SYN. CONSENTEMENT, PERMISSION, AGRÉMENT
Termes qui ont tous trois rapport à des actions de la vie où l'événement dépend en partie de nous, en partie de la volonté des autres. Le consentement, signifiant conformité de sentiment, veut dire qu'on tombe d'accord avec la personne qui demande le consentement. La permission est relative à des choses qui ne sont pas permises, qui sont défendues, et pour lesquelles on obtient dispense. L'agrément, voulant dire qu'on prend à gré, est une nuance du consentement.
— HIST. XIV' s. Et par ce vouloit Homerus amonnester et induire les roys de Grèce que il ne ordenassent pas de la chose publique sans le consentement et elettion du peuple , oresme , Elh. 09. Il xv s. Et disoient aucuns que c'estoit du consentement du comte d'Ammarle, fenin, <4I8. Du consentement des parties , Bouciq. i, ch. 38. ||xvi' s. Il convenoit donc aux prophètes de n'avoir nul'consentement avec telles assemblées, veu que c'eust esté une conspiration meschante contre Dieu, calvin, Instit. 843. Au premier plus effronté qui dict son chois, voilà un consentement de voix encores plus grand à refuser celuy-là, mont, iv, 83. Le plus grand argument de la vérité, c'est le gênerai consentement du monde, charron, Sagesse, i, )5.
— ÉTYM. Consentir; provenç. cossentimen; espagn. consentimiento ; ital. consentimenlo.
CONSENTI , lE (kon-san-ti , tie) , part. pass4. Terme de droit. C'est un ajournement consenti par les parties. || En général, accordé. Tant de preuves sont superflues en une vérité si visible et si généralement consentie, cosTAR, dans richelet.
CONSENTIR (kon-san-tir), je consens, nous consentons ; je consentais ; je consentis ; je consentirai ; consens, consentons; que je consente, que nous consentions; aue je consentisse; consentant, sonsenti, i). n. Il l'Se rendre à un sentiment, à une volonté, à une obligation. C'était consentir en même temps à l'extinction de la reUgion, de l'alliance et du sacerdoce , BOSS. Variai. 6' avertissement , § 24. Croyfa-vous.... Que ma foi, mon honneur, mon amour y consente? rao. Iph. iv, 6. Non, tu no mourras point, je n'y puis consentir, id. ib. i, f- H pourra consentir à ce double hyméuée, corn. Agésil. u, 6. Il Consentir à, avec l'infinitif. Et quelque grand
CON
malheur qui m'en puisse arriver, Je consens à me perdre afin de la sauver, iD. Cinna, u, i. l'eut-être à m'accuser j'aurais pu consentir, rac. Phèd. iv, 6. Toutes les fois que l'on con.sent aux vraisemblance», on se met certainement en danger de se tromper, HALEHR. Recherches, vi, i. \\ Consentir de, avec l'infinitif. Fait si bien qu'à la fin sa compagne consent De lui prêter sa hutte, la font. Fabl. ii, 7. Je puis me plaindre à vous du sang que j'ai versé. Mais enfin je consens d'oublier le passé, rac. Andr. iv, B. César lui-même ici consent de vous entendre, RAC Brit. II, t. Perrault l'antipindarique Et Despréaux l'homérique Consentent de s'embrasser , liOiL. Épigr. 29. D'autres consentent d'être gouvernés par leurs amis, en des choses presque indifférentes,la BRUY. IV. Il Consentiravecque et le subjonctif. Maisje veux consentir qu'elle soitpour uneaulre, MOL. Mis, IV, 3. Elle consent [la Société de Jésus] qu'ils gardent leur opinion, pourvu que la sienne soit libre, pasc. Prov. 4. Nous consentons que de tous les devoirs qu'il [l'Évangile] vous prescrit, vous no vous croyiez obligés d'observer que ceux.... mass. Carême, Évidence de la loi. On consent que vous borniez là toute votre piété et que vous laissiez tout le reste comme douteux, m. ib. Nous consentons que vous soyez le juge entre nous et l'incrédulité, MASS. Carême, Doutes sur la rel. Le peuple, par déférence pour le sénat, con.sentit même qu'on rétablît le consulat, vertot, Révol. rom. liv. vn, p. 4S9. S'il le faut, je consens qu'on lui parle de moi, rac. Andr. iv, -1. Je consens que mes yeux soient toujours abusés, ID. Phèd. v, 7. || 2"'Terme de marine. Se courber sous un effort. Cette %'ergue a fortement consenti. Un vaisseau a consenti dans toutes ses parties pendant l'échouage, quand toutes les liaisons en sont larguées. || 3" Terme didactique. Participer, concourir à la production d'un résultat. Hippocrata a dit que tout, dans le corps humain, conspirait et consentait. ||4° V. a. Terme de droit. Consentir la vente d'une terre, un traité, une hypothèque. Consentir l'impôt. Pour contracter une société, toutes les parties la doivent consentir, patru, Plaid, vi, dans richelet. || Dans le langage général, accorder. Il [le trône] est à l'un de nous, si l'autre le consent, corn. Rodog. ii, 4. Le consentiras-tu cet effort sur ma llamme?iD. ib. ni, 3. Partez, je le consens, id. D. Sanche, iv, 5. Mais je mourrai plutôt que de consentir rien, mol. D. Garde, i, 6. L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende, corn. Rod. iv, < . || Proverbe. Qui ne dit mot consent, c'est-à-dire, garder le silence, ne pas faire d'objection peut passer pour un consentement.
