XXI
HIST. XVI' s. Philippe, fils de l'empereur Maxi-
• milieu, ou , pour le confronter plus honorablement, père de l'empereur Charles cinquiesme, mont, i, 30. Il fault,à la mode d'une information judiciaire, confronter les tesmoings, 10. II, iti.
— CTYM. Com, et front; provenç. et espagn. confronlnr; ital. confronlarc.
CONFUS, USE (kon-fu, fu-z'), adj. || 1° Terme de droit. Confondu, réuni. Tels et tels droits sont confus et réunis en sa personne. |{ 2° Où l'on ne peut faire de distinction, confondu, indistinct. Un assemblage confus. Un bruit confus s'élùve, et du peuple surpris Détourne tout h coup les yeux et les esprits, BAC. Alhal. II, 2. D'ailleurs un bruit confus par mes soins confirmé, id. Baj. i, 2. Toute la Grèce éclate en murmures confus, m. Andr. i, t. Quelle Babylone est plus confuse que cette église qui se vantait d'être sortie de l'église romaine comme d'une Babylone? Boss. Variât, iv, § 7. || S" Obscur, embrouillé. Des notions vagues et confuses. Discours, style tonfus. Que de soucis flottants, que de confus nuages I corn. Poly. m, i. La nature tremblante, incerlaine, étonnée. D'un nuage confus trouble sa destinée, id. Hérael. iv, 4. Soit qu'il n'en ait conservé qu'une idée confuse , hamilt. Gramm. B. Comme si Dieu avait à notre manière des vues générales et confuses, et comme si la souveraine intelligence ne savait pas comprendre dans ses desseins les choses particulières qui seules subsistent véritablement, BOSS. Marie-Thér. Les livresque les Egyptiens et les autres peuples appelaient divins, sont perdus il y a longtemps, et à peine nous en restet-il quelque mémoire confuse dans les histoires anciennes, ID. Hist. II, t3. Je crois connaître cet homme-là; j'ai une idée confuse de l'avoir vu quelque part, LESAGE, Gil Blas, iv, 8. Ceux qui habitent celte contrée [la cour] ont une physionomie qui n'est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers qu'ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête, la brut. viii. Pressentiments confus, faut-il que je vous croie? volt. Fanal, m, 3. Un confus souvenir vient encor m'affliger, ID. Œdipe, iv, 4. Il 4° Embarrassé, en raison dusentlmentd'unefaute, ou par la modestie, la pudeur. Il a été tout confus d'être pris sur le fait. Et je suis plus confus, seigneur, de vos bontés, corn. Cinna, v, 3. Ils ne veulent pas voir leurs ennemis confus, iD. Nicom. V, 7. X mes confus regrets soyez donc moins sévère, ID. JUracl. m, i. Et qui, sans se flatter, en secret s'examine. Est de son ignorance heureusement confus, iD. Imit. 1, 2. Et présentant la foudre à mon esprit confus. Le bras déjà levé, [ils] menaçaient mes refus, rac. Iph. i, l. Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendraitplus, la font. Fabl. i, 2. Et saintement confus de nos égarements.... bac. Alhal. v, 7. De tout ce que j'entends étonnée et confuse, Je crains presque, je crains qu'un songe le m'abuse, id. Phed. u, 'i. De mes lâches bontés mon courage est confus, ID. Andr. iv, 3. Son cœur entre l'amour et le dépit confus, ID. ih. m, i . || Se dit aussi par une exagération de politesse. Je suis confus de vos prévenances. Vous me rendez confus.
— SVN. CONFUS, déconcerté, INTERDIT. L'homme confus est en proie à la confusion , c'est-à-dire à un trouble intérieur qui confond son esprit. L'homme déconcerté a perdu le concert de sa manière d'être, l'arrangement de sa tenue, l'équilibre de son attitude. L'homme interdit a penlu la parole. C'est ainsi que ces trois mots, répondant à l'idée commune de la situation d'un homme embarrassé, la représentent par des traits distincts.
— illST. xii' s. i toi crieront li nostre pero, e salf sunt fait; en lei espérèrent, e ne sunt confus, ii6er;)»aim.p. S6. Keli conselz ne soit confus, cant
CON
il soit multepliot, lob, 443. jj xiii* s. Adonques fu Lielart confus ; Que bien set qii'il en a mené Sa charue el aussi ses bues [bœufs], Ren. )7432. ||xiv«s. Et qui de vénerie ne sçatiroit respondre, soroit confus, Mndus, f'xiv, verio. \\ xv* s. Le roi Angloi.s fut tout confus, quand il ouit ce rapport, froiss. i, i, 73. Il xvi's. Ce ne sera que une dyablerie plus confuse que celle des jeux de Doué, rab. Pant. m, 3. Les songes confuz, fallaces et inoeriains, m. ib. m, t3. Il est Dieu et homme, composé de deux natures unies et non point confuses, calv. Inslil. 371. Les reprouvez ne conçoivent jamais sentiment de la grâce de Dieu qu'en confus, id. ib. 'i'21. Ils sont poussez à prier par un sentiment gênerai et confus de leur nécessité, id. ib. 077. Il ne faut pas craindre qu'il nous veuille frustrer, ou que nostre attente soit confuse [confondue] quand nous viendrons à lui, ID. ib. 704. Nostre beauté n'est en son poinct, que confuse avec celle des femmes, puérile et imberbe, mont. III, 286. Les estrangers estans venus d'ailleurs habiter Rome, n'estoient point encore bien meslez, ny entièrement incorporez et confus avec les naturels Romains, amyot. Huma, 4. Les rues furent toutes confuses et les maisons rebasties sans ordre quelconque, ID. Cam. 66. Nicias se trouva si honteux et si confus, qu'il ne sceut que dire, ID. Aie. 23. Un grand bruit de voix confuses, id. Timol. 30. Si vous voulez disputer avec eux, et par bons et valables argumens de théologie les rendre confus [les confondre], langue, 63. Quelques réchappez d'Orange les meslent, et, confus avec eux, emportent le chasteau, d'aub. Hist. i, 147.
