‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 432 sur 504 · COMM. VII · texte numérisé non relu

COMM. VII

— ÉTYM. Conquét; provenç. et espagn. conquistar; ital. conquistare.

f CONQUETTE (kon-kè-l'), s. f. Nom de plusieurs espèces d'œillets.

— ÉTYM. Diminutif de conque.

CONQUIS, ISE (kon-ki , ki-z') , part, pusse de conquérir. || 1° Obtenu par la force des armes. Trois sceptres conquis Montrent à quelle école il en a tant appris, corn. Nicom. m, 2. || Traiter une province en pays conquis, la gouverner arbitrairement. || Fig. Les cœurs conquis par sa générosité. || 2° Gagné, obtenu. Décoration conquise sur le champ de bataille.

CONSACRANT (kon-sa-kran) , adj. m. L'évêque consacrant, celui qui en sacre un autre, et, substantivement, le consacrant. Le concile de Nicée veut que la décision pour ce choix [des prêtres] appartienne principalement au métropolitain, qui était le consacrant, fén. ii, 164. || Le prêtre qui dit la messe et qui consacre l'hostie.

CONSACRÉ, ÉE (kon-sa-kré, krée), part, passé. Il 1° Qui a reçu une consécration. Un temple consacré à Jupiter. Tremblant, saisi d'effroi, j'ai plongé dans son flanc Ce glaive consacré qui dut verser son sang, VOLT. Fanât, iv, 4. Cessez de mutiler tous ces grands monuments, Ces prodiges des arts consacrés parle temps, id. Orpliel. li, 6. Croyez-vous m'abuser? Couverts de noms sublimes. Ces crimes consacrés en sont-ils moins des crimes? c. delav. Yépr. sicil. v, 5. || Hostie consacrée, celle sur laquelle le prêtre a prononcé les paroles sacramentelles, selon le rite convenable. |î La terre consacrée, le cimetière chez les catholiques. || 2* Destiné à, réservé pour. Un temps consacré à la lecture. Elle tombe à genoux vers ces lieux retirés, X la nuit, au silence, à la mort consacrés, volt. Sémir. i, a. Thèbes depuis longtemps aux horreurs consacrée, ID. OEdipe, i, 1. || Les fonds consacrés à celte dépense. || 3* Sanctionné. Une expression consacrée par l'usage.

CONSACRER (kon-sa-cré) , v. a. \\ i' Dédier, dévouer à la divinité. Un temple que les rois d'Egypte

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tvaient consacré i ce Dieu, fén. Tél. ii. venez, de l'huile sainte il faut vous consacrer, rac. Athal. iv, ». De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits Au Dieu de l'univers [ils] consacraient ces pi^mices, m. ib. i, 4.||Se consacrer, consacrer à soi. Les dépouilles que le Seigneur s'était consacrées, mass. dans le Dict. de poitevin. 112» Convertir le pain et le vin en la propre suh- Btance et corps de Jésus-Christ par la vertu des paroles sacramentelles que le prêtre dit au milieu de la messe. Dans une bouche qui consacre le corps de Jésus-Christ, PASC. Prov. xi. On consacrait beaucoup d'hosties à cause de la multitude des communiants, Boss. Déf. comm. C'est aussi de vrai pain et de vrai vin que l'on consacre et dont on fait, en les consacrant, le vrai corps et le vrai sang du Sauveur, ID. Variât, liv. ii , § 38. || Absolument. On ne consacre point le jour du Vendredi saint. Le prêtre a consacré quand il fait l'élévation. || 3» Par extension, rendre sacré, respectable, honorable. Le sang des martyrs a consacré ce lieu. Ce choix pouvait combler trois familles de gloire. Consacrer hautement leurs noms àla mémoire, corn. Hor. n,U II n'y apointde particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler Dieu tout ce qu'il pense, boss. Reine d'Ànglet. Parmi tant de lieux de piété qui consacrent cette ville royale, fléch. ii, p. <88. Pour consacrer ses travaux apostoliques par les mérites de l'obéissance, II). Panég. ii, 220. De son règne naissant [il] consacre les prémices, bac. Bérén. i, 6. Sont-ce là ces projets de grandeur et de gloire Qui devaient dans les cœurs consacrer ma mémoire? rac. Bérén. IV, 4. Le peuple a jusqu'ici consacré ma bonté. Vois ce temple que Rome élève à la clémence, volt. Kort de Ces. i, 4. Et je l'ai vue aussi cette cour peu sincère. Des crimes de Néron approuver les horreurs; Je l'ai vue à genoux consacrer- ses fureurs, RAC. Bérén. 11, 2. De Manuel pour consacrer la gloire. Prêtez secours au pauvre chansonnier, bérang. J!fanuel. 1 1 4° En général, destiner, dévouer. Consacrer sa vie à l'étude. Souffrez que ma vertu dans mon cœur rappelée Vous consacre une foi lâchement violée, coBN. Cinna, v, 3. Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières, bac. Athal. i, 2. Effaçons tous ces noms Que Rome y consacrait à d'éternels affronts, ID. Mithr. m, 1. Je vous ai consacré mes sentiments, ma vie, volt. Tancr. i, 4. En consacrant tous les jours un certain temps réglé à la lecture des anciens auteurs, ils feront peu à peu un amas de richesses dont ils seront eux-mêmes étonnés dans la suile, rollin, Traité des études, 4' part, ch. i. |] 5° Sanctionner. L'usage a consacré cette locution. Les droits de mes aïeux que Rome a consacrés.... BAC. Brit. IV, 2. Les maximes que l'usage a consacrées, MASS. Profess. < . || 6° Se consacrer, v.r^/î. Se consacrer à Dieu. Il se consacra à la vie religieuse. Se consacrer tout entier à l'étude des sciences. || Être consacré. L'hostie se consacre avant l'élévation.

— HIST. XIV" s. Celui lieu devoit estre inauguré, c'est à dire consecré selon la science des augurs, DERCHEUBE, f° 57 , verso. Et les dons du magnifique ont aucunes condicions semblables as dons qui sont consecrés as diex, oresme, Eth. uo. Quant li enfes lunés, li prestresqui fu là. En iawe consacrée illooc le presigna, Band. de Seb. vu, 477. || xv's. C'est de la sainte ampoule dont monseigneur saint Rémi consacra Clovis premier roi chrestien qui fut en France, froiss. ii, ii, 74. 0 roi très chrestien, roi consacré, gerson. Sermons, dans Uist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 376. Il XVI* s. Ils disent qu'en consacrant le pain il se fait une conversion secrète, calv. Inslit. (104. Sylla, donnant et consecrant à Hercules la dixme de tous ses biens, feit de sumptueux festins au peuple romain, amyot, Sylla, 7(. Portant en sa main un mords de bride pour le consacrer et offrir à la déesse Minerve, id. Cimon, 9.

— ÉTVM. Provenç. coPÂecrar, eonsegrar; espagn. consagrar; ital. consacrare ; d\i latin consecrare, de cum, et sacrare, sacrer.

CONSANGUIN, INE (kon-san-ghin, ghi-n'), adj. Terme de droit. Qui a parenté du côté paternel seulement. Il Frère consanguin, sœur consanguine, frère, sœur de père seulement, opposé à frère utérin, sœur utérine, frère, sœur de mère seulement, et à frère germain, sœur germaine, frère, sœur de père et de mère. Il était permis [à Athènes] d'épouser sa sœur consanguine, montesq. Esp. v, 6. |j Substantivement. Les consanguins et les utérins.

— HiST. XVI' s. Frère et .sœur d'un mesme ventre succèdent l'un à l'autre, et non point frères et sœurs consanguins et utérins. A'oitr, Cottst. genér. t. Il,

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p. «06. L'un des dits enfants issus du second mariage luy succédera avant ses frères et sœurs issus (lu premier mariage, parce qu'ils ne luy sont que consanguins ou utérins du costé du premier survivant, et les autres du dit second mariage luy sont frères et sœurs d'un ventre, issus et venus tous d'un père et d'une mère, ib.

— ÉTVM. Lat. consangiiineus , de cvm, avec, et sanguis, sang (voy. sang).

CONSANGUINITÉ fkon-san-gui-ni-té; ui prononcé comme dans huile, d'après l'Académie; d'autres prononcent con-san-ghi-ni-té; cette dernière prononciation est préférable puisqu'on dit kon-san-ghin), s. f. Terme de droit. La parenté du côté du père. Les degrés de consanguinité. {| Dans l'élève des animaux domestiques, alliance que fait l'éleveur entre des individus provenant de mêmes parents, laquelle alliance est un puissant moyen pour fixer dans des sous-races certains caractères que l'on recherche. Il Terme de droit canon. Toute espèce de parenté soit du côté du père soit du côté de la mère; ne se dit qu'en matière de mariage.

— HIST. XVI* s. Mesconoissance de consanguinité et parentage, oubliance d'amitié, langue, 66.

— ÉTYM. Provenç. consanguinitat ; espagn. ccmsonguinidad; ital. consanguinilà ; du latin consanguinitalem (voy. consanguin).

