‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 456 sur 504 · CORBLEU · texte numérisé non relu

CORBLEU

CORBILLARD {kor-bi-llar, Il mouillées, et non cor-bi-yar; le d ne se lie jamais; au pluriel, Vs ne se lie pas : les kor-bi-lUir et les chevaux ; cependant quelques-uns lient cette s: les kor-bi-llar-z et les chevaux), s. m. || 1° Nom donné autrefois au cocha d'eau de Paris h Corbeil. || 2° Par extension, grand carrosse. Inusité en ce sens. Trois grands corbillards comblés de laquais, grands comme des Suisses et chamarrés de livrées tranchantes, parurent dans la cour et débarquèrent toute la noce, iiamilt. Gramm. 12. Il 3° Char sur lequel on transporte les morts. L'un veut guider le corbillard. Et l'autre d'un Ion nasillard Me psalmodie une prière, bébakg. Mon enterr.

— HIST. XVI' s. CorbiUat, grande barque dont on se sert pour aller en un lieu près Paris, oudin, Dict.

— ÉTYM. Corbeil. Dans une gravure d'Iswelinc, qui représente le plan de l'Ile Saint-Louis et des deux ponts, avec les rues projetées et exécutées vers 1618, on remarque sur la Seine un coche d'eau, nommé corbillac , parce qu'il faisait le trajet de Paris à Corbeil. Richelet écrit conformément à l'étymologie, corbeillard.

CORBILLAT (kor-bi-Ila, H mouillées, etnonkorbi-ya), s. m. Petit corbeau.

— REM. L'Académie écrit cornillas, le petit d'une corneille. Pourquoi cette différence entre cornillas et corbillat ?

— ÉTYM. Diminutif de corbeau.

CORBILLON (kor-bi-Uon, Il mouillées, et non

kor-bi-yon), s. m. \\ 1° Sorte de petite corbeille. On sert le pain bénit dans un corbillon. On vit le comédien Destin couché sur un matelas, un corbillon sur la tête, qui lui servait de couronne, scabron, Rom. com. ch. 2. ||2° Jeu de société, où l'on doit répondre par un mol rimant en on i la demande : que met-on dans mon corbillon? Je prétends que ma femme, en clarté peu sublime. Même ne sache pas ce que c'est qu'une rime; Et s'il faut qu'avec elle on joue au corbillon.... Je veux qu'elle réponde : une tarte à la crème, mol. lie. des f. i, i.\\ Petite corbeille dans laquelle on met les enjeux. {| 3° Terme de marine. Un demi-baril où l'on met chaque jour le biscuit pour l'équipage. || Proverbe. Changement de corbillon fait appétit de pain bénit, ou, simplement, changement de corbillon fait trouver le pain bon, c'est-à-dire il y a parfois plaisir à changer. Les changements de corbillon sont admirables,

SÉV. 367.

— HIST. xiir s. Quatre rat à moie [mue] Faisoient monnoie D'un viex corbillon , Fatrasies, JUBINAL, t. u, p. 220. Se pains est aportés à col de la vile de Paris en marchié ou en autres jours, il porra avoir tant de corbillons comme il li plaira, lit), des met. sic. Talemelier puent, audiemenchc, porter leur pain eu leur corbeillous ou en leur

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haioes, ol porter leur estai ou bufl'ez ou tables, portant que li estaus ne soit plus Ions que de 6 pies, Liv. des met. ta. ||xiv* s. Mettre en garde le sur- -plus en corbeillons et corbeilles, Ménagier, ii, 4. Il XV* s. 11 donna tout, ciiascun le scet, Table, tretteaulï, pain, corbilion, villon, Épitaphe. || xvi" s. |Pallas| En corbilion tissu d'ozier attique , Avoit l'enfant Erichtone enfermé, marot, iv, 85.

— ÉTYM. Diminutif de corheiUe.

\ CORBILLOT (kor-bi-llo. Il mouillées), s. m. Le mérne que corbillat.

CORBIN (kor-bin) , s. m. || 1° Corbeau. Inusité en ce sens. ||2° Bec-decorbin, bec-à-corbin , nom d'instruments recourbés et terminés en pointe. || Canne k bec-de-corbin, canne dont la poignée est faite en forme de bec. || Nez en bec-à-corbin, nez qui a une forme recourbée. || Autrefois, espèce de hallebarde armée d'un crochet que portait une compagnie particulière des gardes du roi. Gentilhomme à bec de corbin ou au bec de corbin.... Rodillard de Choupille, Noble au bec de corbin, grand gruyer de Berry, Et qui fut votre père, étant bien mon mari, REGNARD, Distrait , i, 4. || Ces sortes de gardes. Cauvisson eut une place dans les cent gentilhommes de la maison du roi, c'est-à-dire les becs de corbin,

ST-SIM. l'iS, 83.

~ ÉTYM. Lat. corvinus, dérivé de cornus, corbeau, t CORBINE (kor-bi-n'), s. {. Espèce de corbeau d'Europe. || Corneille vulgaire.

— ÉTYM. Corbin, un des noms du corbeau.

t CORBWEAO (kor-bi-vô), «. m. Sorte de corbeau d'Afrique.

t CORBLEU (kor-bleu). Sorte de juron. Avec mot, corbleu! Il [le roi] verra beau jeu, bérang. Carabas. Par la corbleu! gardez d'échauffer trop ma bile, MOL. Syan. i, t. M'interdire! corbleu! voilà donc de vos œuvres! gresset. Méchant, v, 9.

— HTST. XII" s. Outre, cuivers! li cors Deu te honnie, Uonc. p. 58. || xiii" s. Une marastre [j] avoie, le cors Dieu la gravent, Bcrtc, xlvii. Et Abste sa fille, cui li cors Dieu maudie, ib. LX. Par le carbiu! mar i fut fait. Lai d'ignaur. Qu'est-ce? dist li vilains, me diras-tu eil [autre chose] ? Par le cuer beu! se je te tenoie, tu ne m'esoaperoies hui mais, Chr. deUains, 237. Por le cuer bien, qu'avez vos fet? lien. 9349. Por la char bien, ne savez-vous Conques nul bien ne sot li rous? ib. <BI77. Renart, fet il, par le cuer bé, Tu m'as hui honni et gabé, ib. 4641. Il XV" s. Par le corps bieu, c'est une robe. Plaine de quoy? Charbieu, de paille? villon, Archer de Bagnolet.

— ÉTYM. Corbleu, corbieu; altération de prononciation pour corps Dieu, c'est-à-dire corps de Dieu, Dieu en personne; altération suggérée par le désir de ne pas mettre le nom de Dieu dans des locutions irrévérencieuses. Par le corps de Dieu est un juron fait comme sambleu (le sang de Dieu, de Jésus- Christ), morbleu [mort-Dieu, la mort de Dieu, de Jésus-Christ), ventrcbleu (le ventre de Dieu). Dans corps Dieu, Dieu est au régime; ce qui marquait le rapport que nous exprimons aujourd'hui par la préposition de, comme dans hôtel-Dieu.

t CORBULE (kor-bu-l'), s. f. Terme de conchyliologie. Genre de coquilles marines, petites, bivalves, de la famille des pandores.

— ÉTYM. Diminutif du latin corbis, corbeille. CORCELET (kor-se-lè) , s. m.. Voy. corselet.

t CORCERONS (kor-se-ron) , s. m. plur. Terme de pêche. Morceaux do liège dits aussi flottes, attachés aux empiles.

— ÉTYM. Angl. fcorft, liège.

t CORCHORE (kor-ko-r'), s. f. Genre déplantes de la famille des liliacées et appartenant aux régions interlropicales.

