‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 418 sur 504 · SYN. COMPOTE, CONFITURE, CO.NSERVE, GELÉE · texte numérisé non relu

SYN. COMPOTE, CONFITURE, CO.NSERVE, GELÉE

MARMELADE. Confiture est le terme générique. Il s'entend de toute espèce de fruit confit dans du sucre. La conserve est une confiture ordinairement sèche et qui peut se conserver. La compote se dit des fruits cuits, soit entiers, soit en quartiers, de manière à conserver leur forme; une compote de poires. La marmelade se dit des fruits qui s'écrasent en cuisant comme la pomme : une marmelade de pommes. La gelée est une confiture du jus des fruits, <jui se prend en une masse transparente et tremblante : gelée de groseille, de pomme, de coing.

— HIST. XIV* s. Un petit tonnelet de bois comme un tonnelet à composte, Xénagier , ii, 2. C'est la manière de faire composte, ib. n, 5. || xvi* s. Des coings cuits sous la cendre, ou en composte, paré,

— ÉTYM. Comioste, féminin de l'ancien participe compost, composé, du latin compositus (voy. composite). Si la trace de l'étymologie ne s'était p.is perdue, on écrirait compote.

COMPOTIER (kon-po-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : des kon-po-tié-z élégants), i. m. Coupe en porcelaine ou en cristal, dans laquelle on sort les compotes de fruits.

— ÉTYM. Compote.

t COMPRÉHENSEUR (ko'n-pré-an-sour) , s. m. Terme de théologie. Créature jouissant de la vue parfaite de Dieu.

— ÉTYM. Voy. comprendre.

t COMPRÉUENSIBILITÉ (kon-pré-an-si-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est compréhensible.

— ÉTYM. Compréhensible.

COMPRÉHENSIBLE (kon-pré-an-si-bl' ) , adj. Qui

peut être compris. Cela n'est pas compréhensible.

— ÉTYM. Lat. comprehensibilis , de comprehendere (voy. comprendre).

t COMPRÉHENSIF , IVE (kon-pré-an-sif, si-v'), adj. Terme de philosophie. Qui embrasse, qui enferme. Une idée, une expression compréhensive. Il Dans un autre sens, qui a la faculté de concevoir.

— ÊTYM. Comprehensivus , de comprehendere (voy. cOMPRENDiiE) ; provenç. comprchensiu.

COMPRÉHENSION (kon-pré-an-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Faculté de comprendre, de concevoir. Avoir la compréhension vive, aisée, difficile. Il n'y a guère de gens qui aient la compréhension plus lente, et pour le :iens des paroles et pour entrer dans l'esprit du compositeur, que les Français, st-évremond, dans richelbt. || 2° Vue qui embrasse et saisit tout. Une sagesse infinie qui ne se trompe jamais, parce qu'elle a une pleine compréhension de la vérité, boss. Connaiss. iv, f Avec cette prodigieuse compréhension de tout le détail et du plan universel de la guerre , on le voit toujours attentif à ce qui survient, id. Louis de Bourbon. || 3" Terme de logique et de grammaire. La totalité des idées qu'un nom génériq^je enferme. Le mot animal a une compréhension beaucoup plus grande que le mot être, car on appelle être tout ce qui existe , or un animal est un être puisqu'il existe,

COM

COM

COM

et de plus il a un corps capable d* mouvements délerminés par sa volonté; le substantif /iom me, à son tour, a plus de compréhension que celui d'animal, puisque l'homme possède toutes les qualités qui font l'animal, et de plus celles qui n'ap[)artieniient qu'à . lui, comme une certaine foniie extérieure, la raison, le langage, etc. jiili.ien, Gramm. p. o*.

— IIIST. XV* s. Estre flexible à toute docilité et à la compréhension du hault savoir, jeuan lemaire, l'allas parlant à Paris, \\xvi' s. Compréhension, dans PALSGBA"E, p. to, qui dit que l'/i y est aspirée.

— ÉTYM. Le laiin comprchensio , de comprthendere, comprendre.

t COMl'RÊUENSIVITÊ (kon-pré-an-si-vi-té), s. f. Dans le système de Gall, organe de la compréhension; faculté de comprendre.

— ÊTYM. Cnmpréliensif.

t COMI'KENABLE (l<on-pre-na-br), adj. Qui peut être compris. Peu usité.