CONSCIENCE (kon-si-an-s'), s. f. || 1» Sentiment de soi-même ou mode de la sensibilité générale qui nous permet de juger de notre existence : c'est ce que les métaphysiciens nomment la conscience du moi. Sitôt que nous avons la conscience de nos .sensations, J. J. Bouss. Ém. 1. C'est alors qu'il prend la conscience de lui-même, ro. ib. 2. La conscience est le sentiment intime, immédiat, constant de l'activité du moi dans chacun des phénomènes de sa vie morale, Dict. des sci. phil. Conscience. On pourrait définir la conscience le sentiment du moi dans tous les phénomènes de la vie morale, ib. || Double con- .science, phénomène qui s'observe chez les somnambules, et qui consiste en ce qu'ils ont deux existences dont chacune ignore l'autre : dans la veille, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant leur sommeil somnambulique, et, pendant le somnambulisme, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant la veille, quoiqu'ils rattachent très-bien ensemble tous les actes qui se passent respectivement dans chacun de ces deux états. || 2* Témoignage ou jugement secret de l'âme, qui donne l'approbation aux actions bonnes et qui fait reproche des mauvaises; ou, autrement, mode d'émotion de l'ensemble des instincts bienveillants et désintéressés , ensemble qui porte aussi le nom de sens moral. La voix de la conscience. Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence L'état de notre conscience, la FONT. fab!. vu, <. Il parle contre sa conscience, FÉN. Tél. m. Paul , patriarche de Constantinople, déclara sur la fin de sa vie qu'il avait combattu les images [qu'il avait été iconoclaste] contre sa conscience, uoss. Hist. i,U. X ce dernier moment la conscience presse, corn. Nicom. iv, 2. Elle lui pardonna son crime, le livrant pour tout supplice à sa conscience, boss. Reine d'Anglet. Selon divers besoins il est une science D'étendre les liens de notre conscience, Et de rectifier le mal de l'action Avec la pureté de notre intention, mol. Tart. IV, 6. M. Bucquet réunissait toutes ces qualités; il y joignait ce courage qui sait préférer le sentiment de la conscience à l'opinion de ceux même qu'on e.stime, condorcet, Bucquet. Aucun des ministres déplacés ne fut exilé; l'ambitieux est assez puni parla perte de son pouvoir; l'homme vertueux jouit en paix, dans une retraite libre, de sa renommée et du témoignage de .sa conscience, condorcet, Maurepas. S'il est contraire à la morale d'agir contre sa conscience, il ne l'est pas moins de se faire une conscience d'après des principes faux et arbitraires; l'obligation de faire sa conscience est antérieure à l'obligation de suivre sa conscience, MIRABEAU, Collection, t. V, p. 303. VOUS [les quakers] n'avez pas pris Dieu à témoin, mais vous avez attesté votre conscience, et une conscience pure n'est-elle pas aussi un ciel sans nuage? m. ib. t. v, p. 364. Ordonnez, rien ne coûte à son obéissance. Et du soin de vous plaire il fait sa conscience , M. J. cuénier, Tihère.i, 4. || Pénétrer dans la conscience, savoir ce qui est dans le cœur d'autrui. Les juges, qui ne pénètrent pas dans les consciences, ne jugent que par le dehors de l'action, au lieu que nous regardons principalement à l'intention, pasc. Prov. vu. || Opprimerles consciences, empêcherparla force etl'intimidation la manifestation des sentiments religieux ou moram Les corsciences hardies opprimèrent

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les consciences faibles, et l'époque de ce grand phénomène fut celle d'une grande servitude, bay- NAL, Hist. phil. IX, 29. Il La conscience publique, l'ensemble des opinions morales d'une société, d'un peujile, d'une époque, qui font approuver ou blâmer. Quelles que soient ces lois, il faut toujours les suivre et les regarder comme la conscience publique, à laquelle celle des particuliers doit se conformer toujours, MONTESQ. lelt. pers. 429. || Sur mon honneur et sur ma conscience, serment que prononce le chef du jury avant de lire le verdict. || Sur ma conscience, en ma conscience, en conscience, sorte de serment familier. || Avoir une chose sur la conscience, .se la reprocher. Vous ne pouviez les porter longtemps sur la conscience, mass. Avent, Délai de la conv. Il Familièrement. Avoir sur la conscience, répondre de. M. de la Garde aura sur )a conscience tous ces mariages, sÉv. 314. Vous voulez donc q!ie je mette sur ma conscience le paquet de cette femme? id. 62. Je mets sur votre conscience tout le bien que vous dites de mni, m. 233. || J'en ai la conscience nette , je n'ai point cela à me reprocher. 1| Avoir les mains pures et la conscience nette, être irréprochable. || Dire tout ce qu'on a sur la conscience, donner un libre cours à des plaintes qu'on croit fondées et qu'on retenait. |{ Décharger sa conscience, soulager sa conscience, dire une pensée intime que l'on croit devoir dire. {| Avoir de la conscience, être homme de conscience, être incapable de forfaire à l'honneur, à la probité. Je serais assez lâche pour vous déshonorer? Non, non, j'ai trop de conscience pour cela, mol. Fest. de P. Il, 3. Quand ils sont gens de conscience, PASC Prov. 8. Nous avons considéré, à l'égard des valets, la peine qu'ils ont, quand ils sont gens de conscience, à servir des maîtres débauchés, PASC. i6. Il N'avoir point de conscience, être sans conscience, ne se faire scrupule de rien. || Avoir la conscience large, avoir peu de scrupules. L'un et l'autre avaient la conscience assez large, scarr. Rom. com. ch. <3. || Mariage de conscience, mariage que l'on fait pour satisfaire à sa conscience, pour régulariser une union irrégulière. Ohl puisque c'est un mariage de conscience , j« n'ai plu» rien à vous dire, dancodrt. Chevalier à la mode, I, 3. Il Faire conscience de, avoir conscience de, avoir scrupule de, ne pas vouloir. Et de m'ôter mon bien que l'on ait conscience, régnieb, Sat. m. Je fais conscience de la regretter, voit. Lett. 7). Qui n'a pas honte de manquer de parole aux hommes, ne fait pas conscience de tromper les dieux, VAUG. Q. C. 424. Alix fit conscience De n'avoir pas mieux gagné son argent, la font. Quipr. || On a dit aussi, avec la négation, ne pas faire de conscience. N'en faites point de conscience, la font. Cord. Il Dans le même sens, se faire une conscience. Vous vous feriez une conscience de faire payer ce que vous ne pouvez leur apprendre [à vos disciples], FÉN. Socrafc. f|Se faire une affaire de conscience, regarder comme un devoir. Ils .se font une affaire de conscience de souffrir toutes sortes de religions, MONTESQ. Esp. XXV, ( 5. || C'est conscience de, il y a conscience à faire telle chose, c'est-à-dire on la ferait si la conscience ne s'y opposait, on serait coupable de la faire. Ton cœur.... tiendrait ses lâchetés à quelque conscience , règnier , Épit. m. Mais au moins, monsieur, ne m'allez pas tromper; il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez que j'y vais de bonne foi, mol. Fest. de'P.u, 2. C'est une conscience Que de vous laisser faire une telle alliance, ID. Tart. ii, 2. C'est conscience àceux [de tromper ceux] qui s'assurent en nous. Mais c'est pain bénit, certe, à des gens comme vous, id. Éc. des mar. i, 4. Il y avait de la conscience à laisser tromper le pauvre Savoyard, hamilt. Gramm. 3.11 fait trop cher mourir, ce serait conscience; Jamais de mon vivantjen'aimailadépense, regnard. Légat. IV, 6. Il En silretéde conscience, à l'abri des reproches que peut faire la conscience. Les services qu'ils peuvent rendre en silretéde conscience, pasc. Pror. 6. Il En conscience, selon les lois de la probité, les r'gles de la conscience. Dites-moi en votre conscience, BÉiiNiER, Sa(. VIII. Relever ses cheveux, dire: en ma conscience, id. th. En conscience, quels desseins peut avoir un homme entre le sentiment du mal e i l'appréhension de la mort? balz. liv. ii, lett. 3. Agissez en conscience dans le rapport que vous faites, BOSS. Lett. abb. 87. On ne peut pas se déclarer en conscience, id. ib. 3|. On ne peut pas en bonne conscience enseigner diversement, id. Far. iv. 11 dit que le pauvre peut voler le riche en conscience; PASC. Prov. 12. Vous êtes obligés, en conscience, de dire ... ID. l'rov. a Je r<e crois pas que je doive

