SYN. CONTREVENIR, ENFREINURE, TRANSGRESSER
Contrevenir, c'est venir contre, contrarier; enfreindre, c'est briser; transgresser, c'est passer au delà de ce qui est considéré comme limite. Ces expressions: il a contrevenu au commandement, il a enfreint le commandement, il a transgressé le commandement, expriment une même idée, à savoir que le commandement n'a pas été observé, sans autre distinction que la distinction implicite que renferme l'étymologie. Mais quand on va plus loin dans l'emploi de ces mots, on voit que contrevenir est celui qui a le moins de force, qui est le plus général et qui peut par conséquent s'appliquer aux petites désobéissances. Les graves désobéissances ne sont caractérisées que par enfreindre et transgresser, le premier les représentant comme une rupture , le second comme un bond qui nous lance au delà.
— HIST. XV" s. Au cas qu'il contrevinst à la paix de Peronne, o. de la marche, dans le Dict. de do- CHEZ. Ijxvi's. Les Pères sont souvent divers entre eux, et mesmes aucunes fois se contreviennent à eux-mesmes, calvin, Instit. Dédie. Do propos délibéré nous taschons de lui contrevenir [à Dieu], id. ib. H9. Ils ne feroyent pas des crimes mortels et irrémissibles d'estre contrevenus à la moindre tradition de celles qu'ils ont forgées, m. ib. 05 1, X cela ne contrevient point, que.... [n'est pas en opposition], ID. ib. 1012. Ceste charité de quoy je parle ne contrevient point à la justice civile, langue, 77. Brennus entra en cholere, disant que c'estoit meschamment fait de contrevenir à l'accord qu'ilz avoieut passé et juré, amyot, Cani. 51.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. coniravenir ; portug. contravir; ital. contravvetiire ; du latin contravenire, àe contra, contre, elvenire, venir.
CONTREVENT ( kcn-tre-van), s. m. Grand volet de bois mis par dehors et qui se ferme sur les fenêtres. J'aurais une maison blanche avec descontre- V2nts verts, J. J. rouss. Ém. iv. Quand je voyais son contrevent ouvert, je tressaillais de joie, id. Con[. vr. Il Terme de ponts et chaussées. Pièce de bois placée obliquement entre deux fermes d'un pont ou d'une charpente. || Pièce du comble d'un bâtiment. Il Pièce pour contenir la charpente dans les beffrois. Il Parement d'un creuset de forge; partie opposée à la tuyère.
— HEM. L'Académie, qui met un trait d'union à contre-temps, n'en met pas à contrevent, composé de même.
— HIST. xv" s. Pour combien il lui vouldroit quitter una; contre-avant, du canoë, auventus.
— liTYM. Contre, et vent.
t CONTREVENTER ( kon - tre- van-té ), v. a. Il 1° Terme de ponts et chaussées. Placer des contrevents. Il 2° Terme de construction. Garnir un comble de contrevents.
— ÉTY.M. Contre-vent.
CONTREVENU (kon-tre-ve-nu) , part. Invariable
de contrevenir.
t CONTRE-VERGE (kon-lrovèr-j'), s. f. Instrument du métier des étoffes de soie. || Au plur. Des con Ire-verges.
— ÉTYM. Contre, et verge.
CONTRE-VÉRITÉ (kon-'tre-vé-ri-té), s. f. Parole»
exprimant un sens contraire à celui qu'on veutlai^e entendre. Son blâme était une contre-vérité et une flatterie ingénieuse. Ou vous êtes au point où je désire, ou vous vous jouez de moi.... F.st-ce vérité? est-ce contre-vérité? suis-je à vos yeux inléressante ou ridicule? MmeDUDEFFANT,dans led'cl.dcDociiEZ. Il Plus particulièrement, satire en prose ou en vers où l'on se moque d'une personne, lui attribuant les qualités que visiblement elle n'a pas. Chapelle et Uachaumont ont fait d'agréables contre-vérités, riciielet.
— ÉTYM. Contre, et vérité.
■f CONTRE-VISITE (kon-tre-vi-zi-f), s. f. Seconde visite de lieux s'il s'agit de locations, seconde visite de police s'il s'agit d'administration, seconde visite de malades ou de conscrits s'il s'agit d'inspection médicale. \\ Au plur. Des contre-visites.
— ÉTYM. Contre, et visite.
t CONTRE- VOILE D'ÉTAI (kon-tre-voi-le-d'é-tê), s. f. Terme de marine. Voile ijiiadrangiilaire gréée entre la voile d'étai et celle de perroquet. On la nomme aussi fausse voile d'étai. |{ Auplur. Des contrevoiles.
— ÉTYM. Contre, et voile.
t CONTRE-VOLTE (kon-tre-vol-f), s. f. Terme d'art mililaire. Manœuvre par laquelle la cavalerie, après avoir fait une volte, se rétablit face en tête. Il Auplur. Des contre-voltes.
— ÉTYM. Contre, et volte.
t CONTRE-VOLTER (kon-tre-vol-té), «. n. Faire une contre-volte. La cavalerie a contre- volté.
t CONTRE-VUE (kon-tre-vue) , s. f. Point de vue opposé, dans l'optique. || Au plur. Des contre-vues.
— ÉTY'M. Contre, et vue.
CONTRIBUABLE (kon-tri-bu-a-bl'). || l°ylrfj. Terme
de finances. Sujet à contribution. Pays contribuable. Il 2° 5. m. et f. Personne qui doit payer l'impôt. Un contribuable. Une contribuable. Diminuer les charges qui pèsent sur les contribuables. De 0 040 000 contribuables, on en trouve environ oooooo appartenants au clergé, volt. Russie, i, 2. Imposition qui, sans aider l'État, ruine les contribuables pour enrichir le traitant qui l'a imaginée, raynal, Htst. phil. viii, 31.
— HIST. XVI' s. Il feit rebeller à rencontre d'eulx plusieurs petites villes, leur enseignant à dire qu'ilz n'estoient point leurs subjects, ny n'avoient point esté leurs contribuables dès le commencement, amyot, Philop. 22. Il meit les enfans orphelins à Ta taille, qui paravant luy n'avoient jamais esté contribuables,
ID. Cam. 3 Qu'il est impossible d'avoir tiré tant
de finances d'une telle province, sans que les contribuables ayentesté bien oppressez, froumenteau, Finances, m" livre, p. 283.
— ÉTYM. Contribuer.
t CONTRIBUANT (kon-tri-bu-an), s. m. Celui qui contribue. Le consentement particulier de chacun des contribuants, J.j. Rousseau dans le Dict. de poitevin.
— HIST. XVI* s. Par le dénombrement du peuple, il fut trouvé cent trente mille chefz contribuans,
AMYOT, l'ubl. 23.
CONTRIBUER (kon-tri-bu-é), v. n. || 1° Payer sa part d'une dépen.se ou d'une charge commune. Contribuer pour un tiers. Contribuer par tête. Il a contribué de ses deniers à cette construction. Les oblige-t-on à contribuer aux charges publiques? FLÉCH. Serm. n, 207. Le vrai moyen de faire contribuer tout le monde, c'était de mettre des impôts sur les consommations, cûndillac, Comm. Gouv. part. H, ch. 8. Il Absolument. Payer à l'ennemi une somme d'argent pour se garantir des exécutions militaires. Nous n'avons point de cavalerie sur la frontière; et il est à craindre que le prince Pio, qui en a un gros corps, ne fas.se contribuer tout le Languedoc, MONTESQ. Lett.pers. 132. Il Kaire contribuer, sa dit par abus, des voleurs de grand chemin qui dévalisent les passants. Les voleurs ont fait contribuer ces march.inds. || Activement. Les secours abondants qu'il contribua <lans les calamités publiques, flêch. Uim. Il faut que les souverains aient le pouvoir d'obliger les citoyens de contribuer ce qui est nécessaire pour satisfaire aux besoins de la patrie, FÉN. XXII, 380. Il 2° Avoir part à un cert.iin résultat. Il y a dans quelques hommes une certaine mé» diocrité d'esprit qui contribue à les rendre sages, LA BRUY. x:. Il faut contribuer autant qu'on le peu'
CON
lu divertissement des personnes avec qui on veut vivre; mais il ne faut pas toujours être chargé du soin d'y contribuer, larociiefouc. néflexions div. Kt je contriliuerai moi-même à ce dessoin, cohn. Nicnm. v, lO. Je veux faire I.e malheureux Léon succes'^eur de ton père; Y contribueras-tu?iD. Pulch. y , B. Par ce moyen les mutins virent Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux X l'intérêt commun contriliuait plus qu'eux, la font. Fabl. ni, 2. || Absolument. Si je ne l'ai causé, j'en suis un instrument Et j'ai contribué dans cet événement, mair. Hort d'Asdrub. v, 2. || Activement. Trois arts qui semblaient devoir contribuer quelque chose à mon dessein, DESC. Mélh. Si j'ai contribué quelque chose à l'agrément de votre style, sÉv. 02. Si je pouvais contribuer quelque chose à soulager.... noss. Lett. 8, Jamais on n'a pu ôter de leur esprit [h M. et Mme de Chaulnes] que M. de Chevreuse n'eût rien contribué à cet écliange forcé [du gouvernement de Bretagne contre celui de Guyenne], st-sim. 27, 58. Et ce qu'il contribue k voire renommée, corn. Ilor. v, 3. Je souhaiterais néanmoins d'y contriliuer quelque chose, PASC. Lett. t. Que pouvez-vous contribuer de votre part à la construction du tabernacle céleste?... 11 faut contribuer quelque chose, mass. Confér. Vocation, ). L'interjection ne contribue rien à la liaison, à la forme du discours, H. desmabais, Gramm. tr. VIII. Le son de la voyelle eu à la formation duquel et la langue et les lèvres contribuent quelque chose.... DANGEAu, Gramm. m, n-ao.