— ÉTYM. Provenç. confus; espagn. et ital. confuso; du latin confusus, participe passé de confundere (voy. confondre).
CONFUSÉMENT (kon-fu-zé-man), adv. D'une manière confuse, indistincte. Cet horrible débris d'aigles, d'armes, de chars. Sur ces champs empestés confusément épars, corn. Pomp. i, 1. Les perles avec l'or confusément mêlées, id. Uédée, ii, B. Par un si grand bruit semé confusément, id. Hérael. n, 2. J'avais ouï parler confusément de cette lettre, sÉv. 343. Les oisillons, las de l'entendre, Se mirent à jaser aussi confusément Que faisaient lesTroyens, quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement, la font. Fabl. i, 8. 11 [l'ouvrage de Tournefort] est fait iiour mettre de l'ordre dans ce nombre prodigieux de plantes semées si confusément sur la terre et même sous les eaux de la mer, fonten. Tournefort. Hier confusément j'en appris la nouvelle, volt. Tancr. m, 4. Fables et vérités, ténèbres et lumière Flottent confusément devant notre paupière. Et l'un dit : c'est le jour! et l'autre : c'est la nuit! lamart. Uarm. m, B.
— HIST. XVI" s. Pour reprimer la folie de ceux qui sottement et confusément disputent aujourd'hui du dormir ou de la mort des âmes, calv. Inslit. 26. Confuséement [sans ordre], amyot, Nttm. 31. Cela faict, tuoient les chandelles pour paiHarder confusément les uns avec les autres, d'aub. Hist. i, 88. Joinctqu'à l'adventure ay je quelque obligation particulière à ne dire qu'à demy, à dire confusément, à dire discordamment, mont, iv, 138.
— ÊTYSI. Confuse, et le suffixe nient ; ital. confusamente. Cet adverbe devrait être confusément, l'accent y est venu par abus.
CONFUSION (kon-fu-zion; en poésie, de quatre syllabes) , s. f.\\l° Élat de ce qui est confondu , pêlemêle, indistinct. Il n'y a point eu de confusion à cette fête malgré l'aflluence. Il est vrai, monseigneur, que je n'ai jamais aimé la confusion ni le désordre, balz. liv. i, lett. 2. Profitez, pour cacher votre prompte retraite. De la confusion que ma disgrâce y jette, rac. Phèd. v, 1. Dans la confusion que nous venons d'entendre.... id. Milhr. v, 1.|| Confusion des pouvoirs, élat d'un gouvernement où les pouvoirs sont mal limités, et, aussi, où les pouvoirs, étant limités, empiètent les uns sur les autres. Il Confusion du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, état politique où la même main rétinit ces deux pouvoirs. Dans l'empire des Arabes, le califat présentait la confusion des deux pouvoirs, .spirituel et temporel. || Terme de jurisprudence. Confusion de droits et d'actions, ou, simplement, confusion, réunion en une même personne de droits concernant un même ol)jet, de qualités qui s'entre-détruisent. || Spécialement. Réunion, dans la même personne, des qualités de créancier et de débiteur. La confusion est un mode d'extinction des obligations. || Confusion de part, doute sur la question de savoir à quel père appartient un enfant, quand une femme, se remariant à la fin du troisième mois de son veuvage, accouche six mois et
CON
un jour après le second mariage. || Année de confiision, l'an de Rome 708, où le calendrier fut réformé par r :rdre de Jules Cés.ir, et qui se composa de 445 jours. I| En confusion, dans un élat où les choses sont confondues. Les objets paraissent .sombres et en confusion le matin aux premières lueurs de l'aurore, fên. Tél. xxiv. Qui croira que, les caractères de l'alphabet ayant été jetés en confusion, un coup du hasard ait ras,semblé toutes les lettres dans l'arrangement nécessaire pourdécrire de grands événeraenls?lD. Exist. 5. Et d'autres faits de même importance dont les histoires humaines ne parlent qu'en confusion, noss. Hist. ii, 1. 1| La confusion des langues, l'impossibilité où les ouvriers de la tour de Babel furent de s'entendre, suivant le récit de la Bible, qui dit que Dieu confondit leur langue qui était la même pour tous, afiu de châtier leur orgueil. Il Fig. C'est ici la confusion des langues, locution qui se dit de gens entre lesquels il n'y a point d'entente. || 2° Promiscuité. Abjlir le mariage, permettre une brutale confusion parmi les hommes, mass. A\:enl. Noël. || 3" Troubles publics, ébranlement de l'ordre établi. Dans les confusions d'une guerre civile, avec une puissance si énorme, un brouillon est à craindre, patru. Plaid. 7, d:ms richelet. Est-ce que les temps de confusion ne sont pas encore accomplis? boss. Duch. d'Orl. Que dans cette effroyable confusion de toutes choses, il est beau de considérer ce que la grande Henriette a entrepris pour le salut de ce royaume I id. Reine d' Angle!. La confusion qu'il mettait dansl'Église, id. Hist. Il, 12. Toute l'Eglise est rempUe de confusion, in. ib. i, 11. Il En confusion, en bouleversement. Les Gracques mirent tout en confusion, id. ib. m, 7. Le péché mettrait tout en confusion, id. Unité, \. Ce droit met tout en confusion, ID. Avert. 6. IJ4° Manquement à reconnaître les distinctions, les diflérencea Il commit une confusion regrettable, en atiribuanl à un autre ce qui était de votre fait. Confusion de noms, de lieux, de dates, de personnes. || B° Défaut d'ordre, de clarté. J'e.spère démêler cette confusion, corn.
