M. DU BEI.L
— ÉTYM. Provenç. commutatio ; espagn. conmutacion; ital. commutazione ; du latin cnmmutalioncm, de committare, changer (voy. commuer).
COMPACITÉ (kon-pa-si-té), s. f. Qualité de ce qui est compacte.
— ÉTYM. Voy. COMPACTE.
f COMPACT (kcn-pakf), s. m. Nom donné à certaines conventions faites avec le pape ou confirmées par lui. Kulle du compact,
— ÉTYM. Com.... préfixe, et pacte.
COMPACTE (kon-pa-kf), adj. i| l°Qui doit sa solidité à sa condensation. Une masse compacle. Il Terme d'anatomie. Substance ou tissu compacte des os, la partie des os la plus solidt, celle qui ne présente pas d'aréole à l'œil nu, par opposition au tissu spongieux. || En minéralogie, cpssurecompacte, cassure qui ne présente à l'œil aucune espèce de structure. || Jîn agriculture, terre compacte, terre qui a une certaine ténacité, due à l'argile qui y domine. || Dans l'entomologie, le corps d'un insecte est dit compacte, lorsque la tôle, le tronc et l'abdomen ne sont point séparés par des incisures.|| 2°Fig. Une majorité compacte. Une foule compacte. Cet empire ne formait pas une nation compacte, et le lien manquait au faisceau, STAEL,Allem part. », ch. 2, ilœurs. Les charges vigoureuses et réitérées de ce régiment contre le flanc gauche de celle masse compacte furent insuffisantes, ségur, Hist. de Nap. vi, 2. Il 3" Terme de libraire. Édition compacte, édition en petits caractères, et qui renferme beaucoup de matière.
— REM. L'Académie écrit compacte avec un e, tandis qu'elle écrit intact sans e, bien que la finale latine acfus soit la même des deux parts. 11 est certain, vu la prononciation, qu'il serait mieux de mettre un e à intact que de le retrancher à compacte.
— HIST. XVI" S. Je trouvay en la mammelle une substance grosse comme un œuf de pouie, dure et compacte ainsi qu'une pierre, pare, v, t8.
— ÉTYM. Compactais, participe pa.ssif de conipingere, réunir ensemble, de cum , et pnngeri, grec Tn-iYv-JEiv, rendre solide (voy. page, s. f.).
COMPAGNE (kon-pa-gn'), s. f. || 1° Celle qui accompagne une autre personne, qui partage son sort. Antigone, la compagne dévouée de son père. Compagne du péril qu'il vous fallait chercher , bac. Phèd. 11, 6.... Venez, venez, mes filles. Compagnes autrefois de ma captivité, ID. Eslh. i, i. Que béni soit le ciel qui te rend à mes voeux, Toi qui, de Benjamin comme moi descendue, Fus de mes premiers ans la compagne assidue, id. ib. Compagnes d'un époux et reines en tous lieux, volt. Zaïre, i, I . Les bergers pleins d'effroi dans les bois se caché-
rent, Et leurs tristes moitiés, compagnes de leurs pas. Emportent leurs enfants gémissants dans leurs bras, VOLT. Ilenr. viii. || Fille ou femme qui a quelque liaison avec une fille ou une femme d« même condition; jeune lille, considérée par rappor aux autres jeunes filles d'une même pension. ElU est très-aimée de ses compagnes. Les compagnes d'Esther s'avancent vers ce lieu, rac. Eslh. m, 2. Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes, ID. ib. I, B. Elles [deux filles de marchands] ont été nourries ensemble et ont vécu dans cette familia^ rite que donnent un même âge et une même condition ; l'une des deux, pour se tirer d'une extrême misère, cherche à se placer; elle entre au service d'une fort grande dame et l'une des premières de la cour, chez sa compagne, la bruy. vi. || 2° Fig. Ce qui est naturellement lié à d'autres choses. La démence de la magie est toujours compagne de la fureur religieuse, volt. 2'hil. ii, 20. Les disgrâces, compagnes inséparables des grandeurs, fléch. Aig. Il 3° Épouse. Prendre, se choisir une compaf.'ne. Si je n'ai vécu la compagne d'Achille.... rac. Iphig. v, 2. Il Notre très-chère épouse et compagne, titre que le roi donnait, dans les actes publics, à la reine sa femme. || Il se dit au.ssi des animaux. La tourterelle gémit quand elle a perdu sa compagne. Que fais-tu dans ces bois, plaintive tourterelle? Je gémis, j'ai perdu ma compagne fidèle, fourcroy, dans riciielf-t. Il 4» Terme de marine. Chambre du majordome d'une galère.
— HIST. XIV" s. Nonobstant que la dite fille du temps passé eust esté bonne compaigne, et de son corps sa voulenté eust faite.... du canoë, companiuin. Il XVI" s. Je t'ay esté donnée pour estre parsonniere et compagne de toutes tes bonnes et mauvaises fortunes, amyot , Brutus, 14. Son sçavoir [de la Boëtie], les grâces compaignes ordinaires de ses actions, mont. Lett. 4.
— ÉTYM. Voy. compagnon.
COMPAGNIE (kon-pa-gnie), «. f. || 1" Réunion de personnes qui ont quelque motif de se trouver ensemble. Je vous laisse parmi vos myrtes et vos orangers où vous n'êtes jamais en meilleure compagnie que quand per.sonne n'est avec vous, balz. liv. i, lett. 9. On se promène ou seule ou en compagnie, sÉv. 582. Ses biens aux pauvres départis, Il s'en va seul sans compagnie, la font. Oies. En compagnie
D'un sienami, id. Berc Si notre compagnie, Lui
dirent-ils, vous pouvait être à gré. Et qu'il vous pldt achever cette traite Avecque nous, ce nous serait honneur, LA FONT. Orais. Dans la solitude, il [le perroquet] est compagnie; dans la conversation, il est interlocuteur, nuFF. 7Vrroque(. || Tenir, faire compagnie à quelqu'un, rester avec lui, l'entretenir. Personne ne me tient compagr.ie , sév. 98. Le cardinal me tient très-bonne compagnie, id. 2<6. Votre aimable idée m'a tenu fidèle compagnie, id. 71. Combien le feu tient douce compagnie! bérang. Feu du prison. On le porta en silence dans la chambre où il devait être enfermé; cette chambre [à la Bastille] était occupée par un vieux solitaire de Port- Royal, qui y languissait depuis deux ans: tenez, lui dit le chef des sbires, voilà de la compagnie que je vous amène, volt. Ingénu, 9. ||Dame, demoiselle de compagnie, dame ou demoiselle placée auprès d'une personne pour lui tenir compagnie. || En bonne compagnie, accompagné de beaucoup de monde. Je vais vous y remettre en bonne compagnie, CORN. Nie. m, (. Ou qu'il voit la justice en grande compagnie. Mener tuer un homme avec cérémonie, BOiL. Sat. VIII. Il Fausser compagnie, se déiober d'une compagnie ou manquer à s'y trouver, quitter les gens. Bon I le voilà qui fausse compagnie, bac. Plaid. II, 9. Il Jouer à la fausse compagnie, quitter un parti, trahir ceux avec qui on est associé. || De compagnie, ensemble. Prête à mourir de compagnie, la ForT. Ualr. Deux grands auteurs rimant de compagnie, rac Épig. Et mon âme et mon corps marchent de compagnie, mol. Fem. sav. iv, 2. Il nous eût d'un bâton chargés de compagnie, id. VÉtour. l, 6. Il 2" Société de personnes se voyant habituellement pour le plaisir de causer, de jouer, etc. Introdui.'e quelqu'un dans une compagnie. 11 est très-aimable en compagnie. Aimer la compagnie. Toute la compagnie arriva en bonne santé, boss. Letl. <82. 11 pria la compagnie d'y souper, hamilt. Gramm. 4. Nous nous sommes une compagnie, sÉv. 562. Mme Tambonneau avait trouvé le moyen de voir la meilleure et la plus importante compagnie de la cour, st-sim. 46, 3l. Maisque vois-je? de bons amis Que rassemble un couvert bien mis; Asseyezvous, me dit la compagnie, seRANG. Académie et caveau. \\ Être en compagnie , avoir du tnoide. Il
COM
COM
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est en compagnie, mol. Tart. v, 4. || On disait autrefois, mais on ne dit plus: II est compagnie, c'est-à-dire c'est une personne qu'on ne voit que rarement et en cérémonie; il se croit compagnie, c'est-à-dire ce subalterne se familiarise trop. || lionne compagnie, société de gens distingués par leur éducation et leur politesse. Il m'a dit qu'il voyait bonne compagnie, SÉV. 5)6. Vous voyez ce que c'est que de voir bonne compagnie, m. 37. Il voit que le nom do bonne compagnie n'est pas un vain nom, quoiqu'il soit souvent usurpé, volt, l'rinc. de Bahyl. (0. Ces croquants-là vous disent plus de sottises dans une brocliure de ùeux pages, que la meilleure compagnie de Paris ne peut dire de choses agréables et instructives dans un souper de quatre heures, id. VH. aux 40 écus. Souper. Nos petitsmaîtres et nos petites-maîtresses s'y seraient ennuyés sans doute, ils prétendent être la bonne compagnie; mais ni M. André ni moi ne soupons jamais avec cette bonne compagnie-là, m. «b. J'ai souffert qu'elle ait vu les belles compagnies, mol. Éc. des maris, I, 2. La bonne compagnie chez vous ne déjeune pas, parce qu'elle a trop soupe, volt. Lettr. Mme Du Peffant, 24 avril <769. ]| Être de bonne compagnie, être bonne compagnie, avoir de bonnes manières. Mon fils est de bonne compagnie, SÉV. 44. Que je fusse peuple à la guinguette et bonne compagnie au Palais-Royal, J. J. Houss. Ém. iv. |{ Être de bonne compagnie, être aimable, agréable. Elle est toujours de très-bonne compagnie, sev. <si. || En bonne compagnie, avec des gens comme il faut. Et par extension, votre portrait est dans mon cabinet en bonne compagnie. Il Mauvaise compagnie, gens de mauvais ton ou de mauvaises mœurs. Il voit une mauvaise compagnie. Il est en mauvaise compagnie. Il Être de mauvaise compagnie , être mauvaise compagnie, avoir un mauvais ton. || Être de mauvaise compagnie, être mauvaise compagnie, être triste, maussade. Voilà ce qui compose une femme d'assez mauvaise compagnie, sÉv. 252. Nous nous vantons de ne nous point ennuyer; nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie, la rochef. Réflexions, J4l. Il 3° Assemblée libre ou sous le patronage de l'Élat pour la culture des sciences et des lettres. L'Académie française est une compagnie. Il les a réunis [les gens de lettres] en une compagnie célèbre, la bruy. Disc, à CAc. fr. Comment oser blâmer les sciences devant une des plus savantes compagnies de l'Europe? j. J. Rouss. Disc, sur les sciences et les arts. \\ Compagnie se dit aussi des maisons religieuses et des collèges. La compagnie de Jésus est la société des jésuites. La compagnie de Sorbonne. La compagnie de l'Oratoire. Tout notre corps est.responsable des livres de chacun de nos p'res [jésuites); cela est particulier à notre compagnie, paso. Prov. s. || Se dit également de l'ordre des avocats, des anciennes corporations el de celles des officiers ministériels. || Anciennement, corps établi par autorité du roi pour rendre la justice. Les parlements, les chambres des comptes étaient des compa','nies souveraines ou supérieures. J'entends dire de quelques particuliers ou de quelques compagnies : tel et tel corps se contestent l'un à l'autre la préséance, la bruy. xiv. Il 4" Terme de commerce. Réunion de capitalistes, de négociants. || Société industrielle formée d'actionnaires. Les compagnies des chemins de fer. Compagnies d'assuranci s. Les grandes compagnies industrielles. i| Un tel et compagnie (par abréviation C'*), formule de raison commerciale pour un tel et ses associés. || Compagnie des Indes, association étai)lie par ColbeTt pour le commerce de l'Inde, avec privilège exclusif. La compagnie des Indes, fondée avec des peines extrêmes par le grand Colbert, fut pendant quelques années une des plus grandes ressources du royaume, volt. /.01m XTV, 39. Lalli fut persécuté j'ar plu.