— ÉTYM. Kôpxopo;, espèce de légume.

t CORCULE (kor-ku-l'), s. m. Terme de botanique. Nom donné quelquefois au germe.

— ÉTYM. Latin, corculum, petit creur, diminutif de cor, cœur.

+ CORDACE (kor-da-s'), «. f. Terme d'antiquité. Sorte de danse inconvenante qui n'était dansée que par des gens ivres ou grossiers.

— ÉTYM. KopàotÇ.

CORDAGE (kor-da-j'), s. m. \\ 1" Toute corde qui sert à la manœuvre d'un navire, au jeu d'une machine. On tend les cordages, on lève les voiles, fén. Tél. xiiii. Il Se dit aussi des cordes des maçons, etc. Il 2° Manière de mesurer le bois à la corde.

— HIST. xvi" s. Quand vous serez hors d'aage. Et que vos nerfs sembleront un cordage, marot, h, B5. Comme le sanglier qui, après maintes feintes, est contraint de se jeter dans les cordages, yver, p, 0O7. Il s'attacha seulement à manier les voiles et

le cordage, amtot, Phoc. b. Seront les dits priseurs et arpenteurs tenus d'arrcster sur le lieu et par chacune pièce de terre qu'ils priseront et corderont la quantité et estimation d'icelle, auparavant entrer au cordage et estimation des autres terres qui seront à priser, Coust. génér. t. ii, p. 815.

— ÉTYM. Corde.

t CORDAGER (kor-da-jé) , v. n. Faire du petit cordage. || Peu usité.

— ÉTYM. Cordage.

+ CORDASSON (kor-da-son), s. m. Terme de commerce. Sorte de toile grossière.

t CORDAT (lior-da), s. m. Terme de commerce. Grosse serge de laine croisée et drapée. || Toile d'emballage.

— ÉTYM. Corde.

CORDE (kor-;d') ,s.f.\\i' Terme de musique. Partie de boyau de mouton nettoyée, tendue, séchée et préparée pour être montée sur certains instruments tels que violon et guitare; et aussi fil de métal passé par les filières qu'on monte sur certains instruments tels que la harpe, le piano, etc. Corde de boyau ou corde à boyau. Cordes de boyaux , le cent pesant estimé à 30 livres, Déclar. du roi,nov. 1640, tarif. Dirions-nous que les cordes d'un violon seraient venues d'elles-mêmes se ranger sur un bois? FÉNEL. Exist. VI. Je mets sous ses yeux un instrument à cordes, j. j. Rouss. Ém. iv. Nous croyons entendre des fables, lorsqu'on nous dit que, chez les Grecs, une corde ajoutée à la lyre était une innovation politique; que les sages même en auguraient un changement dans les mœurs, une révolution dans l'État, marmont. Élém.litt. t. xix, p. 3)2, dans pouGENS. || Flatter la corde, la toucher légèrement. Il Double corde, manière de jouer du violon ou du violoncelle, en touchant deux cordes à la fois et en faisant ainsi deux parties différentes. La double corde produit souvent beaucoup d'effet. Il Fig. Voltaire a brisé la corde la plus harmonieuse de sa lyre, en refusant de chanter cette armée de martyrs, chateaub. Génie, ii, i, 6. Il faudrait être insensé pour rejeter un culte qui a ajouté de nouvelles cordes à l'âme, id. *. ii, m, 4. || La grosse corde, \esol argenté du violon, le sol et l'ut argentés du violoncelle. || Fig. Toucher la grosse corde, parler de ce qu'il y a de principal dans une affaire. Il La grosse corde, le principal personnage. M. de Turenne était dans le moment la grosse corde du parti, RETZ, II, 307. Il Toucher la corde sensible, parler de ce qui intéresse le plus. Il ne faut point touchera cette corde-là, mol. les Àm. magn. i, 2. Il faut toucher cette corde délicatement, boss. Lett. quiét. 416. En causant, je touchai sa corde favorite, l'érudition, dider. Sat. sur les caractères. \\ Dans l'ancienne musique, violon à cordes avalées, violon accordé à la quarte. || Terme d'anatomie. Cordes vocales, les ligaments inférieurs de la glotte. Cordes sonores, petits conduits membraneux que contiennent les canaux demi-circulaires de l'oreille interne. Il Notes de la gamme. I.a voix de ce chanteur est belle dans les cordes élevées. La corde fondamentale. Dans l'accord de septième, sol si ré fa, sol tout seul est la corde fondamentale. || 2° Tortis fait de matière textile. La corde d'un puits, d'une cloche. Il Mettre une chose en corde, lui donner la forme d'une corde. Tabac en corde. || Fig. Si la corde ne rompt, c'est-à-dire si les moyens employés pour réussir ne manquent pas. Nous allons voir beau jeu si la corde ne rompt, mol. retour. ni, <O.Un dauphin [fils de Louis XIV] qui n'a jamais été rien ni de rien, et sur qui la corde a cassé de tant d'espérances, de craintes et de projets, st-sim. 295, 28. |{ Tirer sur la môme corde, agir de concert. || Corde sans fin, la corde qui entoure la roue des tours, des rouets à filer, etc. il Corde nouée, ou corde à nœuds, grosse corde garnie de nœuds pour monter le long des murs. Il Corde se dit aussi d'une corde qu'on suspend en guise de rampe dans un escalier. Tenez bien la corde. Ne lâchez pas la corde. || Corde dont les enfants se servent pour sauter, soit que, tenant un des bouts dans chaque main, ils la fassent rapidement passer sous leurs pieds, soit que, deux personnes tenant chacune un bout et la faisant tourner, l'enfant saute à chaque tour. Sauter à la corde. Acheter une corde. || Terme de marine. Corde de défense, paquet de grosses cordes' pour rompre le choc ou empêcher les avaries. Naviguer à mâts et à cordes, naviguer vent arrière avec toutes les voiles serrées. Il Terme de pêche. Maltresse corde, la plus forte de celles dont on se sert pour pêcher aux cordes. Pêcher aux cordes, pêcher avec une longue corde à laquelle on attache des lignes. |] Terme de manège. Grande longe que l'on tient

