MONT
— É TYM. Voy. contradicteur ; provenç. contradictori; espagn. et ital. contradictorio.
CONTRADICTOIREMENT(kon-tra-dik-toi-re-man), adv. Il 1° Terme de droit. Après avoir entendu les parties. Il a été jugé contradictoirement. Arrêt rendu contradictoirement. || 2° Dans le langage général. D'une manière contradictoire. Ces deux propositions sont contradictoirement opposées.
— ÉTYM. Contradictoire, et le suffixe ment. CONTRAIGNABLE (kon-trè-gna-bl'), adj. Terme
de droit. Qui peut être contraint par quelque voie de droit. Us sont contraignables par corps. Duclos recule tant qu'il peut, tout contraignable qu'il est, VOLT. Lett. en ters et en prose, so.
— MIST. XVI' s. Le seigneur n'est contraignable à prendre ce qui n'est de son fief [quand il exerce le droit de rachat sur un héritage vendu], loysel, 46K. Tout obligé pour chose judiciaire est contraignable. par corps, sans qu'il puisse estre attermoié ni reçu à faire cession, id. 807.
— ÉTYM. Contraindre, par le participe contraignant.
t CONTRAIGNANT, ANTE (kon-trè-gnan, gnan-f), adj. Qui contraint, qui gêne. Non, non, je ne veux point à votre passion Imposer la rigueur d'une explication; Je ménage les gens, et sais comme embarrasse Le contraignant effort de ces aveux en face, MOL. F. sav. I, 2. Cela est bien contraignant, sÉv. 236. Je vous plains des compagnies contraignantes que vous avez eues, iD. 438. Les ennemis, plus soigneux de s'avancer solidement et commodément, que de se hâter de pénétrer en se laissant des derrières contraignants, avaient préféré les grands sièges pour se porter plus sûrement et plus durablement en avant, ST-SIM. 245, 43.
t CONTRAIGNEMENT (kon-trè-gne-man) , s. m. Action de contraindre.
— iiiST. xiv s. Contraignement de faire paier, Ordonn. des rois de France, t. m, p. 294.
— ÉTYM. Contraignant, participe de contraindre. t CONTRAIGNEUR (kon-trè-gneur), s. m. Celui
qui contraint.
— HIST. xvi* s. Contraigneur, oudin, Dict.
— ÉTYM. Contraignant, participe de contraindre.
CONTRAINDRE (kou-trin-dr'), je contrains, tu contrains, il cuuLruiut, nous contraignons, vous contraignez, ils contraignent -.jo contraignais; je contraignis; je contraindrai ; contrains, qu'il contraigne, coni ''aignons; que je contraigne, que nous contraignions; que je contraignisse; contraignant; contraint, v. a. l] 1» Serrer, presser, mettre h l'étroit. Vieux en ce
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sens. Sa chaussure le contraint si fort.... || 2° Tenir dans la contrainte, gêner. Il ne contraint plus l'inclination qu'il a pour elle, sÈv. 402. iA violence que chacun se fait à contraindre ses larmes, LA BRUY. 1. Tout ce qui vous passe et vous égale vous contraint et vous gêne, mass. Carême, l'ardon des offenses. Pour moi, loin de contraindre un si juste courroux, rac. Andr. iv, 5. Contraindrez-vous César jusque dans ses amours? m. Brit. III, 4. Ne les contraignons point, Doris, retirons-nous, ID. Iphig. II, 4. Mais laissez-moi de grâce un peu de solitude, Et ne contraignez point ma triste inquiétude, id. Théb. v, 3. Mais le peuple, indigné que la loi le contraigne, Voudrait être séduit et flatté comme un roi, masson, Ilekétiens, vi. Il 3° Forcer quelqu'un à agir contre sa volonté. Oui livrait Annibal pourra bien vous contraindre, CORN. Nie. i, 4. Le respect me force à me taire , la reconnaissance m'y oblige , l'autorité m'y contraint, d'alemb. Synonymes. |{ Contraindre à, avec un infinitif. Elle a pour premier point Exigé qu'un époux ne la contraindrait point X traîner après elle un pompeux équipage Ni surtout de souffrir.... boil. Sat.x. Non, je ne vous veux pas contraindre i l'oublier,rac. Athal. Il, T. Il Contraindre de, avec un infinitif. Deux horribles naufrages contraignirent les Romains d'abandonner l'empiredelameraux Carthaginois, Boss. Ilist. 