— HIST. xv s. A sens humain non comprenable, CHRIST. DE piSAN, Charks V, i, prolog.

— fiTYM. Comprendre ; provenç. comprehendable. COMPRENDRE (koii -pran - dr'), je comprends,

nous comprenons; je comprenais; je compris; je comprendrai; comprends; que je comprenne ; que je comprisse; comprenant; compris, v. a. ||1° Prendre en .soi, contenir. Il a compris dans son parc plusieurs pièces de vignes. Quand on dit : jusqu'à tel jour inclusivement, le jour est compris dans le ternie. Une maxime qui comprend toutes les autres, pasc. Prov. ti. La Rancune eut assez de crédit pour nous faire comprendre dans son pas.çe-port, en qualité 'e comédiens, scarhon, Tiom. com. i, t8. C'est comprendre dans sa pensée tout ce qu'il y a de grand parmi les hommes, doss. Ilùt. prif. Ce temps [de la mort] embrasse tous les temps: Qu'on le partage en jours, en heures, en moments, H n'en est point qu il ne comprenne Dans le fatal tribut; tous .sont de son domaine, la font. Fahl. viii, t. La basse Egypte, qui comprenait ce que les Grecs appellent Delta, kollin, llisl. anc. OEuvres, t. i, p. n , dans POUGENS. Tout cela pourquoi? parce que le christianisme veut tout cela, comprend tout cela, Bouno. i' dimanche après Pâques, Dominic. Il 2° Mettre ensemble dans la même catégorie. Vous traitez ces personnes d'hérétiques pour me comprend.'-e dans celle accusai.on. On a fait comprendre dans l'inventaire plusieurs meubles qui n'appartenaient pas au défunt. 11 a été compris dans la capitulation. Il 3» Fig. Saisir par l'esprit. Je comprends fort bien ce que vous me dites. La plupart des hommes estiment ce qu'ils ne comprennent pas. Mon exemple vous doit apprendre qu'il y a des choses trèsexcellentes et très-admira'olos qui échappent à notre vue et qui r.'en sont ni moins vraies ni moins désirables, quoiqu'on ne les puisse ni comprendre ni imaginer, Boss. Anne de Gonz, Je comprends fort aisément qu'il est naturel à de tels esprits de tomber dans l'indillérence [religieuse], et de faire servir Dieu à la religion et à la politique, c'est-à-dire à l'ordre et à la décoration de ce monde, la seule chose, selon eux , qui mérite que l'on y pense , la bruy. xvi. Si c'est là sa largeur [du globe solaire]en tous sens, quelle peut être toute sa superficie! quelle est sa solidité! comprenez-vous bien cette étendue, et qu'un million de terres comme la nôtre ne seraient toutes ensemble pas plus grosses que le soleil? m. ib. Si je vous comprenais, mon Dieu, vous ne seriez plus ce que vous êtes, ou je ne serais plus ce que je suis. BOURD. Myst. Trinité. Vous en comprenez la raison, mes chers auditeurs; et, si vous ne la comprenez pas bien e.iCore,je ne puis tiopvous le redire, afin que vous puissiez une fois la concevoir, ID. 2' dt'in. après Pâques, Dominic. Ce que l'esprit comprend, il le comprend par assimilation, ou par comparaison, ou par analogie, dider. Opin. des anc. philos. Sloicisme. Tencz-moi lieu d'un Dieu qu<j je ne comprends pas, volt. Fanât, iv, 3. Si nous ne comprenons pas certaines choses un peu délicates, c'est apparemment qu'il n'était pas nécessaire que nous les comprissions, volt. Lett. d'Argenson,6nov. 4770. || Absolument. Plus heureux que tu ne peux comprendre, hac. Bérén. ii, 2. || Plus jiarticulièreirent. Avoir l'intelligence d'une langue, des mots. Comprenez-vous l'anglais? Voilà un mot que je ne comprends pas. Passage difficile à comprendre. Il Faire comprendre, montrer, prouver, faire que l'on comprenne. Jen'ai point dit ceci pour diminuer rien de la distance infinie qu'il y a entre les vices et les vertus : à Dieu ne plaise! j'ai .seulement voulu faire comprendre que tous les vices politiques ne sont pas des vices moraux, et que tous jcs vices moraiix ne sont pas des vices politiques,

WCT. DE I,A :,>NGUS FRANÇAISE.

