MEUNIER
— ÉTYM. Convertible, et le suffixe ment. CO.NVERTIR (kon-vèr-tir) , V. a. || 1° Transmuer
une chose en une autre. Les alchimistes espéraient convertir en or les métaux qu'ils appelaient imparfaits. Jésus-Christ convertit l'eau en vin. Convertir du sucre en alcool. J'ai beau m'épuiser les veines Et tout mon sang en larmes convertir, malh. v, S7. Ce feu véhément Convertirait en soi le liquide élément, Avant qu'il éteignit cette ardeur violente, BO- TBon, Hercule mour. iv, 5. Savent-ils comment c« ver [le ver à soie] convertit le suc d'une feuille en filets d'or? rollin. Traité dei Études , v, 5. il lui permit de convertir en rentes viagères ou tontines une partie de ses actions, raïnal, llist. phil.iv, 19. Il Fig. Convertir le doute en certitude. Les curiosités de la nature sont une source féconde pour l'imposture; elle convertit des phénomènes singuliers en prodiges, bayn. Hist. i, 41. || Terme de droit. Changer la nature, l'espèce. Convertir une obligation en contrat de constitution. Convertir une peine corporelle en peine pécuniaire. || 2' Retirer d'une religion et amener à une autre. Les missions catholiques ont converti beaucoup d'idolâtres. Les musulmans convertissent à leur foi dans l'intérieur de l'Afrique une multitude do nègres. II fut converti au protestantisme. Jésus-Christ, qui les voulait convertir [les paiens], parle d'en haut à saint Paul qui en devait être le docteur, BOSs. llist. u, 7. Il faudrait les dompter et non les convertir , ¥. i. CHÉNiER, Charles U, m, 2. J'ai calmé les chagrins, j'ai converti l'erreur, id. Fénelon, m, 2. || Amener quelqu'un à des sentiments qu'il n'avait pas. Vous l'avez converti à notre cause. || Absolument. On fait des missions, on prêche, on convertit. || 3° Se convertir, v. réfl. Se transmuer. L'alcool se convertit en vinaigre. Tout ce qu'il a touché se convertit en or, boil. Art p. ni. La peine corporelle se convertissait en peine pécuniaire , montesq. Etp VI, (9. Il Fig. Son amour se convertit en haine. Il 4' Terme de logique. Ces deux propositions se convertissent , sont la converse l'une de l'autre. Il 5° Quitter une fausse religion pour la vraie. Les païens se convertirent. || Rentrer dans le sein de la religion qu'on avait négligée. Mais, en priant pour son âme, chrétiens, songeons à nous-mêmes; qu'attendons-nous pour nous convenir? Boss. Uuch. d'Orl. Ils se convertiront de leurs péchés, BOSS. Hist. II, 7. Convertissez-vous à moi de tout votie cœur, MASS. Car. Motifs de conv. Pendant une aimable jeunesse On n'est bon qu'à se divertir; tt quand le bel âge nous laisse. On n'est bon qu'à se convertir, la sabl. dans richelet.
— HIST. X' s. Cum Jonas propheta cel populiun habuit pretiet et convers , Fragment de Yalene. p. 468. Quant il se erent convers de via sua mala, ib. p. 469. Il XI' s. Ce velt li reis, [que] par amor [elle se] convertisse, Ch. de J{oi. ccL.\viii. || xji' s tu convertis la meie plainte en goie [joie]. Liber psalm. p. 36. Convertide [changée] est la tue fuireur [fureur], ib. p. 232. Et convertis saint Pol son compeignon, Ronc. p. 48. Deus qui'l [qui le] mist enz el règne, à vus le demandra; Vus l'avez à garder quant se convertira. Th. le mart. 29. || xiii' s. Et sitost que li aprentis iert à convenances au mestre, il poiera cinq sols qui seront converti ou pourfit de touz les maistres, Liv. des met. B5. Qui vuet pecheors convertir Por eus faire à Dieu revenir, la Rose, 12079. Enprès demenda l'en se sarrazin qui a plusors femes, se convertist, laquelle il retendra, Liv. de just. 218. S'il sunt plege de deniers, et il sunt converti en blé, ou en vin, ou en autre coze, DEAUM. XLiii, II. Quant il convient qu'aucuns ait damace, mix vaut qu'il soit converti en la souslenance de bone peut que de malvès, ID. uv, <2. Et li cors qui les biens dévore. Si sera converti en cendre, Guersai. 