POUGENS
— REM. Pourquoi l'Académie écrit -elle consonnance avec deux n, et dissonance avec une seule n?
— HIST. XIV' s. Consonance est acort de pluseurs sons selon certaines proporcions apelées armoniques, 0RESME, Thèse de meunier. || xvi* s. Consonance est quand esohet mesme termination d'une ou plusieurs syllabes en divers carmes, boissière , Poétique,
p. 235, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. consonaneia; ital. consonama; du latin consonantia, de consonart, de cum, et sonare, sonner.
CONSONNANT, ANTE (kon-so-nan , nan-t'), adj. Il 1° Terme de musique. Qui produit une consonnance ; qui est formé par des consonnances. Intervalle consonnant, celui qui donne une consonnance. Accord consonnant, celui qui ne se compose que de consonnances. || 2° Terme de grammaire. Mots consonnants, mots qui ont une terminaison semblable. Terminaisons consonnantes. || Lettre consonnante, s'est dit pour consonne. || 3° S. /'.Terme de musique. Grand instrument qui tient du clavecin et de la harpe; il n'est plus en usage.
— HIST. XIV* s. Sons concordablement consonans selon les proporcions de musique, oresme, Thèse de meunier. Il XV' s. Quelz lettres sont les voieulx, et queles les liquides et les consonans, E. desch. Poésies mss. f° 306, dans lacurne.
— ÉTYM. Consonner.
CONSONNE (kon-so-n'), s. f. Terme de grammaire. Lettre qui n'a point de son par elle-même et ne se prononce qu'en s'appuyant sur une voyelle. Les consonnes et les voyelles. Il y a dix-neuf consonnes en français : b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, V, X, %. Les consonnes ne sont entendues qu'avec l'air qui fait la voix ou voyelle, du- MARSAis, Mél. gramm. philos. OEuvret, t. iv, p. 364, dans POUGENS. || Adjectivement. Les lettres consonnes. Le j se nommait autrefois t consonne, et le V, u consonne.
— ÉTYM. Lat. consonus, qui sonne avec, de eum, et sonus, son.
+ CONSONNER (kon- so- né), v. n. Former une consonnance.
— ÉTYM. Lat. consonare, de cum, et sonare, sonner; provenç. et espagn. consonar; ital. consonare.
CONSORTS (kon-sor; le ( ne se prononce pas ; l's ne se lie pas) , s. m. plur. || 1° Terme de droit. Ceux qui ont un intérêt commun dans une affaire, dans un procès. Un tel et consorts ont été condamnés. Je parle contre Pierre de Bourget et consorts, patru, Plaidoxjcr 3, dans ricuelet. || 2' Par extension, gens d'une même cabale.
— HIST. xiv s. Vous n'estes pas consors des tribulations et persécutions des apostres, le Songe du vergier, dans le Dict. de dociiez. || xv s. Sera, es temps à venir, en soupirs et plains regraitiez de ses charnelz affins. consors, allez et familiers, christ. DE piSAN, Charles V, part, ii, ch. (. || xvi's.Ne sommes-nous point donc ensevelis par le baptesme avec Christ, pour estre faits consors de sa résurrection? CALV. Instit. 1(68. Sa cause estant inséparablement conjoincte à un consort, mont, i, 99. Ils acceptèrent de pendre leurs amis et consorts, id. m, 249.
— ÉTYM. Lat. consors. de cum, avec, et sors, sort : qui a même sort, même lot.
CONSOUDE (kon-sou-d), s. f. Terme de botanique. Il 1° Plante indif;ène dont la racine est cylindrique, allongée, noire en dehors, blanche eu dedans, dune saveur douce et mucilagineuse {symphylum officinale, L). || 2° Consoude royale {consolida regalis, des officines) nom du pied d'alouetledes champs (dej;)/iinium conioh'da, t.), plant» dont les semences très-âcres ont été employée» comme celles de la staphisaigre.
— lllST. XVI' s. Les consoldes granae et petite,!»
CON
CON
CON
Terveine, paré, xvi, 3». Décoction de consoulde — consolide grande, .... o. db serres, 911. Comsire ou grande consoulde est plante de terroir humide; par d'aucuns est appelée pasquette, d'autant que communément elle (leurit vers Pasques; suivant l'etymologie de son nom, cette herbe a vertu de consolider, id. 8(0.
— ÉTVM. Berry, console; e.spagn. et ital. consolida: du latin consolida (voy. cONSOLinER) ; planie ainsi dite parce qu'on lui attribuait la vertu d'airôler les hémorrhagies.
t CONSPECT (kon-spè), s. m. Vue générale. "Villars, gorgé au conspect de toute l'Allemagne, n'espéra pas qu'un si prodigieux brigandage pût rester inconnu, st-sim. (83, (99. || Inusité.
— ÉTYM. Latin conspeclus (voy. ce mot).
t CONSPECTUS (kon-spè-ktus'), s. m. Terme didactique. Tableau donnant un aperçu général.
— ÉTYM. Lat. conspeclus, de conspicere, de cum, et spicere, voir (voy. spectacle).
t CONSPIRAN'CE (kon-spi-ran-s'), S. /".État de ce qui conspire et concourt. Le corps social et politique exige que les pouvoirs qui le gouvernent aient une concordance et une conspirance entre eux pour arriver au but qu'ils se proposent, c'est-à-dire la perfection du gouvernement, Mirabeau, dansLA veaux.
— ËTYM. Conspirant.
CONSPIRANT, ANTE (kon-spi-ran, ran-t'), adj. Il 1° Terme didactique. Qui concourt à un mêmeeffet. Ce que les apparences des mouvements planétaires offrent de plus remarquable, est leur changement de l'état direct à l'état rétrograde, changement qui ne peut être évidemment que le résultat de deux mouvements alternativement conspirants et contraires, LAPLACE, Expos. I, ((. Il 2° Terme de mécanique. Puissances conspirantes, celles qui, agissant en même direction, concourent au même effet.
CONSPIRATEUR, TlllCE (kon-spi-ra-leur, tri-s'), (. m. et f. Celui, celle qui conspire contre les pouvoirs publics. Jamais plus d'assassins ni de conspirateurs N'attaqueront le cours d'une si belle vie, CORN. Cinna, v, A. Tu veux qu'on t'applaudisse et qu'on te récompense. Artisan de la guerre, affreux conspirateur, volt. Catil. iv, 4.
— REM. L'Académie ne donne pas le féminin conspiratrice ; mais plusieurs dictionnaires le donnent, et il n'y a pas de raison pour ne pas l'employer.
— HIST. XV' s. U avoit fait si grant trahison que d'estre conspirateur de la mort de son maistre par poison, Bihl. des Chartes, 4» série, t. i, p. 434.
— ÉTYM. Lat. conspirator, de conspirare. CONSPIRATION (kon-spi-ra-sion; en poésie, de
cinq syllabes), s. f. || 1° Dessein formé secrètement entre plusieurs contre les pouvoirs publics. j| Dans l'histoire d'Angleterre, conspiration des poudres, conspiration tramée par les catholiques pour faire périr par une explosion Jacques 1" et le parlement. Il 2° Cabale. Il y a une conspiration contre vous. || La conspiration du silence, entente de plusieurs pour étouffer un fait, les opinions, les plaintes, les droits d'un homme. || 3"" Concours vers un même effet. L'âme ayant déposé le fardeau du corps, sent une merveilleuse conspiration de tous ses mouvements à la même fin , Boss. dans le Dict. de dochez.
