LANOUE
— ÉTYM. Contrarier. L'ancien français avait contrarias, contralios.
CONTRARIÉ, ÉE (kon-tra-ri-é , ée), part, passé. Ce jeune homme contrarié par sa famille. La flotte contrariée par les vents. D'heureuses dispositions contrariées par les circonstances.
CONTRARIER (kon-tra-ri-é), je contrariais, nous contrariions; que je contrarie, que nous contrariions, V. a. Il 1* Dire, vouloir, faire le contraire de. 11 me contrïirie toujours. Contrarier une opinion, la contredire. U en vient jusque-là que de se méconnaître. De contrarier tout et de faire le maître, mol. Tart. i, 4. || Absolument. Il aime à contrarier. || 2* Faire obstacle. Les conjonctures contrarièrent nos projets. Un mouvement qui en contrarie un autre. Contrarier ime interprétation. Et lui du même temps, par une erreur extrême, Pour nous contrarier est contraire k lui-même, tristan, M. de Chrispe, m, 3. On voyait ce médecin tou-
jours suivre la nature, l'aider quelquefois et ne la contrarier jamais, coneorcet, Bourdelin. \\ 3° Familièrement. Causer du dépit. Je n'ai pas réussi, cela me contrarie. || 4° Se contrarier, v. réfl. Se causer réciproquement de la contrariété. Ils prenaient plaisir à se contrarier. ||Se contrarier, éprouver de la contrariété. Cet homme est susceptible, il se contrarie facilement. Il Être en contradiction. Vous dites des choses qui se contrarient, desc. Mp. 2. Il Se faire obstacle. Ces mouvements se contrarient.
— HIST. XI" s. Li archevesques les ot [ouit] contrarier, Ch. de Roi. cxxx. Pour Deu [je] vous prie, ne vous cuntraliez, m. ib. \\ xii* s. [Il] Oit [entend] Olivier qui si le contralie, flofic. p. 82. Li arcivesque les ouit contrarier, ib, p. 83. Pas [il] nel salue, ainz l'a contralie, ib. p. 186. Caries, tort en a Bueves qui si vous contralie, Sax. xx. Li quens Raoul ot moult le cuer irié Por les borgois qui l'ont contraloié, Raoul de C. 69. || xui* s. Et li remanans demourroient ici et garderoient le castiel, et contralieroient les François et lor feroient despendre les deniers le roi, Ch. de Rains, p. 06. S'il sunt esleu deus arbitre, ou quatre, ou six ou plus, mais qu'il soient per, et se le [la] moitié des persones se contrarient de l'opinion as autres à rendre lor dit, il est de nule valor, beaum. xli, 6. || xiv s. Les gens ont en haine ceulz qui contrarient à leur mouvement et à leur volentés, oresme, Eth. 327. Quant un homme nuist et fait peine hors la loy à aucun qui ne li contrarioit pas ou nuisoit, il fait injuste, ID. ib. 4 67. Li chastelains estoit dessus la tour antie. Et voit le roi Henri qui ainsi contralie, Gxtescl. 1 4484. Non pourquant se commenche moult fort à courrechier. Et li sergans se painne de lui contralier, Baud. de Seb. vu, 44 7. ||xv* s. Il sentoit encore plusieurs villes et chasteaux qui contrarioient grandement le pays , froiss. ii , u , 4 . D'Arras , Noyon et des païs divers Vont les princes pour lui contrarier [s'opposer à lui] , E. desciiamps, Conseils des François. \\ xvi* s. U faut dire que l'Escriture se contrarie , ou que Dieu regarde les mérites de ceux qu'il élit, calvin, Instit. 766. Les promesses de salut ne contrarient nullement à la prédestination des reprouvez, iD. ib. 788. Nous ne pourrons autrement discerner entre les conciles qui se contrarient l'un à l'autre, in. ib. 93». Celui qui ne se soucie de lui [Dieu] contrarier, mal-aisement se pourra-il accorder avec les hommes, langue, 42. Il le feit bannir comme contrariant au bien et à l'authorité du peuple, amyot , Péric. 4 8. Hz luy persuadèrent que, chassant de la ville ceulx qui luy voudroient contrarier, il meist.... id. Pélop. 40.
— ÉTYM. Berry, contralier ; provenç. et espagn. contrariar; ital. contrariare; du latin contrarius, contraire. Contralier se trouve, dans l'ancien français, concurremment avec confroner; est-ce le même mot, avec changement de Vr en i? ou bien faut-il voir, dans contralier, un autre mot dérivé de conrtra alium? contraloier n'est qu'une autre forme du même mot, comme loier pour lier, proier pour prier.
