C.ON
CON
celle-ci d'avoir mis su monde de tels enfants, rol- LIN, Hist. anc. t. il, p. HG, dans pougens. Colin lui Si [à Jeannot] ces lignes pour le congratuler, VOLT. Jeannot. || 2' Se congratuler, v. réfl. Chacun sortit on se congratulant, J. B. Rouss. hv. i, tp. )8.
— REM. 1. On dit présentement féliciter ou complimenter, sauf quand il y a une nuance de plaisanterie, cas où congratuler est employé; il n'est pas rare en français qu'un mot qui vieillit se dégrade et passe dans la catégorie du langage de plai- .santerie. {| 2. Voltaire, sur la Théodore de Corneille, a dit (à propos de cette phrase de Corneille : Et certes il y a de quoi congratuler à la pureté de notre théâtre) : « Congratuler à ne se dit plus; cette phrase est latine: tihi gratulor. » Congratuler à ne se dit plus en effet, mais c'est un archaïsme, comme on peut voir par l'historique.
— HIST. XIV* s. Li latins tramistrent leurs legaz à Rome à conjoïr et à congratuler de la concorde des pères et du plcbe, bercheuhe, ^6a, verso. || xvi's. Le roi envoyant ses ambassadeurs au pape eleu pour luy congratuler sa promotion, p. pithou, 7.
— ÉTYM. Lat. congratulari , de cum, et gratulari, féliciter, dérivé de groft/^s , agréable (voy. gbé).
i. CONGRE (kon-gr'), s. m. Poisson de mer, de forme semblable à celle de l'anguille, atteignant quelquefois deux mètres de longueur, et constituant un aliment assez bon , quoique peu savoureux (murœna conger, L).
— HIST. xiii's. Et congres qui sont gros et Ions, Fabliaux, barbazan, t. iv, p. 94.||xiv"s. Congre: eschaudez-le et estuvez comme une anguille, )lénagier, ii, 5. Rost de poisson, gelée, lamproies, congres, ib. ii, 4. || xv s. Chiens de mer, marsouins, saumons, Congres, lurboz et leurs semblables, Qui sans escailles sont ntiisables, e. desch. Poésies mss. f"i85, dans lacurse.
— ÉTYM. Latin conger, congre.
f 2. CONGRE (kon-gr'), s. m. Garenne à poisson pratiquée en lit de rivière à l'aide de pieux.
— ÉTYM. Peut-être le même que l'ancien français congle, joug, bas-latin conjugla: les congles dont on joint les bues, texte de r266, dans Du Cange; ou plutôt de même radical que congréer, qui, dans l'ancien français, signifiait rassembler.
t CONGRÉAGE (kon-gré-a-j') , s. m. Terme de marine. Action de congréer un cordage.
— ÉTYM. Congréer.
t CONGRÉER (kon-gré-é) , V. a. Terme de marine. Entourer un cordage avec du fil , de manière à remplir les vides entre les torons.
— HIST. xm* s. Il se congrient [les vers] es cors par chaleur et par humeurs, ruteb. 257. || xv» s. Par guerres et divisions ont peu estre congreées haines et mautalens , chastelain , Exposition sur vérité mal prise.
— tTYfi. Ln. congregare, rassembler (voy. coN- GRÉGÉ). Le terme de métier congréer a gardé, ce qui arrive assez souvent, la forme archaïque du mot. Provenç. congriar.
t CONGRÉGANDINE (kon - gré -gan-di-n'), s. f. Religietise de la congrégation de Notre-Dame.
— ÉTYM. Voy. CONGRÉGÉ.
t CONGRÉGANISME (kon-gré-ga-ni-sm'), s. m. Néologisme né sous la Restauration, pour signifier le système d'opinions opposé au système libéral d'alors, et que la Congrégation voulait faire prévaloir.
CONGRÉGANISTE (kon-gré-ga -ni-st'), s. m.
Il 1" Membre d'une congrégation de laïques, dirigée par des ecclésiastiques. || Chez les Jésuites, un congréganiste se dit d'un écolier, d'un bourgeois qui est de la congrégation de ces pères. || Sous la Restauration, membre ou partisan de la Congrégation. Il 2° Adj. Aujourd'hui, dans le langage officiel, on distingue les écoles laïques et les écoles congréganistes dirigées par les frères des écoles chrétiennes ou par les sceurs de diverses obédiences.'
— ÉTYM. Voy. CONGRÉGATION.
CONGRÉGATION (kon-gré-ga-s!On ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Réunion, assemblée. Quand des congrégations de savants se formèrent, l'incrédulité naquit avec l'amour-propre, chateaub. Génie, m, II, 2. Une congrégation d'hommes de tant d'états différents doit faire d'une ville un séjour de délices, BERN. DE ST-p. Ch. ind. Il La congrégation des fidèles, l'Église romaine. || 2° Compagnie de religieux ou de prêtres séculiers soumis à une même règle. Congrégation d'hommes, de filles. Les bénédictins de la congrégation de St-Maur. || Autrefois, division d'un ordre religieux formée de membres do l'ordre qui, dans son sein et sous sa règle commune.
