L0Y3EL, 7Û
— ÉTYM. Provenç. compensacio ; espagn. coiiipensacion; ital. compensazione ; du latin compensationem, do compensarc , compenser.
t COMPENSATOIRE (kon-pan-sa-toi-r'), adj. Qui établit une compensation.
— ÉTYM. Compenser.
COMPENSÉ, ÉE (kon-pan-sé, sée), part, passé. Les maux compensés par les biens. H'ierme de palais. Dépens compensés.
COMPENSER (kcn-pan-sé), v. a. jj 1° Terme de droit. Déclarer équivalente la valeur de deux choses. Compenser une dette. || Compenser les dépens, ordonner par jugement que chaque partie restera chargée des frais qu'elle a faits. || 2" Par extension, venir en dédommagement do quelque préjudice, d'un désavantage. Hector compense seul tous mes destins contraires, luce de j,ancival, Hector, v, 4. Compensant les satisfactions avec les injures, flkcii. U. de iîont. \\ 3° Se compenser, v. rifl. Être compensé. Dls erreurs qui se compensent et qui n'affectent pas le résultat.
— HIST. XVI* S. Les fautes sont compensées par œuvres de supererogation,CALV. /aslil. 6 4 3. La remission gratuite ne peut estre compensée d'aucuns biens procedans de nous, id. ib. 630. Pnlycrates, pour interrompre le cours de son continuel bonheur, ot le compenser, mont, ii, S59. Cette douleur estOJt compensée par le plaisir q^ie.... id. m, 4 2.
— ÉTYM. i'rovenç. compensât, comptssar; espagn,
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tompensar; ital. compensare, du latin compeiware, de enrn, et pensare, peser (voy. peser).
COMPfiBAGE (kon-pè-ra-j'), s. m. \\ l'Affinité «pirituelle entre le parrain et la marraine, et entre chacun d'eux ot le père et la mère de l'enfant.|| 2°Fig. Connivence de celui qui sert de compère à un charlatan. Il Connivence et complicité dans toute espèce du supercherie.
— HIST. xin's. Renartne dote [craint, respecte] mariage. Ne parenté ne comperage, ilen. 8288. Note que ce qu'est eslabli generaument , si cum comperage, n'empeeche pas mariage à fere solement, mes il depiece le fet, liv. de jusl. <09. Lo comperage qui estoit entre eus, beaum. lxi, 64. Ilxvi's. Ce renard, sous ombre de conaperage, trompoit les pauvres renards et les mettoit en la gueule des chiens, desper. Contes, xxxi.
— ÊTYM. Compère.
COMPËRE (kon-pê-r'), s. m. || l'Le parraiii, par rapport à la marraine et au père ou à la mère de l'enfant; il désigne également le père relativement au parrain et à la marraine. C'est mon compère. Il 2° Nom très-familier et d'amitié que l'on donne aux hommes avec qui on est en relation hubituelle. Comment vous portez-vous , compère? Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent éous, Savetier, mon compère, bérano. El. de la rich. \\ La plupart des bourgeois se nomment compères comme les gentilshommes de campagne s'appellentcousins, dkcaillières, loflo. || Un compère, un homme, un enfant, vif, résolu. Un gros compère. 11 n'y a point de bien qu'on ne dise de ce petit compère, sÉv. B58. Il C'est un rusé compère,'Un homme adroit. Il Un vigoureux compère, un homme résolu, courageux. Il Familièrement. Être compères et compagnons, être très-liés, vivre, agir habituellement ensemble. 113° Nom donné par plaisanterie aux animaux. Compère le renard se mit un jour en frais. Et retint à dîner commère la cigogne, la font. Fabl. I, )8. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours; Ma commère la carpe yfaisait mille tours Avec le brochet son compère, iB.ib. vu, 4. Eh bon jour, mon compère le brochet [nom donné familièrement dans une société au duo d'Enghien, le vainqueur de Hocroi], je m'étais toujours bien doutée [c'est la carpe qui parle] que.es eaux du Rhin ne vous arrêteraient pus, voit. ie((.t43. ||4°Fig. Celui qui, sans qu'on le sache, est d'intelligence avec un escamoteur et aide à l'exécution des tours. Les charlatans ont ordinairement des compères. Je suis muet quand on ne m'interroge pas : je suis un vieux polichinelle qui a besoin d'un compère, volt. Lett. Mme du Deffant, 30 juillet <708. Il Celui qui en seconde un autre pour faire quelque supercherie. || Proverbe. Tout se fait ou tout va par compère et par commère, c'est-à-dire tout se fait par faveur, protection, recommandation.
— IIIST. xm* s.. A la parfin se porpensa Que son compère [il] proiera Que por Dieu li doint, sil conmande. Ou poi ou grant de sa viande, Ren. 964. Il est compaires de Dieu, poroe qu'il est en estât de grâce et sans pechié, beaum. Concl. Frère Hugue, compère le roydu conte d'Alençon [compère du roi, dont il avait tenu un des fils sur les fonts baptismaux], JOINV. 208. Il xv's. Quand le roi d'Angleterre entendit que ceux de Gaud avoient occis Jacques d'Artevelle son grand ami et son cher compère.... FROiss. 1, I, 240. Un autre très honneste bourgeois se leva et dit tout ainsi qu'il feroit compagnie à son compère sire Eustache de Saint-Pierre, id. :, i, 321. II. XVI' s. X la droite des compères [les Suisses] prenoit place en marchant le régiment de Sarlabons, n'Aue. Ilist. I, 305. Le roi de Navarre s'alla jetter dans le lict du duo de Guise, et avec les alliances qu'ils avoient fait de maistre et de compère, eurent plusieurs familiers discours, ID. ib. ii, <87. Et n'avoit rien si odieux que l'on eust dit de luy, qu'il estoit parvenu par compère ou par comere, CABL. -1, (9. Plus sont de compères que d'amis, le- Boux DE LiNCY, Prov. t. Il, p. 373. Il n'y a ni compère ni commère, l'enfant est chrestien, oudin, Curios. franc. Qui de mastin fait son compère, plus de baston ne doit porter, cotghave.
