COUVER
CONCUPI.^CENCE (kon-kû-pi-ssan-s') , s. f. Terme de d.igmatique. Le fond d'inclination naturelle qui nous fait désirer la jouissance des biens sensibles et surtout des plaisirs charnels. Une concui>iscence nais.sante, fléciiier, i, 32S. Ils vous ont porté à chercher votre bien dans les concupiscences qui sont le partage des animaux, pasc. Car. <6, Que si, lâchant la bride à sa concupiscence. Il emporte la jouissance Oïl l'a f'dt aspirer ce désir déréglé.... CORN, [mit.i, 6. Los passions de son cœur lui cachent presque toujours ^a vérité et ne la lui laissent paraître que lorsqu'elle est teinte de ces fausses couleurs qui flattent la concupiscence, malebb. Recherche, VI, 4.
— SYN. concupiscence, cupiditS, avidité, convoitise. La concupiscence est un état habiluel de l'âme qui la porte vers la jouissance de toutes les sortes de biens sensibles. La convoitise est un vif désir de quelque chose que nous désirons posséder. L'aviditô est un désir insatiable. La cupidité est, d'une façon restreinte, le désir d'avoirde l'argent, des richesses.
— HlST. XIV" s. Concupiscence apelice [devient plus petite] par M résister, oresme, Etk. xi , 47. El un autre fait adulter»; pir sa concjpiscence, et y despent du sien et en siiefre ilamage, ID. ib. H'i Il XVI* s. Il ne fut jam:iis inodsré en ses concupiscences, ny par pauvreté lorsqu'il esloit jeune, ny par l'aage après qu'il fut dévenu vieil, amyot, Sy'la et Lysand. 5. La vertu qui rejle la concupiscence, et qui limite ce qui est modéré et op|)orti:n es voluptez, SI nomme tempérance, id. l>e la vertu morale, 1. Le mariage estoit un nom d'honneur et dignité, non de folastre et lascive concupiscence, MONT, i, 227.
— ÉTYM. Provenç. concupiccentia ; espagn. concupisceiicia; ilal. concupiscensa; du latin concupiscentia, de ciim, et cuperc, désirei- (voy. cupide).
t CONCUPISCENT, ENTE (kon-ku pi-ssan, san-t'), ad;. Qui est livré à la concupiscence.
— ÊTYM. Voy. COSXIPISCENCE.
CONCUPISCIBLE (kon-kupi-s.s:-bl'), adj. Tennfl
de scolastique. Appétit concupiscible, l'inclinalioii qui porte l'àme vers ce qu'elle considère comme un bien. Les philosophes appellent appétit concupi<cible celui où domine le désir, boss. Conn. de Dieti, I, 6. Les anciens philosophes, en analysant l'âme humaine, y admettaient trois facultés, la concupiscibie, l'irascible et la raisonnable, bern. de st-p. Harm. liv. v, harvt. inim.
— HIST. XIV* s. Que l'appétit concupiscible se con corde, conforme et obéisse à raison, oresme, Thist de MEUNIER. L'autre puis.«ance est concupi.scible, et généralement to-it a;^petit sensitif, id. t'tii. 31. Il xvi" s. La partie intelligente [de l'âme] résiste bien souvent à la concupiscible et irascible, amyot, Dt la vertu morale, 4. La faculté concupiscible, pare, XV, 52. La vertu concupiscible ou désireuse, in. xvill, 3.
— ETYM. Concupiscibilit (voy. concupiscence)
t C0NCUR6 (kon-ku-ré), t. m. Prêtre qui exerçait la charge de curé concurremment avec d'autres.
— ETYM. Ton, et curé.
CONCURRE.MMENT ( kon-ku-rra-man ) , adr.
Il 1" l'.ir un concours mutuel, ensemble. Us ont agi concurremment. Il faut que le criminel, concurremment avec la loi, se choisisse des juges, monteso. Esp. XI, 0. Vous ave/, saisi mon système: il consiste à attribuer concurremment le droit de faire la j-aii ou la guerre aux deux pouvoirs que la constitution a consacrés, mibabe\U, Colerlinn, t. ni, p. 340. [ Il 2* En concurirence l'un de l'autre. Ils hrigui.:eu*
CON
cette charge concurremment. |{ 3° Terme de pratique. Au mfimo rang. Ces créanciers viennent en ordre concurremment.
— ÊTVM. Concurrent, et le suffiie ment.
CONCURRENCE (koii-ku-rran-s') , s. f. || 1° Prétention de plusieurs personnes à un même objet. Un fils qui veut entrer en concurrence avec son nire , MOL. l'Av. iv , *. Dans les mouvements de l'amliition et les vivacités des concurrences, mass. Car. Conf. Doux et patient dans les concurrences infinies des intérêts et des pa.ssions, ID. Carême, Samar. Dieu rompait une société de plaisirs par des dissensions et des concurrences, in. Profession religieuse. Sermon i. Tout se réduisit à deux méthodes [pour construire les vaisseaux] : l'une de M. du Onesne si fameux et si expérimenté dans la marine, l'autre de M. Renau jeune encore et sans nom ; la concurrence seule était une assez grande gloire pour lui, fonten. Ifenau. C'est vous qui leur gagnez sur moi la préférence, Moi que déshonorait la seule concurrence, volt. Calil. ii, ^■ Vous voyez toutefois qu'en cette concurrence Un monarque entre nous met quelque différence, corn. Cid, i, 3. Après une amitié de vingt ans, tous deux se crurent des droits à une même place, et cette concurrence, qui aurait détruit peut-être sans retour une amitié commune, ne put altérer celle de MM. d'Arci et le Roi, condorcet, d'Arci. |) Être en concurrence, être en balance, incertain. GrAce à Dieu, mon bonheur n'est plus en concurrence, mol. Éc. des f. v, 3. Il Entrer en concurrence avec, balancer. Nul intérêt n'était jamais entré dans son ftme en concurrence avec la vérité, maÎs. Or. fun. Conty. Le mérite qui entre en concurrence avec lui, id. Petit car. Tentât. || 2° Terme de commerce. Rivalité entre marchands ou fabricants ou entrepreneurs. Redouter, soutenir la concurrence. La concurrence que certains produits français font aux produits anglais sur les marchés de l'Amérique. || En termes d'économie politique, le principe de la libre concurrence, liberté pour les individus de concourir dans toutes les branches de la production. Concurrence des bras, des capitaux. C'est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises, montesq. Esp. XX, 10. L'effet d'un régime réel de liberté et de concurrence est de nous mettre tous dans une situation où chacun peut tirer de ses forces et de ses ressources tout ce que légitimement elles peuvent donner, dunoyer. Liberté du travail, t. i, p. 460. Il 3° Terme de jurisprudence. Égalité de droit, de position, d'ordre. Venir en concurrence avec tel et tel créancier. || Droit qui appartient à. différents juges ou officiers publics de connattre d'une affaire. || 4° Concurrence d'office, terme de bréviaire, qui se dit lorsqu'aux secondes vêpres d'une fête double il se trouve un autre office de fête double qui se doit célébrer le jour suivant. || 5° Jusqu'à concurrence, jusqu'à la concurrence de, jusqu'à ce que telle somme soit remplie, acquittée. Vous rembourserez jusqu'à concurrence de tant. Il Absolument. Jusqu'à due concurrence.
— HlST. XV* s. Aucune fois la concurrence Des signes et les mocions Avec les opposicions , eust. DESGH. Poésies mss. f° 4bo, dans lacurne. || xvi* s. Si elle meritoit ce beau nom, ce debvoit estre en concurrence, non par privilège, mont, i, 69. [Nous nous liâmes] d'une faim , d'une concurrence pareille, m. I, 213. Nous avons formé une vérité par la consultation et concurrence de nos cinq sens, m. II, 359. La réduction de l'Eglise en bonne concurrence et union de doctrine, M. nu bell. 246. Alors ilz departoient à leurs gens des biens qu'ilz y trouvoient, jus(]ues à la concurrence de ce qui leur pouvoit estre deu de soulde, amyot, Eximèties, t5. Il y avoit desja quelque peu de picque entre eulx, et ceste concurrence [pour la préture] les meit encore plus avant en querelle, amyot, Brutus, 8.