^ieurs membres de la compagnie des Ind^s et sacrifié par le parlement, volt. Lrtl. Tolendal, 28 avril t773. Il Bâtiments de compagnie, bâtiments armés par une compagnie considérable et privilégiée de négociants, il En Anglete.re, la compagnie des Indes, société coB'Cnercialequi, ayant le privilège du commerce de l'Inde, a fini par faire la conquête de ce pays et par en expulser la compagnie française. Compagnie des grandes Indes, réunion de toutes les associations commerciales qui s'étaient formées en Hollande à la fin du xvi* siècle et au commencement du XVII'. Il Terme d'aiitlimétique. Règle de compagnie, règle de trois composée qui sert à trouvai qfuelle part peut avoir à la perle ou au gain chacun des marchands à proportion des fonds qu'il a mis. Il 6° Terme de guerre. Troupe de gens de
guerre. || Corps de troupes ou division de corps de troupes commandée par un capitaine. Compagnie de grenadiers. Compagnie de dragons. || Charge do capitaine. Il a eu permission du roi de vendre sa compagnie. Autrefois en France on avait le droit, comme on Ta encore en Angleterre, de se démettre, pour une somme d'argent, du droit de commander une compagnie. || Compagnie franche, troupe irrégulière qui ne fait pas par'.ie des cadres de l'armée. Il Compagnies d'ordoimances , c'étaient des compagnies franches de gendarmes, de cbevau-légers du roi, de la reine, du Dauphin et de Monsieur; ces comnagnies n'entraient jamais en corps de régiments. || Compagnies d'ordonnance, compagnies de gens d'armes organisées sous Charles VII. Il Les grandes compagnies, troupes d'aventuriers qui s'étaient formées pendant les longues guerres entre l'Angleterre et la France au xiv* siècle, et qui ravagèrent ce dernier pays. || Compagnie de Jehu ou de Jésus ou du Soleil, associations royalistes qui se formèrent dans le midi de la France après la chute de Robespierre et qui égorgèrent pendant plus d'un an les adhérents du parti contraire. || 6° Terme de chasse. Une compagnie de perdrix, une troupe de perdrix. |1 Bêtes de compagnie, marcassins, jeunes sangliers qui vont encore en troupes. Ce sanglieraquitté les compagnies, il commence à aller seul. || Fig. Il est bête de compagnie, se dit d'un homme qui aime la société et qui se laisse facilement mener où l'on veut. || Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau est de bonne compagnie quand il n'est pas sujet à s'enfuir. || 7" Union charnelle de l'homme et de la femme. Vieilli en ce sens. Tu feras Que de ta fille il ait la compagnie, LA FONT. //erm. Il Proverbes. Par compagnie on se fait pendre, c'est-à-dire on fait, en faveur de la compai,'nie à laquelle on appartient, des choses condamnables. Il II n'est si bonne compagnie qui ne se sépare. || Il vaut mieux être seul qu'en mauvaise compagnie.
— SYN. 1° COMPAGNIE, SOCIÉTÉ, dans le sens d'association. Les sociétés savantes, les compagnies savantes; la société des jésuites, la compagnie des jésuites : entre ces locutions, il n'est pas possible, dans l'usage, d'apercevoir aucune nuance réelle; sinon que quand il s'agit des membres rasseniblés on dit plutôt compagnie que société : il lut son mémoire devantla compagnie. Il a» BONNlL SOCIÉTÉ, BONNE COMPAGNI''.. La bonne soo'été c'est la société composée des personnes qui occupent un haut rang dans une ville, dans le monde. X ce sens, bonne compagnie ajoute une idée d'élégance , idée qui n'est pas nécessairement comprise dans bonne société.
— HIST. xi's. Vingt mille Francs [ils] ont en lur cumpaignie, Ch. de Hol. xliii. || xii' s. Irai sans conpegnie, lionc. p. <B. Tout primerains devant sa conpagnie, ib. p. 68. En sa compeigne maint nobile vassal, ib. p. 78. Beau sire Diex, grief m'est à consirer [me séparer] Du grant soûlas et de laconpaignie [de mon amante], Couci, xxii. Il a en sa compaigne Escorfant Ae I.utise, Sax. xxni. Car bien pert [est évident] que cil a del mosfait compaignie, Ki ne volt contre-sster à l'aperte folie. Th. le mart. 72. L'arceve."ques i vint Thomas od sa partie, E li reis Loewis od mult grant baronie, V. li reis d'Engleterre od riche compaignie.... «6. «I3. E à un jur avint que Helchana fisl sacrefise, e, sulunc la lei, à fsei retint partie, partie dunad à sa cumpaignie. Bots, 2. Pur quel ne portes cumpaignie à tun ami David, e ne vas od lui? 16. (sn. || x;ii' s. Lors seroiejoiansetenvoisié? Et à plusieurs de bone compaignie, JEAN DE brienne, iiomaftcero, p. <42. Il et elle [Thibaut et la reine Blt^ncbe] lez à lez '^a [la France] tiennent de compaigrJe, hues de la ferté, ib. p. «89. Il est einsi que nous, pour la plus haute chose qu' soit, somes à compaignie à la plus haute gent du monde, villeh. xxx.x. Nous métrons cinquante galles armées en voslre conduit, par tel convenant que, tant comme nostre compaignie pourra ensemble durer.... id. xiv. E. sont eu sa compaigne plus de mille et sept cent, Derti', ix. C'est hideus temps à dame qui compaignie n'a, ib. XXV. Chascuns lui porte honct'.r, douceur et compaignie. ib. Lx. Com je vous ai porté mauvaise compaignie! ib. xc. Parmi le bois [il] s'en va tout seul sans compaignie, ib. cix. Et li livrèrent çou que mestiers li fu, deniers, reubes et chevaus et armeures et chevaliers de son linage, pour compaignie tenir et pour l'onneur de lui, Chron. de Rains, 85. Par ci trespasse une compaingne. Qui vient parmi ceste champaingne, Rcu. 246B. Se cil qui tant iert tes amis. En bien amer a son cuer mis, Lors vaudra miex sa compaignie, la Rose, 2714. [Il] Fait à
son mestre compaignie, 16. 8363. Douaires est aquis à la feme si tost comme loiax mariage el compaignie carnele est fête entre li et son ma:i, bealm. xiii, 25. Quant uns bons a compaignie à ute femo hors de mariage, m. xviii, 2. Et ces compaignies de quoi noz volons parler, c'est des compaignies qui sont teles que par la compaignie li avoir vienent à partie [partage], quant la compaignie faut, id. XXI, I. Que nulz n'eustcompaingnie à autrui femme ne à autrui fiile, se il ne vouloit perdre le poing ou la vie. JOINV. 203. Quant aucunz riches homes mangoient avec 11, il leur estoit de bone compaingnie, ib. 290. Compagnie de un, compagnie de nul; compagnie de deux, compagnie de Dieu; compagnie de trois, compagnie de rois; compagnie dequatre, compagnie de diable, leroux de li.ncy, Proverb. t. 11, p. 270. [Esperverie] est ung deduict trop plaisant, tant pour ce qu'on vole souvent, comme pour les beaux vols que ung esprevier fait, et aussi pour la compaignie avec qui on est, ilodus, f° xcv, tvrso. Il XV* s. Les aucuns des seigneurs et des chevaliers d'Angleterre demeurèrent à Anviors pour lui faire compagnie [au roi], fhoiss. i, i, "). Monseigneur, si vous nous voulez fa're bonne compagnie à mes compagnons et à moi, je vous rendrai le chastcl, ID. H, m, 8. Si comme ils ordonnèrent, ils firent; et s'en vinrent plus de trois cents d'une compagnie [les habitants d'Ypro venant implorer la clémence du comte de Flandre], id. ii,ii, 89. Si je vous prie que vous y veuilliez regarder et entendre [à protéger une garnison qui a capitulé], et nous faites compagnie d'armes, id. i, i, 242. Sans point souffrir seing ou merencolie. Aucunement me tenir compaignie, ch. d'orl. i". Banny de bonne compaignie, ID. Bal. 94. Allez, allez, soucy, soin et merencolie; Si jamais plus vous revenez Avesques vostre compaignie, Je prie à Dieu qu'il vous maudie Et le jour que vous reviendrez, id. Rondel. Quand vous estes seule sans compaignie , id. ib. 12. Honoré Collin n'estoit point bien assuré qu'on ne leur jouast à la fausse compagnie, monstrel. liv. u, ch. 192. Pour lui faire compaignée, se fisl escripre et se mit en la prison avec lui , Rouciq. part, i, cliap. 1 5. Et le lendemain le mareschal se partit à tout sa compaignée, ib. part. I, ch. 30. Des gens d'armes il n'y avoit que le dit Joachin et sa compaignie, comm. i, 2, Quant toute ceste compaignie fut passée que l'on estimoit cent mille chevaulx , id. i , 6. || xvi* s. Toute compagnie,d'hommeetde femme hors mariage est maudite devant, Dieu, calv. Instit 303. Le mari et la femme fidèle font bien, si pour quelque temps ils s'abstiennent de la compagnie du lict pour vaquer plus librement à jusne et oraison, id. ib. 997. Vous m'avez laissée en une compaignie tant aisée à vivre que je n'ay encores oui une seule parole que une seur ne deust dire à l'aultre, marg. t. xcviii. En la compaignie d'un chien , mont, i, 37. Vivre en bonne compaignie, id. i, B2. Ces compaignies-là [les parlements] sont plus fournies de science que de conscience, ID. I, 148. Je pleurerois ayséement par compagnie, id. ii, (27. Il estoit seul de sa compagnie, et avoit la contenance d'un nouveau venu, desper. Conifs, t. Je ne suis point dolent d'estre privé et séparé de ta compagnie, car je me rendra} tantost par devers toy, amvot, Anton. 99. Il se leva une grosse compagnie de corbeaux, qui avec grands cris prindrent leur vol vers le bateau , id. Cicéron, 59. Quoy qu'il fust gay et récréatif en compagnie, id. Ùe'métr. 3. Et prioit Alexandre de luy pardonner ce qu'il ne luy pouvoit faire plus longue compagnie, ains estoit contraint de se partir d'aveclui, in. 16. 49. Varius, l'un de ses familiers qui luy tenoit compagnie à bo're, id. Anton. 22. Les cohortes praeloriennes, qui sont les compagnies coulonnslles, id. tb. 48. Petite compagnie, vie alegre et lie, leroux DE i incy, Prov. t. Il, p. S7I. Un matin qu'elle avoit compagnie françoise [son galant], bouchet, Ser^M, liv. II, p. «24, dans lacorne.
