'aucun litre. || Tirer du clocher, employer la dernière ressource qui reste.

— lllST. XII' s. Ainz que sainz Thomas fust ocis el saint mustier, Grant processiun vit aler le?, le c!ochier, Th. lemart. (84. Li bacon (jambons] ardent, si chieent [tombent] li lardié; Et li sainz [la graisse] faille grant feu esforcier, Fiert soi es tors et el maistre cioichier, Haoul de C. co. || xiifs. Tant [ils] vont (]ue de Paris ont maint clocher veU, llerle, cxxxvij. [La tour] haute est amont comme clokier, /•"/, et Bl. 48n.\\ XVI' s. Il est feste en sa paroisse, on carillonne en sou clocber, leroux de li.ncy, Prov. t. I, p. 8.

— KTYM. Cloche; bourguig. quiocheij ; normand, cliocher ; picard , clokier.

2. CLOCHER (klo-cbé), V. n. || 1° Boiter en marchant. Clocher du pied droit. Qu'as-tu k clocher? es-tu boiteux aussi bien qu'aveugle? d'ablancoubt,

Lucien, Tiiiinn ou le misanthrope C'est grand'

honte Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils, La font. Fabl.lll, 4. || ï"ig. Jusques h quand clooliorez-vous de deux côtés? Nul ne peut seivir deux maîtres, fén. xviii, 08. || 2° Être défectueux, pécher contre quelque règle. Ce raisonnement cloche. Ce vers cloche, li n'a pas la mesure. Et que ceux qui veulent gloser doivent bien regarder chez eux s'il n'y a riKiniui cloche, mol. Fourb. ii, l. |l Proverbe. Il ne faut pas clocher devant les boiteux, il ne faut faire devant les gens rien qui leur reproche quelque défaut naturel, et, en général, rien qui leur rappelle quelque souvenir pénible.

CLO

— msT. XII* s. Li fil cstiange mentirent à mei, li fil estrange sunt enviegi [en route], et clocerent de lur sentes, Liber psalm. p. 2|. jj xiii' s. Car de poine [elle] clochoit, com cheval qu'on encloue, Bcrle. XXXIII. Et lienart d'atilre part rebroche Le bon destrier, qui pas no cloche, lim. 27180. Alant es vos un pèlerin Oui vint clochant tôt le chemin, ih. 12940. Il leva sus en solevant, Le pié tent avant dont il cloche, ih. 73o:i. Bien voi de quel pié vous clochiés, la Rose, 0380. Puisque justice cloce, et drois pent et encline, Kt vérités cancelle, et loiautés décline, riiteb. 233. La béasse qui cloche La cloiche dou cioichier Fist devant li venir, qui la ve'ist clochier, m. (82. Ilot en sa compaigne dant Hungier l'allemant, Et Rogier de liosoi, qui un pui va clochant, Ck. d'Ant. iv, 9. Et Hobers del Rosoi qui cloce del talon, ib. xi, 3fls. ||xv's. On ne pouvoit à présent clocher devant les seigneurs et leurs consaulx; car ils y veoient trop clair, froiss. ii, ii, 100. Et s'amans vont faisant les leurs, Tantost congnoistray leur deffault; .là devant moy clochier ne fault, cii. d'oiîl. Itond. || xvi' s. Le plus habile d'eux ne se pourra jamais absoudre qu'il ne cloche des deux cosiés; or Dieu a déclaré par son prophète qu'on ne lui fera jamais trouver une telle clochure bonne, calvin, 225. Il vaut mieux clocher en la voie que courir légèrement hors de la voye, id. Instit. 005. Jasques à ce que vous vous soyez rendus tels devant qui vous n'osiez clocher, et jusqu'à ce que vous ayez honte et respect de vous mesmes, présentez-vous tou.sjours en l'imagination Caton, Phocion et Aristides.... mont, i, 280. Les mariages de ce pais-là [Italie] clochent en cecy: leur coustume donne communément la loy si rude aux femmes et si serve.... id. m, 307.

— f.TYM. Picard, cloker; provenç. clopchar. Il y ' a deux étymologies proposées : 1° par Ménage, clau- ■ dicare, boiter; 2" parDiez, cloppicare, mot dérivé [ du bas-latin clnppus, boiteux (voy. clopin). La forme provençale clopchar paraît décider la question en faveur de la .seconde élymologie.

t 3. CLOCHER (klo-cbé), v. a. Terme d'horticul- '. ture. Couvrir de cloches. Avoir deux cents pieds de melons cloches, la quintihye. Jardins, t. i, dans

RICIIELET.