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croire en conscience ce que vous m'en dites , sév. 8(2. Il En bonne conscience signifie aussi avec franchise, li Par acquit de conscience , proprement pour le seul effet d'acquitter la conscience, et, par suite, négligemment, sans intérêt. 11 a fait cela par acquit de conscience. || 3° Terme de religion. Le sentiment des fautes commises. Faire son examen de conscience. Directeur de conscience. On ne les envoie à la mort qu'après leur avoir donné le moyen do pourvoir à leur conscience, p\sc. Prou. )*. On se f?it aisément de fausses consciences; on étouffe tous les remords du péché, boubd. Pensées, t. i, p. <6. Ils [ les jésuites ] ont assez bonne opinion d'euxmêmes pour croire qu'il est utile et comme nécessaire au bien de la religion, que leur crédit s'étende partout et qu'ils gouvernent toutes les consciences , pasc. Prot). h. On est obligé de reprocher à ces peuples d'avoir été trop soumis, puisqu'ils ont mis sous le joug leur foi même et leur conscience, Boss. Reine d'Angle t. Wei'irée à la campagne, séquestrée du monde, elle s'occupa trois ansentiersàréglersa conscience et ses affaires, iD. Anne de Gons. \\ Cas de conscience, difficulté sur ce que la religion permet ou défend en certaines circonstances. Vous avez très-bien résolu le cas de conscience, boss. Lett. abb. 22. Quand vous avez entrepris do décider les cas de conscience d'une manière favorable et accommodante, pasc. Prov. t3. Il Se faire un cas de conscience de quelque chose, s'ea faire scrupule. || Liberté de conscience, liberté de ne pas professer la religion dominante dans un pays et de suivre en secret celle à laquelle on appartient; elle diffère de la liberté des cultes qui permet d'exercer le culte auquel on est attaché. Il Conseil de conscience, conseil qui était autrefois établi pour régler les affaires ecclésiastiques. || 4° La région du cœur considéré comme le siège de la conscience; ne s'emploie, en ce sens, que dans les locutions suivantes : Mettre la main sur la conscience, s'examiner de bonne foi. Mais, monsieur, mettez la main h la conscience, est-ce que vous êtes malade? BOL. Mal. im. i, 6. Que chacun mette la main à la conscience , boss. Préf. rel. Mets la main sur ta conscience, ID. Nécess. I. Mettons la main sur nos consciences, id. Soumiss. 2. Mettez la main à la conscience, n'ai-je pas plus de droits que lui [le duo de Chevreuse]? st-sim. 299, 419. || Elliptiquement, j La main sur la conscience, en toute sincérité. Ditejnous, la main sur la conscience, si vous avez quelque chose k vous reprocher. || Familièrement. Se mettre quelque chose sur la conscience, mettre quelque chose dans son estomac, l'avaler. Mettez ce verre de vin sur votre conscience. || Partie ronde que le serrurier appli(iue contre sa poitrine, quand il fait tourner un outil muni d'une mèche. || 5" En un sens restreint, soin minutieux. J'ai fait ce travail en conscience. J'ymelsdela conscience. || 6°Termod'imprimerie. Travail à la journée, sans autre mesure que la conscience de l'ouvrier. Mettre un compositeur en conscience. || Les compositeurs qui travaillent en conscience. C'est ordinairement la conscience qui corrige les tierces. || Le lieu où ils travaillent.

— HIST. xir s. Sa cun.science le remorst. Rois, 2)6. Il XIII' s. Tu as feite moult bêle fin, se ta concience est tex come la semblance, Merlin, f° 70. La coscience le roi de France fut apaisie , Chron. de Rains, p. 234. Cui consciencenereprent, tb. p. 235. Et dit au conte frévêque] : ne troublez pas rostre conscience quant le patriarche ne vous absout , joiNV. 274. Il XIV' s. Que dieux lui dointvoloir, conscience et advis De moi ce pardonner qu'envers lui ai mespris, Guescl. 797. Car telle conscience avoit ou [au] chevaUer, Jà n'essauchast le tort, ains le volt abaissier, Baud. de Seb. viii, 462. Et que tu t'armes volentiers; Car c'est tes souverains mestiers; N'autra honneur, n'autre science Qu'armes, dames et conscience, maciiault, p. 417. Que tout cil qui ne puent [peuvent] estre en religion corporelment soient en religion spirituelment ; hé biaus sire Dieu! où sera ceste religion fondée, ceste abeie plantée? Je di qu'ele sera fondée et plantée en une place qu'on appelle conscience, Li enseignemens de l'ame, dans Ilist. liU. de la Fr. t. xxiv, p. 375. Il XV* s. Sire, vous ne pouvez, à conscience, bonnement faire ce voyage, si l'Eglise n'est à un, feoiss. m, IV, 4 7. Il ne peut estre que en un tel ost que le roi d'Angleterre menoit, qu'il n'y ait des vilains garçons et des malfaiteurs assez et gens de petite conscience, ID. I, I, 272. Il [l'archevêque de Cantorbie] le [Jean Balle] faisoit grand conscience de le faire mourir, id. ii, ii, 4 oo. A leur despartement ils trouvèrent quatre nefs anglesches chargées de pourveanceset de chevaux, quis'estoient tenues au dessus de la bataille : si eurent bien conscience, quel temps ni

CICT. DE LA r.ANGt'E FRANÇAISE.

quel tempesle qu'il fist, de prendre ces quatre vaisseaux et de les attacher aux leurs et emmener après

eux, ID. I, I, 41)6 Fouis est et foie Qui conchie

[salit] sa conscience; Tien toudis vraie ta parole, E. DESCHAMPS , Il faut toujours tenir. Doulce amye , plaise vous de entendre à moy; dire vous veulx ma conscience [vousdire ce que je pense] , Perceforest,t. v, f° 64. Il luy suffist qu'elle ait Dieu, conscience et vérité pour soy, et qu'elleprouffito au bien commun, GERSON, Harangue auroi CharlesYI, p. 4 9. 11 mourut assez soudainement [Mahomet II]; touteffois il fist testament, lequel j'ay veu, et fist conscience d'ung impost que nouvellement il avoit mis sur ses subjeotz, cou. VI, 4 3. Il faut de ce bon vin laver sa conscience, BASSELIN, LU. |{ XVI" S. Aucunsen mangent avec ceste conscience [croyance, scrupule] comme si elles estoient dédiées aux idoles, et leur conscience infirme est violée, cÂlv. Instil. 062. Puis quand il eut prins sur sa conscience Broc de vin blanc, du meilleur qu'on eslise, mabot, m, 84. Mais dictesmoyen conscience, N'apprend-on sagesse ou science Qu'en livres françois seulement? id. iv, 4 65. D'un default naturel on en faict un default de conscience, MONT. I, 34. Ma conscience ne falsifie pas un iota, ID. I, 4 03. Plutarque faisoit conscience de vendre un bœuf qui l'avoit longtemps servy, ID. ii, 4 35. 11 me confessera, s'il parle en conscience, que.... id. ii, 227. Veu le grand nombre de personnes qui ont eu la conscience plus large que la manche d'un cordelier, LANGUE, 97. En telle guerre on n'auroit la conscience agitée d'aucun remord, id. 455. On void quelques huguenots qui font conscience de rire, id. 497. La vraye vertu se contente à par soy de la conscience d'avoir bien fait, amyot, Préf. vi, 34. Par manière de descharge et acquit de conscience, id. Numa, 4 8. Tout estoit plein de ceux qui de peur faisoient conscience, d'aub. Hist. I, 4 43. Je n'avois pas bien dormy la nuit, et sans mentir j'eusse voulu ma conscience couchée à part, id. Conf. u, 9. Sachans qu'ilz ne pourroyent innover les choses sans l'œuvre des grands, ils les voulurent gaigner, leur proposant liberté de conscience [de faire ce qu'ils voudraient], condé, Mémoires, p. 641. Conserver les pauvres fidèles de ce royaume en la liberté de conscience qu'il a pieu au roi leur permettre par ses edits,iD. t'b. p. 648. Et ayant trempé une rostie dedans [un breuvage] , la mangea et jetta sur sa conscience tout ce qui estoit au verre, Straparole, 6' nuit, Fab. I. Quand la bourse s'estrecist, la conscience s'eslargist, Contes d'Eulrapel, p. 442, dans lacurne. On peut user une fois l'an de sa conscience, le ROUX DE LiNCY, Prov. t. II, p. 363. Qui n'a conscience n'a honte ne science, id. ib. p. 397.

— ÉTYM. Provenç. conciencia , cossiencia; espagn. concientia; ital. cosciensa ; du latin conscientia, de cum, et scientia, science.

CONSCIENCIEUSEMENT ( kon - si - an - si - eû - ze man) , adv. D'une manière consciencieuse. Je ne sais même si on n'aurait pas moins de dépit de se voir tuer brutalement par des gens emportés que de se sentir poignarder consciencieusement par des gens dévots, pasc. Prov. vu.

— HIST. xvi" s. Gens qui fort consciencieusement administroient la justice aux parties, carl. vu, 25.

— ÈTYM. Consciencieuse, et le suffixe ment. CONSCIENCIEUX, EUSE (kon-si-an-si-eù, eil-

z'), adj. Il 1° Qui a de la conscience, en parlant des personnes. Il est consciencieux jusqu'au scrupule. L'électeur plus consciencieux ne voulait pas qu'on lui donnât le nom d'empereur, boss. Variât, viii, § 4. Le duo de Saxe, le plus consciencieux des protestants, boss. Variât. Déf. 4" dise, jj 42. ||2° Conforme à la conscience, en parlant des choses. Travail consciencieux. Juger d'une manière consciencieuse. Il S. m. Les consciencieux, nom de sectaires qui rejetaient toute loi en dehors de la voix de leur coascience.

