‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 423 sur 504 · POINT · texte numérisé non relu

POINT

— HIST. XIV* s. [Il] Retint et soudoia et paiasans erreur Trois mille combatlans dont il fu conducteur, Gucicl. 18045. Il XV* Et nonobstant qu'à ces trois assauts, la dessus dite pucelle, la commune renommée dit en avoir e;té la conducteresse, moksthel. liv. II, ch. 59. Ainsi faut conclure que ce voyage fut conduit de Dieu; car le sens des conducteurs [des chefs], que j'ay dit, n'y servit de gueres, comm. vu, Prol. Le conte de sainct Pol principal conducteur de ses affaires, ip. i, 2. || xvi" s. De gens de pied, sans leurs bons conducteur, Ving et sept mil misrent dessus les champs, l. marot, v, io7. Tu mettras dans la playe l'une de ces verges d'argent, appelées conducteurs (pource qu'ils servent de guide aux autres instrumens que l'on veut introduire dans la vessie), paré, xv,46. Quand il fut question d'envoyer gens pour repeupler ces villes, il en fut député conducteur et commissaire, amyot, Flamin. 3. Les conducteurs des elephans se trouvèrent enveloppe/, ID. l'yrrh. 57.

— ÉTYM. Voy. conduire; provenç et espagn. conductor; ilal. condutlore.

t CONDUCTIBILITÉ (kon-du-kti-bi-li-té), s. f. Terme de physiqus, Propriétédont jouissent les corps

CON

do propager la chaleur et l'électricité dans leur masse ou h leur surface, et de les communiquer aux corps voisio».

— KEM. Voy. CONDUCTlBLg.

— ÉTYM. Conductible.

t CONDUCTIBLE (kon-du-kti-l)l'), adj. Terme de physique. Oui jouit de la conductibilité.

— REM. Les physiciens se sont mépris en faisant lus mots conductibilité , conductible. Ces mots, par leur composition, signifient non la propriété de conduire, mais la propriété d'être conduit; comme on le voit dans compressible et comj^nssiiilitc'. Il aurait fallu dire, pour conductibiliié , conduction ou conductricité, et pour conductible, conducteur ou conduiseur.

— ÉTYM. Voy. CONDUIRE.

CONDUCTION (Icon-du-ksion) ,s. f.\\i° Terme de physique. Passage du calorique d'une particule à une autre dans un même corps, et, par extension, propriété de certains corps de transmettre facilement le calorique ou l'électricité. {| 2° Terme de droit romain. Prise à loyer.

— HIST. xai" s. Presque tuit li marchié ont esté establi par le droit aus gens, si comme aohas et ventes, loagos, conductions, compaingnie, Le conseil de P. de Fontaines, 475.

— frrYM. Latin conductio, de conducere, louer, proprement conduire (voy. conduire).

CONDUIRE (kon-dui-i'), je conduis, nous conduisons; je conduisais; je conduisis; je conduirai; je conduirais ; conduis, conduisons ; que je conduise^ que nous conduisions; que jo conduisisse; conduisant; conduit, «. a. \\ 1° Faire aller en allant soimême. Il prit des guides qui le conduisirent. Conduire un aveugle. Conduire un enfant à l'école. 11 est temps qu'en son ciel cet astre aille reluire; De grAce , accordez-moi l'honneur de l'y conduire, CORN. Nicom. II, 2. C'est vous qui sur ces bords conduisîtes ses pas, rac. Phèd. in, 5. Les dieux vous conduisent comme par la main, fén. Tél. m. {| Absolument. On va d'un pas plus ferme à suivre qu'à conduire. L'avis est plus faci'e à prendre qu'à donner, CORN. Imitation, i, 9. || Terme de manège. Conduire un cheval étroit ou large, lui faire parcourir, dans le manège, un cercle plus ou moins grand. Conduire un cheval de la main, le changer de main. |1 Donner une certaine direction. Le chirurgien conduisait d'une main ferme le bistouri. Le matire d'écriture a conduit la main de son élève. Ce peintre conduit bien son pinceau. || 2° Transporter d'un lieu à un autre. Conduire du vin, des vivres. Il 3° Faire aller une chose où elle doit aller. Conduire une voiture. || Absolument, conduire se dit pour conduire une voiture. Ce cocher conduit bien. On voit que vous ne savez pas conduire. || Conduire une barque, la faire aller où elle doit aller. || Fig. et familièrement. Conduire la barque, avoir le gouvernement d'une affaire. || Bien conduire sa barque, diriger ses affaires avec habileté. || Terme de carrier. Conduire la pierre, la mener sur les rouleaux jusqu'au point de l'orifice. || 4° Faire aller devant soi. Conduire les troupeaux aux champs. Et qui gouverne Rome a conduit des troupeaux, rotr. St- Gen. I, 4. Il Par extension. La fête de Diane approchait, et l'on se préparait à conduire la pompe accoutumée, CHATEAUB. 3/ art. ta. || 5° Accompagner par honneur, par civilité. Mes domestiques vous conduiront. Conduisez madame. || Conduire une femme à l'autel, l'épouser. || 6° Emmener. Il se laissa conduire en prison. Et pour mieux l'y conduire [à Rome] il [l'otage] vous sera donné Sitôt qu'il aura vu son frère couronné, corn. Nicom. IV, 4. Il 7" Fig. La colère a mal conduit sa main.

i Voilà où l'ont conduit ses foUesl Cela me conduit à vous confier un secret. Qu'un juste respect conf duisant ses regards.... corn. Pomp. iv, 3. Que ma crédule main conduise le couteau.... rac. 7pft. m, 3. Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, BOIL. Art poét. i. Madame, vous voyez où l'amour m'a conduit, corn. Perthnr. iv, 6. N'eût-il pas jusqu'au bout conduit son artifice? rac. llaj. m, 7. Hoconnaissez les coups que vous aurez conduits, ID. Iph. v, 2. Remonter jusiju'au principe et vous conduire pas à pas par tous les excès où le mépris de la religion ancienne a été capable de pousser les hommes, boss. Heine d'Anglet. || Conduire une chose à sa fin, à son terme. Conduire un ouvrage à sa perfection. Il Commander, gouverner. Conduire une armée, une Hotte. L'art de conduire les peuples. Ai-je mis daus sa main le timon de l'i^tat Pour le conduire au gré du peuple et du sénat? rac. Itrit. i, i.\\ Dingerla conduite. Se laisser conduire par une personne expérimenlée. Un directeur condj;t la con-

