D0CHEZ
— ÉTYM. Considéré l.
t CONSIDÉRÉMENT (kon-si-dé-ré-man) , odv.
Avec circonspection. La raison doit aller considérément d'une chose à l'autre, BOSS, Serm. Quinq. 1.
— ÉTYM. Considérée, et le suffixe ment; provenç. cossiradament.
CONSIDÉRER (kon-si-dé-ré ; l'accent aigu se change en accent grave devant une syllabe muette: jo considère, excepté au futur et au conditionnel: je considérerai, je considérerais; à la vérité l'Académie ne donne ni considérerai, ni considérerais; mais comme elle met l'accent aigu dans les cas de ce genre, bien que par une anomalie regrettable, il faut la suivre), v. a. || 1° Regarder attentivement. Considérer un édifice, un tableau. Hé bien! Qu'est-ce? M'as-tu tout parcouru par ordre? M'as-tu de tes gros yeux assez considéré? mol. Àmph. III, 2. Il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre , ébranlé par tant de coups, BOSs. Anne de Gonz. Il s'arrêta dans un endroit où le boyau faisait un angle avec la parallèle; il se mit à genoux sur le talus intérieur, et, appuyant ses coudes sur le parapet, resta quelque temps à considérer les travailleurs qui construisaient les tranchées à la lueur des étoiles, volt. Charles XII, s. \\ Fig. Faire un examen attentif. Et pour dire en un mot ce que j'en considère [pense], corn. Cid, iv,B. La route en e.st mal sûre, atout considérer, corn. Nicom. iv, 4. Ne considérez rien ou considérez tout, rotrou, Antig. ii, 4. Quiconque en pareil cas se croit haï des cieux. Qu'il considère Hécube, il rendra grâce aux dieux, la font. Fàbl. x, 43. Quand on considère de plus près l'histoire de ce grand royaume et particulièrement les derniers règnes, BOSS. iieine d'Anglet. Considère, Phénix, les troubles que j'évite, rac. Andr. ii, 5. Les hommes donnent volontiers à la philosophie leurs maux à considérer, mais non pas à guérir, fonten. Dial. iv, Morts anc. Sans considérer que ces choses sont éloignées l'une de l'autre, comme le ciel l'est de la terre, d'ablancourt, Lucien, Comment écrire Vhistoire. \\ 2° Avoir égard à, tenir compte de. Ne considérez point cette grandeur suprême; Traitez-moi comme ami, non comme souverain, corn. Cinna, ii, 2. Mon bras, dont ses mépris forçaient la retenue. N'eût plus considéré César ni sa venue, id. Mort de Pomp. ii, 4. Pour moi, ce que je considère particulièrement, c'est que par le moyen de ces visites spirituelles, on est instruit de cent choses qu'il faut savoir de nécessité, MOL. Préc. rid. se. to. Comme vous êtes roi, vous ne considérez Qui ni quoi; rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die. Tout en même catégorie, la FONT. Fabl. y, 4 8. Ne considérez point que je suis votre mère; Considérez en moi celle de votre frère, rac. Théb. IV, 3. Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mé.moire. Ne considère point le reproche ou la gloire, VOLT. Mort de Ces. m, 2. || 3° Estimer, faire cas de. C'est un homme que je considère beaucoup. Votre père y commande , et l'on m'y considère, CORN. Poly. H, 4. Je t'ai considéré plus que tu ne mérites, id. ib. v, 2. Votre marâtre y règne et le roi votre père Ne voit que par ses yeux, seule la considère, id. JVicom. i, t. L'époux avait toujours considéré sa femme, la font. Faucon. On considère un bon géomètre, fén. Tél. m. || 4° Juger, réputer. Les soldats le considéraient comme un père. On doit considérer cet événement comme la source de tous nos malheurs. || 5° Se considérer, v. réft. Se regarder, s'examiner. Le cerf qui se considérait dans la fontaine. L'âme qui se considère. || S'estimer. Seul il se considère, il s'aime et non pas moi, rotrou, Vencesl. ii, 4. Mais elle seule enfin s'aime et se considère, corn. Rodog. u, 4. Mais où trouvera-
CON
l-on une âme si purgée, Qu'elle aime à .servir Dieu sans se considérer. Et ne cherche en l'aimant que l'heur de l'adorer? corn. Imit. ii, n. || Se juger. Se considérer comme un personnage. Je me considère comme voira ami. || S'estimer mutuellement. Ils se considèrent l'un l'autre. || Être considéré, aperçu. Le naturel de chacun se considère en deux manières, pasc. dans le Dict. de poitevin. || Être pris en considération, être pesé. S'il est juste d'ailleurs que tout se considère , Que lias irdait Pompée en suivant votre père? corn. Pomp. i, 3.
— HIST. xiV s. Vous considerastes que le peuple romain a bien esté .sur touz li souverain, bercheuhe, f° t. Mesmement considéré que illecques sont baillées certaines règles, bons enseignemens , belles hystoires.... ohesme, Eth. Prol. Et selon les passions absolument considérées, nous ne sommes diz ne bons ne malvès, iD. ib. 42. L'excellence et vertu de l'neuvre, c'est que elle soit grande et bonne et tele que elle soit digne de esire considérée à grant admiracion, m. ib. Ui. Le charpentier et le geometrien enquerent et considèrent de la line droitte, ID. t'b. X (16). Gilet considérant l'abusion que vouloit faire et avoir icellui Loys, du cange, abusio. Il XV" s. Si que , tout considéré , [les Anglois] se traïrent à Mauros, et là se logèrent, froiss. ii, ii, t9. X tout considérer, si Angleterre se perdoit, ils perdroient trop plus que nous, id. ii, m, 45. Gens vinrent de tous costés pour le voir, et considérer le grand estât qu'il maintenoit, id. i, i, 71. Le pays [de Flandre] estoit si plein et si rempli de biens que merveilles seroit à raconter et à considérer, id. ii, 11, 52. Uns saiges homs considerans en soy Quel chose estoit à prince nécessaire, e. desch. Ce qui est nécessaire aux rois. Considéré leur grant despence et que la saison se passoit , comm. iv , 6. Il xvi* s. X la lecture des histoires, j'ay accoustimaé de considérer qui en sont les escrivains, mont, i, 58. Il estoit à considérer la grandeur démesurée de ses forces au passage de l'HelIespont, id. i, 271. U s'approcha à cheval le plus près qu'il peut du Cousteau [coteau] pour le recognoistre et considérer de près la nature du lieu, amyot, Scrtor. 23.
— ÉTYM. Provenç. cossirar, considerar ; anc. catal. consirar; espagn. considerar; ital. considerare ; du latin considerare, de cum, et sidus, sideris, astre, étoile (voy. sidéral), de sorte que, dans le latin, considerare a un rapport avec la contemplation des astres.
CONSIGNATAIRE (kon-si-gna-tê-r'), s.m. || 1« Dépositaire préposé à la réception et à la garde des dépôts et consignations. || 2° Terme de commerce maritime. Négociant ou commissionnaire auquel on adresse un navire ou des marchandises.
— ÉTYM. Consigner.
t CONSIGNATEUR (kon-si-gna-teur) , Terme de commerce. Celui qui fait une consignation de marchandises dans une maison de commission.
CONSIGNATION (kon-si-gna-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Dépôt d'une somme ou autre objet entre les mains d'une personne publique. Faire une consignation au greffe. I| Anciennement dépôt d'argent pour l'achat d'une charge. Qui attendent d'un mariage à remplir le vide d'une consignation, LA BRUV. VII. Il La caisse des dépôts et consignations, caisse publique qui reçoit seule les dépôts et consignations des particuliers et les fonds de divers établissements. Il Terme de droit. Consignation d'amende, dépôt, préalablement à certains actes, de l'amende qui peut être encourue. Consignation d'aliments, somme préalablement exigée du créancier qui veut contraindre par corps son débiteur. || Terme de commerce. Marchandises à la consignation d'un tel, marchandises dont un tel est le consignataire.
— HIST. XVI* s. Estans advertiz que les religieuses vestales avoient quelques consignations et autres deniers mis en depost et en garde entre leurs mains, ilz les allèrent enlever par force, amyot, Anton. 24.
— ÉTYM. Lat. consignationem, de consignare (voy. consigner).