— ÉTYM. Picard et wallon, copére; provenç. cornpaire; catal. compare; espagn. el ital. compadre; de mm.... et père.
1 COMPÈRE- LORIOT (kon-pê-re-lo-ri-o), s. m. Il 1° Le loriot commun. || 2° Populairement, petit furoncle au bord de la paupière de l'œil, dit aussi orgelet. \\A^i plur. des compères-loriots.
— ÉTYM. Compère, et loriot, ainsi dit, peut-être, ft cause de la couleur variée que présente cette petite tumeur.
tCOMPERSON-SlER (kon-pèr-so-nié),s.m. Terme
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de droit féodal. Celui qui tient une terre avec d'autres à charge d'une redevance pour laquelle tous sont tenus solidairement. || Fig. Celui qui partage avec, qui agit avec. Je trouvai un grand avantage pour M. le duc d'Orléans de rendre M. le duc compersonnier dans le fait de la prison de Mme du Maine, st-sim. 623, 204. Le marquis d'Lffiat, le compersonnier du chevalier do Lorraine, id. 328, 42. Il 'Vieux.
— IIIST. XVI* s. De partage, licitation et adjudication entre cohéritiers ou comparçonniers, ne sont dus lods ne ventes, loysel, 642.
— ÊTYM. Com.... et l'anc. franc, parsonier , celui qui est partageant; de l'anc. franc, parson, partage, du hitinpartidonem, de partiri, partager (voy. partir).
COMPÉTEMMENT (kon-pé-ta-man), adv. D'une manière compétente. Il en parle compétemment. Rien n'est plus contradictoire que de prétendre représenter compétemment la nation, tandis qu'une grande partie de cette nation soutient (|u'elle ne peut être représentée que dans une assemblée générale de ses trois ordres, Mirabeau, Collection, t. i,p. 37.
— HIST. XV* S. La sage administracion du père le fist introduire en lettres moult suffisamment et tant que competenment entendoit son latin, et suffisanment sçavoit les règles de grammaire, christ, de pisAN, CharlcsY, i, ch. 6. Et foitmandemont de gens de guerre et en assembla compétemment, juvén. Charles YI, <38B. || xvr s. Si la saignée n'est faite et promptement et compétemment, ou le malade meurt bien tost, ou il se fait un abcès, paré, xx, se. Je croy, qu'à un chascun sa langue puisse compétemment communiquer toute doctrine, dubell. I, 14, recto. Avoir le corps en sa disposition naturelle, jouissant ordonéement et compétemment des fonctions molles et tlateuses par lesquelles il luy plaist [à Dieu] compenser de sa grâce les douleurs de quoy sa justice nous bat à son tour,
— ÉTV.'U. Compétent, et le suffixe ment; provenç. competentment ; C-spagn. et ital. compelenlemenle.
COMPÉTENCE ( kon-pé-tan-s' ) , s. /•. || 1° Terme de droit. Attribution, pouvoir d'un tribunal, d'un fonctionnaire, d'un officier public; mesure de ce pouvoir. Décliner, reconnaître la compétence d'un tribunal. La compétence des notaires. || Juger la compétence, décider à quel tribunal appartient la connaissance d'une affaire. Clotaire II règle la compétence entre les juges des églises et les mTiciers, MONTESQ. &pr. XXX, 21. || 2° Fig. Habileté reconnue dans de certaines matières et qui donne un droit de décider. La compétence de Vaugelas dans les questions grammaticales. || Familièrement. Cela n'est pas do sa compétence, il n'est pas en état de juger, de décider. Du moins devrait-il se taire sur les choses qui ne sont pas de sa compétence, volt. Lett. en vers et en prose, 43. Elles se borneront aux choses de leur compétence, J. J. bouss. Ém. iv. Ces matières ne sont pas de ma compétence et je ne m'en mêle pas, dider. £ss. s. Claude, Viy. u. || 3° De compétence, comme il convient. Cet habit cependant n'est pas de compétence. — Vous savez que l'habit ne fait pas la science, regnard. Folies amour, i, B. Vieilli en ce sens, qui, d'ailleurs ici, paraît attiré par science. Il 4° Rivalité. La moindre ombre de compétence avec un fils de France a un grand air de ridicule, RETZ, II, 82. Des gens, qui avaient voulu élever leur aîné jusqu'en compétence de M. le duc de Chartres, n'étaient pas pour s'accommoder de celles [prérogatives] des princes du sang, st-sim. 72, (79. Peu usité en ce sens.
— ÊTYM. Le latin competentia, de competens, de competere, compéter.
COMPÉTENT , ENTE (kon-pé-tan , tan-t') , adj. Il 1° Terme de droit. Qui a droit de connaître d'une matière, d'une cause. Le tribunal s'est déclaré compétent. Le mariage doit être contracté devant l'officier public compétent. Il est vrai qu'ils [les légistes] n'ont jamais prétendu être compétents des causes majeures, ST-SIM. 373, 208. || Partie compétente, celle qui a qualité pour être partie au procès. || Age, temps compétent, l'Age, le temps requis, voulu légalement. Âge compétent pour le mariage. || Portion compétente, part à laquelle des enfants ou héritiers peuvent prétendre dans un bien. || 2° Par extension , capable de bien juger certaines choses. Personne n'est plus compétent que lui dans l'archéologie du moyen âge.