CONTRARIÉTÉ (kon-tra-ri-é-té), s.f.\\ 1° Etat de choses qui sont contraires. Combien par là ne voiton pas de mérites qui, par l'aliénation des cœurs ou par la contrariété des intérêts, bien loin d'attirer la bienveillance et l'amour, excitent plutôt la jalousie et la haine! bourdal. Avent, 4 3. L'énorme contrariété qui se rencontre entre leur vie et la nôtre, ID. Avent, Scand, 30 1. Malgré toute la contrariété qui parait entre notre état et le sien, id. ib. Nativité de J. C. 40». Ses exemples n'affaiblissaient pas ses préceptes, et il n'avait point à justifier au prince ni aux courtisans la contrariété de ses mœurs et de ses règles, fléch. Duc de Montausier. || Esprit de contrariété, disposition à contrarier. {{ Divergence d'opinion, débat. Plus on voit aux avis de contrariétés. Plus à faire un bon choix on reçoit de clartés, corn. Olhon, v, 2. On les consulte sur cette contrariété, PASC. Prov. 2. On vit dans l'assemblée une grande contrariété de sentiments et de volontés, p. L. cour. Lett. u, 388. Les contrariétés qui arrivent entre les catholiques sur des questions de fait, PASC. Proe. 17. Laissons ces contrariétés, Et demeuronsce que nous sommes, mol. Amph. Prol. || 2* Contradiction. Ils accordent les contrariétés qui se rencontrent entre leurs opinions et les décisions des papes, PASC. Prov. 6. Ils trouvent de la contrariété dans cette doctrine, boss. Réfut. Il faut que Dieu, par sa puissance, assujettisse et lie pour ainsi dire cette convoitise indocile, pour arrêter ses contrariétés et ses répugnances, fléch. Panég. u, p. 60i. Quand un ange descendrait de la voie lactée pour venir concilier ces contrariétés, volt. Phil, u, 4 70.
Nageant dans le reflux des contrariétés Qui pouua et qui retient mes faibles volontés, id. Fanât, iv, 3. La contrariété singulière des faits qu'il racontait sur sa naissance avec des pièces authentiques sur cet objet, d'alemb. Académ. franc, v, p 497. Ceux qui ne peuvent rendre raison des variùlés de l'esprit humain, y supposent des contrariétés inexplicables, VAUVEN. De l'esprit en général. L'imagination ne saurait inventer tant de diverses contrariétés qu'il y en a naturellement dans le cœur de chaque personne , larochep. Max. 478. Les sources des contrariétés de l'Ecriture sont un Dieu humilié jusqu'à la mort de la croix, un messie triomphant da la mort par sa mort, deux natures en Jésus-Christ, deux avènements , deux états de la nature de l'homme, pasc. Pensées, part, ii, art 9. || 3 "Terme de jurisprudence. Contrariété d'arrêts, opposition entre deux décisions rendues. || i* Terme de peinture. Contrariété de couleurs, mélange de couleurs rude à la vue. || 6* Obstacle, traverse, empêchement, contre-temps. Si j'ai réussi , ce n'est pas sans beaucoup de contrariétés. Et pour vous prévaloir de mes perplexités. Choisissez-vous exprès ces contrariétés? corn. Attila, i, 2. L'angoisse, le chagrin, les contrariétés. Dans son cœur inquiet tombant de tous côtés. Lui donnent les ennuis et le troulile en partage, COBN. Imit. I, 26. Il Familièrement. Dépit, humeur. Les mauvais propos tenus sur son compta lui ont causé une vive contrariété.
— HIST. xii* s. Li visce en la fin nos perturbent d'aspre contrarieteit, Job, 463. Entre ces contrarietez Qui sunt si grantz, cum vos oez, Cume de freidor et d'arson, benoît, i, 485. || xiu* s. La contrîkrieté des viandes, alebrant, P 4. Li articles qui est royés et que se conmanche : se nus, et se fine : pour son user, est ainsi corrigiés por les contrariétés qui y furent trouvées, Liv. des met. 363. S'aucuns fet testament et il ordene, puis le testament fet, le [la] contrariété de ce qu'il ordena ou laissa en son testament, li testamens est de nule valeur en tel cas, beaum. XII, 49. Et par ceste contrariété que noz avons dite, qui n'est pas à recevoir au juge, poez vos veoir, se voz avés sens naturel, en toz autres cas là ù contrariétés sont proposées, ID. IX, 5. Il XIV* s. Il détermine de la contraireté et opposieion qui est en vices et en vertus, oresme, Eth. 54. Contrariété est distance, et toute distance est mesurée par ligne drette comme la plus briefve, id. Thèse de meunier. || xvi* s. On ne peut dire qu'il y ait quelque contrariété entre l'élection éternelle de Dieu, et ce qu'il offre le témoignage de sa grâce à ses fidèles, calvin, Instit. 788. Cette contrariété et volubilité d'opinion si soubdaine qu'ils nous feignent, sent pour moy au miracle, mont, i, 307. Les cantharides ont en elles quelque partie qui sert contra leur poison de contrepoison, par une contrariété de nature, id. ii, 45. Il leur semble que telles contrarietez [disputes] se doyvent résoudre par le fer et par le ifeu, lanoue, 63. Alors il y avoit plus grande haine et contrariété entre les Juifs et les Samaritains, qu'il n'y a aujourd'hui entre les chrestiens et les turcs, id. 73. En ceste contrariété d'avis, id. 82. Au demeurant, quant à ses femmes et à set enfans, il y a des contrarietez entre les historiens, AMYOT, Numa, 24. Il y eut grande contention et grande contrariété d'opinions, id. Cam. 73.
