‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 457 sur 504 · CORÉE (ko-rée) , s. /". Voy. ciiorée · texte numérisé non relu

CORÉE (ko-rée) , s. /". Voy. ciiorée

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t 2. CORÉE (ko-rée), s. f. Variété de pommes à

cidre du Calvados.

t CORÊGENCE (ko-ré-jan-s') , s.f. Dignité, fonctions de corégent.

|- CORÉGENT (ko-ré-jan), s. m. Prince qui partage avec un autre les fonctions de régent du royaume.

— ÉTYM. Co, avec, et régent.

CORELIGIONNAIRE (ko-re-li-jio-nê-r') ,s. m. et A

Celui, celle qui professe la môme religion qu'un autre. Il défendit les intérêts de ses coreligionnaires.

— REM. Pourquoi l'Académie, qui écrit corrélation, corrélatif, avec deux r, écrit-elle coreligionnaire avec une seule r."

— ÉTYM. Co, avec, et religion.

t CORESSE (ko-rè-s') , s. f. Terme de pêche. Magasin où l'on prépare les harengs saurs à Dunkerque et à Calais.

t GORET (ko-rè), s. m. Espèce de petite coquille (planorbe) très-abondante au Sénégal dans les eaux douces.

t CORETTE (ko-rè-f), s. f. Terme de botanique. Corette potagère (corchorus olitorius, L.), plante d'Egypte cultivée aussi en Asie et en Amérique pour ses feuilles qui sont alimentaires; dite aussi guimauve potagère, mauve des Juifs. || On le trouve au.ssi dans les dictionnaires écrit corète.

t GORGE (kor-j') ou COURGE (kour-j') ,j. f. Terme de commerce. Paquet de 20 pièces de toile de coton des Indes.

— ÉTYM. Probablement courge 2.

CORIACE (ko-ri-a-s') , adj. Qu\ est dur comme du cuir. Chair, viande coriace. Les Orientaux ont tiré parti de la graine coriace et acerbe du café par la torréfaction, bkrn. de st-p. Jlarm. liv. I, tabl. génér. \\ Fig. C'est un homme coriace, se dit d'un avare de qui on a peine à tirer quelque chose. Il faudrait être doué d'une patience bien coriace , hamilt. Gramm. to. La troisième [fille de Larochefoucauld], plus coriace que les autres, voulut absolument un mari, st-sim. 337, (75. Parouba se mit à genoux et dit: Les cieux annoncent Dieu; tout l'équipage était autour du vénérable Freind, regardait et admirait; le coriace Birton avança sans rien regarder et parla ainsi.... volt. Jenni, 40.

— HIST. XV" s. Pour ce qu'ilz sedoubtoientd'estre congneus, ilz entrèrent en la forest, si enveloppèrent leurs escuz d'une herbe qui porte fueilles en manière de vigne, et qui a les rinceaux longs et corias, l'erceforest , t. vi, f° 94.

— ÉTYM. On le tire du latin corium, cuir. Furetière remarque que le peuple prononçait, de son temps, cor}ace;ce qui est singuliar.

CORIACE, ÊE (ko-ri-a-sé, sée), adj. Qui a la résistance, la ténacité du cuir. || Peu usité.

— ÉTYM. Lat. corium (voy. cuin).

f CORIAIRE (ko-ri-ê-r'), adj. Terme didactique. Qui sert au tannage des cuirs, [j S. f. Terme de botanique. La coriaire, autre nom de la corroyère à feuille de myrte (coriaria myrtifolia).

— ÉTYM. Lat. corium, cuir.

CORIAMRE (ko-ri-an-i)') , s. m. Voy. choriambe.

CORIANDRE (ko-ri-an-dr') , s. f. Plante aromatique de la famille des ombellifères {coriandrum sativum, L.), dont les graines vertes ont une odeur de punaise, et, sèches, un goût très-agréable. Dragées de coriandre. || Fig. Le roi le paya [le premier président] de propos et de la commission de travailler à la diminution du blé dans la ville et banlieue de Paris; il fit semblant d'être content des discours et de cette coriandre, et n'en vécut pas moins enragé, st-sim. 69, 4 33.

— HIST. xvi's. Dragée commune, ou anis, fenouil, coriande confits, paré, viii, U. Anis, coriandre, noix de muguette, id. xv, 21. Au lieu du pain, ils usent d'une certaine matière blanche comme du coriandre confict, mont, i, 237.

— ÉTYM. Lat. coriandrum , de xopt'avov , coriandre; génev. coriande. Le d a été appelé par la nasale n.

t CORIARINE (ko-ri-a-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Alcaloïde trouvé dans la coriaire.

f CORINUE (ko-rin-d') , s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille dessapindées, dont les semences servent à faire des colliers pour les fîmmes.

f CORINDON (ko-rin-don), s. m. Pierre précieuse, la plus dure et la plus estimée après le diamant, et dont le caractère essentiel est d'être composée d'alumine pure et d'avoir pour forme cristalline un rhomboèdre aigu de 86,6 degrés. || Graine de l'Inde connue dans le commerce sous le nom de bois de merveille.

— ÉTYM. Kor^ind, nom indien; du sanscrit kitrutinda, rubis, sel noir, cinabre.

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t CORINDONIQUE (ko-rin-do-ni-k'), adj. Qui a rapport au corindon. || S. f. plur. Lescorincioniqiies, genre de roches pierreuses dans lequel on place l'émeri.

t CORINTIIE (ko-rin-f), s. m. Corinlhe blanc, variété de raisin nommée aussi passe ou passarelle.

— ÉTYM. Corinlhe, ville de Grèce.

CORINTUIEN, lENNE (ko-rin-tiin, tiè-n'), adj.

Terme d'architecture. Se dit de l'ordre le plus riche des quatre ordres que les Grecs comptaient : le chapiteau est orné de deux rangs de feuilles, entre lesquelles s'élèvent de petits rangs qui forment les volutes; il fut suggéré par un panier plein de feuilles d'acanthe. Quoique le panier avec l'acanthe n'eussent aucun rapport avec le chapiteau d'une colonne et avec un bâtiment massif, il en imita la manière dans les colonnes qu'il fit depuis à Corinthe, établissant et réglant sur ce modèle les proportions et les ornements de Tordre corinthien, bollin, Ilist. anc. OEuvres, t. xi, i" part. p. 20, dans pougens. Une jeune fille de Corinthe prête à marier étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau dans un panier quelques petits vases que cette fille avait aimés pendant sa vie, et, afin que le temps ne les gâtAt pas sitôt étant à découvert, elle mit une tuile sur le panier, qui ayant été posé par hasard sur la racine d'une plante d'acanthe, il arriva, lorsque au printeolps les feuilles et les tiges commencèrent à sortir, que le panier qui était sur le milieu de la racine, fit élever le long de ses côtés les tiges de la plante, qui, rencontrant les coins de la tuile, furent contraintes de se recourber en leur extrémité et faire le contournement des volutes; le sculpteur Callimachus, passant auprès de ce tombeau, vit le panier et de quelle sorte ces feuilles naissantes l'avaient environné; cette forme nouvelle lui plut infiniment, et il en imita la manière dans les colonnes qu'il fit depuis k Corinthe, établissant et réglant sur ce modèle les proportions et la manière de l'ordre corinthien, PERRAULT, Yitruve,jy, l. || Substantivement. Le corinthien, l'ordre corinthien. Le dorique sans fard, l'élégant ionique, Et le corinthien superbe et magnifique, L'un sur l'autre placés élèvent jusqu'aux cieux Ce pompeux édifice où tout charme les yeux, LA FONT, l'syché, i, p. 41.

— HIST. xvfs. Quand j'ois nos architectes s'enfler de ces gros mots de pilastres, architraves, corniches, d'ouvrage corinthien et dorique et semblables de leur jargon, mont, i, Ii82.

— ÉTYM. Corinthe, ville de Grèce.

CORIS (ko-ri), s. m. Voy. cauris.

t CORISE (ko-ri-z'), s. f. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des hydrocorées, dont plusieurs espèces font des piqûres douloureuses.

t CORLIEU (kor-lieu) , s. m. Terme do chasse. Le petit du courlis.

— ÉTYM. Voy. COURUS.

CORME (kor-m'), s. f. Fruit du cormier.

— HIST. XV' s. Le moyne estoit soubçonné qu'il avoit joué la fourbe à monsieur le duc de Guyenne et baillé la corme verte [le poison], et qu'iceluy moine fut cause de le mettre hors de la terre des vivans. Cabinet du roi Louis XI, à la suite du co- MiNES, t. IV, p. 218, dans lacurne. 1|xvi's. Coings, cormes, nelles et cornoille, paré, xviii, 60. Subit la langue et le gosier leur deviennent si aspres que s'ils avoient pris du jus de cormes vertes, paré, xxiii, 40. Des pépins de cormes ou sorbes, o. de serres, 633. Les cormes sont aussi appellées sorbes, du mot latin sorbus, et leur arbre sorbier. Le cormiec ou sorbier sera planté en mesme lieu, sous raesme aer que le pommier. — Il y a cormier masle , et cormier femelle; cestui-ci est seul fertile, o. de serres, 693. Et le pavot qui les hommes endort. Et la cormeille au dur noyau de pierre, La corme aussi qui le ventre resserre, bons. 942.

— ÉTYM. Berry, corbe; du latin cornum, corme. t COSMÉ (kor-mé), s. m. Boisson fermentée faite

avec des cormes.

— HIST. XVI" s. Vin, peré, corme, bière, paré,

t. III, p. 637.