— HIST. xm* s. Pour les outrages, les conspirations et les aliances qu'il tirent encontre nostrechier fil Robert, tajlliar. Recueil, p. 347. || xiv" s. Il ont tontre le roy fait conspiracion De li et ses enfans mettre à destruction , Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Chartes, 3» série, t. it, p. 262. Plusieurs conspiracions, monopoles, traysons, ib. B* série, t. I, p. 8(. Les pères orent grant paear que conspiracions et conjuremens et assemblées privées ne se feissent, bercheure, f" 39, recto. || xvi* s. C'est une conspiration entre eux, de ne souifrir point un homme de bien en leur compagnie, calv. Instit.
— ÉTYM. Provenç. cospiratio; espagn. conspiracion; ital conspirasione ; du latin conspirationem , de conspirnre.
CONSPIRÉ, ÊE (kon-spi-ré, rée), part, passé. Tramé par conspiration. Sa perte conspirée par des ennemis secrets.
CONSPIRER (kon-spi-ré), «. n. || 1° Concourir, contribuer à, tendre au même but et comme de concert. Mes vœux avec les siens conspirent aujourd'hui, CORN. Hor. V, 2. C'est à cela que doit conspirer toute la religion des fidèles, fléch. m, 438. Tous de concert nous conspirerons à le soutenir, à le perfectionner, à le consommer, bourd. Carême, l. Cendres, B(. Citoyen qui conspire avec les lois au bien public, boss. Uist. lu, 5. Les deux partis
conspiraient à repousser ''ennemi commun, ID. Bonté, 2. Tout m'affiige et me nuit, et conspire à me nuire, rac. Phèd. i, 3. X mes nobles projets je vois tout conspirer, id. Uithrid, m, <. Tout ce que vous voyez conspire à vos désirs; Vos jours toujours sereins coulent (lans les plaisirs, id. Brit.n, 3. Tout conspirait pour lui : Ma famille vengée, et les Grecs dans la joie. Nos vaisseaux tous chargés des dépouilles de Troie, ID. Andr. li, (. Avec ma volonté ton sentiment conspire, id. Esth. il, B. Toutes les parties de ce corps politique, à mesure qu'elles conspiraient au bien public, y trouvaient le leur, ROLLIN, Uist. anc. OEuvres, t. ii, p. 6(5, dans pou- GENS. Toute la nature Conspire à l'avertir par un sinistre augure, volt. lUorl de Ces. m, 6. La nature et la fortune semblaient avoir conspiré au bonheur d'Alcibiade, mahm. Contes moraux, ^ici6. || Terme didactique. Être lié par une solidarité intime. Tout dans le corps humain concourt et conspire. || 2° Faire une conspiration. C'est contre mon pouvoir que les traîtres conspirent, corn. Pomp. iv, 4. Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire, id. Cin/ia, IV, t. Seigneur, ou je me trompe ou Messala conspire. Pour changer ses destins plus que ceux de l'empire, volt. Brut, i, 3. Et qui sait conspirer sait se taire et mourir, id. ib. v, (. || 3° K. a. Projeter, tramer quelque chose par voie de conspiration. Celle qui nous oblige à conspirer sa mort [d'Auguste], CORN. Cinna, m, t. Voilà contre un ingrat tout ce que je conspire, ID. Suréna, m, 3. Qui croirait en effet.... Qu'un peuple tout entier, tant de fois triomphant, N'eût daigné conspirer que la mort d'un enfant? HAC. Andr. i, 2.
— HIST. xv s. Ils ont conspiré et machiné de bailler et mectre es mains d'aucuns nos ennemys aucunes de nos terres et seigneuries. Lettre de CHARLES VIII, Bulletin du comité de la langue, t. III, p. 694. Il XVI' s. Chacun conspire là en une charité, et a-on horreur de la violer, autant que Dieu, CALV./resItî. (0(6. L'univers consent à nostre créance: le ciel, la terre, toutes choses y conspirent, mont. II, (48. Elle, craignant sa desloyauté et haïssant sa cruaulté, conspira sa mort avec ses frères, et exécuta sa conspiration en ceste manière, amyot, Pélop. «6. Darius se laissa aller à conspirer contre la personne de son père avec Tiribazus, id. Artax, 42. Voilà la vraye cause qui l'incita à conspirer et machiner la mort de la royne,iD. ifc. 23. Le plus grand nombre, et des plus belliqueux Gaulois qui furent de ceste conspirée rébellion, estoit conduit par Ambiorix, id. César, 32. L'accusant faussement d'avoir conspiré à sa mort, avec la princesse Marie sa fille, carl.
— ÉTYM. Provenç. cospirar; espagn. conspirar ; ital. conspirare; du latin conspirare, de cum, et spirare, souffler (voy. esprit): souffler avec, s'entendre, comploter.
CONSPUÉ, ÉE (kon-spu-é, ée), part, passé. Traité avec 'e dernier mépris. Un auteur, un ouvrage conspué. Chassé, battu, détesté pour ses crimes. Honni, berné, conspué pour ses rimes, volt. Poésies mêlées, 84.
CONSPUER (kon-spu-é), v. a. Honnir publiquement.
— REM. Conspuer n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de (762.
— ÉTYM. Lat. conspuere, de cum, et spuere, cracher : couvrir de crachats.
CONSTABLE (kon-sta-bl'), s. m. Nom des officiers de police en Angleterre. Requérir le constable. Il Nom des artilleurs dans l'armée autrichienne.
— ÉTYM. Forme contractée de connétable.
CONSTAMMENT (kon - sta - man) , adv. || 1° Avec
constance. Combien de fois le peuple Romain avaitil porté constamment la défaite des armées! perrot. Tac. (36. Recevoir constamment la mort, id. ib.
476 Préparons-nous à montrer constamment Ce
que doit une amante à la mort d'un amant, corn. Hor. IV, 4. Qui vit avec honneur doit mourir constamment, rotr. Hercule m. v, (. Instruire ainsi les gens X porter constamment de pareils accidents, MOL. Femmes sav. v, (. Parlons de sa mort, s'il se peut, aussi constamment qu'elle est morte, fléch. Urne de Montausier . Seigneur, je ne vous demande pas cette raison orgueilleuse qui cherche dans la gloire de souffrir constamment toute la consolation de "ses peines, mass. Av. Afflict. Il sait souffrir constamment et meurt en paix , J. J. Rouss. Ém. i. On ne pense pas toujours constamment d'un même sujet; l'entêtement et le dégoût se suivent de près, la bruy. XII. Il 2° Invariablement, sans interruption. U a été constamment heureux ce soir-là, il gagna constamment au jeu. Il 3° Certainement, assurément. Cette
nouvelle est constamment vraie. Quand il cite pour un maître celui qui constamment est un ignorant, LA QUiNTiNYE, Jardins, \, 4. Vieux en ce sens.
— HIST. XVI" s. User des biens regléement, et le» savoir perdre constamment, mont, i, <"«. Son innocence la fatsoit constamment parler, maro. Souv.
— ÉTYM. Constant, et le suffixe ment.
