SYN. SONNER, BOURDONNER, TINTER, COPTER
Sonner, c'est mouvoir la cloche en sorte que le battant frappe des deux côtés; bourdonner, c'est mouvoir seulement le battant pour frapper des deux côtés; tinter, c'est mouvoir la cloche, en sorte que le battant ne frappe que d'un côté; copier, c'est faire aller le battant seulement d'un côté.
— IIIST. XV" s. Une messe coppetée par trente coups, DU GANGE, missa copelata. Laquelle messe se coppelera chascun jour trente coups par long traict a la grosse cloche, id. 16.
— ÉTYM. Ce paraît être un verbe dérivé de copet, petit coup, diminutif de cop, ancienne orthograjihe de coup. Il y a eu aussi une forme gobeter, comme on le voit par ces exemples où le substantif est employé: Le plus gros sain ou cloche du mouslier estre sonné par douze coups et gobeteix, l'un coup distant de l'autre. — Au son de la grosse cloche par douze appeaulx etgobets {textes de t449 et de I482), DU GANGE, missa copelata.
t COPTIQUE (ko-pti-k'), adj. Qui appartient aux Coptes, à leur langue.
— ÉTYM. Copte.
t COPTOGRAPIIIE (ko-pto-gra-fie), >. f. Art de découper des morceaux de carton, de manière à dessiner des figures par leur ombre, projetée sur la muraille.
— ÉTYM. KôntEiv, couper, et Yoâçsiv, dessiner. COPULATIF, IVE{ko-pu-la-tif, ti-v'), adj. Terme
de grammaire et de logique qui indique liaison entre les idées ou entre les mots. Particule copulalive, conjonction copulative, et, substantivement, une copulative. En ce sens copulatif est opposé à disjonctif, adversatif et alternatif. Je soutiens, moi, que c'est la conjonction copulative et.... — Je soutiens, moi, que c'est la conjonction alternative ou, beaumapch. J/onaje deftjaro, m, 15. Il Dans le sens moderne, copulatif se dit de toutes les conjonctions qui ne subordonnent pas la phrase qui les suit à celle qui les précède.
— HIST. XIV* s. Quant telz deux opinions ou propositions sont conjointes ensemble en un sillogisme qui est une proposition copulative, la conclusion s'en suit de nécessité, oresme, Eth. (98. Proposition copulative, id. Thèse de meunier. ||xv" s. Car logique sert de ceste œuvre, Et fait par argument sembler Ce qui n'est pas et ressembler Une chose à l'autre opposite, Et fait de la copulative Division estrangement , eust. descii. Poésies mss. f°457, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. gopule; provenç. copulatiu ; espagn. et ital. copulativo.
COPULATION (ko-pu-la-sion), s. f. Accouplement du mâle et de la femelle. 11 y a beaucoup d'animaux qui engendrent sans copulation , volt. l'Homme aux 40 écus, Mariage. Maint auteur antique et récent. Bien instruit en toute doctrine, Soutient que la goutte descend De copulation divine, Et que de Bacchus etCyprine Naquit un enfant maupiteux; Mais nonobstant cette origine, C'est pauvre chose qu'un goutteux, conrart, dans richelet. Parce qu'on avait vu que tous les grands animaux se propageaient par la voie de la copulation, on en avait concluprécipitamment qu'elle était la loi générale de la propagation des espèces, bonnet. Lettres div. t. xii, p. 60, dans pougens. La .société ne dure pas plus longtemps que chaque acte de copulation, J. J. Rouss. Orig. Notes. || En parlant de l'homme et de la femme, on dit souvent copulation charnelle.
— HIST. XIV' s. Iceste copulation Faicte sans génération Et sans droicte nécessité, j. bruyant, dans Ménagier , t. 11, p. <6. || xvi* s. En la copulation charnelle, paré, xviii, 2.
— ÉTYM. Lat. copulatio (voy. copule).
t COPtILATIVEMENT (ko-pu-la-ti-ve-man) , adv. D'une manière copulative.
— ÉTYM. Copulative, et le suffixe ment. COPULE (ko-pu-1') , s. f. Il 1° Terme de logique.
Mot quille le sujet d'une proposition avec l'attribut; c'est le verbe être considéré dans une proposition. Il 2° Terme de droit canonique. Union charnelle de
COQ
l'homme et de la femme. Une promesse de mariage est obligatoire en conscience quand la copule s'en est suivie.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. copute; du latin copula, lien (voy. couple).
t COPULER (ko-pu-lé) , ti. n. Terme didactique. Assembler, unir par copule.