— IlEM. Les auteurs du siècle de Louis XIV emploient contribuer activement; c'est la forme latine, et, comme on peut voir à l'historique, la forme ancienne. Elle est aujourd'hui peu usitée, sans être aucunement incorrecte.
— lllST. xivs. Se aucuns ont contribué peccunes pour mètre en marchandises, quant vient au distribuer, l'en en distribue à chescun selon la proporcion des peccunes qui furent contribuées, oresme, Eth. 148. Il xvr s. Chascun doibt contribuer à la société publicque les debvoirs et offices qui la touchent, MONT. IV, <5l. Je contribue seulement à cest ouvrage ce que je puis, selon ma petite capacité, LANGUE, 32. Il estoit nécessaire que les particuliers contribuassent argent, selon leurs facuUez, pour souslenir les frais de la guerre, amyot, Publ. 22. Chascun luy contribua demie livre de froment, ID. Cam. 48. Le peuple contribua 800 harquebusiers de garde tantque leur prison dura, d'aub. Ilist.ii, t22.
— ETYH. Provenç. et espagn. contribuir ; ital. contribiiere ; du latin coniribuere, de cum, avec, et tribuere, donner (voy. tribut).
t CONTRlBUTAIRE(l<on-tri-bu-tê-r').|| 1" S. m. Celui qui paye sa part d'un tribut, d'un impôt. || 2°Adj. Oui est relatif ."i une contribution. Part contributaire.
— l-,TYM. Contribuer.
t CONTRIBUTEUR (kon-tri-bu-teur) , s. m. Celui qui contribue.
— ÉTYM. Contribuer.
t CONTRIBUTIF, IVK (kon-tri-bu-tif, ti-v'), adj. Qui a rapport à la contribution.
— lllST.xvi's. Contributif [sujet à contributions], Ord. des ducs de Bretagne, f°228, dans lacurne.
— f.TYM. Contribuer.
CONTRIBUTION {kon-tri-bu-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1" Ce que chacun donne pour sa part dans une charge commune. 11 a donné tant pour sa contribution. || Contribution au sou la livre, au marc la livre, au marc le franc, la répartition de ce qui doit être payé par chacun proportionnellement à une certaine quotité. L'interprétation de la locution est : contribution d'un sou pour une livre, etc. || Terme de pratique. Distribution judiciaire de deniers entre créanciers cliirographaires, par opposition 5 ordre, qui est la distribution de deniers enire créanciers hypothécaires. Il Terme de commerce maritime. Contribution au jet dans la mer, répartition des pertes et dommages quand un navire a élé obligé de jeter à la mer une partie du chargement ou des agrès. || 2° Action de contribuer. Contribution aux charges d'une succes- «ion. Il 3° Impôt. Contributions directes, les impôts directement établis sur les biens ou sur les personnes. Contributions indirectes, les impôts établis sur les objets de consommation ou sur certaines choses d'un besoin éventuel; tels sont les droits d'octroi, les droils sur les boissons, sur le tal)ac, les droits de douane, de timbre, d'enregistrement, etc. Ce qu'on appelle contributions indirectes aujourd'hui était nommé droits réunis sous le régime impérial. Elle» sont ainsi dites parce qu'elles n'astreignent le contribuable qu'indirectement et qu'autant qu'il use des choses, ij Contribution personnelle, contri-
r.oN
bution payée partons les habitants d'une commune, quel que soit leur sexe; elle est fixée sur le prix de troisjournées de travail. || Coulrihutions publiques, nom donné depuis <7uo jusqu'au Directoire au ministère des finances. || 4" Ce qu'on donne à l'ennemi pour se garantir des exécutions militaires. Mettre tout le pays à contribution. Le général Steinbock se fit donner de force plus qu'il n'avait demandé; on exigea même de la ville [Dantzick] une contribution de cent mille écus , par laquelle elle paya son refus imprudent [de donner passage aux Suédois], volt. Charles Xll, 2. || Par extension, mettre à contribulion, faire contribuer. Quand il s'agit de secourir les malheureux, elle met tous ses amis à contribution. Il n'était point d'étang dans tout le voisinage Qu'un cormoran n'eiU mis à contribution, la font. Fab. x, ♦. |{ Fig. Mettre à contribution la curiosité publique. Mettre un auteur à contribution, puiser abondamment dans ses ouvrages. Ecrivains grecs et latins, auteurs anciens et modernes, livres imprimés et m»nuscrits, amis absents et présents, j'ai tout mis à contribution pour faire entrer dans mon ouvrage le plus de beautés et de richesses qu'il m'a été possible, rollin, Traité des Et. liv. v, avertiss.
— HIST. xiv* s. Quiconques ne povoit payer cest trea [tribut] ou escotoucontribucion, OM.sue, Thèse de MEUNIER. Il XVI" s. A l'adventure falloit il l'accord de huict ou de dix sens, et leur contribution, pour l'appercevoir en son essence, mont, ii, 359. Ce moyen, soitqu'ilvinst maintenant par les papes, ou parï'authorité des princes, et qu'on l'appellast croisade ou contribution, seroit pourtant nécessaire pour aider aux potentats à satisfaire aux despeases, langue, 401. Pour persuader un chascun de départir des moyens qu'il avoit pour ceste contribution si nécessaire, ID. 625. En déconfiture, tous créanciers viennent à contribution au sol la livre sur les meubles, I.GYSEL, 685. Lesdettesprivilegiéesnesont tenues veniràcontribution, ainsontdroit de préférence, ID. 688.
— ETVM. Provenç. confrihutio; espagn. contribucion; ital. conlribusinne ; du lalm contributionem , de contribuere , contribuer.
f CONTRIBUTOIRE (kon-tri-bu-toi-r') , adj. Terme d'administration. Qui a rapport à la contribution. Portion contributoire.
— f-TYM. Contribuer.
t CONTRIBUTOIRE.MENT (kon-tri-bv-toi-reman), adv. Terme d'administration. Par forme de contribution.
— ÊTYM. Contributoire, et le suffixe ment.
t CONTRISTANT, ANTE (kon-tri-stan, stan-t'), adj. Qui centriste.
t CONTRISTATION (kon-tri-sta-sion) , s. {. Action de contri«ter.
— HIST. ,xiv« s. Par cette petite contristation,
ORESME, Eth. 132.
— ÉTYM. Conirisler.
CONTRISTÉ, ÉE (kon-tri-sté, stée), part, passé.
Centriste par les malheurs publics. Aussi, à dire vrai, l'âme de Zenon aurait été ébranlée en une pareille rencontre, et celle de M. Mignon contristée et aftligée,. voit, l.ett. 58.
CONTRISTER (kon-tri-sté), «. o. Causer une tristesse profonde. Dans le danger d'être trompée, il vaut mieux que vous le soyez en faisant du bien, que de l'être en conlristant une personne et la mortifiant, BOUBD. Pensées, t. ii, p. 473. Quel bonheur pour vous de fermer enfin les yeux à tous les scandales qui nous contristent, à la vanité qui nous séduit! MASS. ylt). Ilort du pécheur. Tout excite votre zèle, tout conlriste votre piélé, m. Car. Prière, t. Une épouse qu'il a contristée par des passions étrangères, ID. Mort du pécheur. Contristerai-je |)ar des troubles domestiques lesfleux jours d'un père que je vois si content, si charmé du bonheur de sa fille et de son ami? J. i. rouss. Ilél. iv, 1. || Terme de dévotion. Contrister le Saint-Esprit , retomber dans le péché après avoir reçu les grâces du Saint-Esprit. Veillons contre les moindres fautes pour ne jamais contrister le Saint-Esprit, fên. xviii, 427. || Se contrister, V. réfl. Devenir centriste.