COXSTA.VCE (kon-stan-s'), s. (. \\ 1" Korce morale
par laquelle on garde l'empire sur soi-même. Si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités, ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées, boss. Reine d'Anglet. Nous croyons souvent avoir de la constance dans les malheurs , lorsque nous n'avons que de l'abattement; et nous les souffrons sans oser les regarder, comme les poltrons se laissent tuer de peur de se défendre, larochef. Ifar. 420. Ma constance du moins ri!!gne encor sur mes yeux, coriN. Hor. i, t. Partout même constance Rend à tous mes efforts pareille résistance, id. Perthar. v, 2. Les faveurs que le roi lui avait faites attendrirent son cœur, mais n'ébranirrent pas sa constance, fléch. Panég. t. ii, p. 448. Et sans perdre en adieux un reste de constance , bac. Mithr. ii , 6. Ce n'est point alors [à l'heure de la mort] le badinage qui sied bien, mais la constance, la bruy. xvi. Sou âme sainte [de J. C] perd devant eux toute sa constance à la vue de la mort, mass. Car. Pass. \\ Avoir la constance de, être assez ferme pour, et aussi assez dur pour. U eut la constance de le laisser pendant cinq ans s'appliquer sans relâche à rét-'iblir sa fortune, détaché du monde et paitageant sa vie entre son cabinet et le parloir d'Angélique , mahmont. Contes moraux, École des pères. || Par extension, insensibilité. Ses yeux indifférents ont déjà la constance D'un tyran dans le crime endurci dès leofance, rac Brit. v, 7. ||2° Persévérance, stabil.té dans les goûts. Travailler avec constance. Ce sont des affections qui nous inspirent des constances inébranlables, BERN. DE st-p. Harmon. liv. v, Harmon. ont m. Il 3" Durée de l'affection, surtout en parizmt de l'amour. Exemple infortuné d'une longue constance, RAC. Bérén. l, 2. La constance en amour est une inconstance perpétuelle, qui fait que notre cœur s'attache successivement à toutes les qualités de la personne que nous aimons, larochef, ifax. (76.
— SYN. CONSTANCE, FIDÉLITÉ. La constauce suppose une sorte d'opiniâtreté et de courage , et ne suppose pas d'engagement. Fidélité suppose un engagement auquel on ne manque pas. On dit un amant heureux et fidèle, un amant malheureux et constant; le premier est engagé, l'autre ne l'est pas, d'alehb.
— HIST. XIV* s. Quand le roi se vit pris, si dit par grant constance: C'est Jehan de Valois, non pas le roi de France, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Charles, 3' série, t. u, p. 202. Il XVI' s. Tout cela se faict pour gaigner cet advantage d'avoir faict force à leur constance [courage] , MONT. I, 242. Ces deux erreurs peuvent souffrir de la constance [persister], id. i, 396.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. constancia; ital. coslanza ; du latin consiantia (voy. constant).
CONSTANT, ANTE (kon-stan, stan-f), adj.
Il 1° Qui a de la constance. Constant en amitié. Dans leur juste haine animés et constants, corn. Héraci. V, 6. Le peuple romain a été le plus constant dans ses maxime.s, ëoss. Hist. m, u. Ahl si tu le voyais, lu serais plus constant À courir sans relâche au bonheur qui t'attend, corn. Imil. i, 2. Que si le plus constant et le mieux affermi Se relâche souvent, souvent tombe à demi, id. ib. 1, 49. Lui que j'ai toujours vu constant dans mes traverses, RAC. Bérén. 1, 4. Suzanne offrit une âme constante à la plus noire calomnie, mass. Av. AfjUct. Il Poétiquement. J'ai d'un cœur invincible affronté la fortune. J'ai vu d'un œil constant le courroux de Neptune, hotrou, Bélis. iv, a. I| 8° Qui a de la constance en amour. Un cœur constant. Un amant constant. Serez-vous constante, madame, dans ces bontés que vous me témoignez? mol. l'Am. méd. m, 6. Il 3" En parlant des choses, ù trop constante foi I BAC. Baj. Il, 3. Grands dieux! combien elle est joliel Et pour moi ses feux sont constants, bérano. Çfu'elle est jolie. Comme s'ils croyaient que celle résolution fût ferme et constante, pasc. Prov. (O. L'amour constant est comme un lac paisible, bebnabd, Art d'aimer, ch. i. ||4" Qui ne varie pas. 11 n'y a rien de constant en ce monde. Vents constants. Une tradition constante. Une assiette forme et une dernière base constante, pasc. dans cousin. || Terme de
CON
mathématiques. Quantité constante, ou, ertiptiquemeiit.constante, quantité qui demeure la même, tandisque d'autres croissent et décroissent. || B^Certain, indubitable, bien établi. La chose est constante. Une vérité constante. Il est constant qu'il a dit cela. Il n'est pas constant qu'il ait dit cela. 11 faut tenir pour conslant que cette proposition est vraie, desc. Médit, ri. Il passe pour constant que.... corn. Ex. d'Hor. 11 est constant par le témoignage de cet historien, que.... Boss. Hist. I, 7. C'est une doctrine constante de saint Augustin et de tous les Pères, ID. Or. 6. C'est une règle inviolable parmi nous de ne permeltre les secondes noces à l'une des parties qu'aprés que les preuves de la mort de l'autre sont constantes, BOSS. Variât. *' avertiss. § 6. || 6° En termes d'ancienne pratique, constant s'est employé comme une préposition au sens de fendant. Constant le mariage, pendant la durée du mariage.
— SYN. CONSTANT, FERME. Celui qui est constant reste semblable à lui-même. Celui qui est ferme résiste. Un homme ferme dans l'adversité est celui qui ne cède pas au coup qu'il reçoit. Un homme constant dans l'adversité est celui que l'adversité ae change pas et qui la supporte sans se laisser troubler. Aussi la constance a-t-elle lieu de s'exercer dans la prospérité, tandis que la fermeté veut quelque chose qui nous assaille.
— HIST. xiv* s. Ta constant obédience et vraie tiumilité sont par moy esprouvées, ilénagier, i, 6. Kntre celles menaces de fortune apparut il si fiers et si constans, bercheure , f" 32, recto. Et ne font force de tele mort souffrir, et sont constans sans perdre, pour ce, usage de raison, oresme, Eth. 79. Il XV* s. Adonc furent les deux amans si prins [touchés] , qu'il n'y eut si constant qui ne perdist toute contenance, Perceforest, t. vi, f" 56. || xvi* s. Courage constant, mont, i, 4. Fonder un jugement constant et uniforme, id. ib. Une énorme difformité corporelle, vice constant, inamendable, id. ii, 86.
— ÉTYM. Lat. constans, participe préset^t de constarSi se tenir avec, être d'accord avec, être solide (voy. conster).
t CONSTATATION (kon-sta-ta-sion) , s. f. L'action de constater. Les constatations de l'expert. || La chose constatée. Les constatations du procès-verbal.
— ÉTYM. Constater.
CONSTATÉ, ÉE (kon-sta-té, tée), part, passé. Vn fait bien constaté. Il fallait substituer à tous ces systèmes des faits généraux constatés par l'observation et l'expérience, condorcet, Ilaller.