1. CONSIGNE (kon si-gn'), s. f. || 1° Ordre et instruction qu'on donne à une sentinelle, à un chef de poste. Donner, lever, observer, violer, forcer la consigne. Non, non, vous ne passerez' pas, Dit le soldat, c'est ma consigne, bérano. Convoi de David. Il Familièrement, manser la consigne, no pas la faire observer. || Défense de sortir par punition militaire ou par mesure d'ordre. || Grande pancarte où sont imprimés les articles qui concernent une consigne. Il Petite armoire grillée dans laquelle on enferme les ordres du jour. || Détail des objets de mobilier qui composent un poste. || Dans les écoles du gouvernement et les collèges, punition qui consiste
en une privation de sortie. 1| Terme de marine. Lien dans les Mtiments de guerre où l'on conserve une lampe allumée dans un fanal. Poste situé dans le faux pont, oii se tient le caporal de garde et d'où doivent partir les feux d'éclairage. || 2° Par extension, tout ordre donné à quelqu'un qui est chargé de gardc-r ."entrée d'un lieu.
— ÉTYM. Voy. CONSIGNER. Génev. confine.
2. CONSIGNE (kon-si-gn'),i. jn. Celui qui est àposté à la porte d'une place de guerre, pour tenir registre de tous les étrangers qui s'y présentent. On dit aussi portier consigne. || Garde de santé dans les lazarets.
— REM. L'Académie no dit pas le genre de ce mot; mais Richelet le dit expressément masculin; et en effet tel doit en être le genre.
— ÉTYM. Voy. CONSIGNER.
t 3. CONSIGNE (kon-si-gn') , adj. Ancien terme d'algèbre. Quantités consignes, quantités qui ont les mêmes signes.
— ÉTYM. Con, et signe.
CONSIGNÉ, ÊE (lion-si-gné, gnée), part, passé. Il 1° Mis en dépôt. Somme consignée. || 2" Relaté. Ce fait consigné dans nos annales. Événements consignés en partie dans les écrits d'Homère , en plus grand nombre dans un recueil intitulé Cycle épique, où différents auteurs ont rassemblé les anciennes traditions de la Grèce, BAR-rniL. Anacharsis , 7t. || 3° Qui a reçu défense de sortir. Cet officier consigné dans sa chambre. || Consigné, se dit aussi des élèves d'un collège, de l'école polytechnique, de l'école normale, que l'on prive de sortir.
CONSIGNER (kon-si-gné) , V. a. || 1" Déposer une somme en garantie, ou pour qu'elle soit délivrée en temps opportun. Consigner de l'argent, une somme. Un dépôt que l'on consigne entre tes mains, boss. i, Pdq. 2. Caretti le guérit parfaitement [ M. de la Feuillade] ; il était fort cher pour ces sortes d'entreprises, et faisait consigner gros, st-sim. B6,20fi. Il Consigner une amende, déposer une amende qui par l'événement peut être encourue. || Consigner des aliments , déposer la somme nécessaire pour la nourriture du débiteur soumis à la contrainte par corps. Il Terme de commerce. Mettre des marchandises en dépôt dans une maison comme nantissement d'un» somme empruntée. || Absolument. Aller de pair avec Thrason qui veut se marier et qui a consigné [déposé son argent au trésor public pour une
grande charge], la bruy. vu Je vois bien qu'un
rival domestique Consigne entre tes mains pour avoir Angélique, regnard, le Joueur, i, 2. || Consigner en papier, donner un billet portant obligation de la somme que l'on doit consigner. || 2° Enregistrer des marchandises sur les livres des voituriers publics. Il 3° Terme de commerce maritime. Adresser un navire ou des marchandises à un consignataire. Il 4° Citer, rapporter dans un écrit. On a consigné cette circonstance au procès-verbal. || Par extension. Lorsqu'un objet se pressai.;»- à notre oeil.... il produit nécessairement des impib=sions que l'esprit ne peut s'empêcher de recevoir et de consigner en lui-même , nuMARSAis, liais. OEuvres, t. vi, p. 3, dans pougens. Il 5° Infliger la punition de la consigne ou la commander par mesure d'ordre. On l'a consigné pour huit jours. L'école a été consignée. || Consigner quelqu'un, donner ordre qu'il ne soit pas reçu. Je l'ai consigné à ma porte. || 6° V. n. Donner une consigne à une sentinelle, à un gardien. On lui a consigné de ne laisser entrer personne sans bille'.
— HIST. XV" s. Sçavez que feisles prendre à Paris la somme de quarante mille cinq cens vieulx escus que M, le duc de Bretagne avoit consiné à vostre court de parlement, Lettre du temps de Louis X l , Bibl. des Cliartes, 4' série, t. i, p. 19. || xvi" s. .... i quelle heure ils furent mis dedans leur première prison, à qui consignez.... m. du bellay, 480. 11 ne voulut pas seulement voir l'or et l'argent , ains les feit seulement livrer par compte et consigner entre les. mains des questeurs et trésoriers, amyot, P. Mm. 48. Glaucias consigna .sur l'heure mesme l'enfant entre les mains de sa femme, et luy comraandade le faire nourrir avec lessiens , id. Pyrrhus, 5. Soubs condition que non seulement il jouïroit des païs et provinces qui luy avoient esté consignés en gouvernement, mais que encore luy en adjouxteroit on d'autres, m. Eumènes, 9, Et les consigna [ceux qui avaient trahi Eumènes] entre les mains du gouverneur de la province, luy donnant tri^;s exprez commandement de les perdre et mettre à maie fin, mont, m, 247.
— ÉTYM. Génev. consiner ; provenç. etcspagn. cnnsignar; ital. co/wegnare ; du latin consignare , 6.S cum, blsignare, marquer (voy. signer).
t CONSLMILIÏUDE (kon-si-mi -li -tu-d') . s. f. Terme didactique. Égalité, convenance mutuelle.
CON
— ÉTYM. Con, et simt'Wude. i CONSISTANCE (kon-si-slan-s') , s. f. \] 1° État de
stabilité, de solidité. Je n'examine point quelle fut la consistance de la monarchie sous François I", PATRU, Plaidoyer 4, dans biciiklet. Je n'étais pas en trop bonne consistance, voit. Lell. 20. Leur gloire n'a pas de consistance assurée, mass. Pet. Car. Triomphe. Notre consistance dans la vertu est un miracle de la grùce, id. Car. Tiéd. 2. Toule leur vie [des mondains] est une agitation éternelle ijue rien ne peut fixer, et qui ne leur laisse pas plus de consistance ici-bas qu'à la poussière qui devient le jouet des vents, mass. Profess. relig. 3. Il a fallu que la noblesse eût une certaine consistance, afin que le propriétaire du fief fût en état de servir le prince, montesq. Esp. vi, <. Elle m'a assuré que l'impératrice jouissait d'une admiration si méritée.... que sa consistance sur le trône ne dépendait plus de personne, dider. .Sur la princ. d'Ash. C'est une monnaie dont l'alliage fait la consistance, marmont. Contes moraux, Alcib. La recûnnais.sance due au ministre qui a donné le premier plus d'étendue et do consistance à ces travaux [la correction des cartes marines], condorcet, Maurepas. || Le temps qu'il faitn'a point de consistance, il est mal assuré, Vicl. de l'Acad. Il Le plus haut point de développement en parlant des êtres vivants, et particulièrement des animaux et de l'homme. Âge, temps de consistance. L'état d'accroissement, de consistance et de diminution. Avant que l'habitude du corps soit acquise, on lui donne celle qu'on veut sans danger; mais, quand une fois il est dans sa consistance, toute altération lui devient périlleuse, J. J. Rouss. Ém. I. Il Par extension, en parlant des choses, état de consistance, le terme où elles se tiennent solidement, et ne montrent aucun signe de changement. Les affaires sont dans un état de consistance. || Un bruit sans consistance, un bruit sans autorité. || Un homme sans consistance, un homme sansconsidératien, ni crédit. || Un esprit sans consistance, un esprit sans fermeté. || Prendre, acquérir de la consistance, en parlant des personnes, gagner en crédit, en tenue; en parlant des choses, se confirmer. Cet homme prend de la consistance dans sa compagnie. Le bruit d'un soulèvement avait pris de la consistance. || 2° Terme didactique. Degré de rapprochement ou de liaison des molécules d'un corps, qui fait que ce corps oppose plus ou moins de résistance aux corps qui agissent sur lui et tendent à le diviser. Faire évaporer un liquide jusqu'à consistance de sirop. La cire a moins de consistance que la résine. Ce feu [du Tartare] ne laisse aucune consistance et il ne consume rien; il dissout jusqu'aux premiers principes de la vie, et on ne peut mourir, fén. Tél. XVIII. Il 3° État, contenance. La consistance de ce bois est de plus de cinq cents arpents. Il faut savoir la consistance des effets et des dettes d'une succession.