— HIST. xvi* s. La prudente et consciencieuse discrétion de M. de Vieilleville, carl. viii, 4 0. Je ne foys nul doubte qu'il ne creust ce qu'il escrivoit; car il estoit assez conscienlieux pour ne mentir pas mesme en se jouant, mont, i, 224. Ce doibt estre une volupté aulcunement prudente et consciencieuse, ID. ib. 226. Charles Quint disoit qu'estant courageux, ambitieux et grand guerrier, il ne pouvoit estre très bon religieux et conscienlieux, bhant. Levé.

— ÉTYSI. Conscience.

t CONSCIENT, ENTE (kon-ssi-an, an-f), adj. Terme de philosophie. Qui a la conscience de soimême; qui .se sait exister. Nous sommes conscients de toutes ces choses , nous sentons que c'est en nous , dans notre moi qu'elles se passent, bonnet, Essai

psychol. ch. 36. L'âme est consciente de tous le» mouvements des doigts et de ceux du poignet, id. ib. ch. 40. Pour Plotin la valeur des êtres décroît dans la même mesure que la vie consciente augmente, NICOLAS, Étude sur le néo-platonisme duni le Disciple de J. C. nov. 4 868, p. 480.

— ÉTYM. Latin eonsciens, qui sait avec soi-même, de conscire, de cum, eiscire, savoir (voy. science).

t CONSCRIPTEUR (kon-skri-pteur), s. m. k l'université de Paris, docteur qui était chargé, à la fie des délibérations, d'aller aux bureaux pour examiner les avis et les vérifier.

— ÉTYM. I.at. conscriptor (voy. conscrit) .

t CONSCRIPTIBLE (kon-skri-pti-bl'), adj. Terme d'administration. Susceptible d'être appelé par la conscription.

— ÉTYM. Voy. CONSCRIT.

CONSCRIPTION (kon-skri-psion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Appel au service militaire, par voie du tirage au sort, des jeunes gens quand ils ont atteint un âge déterminé par la loi. X^ couscription de 4842. Tomber à la conscription, avoir un numéro qui fait qu'on est compris dans la levée. Echapper à la conscription, avoir un numéro qui n'y est pas compris, quand on n'appelle pas tous les hommes d'une môme année. La conscription a été établie par une loi de l'an VI. Au moment où j'écris ces lignes, le 4" décembre 4789, l'assemblée nationale n'a point encore déterminé par un décret si elle fera recruter l'armée par le moyen de la conscription militaire, ou si elle conservera l'antique manière de recrutements à prix d'argent, Encycl. méthod. Art militaire, conscription. 11 n'est que quatre manières de recruter une armée : les enrôlements volontaires; les enrôlements à prix d'argent; le sort qu'on peut confondre avec la presse, et la con.scription militaire, ib.

— HIST. xvi* s. La cause par laquelle telles aneurismes deviennent grosses et leur conscription [enveloppe] osseuse, c'est.... pabR, v, 30.

— ÉTYM. Provenç. conscriptio ; du latin eonscriptionem, de conscriptus (voy. conscrit). Ce mot est emprunté à la langue latine où l'on di.sait cotucribere Iwmines, lever des hommes, les inscrire sur le rôle militaire.

f CONSCRIPTIONNAIRE (kon-skri-psio-nê'r'J, s. m. Celui qui est soumis à la conscription.

— ÉTYM. Conscription.

t CONSCRIPTIONNEL, ELLE (kon-skri-psio-nèl, nè-l'), adj. Terme d'administration. Qui concerne la conscription.

— ÉTYM. Conscription.

CONSCRIT (kon-skri; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'i se lie : les kon-skriz et leurs parents), s. m. || 1° Jeune homme inscrit au rôle de la conscription. || Jeune soldat. Exercer des conscrits. Conscrits, au pas. Ne pleurez pas. Marchez au pas, au pas, au pas, bérang. Le vieux caporal. || Famihèrement. Un conscrit, un homme jeune et inexpert. Le général : Ah l ils m'ont mis dedans comme un conscrit, bavard et dlma.noih, les Aides de camp, se. 20. || i° Adjectivement. Les pères conscrits, les sénateurs de l'ancienne Rome (nom qui, d'abord donné aux sénateurs adjoints par Romulus, passa au corps entier du sénat).

— HIST. XIV" s. D'ilecques vint que en sénat en eust tousjours aucuns qui fussent appelez pères conscrips ; pour ce il appelèrent celui nouvel sénat couscrips et esleus, bebcheure, f° 28, recto.

— ÊTYSl. Lat. conscriptus , de comerifcere, inscrire, de cum, et scribere (voy. écrire).

CONSÉCRATEUR (kon-sé-kra-teur) , i. m. Celui qui consacre. Depuis que je suis destiné à être votre consécrateur [au sacre de l'électeur de Cologne] , je ne lis plus aucun endroit de l'Écriture qui ne me fasse quelque impression par rapport à votre personne, FÉN. XVII, 435.

— ÉTYM. Lat. consecrator, de consecrare, consacrer.

CONSÉCRATION (kon-sé-kra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1* Détermination d'une chose ou d'une personne à quelque usage religieux, quse fait ordinairement avec des cérémonies religieuses. La consécration d'un temple. || Terme de numismatique. Apothéose d'un empereur romain, ordinairement figurée par un aigle qui prend son essor. Il Dans le langage général, destination. La consécration de ce bâtiment à un service public, etc. Il 2" Action du prêtre qui consacre le pain et le vin à la messe. Au moment de la consécration. || Action de consacrer un évèque, un prêtre, une religieuse. Le P. Bourgoing n'avait pas attendu la consécration mystique; il s'était dès sou enfance consacré lui-

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mémo par la pratique persévérante de la piété , Boss. Oraù. fun. Bourgoing. Faibles évoques, malheureux clerfîé qui aime mieux prendre la forme de la consécration dans le livre fait depuis peu, il n'y avait que dix ans, sous Edouard VI, et confirmé par l'autorité du parlement, que dans le livre des sacre- ■mentsde saint Grégoire, boss. Variai, liv. x, § (o.

— HIST. iiit" s. Nos apelons proprement saintes choses qui ne sont ne saintes ne dessaintes, mes sont confermées par consécration, Liv. de just. <i&. Le servise de sainte Esglise escoute dévotement et do cuer et de bouche, especialement en la messe, que la consécration est faite, joinv. 3oo. {| xV s. \vant la consécration, le roi fit là devant l'autel tous les jeunes chevaliers nouveaux, fhoiss. h, 11, 74.

— ÉTYM. Provenç. consecracion ; espagn. comagracion; \la\. consecrazione ; du latin consecralionem, de consearare, consacrer.

CONSÉCUTIF, IVE ( kon-sé-ku-tif , ti-v'), adj. Il 1° Se dit de choses qui se suivent immédiatement l'une l'autre. Pendant trois jours consécutifs. Elles sont toutes consécutives l'une à l'autre, desc. l'homme. On dit qu'Auguste, au retour de ses expéditionsmilitaires, ne crut pas pouvoir mieux se délasser de ses fatigues qu'en entendant la lecture de cet admirable poème [l'Enéide], à laquelle il donna quatre jours consécutifs, rollin, Hist. anc.liv. xxv, ch. i,art.2. Il 2° Qui est la suite de quelque chose. Le dépérissement de sa santé consécutif à de longs chagrins. Un tremblement de terre et ses effets consécutifs. Il Terme de médecine. Phénomènes ou accidents consécutifs d'une maladie, ceux qui se développent après qu'elle a cessé, ou, pendant son déclin, sans avoir de rapports directs avec elle.

— ÉTYM. Voy. CONSÉCUTION.

t CONSÉCUTION (kon-sé-ku-sion) , s. {. Enchaînement; rapport d'antécédent et de conséquent. Il Terme d'astronomie. Mois de consécution, l'espace de temps entre deux conjonctions de la lune avec la soleil, dit aussi synodique et de progression. Cet espace est de vingt-neuf jours et demi.

— HIST.xvi's.Lasignificaliondecemot [rhythme] est fort ample , et emporte beaucoup d'autres termes , comme reigle, mesure, mélodieuse consonance de voix, consécution, ordre, comparaison, uu bellay, I, 30, verso.

— ÉTYM. Provenç. consecutio; espagn. consécution; du latin conseculionem , de tonsequi, de cum et sequi (voy. suivre)-

CONSÉCUTIVEMENT (kon-sé-ku-ti-ve-inan) , adv. D'une manière consécutive, lia eu consécutivement trois grandes maladies. U entrait d'autres personnes sur le théâtre, ensuite d'autres prenaient leur place, et ainsi consécutivement jusqu'à la fin de la cérémonie, LE CHEV. DE TERLON, ISém. 2" part. p. 609, dans RICHELET.