— ÉTYM. Concurrent.
CONCURRENT, ENTE (kon-ku-rran, ran-t') , s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui prétend à une chose en même temps qu'un autre. Il s'est débarrassé de la foule importune, Du turbulent espoir de tant de concurrents, COBN. Pulch. n, 1. La reine des dieux serait bien aise de nuire à sa concurrente, la font. Psych. liv. II, p. <57. L'orgueil assortit mal ces superbes rivaux [Pompée et César], Et, bien que concurrents, ils ne sont pas égaux , brébeuf, Phars. i. Tous chemins vont à Rome; aussi nos concurrents Crurent pouvoir choisir des sentiers différents, la font. Fahl. XII, 27. On dit que P.syché lui dispute [à Venus] la prééminence des charmes; c'est justement le moyen de la rendre furieuse; sa concurrente fera fort bien de ne pas tomber entre ses mains,
CON
la font. Psyché, II, p. <<7. Mais si pour concurrent je n'avais que mon frère, rac. Phèd. ii, 2. On ne sent aucune jalousie dans M. Leibnitz; il excite tout le monde à travailler; il se fait des concurrents s'il peut, PONTEN. Leibniti. Concurrent malheureux à cette place insigne, volt. Calil. i, 5. L'oracle est accompli dans tous ses points , excepté dans celui qui exige qu'il terrasse .ses rivaux; mais il a fait plus, il a sauvé la vie du seul concurrent qu'il pouvait craindre, VOLT. Princesse de Babyl. 2. || 2° Terme de commerce et d'adjudication. Celui qui fait concurrence; celui qui dispute une enchère. {| 3° Adjectivement. Qui concourt , qui agit simultanément. Il y a des muscles qui se meuvent ensemble'pour s'aider les uns les autres; on les peut appeler concurrents, Boss. Connaiss. ii, 2. || Jours concurrents, jours surnuméraires aux cinquante-deux semaines de l'année (l'année commune étant de 62 semaines et un jour, et l'^année bissextile de 62 semaines et deux jours) ; ainsi nommés, parce qu'ils concourent avec !e cycle solaire ou qu'ils en suivent le cours. La première année du cycle solaire on compte un concurrent; la deuxième deux; la troisième trois; la quatrième quatre; la cinquième six, parce que cette année est bissextile; la sixième sept; la septième un, et ainsi de suite, en recommençant toujours par un après avoir compté sept, parce qu'il n'y a que sept concurrents, autant que de lettres dominicales.
— HIST. XIII' s. Li autres nombres a nom concurrens, parce qu'il cort avoec les réguliers por monstrer par quel jor cascuns mois entre, Comput, f° 4. Il XVI' s. L'autre roy Agesilaus son concurrent [compagnon , co-roi], se trouvant lors en fort bas aage, amyot, Agesilaus, 32. Au mesme temps, Curion, compagnon et concurrent de Faonius en cest office d'eedile, id. Cat. d'Utiq. 62. C'est une louange propre et singulière à Dion qu'il n'a point eu de concurrent ny d'aide à ce faire , comme Brutus eut Cassius, ID. Dion et Sruivs, ^. Pour cela il fault que puissance et fortune soyent concurrentes en un, avec justice et prudenee, m. Dion, t.
— ÉTYM. Provenç. concurren; espagn. concurrente; ital. concorrente; du latin concurrere, concourir (voy. concourir).
CONCUSSION (kon-ku-ssion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Exaction, malversation dans l'administration des deniers publics. Sosie de la livrée a passé par une petite recette à une sous-ferme: et par les concussions, la violence et l'abus qu'il a fait de ses pouvoirs, il s'est enrichi sur les ruines de plusieurs familles, la dbuy. vi. || Terme de droit. Perception frauduleuse, par un fonctionnaire, de taxes qui DS sont pas dues.
— illST. xvi" s. Le mut esternua en insigne véhémence et concussion [secousse] de tout le cors, RAB. Pant. m, 20. C'est une chose merveilleuse, que la foy soustient les cœurs des fidèles au milieu de telles concussions et si rudes, calv. Insdt. 434. Les oiseaux qui tumbent de l'air en terre ne cheent pas pource que l'air, agité par aucune véhémente concussion, se rompe nysefende.... amyot, Pomp. 39. En l'exercice duquel estât il se gouverna si honnestement, qu'il ne fut jamais souspeçonné de corruption ny de concussion quelconque, m. Cicéron, tt. Exemptes d'avarice, cruauté, ambition, injustice et de toute concussion , carl. ix , < . Par tel tremblement est faite une secousse et concussion de tous les humeurs contenus dedans le corps, paré, Introd. 25.
— ETYM. Lat. concussio, proprement .secousse, ébranlement, et, par extension, extorsion; du supin concussum, de concufere, de cum, etcuïere, frapper.
CONCUSSIONNAIRE (kon-ku-ssio-nê-r'). 111°.?. m. Celui qui se rend coupable de concussion. Un concussionnaire qui ne pardonnait pas àSénèquele châtiment de ses extorsions, dider. Ess. sur Claude. Il 2° Adj. Ministre, percepteur concussionnaire.
— HIST. XVI' s. Et neantmoins ne se peut Opimius garder d'estre concussionnaire et larron, AMYOT, Opim. 54. Aussi à la vérité, il ne fust jamais concussionnaire, carl. vi, U.
— ÉTYM. Concussion.
CONDAMNABLE (kon-da-na-W) , adj. Qui mérite' d'être condamné, d'être blâmé. Action condamnable. Il est condamnable d'avoir ainsi parlé. Ah! d'un si grand service oubli trop condamnable, rac. Eslh. II, 3. Vous voulez voir encor cet objet condamnable, VOLT. Tancr. ii, B.
— HIST. XVI' s. Ils seroyent condamnables si ils y parvenoyent au détriment public ou particulier,
LANOIE, 86.
— ÉTYM. Condamner.
CONDAMNATION (kon-da-na-sion; en poésie, dr cinq syllabes),*, f. || l'Action de condamner; jugement qui condamne. Il y a eu condamnation contre lui. Condamnation à l'amende, aux travaux forcés. Condamnation contradictoire. || La chose à laquelle on est condamné. Condamnation silidaire. || Iji peine infligée. Subir sa condamnation. \\Au plur. Les condamnations, amende, dommages-intérêts, réparations, frais, etc. résultant du jugement. Acquitter les condamnations. || Passer condamnation , consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. || Subir condamnation, acquiescer à un jugement dont on pourrait interjeter appel. || Fig. Passer condamnation, reconnaître qu'on a eu tort. Il a peur qu'on ne croie qu'il ait p.issé condamnation surles livres de Mme Guyon, iioss. J(eia(. Ce ministre passe condamnation pour Luther et pour Mélanchthon, m. Avert. 2. Passez donc condamnation sur le fait, m. Avert. 4. Il est prêt à passer condamnation pour prévenir l'arrêt du juge, m. Pén. t. Il Dans le même sens, prendre condamnation. Il fait sentir la supériorité qu'il a; je la lui passe tout entière, et je prends condamnation, montesq. Lett. pers. 74. Il 2° Blâme. Notre amour-propre .souffre plus patiemment la condamnation de nos goûts que de nos opinions. 113° Ce qui fait improuver , blâmer. La conduite de ce ministre est la condamnation de celle qu'ont tenue ses prédécesseurs. Ils auraient porté avec eux leur condamnation, boss. IHst. ii, 13. Il a mangé et bu sa condamnation [en communiant], MASS. Car. Comm.
— HIST. xvi* s. Il faut que moi et eux passions condamnation sitost que Dieu a parlé, Calvin, 22I. Nous avons esté rachetez de condamnation de mort, ID. Instit. 624.