— HIST. xvi" s. Les différences des os sont prises des apophyses, epiphyses.... consistence, magnitude, nombre, figure, situation, paré, ii, 4. L'humaine sagesse s'en prescriroit d'aultre [devoir] au delà, où elle aspirast toi'jours et pretendist : tant nostre estât est ennemy de consistance, mont, iv, t3<.
— ÉTYM. Consistant; provenç. et espagn. consisteneia; ital. consistenza.
CONSISTANT, ANTE (kon-si-stan , stan-t'), adj. Il l"Oui a de la consistance. Un système consistant. Un hom me consistant. || 2° Qui a une certaine cohésion. Les corps consistants. Des sirops consistants. Il 3° Qui consiste en, qui est composé de. Un domaine consistant en bois, terres labourables, etc. Une escadre consistant en vingt vaisseaux. || 4° S. m. Classe de pénitents qui, chez les premiers chrétiens, assi.staient aux mystères sans pouvoir communier.
CONSISTER (kon-si-sté), t). n. || 1° Subsister, se maintenir. Sans quoi l'Ëglise ne peut consister , BOss. VI, Véture, t. Une église ne peut consister, sinon qu'il y ait des pasteurs qui aient la charge d'enseigner, fén. t. xi, p. 63. || 2° Être constitué par. Son revenu consiste en rentes sur l'État. Je vois que votre honneur demande tout mon sang; Que tout le mien consisteà vous percer le flanc, corn. 7/or. ii,3. Quoi! si ton amitié pour Cinna s'intéresse. Crois-tu qu'elle consiste à flatter sa maîtresse? id. Cinna, IV, o^Son bonheur [d'un sage] consistait aux beautés d'un jardin, lafont. fo6i. xii, 20. Là, son unique compagnie Consistait aux oiseaux, id. Oies. Elle ne consiste qu'en l'usage de certaines paroles, pasc. Proi'. «. La dignité consistait à user et dominer sur les créatures, id. Rel. 2. Ce désintéressement qu'ils font consister dans la suppression des demandes, BOSS. Or. 6. Je demandai à Mentor en quoi consistait l'autorité du roi [dans l'île de Crète], fén. Tél.
CON
v. Ils doivent faire consister leur bonheur dans la modération, id. ib. xii. Et la félicité des cœurs tels que les nôtres Consiste à tout quitter pour le bonheur des autres, volt. Zaïre, n, \. || Le tout consiste à savoir, c'est-à-dire ce qu'il y a de principal, de plus important dans une affaire , dans une question est que.... || Il se conjugue avec l'auxiliaire acm'r.
— HIST. XIV s. Sache que j'ay toutes puissances De substanter toutes essences. Et les assenées consister En matière et forme exciter, Nat. à l'alch. err. 403. || xvi" s. Si nostre sanctification consiste au renoncement de nostre propre volonté, calv. Instit. 296. Nostre courage, estant en soy confus, se réconforte en Dieu : estant abbatu, se redresse en iceluy : se défiant de soy, consiste en l'espérance qu'il a en lui, id. ih. 43». On dit qu'il est impossible que deux religions puissent consister en un mesme
Estât, langue, 36 Et n'approuvera autre vie,
que celle qui consisteà faire le braguard en la maison, id. -1(6. Les reytres devroyent plustost que nuls autres estre défenseurs de ceci, pource que leur réputation y consiste, id. 308. Sans ce soulagement, elle [l'armée] n'eu.çt peu consister, id. 029. Le roy consiste, quand le champ est labouré, o. de serres. Dédie. Un frère en qui consistoit l'appuy de sa maison, mont, i, 6. L'estimation et le prix d'un homme consiste au cœur et en la volonté, m. i, 242. Es choses qui consistent en action, il fault avoir mis la main à l'œuvre, amyot, Préf. ix, 35. La prudence enseigne le poinct du milieu, auquel consiste toute louable action entre deux vicieuses extrémités du peu et du trop, ID. ib. xi, 38.
— ÉTYM. Lat. consistere, de cum, et sistere, fixer, forme dérivée de stare (voy. stable).
CONSISTOIRE (kon-si-stoi-r'), s. m. || 1° Assemblée de cardinaux convoquée parle pape, et lieu où se tient l'assemblée. || Nom de la principale cour ou tribunal de Rome , qui se tient avec beaucoup de solennité et de splendeur, et dans laquelle le pape, en habits pontificaux, préside aux cardinaux. Il Consistoire secret, ccnsistoire qui se tient dans une chambre particulière, où le trône du pape n'est élevé que de deux degrés, où les cardinaux seuls sont admis, et où l'on recueille leurs suffrages à chaque débat. Les bulles pour les évèchés et les abbayes ne s'accordent qu'après avoir été proclamées dans ce consistoire. || 2° Parmi les protestants, consistoire, conseil ou assemblée qui est composé de ministres et des anciens des églises. Le consistoire, établi pour veiller sur les mœurs, n'inflige que des peines spirituelles, d'alemb. Gouvern. genevois. Qu'est-ce que sévir de la part du consistoire? C'est excommunier et déférer au conseil, 3. i. rouss. Lettres de la Montagne, v. Le duc d'Hanovre fit assembler le consistoire pour rompre son mariage, st-sim. 27, BU. || Une des divisions ecclésiastiques des pays protestants. |{ Consistoire central, assemblée supérieure à tous les consistoires locaux. Le consistoire de la confession d'Augsbourg. || Consistoire Israélite, conseil qui dirige les affaires de la religion juda'ique. || 3° Familièrement et par plaisanterie. Tant et tant fut ce discours répété Qu'enfin Satan dit en plein consistoire : Si ces gens-ci disent la vérité, 11 est aisé d'augmenter notre gloire, la font. Belph.
— HIST. XII' S. Al consistorie od lui ne remist [resta] nuls hum vis; Ociseûr felun li furent duno tramis. Th. le mart. 94. || xiu' s. Estes les vos avant venuz X grant joie et à grant baudor Devant le roi el consister, 7icn. 8864. Ceus lient, bâtent, fustent, pendent. Hurlent, bercent, escorchent, foulent. Noient, ardent, greillent et boulent Devant les trois prevoz leans. En plain consistoire seans. Cens qui firent des félonies, la Rose, 20044. Car il par amers, sans haïne, X sa belle fille Virgine Tantost a la teste copée. Et puis au juge présentée Devant tous en plain consistoire, ib. 5663. || xiv* s. Au palais sont ve;ius, où li papes puissans En consistoire fu avec ses clers sachans, Guescl. (3140. Le prétoire des consuls, c'est leur consistoire, bercheure, f°43, verso. Il XV* s. Là y eut grant consistoire de ceux qui faisoient la traïson, fenin, I4{!i. ||xvi's. Christ a esté mené du consistoire à la mort, et pendu entre des brigans, calv. Inslit. 39o. Du commencement chacune église a eu comme un conseil ou consistoire de bons preudhommes, id. ib. 851.
— ÉTYM. l'rovenç. const'sfort; ital. conits(orio; du latin con.':istorium , de con.'iistere , être assis, siéger (voy. consister). Au xu» siùcle, l'orthographe oric (consistorie) est rorlhographe usitée pour représenter le son oire.
CONSISTORIAL, ALE (kon-si-sto-ri-al, a-l"), adj. Il 1° Qui aiipartient au consistoire tenu par le paf«,
CON
Il Bénéfices consistoriaux, évêchés ou bénéfices dont les bulles sont expédiées par voie de consistoire. Il demanda un induit pour les bénéfices consistoriaui de la Bresse, patbu, Plaid. <♦, dans nicnELF.T. La somme totale des rentes de tous les bénéfices con- «istoriaux sera portée à environ seize millions, volt. Louis XI7, 36. Il 2° Oui appartient à un consistoire protestant ou Israélite. Ecoles consistoriales.