Hérael. iv, 6 Chaque illusion Redoublait mon
effroi par sa confusion, corn. Hor. i, 3. D'où naît dans ses conseils cette confusion? rac. Alh. m, 3. Cet ordre si nécessaire [dans l'arrangement des végétaux] n'a point été étabb par la nature, qui a préféré une confusion magnifique à la commodité dea physiciens, et c'est à eux à mettre, presque malgré elle, de l'arrangement et un système dans les planA tes, FONTEN. rournc/brf. || 6" Profusion. Ce sens a vieilli. Il y avait à ce repas une grande confusion de mets. || En confusion, avec profusion. Ce sens vieillit. La nymphe porte un vase d'où tombent en confusion des pièces de monnaie, fén. xix, 461. Le plancher est fait de branches de bouleau ou de pin, qu'ils jettent en confusion pour leur servir de lit, regnard, Voy. en Laponie. \\ 7" Embarras que cause la honte de quelque faute, de quelque méprise, ou la modestie, ou la pudeur. Vous redoublez ma honte et ma confusion, corn. Hor. iv, l>. Faites son châtiment de sa confusion, id. Cinna, IV, 3. Vous en devriez avoir confusion, mol. Amph. II, 2. Je n'ai point voulu faire confusion à personne, BOSS. Vie rel. Dans ma confusion que Roxane, madame, Atiribuait encore à l'excès de ma flamme, rac. ilaj. ni, 4. Le souvenir de son innocence tous a couvert de confusion, M4Ss. Car. Uélange. || En confusion, confus, honteux. J'en suis en confusion pour lui, MOL. Précieuses, o. || À la confusion de. à la grande honte, au grand dépit de. Et, sans attendre d'ordre en cette occasion. Mon zMe ardent l'a prise à ma confusion, coaN. Pouxp. m, 2. Je le dis à ma confusion, sKv. 377. Il faut reconnaître à la confusion du genre humain que.... boss. Hisl. II, 3. X ma confusion, Néron veut faire voir Qu"Agrippine promet par delà son pouvoir, hao. Brit.
— HIST. XI' S. Nous est venue maie confusion , Ch. de Roi. cxc. Nouvoles De duel [deuil] et de domage et de confusion , Sa.T. xiv. Droij empereres, dit Do, je suis vostre hom; Si ne volroie vostre confusion, Raoul de C. 242. Nos avoBS pensé de la confusion de tant de livies, Machab. u, 2. || xui* s Lonfusio'is covri la moie face. Psautier, f 80. || xiv s. Et disoit que toutes choses sont faites par la contioversie des elemens du monde, par quoy il départirent de ce que il estoient ensemble en une confusion, ORF.SME, Eth. 330. Souffrir et endurer très laides confusions pour un bien qui est comme nul ou petit, c'ett condition de malvais, in. ib. 4». Car bataille de mer, c'est grant confusion, Boud deSeb. I, 664. Il xvr s. Ez confusions publiques [dans les troubles, les malheurs], uoat. i, 47. Ces confusions
CON
méritent d'esire pUistost appellées brigandages que guerres, i,»t;oue, 26. Si ne doit on pas régler les choses selon 1rs convoitises et confusions présentes, i:). ■17. La discipline et l'entretenement manquant, plus il y a d'hommes, plus il y a de desoàlre et di; confusion, id. 262. Il y a, après, la diversité de rotondes, à double rang de dantele, ou bien fraises îl confusion, d'aub. Fcen. i, 2. Je ne vis jamais une telle confusion d'opinions, ID. ib. I, •!•
— ETYM. l'rovenç. confusio; espagn. confusion; ital. confusione; du latin confusionem, de confusus (voy. coNFi;s).
CONFUT.\T10N (kon-fu-ta-sion) , s. f. Réfutation. U est vieux.
— f.TVM. ].!ii\:\confulatio,àeconfutare, confuter. t CONFUTKR (kon-fu-té), t:. a. Réfuter. Vieux.
— HlST. xvi" s. Mais j'ai honte pourtant. Dont tel opprobre on m'a peu imputer. Et que sur champ ne l'ay sceu confuter, marot, iv, si. Je confuteray, ou plustost vous monstreray , comme d'elle mesme se confute la remonstrance que vous fait le dit marquis, M. DU BRI-LAY, 490.
— ÊTYM. Latin confutare, dg cum, et futaro,iccussr.
t. CONGR flîon-i') , i. m. || 1° Mesure de capacité chez les Romains, valant 3''','J4. || 2'' Vase pour mettre l'huile de morue, lors de la pêclie de Terre-Neuve. || 3° Vaisseau de bois ou de métal pour mesurer le minerai.
— ÉTYM. f.atin congius.
f 2. CONGR (kon-j'), s. m. Terme de commerce. Variété de thé.