— lllST. xii* s. David forment se cuntristad, kar Ii poplos le volt lapider. Hais, 114. ]| xiV s. Il cuident que avec(pies chascun l'en doie estre et converser sans le contrister, oresme, Eth. 130. Nulz d'eulz ne voudroit contrister celui qui l'aime et qui bien Ii fait, m. if>. 253. Leurs amis se contristent et doulentavecqueseulz, id. r/itw de meunier. || xvf s. Seigneur Dieu, fault-il que je me contrisie encores? RAB. Pant. II, 3. Ils ont accoustumé d'esgayer et resjouir ceulx qui les traictent, non les renfrogner et contrister, mont, i, «75. D'un visage morne et
CON
contrisié, m. i, 570. Il faut contrister son ami ea intention de lui profiter, non pas de rompre l'amitié, amvot, Comment discerner U paiteur, 2|. Il s'adressa à un do ses familiers qui faisait le plus de mine de s'en condnuloir et contrister avec lui, i». De la tranquillité d'âme, (6. El si ennuy me veDOil contrister.... marot, ni, 78.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contristar; ital. eontristare; du latin contristare, de cum, et tristit, triste.
CONTRIT, ITE (kon-tri , Iri-t'; le t ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : kon-tri-z et repentants), adj.
I 1° Terme de théologie. Qui est touché du sentimentde ses péchés. Seigneur, ne rejetez pas un cœur contrit et percé de douleur. Psaume 60, dans mcDElet. Us n'ont jamais eu de pensée d'être contrits de leurs péchés, pasc. Prov. 4. || 2° En général, mortifié, chagrin. Il est bien contrit de cette action. U semblait, à me voir, que je fusse aux abois; Fieiibet auprès de Gros-Bois Tient contenance moins contrite, LA font. Poésies mêlées , Lxxi.
— HIST. XII' s. Quant il out lungement esté en oreisun, E jut grant pièce en lermes e en afflicliun. En quer[cœur] contrit, del tut en grant devotiun, Th. le mart. I80. Hespasseiz vos, ki malade estiez; carCriz [le Christ] est venuz,kisainet le contri tdecuer de l'onction de sa miséricorde, ST Bernard, 53). ||xv«s. De cœur contrit, louis xi . Nouv. xiv. || xvi* s. Seigneur, tu ne mespriseras point un cœur contrit et humilié, CALV. Instit. 692.
— ÉTYM. Provenç. contrit; espagn. et ital. con- (ri(o;du latin contridw, de cum, et tritus, proprement broyé (voy. triture).
CONTRITION (kon-tri-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Terme de théologie. Douleur vive et sincère d'avoir ofi'ensé Dieu, laquelle vient moins de la crainte du chAtiment, que d'un sentiment d'amour et de reconnaissance. Faire un acte de contrition. Contrition parfaite, imparfaite. Le concile de Trente définit la contrition, en disant que c'est une douleur et une détestation des péchés commis, jointe à la volonté de n'en plus commettre, bourd. Pensées, t. i, p. 302. La contrition, conçue par la seule crainte des peines de l'enfer, ne suffit pas pour justifier le pécheur dans le sacrement de pénitence, NICOLE, Inslr. sur les sacrements, dans hichelet.
— HIST. XII' s. Tu commoils la terre, e si la conturbas; saine [guéris] les conlriciuns [brisures] de Ii [d'elle], Liber psalm. p. 77. Contriciun e maleOrtetes veies de els [dans leurs voies] , ib.p. 14. ||xv's. Lesquelles processions estoient faites en grande dévotion et contrition de cœur, froiss. ii, m, 3a.
II XVI' s. Ils gergonnent assez de contrition et attrition, calv. Instit. 485.
— ÉTYM. Provenç. contritio, contrixio; espagn co'ifri'ct'on; ital. contrùione/du latin confrid'onem, de contritus. contrit.
I CONTROlaGE (kon-trô-la-j') , f . m. || 1° Terme d administration. Action de contrôler. || 2° Incision annulaire de la vigne.
CONTRÔLE (kon-trô-l'), s. m. \\ 1° Registre double qu'on tient pour la vérification d'un autre. || Au- Irefois, particulièrement, registre double qu'on tenait des expéditions des actes de finances et de justice. It Le droit payé pour le contrôle. Payer le contrôle d'un acte. || Le bureau du contrôle. Aller au contrôle. || Bureau où se tiennent les contrôleurs d'un théâtre. On refusa son billet au contrôle. I| 2° Vérification administrative. Être chargé de l'inspection et du contrôle d'une perception, jj Dans le langage politique et administratif le contrôle est opposé à l'action; c'est un principe que le contrôle et l'action doivent être séparés. || Marque sur les ouvrages d'or et d'argent, faisant foi qu'ils sont au titre et ont payéles droits du fisc. Tous les ouvrages d'orfèvrerie sont soumis au contrôle. || 3° Fig. Examen, censure. C'est du soir au matin un étemel contrôle, REGNARD, Vistr. I, 4. Livrons-nous sans crainte à l'impulsion de l'opin'on publique; loin de le redouter, invoquons sans cesse le contrôle universel, MIRABEAU, Collection, t. I, p. 340. 114'Ktdt nominatif des personnes qui appartiennent à uncorps. Cet officier a été rayé des contrôles de l'armée.
— lllST. XVI' s. On a aussi inventé diverses sortes de mèches; desquelles je trouve le papier arlifficiel la meilleure, pourceque vous retenez un conterolle de mesme papier, qui vous marque l'beur* du coup, d'aub. Ilist. II, 350.
— ETYM. Contraciion pour contre, rôle.
CONTRÔLfi, ÊE (kon-lrô-lé, lée), part passé.
Visé par un contrôle. Registres contriiâs. || Soumis à l'examen , à la censure. La conduite du gouvernement contrôlée par une opposition vi^'ilante.
CON
I CONTRÔÏ.EMKNT (kon-lrô-le-mnn), s. m. Terme (l'administration. Action d'exercer un contrôle.
lîTYM. Contrôler.
CONTkOlER (kon-tro-Ié), v.a. || 1° Porter sur le contrôle. Contrôler des exploits, des actes. || 2° Terme d'administration. Vérifier. Le fonctionnaire cliargé de contrôler le monnayage. || Mettre le contrôle ou la marque sur les ouvrages d'or et d'argent. 1! a fait contrôler sa vaisselh. || Par extension. Tu demeureras [Caton], s'il te plaît, à la porte [des enfers]; tu Contrôleras tous ceux qui se présenteront, fén. xix, 286. Il Contrôler la terre de pipe, la couper par tranches pour voir si la couleur en est égale partout. ||3'Fig. Examiner, censurer. [Ils] tranchent.... De l'esprit délicat, contrôlent un chacun, hégnieh, Sat. X. Et personne en ce monde Ne saurait contrôler sa sagesse profonde, m. Sat. m.... Ces gens.... Qui, vivant au jour la journée, Ne contrôlent leur destinée, ID. Épit. m. ... Ces hrutaux fietîés qui, sans raison ni suite, De leurs femmes en tout contrôlent la conduite, mol. Éc. de; mar. i, o. Car il contrôle tout, ce critiquezélô. — Et toutce qu'il contrôle est fort bien contrôlé, ID. Tart. i, i. Cette superbe puissance, ennemie de la raison, nui .se plaît à la contrôler et à la dominer, pasc. Vendes, part. i, art. 6. Il n'est pas permis de conlrôliT les rois dans ce qu'ils font, Boss. Avtrt. B. On les accoutume à se payer do mots, à contrôler tout ce i[u'on leur dit, à se croire aussi sages que leurs m titres, j. j. Bouss. Ém. II. Il Absolument. Il contrôle sur tout.
— IIIST. XVI' s. Et d'autant qu'ils creveni de vices, ils mettent toute leur sainteté à controlei leur prochain, CALVIN, Inslit. 263. Mourir avant qu'avoir contreroolé l'institution de ses enfants, mont, i, 79. Contrerooller [examiner] les grâces et laçons d'un chascun, id. i, )6«. Scipion luyfeitresponse qu'il ne vouloit point de trésorier qui le contrerollast ainsi, ne qui regardast de si près à. sa despense, amyot, Caton, 7.
— liTYM. Contrôle. Vaugelas dit que Ronsard fut le premier à écrire contrôler, contrôleur, au lieu de contre-roler, contre-roleur.