à l'entour du pilier où le cheval est attaché pour lo faire manœuvrer. Faire donner un cheval dans les cordes, le dresser à sauter. || Fig. et bassement. Chier des cordes, aller péniblement à la selle. jl 3° Corde de jeu de paume, grosse corde tendue au milieu du jeu de paume et garnie de filets jusqu'en bas pour arrêter la balle qui ne passe pas par-dessus. Friser la corde. Mettre sous la corde. || Fig. Cette affaire a passé à fleur do corde, il s'en est peu fallu qu'elle n'échouât. || Fig. Friser la corde, courir un grand danger, être au moment de périr, de se ruiner ou de faire quel(|ue mauvaise affaire. Il 4° Corde qui, dans les hippodromes, sert à limiter le champ dans lequel courent les chevaux. Tenir la corde se dit de l'écuyer qui, dans une course de chevaux, est le plus près de la corde. Il tient, il a gagné, il a perdu la corde. Et fig. Tenir la corde se dit d'une personne qui a une avance ou un avantage sur les autres. || 6° Corde d'estrapade, corde avec laquelle on guindait ceux qui étaient condamnés à avoir rcstrapa<le. Donner trois coups de corde à quelqu'un, le guinder trois fois en haut et le laisser retomber de sa pesanteur à un pied de terre. On a dit aussi trait de corde pour coup d'estrapade. Il 6° Gros câble tendu en l'airsur lequel certains bateleurs font des exercices. Danseur de corde. || Danser sur la corde, marcher, sauter, courir ou danser sur une corde tendue à une hauteur plus ou moins grande. Et fig. Être engagé dans quelque chose de hasardeux. || 7° Corde qu'on met aux arcs et aux arbalètes. Tendre la corde. Commençons dans deux jours, et mangeons cependant La corde de cet arc; il faut que l'on l'ail faite De vrai boyau.... la font. Fabl. VIII, 27. Il Fig. Avoir deux cordes, plusieurs cordes à son arc, plus d'une corde à son arc, avoir plusieurs ressources. 1| Terme de géométrie. La corde d'un arc, la ligne droite qui joint les deux extrémités de cet arc. Pour le faire [passer l'Escaut] , Vendôme suivait la corde, qui était très-courte; pour l'empêcher, Marlborough avait à marcher sur l'arc fort étendu et courbé, st-sim. 203, toi. Un bras de mer forme comme la corde de l'arc des montagnes, chateaub. Itin. (56. || Terme de vénerie. Demicorde, end'roit fourré de bois,- où se réfugient les bêtes fauves. || 8° Terme d'horlogerie. Corde de montre, corde de boyau qu'on mettait autrefois aui montres et qui servait à tendre le grand ressort; elle est aujourd'hui remplacée par une petite chaîne en acier. Cette montre est au bout de sa corde. || Terme de relieur. Ficelles de diverses grosseurs dont les relieurs se servent pour faire les nervures des livres qu'ils relient. || Corde à feu, mèche de corde servant à mettre le feu aux artifices. || 9° Corde pour étrangler ou pendre; mort par la strangulation ; supplice de la potence. Sans nulle miséricorde. Je serais digne de la corde, Régnier, Mac. Un traître qui.... Par argent ou faveur s'est sauvé de la corde, id. Sat. V. C'est avec la corde, lo fer ou le poison qu'on ôte pour l'ordinaire la vie aux coupables, bar- THÊL. AJiach. ch. (0. Quoi! dit-il, sans mourir je perdrai cette somme I Je ne me pendrai pas I Et vraiment si ferai. Ou de corde je manquerai, la font. Fabl. IX, te. Il La corde au cou, dans l'attitude d'un criminel qui va être pendu; et fig. sans condition, à merci. Edouard 111 exigea que six bourgeois vinssent lui demander pardon la corde au cou, volt. Moeurs, 7B. |1 Mettre la corde au cou à quelqu'un, le perdre, le ruiner. En l'écoutant seulement [le projet de Georges et du Régent], disait Alberoni, elle [la Hollande] se mettait la corde au cou, stsim. 500, 42. Il Filer sa corde, se livrer à des actes qui doivent conduire à la potence, qui doivent mener à la ruine. || Il a frisé la corde, se dit d'un homme qui a échappé à grand'peine à la potence, à une condamnation capitale. Cette locution provient d'une confusion avec friser la corde du jeu de paume. || Se racheter de la corde, corrompre le juge de manière à échapper à une juste condamnation. Justice est sans miséricorde X l'égard d'un petit larron; Mais au gros elle fait pardon, Quand il se peut racheter de la corde, dans richblet. Il Avoir de la corde do pendu dans sa poche, se dit de celui qui gagne toujours, qui a constamment du bonheur; locution tirée d'une vieille a absurde superstition qui attribue à la corde de pendu des vertus magiques. |{ Un homme de sac et de corde, un vrai scélérat, un homme capable de tout, ainsi dit parce qu'on pendait avec la corde ou noyait dans un sac les scélérats. || 10" Terme de tisserand. Fil dont une étoffe est tissue. Ce drap a la corde fine. Habit usé jusqu'à la corde. || Fig. Cel« est usé jusqu'à la corde, cela est rebattu à satiété. C'est un homme qui est de mise un quart d'heure

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de snitfl, qui le moment d'aprts baisse, dégéntre et perd le peu rie lustre qu'un peu de mémoire lui donnait, et montre lacorde, la hbuy. ii. || Cet homme montre la corde, laisse voir l'embarras do sa position, de ses affaires. Vos soins sont usés, on voit la corde, sÉv. <6(. Le prétexte étant si mince, on voyait la corde et le fond, m. <68. Le roi montra la corde [ce qui le blessait] par le refus chagrin qu'il fittoutnet à Monsieur [d'employer à la guerre le duc de Chartres] pour qu'on ne lui en parlât plus, stsiM. 91, 203. Il 11° Mesure de bois à brûler, qu'on prenait avec une corde et qui équivaut k pou prJs à quatre stères. La corde do Paris valait 3,8 stères; la corde de grand bois 4,4, et la corde de port 4,8. Une corde de bois. || Bois de corde qui se nomme à présent bois do stère, le bois qui se mesure, à la différence des fagots, falourdes, etc. qu'on achète au nombre. || 12" Terme d'anatomie. Corde du tympan, rameau du nerf vidien qui s'introduit dans la caisse du tympan. |j Terme de pathologie. Engorgement oblong et plus ou moins douloureux de l'urèthre, qui survient souvent dans la blennorrhagie. Il Tension d'un muscle causée par quelque lésion. 11 avait mal au bras et y sentait une corde qui le gênait. || Terme de vétérinaire. Corde do farcin, engorgement des vaisseaux lymphatiques sous-cutanés, qui ressemble à une corde. || 13° Nom, au billard, de deux clous placés sur les deux bandes des côtés, en deçà desquels un joueur doit placer sa bille pour commencer à jouer. || 14° Un des noms de la lamproie. Il 15° Sous corde, îoc. adv. qui, dans le commerce, signifie en ballot, sans défaire la corde qui lie le ballot, paroppositionàendétail, pièce à pièce. Leur avons permis de vendre des bas par sixains entiers et sous corde, LcMr. pat. 26 janvier 1735. Il Proverbes. Il ne faut point parler de corde dans la maison d'un pendu, c'est-à-dire il ne faut point parler en une compagnie d'une chose qui puisse iaire <\ quelqu'un un secret reproche. || Le fouet et la corde en sont dehors, se dit d'une affaire épineuse sans doute, mais où il n'y a point de peine afflictive & craindre, d'extrême danger à courir.