CONGÉ (kon-jé), s. m. || l" Libération temporaire ou définitive d'un service quelconque, d'une fonction. On voit Uégulus demander son congé au sénat, Boss. Hist. III , 0. N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêta prendre son congé, BOi:.. Épigrammes , 35. S'il était nécessaire de demander les bons offices du roi de Prusse auprès de la courde France, j'y serais d'autantplus autorisé, que, n'étant absent que par congé, vous seriez toujours à son service,, volt. Lett. d'Étallonde, 20 déc. (773. j| Dans le langage militaire, la durée légale du service militaire. Mon congé finit dans six mois. Il a fait deux congés. 1| Pour les militaires, act" qui permet de quitter le service ou de s'absenlertiiTl'Oiairement du corps. Avoir son congé. Obtenir ua coi.gé do semestre. || Pour les fonctionnaires, pour les professeurs, permission de s'absenter. Un congé de convalescence. || Dans la marine, espftce de passe-port dont doit se munir un capitaine punr aller en mer. || Dans l'ancienne législation, cetliiicat qu'un garçon ou compagnon était tenu de ^l'endre du maître qu'il quittait. Il 2° Terme ;te --.ollége. Intervalle de temps pendant lequel les oidSïes sont suspendues durant l'année scolaire. Un congé de deux jours. Un jour de congé. Pour porter son préfet [d'études] à lui donner congé, J. 1. ROVSS.Ém.iv. || 3» Permission, autorisation. Se marier sans le congé de ses parents. Je ne puis plus rien que par votre congé, CORN. Cinna, iii, 3. Le secret est à vous et je serais ingrat, Si sans votre congé j'osais en faire éclat, ID. Ik'racl. Ii, 2. Mais sans votre congé mon sang n'ose sortir, ID. 7/or. v,2. Jelui donne.... congé d'être Sosie, mcl. Amph. m, to. Et si dans quelque chose ils vous ont outragé, Je puis vous assurer cjue c'est sans mon congé, m. l'Ètour. i, 3. Pour y penser , je ne vous demanderai pas congé , siSv. ."lie. Donnez-moi, ajoute-t-elle, congéde m'en retourner il Florence , anquet. Ligue , ii , p. 25. [| 4» Permis donné par l'administration des contributions indirectes pour le transport d'une marchandise qui a payé les droits. On peut expédier le vin; voici le congé. || 5° Séparation d'avec une personne. Elle m'a donné congé, d'un cœur déjà tout détaché do la terre, sRv. t li. || Audience de congé, audience qu'un ambassadeur obtient avant son départ.|| Prendre congé, aller avant de partir saluer les personnes à qui on doit du respect et prendre leurs ordres, ou, simplement, faire .ses adieux. J'abandonne Byzance et prends cong^ de vous, cohn. l'ulch. m, t. Il ne lui permit pas de prendre congé d'elle , id. Sertor. I, 2. U vous a vue chez la reine quand vous prîtes congé, sitv. 49. Ils avaient été prendre congé à St-Germain, lu. -tos. Télémaque et Mentor prennent congé du loi, fén. Tél. xxiii. || Fig. Prendre congé, renoncer à. Elle a pris congé Et des plaisirs et du commerce, bérano. Ilad. Grég. || 6* Terme de droit. Acte par lequel un propriétaire ou un locataire signifie qu'une location cesse. Donner, recevoir congé. Accepter le congé. || Congé faute do plaider, ou défaut congé, jugement par défaut que
le défendeur obtient à l'audience contre le demandeur qui ne se présente pas. || Anciennement , congé de cour, renvoi de la demande. || Terme d'eaux et forêts. Congé de cour, sentence de décharge délivrée à des adjudicataires. || 7° Sortie d'une personne à gages hors de condition. Ce domesUque a demandé son congé. L'on me donne aujourd'hui mon congé, mol. Femmes sav. il, 6. Il Par extension. Donner à quelqu'un son congé, ce.sser de le recevoir, ne pas accueillir ses prétentions. Ce jeune homme recherchait une telle jeune
CON
jat; catal. comiat; ital. congedo; du latin comtnta- (Hï, de commeare, aller, s'en aller, passer, de cum, et meare, aller (voy. méat); l'e ou l't se changeant en j dans ces sortes de mots : somniare, songer, serriens, sergent, etc.
CONGÊABLE (kon-jé-a-bl'), adj. Terme de droit. Bail, tenure à domaine congéable, tenure autrefois en usage dans la Bretagne avec faculté pour le bailleurde congédiera volonté le preneur, en lui remboursant ses améliorations.
— IIIST. xvi's. Les maisons, fiefs, domaines confille, mais" les parents lui ont donné son congé. 11 i geables depeiidans du fief noble, et autres terre» avait donné congé a sa maîtresse, iiamilt. Gramm. nobles, soyent d'ancien patrimoine ou d'acquêts,
4. Votre frère a eu son congé de Kinon, sÉv. 37. Rustic eût dû donner congé.... à semblable écolière, LA FONT. Diable. J'ai ma pipe et vos embrassades; Venez me donner mon congé [me voir mourir^.
et les meubles seront partagés noblement entre les nobles, Coustum. génér. t. n, p. 828.
— ÉTYM. Ane. franc, cnngeer (voy. congédier).
t CONGÉDIABLE (kon-jé-di-a-bl') , ad]. Oui peut
BÉRANG. Vieux caporal. || Prendre son congé, se re- ; ou doit recevoir son congé. C'est un des hommes s'éloigner. || S" Terme d'architecture. Nom de congédiobles. || Substantivement. Tous les congédia-
tirer.
quarts de rond creux, qui font raccordement entre le fût d'une colonne et la ceinture. || Transition entre une moulure et un parement. Outil de menuisier qui sert à former cette moulure. {| Terme de serrurerie. Espèce de renfort évid.é. |j Proverbe. Pour boire de l'eau et coucher deuors, on ne djmande congé à personne.