— HIST. xiv s. A cesie double est copulée et prochaine une autre [double], oresme, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Provenç. copular ; ital. copuiare; du latin copulare, assembler (voy. gopule).
t. COQ (kok; le q se fait toujours entendre, excepté dans coq d'Inde qui se prononce: ko-din-d'; dansplusieursprovinces.au pluriel, on prononce non pasdes kok, mais des ko, qui estune prononciation ancienne), s. m. || 1° Le mâle de la poule. Combats de coqs. Deux coqs vivaient en paix; une poule survint; Et voil;! la guerre allumée, la font. Fabl. vii, (3. Un misérable coq à point nommé chantait, id. V6. V, 0 . Sur la branche d'un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroitetmatois, iD.t'b. II, <5. La ville de Sybaris sera décriée à jamais par la mollesse de ses habitants, qui avaient banni les coqs de peur d'en être réveillés, fonten. Dial. 2", Morts anciens. Au milieu d'eux le coq, d'un air de majesté, Marche, sûr de sa force et fier de sa beauté, deliixe. Par. perdu, VII. || Par extension, le mile de plusieurs gallinacés. Coq d'Inde. Coq faisan. Le coq de la perdrix. Si mes paons de leur beau plumage Me font admirer les couleurs, Je crois voir nos jeunes seigneurs Avec leur brillant étalage ; Et mes coqs d'Inde sont l'image De leurs pesants imitateurs, VOLT. Ép. cvii. Il Fier comme un coq, très-fier. Il Famihèrement. Être rouge comme un coq, être extrêmement rouge. Se dit souvent d'un homme en colère. || C'est un bon coq, se dit d'un homme vigoureux en amour. || Être comme un coq en pâte, avoir toutes ses aises (voy. pAte). || Populairement. X nous le coq, à nous la supériorité, à nous le bouquet. Il 2° Figure de coq qui se met au plus haut d'un clocher pour servir de girouette. Je sais que l'honneur vous est cher. Que vous avez l'âme insensible, Que vous êtes moins accessible Que n'est le coq d'un haut clocher, scarron, Stances pour un gentilhomme qui était à Bourbon. Ton œil ne peut se détacher Du vieux coq de ton vieux clocher, bé- HANG. Bohém. Il Coq gaulois, un des insignes de la nation Trançaise. Son aigle est resté dans la poudre. Fatigué de lointains exploits; Rendons-lui le coq des Gaulois, U sut aussi lancer la foudre, bé- RANG. Vieux drap. Le choix de cet oiseau comme symbole de la nation française est de date récente (la première révolution et surtout celle de 1830); il ne paraît guère fondé que sur l'homonymie latine de gallus qui signifie à la fois coq et Gaulois. Il 3° Familièrement, personnage le plus riche ou le plus important d'un heu. Il est le coq de son village. Viens, parais, jeune prince, et qu'on te reconnoisse Pour le coq de notre paroisse, volt. Fête de Bellebat. Il est le coq du bourg, connu pour un Crésus, Et possède du moins cinquante mille écus, HAUTERocHE, Deuil , sc. 4. || 4» Terme d'histoire naturelle. Coq de bruyère ou des bois, espèce de coq sauvage, du genre tétras, gallinacés. || Coq de marais, un des noms vulgaires du tétras bonasie, dit aussi gelinotte. |j 5° Terme de botanique. Coq des jardins, menthe de coq, ou herbe au coq, plante corymbifère d'une odeur agréable. || 6° Terme de pêche. Coq de mer, dorade. || 7° Terme d'horloger. Espèce de platine enjolivée de gravures ou autres ornements dont on couvre le balancier. Il Terme de serrurerie. Espèce de crampon qui sert à assurer diverses pièces. || Proverbes. Chétive est la maison où le coq se tait et la poule chante, c'està-dire où la femme est maîtresse. || La poule ne doit pas chanter avant le coq, il faut que l'autorité appartienne au mari.... Mon congé cent fois me fût-il hoc, La poule ne doit pas chanter devant le coq, MOL. F. sav. v, 3.
— HIST. xiu* s. Quant sire chantecler li cos Estoit aie.... Hen. t3;>.5. De tant li cos est plus viei, de tant vaut il miex, alebrant, P" 47. Chars de cok, ID. ib. Si cum vers la mie nuit vint, Onques de rien conte ne tint, Mais à la lei de mendiant S'en est alez el coc chantant, Grégoire le Grand, p. 84. La vile seoit en un bos. Moult i ot gelines et cos. Anes [canards], malarz et jars et oes [oies]. Tien. <272. Il xV s. Un coq d'Inde sa gorge à toi semblable porte; Combien de riches gens n'ont pas si riche nez!.... basselin , vi. || xvi" s. Ils coqueliquent comme les coqs, ils cloussent comme les poules, paré. Animaux, 25. La corne de cerf, le cerfueil, targon, coq, et autres menues herbes, o. db serbes,
COQ
636. Qui sçait si c'est quelque sens particulier qui descouvre aux coqs l'heure de minuit et du matin? CHARRON, Sagesse, i, ti. Coc chante ou non, viendra le jour, BAïF, dans leroux de linct, t. i, p. <72. Ils lui envoyoient mille presens, comme gibiers ou flaccons de vin, et ses femmes lui faisoyent des maucadons et des camises; il estoit traitté comme un petit coq au panier, desper. Contes, Lxr. U n'y feroit non plus que le coq sur les œufs, cotgbave. Jà ne chante le coq, si viendra le jour, id.