— REM. 1. L'usage constant des auteurs est de dire : je consens que.... et non : je consens à ce que : ainsi, je consens que tu ailles, et non à ce que tu ailles. Il 2. Les grammairiens ont essayé de distinguer consentir d et comend'r de, avec un infinitif, disant que consentir de veut dire ne pas s'opposer, et consentir à, donner son consentement, mais l'examen des exemples des auteurs ne permet guère de faire ces distinctions.
— SYN. CONSENTIR, ACQUIESCER. Consentir, c'est, étymologiquement, tomber d'accord. Acquiescer, c'est, étymologiquement, se mettre eu repos à l'égard de quelque chose. Dans le consentement, il y a conformité de sentiment; dans l'acquiescement il y a conformité de volonté. Un père consent au mariage de son fils. Un chrétien acquiesce à la volonté de Dieu.
— HIST. XI' S. Dist au paien : Deus tout mal te consente, Ch. de Roi. cxxii. Par ta mercit, se tel plait, me cunsent [accorde moi] Que.... ib. ccxïiv. || xn' s. Se Deus [Dieu] de gloire repairer me consent, Ronc. p. <5. Ne lui font mal, car Dex ne leur consent, ib. p. 96. Consentez moi et droiture et honor, ib. p. 4 08. Et Diex pourquoi le consent [pourquoi Dieu y consent-il] Qu'il se veut si bien mentir [qu'on veuille mentir]? Couci, iv. Quant de lui [d'elle] sont tuit mi penser. Moult me plaist ^e. que me consent [elle m'accorde], ib. p. 421. Sire, ce dist Girarz, se Dex le me consant, Jà d'endroit le message n'i perdercz néant, Sax. xii. Par tut [il] li aidera là ù raisons consent, Th. le mart. 68. ||xiii' s. La bêle lui respont : Ja l>iex na le consente, Qu'en soignentage [concubinage] soit usée ma jouvente, audef. lb BAST. Romancero, p. 2i. Se nostre sire le voit consentir, viLLEH. xii. Diex consent mainte gent traïson à fournir, Rerte, LXiii. Je verrai se c'est voirs, sa Diei l'a consenti [permis], ib. lxxxix. || xiV s. Si comme ceulz qui se consentent et tiennent une opinion des mouvemens du ciel ou d'autre speculacion, oresme, Eth. 274. || xv's. Nulle guerre entre elles [les villes de Flandre] ne se pouTOit
CON
mouvoir, k leur sire le comte ne le consenloit, FROiss. II, II, 62. Le comte a consentu, et sont issus de son hostel ceux ou aucuns qui ont fait si grand outrage, iD. ii, ii, 6). H chargeoit ces gens d'avoir fait consentir au duc Philippe ceste restitution, coM. i, 2. X quoy pour riens ceulx de la villa ne so fussent consentis, ID. v, (4. Le dit duc Phelipe consentit estre mis sus [qu'on levât] de ses gens, ID. I, 2. Dieu ne luy vouloit consentir ceste grâce que de recevoir ce saige conseil, iD. v, 8. || xvi" s. Si menterie en mes propos je mets, Je me consens qu'il face que jamais Je ne le voye, mabot, iv, 64. Les assemblées d'iceux sont conventicules profanes, avec lesquelles il ne seroit non plus licite de consentir, que de renoncer Dieu, calvin, Instit. 843. Elle qui S3 consentoit d'e.stre trompée, marc. Nouv. VII. Eumenes n'y consentit, qu'Antigonus ne luy eust.... MONT. I, 26. Ce .seroit faire tort à la bonté divine, si l'univers ne consentoit à nostre créance, ID. II, 448. Homère a esté contrainct de consentir que Venus feust blecée au combat de Troye, ID. m, 7. Hz aimèrent mieux luy consentir de bonne voulante ce qu'il leur demandoit que d'attendre qu'ilz y fussent contraintz par force, amyot. Thés. 28. Sagement il faut poiser ces choses et embrasser ce qui consent [est d'accord] à la parole de Dieu , SLEIDAN, f° 2. Plusieurs bestes et plantes estrangeres consentent de vivre parmi nous avec soin requis,
— ÉTYM. Provenç. consentir, cossentir; espagn. consentir; ital. consentire ; du latin consentire, de cuin, et senlire, sentir, penser.
CONSÉQUEMMENT ( kon - sé-ka-man ) , adv. Il 1" D'une manière conséquente, qui se suit, s'enchaîne. Bien définir ses mots pour parler conséquemment, boss. /(f'ponse. On ne peut parler conséquemmentavecnous, iD.^verl. ii.Quidoute que les enfants ne conçoivent, qu'ils ne jugent, qu'ils neraisonnent conséquemment? la bruy. xi. Aussi ne parle-t-il guÈre conséquemment et avec suite, lu. ib. Ceux qui disent que, si la matière pouvait recevoir le don de la pensée, l'âme ne serait pas immortelle, raisonnent-ils bien conséquemment? volt, fiewt. i, 7. 11 y a des hommes qui conçoivent très-distinctement et qui ne raisonnent pas conséquemment, VAUVEN. Justesse. Personne ne parlait plus juste, plus nettement, plus conséquemment [que le duc de Clievreuse], ST-siM. 192, 66. || Agir, parier conséquemment, agir, parler conformément à ses vues. [Celui-là] va seul à son but , et vit conséquemment , j. 1. Rouss. Ém. I. Il 2° Kn conséquence. Ainsi conséquemment [il en est de même] de tout dont je t'offense, Régnier, Sat. xv. Us décident en leur faveur et agissent conséquemment, la bruy. xi. Si l'Inde est la contrée la plus anciennement policée, elle doit conséquemment avoir eu la plus ancienne forme (le religion, volt. Jfœurs, 4. C'est dans ce sacrifice où le religieux se doime lui-même, qu'il donne conséquemment et qu'il sacrifie toutes ces prétentions [du monde], bourd. Pensées, t. ii, p. 424. Il Conséquemment à, en conséquence de. Conséquemment à cette doctrine. Les hommes, dirat-on, conséquemment à la prédestination de Dieu, ne sont plus maîtres de leur volonté, bourd. Carême,
1, Prédestinât. 378. Voyez si le monde n'agit pas conséquemment à cette persuasion, mass. Carême, Pardun.