— HIST. xvi* s. Les simples, et cnux qu'ils appelloient consistoriaux ne purent jamais espérer bien de cet homme ni de tous ceux que l'ame et la conscience n'avoient pas unis, d'aub. IliU. li, <B8.
— ÊTYM. Consistoire.
CONSISTOniALEMENT (kon-si-sto-ri-a-le-man) ,
adv. En consistoire; selon les formes du consistoire.
— ÉTYM. Consistoriale, et le suffixe ment.
t CONSISTORIALITÉ (kon-si-sto-ri-a-li-té) , s. f. Terme de chancellerie apostolique. Qualité de ce qui est consistorial ; forme observée dans les expéditions du consistoire.
— ÉTYM. Consistorial.
t CONSISTORIER (kon-si-sto-ri-é), v. a. Terme de chancellerie apostolique. Considérer, décider en consistoire.
— ÊTYM. Consistoire.
t CONSOEim (kon-seur) , s. f. Se dit des femmes associées à une même confrérie, et des religieuses du même couvent ou du même ordre.
— ÉTYM. Con, et sœur,
CONSOLABLE (kon-so-la-bl'), adj. Qui peut être consolé. Dom Carlos eût pu recevoir quelque consolation de ces belles promesses, si le malheur de son amour lui eût permis d'être consolable, scarr. Uom. com. i' part. ch. <4. Maintenant qu'il leur semble que le présent durera toujours, lorsque l'un de ces ministres de la mort leur vient signifier l'arrêt du destin, ils ne sont pas consolables, d'ablancouRT, Lucien, Caron. ||En parlant des choses. Douleurs consolables.
— REM. L'Académie dans ses Observations sur Vaugelas, p. 584, dit: a On ne croit pas que consolable se dise de la douleur aussi bien que de la personne affligée. » C'est un scrupule mal fondé. On peut voir au mot consoler quo d'excellents auteurs ont dit consoler la douleur.
— ÉTYM. ha.1. consolabilis , de consolari, consoler. CONSOLANT, ANTE (kon-so-lan, lan-t'), adj.
Qui console ou est propre à consoler. 11 est bien consolant pour un père de voir ses enfants prospérer. Voilà une vérité bien consolante pour vous, mass. dans GiRAULT-DuviviER. Honorez le malheur par des soins consolants, ducis, Abuf. i, U Sa loi, sa morale est consolante et pure, volt. Alx. l, 4. L'honneur consolant de mourir à vos yeux, ID. Tancr. i, <. Et des mots consolants sont sortis de sa bouche, de- ULLE, Imag. ch. viii. || Familièrement. Cet hommelà n'est guère consolant, ce qu'il dit n'est pas fait pour rassurer. Cette maxime n'est pas neuve, mais elle est consolante. Son laconisme peu consolant n'était d'ailleurs réparé ni par sa figure ni par ses manières, fonten. Litire.
CONSOLATEUR, TRICE (kon-so-la-teur, tri-s'),s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui console. Eh 1 messieurs, laissez-moi mourir,... et finissez vos pleurs. Pointdu tout; les consolateurs De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent, la font. Fabl. m, 6. De mes douleurs noble consolatrice, campenon, l'Enf. prod. ch. IV. J'y trouve un consolateur Plus affligé que moi-même, s. b. bouss. Odes, ii, 2. Le consolateur le plus tendre paraît un indifl'érentqui déplaît; nous voudrions que tout ce qui nous approche prit le sentiment qui nous possède, fonten. Bonh. Nous n'avons d'espérance qu'en ma consolatrice; nous devions tout à la chaleur qu'elle met dans ses bons offices, volt. Lett. Mme de St-Julien, 2) sept. (775. Il 2° Adj. Un espoir consolateur. Ceux qui dans leurs tourments me baignent de leurs larmes et cherchent un Dieu consolateur, volt. Memnius, vi. Tes soins consolateurs charmèrent mes ennuis, M. J. CHÉNIER, Gracques, i, 4. Les arts consolateurs vont embellir nos villes, id. tb. i, 2. Et quand la mort viendra frapper votre jeunesse Vous chercherez partout des yeux consolateurs, id. ib. v, 3. Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice; Je n'aurais jamais cru que l'on pût tantsoufi'rir D'une telle blessure, et que sa cicatrice Fût si douceà sentir, a. demusset, Poésies nouv. Souvenir. || L'Esprit consolateur, ou, simplement, le Consolateur, le Saint-Esprit.
— UIST. xvi- s. Je prieray le Père, et il vous lonnera un autre consolateur, assavoir l'Esprit de venté, CALVIN, Instit. 92». Or, encores que ces remonstrances fussent grandement consolatrices, carl. II. <<. Si lo latm je veux apprendre, Pour parler
CON
avec tant d'autheurs Sages, sçavans, consolateurs,
MAnOT, IV, <04.
— ÉTYM. Lat. consolator, de consolari, consoler; provenç. consolaire au nominatif, consolador au régime; espagn. consolador; ital. consolalore. Si ce mot .se trouvait dans l'ancien français, il serait au nominatif consolere, et au régime con,çoJeor.
CONSOLATIF, IVE (kon-so-la-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de consoler. Je vous commencerai ce que j'ai à vous dire par un discours bien consolatif à ceux qui ont assez de liberté d'esprit pour le concevoir au fort de la douleur, pasc. Lettre à sa sœur sur la mort de leur père. Je vous dirai sur cela un beau mot de saint Augustin, et bien consolatif pour de certaines personnes, pasc. dans cousm. Je suis homme consolatif, homme à m'intéresseraux affaires des jeunes gens, mol. Scap. i, 2.
— ÉTYM. Lat. eonsolalivus , de consolari, consoler.
CONSOLATION (kon-so-la-sion; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. \\ 1° Allégement de ce qui peine. Être privé de consolation. Écrire une lettre de consolation. J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. X un si grand malheur que le mien, il ne fallait pas une moindre consolation que celle que vous m'avez donnée, voit. Lett. 32. Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir tant de consolation, id. ib. 20. Vous aurez la consolation qu'elle sera morte dans les formes, mol. Am. méd. ii, B. Tu peux me donner une dernière consolation, fén. Tél. xv. Il n'aura pas même la consolation de cacher sa honte, id. ib. xvin. La sûreté de notre zèle, la consolation de nos dégoûts, mass. Myst. Purif. i . Votre douleur même porte avec elle la plus flatteuse des consolations, le secret témoignage de ne souHrir que parce que vous avez une belle âme, volt. Lett. d'Argenlal, 23 déc. (774. L'amitié est la consolation de ceux qui se trouvent accablés par les sots et par les méchants, volt. Lett. llelvétius, ti mai 176). Ce n'est pas une médiocre consolation pour moi de voir mon opinion sur cet ouvrage si bien confirmée, volt. Lett. Chatelltix, to mars 1 776. || 2° Sujet de satisfaction ou d'allégement de peine. C'est une grande consolation pour un père de voir ses enfants se porter au bien. Ses maladies lui ôlèrent la consolation qu'elle avait tant désirée, d'accomplir ses premiers desseins et de pouvoir achever ses jnurs sous la discipline de Sainte-Fare, boss. Anne de Gonl. Quand on rampe dans un petit coin de notre Occident et quand on n'a que deux jours à vivre, c'est une consolation de laisser promener ses idées dans l'antiquité et à six mille lieues de son trou, volt. Lett. Mme du Deffant, 13 août 1773. Il 3° Raisons que l'on emploie pour consoler quelqu'un. Adresser, recevoir des consolations. Ma consolation vous serait superflue, corn. Hor. v, 2. Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les violentes afflictions, J. J. Rouss. Hél. ii, 2. Il Titre de quelques ouvrages de philosophie morale. Les Consolations de Boèce. || 4" La personne ou la chose même qui peut consoler. Les malheureux dont elle fait la consolation, SÉv. 394. Vous serez ma consolation dans cette solitude, fén. Tél. l. Vous ne devez vous permettre ni repos ni consolation tant que vous les verrez [vos ouailles] dans ces dispositions criminelles, mass. Confér. zèle pour le salut des dmes. || 5° Terme de jeu de cartes. Fiche de consolation, celle que l'on donne en surcroît de bénéfice. Il Fig. Fiche de consolation, dédommagement, adoucissement. On l'a envoyé en province, mais, pour fiche de consolation, on a augmenté son traitement. || Populairement. Débits de consolation, nom qu'on donne, pardérision, aux cabarets où l'on débite de l'eau-de-vie aux gens du peuple.