CONTRÔLEUR, EUSE (kon-trô-Ieur, leû-z'), s. m. et f. Il 1° Fonctionnaire chargé de tenir registre de certaines choses ou de faire une vérification. Contrôleur des douanes, des contributions indirectes, des ouvrages d'or ou d'argent. Le surintendant Emeri créa des charges de contrôleurs de fagots, volt. Lotus XIV, 4. Il Terme d'administration militaire. Contrôleur de manufacture d'armes, préposé qui applique les marques aux pièces d'armes. || Contrôleur de la bouche, nom qu'on donnait au maître d'hôtel dans certaines maisons princières. || 2° Fig. Contrôleur, contrôleuse, celui, celle qui examine, critique les actions d'autrui. C'est un contrôleur perpétuel. Je veux que tout cela soit à moi sans contrôleur, d'ablancourt, Lucien, dans leroux, Dict. comique.
— HiST. XIV* S. Contreroleur, du cange, co7itrarotulator. Homme moult arrogant, malicieux et contreroleur, ID. j7).||xv' s. Point n'auront do contreroolleur; X leur bon seul plaisir en taillent, villon, Gr. testam. Rondeau. Avoit ([uatre cens hommes d'armes payez à la monstre, et n'avoit point de contrerouleur, comm. m, 1. 1| xvi' s. Il fault estre aspre et severe examinateur et contrerolleur de ce qui aura esté dit quant à l'usage et à la vérité, amyoï. Comment il faut ouir, <(. Un tas de gens interprètes et contrerooUeurs ordinaires des desseings de Dieu, faisants estât de trouver les causes de chaque accident, mont, i, 248. X quoy as-tu gaigné chausses et pourpoint, qu'à produire à l'université la contrôleuse, la librairesse, et la femme du chancelier? d'aub. Conf.n, i. Contrôleur, argentier, secrétaire, Maistre d'hostel, embourceurs en toute affaire. Adages fr. dans le roux de lincy, t. ii, p. m.
— ÉTYM. Contrôler; bourguig. controlou.
CONTROUVÉ, ÉE (kon-trou-vé, vée), part, passé.
Un fait controuvé pour perdre un innocent.
t CONTROUVEMENT (kon-trou-ve-man) , s. m. Action de controuver.
— llIST. XII" s. Dune à els sulunc lur cvres et sulunc la felunie de lur cuntruvemenz [mensonges]. Liber psalm. p. 33. || xvi" s. Controuvement et fiction, RGB. ESTIENNË, Dict.
— ÉTYM. Controuver.
CONTROPVER (kon-trou-vé) , V. O. Inventer une chose fausse. On no peut se tirer d'affaire qu'en leur conlrouvant des intentions basses, j. j. rouss. Ém. IV. Celui qui controuve des rapports imaginaires qui n'ont ni réalité ni apparence est un fou, id. ib. m. Il me controuva je uc sais quelle histoire qui me
CON
fit juger que sa présence était nécessaire dnns son pays, ID. Confess. xn. Minutolo.... Comme en passant mit dessus le tapis.... Certain mari, certaines amourettes Qu'il controuva, sans personne nommer, LA FONT. Itich.
— - iilST. xiii* s. N'i controverez ja mançonge. Ne vaine parole, ne songe, lien. 043. Ne porquant se vous seûssiés Aucun art dont vous peUssiés Controver aucune manière Du chastel prendre plus legiera, la Ilose, 79(9. Car ainsinc le dist Athalus, Qui des eschez controva [inventa] l'us, ib. 07)6. Ensi corne chascun est plus sage et plus soulil et meillor plaideor que l'autre, en contreuve il plus, Ass. de J. 57. Ne dites pas que je contruis, Ains sachiez bien, en vérité. C'est droiz escriz d'auctorité, ruteb. ii, 2)9. Que vous iroie-je conlrouvant? lo. 209. Ces septaines que j'ai nommées. Ne sont pas fables controuvées De Blanchefleur ne d'Esglantine, j. de MEUNG, ÎV. )46. Il XIV' s. Il controuve et pense comment il pourra dire chose par quoy il pourra nuire et grever cellui de qui il parle, SIénagier, i, 3. Il XV* s. Ils adjousterent plus grande foy aux medisans envieux, qui faulscment l'accusoient de choses controuvées , que ils ne regardèrent aux grands biens que il leur avoit faits, Ilist. de Bouciq. ni, ch. 13. Il XVI* s. Pour distinguer les loix naturelles des controuvées [inventées], il fault recourir à la générale police du monde, mont, i, 2BS. Ils controuvent aux actions généreuses des occasions et des causes vaines, id. i, 2G4. Fables monstrueuses que les poètes ont controuvées, amyot, Thésée, l. Stesimbrotus osa bien reprocher à Pericles un crime détestable controuvé faulsement, id. Féric. 30.
— ÈTY.M. Con, et trouver; ilal. controtare.
t CONTROUVEUR (kon-trou-veur) , s. m. Celui qui controuvé, qui forge des mensonges.
— niST. xvi° s. Controuveur, coigrave.
— ÉTYM. Controuver.
f CONTROVERSABLE (kon-tro-vèr-sa-bl') , adj. Qui est susceptible de controverse. Opinions controversables.
— ÉTYM. Controverser.
CONTROVERSE (kon-tro-vèr-s*) , s. f. || 1° Dispute en règle sur une question, une opinion religieuse ou philosophique. Plusieurs questions qui sont en controverse entre les doctes, desc. ilélh. b. Les controverses théologiques qui troublent souvent l'Église et l'État, d'alemb. Éloges, Abbé de St-Pierre. La patrie de Despréaux sera quelque jour l'objet d'une importante controverse d'érudition, m. Éloges, Despréaux. Il 2° En un sens plus étroit, dispute qui se fait entre les catholiques et les protestants sur des points de foi. Matières de controversé. Studier la controverse. Nous lisons des livres de controverse, sÉv. 467. En l'instruisant sur la controverse, on lui donna des doutes qu'il n'avait pas, j. j. houss. Ém. IV. Il Prêcher la controverse, traiter en chaire des questions de controverse.
— IlIST. xiv s. Et disoit que toutes choses sont faites par la controvorsie des elomens du monde, ORESME, Eth. 230. Il XV' S. Et à l'assiete des seigneurs y eut aucunes controverses et dissentions entre le duo d'Anjou et le duc de Bourgogne, JU- VEN. t380. Il xvi' s. C'est en ces points que gist nostre controversie, calv. Inslit. Dédie. Quant au nombre des préceptes, il n'y a nul doute, d'autant que le seigneur en a osté toute controversie par sa parole, ID. ib. 279. S'il y a quelque loy vrayement naturelle, c'est à dire quelque instinct qui se veoye universellement et perpétuellement empreint aux bestes et en nous, ce qui n'est pas sans controverse....
mont. II, C9.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. controversia; du latin controversia, formé lui-même de contra, contre, et versum, littéralement tourné contre, en quoi consiste la controverse.
CONTROVERSÉ, ÉE (kon-tro-vèr-sé, sée), part, passé. Qui est en controverse , débattu de part et d'autre. Point controversé parmi les docteurs.
— HIST. XVI» s. Des livres touchant les matières controversées, d'aub. dans le Dict. de dochez. || On disoit aussi controverse : Il ne se veoid aulcune proposition qui ne soit débattue et controverse entre nous, mont. II, 319.
t CONTROVERSER (kon-tro-vèr-sé), «. a. Discuter quelque question dans une controverse. || Absolument. On controversa longtemps. || Se controverser, V. réjl. Être l'objet d'une controverse. Ces questions peuvent se controverser. || Néologisme d'autant plus acceptable que controversé est en plein usage.
— ÉTYM. Controverse.
CONTROVERSISTE (koG -tro-vèr-si-st'), s. m.
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Celui qui Irai te des mal irres de controverse religieuse. Parce, dit ce grand controversiste, qu'il ne croit donc pas le sacrifice de la messe, pasc. l'rov. <e. Entre deux controversistes, celui qui aura tort so fAchera, dider. Pens. phil. )B. Bossuet et Ferry, qui étaient amis avant leur dispute, continuèrent de l'être après avoir écrit l'un contre l'autre; rare et digne exemple à offrir aux controversistes de toutes 'es religions, d'alemb. Éloges, Bossuet. Bossuet, leplm grand controversiste de l'Église romaine, a eu quelquefois le tort de l'être en chaire, marmonï. ÉUn de littér. t. vi, p. 39, dans pougens.
— ÉTYM. Controverse.
t CONTCMACIAL, ALE (kon-tu-ma-si-al, a-l'), adj. Terme de droit. Qui se fait par contumace. Procédure contumaciale.