— HIST. ivi' s. L'inspiration sacrée des muses, ayant premièrement agité le poète, frappe encores par le poète l'acteur et par l'acteur consécutivement tout un peuple, mont, i, 206.

— ÉTYM. Consécutive, et le suffixe ment.

t CONSEIGLE (kon-sè-gl') , s. m. Terme d'agriculture. Mélange de seigle et de froment, ou de seigle et d'avoine, dont on fait un semis.

— ÉTYM. Com, et seigle.

t CQNSEIGNEUR (kon-sè-gneur) , s. m. Terme de droit féodal. Celui qui était, conjointement avec un autre, seigneur d'une terre.

— ÉTYM. Com, et seigneur.

CONSEIL (kon-sèll. Il mouillées, et non kon-sey"), s. m. Il l" Opinion exprimée pour engager à faire ou à ne pas faire. Donner un conseil. Je ne veux plus écouter tes pernicieux conseils, fén. Tél. vu. Suivre le conseil flatteur des insensés, id. ib. ii. Un généreux conseil est un puissant secours, corn. Héracl. v, 6. Je suis homme aussi de conseil, mol. Sicilien, <3. Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles Do tout conseil barbare et mensonger, hac. Esth. ni, 3. Tite Live dit que le premier degré de mérite pour un homme qui commande est de pouvoir par lui-même prendre un bon parti; que le second est de savoir au moins suivre un bon conseil ; mais que de ne pouvoir faire ni l'un ni l'autre, c'est la marque d'un petit esprit, hollin. Traité des Et. S* part. ch. t . Egalement estimable et de ce qu'elle savait trouver les sages conseils et de ce qu'elle savait les recevoir, boss. Duch. d'Orl. \\ Prendre conseil de quelqu'un, le consulter. Ou demain je ne prends conseil que de moi-même, corn. Héracl. Il, î. H a pris les conseils de Narbal pour les principales afTaires, fén. Tél. vin. Mme la duchesse de Bourgo- . gne appela Mme de Nogent à qui elle allait volontiers

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au conseil, quand elle ne savait plus où elle en était, ST-siM. 439, 39. || Prendre conseil de quelque chose, se déterminer en considération d'une chose. Le meilleur serait de prendre conseil de la raison, pasc. Prov. 9. Cet orateur, prenant conseil de la nécessité, résolut de s'aller confiner à Cyzique , desfont. Exil de Cicéron. || Familièrement. Prendre conseil de son bonnet de nuit, prendre le temps de la nuit pour réfléchir. || Ne prendre conseil que de sa passion, n'écouter qu'elle. Je ne prendrai conseilque de mon désespoir, CORN. Poly. m, 2. || Ecouter les conseils delà raison, de la passion, de la vengeance, se laisser conduire par la raison, parla passion, parla vengeance. || Être de bon conseil, ou être un homme de bon conseil, avoir la .prudence nécessaire pour donner de bons avis. || 2° Terme de religion. Ce qui se conseille, par opposition à ce qui est de précepte, à ce qui se commande. Aux autres elles [les retraites] sont de conseil; mais à ceux-ci elles sont très-souvent d'obligation, parce qu'elles leur deviennent un moyen unique pour se sauver, bourd. Dominicales, iv, Caract. du chrét. <69. Les apôtres ne donnent pas la soumission aux puissances comme une chose de simple conseil, boss. Avert. 6. Les âmes retirées embrassent certains moyens de pur conseil, mass. Coréme, Tiédeur, i. Les conseils sont donnés pour faciliter les préceptes, fén. Éduc. des filles. || 3° Résolution, parti, dessein. Il a de tout conseil son âme dépourvue, malh. i, 4. Et quel sage conseil en mon malpuis-je prendre? Régnier, iJj^ff. i. Hélasl de quel conseil e.st capable mon âmeî corn. Cinna, iv, 4. En ces extrémités quel conseil dois-je prendre? iD. ib. III, 3. C'est dans notre destin le seul conseil à prendre, id. Rodog. i, 3. Quoi! tous deuxl et sitôt que le conseil est pris, m. Cinna, i, 4. Le conseil le plus prompt est le plus salutaire, rac. Baj. I, 2. Paul Emile avait près de soixante ans; mais l'âge, sans rien diminuer de ses forces, n'avait fait que lui ajouter une maturité de conseil et de prudence, ROLLIN, Hist. ane. OEuvres, t. ix, p. 87, dans POUGENS. || Absolument, résolution habile. Il ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance, boss. Reine d'Anglet. Plein d'expédients et de conseils dans la mauvaise fortune, hamilt. Gramm. 6. || 4° Au pluriel, vues, principes qui dirigent. Il n'y eut dès lors en ses conseils qu'irrésolution et faiblesse. Qui veut entendre combien la raison préside dans les conseils de ce prince, n'a qu'à prêter l'oreille quand il lui plaît d'en expliquer les motifs, boss. le Tellier. Confonds dansses conseils une reine cruelle, rac. Aihal. 1, 2. D'où naît dans ses conseils cette confusion? BAC. Athal. III, 3. Approche, heureux appui du trône de ton maître. Âme de mes conseils.... id. Esth. Il, 5. X ses conseils secrets je fus associé, volt. Scythes,!, 3. || 5° En parlant de la Providence, décrets. Ces trois choses unies dans l'ordre des temps, l'étaient encore beaucoup davantage dans l'ordre des conseils de Dieu, boss. Hist. ii, 43. J'ai travaillé à vous faire voir sans interruption la suite des conseils de Dieu dans la perpétuité de son peuple, ID. ib. II, 8. Cette Église, toujours attaquée et jamais vaincue, est un miracle perpétuel, et un témoignage éclatant de l'immutabilité des conseils de Dieu, ID. ib. u, 43. Qui est entré dans les conseils de Dieu? ID. ib. Il, 7. Dieu qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Eglise, ID. Beine d'Anglet. Une pénétration des mystères et des conseils de Dieu, mass. Carême, Prière. J'entrerai avec David dans les puissances du Seigneur; et j'ai à vous faire voir les merveilles de sa main et de ses conseils; conseils de juste vengeance sur l'Angleterre ; conseils de miséricorde pour le salut de la reine, mais conseils marqués par le doigt de Dieu , dont l'empreinte est si vive et si manifeste, qu'on ne peut résister à cette lumière, BOSs. Beine d'Anglet. Il Se dit aussi au singulier. Êtes-vous entré dans le conseil de Dieu? Dict.del'Acad. || 6' La personne dont on prend avis. Hazaël en avait faitson conseil et son ami, fén. Tel. vi. Chercher tant d'éclaircissements et aller à tant de conseils, bourd. Carême, ji, Parf. observai, de la loi, 204. Phorbas était du roi le conseil et l'appui, volt. OEdipe, i, 3. Vous faut-il d'autre conseil que moi quand il s'agit de donner bataille? m. Louis XIV, 4 8, Sicinius.... fit approcher Brutus son conseil et son oracle, vertot, Bévol. rom. liv. u, p. 4 60. || Avocat chargé de la cause de quelqu'un. Tout accusé a le droitde se choisir un conseil. || Conseil judiciaire, personne nommée pour assister im prodigue dans certains actes. || 7' Assemblée qui a à délibérer sur certaines affaires publiques ou privées. Ils n'ont pas appelé ma voix à leur conseil, rotroii, Aniig. l, 4.