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science de son pénitent. Burrhus conduit son cœur, Sénèque son esprit, rac. Hrit. iv, 4. || Conduire une administration, uw. affaire, une négociation, en avoir la direction. Je conduis de l'oeil toutes choses, et tout cela ne va pas mal , mol. Pourc. il, ( l . || Bien conduire, mal conduire l'intrigue d'une pièce, un drame, une comédie, enchaîner bien ou mal les scènes. Il Bien conduire, mal conduira un raisonnement, en enchaîner bien ou mal les parties. || Conduire une con.struction, des travaux, les diriger, présider aux ouvriers qui les exécutent. || Conduire un orchestre, une danse, en diriger les mouvements. Il 8° Faire aller jusqu'à un certain point une opération, un travail quelconque. Cet ingénieur a conduit une mine jusque sous le hastion. || Terme d'hydraulique. Conduire de l'eau, l'amener et la distribuer par des conduits. || Conduire un mur, le prolonger depuis un endroit jusqu'à un autre. Il Terme de géométrie. Conduire une ligne, la faire passer par un certain point. || Conduire l'étoffe bois à bois, c'est en fait de métrage l'étendre doucement le long du mètre, sans la tirer pour l'allonger. Il Mener jusqu'à, en parlant d'un chemin. Prenez cette rue, elle vous conduira au boulevard. Il Fig. Ses grandes actions l'ont conduit à la gloire. Il a été conduit à la ruine par une folle passion. Il 9° Terme d'eaux et forêts. Conduire une futaie, une forêt, l'aménager. || Terme d'horticulture. Conduire un arbre, le tailler suivant ce qu'on en veut faire. || Terme de fauconnerie. Conduire un faucon, l'élever comme il convient. || lO" F. n. S'étendre jusqu'à, en parlant d'une route. Ce chemin conduit à la ville. Et cette autre [porte] conduit dans celui de la reine, rac. Bérén. i, i. || Fig. Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire, la font. Fabl. x, <4. Il 11" Se conduire, u. réfl. Se diriger. Cet homme ne voit pas à se conduire, il est pre.sque aveugle, ou il est dans une obscurité complète. || Être conduit. Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère , RAC. Brit. V , B. L'opération du baume irrita Vénus, à l'insu de qui la chose se conduisait, la font. Psyché, II, p. <70. Il Fig. Se comporter d'une certaine manière. Nous sommes encor loin de mettre en évidence Si nous nous conduirons avec plus de prudence, corn. Cinna, ii, 2. De quelle manière l'Église se conduit à l'égard des prêtres, pasc. Prov. te. Vous êtes-vous mis dans la tête que Léonard de Pourceaugnac soit un homme à acheter chat en poche, et qu'il n'ait pas là dedans quelque morceau de judiciaire pour se conduire? mol. Pourc. il, 7. La plupart des femmes se conduisent par le cœur,

LA BRUY. m.

— SYN. CONDUIRE, MENER, GUIDER. Celui qui Conduit peut ne pas savoir le chemin; celui qui guide sait le chemin. Celui qui mène peut ne pas conduire, c'est-à-dire faire cheminer, et peut ne pas guider, c'est-à-dire connaître les chemins à prendre. Un chien conduit un aveugle ou le guide, suivant que ce chien ne sait pas encore le chemin ou qu'il le sait déjà; mais c'est l'aveugle qui mène le chien.

— HIST. X' s. Poscite que cest fructum que mostret nos habemus, que el nos conservet, et ad maturi.... ure [maturitatem condure] lo posciomes [puissions], Fragm. de Yalenc. p. 469. || xi" s. Que nous seions conduit à mendier, Ch. de Roi. m. [que] Par animal ri [en enfer] condoist [conduise] Jupiter, ib. cvi. Il xii' s. Â Saragoze ert conduz, Runc. p. 10. En Roncisvals condurai mes amis, ib. p. 42. Conduis ma gent à force et à vertu, ib. p. t24. Qu'il les conduie as angles spiritaus, ib. p. <50. Ces [ceux-là] conduit Murgalcz du règne d'Afanie, Sax.yii. Tous jours te conduira ta créance et tes drois [ton droit] , ib. xvui. Il xiii* s. Et là o [où] il en mer esteit. Si com fortune le voleit, Molt près de péril e de mort. Sans nul conduit e sanz confort, Fors sol l'onde qui'l conduseit,... Grégoire le Grand, p. 33. Il parmena el désert les filz Israël, et les conduist en la terre de promissiun, Psautier, 1^95. El Johannis leur fist jurer qu'il les condiroit tout sauvement, viLLEii. CLii. Dame Dieu la conduie et la prenne en sa part, Ihrte, xxii. Ainsi se doit dame déduire. Qui d'amors vuet son cors conduire. Lai du conseil. Se Jehans eust dit au vendre : je voz vent dix muis de blé conduis à Clermont, beaum. xxvi, 3. || xv° s. Pour gaigner et CDuduyre le duc de Bourgogne à mettre sus une armée en son pays, comm. i, 2. Sagement il [Louis XI] conduysoii l'adversité, ID. i, 10. À riens ne voulut le dit duc entendre, et ja conduysit son malheur, id. v, i. || xvi's. Ce monde est comparé à ung feu bien allumé, dont ung petit est bon pour soy esclairer à soy conduyre ; mais qui trop en prent, il se art. Rosier histor. i, 2. Aux guerres par lui conduictes contre eulx, mont, i, 46. Les

Athéniens estoient à choisir de deux architectes l conduire une grande fabrique [édifice], id. i, <89. Tel. se conduict bien, qui ne conduict pas bien les aullres, id. iv, (33. Il en demeura plus de quatre mille sur la place, pour ce qu'ilz n'avoient personne qui les conduisist, amyot, Philnp. ic. Le chemin est uny et plain qui conduit l'homme à croire ce qu'il veult, ID. Àrlax. 42. Ce fut toy qui de nuict abandonnant sa ville Conduis le vieil Priam en la tente d'Achille, bons. 919.