— ÉTYM. Corme.

CORMIER (kor-mié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, Vs se lie : les kor-mié-z et les cormes), s- m. Nom du sorbier domestique (sorbus domestica, L.). Le bois du cormier est fort dur. Ce marbre [le tranchant d'une hache de pierre] avait été inséré comme une greffe dans la tige fendue d'un cormier, cua- TEAUB. Natch. II, 28. L'if en arc est ployé, le cormier fait des dards, delille, Gdorg. ii.

— HIST. xiu* s. 11 escria s'enseigne pour sa gent raloier, Plus de cinquante mile à lor ars de cormier Repairent à l'estour por Brohadas vengier,

Ch. (ÏÂnt. vm, 1080. ||xvi* fs. Poiriers, pommiers, cormiers, o. de serrhs, 03) Corniers, cornouillers, meuriers, id. 642.

— ÉTYM. Corme. Cor, dans l'ancien français, dérive directement de cornum, nom de l'arbre en latin.

t CORMIÈRE (kor-miè-r'), i. f. Terme de marine. La dernière pièce de bois à l'extrémité de la poupe.

CORMORAN (kor-rao-ran), s. m. Oiseau aquatique de l'ordre des palmipèdes. Le cormoran, appelé aus,si le pélican chinois, ilressé à cet emploi, va chercher pour ses maîtres, en plongeant, le poisson qu'il avalerait sans doute lui-même si un anneau ne resserrait pas son cou, Armand, Gazelle médicale de Paris, année 1860, p. 81 1. Le cormoran, le bon apôtre. Les ayant mis [les poissons] en un endroit Transparent, peu creux, forL étroit. Vous les prenait sans peine un jour l'un, un jour l'autre, la FONT. Fabl. x, 4. Il Les pêcheurs disent aussi cormarin ou cormaran.

— HIST. XV' s. Contre l'aigle trop ont cuer chault, Quant prandre voient leur poulaiile X brehiers, à villenaille, X cosmarans qui se font baux [hardis] Pour l'aigle et ne sont que ribaux, e. desch. Poésies mss. f° 3(9, dans LACURNE. De cormaransou de butors. Et d'autres semblables oyseaulx, ib. f 488. Il XVI' s. Les animaux qui n'ont qu'un boyau tout droit qui vient de l'estomach au siège, comme le loup-cervier et le cormoran, paré, i, 15.

— ÉTYM. Provenç. corpmari; catal. corbmari; portug. corvotnarinho. Il n'est pas douteux que les mots provençal, catalan et portugais viennent de corvus, corbeau, et marinus, marin; et Ton serait tenté de voir dans cormoran une altération de corbmarin; mais les étymologistes, vu la provenance du mot qui paraît originaire des côtes de l'Ouest, y reconnaissent une formation pléonastique et hybride, de cor pour corb, corbeau, et le bas-breton môrvran, de môr, la mer, et bran, corbeau.

CORNAC (kor-nak) , s. m. Nom qu'on donne dans les Indes au conducteur d'un éléphant, qui, assis sur le cou de Tanimal, tient en sa main, au lieu de bride, deux crochets de différente grandeur, dont il se sert pour le gouverner, en le frappant au front. il Par extension, conducteur de toute sorte de bêtes sauvages. Il Fig. Homme qui se fait Tintroducteur, le prôneur d'un autre. C'est le cornac de ce poète.

— ÉTYM. Sanscrit, karnikin, éléphant.

t CORNACHINE (kor-na-chi-n') , adj. Terme de médecine. Poudre cornachine, purgatif composé d'antimoine diapborétique, de diagrède et de crème de tartre, mêlés en parties égales.

f CORNADE (kor-na-d') , s. f. Coup de corne. Pendant qu'au péril de cent mille cornades je combats des taureaux.... scarron, Dom Japhet d'Arm. i, o.

— ÉTYM. Corne.

i. CORNAGE (kor-na-j'), s. m. Terme de vétérinaire. Bruit que les chevaux poussifs font entendre en respirant et que Ton a comparé à celui que produit une corne dans laqueDe on souffle. || Dit aussi sifflage.

— ÉTYM. Corner.

f 2. CORNAGE (kor-na-j'), s. m. Terme de droit féodal. Droit qui se levait sur les bêtes à cornes.

— HIST. XVI' s. Sur chascun ayant bœufs, quatre parisis pour couple do bœufs, et se appelle le dict droict de cornage, thaumassière, Coust. de Berry, ch. 98, art. 6.

— ÉTYM. Corne.

fCORNAlLLE (kor-na-lT, Ji mouillées), s. f. Râpures de cornes employées comme engrais.

— HIST. XVI' s. On le menaoeoit que s'il se marioit en cette maison, qu'il seroit marié en une cornière de la ville, et que la vaisselle qu'on luy donneroit en mariage .seroit de cornailles, bouchet, Serées, liv. i, p. 285. dans lacurne.

— ÉTYM. Corne.

t CORNAILLER (kor-n<Vllé, Il mouillées), v. n. Ne pas entrer, en parlant d'un tenon, carrément dans la mortaise.

— ÉTYM. Corne.

f CORNAL (kor-nal), s. vi. Espèce de pintade de la Guinée.

t CORNALIÈRE (kor-na-liè-r') , s. f. Terme d'eaux et forêts. Douve cornue.

— ÉTYM. Corne.

CORNALINE (kor-na-li-n'), s. f. Agate demi-transparente, et ordinairement d'un rouge foncé, dont on fait des cachets et autres bijoux.

— HIST. XIV* s. Un signet, oii il a une corneline en laquelle a un lyon qui mangue une autre beste, assis sur une verge d'or, neellée à lettres et à deux estoilles.aux deux côtés, àjour, de laborde, Émaux,

p. 227. |[ XVI' s. Un livre d'heures, escript-en parchemin, enrichi de rubis et turquoises, couvert do deux grandes cornalynes, m. ib.

— ÉTYM. Provenç. anc. espagn. et portug. eornelina; ital. cnrnalina et corniola; allem. Carneol; du latin cornu, corne, parce que la couleur en ressemble à l'ongle rosé du doigt (l'ongle assimilé à la corne); de là le nom d'ivuÇ, ongle, qu'elle portait en grec.

I. CORNARD (kor-nar: le d ne se lie jamais: un cor-nar effronté; au pluriel, Vs ne se lie pas: des kor-nar effrontés; mais plusieurs la lient : kor-nar-z effrontés), s. m. ||1° Qui a des cornes. Un diable, cornard effronté. Vilains, ici guette vos belles, bê- RANG. Conlrat de m. \\ 2° Terme d'injure. Celui dont la femme est infidèle. L'un ama.sse du bien dont sa femme fait part X ceux qui prennent soin de le faire cornard, mol. Éc. des f. j, <. MénélaQs, le franc cornard, scarron, Virg. trai'. ii. || 3' Cornard ou conard, membre d'une société bouffonne en Normandie, au XVI' siècle. Il y avait en Normandie un abbé de couards qu'on promenait sur un char, volt. Moeurs, 82. || 4' Instrument dont se servent les fondeurs (le glaces pour ouvrir leur four.

— HIST. xiii* s. S'est plus cornars qu'uns cers rames Riches bons qui cuide estre amés, la Rose, 4825. Il XV" s. Moult est uns clers qui a bon bénéfice, Dont il se puet seurement gouverner. Foui et cornart [sot], oultrecuidé et nice. Qui mondains veult au secle retourner, eust. descu. jPoésies mss. ^ 357. Il xvt" s. Les triomphes de l'abbaye des conards, titre d'un livre imprimé à Rouen en 1587, du cange, abbas. Les conards ont leur confrairie à Notre Dame de Bonnes- nouvelles où ils ont un bureau pour consulter de leurs affaires. Us ont par choix et élection un abbé mitre, crosse et enrichi de perles, quand solennellement il est traîné en un charriot à quatre chevaux le dimanche gras et autres jours de baccanales , id. ib. Un arest rendu par devant l'abbé des cornards en ses grands jours tenus à Rouen, iD. ib.

— ÉTYM. Corne ; bourguig. conard.

t 2. CORNARD (kor-nar) , adj. m. Cheval cornard

(voy. CORNEUR).

t CORNARET (kor-na-rè) , s. m. Terme de botanique. Martynie annuelle.