— ÉTYM. Provenç. condemnaeion , condempnation ; espagn. condenacion; ital. condennazione ; <iu latin condemnationem, de condemnare , condamner.
t CONDAMNATOIRE (kon-da-na-toi-r") , adj. Terme d'ancienne pratique. Oui porte condamnation.
— HIST. XVI' s. Condamnatoire, monet, Dict.
— ÉTYM. Provenç. condcmpnafort; espagn. condrnatorio; ital. condannalorio ; du latin condemnatorius, de condemnare, condamner (voy. condamner).
CONDAMNÉ, ÉE (kon-da-né, née), part, passé. Il 1° Qui a subi une condamnation. La partie condamnée. Un criminel condamné à la peine capitale. Il est certain qu'il y a des démons, des génies malfaisants et condamnés à des tourments éternels; la religion nous l'apprend, fonten. Oracles, i, i Il Substantivement. Un condamné, une condamnée, ne se dit qu'en matière criminelle. Le dernier jour d'un condamné, titre d'un livre de V. Hugo. || Fig. Qu'elle puisse à nous voir n'être plus condamnée. BAC tphig. III, 4. Il 2° Blâmé. Comlnite condamnée partout le monde. Homme condamné même par ses amis. O'iel crime a donc commis ce fils tant condamné? RAC. Urit. IV, 2. Ociell si notre amour d condamné de toi, id. Paj. i, 4. C'est une erreur condamnée de dire que le prêtre ne peut ni ne doit point absoudre le pénitent . à moins que celui-ci n'ait pleinement satisfait à toutes les œuvres qui lui ont été ordonnées, bourd. Pensées, t. m, p. 436. || 3° Un malade condamné par son médecin, un malade duquel le médecin pen.se que la maladie est mortelle. Il 4° Porte, fenêtre condamnée, porte, fenêtre qu'on a bouchée et qui ne s'ouvre plus.
CONDAMNER ( kon-da-né), V. a. || 1° Terme do jurisprudence. Prononcer un jugement contre quelqu'un. Condamner quelqu'un à la mort, à l'exil, aux dépens, à l'amende. Dieu condamne et punit ceux qui l'offensent, la eruy. xvi Un peuple infortuné Qu'à périr avec moi vous avez condamné, rac. Esth. III, 4. L'un défenseur zélé des bigots mis en jeu Pour prix de ses bons mois le condamnait au feu, BOIL. Épit. VII. Il En style judiciaire, on dit condamner en, quand il s'agit d'une somme d'argent La cour l'a condamné en mille francs d'amende. C'est un archaïsme. || On a dit condamner de, en place de condamner à, qui est seul usilé présentement. Quelqu'un vient d'être condamné en justice de payerpourun autre, LA bruy. Théophr.ti. || 2° Par extension, il se dit des choses qui portent condamnation.Voilà lespreuvesquil'onicondamné. || 3' Condamner un livre, en parlant des tribunaux ecclé siastiques ou civils, en interdire la lecture et eu ordonner la saisie ou la destruction. || 4° Fig. Réduire, astreindre, vouer. Ses fonctions le condamnent à une extrême assiduité. Il est condamné par ses infirmités à quitter le service militaire. Un rigoureux devoir me condamne au silence, rac J*t(/ir. Il, «. Quel champ couvert de morts me condamne au silence? id. Iphig. iv, 4. Apprendre à
CON
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quel mépris Titus l'a condamnée, id. Bérên. m, 2. Est-ce qu'à faire peur on veut vous condamner'? uoil. Sal. X. Il 5° Par analogie, blâmer, désapprouver, réfuter. Polydamas a condamné les entreprises d'Adraste, il en a prévu les suites funestes, fén. Tél. XXI. Vous-même condamnant vos injustes desseins, Tantôt à vous parer vous excitiez mes mains, rac. l'hèd.i, 3. Je condamnai mes pleurs, et jusques aujourd'hui Je l'ai pressédefeindreet j'ai parlé pour lui, m. Baj. I, 4. Des témoins de sa mort viennent à tous moments Condamner votre doute et vos retardemenls, id. àlithr. i, 3. Je condamnai les dieux; et, sans plus rien ouïr, Fis vœu sur leurs autels de leur désobéir, id. Iphig. i, ). Je ne vois que malheurs qui condamnent les dieux, m. Andr. m, t. \\ Condamner de..., taxer, accuser. Les ornements ne la font point condamner de trop d'artifice, corn. Ex. de Cinna. Il n'oserait condamner d'aucun péché un homme qui .... pasc. Ptov. 7. Et c'est trop condamner ma bouche d'imposture, mol. Tart. iv, 3. Ne me condamnez point d'un deuil hors de saison [ne m'accusez pas d'avoir un deuil hors de saison], uoL.Sgan. te. Le peu de théologiens qui s'opposent i"i ce concours sont condamnés de témérité par tous les autres, eoss. Libre arb. 8. || 6° Condamner un malade, prononcer qu'il ne réchappera pas de la maladie dont il est atteint. Ils attendent que les médecins les aient condamnés, iioss. ii, Pénit. 3. Estil quelque espérance [pour le duo de Berry blessé]? Hélas! un lugubre silence A condamné son triste époux [de la duchesse], v. uugo. Odes, i, 7. || Terme de marine. Condamner un navire, le rayer, comme trop vieux, de la liste des navires qui peuvent faire un service actif; décider qu'il ne prendra plus la mer, qu'il servira de ponton, ou qu'il sera démoli. Il 7° Condamner une porte, une fenêtre, la clore de manière qu'elle ne puisse être ouverte. On condamna la cave, on ferma la cuisine, bqil. Sat. x. Quand par votre ordre exprès elle a vu travailler Ce maudit serrurier venu pour nous griller, Qu'elle a vu ces barreaux et ces grilles paraître Dont ce noir forgeron condamnait sa fenêtre.... keonard. Folies amour, u, «. || 8* Se condamner, e. réfl. Etre condamné. Car, selon l'intérêt, le crédit ou l'appui. Le crime se condamne ou s'absout aujourd'hui, RiiGNiER, Sat. m. Il Donner des preuves contre soi. 11 se condamne par son propre récit. || Se condamner l'un l'autre. Au dernier jour, tous vos auteurs s'élèveront en jugement les uns contre les autres, pour se condamner réciproquement dans leurs effroyables excès contre la loi de Jésus-Christ, pasc, Prov. 13. Il S'astreindre, s'obliger. Il se condamnait, en rendant les sceaux, à rentrer dans la vie privée, lioss. le Tellier. Quelle serait la puissance des rois s'ils se cos-iamnaient à en jouir tout seuls? mass. Pet. Car. Humanité.
— HlST. XII' s.[Ils] Cuveilerunt en l'aneme [âmejdel juste, e sanc nunnuisant [innocent] condemnerunt, Liber psalm. p. (38. || xiii' s. Li apostoles assanla [assembla] un grant concilie pour condempnerl'empereour, Chr. de Uains, <27. Et maistres Pierre de la Vigne revint de Lions, et conta à l'empereour coment il estoit condempnés de tiere, ib. Tuit cil qui moerent avant qu'il soient condampné de vilain cas de crieme, beaum. vu, 8. || xiv s. Aucuns dotteurs font ici ceste question assavoir mon se le juge doit condempner celui que il scet certainement estre innocent, oresme, Eth. (u2. 11 condempne un larron à mort non pas comme preslre mais comme juge, ID. ib. t64. Ilxv's. Le pape et les prélats contournèrent du tout la roine d'Angleterre et condamnèrent en son tort, et mirent le roi d'Angleterre et son conseil à son droit, fhoiss. i, i, H. Mais encore ne volt il mie [Piètre du BoisI le pont condamner [fermer] de tous points. ;' . ii, ii, <76. Et ainsi se condempiia le roy en ceste amende, congnoissant qu'il avoit trop parlé, ccuM. iv, lO. || xvi* s. Gardons-nous d'imposer le nom de justice aux œuvres qui sont condamnées de [lollulion par la bouche de Dieu, CALV. fnstit. fio». Estre condomné à mort, MONT, i, 64. Ceux qui condemnent les punitions capitales aux hérétiques [ceux qui blâment ces condamnations], ID. I, 5B. Prins et condemué à la mort, ID. I, 65. J'ay tousjours accusé d'impertinence ceulx qui condamnent ces esbattemens, ID. i, 498. Condamner ces choses impossibles, c'est se faire fortde.... ID. I, 202. Les condamnez qui attendoient l'exécution.... id. ii, 39. Ceux qui condamnent les autres par orgueil, il aviont après que Dieu les condamne par justice, lanoue, 72. Ke retirant point du tout nostre diloction de leurs personnes, encore que leurs erreurs et meschancetez soient condamoôeide nous, lo. 76. On ea condamne aussi quel-
(|ues uns d'aller aux guerres de Barbarie, id. 206. Quant à moy je ne veulx point ainsi rejetter ny condomner une histoire si renommée, amyot, Solon, 56. Il condemna les Corinthiens en une amende de vingt talents envers eulx, id. Tliéia. 46. On feit condemner et murer la porte de l'esluve, id. Cimon, 5. En quoy il ne mérite pointd'estre blasmé ny condemné d'ingratitude, ains.... id. Pornp. 29. Le roi fit condamner de pierres et autres meubles la porte ordinaire, d'auu. llist. m, 151. Tel a bonne cause qui est condempne, cotgrave.