— ÉTYM. Wallon, kidûre; provenç. conduire, condurre ; ca.lal. conduir ; espagn. conducir; portug. conduzir; ilal. condurre; du latin conducere, de cum,avec, et ducere, mener (voy. duire).

t CONDUISEUR (kon-dui-zeur), s. m. \\ l'Ouvrier quiconduitlebassicotdansuneardoisière. jj 2°Terme d'eaux et forêts. Commis préposé par le marchand de bois.

— HIST. xiii's De l'une fu Richarls conduisieres, Fierabras, dans raynouard, t. m, p. 83. || xiv* s. Bauduins fu dolans, n'i ot que courrechier. Les conduiseurs du mast emprist à araisnier, Baud. de Seb. VIII, 728. Il XV* s. Deux mille hommes de Gand, desquels François Acreman estoit conduiseur, froiss.

II, II, 226. Et comme prudence et sagesse soit mère et conduiseresse desautres vertus, christ, df. pisan, Charles V, i, ch. 22. De ceste compaignie fut capitaine et conduiseur un chevalier qui au dict siège estoit, Rouciq. 1. ch. U.

— ÉTYM. Conduisant.

t CONDUISOIR (kon-dui-zoir) , s. m. Long bâton qui, percé à l'un de ses bouts, sert dans les corderies à conduire un fil de caret enfilé dans le bout percé.

— ÉTYM. Conduisant.

1. CONDUIT, UITE (kon-dui, dui-t'), part, passé de conduire. Que l'on fait aller avec soi. Télémaque conduit par Mentor. Que ne peut l'amitié conduite par l'amour? RAC. yindr. m, 1. || Dirigé. Socrate conduit par la sagesse. Le pinceau conduit par une main habile. Le raisonnement bien conduit portait à le croire, pasc. dans cousin. || Au théâtre, une intrigue bien conduite, intrigue dont les incidents sont bien ménagés. || Terme de peinture. Jours bien conduits, jours bien distribués. || Terme de jardinage. Taillé et pincé suivant les règles. X moins que les branches ne se fassent de la confusion les unes aux autres, ce qui est assez rare dans un arbre bien conduit, la quintinye. Jardins. 1,

III, 10. Il Terme d'entrepreneur. Des travaux de terrassement, de bâtisse, conduits par un homme intelligent. Il Entraîné. Conduit par de mauvaises passions. || Amené. Conduit à la misère par la prodigalité.

2. CONDUIT (kon-dui ; le « se lie: kon-dui-t étroit; au pluriel l's se lie: des kond-ui-z étroits), s. m. Il 1° Canal étroit ou tuyau par lequel un liquide ou un fiuide peut circuler. Conduit souterrain. Boucher un conduit. Les conduits de la respiration, de la déglutition. || Boyau par lequel on chemine sous terre ou à travers des murailles. Je sais qu'il fit trancher et clore ce conduit Par où ce grand secours devait être introduit, corn. Pomp. v, 3. || Espace vide laissé sous la plaque du foyer d'un poêle, pour le passage de l'air froid. || Terme d'anatomie. Conduit auditif, le pertuis qui est à l'oreille et qui conduit jusqu'au tympan. || 2° Terme de marine. Poulie ou autre support par où passe une manœuvre. Il Terme de métier. Appui d'un outil. || Petit tube renfermant les fils de fer d'une sonnette. || 3° Dans l'ancienne musique, sorte de motet.

— HIST. XII* s. Dune enveia li bers [le baron] al cunte dous [deux] abez. Qu'il li doinse conduit, qu'il seit ultre passez Par Flandres, ù il est venuz e arivez. Th. lemarl.bl. Or i parra se preus serez; Or le verrai ; or i parra Se vostre conduiz [conduite, compagnie] me garra, la Charrette, 1 630. {| xiii* s. Souvent s'est commandée au dame Dieu conduit, Berte, xxxvi. Puis ont lur dame remenée Li riche ome de la contrée X grant conduit en son palais, Grégoire le Grand, p. 3i. Totes ces ewes ki par leur nature sont douces premièrement prendent autres natures par les conduis ù eles passent, alebhant, f° 8. Et s'en r'alerent par le conduit le comte de Savoie qui les conduisit jusques à Rome, C/ir. de Rains, p. 128. Or volons en ceste seconde partie tretier des chaudes, des tonlius, des travers, des conduis [sorte de taie], des rivages, Liv. des met. 375. Entendez ça, ne vos anuit; Renart est venuz par conduit, Poi droit faire et por amender Ce qu'on U saura demander, Ren. 1 1050. Celui qui chace sanz conduit [permission] El bois, et sa venoison emble.... ib. 47812. Si te vantas que tôt sanz livres Cbanteroies bien un

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conduit; Lors commenças à si gmit liniit One ti'it cil de la vile vindrent, ib. <4429. Ains irés par joliveté, Clianlant en pardurableté Motez, conduis el chatiçonnctte3, )7). 208,19. ïult cil qui sunt el marcié, ou en alant ou venant du raarcié, sunt el conduit le conte et doivent avoir sauf aler et sauf venir, BEAUM. XXX, 16. Il XV" s. Ne demeura pas quinze jours après que Espaipnolet avec sa route s'en vint de nuit bouler ens ou conduit dont l'allée respondoit au chïstel , froiss. ii, m, a». Ainsi reconquist la dite roine le royaume d'Angleterre, sous le confort et conduit de monseigneur Jean de Hainaut, ID. i, I, 22. Il XVI' s. Hz disoient que ce n'estoit pas une esquinance qui luy avoit estouppé la nuict le conduit de la voix, amyot, Démosth. 36. Les esgouts soubterrains, et les conduits d'eaux dont la ville est toute pleine, m. Pyrrh. 73.