— ÉTYM. Berry, co«troMe(^; provenç. contrarietat; espagn. contrariedad ; ital. contrarield; du latin conlranelafcm, de cimtrarius, contraire.
t CONTRASTANT, ANTE (kon-tra-stan , stan-t'), adj. Qui contraste. Figures contrastantes. || Terme de géognosie. Fissures contrastantes, fissures de superposition qui ne sont point parallèles à celles de stratification de la roche fondamentale et de la roche superposée.
CONTRASTE (kon-tra-sf), ». m. || l'Opposition de deux choses, dont l'une sert à faire remarquer l'autre. Contraste d'ombre et de lumière. Le contraste d'une chose avec une autre. Sa vie offre de singuliers contrastes. Le caractère des danois forma un autre mélange qui est en contraste avec le caractère des Espagnols, montesq. Esp. xix, 40. Les différents contrastes qu'offre votre caractère de naturel sans simplicité, de réserve et d'imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l'art et de la nature, d'alkmb. Portrait de Mlle de l'Bspinaste. Peut-être sortira-t-il de ce contraste quelque lumière propre à rapprocher les opinions , ratwal, Hist. phil. i, 20. Le contraste choquant des lois avec les mœurs, lemierrb, Bamevelt, l, 5. Par un contraste horrible entre tous les mortels, rotb. Phoc. lY, 4. ||a»Terme de peinture. Variété qui doit être dans les actions, les attitude» et les coloris de»
CON
figures, d'où résulte plus de force, plus d'agrément et plus de jour. Ce peintre entend bien le contraste. Bien des peintres sont tombés dans le défaut de mettre des contrastes partout et sans ménagement, de sorte que, lorsqu'on voit une figure, on devine d'abord la disposition de celles d'à côté, montesq. Coût, contraste. || L'art des contrastes, l'art d'imaginer, d'établir des oppositions qui produisent de l'effet. Il 8° Terme de littérature. Opposition entre des situations, des discours ou portions de discours. J'aurais aimé à voir le contraste de la tyrannie Insolente et du noble orgueil de l'indigence vertueuse, VOLT. Lett. Chahanon, <3 janv. née. Les contradictions ne sont pas des contrastes, DELiLLE, Jardins, I. L'âme aime la symétrie, mais elle aime aussi les contrastes, montesq. Goût, contraste. Tous les contrastes nous frappent, parce que les choses en opposition se relèvent toutes les deux, id. ib. Les contrastes sont causes de défauts aussi bien que tie beautés, id. ib. || Se dit, dans ce même sens, des oppositions que le musicien établit pour produire de l'effet. Il 4°Terme de physique. Contraste des couleurs, nom de différents états simultanés ou successifs de la rétine produisant les sensations spéciales correspondantes. Il Contraste simultané, celui dans lequel l'œil voit en même temps deux couleurs contiguës, cas où il les voit le plus dissemblables possible. Il Contraste successif, celui dans lequel les yeux, ayant regardé pendant un certain temps un ou plusieurs objets colorés, aperçoivent, après avoir cessé de les regarder, des images de ces objets offrant la couleur complémentaire de celle qui est propre à chacun d'eux. || Contraste de ton, la modification qui porte sur l'intensité de la couleur, et contraste de couleur, celle qui porte sur la composition optique ou physique de chaque couleur juxtaposée; c'est-à-dire que, deux couleurs étant juxtaposées, l'œil qui les voit simultanément, voit la foncée plus foncée et la claire plus claire, ce qui est le contraste de ton, et voit tirant sur le violet le rouge qui est à côlédu jaune, ce qui est le contraste de couleur.
— IIIST. XVI* s. Cecy ne s'en va pas sans contraste, car plusieurs tiennent que.... mont, ii, 26. Un soir ils e.spierent de plus près pour un grand contraste [discussion] entre le maistre d'hostel et l'escuyer au chevet du seigneur, d'aub. Fœn. m, <9. Il y eut un grand contraste à deviner par où il lalloit entamer une besogne si nouvelle, id. Hist. 1, <33. Ceux de dedans, descouverts jusques à l'escarpin, le deffendent [l'assaut] avec tel contraste, qu'il ne demeura aux assiegeans que la pointe, m. ib. m, 30. Il fust receu fort honorablement, sans aucun contraste, ny apparence de reffus, carl. iv, ». Notre volonté s'esguise par le contraste [lutte], se despite contre le desny, chahron, Sagesse, i, ts.
— ÉTYM. Provenç. contrast; espagn. contraste; ital. contrasto (voy. contraster). Contraste au xvi* siècle signifie lutte, débat, combat.
CONTRASTÉ, ÉE (kon-tra-sté, stée) , port, pasirf. Mis en contraste. Des caractères bien contrastés. Des figures bien contrastées. Cette impression était contrastée par le souvenir des caresses.... J. j. rouss. Conf. II. Oui rendait ces pays étranges si bizarrement contrastés, id. }lél. i, 23. Le dialogue plus vif, plus raisonné, plus contrasté, volt. Lett. d'Àrgental, tojuill. t766.