1, 8. Henriette, d'un si grand cœur, est contrainte de demander du secours, Boss. Reine d'Anglel. Si ses exploits divers Ne me contraignaient pas de voler à toute heure Au bout de l'univers, rac. Poésies diverses, la Renommée. Et lui-même au torrent est contraint de céder, id. [ph. v, 3. || Par analogie. Contraindre ses soupçons au silence, volt. Catil. I, 3. Il 4° Terme de droit. Forcer quelqu'un par voie de justice. Contraindre par corps, par saisie de biens. || 5° Se contraindre, v. réfl. Se gêner, se retenir. Mon père est satisfait, cesse de te contraindre, corn. Cid, v, 6. Jedoisdono me contraindre, et j'y suis résolu, id. Sertor. iv, 8. 11 ne pouvait se contraindre sur si peu de chose, hamilt. Gramm. 4. Tu vois trop mon rival et tu me vois trop peu ; Il faudrait, pour ton bien, sur cela te contraindre; Tu crois faire durer son feu. Et tu travailles à l'éteindre, CHAUL. k Mme D. L'impatient Néron cesse de se contraindre; Las de se faire aimer, il veut se faire craindre, rac. Brit. i, 4. Mais hélas! leur fureur ne pouvait se contraindre, id. Théb. v, 2. Son mépris pour les amusements de l'empereur ne se contraignait pas même en public, dider. Ess. s. Claude. 11 embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne , la bruy. xi. Il Se contraindre d'une chose, ne pas la faire. S'il vous vient un petit conte à la traverse, ne vous en contraignez pas, sftv. t. iv, lett. 34a, p. 77, dans POUGENS. Il Se contraindre de, suivi d'un infinitif. Je ne me contraignis pas devant lui de répandre quelques larmes, sÉv. t. vu, lett. 703, p. 223, dans POUGENS. Il Proverbe. La nécessité contraint la loi , c'est-à-dire elle oblige à l'enfreindre.
— KEM. 1. Les auteurs ont employé indifféremment contraindre à et contraindre de, avec un infinitif, ne consultant en cela que l'oreille. Les autres distinctions ne paraissent que des subtilités. Il 2. Contraindre étant formé de con-stringere , comme restreindre l'est de re-stringere , et ctreindre, de stringere, l'Académie devait écrire contreindre.
— SYN. CONTRAINDRE, FORCER. Ccs dcux vcrbes expriment que l'on agit contre son gré. La nuance est que forcer indique une action plus forte que moi, qui me domine, qui me fait force, tandis que contraindre exprime simplement un obstacle opposé à ma volonté, quelque chose qui me serre, qui me lie. C'est là la nuance qui distingue ces deux verbes, tout en permettant de les confondre en bien des cas.
— HIST. XII' s. La grâce Deu vus fist enceindre e coruner ; Pur ço vus devez mult constraindre e guverner; E tute vostre vie en buens murs [moeurs] afermer. Que vus puissiez as autres buens essamples duner, Th. le mart. 78. 1| xiii' s. Tele pot ele estre [la convention] que Jehans doie estre constrains au tenir, beaum. vi, 6. En tel cas convenroit il que li juges contrainsist le dit Pierre à delaissier l'une de ces deux resons, id. ix, 5. Et se li baillis ou li prevos le contraint d'aler avant par prise de cors ou de biens, ID. 38. Si vous requérons, sire, que vous commandez à vos baillifs et à vos serjans que il contreingnent les escommeniez an et jour, parquoy il facent satisfaction à l'église, joinv. 290. Il sembloit que la galie volast par les nageursCqui U coutreingnoient ans avirons, id. 2)5. Et se vous m'en osés contraindre.... la Rose, 44334. || xiv s. Nul
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mescreant ne doibt estre contrainct par guerre ne aultrement, pour venir à la foi catholique; et semble que contre les mescreans qui nous guerroient, seulement, nous deussions faire guerre, et non contre les aultres qui veulent estre en paix. Songe du Vergier, i, 64. Telles choses ne contraignent à mal faire nul homme qui ait en soy usage de raison, ORESME, Eth. 7a. En cest degré de fortitude pevent estre contenus soldoiers et touz ceulx lesquiex convoitise de pecune contraint à combatre, id. ib. 84. El pour ce advient souvent que il ont contencions ensemble et veulent contraindre l'un l'autre à faire justice, ID. ib. 273. Ne de plus ne les pourrions con« traindre [exiger davantage], du cange, auxilium. Vous