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Oui, tandis que vos rois délibèrent ensemble. Et que tout se prépare au conseil qui s'assemble.... Assemblez le conseil, il en décidera, t. cobn. Essez II, 3. Les vieillards qui formaient le conseil, pémI Tél. VIII. Manassès, plutôt que de répudier cette étrangère à quoi le conseil de Jérusalem voulut l'obliger, embra.ssa le schisme des Samaritains , boss. Hist. I, 8. Il choisit parmi tout le peuple ce qu'il y avait de meilleur pour former le conseil public qu'il appela le sénat, id. ib. m, 7. La patrie, au milieu des embûches, des traîtres, Remonte en sa mémoire, a recours aux ancêtres. Chercha ce qu'il» feraient en un danger pareil. Et des siècles vieilli» assemble le conseil, a. chénier. Poésies diverses, p. 224. L'abominable arrêt de ce conseil farouche, VOLT. Alg. v, 4. Il Tenir conseil, se consulter sur ce qu'il convient de faire. Monsieur, on tient conseil et le roi vous demande, rotr. Antig. i, 5. Vous tiendrez avec eux votre conseil de famille, sÉv. 339. Dieu tient conseil en lui-même, boss. Hist. ii, 4. Il Fig. La sagesse n'était pas appelée au conseil de ce voyage, sÉv. 233. || Fig. Il a bientôt assemblé son conseil, c'est-à-dire il a bientôt pris son parti. Il Fig. En langage de marine, on dit, quand il fait calme, que les vents sont au conseil. || Séance d'un conseil. Ilallaitau conseil dont l'heure qui pressait A tranché ce discours qu'à peine il commençait, corn. Cid, i, 4. Il Chambre du conseil, chambre où les juges se retirent pour délibérer. || Grand conseil, petit conseil, nom des assemblées qui gouvernent les cantons suisses. || Conseil dos Anciens, conseil des Cinq-Cents, nom des deux assemblées dans la constitution de 4 795, lors de l'établissement du Directoire; la première, composée de 250 membres, approuvait ou rejetait les propositions de la seconde qui, composés de 600 membres, avait seule le droit de faire les propositions des lois. || 8° Nom de différents corps chargés de délibérer ou donner leur avis sur des affaires publiques. Conseil exécutif. Conseil d'administration. Conseil de surveillance. || Conseil général de département, et, absolument, conseil général, assemblée de notables élus par les administrés pour assister l'administration du préfet. Il Conseil d'arrondissement, assemblée de notables auprès du sous-préfet, chargée d'opérer la sous-répartition des impositions entre les communes. {| Conseil de préfecture, sorte de tribunal administratif dans chaque département, présidé par le préfet. Il Conseil municipal, assemblée de notables qui assistent le maire dans l'adminislration de la commune. Il s'est appelé aussi conseil de ville. || Conseil supérieur de l'instruction publique, conseil présidé parle ministre , composé d'archevêques , d'évêques, de ministres protestants, d'un rabbin, de conseillers d'Ëtat,de membres da la magistrature etdel'Institut, de membres du conseil de l'université, d'inspecteurs généraux, recteurs et professeurs de facultés, et appelé à donner son avis sur différentes affaires. Il Conseil académique, conseil présidé par le recteur, composé d'un inspecteur de l'académie, d'un fonctionnaire de l'enseignement, du préfet ou de son délégué, del'évêqueou de son délégué, d'un ministre protestant ou rabbin, s'il y a lieu; du procureur général près la coUr d'appel, des membres du conseil général, et chargé, conjointement avec le recteur, d'administrer l'académie. || Conseil de l'université, conseil qui assiste le ministre de l'instruction publique dans ses fonctions. || Conseil de guerre, assemblée des officiers généraux d'une armée pour délibérer sur le parti à prendre en des circonstances importantes ou difficiles. || Conseil de fabrique, assemblée des notables d'une paroisse qui se forme pour délibérer sur les intérêts da la fabrique d'une église. Il Conseil de commerce, assemblée de notables commerçants. || Conseil de prud'hommes (voy. prud'hommes). Il 9* Nom de diverses juridictions. Il Conseil de guerre, tribunal qui exerce la justice militaire. || Conseil de révision, tribunal militaire auquel on en appelle des arrêts des conseils da guerre. || Conseil da révision, assemblée annuelW dans chaque département pour prononcer sur le$ dispenses de service militaire. || Conseil nautique, conseil établi dans certains ports pour examiner la conduite des officiers de marine qui ont commandé un ou plusieurs bâtiments. || Conseil des prises, commission extraordinaire établie autrefois en temps de guerre, pour juger les prises de navires capturés sur l'ennemi. || Conseil de discipline (voy. discipline). Il Terme de droit. Conseil de famille, assemblée de parents, présidée par le juge de paix, pour régler les intérêts des mineurs et des interdits. |1 Autrefois, grand conseil, cour souveraine où les conseillers ns servaient que par semestre et qui coimaissait des

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appellations de la prévôté de l'hôtel, des différends entre présidiaux, des matières bénéficiales, des contrariétés d'arrêt. {| Conseil des Dix, tribunal secret à Venise, qui, chargé de veiller à la sûreté de l'État, avait des pouvoirs illimités. || Le conseil aulique, l'un des tribunaux suprêmes de l'empire d'Allemagne, où se jugeaient les procès des princes. || Conseil provincial d'Artois, conseil souverain d'Alsace, de Roussillon, juridictions qui tenaient lieu de parlement dans les provinces. |{ 10° Nom de différents conseils qui siègent ou siégeaient auprès du souverain. Conseil de cabinet, conseil le plus intime du prince. Il Conseil des ministres, ou, absolument, la conseil, la réunion des ministres assemblés pour délibérer sur les affaires de l'État. On dit aussi en ce sens conseil de cabinet. || Conseil d'État, corps qui a dans ses attributions la charge de préparer les lois, ordonnances et règlements, de résoudre les difficultés en matière administrative et de juger les appels du contentieux administratif. |{ Autrefois, conseil d'État se disait du conseil particulier où le roi examinait avec ses ministres les affaires de paix, de guerre, de politique étrangère. |{ Conseil d'État sa disait aussi d'un corps qui, en assemblée générale, était chargé de prononcer sur les demandes en cassation des arrêts des cours souveraines; il s'appelait alors conseil des parties et conseil privé. || Conseil d'en haut, conseil où présidait le roi et où se trouvaient le chancelier, les ministres d'État et autres personnes. Il Conseil de conscience, conseil particulier où étaient le roi, son confesseur et quelques autres et où l'on décidait diverses matières concernant le clergé ou l'état ecclésiastique. {| Le conseil privé, conseil particulier du souverain. || Autrefois conseil des dépêches, celui où se traitaiec*, devant le roi les affaires de haute administration intérieure. || Autrefois conseil du roi, assemblée qui connaissait de tout ce qui intéressait l'administration générale du royaume. || Conseil des princes, des grands seigneurs, des communautés, l'assemblée de leurs intendants, avocats et autres pour régler l'administration de leur maison. || Proverbes. La nuit porte conseil, c'est-à-dire il faut réfléchir avant de prendre une résolution. Après que la nuit nous aura donné conseil, sÉv. 363. || X nouvelles affaires, nouveaux conseils, c'est-à-dire il ne faut pas trop prévoir les inconvénients, il faut se décidersuivantlescas. || A parti pris point de conseil, c'est-à-dire les conseils .sont inutiles quand la chose est décidée. || A chose faite, conseil pris, même sens. |j On ne pèche point quand on pèche par conseil, c'est-à-dire il n'y a pas de fauLe quand on a pris avis de gens honnêtes et habiles. || Ce conseil-là est bon, mais il n'en faut guère user, se dit d'un avis qu'on ne veut pas suivre.

— HlST. XI' s. Se [il] soun conseil li donast , Lois de Guill. li. Li reis Marsile ot son conseil finet, Ch. de Hol. v. Dès or [il] comence le cunseill que malprist, ib. xii. Vers Charlemagne [je] lui durrai [donnerai] bon conseil, ib. cxciii. Li empereres lui a dist à cunseill, ib. cclii. Bavier et Saisne sont alet à conseil!, ib.ccLxxvii. ||xn«s. BeneUrez li huem chi ne alat el conseil des fehms, Liber psalm. p. t. Consels d'orguel ne vaut, Ronc. p. t<. lert [sera] tenus mes consois [mon conseil], ib.p. 2S. Baron, fait-il, conseil vous ai requis, ib. p. 180. Par le conseil de fausse gent vilaine, Coud, xiv. X tart avez, dame, ce conseil pris, ouesnes, liomaneero,'^). t08. X cel conseil s'accordent tel cinq cent chevalier, Sax. xvi. Bien a creù li rois conseil de son damage, ib. XXVI. La parole est finée, et li consoilz se part, ib. XXIX. En l'autre chambre avant sist li reis od ses druz, U [où] ses conseils teneit od les mielz conetlz, Th. lemart. 39. || xiii' s. Dolente, sans conseil [ne sachant que faire], mar [je] vi onques le jour. Que premier [je] vis d'Ugon l'acointance et l'amour, AUDEF. LE BA3T. Romanc. p. 32. Adouc pristrent cil de l'ost conseil qu'il porroient faire, villeh. lxxiii. Fu requis Jofrois li mareschaus de Champaigne que il alast à Andrenoble et qu'il meïst conseil à ce que ceste guerre fust abaissiée, m. cxix. Sire, font li message, nous voulons que vous aies vostre conseil, et devant vostre conseil vous dirons le mandement de nos seigneurs.... :d. xi. Au palais où il estoient à conseil, ro. lxv. Et il dit que il le fera moult volentiers, et que cis consaus est moult bons, m. XLir. Jà [elle] avoit en son cuer le conseil [de] l'aversier [diable], Berle, xi. Constance à ce conseil [délibération] fu moût tost apelée, t&. cxv. Moût otli rois mes pères fol conseil et foubert, ib. xxxiy. Sachez, vous en avez mauvais conseil creû, ib. li. X cest conseil [ils] se tiennent, ainsi fu establis, ib. Lxxv. Mère, se dist la serve, vostre conseil [nous] ferons,