4. CONTUMACE (kon-tu-ma-s*), s. f. Terme da droit criminel. Non-comparution d'un prévenu devant le tribunal où il est déféré. Juger, condamner par contumace. Purger sa contumace, se présenter et se faire juger. Quand un homme était cité en jugement et qu'il ne se présentait point ou n'obéissait point aux ordonnances des juges, il était appelé devant le roi, et, s'il persistait dans sa contumace, il était rais hors de la protection du roi, montesq. Esp. xxxi, 8. Il En matière correctionnelle, on dit défaut. || Par extension, révolte.' L'esprit de contumace est dans cette famille, rac. Plaid, n, 6.
— HIST. XVI' s. Si nous faisons rien contre son précepte, ce n'est pas obéissance, mais plustost contumace et transgression, calv. Inslit. (49. Il monstre la contumace de nostre cœur, en ce que naturellement il le confesse estre rebelle contre Dieu et sa loy, sinon qu'il soit (leschi au contraire, id. ib. 210. ....qu'il plaist à Dieu que nous honorions ceux auxquels il a donné quelque prééminence; et que contemnement et contumace à l'encontre d'iceux lui est en abomination, id. ib. 277. On ne prend point sur moi défaut Ni contumace, X pleine tasse Quand boire faut, j. le houx, vu. Qu'il falloit que Martius vint respondre, si, ayant esté appelle en justice de par eulx , il n'avoit pas par contumace désobéi , amyot. Cor. 35. L'appertion [ouverture d'un abcès] est quelquefois nécessaire, h raison de la contumace de l'humeur qui n'obéit tousjours aux résolutifs, paré, VI, (6.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. contumacia; du latin contumacia (voy. contumax).
2. CONTUMACE (kon-tu-ma-s'), s. m. et f. Un contumace, une contumace, homme, femme qui est en contumace. || Spécialement, celui qui, mis en accusation, ne se présente pas. En matière correctionnelle on dit défaillant.
— HIST. Les chevaulx mignots et rebelles sont modérés par le frein, et les chiens contumaces sont liés et retenus au collier, Ane. trad. des Politiques d'Arist. dans baynouahd, contumax. Loy de Moyse qui veut que la seule plainte du père faite devant le juge, sans autre cognoissance de cause, le fils rebelle et contumax soit lapidé, ch.irron, Sagesse,
p. 4 89, dans LACUHNE.
— ÉTYM. Voy. CONTUMAX.
CONTUMACE, ÉE (kon-tu-ma-sé, sée), part, passé. Les preuves contre tous ces gens-là [conspirateurs en Lorraine] se trouvèrent complètes; ils furent contumaces et sentenciés, st-sim. 24«, 25.
CONTUMACER (kon-tu-ma-sé), v. a. Terme da droit. Poursuivre, juger par contumace. Il s'est laissé contumacer. || Peu usité.
— niST. XVI* s. Plusieurs saffraniers, endebtez, criminels , contumacez , vous suivirent , Saiyr. Kén. p. ( 27.
— ÉTYM. Contumax.
CONTUMAX (kon-lu-maks), adj. || 1* Terme de droit criminel. Qui fait défaut. Un accusé contumax. Elle a été déclarée contumax. || Substantivement. Quelques jurisconsultes, à la vérité, ont assuré que le contumax ne devait pas être condamné si le crime n'était pas clairement prouvé, volt. Louis XY, 42. Il Onneditplusaujourd'huiquocontumace. (voy. contumace 2). Il 2' Terme de droit ecclésiastique. Celui qui refuse d'obéir aux ordonnances de l'Église, malgré les monitions et la menace de censure.
— HIST. XVI' s. Par le droit ancien de la France, le contumax perdoit sa cause bonne ou mauvaise, civile ou criminelle; aujourd'hui il faut justifier sa demande, loysel, 87 (. Us vous le peignent homme contumax, rébarbatif, reculant à toute raison, m. du
— ÉTYM. Provenç. et espagn. conlumai; ital. contumace; du latin contumax, proprement orgueilleux, denim, a\.lumere, être gonflé d'orgueil (voy. tumeurJ.
CON
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CONTUS, USE (kon-tu, tu-z'), crf/. Tenue do chirurgie. Oui a éprouvé une conlusion. Une partie contuse. || Plaie contuse, solution de continuité des parties molles compliquée avec la contusion.
— IIIST. XVI' s. Une racine do grande esclaire, cuite et contuse [pilée] , o. de serres, 9\o.
— ËTYM. Lat. contusus, part, passé de contundere
(voy. CONTONnRE).
t CONTUSIF, IVE (kon-tu-zif, zi-v'), adj. Terme de médecine. Qui produit une contusion, un sentiment de contusion. Action contusive. Douleur contusive.
— lîTYM. Voy. CONTUS.
CONTUSION (kon-tu-zion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Lésion produite dans les tissus vivants par le choc des corps durs et mousses sans solution de continuité à la peau. Soyez aise qu'il ait eu une légère contusion à la cuisse, SÉV. 48t. Ami, si de ces lieux tune veux disparaître. Tu pourras y gagner quelque contusion, mol. Àmph. in, 2. Un laquais se fit une légère contusion à la tûte, J. J. ROL'ss. lléL V, 9. Mon élève aura souvent des contusions, iD. Ém. n. Il 2° Terme de pharmacie. Action decontondre, c'est-à-dire de broyer dans un mortier avec le pilon.
— IU8T. XVI' s. Une playe avec grande contusion et fracture de l'os et inflammation, paré, Introd. 27. Los playes faites de choses lourdes, pesantes, obtuses ou mouces, sont dites contusions ou playes confuses et meurtries, ID. vu, 2.
— ÉTY.M. Lat. contusio (voy. contus).
t CONTUSIONNER (kon-tu-zio-né) , V. a. Faire des contusions. Chute qui le contusionna. Il se releva tout contusionné. Il s'est contusionné la jambe. Il Néologisme correct, puisque le mot est fait comme passionner de passion, impressionner d'impression.
— lîTYM. Contusion.
CONVAINCANT, ANTE (kon-vin-kan, kan-t'), adj. Qui porte conviction. La preuve est convaincante et l'exemple suffit, corn. Tite et Dén'n. ni, 2. Quand on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge, PASC. Prov. xii. Idée qui m'est évidente ou qui me donne un sentiment convaincant de sa vérité, boul- LAiNviLLiEHS, Jléfut. de Spinosa , p. 230. La lettre pathétique et convaincante que vous nous avez envoyée, VOLT. Lettres, Damilaville, 19 sept. 1700. Il Substantivement. Tes judicieuses lumières Répandent au gré des matières L'agréable et le convaincant, DESFONTAINES.
CONVAINCRE (kon-vin-kr') , je convaincs, tu convaincs, il convainc, nous convainquons, vous convainquez, ils convainquent; je convainquais; je convainquis; je conTaincrai ; jo convaincrais; convaincs, convainquons ; que je convainque, que nous convainquions; que je convainquisse; convaincant; convaincu, v. a. || 1° Forcer quoiqu'un par des raisons à reconnaître que.... Convaincre quelqu'un de quelque chose. J'ai fait ce que j'ai pu pour le convaincre. Cela doit suffire pour vous convaincre que je n'ai pas voulu mal faire. Se laisser convaincre à l'évidence. On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même; car la conviction réelle est la suite de l'évidence, d'alemb. ilél. IHlér. OEuvres, t. m, p. 24i, dans pougens. Lieu sombre, lieu désert, qui dérobez le sage Au luxe des cités, à la pompe des cours. Où, quand la raison parle, elle convainc toujours, bernis, llelig. vengée, v. || Par extension. Je puis convaincre enfin sa haine d'impuissance, RAC. Àthal. m, 3. Tout ce qui convaincra leurs perfides amours, m. JBaj. iv, 3. || 2° Prouver coupable de. On le convainquit d'avoir entretenu des intelligences avec l'ennemi Deux
(assassins] s'y sont découverts que j'amène avec moi. Afin de la convaincre et détromper le roi, corn. Nicom. i, <. J'ai dessein de vous convaincre d'être hérétique, sÉv. 44). Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? boss. llist. ii, H. Et ce fatal amour dont j'avaistriomphé.... Vos détours l'ont surpris et m'en ont convaincue, rac. llitJir. iv, 4. Il 3° Faire entrer dans l'esprit une opinion. Il l'exhorte, il le redresse, il le convainc, fléch. ii, 30. El'e [la moquerie] le convainc [l'homme] de la plus mauvaise disposition où l'on puisse être pour lui, la BHur. IX. Détournez-la, mon fils, d'un choix injurieux; Juge sans intérêt, vous la convaincrez mieux, BAC. Mitlir. II, 6. Tout ce qui s'est passé ne le convainc point absolument, baron. Homme à bonnes fortunes, v, 4.||4°Se convaincre, t). rt/!. Devenir convaincu. Se convaincre par l'expérience, par ses propres yeux. Chacun reconnaît dans ses discours I do saint Thomas d'Aquin] la foi de ses pères et s'en
convainc do plus en plus, mass. Panèg. Saint Thomas. 11 savait que, pour persévérer dans l'amour du bien, il faut souvent se convaincre de nouveau des vérités dont on est convaincu, barthél. Anac. ch. 67. Il Se rendre convaincus l'un l'autre. Ils se sont convaincus l'un l'autre de la loyauté de leurs intentions,
— SYN. CONVAINCRE, PERSUADER. La conviction tient plus à l'esprit, la persuasion tient plus au cœur. La conviction suppose des preuves, la persuasion n'en suppose pas toujours. Persuader se prend toujours en bonne part, convaincre se prend quelquefois en mauvaise part : Je suis convaincu de sa haine. On persuade à quelqu'un de faire une chose, on le convainc de l'avoir faite; dans ce sens convaincre ne se prend qu'en mauvaise part, d'alembert.