me contraignez à ce qui en mon courage ne peut oncques mais estre, Ménagier, i, 8. || xv' s. X chose qui touche l'ame et la conscience, on ne doibt homme contraindre par force, Boueiq. m, ch. 3. Et especialement les six frères Gisebert Mahieu.... estoient plus durs et plus contraints que tous les autres, FROiss. ii, ii, 62. Entrementes que le roi d'Angleterre seoit devant la cité de Cambray à bien quarante mille hommes, et que moult la contraignoit d'assaut et de plusieurs faits d'armes, id. i, i, 84. Et avoient [les Anglais] en l'ost bien quatr» cents canons , qui contraindoient durement ceux de dedans, m. ii, u, 29. Par vraie amour qui l'enyvra [Jésus] Et qui le contraint [contraignit] à ce faire [souffrir la passion] Pour nous et no vie refaire, eust. desch. Poésies mss. f" 640, dans lacubne. Et si ne pouvions pas-ser que devant eux, tant estoit le lieu contraint, comm. viii, 6. Le siège n'estoit pas encores si contraint, qu'on ne peust aller et saillir dehors, id. viii, 7. || xvi' s. Il fut contrainct de suyvre le comte, mont, i, 25. La durée du mariage est contraincte et forcée, id. i, 240. Ils allèrent à la charge, le sang figé et les membres contraincts de froid, id. i, 264. Qui veult faire sa despense juste, la faict estroicte et contraincte, id. iv, 79. S'il luy eust pieu que je feusse demeurée avecques la royne, il sait bien que je n'ay affaire sy contraint que je n'eusse laissé, maro. Lett. 4 47. J'avois du tout laissé le Creneche [le vin de Grenache]; mais j'ay esté contrainte de le reprendre quant c'est venu sur le terme des trois mois, m. t6. 4 49. Et luy fault ung grand repous, qu'elle se contraint à prendre pour se fortifier, id. ib. 438. C'est aller à la boucherie, et pour un affaire qui n'est point si fort contraint qu'il ne se puisse bien différer à un autre temps, DESPER. Contes , xlvi. Les magistrats contraindront l'evesque d'exhiber deniers, palissy, 404. Romulus fut contraint de se retirer un peu en arrière de la mesiée, id. Rom. 28. Il se contraignit à l'endurer pour quelque temps à cause de la révérence qu'il portoit à son frère, m. Lucul. 76. Tout votre peuple ni vous ne scauriez contraindre un Potier à fieschir les genoux devant des statues, d'aub. Conf. II, 7. On ne peut contraindre celui qui sçait mourir, id. ib. En voulant contraindre les autres de recevoir leurs opinions, langue, 40).
— ÉTYM. Provenç. costraigner; catal. eonsirenyer; espagn. constreùir ; portug. constranger, constringir; ital. constringere , costrignere; du latin constringere, de cum et stringere (voy. ktreindre).
CONTRAINT, AINTE (kon-lrin, trin-f), adj. Il 1° Serré, mis à l'étroit. Contraint dans son habit. La mer contrainte dans ce détroit. |l 2° Gêné, mal à l'aise, opposé à libre, naturel. Manières contraintes. Style contraint. Joie contrainte. Timide et contraint devant mon père, je ne trouvais l'aise et le contentement qu'auprès de ma soeur Amélie, cuateaub. René, )68. Hé bien, dépouille enfin cette douceur contrainte, ila.c. Alex. i\ , 3. Je crus trouver à ces dames un air contraint et gêné, comme si ce ton ne leur eût pas été familier, j. j. ROuss. Hél. Il, 26. Il La manière de ce peintre a quelque chose de contraint. || Terme de musique. Basse contrainte, celle qui fait entendre un chant très-court, revenant sansce.sse et sans interruption, comme une sonnerie de cloche. || 3° Qui n'agit pas comme il veut. Contrainte d'avouer tant de forfaits, rac. Phèd. IV, 6. Des feux contraints de se cacher, id. /ph. ii,4.Je suis contrainte sur les autres choses que je voudrais faire pour vous, sBv. 284. || Imposé à la volonté. U faut qu'un noeud contraint ou volontaire Répare votre honte et celle d'une mère, u. 1. CHÊN. Fén. I, 2. La bouche était muette, le regard était contraint, mais le coeur se faisait entendre, J. I. ROuss. Hél. m, 48. Donner aux enfants une éducation plus saine, en la rendant moins efféminée et moins contrainte, condohcet, Tronchin.