— HIST. xv° S. Conséquemment au mois de mars mourut dame de Bar, comtesse de St-Pol, g. ciia.stelain, dans le Dict. de docuez. || xvi' s. La royne s'assit on premier lieu , conséquemment les aultres selon leur degré et dignité, rab. Pant. v, 33. Dindenault en print ung grant et fort parlatoysoii, cuydant ainsy le retenir, et saulv.er le reste aussi conséquemment, id. ib. iv, 8. Il feit jurer premièrement aux rois et aux sénateurs, puis conséquemment à tout le peuple, qu'ilz garderoient ses statuts, amyot, Lyc. 60. Qui se tiendroit de passer puis après en Afrique et à Carthage, qui seront conséquemment en si belle prise? ID. Pyrrhus, 30. Il no se donna garde qu'il se trouva en estroitte disette de tous vivres, et conséquemment en grand danger, ID. Arlax. 34. Desquelles toutes sera parlé cy après conséquemment l'une après l'aultre, est. de la ROCHE, Arismetique, f° BO, verso.
— ETYM. Conséquent, et le suffixe ment. CONSÉQUENCE (kon-sé-kan-s') , s. f. Terme de
logique. Il 1° Conclusion déduite d'une proposition, d'un principe, d'un fait. Les prémisses et la conséquence d'un syllogisme. D'où l'on peut tirer une conséquence infaillible, corn. Ex. de Pompée. Du premier principe il tire cette conséquence, boss. Déf. Le marquis de Villeroy a eu ordre de se re-
tirer de la cour pour sa mauvaise conduite; voilà tout ce qu'a dit Sa Majesté; on tire plusieurs conséquences; on s'en prend à des gens.... siîv. <I8. Vous verrez les conséquences qu'il en tire, pasc. Prov. 9. Ils tirent de leur conduite des conséquences pour l'innocence do M. Arnaud, m. \b. 3. Pour en tiror des conséquences qui la déshonorent, iD. ib. 13. Tirant une conséquence de ce qu'ils voyaient à ce qu'ils ne voyaient pas, ID. Pesant, de l'air, Conclusion. Ce principe: qu'il ne faut pas imputer les conséquences à qui les nie, BOSs. 3' avertissement aux protestants. C'est une maxime certaine que les conséquences de l'être sont aussi conséquences de la cause de l'être, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. <7t. Les superstitieux et les hypocrites qui l'entouraient l'ont amené de conséquence en con.séquence à rejeter les propositions avantageuses des religionnaires du nouveau monde, baynal, Ilist. phil. des Indes, xvi, 9. || Tirer une chose à conséquence, lui faire produire une conséquence. L'exemple de St-Mathias ne doit pas être tiré à conséquence , boss. Yar. xv. || Fig. Tirer à conséquence, avoir des suites, être de quelque importance (ici tirer est pris d'une façon neutre). Sans que cela pût tirer à la moindre conséquence, iia- MILT. Gramm. 9. Je ne sais si un besoin extrême ou une violente passion ou un premier mouvement tirent à conséquence, la bruy. xii. Combien de sortes de ridicules répandus parmi les hommes, mais qui, par leur singularité, ne tirent point à conséquence et ne sont d'aucune ressource pour l'instruction et la morale ! id. xi. Rien n'est plus vrai; cet aveu ne tire pas à conséquence, konten. Hélène, Fulvie. Cet accord n'est pas assez sûr pour tirer à conséquence, J. J. ROuss. IIél.\i, 10. On dit que, si j'avais de l'argent, celatireraitàconséquence,BERN. dest-p. Paul et Yirg. || En conséquence, toc. adv. Conséquemment, conformément à. J'ai reçu votre lettre et j'agirai en conséquence. || En conséquence de. J'agirai en conséquence de vos ordres, de vos avis. Agir en conséquence de cette loi, boss. Ilist. ii, 13. Il En termes d'astronomie, le mouvement d'une planète est en conséquence, quand elle se meut ou paraît se mouvoir d'occident en orient. || 2° Suites qu'une chose entraîne. Ne m'en faites point craindre les conséquences, rotr. Venccsi. m, 2. Tout risquer, sans avoir ?gard aux conséquences, hamilt. Gramm. 6. Ses moindres fautes sont d'une conséquence infinie, fén. Tél. xix. Les moindres choses ont de grandes conséquences, id. ib. xii. L'erreur d'un seul homme a des conséquences affreuses, ID. ib. xxiii. Les fautes qu'on y peut faire sont, selon notre maître Hippocrate, d'une dangereuse conséquence, mol. Am. méd. ii, B. Voilà un doute d'une terrible conséquence, pasc. Préf. Var. Un simple récit qui n'aurait aucune conséquence, ID. 2'roi!. 13. Quoique cette matière n'ait peut-être pas d'abord de quoi frapper vos esprits, vous en comprendrez néanmoins bientôt toute la conséquence, BOURD. Car. II, Observât, de la loi, 176. Il Faire des conséquences, avoir des suites. Néanmoins, le prince n'eut point d'imitateurs, et son action ne fit point de conséquence, balz. 1" histoire. Un homme mort n'est qu'un homme mort, et ne fait point de conséquence, mol. Amour méd. ii, 3. Il De conséquence, en parlant des choses, qui a des suites, de l'importance. Il sera difficile d'en proposer aucunes qui soient de