CORNE (kor-n'), s. f. \\ 1' Terme d'histoire naturelle. Nom d'éminences coniques et dures qui naissent sur le front des ruminants, sur le nez du rliinocéros. Les bêtes à cornes, les bœufs, les vaches, les chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes. Son front large est orné de cornes menaçantes, rac. l'héd. V, 6. Un lièvre, apercevant Tombre de ses oreilles, Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles, la font. Fabl. v, 4. On les fera passer [les oreilles du lièvre] pour cornes. Dit Tanimal craintif, et cornes de licornes, id. ib. \\ Fig. Attaquer, prendre le taureau par les cornes, entamer une affaire par le côté le plus difficile, et aussi attaquer en face les difficultés. || Montrer les cornes, se mettre en état de défense. M. de Fréjus commença, tout petit garçon qu'il était encore, à montrer les cornes au cardinal de Noailles, st-sim. 450, 38. Il Lever les cornes, se mettre en état d'agir contré son supérieur. || Terme de vétérinaire. Catarrhe des cornes , affection de la membrane muqueuse des sinus frontaux du bœuf, caractérisée par Tinfiammation et une sécrétion abondante de mucosités. Il Fig. Les cornes lui en sont venues à la tête, il en a été tout surpris. || Il est aussi étonné que si les cornes lui venaient à la tête, se dit pour exprimer Tétonnement d'un homme pour quelque nouvelle, quelque événement. Contez cela au coadjuteur pour lui faire venir des cornes à la tête, sÊv. 161. Il Faire les cornes à quelqu'un , faire avec les doigts disposés de manière à représenter des cornes, un geste qui est un geste de raillerie et injurieux. On dit aussi dans le même sens : montrer les cornes. Il Mettre des cornes à un enfant qui ne sait pas ses leçons, qui fait mal ses devoirs, lui placer derrière lés oreilles des feuillets de papier roulés en forme de cornes. Je n'ai dormi qu'un moment, Et voilà son rudiment. Le coquin m'en fait des cornes, bérano. M'd'école. || Fig. Porter des cornes, avoir des cornes, être trompé par sa femme, par allusion sans doute aux cornes, symbole de moquerie. Cocu de long et de travers, Sot au delà do toutes bornes, Comment te plains-tu de mes vers, Toi qui souffres si bien les cornes? malh. iv, 4 6. Jo ne veux point porter des cornes, si je pc'3, mol. Éc. des maris, i, 2. Voilà un hardi marJ'-i de vouloir planter des cornes à Jupiter, p^fiiiLANCouBi,

COU

Lucien, t. i, dans bichelet. Une femme qui ait déjà planté cornes au front de son mari , volt. l'hil. m, 32». Il 2° Attribut que la mytiiologie donnait aux représentations des fleuves et aux .satyres. Qui n'a TU dessous leurs combats Le Pô mettre les cornes bas? MAi.li. IV, 6. Il 3° Attribut que la légende clirétlenno a donné aux diables. Le diable et ses cornes. Le Tasse, en donnant des cornes à Satan, l'a rendu presque ridicule, chateaub. Génie, ii, v, 9. Il Fig. Voilà qui fut fait, je lui trouvai des cornes [je le trouvai laid], SÉV. 233. || H mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un grand mangeur. Il 4° Corne de cerf, le bois du cerf lorsqu'il est employé dans les arts. Qui croirait avilir l'honneur de ses châteaux. Si de cinquante cerfs les cornes menaçantes N'ornaient pompeusement ses portes triomphantes? DELiLLE, Homme des champs, i. || Terme de vénerie. Corne, la tête du chevreuil. || Corne de narval ou de hcorne de mer, dent conique, droite et longue de la mâchoire supérieure d'un cétacé. Il Terme de pathologie. Cornes cutanées, productions morbides qui s'observent chez l'homme, surtout chez les vieillards, à la face, aux mains et aux autres parties du corps habituellement découvertes. Il S' Substance compacte, blanchâtre ou noirâtre, terne ou luisante, dure ou molle, qui revêt ordinairement des parties du corps de certains animaux. i| La' partie dure qui est aux pieds du cheval, de l'âne, etc. Voyant son maître en joie, il [l'âne] s'en vient lourdement. Lève une corne tout usée, La lui porte au menton fort amoureusement, LA FONT. Fab. IV, 6. Il Substance cornée. Tabatière, peigne de corne. L'autre [porte des enfers] est faite de corne, et du sein des lieux sombres Elle donne passage aux véritables ombres, delille, Enéide, vi. Il C'est de la corne , se dit d'une viande qui est dure. Il 6° Nom de différents ustensiles. || Corne d'amorce, corne de bœuf façonnée en étui et renfermant de la poudre, jj Terme de jeux. Tenir la corne, avoir les dés et jouer pour son compte. Corne est ici pour cornet. Il Terme de vétérinaire. Donner un coup de corne à un cheval, le saigner au palais avec une corne de cerf ou de chevreuil dont le bout est pointu et aflilé. || Il n'a pas besoin qu'on lui donne un coup de corne pour avoir de l'appétit, se dit d'un homme qui mange de grand appétit. |J Petite palette en corne, dite aussi chausse-pied, dont on se sert pour mettre ses souliers. || Instrument à vent, dont se servent les vachers et qui est ordinairement fait d'une corne. Les Romains se formaient en bataille aux éclats delà corne et du lituus, chateaub. Mart. 19S. Il 7° Appendice assimilé à une corne. || Petites touffes de plumes qui sont sur la tête du duc, sorte d'oiseau de nuit. |{ Éminences pointues que le céraste d'Egypte [serpent] porte au-dessus de chaque œil. Il Prolongement qui surmonte la tête ou le corselet de divers insectes. Ce cerf-volant a de belles cornes. {| Pédicules qui supportent les yeux des limaçons. Les hmaçons montrent leurs cornes. À peine étais-je assis sur une de ces bornes Que deux gros limaçons me présentent les cornes, boursault, Jfere. gai. m, 4. || Terme de botanique. Appendices qui naissent sur la fructification de certains cryptogames. Éperons de certaines fleurs. || Terme d'anatomie. Nom de diverses parties plus ou moins saillantes â la surface des organes dont elles dépendent. Les cornes de l'os hyoïde. Les cornes de l'utérus. Il 8° Terme du langage poétique. Corne d'abondance, corne de la chèvre Amalthée, nourrice de Jupiter, de laquelle il avait voulu, pour récompense, qu'il sortît sans cesse une abondance de toutes sortes de biens. Il le dépeignait tenant en main la corne d'abondance, fén. Tél. xiv. D'augustes déités Qui viennent sur les pas de la belle espérance Verser la corne d'or où fleurit l'abondance, a. chén. 36. Il Corne d'or ou d'abondance. On nommait ainsi autrefois le port de Constantinople, parce que le commerce y transportait tous les produits de l'univers. || 9» Angle saillant et recourbé comme une corne. Les cornes d'un autel antique. |{ Les cornes de la charrue, nom donné au manche de la char- !ue, parce qu'il présente en effet deux bâtons qui »ont en s'écartant l'un de l'autre comme des cornes. iSouveau Cincinnatus, on l'a vu [M. LuUin de Châteauvieux] tenir alternativement les rênes du gouvernement et les cornes de la charrue, bonnet, Vsagedes feuilles, B* mém. || Chapeau à trois cornes, chapeau dont le bord a été relevé en trois parties, de manière à présenter trois pointes ou cornes. 11 n'est guère en usage que chez les ecclésiastiques. Dans le chapeau d'ordonnance qu'on nomme souvent à trois cornes par suite d'anciennes habitudes, une des cornes s'est aplatie et a disparu ; il n'en

con

reste vraiment que doux. Le capuco et la toque à trois cornes Ont extorqué des hommages sans bornes. VOLT. P. diabll. || Corne ducale, bonnet que portait le doge de Venise et qui avait une pointe arrondie sur le derrière. || Kaire une corne à un livre, y faire une marque en pliant le coin d'une page. || Cornes du croissant do la lune, les parties du croissant qui sont tournées vers la région du ciel opposée au soleil. Voilà deux grandes cornes [le Péloponnèse et l'Egypte] arrachées au croissant des Turcs, volt. Lett. à Cath. 46. || Terme de marine. Corne d'artimon, vergue qui porte la voile du mât de ce nom. Il Terme de géographie. Sommet anguleux d'une montagne, dit aussi aiguille et dent. || 10° Terme de fortification. Ouvrage à cornes, pièce extérieure, dont la tête est fortifiée de deux demi-bastions, joints par une courtine, et fermés de deux côtés par deux ailes parallèles l'une à l'autre. Prendre les dehors du plus bel ouvrage à cornes, sÉv. 30t. C'est la prise d'un ouvrage à cornes, id. 472. Il 11° Terme d'architecture. Corne d'abaque, encoignure du tailloir des chapiteaux corinthiens. Il Corne de bélier, ornement qui sert de volute au chapiteau ionique composé. || Corne de vache, espèce de voûte, en cône tronqué. || Maison corne en coin, maison mal orientée. || 12° Terme de botanique. Corne de cerf, nom vulgaire de la sènebière corne de cerf et du plantain. || 13° Corne d'Ammon, genre de coquillage fossile, en forme décerne de bélier. Voy. ammon. || 14° Terme de métiers. Êminence qui dépasse le rebord d'un réchaud. Il Nom de plusieurs outils de tonnelier et de charron. Il Raie blanche sur la tranche de cuir indiquant qu'il a été mal tanné. || Proverbes. Il.entend de corne, il a mangé de la vache, se dit de quelqu'un qui a mal entendu. || On prend les hommes par les paroles et les bêtes par les cornes.