CONTRAINTE (kon-trin-l'), s. f. \\ !• L'état d'être trop à l'étroit. Votre habit vous serre, vous devez
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être dans une grande contrainte. || Fig. Gêne, difficulté. La contrainte de la mesure, de la rime. Des vers semés dans la prose annoncent la contrainte et la prétention, BABTHÉL. Anach. ch. 58. || 2° Violence exercée sur les actions. Tantôt quand je fuyais une injuste contrainte, rac. Milhr. ii, 6. Quoil seigneur, vous iriez jusques à la contrainte? ID. Iph. V, 2. C'est pour moi, répond-il, une injuste contrainte. De servir d'un rival la bassesse et la crainte, iiRi'BEUF, Phars. vi. Libres sans déshonneur et sages sans contrainte, VOLT. Zaïre, i, <. Etma flamme a grossi par l'elTort des contraintes, quinault, Bellérophon, v, 3, 11 y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, mol. Mal. im. ir, 8. Combien de talents enfouis et d'inclinations forcées par l'imprudente contrainte des pères! J. j. Kouss. Inégal, noie 4. Miraculeux effet, bonheur prodigieux, Qu'ainsi la liberté naisse de la contrainte I cohn. Imit. m, <0. || Fig. [Beauté] Oui régnez sur les cœurs d'une contrainte aimable, Régnier, Élég. y. {| 3° Terme de droit. Acte judiciaire par lequel on contraint quelqu'un à une chose. Il Contrainte par corps, voie d'exécution par laquelle un créancier prive son débiteur de sa liberté pour le forcer à remplir ses engagements. Les négociants étant obligés de confier de grandes sommes pour des temps souvent fort courts, de les donner et de les reprendre, il faut que le débiteur remplisse toujours en temps fixé ses engagements; ce qui suppose la contrainte par corps, montesq. Esp. XX, tB. Il Contrainte morale, celle qui agit sur la volonté , par opposition à la violence physique. 1 1 4° Contrainte, ou contrainte administrative,mandement exécutoire décerné par lîautorité administrative contre celui qui doit au fisc. Porteur de contraintes. Que la manière de percevoir ainsi la dîme eût prévenu les contraintes de même que les non-valeurs, VAUB. Dîme, p. 1 62. Pour avoir un peu de temps, lequel une fois expiré, les contraintes recommencentplus cruelles que jamais, m. t6. p. tel. || 5° État de celui à qui l'on fait violence. La dure contrainteoù il est. Serments fallacieux, salutaire contrainte. Que m'imposa la force et qu'accepta ma crainte, corn. Bodog. ii, t. C'est par laque l'on tient ses voisins en contrainte, id. Nicom. m, 2. Ainsi je les tiendrai tous les deux en contrainte, L'un par mon alliance et l'autre par la crainte, ID. Attila, I, t. Enfin je me vois libre et je puis sans contrainte De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte, ID. Cid, m, 3. Laissez un peuple au moins qui puisse quelquefois Applaudir sans contrainte au bruit de vos exploits, rac. Alex, u, 2. De ses fausses bontés j'ai connu la contrainte, id. Mithr. iv, 2. C'est une étrange chose, à vous parler sans feinte. Qu'une femme qui n'est sage que par contrainte, mol. Éc. des maris, i, 2. Par ses soins le mariage deviendra si libre, qu'il n'y aura plus à se plaindre de ses contraintes et de ses incommodités, boss. dans LAVEAUX. Mais le reste du monde, esclave de la crainte, A besoin qu'on l'opprime et sert avec contrainte, volt. Ali. i, t. Mais non vous affranchir d'un reste de contrainte.... delav. Vép. sicil. m, 6. Il Par analogie. Mais un autre intérêt tient ma joie en contrainte, corn. Hor. u, i. Quelle crainte Tient parmi vos transports votre joie en contrainte? RAC. Brit. v, t. Il 6° Retenue qu'imposent le respect, les convenances, des circonstances particuUères. Le chagrin que vous allez avoir de quitter Grignan pour la contrainte des villes, SÉV. 223. L'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte, rac. Bérén. ii, 4. Mais enfin bannissez cetle importune crainte Qui dans nos entretiens jetait trop de contrainte, id. Baj. i, t. Cependant voulez-vous qu'avec moins de contrainte L'un et l'autre une fois nous nous parlions sans feinte? id. Brit. 1, 2. Lâchasse s'étant passée dans une contrainte perpétuelle, fén. Tél. vu. X mon silence, à mon air de contrainte, Irène apprit mon penchant et ma feinte, malfil. Narcisse, ch. m.