— HIST. XV* s. Quand ce vint au matin à heure compétente, ce Benhault fit signifiera ces seigneurs que ils seroient respondus, fhoiss. h. m, 9i. Je
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n'ai plus soif, tarie est la fontaine ; Repeu je suis de compétent viande, cii. d'orl. Bal. «06. Lequel roi en .son temps eut plusieurs fils et filles: desquels, c'est à savoir de ceux qui vécurent jusqu'à âge compétent, les noms s'ensuivent, monsthel. liv. i, ch. I. Prenezjour brief etcompetentet lelquelaprochaineté des lieux le peut demander, id. h, «&. XVI* s. Il nie donc que l'F.miiereur soit juge compétent d'une si haute matière, Calvin, Instit. »84. Forcer les loix de nature en faisant des mariages hors d'aage competant , amyot , Sulon , 38. Leur ayant expressément enjoint , sitost qu'ilz auroient mis ensemble un nombre compétent, qu'ilz le luy envoyassent, in. Sertor. 30.
— ÊTYM. Compiler; provenç. compétent.
COMPÉTER (kon pé-té. L'accent aigu se change
en accent grave devant une syllabe muette : il compète; bonne orthogra[ihe de l'Académie, mais qui est en contradiction avec celle que l'Académie suit dans abréger, où elle écrit abrège : sans doute l'Académie écrirait, bien qu'elle n'en dise rien, compétera, compéterait, pour être d'accord avec régner, qu'elle conjugue règne, régnera), v. n. || 1° Terme de droit. Appartenir en vertu de certains droits. Ce qui lui peut compéter dans cette succession. || 2° Être de la compétence. Cette affaire ne compète point à tel tribunal.
— HIST. XIV* s. Et ceste passion , c'est assavoir vercunde [vergogne], ne compete pas et n'est pas convenable à tout eage, oresme, Elh. 4 38, Et i' monstre comme ces deux membres de la division dessus ditte compétent et convienent à diverses gens, in. ib. 69. Il XV* s. Laissez le roi d'Espaigne et le roi de Portingal faire leur guerre ensemble, car elle ne vous compete en rien, froiss. ii, m, <8. Sire, dit Utran, je ne sçay quelle chose celluy aura qui achèvera l'adventure; mais, au regard de moy, je ne vouldroye nullement descouvrir chose qui peust desplaire ou compéter à autruy, Perceforest, t. v, f' 25. Il xvr s. Ils alleguoyent que ceste charge mieulx competoyt à ung orateur qu'à ung sophiste, bab. Car. 1, 4 7. Me semble que doresnavant venez en eage à ce compétent, id. Pant. m, 48. Touchant de créer les prestres, ils disent que le droit leur en compete, calv. Instit. 871.
— ÉTYM. Provenç. competir; espagn. compéter; itàl. competere ; du latin competere, de cum, avec, et peine, aller vers (voy. pétition).
COMPÉTITEUR, TRICE (kon-pé-ti-teur, tris'), s. m. et/'. Celui, celle qui poursuit le même objet qu'un autre. Ils étaient deux compétiteurs à l'empire. Et contre les grands noms de ses compétiteurs Sa jeunesse eût trouvé d'assez froids protecteurs, corn. Pulch. II, I. La fortune lui suscita deux compétiteurs dans la possession.... bamilt. Gramm. 9.
— HIST. XVI* s. Un ennemi du siège romain, et compétiteur de la dignité du Pape, calv. Imtit. 9(i. Cesdeux compétiteurs et corrivaulxfaisoient.... carl. VI, 37. Quand il vint à briguer Testât de praeteur, encore qu'il eust beaucoup et de grands compétiteurs, il fut le premier de tous déclaré cleu, amyot, Cicèron, xi. On proposoit à l'un de nos roys le chois de deux compétiteurs en une mesme charge, desquels l'un estoit gentilhomme, l'aultre ne Testoit
point, MONT, m, 320.
— ÉTYM. Le latin competitor ; de competere, do cum, avec, et pelere, demander (vov. pétition).
t COMPÉTITION (kon-pé-ti-sion), s. f. Prétention rivale.
— ÉTYM. Le latin comf>etitio (voy. compétiteur.) COMPILATEUR (kon-pi-la-teur), s. m. Celui qui
compile. || Dans un sens favorable. Celui qui réunit en un seul corps des documents dispersés. Duchêno, qui a donné cinq volumes de l'histoire de France, est un utile compilateur. Tribonien, compilateur du droit romain, BOss. Hist. i, 41. Si le public doit savoir gré à ceux dont le travail pénible rassemble depuis quelques années les traités, actes et mémoires.... la reconnaissance due à leurs soins serait encore plus juste, si ces compilateurs eussent écarté de leurs ouvrages le mensonge.... torcï, Uém. t. i, p. I. Il Dans un sens défavorable, celui qui n'a rien d'original ni de propre à lui. Ce n'est qu'un compilateur. Il y a des esprits, si j'ose le dire, inférieurs et subalternes, qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre ou le magasin de toutes les productions des autres génies; ils .sont plagiaires, traducteurs, compilateurs; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé, la brut. i. Pour l'achever [l'écrivain], quelque compilateur, Froid gazetier, jaloux d'un froid auteur. Vient l'entamer de sa dent mercenaire, volt. .^p. *2.
— ÉTYM. Lat. compilat^r, de compilare, compiler.
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COMPILATION (kon-pi-ia-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. /■. || 1» Action de compiler. ||2''0uyrage composé d'extraits de divers auteurs. Ce livre n'est qu'une compilation. Nous portâmes chacun notre réponse chez M. de la Uochefoucauld; il s'en fit une assez mauvaise compilation, st-siu. 36, ^6^. Loi qui n'a pas été mise dans la compilation de .lustinien, montesq. Psp. xii, 46. Vous avez raison, les compilations de Grotius ne méritaient pas le tribut d'estime que l'ignorance leur a payé, volt. IHal. XXIV, 4" entretien.
— iriST. xy' s. Sera récité par moy véritablement et sanz aucune adulation le principe et mouvement de ceste présent petite compillation , CUB. de pisan, Charles V, i. Prologue.
— ÉTYM. Provenç. compilatio; espagii. compilation; ital. tompilaîione ; A\x \aXm compilalionem , île compilare, compiler.
COMPILÉ, ÉE (kon-pi-lé, lée), part, passé. Des documents compilés sans choix.