— ÉTYM. Proveuç. rondampnar; espagn. condemnar;.ital. condennare, condamnare; du latin condemnare, de cum, et damnare (voy. damner).
t CONDEMNADE (kon-da-ua-d'), s. f. Ancien jeu de cartes à trois personnes.
— HiST. XVI" s. Ils passeront deux ou trois heures à jouer au flus, à la séquence, à la condemnade, au trou madame, à la clef, à remue ménage et autres tels jeux qui ne sont pas défendus. Contes de CHOI.IÈRE, P" 174, dans lacurne.
t CONDENSABILITÉ (kon-dan-sa-bi-li-lé), s. f. Terme de physique. Propriété que possèdent les corps de pouvoir être condensés, c'est-à-dire réduits à un moindre volume, soit par la pression, soit par le refroidissement.
— ÉTYM. Condensable.
t COXUEXSABLE (kon-dan-sa-bl') , adj. Terme de physique. Qui peut être réduit à un moindre volume.
— ÉTYM. Condenser.
t CONDENSANT, ANTE ( kon-dan-san , san-t'), adj. Terme de physique. Qui condensé. || Terme de médecine. Hypertrophie condensante des os, augmentation du volume d'un os avec production de tissu compacte en lieu et place du canal médullaire ou du tissu spongieux.
CONDENSATEUR (kon-dan-sa-teur), s. m. Terme de mécanique. Condensateur de forces, appareil destiné à accumuler la puissance d'un moteur, pour la dépenser ensuite à fur et mesure. || Terme de physique. Instrument dû à Volta et qui rend sensibles de très-petites quantités d'électricité, en les accumulant. |{ Machine qui sert à condenser un gaz dans un espace donné.
— ÉTYM. Condenser.
+ CONDENSATIF, IVE (kon-dan-sa-tif , ti-v') , adj. Qui a la propriété de condenser.
— HIST. XVI" s. Nous appelions médicament condensatif, qui ferme les pores, paré, xxv, 4.
— ÉTYM. Condenser ;provenç. condensatiu.
CONDENSATION (kon-dan-sa-sion) , s. f. Terme
de physique. Action de rendre plus dense; résultat de cette action. Comme l'eau touche les animaux de tous côtés, elle ne peut causer ni d'enflure ni d'enfoncement, mais seulement une condensation ijénérale de toutes les parties vers le centre, pasc. Équil. des liqueurs, vu. || Terme militaire. Condensation de colonne, mouvement qui produit la colonne serrée.
— HIST. XIV* s. Quant un corps par condempsacion est fait en mendre lieu ou par raréfaction en plus grant lieu, oresme. Thèse de meunier. || xvi" s. Les perturbations de l'ame produisent de merveilleux effets en nos corps, par la réfraction et conilensation, retraction et effusion des humeurs et des esprits, paré, Introd. 25.
— ÉTYM. Latin condensatio, de condensare, condenser.
CONDENSÉ, ÊE (kon-dan-sé, sée), part, passé. Il l" Réduit à un moindre volume. Un gaz condensé par une pression de plusieurs atmosphères. || Terme de botanique, se dit quelquefois des rameaux qui sont serrés, rapprochés. || 2" Fig. Beaucoup de sens condensé en peu de paroles.
CONDENSER (kon-dan-sé), V. a. \\ 1" Terme de physique. Rendre plus dense en parlant des gaz, des vapeurs. Mais, quand le ciel varie et que les vents divers Condensent tour à tour et dilatent les airs, MALPIL. Génie de Virgile. \\ Terme militaire. Condenser une colonne, la mettre en colonne serrée. Il 2* Fig. Rédiger en peu de paroles. U remania et condensa son factum. || 3" Se condenser, v. re'fl. Devenir plus dense. On dit que les vapeurs se condensent, lorsqu'elles reprennent l'état liquide par le rapprochement de leurs molécules, et cessent de rester en suspension. || Terme militaire. Se condenser, se former en colonne serrée.
— HIST. XVI" s. Cest air jiar sa constitution condense les humeurs et les rend moins fluxilus, PARÉ, Introd. <3.
— ÉTYM. Latin condensare, do cum, et densus
(voy. DENSE).
t CONDENSEUR (kon-d»o-seur), s. m. Terme de
machines. Récipient dans lequel la vapeur qui l'y rend est ramenée à l'état liquide par un jet d'eau froide.
— t.TYM. Condenser.
CONDESCENDANCE (kon-dè-saa-dan-s') , s. f.
Penchant à condescendre; action de condescendre. Si nous .souffrons quelque relâchement dan» le» autres, c'est plutôt par condescendance <iue par dessein, pasc. Prov. t. Ils avaient pour le peuple une juste condescendance, BO.-iS. Iliit. m, 6. Ma condescendance N'avait point reconnu tant de prééminence, VOLT. Sophon. m, (. Votre condescendance sera blâmée, vous n'en doutez pas, didkr Ess. s. Claude. Qui sera assez juste appréciateui des circonstances où l'empire se trouvait, pour oser blâmer la condescendance de Sénèque? id. ib.
— HIST. XV" s. Nous nous sommes plus préparé, nos amés fils, à vostre université escrire, pour ce qu'à schisme vous avez condescension piteuse donnée, MONSTREL. 1, ch. 33.
— ÉTYM. Condescendre ; espagn. condeseendeneia ; ital. condescendenia.
CONDESCENDANT, ANTE (kon-dè-f an-dan, dan-t'), adj. Qui a de la condescendance.
CONDESCENDRE ( kon-dè-san-dr* ) , je condescends, nous condescendons; je condescendais; je condescendis; je condescendrai; condescends, condescendons; que je conde.scende ; que je condescendisse; condescendant; condescendu, v. n. || 1" Se relâcher de sesdroits, de sa supériorité, de son autorité, de ses prétentions envers quelqu'un. Ils ont fait cette défense pour condescendre envers les Juifs, Boss. Déf. comm. || 2" Céder en condescendanL Ja ne puis condescendre à ce que vous exigez de moi. Elle condescendit Aux volontés du capitaine, la font. Fianc. Quel risque à ses désirs de vouloir condescendre? REGNARD, Folies amour. ui, 3. || U se conjugue toujours avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xiv* s. Pour acomplir du tout leur passions et leur desiriers en condescendant et obéissant à la partie de l'ame qui est irracionele, oresme. Eth. 278. Il XV" s. Et principalement pour ceste cause il s'y condescendit et les assembla, juven . Charles VI, 4 391. À la parfin le mareschal, qui en nul cas n'est trouvé déraisonnable, s'y condescendit, Bouciq. m, ch. 2. Il XVI" s. Il fault sçavoir condescendre à ces allures puériles et les guidej-, mont, i, toc. Ils eussent esté ennemys du bien et repos de leur patrie, s'ils ne s'y fussent condescendus, cakl. i, 3i. Depuis le Roy s'est condescendu à vous recommander la cause du Duo, M. du bell. 220. Les Athéniens n'eussent point eu la guerre . s'ilz se fussent voulu condescendre à révoquer leur décret, amtot, Péric. 57. Il prit trois mille vieux soudards, qui vouluntairement se condescendirent à le .suivre en ce voyage, pour en faire le fort de son armée, id. Flamin. 4.