0 vous, fill des hommes, convertissiez vous à moi, et ge auré pitié de vous, Psautier, f° HO. Mes Diex atent, et por atendre Se flst les braz en croiz estendre ; Ne veut pas que pechierres muere, Ainz convertisse à sa droiture, ruteb. Il, H i.'tJxiv s. Et ne se départ ou ne delesse pas ses faiz ou diz des autres ou [au] cas que il les puet tourner et convertir à gieu ou à risée, oresiie, ith. 4 38. Et pourroit estre converti par raison au contraire, ID. ib. 4 95. Puis soulphre et vif argent en issent. Qui en melaulx se convertissent, Nat. d l'alch. err. 4 64. [Que l'archevêque] Il voise en la cité, mais qu'il ait sauf conduis. Et presche tant la gent qu'il les ait convertis, Guescl. 17053. Ensi chius [ce] rois paiens fut adont convertis Par le voloir de Dieu , le roy de paradis , Baud. de Seb
CON
XI, 4S8. Et torna par devers li et converti à son profit les liiens de Gentil et de Simon lombars qui estoient acquis au roy, Lelt. de rémission, Bibl. des Chartes, 4« série, t. ii, p. oo. || xv s. Arettiuse.... Oui en eaue fut par plour convertie, E. diîsch. Ilort de Giiescl. Aysemenl toutes ces deux parties se convertiroient contre nous, comm. i, 6. || xvi' s. C'est afin qu'un chacun d'eux se convertisse de son iniquité, CALVIN, Instit. 477. Ils leur envoyèrent tous les chefs qui avoient consenty à la composition, pour convertir sur leurs testes tout le péché de la contravention au serment qu'ilz avoient preste, AMYOT, les Gracques, 9. Lui qui les eaux profondes Kn désert convertit, mabot, iv, 319. Midas requit les dieux que tout ce qu'il toucheroit se convertist en or, mont, ii, 339.
— ÉTYM. Provenç. convertir, covertir; espagn. convertir; ital. convertire; du latin convertere (avec changement de la 3" conjugaison en la 4»), tourner, convertir, de cum, et verlere, tourner (voy. version).
t CONVKIITISSABLE ( konvÈr-ti-sa-bl' ) , adj. Il 1° Qui peut être converti, c'est-à-dire transmué. Il i' Oui peut être converti, c'est-à-dire ramené à la -vraie foi.
— ÈTYM. Convertir.
-f CONVERTISSANT, ANTE(kon-vèr-ti-san,san-t'), adj. Qui convertit. Cette attention précède toute grâce convertissante et excitante, Boss. Avert. 2.
COXVEKTISSEMENT (kon-vèr-ti-se-man) , s. m. Action de convertir des valeurs en espèces, une obligation en contrat de constitution.
— HIST. xiii° s. Par le convertissement de divinité en char [chair]. Psautier, f° 4 95.
— ETYM. Convertir; provenç. convcrtiment ; espagn. cnr.vertimiento ; ital. convertimento.
CONVERTISSEUR (kon-vèr-ti-seur), s. m. || 1° Celui qui convertit des ûmes à la religion qu'il croit vraie. On n'a jamais vu de convertisseurs si zélés, VOLT. Scarmentado. Cette bonne œuvre [la conrersion de Law] avait valu au convertisseur beaucoup d'argent, id. Louis A7K, 37. Le condamné pria Dieu pour le convertisseur jusqu'à l'âge de 94 ans, VOLT. ifr. Constamment opposé au zèle iimer et fanatique do la plupart des convertisseurs de son temps, il était persuadé qu'on ne devait faiie usage ni de l'autorité ni môme de la crainte contre ceux des réformés qui ne donnaient aucune espérance de changement, d'alemu. Éloges, Fiécliier. || Celui qui convertit des pécheurs et les ramène à de meilleurs sentiments de religion et de morale. |1 2" Celui qui se charge des convertissements, en matières d'affaires et de monnaies.
— HIST. XVI" s. Les convertisseurs de ce temps là ne faiUoyent point de convertir l'ame par la terreur du feu, ou de faire convenir les corps en cendre, d'aub. Conf. 1, 9.
— ÉTYM. Convertir.
CONVEXE (kon-vè-ks'), adj. Qui présente une courbure en saillie. Un verre convexe. La surface de la terre est convexe. Le fils d'un artisan, dans la Zélande, assemble en se jouant deux verres convexes dans un tube; les limites de nos sens sont reculées, et dans l'Italie les yeux de Galilée ont découvert un nouveau ciel, tijbgot, 2' Disc, en Sorbonne.
— HIST. XIV' s. Ceste ligne est dite concave au regart de ce qui est dedens et est dite curve ou convexe au regart de ce qui est dehors elle, oriîsme, Eth. 30.