— HIST. xiv s. Et aucunes operacions sont lesquelles l'en ne doit faire pour nulle contrainte ne pour nulle paour, oresme, Eth. 4». Très dous pensers en U empraint , Par sa force et par sa contrainte , De ce qu'il vuet amer l'emprainte, machault, p. 26. Il XV" s. Ils respondirent que par contrainte et sur menaces de mort, le duc d'Anjou les avoit fait devenir françois, froiss. ii, ii, 8. Et là demeura de sa volonté , et sans contrainte , à ses propres despens par l'espace de quatre mois, Bouciq. i, chap ib. Il xvi« s. Cette fille avoit eu peur qu'enfin il en veinst à la contraincte, mont, ii, 5. Là où il estoit besoing de cette contrainte, il condemnoit à l'amende ceulx qui y faisoient faulte, amïot, Philop. 4 ( . Nos AUemans furent contraints de se retirer vers une cas-
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sine , tenans bataille avecques monsieur de St-Pol au mieux qu' il estoit possible , pour la contraincte du lieu, M. du bell. t57. C'est dur ennui que la contrainte, leroux de lincy, Prov. t. li, p. 202.
— ÉTYM. Le participe passé contraint. L'ancien français avait constraignance et constreignement.
CONTRAIRE ( kon-trê-r'), adj. || 1» Qui est l'opposé de. Le froid et le chaud sont contraires. Il 2° Qui est dans une direction opposée. La mer soulevée par des vents contraires. Son cœur était comme la mer qui est le jouet de tous les vents contraires, FÉN. Tél. VII. Il Terme de marine. Vent contraire, celui qui oblige à orienter les voiles au plus près et à courir des bordées. || Terme de botanique. Synonyme d'opposé. || Terme de conchyliologie. Synonyme de senestre. || 3" Qui contrarie, qui combat, qui diffère du tout au tout. Deux arrêts, deux propositions contraires. La preuve contraire est toujours admise. Et chacun s'est rangé du contraire parti, RÉGNIER, Sat. xvii. Et l'inclination jamais n'a démenti Le sang qui t'avait fait du contraire parti, CORN. Cinna, v, t. J'ai vu, dans sa naissance et votre dignité. Pareille aversion et contraire fierté, ID. Sert, v, t. Un certain homme avait trois filles Toutes trois de contraire humeur, la FONT. Fab. u, 20. J'eus soin de vous nommer, par un contraire choix. Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix, rac. Brit. iv, 2. Il se venge hautement en prenant le contraire parti, mol. Crit. de
l'Éc. des f. 6 Allons par des ordres contraires
Révoquer d'un méchant les ordres sanguinaires, RAC. Eslh. m, 8. Emporté malgré moi par de contraires vœux. Je frémis et j'ignore encor ce que je veux, VOLT. Orphel. m, g. Si les sages mortels à qui je dois la vie N'avaient fait à mon cœur un contraire devoir, id. ib. iv, 4. Ahl Dieu nous envoyait, par un contraire choix. Pour annoncer son nom, pour faire aimer ses lois, id. ^/*.i, ». Les hommes ne sont contraires à la raison que lorsqu'ils trouvent que la raison leur est contraire, du mab- SAis, Raison, OEuvres, t. vi, p. 2). Du peuple et du soldat en de contraires vœux Les partis opposés se divisent tous deux, d'avrigni, /. d'Arc, iv, 7. || Être contraire à soi-même, avoir des volontés qui se contrarient. J'ai songé comme vous qu'à la Grèce, à mon père, X moi-même, en un mot, je devenais contraire, Que je relevais Troie et rendais imparfait Tout ce qu'a fait Achille et tout ce que j'ai fait, RAC. Androm.ii, 4. || Terme de logique. Propositions contraires, celles qui sont opposées dans la qualité seulement; comme tout homme est mortel, aucun homme n'est mortel. Elles