— ÉTYM. Espagn. condescendre; ital. condeseendere; du latin condescendere , de cum, et descendere, descepdre.
t CONDIACRE (kon-di-a-kr') , s. m. Anciennement, titre que l'évêqiie donnait au diacre.
— ÉTYM. Cor», et diacre.
t CONDICTION ( kon-di-ksion ) , s. f. Terme de droit romain. Action qui avait pour objet l'exécution d'une stipulation ou la répétition d'une chose due.
— ÉTYM. Latin condietio, de cum, et dictio (voy. 1 DIRE, diction).
' t CONDIGNE (kon-di-gn"). adj. Terme de théologie. Satisfaction condigne, satisfaction parfaitement égale à la faute. Mérite condigne, mérite égal à la récompense.
— HIST. XIV" s. Us seront prest et appareillés et offeront à faire amende condigne, ou cangb, condignare. || xvi" s. Des quels outrages et cruautez le dit seigneur prince espère obtenir quelque jour justice, et qu'à faute des hommes Dieu en fera condigne vengeance, condé, ilémoires, p. 633.
— ÈTVM. Lat. condignus,decum,etdignus, digne. t CONDIGNEMENT (kun-di- pne-man) , adv.
Terme de théologie. D'une manière condigne.
— HIST. xvi' s. Tous les humains, sans la grâce de Dieu, ne sçauroient faire chose qui puisse mériter condignement paradis , Les Iriomphet de la noble dame, f 288, dans lacurne.
— ÉTYM. Condigne, et le suffixe ment.
t CONDIGNITÉ (kon-di-gni-lé) , i. f. Terme de théologie. Dignité attribuée à celui qui est justifié par le mérite des œuvres. Ils [les Luthériens] n'admettent pas le mérite qu'on appelle de condignité, dont tous nos livres sont pleins, BOSs. Variât. 3. Quant au mérite de condignité, outre que le concile de Trente ne s'est pas servi de ce terme, la chose ea eUe-fflême n'a aucune difficulté, puisqu'au fond
CON
on est d'accord qu'après la justification, c'est-à-ilire aprosque la |i(!rsoiino est agré.'ilile, que le saint esprit y lialiitc et que la charité y règne, l'Écriture lui attrihue une sorte de digniié, ii). ib.
— RTVM. Condigne.
tCOXDII.LACIKN, IKNNK (kon-di-lla-siin, siè-n', Il mouillées), oilj. Qui se rapporte à la philosophie de Condillac. || i". m. Partisan de cette philosophie.
— ÊTYM. Condillac , célèbre philosophe du XVIII' siècle, qui regardait la sensation comme la source île la pensée.
CONDl.MENT (kon-di-man), s. m. Terme d'hygiène et de cuisine. Sulistarce d'une saveur prononcée que l'on môle aux aliments. Les condiments sont un infrrédient nécessaire de l'alimentation.
— SYN. ASSAisoNNEMKNT, co.M.iMENT. Assaisonnement est plus général. Il se dit de tout ce qui rend les alimenis plus agréables, surtout quand il *'y joint l'iilée d'une ceriaine variété selon les saisons. Les fines herlics sont un assaisonnement dans la salaile. Condiment ne se dit guère que de ce qui a une saveur très-mnrquée. Le sel est le plus précieux de tous les condiments.
— lllST. XV)' s. Ces incommoditez luy servent d'aiguillon et de condiment à sa doulceur, mont. i, 70. Condimens au sel et au vinaigre dont on se sert l'hyver pour salade à l'entrée et commenci^ment des re|ias, comme de pourpier, petits concombres, violettes doubles, pommes verdes ou abricots, des kc- CORDS, EiC.raignnsdijonvoises,\). 64, dans lacurne.
— Ktym. Latin conriimcntutft, de condire, assaisonner; provenc. condimen.
t COSDIJIKNTAIRE ( kon-di-man-tô-r') , adj. ■ Terme didactique. Qui a rapport aux condiments. L'emploi condimentaire de cette substance.
—KTYM. Latin condimenlarius , de condimentum, condiment.
t CON'DIMENTEUX , EUSE (kon-di-man-tea , teii-z') , adj. Terme didactique. Qui tient de la nature des condiments.
— ÉTYM. Condiment.
CONDISCIPLE (kon-di-si-pl') , s. m. Compagnon d'étude, de collège. || Par extension. Dampierre et Vaucresson m'étaient ouverts en tout temps ; les condisciples obscurs [de la cabale] y paraissaient librement devant moi, st-sim. 302, <84.
— RE.M. Condisciple , qui n'est ni dans Furetière ni dans Kichelet, est donné |)ar l'Académie pour la première fois dans l'édition de 1702.
— tïYM. Latin condiscipulus , de cum, et discipttlus, disciple.
t CONDIT (kon-di) , s. m. Terme de pharmacie. Substance végétale pénétrée et recouverte de sucre cristallisé.
— ÉTYM. Latin conditum, de condire, assaisonner.
CONDITION (kon-di-sion; en poésie de (juatre syllabes), s. f. Il 1° La classe à la(|uellj appartient une personne dans la société par sa fortune, par sa qualité, par ses emplois, par sa profession. Condition sociale. L'inégalité des conditions. Je ne me sentais pas de condition qui m'obligeât à faire un métier de la science.DEsc. J/éth. l, ta.Tousgenssontaiusi faits; Notre condition jamais ne nous contente; La pire est toujours la présente, la font. Fah. vi, <t. Le luxe et la vanité n'ont plus de bornes, et chacun se fait de ses propres vices les vertus de sa condition, PLÉCHIER, dans RicHELET. En vous ôlant un gendre on vous en donne un autreDont la condition répond mieux à la vôtre, corn. Poly. v, 2. Cet orgueil qui nous pousse à nous agrandir au-dessus de nos conditions et de nos forces, flêch. Serm. ii, 36. Hommes qui avaient vécu dans les plus basses conditions, FÉN. Ti-'l. xviu. En quelque condition qu'on soit,iD. ib. v. Un homme simple, obscur et d'une médiocre condition, id. ib. vu. Un roi vous semble heureux, et sa condition Est douce au sentiment de votre ambition, BOTR. Vencesl. i, i. Tu lui diras qu'à la vérité je n'ai pas dit qui c'était, mais qu'il t'a semblé que je parlais pour un autre, pour quelqu'un de condition égale à la mienne [un bourgeois], marivaux, le Préjugé rairicu, se. 2. || Dans le langage de l'histoire, la condition des personnes et des terres. Dans le moyen âge il y a trois conditions, les nobles, les vilains, les serfs; il y a des terres de condition noble et de condition roturière. {| En termes de droit, faire la condition meilleure, pire, étendre ou restreindre les droits ou l'objet du droit d'une personne. Le créancier ne peut rendre sa condition meilleure au détriment du débiteur. || Dans le lan- Kage général. N'être pas de pire condition, être traité au3.si bien que.... Croyez-vous que Dieu soit de pire condition que l'homme? pasc. CuUe. Souvent le consul victorieux n'était pas de meilleure condi-
CON
I tion que le peuple qu'il avaitvaincu, st-évrkm. ii, (). Le roi ne doit pas être à cet égard de pire con-