— HIST. XII' s. E quant Menelaus vit que hom le convenquoit, si promist à Tolome grant avoir, Machab. ii, 4. Mais se de felunie fust nuls huem convencuz. Th. le mart. 99. |1 xiii' s. Quiconques borgois ochie [tue] à essient autre bourgois, il perdera kief pour kief [tête], s'il a esté convencus par eschevins, tajlliar, Recueil, p. 30. || xv° s. 11 ne se meut, ains demeure en son sens et en son hardement, très affecté de soy delTendre tellement qu'il convainquit [vainquit] ses ennemis, Perceforcst, t. V, f" <B. Il XVI' s. S'ils le nient, leur impieté sera desjà assez conveincue, calv. Instit. 93. Cinna est convaincu, pardonne luy, mont, i, <29. 11 n'est si petit escholier qui ne le convainque [à tort] de mensonge, id. i, 203. Il chastioit ceulx quiestoient convaincus do hanter.... id. i, 274. Caton s'advisa que les tables où s'escri voient les voix, estoient toutes esorittes d'une main, et par ce moyen ayant convaincu la faulsoté.... amyot, C. d'Utique, 02. 11 le tira à la cour des areopagites, et li le convainquit d'avoir promis à Philippus de brusler l'arcenal d'Athènes, ID. Démosth. 2t.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. convencer; ital. convincere; du latin convincere, de cum, et vincere, vaincre (voy. ce mot).
CONVAINCU, UE (kon-vin-ku, kue), part, passé de convaincre. || 1° Qui a la croyance que. Je suis convaincu qu'il l'a fait à bonne intention. Peutêtre convaincu de votre aversion. Il va donner un chef à la sédition, bac. Phèd. i, 5. Seigneur, vous ne pouvez refuser de l'entendre; Quoique trop convaincu do son inimitié, Vous devez à ses pleurs quelque ombre de pitié, RAC.P/ièd. ii, 3. || 2' Qui marque la conviction. Parler d'un ton convaincu. Il 3" Reconnu coupable. Mais des crimes pour vous commis à votre vue Et dont jo ne serais que trop tôt convaincue.... rac Brit. iv, 2. Cette dame, la personne du royaume la plus convaincue de factions et d'intrigues, betz, t. ii, liv. m, p. Bl , dans pou- GENS. Il Atteint et convaincu, formule par laquelle on déclare un accusé coupable. || Fig. Une doctrine convaincue d'erreur.
CONVALESCENCE (kon-va-lè-ssan-s') , s. f. Période de transition entre la maladie qui n'existe plus et le retour parfait de la santé. Entier en convalescence. La convalescence fut pénible. Oui, je vais à madame annoncer par avance La part que vous prenez l'fsa convalescence, mol. Tart. I, 5. Sans doute que le dieu qui nous rend l'existence, X l'heureuse convalescence Pour de nouveaux plaisirs donne de nouveaux sens, ghesset, A sa sœur, ô jours de la convalescence. Jours d'une pure volupté! C'est une nouvelle naissance. Un rayon d'immortalité, m. ib. Ù que l'âme jouit dans la convalescence 1 Je ne pouvais rie.n voir avec indifférence, st-lambert. Saisons, I. L'on sort de l'hôpital guéri d'une infirmité; mais on en remporte une autre ; les convalescences y sont longues, hkyh al, H ist. phil. xii, <l.|| Terme d'administration militaire. Exemption temporaire de service journalier, pour raison de santé. On dit en ce sens : aller, partir en convalescence.
— HIST. XV s. Le duc d'Orléans fut malade à Montargis, lequel venu h convalescence.... viriville, Geste des nobles, p. H3. || xvi' s. Et, par ce moyen, feut guary, et reduyct à sa première convalescence, RAB. Pant. II, 23. Comme personne saulvée de longue et forte maladie, et venant à convalescence, les fault choyer, restaurer, id. ib. m, i. S'il y a convalescence , c'est une convalescence maleficiée,
— ÉTYM. Provenç. eonvalescencia ; espagn. convalecencia ; ital. convalescensa; du latin contalescentia, de convalescens (voy. convalescent).
CONVALESCENT, ENTE (kon-va-lè-ssan, ssan-l"), adj. Qui relève de maladie. Etre convalescent. || Substantivement. Les convalescents. Une convalescente. Le convalescent sacrifie tout à l'intérêt de la sauté, BOURD. Penséef, t. i, p. 392.
— ÉTYM. Lat. convalescens , ji3Tt. présent de eonralescere, prendre des forces, de cum, et xalescere, devenir fort (voy. valide).
t CONVALLAIRE (kon-val-lô-r") , s. f. Terme de botanique. Convallaire de mai, dite aussi muguet, lis de mai cl lis des vallées.
t CONVASSAL (kon-va-sal), t. m. Terme de droit féodal. Celui qui est vassal avec. Les convassaux.
— lllST. XVI' s. Les compagnons ou convassaux tenans fiefs du dit seigneur, Coiut. génér. t. i, p. 660.
— ÊTY5I. Con.... préfixe, et vassal.
CONVENABLE (kon-ve-na-bl') , adj. || 1° Qui convient. II a fait un mariage convenable. 11 faut en tout choisir le moment convenable. Cela, pour le moment, ne serait pas convenable. J'ai jugé convenable de le faire. Qu'y a-t-il de plus convenable à la puissance que de secourir la vertu? BOSS. Reine d'Anglet. Ils n'avaient pas encore mis tout l'ordre convenable à leurs affaires, maucboix, Schisme, liv. I, dans riciielet. Épargnez-vous le blâme D'un coup peu convenable à la main d'une femme, ro- TROU, Relis, m, B. Il Une tenue, une mise convenable, tenue, mise décente. || Une personne convenable, celle qui a de bonnes manières. J'ai renoncé à le voir parce qu'il n'était pas convenable. Soyez convenable. || 11 est convenable que..., avec le subjonctif. Il est convenable que vous fassiez cette visite. Il Substantivement. Le convenable, ce qui convient. Obéir aux règles du convenable. || 2° Conforme, proportionné. Faire une dépense convenable à sa fortune. Obligés à une restitution convenable à leur négligence, fléch. Serin, ii, 271.
— HIST. xni' S. Tu dones la viende en tens convenable, Psautier, f° <7b. Mètre boines femes begines en celui hospital, et ester celés ki covenables n'i seroient, tailliar. Recueil, p. <B5. Or est-il voirs sans point de fable. Bien est ceste mort convenable-Â la vie que tu menoies. Quant l'ame avec ce cors avoies, la Rose, <04I8. Li mariage mal convenable, BEAUM. XV, 3). Aucunes cozes lesquelles sont convenables au commun pueple soustenir, BEAUM. xi.ix. Se la persone est convenable, Liv. de just. 30. Il xiV s. Il n'est pas convenable que \ine meisme persone soit des biens communs et enrichie et honorée, oresme, E(/i. 207. || xv s. Philippe d'Artevelle assez convenable et gracieux homme, froiss. Il, II, toi. Moult convegnable en est l'usance, id. Espinctie amour. \\ xvi' s. Il fault que les licts soient proportionnez à la maison, les vcstements aux licts, et tout le reste des meubles et de la manière de vivre convenable et correspondante aux vestemens, AMYOT, Ltjc. 23. Il estimoit estre convenable que la mort me.sme des grands personnages portas! quelque fruict à la chose publique, id. ib. 61. Ainsi eut il à sa mort honneur convenable à la vertu de sa vie, ID. Fab. B4. Quand Mahomet promet aux siens un paradis tapissé.... je veois bien que ce sont des mocqueurs qui se plient h nostre bestise pour nous emmieller et attirer par ces opinions et espérances convenables â nostre mortel appétit, mont, ii, 252.