— ÉrvM. Cloche.

t CLOCIIE'rElIR (klo-che-teur) , s. m. Anciennement, homme qui précédait les convois funèbres î tenant à la main une clochette qu'il faisait sonner j de temps en temps. Le clochetour des trépassés.

— ÊTVM. Clochette. ' I t CLOCIIETOX (klo-che-ton), s. m. Terme d'ar- i

chitecture. Petit clocher. || Ornement, en forme de cloclieton, qu'on ajoute quelquefois aux angles d'un clocher. j

— ÉTVM. Diminutif de cloche : le clocheton, petite I cloche, s'est dit, par métonymie, pour le petit clocher qui renferme la petite cloche.

tXOClTETTE (klo-chJ-f), s. f. || 1° Petite cloche qu'on peul tenir à la main. La clochette du président. La clochette des troupeaux. La pagode de nacre au toit rose et changeant, La tour de porcelaine aux clochettes dorées, v. iiuco, Bail. 16. || 2° Les clochettes, sorte de jeu dans les orgues. || Sorle de carillon diatonique dans les orchcsiies. || 3" Fleur en forme de cloche. Clochetlo des bois, le narcisse pseudo-narcisse. Clochette des blés, le liseron des champs. Clochette des murs, la campanule à feuilles rondes. || 4° Terme d'architecture. Sorle d'ornement, qu'on nomme aussi goutte, et qui est de forme conique et taillé dans l'architrave de l'ordre dorique.

— IllST. XIII* s. Là estahli on que une clokete fust portée avec corpus Domini, car on ne i pcrloit point, Chr de Rains, p. 88. Madame Musique aus clochetes. Et si clerc plein de chansonnettes, Bat. des 7 arts. Il XIV* s. Son jaque [jaquette], qui estoit de clochettes garnis, [il lui] Fist tantost despoillier,... Guescl. 103CO. Maistre Jehan Bernard, charpentier, pour faire un petit clocher en la grand chapelle [du Louvre] à pendre la clochette à sonner la messe, DE LABORDE, Emiiux , p. 210. Une clochette d'or dont le tenon est d'une Heur de lis, et poise, à tout le bâtant, un marc une once, in. ib. Cordelle où il y ait au bout une cloquctie, llidus, f- lxxv. || xv* s. Crié soit à la cluchete Par les rues, sus et jus : Fredet, on ne le voit plus; Esl-il mis en oubliete? cii. d'oui.. Bond. Ceste clochette est faicte des biens de l'holel Dieu, pour les hahiians de la ville de Pois, et me fondit Andrieu Miiiiier, ir.82. de laborde, Émau.x, p. 217. Il est de la petite clochette [il est huguenot], II. EST. Apologie ullérod. p. Cil, dans lacirne.

— l'rVM. Diminutif de cloche; bourguig. clochote; picard, cloketle.

CLO

CLOISON (kloi-zon), s. f. || 1* Séparation qui se fait dans un appartement, dans une maison, à l'aide de quelque maçonnerie ou charpenterie. Cloison en briques. Mur de cloison. Un vieux mui enir'oiivert séparait leurs maisons; Le temps avait miné leurs antiques cloisons, la font, l'ille.-i de Miuée. \\ Petites murailles en briipies dans l'intérieur d'un poêle. Il 2°Termede botanique. Membrane ou partie mince qui divi.se en compartiments certaines cavités. Les cloisons des loges à graines. La rose el Damalis [une jeune fille] de leur jeune prison Ont ensemble percé la jalouse cloison, a. ciién. 02. || Demi-cloison, cloison d'un fruit qui n'atteint pas jusqu'à l'axe tle celui-ci, et lais.se un vide au centre. || Terme d'analomie. Partie servant de séparation à deux cavités. Iz cloison des fosses nasales. || 3° Espèce de boite mince qui renferme la garniture d'une serrure.

— lllST. XII* s. Les fossez [ils] virent, la cloison Qu'il aveiont fait d'environ, benoît, ii, 3405. || xiii's. Li rosier d'une haie furent Clos environ, si cum il durent ; Mes ge passasse la cloison Moult volontiers... la Rose, 2703. Et la cloison de mur quarré. ib. 514. Trop est fols qui la [oraison] pert par petite ochoison; Car tous les biens du ciel puet mettre en sa cloison, J. DE MECNG. Test. 1460. Il XVI' s. Ce bataillon estoit si bien remparé d'une cloison de picques, que.... amyot, P. Àm. 33. Hz chassèrent les Perses fuyans, jusques dedans le pourpris qu'ilz avoient remparé et fortifié de cloison de bois, lu. Arisl. 45. Lès sacrées cloisons [les cloîtres], d'aob. Conf. II, 8. Ce mot de cloison sentiroit la prison, lu.ib. X faute do mettre un pan [i)ieu]en une cloison, une vigne se dissipera, o. de sehrts, 53. Et puis que tout leur revient à mesme compte [aux femmes traitées avec une extrême jalousie] , elles ont Ip chois bien aysé : et, ont-elles brisé ces cloisons croyez qu'elles font feu, mont, m, 307.