avaient un régime et des statuts particuliers. || 3» Confrérie de dévotion mise sous l'invocation d'un saint. Il Chez les Jésuites, espèce de confrérie d'écoliers, d'artisans, de bourgeois, qui s'assemblent ordinairement tous les dimanches, dans une chapelle chez les Jésuites, et qui, toutes les fêtes de la Vierge et tous les mois, se confessent au père qui a soin de la congrégation. Il Absolument, sous la Restauration, la Congrégation, association religieuse et politique qui passait pour être dirigée par les Jésuites, et qui avait (les opinions opposées à celles du libéralisme d'alors. || SaJle, chapelle où s'assemblent les congréganistes. || 4° X la cour de Rome, certain Dombre de cardinaux et d'ecclésiastiques choisis ou députés par le pape pour éclaircir ou décider quelque affaire qui regarde l'Église. La congrégation des Rites, de la Propagande. || B" Nom de certaines divisions ecclésiastiques dans les pays protestants. Les ministres sont élus par chaque congrégation.
— HIST. XII* s. Espérez en lui, tute congregatiun de pople , espandez devant lui vos cuers , Liber psalm. p. 79. Il xm* s. Et toutes les congrégations et li peules de Paris les convoiierent jusques à Saint- Denis, Chr. de Itains, p. ) 98. Bien est la chose desseignie, Qu'ele avoit à élection La greigneur congrégation, RUTEB. II, 77. ||xiv' s. Et touz ceulz qui font sacrifices et congregacions pour teles choses, il attribuent honeurs as diex, oresme, Eth. 246. i tout [srrec] leur congrégation. Dont je ne fais pas mention, j. bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 10. Sénat n'estoit autre chose que le conseil ou la congrégation des sénateurs où l'on fesoit les ordonences du peuple roumain, bercheure, f° 3. L'ame s'en duelt; ah! com dolente vie De laisser Dieu en congrégation De telz péchiez! e. desch. Intérieur des cours. Il XVI* s. Il nous fault discerner l'église de Dieu, de la congrégation des infidèles et des meschans, calv. Tnstit. 839. Le blasphémateur du nom du Seigneur mourra de mort, toute la congrégation du peuple le lapidera, langue, 8. Il esloit parvenu à entrer dans la congrégation de propaganda fide, d'aub. Vie, cxxix. Et fut arresté qu'il se feroit, en ceste capitale ville de vostre duché de Guienne, une congrégation de tous ceulx de leur ligue; la quelle congrégation nous ne pouvons appeler autrement que une vraie recognoissance de leurs forces, condé. Mémoires, p. 619.
— ÉTYM. Provenç. congregatio; espagn. congregacion; ital. congregasione ; du latin congregationeni,de cum. et qregare, de grex, gregis, troupeau.
t CONGRÉGATIONALISTE (kon-gré-ga-sio-nalis-t'), .V. m. Sectaire chrétien des Etats-Unis.
f CONGRÉGÉ, ÊE (kon-gré-jé , jée), adj. Terme didactique. Qui est réuni en masses, en tas. || 5. f. Ursuline qui ne faisait point de vœux.
— HIST. XIV* s. Il cuident que, à mettre les lois, il ne convient autre chose fors congregier, amasser ou assembler les loys anciennement approuvées, OEESME, Eth. 331. Il XVI* s. [Il ordonna] De congreger les centaures qui feirent Guerre à Saturne et qui le desconfeirent , j. marot , y, <2. Celui qui promet de faire tout ce que deux ou trois estans congregez en son nom demanderont.... calvin. Instit. 709. La poulie congrege et assemble ses petits poussins, les gardant sous ses ailes, paré, Animaux, 12. Les docteurs de la faculté de théologie seront congregés et assemblés , condé , Mémoires , p. 009.
— ÉTYM. Provenç. congregnr, congriar; espagn. eongregar; ital. congregare ; du latin congregare (voy. congrégation).
1 . CONGRÈS (kon-grê ; Vs se lie : les con-grê-z européens), s. m. Il 1° Assemblée de ministres plénipotentiaires, qui se ras.semble pour régler certains points de droit international. Assembler, ouvrir un congrès. Qu'en un congrès, se partageant le monde, Des potentats soient trompeurs ou trompés, bérang. Nouv. Diogène. || Nom collectif, désignant le sénat et la chambre des représentants aux États-Unis et en Belgique. || Assemblée des représentants du peuple belge en 1830, munie de pleins pouvoirs pour décider de la forme du gouvernement. ||l''Réunion de personnes qui, appartenant à divers pays ou provinces, se rassemblent pour échanger leurs idées ou .se communiquer leurs études sur un objet où elles .sont compétentes. Congrèsscienlifique. Congrès archéologique. Congrès de statistique. Le congrès de la paix. Le congrès de la propriété littéraire.
— REM. De CaiUières, en 1690, dit: » Le congrès de Nimègue, etc.; il faut dire l'assemliiée de Nimègue. Le mot de congrès, employé pour exprimer une assemblée ou conférence de rhinistres, est sale et barbare. i> Ce qui avait jeté de la défaveur sur ce mot, c'est l'emploi de congrès dans le sens qui su't
(voy. congrès a). Ce sens étant oublié aujourd'hui, congrès est rentré dans le plein usage.
— ÉTYM. Lat. congrestus, réunion, de congredi, marcher avec, de cum, et gradi, marcher (voy