CONSTATER (kon-sta-té), v. a. P" Rendre constant, certain. Je veux constater le fait. Toutes les pièces de la procédure constatent que etc. Le duo fit plusieurs questions, et j'en fis aussi pour constater les faits, st-sim. dans le Dict. de docbez. || 2° Relater, dans un écrit ou dans un acte. Constater une chose par procès-verbal. || On dit aussi que le procèsverbal constate une chose.
— REM. Ce mot, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, ne se trouve dans l'Académie qu'à partir de l'édition de <740.
— ÈTYM. Mot qui, n'étant entré dans la langue qu'au commencement du xvni* siècle, paraît formé, assez singulièrement d'ailleurs, de cum et du latin status, état (voy. état).
CONSTELLATION (kon-stè-la-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Réunion ou groupe d'étoiles, par lesquelles on fait passer des lignes imaginaires et représentant un objet physique dont les astronomes anciens ont ensuite donné le nom au groupe entier. La Grande et la Petite Ourse sont deux belles constellations. Les étoiles ont été réunies en constellations ou astérismes, francœur, Uranographie , 2' partie. || Constellations zodiacales, celles qui se trouvent dans le zodiaque; constellations australes, boréales, circompolaires, celles qui sont dans l'hémisphère austral, ou dans le boréal, ou tout auprès des pôles. Les constellations zodiacales présentent seules [quant à la figure] un degré d'intérêt, parce que l'histoire en tire des indications utiles pour porter la lumière dans l'étude des fables et de l'antiquité, id. «6. C'était l'astronomie moderne qui devait apprendre aux hommes que les étoiles sont réellement innombrables, et que des constellations où l'antiquité n'en comptait qu'un trèspetit nombre en renfiirment des milliers, bonnet, Contempl. nat. 1" part. ch. 4. || Fig. Être né sous une heureuse constellation, avoir du bonheur, de la chance dans ses entreprises; et, en sens inverse, être lié sous une malheureuse constellation. Il faut cependant laisser passer la mauvaise consteUation et faire place à la colère du ciel. balz. liv. viii, lett 9 U demande encore si, de ce grand nombre d'hom-
CON
mes qui périrent à la bataille de Cannes d'un même genre de mort, tous étaient nés sous les mêmes constellations, follin, Uist. anc. OEuvres, t. n, p. 433, dans pouGENS.
— HIST. xiii's Il prirent lor nacions [nativité]
En teles constellacions. Que par droite nécessité ....Lor convient tel mort recevoir, la Hose, <7266. Il xiv's. Il les convient varier [les opérations de médecine] selon plusieurs choses qui sont à considérer, corne la complexion de la personne, la disposicion de l'aer, la constellacion du ciel, oresme,
Elh. 36. Il XV" s Eulx et tout le royaume de
France, lors par estrange constelacion enclins à rébellion, furent, par celle desconfiture, rendus si confus , que tous se tindrent cois et appaisiez , CHRIST. DE pisan, Charles V, li, ch. ^3.
— ÉTYM. Lat. constcllalio (voy. constellé). CONSTELLÉ, ÉE (kon-stèl-lé, lée), adj. \\ l-'Terme
d'astrologie. Qui a été fait ou fabriqué sous une constellation, ou qui en porte la marque; d'où certaines vertus supposées. Moi je guéris par des paroles, par des sons, par des lettres, par des talismans et par des anneaux constellés, mol. VAm. méd. m, 5. C'est un anneau constellé qui guérit les égarements d'esprit, id. ib. m, 6. Les curieux conservent encore des anneaux constellés de ces temps-là [Henri IV], volt. Mœurs, 173. || 2" Qui est en forme d'étoile. Pierre constellée. || Qui est parsemé d'étoiles. Il Poétiquement. Lorsque je vois au fond des époques futures, La liste des héros sur ton mur [de l'arc de triomphe] constellé. Reluire et rayonner, v. uuGO, Voix, 4. Il Par plaisanterie. Parsemé de quoi que ce soit. [Un mouchoir] constellé de grains de tabac, BARTHÉLÉMY, Satire du député ministériel.
— ÉTYM. Lat. constellatus , de cum, et Stella, étoile (voy. ce mot).
f CONSTELLER (kon-stèl-lé) , v. n. Faire paraître des constellations. Quel firmament la nuit constellait dans leur sein [des mers], lauart. Clmte d'un ange, récit.
— ÉTYM. Voy. CONSTELLÉ.
CONSTER (kon-sté), v. n. et impersonnel. Terme de jurisprudence. Être bien établi d'une façon certaine. Par lesquelles lettres il constera qu'il fait rémission, BOSS. Déf. Des témoignages par lesquels il conste que cet usage était établi, id. Cuite. || Vieux.
— HIST. xiv s. Par quoy il conste asseurement Que, dès que mercure est formé, En luy soit, sans plus informé. Double substance métallique. Traité d'alch. 222. Il XVI' s. Il conste que cette infanterie estoit soustenue d'un escadron de la compagnie des comtes Louis et Ernest, d'aub. Jlist. iii, 630.
— ÉTYM. Lat. constare, de cum avec, et stare, être debout (voy. stable).
CONSTERNATION (kon-stèr-na-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action de consterner, résultat de cette action. La consternation calmera la tempête, CORN. Othon, V, 2. Nous étions dans la consternation, SÉV. 20. À ces mots la consternation se répandit sur tous les visages, marmont. Contes moraux, Berg. Alp. Il n'en est pas de la consternation d'un peuple belhqueux qui se tourne presque toujours en courage, comme de celle d'une vile populace qui ne sent que sa faiblesse, montesq. Rom. iv.
— ÉTYM. Lat. constematio (voy. consterner). CONSTERNÉ, ÉE (konstèr-né, née), part, passé.
Je suis consterné de cette nouvelle, de cet événement. Consterné par une terreur subite. Il y avait quelques visages consternés de la perte, hamilt. Gramm. 3. Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts; on trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse, BOss. Duch. d'Orl. Ne vous figurez point que, dans cette journée. D'un lâche désespoir ma vertu consternée.... BAC. Baj. II, 5. Mais que vois-je, vous-même inquiet , étonné , Plus que Britannicus paraissez consterné, m. Brit. u, 2. Les vieillards et les femmes paraissent consternés, fén. Tél. x. D'où vient ce morne accueil et ce front consterné? volt. Brut.
CONSTERNER (kon-slèr-né),t). a. [Jl^Frapperd'une épouvante mêlée d'abattement. Déjà cette horrible nouvelle Consterne vos amis et glace tout leur zèle, VOLT. Métope, II, 6. Il est plus occupé de consterner le vicieux que d'éclairer l'ignorant, dider. Ess. sur Claude. Qui donc consterne ainsi ton courage abattu? Ducis, Abuf. i, 3. Parla ils [les Romains] consternaient les vainqueurs et s'imposaient à euxmêmes une plus grande nécessité de vaincre, montesq. Rom. ch. I. C'est en élevant l'âme et non en la consternant qu'on doit nous porter au bien, CONDILLAC, Élud. hist. t. XXI. p. i86, dans pougens. Il 2° Au propre, renverser. Pendant que les
CON
armées consternaient tout, le sénat tenait à terre ceux qu'il trouvait abattus, montesq. Rom. vi. {{ Peu usité en ce sens.