— ÉTYM. Provenç. conduch ; espagn. conduit n ; ital. condotto; du latin conductus (voy. conduire).

CONDUITE (lion-dni-f), s. f. || 1° Action de conduire, de mener, de guider. Être chargé de la conduite d'un aveugle, d'un troupeau, d'un convoi. Il Par extension, celui qui conduit. X vous mettre en lieu silr je m'offre pour conduite, mol. Tart. v, 6. Il Terme de marine. Frais de route payés aux marins pour se rendre dans les ports militaires ou pour retourner dans leurs quartiers. || 2° Accompagnement avec cérémonie. Être chargé de la conduite d'un ambassadeur. Faire la conduite à i:n camarade qui part. || 3"Ce qui conduit, dirige. || Terme de marine. Poulie de conduite, poulie qui dirige certains cordages. || Terme de métier. Partie excédante du fût d'un outil de menuisier, qui l'empêche de descendre trop. || Pièce d'une grosse horloge, qui transmet le mouvement à une certaine distance. Il 4° Terme d'hydraulique. Aqueduc , tuyau qui conduit les eaux. Ces fontaines Dont les conduites souterraines.... malii. m, 3. || Fig. Et par une conduite immense La grSce descend dessus nous, RÉGNIER, Hymne. \\ Petit canal pratiqué sous le carreau, pour amener l'air extérieur dans le foyer et faire monter la fumée. ||5°Fig. L'action de conduire, de diriger. Être chargé de la conduite d'un dioc6se, de la conduite des âmes. Avoir la conduite d'une armée. Prendre la conduite d'une entreprise. Laissez-moi la conduite de cette affaire. Et de ton heureux sort laisse-moi la conduite, corn. Nicom.

1, 4. Je vois sur la frontière une puissante armée , Comme vous l'avez dit, à vaincre accoutumée; Mais par quelle conduite et sous quel général? ID. ib. m,

2. Quand un monarque agit par sa propre conduite, ID. Othon, I, t. Il leur laisstiit toute la conduite de l'affaire, sEv. 401. Je suis les conduites ordinaires de la prudence, id. si 8. Et nous verrons ensuite Si je dois de vos feux reprendre la conduite, mol. VÉtour. m, 5. Le fils fut mis sous la conduite D'un précepteur, LA FONT. Contr. Sur l'ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi? pasc. dans COUSIN. Dieu ne fait plus de miracles dans la conduite ordinaire de son Eglise, id. ib. Remettons-nous à Dieu pour la conduite de nos vies, id. tb. Si nous lui en remettons la conduite, id. tb.Vous pouvez du départ me laisser la conduite, rac. Esth. m, 1 . Allez, de votre sort laissez-moi la conduite, iD.Andr. iv, 3. Ceux à qui je voulais qu'on livrflt sa conduite, iD.JJn'I. iv, 2. Arsace. je me vois chargé de sa conduite, ID. Bérén. m, 2. Régner et de l'État embrasser la conduite, id. Phèd. m, I . Mais ce n'est que l'effet d'une sage conduite Dont César a voulu que voussoyez instruite, u\ Brit. 1, 2. Il 6°Terme de théologie. Voie divine, dessein divin. Le ciel choisit souvent de secrètes conduites Qu'on ne peut démêler qu'après de longues suites, COBN. Œdipe, IT, 1 . La conduite dont Dieu s'est servi en cette rencontre, pasc. I.ett. 1"avril t648. Voilàles admirables conduites de la sages.se de Dieu sur le salut des saints, id. Leit. 4. La conduite de Dieu sur la vie et la maladie, id. dans cousin. Nous bénirons la conduite de la Providence, in. ib. J'ai fait de sérieuses réflexions sur les conduites de Dieu sur vous, Boss. Lett. i 0. Dans le nouveau Testament il a suivi une autre conduite, ir. Ilisl. ii, I3. Elle conserve dans son cœur la conduite passée de Dieu sur elle, mass. Myst. Purif. t. Telle fut envers Bernard la conduite de la grâce, id. Panég. St Bern. \\ T Direction île travaux de constructions, de fortifications, de siège. La conduite des travaux du Louvre. Avoir la conduite d'une tranchée. || Le plan et la marche d'iui ouvrage d'esprit. La conduite d'un poème dramatique. Un caractère tracé avec beaucoup de conduite. Il Terme de peinture. Bonne ordonnance d'un tableau. Il Terme de musique. Art de mettre en œuvre et do développer le motif d'une composition. il Terme de rhythmique ancienne. Couduite rhythmi-