— mST. XI* s. E s'il passe la devise [règle] sans le congé à la justice.... Lois de Guill. 6. Sire, dist Guenes, donez mei le cungied , Ch. de Roi. xxv. Prenent conget, à cel mot s'en tornerent,ti). cxciv. Il xii" s. Coiigié [permission] [je] demande à Guibor l'honorée, lionc. p. t6l. je n'ai congié que plus raison [je] vous die, ib. p. 174. Et comment Conviendra-ii qu'à la fin congié [je] prenne? Comci, XXII. Et s'il ne fust de remanoir viltance Et reproche, j'alasse demander X ma dame congié de demeurer, ib. XXIV. Senz le congié le rei ne deûst nuls duner Igliseen tut sun fin.... Th.lemart. 5». Hxiirs. Dont pristrent li message congié à l'empereour Kyrzac, viLLEH. Lxxxvii. Conglé [elle] a pris duroy, si prent à souspirer, Bcrle, xvii. Et grant foison de chevaliers et de pucieles prendent congiet au Roi et passèrent mer, Chr. de Rains, p. I3. Quant li castelains vit qu'il ne le pooit retenir , si li octria le congiez , ib. p. 66. La charretée doit de coutume quatre sols et .seize deniers de congié , Liv: des met. 273. Sovent me semont [Bel-accueil] d'aprochier Vers le bouton et d'atouchier Au rosier qui i'avoit chargié ; De ce me donnoil-il congié, la Rose, 2886. Di, Faus semblant, par quel congié Es-tu venu en ma présence? iî). t0608. Qui done congié [congédie] à son sodeer [soudoyer] , et il ne le jiaie de ce que il li deit de ses sodées, et il li die.... Ass. de/, i, 210. Et elle entent qu'elle se peut marier sans congé prendre vers vos, ib. i, 205. Et ot cascuns congié de soi marier aillors, beaum. xviii. ts. Il XV* s. Quand le roi les assiegeoit à puissance et "Is veoient qu'ils ne pouvoient eschapper, ils se boutoient en ces croûtes [grottes, souterrains] et s'en alloient sans prendre congé, fboiss. ii, m, 23. Il suffit, dit le sire de Corasse; or va, je te donne congé pour celle nuit, id. ii, m, 22. Et nous emmenèrent avec eux bien une lieue ioin, pour doute que nous ne le vous notifions trop tost, et puis nous donnèrent congé de le vous venir dire, id. i, i, 44. Le roy d'Angleterre commanda qu'on donnast congé à ce varlet [qu'on lui rendît la liberté], comm. iv, 7. Le roy leur respondit [aux envoyés], et puis leur donna congé, id. iv, 8. Ung marchant, lequel luy estoit venu demander ung congé pour tirer une quantité do vin do Gascoiigne sans rien payer, id. IV, (0. Il XVI* s. Pantagruel, prenant congié du bon Gargantua son père , monta sus mer au port de Thalasse, rab. Pant. iv, l. U veint luy demander congé de se faire mourir, mont, i, 83. Néron, prenant congé de sa mère qu'il envoyoit noyer, id. i, 270. Ils ont leur congé, au plus loing, à vingt et deux ans, id. m, 286. Branle et congié [sorte de pas ou figure de danse] je fays en toute humblesse, Touchant pas simple, ung tout seul je n'en lesse, J. MAHOT, v, 270. Qu'il faisoit déshonneur à Sparte, de vouloir enlever ce corps de Lysander par le congé et la mercy des ennemis, amyot, Ltjsand. 65. Par quoy il donna congé à ces conducteurs barbares [il les congédia], ID. Lucull. 37. Au congé prendre, il luy envoya de beaux et riches presens, qu'il refuza, ID. ii>. 39. Je le donne congé de porter ces afûquets d'or comme à un fol, in. Artax. 6. Frontenac, en lui quittant le nom et la principale charge de la guerre, portoit sa part du fardeau , comme aussi Lanoue lui quittoit l'aulhorité des sauvegardes et des congez de mer, n'AUB. Ilisl. ii, I3S.
— liiYM. Wallon, caugi; provenj. comjjt, com-
bles du régiment.
— ÉTYM. Congédier.
CONGÉDIÉ, EE (kon-jé-di-é, ée), part, passé. Il 1" Qui a reçu son congé. Les hommes congédiés à la fin du service militaire. |l2°Qui a reçu une audience de congé. Ambassadeur congédié. || S" Renvoyé hors de condition. Domestique congédié. Il 4° Oui a reçu quelque indication de s'éloigner. Congédié sans cérémonie.
t CONGÉDIEMENT (kon-jé-di-man), ». m. Terme de marine. Renvoi soit du capitaine, soit des gens de l'équipage.
— ÈTYM. Congédier.
CONGÉDIER (kon-jé-di-é), V. a. \\ 1° Délivrer un congé à des soldats, à des marins. Congédier des troupes. Je voulais sur-le-champ congédier l'armée, BAC. IpJiig. I, t. Pendant que le parlement songe à congédier l'armée, cette armée réforme elle-même à sa mode le parlement, boss. Reine d'Anglet. \\ 2° Congédier un ambassaileur, lui donner l'audience de congé. Il S'Indiquer qu'on veut que quelqu'un se retire. Après m'avoir expliqué ce qu'il voulait, il m'a congédié. Le cruel ! de quel œil il m'a congédiée ! RAC. Andr. v, l. Il y a dans les cours deux manières de ce que l'on appelle congédier son monde ou se défaire des gens, se fâcher contre eux ou faire si bien qu'ils se filchent contre vous et s'en dégoûtent, LA BRUY. viii. Il Congédier sa suite, renvoyer les personnes dont on est accompagné. Si d'un coupable espoir mon âme était séduite, Aurais-je, augré du roi, congédié ma suite? delriku, Arlax. ii, 7. || Écarter les prétentions. Il recherchait telle fille en mariage, mais on l'a congédié. || 4° Donner son congé à une personne en condition. Il a congédié ses domestiques, il Terme de fauconnerie. Congédier l'oiseau, cejser de l'employer.