— HIST. XII' s. Je dis as mesfaisanz: ne voilez [veuillez] exalcer la corne. Liber psalm. p. loo. Si ad enpaint Reinalt qu'ariere rehusa [recula] , E le corn del mantel hors des mains li sacha. Th. le mart. lis. Sedechias, li fiz Chanaa, se fist cornes de fer, si dist....i{ois, 335. E Sadoc prist une corne à ulie [huile] del tabernacle, e enuinst à rei Salomun, ib. 225. Il .xiii^s. [La mitre] a deux cornes, dont l'une senefie confession et l'autre satisfacion, Chron. de Rains, p. <05. Jehan le Ermin, qui estoit artillier le roy, ala lors à Damas pour acheter cornes et glus pour faire arbalestres, joinv. 258. Belin [le bélier] s'esmuet de grant ravine; Quant vint au leu [loup], ses cornes cline, Ren. 6428. Et Turc aux ars de cor les vont bien de.struisant. Chanson d'Antioche, 1. 1, p. 31. Il XIV" s. Item un arc de cor d'arbaleste ou prix de vingt sols, te laborde. Émaux, p. 223. Arbalestes de cor et d'if, id. ib. || xv" s. Les dames et damoiselles menoient grands et excessifs estats, et cornes merveilleuses hautes et larges, et avoient de chascun costé en lieu de bourleis deux grandes oreilles si larges que, quand elles vouloient passer l'huys d'une chambre, il falloit qu'elles se tournassent de costé et baissassent, ou elles n'eussent pu passer, juv. des ursins, Ilist. de Charles YI, p. 336, dans LACURNE. Et eurent les Anglois sur corne [furent battus]. Vigiles de Charles VU, t. ii, p. 97, dans LACURNE. Pour bailler aux Anglois sur corne, ib. p. 57. Et elle, qui fut tant esbahie que se cornes lui fussent venues, de primesaut ne sut que repondre, louis xi, Nouv. xxxi. || xvi" s. Plusieurs garçons lui faisoientdes cornes par derrière, en signe de moquerie, marg. Nouv. m. Afin que, quand vos maris vous donneront les cornes de chevreuil, vous leur en donniez de cerf, m. ib. m. On veoit croistre la nuict des cornes à tel qui ne les avoitpas en se couchant, mont, i, 92. S'humilier et baisser les cornes, m. ii, 227. Des couppes d'argent, des tasses et gobelets faits en forme des cornes d'abondance, AMYOT, P. Aim. 65. Suivoientsix vingt bœufs gras et refaicis, ayans toutes les cornes dorées et les testes couronnées de festons, id. t(). 60. Et la recueille Ion ne plus ne moins qu'une rosée dedans la corne du pied d'un asne, pour ce qu'il n'y a autre sorte de vaisseau qui la puisse contenir, id. Alex. (23. Le mareschal d'Aumont faisoit la corne [l'aile] gauche, aiant à chacun denses estriers un régiment françois, d'aub. Uist. m, 229. Il se sent tant mon obligé, que c'est pour l'amour de moy qu'il porte celte corne de cheveux, d'aub. Conf. ii, ). Les elephans, estant irrités, chargent les hommes sur leurs cornes, et les jettent si haut, que.... pariî. Animaux, \3. La corne-de-cerf, le cerfeuil, le nazilor ou cresson alenois, et autres menues herbes, o. de serres, 530. Nous fismes une autre grande attaque, en la quelle nous ccoruasmes la moitié do la corne, bas-

sompierre, Mém. t. ii, p. 234, dansLAcuRBE. I>oncq quel proufit vient il i l'humain gendre [au genre humain] Dessus son chief les cornes d'orgueil prendre? Les triomphes de Pétrarque , trad. par le baron d'cpediî, f° 97, dans LACURNE. Bœufs portent cornes, et veaux cornettes, des accords, Rigarr. f" 48,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Bourguig. cône; wallon, coine; provenç. corn; espagn. cuerno; ital. corno; du latin cornu; grec, xépoç; allem. Ilorn. On remarquera dans l'historique, arc de cor: c'est un arc fait de deux cornes reliées par le milieu avec du bois d'if; que cor puisse provenir de cornu, c'est ce que prouvent les cors du cerf.

t 2. CORNE (kor-n') , t. f. Le fruit du cornouiller, dit aussi cornouille.

— HIST. xiii" s. Cornes sont froides et sekes; mais quant eles sont bien meures, si ne sont pas si froides, alebrant, f°60, verso.

— ÉTYM. Voy. CORNOUILLE.

i. CORNÉ, ÉE (kor-né, née), part, passé de corner 1. Les chiens cornés par le veneur. || Fig. Mauvais propos, cornés dans toute la ville.

2. CORNE, ËE (kor-né, née), part, passé de corner 2. A quoi on a fait une corne. Carte cornée.

3. CORNÉ, ÉE (kor-né, née), adj. || 1» Qui est de la nature ou qui a l'apparence de la corne. |{ Terme d'anatomie. Tissu corné, nom générique sous lequel on réunit les ongles, les cornes, les sabots. La substance cornée de l'ergot [d'un coq] imite assez celle d'une corne, bonnet, Consid. corps organ. OEuvres, t. VI, p. 78, dans pouGENS. || 2° Terme d'ancienne chimie. Lune cornée, argent corné, le chlorhydrate d'argent. || 3° Pierre cornée, pierre de la nature du jaspe. Il 4° Terme de pêche. Harengs cornés, harengs près de frayer, qui deviennent coriaces quand ils ont été mis dans le sel.

— HIST. XVI" s. Quant aux masies [boucs] coniés ou escornés, o. de serres, 329.

t t. CORNEAU (kor-nô), s. m. Terme de chasse. Chien issu du mâtin et du chien courant.

t 2. CORNEAU (kor-nô), s. m. Terme de marine. Conduit des bouteilles et de la poulaine.

— fiTYM. Corne.

CORNÉE (kor-né), s. f. Terme d'anatomie. La tunique transparente de l'œil, et la plus épaisse, celle qui en revêt le cinquième antérieur, par laquelle pénètrent les rayons lumineux et qui laisse voir la couleur du fond de l'œil. Quoique nous soyons encore bien éloignés de connaître tout le mécanisme de l'œil, nous savons cependant que la cornée est plus ou moins convexe, condillac, Conn. hum. sect. 6. Il Autrefois on distinguait la cornée transparente, celle dont il s'agit plus haut, et la cornée opaque, qui est la sclérotique dite vulgairement blanc de l'œil.

— HIST. XVI' s. La conjonctive et partie de la cornée. — S'il y a du pus entre la cornée et l'uvée , sera vacué par incision, paré, ïntrod. 2.

— ÉTYM. Corné 3.

t 2. CORNÉE (kor-née), s. (. Terme d'artificier. La quantité de matière combustible qu'on verse à la fois dans une cartouche d'artifice.

— ÉTYM. Corne.

CORNÉENNE (kor-né-è-n') , s. f. Terme de géologie. Substance pierreuse qui fait la base des diverses roches mélangées.

— ÉTYM. Corne.

t COHNEILLARI> (kor-nè-llar, U mouillées), s. m. Petit de la corneille.

— ÉTYM. Corneille.

i. CORNEILLE (kor-nè-U', ii mouillées; et non kor-nè-ye), s. f. Oiseau plus petit que le corbeau et noir comme lui. Les cris de la corneille ont annoncé l'orage; Le bélier effrayé veut rentrer au hameau, ST-LAMBERT, Saisons ,\i. Seule errante à pas lents sur l'aride rivage, La corneille enrouée appelle aussi l'orage, delille, Géorg. 1. 1| Corneille emmantelée, sorte de corneille qui a une partie du corps noir et le reste grisâtre. Corneille chauve, le freux. Corneille d'tglise, le choucas. || La corneille d'Ésope, ou la corneille de la fable, se dit d'une personne se parantavecce qui ne lui appartient pas. || Fig. Bayer aux corneilles, s'amuser niaisement à regarder en l'air la bouche ouverte. Allons, vous, vous rêvez et bayez aux corneilles; Jour de Dieu! je saurai vous frotter les oreilles, mol. Tan. i, i. || Familièrement. Y aller do cul et de tête comme une corneille qui abat des noix, s'employer à quelque chose aveczèlei sans doute, mais avec maladresse et sans réflexion. Il Dans ranti<iuité la corneille fournissait des présages. Hélas 1 s'écria Ésope, les présages sont bien trompeurs! moi qui ai vu deux corneilles, je suis

COR

hallu; cl, mDu inalire, qui n'cnavu qu'une, est prié do noce, la font. Vie d'Ésope.

— HIST. xiil° s. Kt la corneille a en ses cris Le k qui est en lettre mis, jïBiNAt., Senefiance de l'A, B, C, t. II, p. 280. En tant com il se dementoit, Lieve sa teste et venir voit Une cornaillo à la volée, Rcn. 22841. Au temps que les corneilles braient El la froidure .s'acliemine.... ruteb. ii, 08. Sor un fust [il] vit une cornille, Qvii de novel s'estoit baignie, lien. 7C74. La corneille fut en agait, Avant ala, lo bec uvri, Fiert l'escaille.... marie, Fabl. )3. X tarf crie la corneille, quant li laz la tient par le col, le^ ROUX DE ilNCY, Prov. t. i, p. <74. || xvi" S. Et si faisoit [en lirant son linge] du cul et de la pointe comme une corneille qui abat noix, desper. Contes , XXXVI.

— ÉTYM. Provenç. cornclha; catal. corneUa;ofipagn. corneja; ital. cofnacchia ; du latin cornicula, diminutif de cornix, dont le radical cor se trouve dans cor-vus, corbeau.

t 2. CORNEILLE (kor-nè-11', U mouillées) , s. f. Terme de botanique. Lysimacbio.

f COUNEILLOX- (kor-nè-llon, !i mouillées) , s. m. Jeune freux et jeune corbine.

— ÉTYM. Corneille t.

f CORNÉITE (kor-né-i-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la cornée.

— ÉTYM. Cornée.

t CORNÉLIEN, lENNE (kor-né-liin, liù-n'), adj. Qui a le caractère du style et du vers de P. Corneille ; qui a rapport aux tragédies de Corneille. Le vers cornélien a de la grandeur, de la simplicité et une grave harmonie. J'ai ôté toutes les dissertations cornéliennes qui anéantissent l'intérêt, volt. Lelt. Chauvelin, 25 sept. <704.

— ÉTYM. Corneille, célèbre poète tragique do la p-remière moitié du xvii" siècle.