qnn, ou, simplement, rhythmique, rapidité o;i lenteur dans le temps ou la marche de la déclamation. Il 8° Manière de se comporter, de se gouverner. Avoir une bonne conduite. Mais je ne comprends point toute votre conduite, corn. Nicum. m, 4. On donne des con.seils, mais on n'inspire pas do conduite, la- EOCHEF. Kéll. 378. Mais des yeux du Seigneur leur conduite éclairée Ne s'écartait jamais de la divine loi, la font. Captivité de St M aie. Il avait voulu rengiager,"! tenir une conduite plus droite, fén. Tél. XXI. L'Hespérie et toute la Grèce, qui ont les yeux sur nous, méritent que nous tenions celle conduite pour en être estimés, id. Tél. xx. Combien voit-on de gens qui, sur une vaine confiance en leur bonne intention, s'engagent dans de fausses conduites! id. ib. xvii. L'épouse que tu prends, .sans tache en sa conduite. Aux vertus, m'a-t-on dit, dans Port-Uoyal instruite, boil. Sat. x. Il te sied bien d'avoir en de si jeunes mains. Chargé d'ans et d'honneurs , confié tes desseins, Et laissé d'un vizir la fortune (louante Suivre de ces amants la conduite imprudente, bac. Baj. IV, 7. D'un rival en fureur est-ce là la conduite? iD. Hithr. IV, 1. Vous-même rougiriez de ma lâche conduite, id. Bérén. v, 6. || Absolument. Bonne conduite. Avoir de la conduite. Manquer de conduite. Être sans conduite. || Certaines façons dont on use. La conduite qu'il a tenue hier soir est sans excuse. Il Prudence, adresse, savoir-faire. Le malheur, par conduite, au bonheur cédera, Régnier, Sat. xm. Détester en pleurant votre peu de conduite, TBISTAN, Mort de Chrispe, iv, t . [Il] Ménagea notre vie avec tant de conduite, rotr. Tencesl. iv, 6. Vous avez de la prudence, de la conduite, sév. 432. Près du prince Gygès eut assez de conduite, la font. Cand.

— REM. 1. D'après Laveaux, ce nom n'a point de pluriel, si ce n'est en termes d'hydraulique, en parlant des tuyaux des aqueducs qui conduisent les eaux d'un endroit à un autre. C'est une erreur. Condxiite a un pluriel dans tous les sens comme on peut le voir aux exemples. || 2. Dans le sens théologique de direction divine, conduite prend la préposition sur.

— HIST. xiii* s. Et ferons nous encore davantage, que nous métrons cinquante galles armées en vostre conduite, villeh. xiv. ||xvrs. Dame Pallas qui luy avoit prefix Docteurs eipers et de sure conduicte Pour gouverner si puissant exercite [armée], J. ma- ROT, V, 54. Les jeux, danses, desquelles l'antiquité a donné le patronage et la conduicte aux dieux mesmes, mont, i, t84. Cette bataille gaignée soubs la conduicte de dom Joan d'Austria, id. i, 24 9. Soubz sa conduitte ilz avoient accoustumé de batre tousjours leurs ennemis, amyot, Philop. (3. La dure mère sert de conduite aux veines et artères estans entrées au crâne, Ie.squelles s'insèrent en la duplicature d'icelle, paré, m, B. Comme on voit la navire attendre bien souvent Au premier front du port la conduite du vent, rons. 424.

— ÉTYM. Conduit, participe passé pris au féminin et substantivement; bourguig. cotidule, condente.

t CONDUPLICABLE ( kon-du- pli-ka-bl' ), adj. Terme de botanique. Susceptible d'être condupliqué.

— ÉTYM. Condupliqué.

\ CONDDPLICATIF, IVE (kon-du-pli-ka-tif, ti-v') , adj. Terme de botanique. Plié dans le sens de la longueur. Préfoliaison, préfloraison conduplicative.

— ÉTYM. Condupliquer.

t CONDUPLICATION (kon-du-pli-ka-sion) , s. f. Terme de rhétorique. Figure qui consiste à répéter un mot au commencement ou à la fin d'une phrase.

— ÉTYM. Condupliquer.

t CONDUPLIQUÉ, ÉE (kon-du-pli-ké, kée), adj. Terme de botanique. Plié en double dans le sens de la longueur.

— ÉTYM. Latin cum, et dupîicare , doubler (voy. double).

CONDYLE (kon-di-1') , s. m. Terme d'anatomie. Êminence articulaire d'un os, arrondie en un sens et aplatie dans l'autre. Les condyles de l'extrémité inférieure de l'humérus.

— HIST. XVI" s. L'os du bras a une assez grande epiphyse, ou condyle, ou teste en sa partie supérieure, PARÉ, IV, 2B.

— ÉTYM. KôvôuXo,-.

tCONDYLIEN, lENNE (kon-di-liin, liè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux condyles.

— ÉTYM. Condyle.

t CONDYLOÏDE (kon-di-lo-i-d') , adj. Terme d'anatomie. Qui a la forme d'im condyle.

— ÉTYM. K6vSu),o;, condyle, et ei6o;, forme. CONDYLOME (kon-di-lô-m') , s. m. Terme de

médecine. Excroissance charnue douloureuse, qui siège dans les régions anale, périnéale et génitale.

— HIST. XVI' s. Condylomes sont eminences ridées et comme excroissance de chair , paré, xviu, 87.

— ÉTYM. KovS'j).(i)|i.a , de y.év8-j).o; , condyle (voy. condyle).

t CONDYLOI'HOHE (kon-di-lo-fo-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des nœuds.

-ÉTYM. Condyle, et (çipo;, qui porte.

CÔNE (kô-n'), s. m. \\ 1* Solide à base circulaire ou elliptique, et terminé en pointe. Un cône s'évalue en multipliant la base par le tiers de la hauteur. Un cornet de papier, un pain de sucre sont en forme de cône. Elle [la mère crocodile] se promène entre les nids de ses sœurs, qui forment des cônes d'oeuf» et d'argile, crateaub. Génie, i, v, to. || Cône tronqué, cône dont la partie supérieure a été coupée par un plan. Cône droit, cône dont l'axe est perpendiculaire à la base. Cône oblique, cône dont l'axe est oblique à la base. || Terme d'optique. Cône de lumière, faisceaux de rayons lumineux partant d'un point et allant en divergeant. || Terme d'astronomie. Cône d'ombre, l'ombre conique qu'une planète éclairée d'un côté par le soleil projette de l'autre côté dans l'espace. Les éclipses de lune ont lieu quand la lune entre en tout ou en partie dans le cône d'ombre que la terre projette. || 2° Terme d'histoire naturelle. Genre de coquillages uuivalves, remarquables par l'élégance de leur forme et l'éclat de leurs couleurs. || 3° Terme de botanique. Assemblage ovoîdal d'écaillés coriaces, imbriquées en tout sens autour d'un axe commun, par exemple le fruit du pin. Il Cône d'or, espèce d'agaric des environs de Paris. Il Partie du houblon qui sert à la fabrication de la bière et aux infusions. || 4°Termede jardinage. Voy. PYRAMIDE. Il 5° Moule de fer fondu, de forme conique, dans lequel on verse les métaux en fusion. Il Vaisseau où se verse le sucre liquide.