COMPILER (kon-pi-lé), V. a. || 1° Mettre ensemble des extraits de divers auteurs, des documents provenant de différentes sources. Il a compilé cette théologie de vingt-quatre de nos pères, pasc. Prou. s. Il 2° Absolument. Au peu d'esprit que le bonhomme avait, L'esprit d'autrui par supplément servait; 11 entassait adage sur adage, Il compilait, compilait, compilait.... volt, le Pauvre diable.
— HlST. xiV S. L'histoire est telle, et ne la doy pas corriger ne faire autre ; car plus sage de moi la compila et intitula, Ménagier, i, o. || xv s. Les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie, FROiss. Prot. Et avois , de pourveance, fait escripre, grosser et enluminer et recueillir tous les traités amoureux et de moralité, que, au terme de trentequatre ans, je avois faits et compilés, m. m, iv, 40. Et à grant joye me fut dit par le trésorier du dit seigneur, qu'il luy plairoit que je compiUasse un traictié sur certaines matières, chhist. db pisan, Charles Y, i, ch. 2. Car pour mol c'est mal compilé. Mal entendu et mal filé. De prendre fuseau sans peson, coQuiLLARD, Blason des armes et des dames. Il xvr s. L'esprit humain ne se sçauroit maintenir, vaguant en cet infini de pensées informes, il les luy fault compiler en certaine image à son modèle, mont. I, 246. Une sorte de pilulles compilées de cent et tant d'ingrédients, m. m, 228. L'aucteur qui compila ce livre vouldroyt qu'il fust en sa puissance de faire plus grant service à son pays, palsgh. p. 401. J'ai recueilly sommairement des mémoires que j'ay, de longue main, compilez pour mon particulier, AMYOT, Tranq. de l'dme, 1.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. compilar ; ital. eompilare ; du latin compilare, proprement piller, et par suite, piller les ouvrages d'autrui, de com, et pilare, piller (voy. piller).
t COMPISSER (kon-pi-sé), V. a. Arroser d'urine. Tu m'as tout compissé, pisseuse abominable, scahh. D.Japhet, iv, 12. || Vieux et burlesque.
— HlST. xiv's. Il fait à l'un la moe, l'autre compissera; Et si est nice et ors, ne say qu'on en fera, Guescl. variante du vers lis. |{ xvi» s. Que les mastins paillards la compissent tousjours ! RONS. 8-22.
— ÉTYM. Com, et pisser; pro\enç. compissar.
COMPITALES (kon-pi-ta-1'), i. (. Terme d'antiquité. Fêtes romaines à l'honneur des dieux domestiques, et qui se célébraient dans les carrefours.
— ÉTYM. Latin compitalia, de compitum, carrefour.
COMPLAIGNANT, ANTE (kon-plè-gnan, gnan-t'), adj. Qui se plaint en justice. || Substantivement. Dans le discours du complaignant, ST-sm. 70, ib2. Peu usité.
— ÉTYM. Complaindre.
t COMPLAINDRE (kon-plin-dr'), «. o. Témoigner de la compassion à quelqu'un. || Se complaindre, V. rijl. Faire sa complainte. || Vieux.
— HIST. XH" s. X vous amans, plus qu'à nule autre gent, Est bien raison que ma dolor [je] complaigne, CoMci, xxii. || xiii's. Ainsi se complaignoit li rois, Chr. des Rains, p. 80. Et sont tenu à sainte Eglise garder et garantir, toutes les fois que ele en a mestier et qu'ele se complaint à eus comme à ses enfans, beaum. xi, 27. Au juge d'eulx [il] se complaindra, la Rose, 7832. || xiv s. Assez rueve [demande] qui se complaint, machault, p. 79. ||xv"s. Et quant le gentil chevalier eut ouï complaindre la roine si tendrement, froiss. i, i, u. || xvi's. L'un que tourment poursuit et importune, Va complaignant sa mauvaise fortune, marot, i, 3u. Adonc le complaignant renforcea la voix et commeticea h
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crier plus hault, amyot, Démosth. (6. Des mains, nous festoyons, resjouissons, complaignons, attristons, MONT. II, t69.
— ÉTYM. Com, et plaindre; provenç. complanher , complagner , complanger ; calai, complanyer; anc. espagn. cnmplanir ; ital. compiangere.
COMPLAINTE (kon-plin-f), i. f. || 1» Plainte que l'on fait entendre. X vous seul en pleurant j'adresse ma complainte, Régnier, Élig. v. Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes, malh. vi, 18. En ces propos mourants ses complaintes se meurent, id. I, 4. Il 2* Chanson populaire sur quelque événement tragique ou sur une légende de dévotion. La complainte sur l'assassinat de Fualdés (en 1 81 6). La complainte du Juif errant. || 3° Action par laquelle celui qui est troublé dans la possession d'un immeuble demande à être maintenu en possession contre l'auteur du trouble. La complainte est une action possessoire. || Enstyledemonitoire, faire complainte àl'Êglise. Il En matière bénéficiale, seditd'uneaction qu'on forme pour être maintenu en un bénéfice, après en avoir seulement pris possession.
— - mST. XIII" s. Dame Dieux ouï ma complainte et ot merci de moi. Psautier, f" 36. Li chastelains de Couci aima tant Qu'onc pour amor nuls nen ot dolor graindre ; Pour ce [je] ferai ma complainte en son chant, anonyme, dans Couci. Quand mes complaintes [elle] entendi, la Rose, 4240. Nos avons oï laconplainte. Or devons la response atendre Et l'un droit après l'autre rendre, Ren. 87B4. Mestre, fait li rois, s'ono oïsles En vostre terre tex conplaintes Com à ma corta l'en fait maintes, ib. 8432, Li rois avoit mandé durement et asprement de maintes pleintes et compleintes qu'il avoit oies, Liv. dejust. 1 4. Il XV* s. Ces nouvelles et ces complaintes en vinrent à messire Jean de Hainaut [Philippe de Valois venait de ravager son territoire], fhoiss. i, i, 08. il xvi" s. En complainte de nouvelleté, y a amende envers le roi et la partie, loysel, 753. Car ce sont cris, pleurs et complaintes, marot, i, t84.