CONTRASTER (kon - tra- sté). || 1° Y. n. Être en contraste. Sa conduite contraste avec son état. U fait ridiculement contraster ses inclinations rampantes avec les altières productions qu'il a l'audace de s'approprier, J. J. HO'jss. Dial.i. Il Terme d'art et de littérature. Faire contraste. Ces figures contrastent bien. Aussi l'orateur la rejette-t-il [une action secondaire] à la fin comme dans la partie fuyante; elle n'est là que pour contraster, pour faire ressortir davantage l'action principale, condillac , Art d'écr. Il, 14. Il 2° r. a. Terme de peinture et de sculpture. Mettre en contraste. Ce peintre sait contraster les têtes, tout en leur conservant l'air naturel. Il 3° Terme de littérature et de musique. Varier par des contrastes. Il sait contraster son sujet.
— HIST. xiii's. Après ce que il auia esté défendu et contrasté par aucun des champions, Ass. de/, i, t67. Il xvi's. Qu'il ne semble pas reprocher à aultruy tout ce qu'il refuse à faire, ny contraster aux mœurs pulilicques, mont, i, t66. Il est toujours proclive aux femmes de disconvenir à leurs maris : elles saisissent à deux mains toutes couvertures de leur contraster, id. ii, 8).
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contrastar ; ilal. con(vas(ore ; du latin contra, contre, et stare, se
onir droit (voy. stable). L'ancien français avait con-
CON
trester et quelquefois contraster dans le sens de résister; néanmoins il est certain que contraster est venu de l'italien au xvi* siècle, et alors il signifie lutter, combattre.
CONTRAT (kon-tra; le t se lie dans le parler soutenu : un kon-tra-t authentique ; au pluriel , 1'» se lie : les kon-tra-z authentiques; contrats rime avec appas, un lacs, m&ts, etc.), s. wi. || 1° Terme de droit. Accord de deux ou plusieurs volontés, qui a pour objet la création ou l'extinction d'une obligation. Un contrat de vente, d<> louage, de dépôt, de mandat, de société. Le mariage est un contrat. Contrat synallagmatique ou bilatéral, qui engendre des obligations des deux côtés; unilatéral, qui n'engendre d'obligations que d'un seul côté ; à titre onéreux ou intéressé, qui présente pour chaque partie un avantage réciproque; à titre gratuit ou de bienfaisance, qui ne présente d'avantage que pour une seule des parties; commutatif, lorsque l'avantage pour chaque partie est considéré comme l'équivalent actuel et certain de l'avantage qu'elle procure ; alùatoire, lorsque cet équivalent est une chance de gain ou de perte. Il Contrat de mariage, acte qui règle les conditions pécuniaires du futur mariage. || Contrat judiciaire, convention formée en justice, tellequ'une adjudication, un cautionnement, en résultat du concours qui a heu en justice des volontés de deux parties sur un point qui précédemment a été ou a pu être contesté entre elles. Jupiter y consent; contrat passé, notre homme.... la font. Fabl. vi, 4. De vos biens désormais il est maître et seigneur, En vertu d'un contrat duquel je suis porteur, mol. Tart. v, 4. J'ai loué un hôtel deux mille écus, et j'espère passer le contrat aujourd'hui, montesq. Lett. pers. *6. Il Absolument. Un contrat de mariage. Le roi a signé au contrat, sév. 390. U dit : Faisons le contrat, id. 567. Il signe un bon contrat écrit en bonne forme , rac. Plaid, ii , 6. Sur ce que son amant fit voir qu'il n'avait que cinquante-six ans, et qu'il ne prit point de lunettes pour signer le contrat, mol. l'Avar. u, 6. || 2" Dans la pratique on désigne aussi sous le nom de contrat non pas seulement la convention, mais l'acte qui la constate, lorsque cet acte est rédigé par un notaire. On dit avoir son contrat dans sa poche, placer par contrat ou par hypothèque, ce qui exige un acte notarié, par opposition à placer sur billet ou par simple acte sous seing privé. C'est une façon abusive de s'exprimer que l'usage a reçue; et pour l'exactitude des idées, il faut distinguer le contrat et l'acte qui en contient la preuve : un contrat de rente est l'accord des parties sur la constitution d'une rente, et non l'écrit qui est dressé en conséquence. Cette extension de sens vient de ce que, dans certains cas, un mode de constatation authentique est essentiel à la validité du contrat. Déchirer, brûler le contrat. || 3° On confond aussi le contrat et l'obligation qui en résulte, employant par suite le mot contrat pour le mot obligation. || 4" Contrat social, convention expresse ou tacite entre les gouvernants et les gouvernés, ou entre les membres de la société, convention supposée par certains auteurs politiques. Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est la liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre; ce qu'il gagne, c'est la liberté civile et la propriété de ce qu'il possède, J. J. Bouss. Contrat soc. i, 8. || 6" Terme de jeu. Fiche beaucoup moins longue que la fiche ordinaire, et à laquelle on attribue une valeur convenue, comme to fiches, 20 fiches, etc.