— ÉTYM. Conus, de xûvoç.

t CÔNE, ÉE (kô-nô, née), adj. Qui ressemble à ur. cône, en parlant de coquilles.

— ËTYM. Cône.

t CONFABULATEUR (kon-fa-bu-la-teur ) , s. m. Vieux mot qui s'est dit de celui qui prend part à une confabulation.

— ÉTYM. Confabuler.

CONFABULATION (kon-fa-bu-la-sion) , s. f. Entretien familier. Pour ce qui était de M. de Bouillon et de M. de Turenne, la confabulation fut bien plus longue, RETZ, IV, ii. Je ne monte pas à celte tribune pour éclairer les confabulation* qu'on vient de VOUS présenter, Mirabeau, Collection, t. iv, p. t04.

— ÉTYM. Ital. confabulaîione ; du latin confabulationem, de confabulari, confabuler.

CONFABULER (kon-fa-bu-lé) , v. n. S'entretenir familièrement. Il est vieux ou du moins marotiquc. Apelle un jour vint entre cinq et six Confabuler chez son ami Zeuxis, volt. Poésies mêlées, 42.

— ÉTYM. liai, confabulare ; du latin confabulari, de cum, et fabulari, parler, de fabula (voy. fable).

t CONFALON (kon-fa-lon) ou GONFALON (gonfa-lon), i. m. Confrérie de séculiers dits pénitents h qui St Bonavcnture prescrivit en 1264 une forme particulière de prières; plus tard Grégoire XIII confirma cette confrérie et lui donna le soin de délivrer les chrétiens esclaves des mains des infidèles.

— ÉTYM. Confalon est une autre forme de gonfalon, bannière (voy. gonfalon).

t CONFARRÊATION (kon-fa-rré-a-sion) , s. /■. U forme de mariage la plus solennelle chez les Romains et dans laquelle le grand pontife et le (lamine de Jupiter unissaient les époux par les céréales (en latin, fruges) et la pâte salée (voy. serviis, ad Virg. Gcorg. i).

— ÉTYM. Lat. confarrealio , do cuiii, avec, et far, farine: le partage de la farine, du pain.

CONFECTION (kon-fè-ksion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\ 1° Action de faire jusiju'à achèvement. La confection d'un canal , dune route. Jusqu'à parfaite confection. Les liaisons de notre académicien avec plusieurs évêques qui se reposaient même sur lui de la confection de leurs mandements, d'alembf.rt. Éloges, Trublet. \\ 2' Terme de pratique. Action d'établir, de dresser. La confection d'un inventaire, d'une liste. || 3° Fabrication, en grand et sans commande, d'objets d'arts mécaniques. Des marchandises de confection, ou, simplement, de la confection. || Terme de tailleur et de couturière. Faire la confection, faire des habillements à l'avance et par assortiment |1 Le vêlement fait ainsi à l'avance et par assortiment, et, en particulier, pour les femmes, un manteau, un mantclet,un chaie garni. Acheter une confection. || Et aussi l'étalage, la partie du magasin où sont les objets-

confectionné». Monter , passer à la confection. Il 4« Terme de pharmacie. Préparation pharmaceutique, (le consistance pulpeuse, composée de plusieurs substances en poudre et d'une certaine quantité de sirop ou de miel.

HrsT. XIII* s. En un bacin sur le charbun Seit

feite la confeccion, Ils. St Jean, jj xiV s. Et porroit l'en respondre, que aucuns ars sont de delettacion, si corne art de faire pigmcns, confettions et odeur.', OBESME, Eth. 22(.||xvi' s. Des potions cordiales, qui se feront de confection d'alkermts, paré, xx, 3|.

— ÉTYM. Génev. confession, sorte de médicament; provenç. confcclion ; espugn. confeccion; ilal. eonfcxione; du latin confectionem , de conficere, achever, parfaire, decum, etfacere, faire.

CONFECTIONNÉ, ÊE (kon-fè-ksio-né, née), pari. passe'. Des habits bien confectio.inés.

CONFECTIONNER (kon-fè-ksio-né) , V. a. Opérer la confection de quelque chose. Confectionner une machine. || Se confectionner, v. réfl. Être confectionné. C'est là que se confectionnent ces machines.

— ÉTYM. Confection.

t CONFECTIONNEUR , EUSE (kon-fè-ksio-neur, neû-z') , s. m. et f. Celui, celle qui confectionne, surtout en parlant des vêtements.

— ÉTYM. Confectionner.

CONFÉDÉRATEUR , TRICE (kon-fé-dé-ra-teur,

tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui organise une confédération.

— ÉTYM. Confédinr.

CONl-ÉDÉRATIF, IVE (kon-fé-dé-ra-tif, ti-v'), adj. Qui appartient à une confédération. Traité conféiiératif. Je sais encore qu'il y aura un contingent à fournir à la confédération, tant pour la garde des frontifero.s de l'Europe que pour l'entretien de l'armée confédérative, j. J. rouss. Paix perpétuelle. L'Europe a formé autrefois une société confédérative unie par des institutions communes, henri de ST-siMON, CEvxres choisies , t. ii, p. 202, Bruxelles,

— ÉTYM. Confédérer.

CONFÉDÉRATION (kon-fé-dé-ra-sion ; en poésie,

de six syllabes), s. f. \\ 1° Union entre plusieurs Etats qui, tovit en gardant une certaine autonomie, s'associent pour former un seul État à l'égard des puissances étrangères. La confédération suisse. La confédération des États-Unis. La confédération germanique. Il 2° Alliance de plusieurs puissances par un traité, pour soutenir une cause commune. Cyrus saccagea toutes les villes qui étaient entrées en confédération avec eux [les Lydiens], fén. Thalèt. Il 3° Nom qu'on donnait en Pologne aux associations armées qui se faisaient entre les nobles pour suppléer à l'impuissance des diètes paralysées par le liherum veto. La confédération du l'armée de Lithuanie. La confédération de Bar.