— ÉTYM. Complaindre ; provenç. complancha, complansa, complanta, complainta; anc. catal. complancta, complanta; ital. compianla.
COMPLAIRE (kon-plê-r'), je complais, il complaît; je complaisais; je complus; je complairai; que je complaise; que je complusse; complaisant; complu, v. n. Il 1° Acquiescer pour plaire, pour faire plaisir. 11 ne cherchait qu'à plaire et qu'à complaire. Moins vous-1'aimez, et plus tâchez de lui complaire,
rac. Uilhrid. iv, 2 Et sans plus me complaire
Vous refusez l'honneur que je voulais vous faire, ID. ib. IV, 4, Non que, si jusque-là j'avais pu vous complaire.... id. Brit. iv, 2. Se faire petit pour complaire, s'abaisser, s'effacer devant un supérieur, p. L. coun. Lett. ii. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 2° Se complaire, v. réfl. Mettre sa jouissance, son plaisir dans une chose toute personnelle. 11 se complaît à rendre service. Il se complairait à vous tourmenter. J'avais prévu ma chute en montant sur le faîte; Je m'y suis trop complu : mais qui n'a dans la tête Un petit grain d'ambition? LA FONT. Fah. x, 10. Dieu se complaît, ma fille, à voir du haut des deux Ces grands combats d'un coeur sensible et vertueux, volt. Agatiwcle, ii, *. Tu te complais peut-être en ta funeste erreur, delavig. Vêpres sicil. ni, 2.
— REM. Faut-il dire : cette femme s'est complu ou complue à se parer; ils se sont complu ou complus à vous obliger. L'Académie ne dit rien là-dessus, mais au mot plâtre, elle donne, dans des constructions analogues, le participe passé invariable : elle s'est plu à se parer; ils se sont plu à vous obliger. C'est la règle que donna aussi bien pour complaire que pourpiarreGIrault-Duvivier dans la Grammaire des grammaires. Cette règle est bonne; on doit la suivre, interprétant (et c'est l'interprétation la plus naturelle) se complaire par complaire à soi. Mais d'autres grammairiens écrivent :elle s'est complue, ils se sont complus; et cela aussi ne déroge pas à la grammaire ; seulement l'explication est différente : dans celle-ci on considère complaire comme unverbe neutre construit avec le pronom personnel, tel que se taire, s'écrier, s'enfuir, et, dans l'ancien français, se dormir, se gésir, etc. tous verbes qui sont'des verbes réfléchis absolus et dans lesquels le participe passé est variable : ils se sont tus, écriés, enfuis, et dans l'ancien français, ele s'est dormie.etc. De la sorte on peut faire, avec complaire, le participe variable ou invariable suivant le point de vue où l'on se placera, c'est-à-ilire suivant qu'on le considérera comme unverbe réfléchi Indirect ou comme un verbe réfléchi absolu (voyez, pour la théorie de cette construction du pronom personnel, le verbe aper-
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cevoir). Mais l'usage le plus général est de faire complu invariable.
— SYN. COMPLAIRE, PLAiHE. Complaire c'est s'accommoder au sentiment, au go(\t de quelqu'un, dans la vue de lui être agréable. Plaire c'est effectivement être agréable, beauzée.
— HlST. XV* s. Ain^ le mentir en pluseurs [j'] apperçoy. Qui aux princes cuident par ce complaire, E. DEScii. Ce qui est nécess. aux rois. La pluspart des gens taschent à leur complaire [aux princes] , COMM. Prol. Il XVI* s. Aymant complaire à Dieu par foy et observation de ses sainctz commandements, RAE. Pant. m, 30. X Vulcan donc son dueil elle declaire. Qui tout subit, pour à Venus complaire.... MAROT, I, 390. Tels complaisoient à ceulx-cy, qui, à ceste venue, les eussent abandonnez, carl. viii, 9. Il souloit louer les médecins qui ne complaisoient jamais aux voulenloz et appétits desordonnez da leurs patiens, amvot. Pompée, 96. Se complaire oultre mesure do ce qu'on est, en tumber en amour de soy indiscrète, mont, ii, 62. Que l'ame l'assiste et favorise [le corps] et ne refuse point de participer à ses naturels plaisirs, et de s'y complaire conjugalement, m. IV, 300.
— ÉTYM. Espagn. complacer; ital. compiacere ; du latin compiacere , àecum, avec, etplacere, plaire.
COMPLAISAMMENT(kon-plè-za-man), adv. Avec ou par complaisance. 11 m'a écouté complaisamment. || Ironiquement, avec un sens de blâme. Il parle trop complaisamment de lui.