— ÉTYM. Génev. companie ; proYenç. eompanh a, companhia, compajinia ; catal. companyia ; espagn. compaùia, portug. companha; ital. compagnia; voy. COMPAGNON. L'ancien français a deux formes :• compagne et compagnie; l'une vient du bas-latin eompânia, avec l'accent sur pa, et l'autre de companila, avec l'accent sur m.
COMPAGNON (kon-pa-gnon), t. m. || i' Celui qui accompagne une autre personne, qui est associé à elle. Mais de qui savez-vous un désastre si grand? — Des compagnons d'Araspe et d'Araspe mourant, corn. Nicom. v, 3. Gouvernez, si vous pouvez, tout seul les afifaires, administrez la justice sans coro
pagnons, dalz. liv. iv, lett. «8 Oui, mon fils,
c'est vous sur qui je me repose , Vous seul au'aux
COM
grands desseins que mon cœur se propose, .1 ai choisi dès longtemps pour digne compagnon, niC. irithr. II, 5. L'inexpérience indocile Du compagnon de Paul-Émile Fit tout le succbs d'Annibal, J. n. iiouss. Ode à la Fortune. Venez, dignes soutiens do 1,1 grandeur romaine, Compagnons de César.. ..volt. Ifort de César, i, 3. || Se dit des religieux qui habitent ou qui marchent ensemble. Un moine no doit point sortir de son couvent sans que son supérieur lui donne un compagnon. || P'ig. Le bon cœur est chez vous compagnon du bon sens, l\ font. Fabl. XII, 23. Il Compagnon de la mate, s'est dit pour filou, voleur. Alors le drille voulut parler à son tour dos compagnons de la mate, Recueil de pièces com. dans LEROUX, Dict. comique. || 2° Camarade. 11 pouvait, sans sortir, contenter son envie, Avec ses compagnons tout le jour badiner, Sauter, courir, se promener, la pont. Fahl. viii, ta. \\ 3° Collègue, confrère. Le notaire : Moi! si j'allais, madame, accorder vos demandes. Je me ferais siffler de tous mes compagnons, mol. Femmes sav. v, 3. 1| Compagnons d'armes, gens qui font la guerre ensemble. Il appelle ses compagnons de guerre, la bhuy. TMophraste, 25. || 4° Un égal. Il ne peut souffrir ni compagnon ni maître. || En compagnons, sans cérémonie et comme il convient entre camarades. Je vous supplie, dit-il, vivons en compagnons, régnikr, Sat. vin. Il Familièrement. Traiter quelqu'un de pair à compagnon , d'égal à égal. C'était un gros homme frais, rustre, très-volontiers brutal, pair et compagnon avec tout le monde, st-sim. 52,<23. Comment, disait-il en son âme, Ce chien, parce qu'il est mignon, Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame, Et j'aurai des coups de blton! la FONT. Fabi. iv,5. Il 5' Autrefois, garçon qui, ayant fait son apprentissage en quelque métier et n'ayant pas le moyen de se faire passer maître, allait servir et travailler chez les autres. || Aujourd'hui, ouvrier qui a fini son apprentissage mais qui travaille pour un entrepreneur ou un autre ouvrier jouant le rôle d'entrepreneur. De simple compagnon, il est devenu chef d'atelier. Il a des compagnons qui travaillent sous lui, la oniiY. v. || Parmi les maçons, compagnon se dit, entre deux ouvriers, de celui qui aide h l'.autre. || Dans la typographie, nom que se donnent ceux qui travaillent à une môme presse. || Compagnons de rivière, ceux qui travaillent sur les ports h décharger et à serrer les marchandises. || Ouvrier membre d'une société de compagnonnage. Les compagnons du Devoir. La mère des compagnons, femme qui héberge, aux frais d'une société de compagnons, ceux des membres qui sont en voyage. || Travailler à dépêche compagnon, travailler vite et négligemment. C'est un ouvrage fait à dépêche compagnon. Il Se battre à dépêche compagnon, se battre à outrance, sans dessein de s'épargner. || 6° Homme gaillard, vif, résolu, galant. C'est un compagnon. En son temps aux souris le compagnon chassa, la FONT. Fahl. XI, 8. Il Être bon compagnon, aimer le vin, la bonne chère, les plaisirs, ne pas reculer devant les dangers. Henri IV était bon compagnon. J'ai ouï dire que vous avez été autrefois un bon compagnon, MOL. Fourb. I, 6. Il Faire le compagnor:, faire l'entendu. {| C'est un hardi compagnon, c'est un homme déterminé. On a dit de même : il est gentil compagnon; c'est 'iin gentil compagnon. C'est un dangereux compagnon, c'est un homme capable de faire de mauvais coups. || C'est un petit compagnon, c'est un homme sans importance. -Mme de Guise passait les autres six mois à Alençon, où elle régentait l'intendant comme un petit compagnon, ST-SIM.3B, 147. L'abbé Flcury était trop petit compagnon pour quitter sa charge par dépit, m. 63, 60. Jules Maz7.arini, arrivant de son pays avec peu d'équipage et petit compagnon, estime les Français, p.-L. couH. I, 202. Il Proverbe. Qui a compagnon a maître, c'est-à-dire on ne fait rien sans le communiquer, quand on est lié de quelque manière avec une personne; on est souvent obligé de céder aux volontés des personnes avec qui on est associé.
— HIST. XI" s. Ne Oliver, por ce qu'est sis cumpainz, Ch. de Roi. XXIV. L'arere-garde des douze cumpaignons, ib. i.xvi. || xii" .s. Joste lui fu ses compaing Olivers, Jlonc. p. 30. Li conpaignon après lui vont siguant [.suivant], ib. p. 38. Si 'n apela [ainsi en apelajRolant son conpagnon, ib. p. 44. S'il ne vient ci 0 cent mil compeignons, ib. p. H7. Dorénavant serons nous conpeignon, i(>. p. (40. Onques teurtre qui pert son compaignon Ne fut un jour de [que] moi plus esbahie. Coud, xxiv. La fu morz Oliviers et ses compainz Rolanz, Sax. v. Laicnz entra Thomas od mult poi conpaignuns, Tk. le mart. 38. Lomp»gnon d'armes avons esté set ans, du cangb.
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compagus. || xiii's. Il et si compaignon la laissèrent fuïr, Iterte, cm. Quant cil de Melans virent morir leur compaignon, Chr. de Rains, H8. Ainsinc, compains, esploiterés. Quant as portiers venus serés, la Rose, 7097. Compains est à toutes les choses. Oui sunt en tout le monde encloses, ib. 10243. Li compainz à mon compaignon n'est pas mon compainz. Digeste, 1*194. S'on pot savoir qu'il soient compaignon d'un malice, il doivent estre compaignon de rendre le domache, deaum. l, o. Li quens ou li vesques li doivent baillierun compaignon, ID. XII, 28. Quant ses compains sot que les detes.... id. XXI, 29. Et metent enlr'ax [eux] peine ou manaces sor les compaignons qui lor aliance ne tenront, id. XX7C, 02. Il XV' s. Et si fit-on aucuns compagnons monter sur coursiers pour escarmoucher à eux, FROiss.i, I, 4t. Par l'ennort et conseil [de] messire Hervey de Lion, avec qui il avoit esté grand compain en Grenade et en Prusse, id. i, i, <B(. François Acreman, qui estoit compaing en toutes choses à Philippe, ID. II, II, 20B. Lesdits pays, que on appeloit compagnons ou alliés, id. i, i, (25. Et sachez que chacun de ces soudoyés avoit chacun jour quatre compagnons ou gros de Flandre pour ses frais et pour ses gages, ID. I, i, 05. Quand notre bourgeois eut gagné la grâce du compagnon [artisan], Loms XI, Nouv. I. Sire, dist-elle, j'ay amy que je ne quiers faulser; puis s'en revint à ses compagnons [compagnes] et elle leur conta toute son aventure, Perceforest, t. iv, f° (49. Et luy qui désirant estoit d'honneur conquerre, empoigne son glaive, et s'en vient vers son compaignon [adversaire] qui venoit sur luy roidement et fort, ib. t. i, f° (08. Il xvi's. Mais de la tienne. Dieu mercy, Compaignon, tu ne m'en dis rien, marot.i, 2(0 Ou pour
jeîter des fruits jà meurs et beaux, X mes compaings, qui tendoient leurs cliappeaux! id. i, 2(7. Les rois sont compaignons, sinon maistres, des loix, mont. 1,(2. Gentil compaignon par tout ailleurs, ID. i, 90. Quoy que die ce bon compaignon [Catulle], in. I, 270. Csesar, estant créé consul pour la tierce fois, ne prit pas Antonius, ains choisit Lepidus pour son compagnon, amyot, Anton. (3. Chiens pour le fauve, chiens pour le noir, lévriers de compagnon et d'attache, d'aub. Fœn. i, B. Les compagnons de la Malte [les filous], m. ib. m, (. Vous vivez trop en bon compagnon pour que nous vous supçonnions de faire tout par conscience, id. Hist. ni, 29(. Compagnon bien parlant vaut en chemin chariot branlant, LE HOUX DR LiNCY, Prov. t. II, p. 270. Le petit et inferieurfait du compagnon avec le grand, charbon, Sagesse, p. 464, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. compaignon; provenç. companh, compain, compenh, companho; anc. espagn. compano; ital. compagno, compagnone. Si l'on examine les plus anciens textes rapportés dans l'historique, on y voit que compain est toujours employé comme nominatif, et compagnon comme régime; de même, dans le provençal, companlt est le nominatif, et compagno, le régime; une telle formation suppose nécessairement un mot dont l'accent se déplace, compânio, companiônem, qui vient de cum, avec, et panis, pain (voy. pain) : celui qui mange le même pain. Cette étymologie serait, si elle en avait besoin, confirmée par le provençal companatge, nourriture; anc. franc, compaiiage, ce qu'on donne dans un repas au delà du pain et du vin ; comparez aussi apanage. Cela écarte définitivement compaganus, de cum elpaganus, qui avait été proposé et qui d'ailleurs aurait donné compayen.