— HIST. XII* s. D'enfer puet saint iglise les portes depecier; N'est mie sages hum qui la volf trehuchier; Semble humme qui à corde volt le mund jus sachier. Th. le mart. ss. Les cordes de enfern me unt lied, e les laz de mort m'unt saisid, Itois, 206. Il XIII' s. [Ils] lui ont mis celé CDrde, ce fu grant cruauté, Berte, xv. lîiausfillues [filleul], faites prendre une corde, et le [la] me faites mettre entour le col, Chr. des Uains, p. 43. Nus cordier ne puet ne ne doitnule corde faire de quelque manière que ele soit.... Liv. des met. H. Feme sait moult de renart; Deux cordes a en son arc, Ms. de poésies fr. avant 1300, t. II, p. 723, dans LACURNE. Il XIV" s. Lors te souviengne de celle mort. Et te gard d'aler en son port. Et te gard bien qu'elle ne te morde. Ne qu'à ton coul mecte la corde. Le liv. du bon Jeh. 4229. Il xv's. Car les exemples anciens Nous sont et cordes et liens De nous garder des grans périls Que nous trouvons, par leurs escripts, E. descii. Poésies mss f»520, dans LACURNE. Car sa doulce miséricorde De justice atlrempe la corde. Afin que trop griement ne fiere, ilir. de Ste Genev. Or nous trayons donc sur Aelo, respondirent les deux chevaliers, et ainsi nous aurons deux cordes à un arc, fiîoiss. ii, m, 7». Qui plus despend que n'a vaillant , 11 fait la corde à quoy se pend, leroux de lincy, l'rov. t. ii, p. 402. Il XVI' s. 11 y aura beau jeu, si la chorde ne rompt, HAB. Pant. iv, 6. Des boyaulx on fera chordes de violons et herpès, m. ib. G. Tu n'as Cousteau, serpe ne serpillon, Qui sceust coupper corde, ne cordillon.... MAROT, II, 43. La roynetenoit pour criminels tous ceux qui touchoient cette corde, d'aub. //ts(. i, 96. D'assiéger et prendre le roi dedans Dieppe, ou lui faire quitter la partie et s'embarquer pour gagner l'Angleterre : à la vérité c'eust esté perdre le roiaume qui estoit sous la corde, ID. ib. m, 218. Curio, qui defendoit pour lors le party de Caesar, tira à sa corde Antonius, amyot, Anton. 7. Comme ce cordier là que l'on paint en la description des enfers, laisse consumer à un asne paissant auprès de luy, autant de chorde de genest, comme il en peult plier et tordre, id. De la tranq. d'âme, 30. Corde triplée est de durée, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. i6i. X gros larron grosse corde, cotgrave. â longue corde tire qui mort d'autrui désire, id. La lieue de Bourgogne contient cinquante portées de longueur, la portée douze cordes, la corde douze aulnes de Provins, l'aulne deux pieds et demi, le pied douze poulces, t'oujt». génér. 1. 1, p. 8(5. Persista toujours en ses dénégations; à raison de quoy il ordonna qu 11 fust mis à la corde; mais plus on luy bailloit la

question forte et cruelle, plus sa "»ndoit opiniastre, Niiils de Straparole, t. ii, p. 299, dans i.acuhne.

— ÉTYM. Wallon, coide; provonç. et ilal. corda; espagn. cuerda ; du latin chordu, proprement boyau , puis corde à boyau, puis corde en général, de

t \. CORDft, lîE (kor-dé, dée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un cœur de carte à jouer.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur.

2. COUDÉ, ÉE (kor-dé, dée), part, passé. || l°Mis en corde. Du chanvre cordé. || 2° Oui a la forme d'une corde. Racine cordée, racine filandreuse et ligneuse. Il Terme de blason. Arcs, instruments de musique cordés, ceux dont les cordes sont d'un autre émail que le corps. || Terme de vétérinaire. Flanc cordé, flanc présentant une cavité profonde en avant de l'angle de la hanche. || Terme de pathologie. Chaudepisse cordée, nom vulgaire de la blennorrhagie dans laquelle il se forme une sorte de corde par la violence de l'inflammation. || Terme de pêche. Lamproie cordée, lamproie qui se corde et cesse d'être bonne à manger.

— ÉTYM. Corde.

CORDEAU (kor-dô), s. m. \\ 1° Petite corde pour mesurer et aligner. Des rues tirées au cordeau. Tout est tiré au cordeau dans Saturne et dans Jupiter, VOLT. Microm. 4. Vieux soldats de plomb que nous sommes, Au cordeau nous alignant tous, bérang. Fous. Vous ne voyez rien d'aligné, rien de nivelé, jamais le cordeau n'entra dans ce lieu; la nature ne plante rien au cordeau, j.j.rouss. 7f^i. iv, tt. ||Fig. Ce petit bel esprit, orateur du barreau. Alignant froidement ses phrases au cordeau, volt, la Vanité. Il 2° Corde menue dont on se sert pour conduire un bateau. Tirer au cordeau. || Dans les courses de chevaux, tenir le cordeau se dit dans le même sens que tenir la corde, pour signifier être, parmi les coureurs, le plus près de la corde intérieure du champ de course. Les coureurs tirent au sort à qui aura le cordeau. || 3° Corde dont on se servait pour étrangler. On dit aujourd'hui de préférence cordon. Et le plus saint d'entre eux, sauf le droit du cordeau, Vivait au cabaret pour mourir au bordeau, RÉGNIER, Sat. X. Elle n'est plus vivante! — Quoi! si tôt? parle feu, le fer ou le cordeau? tristan, SInrt de Clirispe,v, to. Celui-ci se l'attache [le lacs] et se pend bien et beau; Ce qui le consola peut-être Fut qu'un autre eût, pour lui, fait les frais du cordeau, la font. Fabl. ix, I6. L'empire romain mis à l'encan, et celui des Ottomans exposé tous les jours au cordeau nous marquent l'aveuglement de ce-jx qui ne font consister l'autorité que dans la force, RETZ, II, 93. Louis le Ilutin fit périr sa femme Marguerite de Bourgogne par le cordeau, volt. Mœurs, 75. Le prix de tant de peines [du vizir] a été souvent l'exil ou le cordeau, id. ib. 93. || 4° Lisières de certaines étoffes de laine de dernière qualité. Il 5° Terme de pèche. Cordeau de nuit, la ligne de fond pour les anguilles. || Cordeaux, morceaux de ficelle, attachés de distance en distance à la ligne de fond.

— HIST. XII' s. Par la ventaiUe [du casque] [il] fait les cordais [tresses de .sa barbe] sacher, Ronc. p. 134. Ijxrv's. Pren un cordel, et puis l'attache à la lesse, Modus, f° lxxxii, verso. Les cordeaux si peu amorsés es oches qu'ilz chieent [tombent] legierement, se l'esprevier se fiert dedans, ib. cxxiii. Il XV' s. Et disoient là les aucuns que le duc de Bretagne avoit fait et brassé tout ce cordel, froiss. m, IV, 29. Furent ammenez à Paris tous liez en un chariot et le cordel au col ; mais madame de Guyenne leur sauva la vie par sa prière, Hist. d'Artus m, connest. du duc de Bret. p. 771, dans lacurne. Il XVI' s. Un usurier à la teste pelée D'un petit blanc acheta un cordeau Pour s'estrangler, marot, m, 182. Il commencea à faire aligner et tirer le cordeau pour la citadelle, carl. vi, 41.

— f.TYM. Diminutif de corde; wallon, coirdai; namur. cnirdia; provenç. et espagn. cordel.

t CORDÉE (kor-dée)', s. {. ||l°Ce qui peut être contenu dans une corde. Une cordée de bois. Il 2° Terme de pêche. Ficelle à laquelle sont attachés plusieurs hameçons.

— HIST. XVI' s. Et ceste longue cordée de fortunes et de rencontres, mont, ui, 230.

— RTYM. Corde.

t CORDELAT (kor-de-la), s. m. Étoffe de laine grossière.

— ÈTYM. Corde.

CORDELÉ, ÉE (kor-de-lé, lée), part, passé. Cheveux cordelés. || Terme d'histoire naturelle. Qui est marqué comme de tours de cordes.

CORDELER (kor-de-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette: je cordelle; je cordellerai) , v. a. Tordre ou tresser en forme de corde.

— HIST. XVI' s. Bourdeille avec ses cheveux gris cordelez, d'alb. Fœn. iv, (3.

— ETYM. Cordelle.

CORDELETTE (kor-de-lè-f), s. f. Petite corde. Il Terme de conchyliologie. Elévation longue et étroite qui règne le long d'une coquille.

— HIST. xiv's. Sachet de toile pendu à une cordelette, Ménacjier, ii, 5. Bien attachié à une forte et longue cordelette, Modus, f° lxxiv. || xvi' s. 11 faut mettre entre les dents du patient une cordelette, et frapper dessus, paré, viii, 2. Le bastoii sur le quel les dames d'Italie font, à l'aiguille, des cordelettes et autres menus ouvrages, Nuits de Strur parole, t. ii, p. 369, dans lacurnb.