— HIST. XIV* s. Il semble que tout home puisse avoir aucun juste à tout autre homme avecques lequel il peut communiquer en loy ou composicion ou contract, oresme, Eth. 249. ||xv* s. Le suppliant ou [au] contempt de certain contract mobiliaire qu'il avoit eu à certaine personne, du canoë, contractio. \\ xvi* s. Quant à ce qui concerne les centraux des hommes les uns avec les autres, amyot, Lyc. 22. Les hommes gardent bien les centraux et pactions qu'ilz font les uns avec les autres, ID. Solon, 8. C'est une nation en la quelle il n'y a aulcune espèce de traficque, nulle cognoissance de lettres.... nuls contracts, nulles successions.... mont, i, ï36.
— ÉTYM. Provenç. contract; espagn. conlrato; ital. contratto; du substantif latin contraclus. génitif contractus, de contrahere, contracter, proprement lier, resserrer, de cum, et trahere, tirer (voy. traire).
t CONTRATÉNORE (kon-tra-té-no-r') ou CON- TRATÉNOR (kon-tra-té-nor) , s. m. Terme de musique. Synonyme, employé quelquefois, de hautecontre.
— ËTYM. Contre, et t^nor.
CONTRA'VENTION (kon-tra-van-sion ; en poésie.
CON
de cinq syllabes), s. f. || 1* Action d'agir contre une prescription. Une contravention aux lois. La contravention est aux choses, la désobéissance aux per-, sonnes, d'ki.eubekt , Synonymes. On n'allègue pour' toute excuse que des mécontentements et des contraventions, boss. Variât, i, § 48. Brasidas préteiilait avoir d'autres contraventions à reprocher aur Athéniens, bollin, Jlist. anc. OKuvres, t. m, p. 484 dans pouGENS. La loi de Mahomet confond l'usure avec le prêt à intérêt ; l'usure augmente dans loâ pays raahométans à proportion de la .sévérité de la. défen.se; le prêteur s'indemnise du péril de la contra, vention, montesq. Esp. xxii, (9. || 2* ferme de droit; Infraction à une loi, à un règlement,.à un contrat, à une décision judiciaire || Spécialement, infraction punie d'une peine de simple police, par opposition au délit et au crime. On donne aussi cette qualification à divers faits punis de peines correctionnelle.?, mais sans que l'intention soit recherchée et par celî seul que l'infraction a été matériellement commise Il En particulier, les infractions aux lois fiscales. Les contraventions en matière de presse n'admettent pas l'excuse de la bonne foi.
— HIST. XIV* s. Je ne dy pas qu'aucun d'eulx ment. Ne qu'à truffer rien les convie; Juger personne n'hai envie. Ne que leur contravention Soit une circonvention. Traité d'alch. 26». || xvi* s. I.e cardinal r'envoia bien loin cette observation de foi avec les hérétiques, tant pour les contraventions qui venoient de la part du Turc, comme pour lo privilège du concile de Constance , d'aub. Hist. II, 76.
— ÉT'ïM. Génev. contrevention (voy. contrevenir).
t CONTRAYERVA (kon-tra-ièr-va) , s. m. Terme de pharmacie. Racine d'un brun rougeâtre en dehors, blanche en dedans {dorstenia brasiliensis, Lamark), d'une odeur aromatique, qui est excitante et diaphorétique.
— ÉTYM. Espagn. contrayena, de contra, contre, et yerva, herbe : herbe contre les venins, à cause qu'on lui attribuait la propriété de les neutraliser.
CONTRE (kon-tr') , pr^p. || 1° En opposition à, pour se défendre de. Et contre la fortune ayant pris ce conseil, la font. Fabl. vu, t2. C'est une chose contre les règles ordinaires, sév. 490. C'est aller directement contre le Pater, boss. Or. to. Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville; Et contre eux la campagne est mon unique asile, boil. Épit. VI. Roi, voilà vos vengeurs contre vos ennemis, BAC. Athal. IV, 3. Le travail est une meilleure ressource contre l'ennui que le plaisir, trublet, dans GiRAULT-DtJviviER. Tout se fait contre sa volonté, sÉv. 445. Agir contre sa conscience, boss. Hist. 11, 6. Vous parlez contre votre pensée, kac. Brit. 11, 6. Ainsi la citadelle, sur le point de se rendre, fut sauvée contre toute espérance, bollin, Hist. anc. OEuvres, t. v, p. 284, dans pougens. Pour regagner les mers du nord, ils firent deux mille lieues contre le vent dans un canot, raynal. Hist. phil. x, t«. Il Contre vent et marée, malgré l'obstacle qu'opposent le vent et la marée. Un vaisseau qui veut aller contre vent et marée. Et fig. en dépit de tous les obstacles. || F.nverset contre tous, malgré l'opposition universelle. || Tenir contre, résister. Mes pleurs, belle Eriphile, Ne tiendront pas longtemps contre les soins d'Achille, bac. Iphig. 