î CORNEMENT (kor-ne-man) , s. m. \\ 1° État des oreilles qui cornent. || 2° Bruit que fait un tuyau quand la soupape est ouverte.

— HIST. xvi" s. De la vient le tintement ou cornement d'oreilles, paré, iv, iO.

— ÉTYM. Corner ).

CORNEMUSK (kor-ne-mu-z'), s. f. Instrument de musiiiue champêtre formé d'une espèce de sac do cuir, qui est un réservoir d'air que l'on entretient avec la bouche, et qu'on place sous l'aisselle droite pour chasser l'air par la pression ; à ce réservoir sont adaptés deux tuyaux, l'un percé de trous sur lesauels on dispose les doigts pour produire les différents sons, l'autre ne donnant qu'un son qui forme comme une pédale d'accompagnement. Le berger.... Enfle sa cornemuse en l'honneur de Henri, Régnier, Épit. I. Sans oublier la cornemuse, la font, l'ahl. m, 3. Au-dessous du poumon est l'estomac, qui est un grand sac en forme d'une bourse ou d'une cornemuse, Boss. Conn. Ii, 3. Leurs cris, la cornemuse et le chant des bergères "Vont apprendre leur joie aux échos solitaires, st-lambert. Saisons, i\. \\ Proverbe. Quand la cornemuse est pleine, on en chante mieux, c'est-à-dire, quand on a fait bonne chère, on chante mieux, on cause mieux.

— HIST. xiv s. Et tant qu'une fois entr'oj Cornemuscs, trompes, naquaires Et d'instrumens plus de sept paires, maciiault, p. 76. Une cornemuse esmaillée, de laborde. Émaux, p. 228. |{ xV s. Si tourna pour tous remèdes [dans une lutte] sa teste par dessous le bras de messire Jaques, et ainsi [son adversaire] le teint à la cornemuse [sous le bras comme une cornemuse], o. de la marche, Mim. liv. I, p. 3)B, dans lacurne. ||xvi" s. La figure du ventricule est ronde et oblongue, semblable à une musette ou cornemuse, paré, i, (4. Toutes les huiles sont tirées par un vaisseau appelle retorte, et cornemuse des François, ID. xxvi, 14. S'en reviennent rapportans la cornemuse au sac, comme dit le proverbe [sans avoir rien fait], merlin cocaïe, t. i, p. 33, dans lacurne.

— ÉTYM. Berry, cormeuse, cormuse, cormuette; provenç. et espagn. cornamusa ; de corne, dans le sens de cor, et muse, musette (voy. musette).

t CORNEMUSEUK (kor-ne-mu-zeur), s. m. Celui qui joue de la cornemuse.

— HIST. xvi" s. Un autre cria tant haut en braillant : sonne, cornemuseur, lapavanne, Merlin cocaïe, t. 1, p. t75, dans LACURNE.

— ÉTYM. Cornemuse.

t CORNÉOLE (kor-né-o-l') , i. f. Terme de botanique. Genêt des teinturiers (voy. lysimachie).

— HIST. xvi' s. Corneole ou chassebosse, o. de

SERIIKS.

<. CORNER (kor-né), v.n. || 1» Sonner du cornet, d'une corne ou d'une trompe. Le vacher a corné dès

COR

le matin. || 2° Parler dans un cornet pour se faire entendre au loin ou pour se faire entendre à un sourd. Il continue et corne à toute outrance : KéveiUez-vous.... la font. Herm. \\ 3° Bourdonner, en parlant dos oreilles percevant un bruit qui n'a rien de réel. Los oreilles me cornent. || Fig. Les oreilles vous cornent, se dit à quelqu'un qui croit entendre ce qu'on ne lui dit pas ou un bruit qui n'est pas réel. Il faut que les oreilles m'aient corné, mol. Malade, III, 12. Les oreilles me cornent, ID. Éc. des maris, i, 5. |{ Les oreilles ont bien dû vous corner, on a bien souvent parlé de vous. 114° Y. a. Fig. Publier partout. En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter ce cas, le corner par la ville, la font. F. av. Quelqu'un qui bientôt En mille endroits cornera le mystère, id. Mandr. VendOme crie, écrit, corne bataille et victoire, et prépare à Mgr de Bourgogne tout l'affront d'avoir manqué le secours, st-sim. 208, 64. Il Kebattre sans cesse la même chose. J'entends sans cesse corner à mes oreilles : L'homme est un animal raisonnable, la bruy. xii. || 5° Terme de vénerie. Corner les chiens, sonner du cor pour les exciter ou pour les rappeler. Corner requête, sonner du cor pour qu'ils quêtent de nouveau, lorsqu'ils sont en défaut.

— HIST. xr s. Ce dist Rolanz : cornerai l'olifant, Ch. de Roi. cxxvii. J<i li corners ne nous aureit mestier, ib. cxxx. || xii» s. Je cornerai se vous le me louez [conseillez], Ronc. p. 81. Tel venjance frai sur Juda e sur Jérusalem que à ces ki l'orrunt, tut les orilles lur en cornerunt. Rois, 4-iO. Lores cornad Saûl une buisine par la terre, e dist : iço voil que oient li Hébreu; Rots, 42. || xiii* s. Quant il oï la gaite corner le jour, si se leva et ala à l'église proier Dieu qu'il li aidast, Chron.'de Rains, p. 64. Ne ne pourront ouvrer que de la guete cornant au matin jusques à la nuit, sanz candele tant seulement, Liv. des met. 92. Li veneor lorcors cornant, Lesqex vont durement sonant. Tôt le païs vont estonant De lor huier, de lor corner, Ren. 6497. Si cornent li silvain et huient Que tuit li champ entor enbruient, ib. 8678. Humiliiez est tant creûe Qu'orguex corne la recreûe ; Orguex s'en va, Diex le Gravant, Et Humiliiez vient avant, ruteb. ii, 59. Quant il encommençoient à corner, vous deissiez que ce sont les voiz des cynes qui se partent de l'estanc, JOINV. 269. Chetifs pecheours que feront. Quant tous les angels trembleront Et les archangels précieux. Et les buisines corneront Qui la venue annonceront Du très doulx fils Dieu glorieux? J. de meung, Tr. 1384. Il xv° s. La gaite commence à corner et recorner et à mener grand friente, froiss. ii, II, 213. Puis corna le dit messire Guillaume de Douglas un cor, iD. 1,1, tni. On peut bien, pour vous, corner prise; Prins estes, point ne m'eschapperez, CH. d'orl. Rondeau. || xvi» s. Le quel [un joueur de tambourin], après que il eut soufflé en la flusto, se meit en corner en gobelet [boire], et nettoyer la vaisselle [manger], jean d'auton, Annales de Louis XII, p. 222, dans lacurne. Cornons iey, à son de flaccons, que quiconques aura perdu la soif ne ayt à la chercher céans, hab. Garg. i, B. 11 n'y a veneur qui ne prend plaisir à corner sa prise, ni amoureux d'avoir lagloire de sa victoire, marg. Nouv. XLix. Les plainctes qui me cornent aux oreilles, MONT. I, 4 97. L'espérance ne cesse de corner aux oreilles.... id. ii, 380. Il ne faisoit autre chose que corner la guerre ordinairement et prescher les armes au peuple, amyot, Phocion, <4. Quelques uns de Blois donneront le premier avis; mais par la responce ils furent appeliez corne-guerre et turbulents, d'aub. Ilist. ri, 282. Délibérer avant que corner la guerre, charron. Sagesse, p. 434, dans lacurne. On dit en ce pais que le poisson corne, quand il est gasté, puant et corrompu, bouchet, Serées, p. 231 , hv. i, dans lacurne. Ils ne trouvoient bon le gibier sinon qu'il cornastunpeu, c'est à dire, sans déguiser les matières, qu'il ne fut un peu puant, H. EST. Apol. d'IIe'rod. p. 432, dans lacurne.

— ÉTYM. Wallon, coirner; provenç. cornar; ital. cornare; de corne, dans le sens de cor.

f 2. CORNER (kor-né) , V. a. Faire une corne à.... Il a corné ce livre à toutes les pages. Chaque joueur cornait ses cartes, volt. Cand. 22.

— ÉTYM. Corne.

f 3. CORNER (kor-né) , v. a. Frapper avec la corne. Cette vache a failli me corner. Éloignezvous, mes enfants, celte vache corne. {| Se corner, t). rc/î. Se dit en parlant des bœufs qui se battent à coups de cornes.

— ÉTYM. Corne. Ces expressions, qui sont de la campagne, doivent être reçues; car elles ont été faites là où seulement elles pouvaient se faire.

COR

t *. CORNER (SE) (kor-né), v. réft. Prendre la forme et la consistance d'une corne.

— ÉTYM. Corne.

t CORNEROTTE (kor-ne-ro-f) , s. f. Un des nonij

du hibou.