— ÉTYM. Convenir; provenç. convenable, convenhable ; portug. convinhavel.
CONVENARLEMENT (kon-ve-na-ble-man), adv.
Il l' D'une manière convenable. On ne m'a pas traité convenablement. Il a répondu convenablement. Il vit convenablement à son état. Dès là que tout le monde est fait par raison, tout s'y doit faire convenablement; car le propre d'une cause intelligente, est de mettre de la convenance et de l'ordre dans tous ses ouvrages, BOSS. Conn. v, 2. || 2° Conformément. J'agirai convenablement à vos vues.
— uiST. XII' s. Et ceu si avint molt convenaulement, et molt saigement l'ordinat li sapience, st- BERN. B27. Ilxiii* s. Qui vcut ester enfansde se [sa] garde, il doit lor doner convenablement ou osier les el tans qu'on voit qu'il n'i a point de malice, beaum. XXI, 20. Ilxiv s. Et yleuc peust l'en traitier convenablement avec le peuple, bercueure, T'B?, verso Le second article dit que à l'aler en ville ou au moustier, vous accompaigniez convenablement selon vostre estât, Ménagier. 1, 2. || xvT s. Ce pendant le jugement de la raison trouve et le moyen et la mesure de faire la punition convenablement, amtot, Comm. refrén. la colère, 27.
— ÉTYM. Convenable, el le suffixe ment; provenç. comeniablament.
CONVENANTE (kon-ve-nan-s'), i. ^. || 1" Rapport, conformité. Je vous défie, mes pères, d'y trouver ni la moindre apparence d'ambiguïté ni la moindre convenance avec les sentiments de Genève, PAsc. iProi'. (6. Quelle convenance y eut-il entre l'olTrande et celui qui la recevait? eooEiu, Priera, dans
CON
wciiELET. C'est autre chose de faire tout convenablement fcoinme les animaux] , autre chose de connaître la convenance [comme l'homme], iioss. Conn. V 2. Tout a ses convenances et ses rapports dans la' nature, ciiatkai;b. 6>ntc, l, v, O. || Mariage de convenance, mariage où les conjoints se conviennent par rapport à la fortune et à la position. Toutes les convenances qui font les grands mariages s'accordaient avec ce penchant mutuel, mahmont. Contes moraux, Deux infurt. 112° Qualité de ce qui est convenable. Convenance et clarté, voilà les deux principales qualités de l'élocution , habtiiél. Anach. ch. bi.WAujilur. Bienséance. Observer, respecter, braver, violer les convenances. Que signifie ce sacrifice des convenances de la nature aux convenances de l'opinion? J. J. nouss. Uéi. il, 2. Le ton d'un homme qui possède au plus haut degré le don de plaire et le sentiment exquis des convenances , BARTHÉL. Anach. ch. 61. Il On dit aussi au singulier: Il a été d'une convenance parfaite. || Raisons de convenance, motifs de pure bienséance. Des raisons de convenance m'ont forcé d'agir ainsi. || Dans le langage didactique, raisons de convenance, raisons plausibles, mais qui ne sont pas démonstratives. Peu usité maintenant en ce sens. || Convenances oratoires, juste rapport entre le style d'un auteur, le langage d'un orateur, et le sujet qu'il traite, ainsi qu'entre les circonstances, le temps, les lieux, les mœurs, les personnes. || 3" Commodité particulière. Avoir une chose à sa convenance. Payer la convenance. Le caprice, les convenances arrangent et dérangent tout, MARMONT. Cnnles moraux, Scrup.
— IllST. xm«s. Il s'agenoiUa tout plorant, et leur jura seur sains que il à bonne foi tenroit les convenances [conventions], villeii. xix. Li noms de convenance est gênerais à touz les marchiez eu quoi les parties se consentent, Digeste, f°26. Ci define li capitres de compaignie qui se fet par coustume ou par convenance, beaum. xxi, 35. 1| xv« s. Et s'allièrent par certaines convenances, que, si l'un des trois pays avoit à faire contre qui que ce soit, les deux autres le dévoient aider, froiss. i, i, 125. Mieux vault courtoisie de gré que ne fait convenance [convention, obligation], Perceforest, t. v, f° 32. Il xvrs. Il les rémunère des bene<lictions, lesquelles estoyent deuës à l'observation entière de sa loy, par la convenance [convention] qu'il avoit faite, calv. Instil. 633. Convenances vainquent loi, loysel, 3og. Tout estant commun entre eux, et leur convenance n'estant qu'une ame en deux corps, selon la très propre définition d'Aristote, mont, i, 216. 11 l'avoit faict entrer en la ville pour exécuter les convenances de la reddition accordée, ID. m, 292. En cecy y a il une générale convenance entre tous les philosophes de toutes sectes, que.... id. ii, 2118. Us les appointèrent par convenance que les Rhodiens demoureroierit alliez avec Antigonus etDemetrius envers tous et contre tous, fors seulement contre PtolemiEus, AMYOT, Déméir. 27.
— ÈTYM. lierry, convenance, convention; provenç. conveniencia, conveniensa, convinensa, covinensa; espagn. convenie/icia ; du latin convenientia , de conteniens, part, présent de convcnire (voy. convenir). Convenance dans l'ancienne langue signifiait ce dont on est convenu, convention.
< . CONVKNANT , ANÏE (kon-ve-nan, nan-t'), adj. Qui convient. Il prononça des paroles convenantes. Il faut.... Juger comme au sujet l'esprit est convenant, riîgnier, Sat. i.
— lllST. xm* s. Et se poés à ce venir Que li leus ["lieu] soit si convenans Que n'i doutés les sorvenans, la llose, 7709. || xiv" s. Se delettacion est repleccion de chose qui est conveniente selonc nature, il avient que le corps en quoi est faite ceste repleccion se delette, oresme, Eth. 299. || xvi* s. Qu'avons nous en ce monde tant apte à nature et si convenant à toutes fortunes bonnes ou mauvaises que l'amitié? l'Amant ressuscité, p. <69, dans lacurne.
t 2. CONVENANT (kon-ve-nan) , s. m. || 1° Convention faite. Caliste eut liberté, selon le convenant, LA FONT. Coupe. Il 11 a vieilli. {| 2" Convenant ou covenant. Voy. ce dernier mot.
— HlST. xii* s. Voire, ce dit Lamberz, par itel covenant, Jà n'en reviendra piez [homme] se nous estions cent, Sax. xxi. || xni" s. Frère, vous avez bien oï mon convenant [mes intentions], aldefr. LE BAST. Itomancero, p. 33. Mauvesement tindrent convenant à leur seigneur et à tous les autres, VILLEH. xxxi. Et te veil si à moi lier. Que tu ne me puisses nier Ne promesse, ne covenant, la Hose, i 983. Neis [rnême] aux Sarrazins nevoult il pas mentir de ce que il leur avoit en convenant, joinv. <»3. l|xv*s. Quand les seigneurs d'Angleterre virent le convenant
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des Escots, ils firent toutes leurs gens traire à pied, FROISS. 1, I, 4). Environ vingt six chevaliers et escuyers y furent morts en bon convenant, id. i, i, 70. Cette première journée passa sans aucun certain accord, chacun s'en ralla en son lieu, sur convenant de revenir, m. 1, 1, 444. Les barons gascons eurent en convenant au duc d'Anjou par leur foi et sur leurs honneurs que ils demeureroient bons François à tousjours mais, id. 11, 11, 8. ||xvi* s. Us arresterent que Pompeius auroit la Sicile et la Sardaigne, par tel convenant qu'il nettoyeroit la mer de tous coursaires, amyot, Anton. 39.
— ÉTYM. Convenant t .