— ÉTYM. Provenç. clausio; du latin claudere, fermer (voy. clore).

CLOISONNAGE (klci-zo-na-j'), i. m. Terme d'architecture. Tout ouvrage de cloison. Ces chambres ne sont séparées que par du cloisonnage. || Cloison de charpente.

— r.TVM. Cloison.

CLOISONNÉ, ÉE (kloi-zo-né, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est divisé en compartiments. Il Email cloisonné, voy. éhail.

— f;TV>l. Cloison.

CLOÎTRE (klol-tr'), s. m. \\ l°Dans un monastère, galerie intérieure couverte, et formant un carré, au milieu duquel est ordinairement un petit jardin. Les processions des religieux se font autour de leurs cloîtres. Il On dit, en architecture, qu'une maison est bâtie en cloître, quand il y a des bâtiments sur les quatre côtés de la cour. || 2° Le monastère même. Se retirer, s'ensevelir dans un cloître. Qu'en un cloître sacré je pleure incessamment... .corn. Cid, v, 7. La perfection n'est pas de se jeter dans un cloître, lioss. II, Yètur. 2. Cruels et lâches persécuteurs, faut-il donc que les cloîtres les plus retirés ne soient pas des asiles contre vos calomnies? pasc. l'rov. <8, Les cloîtres renfermaient plus de cinq cent mille per- .sonnes, volt. Mœurs, 139. Trop resserré dans les bornes d'un cloître, Un tel mérite au loin se fit connoitre [connaître], gresset, Veriert, u. |1 3° La vie monastique. Elle est par l'indigence au cloître condamnée, m. j. ciién. Fenel. iv, 4.||4" Enceinte de maisons où logeaient les chanoines des égli-scs cathédrales et collégiales. Le cloître Notre-Dame. Il 5° Terme de jardinage. Grand carré entouré d'allées taillées en arcades, imitant un cloître. || 6° Terme de construction. Voille en arc de cloître, sorte do voùle formée de plusieurs portions de voûte qui s'appuient sur dos murs, et se coupent de manière à former entre elles des angles rentrants.

— SYN. ci.olTBE, couvent, MONASTÈRE. Le cloître est une clôture; le couvent est un lieu où l'on se réunit pour vivre en commun; le monastère est un lieu de retraite et de solitude. Voilà l'élymologie. L'usage a attaché pnmilivomont à cloître le sens de galerie intérieure dans un couvent; c'est pour cela ([u'on ne dit pas, d'une manière déterminée et en laissant au mot l'idée commune de résidence do moines : établir, détruire des cloîtres. Cloître el couvent s'emploient l'un et l'autre pour désigner la vie monacale: on se jette dans le cloître; on met une fille au couvent; dans ces phrases on ne se servirait pas do monastère; lo monastère ne se disant pas, d'une façon générale, comme le cloître ou la couvent.

— lllST. XII* s. As altres chambres ont une chambre ajustée. Par uni la veieesleital cloistre plus privée. Mais à celé ure esteit à un grant loc fermée. Th. le

CLO

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mfirl. M5. Il xiir s. Quant il fu ticls qu'il puet rprendre, X ses letres un poi ateni rc, U abes l'a en coiirei pris, E en la cioisirc à let;cs mi>î, Gréqnire teCrand, p. 41. Qui Tans sémillant voilra congnois- Ire, Si In quiere au siècle ou en cloisire, la Hose, 11044. L'en ne preesclie mes en cloisire De Jcsn Christ ne de sn mère. Ne de saint Pol, ne do saint Pero, RUTE3. 21». Kt '.es haies sont failen à la guise ies cloislrcs de ces moinnes hl.ins, joinv. 205.