I dition que ses sujets, vauu. IHme, p. 78. || En droit, la conriition des per-sonnes, l'état civil ou l'ensemlila (JKs droits. Condition juridique, la comliiion de l'étranger, du mineur, de l'enfant naturel. || 2" La manière d'("tre, en parlant des choses. La condition des choses de ce monde est d'être sujettes au changement. La condition d'un mariage avantageux est aussi .souhaitable suivant le monde qu'elle est vile et préjudiciable solun Dieu, pasc. Extrait d'utie lettre à Mme Périer, ie5». || Terme de philosophie. Principe des conditions d'existence, principe que les sciences ont substitué ."t celui de la hiialité et qui consiste à considérer comment les choses sont ou se font et non poiiniiioi elles sont ou se font. Il Fondements, bases, éléments. Conditions constitulives, statiques, physiologiques, imluslrielles. Kn droii, conditions essentielles, les éléments essentiels des Contrats, des obligations ; le consentement, la capacité, l'objet, la cause. || Ensemble de rapports. Conditions de température, de salubrité, dans un pays donné. || 3' Dualité requi.se. Co.iditions (le capacité, de moralité. Cet ouvrage n'a pas les conditions demandées, n'est i)as dans les conù]tions voulues. Il lionne eu mauvaise condition. Marchandise de bonne condition. || Teime d'hippiatrii|ue. Le triiitement bon ou mauvais que subit le cheval. En condition, teime qui désigne l'état dn cheval qui, ayant été soumis à l'entraînement, est apte à courir. Ce cheval est mis en condition. |1 4" Absolument, noblesse. Ceux qui comptent pUisicurs degrés, sans illustration extraordinaire, forment l'homme et la femme de condition. C'est ici que le sai'.g et la condition Ne nous permettent pas une lâche action, rotr. Aniig. m, 6. 11 s'est mis dans la tête de vouloir faire l'homme de condition, mol. ïesPréc. t. Nous connaissons des personnes de condition qui ont appréhendé des nioits domestiques, pasc. Lett. 4. Le besoin de loger les pensionnaires de condition, boss. Lett. abb. 274. La locution complète était condition noble; l'usage a supprimé jîobte, en gardant le même sens. || 5° Service de domestique. Être, entrer en condition. Chercher
i condition. Hors de condition. Il ne cherchera pas à le mettre en condition jusqu'à votre retour, sév. 3o7. Il Faire plusieurs condilions, servir dans ])lu.sieurs maisons différentes, et, par extension, changer de condition, de position. Mme de Brinon est à Maubuisson, où elle s'ennuiera bientôt: cette personne ne saurait durer en place; elle a fait plusieurs conditions et changé de plusieurs couvenis, id. 6u7, Il Le sens propre, qui vient de la féodalité, était : personne de condition, personne soumise à une condition, c'est-à-dire affranchie avec la condition de fournir un certain service. || 6" Condition, situation, état. La condition matérielle du peuple, des laboureurs. Sa condition a em|)iré. Les empereurs romains améliorèrent la condition des esclaves. Améliorer la condition morale, intellectuelle et physicjue du plus grand nombre. || losition avantageuse ou désavantageuse dans une ad'airo. Votre condition est bien meilleure que la mienne. || 7° Clau.se, charge, obligation qu'on impose ou qu'on accepte. Condition expresse, tacite, onéreuse. Combats pour m'atfranchir d'une condition Qui me livre à l'objet de mon aversion, corn. Cid, v, t. La mort de Jésus Christ ne suffit point sans le baptême; il le faut d'eau, d'esprit ou de sang; c'est à cette condition qu'il a mis l'utilité que nous en Uevons recevoir, sêv. 441. Il ne veut pas imposer les conditions de la paix avec hauteur, fên. Tél. xi. Nous réglâmes ensemble plusieurs conditions, ID. ib. X. Ouellcs conditions elle veut imposer, bac. I)aj. i, 4. Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter Que les conditions qu'ils voudront accepter, id. Hlitltr. i, B. Ses prêtres.... À deux conditions se peuvent racheter, id. Athal.v , 2. Il Absolument. Je vous la veux montrer, mais à condition, LA FONT. Cand. \\ Faire ses conditions, stipuler d'abord et formellement ses avantages. || Vendre une chose sous condition, la garantir; l'acheter sous condition, l'acheter avec faculté de la rendre si elle n'est pas ce ciu'clle doit être. Je vous assure de son service sous condition, sKv. 84. || Vendre à condition, c'est vendre à la charge de reprendre la chose si elle ne satisfait pas l'acheteur. || Bapiiser sous condition, administrer le baiitéine à un enfant, dans le doute qu'il l'ait déjà reçu, ou qu'il soit vivant, ou que sa conformation soit monstrueu.se et n'en fasse p^s un homme; et figurément et familièrement, il a été baptisé sous condition, se dit par plaisanterie d'un homme très- laid ou très-sot. |1 Condition sine qua non (mots latins qui signifient : sans
CON
laquelle non), condition formelle et indispensable. Il En droit, conditions d'un legs, conditions d'un contrat, les clauses qui le déterminent, la donation est révoquée pour cause d'inexécution des conditions. Condition de droit, clau.se que la loi supplée dans un engagement. || Plus spécialement, événenieiit futur et incei-tain qui modifie une obligation et auquel l'existence de cette obligation est soumise. Obligation à terme ou sous condition. Condition nulle, illicite. Faire une donation sous la condition que le donateur survivra au donataire. || Condition liositive, celle qui consiste dans un événement qui arrivera; négative, dans un événement qui n'arrivera pas; su.speiisive, qui suspend l'existence de l'obligation: re.solutoire. qui éteint l'obligation en rétablissant les choses dans leur état primitif. || Acondilion que. locul. cmijonct. qui régit l'indicatif, ouïe subjonctif, ou le conditionnel, et signilie poiirvu que. Je vous donne cet argent à coinl.tiun que vous partirez demain, on que vous partiez demain. Il vous a donné cet argent à condition que vous partiriez ou que vous partissiez. A condiliou qu'ils régneraient suivant ces maximes, fén. Tél. v. || On dit aussi à coiulilinn de. aiec rinfii.itif. J'ai reçu de l'argent, à condition de partir demain. |{ 8' Terme de commerce. I.ieu desiiné à la dessiccation des soies. Il Établissement pour connaître le poids des soies.
— SYN. 1' CONDITION, ÉTAT. La condition a surtout rapport au rang qu'on tient dans les dilTérenls ordres (jui forment l'économie de la république. L'état a plutôt rapport au genre de vie, à l'occupation dont on fait profession, cibabd. ||2° de condition, de QUAi.iTÉ. f)e condition est phis compréhensif que de (lualilé; tout homme qui appartient à la noblesse est de condition; au contraire de qualité ne se dit que des personnes dont les aieux ont eu quelque illustration, ou qui avaient un titre de duc, marquis, comte, etc. Une personne de qualité ravit mon àme, MOL. F.scarhaqn. se. tfl. On ne traite point de la sorte les femmes de qualité, id. ib. se. 21.