— fiTYM. Diminutif de cordelle.

CORDELIER (kor-de-lié; l'r ne se lie jamais; au

pluriel, r.ï se lie ; les cordeliers et leur couvent; dites: les kor-dc-lié-z et....), s. m. ||l°Nom des religieux de l'ordre de St-François d'Assise, qui sont habillés de gros drap brun ou noir avec un petit capuce, un chaperon et un manteau de même étoffe, et qui ont une ceinture de corde où il y a trois nœuds : on les appelle aussi franciscains et frères mineurs. Ils se divisent en conventuels ou de la grande observance à qui il est permis de posséder des immeubles, et en observantins ou de l'étroite observance qui ne peuvent rien posséder. Les cordeliers embrassent les sentiments de Scot, parce que Scot était cordelier, MALLEBR. Recherche, v, o. Un cordelier, son orateur [de Jean duc de Bourgogne], nommé Jean Petit, soutint, en présence du dauphin qui présidait, que le duc d'Orléans, par diverses actions, s'était montré un impie et un tyran, saint-foix, Fss. Paris, OEuvres, t. v, p. 157, dans pouoens. || Aller sur la haquenée, sur la mule des cordeliers, voyager le bâton à la main. Il Avoir la conscience large comme la manche d'un cordelier, être peu scrupuleux. || Parler latin devant les cordeliers, parler avec assurance d'une chose qu'on connaît mal devant des gens qui la connaissent bien. Il Être gris comme un cordelier, être ivre, par un mauvais jeu de mots sur le vêtement gris que les cordeliers portaient autrefois. || 2° Dans la Révolution française , membre du club des cordeliers , club ainsi nommé parce qu'il siégeait dans un ancien couvent de cordeliers. Camille Desmoulins avait été membre de ce club, et c'est pour cela qu'il intitula le Vieux cordelier le journal où il blâmait les excès révolutionnaires et qui le fil bientôt périr sur l'échafaud. || 3° S. f. Cordelières, religieuses de l'ordre de St-François d'Assise, qui doivent leur fondation et leur établissement à Blanche, fille du roi saint Louis. Leur habit se rapproche de celui des cordeliers.

— HIST. xiii* S. Cil cordeler ....Qui tousjours vont deschauz et se frètent au lange, Chantepleure , ms. de St-Germain, f° io4, dans lacurne. Or sui Robers, or sui Robins, Or cordeliers, or jacobins, la Rose, H240. || xiv' s. Li uns des cordeliers, qui estoit moult prodons. Salua hautement chevaliers et barons, Guescl. 8705. Ans ordres mendians, à la gent cordelière Donna tant de florins, que cil à voit [voix] legiere Crioient hautement.... Baud. de Seb. I, 891. Ilxv's. Vous en sçavez assez, et seroit parler latin devant les cordeliers, comm. m, 4. Il XVI' s. Et que surtout il se gardast que son mari ne le vist aller aux cordeliers, maro. Nouv. xxxv. Il la trouva encore en la chapelle, si désespérée, que, s'il lui eut esté licite de se rendre cordelière, elle y fut demeurée, id. ib. cxiv. Un mal et un cordelier, rarement seul par sentier, leroux de lincy, Prov. t. I, p. ».

— F.TYM. Corde/Je; bourguig. codelei.

CORDELIÈRE (kor- de-liè-r'), s. f. || 1» Corde à

plusieurs nœuds que les religieux et religieuses de St-François portent autour du corps. || Par analogie, corde élégante en laine ou en soie pour serrer une robe de chambre autour du corps. || 2° Espèce de collier que l'on mettait autour des armoiries et particulièrement des armoiries des veuves et des filles, pour marquer la dévotion à saint François d'Assise. L'an 1470, Claude de Montagu ayant été lue au combat de Bussy, Louise de la Tour d'Auvergne, sa veuve, prit pour devise une cordelière à nœuds déliés et rompus, avec ces mots : j'ai le corps délié, Dict. des ordres relig. Cordelière. \\ 3° Autrefois, petite tresse à plusieurs nœuds que les femmes portaient autour du cou. Il 4° Torsade de soie, d'argent ou d'or. Il 5° Terme d'architecture. Baguette sculptée en forme de corde. || 6° Terme de typographie. Pelil rang de vignettes de fonte pour cadres.

COR

COR

COU

— HIST. XV' S. Quatre chaînes d'or, l'imo faite à cordeliero. l'autre à petites boucles pleines, l'autre.... GODEFROY, Observ. sur Charles VIH, p. 308, dans r ACIWNE. Il xvi° s. Velour cramoisi, .scmô de cordelières d'or, p. ciiOQuiî, dans Leroux de lincy, Bibl. des Chartes, 5" série, t. ii, p. 400. Je leur donne le frontal de cordes liées en cordelière, je les pends par les aisselles, Satyr. Mén. p. 08.

— ÉTYM. Cordelier.

f CORDELINE (kor-de~ll-n') , s. f. Lisière d'une étoffe de soie. || Petite tringle servant à prendre le verre fondu qu'il faut pour faire le cordon d'une bouteille.

— ÉTYM. Cordelle.

COUBELLE (l^or-dè-1') , s. f. Corde dont on se sert pour le lialage des bateaux en rivière et, sur mer, pour divers usages de chaloupes. Nos matelots nous tiraient à la cordelle, ciiateaub. Itin. m, 70. Il Par extension. Une clef.... Qui tire à sa cordelle une noix d'arbaleste, régnier, Sat. x. || Fig. On a souvent parlé ailleurs de toute cette cordelle de bâtardise [de toute la séquelle dos bâtards de Louis XIV] , ST-siM. 484, 12. Il C'est un homme de sa cordelle, c'est un homme de son parti, de sa cabale.

— HIST. xiii" s. C'est cil qui, por aprivoisier. Bat son chat et puis le rapele, Por le lier à sa cordele, la Rose, 9772. Ha! Bel-Acueil, ge sai de voir Qu'il vous béent à décevoir. Et faire tant par lor flavele [parole] Qu'il vous traient à lor cordele, ib. 4060. Et en tele voie pot aler quarete l'une après l'autre, mais hestes n'i poent aler fors en cordele, beaum. XXV, 2. Moult tient bien de sa gent la compaigne serrée, S'ont lor sas [sacs] à lor cols à cordele torsée, Ch. d'Ant. compl. 95. Orme dites, por Dieu, se nos fuit nos rendons As frères des cordeles ou as autres maisons [si nous nous faisons tous cordeliers]. Doctrinal, ms. de St-Germain, f" (03, dans LACHRNE. Il xiv° S. Une déliée cordelle qui soit si forte qu'elle puisse sofl'rir le tirer que le chevreul fera quant il sera prins, Modus, ,f° lxxi. || xV s. Ils s'encontrerent de plein eslai et de droite visée et aussi bien comme s'ils l'eussent ligné à la cordelle, FEOiss. II, m, 69. Et [le duc d'Yrlande] atlraioit toutes manières de chevaliers et d'esouyers à sa cordelle et opinion, id. ii, hi, 74. ||xvi° s. Les Vitelliens avoient jà tiré à leur cordelle les deux plus grands [fils de Brutu.ç] , pource qu'ilz hantoient familièrement ensemble comme cousins germains, AMYOT, Publ. 5. Touchant soncueur, je l'ay en ma cordelle. Et son mari n'a sinon le corps d'elle, ma- ROT, II, 397. Il se servit d'un sien compagnon, qui d'une fenestre en hors tiroit une cordelle ceinte à travers le corps du travaillant, d'aur. liist. i, 3io. Bostail en cordelle [bétail mené avec une corde] , Coust. génér. t. i, p. 370. La mort cruelle Qui de ceux-là romp lacord»lle, qui s'entraimoient uniquement. Opuscules de P. Énoc, p. 83, dans lacurne.