COMPAGNONNAGE (kon-pa-gno-na-j'), s. m.
Il 1° Temps pendant lequel un compagnon devait travailler chez son maître après son apprentissage. Il 2» Association entre compagnons. || Association entre ouvriers de même métier, en vue de se prêter des secours mutuels.
— ÉTYM. Compagnon.
t COMPAIN (kon-pin) ou COPAIN (ko-pin), s. m. Terme d'écolier. Camarade avec lequel on partage toutes les petites douceurs.
— ÉTYM. C'est l'ancien nominatif de compagnon (voy. ce mot).
t COMP.\IR (kon-pêr), s. m. Terme de droit féodal. Oui est pair avec. Les rois pouvaient déclarer l'élévation d'un de leurs sujets et vassaux en manifestant, comme on parlait alors, un corapair aux autres pairs, st-sim. 300, (32. Les plus éloignés de l'extraction illustre de ces grands et puissants pairs, même souverains, sont leurs compairs en tout ce qui est de la dignité, m. 372, (85.
— ETYM. Provenç. compar; du latin compar, de cum, avec, et par, pair.
I COMPAN (kon-pan), s. m. Monnaie d'argent
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des Indes orientales valant à peu prèi *7 centimes.
t COMPAR ABILITÊ (kon-pa-ra-bi-li-té), ». f. Terme didactique. Qualité des choses comparables
entre elles.
— ÉTYM. Comparable.
COMPARAni.E (kon-pa-ra-W) , adj. Qui peut être comparé à ou avec. Un homme comparable aux plus grands hommes. Les biens les plus charmants n'ont rien de comparable Aux torrentsde plaisirqu'il répand dans nos cœurs, rac. Eslh. ni, 9. Les efforts dos Titans n'ont rien de comparable Au moindre effet de sa fureur, j. b. noiiss. Cantate, Vlliver. Rien en effet n'était comparable à l'attachement qu'ils se témoignaient déjà, bern. de st-p. Paul et Virg. Il Baromètres, thermomètres comparables, instruments par lesquelson connaît le rapportrioséchelles. En mesurant, avec des thermomètres qu'on a eu soin de rendre comparables, la température.... CONDOHCET, Rucqucl. Il Dans le même sens. Les relevés faits par les recenseurs dans les opérations de recensement doivent être comparables.
— ÉTYM. Le latin comparabilis , de comparare, comparer (voy. compaher).
t CO»n»ARABLF.MENT (con-pa-ra-ble-man) , adc. D'une manière comparable.
— ÉTYM. Comparable, et le suffixe ment. COMPARAISON (kon-pa-rô-zon), s. f. |! 1° Action
de comparer. Il n'y a rien que l'esprit humain fasse si souvent que des comparaisons. FÀ par la comparaison que je fais de leur sort au mien, ils me font jouir d'un bonheur négatif, bern. de st-p. Paul et Virg. p. (78. Et laissez votre sang hors de comparaison, corn. Hor. m, 4. Une tendresse qui ne peut recevoir de comparaison, sÉv. (39. Vos empressements qui ne souffrent point de comparaison, ID. 614. Il s'agit de faire comparaison de l'un et de l'autre , nouRD. Avent, Resp. hum. 367. Ce remède se peut mettre en comparaison avec la poudre du bonhomme, SÉV. 338. Il n'y a pas de comparaison [entre l'un et l'autre], lui dis-je, pasc. Prov. 9. Ai-je peu de raiïion Quand de mes yeux aux siens je f.iis comparaison? corn. Tite et Bérén. u, 7. Laissons là vos comparaisons fades, mol. Mis. i, i. [La violette que] le soc a touchée De ma peau séchée Est la comparaison, MALH. V, î2. Il Faire comparaison, entrer en comparaison. Je voudrais bien voir un homme poli, enjoué, spirituel, fût-il un Catulle ou son di.sciple , faire quelque comparaison avec celui qui vient de perdre huit cents pistoles en une séance. LA BRUY-. XIII. Il Sans comparaison, /oc. adv. Sans comparer d'une façon qui pourrait être inexacte ou paraître blessante. 11 a fait, sans comparaison, comme le valet de la comédie. || Sans comparaison, infiniment. J'aime bien mieux, sans comparaison, être ici, sÉv. 588. Encore qu'ils fussent, sans comparaison , les plus puissants, boss. Hist. m, s. S'ils avaient en main le timon, ils se trouveraient sans comparaison plus empêchés, dider. Ess. s. Claude. Jeanne, tandis que tu fus belle. Tu le fus .sans comparaison, malii. iv, (6. L'orgueil à toutes deux a troublé la raison. Et leur extravagance est sans comparaison, rotrou, Antig. iv, 4. Ton ingratitude est sans comparaison De souhaiter sa perte, id. Relis, m, B. Il Cette chose est sans comparaison, hors de comparaison, elle est excellente et sans pareille. Il Par comparaison , relativement. On est parfait par comparnison aux états inférieurs, boss. Or. vi. Mais c'est des péchés • légers par comparaison, id. Marie- Th. \\ En comparaison, à l'égard de, au prix de. Cela n'est rien ^en comparaison de ce qu'elle dit, BOSS. llist. Il, (. Ce n'est rien en comparaison de ce que j'ai pour vous, sÉv. (8. Cette félicité n'est rien en comparaison de celle qui lui était destinée, fén. Tél. xix. || Absolument. Et tous les maux de la nature Ne sont rien en comparaison, MOL. Psyché, I, (.|| X comparaison, même sens. Sans y employer que fort peu de pièces à comparaison de la multitude des os, desc. Mélh. 6, s. Ce n'était rien à comparaison des trésors qui se trouvent ici, VAUG. dans bouiiours, A'oui'. remarques. C'est un petit mal à comparaison de ceux que l'amour me prépare, Académ. Sentim. sur le Cid. Tu es peut-être de ceux qui croient que la prose n'est rien à comparaison des vers, d'ablanc. Lucien, dans BOL'IIOURS,. Vour. rem. Faibles à comparaison de celles-ci, BOss. te(t. abb. 246. Us ne sont rien à comparaison de sa grandeur, m. Marie-Th. L'empire des Césars n'était-il pas une vaine pompe à comparaison de celui-ci? ID. Uist. Ii, lO. || 2' Terme de philosophie. Faculté do comparer les idées. || 3" Terme de jurisprudence. Comparaison d'écritures, confrontation de pièces pour savoir si elles sont de la même main,
tl Pièces de comparaison, pièces reconnues véritables, auxquelles on en compare d'autres dont l'authenticité est contestée. || Écritures de comparaison, signiitures faites devant des personnes publiques, dans un procts où il y a inscription en faux. Il 4° Figure de rhétorique. Comparaison ingé- , nieuse , ridicule. Homère abonde en belles comparaisons. Il Comparaison se dit aussi de ces brèves comparaisons qui font une des riche.sses et lo principal caractère du style de la conversation. Beau comme l'amour. Prompt comme l'éclair. Bavard comme une pie. Voleur comme une chouette. Il 6* Terme de grammaire. Degrés de comparaison : le positif, le comparatif, le superlatif. || Adverbe de comparaison, adverbe qui sert à établir un rapport d'égalité, de supériorité ou d'infériorité, comme aussi, plus , moins. || Proverbes. Toutes comparaisons sont odieuses, c'est-à-dire on blesse presque toujours l'amour-propre , en comparant deux personnes ensemble. || Toute comparaison cloche, c'est-à-dire il n'y a jamais de comparaison qui soit bien exacte. || 11 ne faut pas faire de comparaison avec plus grand que soi, c'est-à-dire un inférieur ne doit pas traiter de pair à compagnon avec ceux qui sont au-dessus de lui. On dit dans un sens analogue : Trêve de comparaison; Point de comparaison, s'il vous plaît. || Comparaison n'est pas raison, c'est-à-dire une comparaison n'est pas une preuve.