conséquence, desc. Préf. Ces faits et les autres sont de la dernière conséquence, BOSS. Relut. Des choses de peu de conséquence, ID. Exp. avert. Ce sera de très-grande conséquence pour les Huguenots de ce pays, id. Lett. 112. Si vous chargiez l'un de vos gens d'une affaire de conséquence, sÉv. 329. Je sais bien qu'un bienfait de cette conséquence Ne saurait demander trop de reconnaissance, mol. D. Gare, v, 6. Un service, seigneur, de cette conséquence. Aura bien le pouvoir d'effacer votre ofi'ense, ID. ib. iv. 11. Il s'agit d'une chose de conséquence que l'on m'a proposée, ID. Mar. f. 2. Des afl'aires de la dernière conséquence vous ont obligé à partir, id. Festin de P. I, 3. Ce procès m'est d'une conséquence tout à fait grande, lu. l'Av. ii, 6. Je viens de me souvenir que j'ai une affaire de conséquence, qui ne me permet pas d'attendre, dancourt, le Cheval, à la mode, ii, 10. Je laisserai beaucoup de petites choses où il fit paraître la vivacité de son esprit; elles sont de trop peu de conséquence pour en informer la postérité, LA font. Vie d'Ésope. J'ai pensé que le sujet des disputes de la Sorbonne était d'une extrême conséquence pour la religion, pasc. Prov. t. Une affaire qui n'est d'aucune conséquence pour l'Église, IB. ib. 18. Eu voici une que, par avance, je vais
vous écrire, parce qu'elle me paraît plus de conséquence que les autres, boil. Lett. à M. deHaucroix. En des choses graves et de conséquence, la brut. iv. Comme les rois de Macédoine ne pouvaient pas entretenir un grand nombre de troupes, le moindre échec était de conséquence, moutesq. Jîom. ch. 6. Cette Ile était d'une conséquence extrême pour Charles, volt. Charles Jll, liv. viii. || De conséquence, en parlant des personnes. C'est un prélat (le conséquence, prêchant avec dignité, sÉv. 419. Cest un ami de conséquence, id. 602. C'est un ami de grande conséquence, id. 288. Il s'était trouvé dans une compagnie de grande conséquence, id. 442. Prépare-toi désormais à vivre dans un grand respect avec un homme de ma conséquence, mol. Méd. m. lui, m, 11. Comment aurais-je pu, après cela, ne pas me croire un homme de conséquence? lesage, Gil Blas, viii, 5. Il ne faut pas s'imaginer qu'Aristophane fût un homme de peu de conséquence dans sa république, comme le sont ici les poètes qui fournissent des pièces comiques au théâtre, bollin, Hist. anc. OEuvres, t. xi, p. B89, dans pougens. Il Sans conséquence, sans qu'on doive faire attention à.... Ils se voyaient tant qu'ils voulaient, sans conséquence, hamilt. Cromm. 7. En disanttoutce qu'on pouvait dire sans conséquence, il [Télémaque] savait s'arrêter aux choses (jui pouvaient donner quelque soupçon, fén. Tél. xvi. On peut, sans conséquence et sans honte, ignorer beaucoup de choses horsdeson état,DiDEH. Correspond. \\ C'estun homme sans conséquence, c'est un homme auquel on ne doit pas faire attention, «oit parce qu'il est étourdi, sans gravité, soit parce qu'il a pris ceilaines habitudes (le sans-gêne, soit parce que son âge ou son caractère écartent tout soupçon. Il vous est utile qu'un homme sans intérêt et sans conséquence vous parle en secret un langage dur, fEn. Tél. xii. Rire des gens d'esprit, c'est le privilège des sots; ils sont dans le monde ce que les fous sont à la cour, je veux dire sans conséquence, la bruy. v. Personnes commodes, agréables, riches, qui prêtent et qui sont sans conséquence, id. viii. ||3* Suite dans les idées, dans la conduite. Il faut que la vie d'un homme ait de la conséquence, et pour cela chacun doit toujours considérer son passé.
— RE.M. Des grammairiens ont affirmé que conséquence ne peut jamais se dire pour importance ; qu'autrement important pourrait se dire pour conséquent; ce qui est, comme on sait, une grosso faute. Ils ont raison. Conséquence ne veut jamais dire que suite plus ou moins grave. Mais, de là, les anciens ont tiré la locution de conséquence qui, signifiant proprement ayant des suites, a pris facilement le sens de l'importance et s'est appliqué nonseulement aux choses, mais aux personnes.
— SYN. CONSÉQUENCE , CONSÉQUENT. Ces deux mots se prennent indifféremment pour la conclusion d'un raisonnement. Cependant les logiciens font une distinction fondée. Le conséquent est la proposition même qui découle des prémisses; la conséquence est la liaison qui s'y rattache. Si le principe est faux, le conséquent sera nécessairement faux, sans que la conséquence le soit. Exemple : Toutes les cartes sont noires ou vertes; or l'as de cœur n'est pas noir; donc il est vert. La conséquence est très-exacte. Le conséquent est faux, puisque l'as de coeur est rouge. Cela vient de ce que la majeure est fausse. Les cartes sont noires ou rouges, et non pas noires ou vertes.