— ÉTYM. Diminutif de corde ; bourguig. co délie ; wallon, coirdale; namurois, coirdèle; Berry, tirer à la cordelle, tirera soi; provenç. et itah cordella.

CORDER (kor-dô), V. a. || 1°' Mettre en corde. Corder du chanvre. || Par extension, corder du tabac, rouler des feuilles ensemble. Corder un ballot, le ficeler. || 2° Mesurer à la corde. Corder du bois. Il 3° Se corder, v. réfl. Se tresser en corde. Il y a des matières qui .se cordent bien mieux les unes que les autres. || Se durcir au milieu, en parlant de plantes, de racines. Voici le temps que les raves se cordent. || X une certaine époque de l'année, les lamproies se cordent, c'est-à-dire ont une dureté longitudinale dans le corps et cessent d'être bonnes îl manger. || Être mesuré à la corde, en parlant du iois. Le bois tortu ne se corde pas bien.

— IlEM. On dit souvent dans le peuple corder pour : être, vivre en bonne intelligence : Ces époux cordent bien. Corder en ce sens n'a sans doute rien ie commun avec corder, mettre en corde; ce semble être une apocope de accorder.

— HIST. xm" s. Li premiers trousiaus donra quatre deniers, et tout li autres trousiau cordé après, deux deniers, Liv. des met. 28i. N'aurés de moi, par le cors Dé, Fors cote et sorcot de cordé, la iio.se, 9330. Il XV* s. Par ma foi, Perrot! il n'est pas en ma puissance, mais venez par ci: et faites apporter vos eschelles cordées [faites de cordes], froiss. II, m, 99. Escheîes cordées à graves de fer, pour jeter sur les murs et attacher aux guérites, id. i, i, 199. Et cordée comme une lamproye, coquillart, Enijuesle entre la simple et ta rusée. || xvi" s. BOOO paires de souliers communs, ttooo paires de touliers cordez, d'aub. llist. m, 87.

— ÉTYM. Corde; iirovenç. cordar.

œRUERIE (kor-de-rie),*«. f. Atelier où l'on fa-

DICT. bE LA LANGUE FRANÇAISE

bri<|ue des cordes. || L'art du cordler. Il perfectionna l'art de la corderie; il prouva qu'en tordant moins les câbles, on avait des cordages aussi forts, plus durables, moins pesants, qui exigeaient et moins de matière et moins de main-d'œuvre, con- DORCET, Duhamel. \\ Endroit oii l'on dépose les cordes.

— ÉTYM. Corder.

CORDIAL, ALE (kor-di-al, a-1'), adj. \\ 1° Terme de médecine. Réconfortant. Potion cordiale. Des remèdes cordiaux. Afin d'augmenter la gaieté de nos repas indiens par ces douces et cordiales productions de l'Europe, BERN. de s. -p. Paul et Virginie,]). 102. Il Substantivement. Les cordiaux, médicaments qui ont la propriété d'augmenter promptement la chaleur générale du corps et l'action du cœur et de l'estomac. Avait-elle rempli cette boîte pour son époux de cordiaux achetés du fruit de ses épargnes? CHATEAUB. Génie, i, v, lt. || 2° Fig. Qui est dévoué de cœur, qui vient du cœur. C'est un ami cordial. Son accueil fut très-cordial.

— HIST. XII" s. Chascun pleure sa terre et son pais. Quant ii se part de ses coraux amis, Couci, XXIV. Il XIII" s. Tu ne leur dois mie estre si tendrement coreux. Que tu en entroblies les poures langoreux, J. DE MEUNG, Test. 382. Il XVI" s. La cordiale affection de laquelle tousjours ha chery ses subjectz, RAB. Garg.i, 3). Une opiatte cordialle, id. Pant. V, Prol. 11 les a voulu amener à une droite repentance et cordiale, se monstrant si humain envers eux, CALV. Instit. 483. Ce ne sont pas tant remèdes pour adoucir le mal que venins arrousez de miel, afin de n'offenser point trop par leur rudesse le premier goust, ains tromper et entrer aux parties cordiales avant qu'estre sentuz, ID. ib. 499. Une crainte cordiale de son nom [de Dieu], id. i6. 609. Il ne s'y doit ouir autres prières que cordiales, id. ib. 708. La façon de prier doit provenir d'un désir cordial, id. ib. 677. Vin blanc ou eaux cordiales. — Luy sera appliqué sur la région du cœur un epitheme cordial, paré, ix, 24. Attendu que par crainte ilz décernent de mesmes choses qu'ils feroient par vraye et cordiale amitié , amyot, De'métr. 40. La modestie, la recognoissanco cordiale et sérieuse de son peu est un bon tesmoignage de bon et sain jugement, CHARRON, Sagesse, p. 233, dans lacuene.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. cordial ; ital. cordiale; du latin cor, cordis, cœur. L'ancien français disait coral et non cordial. Pourtant cordial se trouve dans cordialment ûhs le xiv" siècle.

CORDIALEMENT (kor-di-a-le-man), adv. D'une manière cordiale. 11 m'a parlé cordialement. Je vous embrasse très-tendrement et très-cordialement, c'est un mot de ma grand'mère, sÉv. 439. Est-ce là agir sincèrement et cordialement? PAsc. Prov. 2. Le roi alla au bout de la salle des gardes au-devant de lui [.lacques II] ; le roi d'Angleterre se baissa fort comme s'il eût voulu embrasser ses genoux; le roi l'en empêcha et l'embrassa à trois ou quatre reprises fort cordialement, sÉv. 606. Je le pardonne non point seulement de bouche ni en apparence, mais sincèrement, mais cordialement, bourd. Pensées, t. ii, p. 80. Il Par antiphrase, haïr cordialement quelqu'un, franchement et ouvertement. MM. Servien et le Tellier se haïssaient cordialement, retz, ISém. t. m, liv. IV, p. 327, dans pougens.

— HIST. XIII" s. Por quoi je le devroie amer trop corelment, j. de meung. Test. 252. ||xiv' s. Et l'admonestorent qu'elle amast cordialment son mari, ilénagier, l, 6. Pensez très ententivement et cordialment à tous vos pechiés pour vous en deschargier, ib. i, 3. || xv" s. Aimer cordiallement, Perceforest, t. IV, f° < 38. Il XVI* s. Aussi ils ne l'aiment pas cordialement de leur costé comme estans les enfans, mais sont poussez d'une affection mercenaire, c.alv. Instit. 428. 11 avoit une sœur, laquelle luy estoit fort fidèle et l'aimoit cordialement, amyot, h'ab. 43.

— ÉTYM. Cordiale, et le suffixe ment. L'ancien français disait corelment.

CORDIALITÉ (kor-di-a-li-té) , s. f. Bienveillance ouverte et sincère, franche. Accueillir avec cordialité. Parler avec cordialité. Il ne m'y manqua que d'un moment, et le moment m'eût infailliblement donné la liberté; j'en ai la même obligation à M. d'Hacqueville; mais je suis assuré que, de l'humeur et de la cordialité dont il est, il n'en eut pas la môme joie, retz, if (?iii. t. m, liv. iv, p. 4io,dans POUGENS. Elles s'embrassèrent en pleurant; et il y eut même entre elles de la cordialité et de la franchise, attendu que l'entrevue ne se faisait pas dans un palais, volt. Bobi/ione, 5.

— HIST. XVI" s. Cordialité, oudin, Die*.