— ÉTYM. Lat. convexus, convexe.
t CONVEXlROSIRE(l;on-vè-ksi-ro-str'), adj.
Terme de zoologie. Qui a le bec convexe.
— ÉTYM. Convexe, et le latin rostrum, bec. CONVEXITÉ (kon-vè-ksi-té), s. f. Qualité de ce
qui est convexe. La convexité d'un globe. La convexité d'une ligne courbe. Si le rayon tombe perpendiculairement sur une loupe ou verre convexe, il continuera son chemin en ligne droite et passera par le centre de sa convexité, malebh. Rech. Éclaire, sur l'optique.
— ÉTYM. Latin convexitns, de convexus, convexe, t œNVEXO- CONCAVE (kon-vè-kso-k^-ka-v'),
adj. Terme didactique. Qui est convexe d^t côté et concave de l'autre.
t CONVI (kon-vi), s. m. Invitation. Maisons pria d'Autin de passer chez lui; je n'ai point pénétré le projet de ce convi, st-sim. 376, 92 (.st-sim. écrit convy). 11 Inusité.
— HIST. xv s. Pour les quels convis [banquet] et assemblées ainsi faites les ambassadeurs d'Angleterre n'esloient point bien contens, monstrel. ii, i«2.
• H xvi' s. Respondez-moi quel estophe Est le grand aise à voslre avis? Où le urenez-vous? — En convis
CON
[repas], A boire et dormir tant qu'on peult, makot, IV, (57.
— ÉTYM. Voy. convier; ital. corwito, repas, banquet. ,
t CONVICT (kon-vikt'), s. m. Nom donné par les Anglais aux criminels déportés. Les coiiviots transportés dans l'Australie.
— ÉTYM. Angl. convict, condamné, du latin conrtciwî, convaincu, part. pa.ssé de contincere {yoy. convaincre).
CONVICTION (kon-vi-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\ 1° Néce.ssité où l'on met quelqu'un, par des preuves, de reconnaître la vérité qu'on lui présente. La conviction du coupable. U était facile aux infracteurs d'éviter la conviction ou le châtiment de leurs fautes. Ne faut-il pas que vous soyez bien imprudents d'avoir fourni vous-mêmes la conviction de votre mensonge par les autres lettres que vous avez imprimées? pasc. Pror. 16. Quelle conviction et quelle horreur, quand Dieu, en vous rejetant de sa présence, vous dira.... bourd. Dominic. Pardon des injures, 344. |1 2° Certitude raisonnée. Avoir l'intime conviction d'une chose. Je voudrais qu'ils eussent des raisons claires et des arguments qui portent conviction, la bruy. xvi. Il y a bien loin, chez eux, de la profession à la croyance, de la croyance à la conviction, de la conviction à la pratique, mon- TESO. Lett. pers. 7B. C'est un désir, mais ce n'est pas une conviction réelle, mass. Av. Bonh. Celte conviction de la perversité humaine qui endurcit ou afflige la plupart de ceux qui gouvernent, CON- DORCET, Maurepas. \\ 3° Preuve irréfragable. On l'accuse de divers crimes, et on a les convictions en main. Ce qu'il a dit fournit une conviction contre lui.
— SYf). conviction, PERSUASION. La conviction s'adresse exclusivement à l'esprit; elle l'obligea confesser, à reconnaître, à adhérer. La persuasion s'adresse autant au cœur qu'à l'esprit; aussi, pour agir, a-t-elle moins besoin de preuves qui ne laissent point d'alternatives.
— ÉTYM. Lat. convictio , de convictum, supin de convincere, convaincre.
t CONVICTIONNEL , ELLE (kon- vi-ksio-nèl, nè-l'), adj. Néologisme. Qui est relatif à la conviction, et, particulièrement, à la conviction d'un juge. Les éléments convictionnels d'une affaire criminelle.
— ÉTYM. Conviction.
CONVIÉ, ÉE (kon-vi-é, ée),part. passé. || 1° Les persoijnes conviées à un festin. || S. m. Celui qui est invité à un repas. De tant de conviés bien peu suivent tes pas, rûtb. St-Gen. v, 2. Venez souper chez moi; nous ferons bonne vie; Les conviés sont gens choisis. Mes parents, mes meilleurs ami,s, la FO'sr. Fait, i, 14. H manie les viandes, les remanie, démembre, déchire, et en use de manière qu'il faut que les conviés, s'ils veulent manger, mangent ses restes, la bhuï. xi. La joie et le plaisir de tous les conviés Attend pour éclater que vous vous embrassiez, bac. Brit. v, 2. Quand un des conviés, d'un ton mélancolique Lamentant tristement une chanson bachique, boil. Sat. m. Autour du grand banquet sié;;e une foule avide; Mais bien des conviés laissent leur place vide Et se lèvent avant la lin,v. iiugo. Orient. 33. 1| 2" Par extension, invité à. Convié à joindre la compagnie.