— HIST. xiii' s. Escheete [héritage] qui vient de père au fiz, c'est li premiers, et est li plus près à avoir le que nus de la lignie; et cmprès, li fiz do fiz, c'est li nevoz; et emprès li soz-nevoz, et emprès li fiz au soz-nevoz, et issint en coinsiguance jusques à sept degrés, Liv. de just. 231. || xv's. [Le corps ressuscitera] Pour recevoir la conséquence De ses maulx et de ses mérites, e. desch. Poésies mss. f» 433, dans LACURNE. Il xvi- s. Un faict de grande conséquence, qui estoit tel, mont, i, 38. C'est une hardiesse dangereuse et de conséquence, id. i, 204. En toutes entreprinses de conséquence, id. m, 170. Ce sont actions particulières, qui ne doyvent estre tirées en conséquences [qu'on ne doit pas suivre] , LANGUE, 68. Grâce [le Havre] et quelque bicoque da moindre conséquence. — Tant à cause de son assiette que de sa conséquence, d'aub. Ilist. m, 403. Choses de très grande conséquence, amyot, Thém. 4». La chose tire une telle conséquence après soy, que la fin n'eu peut estre que déplorable, condê, Bém.
— ETYM. Provenç. consequencia, consequenssa; espagn. consecuencia; ital. consequema; du latin consequenlia , de consequens, conséqueat.
CON
*. CONSÉQUENT, ENTE (kon-sé-kan, kan-V), adj. Il 1* Oui suit on qui se suit, c'est-à-dire qui agit ou raisonne avec suite. Un esprit conséquent signifie un esprit juste qui raisonne bien. Tous les esprits «ont conséquents, on le dit du moins, mais les philosopties semblent prouver le contraire, condillac, Art de rais, v, «. Un premier jugement en fit naître un second, et bientôt on en fit sans nombre; l'analogie conduisit d'erreurs en erreurs, parce qu'on était conséquent, ID. Logique, li, 3. L'erreur de droit influe dans toute créature raisonnable et conséquente, DiDER. ïïss. sur la vertu. Saint Paul était un génie conséquent et lumineux. — Les premiers chrétiens n'étaient-ils pas raisonnables et conséquents? l'abbé hooteville , dans desfontaines. Les poètes ne sont pas toujours conséquents, lamotte, dans desfontaines. || En parlant des choses. Conduite conséquente à la doctrine. Conclusion conséquente aux prémisses. Je n'en étais pas à dire mon avis avec colère à Mme la duchesse d'Orléans, sur sa conduite à l'égard de Monseigneur, et sa manière conséquente d'être avec lui , st-sim. 270 , Hi. Il Dans le langage philosophique on a dit aussi conséquent de. Nos actions sont conséquentes de toutes les modifications que nous recevons de la part des objets, BOULLAiNviLUERSjW/ut. de Spinosa, p. <8C. Chaque mode de la substance est borné dans le genre de son attribut, et n'est conséquence que du même attribut; car l'étendue n'est point conséquente de la pensée, iD.tb. p. 69. [| 2° Terme de grammaire. Qui suit. Relatif conséquent. Le membre conséquent dans une phrase. || 3° Terme de physique. Points conséquents, pointsqui se forment quelquefois' dans un barreau aimanté et qui ne manifestent aucune propriété magnétique. || 4° S. f. Terme de musique. Conséquente, la deuxième partie d'une fugue.
— REM. Conséquent pour considérable est un barbarisme, que beaucoup de gens commettent et contre lequel il faut mettre en garde. Conséquence ne signifie qu'en apparence importance; et cette apparence ne peut jamais se trouver dans conséquent (voy. la remarque à conséquence).
— HIST. XIV* s. Qui ayme honeur, c'est conséquent qu'il ayme hien honeste, oresmb, Eth. 84, Donques est il conséquent et bien que nous division ceste chose, id. ib. tvo. ||xvi*s. 11 nous feit quatre jours consxiquens jeusner, hab. Pant. v, ^. Soit donc qu'on regarde aux premières causes ou à celles qui sont conséquentes, tousjours y verra-on matière et signes de ruine, langue, 21.
— ÉTYM. Provenç. conséquent; espagn. consecuente; ital. conséquente; du latin consequens, de consequi, de cum, et sequi, suivre (voy. suivre).
2. CONSÉQUENT (kon-sé-kan) , s. m. \\ 1° Terme de logique. La seconde proposition d'un enthymème, par rapport à antécédent. Nier le conséquent. Il Dans un syllogisme, la conclusion même que l'on tire, indépendamment de la déduction qui la fait tirer. || 2° Terme de mathématiques. Le second terme d'un rapport arithmétique ou géométrique. La différence entre l'antécédent et le conséquent. Il 3° Terme de grammaire. Le deuxième terme d'un rapport. || i" Par conséquent , loc. adv. En conséquence. Le roi par conséquent est mort ou prisonnier, MAiR. Sophon. II, 4. Si l'on agit bien dans les affaires publiques, on offensera les hommes; si l'on y agit mal, on offensera Dieu, et par conséquent on ne s'en doit point mêler , Logique de Port-royal, 3' partie, ch. <5.
— REM. Quelques personnes disent : par conséquence; c'est contre l'usage. L'usage a préféré par conséquent kpar conséquence, et en conséquence à en conséquent, la bruy. xiv.