— ÉTYM. Cordial.

CORDIER (kor-dié; Vr ne se lie jamais; au plu riel, l's se lie : les cordiers et les cordes, dites : les kor-dié-z et les cordes), s. m. || 1° Fabricant de cordes. || 2* Terme de pêche. Celui qui pêche avec des cordes garnies d'hameçons. || Adj. Bateau cordier, celui qui va à cette pèche. Pêcheur cordier.

— HIST. XIII* s. n puet estre cordier à Paris qui veut, c'est à savoir faisierres de cordes de toutes

manières de fil, Liv. des met. i>. \\ xv* s Cy est

uns homs. Voire deux meurdriers et larrons.... Donnez-leur l'ordre du cordier [pendez-les] , e. desch. Poésies mss. f° 235. dans lacubne. || xvi* s. Faire comme le cordier, gagner sa vie à reculons, O'JDIN, Curios. franc.

— ÉTYM. Corde ; provenç. cordier; portug. eordoeiro ; ital. corda jo.

t CORDIFOLIÉ, ÉE (kor-di-fo-li-é, ée),adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur, et /bd'um, feuille. CORDIFORME (kor-di-for-m') , adj. Terme de botanique. Qui est en forme de cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur, et forma, forme.

t CORDIGÈRK (kor-di-jô-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une marque en forme de cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur, et fferere, porter. t CORDILLAS (kor-di-llâ. Il mouillées), s. m.

Terme de commerce. Nom d'une ancienne étoffe grcssière de laine.

— HIST. XVI* s. La plus fine partie destinera elle à faire des fines sarges, et des bons draps, des burats, des reverches, des cordillats, o. de serres, 883.

— ÉTYM. Corde.

t CORDILLE (kor-di-ir, (i mouillées),», m. Terme de pêche. Jeune thon qui sort de l'œuf.

— ÉTYM. Diminutif de corde, à cause de la ténuité du jeune poisson.

t CORDIMAXE (kor-di-ma-n"), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes faites en forme de cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cœur, et manus, main.

+ CORDITÈLE (kor-di-tè-l'), adj. f Terme de zoologie. Qui jette des fils solitaires en manière de cordes; se dit de l'araignée qui, au lieu de toile, fait de ces fils.

— ÉTYM. Corde, et le latin iela, toile.

f CORDO.MÈTRE (kor-do-mè-tr') , s. m. Terme de musique. Instrument pour mesurer la grosseur des cordes.

— ÉTYM. Corde, et mètre, mesure.

CORDON (kor-don), s. m. || 1° Une des petites cordes dont la corde est composée, une corde totale étant formée de plusieurs cordes partielles tordues ensemble. || Terme de marine. Aussières commises pour servir à la composition du grelin. || Cordon de chanvre, chanvre prêt à filer. || 2* Sorte de petite corde. La bête scélérate X de certains cordons se tenait par la patte, la font. Fabl. ni, 8. || 3* Corde par laquelle un portier ouvre, de sa loge, la porte. Les portiers tirent le cordon pour ouvrir. Portier, ce soir, gardez-vous de m'attendre; Je veux sortir : le cordon s'il vous plaît, bérano. Cordon. Il 4* Tissu fait ordinairement d'une matière plus précieuse que le chanvre. Cordon de fil, de soie, de coton, de laine. Cordon rond, plat. Cordon de montre. || Cordon de chapeau, ou, simplement, cordon, le cordon ou ruban dont on entoure la forme d'un chapeau, soit pour le tenir en état, soit pour l'orner. Couvert d'un vieux chapeau de cordon dépouillé, BOiL. Sa<. x. || Cordons de souliers, les cordons qui servent à attacher les souliers, jj Fig. N'être pas digne de dénouer les cordons des souliers de quelqu'un, lui être très-inférieur en mérite. |(Les cordons de la bourse, les liens qui la ferment. || Fig. Tenir les cordons de la Iwurse, avoir le maniement de l'argent dans le ménage. Qu'on soit bien fait , qu'on ait quelque talent; Que les cordonsde la bourse ne tiennent [ne soient pas fermés] , lafont. Ifajn. || Délier, desserrer, dénouer les cordons de la bourse, donner de l'argent. || 6" Lacet de soie qui sert à étrangler. Le Grand Seigneur envoya le cordon au pacha. Ne savez-vous pas [Timon] qu'on no manque à Athènes ni de cordons coulants ni de précipices? pén. XIX, 202. Il 6° Cordon d'un ordre de chevalerie, ruban auquel on porte attachées les marques de cet ordre, passé ordinairement en écharpe, de droite à gauche, ou de gauche à droite. Porter le cordon de plusieurs ordres. Cette multitude nombreuse, éblouie et subjuguée pa.' .■:•:■ décorations extérieures, et à qui un cordon en impose plus qu'un bon ouvrage, d'alemb. Éloges, Clerembaut. J'aime à fronder les préjugés gothiques Et les cordons de toutes les

COR

couleurs, nitnANG. iVouti. Dioff. Que de géants là-bas (e vois paraître! Vieux ou nouveaux, tous nobles à cordons I id. Dix mille f. \\ Le grand cordon de la Légion d'honneur. || Cordon rouge, ruban large et couleur de feu, auquel est attachée une croix de Saint-Louis, Et aussi la personne qui porte ce cordon. Il Le cordon bleu était l'insigne des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit. Un cordon bleu, un homme décoré du cordon de cet ordre. 11 y avait plusieurs cordons bleus. Un vieux Parabère, cordon bleu, lui demanda en parlant de la dernière bataille qu'il avait perdue : Monsieur, pourquoi la donniez-vous?Mon- »ieur, lui répondit le duc de Weimar, c'est que je croyais la gagner ; et puis se tourna : Qui est ce sot cordon bleu-Ki? sÉv. 208. Dans le doigt d'une dame un marquis cordon bleu Vit un gros diamant brillant et plein de feu, botosault, dans richelet. Ils [les maréchaux] préfèrent au cordon bleu De l'honneur l'étoile sacrée, béhano. Deux cous. || Par extension. Je n'ai pas trouvé dans le Ménagiana ce que j'avais dit à M. Ménage et dont il était convenu, que l'Académie française était le cordon bleu des l)eaux esprits; il le disait souvent comme venant de moi, sEGRAis, Mémoires, anecdot ,t. ii,p. 6. ||l"amilièrement et par plaisanterie. Un cordon bleu, une cuisinière très-habile. || Le cordon noir, ruban large, moiré et noir auquel était attachée la croix de l'ordre de Saint-Michel. || 7° Terme de blason. Marque qui accompagne l'écusson d'un dignitaire ecclésiastique. Les cardinaux ont un cordon rouge, d'où pendent, de chaque côté, quinze houppes de même couleur, en cinq rangs. Les archevêques ont le cordon et dix houppes de sinople, en quatre rangs. Les évèques l'ont aussi de sinople, mais n'ont que six houppesen trois rangs. || 8° Cordelette bénite que portaient les membres de certaines confréries. Et l'ordre du cordon des pères recollets, Régnier, Sai. xui. Il Cordon de Saint-François, ceinture dont les religieux de Saint-François sont ceints. || Confrérie du cordon de Saint-François, confrérie instituée en mémoire des liens dont Jésus-Christ fut attaché. Être ducordonde Saint-François. || 9° Terme de botanique. Cordon ombilical, filet plus ou moins développé, plus ou moins délié, qui est fixé d'une part au placenta, et de l'autre à l'ombilic de la graine. || Cordon pistillaire, ensemble de vaisseaux qui vont du stigmate aux ovules. |{ Terme d'anatomie. Cordon ombilical, et, absolument, cordon, le cordon qui unit le placenta au fœtus. Nouer, couper )e cordon. Il Cordons nerveux, les principales divisions d'un nerf. || 10° Terme de jardinage. Cordon, forme donnée à certains arbres fruitiers, tels que le pommier ouïe poirier, pour en faire des bordures. Ilssontplacés à 1 mètre de distance, courbés à 25 centimètres de hauteur, palissés sur un fil de fer jusqu'à ce que chaque tige ait atteint i mètre de longueur; alors on les greffe les uns sur les autres, ils se soutiennent d'eux-mêmes. || Forme donnée à la vigne en treille. || Cordon de gazon, étroite bande de gazon le long de certaines plates-bandes. || 11° Rangée d'objets placés en file. Un cordon de lampions. Autour de net amas de viandes entassées. Régnait un long cordon d'alouettes pressées, boil. Sat. Jii. || Cordon de martres, plusieurs queues de ces animaux atlacbées ensemble. {| Terme d'eaux et forêts. Lisière, bordure d'arbres. {| 12° Terme de fortification. Cordon de muraille, pierres en forme de cordon qui ceignent les murailles des places fortes. Aux ouvrages de terre, le cordon s'appelle fraise. || 13° Terme d'architecture. Ornement des murs, consistant dans une bande extérieure de pierre arrondie, qui r'gne dans toute leur longueur. || 14° Terme de guerre. Suite de postes établis pour couper certaines communications. La communication étant interdite par un cordon de troupes, volt. Roi de Pr. <59. || Cordon sanitaire, ligne de défense établie, soit aux frontières d'un État, soit aux limites d'une province, d'un département, et composée de troupes ayant pour consigne de s'opposer à l'introduction des hommes, des animaux et de tous autres objets suspects provenant des lieux où règne une maladie contagieuse. Il 15° Bord façonné qui règne autour d'une pièce de monnaie. || Sorte de lien de fer qui est à chaque moyeu de carrosse, ou près des rais de la roue. Il Terme d'artillerie. Cercle de renfort, d'ornement ou de division dans une bouche à feu ; on dit aussi astragale. || 16° Veine de cailloux qui empêche de travailler le bloc d'ardoise. || 17° Cordon noir, espice du genre Sylvie, oiseau.