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ib. Lxxvii. Li empereres mande ses barons, et leur prie que illi doinsent consel se il séjournera ou chevauchera cest yver, H. de vai.enc. xni. Amors me dist que ge queisse Ung compaignon, cui ge deïsse Mon conseil tout outréement, la ILose, 3\M. Et nos devons savoir que tel establisseraent sunt fet par très grant conseil et por le commun pourflt, beaum. XLViii, 4. Il orent conseil de envoler querre la royne de Cypre, joinv. 203. Le roy lessa tous les autres conseulz de ses barons, et se tint au conseil de son frère, ID. 2)9. Sire, vous estes perdu se ne metés conseil en vous, ID. 240. La crestienté dechiet et fontentre vos mains, etdecherra encore plus se vous n'i metés conseil, ID. 290. Je vous loe et conseille que vous deffendés à tout vostre conseil juré, que il ne preingnent [reçoivent rien] de ceulz qui auront à besoigner par devant vous, ID. 288. Le roy rappela tous ses preudommes chevaliers de son conseil, et touz li loereut [conseillèrent] qu'il attendist, ID. 227. En ce point nous envola le soudanc son conseil pour parler à nous, m. 242. Il XIV' s. Nous conseillons ou faisons conseulx, non pas de la fin ou des fins, mais des choses ordcnéesàla fin, oresme, £t/i. 67. Lorsfault [manque] bon conseil, quant le grand besoin est, Ménagier, l, 9. || xv s. Si eut le roi de France plusieurs consaulx par quel costé il pourroit sus courir et combattre ses ennemis, froiss. i, i, 3ib. {| xvi* s. Nous appelions conseil, un propos délibéré de la volonté, quand le cœur de l'homme est veincu et subjugué par la tentation , cal v. Instit. 3)0. Et a tousjours esté conseil hazardeux de fier à la licence d'une armée, mont, i, 27. Aufidius entrant en la chambre du conseil, m. i, 74. Les conseilz des femmes y seront ils receus? luy dict elle, id. i, <29. Le roy séant en son conseil d'Estat et privé, que l'on appeloit en ce temps là l'estroict conseil, carl. vi, 35. Comme tout le monde se trouvast estonné d'un conseil si hardy et si avantureux.... amyot, Cimon, 9. Conseil de nuit ne fait ennui ; conseil en vin n'a bonne fin, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 277.

— ÉTYM. Provenç. conselh, cosselh; catal. conseil; espagn. consejo; portug. conselho; ital. consigtio; du latin consilium, même radical que consulere (voy. consulter). Dansl'ancien français, au singulier, nominatif li consels, consens ou consaus, au régime le consel; au pluriel, nominatif li consel, au régime les consels, consens ou consaus. Palsgrave, p. 57, dit qu'on prononce consei devant une consonne.

t CONSEILLABLE (kon-sè-lla-W, Ji mouillées), adj. Qui peut être conseillé, donné comme avis.

— HlST. xiv S. L'on pourroit fere question assavoir moult se toute question est conseillable, oresve, FAh. 66.

— ÉTYJI. Conseiller.

CONSEILLÉ, ÊE (kon-sè-Ué, liée. Il mouillées, et non kon-sè-yé), port, passé. \\ 1° Qui a reçu un conseiUNe vouloir être ni conseillé ni corrigé. || a^Qui est recommandé en forme d'avis. La lecture conseillée par le maître.

t. CONSEILLER (kon-sè-Ué, K mouillées, et non kon-sè-yé), v. a. || 1' Donner un conseil. Bien, mal conseiller quelqu'un. Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue, boil. Art p. 1. Un prince que la sagesse conseille, que la valeur anime, et que la justice accompagne dans toutes ses actions, boss. Reine d'Anglet. |{ Absolument. Quand l'arrêt est porté, qui conseille est coupable , volt. Orphel. v, 2. Il On a dit conseiller quelqu'unde faire quelque chose. Nous l'avons conseillé de bâtir, pasc. Lett. à MmePérier, 5 novembre t648. Le vieil Oziusconseillal'empereur [Constantin] d'assembler un concile, volt. Phil. II, 888. Cette tournure est peu usitée. || 2» Suggérer par conseil quelque chose à quelqu'un. Voyons lès beaux discours qu'un flatteur lui conseille, roth. Vencesl. I, 4. Vous a-l-il conseillé beaucoup de lâchetés? CORN. \icoTn.iii, 2. Je vous prie de me conseiller tout ce que je dois faire, MOL. l'Am.méd.l, f.jjConseiller de, avec l'infinitif. Je lui conseillerais de s'assurer d'un autre, corn. Nicom. m, 2. Je veux lui conseiller de ne m'épouserpas, id. Sertor. v, 4. Que me conseillez-vous'? — Je vous conseille, moi, de prendre cet époux. — Vous me le conseillez? mol. Tart. II, 4. Je vous conseillerais de ne l'apprendra pas, TH. CORN. Ariane, 11, 4. Ne me conseille pasde me faire haïr, volt. Mort de Ces. 1, 4. || On l'emploie quelquefois avec qu^etle subjonctif. Il conseilla que cela fût fait. |{ 3° Se conseiller, v. réfl. Prendre conseil. Conseillez-vous-en donc avec des gens de bien, TRISTAN , X. de Chrispe , m , 2. J'en avais toutes les envies du monde , etje me suis même encore aujourd'hui conseillé au ciel pour cela, mol. Festin dePierre,v, i. Si vous vous conseilliez à moi , je serais fort embarrassé. ID. Amants magnifiques, 11, 4. Ce qui est vé-

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ritable quoique très-surprenant, Mme de Maintei-on s'en appuyait [de la duchesse de Bourgogne] et quelquefois se conseillait à elle, st-sim. 32) , 202. Il Prendre conseil de soi-même. 11 est vrai que chacun volontiers se conseille, Qu'il aime que son sens règle ses actions, corn. Imitation, l, s. Et ses mânes.... se conseillent dans le silence et l'obscuritédu tombeau, VAUVEN. Élogede Louis XIV. || Être conseillé. Une pareille chose ne se conseille pas.

— niST. XI* s. Conseilez moi come mi home saive, Ch. de Roi. 11. || xii' 5. Vostre emperere fut moût mal consiliez, Ronc. p. 89. Fiere destrucion je vous sai conseillier, ib. p. 200. Sire, dit Escorfaus, bien [je] vous sai consoillier, Sax. vi, Li dus Bueves.... X Gilemer l'Escot commence à consoillier, 16. xvi. X mon pooir [je] vous ai conseillé mainte fie [fois], Etencor vous conseil, ib, xx. Li reis en saisireit les rentes et les fiez, Tresque li liussereit de pastur conseilliez [aurait un prêtre pour le diriger]. Th. le mari. 6). || xiii' s. En l'oreille [elle] lui prent tantost à conseiller, Berle, xi. [Que] Dame Dieu la cousant et ses saintismes noms, ib. xxiii. U en ont moût entre eux conseillié et parlé, ib. lxxxi. Et cil respondirent qu'il s'en conseilleroient, et leur en respondroient l'endemain, villeh. cxlvii. De ce se conseilla li marchis à ses homes, id. cxxiv. Si baron li loerent que il alast à Salenyque por conseillier la terre, et por sejorner illuec, h. de. valenc. XIII. U est droit que je me conseille, ruteb. Teslam. de l'ame. Quant aucuns bénéfices de sainte esglise escheoit au roy, avant que il le donnast, il se conseilloit à bones persones de religion et d'autres, JOiNV. 293. Il leur requist que il li aidassent à conseiller comment l'en departiroit ce que l'en avoit gaaingné en la ville, id. 2)6. || xiv s. Elettion est de chose devant conseillié, oresme, Eth. «4. Nous disons que bien conseillier est la principal operacion de prudence, in. ib. )78. || xV s. Là furent parlementes et conseillés plusieurs avis et statuts entre les seigneurs et leurs pays, froiss. i, 1, )25. Le roi ne lui eust jamais conseillé à ce faire, id. i, 1, 326. Sur les lettres et requestes du roi de France, les barons d'Escosse se conseillèrent; quand ils furent bien conseillés, et ils eurent bien considéré parfaitement toutes leurs besognes.... id. 1, i, 76. || xvr s. Quiconque donc estimera le tout avec bon jugement, cognoistra qu'ils ont esté mal conseillez [inspirés], CALV. Instit. 99). Comment Panurge conseille [demande conseil] à Pantagruel, pour sçavoir s'il sn doibt marier, rab. Pant. m, 9. J'en suys, respondisl Pantagruel, d'adviz, et le vous conseille, id, th. Conseillé de se retirer de la mesiée, mont, j, )6. Je ne conseille qu'on confonde leurs règles, oc s'y tromperoit, ID. i, 2)4. Je n'aime ni à conseiller ny à suyvre une vertu si sauvage, id. i, 224. U conseille de ne s'y enfoncer oultre les bornes du profict, ID. 1, 224. Conseillant à Lucihus de changer cette vie voluptueuse, id. i, 25). Cette belle victoire gaignée, les amis de Hannibal luy conseilloient qu'il suivis! sa fortune, AMYOT, Fab. 34. Ce que tout le monde estimoit estre grande témérité à luy et le jugeoient en cela fort mal conseillé [avisé], id. Lucull. 43. Ciceron ne le luy vouloit point ottroyer sur le champ, ains s'en vouloit conseiller à loisir, id. Cicéron, )). Après avoir un peu mieulx pensé, il fut conseillé de n'y aller point en personne pour la crainte et le danger des Grecs, id. Artax. )6. .... X sçavoir conseiller ta face à ton mirouer, ronsard, 894.