MONTESQ. Ssp. XIX, 10. || 4" Se rendre raison d'une chose, se l'expliquer. Je no comprends pas sa conduite. Comprenez -vous un tel langage? Vous comprenez que cela doit m'inquiéler. Témoin de mes erreurs, vous n'avez pu comprendre Comment j'abandonnai l'amante la plus tendre, cresset, Sidnei, II, «. Il Comprendre à. Je ne comprends rien à sa conduite, i cela que comprenez-vous? je n'y comprenas pas grand'chose.|t Absolument. Tu comprends? J'ai compris. Ohl je commence à comprendre : le comte s'en va, le notaire reste, et vous vous mariez, MARivAtJX, Seconde surprise de l'amour, m, ce. dern. Il 6' Comprendre quelqu'un, comprendre ce qu'il dit, ce qu'il veut, ce ou'il ordonne. Vous ne m'avez pas cornons. Cet étranger ne se fait guère comprendre. Parlez plus clairement, nous ne vous comprenons pas. Quoi ! l'art qui nourrit les hommes est méprisé en Europe! je no vous comprends pas, BERNARD. DE ST-p. Paul et Yirg. || Comprendre quel lu'un, pénétrer dans les idées, dans les vues de quelqu'un. Je ne le comprends p'us. On ne le comprena pas avec ses p'étentions exorbitantes. Il 6" Se comprendre, avoir la ccnaissance l'un de l'autre. Les hommes ne se comprennent pas les uns les autres. Des cœurs faits pour se comprendre. Bien que les goûts d'Oswald fussent, à quelques égards, diflférer.ts de ceux de Corinne, ils se comprenaient mutuellement d'une façon merveilleuse, STAEL, Corinne, iv, t. || Être compris. Cela se comprend. Il Avoir la connaissance de soi-même. Cet homme ne .se comprend pas lui-même.

— IIIST. xu' s. Parsevet [que poursuive] li enemis la mnie aneme fâme], e comprenget et defult en terre la meie vie, Liberpsalm. p. 8. Es ovres de ses mains compris est li peccberre, ib. p. 9. Je parsiwerai mes enemis. e cumprendrai les [je les .saisirai], e ne returnerai desque il defisent, ib. p. 21. || xiii' s. Biaus mestier* est, quant il content lor fet, que il comprengnent lor fet au mains [moins] de paroles qu'il porroni, beaum. v, U. || xiV s. Se nous avions un non qui compresist toutes teles choses, oresme, Eth. M4. Tele apiisté est permanente et durable, car elle comprent en soi toutes les choses qui appartienent et conviennent à amis, id. i'b.2.15. Geste science comprend et contient les fins de toutes les aultres ars et doctrines, id. ib. ni. |j xv' s. Et se logea le dit duc devant Tourr.ay, etcomprenoitson ost grande quantité de terre, froiss. i, i, <27. Et fut la cité [de Tournay] partie pour lager les seigneurs le roi à St Martin, et comprenoient ses gens un quart de la ville, iD. II, II, 203. Fortune ainsy f^es compaignons s'esbat. Qui au délit de la char les comprent. Puis les destruit con [comme] la souris lo chat, e. descii. Poésies mss, f"208, dans lacijrne. {| xvi's. Celyy qui a bien compris que la mort n'est pas mal, MONT. i. 77. Qui se peuit plaind."e d'esire comprins où touts sont comprins? id. i, 87. 11 banda son ame à comprendre l'essence de la folie, u>. l, oi. Et cas advenant qu'aucun compris en cestaprcsente association reçoiveoutrage ou violence, condé, Ifem. p. 047.

— ETYM. Picard, copeHf/re; bourguig. comprare; prcvenç. comprendre, compenre, comprener; catal. compenarer ; espagn. cnmprender ; portug. comprehender: ital. comprendere ; du latin comprendere , syncopé lui-môme de comprehendere , de cum, avec, etpreheiidere. prendre (voy. prendre). Le provençal , le français et l'italien sont les seuls qui aient été fidèles à la conjugaison latine.