— HIST. xn*s. E Samuel à itant les cungead, puis chascuiis al suen turnad. Rois, 28. || xiii*s. Issiez tantost hors de ma terie, Outr vous en congié sans doute, Et la vous vée et defiens toute, Fabl. et conte.'! anc. t. iv, p. 301. ||xv*s Que vous laissiez le voyage qu'avez commencé, en congiant vostre ost, MONSTBEL. liv. l, cft. (81. Et pour ce que ils disoient que on pourroit avoir aulcun mauvais soupçon sur eux pour ce que ils estoyent congédiés de son service, il voult que bonnes lettres eussent, Bouciq. IV, ch. o.
— i;tym. Congé ; provenç. conjiar. L'ancien français est congeer ou congier; plus tard une consonne a été intercalée: cungé-d-ier.
i CONGÉLABIUTÉ (konjéla-bi-U-té), I. f. Qualité de ce qui est congelable.
— ETYM. Congelable.
t CONGELABLE (kon-jela-bl'), adj. Qui peut se congeler. Ces léservoirs d'eau [étangs qui ne gèlent jamais dans le Haut-Canada] non coufeelables sont souvent formés pa; les c-astors eux-mêmes, ciiateaub. Amer. 128.
— KTYH. Congeler.
t CONGÉLATEUR (kon-jé-la-teur) , s. m. Appareil servant à congeler un liquide en l'entourant d'un mélange réfrigérant.
— ÉTYM. Congeler.
tCONGÉLATlF, IVE (kon-jé-U-tif, ti-v'), adj. Qui produit la congélation.
— HIST. xvi' s. Les eaux congelatives qui se lapifient au dedans des tuyaux, palissy, i46.
— ÉTYM. Congeler.
CONGÉLATION (kon-gé-la-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de congeler, c'est àdire réduction d'un liquide à l'état solide, par I» soustraction d'une partie de son calorique latent. Congélation de l'eau, du mercure, etc. || 2° Résultat de cette action, Cinquante degrés au-dessous delà
COU
CON
CON
congélation, volt. i««. à Cath. < 27. Par une singularité remarqiiabio ce maximum [de densité de l'eau) ne répond point au degré de congélation, mais au-dessus, vers quatre degrés de tliermomètre, LAPLACK, Ex/ios. I, I*. Le temps que chacun des pôles emploie chaque année à se charger de ses congélations ordinaires, bebnahd. de s. -p. Étude, 4. Il 3' Mortification des parties vivantes par l'eflet du froid. La congélation des orteils. || 4° Abusivement. Action de se coaguler, de se figer. La congélation d'une huile. || 6" Stalactite ou concrétion calcaire qui se forme dans certaines grottes. || Terme d'architecture. Ornements imitant les glaçons et employés pour décorer les fontaines.
— HIST. xiv' s. La prime congélation Du mercure, est donc mine à plomb. Traité d'aUh. 33b. || xvi' s. On n'appelle point le lait fromage auparavant sa congélation, palissy, 358. Pourriture, corruption, pertuisement, congélation des dents, paré, xv, 27. De la stupeur, congélation ou endormissement des dents, iD. t'b.
— ÉTYM. Provenç. congelacio; espagn. congelacion; ital. congeiajtone; du latin congelationem, de congelare, congeler
CONGELÉ, ÊE (kon-ge-lé, lée), part, passé. Les frimas congelés sont les seules guirlandes Qui garnissent la roche où nous nous enfonçons, lamart. Joe. m, i 17.
CONGELER (kon-ge-lé. L'emuetdejese change en è devant une syllabe muette : je congèle, je congèlerai ; mais on ne voit pas pourquoi il ne se conjugue pas comme appeler, avec deux i, ou appeler comme congeler avec l'accent grave), v. a. \\ 1° Faire passer unliquideà l'élaldeglacB. Le froid congèle l'eau.
I 2° Abusivement, figer, coaguler. Il faut un trèspetit abaissement de la température pour congeler l'huile d'olive. |{ 3° Se congeler, v. réfl. Être mis à l'état de glace. L'eau se congèle à la température zéro. Il Se coaguler. Le bouillon de jarret de veau se congèle en un moment.
— IllST. CONGELER, COAGULER, FIGER. La Congélation est le produit d'un abaissement de température au-dessous de zéro. La coagulation ne suppose aucun abaissement de température; elle se produit par la chaleur, par des acides, par la présure, et convertit le liquide en une masse tremblante, peu solide. La présure coagule le lait; la chaleur coagule le blanc d'oeuf. Se figer est dû à l'action d'un refroidissement, mais sans qu'il soit nécessaire de descendre à zéro, et d'ailleurs ne se dit que des liquides gras : l'air froid fige la graisse des viandes. L'eau se congèle et ne se coagule ni ne se fige; l'albumine se coagule; l'huile se fige; c'est par abus qu'on dit qu'elle se congèle.
— HIST. XIV s. Mieulx te vauldroit faire un autre office Que tant dissoudre et distiller Tes drogues, pour les congeler Par alambics et descensoires, fiât, à i'u'c/i. 38. Il XVI* s. Quand les sauniers ont mis l'eau de la mer en leurs parquetages, pour la faire congeler à la chaleur du soleil et du vent, palissy, 163. Sur elle en tomba une goutte [d'ambre]. Qui tout à coup se congela, marot, m, (53. Sang congelé et espaudu dessus ladure-mere, paré, viii, (8.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. congelar; ital. congelare ; du latin congelare, de cum, et gelare, geler.
t CONGÉMENT (koii-jé-man) , s. m. Terme de coutume. Renvoi du preneur à bail congéable par le bailleur.