CORNET (kor-né; le t ne se lie pas dans le parlaf ordinaire; au pluriel, l's se lie: les cornets acoustiques, dites: les kor-nè-z acoustiques; cornets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Petite trompe riislique. Cornet de vacher. Il y a dans la Suisse un air célèbre, appelé le ranz des vaches, que les bergers sonnent sur leurs cornets et dont ils font retentir tous les coteaux du pays, j. j. rouss. Lettre au llar. de Luxembourg. \\ 2° Sorte de petit cor. Cornet de postillon. Archers, mes comp.igoons de fêtes. Faites Votre épieu lisse et vos cornets Nets, v. nuoo, Bail. <(. Il Cornet à piston, petit cor où sont adaptés des pistons, qui, en raccourcissant la colonne d'air, permettent de donner justes toutes les notes. Le cornet à piston est surtout employé dans les orchestres de danse. Je pourrais même apporter mon cornet à piston; mais c'est un instrument qui rappelle le bal masqué, et il n'est peut-être pas assez sentimental pour la circonstance, cii. de Bernard, Un homme sérieux, <; 4. || Cornet à bouquin, instrument grossier, composé d'une simple corne de bœuf, qui sert aux pâtres pour rassembler leurs troupeaux. Espèce de grande flûte dont on se sert dans les chœurs, pour soutenir les voix; l'étendue n'en est que de l'octave. || Jeu d'orgue dont chaque touche fait parler quatre tuyaux. || Celui qui joue du cornet. || 3° Cornet acoustique, et, absolument, cornet, petit instrument propre à concentrer et à renforcer les sons, évasé par un bout, resserré à l'autre , et dont se servent les personnes atteintes de dureté d'ouïe. Il 4° Carré de papier roulé en cône. Et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier, BOiL. Sat. m. S'il pouvait éviter le fouet ou obtenir un cornet de dragées en promettant de se jeler demain par la fenêtre, il le promettrait à l'instant, J. J. ROUSS. Ém. u. L'un arrangeait sous des cornets un certain nombre de coquilles ou de petites boules, et, sans découvrir son jeu, il le» faisait paraître et disparaître à son gré, Barthélémy, Anach. ch. 25. L'autre [insecte] roule en cornet une feuille docile Et dans ce simple abri choisit son domicile, dei.ille , Trois règnes, vu. Il Cornet, cornet de fer-blanc, emmanché d'un long bâton, servant à éteindre les cierges après le .service dans une église. ||5° Ancienne sorte de pâtisserie, faite entre deux fers, composée de beurre, de sucre et d'autres choses et se roulant en manière de cornet. Il 6° Sorte de godet en corne ou en cuir qui sert à agiter et jeler les dés. N'ayant que l'espérance et trois dés au cornet, Régnier, Sat. xiv. [Il] Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, boil. Sat. iv. Il 7° La partie de l'écritoire dans laquelle on met l'encre. Donner un cornet pour du vin N'est pas grande reconnaissance, volt. Lett. Prusse, )i7. Je le crois bien, monsieur; car voilà le cornet. Et dans le poudrier vous trempiez votre plume, regnard. Distrait, iv, 9. || 8° Ëtui à couleurs du peintre en miniature. || 9" Terme d'anatomie. Nom de petites lames osseuses contournées sur ellesmêmes en forme de cornets, et situées à l'intérieur des fosses nasales. || Lame recourbée qui partage incomplètement la cavité de certaines coquilles. Il Terme d'histoire naturelle. Genre de mollusques appelé aussi calmar. || Cornets de mer, gros coquillages, qui sont tournés en forme de vis, et dont on fait un instrument de musique fort aigu, en les perçant par le bout. || Terme de botanique. Appendice creux et évasé qu'on trouve dans certaines fleurs. Il 10° Terme de marine. Entourage que l'on fait au pied des mâts dans les embarcations. || Cornet d'épisse, sorte de broche pour épisser un cordage. Il 11° Terme d'orfèvre. Plaque de métal destinée à l'essai. || 12° Cornet de faïence, cornet de porcelaine, vase en forme de cornet dont on se sert pour orner le coin des cheminées; on y met d'ordinaire des fleurs.

— HIST. XIV" s. Là oïssicz cornez et trompes graïUier, Guescl. 588). Un cornet, garny d'argent, et est ledit cornet de cristal, pesant six marcs, de laborde, Émaux, p. 228. Un petit cornet d'argent blanc, à mettre encre, id. ib. Un grant cornet de corne, garny d'argent doré, :d. i6. Il xv° s. Ung petit cornet d'ivoire, garny d'or fin, que Ms. a fait prendre et achetter pour reclamer son esprivier, id. 16. Un cornet de vacher, LOiis 11, Souv, Lxxxvi. Cornet de l'uel [coin de l'œil), du cange, acies. Maison qui fait le cornet de la rue,, id. cornetum. || ivt* s. P.ompant son cornet relié .1 oorclus

COR

d'or fin délié Et do sa lyre Ihirmonie, amyot, Comment refren. la eholcre, 9. Ainsi comme les cornels et ventôses attirent du cnir ce qu'il y a de pire, aussi les aureilles de curieux attirent tous les plus mauvais propos qui soient, id. De la curiosité, )0. Resolution qui se fait par ventouse et cornets, par seringues et par sangsues, Paré, Introd. tT. Souffler aux trompes ou trompettes , cors , cornets, etc. iD. VI, H. Les unes [ventouses] sont grandes, autres petites (appelées petits cornets), les autres moyennes, id. xv, 68. Ayant disné à des uopces où il n'y avoit gueres de violons, mais où estoit la grand bande des cornets [jeu de mots sur cornes de cocuage], bouchet, Serées, liv. i, p. )48, dans i.ACURNE. Les haubois, cornets à bouquin, et saqueboutes du roy en <C(4, Estais de <CI4, par

RAPINE, p. 6H , dans LACUHNE.

— ÉTYM. Diminutif de corne, dans le sens de cor et dans le sens propre; provenç. cornet; espagn. cornete; ital. <;orn««o. Cornet a dans l'ancien français signifié aussi angle, coin (anglais, korner).

t CORNETER (kor-ne-té), v. a. Terme de vétérinaire. Appliquer des ventouses.

— HIST. XVI' s. Les Allemands ont de particulier de se faire généralement touts corneter et ventouser avecques scarification dans le bain, mont. in, 222.

— ÉTYM. Cornet.

I CORNETIER (kor-ne-tié), s. m. Celui qui prépare la corne, la refendant et la redressant.

— ÉTYM. Corne.

*. CORNETTE (kor-nè-f), s./". || l°Sorte de coiffure de femme en déshabillé. Sans nuls atours qu'une simple cornette, la font. Quipr. Attends.... que la belle en cornette.... boil. Sat. x. En rajustant sa cornette, bérang. Ivrogne Je me fais des cornettes; Vos chemises de nuit et vos coiffes sont faites, MOL. Éc. des f. i, 4. || Fig. Laver la cornette à une femme, la gronder. Ce qu'il avait à faire n'était autre chose que d'avoir le plaisir de lui laver la cornette, sév. 23. || On dit très-familièrement qu'une femme est cornette, quand son mari lui est infidèle. On rapproche alors par plaisanterie cornette de cornes qui se dit de l'homme. || 2° Autrefois, large bande d'étoffe de soie que les docteurs en droit portaient autour du cou pendante jusqu'à

terre Si j'eusse étudié. Jeune laborieux sur un

banc à. l'école, Galien, Hippocrate ou Jason ou Bariole, Une cornette au col debout dans un parquet, i tort et à travers je vendrais mon caquet, Régnier, Sat. IV. Il Bande de soie que les professeurs du collège royal à Paris portaient autour du cou, et qui leur avait été accordée par François l" [le collège royal est aujourd'hui le collège de France]. Il Autrefois, dans plusie urs villes, sorte de chaperon que les magistrats portaient sur l'épaule pour caractère de leur dignité. || 3° Terme de fauconnerie. Houppe ou tiroir de dessus le chaperon de l'oiseau. || 4° Autrefois étendard de compagnie de cavalerie et de dragons. {| Compagnie de cavalerie. Il défit six mille Hongrois avec quinze cornettes de cavalerie, sarazin. Conspiration de Valstein, dans RiciiELET. Il y a telle rose de soulier qui vaut mieux que neuf cornettes impériales, voit. Lett. 60. Il Gros de cavalerie. Le roi marchait à la tête de sa cornette, vaugel. Q. C. liv. iv, ch. <6. || Cornette blanche était, en France, le nom du premier régiment de cavalerie. || S. m. Cornette, l'officier qui portait l'étendard dans chaque compagnie de cavalerie et de dragons; son poste dans un combat était à la tête de l'escadron. Je marie Mlle Corneille à un jeune cornette de dragons, gentilhomme très-aimable, VOLT. Lett. d'Àrgental, 23 janv. (763. || Officier de certains corps de la maison du roi, mais ne portant point l'étendard. Il était cornette dans la première compagnie de mousquetaires. Ces jeunes gens conduits par un cornette se mirent en bataille, volt. Louis XIV, )3. M. le duc d'Orléans se dévouerait par la réalité et par l'espérance de cette multiplication de belles récompenses, depuis le i" lieutenant général jusqu'au dernier enseigne et cornette, stsiM. 399, 199. Le cornette Joyce enleva le roi du rhflteau d'Holmly, chateaub. Stuarts, 2<o.\\S. f. Emploi de cornett* dans la maison du roi. Acheter une cornette dans les chevau-légers. || Ces différents emplois du terme cornette n'existent plus dans l'arméa, H 6« Terme de marine. Sorte de long pavillon à def.\x ooimes, insigne du commandement d'une oivisior. Je troi.s bâtiments au moins. La cornette se hisse à la tête d'un mât comme une (lamme.