— HlST. XII* s. E Adan e li clerc nen uni chief se Deu nun : Pur ço [ce] ai fait, ço m'est vis, dreite comparaisun. Th. le mart. 32. || xiv* s. Certes, dist li ungs, il n'a nulle compareson entre ie déduit qui vient des chiens et celuy qui vient des oyseaulx; car le déduit qui vient des oyseaulx vault mieulx et est plus plaisant que n'est celuy qui vient des chiens, Modxis, f" cil. Et est semblable comme qui feroit comparaison d'une chose qui a ame à celle qui n'a point de ame, oresme, Elh. 207. Dont n'est il point de comparaison ne entre la puissance des juges ne entre la peine des jugements, Ménagier, i, 3. li XV* s. On dit que le plus honorable estoit, sans comparaison, de prendre terre sur marche d'ennemis que sur les amis, fboiss. h, m, 33. Beaulté respont: Sire, c'est bien raison Par dessus tous et sans comparaison. Que pour seigneur et souverain vous tiengne, cii. d'orl. i°. De printemps [je] puis faire comparaison Jusqu'à seize ans que notre enfance endure, id. Adieu jeunesse. Et en vérité Franchois estoient sans comparoison plus que les Englez, fe-
NiN, (4 15. Il XVI' s Duquel la pureté est si grande,
qu'à la comparaison d'icelle toutes choses sont souillées et contaminées, calv. Instit. 592. Et afin de suivre la comparaison que nous avons commencé de faire, m. ib. I0I9. Voyant celui qui n'a comparaison D'honneurs et biens, saillir de sa maison.... j. MAROT, v, 86. Laissons à part cette longue comparaison de la vie solitaire à l'active, mont, i, 27). Là où il menoit une vie qui estoit bien dure et champestre à comparaison de la civilité et élégance de ceulx qui vivoient dedans les villes, amyot, Marins, m.
— ÉTYM. Provenç. comparaso; espagn. comparacion; ital. eomparaîione ; du latin comparutionem, de comparare, comparer (voy. comparer).
COiMPARAÎTRE (kon-pa-rê-tr'), je comparais, il comparaît, nous comparaissons; je comparaissais; je comparus; je comparaîtrai; comparais; que je comparaisse; que je comparusse; comparaissant; comparu, v. n. Paraître ensemble, paraître devant. Les filles de l'Egypte à Suze comparurent, bac. Eslh. I, 1. Jupiter dit un jour: Que tout ce qui respire S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur, la font. Fabl. i, 7. Regarde avec quel front tu pourras comparaître Devant le tribunal de ton souverain maître, coiin. 7m!/. i, 24. || Terme de ])rocé(lure. Paraître devant un juge, un tribunal. Comparaître en justice. || Plus spécialement, se faire représenter par un avoué.
— RE.M. Comparaitre se conjugue avec l'auxiliaire avoir, s'il s'agit d'exprimer l'acte de comparution : il a comparu devant le tribunal et a été acquitté. 11 se conjugue avec l'auxiliaire ^/re, s'il s'agit d'exprimer l'état de comparution : celle femme est comparue devant le tribunal, et en ce moment même on rinti!rrDge.
— II'ST. XIV s. La journée assignée à Marcius fui venue ; mes Marcius n'i esl pas comparus, berciieure, f" 40. Il XVI* s. Ce fui la plus belle représentation, et le plus honorable spectacle qui comparus! en toute celle monstre, amyot, Uarcel. lo. Quand Hannibal veit qu'il ne comparoissoit personne dessus les murailles en armes, id. ib. \b. si tosl qu'il fut com-
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paru en la Sicile, plusieurs de tous coslez s'allèrent rcnger de grande affection autour de luy, id. iVicias, 34.
— KTY.M. Corn.... et paraître; provenr. compareisser; catal. eomparexer ; espagn. comparecer.
COMPARANT, ANTE (kon-pa-ran, ran-t'), adj. Terme de jurisprudence. Qui comparaît en justice ou par-devant un notaire. Tels et tels comparants en leurs personnes. || Substantivement. Les comparants. La comparante. Les non-coinparants.
— ÉTYM. Comparoir.
t COMPARATEDR (kon-pa-ra-teur) , s. m. Celui qui compare. || Terme de physique. Instrument pour estimer des différences très-petiles entre deux longueurs. Il Adjectivement. Esprit comparateur.
— ÉTYM. Comparer.
COMPARATIF, IVE (kon-pa-ra-tif, ti-v'), adj. Il 1° Qui établit une comparaison. Tableau, état comparatif des forces militaires de deux nations. Il Terme de philosophie. Faculté comparative, faculté de comparer. Il Méthode comparative, méthode qui compare. || Anatomie comparative (dite plus souvent, mais moins bien, anatomie comparée), celle qui décrit les organes en les comparant dans toutes les espèces d'animaux. || 2° Terme de grammaire. Qui exprime le second degré dans la signification des adjectifs , c'est-à-dire ie rapport de supériorité, ou d'égalité, ou d'infériorité. Les adverbes comparatifs. La forme comparative, celle qui par elle-même exprime une comparaison, existe dans le latin et le grec, et non dans le français. || 5. m. Un comparatif. Meilleur, mieux sont des comparatifs.
— ÉTYM. Provenç. comparatiu; espagn. et ital. eomparativo ; du latin comparativus, de comparare, comparer.
COMPARATIVEMENT (kon-pa-ra-ti-ve-man) , adv. D'une manière comparative, par comparaison. Cela n'est bon que comparativement.
— ÉTYM. Comparative, et le suffixe ment. COMPARÉ, EE (kon-pa-ré, rée), part, passé. La
vie humaine comparée à un songe. Anatomie comparée (voy. comparatif).
COMPARER (kon-pa-ré), V. a. ||I° Examiner simultanément les ressemblances ou les difi'érences. Mais cette indifférence est une aversion. Lorsque je la compare avec ma passion , corn. Rod. i, 7. Et vous ne comparez votre exil et ma gloire Que pour mieux relever votre injuste victoire, kac. Iphig. ii, 5. Il faut des châtiments dont l'univers frémisse; Qu'on tremble en comparant l'ofl"ense et le supplice, ID. Esth. n, i. Les vieillards qui avaient vu le premier [temple], fondent en larmes en comparant la pauvreté de ce dernier édifice avec la magnificence de l'autre, boss. Hist. ii, 4. On comparera vos afflictions avec celles de tant d'infortunés qui vous environnent, mass. âv. Afflict. Comparez les malheurs passés de l'empire à la tranquillité dont il jouit aujourd'hui, ID. Car. Mélange. Après tout, ne comparez plus, si vous le voulez, les dangers infinis que vous trouvez dans le monde, à la sûreté des cloîtres et des déserts ; comparez seulement l'histoire de voire vie avec celle des saints pénitents qui les habitent, les satisfactions que vous devez à Dieu avec celles qu'ils lui doivent eux-mêmes , lo. ib. Samaritaine. Que si l'on veut comparer notre procédure à celle des Romains et des autres nations, LAM0I0N0N, cité par volt. s. de L. XV, 42. || Terme de procédure. Comparer les écritures, examiner si elles peuvent être de la même main. || Absolument. En comparant nous étendons nos idées. Voilà mes raisons, écoutez les leurs et comparez. || 2° Égaler à. Corneille comparait Lucain à Virgile. || 3* Terme de littérature. Assimiler. Homère compare Diomède au milieu des Troyens à un bon au mdieu d'une bergerie. L'autre, en vain se lassanl à polir une rime.... Dans la fin d'un sonnet te compare au soleil, DOIL. Disc, au roi. Ce petit madrigal fut critiqué par quelques seigneurs de la vieille cour, qui dirent qu'autrefois, dans le bon temps, on aurait comparé Bélus au soleil et Formosante à la lune , volt. Babyl. i. || 4* Se comparer, v. réfl. S'assimiler, s'égaler à. Celui qui se compare à plus riche que .soi. Il Être comparé. Kien ne peut se comparer au bonheur d'une conscience tranquille, jj Cela ne se compare pas, se dit souvent absolument pour signifier qu'une chose est bien supérieure à une autre.
— SYN. COMPARER À, COMPARER AVEC. Comparer à se dit plutôt quand on veut trouver un rapport d'égalité. Comparer avec se dit plutôt quand on confronte, quand on recherche les dissemblances et les ressemblances.
— mST. xiii* s. Celé que j'aim esl tant de bonté pleine. Qu'il m'est avis que la doi comperer X l'es-
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toile qu'on claime Iremontaine [polaire], Dont la bonté ne puel onques fauser, Hist. littir. t xxiii, p. 584. A-ii mesaise au monde qu'à la nioie compère, Verte, xviii. Si auras en cest avantage Amie de si haut paragc, Qu'il n'est nule qui s'i comjiere, la Hase, 5839. || xiv* s. Je puis trop bien ma ilama comparer X l'ymage que fisl Pymalion; Qu'adès la prie [je la prie], et rien ne me respont, macuai'lt, p. 00. Et pour ce convient-il que toutes choses de quoy l'en fait commutation [échange] soient comparées aucunement et avaluées l'une à l'autre, oresme, Eth. <6). Il XVI" s. Il seroit trop long d'amasser tous les passages pour les comparer l'un à l'autre, calv. Instit. 669. Comparant la loy avec l'Evangile, id. ib. 505. Sans se comparer avec les autres, id. ib. 6(7. Comparez [semblables] sont, et ainsi je l'afferme, X ung beau vin qui n'a goust ne liqueur, j. MAROT, v, 29). Si nous la comparons à l'éternité, mont, i, 84. Comparer nos mœurs à un Mahometan, ID. II, 141. Les victoires de ces jeux, qui les mettroit toutes ensemble, ne sont pas à comparer à l'une seule de tant de batailles que Pelopidas a combalues et gaignées, amyot, Pélop. 63.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. comparar ; ital. comparare; du latin comparare, de cion, avec, et parare, mettre de pair, de par, égal (voy. pair). L'ancien français, en raison de la tendance à atténuer les voyelles brèves, disait com/erer.
COMPAROIR (kon-pa-roir), v. n. Usilé seulement à l'infinitif. Terme de procédure. Comparaître en justice. Être assigné à comparoir. Ils [les juges] ont ajourné le dit Paul-Louis à comparoir devant les assises de Paris, p.-L. cour, i, 330.
— HIST. XV s. Le dit duc seroit adjourné à comparoir en parlement à Paris, comm. m, l. Le jour de l'assignation vint, et se comparut le jeune chevalier au lieu où l'on lui avoil dit, louis xi, Nouv. xcviii. Il xvi* s. Puis nul ne comparant à rencontre, RAB. Carg. i, 48. Et commenda qu'ilz comparussent en la place, id. ii. i, 49. Hz .se rendirent à luy sains et saulves, exceptez Epistemon qui ne se comparoyt point, ID. Paul, u, 30. Le jour et heure que les parties controverses comparent par devant vous, id. ib. 111, 40. Il allef,'ua plusieurs exceptions et subterfuges pour ne point comparoir, amïot, Marcel. II. Il compar à l'assignation devant le censeur, accorapaigné d'une sienne fille, o. de serri-s, 998.