difl'èrent des contradictoires qui sont opposées dans la qualité etla quantité : tout homme eslmortel, quelque homme n'est pas mortel. Cette dernière proposition est particulière, tandis que les autres sont universelles. || Terme de musique. Mouvement contraire, mouvement de deux parties qui marchent ensemble, l'une en montant, l'autre en descendant. Il y a trois mouvements, le mouvement direct, le mouvement oblique et le mouvement contraire, catel, Traité d'harmonie , p. 4. Il Terme de palais. Les parties sont contraires en faits, quand, sur les faits dont on leur permet de faire preuve,elles énoncent des assertions opposées. Il Terme de droit romain. Action contraire, action qui naît accidentellement d'un fait postérieur au contrat, par opposition à l'action directe qui naît directement du contrat. Le dépositaire, l'emprunteur, le mandataire se faisaient indemniser, au moyen de l'action contraire, des frais ou du tort que leur avait causé l'objet du dépôt, du prêt, du mandat. ||4°Nuisible.Lecafévousestcontraire. || Défavorable. Avoir la fortune contraire. C'est un homme qui m'a toujours été contraire. Je sais par quel motif vous m'éte^si contraire, cobn. JVte. v, 4 0. Quoi! se pourrait-il faire Qu'à l'œuvre de ses mains Rome devint contraire? id. ib. v, B. Depuis qu'à mon amour cessant d'être contraire.... rac. Brit. v, t. Vous seul jusqu'ici contraire à vos désirs.... m. ib. n, 2. Ce vent qui était contraire à Hazaël le contraignit d'attendre, fénel. Tél.Yi. Comme un homme dolent que le glaive contraire A privé de son fils, malh. I, 4. Ils n'ont pas même de quoi établir le néant auquel ils espèrent après cette vie, et ce misérable partage ne leur est pas assuré ; ils ne savent s'ils trouveront un Dieu propice ou contraire, boss. Anne de Goni. || S" S. m. L'opposé. La vérité se cache souvent sous les apparences de son contraire. On les considérait [le monde et l'Eglise] comme deux contraires, comme deux ennemis irréconciliables, pasc. Comp. deschrét. Les contraires ne paraissent jamais mieux que lorsqu'on les oppose à leurs contraires, - BouRD. Pensées, t. u, p. 384. Enfin, quoi que je
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fasse ou que je veuille faire, La bizarre (la rime] toujours vient m'ofl"rir le contraire [de ce que je veux dire], BOIL. Sat. n. Elle [la vanité] se cache souvent sous les apparences du contraire, la brut. xi. Je connais mille gens qui font le contraire, sév. ut. Le chevalier s'avisa de faire tout le contraire, nA- MiLT. Gramm. b. Ma bouche mille fois lui jura le contraire, bac. Brit. ii, 3. || Terme de philosophie. Les contraires, sorte d'opposés, comme le froid et le chaud. Il 6° Au contraire de, loc. prépositive. Contrairement à. Aller au contraire d'une chose, s'y opposer, y contredire. J'ai jugé au contraire de ce que vousjugez, PASC Prière. Le pur amour, au contraire de l'autre, pousse sans cesse l'âme hors d'elle-même dans le sein de Dieu, fén. xvii, 269. Le feu se répand en tous sens, au contraire des autres éléments, VOLT. Newt. u, concl. Tout au contraire d'Euripide, RAC. Préf. d'Androm. Mon tant bon ami sir John, sur les pamphlets pense et me conseille au contraire de M. Arthus Bertrand, p. l. cour. Pampl. des pamph. Il Au contraire, tout au contraire, bien au contraire, loc. adv. Tout autrement; loin 'de là. Je ne lui suis point opposé; au contraire, je le sers de tout mon pouvoir. Je vous l'ai conseillé, j'en pressai