— HIST. XIV S. Et par conséquent elettion n'est pas ire, oresme, Eth. 64. Il aime ouvrer selon vertu, et par conséquent il a en ce delettation , id. ib. il). Il xvi* s. Aymant la pertinence, et par conséquent la briefveté, mont, i, <67. Son élection au tribunat estoit nulle, et par conséquent tout ce qu'il avoit ou fait, ou dit en iceluy, amïot, C. d'Utiq. 62. Que la loy qui regardoit la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine en ce roiaume, estoit la souveraine qui avoit jette les fondemens de sa grandeur et l'avoit fait reluire par dessus tous autres empires; de conséquent, que les autres loii lui dévoient céder comme inférieures, villeroy, Mém. t. VI, p. 380, dans lacuhne.
— ÉTYM. Conséquent t .
CONSERVATEUR, TRICE (kon-sèr-va-teur. tri-s'), ». m. et f. Il 1° Celui, celle qui conserve. Le prince est le conservateur des biens et de la liberté de ses sujets. Celte mère a été soigneuse, vigilante, conservatrice du bien de ses enfants. || 2° Titre de p.-éposés
CON
à la garde de certaines choses, de certains droits. Conservateur dos privilèges des villes. Le conservatour des hypothèques. Au fond de la salle où elle fut reçue étaient placés les conservateurs du sénat, stael, Corinne, liv. ii, ch. *. || Employé supérieur dans les musées, les bibliothèques, etc. On savait où ils étaient [les manuscrits perdus]; c'était matière à exercer le zèle des conservateurs, p. L. cour, i, 82. Il Le principal agent de l'administration des eaux et forêts. Il Conservateur des chasses, ancien privilégié ou employé dans les forêts royales. || Autrefois, juge conservateur, ou, simplement, conservateur, juge établi pour conserver les privilèges accordés à un corps. Il Titre d'office dans quelques universités et dans d'autres corps, dont les fonctions consistent à veiller au maintien des droits et des privilèges. Il Grand conservateur, une des principales charges de l'ordre de Malte. || 3* Adj. Qui conserve. Les lois conservatrices de la monarchie. Pour assurer l'exécution de ce traité, on proposa d'assembler une armée conservatrice de cette neutralité singulière, VOLT. Charles XII, B. Le Panthéon n'existerait plus s'il n'eût été consacré par le culte des apôtres.... Cet esprit conservateur se faisait remarquer dans tous les ordres de l'Église, chateaub. Génie, iv, VI, 6. Il vaut mieux menacer ces provinces et laisser aux Russes quelque chose à perdre pour les décider à une paix conservatrice, ségur, Hist. de Napol. \in, 7. Il Sénat conservateur, le premier corps de l'État dans le régime impérial. || Dans le langage politique, le parti conservateur, celui qui est opposé au parti qui poursuit le renouvellement des sociétés. On dit aussi substantivement un conservateur, les conservateurs. Le Conservateur, titre d'un journal qui dans les premiers temps de la Restauration défendit les principes de l'autorité et de la légitimité contre ceux de la liberté et du droit populaire.
— HIST. xsv s. Le prinoe est garde de juste, et conservateur de justice et de equalité , oresme, Eth. 155. Il XV* s. Conservateurs ordonnez sur l'entretenement de ce présent traicté , monstrel. t. ii, p. 17, dans LACUHNE. Par ces présentes eslisons et ordonnons conservateurs de ce presenttraicté, c'est à sçavoirde nostre costé messire.... id. ib. ||xvi* s. Ce sont les bons capitaines qui forment les bons soldats , d'autant qu'ils sont conservateurs de l'ordre et de la discipline, langue, 284. L'université de Paris a été jusques à cy très-soigneuse promotrice et conservatrice de ces droits, p. pithgu, 6. Choses odoriférantes et conservatrices [préservatrices] de pourriture, paré, Mumie, 1. Non pour vous faire ni mes tuteurs ni protecteurs du royaume ni conservateurs de ma ville de Paris, condé, Mémoires, p. 704.
— ÉTYM. Provenç. conservador , conservayritz ; espagn. conservador; ital. conservatore ; du latin conservatorem , de conservare (voy. conserver).
\ CONSERVATIF, IVE (kon-sèr-va-tif, ti-v'), adj. Qui a la faculté de conserver.
— HIST. XVI' s. Le nitre est un sel conservatif, et qui empesche la putréfaction, palissy, 243. Les espèces des indications ou enseignes prises des choses naturelles, que nous appelons conservatives.... paré, Introd. 22.
— ÉTYM. Conserver; provenç. conservatiu; espagn. et ital. conservatiro.