— ÉTYM. Provenç. comparer; ital. comparire; du latin comparere, de cum, avec, et parère, paraître (voy. ce mot). Ce verbe se conjuguait jadis : au présent, je compère; à l'imparfait, ;e comparoie ; diUfutur, je comperrat ; au participe , comparant.
COMPARSE (kon-par-s") , s. (. \\ 1° Anciennement. Entrée des quadrilles dans le carrousel. || Par extension. On laisse à penser quel effet opéra une telle comparse [le duc d'Orléans figurant à la procession comme le roi] , fondée sur aucune sorte d'apparence d'usage, st-sim. 470, 223. Inusité en cet emploi. Il 2* M. et f. Terme de théâtre. Personnage muet, figurant ou figurante. Il était parmi les comparses. Une comparse fut blessée par la chute d'une décoration. Un comparse.
— ÉTYM. Ital. comparsa, action de paraître et personnage muet, de comparire (voy. comparoir).
COMPARTIMENT (kon-par-ti-man), s. m.|| 1° Case ou division d'un damier, d'un tiroir. || 2° Petite chambre. Diviser une grande pièce en compartiments. Il Division d'une voiture de chemin de fer séparée par une cloison. Monter dans le même compartiment. Compartiment réservé. || 3° Disposition régulière el symétrique de figures ou de bgnes, pour l'ornement des parterres de jardin, des plafonds, des pavés, des parquets, etc. U y a diverses sortes de compartiments, qui dépendent de l'art et du goût. Employés par les jardiniers dans les compartiments de leurs parterres, desc. i»iopl. 8. Tous les parterres [de Versailles] changeaient tous les jours de compartiments de fleurs, st-sim. H3, 227. Une table de compartiments qui figuraient des fleurs et des fruits, volt. Babyl. 3. || Par extension. Ce que je m'offre d'exécuter, si vous me voulez faire l'honneur de me le commettre, est de gagner, celte nuit même, ces petits compartiments, pour ne pas dire dehors, que les ennemis ont faits depuis la rive jusques à un dos deux ravelins, bassompierre, Mém. l. m, p. 85, dans LACURNE. Il 4° Dorures à petits fers qui se mettent sur le plat ou sur le dos des livres. || 5* Terme de mines. Compartiments de feux, disposition des saucissons pour porter en même temps le feu aux fourneaux.
— ÉTYM. Ane. franc, comparttr, partager, de C07n, et partir, partager (voy. partir).
COMPARTITEUR (kon-par-li-teurj, s. m. Ternie
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oe palais. Autrefois, celui des juges sur l'avis duquel la compagnie so partageait (cet avis 6tant contraire à celui du rapiiorleur).
— KTYM. Cnmpartir (vpy. coMi'AriTiMENT).
t COMPARU (kon-pa-ru), part, passé invariable de ('oni|iaraîtro.
COMPAHUTION (kon-pa-ru-sion; en poésie, de cnq syllabes), s. (. Terme de procédure. Action de comparaître en justice ou devant un officier public. Mandiitdo comparution. Kn casde non-cnmparution.
lll.ST. ïvi' s. 11 jienr,a que le plus sur estoit de
fuir, et qu''jn bon défaut valuit mieux qu'une mauvaise comparution, yver, p. 647.
— ÉTYM. Comporaiire; génev. comparilion; provenç. comparution; espagn. comparicion ; ital. comparizione.
COMPAS (kon-pîl; Vs se lie : un compas et ses branches, dites : ur. kon-pa-zet....),s. m. |jl° Instrument de métal, composé de deux parties, qui s'emboîtentl'uncdans l'autre, appeléesjambesou branches et qui s'ouvrent ou se replient l'une sur l'autre, pour tracer des cercles et prendre des mesures. || Cumpas d'ellipse, instrument qui, fondé sur les propriétés de l'ellipse, sert à tracer cette courbe. || Compas de trisection, instrument servant à partager un angle en trois parties égales. || Géométrie du compas, partie de la géométrie qui résout graphiquement les problèmes (la règle exclue). || Poétiquement, le compas, les sciences exactes. C'était le discret Fontenelle; Avec llairan il raisonnait, Avec Quinault il badinait; D'une main légère il prenait Le compas, la plume et la lyre, voi.t. Temple du Coût. EU quoi! le lourd compas d'Euclide Étoufle nos arts enchanteurs, LAMART. Méd. I, <0. Plus d'une erreur passe et repasse Entre les branches d'un compas, bérang. Sciences. || Familièrement. Avoir le compas dans l'œil, apprécier avec exactitude les dimensions à la seule vue. Quelques mois d'épreuves lui formèrent le compas visuel, j. j. rouss. Ém. ii. || Paire toutes choses par règle et par compas, par compas et par mesure, faire tout avec ordre et exactitude. || 2°Fig. Règle, mesure. Au compas du devoir il règle son courage, Régnier, Sot. x. Au compas des grandeurs je ne juge le monde, id. Sat. xiv. Connaissez votre faute, et bornez vos pensées En un juste compas, MALH.vi, 27. Bornez-vous, croyez-moi, dans un juste compas, ID. V, 8. C'est peu d'expérience à conduire sa vie.De mesurer son aise au compas de l'envie, ID. v,4. Mille raisons d'Etat que vous n'ignorez pas Sont de votre action l'excuse et le compas, mair. m, Soph. 5. Il 3° Compas de proportion, instrument formé de deux branches plates portant certaines divisions, il Compas de réduction , compas formé de deux branches de cuivre terminées par des pointes d'acier disposées de manière à former toujours deux angles opposés par le sommet, lesquels avec les distances des points forment des triangles isoscèles et semblables; comme ces distances sont toujours proportionnelles aux longueurs des côtés des deux angles, et que ceux-ci, d'après le point où arrête ia vis de pression, sont dans le rapport de l à 2, ou à ;i ou à 4 , etc. en prenant les longueurs du côté des grandes branches, on en a d'autres du côté des petites qui ne sont que la moitié, le tiers, le quart, etc. des premières. || Instrument avec lequel le joaillier mesure les pierres lorsqu'il les taille. Il Compas de tonnelier, compas de bois rond par le haut, qui a des pointes de fer aux deux bouts, et dont le tonnelier se sert pour tracer les fonds des tonneaux. Il Instrument, marqué de plusieurs points, avec lequel le cordonnier prend la mesure du pied. || Uègle de bois, terminée au bout par un talon de crochet, dans lequel le fondeur fait entrer un des bords de la cloche. 1| Compas de chapelier, sorte de tube dans lequel entre à frottement un cylindre de même longueur. || Compas brisé, instrument qui est composé de deux branches de fei plat, jointes par le milieu avec un clou rivé et qui est à l'usage dos doreurs sur tranche. || 'terme de construction. Grand compas, instrument servant à tracer les plus grands compartiments d'un panneau. Compas à verge , instrument servant à. tracer de grands cintres. || Compas sphérique, d'épaisseur ou de calibra, espèce de compas dont les branches recourl'ées prennent l'épaisseur des corps ou le calibre des cylindres creux. || 4° Terme de marine. Compas de route, ou, absolument, compas, la boussole. Il Compas de variation, boussole qui indique les variations de l'aiguiUe aimantée. || Compas aziuiutal, boussole munie de pinnules, qui sert à obsTver des azimuts, des amplitudes, et à faire des relèvements. || 3. Terme d'astronomie. Petite conalellation australe.
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— IllST. XII' S. Cil à cheval e cil à pié, Si corne il orent comencié, Tindrent lor eire e lor compas, Serréement lor petit pas. Ko l'un l'altre ne trespassout, WACE, Ilou, v. 12827. || XIII' s. Merci trovasse, au mien cuidier, S'eie fust en tout le compas Del monde , là où je la quier, Poésies mss. avant 1 300, t. m, p. 1262, dans lacurne. Un pot lavoir d'argent h une fuellie desus le couvercle, semeis d'escuchons et de compas esleveis, LAuORnE, Lmaux, p. 22 1 . A son semblant et à son vis [visage] Pert [paraît] que fu faite en paradis. Car Nature ne seUst pas Ovre faire de tel compas [mesure], la Rose, 3000. Li ml^rs qui la clôt [la ville] n'est plus bas; Tôt entor est fais à compas, VI. et lil. 4789. || xiv s. Un collier d'or à compas pour le roy, de lauorde. Émaux, p. 221. Il XV' s. Soubtil sens, concilié par compas, Enveloppé en beau langage, Musse le vouloir du courage, tu. d'ohl. llond. Jamais vous n'ouvrez [agissez] par compas, in. liai. 01. Et se tu peux passer ce pas , Kecorpore le par compas [projiortion], En revenant au faict premier, la font. 702. Les chevaulx frais vont mieux à droit compas, eust. DEScii. Poésies mss. f° 231, lacurne. Ils se boutèrent tous à tas, X l'enseigne du plat d'estaing, Où Uz repurent par compas [ruse]. Car ilz en avoient grant besoing, villon, Repue francité des galants sans souci. ||xvi's. Et pour autant qu'oyr ne voulait pas Les instrumens qui sonnoient par compas, marot, l,2S5. Sans compas [à tort et à travers, sans mesure], ID. m, 33. Loyauté ronde, et mesurée Au compas [à proportion] de vostre beauté, id. m , 205. Sa bouche [il] veoit petite par compas, Dont le seul veoir ne le satisfaict pas, ii). iv, 39. 11 est nécessaire qu'une jambe du compas soit appuyée fermement pour couper de l'autre jambe, taré, viii, 20. Lapourtraicture de l'empereur moderne. (Tuailes V' de ce nom, tirée après le vif et faicte par compas, DE LABORDE, Émaux, p. 221. llors reigle et compas je ne sçay degré ni pà3, génin, Récréât, t. ii, p. 24o. La raison, qui doit commander en nous, ne veut point de ces officiers là qui font do leur teste sans attendre son ordonnance; elle veut tout faire par compas, A. charron, Sagesse, p. ao, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenc. compas ; espagn. compas ; portug. compasso, compaço; ital. coinpasso. On a indiqué le celtique: kymri, kwmp, elkwmpas, qui en dérive , cercle. Mais si l'on remarque le sens primitif du français qui est : marche d'ensemble, marche régulière, on ne doutera pas que compas vienne de com et pas (voy. oe mot).
t COMPASCUITÉ (kon-pa-skui-té) , s. (. Droit de pacage qui appartient en commun à. plusieurs communautés d'habitants.