11, 3. || Avoir contre soi quelqu'un, quelque chose, trouver un obstacle en une personne, cnunechose.il a contre lui un homme fort influent. Il a eu toujours les circonstances contre lui. || Élever autel contre autel, faire un schisme, et, par extension, opposersa puissance, .son crédit, à la puissance, au crédit d'une autre personne, et aussi entreprendre quelque chose en rivalité d'un autre. || C'est le pot de terre contre le pot de fer, se dit de celui qui, sans force et sans puissance, est en lutte contre quelqu'un de fort et de puissant. || 2° Contre, exprimant une idée d'hostilité, d'inimitié, de blâme, etc. Us se sont révoltés contre leur souverain. Faire une satire contre quelqu'un. S'élever contre le vice. Que Rome se déclare ou pour ou contre nous, corn. Cinua, l, 3. J'ai parlé contre moi, j'agis contre ma sœur, id. Tois. d'or, m, 7. De Joad contre moi je sais les injustices, BAC. Athal. m, 4. Un conquérant est un homme que les dieux irrités contre le genre humain ont donné à la terre dans leur colère, fén Tel. viii. Il 3* Contre, marquant une comparaison numérique. Il y a dix hommes qui mangent le revenu des terres contre un laboureur.MONTESQ. Esp. vu, 6. Un homme peut pen.ser telle misère qu'il voudra, et il y a mille à parier contre un que la religion a deviné sa
CON
pensée et préparé le remède, chateaub. Oénie, IV, VI, 42. Il 4° En face de. Les corps qui envoient des rayons contre les yeux des regardants, derc. Monde, )5. {| 5° Aupn's , proche de. C'est pour cela que depuis peu ce damoiseau poli s'est venu loger contre moi, mol. G. Davd. 4. Dorilas, contre qui j'étais, a été de mon avis, m. Critique, se. 6. Place-toi contre ce logis, id. 5tct7. <. Il la pose sur l'arc et sait contre son corps En ramener la corde avec de tels efforts.... lamotte, dans des- FONTAiNES. Prends une poêle de fer et mets-la contre un mur de fer, volt. Phil. iv, 462. || 6° Adv. En face. L'on tourne la clef, l'on pousse contre, LA BRUY. XIV. Il En opposition. 11 s'est levé contre. L'assemblée a voté contre. À peine ouvrons-nous la bouche pour dire une nouvelle qu'un de ces jeunes gens propose de parier contre, montesq. ie«. pcrs. <3u. Il 7° Tout contre, loc. adv. Tout près. Si votre majesté dé?ire qu'on lui montre Ce pitoyable objet, il est ici tout contre, mair. Sophon. v, 7. Son appartement était tout contre, hamilt. Gramm. 9. Ségur s'ennuyait à Nemours, il fit connaissance avec l'abbesse de la Joie, qui est tout contre, STsiM. 85, 2. Il Tout contre de, avec un infinitif, sur le point de; locution de St-Simon et qui ne parait pas devoir être imitée. Mme de Maintenon fit regarder d'Harcourt comme celui qui avait levé le charme, et qui était tout contre d'entrer dans le conseil, st-sim. (0), 7B. || 8° Terme de marine. Deux navires courent à contre l'un de l'autre, quand ils tiennent une route opposée; ils sont à contre, quand, tenant deux bordées différentes avec le même vent, ils se croisent. || Des voiles sont brassées à contre quand on met le vent sur l'une et qu'on le conserve dans l'autre. || 9° De contre, loc. odv. peu usitée. Disposés à faire que la lumière qui donne de contre s'y amortisse, desc. Diopt. 5. Chacune fait réfléchir une partie des rayons qui donnent de contre; m. Météor. 5. || 10° Terme du langage commercial. Par contre, en compensation. || 11° Cicontre, ioc. adv. En regard, vis-à-vis. Vous trouverez ci-contre le détail des sommes dépensées. || 12° Là contre, loc. adv. Contrecela. Qui diantre peut aller là contre? MOL. l'Av.i, 8. Assurément que vous avez raison , si vous le voulez : on ne peut pas aller là contre ; mais, si vous ne le vouliez pas, ce serait peut-être une autre affaire, id. Fi;stin,i, 2. || 13° Terme de jeu. Faire contre, se dit, lorsqu'un des joueurs faisant jouer, un des autres déclare ensuite qu'il joue aussi. Vous n'avez pas assez beau jeu pour faire contre. Il Substantivement. Le contre, celui qui a fait contre. Le contre paye double. || Fig. D'Harcourt ne craignait pas de faire contre aux ministres, dans les entretiens qu'il avait avec le roi, st-sim. <0( , 79. Il 14° S. m. Le contre, le contraire, l'opposé. Il y a du pour et du contre. Leur art était bien méprisable; ils se vantaient de deux choses : l'une, de parler sans préparation sur toutes sortes de sujets; l'autre, de soutenir indifféremment le pour et le contre, condillac, Uisl. anc. m, <7.||15° Terme d'escrime. Parer un contre, parer en dégageant. || 16° Au jeu de billard, se dit lorsque la bille du joueur se trouve repoussée par la bille sur laquelle il joue. Ne prenez pas par là, il y aura, vous aurez un contre, je crains un contre. Jouez ce carambolage par le contre. Il 17° Terme de musique. Anciennement, voix d'alto, parce que ce terme s'appliquait à toutes les parties destinées à faire harmonie contre une autre. Haute-contre, basse-contre (voy. ces mots).