— SYN. AVOIR DE LA CONSOLATION i FAIRE QUELQUE chose; AVOIR LA CONSOLATION DE FAIRE QUELQUE
CHOSE. La première phrase se dit d'une consolation que l'on se fait à soi-même, d'une chose à laquelle on attache de la consolation : J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. La seconde se dit d'une chose qui est vraiment une consolation par sa nature : Il vous en coulera , sans doute ; mais il y va de ma vie, et vous aurez la consolation de m'avoir sauvé, marmontel.
— HIST. XII' s. Les tues consolatiuns esledecerent [réjouirent] la meie aneme [âme]. Liber psalm. p. 138. Il XIV' s. Or ont li cristien, à leur maleïchon, Dedens Jherusalem , en consolation , Couronné comme roy Godelroy de Buillon, Baud. de Scb. iv, 488. Ilxv's. Si se continua toute celle semaine on grand consolation [réjouissance], et se continuèrent les festes, fhoiss. liv, ii, p. 276, dans lacurne. Il xvi* s. Ces promesses pleines de singulière conso-
CON
lation, CALv. Instit. 828. Une consolation commun» me dosconsole et m'attendrit, mont, ni, sot.
— ÉTYM. Provenç. consolation; espagn. contolacion; ital. consolaiione ; du latin consolationem , d« conjoiari, consoler. ConsoiaJion,sigmfiant en termes de jeu les fiches de surcroît que l'on donne à celui qui gagne, vient du sens qu'a eu jadis consolation, celui de réjouissance.
t CONSOLATOIRE (kon-so-la-toi-r') , adj. Qui a pour but de consoler. Êpître, discours consolatoire.
— tlIST. xvi* s. Après quelques propos consolatoires pour l'allégeance du deuil paternel.... tvkr, p. 030. La lettre consolatoire de Plutarque à sa femme, mont. Lettres, m.
— ÉTYM. Lat. consolatoriui , de consolari, consoler. ,
CONSOLE (kon-so-1'), t. f. \\ !• Terme d'architecture. Pièce en saillie, qui sert à porter des vases, J| des figures, ou à soutenir une corniche, un balcon. ■ On dit aussi corbeau. || 2° Meuble sur lequel on pose des bronzes, des vases, etc. |{ 3° Terme de musique. Partie qui couronne une harpe et qui renferme les 'chevilles. {| 4° Partie du rocher qu'on laisse en saillie dans un des angles d'une ardoisière. || Partie d'une pièce de bois qui est coupée en pointé, ou en diminuant par le bout. |1 Enroulement de fer pour appuyer la balustrade d'un escalier, d'un balcon.
— HIST. XVI' s. Cest aix-ci régnant à l'entour de l'intérieur du colombier, soustenu ou par consoles de pierre, ou par bouts de chevrons bastis dans le mur, servira de table aux pigeons pour y manger leur viande, o. de serres, 387.
— ÉTYM. Mot peut-être abrégé de consolider, comme le Berry a fait console, la consoude, do consolider.
CONSOLÉ, ÉE (kon-so-lé, lée), part, passé. Un père mal consolé de la perle de son fils. Les larmes de Lazare sont essuyées, ses afflictions consolées, MASS. Car. Riche. L'humanité te vit et sourit consolée, DELILLE, Pitié, IV. Il Par extension. L'onde, en son lit écoulée, X la terre consolée Rend ses premières couleurs, j. B. ROUSs. liv. i, Épodes. Coulez , bons vins ; femmes, daignez sourire ; Et l'univers est consolé , bérang. Nature.
CONSOLER (kon-so-lé), v. a. || 1° Alléger l'affliction, les soufl'rances. Cet espoir me console. On se peut assurer Qu'il [l'amour] est maître équitable, et qu'enfin il console Ceux qu'il a fait pleurer, malh. V, 26. Quelque déplaisir que je puisse avoir, j'en serais bientôt consolé par le soin que vous prendriez de moi, voit. Lett. 16. Si vous n'en pouvez mieux consoler une mère, Qu'en la traitant d'égale avec une étrangère, corn. Rodog. v, 4. Quel tourment de se taire en voyant ce qu'on aimij. .. Lorsque par un regard on peut le consoler.... PJiC. Brit. m, 7, Quand tu me dépeignais ce héros intrépide Consolant les mortels de l'ab-'^ence d'Alcide.... id. Phèd. I, 1. Ma fille, ton bonh^-j, me console de tout, id. Iphig. m, 2. Du moins consolez-moi de [par] quelque heure de paix, rac. Théb. i, 3. Vous connaissez Brutus et l'osez consoler 1 volt. Brutus, v, 8. Consolez-le du sort, des hommes et de lui, de- LiLLE, Imag. n. || Absolument. Il ne sait pas consoler. Le temps console. 1| 2° Donner de l'allégement aux sentiments pénibles. Pour consoler mon mal et flatter mes ennuis, régnier. Plainte, Je ne viens pas ici consoler tes douleurs, corn. Cid, iv, 2. Ainsi la pieuse rein^ consolait la caplivitédcs fidèles et relevait leur espérance, boss. Reine d'Anglet. Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce? rac. Brit. II, 6. Il était abattu par une douleur que rien ne pouvait consoler, fén. Tel. xvi. Consoler les larmes et récompenser les prières, mass. Car. Lai. Pour consoler l'espoir du laboureur avide, L. rac. Relig. ch. I. Elle retient pourtant des pleurs prêts à couler. De peur d'aigrir des maux qu'elle veul consoler , lamotte , dans dêsfontaines. Virgile n'a-t-il pas, d'un vers doux et flatteur. De Gallus expirant consolé le malheur, a. chén. Ép. i. |{ 3' Se consoler, v.réfl. Recevoir de la consolation, être consolé. Il ne se peut consoler de ne plus ouïr une personne qui raisonne si parfaitement, voit. Lett. 8. Qui que ce soit des deux, il doit se consoler De la mort d'un tyran qui voulait l'immoler, CORN. Jléracl. v, 8. Quiconque se plaint cherche à se consoler, m. Pomp. v, l. Dans ton cher entretien s'cst-elle consolée? id. Médéer, m, 2. Mais, sitôt qu'eUe eut vu cette troupe enragée S'entre-lattre elle-même et se percer les flancs, Elle se consola : ce sont leurs moeurs, dit-elle.... la font. Fabl. x, 8. Il y a de certaines douleurs dont on ne doit point se consoler, sév. 219. Mon coeur qui le voyait maître de l'univers Se consolait déjà de languir dans ses
CON
fers, liKC.Àlex.n, t. Calypso ne pouvait se consoler du départ d'Ulysse, fénel. Tél.l. Et je sens ce rayon m'échauffer desaflamme.Et mon cœur se console.... LAMART. llarm. ii, 4. || Se consoler, se consoler l'un l'autre. Nous animer ensemble et nous consoler des tiavaux du saint ministère, mass. Discours synodaux, Institution. Carthage et Marius, dans leur chuta commune. Se consolent l'un l'autre en voyant leur fortune; L'un de l'autre pesant le sort capricieux, Ils charment leur supplice et pardonnent aux dieux. BRÉBEUF, Pharsale, n.
— REM. Consoler quelqu'un dans ses peines; Consoler quelqu'un sur quelque chose; Consoler quelqu'un de quelque chose. Mais Corneille, qui a dit: No nous consolez point contre tant d'infortunes, II or. m, B, en a été repris par Voltaire, avec raison, ce semble.
— HiST. XV* s. Quant assez se furent consolez [réjouis] de cette bonne adventure , Perce forest, t. VI, f" 62. Il xvi° s. Ueucalion, comme moins estonné, R'asseure après et doucement console La femme simple, avec telle parole, mahot, iv, 33. En Dieu je me console, Mon ame s'y attend, id. iv, 333. Consoler sa mort en la mort d'un ennemy, MONT, i, 6.