I XV* s. Aux sccidiers et en l'ostat de cloi-tre, E. nEscit. Poésies mss. f" 4G, dans lacurne. |{ xvi« s. Ou sur les monts d'Auverf;ne, ou sur le plus haut mont Des cloistres [harrières] Pyrcnez, (|uand la neige se fond, rons. 805. Hardis Turent les cœurs qui les premiers montèrent Au ciel, et d'un grand soin les astres afTronterent; Làsans avoir frayeur des cloistres enflamez Du monde.... m. 890. Iji clolstre, ne rien cognoistre, le noix de lincy, 7'rot;. t. i, p. 8. (Les passions] ne nous aliandonnent point pour changer de contrée, elles nous suyvenl souvent jusques dans les cloistres et dans les escholes de philosophie, mont, i, 275.

— ETYM. Provenç. claustra; anc. espagn. claustra; espagn. mod. claitslro; ital. cliiostro, cloître, ehiostra, demeure, habilittion; du laliu rlauslnim, qui, se disant le plus souvent au pluriel, clausira, barrières, a donné les deux formes chiosiro et ehiostra , et , dans le vieux français , le clollre et la cloitrc; les noms pluriels neutres du latin donnent souvent, dans les langues romanes, un nom féminin singulier.

cloîtré, ÊE (kloi-tré, trée), part, passé. Mis au couvent. Une fille cloîtrée. || Obligé de garder la clôture. Un couvent clollré. Depuis le concile de Trente, il n'y a presque plus de religieuses qui ne soient cloîtrées.

CLOÎTRER (kloî-tré), V. a. || !• Contraindre una personne à embrasser la vie du cloître. Les Matiignon étaient cinq frères et force filles dont ils cloîtrèrent la plupart, st-sim. (25, tac. Vous n'avez plus, monsieur, que le couvent en tôle; Vous voulez tout cloîtrer; et qui vous en croirait, Avant qu'il fût dix ans, le monde finirait, iiautebocme. Crisp. music. II, I. Il Fig. Enfermer, .séparer du monde. (I i' Se cloîtrer, embras.ser la vie monastique. || Fig. S'enfermer, se séparer du monde.

— IIIST. xvi°s. Les gens d'église constituent le premier membre de l'eslatdu pays; etaussi bienles prélats cloistres et religieux que prebstresseculiersjouissent de l'immunité que le droicl escril leur attribue, JVoiit). rnust. génér. t. li , p. 340.

CLOÎTRIER (kiol-tri-é), s. m. Religieux qui habite ell'ectivement dans le cloître, à la distinction de ceux qui sont dans la maison en qualité d'hôtes, ou qui sont réputés du dehors, parce qu'ils sont pourvus de bénéfices dépendant de la maison. {| Adjectivement et par plaisanterie. Leurs cloltrières excellences. LA FONT. Tabl.

— FIIST. xiu' s. Il ne resemble chevalier, Voir por le cuer beu , mes cloistrier, De livres porle grant plenté, Jten. 2U900. || xv" s. Plus vit en paix un poure chapelain Aux frais d'autrui ou par sa pourveance, Ou un cloistrier, [que] ne fait son souverain, E. DESCii. Poésies mss. f° 253, dans lacurne.

— ÉTYM. Cloitre; provenç. claustrier; anc. espagn. clanslero.

t CLONTQUK (klo-ni-k') , adj. Terme de médecine. Spasme clonique, mouvement tumultueux, irrégulier, indépendant de la volonté.

— ÉTYM. K),6vo;, agitation.

t CLOPÉE (kio-pée), s. (. Terme de vétérinaire. Synonyme de piétin, maladie du mouton. On dit aussi clopin.

— ÉTYM. Voy. CLOPIN-CLOPANT.

t CLOI'É.MANIE (kio-pé-ma-nie), s. f. Terme de médecine. Penchant irrésistible à commettre des vols.

— ÉTYM. KioîiTi, vol (voy. clepiite), et mante. fCLOPEUR (kio-peur) ou CLOPEUX (kio-peû),

». m. Battoir :\ l'usage du raffineur de sucre.

— ÉTYM. Allem. kiopfen, battre, frapper. \ CLOPIN (klo-pin), s. m. Voy. clopêe.

CLOPIN-CLOPANT (kio-pin-klo-pan) , loc. adv.

Fn clopinant. Aller clopin-clopant. Je m'en irai donc clopin-clopant, sEv. 257. Mes gens s'en vont i trois pies Clopin-clopant comme ils peuvent, la font. Fabl. V, 2.

— HIST. xiii* s Et chemina dusques al hospi-

tal tout dopant, et pria potir Dieu qu'on le liebregast, Chr. de Hains. p. io7.