— ÉTYM. Complaisant , et le suffixe ment. COMPLAISANCE (kon-plè-zan-s'), s. f. \\ 1° Soin,
désir de complaire. Tant il a de complaisance pour les riches, pasc. Prov. xii. Je refuse d'un cœur la vaste complaisance Qui ne fait du mérite aucune différence, mol. His. i, (. Goûtez, avec complaisance pour Adoam , les plaisirs qu'il vous offre, FÉN. Tél. VIII. J'avais plus espéré de votre complaisance, HAC. Iphig. III, t. Un esprit né sans fard, sans basse complaisance. Fuit ce ton radouci que prend la médisance, boil. Sat. ix. Il est bon d'avoir votre suffrage, mais je veux l'avoir parla force de la vérité, et je ne vous prierai pas même d'avoir la plus légère complaisance , volt. Lelt. Mme du Deffant, 30 juillet 1773. || 2° Acte de complaisance. Vous voyez comme je m'y prends et les adroites complaisances qu'il m'a fallu mettre en usage pour m'introduire à son service, mol. V Avare, i, t. Vous avez bien fait d'avoir cette complaisance pour M. de Grignan, SÉV. 657. C'est une simple complaisance de l'esprit à la volonté de Dieu, boss. Lelt. abb. 146. Traître, pour les Romains tes lâches complaisances N'étaient pas à mes yeux d'assez noires offenses. rac. Slithr. m, 1. Ces complaisances douteuses que vous avez pour cette personne, mass. Car. F. légères. Il ne me trouvait ni assez jeune , ni assez belle, et il me fut impossible d'en tirer aucune complaisance , fonten. Hélène, Fulvie. Si l'Évangile avait des distinctions à faire et des complaisances à accorder , mass. Car. Immutabilité de la loi. Le souvenir des complaisances d'Alexandre à Tilsitt et à Erfurt confirma l'empereur de France dans cette fausse opinion, ségur, llist. de Napol. liv. m, l. || Terme de commerce. Billet de complaisance, billet exprimant une opération fictive. || 3° État de l'âme où l'on se complaît, .soit à soi-même, soit à quelque chose. Parler d'une personne avec complaisance. Regarder avec un œil de com|>laisance. Se regarder avec complaisance, être satisfait, outre mesure, de sa personne. Ne savez-vous pas que la bonne opinion de soi-même et la complaisance qu'on a pour ses ouvrages est un des péchés les plus dangereux'? PASC. Prov. IX. La mère est regardée avec complaisance de celui qu'elle a rendu père , BOSs. Polit. Ce superbe.... se met au rang des gens désabusés [de la religion], il insulte en son cœur aux faibles esprits qui ne font que suivre les autres sans rien trouver par eux-mêmes; et, devenu le seul objet de ses complaisances, il se fait lui-même son dieu, BOSS. la Vallière. Ciel I avec quel respect et quelle complaisance Tous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi ! bac. Béréri. i, S. Pour une fille.... Croitelle en ses valets voir quelque complaisance, boil. Sat. X. La complaisance qu'il avait eue à contempler sa modération, fén. Tél. xviu. Jupiter la regarda* avec complaisance, id. ib. ix. Il sommeillait, mollement incliné; Et le vieillard, seul, assis en silence, Le soutenait d'un air de complaisance, malfil. Narcisse, ch. II. Il y a dans la domination et la supériorité une complaisance naturelle que le christianisme même a beaucoup de peine à régler, fléch. j, p. 257. Il 4° En style biblique, au pluriel, afl'ection. Dieu dit dans l'Évangile : C'est ici mon fib bien-aimé,
COM
en qui j'ai mis toutes mes complaisances. Ce Messie, l'objet doses complaisances [de Dieu], noss. Uisl. n *. L'homme est toujours l'objet des complaisances de l'Éternel, ciiateaub. Mart. ii, 89.
— SYN. COMPLAISANCE , DÉFÉRENCE , CONDESCEN- DANCE. La complaisance est le soin de complaire et est, par conséquent, plus étendue que la déféronco qui, comme l'étymologie l'exprime, se df'porte jiouT laisser prévaloir, par égard ou par respect, les idées, les opinions, les goûts, les volontés d'autrui. La condescendance serait la môme chose que la déférence, s'il ne s'y joignait, élymologiquement , l'idée de descendre d'une hauteur et de se prêter à la satisfaction des autres, au lieu d'user de sa supériorité et do ses droits.
— iiiST. xiv S. Celui fet teles complaisances, affin que par ce li soit faite aucune utilité en pecunes,
ORESME, EÛl. t32.
— CTYM. Complaisant ; proveno. et espagn. cornplacencia; ilal. cnmpiacenza.
COMPLAISANT, ANTE (kon-plè-zan, zan-t'), adj. Il 1° Qui a de la complaisance ou des complaisances.... S'il m'eût vaincu, votre esprit complaisant Lui faisait de ma lête un semblal<le présent, corn. Pomp. m, 2. Et, comme c'est m'aimer que me faire présont. Je suis toujours alors d'un esprit complaisant, CORN, le Ment, iv, <. Les uns, parce qu'ils sont méchants et malfaisants. Et les autres, pour être aux méchants complaisants, mol. Ilis. i, i. Vos désirs lui seront complaisants Jusques à lui laisser et mouches et rubans? id. Éc. des mar. i, 2. Mais au moins sois complaisante aux civilités qu'on te rend, ID. l'r. d'Él. II, 4. Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit, Et pourrait bien avoir douceur de cœur pour elle, id. Tart. m, <. Les dieux à vos rtésirs toujours si complaisants, bac. Iphig. i, 4. Elle était impérieuse avec ses enfants , mais complaisante h son mari, perrot. Tacite, a63. || 2" Qui se complaît à soi-même. Il vaut mieux ne pas jeûner et on être humilié que jeûner et en être complaisant, pasc. P. div. 180. Il 3° Substantivement, il se prend ordinairement en mauvaise part. Un grand et ses complaisants. Le caractère de celui qui veut hériter de quelqu'un rentre dans celui du complaisant, la RRUY. VI. Il En un sens particulier, celui, celle qui favorise les galanteries d'une autre personne.
— nisr. XVI' s. Le fil de nos discours nous obligeoit à parler non seulement des empereurs, rois, primats et potentats souverains, mais aussi des délicieux mignons, favoris et complaisans à tout faire, et des administrateurs à tout entreprendre, sully, dans Je Dict. d^ dociiez.
— ÉTYM. Complaire ; ital. compiacenie.
COMPLANT (kon-plan), i. m. Terme d'agriculture.
Il 1» Assemblage de jeunes arbres qu'on plante dans quelque lieu. On dit plant aujourd'hui de préférence. Il Plant de vignes composé de diverses pièces de terre. || î'Terme de féodalité. Portion que le seigneur prenait sur les fruits des vignes par lui données à complanler et cultiver. || Champ dont on a accordé la jouissance par usufruit, à la charge d'y planter des arbres et particulièrement des vignes.