— ÉTYM. Congé.
t CONGÊMINATION (kon-jé-mi-na-sion), s. f. Terme didactique. Formation double et simultanée.
— HIST. xvi" s. Congemi nation, cotgbave.
— ÉTYM. Latin cum, et geminatio, doublement.
CONGÉNÈRE (kon-jé-nê-r'), adj. Terme didactique. Qui est de même genre. || Terme d'anatomie. Muscles congéni'res , ceux qui concourent à produire le même efi'et; par opposition aux muscles antagonistes, qui agissent en sens contraire. Il Terme de physiologie. Hybridité congénère, hybridité produite par deux animaux appartenant k un même genre.
II Terme de grammaire. Seditdes mots de la même famille.
— HIST. xvi* s. Aux parties où les muscles congénères sont égaux en grandeur, force et nombre,
— ÉTYM. Latin congeneris, de cum, avec, et genus, genre (voy. genre).
CONGÉNIAL, ALE(kon-jé-ni-al, a-1'), adj. Qui s'accorde avec le génie de.... Des amusements cougéniaux i son âge. Bonaparte se tourna vers l'Orient, doublement congéuial à sa nature par le despotisme et I éclat, CHATEAUB. cité dans les Dictionnaires.
— H£M. L'Académie a confomlu congénial avec
congénital qui. a un sens tout différent (voy. congénital).
— ÉTYM. Latin cum, elgcnius, génie (voy. ce mot) : (|ui est do même génie, de même caractère.
CONGÉNITAL, ALE (kon-jé-ni-lal, la-1'), adj. Terme de médecine. Qui nnît avec. Maladie congénitale. Déplacements congénitaux.
— REM. L'Académie dit congénital ou congénial. C'est une confusion vicieuse. Congénial dans le sens de congénital serait un barbarisme; ces deux mots ont une signification et une origine difl'érentes.
— ÉTYM. Latin cum, et genitus, né (voy. génital): né avec.
t CONGÉRIE (kon-jé-rie), s. f. Terme de rhétorique. Synonyme d'accumulation.
— ÉTYM. Latin congeries, amas, de cum, et gerere, porter.
t CONGESTIF, IVE ( kon-jè-stif , ?ti-v' ) , adj. Il 1° Terme de botanique. Préfoliaison congeslive, celle où le limbe des feuilles est replié irrégulièrement sur lui-même. || 2" Terme de médecine. Qui a rapport à la congestion.
— ÉTYM. Voy. congestion.
CONGESTION (kon-jè-stion) , s. f. Terme de médecine. Afflux du sang dans les vaisseaux d'un organe d'ailleurs sain.
— SYN. CONGESTION, ENGORGEMENT. La COngestion
est l'effet de l'exagération des forces circulatoires dans un organe. L'engorgement est un résultat passif dans la distribution des liquides.
— HIST. XVI' s. Les causes des apostemes sont fluxion et congestion, paré, v, t.
— ÉTYM. Latin congestio, de congestum, supin de congerere, amasser, de cum, et gerere, porter (voy. gérer).
t CONGESTIONNER (kon-jè-stio-né) , v. a. Terme de médecine. Amasser, acciunuler par congestion. Il Se congestionner, v. réfl. Recevoir par congestion un afflux de sang.
— ÉTYM. Congestion.
CONGIAIRE (kon-ji-ê-r'), s. m. || 1° Distribution extraordinaire d'argent ou de vivres que les empereurs romains faisaient au peuple. || Adjectivement. Il y avait 8ooo Juifs à Rome qui recevaient les hbéralités congiaires de blé, volt. Phil. v, 304. || 2" Vase qui tient un congé.
— ÉTYM. Latin congiarium, de congius, congé. t CONGLACIATION (kon-gla-si -a-sion), s. f.
Terme de physique très-peu usité. Action de se convertir en glace.
— ÉTYM. Com, et glacer.
CONGLOBATION (kon-glo-ba-sion), s. f. Action
d'entasser, d'accumuler diverses choses les unes sur les autres. || Nom d'une figure de rhétorique, qui consiste à réunir plusieurs arguments, plusieurs raisons, pour prouver une même chose.
— ÉTYM. Latin eonglobatio, de conglobare, conglober.
CONGLOBÊ, ËE (kon-glo-bé, bée), part, passé. .Qui est amassé, assemblé. || 1" Terme d'anatomie. Glandes conglobées, les glandes ou ganglions lymphatiques , à cause de leur forme. || 2° Terme de botanique. Feuilles ou Heurs conglobées, les feuilles ou fleurs assemblées en boule. || 3° Terme de rhétorique. Accumulé par conglobation.
t CONGLOBER (kon-glo-bé) , ». a. Réunir en globe, en boule. || Se conglober, v. réfl. La matière du soleil, longtemps écartée dans l'espace, s'est couglobée, VOLT. Dial. vu, i.
— HIST. XVI' s. Par quoy le nourrissement arreslé et comme conglobé en lieu estroit, paré, xx, io.
— ÉTYM. Latin conglobare , de cum, et globus, globe.
t CONGLOMÉRAT (kon-glo-mé-ra), s. m. Terme de minéralogie. Agrégation de substances diverses.
— ÉTYM. Latin congiomeratus (voy. conglomérer).
t CONGLOMÉRATION (kon-glo-mé-ra-sion), s./". Action de réunir des substances diverses, des personnes nombreuses. L'administration municipale de Paris fait avec activité d'énormes tiavaux, des dépenses immenses pour conjurer les dangers d'une conglomération trop continûment et trop rapidement croissante. Presse sctenti/ique, 1 80), t. i,p. 240.