CONSERVATION (kon-sèr-va-sion; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. \\ l'Action de conserver, de maintenir intact ou dans le même état. Veiller à la conservation d'un monument, de ses droits. Dieu qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église, bgss. Reine d'Anglet. Il devait la conservation de sa vie à Tèlémaque, fén. Tél. xvii. Vous apprendriez que, ce prince [le dauphin] devant aller à la tranchée, M. de Vauban a augmenté toutes les précautions et toutes les sûretés qu'il a accoutumé de prendre pour la conservation des assiégeants, sÉv. 466. Je crois qu'il est certain que la conservation n'est qu'une création continuée, puisque ce n'est que la même volonté de Dieu , qui continue de vouloir ce qu'il a voulu, malebr. Recherche, éclaire. liv. I, t. IV, p. 14, dans pougens. [Dans les États despotiques) la conservation de l'État n'est que la conservation du prince, montesq. Espr. v, 14. || Conservation personnelle, le soin que chacun prend de préserver sa vie. Instinct de conservation. || Terme depharmacie. Art d'empêcher l'altération des drogues et des médicaments. || Terme de mécanique. Conservation des forces vives , condition des forces qui font qu'elles gardent toujours leur direction et leur intensité, tant que rien d'étranger n'intervient. Un des plus grands avantages qu'on tire de noti'e théorie, c'est de pouvoir démontrer que la fameuse loi
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de mécanique appelée la conservation des forces vives a lieu dans le mouvement des fluides comme dans celui des corps solides, d'alemb. Équilibre et mouvement des fluides, OEuvres, t. xiv, p. 18B, dans PGUGENS. Il est toujours certain qu'on ne doit point employer le principe de la conservation des forces vives pour trouver le mouvement d'un système de ■corps, lorsqu'on suppose qu'il y a dans ce système quelque corps dont la vitesse varie en un instant d'une quantité finie, iD. ib. p. 188. || 2° État de ce qui est conservé. La conservation de ces fruits est parfaite. Un tableau, une statue, d'une belle conservation. La conservation du teint. || 3° Charge de conservateur. La conservation des hypothèques. Il y a trente et une conservations forestières. || Autrefois, la conservation de Lyon, juridiction établie à Lyon pour juger les affaires de commerce.
— HIST. XIV* s. Et le juge doit plus amer la conservacion du droit commun, qui est bien commun, que du droit ou du bien propre d'une persone privée, ORESME, Eth. 162. Il XVI" s. Conservation [salut], amyot, Numa, 23.
— ÉTYM. Provenç. conservatio; espagn. consertJocîon; ital. conserva sione ; du latin conservationem, de conservare, conserver.
1. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r") , adj. Qui conserve. || Terme de droit. Acte conservatoire , acte de procédure qui a pour objet d'empêcher qu'il ne soit porté préjudice à un droit; opposée acte d'exécution.'Saisie conservatoire.
— ÉT'YM. Conserver.
2. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r'), s. m. Il 1° Nom de certains établissements publics. Le Conservatoire de musique, haute école de musique qui conserve l'art et qui fut fondée à Paris en 1784, à l'imitation d'établissements semblables en ItaUe, et, par extension, école où l'on forme des sujets pour la musique, la danse, la déclamation. || Le Conservatoire des arts et métiers, établissement où sont exposés des modèles de machines et où l'on fait de» cours techniques; il fut fondé en 1794. || 2° Autrefois, maison où l'on retirait des orphelins, des filles et des femmes, pour les préserver de la débauche. Il 3° Réunion des conservateurs d'un établissement. Le conservatoire de la bibliothèque impériale.
— ÉTYM. Conserver.
t 3. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r'), s. f. Ancien terme de jurisprudence. Siège du conservateur des droits de quelques corps, d'une université. Juge à la conservatoire.
CONSERVE (kon-sèr-v'), s. f. || 1° Sorte de confiture faite de substances végétales et de sucre. Conserve de fruits, de légumes. Et le printemps est toute l'année chez moi, ou en eaux ou en conserve, balz. Liv. II, lett. 4. || 2° Terme de pharmacie. Préparation de consistance molle et qui cède facilement à la pression. || 3* Substance alimentaire conservée dans des boites de fer-blanc ou des bouteilles privées d'air. Conserves de gibier, de petits pois. || 4° Terme de marine. Navire qui fait route avec un autre pour le secourir. Ce vaisseau perdit sa conserve. Un vaisseau de conserve est celui qui sert d'escorte à d'autres vaisseaux. Il De conserve, ensemble. L'Elisabeth et la frégate, voguant de conserve, rencontrèrent trois vaisseaux de guerre anglais, volt. Louis XV, 24. (I Fig. Le courrier dit à l'autre qu'il contenterait sa curiosité, s'il lui voulait donner parole d'aller de conserve, st-sim. 2, 37. Que Mars, Phébus, Bacchus. Minerve, Voguent avec vous de conserve, BÉRANG. Pauvres am. || Navire servant de dépôt dans un port. Il S°S. f. plur. Conserves, certaines lunettes qui facilitent la vue sans grossir beaucoup les objets. (I 6* Terme de fortification. Conserves ou contregardes, pièces plus longues et moins larges que les demi-lunes, qui couvrent les bastions entre le fossé et la contrescarpe. || 7° Ancien nom d'un réservoir pour les aqueducs.
— HIST. XIV* s. Mettez les noix boulir en miel, et illec les laissiez en conserve, Kénagier, ii, 6. Il xvi* s. Le nombre des navires feut tel que vou.s ay expousé ou tiers livre, en conserve de trirèmes, ramberges.... rab. Pant. iv, 1. Vous.m'amye, faicles voz honneurs comme vouldrez; vous avez en vos mains et conserve tous mes Ihesaurs, ID. ib. iv, 3. Ces barbares, sans conserve d'aucunes lettres, avoienl la cognoissance des choses advenues bien »oo ans auparavant, amyot, Préf. m, 27. Les lieux dont sourdent les fonteines n'ont pas des concavitez si capables qu'elles puissentfournir d'eau toutes prestes, comme qui les tireroit d'une conserve, i tant de gros ruisseaux et tant de profondes rivières, id. P /£nt. 32. Il se meit aussi tost à la voile, et, ayant
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attaint la flotte, allèrent tous ensemble de conserva prendre terre, amyot, Timot. * i. D'un coup entre autres tuèrent le patron d'une nef do Bretagne venant avecques luy de conserve, M. nu bell. <92. Choses aromatiques, comme electuaires, conserves, opiates, poudres, paré, v, a.