l'entreprise. — Tout au contraire , sire, elle m'en a reprise, rotr. Antig. iv, 4. L'autre animal tout au contraire. Bien éloigné de nous mal faire, la font. Fab. vi, 6. Un homme est plus fidèle au secret d'autrui qu'au sien propre ; une femme au contraire garde mieux sou secret que celui d'autrui, la bruy. m. Je vis bien que je déplaisais; mon camarade, au contraire; il était de la famille, p. l. cour. Lett. i, 2t2. Elle cassa tous les actes rendus au contraire, mauchoix. Schisme, livre II, dans richelet. || 7° Au contraire, réciproquement, vice versa. Pourquoi les astres circulentils d'occident en orient [ce qui est leur mouvement réel] plutôt qu'au contraire? Ils ont l'hiver quand nous avons l'été, et au contraire, vadgel. Q. C.iu, Il Terme de pratique. Défenses au contraire, réserve que l'on fait d'alléguer en temps et lieu des raisons contraires aux prétentions d'une autre personne.
— HIST. XI* s. Je t'en mouvrai un tel si grant contraire [chagrin, peine], Ch. de Roi. xx. ||xu' s. Mais prend batisme, je' 1 te di sans contraire, Sonc. p. 4 45. Au Mans [ilsj erent [étaient] remès [restés] plein d'ire et de contraire, Sax. xxxi.... Forment vous doit desplaire De ce roi orguiUox qui manda tel contraire [chose contrariante] , ib. Puis seromes ensemble pour faire au roi contraire, ib. || xiu* s. Que trestout leur malices leur retourne à contraire, Berte, lxix. Vous li cuidiés grant bonté faire, Et il vous quiert honte et contraire, la Rose, 2>J46. Vésci Guillaume de Lorris, Cui Jalousie sa contraire Fait tant d'angoisse et de mal traire. Qu'il est en péril de morir, ib. 40563. Demande qui est contraires à soi meismes est de nule valeur, beaum. vi, 26. De la dite pez furent moult contraire ceulz de son conseil, joiNV. 292. Il XIV* s. Et aucune foiz avient tout au contraire, oresme, Eth. 22. Et se ilz font tout le contraire. Lors serons-nous très-bien à heure Et à tamps de leur courre seure, Liv. du bon Jeh. 4 909. Es maladies un contraire se garit par un autre contraire, Uénagier, i, 9. |{ xv* s. Si [Jean Lyon] n'osoit dire du contraire, proiss. n, n, B2. Si s'avisa que par dons il attrairoit si le roi de France, qu'il n'auroit aucune volonté de lui porter contraire, ID. I, i, 40. Et se complaignoit à lui [l'évêque de Cambrai au roi de France] trop amèrement des Hainuyers [qui ravageaient le Cambrésisj; et disoit que les Hainuyers lui avoient fait plus de contraire et de dommages que nul autre, id. i, i, lOO. Ne tu na scez mettre frain en tes désirs, sinon de vouloir tousjours le contraire de ce que tu dois, a. chartier, Quadriloge invectif. Pour ce donnons estroit commandement Aux officiers de nostre parlement, Qu'ilz le traictent et aident doulcement En tout affaire \ son besoing sans venir au contraire, ch. d'orl. Lectre. de retenue. Mais aujourd'hui tout le contraire [je] voy; Car nul ne veult la vérité retraire, E. desch. Ce qui est nécessaire aux rois. X ces mots se partirent d'illec les dçux chevaliers ; car ilz congneurent pleinement que le bon roy et tous ceulx qui là estoient leur portoient contraire, Perceforest, t. iv, f''4«. Quand ce coup fust advenu, ne croyez pas le contraire, que la pucelle au cercle d'or ne fust pas trop dolente, quant elle veist le chevalier à la fumée gésir renversé sur l'herbe, ib. t. vi, ^75. Eu haine des Ursins dont [les Colonna] tousjours sont et ont esté contraires, comm. vu, 40. U n'avoit garde de dormir, tant estoient ses yeux empeschés de voir son contraire, louis xi, Nouv. xxxvi. || xvi* s. N'a il pas fidèlement exécuté sa charge? nous ne pouvons