— HiST. XIV* s. Comme Estienne Marcel nagaires prevost des marchanz de la vil'e de Paris.... et autres.... eussent ou temps passé fait, commis et perpétré plusieurs conspiracions, monopoles, traysons, rebellions, confederacions armées, Bibl. des Chartes, 5* série, t. i, p. 81. Rebellions, confederacions armées, invasions, ib. Avoir confédération et alliances h gens d'autres cUez, oresme, Thèse de MEUNIER. Il XV* s. Prenons et acceptons, par ces présentes, alliances, amitié et confede.-ation peri.; tuele avec nostre dit cousin de Savoye, tetlio de Charles VII, Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 57(!. Considérant l'affinité, amour et confédération que j'avois par devers très haut et puissant prince Richard, monsthel. liv. i, ch. <9. Ils le vouloient bien avoir pour amy [Louis XI], et avoient quelque confédération avecluy.coMM. vi, tO.||xvi*s. Aux conrederations [rapports entre hommes] qui ne tiennent que par un bout, on n'a à pourveoir qu'aux imperfections qui particulièrement iiueressent ce bout-là; il ne peult chaloir de quelle religion soit mon médecin et mon advjcat, mont, i, 218.

— ÉTYM. Provenç. confédération ; espagn. confe- ; deracion ; iu]. confcd''rnzione; du latin con/œdero-

tionem, confédération (voy. confédérer).

CONFÉDÉRÉ, ÉE (kon-fé-dé-ré, rée), part, passe.

il 1° Uni par confédération. Étals confédérés. |l Sub-

\ «tantivement. Secourir ses confédérés. || 2* Terme

«'histoire naturelle. Zoophytes confédérés, zoophytes

Kîéunis à leur pied par une partie commune.

CONFÉDÊWIÎR (kun-fé-dé-ré; l'accent aigu de dé ■œ*h,inge en accent grave quand la syllabe qui suit es*. iTUUBlle ; je confédéré, excepté au futur et au coniUtionnel : je confédéierai; je confédérerais; ce qui tait une anomalie regrettable), t). a. || 1* Réunir par .«Kifédération. La constitution qui confédérale?

CON

Êtûts-Unis d'Amérique. || 2» Se confédérer, v. refl. Se liguer par confédération. Les nobles polonais se confédftrèrent.jl Kig. Les Smes honnêtes ne devraientelles pas se confédérer contre les liommes faux et pervers?

— REM. L'Académie ne donne confédérer que comme verbe réfléchi; mais l'usage do ce verbe actif est ancien et n'a rien qui répugne.

— lllST. x:v° s. Compaignon en gênerai estoient touz ceux qui, en quelque manière que ce fust, estoient râliez et confederez au peuple romain, behcheure, ^ t, verso. Il le confedera avecques sny par affinité de mariage, id. f° 8. |1 xvi's. Tous les confédérés et voisins, mont, i, tl. Ville confédérée, id. I, 27. Rome, confédérée de si longtemps, et par tant de tiltres, à nostre couronne, id. iv, 140.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. confederar; ital. confederare ; du latin confœderare, decum, avec, et fœdus, alliance (voy. fédération).

CONFÉRÉ,ÉE(kon-fé-ré.rée),par(.pass^. || l'Accordé. Les honneurs conférés. || 2* Comparé. Des textes conférés l'un avec l'autre.

CONFÉRENCE (kon-fé-ran-s'), s. f. || 1° Comparaison, collation. Conférence des ordonnances, des textes, comparaison faite pour en établir les rapports ou les différences. || 2° Action de traiter d'un objet quelconque entre deux ou plusieurs personnes. Sans vouloir de lieu neutre à cette conférence, corn. Sertor. i, 2. J'ai besoin avec vous d'un peu de con-'érence, id. Pulch. i, 4. Dans la conférence que j'eus avec lui, pasc. Prov. B. Il a eu de grandes conférences avec le roi, sÉv. 293. On tint conférence à Constance, boss. Yar. 4. || 3° Réunion de diplomates pour traiter ensemble. La conférence de Londres. Il Ile de 1p. conférence. Ile des Faisans, sur la Bidassoa, oii se tinrent les conférences pour la paix des Pyrénées et le mariage de Louis XIV. || i» Réunion où les jeunes étudiants s'exercent à la discussion. Des conférences de droit. || 6° Sorte de leçons familières qut donne un professeur. M. Régis, étant parti de Paris avec une espèce de mission de son malire,' alla établir la nouvelle philosophie à Toulouse par des conférences publiques, fonten. Régis. Il Maître de conférences, professeur de l'école normale de Paris. || 6° Instructions religieuses, faites sur un certain sujet et adressées à un certain public. Les Conférences de MassiUon. || Instruction religieuse qui se fait à deux, et dans laquelle celui qui pose les objections s'appelle l'avocat du diable.

— lllST. XVI* s. La suffisance ordinaire des femmes n'est pas pour respondre à cette conférence et communication, nourrice de l'amitié, mont, i, 210. La vie commune doibt avoir conférence [rapport, ressemblance] aux aultres vies, id. iv, tsf. Il estoit de grai.de lecture, l'abondance de laquelle l'a porté à trop de coù.'erence des choses ansiennes .lux présentes, d'adb llisl. préf. 4. Ces deux galants arrestez furent mis en diverses prisons, pour obvier à la conférence, carl. vi, <9. La Grèce jusqu'à ce temps n'avoit pas eu grande conférence [rapports] avec les Romains, amyot, Flamin. 3.

— ÈTVJI. Espagn. conferencia; ital. conferenxa; du latin cr^nfeientia (voy. conférer).