— HlST. xni« s. Et si ont les longues cornettes Et leurs solers faits à blouquetes [petites boucles], du CANûE, corneta. || xv s. Cbapperons à courtes cor-

COI

nettes, Vigiles de Cliarlrs YII, t. ii, p. <08, dans LACtJRNE. brans chaperons et cornette à visière, Peaiilx dechameulx, et draps fors et entiers. Garnissez-vous avant qu'iver vous fiert, E. descii. Poésies mss. f°234, dansLACURNE. Pour cornette ou guidon suivre plustost on doit Les branches d'hierre ou d'if, qui monstrent où l'on boit, basselin, xix. Par commun proverbe on dit Qu'on congnoit femme à sa cornette, coquillart. Droits nouv. Le duc de Savoye alla à icelle place de Ripaille où il print habit de hermite selon l'ordre de saint Morice, c'est à sçavoir grise robbe, long mantel, et chapperon gris et courte cornette d'un pied ou environ, et un bonnet vermeil par dessous son chapperon, monstrel. t. ii, p. 102, dans LACiiRNE. La cornette de son chaperon, louis XI, Nouv. Lxv. Or vint ce vaillant garni en sa cornette de son petit rasoir, ID. ib. lxiv. || xvi' s. Estant agacé de force calomnies contre le roi de Navarre, il donna un desmenti sous la cornette, si bien que les chefs eurent grande peine à le sauver.... que, pour le desmenti, il l'avoit donné sous la cornette, mais en maintenant l'honneur de celui à qui la cornette doit honneur, d'al'b. Hist. ii, 269. Ils rompent trois ou quatre églises, arborent deux bannières en cornettes, id. ib. il, 348. Celui qui portoit la cornette générale essaia de ralier, m. ib. m, 66. Pour drapeaux, la cornette blanche, la générale des Espagnols, colle du collonel des reistres, te autres de cavalerie, id. ib. m, 232. Le baron de Clermont qui portoit ma cornette, montluc, llàn.

p. B80, dans LACURNE.

— ÉTYM. Cornet, la cornctle ayant été comparée à une petitecorne; wallon, coirnite. La. cornette, étendard, .a été dite ainsi à cause de sa forme; puis le nom de l'étendard a passé à celui qui le portait.

f 2. CORNETTE (kor-nè-f), i. f. Un des noms du blé de vache (mélampyre des champs), dit aussi plumelle, queue de renard et rougeole.

— ÉTYM. Cornet.

t 3. CORNETTE (kor-nè-f), s. f. Terme de construction. Ferrement qui défend un coin de mur.

— ÉTYM. Cornet, qui s'est dit dans l'ancien français au sens de coin.

t CORNÉULF, (kor-né-u-V), s. f. Terme de zoologie. Chacune des petites facettes de l'œil composé des insectes.

— ÉTYM. Diminutif de cornée.

CORNEUR (kor-neur), s. m. \\ 1° Celui qui donne du cor. La nuit venue, arrive le corneur, la font.- Herm. \\ Il se dit populairement d'un pleureur, d'un braillard. || 2° Adjectivement. Clieval corneur, jument corneuse , animal qui est atteint de cornage, qui soufUe bruyamment des narines et qui a la respiration courte. On dit aussi cornard et siflleur.

— HIST. xiii* s. A tant li maroniers [marinier] oî Le cor dont pas ne s'esjoï;... Hors de sa nef est tost sallis. Au corneùr le cours en vient, Ci. et Jch.

— ÉTYM. Corner; provenç. cornador. Corneûr, en français, cornador, en provençal, est au régime ; le nominatif est cornere, cornaire.

t. CORNICHE (kor-ni-ch'), s. /".Terme d'architecture. Proprement, avance qui règne autour d'un biUiment et en préserve de la pluie le pied. || Partie composée de moulures en saillie l'une au-dessus de l'autre et qui règne comme couronnement autour de toutes sortes d'ouvrages, principalement dans les ordres d'architecture où elle est placée sur la frise de l'entablement. Corniche dorique, ionienne, corinthienne. La corniche de la maison. La corniche se mesure depuis la frise jusqu'à la cimaise inclusivement. Les piédestaux ont aussi leurs corni-. ches. La corniche est le couronnement de l'ordre entier, rollik, Wi'stoire anc. t. xi, impartie, p. 27, dans POUGENS. {| Nom donné à tout ornement saillant en menuiserie ou en maçonnerie qui règne audessus des portes, des armoires, au-dessous d'un plafond. Corniche de plâtre, de marbre, de bois. La corniche d'un buffet, d'une armoire. || Terme de marine. Pièce de bois sculptée appliquée en dehors de la lisse de hourdi.

— HIST. XVI* s. Les pigeons se mettent sur le toict es cornices ou ceintures environnans le colombier, 0. PE SERRES, 383. MouUeures , lozenges , frize et cornise, liibl. des Chartes, *• série, t. m, p. 03.

— ÉTYM. Wallon , coronise ; espagn. cornita ; ital. comice, comicione. La première idée est de rattacher corniche à corne; mais d'abord les formes ne s'y prêtent pas, ni le wallon coronise, ni l'espagnol corniia, ni même l'italien comice. Puis le sens ne

COR

s'y iirête pas non plus, car la corniche n'est pas une corne, c'est-à-dire quelque chose qui s'avance en pointe, mais c'est une saillie qui règne en une certaine étendue. Les étymologistes s'accordent à tirer ce mot du latin coronis, grec xopiovl;, signe recourbé; mais il est vrai de dire, comme le remarque Diez, qu'au moins l'italien a confondu le mot avec cornix, cornicis, corneille, soit par paronymie (comice en italien signifiant aussi corneille), soit par l'idée de courbure qui s'est attachée au bec de cet oiseau (/.opûvTi, courbure, couronne, corneille). Quant au français corniche, il vient de l'italien.

t 2. CORNICHE (kor-ni-ch'), s. f. Petite corne. Se trouve dans Mme de Sévigné avec le sens figuré de cocuage, et en jouant sur le mot corniche. Madame d'I^poisse m'a dil qu'il vous était tombé une corniche sur la tcte.... Si vous vous portiez bien et que l'on osât dire de mauvaises plaisanteries, je vous dirais que ce ne sont pas des diminutifs qui font du mal à la tête de la plupart des maris : ils vous trouveraient bien heureux de n'être offensé que par des corniches. Lettre à Bussy, e juin (008.

CORNICHON (kor-ni-chon) , s. m. \\ 1° Peli te corne. Les cornichons d'un chevreau. || Terme de vénerie. Synonyme d'andouiUers. || 2° Petit concombre propre à confire dans le vinaigre. || Populairement. Un cornichon, un homme niais, qui se laisse attraper. Il 3° Terme de jeux. Nom, dans quelques localités, de la boule qui, jetée la première, sert de but. C'est ce qu'on nomme plus souvent cochonnet. Il Cornichon va devant, jeu d'exercice qui consiste à ramasser au plus vite différents objets en courant. Il 4° Variété de raisin dont le grain long et courbé a été comparé au cornichon.

— HIST. XVI' s. J'ouy dire une fois à un bon gentil-homme qu'ils [les romans] avoyent une propriété occulte à la génération des cornes : et je me doute que lui-mesmes en avoit fait l'expérience; car il portoit deux i)etits cornichons cachez derrière l'oreille, qu'un autre du mestier lui avoit attachez, lanoue, t42. A trois ans, se despouille ce qui de la corne leur est accreu [aux bœufs] depuis la naissance jusqu'au dit temps, en expulsant l'incrustation, demeurant ce bout-là, appelle cornichon, net et poli, sans torluosité, 0. DE SERRES, 200. Jouans à cornichon, Contes d'Eutrapel, p. ao5, dans lacurne.

— ÉTYM. Diminutif de corne; bourguig. font'c/ion. C'est peut-être le cornichon, petit concombre, qui a introduit le sens figuré de niais, le concomlue étant un fruit peu sapide.

t CORNICULAIRE (kor-ni-ku-lê-r') , s. f. Terme de botanique. Genre de lichens.

— KTYM. Cornicule.

t CORNICULE (kor-ni-ku-l'), î. /'. Terme d'histoire naturelle. Petite corne. || Sorte de ventouse. Il Ornement qui surmontait le casque des légionnaires romains.

— ÉTYM. Lat. corniculum, diminutif de cornu, corne.

tCOUNlCULÉ, ÉE (kor-ni-ku-lè, lée),adj. Terme d'histoire naturelle. Quialafornied'une petite corne, d'un cornet. 1| Terme de botanique. Pétales corniculés, pétales des ancolies qui sont en forme de cornet. Fleurs corniculées, celles dont les étamines prennent la forme de pétales en cornet.

— ÉTYM. Cornicule.

t CORNICULIFÈUE (kor-ni-ku-li-fê-r'),a<fj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des cornets ou de petites cornes.

— ÉTYM. Cornicule, et le latin férus, qui porte.

•f CORNIDIE (kor-ni-die), s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de saxifragacées renfermant des arbres ou arbrisseaux'du Pérou et du Chili.

I. CORNIER, 1ÈRE (kor-nié, niê-r'), adj. Terme d'architecture. Qui est à la corne, à l'angle des corps de bâtiment. Pièce de bois cornière, poteau cornier, pilastre cornicr, pièce de bois, poteau, pilastre qui fait l'encognure d'un bâtiment. || Une jointure cornière, canal []luvial en tuiles qui fait la jonction de deux combles. || Terme forestier. Arbre cornier, arbre qui marque le coin d'une coupe en forêt. Il S. m. Terme de marine. Cornier, partie élevée des angles de l'arrière d'un bâtiment, audessus des hanches.

— HIST. XIV* s. Jusques à la cornière de la dite maison, du Gange, corneria. jj xvi* s. Et pareillement fut partie une tour cornière qui estoit assez puissante et ne put choir tout jus, pour le mur de la ville auquel elle s'appuya, monstrel. livre i, ch. 88.