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pas dire du contraire, calv. InstH. <98. En nature le contraire se vérifie par son contraire, MONT. 1, 70. Quand ces receptes ne peuvent servir, ils en essayent de contraires, ID. i, <2». Une fantaisie que j'ay, contraire au commun usage, m. I, 4 69. Au contraire.... ID. l, 273. La plus contraire humeur à la retraicte, c'est l'ambition, ID. i, 286. Leur sueur espandoit une odeur souefve; mais la commune façon des corps est au contraire , m. i , 391 . Un souflle du vent contraire, le fauls pas d'un cheval, suffisent à le renverser, id. n, 400. L'armée contraire se mist à sa queue , langue , 622. Quand ils regardoient le desespoir de leurs contraires [ennemis], cela les retenoit un peu, m. 622. Estant adverty que Flaccus, l'un de ses contraires, ayant esté esleu consul à Rome.... amtot, Sylla, 44. Un M. Marius, qui estoit de la partie et faction contraire, ID. ib. 67. Ceste parole ne depleut point à Sylla, ains au contraire il donna àcognoistre qu'elle l'avoit chatouillé, m. ib. 72. U tourna bride tout court, et reprenant son chemin un peu à costé, au contraire de ceulx qui le chassoient, il les passa secrettementsansestreapperceu d'eulx, m. Eumène, 4 7. "Des monstres en nature, qui n'ont point de jambes, ou qui ont les bras tournés au contraire, ID. De la Curiosité, 4 7. Tout contraire en son contraire Prend vertu pour soy refaire, génin, Récréât.
t. Il, p. 250.
— ÉTYM. Wallon, contrâve; provenç. contrari; espagn. et ital. contrario; du latin contrarius, dérivé de contra, contre.
CONTRAIREMENT (kon-trê-re-man) , adv. En opposition. Agir contrairement aux dispositions de la loi.
— HIST. xvi* s. Au gré des passions contrairement poussé, PH. DESPOHTES, OEuwes, p. 274, dans
LACURNE
— ÉTYM. Contraire, et le suffixe ment; provenç. contrariammt.
t CONTRALTISTE (kon-tral-ti-sf) , s. m. et f. Celui , celle qui a une voix de contralto.
CONTRALTO (kon-tral-to) , s. m. Terme de musique. Voix nommée haute-contre chez les hommes, et, quand on la trouve chez les femmes, la plus basse des voix aiguës, formant la plus grave des voix de femme, et ayant la même étendue que la basse chez l'homme à une octave plus haut. || On dit aussi fort souvent et avec raison, francisant le mot, con.lralte. || Au plur. Des contralto ou des contraltes.
— ÉTYM. Ital. contralto, de contra, contre (voy. CONTRE), et alto, haut (voy. alto).
t CONTRANCHÉ, ÉE (kon-tran-ché , chée), adj. Qui est ondulé et en zigzag. Les fibres du charme sont contranchées, d'où il est peu propre à la menuiserie, LEGOARANT.
— ÉTYM. Con, et tranché.
CONTRAPONTISTE ( kon4ra-pon-ti-st' ) , s. m.
Terme de musique. Compositeur qui connaît les règles du contre-point.
— ÉTYM. Ital. contrappunto (voy. contre-point). CONTRARIANT, ANTE (kon-tra-ri-an , an-t'),
odj. Il !• Qui se plaît à contrarier. Homme, esprit contrariant. Votre communauté n'est point contrariante contre ses abbesses, Boss. Lett. abb. 64. Que sert une sagesse âpre et contrariante ? Heureuse la vertu douce, aimable et riante I la chaussée, Gouvern. i, 2. || 2° Qui est de nature à contrarier. Cela est bien contrariant
— HIST. XIV* s. Et aucuns sont qui tout au contraire sont contrarians en toutes choses, oresme, Eth. 4 30. Il XVI* g. Ils se persuadent que les doctrines qui y sont contrariantes sont souillées d'impiété,