— HIST. XIV* s. La multitude du peuple consternée et espoenté, BERCHEURE, f" 66, versO
— ÈTYM. Lat. constemere, de cum, et stemere, renverser.
t CONSTIPANT, ANTE (kon-sti-pan, paii-l'), adj. Terme de médecine. Qui constipe.
CONSTIPATION (kon-stipa-sion) , s. f. État de celui qui ne peut aller librement à la selle.
— HIST. XVI* s. Pour la densité du cuir, ou pour la constipation des pores d'iceluy, paré, xx, 2
— ÉTYM. Provenç. conid'pocto ;espagn. constipadon; ital. costipazione ; du latin constipationem , de constipare , constiper.
CONSTIPÉ, ÉE (kon-sti-pé, pée), part, passé. Constipé par une nourriture trop échauffante. Nous ne devons pas tant nous dépiter d'être un peu constipés, c'est ce qui m'a fait vivre quatre-vingt et un ans, et c'est ce qui vous fera vivre beaucoup plus longtemps, VOLT. lett. Mme du Z)e//'an«, <9 avril (775, Il Fig. et dans le style burlesque, un air constipé, un visage de constipé, se dit pour un air contraint et embarrassé, chagrin. Aussitôt me fit une mine Qui représente le portrait D'un constipé sur un retrait, SCKRV.ON , Poésies div. OEuvres, t. vu, p. <B(, dans pouGENS. Phébus, voyant sa mine constipée, Dit : Quelle est donc cette muse écloppée Qui vient ici racler du violon En manteau court? j. b. rouss. Rondeau.
CONSTIPER (kon-sti-pé). Ij 1' V. a. Causer la constipation. Il Absolument. Nourriture qui constipe. Il 2° Se constiper, v. réfl. Devenir constipé. Je suis de mon amour pressé cruellement. Mon esprit s'en altère et mon corps s'en constipe, scarron, D. Japhet, III, 4.
— HIST. XIV* s. Une autre maladie que les chiens ont, qui sont costevez, et ne puent aler dehors, Modus, f° ILV. Il XVI* s. Les medicamens refrigeratifs et astringens constipent le cuir, qui est cause de ne donner transpiration aux vapeurs fuligineuses, paré. IX, 5. Notre esprit se constipe et se croupit en vieillissant, mont, iv, 22 i.
— ÉTYM. Provenç. costipar ; espagn. constipar; ital. costipare; du latin constipare, resserrer, de cum, et stipare, condenser.
CONSTITUANT, ANTE (kon-sti-tu-an, an-t'), ad;. Il 1° Qui entre dans la constitution ou composition. Les parties constituantes d'un corps. |1 Terme de chimie. Molécules constituantes, celles qui appartiennent aux corps composés, par opposition à molécules intégrantes, qui sedi.sent soit des corpssimples, soit des corps composés. Ainsi dans le carbonate de plomb, chaque molécule intégrante est composée de trois molécules constituantes, une de carbone, une de plomb et une d'oxygène. {| Terme d'anatomie. Tissus constituants, tissus dont l'ensemble forme le corps; ce sont le musculaire, le nerveux, le lamineux, l'élastique, l'adipeux, l'osseux, le cartilagineux, le tissu du derme, des muqueuses et des séreuses. || Terme de géologie. Les parties constituantes d'une roche, celles qui sont disséminées uniformément dans cette roche. || 2° Terme de pratique. Qui donne procuration , qui établit une rente en faveur d'un autre; et substantivement, le constituant, la constituante. || 3° Pouvoir constituant, pouvoir qui seul a droit d'établir ou de changer la constitution. Le pouvoir constituant est supérieur au pouvoir législatif. || Assemblée constituante, assemblée qui a mission d'établir une constitution politique. Il Substantivement. La constituante de 178». La constituante de 4 848. || Un constituant, un membre d'une assemblée constituante.
— ÉTYM. Constituer.
CONSTITUÉ, ÉE (kon-sti-tu-é, ée), part, passé. Il 1° Mis dans. Les facultés mentales et afteclives constituées dans le cerveau parla physiologie moderne. Il 2* Légalement établi. Les autorités constituées (voy. AUTORITÉ). Une personne constituée en dignité comme Mlle Hubert, hamilt. Gramm. 9. || Qui a uns certaine constitution politique. Les États fédératifs et constitués comme la Suisse. Un État bien constitué. Il Terme de droit. Rente constituée, rente perpétuelle établie par un contrat moyennant le payement d'un capital. || 3* Qui a pour constitution , pour composition. L'eau constituée par une combinaison d'oxygène et d'hydrogène. || 4* Être bien ou mal constitué, être d'une constitution physique bonne ou mauvaise. La nature en use précisément comme la loi de Sparte avec les enfants des citoyens; eue rend forts et robustes ceux qui sont bien constitués, et fait périr tous les autres ,}.}. rouss. Inégal, i " part
CON
CON
CON
CONSTITUER (kon-sti-tu-é), v.'a. \\ l' Mettre dan». Copernic a constitué le soleil au centre du monde. Les philosophes .stoïciens constituaiunt le souverain bien en la possession de la vertu. || 2° Donner charge. Les honneurs dus à ceux que vous aurez constitués en dignité, J. J. Houss. Inégalité, Dédie. Je vous constitue pendant le souper au gouvernement des bouteilles, mol. l'Av. m, t. \\ 3°lernie de droit. Donner charge à quelqu'un de dérendre en justice une cause, ou lui donner pouvoir d'agir en des affaires générales ou particulières. Constituer avoué, prendre un tel pour son mandataire. || Établir en certaine qualit(^. Qui vous a constitué juge? Cette résistance les constitue en état de rébellion. |{ Constituer quelqu'un en frais, en dépenses, lui faire payer certaines sommes. On a abrégé plusieurs procédures qui constituaient en frais les parties. Il Constituer quelqu'un prisonnier, le mettre en prison. Il 4° Établir. Constituer une rente, une pension à quelqu'un. Vouloir me constituer sa. dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point, mol. l'Av. II, 6. Il 5° Former un tout, en parlant des choses qui y entrent comme éléments essentiels. Des humeurs et des parties solides constituent les corps vivants. Il Faire l'essence d'une chose. Dieu, étant nécessairement partout, constitue par cela seul l'espace immense et le lieu, volt. Newt. i, 2. Les contrariétés les plus bizarres entrent dans le même caractère et le constituent, vauven. Caract. Le partage des trois pouvoirs constitue proprement ce qu'on nomme république, comme la réunion des trois pouvoirs constitue ce qu'on nomme monarchie, condillac, Hist. anc. Lois, ch. ii. || 6° Organiser. Constituer une société commerciale. Une assemblée est constituée, lorsque son bureau est désigné, ou lorsque ses conditions de validité sont reconnues existantes. || 7° Se constituer, v. réfl. Se donner une certaine constitution. L'assemblée s'est constituée. Le bureau de l'assemblée va se constituer. L'assemblée se constitue en comité. Les députés réunis à Paris se constituèrent en assemblée. || Se donner qualité de. Se constituer partie civile dans un procès criminel. Il s'est constitué incidemment demandeur. Se constituer juge dans sa propre cause. Se constituer prisonnier, se livrer soi-même pour être mis en prison.