— ÉTYM. Espagn. consolar; ital. consotare; du latin consolari, de cum, et solus, dont le sens propre est entier. Consolari est proprement rendre entier, et, par extension, satisfaire.
t CONSOLIDABLE (lion-so-li-da-W), adj. Qui peut, qui doit être consolidé.
— ÉTYM. Consolider.
CONSOLIDANT, ANTE (kon-so-li-dan, dan-t'), adj. Terme de chirurgie. Qui tend à consolider les parties divisées d'une plaie, d'une fracture. Appareil consolidant. Il Autrefois, les consolidants, substances médicamenteuses ou topiques auxquels on attribuait la vertu de consolider les parties affectées de solution de continuité.
— ETYM. Consolider.
t CONSOLIDATIF, IVE (kon-so-li-da-tif, ti-v*), udj. Terme didactique. Qui a la vertu de consolider.
— HIST. XVI' s. On pourra user de clysteres abstersifs,consolidatifs, restrictifs et nutritifs, PAKE, xxiv,49.
— ÉTYM. Consolider.
CONSOLIDATION (kon-so-Ii-da-sion) ,s.f.\\i° Action de consolider. La consolidation d'un bâtiment qui menace ruine. || 2° Terme de médecine. l.a consolidation d'une fracture, d'une cicatrice. || 3° Terme de finances. Consolidation de la dette publique, établissement de contributions suffisantes pour acquitter régulièrement chaque année ou chaque semestre les arrérages des rentes dues par l'Etat, mot introduit dans le langage de la finance depuis l'acte de consolidatron de Pitt en <"87. || Consolidation de la dette flottante, conversion de dettes remboursables de l'État en dette perpétuelle. || i° Terme de jurisprudence. Réunion en la même personne de différents droits qui avaient été séparés. |1 Spécialement, réunion des deux qualités d'usufruitier et de nu-propriétaire. L'usufruit s'éteint par la consohdation.
— HIST. XVI* s. Par ce moyen l'agglutination et consolidation sera mieux et plustost faite, paré , viii, 42. Quand l'usufruit est consolidé avec la propriété, n'est deu pourladitte consolidation aucun proffit au dit seigneur féodal, Coustum. génér. t. i, p. 501.
— ÊTYM. Provenc. co/isoh'ciacio; espagn. consolidacion; ital. consolidaiione ; du latin conso/idad'onem, de consolidare, consolider.
CONSOLIDÉ, ÉE (kon-so-li-dé, dée), part, passé. Il 1° Rendu solide. Terrain mouvant consolidé à grands frais. Fracture consolidée. || Fig. Sa puissance est consolidée. |{ 2° Terme de finances. Rentes consolidées, rentes pour lesquelles on a assigné un fonds qui permet de les payer régulièrement. || Tiers consolidé, fonds français réduitsautiersdeleur valeur nominale pendant la Révolution, en 1797, et qui, sous l'Empire et les régimes suivants, sont devenus, pour une grande partie, la rente 5 p. o/o. Et jamais ma dépense excédant ma recette Ne me force à bâtir un espoir mal fondé Sur le terram mouvant du tiers consolidé, delavigne, Éc. des Vieillards, i, t. ||S. m. plur. Les consolidés, fonds publics de la dette d'Angleterre.
. t CONSOLIDEMENT (kon-so-li-de-man), s. m. Action de consolider. Ainsi finit cette grande affaire des bâtards] et si importante que le repos de l'État n dépendait, par le consoUdement de l'autorité oyale entre les mains du régent, st-sim. bis, 4is. Leurs familles s'applaudirent d'un consolidement de lortune et d'éclat qui ne tarda pas à paraître, in. 3"2, 175.
— ÉTYM. Consolider.
CONSOLIDER (kon-so-li-déj^ 1). a. [[ 1° Rendre
CON
solide. Consolider un mur, une charpente. || Fig. fortifier, affermir. Consoliderunealliance. || 2°Terme do médecine. Rendre solide une partie qui a été affectée de solution de continuité. La fracture est consolidée. Il 3" Terme de finances. Assigner un fonds pour garantir le payement périodique d'une dette publique. || 4* Terme de droit. Consolider l'usufruit à la propriété, l'y réunir. || 5° Se consolider, v. réfl. Devenir solide, s'affermir. La fracture s'est consolidée. Le nouveau gouvernement se consolidera.
— HIST. xiv s. Le vif du cep qui joindra au vif du cerisier, se consolidera l'un à l'autre, Ménagier, n, 2. Il xvr s. La partie nerveuse du diaphragme, estant blessée, ne se peut consolider, paré, Introd. 22. Mon ame ne lairroit jamais ressouder et consolider la playe qui l'auroit percée, mont, iv, 4.
— ÉTYM. Frovenç. consoldar, coT>solidar; ital. consolidare ; du latin consolidare, de cum, et solidus, solide.
+ CONSOMMABLE (kon-so-ma-W) , adj. Qui peut être consommé. Produits consommables.
— ÉTYM. Consommer.
CONSOMMATEUR (kon-so-ma-teur), s. m.
Il 1° Terme de théologie. Celui qui achève. Jésus- Christ.... l'auteur et le consommateur de la vertu aussi bien que de la foi, balz. 2* Disc. s. la cour. Ce qu'il y a de principal ti mettre sans cesse devant les yeux des enfants, c'est Jésus-Christ, auteur et consommateur de notre foi, FÉN.t. xvii, p. 67. Jetant les yeux sur Jésus comme sur l'auteur et le consommateur de la foi, Souv. Testam. dans richelet. Il 2° Celui qui achète pour son u.sage, dit par opposition à producteur. Les matières premières qu'on travaille dans les manufactures passent par bien des artisans et par bien des marchands , avant d'arriver aux consommateurs; et à chaque artisan, à chaque marchand, elles prennent un accroissement de prix, parce qu'il faut remplacer successivement les taxes qui ont été payées, condillac, Comm. gouvern. part. II, chap. 8. Les besoins des consommateurs déterminent en tout pays les créations des producteurs, j. B. SAY, Traité, I84i, p. 43». Dans une société quelconque tout le monde est consommateur, parce qu'il n'est personne qui puisse subsister sans satisfaire des besoins, quelques bornés qu'on les suppose, ID. ib. Il Se dit aussi en parlant des cafés et cabarets. Â minuit on ne reçoit plus de consommateurs.
— ÉTYM. Consommer.
CONSOMMATION (kon-so-ma-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. /■. 1| l'Achèvement, accomphssement. La consommation d'une affaire, d'un sacrifice. C'est le plus grand de tous les dons, c'est la consommation de toutes les grâces, mass. Car. Impén. Il La consommation des siècles, des temps, ou, absolument, la consommation, la fin du monde. Il sera présent avec eux jusqu'à la consommation des siècles, MASS. Av. Cire. La désolation persévère jusqu'à la consommation, mass. Car. Injust. \\ 2° En matière bénéficiale, épuisement du droit qu'un patron, laïque ou ecclésiastique, a de nommer à un bénéfice. Les provisions d'un bénéfice font pour cette fois la consommation du droit du collateur. || 3° La consommation du mariage, l'union charnelle des époux. Mlle d'Armagnac est mariée à ce Cadaval [un seigneur portugais]; elle est belle et jolie; c'est le chevalier de Lorraine qui l'épouse [par procuration], elle fait pitié d'aller chercher si loin la consommation, sÉv. •) 98. Il 4° Emploi avec destruction. Faire une grande consommation de bois, d'eau, de sel. Cette guerre a fait une cruehe consommation d'hommes. Considérons la consommation d'hommes, d'argent, de forces de toute espèce, l'épuisement où la plus heureuse guerre jette un État quelconque, j. J. Rouss. Paix perpétuelle. || Terme de jurisprudence. Prêt de consommation , opposé à prêt à usage, prêt de choses destinées à être consommées, avec la condition d'en rendre d'équivalentes. || Dans la marine, consommation, tout ce qui est employé au service du vaisseau pendant le voyage. || Terme d'administration mihtaire. Étatet justification desdépenses d'un corps. || Ce qu'on a bu ou mangé dans un café. Payer, jouer la consommation. On dit aussi : Allons dans ce café, la consommation y est bonne. Il 6° Terme d'économie politique. Action de détruire l'utilité d'un produit, utilité que la production a créée. Entretenir perpétuellement dans une ville telle que Paris une consommation immense dont une infinitC d'accidents peuvent toujours tarir quelques sources.... fonten. Argenson. L'impôt sur l'industrie.... diminue nécessairement la consommation, et, en diminuant la consommation, il empêche la reproduction ; il tend donc à détériorer l'agriculture, coy'>UJ.AC,
CON
Comm. gouv. part, i, ch. 28. Une denrée [îe café] qui n'était qu'un objet de luxe et un plaisir de plus pour le riche, devint bientôt assez commune pour servir à la consommation du peuple, condorcet, Maurepas. La consommation n'est pas une destruction de matière, mai.s une destruction d'utUilé, j. B. SAY, Traité, )84l, p. 435. Par production j'entends ce qui confère l'utilité, et par consommation la jouissance produite par cette utilité, bastiat, OEuvres, t. vi, p. 368. || Consommation productive ou reproductive, celle qui détruit pour remplacer. Consommation improductive ou, mieux, non reproductive, celle qui détruit sans remplacer. || Impôts, taxes de consommation, droits perçus sur la production ou la vente des objets. || Droits de consommation, l'un des droits dont se composent les droits sur les boissons.