— ETYM. Voy. CONSERVER.
CONSERVÉ, ÉE (kon-sèr-vé, ïée), part, passé. Préservé de la destruction. Des manuscrits conservés avec soin. Souvenirs conservés par la tradition. Il Être bien conservé, se dit des gens d'un certain âge, qui ont encore un air de fraîcheur et de vigueur. Il Terre bien conservée, terre dont la chasse est bien gardée; locution qui a vieilli.
CONSEIIVER (kon-sèr-vé), n. o. || 1° Préserver de la destruction. Vauban étant le maître et n'étant point pressé, il conservera les hommes encore plus qu'il n'a accoutumé de le faire; et vous savez combien il est admirable dans le soin continuel qu'den prend, SÉV. m. Et par où l'un périt un autre est conservé, corn. Cinna, ii, <. Ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire, Et qui m'ont conservé le jour que je respire, id. ib. v, i. Craignez.... Que dans voire sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé, rac. Àndr. i, 2. || 2° Maintenir en état. Conserver des fruits. Conserver des habits. Il 3° Ne pas perdre. L'histoire conserve lamémoire des grands hommes. Il n'a conservé aucun de ses enfants. Empêchez-les, mes pères, de voir mes lettres, puisque c'est le seul moyen qui vous reste pour conserver encore quelque temps votre crédit, PASC. Prov. <3. Prodigue, dépensier, il ne conserve rien, Régnier, Sa(. V....Ô siècles, ô mémoire, Conservez à jamais ma dernière victoire, corn. Cinna, v, 3, Ce reste malheureux [de viej serait trop acheté, S'il le faut conserver par une lâcheté, rac. Baj. ii, 3. Par là ils conservent tous leurs amis, et se défendent contre tous leursennemis,PASC. Prov. 5. Afin de conserver tout ensemble deux choses aussi opposées en apparence que la piété et l'honneur [le point d'honneur], id. ib. 7. L'ancienne philosophie n'a pas toujours eu tort : elle a soutenu que tout ce qui était dans l'esprit avait passé par les sens; et nous n'aurions pas mal fait d'avoir conservé cela d'elle, ponten. Fragm. Connaiss. de l'esprit humain. 11 n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu'ils ménagent moins que leur propre vie, LA BHDY. XI. || Familièrement, conserver toute sa tête, posséder ses facultés soit dans un 8ge avancé, soit dans une maladie qui les trouble d'ordinaire. Il Fig. Conservez-moi votre amitié. Je conserverai toujours la mémoire de ce bienfait. || Absolument. Ce n'est pas le tout que d'acquérir, il faut savoir conserver. || 4° En parlant des choses, avoir la propriété de préserver. Cette pommade conserve le teint. Ces lunettes conservent la vue. Une vie réglée conserve la santé. || 5" Ne pas se défaire de. Il a conservé ses anciensdomestiçues. Â la paix on ne conserva que tant de régiments. Je conserve cela pour vous. C'est un rare trésor qu'elle devrait garder En conservant chez soi sa chère nourriture [son cher élève] Ou pour le consulat ou pour la dictature, corn. Nicom. II, 3. Il 6* Terme de marine. Conserver un vaisseau, naviguer de manière à ne pas le perdre de vue. || Conserver l'avantage du vent, lutter de manœuvre avec un bâtiment qui veut s'élever au vent. {| 7° V. n. Terme de trictrac. Jouer son coup sans dégarnir aucune des cases qui forment le plein. || 8° Se conserver, v.réfl,. Demeurer en bon état. Les fruits ne se conservent pas cette année. || Se conserver, garder sa beauté, ses forces. Cette femme se conserve bien. Cet homme vieillit bien vite, il ne se conserve pas. Il Continuer d'être tel ou tel. Se conserver pur au milieu de la corruption générale. || Se maintenir, durer. Cet usage s'est toujours conservé. Si Périandre voulait se conserver dans la tyrannie, fén. Piitacus. Comme l'Église d'Espagne s'était conservée sous les Ariens, les Mahométans ne purent l'abattre , Boss. Hist. i, 41. Il Être gardé dans la mémoire. Et 81 mon nom encor s'est conservé chez eux, Dis-leur ce que tu vois, et de toute ma gloire, Phédime, conte-leur la malheureuse histoire, rac. Uithr. v, 2. Il Ne pas exposer sa vie, ne pas compromettre sa santé. Un père doit se conserver pour ses enfants. En nous formant, nature a ses caprices : Les uns à s'exposer trouvent mille délices; Moi, j'en trouve à me conserver, «OL. Àmph. u, 1. 1| Se bien conduire en un temps difficile, se ménager avec sagesse entre plusieurs pa-tis, entre plusieurs personnes ennemies. On a bien de la peine à se conserver entre deux partis si animés l'un contre l'autre. Académie. Il savait se conserver dans la créance de tous les partis, BOSS. le TeUier
— HIST. IX" Si Lodhwigs sagrament, qua: son fraire Karlo jurât, conservât. Serment. ||xvi° s. Ce bruvago ne se conserve que doux ou trois jours, MONT. I, 237. Les gentils-hommes portent à leur costé les espées ceintes, pour conserver leurs propres personnes de tous outrages, lanoue, 202. Ils eurent pareil dessein d'aller vivre chacun sur le pals de son ennemi, pour conserver le sien des ravages extrêmes que font les armées, id. 048. En couservant la Normandie des Anglois, elle estoit doublement travaillée par les reistres et lanskenets,