CONFÉRENCIER (kon-fé-ran-sié), s. m. Nom, dans quelques diocèses, de celui qui préside aux conférences ecclésiastiques.

— ÉTYM. Conférence.

CONFÉRER (kon-fé-ré; 1'^ de la syllabe fé se change îu è avec accent grave devant une syllabe muette: je conii^re, excepté au futur et au conditionnel : je conférerai; ce qui est une anomalie regrettable), V. a. Il l'Dcaner, accorder. Conférer une charge, des privilèges, un bénéfice. Dans l'Église naissante, on enseignait les catéchumènes, c'est-àdire ceux qui prétendaient au bapléme, avant que de le leur conférer, pasc. Comparais, des chrét. Ces choses étant connues de toute l'Église, on leur conférait le sacrement d'incorporation par lequel ils devenaient membres de l'Église, id. ib. Ils peuvent répéter le son de tes paroles ; Mais il n'est pas en en x d'en conférer l'esprit, corn. /mt(.i;i, 2. || Par extension. Les sacrements confèrent la grâce. || 2° Comparer, faire collation, en parlant de textes. Il n'y a plus qu'à conférer ses objections avec mes réponses. Conférons un autre passage avec celui-ci, BOss. Serm. Quinq t. Je n'ai pas eu le loisir de conférer votre version avec l'original, i». Lett. abb. 28. En conférant ces passages il est aisé de.... id. IHst. Il, 9. C'était un livre écrit à la main d'un des grands hommes du dernier siècle et peut-être son propre original qu'on avait apporté sur la table du cabinet, pour le conférer avec les éditions imprimées, balz. Socr. chrét. dise. i. \\ Par analogie. Si nous confé-

rons Eve avec Marie, eoss. m. Annont. 2. Je recueillais tout avec soin ; je le conférais en moi-mêms avec d'autres connaissances, st-sim. 5(1, I8(.|| Terme de typographie. Vérifier si une correction a été faite. Il 3° V. n. Contribuer. Qu'il donne ordre au dedans, qu'il donne ordre au dehors; X cet heureux progrès l'un et l'autre confère, Et l'âme a plus de force ayant l'aide du corps, corn. Jmit. i, (9. ||4° Raisonner avec quelqu'un de quelque chose, il veut de ces débats conférer avec moi, corn. Sertor. i, 2. Après en avoir conféré avec plusieurs docteurs en théologie, boss. Oraison. Dedans l'oisiveté jamais enseveli, Toujours confère, prie, écris, médite, H, CORN. Imit. I, < 9.

— SYN. conférer, déférer. Conférer exprime un acte de l'autorité; déférer exprime un acte de courtoisie. Le ministre conféra à cet officier un commandement que ses camarades lui avaient déféré.

— IllST. xiv* s. Et s'il est vérité que les bonnes operacions de lours amis vivans confèrent aucune chose as trespassés, oresme, Eth.il. Chose violente est de laq-jelle le principe motif est dehors elle, et en laquelle celi qui la fait ou souffre ne y confère ne consent ou aide en rien, id. ib. 47. Les bonnes fortunes confèrent, aident et font aucune chose à magnanimité, id. ib. I2i. ||xvi*s. Ce faict, issoyent hors, tousjours conférons des propous de la lecture.... visitoient les arbres et plantes, les conférons avecqties les livres des anciens qui en ont escript, rab. Car. i, 23. Et tant mourra de gêna d'ecclise, que on ne pourra treuver à conférer les bénéfices, en sorte que plusieurs en tiendront deuz, troys, quatre, et d'advantaige, id. Prognost. Pant. V. Je ramené tousjours ceulx avecques qui je confère, aux propos des choses que.... mont, i, 60. Ton dernier jour ne confère pas plus à ta mort que chascun des aultres, id. i, 89. Il voudroit avoir plusieurs âmes et plusieurs volontez, pour les conférer toutes à son ami, id. i, 218. Si je confère [discute] avecques un roido jousteur.... id. i^, 35. Nostre corruption se faict par la contribution de touts ; les uns y confèrent la trahison.... id. iv, 66. Comme ain.si soit qu'ilz ayent laissé l'un et l'autre plusieurs beaux exemples de vertu, commençons à les conférer ensemble , amyot, Péric. et Fab. comp. t. Sicinius, après avoir un peu conféré tout bas avec ses autres compagnons, prononcea.... m. Cor. 26. Les honneurs et offices que le peuple luy conféra, id. P. Mm. 6i. Les desputez passèrent jusques au vingtiesme du mois à conférer leurs cayers, d'aub. Hist. I, 106. J'ay desparti libéralement à toutes personnes les biens que Dieu m'a conférés, paré. Au lecteur.

— ÉTYM. Espagn. conferir ; ital. confeiire; du latin conferre, par un changement de conjugaison; de cum, et fvrre, porter. La série des sens est porter avec , qui se dédouble en accorder et comparer, puis, neutralement, contribuer, qui se rapporte, à accorder, et raisonner ensemble, qui se rapporte à comparer.

+ CONFERTIFLORE (kon-fèr-ti-tlo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs serrées.

— ÉTYM. I.atin confertus, serré, et flos, fions, fleur.

t CONFERTIFOLIÉ , ÉE (kon-fèr-ti-fo-li-é , ée) , adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles serrées.

— ÉTYM. Latin conferdts, serré, et/oKum. feuille. fCONFERVACÉ, ËE (kon-fèr-va-sé, sée), adj.

Terme de botanique. Qui ressemble à une conferve.

— ÉTYM. Conferre.

CONFERVE (kon-fèr-v'), s. f. Terme de botanique. Nom générique de certaines plantes aquatiques de la famille des algues qui sont capillaires, simples ou cloisonnées.

— ÉTYi.1. Latin conferva, de confervere, consolider, souder (àcause d'une vertu qui était attribuée à ces plantes), de cum, et fervere, bouiUir (voy.

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