— ÉTYM. Ilerry, doper, boiter; wallon, clèpir, boiter; provenç. clopj écloppé, boiteux; anc. franc. clnp, boiteux; kymri, clolf; du bas-latin cloppûs

qui se trouve dans les lois barbares; mot difficile que Ménage et après lui Diez tirent du grec /lo)»irou;. boiteux. Diez iiréfôre celle étymologie au latin clniidipcs, qui a même sens et qui doit aussi èire pris en considération. Ces élymologies ne sont que probables, vu (pie des intermédiaires manquent. Grandgagnage le lire .lu hollandais kruipen, lirnop, ramper: ancien flamand, crepel , boiteux; anglais, cripple, estropié. On a aussi mis en avant rallemand klopfcn, heurter, batire, paice que le boiteux bal en quelque sorte la terre; mais sans intermédiaire on ne peut .idopler une étymologie aussi détournée. CLOI'IXER (klo-pi-né), V. n. Marohur en clochant quelque peu. Quand Vulcain,clopinant,luivintdonner à boire, la font. Fabl. xii, M. M. du Maine pria les prélats de trouver bon qu'il me dît un mol, el vint clopinant à moi, st-sim. 203, 2;i. l.e fraler est ici, il clopine, sf.v. 324. Qu'une jambe do bois le siérait assez bien, Ktipi'après mes guerres finies Tu viendrais avecgnlce encore auxTuileries, Éborgné, clopinant, nous servir d'entretien, ciiai'L. à llouillon, I7II4. Un petit garçon, boiteux, clopinant avec ses béquilles, J. J. Rouss. Prom. 0. Il ne resia à M. de Taileyrand qu'à clopiner aux pieds du colosse qu'il ne pouvait reinerser, ciiateaubb. Ilém. t. vi, p. 214. Il II se conjugue avec l'auxiliaire ûioir. — IIIST. XVI' s. Le malade clopinera* tousjours quelque peu, PARÉ, VIII, 37.

— ÉTYM. Voy. CLOPIN.

+ CLOPINEUX, ECSE (klo-pi-ncû, neû-z'), adj. Qui clopine. Je laisse la plume à M. le clopineux,

SÉV. 333.

— ÉTY5I. Clopiner.

CLOPORTE (klo-por-t'), s. m. Genre de crustacés isopodes, dans lequel on dislingue le cloporte des murs, dit vulgairement cloporte.

— IIIST. xvr s. Une besie semblable à un clouporte, que les Ilaliens ap|icllent porccieti, paré, XIX, (8. Clooporles, autrement pouicelcis de Saint Antoine, petites bestes plates qu'on trouve es caves humides sous les pierres, o. de serres, 012.

— ÉTYM. Sauniaise et après lui Ménage tirent ce mot de claudere, fermer (voy. clore), et pnrcus, porc, attendu, d'une- part, que ces animaux vivent dans des endroits fermés, et d'autre part, qu'on les nomme généralement d'un mol qui sigiilfie cochon : ilal. por<;f//c((o, norm. trée, c'est-à-dire truie.

■ CLOQUE (kio-k'). s. /'. || 1° Sorte de maladie qui attaque les feuillePdu pêcher et .y formo des espèces il'ampoules. || 2' Dans les blanchisseries de cire,^ruban de cire qui se noue quand le cylindre n'est pas partout également chargé d'eau.

— ÉTYM. Cloche, dont cloque n'est que la prononciation picarde, et qui est pris ici dans le sens d'ampoule.

t CLOQUÉ, ÉE (klo-ké, kée), adj. Terme de jardinage. Qui est atteint de la cloque.

— ÉTYM. Cloque.

t CLOQUETIER (klo-ke-tié) , s. m. Morceau de bois au(]uel est attaché l'archet servant au mouleur de brique à couper la terre.