— HIST. XIV' s. Ceulz qui sont constitués en grans puissances, come sont princes et grans seigneurs, OHESME, Eth,. 240. Et les operacions qui précèdent l'abit, et par les queles un home est constitué en l'abit qui est perfettion de son ame, elles sont delettables, ID. ib. 220. || xv* s. Furent lues les lettres de l'empereur par lesquelles il constituoit le roi Edouard d'Angleterre son vicaire et son lieutenant
f)our lui, FBOiss. I, I, 7C. Il XVI* s. Aristote constitue a félicité es biens de l'esprit premièrement ; puis en ceux du corps, langue, 480. Il feit prendre au corps ledit Manlius, et le constitua prisonnier, amyot, Cam. 6t. Un capitaine, ou autre personne constituée en dignité, m. Lucul. 66. Et le trouva-on saisi des bardes dudit patient, dont il fut constitué prisonnier, PABÉ, VIII, 31.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. constituir; ital. costituire; du latin constituere , de cum, et stituere, pour .ïtatwere, établir (voy. statut).
t CONSTITCT (kon-sti-tu) , s. m. Contrat de droit romain qui obligeait au payement d'une somme d'argent. || Clause de constitut, clause par laquelle le possesseur d'un meuble ou d'un immeuble reconnaît qu'il n'y a aucun droit de propriété, et qu'il n'en a la jouissance qu'à titre de constitut, à titre précaire.
t CONSTITUTEUR (kon-sti-tu-teur), s. m. Celui qui constitue.
— HIST. xvi's. Constituteur, oudin, Dict.
— ÉTYM. Constituer; ital. constitutore.
CONSTITUTIF , IVE (kon-sti-tu-tif , ti-v') , adj.
Il 1° Qui entre dans la con.stitution d'un objet. Les parties constitutives d'un végétal. Recherches sur la manière dont la religion peut etdoit entrer comme partie constitutive dans la composition du corps politique , J. I. Bouss. Lettres de la montagne , vi. Il 2° Terme de droit. Qui établit un droit. Titre constitutif de propriété.
— HIST. xvi" s. Constitutif, cotgraye.
— ÊTYia. Constituer.
CONSTITUTION (kon-sti-tu-sion; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. \\ 1° Acte de mettre dans. La constitution complète de la production de la chaleur dans le poumon n'a pas été ratiflée par les plus récentes recherches. || 2° Terme de procédure. Constitution de procureur, d'avoué, acte par lequel le procureur ou l'avoué i-5ola.re ï son adversaire qu'il
occupe pour une partie. || Constitution se dit aussi pour le fait de constituer un avoué. || 8" Terme de pratique. Établissement d'une rente, d'une pension; la rente même. Il a pour vingt mille francs de constitution. || Contrat de constitution, constitution de rente, contrat par lequel le débiteur constitue une rente au profit du prêteur qui aliène son capital. Il On disait autrefois mettre son bien en constitutions, pour le placer de manière à lui faire produire ces rentes. Un marchand perd son crédit sur la place quand il met son bien en constitutions. Tout le bien de ce bourgeois est en constitutions. À vous prendre depuis les pieds jusqu'à la tête [en évaluant tout votre habillement], il y aurait de quoi faire une constitution, mol. l'Av. I, 6. Passez-lui* un contrat de constitution, la bruy. xiv. || Constitution de dot, action d'établir une dot. || On ne dit plus guère aujourd'hui une constitution; on dit une constitution de rente. || 4" Terme de politique. La nature d'un gouvernement en tant que son pouvoir est réglé. Constitution monarchique. Violer la constitution. Donner, établir une constitution. Le gouvernement monarchique et héréditaire est la constitution du royaume [d'Angleterre], fén. t. xxii, p. 4ia. Ils [les Italiens] sont un exemple de ce qu'un peuple peut devoir aux seuls bienfaits de la nature, comme les Anglais de ce qu'il peut devoir aux seuls bienfaits d'une bonne constitution, d'alembert, Éloges, Miraheau. Tant la satire est redoutée dans ces constitutions où la plus grande force du gouvernement réside dans l'opinion que les citoyens ont de sa sagesse, condorcet, Haller. \\ 5° Loi fondamentale, soit ecclésiastique ou civile, soit générale ou particulière. Les constitutions des papes sont distinguées par un nom qui est le premier mot du texte. Les fondateurs des 'ordres religieux ont fait approuver par les papes les constitutions de leur ordre. Les constitutions des empereurs. Les constitutions canoniques. Quelle constitution du pape ai-je violée? PASC. Prov. il. Le peuple consentit enfin à payer les dtmes, à condition qu'il pourrait les racheter; la constitution de Louis le Débonnaire et celle de l'empereur Lothaire, son fils, ne le permirent pas, montesq. Esp. XXXI, 1 2. Il La constitution Unigenitus, ou, absolument, la constitution, constitution du pape qui condamnait certaines propositions extraites des Réflexions morales du P. Quesnel et qui excita en France, dans le xviii* siècle, un grand trouble religieux. Nous savons assez en France ce que c'est que les affaires de la constitution; ne fussent-elles que théologiques, elles seraient déjà d'une extrême difficulté, fonten. Rép. à l'évéque de Rennes. Il y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'n appela constitution , et voulut obliger sous de grandes peines ce prince [le roi de France] et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu, montesq. Lett. pers. 24. || Constitution civile du clergé, organisation du clergé français décrétée par l'assemblée constituante le 1 2 juillet )790. La constitution ecclésiastique de Genève est purement presbytérienne, point d'évêques, encore moins de chanoines , d'alemb. Gouvern. genevois. \\ Acte par lequel on règle les droits politiques d'une nation, la forme du gouvernement et l'organisation des pouvoirs publics. L'ère des constitutions politiques s'ouvre en 1789. Il Autrefois et en certains pays, loi, ordonnance, règlement fait par l'autorité qui a le pouvoir législatif. || 6° Ce qui fait la substance d'un corps , la manière dont il est composé. La constitution de l'air. La constitution du Inonde, des parties du corps humain. La constitution d'un discours. Voici une pièce d'une constitution assez extraordinaire; aussi est-ce la vingt et unième que j'ai fait voir sur le théâtre, coRii. Nicotn. pré fn ce. La première constitution de l'univers se trouvant affaiblie, la vie humaine, qui se poussait à près de mille ans, se diminue peu à peu, boss. Ilist. 11, 1. Il 7" Constitution atmosphérique, état de l'atmosphère considérée relativement à son influence sur l'économie animale. || Constitution médicale, rapport qui existe entre les constitutions atmosphériques et les maladies régnantes. 1| 8° État général de l'organisation particulière de chaque individu, d'où résultent sa force, sa santé, sa vitalité. Une bonne constitution est celle oïl tous les viscères, tous les systèmes, tous les appareils, également développés et doués d'une égale énergie, remplissent leurs fonctions avec aisance et activité. Malebranche , quoique d'une assez mauvaise constitution, avait joui d'une santé assez égale , fontem. Malsbranche. L'ardeur de l'étude avait rainé sa constitution aussi fSiible que vive, et l'excès du travail l'empêcha d'en recueillir les fruits, d'alembert, Élog", Testu.