— HIST. xvi" s. L'aer, la terre et le complant sont le fondement du vignoble, o. de serres, t47. Tout homme ayant droict de complant se peut emparer, de son auctorité privée, sans ofTen.se, des vignes sujettes au dit complant, par deffaut de les faire tailler dedans la St George, Cousfim. qénér. t. II, p. 642. Si aucun tient du seigneur vignes à complanls et chargées de cens ou rentes, ib. p. 576. ....J'ay de mes propres mains Planté un beau verger de si bonne aventure. Que le ciel tout bénin et la douce nature Ont tant favorisé qu'on ne voit rien de beau Qu'aisément en ne trouve en ce complant nouveau, r. belleau, Bergeries, t. i, p. 32, dans
LACURNE
— ÉTYM. Com, et plant.
+ COMPLANTER (kon-plan-té). || 1° V. a. Planter ensemble de la vigne et des arbres. {| 2° V. ji. Terme de féodalité. Percevoir le droit de complant.
— HIST. XVI* s. Des vignes toutes entières, complantées des plus exquises espèces de raisins, o. de serres, MB. Autant couste de cultiver la vigne rarement complantée que ceUe qui est toute occupée âe ceps, io. (77.
— ÉTYM. Complant.
iCOMPLANTERlE(kon-plan-te-rie), s. f. Terme
de droit féodal. Lieu sur lequel le seigneur avait droit de complant.
t COMVLECTIF, IVE (kon-plè-ktif, kti-v'), adj. Il Terme de botanique. On dit que la préfoliaison est complecuve, lorsque les feuihes se recouvrent par leurs c6tés cl Icir sommut.
— REM Les botanistes devraient supiiiimer comp'eclifqui est barbare, et le remplacer par compieii/ qui serait correct, comme se rattachant à cornplexum, complexio, et formé à l'instar de conjonctif, de conjnnctum; au lieu que compïcc/i/' formé do l'infinitif complccti est aussi défectueux que le serait conjongif de conjungt.
— f.TYM. Le latin complecti, embrasser (voy. complexe).
CC.MPLÉMENT fKon-plé-man) , s. m. || 1» Ce qui complète un nombre, une chose. Le complément d'une somme. La table qui est le complément du volume. Que la terre était arrivée à son complément d'habitants, ciiateaub. Génie, i, i, «. Ij 2° Terme de théologie. Complément de béatitude, surcroît de béatitnda dos bienheureux après le jugement dernier. Il 3° Terme de géométrie. Ce qui manque à un angle pour compléter l'angle droit ou marquer 90 degrés. || Complément arithmétique, la différence entre un nombre et l'unité suivie d'autant de zéros qu'il y a de chiffres dans ce nombre. Le complément arithmétique de 7 est de 3, puisque lO est l'unité suivie d'un zéro et que7-|-3=;io.|| Terme d'astronomie. Complément d'un astre, sa distance angulaire au zénith. || 4° Terme de musique. Complément d'un intervalle, C3 qui manque pour compléter l'octave. Le compléJient de la quinte est la quarte. || 5" Terme de grammaire. Tout mot joint à un autre pour en compléter le sens, surtout par une relation de dillércnce. Si les mots désignent le même objet, comme Charicmagne empereur, on ne dit pas que emprrcMr soit le complément de Cltarlemagne; mais d.ins Charlemagne empereur d'Occiden', d Occident est le complément d'empereur, il Complément direct d'un verbo, celui qui complète la signification d'un verbe actif, directement, sans interposition de préposition : Il aime son père. Complément indirect, celui qui ne complète la signification d'un verbe qu'à l'aide d'une préposition : Il résiste à vos menaces. || 6° Terme de fortification. Complément de courtine, addition d'une demi-gorge à chaque extrémité de la courtine.
— SYN. complément, supplément. Ces deux mots ne diffèrent que par le préfixe cum et sub ; le premier indiquant adjonction, le second substitution. De là la signification respective de ces deux termes: on complète ce qui n'est pas achevé; on supplée ce qui offre des lacunes.
— HIST. xiv s. Que nostre peuple ayl complément de petite monoye pour leur nécessitez, Ord. des rois de Fr. t ii, p. 285. ||xvi« s. Ou estre confiné en une perpctuelle prison jusques à l'entier complément de ma volonté, carl. iv, 7. Ils le favoriseront et assisteront jusques au parfait complément de sa charge [mission], lu. viu, (9.
— ÉTYM. Provenç. complément; du latin complementum, de complere, accomplir (voy. complet).
COMPLÉMENTAIRE (kon-pîé-man-tè-r'), adj.
Qui forme complément. Somme complémentaire. Il Jours complémentaires, les cinq ou six jours qui , dans le calendrier républicain, complétaient l'année composée de douze mois de trente jours. || Terme de géométrie. Angles complémentaires, angles dont la somme vaut un droit. |! Terme de j'hysique. Coulcurf complémentaires, couleurs simples ou composées, dont la réunion produit du blanc.
— ÉTYM. Complément.
COMPLET, ETE (kon-plè, plè-t'), adj. || !• Auquel il ne manque rien. L'ouvrage est complet. La somme est complète. Un habillement complot. La voituro complète des magistrats, sÉv. 80. Non-seulement tous les régiments étaient complets, mais il y avait, dans chaque compagnie, plusieurs surnuméraires, VOLT. Charles XU, 4. || Kamilièrenisnt. lîtro complet, être ivre. || Terme d'entomologie. Les larves des orthoptères , des hémiptères et de quelques névroptères sont dites demi-complètes. {| 2° Qui a toutes les qualités. Un esprit complet. Un homme complet. Il Bien rempli. Ma journée est complète. Il 3° S. m. Nombre ou quantité requise pour que quelque compte soit complet. Villars assura le roi que tous ses bataillons en Allemagne excédaient le complet de 50 hommes, st-sim. 20i , (8.'. |1 Être au complet, se dit de ce à quoi il ne manque rien. La troupe est au complet, au grand complet. Mes amis, sommes -nous au complet?