CLORE (klo-r'), V. a. Usité seulement dans les formessuivantes: je clos, tu clos, il clôt; je clorai; je clorais; clos; que je close; clos, close. |{ 1° Boucher ce qui est ouvert. Clore les passages. Je sais qu'il fit trancher et clore ce conduit l'aroii ce grand secours devai t être introduit, CORN, i'omp.v, 3. || Dans la vannerie, clore une corbeille, serrer l'osier avec un fer. Il Clore l'œil, la paupière, dormir. Ne pouvant clore l'œil, se plaignait en pleurant, Régnier, Dial. H ne connaissait plus le sommeil, et la froide main de la mort pouvait seule lui clore les yeux, Boss. le Tellier. Il Fig. Clore la bouche à quelqu'un, l'empêcher de parler, le réduire à ne pouvoir répondre. Mais la naïveté.... Clôt-elle pas la bouche à leur impiété? MALii. 1, 1. 112° Enclore. Clore une ville, un jardin. Il 3° Fig. Terminer. Clore un marché. Quand j'aurai clos mon dernier jour, malii. v, 20. Oui. seigneur, celle heure infortunée Par mes derniers soupirs clora ma destinée, corn. A'icom. iv, l. J'écris quelques pages sur votre compte; vous clorez, s'il vous plaît, le siècle de Louis XIV; car vous êtes né sous lui, VOLT. Lctt. duc de Iliclielieu, 25 oct. I70i. Qui empêche, quand on s'aperçoit de la fuite du bonheur, de clore la vie? chateacu, Naick. 11, I57. || Déclarer terminé. Clore une discussion dans une assemblée. Il 4° Dans les exercices de la chevalerie, clore le pas, terminer le tournoi, par opposition à ouvrir le pas, comnieiiccr le tournoi. || 5° V. n. Cette porte, cette fenêtre ne clôt pas. Lorsque le jour allait clore, ciiATEALit, Amer. 07. || 6' Se clore, v. réfl. Être clos. Un œil qui se clôt.

— KEM. Des grammairiens se sont plaints qu'on

laissât sans raison tomber en désuétude plusieurs formes du verbe clore. Pourquoi en elTet ne diraiton pas : nous closons, vous closez; l'Imparfait, je dosais; le prétérit défini, je closis, et l'imparfait du subjonctif, je closisse? Ces formes n'ont riende rude ni d'étrange, el il serait bon que l'usage ne les abapdonnâ! pas.

— SYN. CLOBE. FERMER. Fermer, qui vient de /tr. mare, rendre ferme, assurer, fortifier, s'est suhslitué peu à peu à tous les emploi» de clore qui, venant de claudere, était, à l'origine, le mol propre. Aussi, malgré l'élymologic, n'y a-l-il guère de différence qu'en ce que le premier est d'un usage général, tandis que le second est d'un emploi restrciiU. Qu'on prenne toutes les locutions, et l'on verra que les nuances sont insaisissables. On ferme ou on clôt un jardin île murs; le sommeil nous ferme ou nous clôt les yeux; le président ferme ou clôt la discussion; celle porle ne ferme pas bien ou ne clôt pas bien (pourtant on dira, avec une nuance : celle porte ferme bien, mais elle ne clôt pas; c'est-à-dire les verrous en sont solides, mais elle laisse des jours). En un mot, fermer, prenant le sens de clore, s'est oartout substitué à lui, excepté dans quelques locutions toutes faites: à huis clos, el non à buis fermé; nuit dose, et non nuit fermée; le propriétaire de la maison est obligé de tenir le locataire clos et couvert, et non fermé (ici fermé ferait presque un contresens). En revanche, ce serait un autre conire-sens que de dire à quoiqu'un de clore la porle, au lieu de fermer la porle, parce qu'on veut dire l'arrôtor par le pêne ou par un loquet, non pas la clore. En somme, c'est l'elTel nalurel d'un mot impropre qui se subslilue à i;n mot propre, d'en prendre la plupart des significalions cl pourlant de ne pas le chasser des loculions Iradilionnelles.

— IIIST. XII" s. Sire [il) fu de Illande, une terre ofl mers clôt, .Sax. xvii. l'iusa fierté Hcrupe elBretaigne el Touraine Que tous II remenanz que mers cloe el açaine, ib. xxx. De ci que il oui parfait sun palais e le lemple nostreseignur, e clos le mur envirun Jérusalem, Hois, 233. || xiii's. Ces hausmurs el ces riches tours dont la vile esloil close, villeh. LXi. Lors se closlrenl li nostre de lices par defors, ID, CLiii, Et si ot moll bêle maison. Close de haut mur environ, l.ai du trot. Por la deslrece de mort cioudrent [se formèrent] mi oeil, Psautier, {" lOO. Ançois doivent 11 auditeur clorre et seeler ce qui est fol el aporter en jugement, bealm. vi, 15 El nous n'avons point de demain. Quar li termes vient el aprouchc Que la mort nous clorra la bouche, ru- TED. 97. Li roys fisl clorre toul l'ost de graiis fossés, joiNV. 218. Et commanda le roy que l'en clousist nostre osl de fossés . in. 32 1 . El ji parole ne fust née. Se bouche fust close tous jours, Denier el brebis, dans jlbinal, t. 11, 204. || xiv s. Son sanc esl ou cuer et es euls [yeux] qui sont gros, et ne les dot onqucs, ORESME. Elli. 23. Il XV* s. Peureux toUir el clorre le pas de la mer [aux assiégés de tiilais], FROiss. I, I, 315. Oô ils cîoyoient la jilus part de l'ost, COMM. I, 2. Commandèrent qu'on amenast le charroy là où nous estions et que on nouscloysl, et ainsi fut fait, ID. i, 4. Avant que le roy prisl Arras, la ville cloyoit contre la cité, el y avoil grans fossez et grandes murailles entre deux, ainsi la cité estnit bien close, id. vi, 0. Je vous supplie que vous cloyez les fenestres, afin que nous soyons plus se-