— ÉTYM. Conseil; provenç. cosselhar, cosseillar, anc. espagn. consejar; ital. consigliare.

2. CONSEILLER, ÈRE (kon-sè-llé, llê-r», Il mouillées, et non con-sè-yé; l'r ne se lie jamais; au pluriel , Vs se lie ; des conseillers habiles , dites : des konsè-llé-z habiles), s. m.etf. ||I°Celui, celle quidonne conseil. Qui fait le conseiller n'est plus ambassadeur; Il excède la charge, et lui-même y renonce, corn. Nicom. m, 3. Ne m'importune plus, conseillère indiscrète, TRISTAN, Mariane, v, 1. Ah! tu me rends la vie et le sceptre à la fois; Un sage conseiller est le bonheur des rois, corn. Pomp. n, 4. Tite n'oublia rien pour le sauver [le temple juif] , quoique ses conseillers lui représentassent que, tant qu'il subsisterait, les Juifs, qui y attachaient leur destinée, ne cesseraient jamais d'être rebelles, boss. Hist. 11 ,s. Loin de loger en nos maisons Ces deux filles du ciel, ces sages conseillères, la font. Quinquina, 11. Il Fig. La passion est une conseillère dangereuse. En toute chose le temps est un excellent conseiller, boss. Polit. L'histoire qu'on appelle avec raison la sage conseillèredes princes, id. Duch. d'Orl. ]| Dans le langage précieux, le conseiller des grâces, le conseiller des dames, un miroir. Vite venez nous tendre ici 1«

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conseillor dos prAces, mol. Préc. 7. Les conseillers niuels dont so servent nos (lames, la font. fafe. r, 1). Il 2' Membre d'un conseil ou de certains tril)unaux. Conseiller d'Etat. ConseiUerde préfecture. Conseiller à la cour de cas.sation, etc. || Conseiller d'honneur, con-seiUer eu exercice, à la place duquel est attachée cette qualification. Il Conseiller-né, se disait d'une qualité attribuée à certaines dignités qui donnait à celui qui la possédait entrée au parlement. L'arclievêquede Paris était un conseiller-né du parlement. Il Conseiller du roi, titre d'honneur attaché autrefois à certains offices, et que prenaient aussi les évêques. Il Con.seiller du roi en tous ses conseils, titre des ministres, secrétaires d'État, contrôleurs généraux des finances, et conseillers d'État ordinaires. || Conseiller-clerc, conseiller ecclésiastique. || Conseillers, notables choisis pour assister les consuls. Conseiller de ville. Il Autrefois, conseiller à la cour signifiait conseiller au parlement. || Titre de magistrat et fonctionnaire dans les cours d' Allemagne. Conseiller intime. Conseiller privé. || 3» S. f. Conseillère, la femme d'un conseiller. Mme la conseillère. Madame l'avocate est assez téméraire Pour aller du même air que va la conseillère, boursault, Fables d'Ésope, IV, 3. J'ai fait ce que j'ai pu pour le mettre en estime [mon mari, un tabellion] ; Conseillère à la cour, présidente à mortier. Faisaient moins de fracas que moi dans mon quartier, lu. ib. Il Dans certaines communautés de femmes, conseillères, celles qui composent le conseil de la supérieure. Il 4° Adj. Que chez moi les avis ont de tristes salaires ; Qu'un valet conseiller y fait mal ses affaires, MOL. l'Étour. I, 2. IIS" Conseiller, un des noms vulgaires du rouge-gorge. || Proverbe. Ici les conseillers n'ont point de gages, proverbe avec lequel on écarte ceux qui donnent des conseils sans qu'on leur en demande.

— ÉTYM. X* S. Elle n'out escoltet les mais conseillers, Eulalie. || xii* s. Bon conseller avez, Honc. p. 4. Quant ot li reis Henris [quand le roi Henri apprend que] l'arcevesques s'en fui, Durement s'en marri, e si conseillier tuit. Th. le mart. 63. E li reis David le fist sun privé cunseiller, Rois, 2t4. Il XIII' s. De Symon fist li rois son maistre conseiller , herte, cxxix. || xv s. Philippe de Chasteaux, son maitre escuyer et son souverain conseiller [de Jean de Hainaut] , froiss. i, i, 27. || xvi' s. Il a voulu estre législateur en commandant cela, et non point un conseiller comme ils songent, calv. Inslit. sis. Il n'y a nul homme qui ait cognu le secret de Dieu, ou ait esté son conseillier, in. ib. 450. Acheter un estât de conseiller en la cour de parlement. — La cour de parlement délègue deux conseillers d'icelle, DESPEB. Contes, cxxvi. Elles [les femmes] ne font sinon leur face regarder Au crystal d'un miroir conseiller de leur grâce, Despites si quelque autre en beauté les surpasse, am. jamin. Poésies, p. 224, dans LACURNE. Tu n'as desdaigné d'estre conseiller de ma vie [de me conseiller de vivre] et tesmoing de ma mort, MONT. Il, 40.

— ÉTYM. Provenç. cosselier, cosseilher, conseiller; espagn. consejero; portug. conselheiro ; ital. consigliere ; d[i bas-latin consiiiarius, de consilium (.voy. conseil).

t CONSEILLEUR (kon-sè-lleur, H mouillées, et non kon-sè-yeur), s. m. Celui qui donne des conseils. Il Proverbe. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, c'est-à-dire celui qui donne un conseil n'a pas la responsabilité de la chose qu'il conseille.

— IllST. XII' s. Mais se je ai le los [l'avis] de mes consoilleors, Sax. xxvii. || xiii" s. Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, Berte, xii. Nus baillix, en sa baillie, de coze qui puist revenir par devant li en jugement, ne doit estre advocasne conseilliere, ueaum. 35.

— ÉTYM. Provenç. cosselhaire, cosselhador ; anc. espagn. consejador; ital. consig lia tore. Dans le provençal et l'ancien français, au singulier nominatif cosselhaire, conseillère, du bas-latin con.iiliàtor, avec l'accent sur a; régime cosselhador, conseilleor, de consiliatôrem, avec l'accent sur to. Voy. conseiller 4.

t CONSENS (kon-san) , s. m. Terme de droit ca- Booique. Approbation , à Rome , de la résignation d'un liénéfice. Le jour du consens est le jour que la désignation d'un bénéfice est admise en cour de Rome.

— ÉTYM. Lat. consensus, consentement, de cum, et sensut , sens.

+ CONSENSUEL, ELLE (kon-san-su-èl, è-1'), adj. Terme de pratique. Contrat consensuel, contrat formé par le seul consentement des parties.

— ÉTYM. Latin consensus, consentement ; c'est un adtcctif formé comme sensuel de seitsus.

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I CONSKNSUS (koii-sin-sus') , s. m. Terme do physiologie. Relation des diverses parties du corps, plus connue sous le nom de sympathie. Le consensus vital.

— ÉTYM. Lat. consensus, accord, de cum, et sensus, sens

CONSENTANT, ANTE (kon-san-tan, tan-t'), adj. Terme de droit. Qui consent. Le mari est consentant; la femme est consentante. La partie consentante.

— HIST. XII' s. Sainte escripture dit.... Que li consentanz est del mesfait en partie, Th. le mari. 72. Il XIII' s. Luxure dampne à cop à tout le mains [ moins] deux âmes. Non pas tant seulement les seigneurs ne les dames. Mais tous les consentans, soient homes ou famés, J. de meung. Test. 4799. Li bareteur qui font la fraude et tuit li consentant doivent estre puni comme larron, beaum. xxxv , 25. Il xiv s. Ledit Francisque fut consentant du cas, COMM. VII, <o.

— ÉTYM. Consentir. Dans le xvi' siècle on usait beaucoup d'un adjectif consent, consente, qui avait même sens.

CONSENTEMENT (kon-san-te-man), s. m.|| 1° Uniformité d'opinion. Le consentement de tous les hommes sur ce point. || 2° Action de consentir à quelque chose. Il demande mon consentement pour épouser ma nièce , siîv. 224. Quand cela se fait du consentement de la fille, pasc. Prov. 9. Mais n'exigez d'un fils aucun consentement, corn. Nicorn. ii, 3. Je vous réponds déjà de son consentement, rac. Ândr. n, 3. Une fille et même une veuve qui a moins de vingt-cinq ans ne peut contracter mariage sans demander le consentement de son père, de sa mère, ou de ses proches, le maître. Plaid. 2, dans HicnELET. Il Terme de droit. Consentement exprès, consentement manifesté de vive voix ou par écrit. Il Du consentement de....; locution signifiant selon l'opinion unanima Voilà, du consentement de tous les auteurs catholiques et protestants, le fondement des premières guerres, Boss. Variât, x, § 47. Je commence, dans cet examen, par ce qui est, du consentement de tous ceux qui ont écrit sur ce sujet, le fondement de la solide gloire d'un héros, je veux dire la justice de la guerre qu'il entreprend, ROLLiN, JUist. anc. OEuvres, t. vi, p. 6(7, dans pougens.

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