CONVENIR (kon-ve-nir), je conviens, nous convenons, vous convenez, ils conviennent; je convenais; je convins, nous convînmes; je conviendrai; je conviendrais; conviens, convenons; que je convienne, que nous convenions, que vous conveniez, qu'ils conviennent; que je convinsse; convenant; convenu, v. n. \\ 1° Conjugué avec l'auxiliaire être. Reconnaître la vérité de. Vous convenez là-dessus des devoirs que la religion impose, mass. Car. Pardon. Nous sommes convenus que dans un tel dessein Un soupçon bien souvent doit passer pour certain, lafosse, Manliut, m, 6. Ils [les Français] avouent de bon cœur que les autres peuples sont plus sages, pourvu que l'on convienne qu'ils sont mieux vêtus, MONTESQ. Lett. pers. <00. || Convenir, dans une phrase affirmative, construit avec que, veut l'indicatif: Il convient que cela est. Dans une phrase négative ou interrogative, il veut le subjonctif : Convient-il que cela soit? il n'est pas convenu que cela fût. Jamais un Anglais ne conviendra que son gouvernement ne soit jias le plus parfait que les hommes aient imaginé, condillac, Eludes hist. part, m, ch. 4. Il 2° S'accorder. Je pense convenir avec tous les théologiens, cesc. liep. 2. Si la religion était une pure imagination, tous les hommes, d'un consentement si unanime, ne seraient pas convenus à se la former, bourd. Pensées, t. i, p. 266. Tous les instituts [monastiques], quelque difl'érents qu'ils soient d'ailleurs, conviennent en ce point qu'il y ait à la tête de chaque société régulière une puissance qui préside, ID. ib. t. Il, p. 459. On ne convient pas de l'année où il vint au monde, lioss. Hist. i, 10. Des témoins qui conviennent sans s'être entendus, in. «6. II, 13. Ees hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme, la bruy. m. C'est une opinion sur laquelle tout le monde convient assez que Socrate est le premier qui ait ramené la philosophie à ce qui touche les devoirs de la vie commune, fi-.n. Socrate. Les historiens de tous les ])ays conviennent tous à nous montrer que les différents peuples'sôhl "descendus de difl'érents enfants d'un même père, id. xxii, 354. Ils conviennent tous en ce point et veulent tous être immortels, MASS. Car. Avenir. Faites convenir, si vous le pouvez, tous les hommes sur votre sujet, id. Car. liesp.hum. L'empereur [Justinien] ne convenait pas avec l'impératrice sur les points les plus essentiels, MONTESQ. liom. 20. ]| 3° S'entendre sur une chose. Il sont convenus de se trouver en tel lieu, de faire telle cliose. Convenir du prix de quelque cliose. Convenons de nos faits avant que de rien rendre, REGNARD, Légat. V, 4. Comme il ne s'agit ici que de convenir des termes, afin de pouvoir se faire entendre , boullainvilliers , Uéfutalion de Spinoza , p. 200. Il Avec que il faut le subjonctif ou le conditionnel : Us convinrent que cela fut fait, ou serait fait au plus tôt. Il 4° En parlant des choses, être conforme. Il a été libre de nommer ces deux choses de même; mais il ne le sera pas de les faire convenir de nature aussi bien que de nom, pasc. Pens. i, art. 2. Votre :lge, monsieur, ne convient pas avec celui de ma fille, IIAUTEROCIIE , Crispin médecin, l, 3. Les temps et les autres marques ne convenaient pas, Boss. hist. II, U). Les temps conviennent, et tout se rapporte autant qu'on le pouvait espérer dans une antiquité si reculée, id. ib. i, i. Il faudrait bien que vous vous accoutumassiez à voir des exceptions dans les meilleurs systèmes; il y a toujours quelque chose qui y convient le plus juste du monde, et puis quelque chose aussi qu'on y fait convenir comme on peut, FONTEN. I, 121. On est obligé de les mettre [des pièces] les unes sur les autres po'.ir voir d'une manière plus sûre que par la vue si elles conviennent en grandeur, maleur. Itecli. i, 6. || 6" Conjugué avec l'auxiliaire atoir; être propre, convenable à. C'est un parti qui convient à votre fille. Ce projet ne lui a pas convenu. Des mœurs si rudes 1 et si grossières convenaient à la république qui se formait, si-évremont, Génie du peuple romain, ch. 2, dans richelet. Ces festons dans vos mains et
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ces fleurs sur vos têtes Autrefois convenaient à nos pompeuses fêtes, rac. Ath. i, 3. Du moins ce désespoir convient à mon malheur, id. ilithr. m, i. La bonté convient mal à ton autorité, volt. Mort de Ces. 1,4. Il En logique. L'attribut convient au sujet. Il 6° Plaire, être accepté. Un homme habile sent s'il convient ou s'il ennuie, la iiruy. v. Il Se convenir, se plaire réciproquement. Ces deux hommes ne sauraient se convenir. Nos humeurs se sont convenu parfaitement. Ces dames ne se sont pas convenu. Nous nous serions convenu, si nous avions pu nous voir plus librement. Est-ce qu'il faut se convenir pour s'épouser? du fbény, Double veuvage, I, 1. II?" Être à la convenance. Cette place lui aurait bien convenu. Cette maison m'a convenu. Ce domestique ne me convient pas. |{ 8° Être convenable, expédient. On délibéra sur ce qu'il aurait convenu de faire dans une telle occurrence. U ne vous convient pas de tenir un tel langage. J'ai coiçmandé qu'on porte à votre père Les faibles dons qu'il convient de vous faire, volt, le Droit du seigneur, 111,6. Il Impersonnellement, il convient, avec de et l'infinitif. U ne convient qu'aux enfants de pleurer et de jeter tous leurs hochets quand on leur en ôte un seul, barthél. Anach. ch. 32. || Avec que et le subjonctif. U convient que l'impôt soit payé par celui qui emploie la chose taxée plutôt que par celui qui la vend, j.J. Rouss. Économie polit.
— HIST. Xi" s. Dient Franceis: il nous i cuvent garde, Ch. de Hol. xiii.
— XII" s. Que à l'e.spée nel convegne à paier [il ne faille lejiayer], Ilonc. p. 34. Sus en l'antgarde [il] vos couvent à monter, Honc. p. 47. Par grant dolor les convendra mourir, ib. p. 65. Seigneur cousin, corn vous est covenent? ib. p. )2i. Par la gastine vous convient à aler, ib. p. <57. Mais il convient qu'à sa volonté soie, Couci, xxi. Ou veuil ou non, servir la [la servir) me convient, ib. 21. Je ne tieng pas l'amour à droit partie, Dont il convient mourir ou trop aimer, ib. xxi. Et comment Conviendra-il qu'à la fin congié [je] prenne? ib. xxii. Quant il eurent mengé, ses [si les] en [de table] covint lever, Sax. xiii. X prendre lui convient [il faut] vie d'homme sauvage, Et gésir mainte nuit au vent et à l'orage, ib. xxvi.
— XIII' s. Et sachiés certainement que par celé chaaine convenoit passer qui au port de Constantinolile voloit entrer, villeii. lxx. Car nuis ne vient à vie [que] ne conviene finer, Berle, in. D'un coutel en vo [votre] cuisse vous convenra ferir, ib. xiii. Ce que [je] n'ai deservi convient que je compère [paye] , ib. xvin. Car li rois les laissoit de trestout convenir [disposer], ib. LXiii. Ce est chose passée [résolue], jà n'y convient penser, ib. cxii. Car sachiés que moult la convient [à l'Envie] Estre iréa quant biens avient, Îo7iose, 25 1. Et se tu as si grant besoigne Que esloigner il te conviengne. Garde bien que tes cuers remaigne, ib. 25«3. Quant li baillis laisse convenir prevoz et sergans et la mesnie de son ostel plains de malice, ce sont lou entre brebis, BEAUM. 26. Adont convcrroit il que je respondisse à cascun pour tant comme à li monteroit, iD. vi, )7. Nouvelles, lesqueles je ne weil pas conter pour ce que il ne me convendroit de rompre ma matière,
JOINV. 211;
— XV' s. Ainsi furent-ils trois jours et trois nuits sans pain, sans vin, et aprts, par l'espace de quatre jours, qu'il leur convenoit acheter un pain mal cuit six eslerlins, qui ne dust valoir qu'un parisis, froiss. 1, I, 39. Le roi Robert esioit devenu vieux et foible et si chargé de la grosse maladie, ce disoit-on, que mourir le convint, id. i, i, 47. Us se mirent tous à aller après lui tant qu'il purent, et laissèrent les gens du pays convenir du remenant et eux venger, et reprendre partie de ce qu'on leur avoit robe, jn. i, i, )82.
— xvi' s. Il est à ceste heure bien aisé de juger et discerner en quoy conviennent ensemble , ou en quoy différent ces deux signes, la circoncision et le baptesme, calvin, Instil. t067. Et n'est point ceste forme de parler nouvelle; car elle convient avec une autre qui est au premier chapitre, id. ib. 1084. 11 feit crier que ung chascun convint en armes en la grande place, bab. Carg. i, 20. U te convient servir, aymer et craindre Dieu, id. Pant. ii, 8. Il se y convient mettre à i'adventure, les yeulx bandez, lo. ib. m, AO. Or, puysque ne convenons ensemble en l'expousition des sorts Virgilanes, prenons aultre voye de divination, id. ib. m, 13. C'estoyt le tiers jour des grandes foires, esijuelles annuellement convenoyent tous les plus riches marchand! d'Afrioque et d'Asie , id. ib. iv, ». 11 lui porta les cinq cens ducats dont ils avoient convsuu
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