— ÉTYJI. Picard, cou, co, 'Berry, cO; pays de Coire, co(;angIo-sax. coco; angl. cock; bas-bret. kok. D'après niez, c'est une onomatopée. Palsgrave écrit, aa pluriel, quoqx, prononcé quoz. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cos; au régime singulier, le coc; au nominatif pluriel, (« coc; au régime pluriel, les cos.
2. COQ (kok), s. m. Il 1° Terme de marine. Le cuisinier à bord des grands bâtiments. || 2" Dans les corderies, se dit de l'ouvrier qui fait chauffer le goudron.
— ÉTYM. Allem. Koch, cuisinier (beaucoup de termes de marine venant de l'allemand), qui luimême vient du latin coquus (voy. queux, s. m.).
COQ-A-L'ANE (ko-ka-lâ-n') , s. m. Discours .sans liaison, passant d'un sujet à l'autre. Dès qu'il fut de retour, il me conte son aventure que j'entendais bien du premier coui), encore qu'il y eût bien du coq-à l'âne en son discours, Francion, 1. vi, p. 245. J'ai écrit dans les interlignes des coq-à-l'âncsi ridicules, VOLT. Lett. Roi de Prusse, 8. || Au plur. Des coq-à-l'âne. Cependant, quand la rime l'exige, les
poètes n'hésitent pas à écrire coq-à-1'ânes Pour
être bel esprit II faut avec mépris écouter ce qu'on dit, Rêver dans un fauteuil, répondre en coq-àl'ânes. Et voir tous les mortels ainsi que des profanes, REGNARD, le Distrait, iv, 7.
— HIST. xV s. De moi vraiment Vous vous raillez; Trop vous faillez. Car vous saillez Du coq en l'asne Evidemment, Le loyer des folles amours, p. 315, dans LACURNE. C'est bien sauté du coq à l'asne, leroux de lingy, Prov. t. i, p. 473. ||xvi's. Le cerveau lui voltige tellement que, sautant du coq à l'asne, il s'oublie en moins de quatre mots, calv. 315. C'est bien sauter du coq à l'asne de parler des uns et des antres en confus et sans discrétion, m. Instit. 699. Je te suppli m'excuser si du coq à l'asne vois sautant, marot, h, <29. Autant te dy-je des satyres que les François, je ne sçay comment, ont appelées cocs à l'asne.... Cette inepte appellation de coc à l'asne, du bellay, i, 25, recfo. Un prélat lui parlant un jour [à Henri IV] de la guerre et assez mal, il tourna, comme on dit, du coq à l'a-sne, et Uiy demanda de quel saint esloit l'office ce jour là dans son bréviaire, Amoursd'Uenri IV. p. 42, dans LAOIRNE. Coq à l'asne ou bien satyre est composition de propos non liez, couvertement reprenant les vices d'un chacun, boissière. Poétique, p. 254, dans LACURNE. Coqs à l'asne ou en l'asne, espèce de poésie françoise, goujet, Bibl. franc, t. xn, p. 97.
— ÉTY.M. Cette locution vient, dit-on, de l'histoire du coq et de l'âne, qui, voyageant ensemble et en compagnie du chat, font, la nuit, un grand vacarme et produisent une confusion épouvantable; cette histoire est dans les contes de Grimm. Pourtant les exemples cités dans l'historique semblent montrer que le sens est non le désordre du coq et de l'âne, mais le passage du coq à l'âne, c'est-à-dire d'un sujet â un autre. L'anglais dit: cock-and-a-buU (coq et un taureau).
t COQ-HÉRON (ko-ké-ron), s. m. Ancien nom donné au héron mâle.
I COQ-SOURIS (kok-sou-ri), s. m. Terme de marine. Voile ou bonnette en deux parties, qui se lace entre le hunier et la vergue de fortune d'un sloop, d'une galiote.
t COQUALIN (ko-ka-lin), s. m. Écureuil de la Nouvelle-Espagne.
t COQDANT (ko-kan) , s. m. Un des noms de la marouelte, oiseau.
t COQUARD (ko-kar), s. m. || l" Vieux coq.|| Kig. et familièrement, fou, benêt. Et s'il le dit, c'est un coquard, la font, dans le Dict. de dochez. || 2* Le produit du croisement du faisan avec la poule.
— ÉTYM. Coq.
— HIST. XIV* S. [Tu] Bien me tiens pour quoquart, quanta moi veulz partir [partager] ; F.s-tu donc mes paroilz [mon égal]?... Girart de Ross. v. 3177. Ce n'est au pouvoir de son art; Et .si le dit, c'est un coquart, tfat. à Valdiim. errant, 6U. Gardon, nice etcoquart [ils] l'aloientapelant, Gueselin, 60. || xv*s. Encor te tien-je pour kokart. Quant tu te tiens yci si tard; Va-toi coucbier....FROiss. Épin. amoureuse,