— REM. L'Académie écrit complète, avec un accent grave; mais pourquoi écrit-elle muette avec deux (?
— HIST. xiu' s. Sire, je ai quinze ans complis ou plus d'aage, et se vos ou autre le mescreés, je sui prest de.... Ass. de Jérus. I, 259. || xvi" s. Qui trieroit do l'armée ceulx qui marchent par le seul zèle d'une afTecl'on rcllgiousc... il n'en sçauroit bastir
COM
une compaignie de gonts d'armes complette, mont.
Il, (43.
— ÉTYM. Espagn. et ilal. completo; du latin eompletus, de complere, accomplir, de cum, elle primitif inusité plere, emplir (voy. plf.in).
COMPLETE, ÉE (kon-plé-té, tée), part, passé. Un recueil complété à grand'peine.
(.COMPLÈTEMENT (kon-plè-le-man), adu. D'une manière complète. L'ouvrage est complètement achevé. Il a réussi complètement.
— REJf. Les autres adverbes dérivés d'adjectifs eu et prennent un accent grave, discrètement , secrète ment, etc. Complètement est le seul qui prenne un accent aigu. Pourquoi cette anomalie qui crée ur.e
' difficulté inutile?
— HIST. XVI* s. Au premier livre il trajcle de félicité non pas complectement, obesme, Elh. iv.
— ÉTYM. Complète, et le suffixe ment.
t 2. COMPLÈTEMENT (kon-plè-to-man), s. m. Action de compléter, derendreune chose complète. Le complètement dos compagnies militaires. Le complètement d'une collection.
— ÉTYM. Compléter.
COMPLÉTER (kon-plé-té. La syllalie plé prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je complète, excepté au futur et au conditionnel : je compléterai, je compléterais, avec l'accent aigu; ce qui est une anomalie inutile), v. a. Rendre complet. Compléter une somme. Cela complétera sa ruine. || Fig. Je t'adore ange et t'aime femme; Dieu, qui par toi m'a complété, A fait mon amour pour ton âme, v. iiuoo, Crép. 23. || 2° Se compléter, v. réfl. Devenir complet. Le régiment se compléta rapidement. Il Terme de librairie. Prendre les livraisons destinées à compléter un ouvrage. || Populairement. Se compléter, achever de s'enivrer.
— REM. Compléter, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de (70J.
— ÉTYM. Compicf; espagn. completar.
COMPLÊTIF, IVE (kon-plé-tif, ti-v';, adj. Terme
de grammaire. Qui sert de complément. Mot com.plétif. Phrase complétive. || Cas complétif, nom donné à l'emploi des pronoms moi, toi, lui, elle, soi, nous, vous, eux, elles, soi, lorsqu'ils sont mis comme complément soit des prépositions soit dos verbes, comme dans les exemples suivants ; écoutemoi, parlez-nous, selon eux, d'après elles.
— ÉTYM. Provenç. completiu; espagn. et ital. completivo; du latin completivus , de complere {\oy. complet).
COMPLEXE (kon-plè-ks') , adj. Qui embrasse ou contient plusieurs idées, plusieurs éléments. Idée complexe. Question complexe. Le caractère de cet homme est complexe. Il Terme de grammaire. Sujet, attribut complexe, sujet, attribut modifié par quelque terme ajouté. Proposition complexe, proposition qui a plusieurs membres. Terme complexe , terme qui désigne plusieurs idées. || Terme d'arithmétique. Nombre complexe, nombre composé d'unités difi'érentes, comme nos anciennes mesuras : i toise, 5 pieds, 9 pouce;; 26 livres, (3 sous, 6 deniers, sont des nombres complexes. || Terme d'algèbre. Quantité complexe, quantité composée de plusieurs parties. Il Terme de minéralogie. Cristaux complexes, cristaux dont la structure est compliquée. || Terme de droit criminel. Question complexe, question posée au jury dans laquelle il y a mélange de plusieurs crimes ou de leurs cil constances diverses.
— ÉTYM. E-spagn. comp^cio; ital. comp/fîso; du latin complexus, entrelacé, de complcctere, denim, avec, et plectere, plier (voy. plier).
j COMPLEXIF, IVE (kon-plè-ksif , ksi-v'), adj. Mot qui devrait être substitué à complectif (voy. complectif).
COMPLEXION (kon-plè-ksioii; en poésie, dequatre syllabes), s. f. || 1° Entrelacement, union. Par ma nature , j'entends la complexion de toutes les choses que Dieu m'a données, desc. Uédit. 6, i o. i| Terme de philosophie. La complexion des termes est leur étendue, leur généralité. || 2° Terme de médecine. Ensemljle des caractères physiques que présente une personne considérée par rapport à sa santé. Il faut avoir la complexion sanguine pour rire de ses bons mots, DALz. liv. VI, lett. 4. Il s'en voit d'autres qui sont d'une complexion plus heureuse, pasc. Pror. 9. I.a galanterie peut être un vice de la complexion, LA BRUY. m. Il était d'une complexion délicate boss. Bcrn. I. Les traits dScouvrent la complexion et les moeurs; mais la mine désigne les biens de fortune; le plus ou moins de mille livres de rente se trouve écrit .sur les visages, la bruy. m. || 8° Caractère, humeur. Ah! ati! vous êtes donc de complexion
COM
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amoureuse, mol. Pourc. ii, 4. Avant que nous lier, il fautnous mieux connaître ; Et nous pourrions avoir telles complexions Que tous deux du marché nous nousrepentirions, ID. Mis. i, 2. Le ministre ouleplénipotenliaire est un caméléon, est un prolée : semblable quelquefois à un joueur habile, il ne montre ni humeur, ni complexion, la bruy. x. 11 y a une dureté de complexion ; il y en a une autre de condition et d'état, labsuy. vi. Vous voyez que l'amour de la retraite et du silence n'est pas commun à tous les dévots, et que, comme je vous le disais, c'est l'efTet de leur complexion plutôt que de la piété, PASC. Prov. 9.