— mST. XII* s. Nos leiz, noz constitutions, brnoIt, dans BAYN0UARD, cofistitutto. Il xiii* s. Et note que vou [vœu] , de la nature de soi , ne depiece pas mariage, mes c'est de constitucion d'yglise, Liv. de just. 194. Or dit l'en que la constitutions ne regarde pas le tans qui est passez, mes regarde le tans qui est à venir, ib. 10. Il, par le conseil de .sainte Eglise, fist constitution novele, que mariages se peust fere puis le quart degré, beaum. xliv, 12. De ces trois cas.... e.st il ordené et establi comment on en doit ouvrer par une nouvele constitution que li rois a fête en la manière qui ensuit, 10. xxxii, 3. Li mestre pueent espondre [expliquer] constitutions. Conseil de pierre DE fontaine, 481. Il XV' s. Avecques toutes et quelconques autres constitucions, par les quelles il pourroit .sur ce estre empeschiez, Lettte de CHARLES y, Bibl. des Chartes, 4' série, tin, p. 426. Il XVI' s. Ma constitucion est de ne faire cas du boire que pour la suitte du manger, mont, ii, 18. La constitution des maladies est formée au patron de la constitution des animaulx, ID. iv, 267. Les accessions externes prennent saveur et couleur de l'interne constitution, mont, i, 3I8. Il renversa toutes les ordonnances et constitutions qu'il avoit faites, amyot, Lucul. 85. Entre toutes les constitutions de l'air, celle qui est chaude et humide est fort dangereuse, paré, xxiv, 3.
— ÉTYM. Provenç. constitutio; espagn. constitucion; ital. constituxione , costitutione ; du latin constitutionem, de constituere, constituer.
t CONSTITUTIONNAIRE (kon-sti-tu-sio-nê-r'), s. m. Il 1° Celui qui reconnaissait la bulle Unigenitut. [Brancas était] dévot et constitutionuaire jusqu'au fanatisme, et du petit troupeau de Fénelon, st-sim. 421, 83. Il^dj. Si l'on s'en rapporte à la foule des théologiens constitutionnaires, d'alemb. Destruction des jésuites, OEuvres,t.\,p. 73,danspoDGENS. || 2° Officier chargé de publier les constitutions des empereurs romains et les codes.
— ÉTYM. Constitution.
+ CONSTTfUTIONNALISEB (kon-sti-tn-sîo-n»-lizé), V. a. Néologisme. Rendre constitutionnel; attacher aux principes d'une constitution. Conslitutionnaliser un pays. || Seconstitutionnaliser, ». ré(l. Se soumettre à une constitution.
— ÉTYM. Constitutionnel.
t CONSTITUTIONNALISME (kon-sti-tu-sio-nali-sm'), t. m. Opinion de ceux qui pensentque le pouvoir souverain doit être réglé par une constitution.
— ÉTYM. Constitutionnaliser.
CONSTITUTIONNALITÉ (kon-sti-lu-sio-na-li-té;,
s. f. Qualité de ce qui est conforme à la constitution. La constitutionnalité d'une loi, d'une ordonnance.
— ÉTYM. Constitutionnel.
CONSTITUTIONNEL, ELLE (kon-sti-tu-sio-nèl,
nè-l'), adj. \\ 1" Terme de politique. Qui est réglé par une constitution. Régime, gouvernement constitutionnel, celui où des assemblées participent au gouvernement. Il Qui tient à la constitution. Garanties constitutionnelles. Droits constitutionnels des Français. Acte constitutionnel. Charte constitutionnelle. Pacte constitutionnel. || Conforme à la constitution. Cet acte n'est pas constitutionnel. || Oui est partisan de la constitution. Le parti constitutionnel, et, substantivement, les constitutionnels pensent ainsi. Il Constitutionnel s'est dit des ecclésiastiques qui adoptèrent la constitution civile du clergé en 1790. Un évêque constitutionnel. || 2' Terme de médecine. Qui tient à la constitution atmosphérique. Maladies constitutionnelles, maladies développées par l'influence d'un état de l'atmosphère. || Qui tient à la constitution de l'individu. Maladie constitutionnelle, celle qui semble inhérente à la constitution, et celle qui, après avoir attaqué un organe, a fini par affecter tous les systèmes organiques, la constitution tout entière. Syphilis constitutionnelle.
— REM. Constitutionnel n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de 1836.
— ÉTYM. Constitution.
CONSTITUTIONNELLEMENT (kon-sti-lu-sio-n5-
le-man), adv. D'une manière constitutionnelle, en conformité avec la constitution. Agir, gouverner constitulionnellement. Constitutionnellement cela n'est pas permis.
— ÉTYM. Constitutionnelle, et le suffixe ment. CONSTRICTEUR (kon-stri-kteur), ad;. Qui resserra
en agissant circulairement. || Le boa constricteur, nom d'une espèce de boa. || Muscles constricteurs du pharynx, et, substantivement, les constricteurs, plans musculeux qui concourent à former les parois du pharynx.
— ÎTYM. Lat. conslrictum, supin de constringertf serrer (voy. constriction}.
t CONSTRICTIH, IVE (Von-stri-ktif, kti-v'), ad]. Oui a la propriùté de resserrer.
— IIIST. XVI* s. La faculté vitale est divisée en facultés dilatativo et constrictive du cœur et des artères, PAniî. i. <.
— f.TYM. Provenç. eostrictiu; espagn. constrictivo; ital. costrettivo (voy. constkiction).
CONSTRICTION (kon-stri-ksion), s. f. Terme didactique. Action de diminuer le diamètre d'un objet, en exerçant une pression circulaire. Les cravates, les jarretières, les corsets exercent une constriction.
— HIST. XVI* s. La respiration est faite par dilatation et constriction du thorax, paré, i:, <. A fin que lo dragonneau soit retenu par la constriction [ligature] et ne se rompe point, m. vi, 23.
— ÈTYM. Provenç. constriccio; espagn. comtriccion; ital. costrizione; du latin constrictionem, de constrictum , supin de constringere , serrer ( voy. contraindre).
COXSTRINGENT, ENTE (kon-strin-jan, jan-t'), adj. Terme de médecine. Qui opÈre une constriction. Moyen constringent.
— ÉTYM. Lat. constringens , part, présent de constringere (voy. contraindre).
CONSTRUCTEUR (kon-stru-kteur), s. m. Celui qui construit, qui sait l'art de construire. Le construcleur d'une maison, d'un pont. Constructeur d'instruments de physique. Il n'instruisit pas seulement les constructeurs [de vaisseaux], mais encore leurs enfants, et les mit en état de faire, à l'âge de quinze ou vingt ans, les plus gros vaisseaux qui demandaient auparavant une expérience de vingt ou trente années, fonten. Itenau. M. Olivier, constructeur de vaisseaux, vit que son art avait besoin du secourî des sciences mathématiques, et il quitta tout pour les étudier, condohcet, Maurepas. || Fig. Le roi Guillaume [d'Angleterre] était l'âme, le boute-feu et le con.structeur de cette guerre, st-sim. 97, 29. Il .yjectivement, mécanicien constructeur.
— ÊTYM. Voy. CONSTRUIRR.
t CONSTRUCTIBILITÉ (kon-stru-kti-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est constructible.
— ÉTYM. Constructible.
t CONSTRUCTIBLE (kon-stru-kti-W), adj. Qui peut être construit.