CONVIER (kon-vi-é), je conviais, nous conviions; que je convie, que nous conviions, v. o. |H° Inviter quelqu'un à un repas, à une cérémonie. Convier à un festin, à une assemblée. Je l'ai convié à un dîner. |i 2° Par extension, engager, exciter à. Ni l'honneur, ni le gain n'étaient suffisants à me convier à les apprendre, desc. Méth. X so rendre moi-même en vain je les convie, corn. Cid,iv,3. Quel sujet si pressant à sortir vous convie? id. Poil/. I, 2. L'honneur te le commande et l'amour t'y convie, m. lléracl. i, 5. Va marcher sur leurs pas où l'honneur te convie, id. Cinna, i, 3. Et ce déchaînement aujourd'hui me convie A faire une action qui confonde l'envie, mol. J'. sav. iv, 4. X le sauver enfin c'est moi qui vous convie, bac. Andr. m, 7. Faut-il qu'à feindre encor votre amour me convie? iD. Baj. IV, 1. Puisque mon roi lui-même à parler me convie, id. Esth. m, 4. On nous convie par le succès qu'ils [les saints] ont eu à marcher sur leurs traces, mass. Car. Salut. Tout le convie à retourner dans les bras de Dieu , id. ib. Fautes légères. L'insensé de l'Ëvaiigile, se croyant dans l'abondance pour une longue suite d'années, conviait son ftme à se reposer, id. th. l'rosprrit. Lui apprenez-vous à juger de la vocation du ciel par les impressions de la grâce, qui ne cesse de nous y convier en secret? id. ib. Vocation. Vous conviez le pécheur à vous de-
CON
mander des grâces, la. ib. Prière, 2. Aux dons qu« ta bonté mesure Tout l'univers est convié, lamart. Ilarm. i, 7. |1 Convier de.... Le prince les convia de voir passer la garnison, sarasin, 69. L'empereur Ferdinand convia Elisabeth de ne point so séparer de la créance des princes chrétiens, MAUcnoix, Schisme, liv. m, dans riciielet. Toi qui dedans un cloître as renfermé ta vie. De toutes les vertus tâche de l'enrichir; C'est sous ce digne effort que lu dois y blanchir, Ta règle te l'apprend, ton habit t'en convie, corn. Imit. i, 19. Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie, id. Cinna, v, 3. |1 Convier \ de est aujourd'hui peu usité; cependant l'euphoni» ', pourrait demander qu'on en fit usage. D'ailleurs le / vers célèbre de Cinna tend à conserver cette tour- .' nure.
— SYN. convier, inviter. Ces deux verbes ne soni synonymes que quand convier prend le sens général d'inviter. Mais comme le sens propre en est inviter à un banquet, à uns solennité, il garde, dans l'acception détournée que l'usage lui a donnée, une nuance qui dérive de l'acception primitive et a quelque chose de plus solennel ou de plus amical qu'inviter : On l'invita à prendre sa place; le Cid convie les chefs des Maures vaincus à se rendre.
— IIIST. XVI" s. Sembloit il pas le convier à interposer son décret? mont, i, oo. Les conviez [en parlant d'un festin], id. i, 76. Aulcuns me convient d'escrire.... id. i, 103. Une humeur curieuse me convia à tel effect esloingné de ma nature, id. i, 9C. L'ennemy n'a rien qui le convie à honorer son ennemy mort, sinon l'admiration de sa vertu, amïot, Pélop. et Marcel, camp. g. U se feit un banquet, auquel estans tous les chefs de l'armée conviez, il.... id. Lysand. 29. L'honneur et la réputation qu'il acquit depuis, le convièrent à tourner du tout son cstude et son ambition aux armes et à la guerre, ID. Sertor. 2. Il te reconviera si une fois tu le convies, et te donnera à soupper quand tu luy en donneras, ID. De ta mauvaise honte, s. Ils depeschent encore à Famaguste, demandant des hommes, et Balcon le gênerai se convia d'y aller, mais ceux de la ville le relindrent, d'aub. Hist. i, 343. Et pource qu'ils estoient fort chargez de bribes, il se convia à les soulager, id. ib. ii, 462. X baiser vostro main le désir me convie, rons. 246. Je m'en vais saoul du monde ainsi qu'un convié S'en va saoul du banquet (le quelque marié, id. 305. Quand il n'y auroit autre occasion que ceste dernière, elle seule deust bien convier les princes à lire souvent et affectueusement les histoires, amyot, Préf. xvin, 46.