— ÉTYM. Conglomt'rer.
t CONGLOMÉRATIQUE (kon-glo-mé-ra-ti-k'), adj. Terme de géologie. Qui contient des conglomérats.
— ÉTYM. Conglomérat.
CONGLOMÉRÉ, ÉE (kon-glo-mé-ré, rée), part, passé. Réuni en peloton. |1 Terme d'anatomie. Glandes conglomérées, nom donné aux glandes en grappe, à cause de la multitude de granulations qu'elles présentent.
CONGLOMÉRER (kon-gio mé-ré. L'accent aigu de
mé se change en accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je conglomère ; excepté au futur et au conditionnel : je conglomérerai, je conglomérerai?; ce qui forme une anomalie regrettable), w.o. Il l'Tinna de physique. Amasser en peloton, entasser. Ils formèrent à leur confluent d'horribles contremaréci qui conglomérèrent les sables, les cailloux.... beiin DE s.-p. ^lude lY. Il 2° Se conglomérer, e. réfl. Être congloméré. X chaque position où la force centrifuge devenait égale à la pesanteur, un anneau d« matière cessait, dans le plan de l'équateur solaire., de suivre le mouvement de retraite de cette atmo sphère [du soleil]; cet anneau se conglomérait en suite en planète isolée, babinet, Comptes rendus, Ac. des se. t. LU, p. 48 1.
— ÉTYM. LaL conglomerare , de cum, et glomerare, pelotonner.
t CONGLOTINANT, ANTE(koii-glu-ti-nan, nan-t') adj. Terme de médecine. Remède conglutinant, remède qui a la vertu de conglutiner. || Substantivement. Les coiiglutinants.
t CONGLUTINATIF, IVE (kon-glu-U-na-tif, ti-v'), adj. Synonyme de conglutinant.
CONGLCTINATION (kon-glu-ti-na-sion), s. f. Action de conglutiner.
— HIST. XVI' s. Conglutination, oudin, Dict.
— ÉTYM. Lat. conglutinatio , de conglutinare , conglutiner.
CONGLUTINÉ, ÊE (kon-glu-ti-né, née), part, passé. Les fragments d'un os conglutinés par le cal.
CONGLUTINER (kon-glu-ti-né), v. a. Joindre deux ou plusieurs corps par le moyen de quelque substance visqueuse qui les tient unis. || Se conglutiner, v. réfl. Être conglutiné. Les deux fragments de l'os se conglutinèrent.
— HIST. XIV' s. Tant metez ce jus [d'une plante] à la chaleur du soleil, qu'il se tienne conglutiné et pris comme cire gommée, l/e'naji'er, II, B. ||xv's. Comme raisiné Qui conglutiné Ce qu'elle atrape, Femme est encline, Toujours elle hape Ce qu'elle agrape, le Blason des faulces amours, p. 270, dans lacl'Rne. Il XVI' s. Le second point est approcher les labiés [lèvres d'une plaie] ensemble, d'autant que, si elles n'estoient jointes, ne pourroient se conglutiner et reunir, PARÉ, vu, B.
— ÉTYM. Lat. conglutinare, de com, et gluten, colle (voy. glu).
t CONGLUTINEUX, ECSE (kon-glu-ti-neù, neùz'), adj. Tarme de médecine. Visqueux, gluant. Des humeurs putrides, tenaces et conglutineuse*, mol. Am. méd. 11, B.
— ÉTYM. Lat. congbitinosus (voy. conglutiner) t CONGRATULANT, ANTE (kon-gratu-lan ,
lan-t'), adj. Qui congratule. Ne vous embarquez nullement Dans ces douceurs congratulantes, mol. Amph. III, H.
t CONGRATULATEUR, TRICE ( kon-gra-lu-lateur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui congratule. Il Adjectivement. Un de ces prologues congratulateurs, v. HUGO, Notre-Dame, cité par legoabaht.
— ÉTYM. Congratuler.
CONGRATULATION (kon-gra-tu-la-sion), s. f.
Action de congratuler. 11 ne voulait pas recevoir les congratulations des peuples, Boss. Hist. u, 8. C'est ce qu'avaient dit publiquement les théologiens dans le synode, et ils n'en avaient pas moins mérité les congratulations et les louanges de toute cette compagnie, ID. Variai, xiv. || Ce mot vieillit; présentement on se sert plutôt de félicitation avec des égaux ou des inférieurs, de compliment avec des supérieurs.
— HIST. XVI' s. Il y a certes je ne sçais quelle congratulation de bien faire qui nous resjouit en nous mesmes, et une fierté généreuse qui accompaigne la bonne conscience, mont, m, 2B9. Le cardinal Orsinavoit esté depesché légat, portant la croix d'or pour venir en France apporter les congratulations du pape sur le fait de la St Barthélémy, d'aub. Hist. u, 7). Il y a de la congratulation, de la complaisance et satisfaction à bien faire, charron, Sagesse,
— ÉTYM. Lat. congratulatio , de congratulari , congratuler.
t CONGRATULATOIRE (kon-gra-tu-la-toi-r;, adj. Qui contient une congratulation. Epître congratulatoire.
— ÉTYM. Congratuler.
CONGRATULÉ, ÉE (kon-gra- tu-lé, lée), part, passé.
CONGRATULER (kon-gra-tu-lé) , f. a. (| f Faire un compliment de félicitation. Il congratule Théodème sur un discours, la brdy. Théophr. 6. Toute. les mères, ravies en admiration, conjtratulèren
CON