— HIST. XII' S. De tute consummaciun vi je la fin, Liberpsalm. p. (90. Le quinzième signe dirrai; Car de la dolor assez sai , Que li sires del ciel fera , Quant icest signes avendra; Le non qu'il aura vus dirrom; ço sera consumacion, Adam, mystère, p. 83. Il XIII' s. Ainsi naist du deable ceste temptacion, Et de nostre charoingne nostre inclinacion, Et de nostre consent la consummacion , Par quoy luxure est mise à execucion, j. de meung. Test. 4783. Il XV' s. Et puis, nous procéderons à la consommation de nos promesses , louis xi , Nouv. xcviii. Il XVI' Ils attribuoient le commencement et les principaux exploits de ceste guerre à Metellus et les derniers avec la consummation finale à Sylla, amïot, Marius, a.
— ÉTYM. Espagn. consumacion; ital. consuma- %ione; du latin consummationem , de consummare, consommer.
1. CONSOMMÉ, ÉE (kon-so-mé, mée), part, passé. Il l'Mené à bout, à terme. En qui l'iniquité est pour ainsi dire consommée, mass. Car. Doutes. Le crime est consommé, volt. Mérope, ii, 5. Mon infortune enfin vient d'être consommée , Ducis , Otiiello, III, 4. Il Tout est consommé, c'en est fait, tout est fini. || 2° Parfait, accompli, éprouvé. Un homme consommé dans les affaires, sÉv. b2b. Avec de très-grands prélats consommés en piété et en savoir, Boss. Or. Les vieillards consommés en vertu, fén. Tél. VIII. Un homme consommé dans les sciences et enseveli dans de profondes lectures, montesq. Lett. pers. 78. Laisser voir la feinte au spectateur, c'est à quoi tout comédien peut réussir; mais ne la laisser voir qu'au spectateur, c'est ce que les plus consommés n'ont pas toujours le talent de faire, mabmont. Élém. de liitér. t. vi, p. 338, danspoCGENS. Il Un scélérat consommé. || En parlant des choses. Une habileté consommée. C'est l'effet d'un art consommé de réduire en petit tout un grand ouvrage, Boss. Duch. d'Orl. Tout était l'effet d'un solide raisonnement et d'une prudence consommée, rolun. Traité des Études, part, m, ch. 1. Il On voit par les exemples qu'on dit consommé dans, consommé en, et, absolument, consommé. Il 3* Détruit par l'usage. Les provisions consommées par l'équipage. || 4° Une soupe bien consommée, qui a cuit longtemps.
2. CONSOMMÉ (kon-so-mé), s. m. Bouillon succulent d'une viande très-cuite, contenant une plus grande proportion de substances animales que le bouillon ordinaire, et susceptible de se prendre en gelée parle refroidissement. [Une femme] X laquelle il ne faudra ni table bien servie ni consommés exquis.... MOL. l'Av. a, 6.
— HIST. XVI' s. Le patient pourroit prendre quelque consommé, et autre chose semblable de facile digestion, parè, xvi, 4 2.
— ÉTYM. Consommé 4 ; génev. consumé.
CONSOMMER (kon-so-mé) , t). a. \\ 1' Achever,
accomplir. En peu de jours il consomma l'affaire, LA font. Hem. On va achever et consommer la démonstration, PASC. Géom. Ce bon père a consommé son sacrifice, BOSS. Lett. 4 14. A-t-il mené une vie douce et agréable , lui qui a porté sa croix dès le premier instant de sa vie mortelle, et qui a consommé sa course par la consommation de ses souffrances? MASS. Car. Riche. Vous vous promettez encore la grâce qui fait mourir dans la sainteté et dans la justice; la grâce qui consomme la sanctification d'une âme, m. ib. Impénit. Un seul sentiment de douleur sincère supplée à de longues années de vertu, et peut consommer la sanctification, ID. ib. Impénit. La philosophie a préparé en silence leur destruction [des jésuites] ; les jansénistes ont sonné la charge, et la justice a consommé l'ouvrage, d'alemb. Éloges, Fleury. || Par extension. 11 ne resterait plus, pour consommer la gloire de ce
CON
patriarclie, que d'imiter ses actions, de marcher sur ses traces, de réformer nos mœurs stir les siennes, FLÉCH. l'anég. i, p. 40i. Il consomme en nous ses miséricordes ou ses justices, id. Dauph. li consomme son amour en mourant, mass. Car. Pass. Près de voir consommer mon destin déplorable, VOLT. Triumv. i, 4.... Sa main consommant ces tristes sacrifices. Elle tombe, elle expire.... id. Brut, v, 6. Tu veux donc jusqu'au bout consommer ta fureur, ID. Ali. V, 7. Il 2° Terme de droit. Consommer son droit, se dit lorsque le droit qu'on a à quelque chose a son effet. Le coUateur d'un bénéfice a consommé son droit, lorsqu'il a fait la nomination de quelqu'un. |{ 3° Consommer le mariage, se dit de l'union charnelle entre les époux. Si pendant deux ans il n'avait pas consommé le mariage.... montesq. Esp. XXIX, ie. Il Absolument. Le maréchal de Plessis va l'épouser à Metz, et Monsieur va consommer à Châlons, sÉv. 95. Il Fig. et mystiquement. Le lit où il con.somme son mariage avec l'humanité, Boss. ii, Yisit. 2. Il i" Donner la dernière perfection. La justice les consomme dans cette unité sainte, boss. Jean, m. Soit qu'il [le Seigneur] ait dessein de lier plus étroitement ses membres, et de les consommer dans l'unité et dans la charité, en rendant les ministères des uns utiles et nécessaires aux autres, MASS. Car. Lasare. Sa vie [de la reine d'Angleterre] n'a été qu'une suite de malheurs qu'elle a porlés dans les bonnes œuvres continuelles et toutes les vertus qui consomment les saints, st-sim. 484, <2. Il 5° Employar des choses qui se détruisent par l'usage. Consommer des denrées, du vin, du bois, etc. Il Absolument. On consomme beaucoup dans cette maison. La France trouvera de l'avantage dans la vente de ses grains, si, ne se bornant pas à vendre à ceux qui consomment chez elle, elle vend encore à ceux qui consomment dans les États où il lui est permis d'importer, condillac, Comm. gouv. part, i, ch. 29. Il Terme d'économie politique. Détruire l'utilité d'une chose. Les peuples civilisés, riches et industrieux, consomment beaucoup plus que les autres, parce qu'ils produisent incomparablementdavantage, J. B. SAY, Cours, t. II, p. 2)6. Il Par extension, il se dit des choses qui en absorbent d'autres. Ces confitures consomment beaucoup de sucre. Ce poêle consomme beaucoup de bois. || Par une autre extension. Ces divisions consommèrent du temps, volt. Mœurs, 57. L'affliction que j'ai eue de la mort de Mme Aubry, laquelle, sans mentir, a été assez grande pour achever de m'accabler et a pensé consommer les restes de ma patience, voit. Lett. 7l. On disait qu'il était infaillible que les Espagnols auraient pourvu Corbie de toutes les choses nécessaires, ayant eu deux mois de loisir pour cela, et aue nous consommerions devant cette place beaucoup de millions d'or et beaucoup de milliers d'hommes, id. Lett. 74. || 6° Se consommer, v. rdfl. Se parfaire. La vertu fait ses soins , et son cœur s'y consomme Jusques à s'ofienser des seuls regards d'un homme, mol. Éc. des mar. II, 4. La charité se consomme par ces derniers mouvements, FLÉCH. Aig. Il Se cuire de manière à faire un consommé. 11 faut que cette soupe se consomme. Et, avec ellipse du pronom personnel, faire consommer la viande, la faire tellement cuire que tout le suc passe dans le bouillon. || Être consommé. Les provisions qui se consomment dans une grande ville. — UEM. La langue a pendant quelque temps hésité entre consommer et consumer, prenant ces deux verbes l'unpour l'autre. Ainsi dans les exemples suivants, consommer a le sens que nous donnons aujourd'hui à consumer : Afin donc qu'en discours le temps je ne consomme, Régnier, Sat. xiv. Mon temps en cent caquets sottement je consomme, id. Sat. IV. Ce vaisseau.... Qui survécut au temps qui l'avait consommé, id. Sat. x. Mais Dieu! que me sert-il de pleurs me consommer? id. Élég. 2. Tous les hommes passeront et seront consommés par le temps, PASC. P. om. Proph. Et quoi que l'on reproche au feu qui vous consomme, mol. Dép. am. m, 9. L'historique montre que cette confusion de contommer et consumer remonte bien plus haut. Aujourd'hui on distingue exactement ces deux verbes de cette façon : consommer suppose une destruction utile, employée à quelque usage, à quehjue fin, tandis que consumer ne présente qu'une destruction pure et simple, abstraction faite de tout autre rapport. Une cheminée qui consomme beaucoup de bois est une cheminée où l'on fait grand feu; une cheminée qui consume beaucoup de bois est une che ■ minée mal construite où l'on brûle plus de bois qu'il ne faut pour produire une certaine quantité de chaleur. D'autre part, on voit que Voltaire a pu dire 4ue les divisions consomment du temps, vu que
CON
les affaires en consomment; les bâtisses consomment de l'argent; la guerre consomme des hommes, etc.