COMPRESSE (kon-prè-s'), s. f. Pièce de linge fin, à demi usé. sans ourlets ni lisières, ordinairement replié plusieurs fois sur lui-même, qu'on ajjplique sur les parties malailes, et qui sert à diriger convenablement la compression. Atala fit ma première compresse qu'elle attacha avec une boucla de ses cheveux, CHKTE/iVB. Atala, 24). Si Mlle de St-Yves était là, elle me mettrait une compresse, volt. Ingénu, 7.

— HlST. XVI" s. Reunir les playes par le bénéfice des coustures , compresses et ligatures , paré , Inlrod. -.

— ETYM. Lat. compressus, serré, part, passé de comprtmrre (voy. comprimer).

t COMPRESSEUR (kon-prè-sseur), s. m. Terme didactique. Instrument propre à exercer la compression, et en particulier, en chirurgie, à comprimer les nerfs, les vaisseaux ou un canal quelconque.

— ETYM. Lat. compressor, de compressum , supin de comvrtmere (voy. comprimer).

COMPRESSIRILITÊ (kon-prè-ssi-bi-li-té), i. f. Terme de iihysique. Propriété qu'ont tous les corps de se réduire à un moindre volume |>ar l'action d'une pression ou d'une percussion.

— ETYM. Compressible.

COMPRESSIBLE (kon-prè-ssi-bl') , adj. 'ierme de

physique. Qui peut diminuer de volume, par la pression. L'air est compressible; sa température étant supposée constante, sa densité est proportionnelle au poids qui le comprime, et, par conséquent, à la hauteur du baromètre, laplace, Exp. i, te. Des corps compressibles qui sont dans l'eau, pasc. Équil. des liqueurs, vi. La masse de l'air qui est un corps compressible et pesant, id. Pesant, de l'air, i.

— ÊTYM. Lat compressum, supin de comprimere (voy. comprimer).

t CO.MPRE.SSICAUDE ( kon-prè-ssi-kô-d' ) , adj. Terme de zoologie. Qui a la queue comprimée.

— ÉTYM. Le lat'n compressus, comprimé , et cauda, queue.

t COMPRESSICAULE (kon-prè ssi-kd-l'),ad'j.Terme de botanique. Qui a la tige comprimée.

— ETYM. Lo latin compressus, comprimé, et eaulis, tige.

CO.MPRESSIF, IVE (kon-prè-ss.f , si-r"), adj. Terme de chirurgie. Qui sert à exercer une compression. B.mdage compressif. || Fig. Qui comprime toute manifestation politique. Régime compressif. Mesures compressives.

— ÊTYM. Lat. compressum , supin de comprimere (voy. comprimer) ; provenç. compressiu; espagn. comprt'siio.

CO.MPRESSIOîî (kon-pré-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\l' "Terme de physique. Action exercée sur un corps par une puissance qui tend à en rapprocher les parties constiiuanies, à en diminuer le \olume en en augmentant la densité. Ce corps à ressort pord, dans l'instant de la compression, une quantité de sa vitesse, volt. Déf. du Neictonian. || Fontaine de compression, appareil où l'on produit un jet d'eau par la force de l'air comprimé. Pompe de compression, machine au moyen de laquelle on comprime l'air que l'on fait arriver dans un récipient. || 2° I.'état qui résulte de la compression. L'air est donc capable de compression jusqu'à un certain point, j. j. rouss. Ém. iii. || Terme d'art miliiaire. Formation de l'infanterie, où il reste le moins de l'espace possible entre les rangs. || 3° Fig. Action d',n j.ouvoir qui étouffe toute manifestation politique. L'n système décompression succéda aux excès de la liberté.

— IIIST. XIV" s. L'élément du feu par compression et conderapsacion est fait aer ou eaue, oresme. Thèse de meunier. || xvi" s. Diastole et systole, qui est à dire élévation et compression des artères, PARÉ, v, 7. Il trouva la seconde table dudit os rompu, laisant compression sur la dure-mere, id. viii, 23.

— ÉTYM. Provenç. compr<'.sj-i'o; espagn. compression; ital. compressionc ; de omprcssionem, du supin compressum, de comprimere (voy. comprimer).

t COMPRËTRE (kon-prê-tr'), s. m. Collègue en prêtrise, tiire que les évêques donnaient aux prêtres de leur diocèse. Je ne puis, disait St Cyprien, répondre seul à ce que nos comprêtres m'ont écrit,

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