crelemenl, lolis xi, tXour. xcviii. || xvi' s Car

crainte et double alors Luy cloent le bec, contemplant les richesses, 1. marot, v, 200. Mais mieux me vaut rendre ma lettre close, marot, 11, 23. Clouez tout court, renirez de bonne .sorte : Maislre passé serez cerlainemenl En un rondeau, id. ii, 373, En liberté maintenant me pourmaine, Mais en prison pourlant je fus cloué, in. 11, 4js, Cela n'eust pu sembler autre chose que ballie l'air à clos yeux, calvin, 23. Juppiter s'excusoyl, rcmonslranl que tous ses bénéfices estoyenl distribuez, el que son estât estoyt clouz, bab. Pant. m, 33, Le soleil levant, il s'espanouit; soy cachant, il se clousl, id, ib. m, 50. Clore el plier une lettre, mont, i. 293, Il ne m'est onques advenu de trouver la bourse de mes amis close, id. i, 312. Je m'en vais clore ce pas par un verset ancien que.... id. i, 330. Tel en camp clos, qu'en une battaille, id. ii, 7. Elle appelle ses filles pour luy clorre les yeulx, id. ii, 4i. Le gardans de pouvoir clorre l'œil, en le contraignant par tout: voye et toul moyen de veiller el demeurer sans dormir, AMV0T,P. jEm. 59. Ilzavoient conspiré entre eulx , que le premier jour que les Kumains sortiroient, ilz leur clorroienl la porle à la cueue, u>. Uarcel. 14, Pour clorre le chemin à ses ennemis... in. Sijila, 40. Use jetloitàclos yeux au danger, u>.

ni^o

J'hocion, ». OU'ii'' »« vint à la niiicit close, que l'on ne voyoit ilcsjS plus goulte, n. César, 41. Jusfjues à ce que les ennemis vindrent à monter sur les remparts qui clouoient son camp, iD. ib. 00. Fermant la bouche à la raison, et clouant les yeux ,\ l'imagination du péril, m. Pomp. 85. Qu'elle tienne son lialaine par inlervale, en clouant le nez et la touche, PARÉ, t. II, p. 029. Nous fismes un contract enîemlile l'autre jour, Que tu me donnerois mille linisers d'.5mour, A lèvres demi-clo-ses, hons. 8I0.

- ElYM. Berry, clouer; picard, cher, cloure ; provenç. elaure, clamer, dure; anc. catal. cloir; ital. cWwdere; du latin cinui/erp. L'ancien français disait il clol et il cloe, nous cloons, il clooil ; d'où la confusion qui s'est faite, pour le son, avec clouer.