— IllST. XIV* s. Puisque les vices sont consommés et confermez ou endurcis, c'est fort de les détruire ou adnuller et oster, obesme, J^th. 74. Nulz no pevent savoir se il sont amis en.semble, si ques à tant que il aient consumé ou gasté et despendu ensemble une mesure de .sel, id. ib. 235. || xv s. Et par un trou [le tonnerre] entra, et en une chambre rencontra un jeune enfant, lequel il tuaetluy consomma la chair, les os et tout, et ne luy laissa que la peau, juv. Charles VI, (406. 11 n'est chose que femme ne consomme [ne vienne à bout], E. desch. Bail, de l'empire des femmes. l' xvi* s. La justice gi.st en une observation entière et consommée de la volonté de Dieu, calv. Instit. 657. X laquelle entreprinse parfaire et consummer, je n'ay rien espargné, rab. Pant. II, 8. Quant est de leur estude, elle est toute consummée à la lecture des livres pantagruelicques, ID. ib. Il, .14. Il les amusèrent jusques à ce qu'ils eussent consommé leurs victuailles, mont, i, 298. Toute l'Asie se perdit, et se consomma en guerres pour le macquerellage de Paris, id. ii, J88. Les vers luy rongent les membres, et la terre les consomme, ID. II, 255. Une pierre ne luict point au feu, et, qui pis est, elle s'y consomme, id. ii, 278. Ceste qualité estouffe et consomme les aultres qualités vrayes et essentielles, id. m, 7. Un homme consumé aux affaires d'Estat, carl. iv, H. Consommé aux affaires d'Estat, id. vin, 17. Aux autres sciences, il s'y faut aucunement consommer en les apprenant, premier que l'aiiprenty s'en sçache ayder pour gagner sa vie, la boétie, 225. Et quand on le voit luy mesme se consommer en son esprit et tout enflammé, on luy attise encores le feu! id. 33G. La souche (ce dit l'on) au feu fut consommée, ID. 451. Homme consommé en un fort rare sçavoir, amyot , Préf. XXI, 48. Du temps des guerres civiles, le feu et l'autel furent ensemble tous consommez, ID. Numa, <7. La longueur du temps, lequel on estimoit devoir miner et consommer les forces de Hannibal.... id. Marcel. 39. Cela fait, soit consommé [réduit] à la moitié, tierce ou quarte partie, selon qu'il sera requis, paré, xvi, 8.
— ÉTVM. Provenç. et espagn. consumar; ital. cnnsumare; du latin cotwummare , de cum, avec, et summa, somme, s. f. ; fairp, la somme, c'est achever; de là le sens assez semblable à consumer, que consommer présente quelquefois. Au reste le xvi* siècle a confondu ces deux verbes.
CONSOMPTIF, IVE (kon-son-ptif, pti-v'), adj. Terme de médecine. Qui est doué de la vertu de consumer, de détruire des chairs baveuses, exubérantes. Il Substantivement. Un consomptif. || Vieux.
— ÉTYM. Voy. CONSOMPTION.
CONSOMPTION (kon-son-psion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1» Action d'être consumé. La victime fut briilée jusqu'à l'entière consomption. Il La consomption des espèces sacramentelles dans l'Eucharistie. Il 2° Terme de médecine. Diminution lente et progressive des forces et du volume de toutes les parties molles du corps, par l'influence de quelque maladie. Ne voyez-vous pas, lui dit-elle, que cet avocat tombe de consomption? dider, Ess. s. Claude, liv. ii. L'homme attaqué dépérit, et, au bout de quelques mois, meurt de consomption, chateaubr. Amer. 25. || 3° Consommation. Il se fait une grande consomption de bois dans ce fourneau, Dict. de l'Acad. || Consomption, en ce sens, est un archaïsme qui n'est plus guère usité.
— HIST. XIV' s. C'est la consomption et le gaast do ceulx qui ne pevent tant despendre [dépenser] , ORESME, Thèse de meunier. || xvi* s. Les craintifz médecins, estimans que la consomption des forces fust diminution de la maladie, amyot, Marcel. 39. Faites le tout bouillir en gros vin noir jusques à la consomption de la tierce partie, paré, xviii, 92. Tous hosteliers pourront arresler et retenir leurs hostes ou leurs effets pour la dépense et la consomption faite par eux, jusqu'à ce qu'ils en auront esté satisfaits, iVout;. Coust. (jén. t. i, p. 898.
— ÉTVM. Provenç. consumpcio; espagn. consuncion; ital. consunzione; du latin consumptionem, de cnnsumere, consumer.
CON'SONNANCE (kon-so-nan-s"), s. f.\\V Pour les anciens, rapport de certains sons, calculé d'après la longueur des cordes ou d'après les poids qui les tendaient, assez simple pour flatter l'esprit. Les consonnances étaient l'octave dans le rapport de 2 à I , la quarte daas celui de 4 à 3, et la quinte dans celui de 3 à 2. Il 2° Chez les modernes , sons qui , entendus ensemble, sont agréables àl'oreiUe. La tierce, la quinte sont des consonnances. Consonnances par-
CON
faites, celles qui ne peuvent pas être altérées sans ce.sser d'être consonnantes, telles sont l'octave et la quinte; consonnances imparfaites, celles qui peuvent être majeures ou mineures, par conséquent altérées d'un demi-ton, et qui restent consonnantes sous ces deux formes, comme |ji tierce et la sixte. Les Grecs n'ont reconnu pour consonnances que celles que nous appelons consonnances parfaites, j. j. Rouss. Examen de deux princ. sur la mus. \\ Fig. L'aube [du prêtre] offre de douces consonnances avec les idées religieuses, chateaubr. Génie, iv, I, 2. Il 3°Terme de grammaire. Terminaison de deux ou plusieurs mots par les mêmes sons. Eviter les consonnances. Dans nos vers on a fait une loi d'éviter la consonnance de deux hémistiches; la même règle doit s'observer dans les repos des périodes, MARMONT. Élém. litt. OEuvret, t. viu, p. 31, dans