— ttlST. xiii's. Se il aveiioit que aucuns clei's ou lais, de quel condition que il fnst. Ordiinn. sompluaire de Pliil. le llnrdi. Par condicion que le soigner le done [le fief] à son dreit hoir, Ass. do J. I, 222. Par ces deus cas dessus dis jioés vo/. entendre de toz autres cas qui iioent avenir de convcnences qui suni fêtes par condicions, real'.m. xxxiv, 4. S'aucuiis convenence soz condition ou autre marcié, iD. )/). 5S. On peut bien, selonc nostre coustume, fere lais [legs] par condition, id. xil, 64. (j xiv s. Personnes de comlition [personnes assujeties à un service], du cange, condilinnati. Vous faites tout aussi vos condicions. Comme celui qui dit: au plus fort nous tenons, Gucsci. 21460. Et se tu veus dire que tu ne les mie subgès de fortune, Et que ta grant attraction [descendance] Afnnrhist ta condition .. MACHAII.T, p. 96. Il xv's. Par telle condition ijue le jeune enfant prendroil à femme l'une des jeunes filles du roi d'Angleterre, froiss. i, i, 171. La reine, qui estoit vieille et de diverses cjnclitions, n'e.stoft pas bit-n contente de lui, pour ce qu'il estoit ,-nnouretix d'aucunes autres jeunes dames du pays plus qu'il n'estoit d'elle, monstrel. liv. i, ch. l'/i. Son gentil maintien et son arc doré donnoient enseignes de ses inclinations et conditions amoureuses, Boticiq. I, ch. 2. Quant uug prince ensuyt vertu et bonne» conditions et fini les vices, comm. Prnl. La plus jiart des gens laschent àleur complaire [aux princes' et \ leurs complexions et conditions, id. ib. El disoient sa condition [di' Louis XI] estre telle que s'il n'avoit débat par le dehors contre les grans, qu'il falloil qu'il l'eust avec ses sorvitenis et officiers et que son esprit ne pouvoit estre en repos, id. m, t. Qui eusi peu prendre partie des conditions du roy nostre maistre et partie des siennes [du duc de ISourgogne], on en eust bien fait ung prince parfaicl, lo. m, 3. Par condition qu'ils voulussent attendre à conclurre la ligue de quinze jours, ID. vu, 15. |I xv:' s. On y retrouvera aucuns Iraicts de mes condilions et humeurs, MONT. Au lecteur, p. xi. C'est la condition de vostre création, id. i, 85. Cents do basse condition, iD. i, 90. Cet homme estoit simple et grossier, qui est une condition propre à remlre véritable le tesmoignage, m. i, 233. Il leur vendit la retraicte à ses terres, en condition que.... ID. i, 298. Hz leur ottroyerent la paix soubs équitables et raisonnables conditions, amyot, Uarcel. 9.
— KTYM. Provenç. condieio; espagn. condicion; ital. condixioiie ; du latin conditionem , de cornière, fixer, établir, de cum, et dere pour dare, donner (voy. datif).
t CONOITIONNALITÉ (kondi-sio-na-lilé), t. f.
CON
CON
Terme didacticiue. Qualité de ce qui est conditionnel. Les métaphysiciens s'eflbrcent en vain de soustraire par leurs espérances ces phénomènes à la conditionnalilé, cuvier, dans le Dict. de poitevin.
CONDITIONNÉ, ÉE(kon-di-sio-né, née ; en poésie, de cinq syllabes), part, passé. |{ 1* Qui est en certaine condition. Bien conditionné, bien fait, en bon état. Un ouvrage bien conditionné. En sens inverse, mal conditionné. ]| 2° Fig. et absolument, pourvu des q\ialités requises en bien ou eu mal. Sottise, étourderie conditionnée, très-grande. Je n'ai jamais respiré une odeur mieux conditionnée, mol. l'réc. (0. J'aiditassez d'absurdités en ma vie peur m'y connaître, et j'aurais bien perdu le seul fruit que j'en pouvais tirer, si cetle maxime ne m'en paraissait pas une bien conditionnée, DinER. Essai s. Claude. || Qui a bien mangé, bien bu. Après quoi nous nous levâmes de table, tous assez bien conditionnés, le sage, GU lllas, VII, < 3. Il 3° Soumis à une condition. Quatre formules algébriques qui exprimaient les quatre nombres et n'avaient que deux inconnues ou indéterminées , telles qu'en supposant d'abord que la première était t et la seconde 2, il venait quatre nombres conditionnés comme on les demandait, konten. RoUe. N'affaiblissons point la vérité par des exceptions malicieuses et par des louanges conditionnées, balz. le Prince, oh. xiv. Il prit une permission conditionnée, MAL'CROix, Schisme, liv. ii, dans richelet. Il Ancien terme de commerce. Billet conditionné, billet qui n'était payable qu'en un certain temps et en certains cas. jj 4° Homme conditionné, nom donné au mainmortable dans certaines coutumes.
CONDITIONNEL, ELLE (kon-di-sio- nèl, nè-l'; en poésie, de cinq syllabes), adj. || 1° Qui dépend de certaines conditions. Promesse, clause conditionnelle. Cela est conditionnel. || Terme de droit. Obligation, legs conditionnel, soumis à une condition. Il 2° Terme de grammaire. Mode conditionnel, celui des modes qui indique que l'idée exprimée par le verbe est subordonnée à une condition. || S. m. Le conditionnel, le mode conditionnel. Le conditionnel présent. Le conditionnel passé. {] 3° Terme de théologie. Qui est sujet à condition, qui n'est point absolu. Il Science des conditionnels, connaissance que Dieu possède seul de ce qui aurait pu arriver suivant de certaines conditions, dans de certaines circonstances.
— HIST. XIV" s. Par telles condicioneles supposicions, 0RESME, Thèse de meunier. || xvi* s. L'absolulion est conditionnelle, calvin, Instit. B05. Je fois voluntiers mes promesses, en touts subjects, incertaines et conditionnelles, MONT. IV, 04.
— ÉTYM. Provenç. conditional ; espagn. condicional ; ital. condigionale ; du latin condilionalis , de condiiio (voy. comdition).
CONDITIONNELLEMENT (kon-di-sio-nè-le-man) , adv. Sous certaines conditions. 11 dit n'être obligé à payer que conditionnellement.
— HIST. XIV" s. Condicionelement, oresme. Thèse de MEUNIER. Il XVI* s. Un ministre de la parole en exécutant deument son office ne peut absoudre que conditionnellement, Calvin. Instit. 601.
— ÊTYM. Conditionnelle , et le suffixe ment; provenç. conditionalment ; espagn. condicionalmente ; ital. eondiiionalmenle.
t CONDITIONNEMENT (kon-di-sio-ne-man), s. m. Il 1" Terme de philosophie, action de conditionner. Il 2° Action de dessécher la soie écrue. Pendant les cinq jours ouvrables de cette semaine, à Lyon, le chiffre total du conditionnement dépasse de plus de 4 3000 kil. la somme de la semaine complète d'opérations la plus élevée depuis le commencement de l'année, la Prcise , journal quotidien , U juin 1800.
— STYM. Condition.
CONDITIONNER (kon-di-sio-né), v. a. \\ i° Terme d'arts. Faire , fabriquer une chose , de manière qu'elle soit en bonnes conditions. Bien conditionner un drap. || 2° Terme de pratique. Conditionner un acte, le charger de clauses. || 3° Terme de commerce. Conditionner une soie, la soumettre à la dessiccation. Il 4» Se conditionner, v. réft. Être fabriqué avec les conditions requises. Les maroliandises se conditionnent bien dans cet établissement. Il Recevoir la préparation dite conditionnement. L'établissement où se conditionnent les soies.
— HIST. xui' s. D'autre part, el [les femmes] sunt franches nées; Loi les a condicionnées. Qui les oste de lor franchises. Où nature les avoit mises, la Rose, 14080. Li filz Dieu, qui si bien les condicionna. Qui à la Magdalene ses pochiez pardonna. Leur merisse les biens que par eulz nous donna! J. de meung, Test. 97. || xiv* s. De tous ceux qui sont en autre demaine [domaine] et justice, qui
PICT. PE LA i-ANGUE FRANÇAISE
ne sont conditionnez ou abonnez, levez la dite aide, DU GANGE, conditionnare. Comme le suppliant eusi pris par mariage Thomine, ycelle cuidant estre femme bien conditionnée et paisible, id. conditio. Il xv s. Qu'il advise bien de se mettre eu lieu, qui soit tel, si bien conditionné, si vertueux et si bon, qu'il y puisse prendre exemple de toute bonté, Bouciq. 1, ch. 7. Ung qui depuis s'est appelle monseigneur de Chimay, homme jeune et très-bien conditionné, nepveu du seigneur de Croy, ccmm. i, 2. Entre les conseillers se trouvent tou.sjours largement de bons et notables personnages, et aussi il en y a aucuns bien mal conditionnez, ainsi est-il en tous estaz, ID. I, fl. Il XVI* s. Tous ont aspiré estre receuz en vostre alliance, à pactes par vous mesmes conditionnez, RAB. Garg. i, 3(. Ils me.sprisent les services limitez et conditionnez [conditionnels], mont. III, 242. De mal conditionné jouvenceau, oultrageiix et téméraire qu'il estoit auparavant, il devint homme très sage et très modéré, amyot. Lyc. (6. 11 avoit veu mourir devant ses yeux un sien filz bien conditionné, ID. Cor. 37.