l.CLOS,Cr,OSK(klô,klô z'), part, passt;. de clore. Il 1° Fermé. Jardin clos de murailles. Bien semble être la mer une barre assez forte Pour nous flier l'espoir qu'il puisse être battu ; Mais est-il rien de clos dont ne trouve la porte Ton heur et ta vertu? malii. ii, t2. Ces beaux yeux souverains [de Jésus] qui traversent la terre Mieux que les yeux mortels ne traversent le verre, Et qui n'ont rien de clos à leur juste courroux, ID. I, 4. Là les mains ne sont closes Pour recevoir, LA FONT. Orais. Ce dragon qui jamais n'a les paupières closes, corn, ilcdée, m, a. Pour un si beau dessein il n'est |)orte trop close, ROinou, Aniig. V, 3. Que nos portes restent closes. Et jusqu'au retour des roses Chauffons-nous, chaufTons-nous bien, BÉBANG. Hiver. || Fig. L'espérance m'en est close, MALii. y, 2.1. Il Terme de blason. Couronne close, couronne fermée. || 2° Bien fermé. Un propriétaire doit tenir son locataire clos et couvert, il doit entretenir en bon étal la clôture et la couverture. || Fig. Se tenir clos et couvert, se tenir en lieu de sûreté, et aussi être peu communicatif. Un chacun, sans parier, se tient clos et couvert, Régnier, Sat. xi. Le meilleur était que je m'étais parfaitement tenu clos et couvert sur le mariage, st-sim. 271, leo. Que, pour courir à tous n'étant plus assez vert. Il se veut désormais tenir clos et couvert, la font. Eunuque, V, 3. Il Se tenir clos et coi, ne pas bouger de chez .soi. Dans les visites qui sont faites Le renard se dispense et se tient clos et coi, la font. Fabl. viii, 3. Il 3° Renfermé. L'exemple des amants est clos dans ce tombeau, malii. v, 8. || Demi-clos. [Saint Pierre marchant sur les eaux] Quand, déjà demi-clos sous la vague profonde. Vous ayant appelé, vous affermîtes l'onde. Et, m'assurant les pieds, m'étonnâtes l'esprit, malii. i, 4. || 4° En termes d'hippia- Irique, cheval clos de derrière ou crochu, cheval dont les jarrets sont trop rapprochés. || 5° Les yeux clos, ou, plus.rarement, .à yeux clos, les yeux fermés. Il Fig. .aveuglément, sans balancer. Et se jette à clos yeux au danger plus extrême, rotrou, Antig. IV, 1. Il Avoir les yeux clos, être mort. Il n'eut pas sitôt les yeux clos, que.... || 6° Champ clos, lice fermée de barrières pour les tournois et les duels judiciaires. Pour décider leur querelle en champ clos, Boss. Louis de Bourb. Quand elle entre en champ clos avec le dieu de Thrace, la font. Tabl. Et malgré notre usage antique et solennel De défendre en champ clos le sexe qu'on outrage, volt. Tancr. m, 4. Il 7" Terme de droit criminel. A huis clos, à portes fermées, c'est-à-dire sans que le public .soit admis et sans que publicité soit donnée aux débats. Il Substantivement. Le huis clos est requis dans les affaires qui oITensent les bonnes mœurs. || 8° Lettre close, ordre du roi contenu dans une lettre fermée de son cachet et souscrite par un secrétaire d'État. Il Fig. Ce.st lettre close pour moi, c'est une chose où je ne comprends rien. Le fond de cette intrigue est pour moi lettre close, mol. le Dép.n, i. Sans dire quoi, car c'étaient lettres closes, la font. Vill. Il 9° Avoir la bouche close, se taire, garder un secret. Si l'on veut qu'ils aient la bouche close, mol. le Dép. II, 8. Il Bouche close! Gaidez le silence, le secret. || 10" A la nuit close, lorsqu'il est tout à fait nuit. Il 11° P:1ques closes, le dimanche d'après Pâques ou de Quasimodo, auquel jour se terminent les cérémonies de Pâ(|ues.

■2. CLOS (klô; l's se lie : un clos attenant, dites : un klô-z attenant), s. vu. Terrain cultivé et clos de haies ou de murs. Un clos de vigne. Un jardin et le clos attenant.

-- HIST. xiii' s. N'aureie anuit [cette nuit] paiz ou repos, Se il giseit dedens mon clos, Grégoire le Grand, p. 80. Ensi coume la voie change. Lez un essartdelez un clous, Iluecdut Uenart estreenclous, yicn.539.Es clos devant la porte de la cité garnie, Là troverent sarcus [cercueil] de marbre de Persie, Ch. dAnt. iv, ♦39. De ce clos où il les avoient mis, les fesoient traire l'un après l'autre, joinv. 242, jxvs. Une

petite chapelle, qui estoit pour le temps dehors la Keole; et quand le comte l'eut conquise, cette chapelle fut mise au clos de la ville, froiss. i, i, 240. il XVI' s. De toy, o Pan, qui augmentas son clos, marot. i, 2)8.

— f.TVM. Clos i; Berry, clous.

CLOSEAU (klo-zô), s. m. Petit clos.

— ÉTVM. Diminutif de clos 2.

f CLOSEMENT (klô-ze-man), adv. D'une manière fermée, isolée. Vieux.

— HIST. XV' s. [Sylvestre, pape] se tenoit simplement et closement à Rome, et vivoit sobrement avec ceux de l'Egiise, froiss. ii, m, 27.

— ÉTYM. Close, et le suffixe ment; provenç. clusamen.

I CLOSERIE (klô-ze-rie), s. f.\\i' Petite exploitation rurale, où il n'y a pas de bœufs de labour. la Closerie des Genêts, drame en cinq actes, par Fréd. .Soiilié. |' 2° Sorte d'ouvrage de vannerie.

— HIST. XVI' s. Us n'avoient point de terres ni de seigneuries, methairies, clozeries, borderies, car-

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