— HiST. xnr s. Chevalier en mon vivant, N'amai onc fors Marion, La cortoise, la vaillant, Qui m'a donné riche don. Panetière de cordon, Ms. de poésies (tans, avanl laoo, t. ii, p. 650, dans lacurne.

COR

En la corde .s'encordent cordée i trois cordons, ru- TED. <8i. Il xiv s. 11 avoient tendu, par noble establison. De soie un petit fil, menu fu le cordon, Gucscl. 216.33. Il XVI* s. Car vous sçavez qu'à gorge blanche et grasse Le cordon noir n'a point mauvaise grâce, marot, il, 4 19. Un grand chapeau à large rebras et doubles cordons, amyot, Démétr. B7. Il demanda à son homme de chambre un cordon d'esmeraudes qu'il avoit porté le jour de devant ses nopces, d'aub. //ùt. II, 122. Tel larron, tel cordon,

COTGRAVE

— ÉTYM. Corde; bourguig. codon; provenç. corda; espagn. cordon; ital. cordone.

CORDONNÊ, ÉE (kor-do-né, née), part, passé. Le duc d'Anjou porta la toison d'or avec un ruban noir cordonné, en attendant d'en recevoir le collier en Espagne, st-sim. 83, 86. || Coquille cordonnée, coquille marquée de saillies en forme de cordons.

CORDONNER (kor-do-né), v. a. Tordre en forme de cordon. Cordonner de la soie. Cordonner des cheveux, les tresser.

— ÊTYM. Cordon.

CORDONNERIE (kor-do-nerie) , s. f. Le métier de cordonnier. Apprendre la cordonnerie. || Atelier de cordonniers. || Lieu où l'on vend des chaussures. Il Dans certains établissements, lieu où l'on dépose les chaussures.

— HIST. XIII" s. Quiconques fet le mestier de cordouanerie de soulers et de hueses, il doit chascun an douze deniers au roy, Liv. des met. 229.

— ÉTYM. Cordonnier.

CORDONNET (kor-do-nè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: des kordo-nè-z élégants; cordonnets rime avec traits, jamais, succès), s. m. Il 1° Petit cordon pour attaclier, noMer ou enfiler quelque chose. || 2° Grosse soie torse pour coudre, faite avec la bourre de soie traitée par le peignage. || Ganse de soie ou de fil ferrée par un bout. || 3° Terme de monnaie. Marque empreinte sur la tranche des pièces d'or ou d'argent.

— ÉTYM. Diminutif de cordon ; provenç. cordonet.

CORDONNIER , IERE {kor-do-nié,niè-r') , s.m.elf. Il 1° Celui, celle qui fait les chaussures. Lisez mon nom, vous le pouvez, messieurs; Mon cordonnier l'a mis autour de ma semelle, la font. Fabl. xii, 17. En même temps ils mirent à leur têle un Kelesiski, maître cordonnier, qui leur fit un corps de doctrine qu'on appela les formes de Kelesiski, boss. Variât, xi, § I73. Je suis cordonnier pour femmes, lesage. Les trois commères, actei, se. 9. ApoUodore me dit: il £st fils d'un cordonnier, et gendre do Cotys, roi de Tlirace; il s'appelle Iphicrate [général athénien], bartuél. Ânach. ch. 7. || 2° Nom vulgaire donné à une espèce de goélands bruns et noirs. || Poisson du golfe de Guinée. || Proverbes. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, c'est-àdire ceux qui ont les choses en main négligent de s'en servir, d'en tirer parti. 1| Cordonnier, mêlezvous de votre pantoufle , se dit quelquefois pour avertir quelqu'un de ne pas parler de ce qu'il ne connaît pas, de ce qui est au-dessus de sa portée, par allusion à ce qu'on raconte du peintre Apelle, qui, acceptant la critique d'un cordonnier pour la chaussure d'un de ses personnages, le renvoya aux pantoufles quand il voulut critiquer d'autres parties du tableau. C'est une imitation du proverbe latin : Ne siilor supra crepidam (que le cordonnier n'aille pas au-dessus de la bottine).

— IlIST. XIII' s. Nuz cordouaniers ne puet ne ne doit mètre bazane avecques cordouan en nule œuvre qu'il face, Liv. des met. 228. Mais onques, ce ne fet douter, Cordoaniers n'ot bons solers ; N'ainc drapiers ne fu bien vestus, Hist. litt. t. xxiii, p. 6») . Il XIV" s. Et mettroit le charpentier en l'angle o et le corduennier en b, oresme, Eth. 45).||xv' s. Il estoit fils d'un cordouanier d'une petite ville, comm. VII, 3. Il devint amoureux de la femme d'un cordouannier. — Il fit tant qu'il parla à la belle cordouanniere, louis xi, JVouu. lxvii. || xvi" s. La pluspart n'est non plus propre à exercer cest office que seroit un cordouannier à labourer les champs, Ckiy.Instit. 604. Cordonnier, id. ib. 878. X quoy ayde cette coustume que les mariages sont deffendus de l'un mestier à l'aultre; ne peult une de race courdonniere espouser un charpentier, mont, m, 321. Gain du cordouanier entre par l'iuiys et ist [sort] par le fumier, leroux de lincy, l'rov. t. ii, p. <24. *

— ÉTYM. Ane. franc, cordouan, cuir, ainsi dit de la ville de Cordoue, où on le préparait; provenç. cordoneir; ital. cordovaniere.

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