— ËTYM. Com...., et le latin pascuum, pâtis (voy. pacage).
t COMPASSAGE (koa-p;\-sa-j'), s. m. Terme de métier. Classement des cartes à jouer, par séries de points, depuis I jusqu'à X. ;| Division du compas.
COMPASSÉ, ÉE (kon-pa-sé, sée) , part, passé. Il 1° Disposé. Ces anciennes cités sont ordinairement si mal compassées, desc. Méth. 2, i. Tout cela était bien compassé, sÉv. eot. Tout est compassé avec une admirable justesse, balz. le Prince, ch. xiv. Son festin si magnifique et si compassé, j. j. rouss. Éin. m. Il 2° Régulier. La vie compassée de la jeune princesse , SÉV. 437. || Être compassé dans ses discours, parler avec circonspection. || C'est un homme trop compassé, c'est un homme dont les manières n'ont rien de libre ou de simple.
COMPASSEMENT (kon-pA-se-man), s. m. || l'Action de compasser; résultat de cette action. || 2^ Fig. Régularité trop étudiée. Le compassement de ses discours, de ses manières. || 3» Terme de mineur. Règle pour espacer les fourneaux de mine.
— ÉTYM. Compasser.
COMPASSER (kon-pâ-sé) , v. a. || 1° Mesurer avec le compas des degrés, des distances sur une carte, sur un plan. || Exécuter avec exactitude certains ouvrages à figures. Il s'en sert à compasser la broderie de quoique parterre, desg. Diupl. 8. || 2''Fig. Compasser ses actions, ses démarches, les soumettre à une règle minutieuse. On a beau compasser dans .son esprit tous ses discours, iioss. Polit. On voit des gens sincères, qui toujours sont à s'étudier, à compasser toutes leurs paroles et toutes leurs pensées, VÊN. xvjii, 444. Et quant à moi je trouve, ayant tout compassé, Qu'il vaut mieux être encor trompé que trépassé, mol. Sgan. u.\\ 3° Terme de marine. Compasser sa carte, marquer avec la pointe d'un compas le lieu où se trouve )e vaisseau. {| 4° Ternie de relieur. Compasser un livre, le mesurer avec le compas pour le rogner. |{ 5° Terme de mineur. Compasser les ftux, les disposer de manière qu'ils piên-
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nent tous ensemble, pour produire un plus grand effet. Il Anciennement. Compasser la mèche, disposer la mèche pour mettre le feu à l'arquebuse. La sentinelle n'osa me tirer, parce que, lorsque je le vis compasser la mèche, je lui criai que je le ferais pendre s'il tirait, retz, iv, 318.
— IllST. XII' s. Cil qui primes l'edefia Et qui le cliastel compassa, Moult fu sages et cortois, Roman deRou,ms. p. <),dansLACUR.NE. || xiii's. Iln'a futur ne prétérit; Car qui bien la vérité seQst, Tuit li trois tens i sunt présent, Li quiex présent le jour compassé, la Rose, 20217. Jason qui premiers la jiassa [la rner], Quant les navires compassa Por la toison d'or aler (|uo/re.... ib. a.'j44. Quant Diex biautéli compassa, iî>. 0098. Puis que cis mons [ce monde] fu compassés, ib. !>iH. Li murs si est si compassés, Qu'il est de droite quarreure, ib. 3824. || xiv s. [Les cheveux] pendans par les espaules, par œvre compassée, Baudouin de Seb. i, 973. ||xv' s. Et y avoit grand foison de charpentiers et d'ouvriers qui l'avoient compassée et ouvrée [une machine] et savoient comment elle devoit aller, kroiss. h, m, 36. Et compassa fort bien son temps et faisoit une merveilleuse diligence, co.\iM. m, 9. Il XVI' s. Estienne, ce plaisant mignon, De la danse du compagnon , Que pour vous il a compassée. M'a ja fait maistresse passée, marot, ii, no. Beauté en tout compassée [proportionnée, irréprochable], lu. m, 223. Si son nom propre à dire on me semond, Je lespondray, qu'à son toz se compassé [répond] , iD. m, 282 Ou en beau grec quelque œuvre compassez, id. m, 283. Us sont loute.sfois experts à bien choisir et esbaucher la pierre ou le boys, et à compasser [mettre au point] les traits et membres pour relever de ceste peine les jilus subtils et diligens entailleurs, M. du bell. Prolog. L'un, se promenant en une salle, regarde à compasser ses pas d'une certaine façon sur les carreaux ou tables du plancher, charron. Sagesse, 1, 38.
— ÉTYM. Compas; provenç. et espagn. compassar; ital. compassare.
f COMPASSEUR (kon-pâ-seur), s. m. Celui qui compassé. Compasseur de phrases.
— UIST. XVI' s. Et, l'un jugement subvertissant l'aultre sans cesse, cette favorable proposition n'estoit qu'une ri.'iée qui nous inenoit à conclure, par nécessité, la neantise du compas et du compasseur, MONT. 11, 3(t.
— ÉTYM. Compasser.
COMPASSION (kon-pâ-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Sentiment qui nous fait compatir. Vous n'avez pas assez de compassion pour ceux.... PASC. Prou. 8. Si vous pouvez trouver vlans ma compassion.... CORN. Hor. v, 2. Le grand César blâme votre action Avec moins de courroux cpie de compassion, ID. Pomp. IV, 2. Votre rébellion Mérite plus d'horreur que de compassion, id. Jiurf. iv, 3. Je ne demande point que par compassion Vous assuriez un sceptre à ma protection, id. Mcom. iv, 2. Ouf! je me sens déjà pris de compassion, hac. Plaid. III, 3. Le peuple touché de compassion pour l'enfant, fén. Tél. v. Ce qui pouvait lui donner de la compassion, id. 16. iv. Combien devez-vous avoir plus de compassion pour le peuple, jd. ib. xxiv. Votre compassion, lui répondit l'arbuste, Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci, la font, l'abl.i, 22. La santé, la richesse ôtent aux hommes l'expérience du mal, leur inspirent la dureté pour leurs semblables; et les gens déjà chargés de leurs propres misères sont ceux qui entrent davantage, par leur compassion, dans cehes d'autrui,LA bruy. xi. || Faire compassion, être digne de pitié. || Fig. Cela fait compassion, cela ne mérite que du mépris. || Terme de liturgie. Fête en mémoire des douleurs de la Vierge, le vendredi de la semaine de la Passion.
— HiST. xiv s. Le bon cuer est tousjours lié [joyeux] des biens de son proisme [prochain], et est courroucié et a compassion de ses adversaires [adversités], Ménagier, 1, 3. Celui qui est vertueux a bien aucunes foiz compassion, douleur ou joie. ORESME, Elh. 39. Il XV" s. Ils sont chrestiens comme nous sommes : on doit avoir compassion l'un de l'autre, frojss. ii, m, 85. Premier il doit Dieu et l'Eglise amer;. Humble cuer ait, pitié, compassion, e DESCH. Des vertus nécess. au prince. |{ xvi' s. Convulsion se fait par repletion, ou par inanition, ou ivir compassion, c'est à dire de quelquedouleur, pabS, VII, 8. Et d'iceux doit-on avoir grande compassion. LANGUE, 371. Quelle compassion [pitié! de voir.... YVES, p. 624. Tous les autres se tourmentoient de sa fortune; lui seul monstroit au dehors n'en sentir passion aucune ny avoir compassion quelconque de soy mesme, amyot. Cor. 32. Cocceius Nerva n'eut aultre cause de se tuer que la compassion du
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misérable estât de la cho>e publique romaine, mont. ji, 36. J'ay avecqucs ilespit vcu des maris haïr leurs femmes, de ce seulement qu'ils leur font tort; au moins ne les faut il pas moins aimer, de nostre faulte; parrcpcntance et corapa.'îsion au moins, elles nous CM debvciL'nt estre plus chères, id. m, 324.
— ÉTYM. Provenç. compassio; espagn. compasion; ital. compassione ; de compassionem, donirn, avec, et passio, souffrance, passion; proprement souffrance avec, douleur communiquée, douleu rqu'on partage.
t COMPASSIONNER (SE) (kon-pa-sio-né), V. réfl. Avoir compassion.
— REM. Ce mot est formé comme affectionner Vestd'all'ection, et n'a contre lui que d'être peu usité.
— HIST. XV' s. Devant la triiiité estoit la passion, c'est à sçavoir comment nostre seigneur fut prins, battu, mis en croix, et Judas qui s'estoit pendu; et ne parloient riens ceux qui ce faisoient, mais le monstrerent par jeu de mystères, et furent les manières lionnes et bien jouées et vivement compassionnées et moult piteuses , monstrelet , t. ii, p. (47, dans LACURNE. Il XVI' s. Je me eompassionne fort des affections d'aullruy, mont, ii, (27. Il semble que l'université des choses soit compassionnée à nostre estât, id. ii, 380. Quant à moi, n'estant moins eompassionne do ceste mort, l'Amant ressuscité, p. 53S, dans LACURNF.
— ÉTYM. Compnsiion.
T CO.MPATERMTÉ (kon-pa-tèr-ni-té), s.(. Alliance spirituelle qui se contracte entre le parrain et la marraine; entre ceux-ci et le père et la mère de l'enfant.
— ÊTYM. Com, et paternité.
COMPATIBILITÉ (kon-pa-ti-bi-li-té), s. f. Qualité
des personnes ou choses qui peuvent demeurer et subsister ensemble. Ils n'ont entre eux aucune compatibilité d'humeurs. Compatibilité de fonctions. Il Anciennement, lettres de compatibilité, lettres par lesquelles le prince permettait de posséder en même temps deux charges qui ne pouvaient être exercées par une même personne.
— ÉTYM. Compatible; espagn. compatibilidad ; ital. compatibilità.
COMPATIBLE (kon-pa-ti-bl"), adj. Qui peut compatir, s'accorder avec un autre (personne ou chose). Ces deux fonctions sont compatibles. C6s deux hommes ne sont pas compatibles. Ne vous figurez point qu'une telle moitié Soit jamais compatible avec notre amitié, corn. Sophon. iv, 3. Ahl que n'est mon bonheur plus compatible au vôtre? id. Attila, i, 3. La Bretagne et la Provence ne sont pas compatibles [je ne puis faire à la fois ce que j'ai à faire dans ces deux pays], sÊv. B7. De ces péchés enfin compatibles avec la probité, mass. Car. Prospér. tcmpor. La géométrie, genre de travail qui était le plus compatible avec la vie active et agitée qu'il était obligé de mener, condorckt, d'Arci.