— REM. Par contre est une locution dont plusieurs se servent, pour dire en compensation, en revanche : Si les artisans sont ordinairement pauvres, par contre ils se portent bien; Si le vin est cher cette année, par contre il est bon. Cette locution, qui a été tout particulièrement critiquée par Voltaire et qui paraît provenir du langage commercial, peut se justifier grammaticalement, puisque la langue française admet, en certains cas, de doubles prépositions, de contre, d'après, etc. mais elle ne se justifie guère logiquement, par contre signifiant bien plutôt conlratrenient que en compensation, et devant provenir de quelque ellipse commerciale {par contre ayant été dit pour par contre-envoi}; en tout cas, il convient de suivre l'avis de Voltaire et de ne transporter cette locution hors du langage commercial dans aucun style.
— SYN. contre, malgré, nonobstant. Faire quelque chose contre la règle, c'est faire un acte qui soit l'opposé de ce que prescrit la règle; faire quelque chose malgré la règle, c'est le faire bien que la règle le défende; nonobstant la règle, c'est le faire sans tenir compte de l'obstacle qu'oppose la règle. Il a agi contre mes recommandations, il a fait le con-
DICT. DE LA LANGin: FRANÇAISE.
COfî
traire de ce que je hii recommandais; il a agi malgré mes recommandations, je lui recommandais de ne pas agir, et il n'en a tenu compte; il a agi nonobstant mes recommandations, mes recommandations n'ont pas été un obstacle pour lui.
— HIST. IX' s. In nulla aiudha contra Lodhuwig. Serment. \\ xi* s. Cuntre deuz deies [à deux doigts près] l'ad du fourrer [fourreau] jetée [son épée], Ch. de Roi. xxxiii. [Enseigne] en som un tertre contre le ciel levée, t6. Liv. Cuntre midi [vers midi] ténèbres i a granz, ib. ax. Contre soleil reluisent cil adoub [ces armures] , ib. cxxxv. Contre un des nos [noslres] [il] en troverat morz quinze, ib. cxLi. Oui moût est las, il se dort contre terre, ib. CLXxviii. Ilxii's. N'est mie contre bien que tant estes haîz, Roman de flo!*, ms. p. 84, dans laclrne. Contre lui se tenir, Ronc. p. <. Contre le ciel va moult bien tourniant Son fort espié, ib. p. 37. Contre ses cous fuient li renoié [les reniés], ib. p. 87. Tout son cors [il] va contre terre estendant, ib. p. 92. Contre le pis [il] lui froisse l'escu blanc, ib. p. m. Ainsi l'on fait as fourches contre mont sus lever, ib. p. (97. Certes, dame, moul s'honeure Qui courtois est contre tort Coud, iv. Puisqu'amour veut que contre moi [je] la croie, ib. xXi. || xiu's. En celé amour la damoisiele ont prise Si parent, et doné seigneur [mari], Contre son gré, un vavasseur, AUDEFH. LE BAST. Uomancero, p. 6. [Cette pierre] moult reluisoit contre soleil, ib. p. 68. S'aidoient li un l'autre contre les Arabis, Berte, v. Et les dames parées contre l'avènement [pour la circonstance], ib. IX. Si qu'il l'ont contre terre par force agenouillie, ib. XXI. Contre [au devant de] Blanchefleur [ils] vont, qui moût grant duel [deuil] aura, ib. lxxviii. Mais contre jugement ne veul je mie aller, ib. xcvii. Lunevenoit tout bêlement Contre l'autre.... la Rose, 773. Et estoient couchez contre orient, en la manière que l'en met les cors en terre, joinv. 286. Quant ce vint contre la saint Remy, je fesoie acheter ma porcherie de pors, id. 267. || xv* s. Le roi de France et le roi d'Angleterre, par bataille, puissance contre puissance, se dévoient combattre ensemble, FROiss. II, II, 2H. Toute celle année que celle trêve fut accordée que vous avez ouï, se tinrent les deux rois à paix l'un contre l'autre, ID. i, l, 324. Tout pesé, le bien contre le mal, id. i, i, 96. Le capitaine de la ville et l'abbé et les bourgeois vinrent contre li [Isabelle d'Angleterre] , et la recueillirent moult bernent, iD. l, I, 6. Et par ceste manière se destruisent entre eulx, cité contre cité, chastel contre autre, et voisins contre voisins, Bouciq. ii, ch. i. Et portoit [Monseigneur de Charolois] la maison de Lancastre contre luy [Edouard] , dont il estoit yssu de par sa mère, coini. I, 5. Quant il fut monté sur son cheval, si montèrent ceuli de leans pour le convoyer et la dame aussi qui chevauchoit contre luy, Lancelot du Lac, t. ii, f° 89. Que les rues soient tendues et alournées au plus bel qu'on pourra contre la venue de nostre roy, Perceforest, t. i, V" 9B. Il XVI* s. Bien estoit de l'accord qu'on allast à rencontre. Mais comte Petillane chantoit d'une aultre contre, i. marot, v, H 5. Voy, la cour d'Alvian desiroit la bataille. Pensant en sa musique faire la contre et taille, Mais luy et tout le camp se trouvèrent deceuz. Quand ouïtre leur vouloir le Roy fist le dessus, m. v, <18. La femme veufve qui choisit partir [partager] par moitié contre [avec] les héritiers de son mary, Coustum. génér. t. i, p. 620. Voire [même] contre sa propre créance, mont, i, (2). Chocquant sa teste contre la muraille, m. i, 23. En la guerre contre Perseus,iD. tft.UfauUfrotter nostre cervelle contre celle d'aultrui,iD. i, (64. Leurs licts sont suspendus contre le toict comme ceulx de nos navires, m. i, 237. Despilé contre sa besongne, il print son esponge et la jecta contre, pour.... m. i, 254. Use fault opposer et bander contre [la douleur], ID. I, 305. Un appétit artificiel et contre nature, in. II, 18. Je ne vois [vais] pas là, mais je touche contre [tout près], lu. IV, 96.