— ÉTYM. Condition ; provenç. conditionar ; espagn. condicionar ; ital. ccndiiionare.
CONDOLÉANCE (kon-do-lè-an-s') , s. /". Témoignage par lequel on montre qu'on prend part à la douleur de quelqu'un, lors de la mort d'un de ses proches, et, en général, lors d'un malheur considérable quelconque qui lui arrive. Lettre de condoléance. Rendre les devoirs de condoléance , malh. dans VAUGELAS, Rem. au mot condouloir. S'il survient quelqu'un à qui il doive un discours tout différent, il sait, en achevant de vous congratuler, lui faire un compliment de condoléance, la bruy. viii. Permettez que je joigne mes compliments de condoléance à vos jolis vers sur la goutte de M. de Kayserling, volt. Lett. Pruss. 109.
— HIST. xv* s. Le duc descendu à pied le va saluer humblement et faire deux contraires personnages , l'un de la condoléance du trespas du roi son père, l'autre de coiijouissement de la très haulte et très glorieuse fortune qui estoit resplendie en lui , G. CHASTELAIN, dans le Dict. de dochez.
— ETYM. Voy. CONDOULOIR.
CONDOR (kon-dor), i. m. Genre de vaulour de l'Amérique méridionale. Le condor est le plus gros des oiseaux qui volent. Si la faculté de voler est un attribut essentiel à l'oiseau , la condor doit être regardé comme le plus grand de tous.... Il possède même à un plus haut degré que l'aigle toutes les qualités, toutes les puissances que la nature a départies aux espèces les plus parfaites de cette classe d'êtres; il a jusqu'à dix-huit pieds d'envergure, le corps, le bec et les serres à proportion aussi grandes et aussi fortes, le courage égal à la force, buffon, Condor. Tel on voit s'élever le monstrueux condor, Quand, du sommet des monts prenant son vaste essor. Dans les airs obscurcis il plane et se balance, MASSON, Ilelvétiens, vu.
— lîTY.M. Cuntur, dans la langue des Incas. fCONDORMANT (kon-dor-man), s. m. Seitaire
qui autorisait la promiscuiié des sexes.
— ÉTYM. Com, et dormir.
t CONDOTTIERE ( kon-do-ttiè-r' ) , s. m. Nom qu'on donnait- en Italie aux capitaines de soldats mercenaires. Un condottiere. On le vit [Maximilien] à la fin gagnant sa vie comme condottiere, dans le camp des Anglais, empereur à cent écus par jour, MICHELET, Uist. de France au xv* s. i, 8. || Aujourd'hui, aventurier qui prend indifféremment du service militaire en vue de son avancement personnel. Il Au plur. Les condottieri, suivant la règle du pluriel italien.
— ÉTYM. Ital, condottiere, capitaine, de condotta, conduite (voy. conduite).
CONDOCHLÉ, ÉE (kon-dou-blé, blée), adj. Terme de botanique. Synonyme de conduplicatif.
— ÉTYM. Com, et doubler.
CONDOULOIR (SE) (kon-dou-loir) , v. réfl. Employé seulement à l'infinitif. Se condouloir avec quelqu'un, lui témoigner qu'on prend part à sa douleur. Leurs Majestés avaient envoyé des personnes de qualité à la reine d'Angleterre se condouloir de la mort funeste du roi son mari , la rocmef. Mdm. 67. Arrivé d.-oit au parlement [le duc d'Orléans devra leur dire qu'il est venu] leur faire part lui-même et se condouloir avec eux de la perte que la France venait de faire, st-sim. 398, 188.
— HIST. XV* s. Par plus forte raison, tu dois condoler sur la mort de ton frère, monstrel. i, ch. 47. Il xvr s. Aprez s'eslre souvent condolu à ses privez des maulx que.... mont, i, 44. [Ils ne trouvent pas bon] de condouloir et compatir, ny mesme fleschir
avec eulx [les malheureux], amïot. De la tranij. d'dme, <2. il s'adressa à l'un de ses familiers qui faisoit le plus de mine de s'en condouloir et contrister avec luy, id. ib. tu.
— É'fYM. Latin condolere, de eum, avec, et do- 1ère, avoir de la peine (voy. douloir).
CONDUCTEUR, TRICE (kon-du-kteur, kfri-s*), s. m. et/". Il 1" Celui, celle qui conduit. Le conducteur d'une barque. Moïse était le conducteur du peuple de Dieu. Ceux-ci allaient toujours, sans regarder qu'ils allaient à la servitude; et leur subtil conducteur qui, en combattant, en dogmatisant, en faisant le docteur et le prophète, aussi bien que le soldat et le capitaine.... Boss. Reine d'Anglel. Pour mieux entendre ce que feraient par eux-mêmes d"S chevaux fougueux, il faut les considérer sans bride et sans conducteur qui les pousse ou qui les retienne, BOss. Connaist. m, 9. Tu verras de chameaux un grossier conducteur.... VOLT. Fanât, i, 4. || Conducteur du requin, nom d'un poisson {centronole conducteur de Cuvier; qastérostéc conducteur de Linné). {| 2° Celui, celle qui dirige. Ces négociations avantageuses dont il fut le conducteur, FLÉcii. le Te!. Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris, la font. Fabl. xi, 7. Une musique de luths et de voix se fit entendre à l'un des coins du plafond, sans qu'on vit ni chantres ni instruments, musique aussi douce et aussi charmante que si Orphée et Amphion en eussent été les conducteurs, LA font. Psyché,\, p. 37. Pourvu que l'honnêteté, la discrétion, la prudence soient conductrices de cette affaire, id. ib. ii, p. <38. Le bon sens etl'esprit, conducteurs du courage , Sont desCondés enfin l'ordinaire apanage, in. Lett. xxv. || Terme de ponts et chaussées. Conducteui, agent qui est sous les ordres directs de l'ingénieur et au-dessus des piqueurs, ainsi dit parce qu'il est shargé de la conduite ou direction des trava'ix. Conducteur embrigadé, celui qui fait partie du corps des ponts et chaussées à titre permanent. || On dit aussi d'uiie manière générale conducteur des travaux pour désigner une sorte de contre-maître qui dirige les travaux de bîltisse sous un entrepreneur ou un architecte. Conducteur des travaux du Louvre. || Homme de confiance qui, sans être nécessairement le cocher d'unevoiture,ladirige et fait payer les voyageurs, etc. Conducteur de diligence, d'omnibus. || 3° Livre qui sert de guide. Conducteur de l'étranger dans Paris. Il 4° Terne de chirurgie. Instrument employé autrefois dans l'opération de la taille par le grand appareil. Il 5° Terme de physique. Corps qui transmet le fluide électrique ou le calorique, les métaux sont bons conducteurs de la chaleur. J'ai un antitonnerre à r'erney dans mon jardin ; vous savez que cela s'appelle un conducteur, volt. Lett. d'Argental, S mars 4 776. Il Cylindre métallique, soutenu par des colonnes de verre, qui se trouve au devant de la machine électrique, et à la surface duquel l'électricité se rassemble. |{ G"- Adj. Thésée reçut d'Ariane un fil conducteur dans le labyrinthe. Acceptez le secours de ma main conductrice, lemerc. Charles YI , m, 6. [\ Corps conducteur du calorique ou de l'éleclricité, corps qui se laisse facilement traverser par l'un ju l'autre de ces agents. || Terme de botanique. Tissu conducteur, portion du ti.ssu du style et du placenta, à travers lequel pénètrent les boyaux polliniques pour irriver dans la cavité de l'ovaire et aux ovules. Il Terme d'imprimerie. Points conducteurs, voy.