— REM. Absolument , compatible ne se dit qu'au pluriel, ou, au singulier, avec quelque mot qui ait un sens collectif : Leurs humeurs ne sont pas compatibles. L'eau ici , la feu là, cela n'est pas compatible.
— HIST. xvi* s Pour toii.sjours les accoustumer
de se rendre plus compatibles [sociables] les uns avec les autres, lanole, 300. Ce sont fins différentes et pourtant compatibles, mont, m, 32t.
— ÉTYM. Compatir; espagn. compatible; itaU compatibile.
COMPATIR (kon-pa-tir) , v. n. || 1° Être touché, attendri des maux d'autrui. Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse, corn. Cid, ii, 8. Mon Dieu, de quelle humeur, Dorine, tu te rends 1 Tu ne compatis point au déplaisir des gens, mol. Tart. ii, ■''. Vous étiez né dur et hautain.... mais enfin vous êtes devenu homme , et vous commencez , par l'expérience de vos maux, à compatir aux maux des autres, FÉN. Tél. xxiii. On sait compatir aux peines d'autrui, m. ib. xxi. J'entre dans vos peines et j'y compatis, Eoss. Lett. Corn. 121. Je sens qu'à sa douleur je pourrais compatir , rac. Ilérén. m , i. Qui ne sait compatir aux maux qu'on a soun'erts? VOLT. Zaïre, n, 2. || 2° Avoir une tolérance charitable. Compatir à la faiblesse humaine. Il [Dieu] compatit d'en haut à l'erreur qui le prie; À défaut des clartés, il nous compte un désir, lamart. Ilartn. 1, 6. Il 3° S'accorder, vivre avec. Vous dites tous les jours qu'une autre [personne] enfin est toute pétrie d'humeur et de caprice, et que dans l'enceinte de sa maison personne ne peut compatir avec elle, MASS. Car. Injust. du monde. Vous vous plaignez que votre frère vous déplaît et qu'il n'est pas eu TOUS de le supporter et de compatir avec lui, m.
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Car. Pardon des offenses. Ceux qui font sonner le plus haut les défauts de leurs frères, sont ceux mêmes avec qui personne ne peut compatir, id. ib. Tous ensemble (la ligue des Lorrains] aspiraient à gouverner un prince qui, n'étant que dauphin, les faisait tous compatir dans la vue de se soutenir, ST-siM. 270, 447. Il En parlant des choses, se concilier, être compatible. J'ai exjiliiiué comment cela peut compatir avec la bonté de Dieu, desc. lUp. ii. Cette vertu impitoyable no peut compatir avec votre générosité, voit. Lett. 22. Une étroite amitié l'un à l'autre nous joint; Mais enfin nos désirs ne compatissent point, CORN. .4((i7o, i, 3. L'engagement no compatit point avec mon humeur, mol. D. Juan, m, 6. Une paix qui ne peut compatir avec le péché, BOLRD. Avent, Sur la yénit. 200. La pénitence ne compatit pas aveu des péclus, noss. Yar. i. On en prend tout ce qui peut compatir avec le sérieux de son éCat, mass. Arent, Délat. Le respect est de glace et l'amour est de flamme. Ils ne sauraient tous deui' compatir dans une Ame, chall. d madame D. L. Madrigal 2.
— HIST. xvi° s. Celui qui demeure longtemps sans se ranger à une telle association, est estimé semblable à un cheval hargneux, qui ne peut compatir avec les autres, langue, 207. Cette inhumanité ne peut compatir avec les autres courtoisies ds ce prince, d'ald. Hist.i, )7u. Je ne me saurois compatir avec ses humeurs, carl. i, 35. Ces deux grands seigneurs qui ne se pouvoieiit compatir, jouoient à boute-hors, m. ib. 11, 9. Ils ne sauroient jamais bien compatir ensemble, brant. Cap. fr. t. m, p. 351 , dans lacl'RNe.
— ÉTYM. Provenç. compatir; ital. compatire ; du bas-latin compatire, dit pour compati, de cum, avec, et pati, pâtir ( voy. pâtir). L'espagnol dit compadecer , de compaliseere.
COMPATISSANT, ANTE ( kon-pa-ti-san , san-t'), adj. Il i" Qui est touché des maux d'autrui. Cette àme bienfaisante Que l'approche des dieux rend si compatissante, VOLT. Caiil. I, 2. Il 2" Que la compassion inspire, en parlant des choses. Regards compatissants. Pour aimer à donner des soins compatissants, volt. Fanut. m, 8.
— ÉTYM. CompadV.
COMPATRIOTE (kon-pa-tri-o-f) ,s. m. et f. Il se dit de personnes qui ont une patrie commune. C'est ainsi à peu près qu'un Italien, un Français et un Allemand passeraient à la Chine pour compatriotes, fonten. Lahiie. Il faut bien quelquefois se battre contre ses vo'sins, mais il ne faut pas brûler ses compatriotes pour des arguments, volt. Lett. Gaililiin, «9 juin 4773.
— HIST. XVI' S. Que mes frères et compatriotes facent leur profit de la bonne alTection que je leur porte, Légende du cardin. de Cuise , Préf. Nous trouverons que, s'il est quelques animaulx moins favorisez en cola [la beauté] que nous, il y en a d'aultres qui le sont plus, voire des terrestres nos compatriotes, mont, ii, 201. Pietrouvent-ils un compatriote en Hongrie, ils festoyent ceste adventure,
— ÉTYM. Lat. compatriote, de cum, avec, et patria, patrie.
t COMPA TRIOTISME (kon-pa-tri-o-ti-sm'), s. m. Néologisme. Relation de compatriote.
— ÉTYM. Compatriote.
t COMPELLATIF,IVE(kon-pèl-la-tif, ti-v'),adj. Terme de grammaire. Qui indique qu'on adresse la parole à quelqu'un. Particule compellative. || Par quoi on adresse la parc le. Phrase, proposition compellative.
— Éi'YM. Latin compellare, apostropher, de cum, et l'injsité pellare; raot fait comme ap-pellare, appeler.
t COMPENDIEUSEMENT (kon-pan-di-eû-ze-man), adv. En abrégeant.
— REM. C'est une faute ridicule d'employer un mot qui signifie er. abrégeant, pour dire avec détail, sans rien omettre, tout au long, lln'est passûrque Racine n'ait pas voulu la faire faire à son faux avocat dans ces vers : Je vais, sans rien omettre et sans prévariquer, Compendieusement énoncer, expliquer. Exposer à vos yeux l'idée universelle De ma cause et des faits renfermés dans icelle, rac. Plaid, m, 3. te Au reste, dit M. Géruzez, dans une remarque sur ce vers, compendieusement exprime si bien le contraire de ce qu'il signifie, que bien des gens y sont pris et lui donnent le sens do longuement. »
— ÉTYM. Compendieuse , et le suffixe ment.
t C0MPËM)1EUX, EUSE (kon-pan-di-eû , eù-z') , adj. Qui est abrégé. || Vieilli.
— HIST, XY' s. Jhesu Crist parla par figures, car
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ycelle manière est plus compendieuse, ciibist. db piSAN, Hisl. de Charlei V, ni, ««.
— ÉTYM. Latin compendioiuî, abrégé, accoure!, de compcndiiim (voy. ce mol).
COMPENDIU.M (kon-pin-di-om'), s. m. Abrégé. Un compendium de philosophie, de médecine.
— ÉTYM. Lat. compendium, économie, et, par métaphore, abrègement . de cum, et pendere, dépenser : resserrer la dépense (voy. pension).
t COMPENSABI.E (kon-pan-sabl') , adj. Q'ji peut être compensé.
— HIST. xvf S. Compensable, oudih, Dict.
— ÉTYM. Compenser.
t COMPENS.^NT, ANTE ( kon-pan-san , san-t"), adj. Oui est propre à compenser.
I COMPENSATEUR , TRICE (kon-pan-sa-teur, tri-s'), adj. Il 1° Qui donne une compensation. [| Substantivement. Invoquons sans cesse le contrôle universel; c'est l'unique surveillant, le seul et puissant compensateur de toute constitution vicieuse, umk- BE\v,Collcction,l.i,'p. 340. Il 2° Terme de physique. Pendule compensateur , pendule disposé de manière à demeurer toujours semblable à lui-même malgré les variations thermoméiriques. || Substantivement. Mécanisme destiné à produire un tel effet. Pendule muni d'un compensateur. || Compensateur magnétique, appareil qui fait connaître les dévialions que cause à la boussole l'action du fer employé dans le vaisseau.
— ÉTYM. Compenser.
COMPENSATION (kon-pan-sa-sion ; en poésie, da cinq syllabes), s. f. || 1° Action do compenser. |{ Horloge, montre de compensation, horloge, montre munie d'un appareil compensateur. || Terme do marine. Table de compensation, table numérique destinée à suppléer au compensateur magnétique. Il Terme de palais. Compensation de dépens, se dit quand chacune des parties supporte les dépensqu'elle a faits, sans que l'une puisse rien demander à l'autre. Il 2° Dédommagement proportionné aux avances faites, à la peine prise, au mal soufi'ert. Cela fait compensation. Il y a compensation. Cela doit entrer en compensation. || Système des compensations , système de philosophie , qui prétend qu'au fond toutes les conditions se compensent. On se demande si, en comparant ensemble les différentes conditions des hommes, leurs peines, leuib avantages, on n'y remarquerait pas un mélange ou uno espèce de compensation de bien et de mal, qui établirait entre elles l'égalité, ou qui ferait du moins que l'une ne serait guère plus désirable que l'autre, LA bruy. IX. Il 3" Libération réciproque entre deux personnes débitrices l'une de l'autre, de manière que l'une relient ce qu'elle doit en payement de ce qui lui est dû. || Terme de bourse. Substitution d'une personne à uno autre, dans un marché à terme. Ainsi, Piètre est acheteur chez Paul et vendeur chez Jean de la même quantité d'une même valeur, mais à des prix qui peuvent être différents; il substitue Jean chez Paul à son nom et évite ainsi de prendre inutilement livraison.
— HIST. xvi's. Compensation n'a lieu, si la dette qu'on veut compenser n'est liquide et par cscrit,