— ÉTYM. Provenç. coiiiidar, covidar; espagn. convidar ; ital. convilare; d'après Raynouard, il vient du latin contit'arc ou coîi«irari, donner, prendre un repas ; mais le v ne peut se changer en t ou en d. D'après Diez, il vient d'inritare, inviter, avec la substitution du préfixe con au préfixe in, sous l'influence de contivium, repas; mais là contre il y a cette objection, non absolue il est vrai, qu'en cette hypothèse les langues romanes auraient fait avec un radical inusité eu ce sens (vitare) un composé con-vitare qui n'existe pas dans la latinité. Si l'on prend les acceptions de l'italien convttare, on voit qu'il signifie convier à un repas, et tenir table ouverte; conrito, repas, banquet. Les choses étant ainsi, il faut ou croire avec Diez que invilarc a donné la forme du mot, etcontitium, le sens; ou que l'italien convitare, l'espagnol convidar sont formés du préfixe con, et deii'/o, vie, convitare, vivre ensemble, faire repas ensemble, comme convivium, d'où inviter à un ropas, et, en général, inviter. D'ailleurs, ce mot une fois formé, la ressemblance qu'il a avec invitare y aura introduit sans peine lo sens de ce verbe. Dans le français, confier, dont on n'a jusqu'à présent des exemples que du xvi' siècle, a été formé sur convi qui est plus ancien.
t CONVIVANT (kon-vi-van), s. m. Terme d'histoire ecclésiastique. S'est dit de ceux qui vivent en commun, dans certains couvents d'Italie.
— ÉTYM. Con.... préfixe, et vivant.
CONVIVE (kon-vi-v'), î. )n. elf.\\ 1° Personne qui se
trouve à un festin. Il était du nombre des convives. Il Familièrement. C'est un bon, un agréable convive, se dit d'un homme agréable à table et qui fait honneur au repas. Vous voyez un seigneur fort satisfait de soi. Un convive échappé de la table du roi, regnard, Démocr. iv, 7. 1{ Fig. Au banquet de la vie infortuné convive, J'apparus un jour, et je meurs; Je meurs, et sur la tombe où lentement j'arnve. Nul ne viendra verser des pleurs, Gilbert, Ode imitée des psaumes. Convive rejeté de la table de Dieu. Je vis devant mes pas se fermer le saiDt
CON
CON
CON
lieu. c. DKLAV. Paria, l, «. || 2° Convive du roi, nom, sous les rois Francs, (l'un personnage qui était dans la faiiiiliarité du roi, au nombre de ses fidèles. La loi Salique distinguait chez les Romains le convive du roi, pour la mort dui|uel elle donnait tniis cents sous de composition, du Romain possesseur h qui elle en donnait cent, et du Romain tributaire à qui elle n'en donnait que quarante-cinq, montesq. Esp. XXX. 25.
— ÉTYM. Lat. convha, de convirere, decum, avec, et vivere, vivre. Dans le xvi" siècle, convive, venant de convivium, signifiait repas. Antérieurement coiwive au féminin avait signifié manière de vivre, manière d'être, état, disposition.
t CONVIVUBLK (kon-vi-vi-a-bl'), adj. Mot de Brillât-Savarin. Oui traite des festins. A l'époque dont nous nous occupons, la poésie conviviable subit une modification nouvelle , bbillat-savabin , dans BESCHERELLE. || Ce mot est barbare.
— ÉTYM. Voy. CONVIVIAL.
f CONVIVIAL, ALE (kon-vi-vi-al, a-1'), adj. Mot de Briilat-Savarin. Oui a rapport aux festins. Des esclaves étaient spécialement attachés k chaque fonction conviviale, et ces fonctions étaient minutieusement distinguées, BRiLLAX-SAVAniN, dansBESciiEHELLE. Il Ce mot est régulier.
— KTYM. Latin conviiium, de conviva, convive. t CONVIVIALITÉ (kon-vi-vi-a-li-té), s. f. Mot
de lirillat-Savarin. Goût des réunions joyeuses et des festins. Un esprit général de convivialité s'est répandu dans toutes les classes de la société, bbil-
LAT-SAVARl.N, dans BESCHERELLE.
— ËTYM. Convivial.
f CONVIVI-^T (kon-vi-vi-a) . s. m. Mot de BriUat- Pavarin. Durée obligée de la présence d'un convive dans un repas. Souvent, au milieu des fesiins les plus somptueux, le plaisir d'observer m'a sauvé des ennuis du convivial, brillât-savarin, dans bescue-