— Etym. Provenç. espagn. et ital. contra; du latin contra, contre.
t CONTRE- ACCCSATION (kon-tra-ku-za-sion), s. f. Réponse à une accusation par une accusation. Il Au plur. Des contre-accusations.
— HlST. xvi° s. Il court maintenant aux subterfuges de contre-accusation, di.sant.... M. DU BELLAY, 493.
— ÉTYM. Contre, et accusation.
t CONTRE- X- CONTRE (kon-tra-kon-tr'), adv. Terme de marine. Être contre-à-contre, se dit de navires ou autres objets, très-prt'S les uns des autres et parallèlement à la longueur, mais sans se toucher.
t CONTRE- AIMER (kon-trè-mé) , v. a. Aimer en retour.
CON
-^ HIST. xvi' S. Siècle vrayment heureux, siècle d'or estimé, Où tousjours l'amoureux se voyoit contreaimé, bons. 19). Tant plus elle est aimée, et tant jilus elle prend Plaisir à contre-aimer.... ID. 706. Aime celuy qui t'aime; un amour en naissant Meurt s'il n'a point de frère autant que lui crois-sant; L'amour tire l'amour d'une force aimantlne; Car sa vive vertu languist en la poitrine Du malbcoreux amant qui n'est point contr'aimé, amadis jamin, Poésies, p. 75, dans lacorne.
— Ktym. Contre, et aimer.
f CONTRE- ALIZÉ (kon-tra-li-zé), adj. m. Vent contre-alizé, courant supérieur opposé au vent alizé. Il Au plur. Des vents contre-alizés.
— ÊTYM. Contre, et aliii.
CONTRE-ALLÉE (kon-tra-lée), i. f. Petite allée
latérale à une allée principale. || Au plur. De»conireallées.
— f.TYM. Contre, et allée.
CONTRE-AMIRAL (kon-tra-mi-ral) , ». m. Dans la
marine d'Angleterre et de Hollande, celui qui a le troisième rang dans le commandement d'une flotte. Le contre-amiral commande l'arrière-garde ou la troisième division d'une flotte; son pavillon est blanc et s'arbore au mât qui se nomme artimon. !| Dans la marine française, celui qui est revêtu du troisième grade d'officier général dans la marine. Les contre-amiraux représentent les chefs d'escadre d'autrefois. Il Le vaisseau que monte le contre-amiral.
— RTYM. Contre dans le sens de qui est à cOté, et amiral.
f CONTRE-APPEL (kon-tra-pèl), f. m. || 1* Second appel ayant pour but de constater si un appel a été régulièrement fait. Il n'était présent ni à l'appel ni au contre-appel. || î° Terme d'escrime. L'appel qui répond à un appel de l'adversaire. || Au plur. De» contre-appels.
ÉTYM. Contre, dans le sens de qui est à côté,
et appel.
CONTRE-APPROCHES (kon-tra-pro-ch"), s. /".p/ur. Travaux que les assiégés étabUssent contre les approches des assiégeants. || Au plur. Des contre-approches, c'est-à-dire travaux contre les approches.
— ETYM. Contre, et approche.
■f CONTRE- ARC (kon-trark), t. m. Terme de marine. Partie de la quille d'un navire située sous le» pieds de la mâture. || Au plur. Des contre-arc ou des contre-arcs, c'esl-à-dire des parties qui sont contre l'arc ou les arcs.
— ETYM. Contre, et are.
t CO.MKK-AlU-.riEK (kon-trâ-rê-tié), s. m. Terme de construction. Ardoise qui précède celle qui est coupée obliquement pour former 1 arêtier. || Au plur. Des contre-arétierou arêtiers, c'est-à-dire de» ardoises qui sont contre l'arêtier ou les arêtiers.
— ETYM. Contre, et arêtier.
t CONTRE-ASSAILLIR (kon-tra-sa-llir, Il mouil- . lées) , V. a. Faire une attaque opposée à une autre attaque.
HIST. xvi' s. Plusieurs assaillis en leur pays ont
diverty l'ennemi en le contre-assaillant au sien,