— ÉTYM. Voy. CONSTRUIRE.
t CONSTRCCTIF, IVE (kon-stru-ktif, ti-v'), adj. Oui a la force de construire. Les propriétés constructives qui existent dans le germe.
— ÉTYM. Voy. CONSTRUIRE; provenç. conf<ruc<tu, eosiructiu.
CONSTRUCTION (kon-stru-ksion ; en poésie, de quatre syllabes), î. /". || 1° Action de construire. La construction d'une maison. L'art de la construction des vaisseaux qui tient à la fois à tout ce que les sciences ont de plus abstrait, à tout ce que les erts mécaniques ont de plus difficile et de plus minutieux, CONDORCET, Maurcpos. Antandros était un lieu propre à faire des constructions de vaisseaux, le p. CATROU,dans desfo.ntaines. || L'art du constructeur. 11 entend bien la construction. || Bâtisse. Faire de nouvelles constructions. || 2° Manière dont une chose est construite. Chaque espèce [d'animaux] est d'une construction différente des autres, fén. Exisl. 19. Il Par extension. La construction de ce poëme n'est pas régulière. || Une grande construction philosophique, scientifique, grand système dans la philosopliie, grande théorie dans la science, qu'établit un csjirit inventeur, puissant et conséquent. || 3" Terme de grammaire. Arrangement des mots, place des termes et des propositions. Construction directe, inverse, elliptique. L'on écrit régulièrement depuis vingt années, l'on est esclave de k construction, LA BRuy. I. Votre construction semble un peu s'obscurcir, BOIL. Art p. I. On reconnaît les écrivains du bel âge de la France à une certaine construction dfl phrase, grecque et latine, chateaubh. Génie, m, U, 5. La netteté du discours dépend surtout des constructions, c'est-à-dire de l'arrangement des mots, CONDILLAC, Artd'écrire, liv. i, OEuvres, t. vu, p. 4, dans pougens. U est visible que, deux langues où les constructions sont différentes venant à se mêler, il faut du temps pour qu'il en résulte un tout uniforme, TURGQT, Ebauche du 2* discours. Progrès de l'esprit humain, p. 305. || Construction louche, c'est lorsque les mots sont placés de façon qu'ils semblent d'abord se rapporter à ce qui précède, pendant qu'ils se rapportent réellement à ce qui suit, DiiMARSAis, »[él. gramm. phil. OEuvres, t. v, p. < , dans POUGKNS. || Construction analytique, celle où les mots sont plâcésdans l'ordre rationnel voulu Jîn''^'t ^raiimaire : le sujet, le verbe et lattribut. U" dit plus souvent aujourd'hui dans les classes :
CON
construction logique. || Faire la construction d'une phrase latine ou grecque, mettre dans l'ordre analytique ou direct les mots qui sont construits dans un ordre inverse. Dites tant qu'd vous plaira que construction est destruction, vous n'avez que ce seul moyen pour entendre le sens d'un auteur, DUMARSAis , [mers. OEuvres, t. m, p. 348, dans POUGENS. Il 4° Terme de géométrie. Figure, ligne qu'on trace pour arriver à une démonstration. Il Construction d'une formule, d'une équation, évaluation, par moyens graphiques, d'une formule ou des racines d'une équation.
— SYN. CONSTRUCTION, SYNTAXE, ha. constructiou ne présente que l'idée de l'ordre et de l'arrangement des mots. L'a syntaxe règle l'usage et le choix des fornfts variables des mots et l'emploi de leurs terminaisons.
— HIST. XII* s. Par une mervilhouse dispensation avient ke de ce dont il soi aesment [estiment] estre plus destruiz, soi ellievent plus riche à la construction del céleste pais. Job, ne. || xiv* s. Les constructions de Titus Livius sont si trenchées et si brieves et si d'estranges moz, berciieure, f° 4.
— ÉTYM. Provenç. constructio, costructio ; espagn. construccion ; ital. costrugione ; du latin construdionem (voy. construire).
t CONSTRUCTIVITÊ (kon-stru-kti-vi-té) , s. f. Qualité constructive. La conslructivité attribuée dans l'ancienne philosophie aux forces plastiques. || Dans le système de Gall, penchant ou faculté affective qui porte l'homme et les animaux à bâtir. La conslructivité est fort développée chez le castur.
— ÉTYM. Constructif.
CONSTRUIRE (kon-strui-r'), jn construis, nous construisons; je construisais; je construisis; je construirai; je construirais; que je construise; que je construisisse; construisant, construit, w. a.|| 1° Faire quelque chose qui ait structure. Construire une maison, une machine, un instrument de physique. Je vais vous conduire au temple de Thésée, qui fut construit par Cimon, quelques années après la bataille de .Salamine, bauthél. Anach. ch. t2. \\ Se construire, construire à soi. Il voulait se construire un agréable asile, andrieux. Meunier de Sans-Souci. Il 2° Par extension. Construire un poëme, en disposer les parties dans un certain ordre. Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construis, boil. Éplt. VI. Il Construire une théorie, un système, disposer des idées théoriques, systématiques, en un ordre conséquent. Il 3° Terme de grammaire. Construire une phrase, en distribuer les mots dans l'ordre grammatical. Il 4° Terme de géométrie. Construire une figure, la tracer régulièrement. Construire une carte géographique. || 5° Terme d'astrologie. Construire un talisman, tracer les figures, les caractères qui forment un tahsman. || 6° Se construire, v. re'/L Etre construit. Et leur zèle bouillant sait si bipn les conduire [les troncs d'arbres] Que ce pont semble naître et non pas se construire, urébeuf, l'hars. iv. Il Entrer dans la structure d'une phrase. Sûr se construit avec de et avec dans ; certain se construit avec de seulement, d'ale,mb. Synonymes. OEuvres, t. m, p. 328, dans pougens.
— SYN. construire, bâtir. Construire est plus général que bâtir. Construire, signifiant, par son étymologie, établir ensemble, s'applique à toute espèce d'arrangement; et l'on dit construire une machine, aussi bien que construire une maison, liâtir, impliquant, étymologiquement, l'idée de ce qui supporte, ne se rapporte qu'aux maisons, aux édifices, aux vaisseaux.
— ÉTYM. Provenç. construire, costruire; espagn. construir; ital. costruire: du latin construere, de cum, et struere, bâtir (voy. structure).
CONSTRUIT, UITE (kon-strui, strui-t'), part. pasi(? de construire. Les palais construits par les souverains. Le temple de Jupiter, commencé sous Pisistrate, celui de Thésée, construit sous Cimon, offraient aux architectes des modèles à suivre, barthél. Anaeh. Introd. part, ii, sect. 3. || Par extension. Un poème bien construit. Une pièce de théâtre mal construite. || Dispo.sé suivant les règles de la syntaxe. Toutes les phrases, construites les unes pour les autres, marquent sensiblement la liaison et la gradation des pensées, condux. Art d'écrire. OEuvres, t. vu, p. 4, dans pougkns.
t CONSTUPRATION (kon-stu-pra-sion) , s. f. Viol. Par quelque grande occision Venger la constupration, SCARR. Virg. trav. ch. u. || Mot vieilli.
— HIST. XVI* s. Constupration, cotgrave.
— ÉTYM. Lat constupraiioneni , de cum, et stuprare, violer.
CONSUBSTANTIALITÉ (kon-sub-slan-si-a-li-té) ,