— ÉTYM. Corne; Berry, la corne d'un bois, la cornière d'un bois, le coin d'un bois. De cornier vient l'anglais korn^i- un coin, un angle.

COR

COU

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t 2. CORNIER (kor-nié), s. m. Terme de botanique. Cornouiller.

— ÉTYM. Voy. CORNOOnXER.

I. CORNIÈRE (kor-niê-r'), s. f. Rangée de tuiles commune à deux pentes de toits qui se joipnent, et servant h. l'écoulement des eaux pluviales. Il Ad]. Une joiature cornière.

— F.TYM. Cornier.

2 CORNIÈRE (kor-niS-r') , s. f. Equerro de fer atlachée ;\ l'angle d'un coflTre. || Ornement des coins do l'impériale d'une voiture. {| S. f. plur. Équerres en fer attachées aux angles du marbre d'une presse d'imprimerie pour fixer et maintenir la forme.

— KTYM. Cornier.

t CORNIFICIEN (kor-ni-fi-siin), s. m. Nom que Jean do Saritbory donnait à ceux qui abusaient de la dialectique par leurs arguments cornus.

— ÈTYM. Cornificiamts , mot forgé par Jean de Sarisbery; de cornu, corne, et le suffixe ficere, faire.

t CORNIFORME (kor-ni-for-m'), adj. Terme didcicliquc. Qui a la forme d'une corne.

— ÉTYM. Corne, et forme.

tCORNIGËRE(kor-ni-je-r'),ac/j. 1] l°Termedezoo-

logie. Qui porte des cornes sur la tête. || 2" Terme de bolanique. Qui a des tubercules semblables à des cornes.

— ÉTYM. Corne, et le latin fferere, porter. CORNILL.\S (kor-ni-Uà, Il mouillées), s. m. Petit d'une corneille.

— ÉTYM. Corneille.

t ). CORNILLON (kor-ni-Uon, Il mouillées), s. m. 0. contenu dans la corne des bœufs.

— ÉTYM. Diminutif de corne.

t 2. CORNILLON (kor-ni-llon, Il mouillées), s. m. Il i°Un des noms locaux du choucas. |{ 2° Petit de la corneille.

— HIST. XV* s. Ce que chante la corneille, Si chante le cornillon, le roux de linxy, Prov. t. i,

— ÉTYM. Diminutif de corneille.

T lORNION (kor-ni-on), s. m. Terme de pêche. Partie de la nasse qu'on ajuste la une des extrémités.

— ÉTYM. Diminutif de corne.

t CORNISTE (kor-ni-sf), s. m. Nom donné régu- U'-rement au musicien qui joue du cor.

— ÉTYM. Cor. C'est la règle de terminer en isie le nom des instrumentistes.

CORNOUILLE (kor-nou-U', Il mouillées, et non cor-nou-ye), s. f. Le fruit du cornouiller, rouge et d'une saveur aigrelette.

— HIST. xvi' s. Coings, cormes, nedes et cornoille, PARÉ, xviii, 60. Les cormes et cornoaillcs, cueillies devant leur maturité, o. de serres, 237. En la propre manière que les cerizes, sont confites les cornoailles, c'est assavoir, dans le sucre infus au propre jus de ce fruit, duquel, sans autre humeur, se fait le syrop, appelle corniat du nom du fruit, 0. DE serres, 86*.

— ÉTYM. Picard, corgnolle; wallon, coinioule, du latin corniculum, petite corne (à cau.se de la forme du fruit) , diminutif de cornu, corne. Le bourguignon dit coitrgelle.

CORNOUILLER (kor-nou-Ué, Il mouillées, et non cor-nou-yé; Vr ne se lie jamais: au plur. l'x se lie : kor-nou-llé-z et cornouilles) , s. m. Arbre à bois très-^dur, qui porte la cornouille (cornus mas, t.). Et sur le cornouiller la prune se colore, deulle , Giorg. n.

— HIST. xvi's. Conserve du fruit de cornalier, PARÉ, xxiv, 49. Charmes, obiers, cornoalliers, érables, o. de serres, -lOâ. Quelque petit nombre de cornoalliers sierra bien parmi les précieux fruitiers, à cause de la beauté des cornoailles, pour leur excellente couleur escarlatine, ID. 693. Le bois du cornoailler est ferme et solide, comme corne, d'où il tire son nom, ID. 69i.

— ÉTYM. Cornouille; Berry, courgellier; bourg. courgelier.

CORNU, UE (kor-nu, nue), adj. || 1° Qui a des cornes. Les diables cornus. Front cornu. Un animal cornu blessa de quelque coups Le lion, qui, plein de courroux.... i.a font. Fabl. v, 4. || 2° Qui a des coins ou angles saillants. Un pain cornu. Une pièce de terre cornue. Du fond de cet antre pierreux. Entre deux montagnes cornues, volt. Ép. xxvi. || Terme de logique. Argument cornu, sorte d'argument. On , donnait le nom de cornu à cet argument-ci : Vous avez ce que vous n'avez pas perdu; or vous n'avez pas perdu des cornes; donc vous avez des cornes, condillac, llisl. anc. m, )8. {| On appelait aussi de ce nom le dilemme, parce qu'il frappe de deux côtés {argumenlum cornutum utrinque feriens). || 3° Fig.

Lièvres cornus, idées folles, extravagantes, cinsi dites parce que les lièvres n'ont pas de cornes. Et de lièvres cornus le cerveau [ils] nous barbouillent, Régnier, Sat. IX. Il Raisons cornues, raisonnements cornus, raisons bizarres, étranges. Tous vos beaux arguments cornus Pour me persuader de vivre Et pour m'obliger à vous suivre, N'étaient donc que pour m'attraper, scarron, Yirg. trav. ii. || Visions cornues, idées foUes, extravagantes. Peut-être sans raison Me suis-je en tête mis ces visions cornues, mol. Sgan. i.l. J'aime mieux.... Que d'aller follement, égaré dans les nues, Me lasser à chercher des visions cornues, toiL. Épit. xi. || 4° Terme de botanique. Dont le style ou les anthères sont en forme de corne. Il Blé cornu, blé affecté de l'ergot. || S" Terme de vétérinaire. Cheval cornu, jument cornue, animal chez lequel la hanche, très-prononcée, forme une forte saillie, défaut dd, soit à une conformation vicieuse, soit simplement à la maigreur. || Proverbe. X mal enfourner, on fait les pains cornus, c'est-à-dire un commencement malhabile fait que la chose ne vient pas à bien.

— HIST. xu" s. Tuit sont cornu et noir comme aversier [diables]. Bataille d'Aleschans , v. (20. Nous verrons le fort escu [de] Maistre Gautier le cornu, HUES de la ferté, Ilomancero, p. <90. Il xiii" s. Li abes prent une maçue. Qui moult estoit grant et cornue. Et le prieur un chandelier, lien. C954. James bues [bœuf] sa teste cornue Ne metroit à jou de charrue, la Rose, isoos. Qui il ataint à coup, contre terre le rue Del son bordon ferré, si que forment i sue; Et les dames lor gietent mainte pierre cornue, Ch. d'Ant. viii, 1138. En mi le front [la bète] estoit cornue D'une corne si très ague.... Unicorne et serpent. ||xiv's. Par Mahon, dist Madoines, je vous voi bien cornu, Baud. de Seb. xiii, 630. Tu sais que li deable, qui sont noir et cornu, Pour orguel trebuchierent dès li ciel en enfer, Oirart de Ross. v. 2120. || xv's. Je fu l'aulrier [dernièrement] trop mal venuz. Quant j'alay pour voir Calais; J'entray dedans comme cornus [comme un sot] Sans congié [permission] ; lors vint deux anglois.... E. descu. Poésies mss. f° 230. || xvi" s. Les rabbins des Juifs font une glose cornue sur ce passage, CALVIN, 288. Voilà donc la couleur qu'a eu le Pape et tous ses evesques cornus, de charger les consciences do nouvelles loix, lu. Instit. 948. Rochers cornuz, j. marot, v, 224. C'est signe que la pierre [dans la vessie] est petite et cornue, ou espineuse, c'est à dire avec aspérités, paré, xv, 37. Les chèvres escornées de nature, ne sont tant sujettes à avorter que les cornues, 0. de serres, 329. Fust-il plus diable qu'il n'est cornu, cotohave.

— ÉTYM. Provenç. cornut; espagn. cornudo; ital. cornuto ; du latin cornulus, de cornu (voy. corne).

f CORNUAU (kor-nu-au), s. m. l'oisson de mer qui ressemble à l'alose.

f CORNDCIIET (kor-nu-chè) , s. m. Petit cornet.

— HIST. XVI' s. Aussi sont très proprement entés plusieurs arbres en canon, cornuchet, tuiau, flusteau, ainsi ditte telle sorte d'enter, des instrumenls de ces noms, 0. de serres, 670.

— ÉTYM. Diminutif du latin cornu.

f CORNUDE (kor-nu-d'), s. f. Seau de bois à l'usage du savonnier.

— ÉTYM. Le môme mot que cornue.

t CORNUDET (kor-nu-dè), s. m. Petit seau de bois. *

— ÉTYM. Cornude.

CORNUE (kor-nue), s. f. Vaisseau, ordinairement de verre ou de grès, dont on se sert en chimie pour certaines distillations. L'illustre Robert Boyle avait longtemps tenu de l'eau dans une cornue à un feu égal, VOLT. Newt. i, 8.

— HIST. XVI* s. Les mettre en une retorte ou cornue avec son récipient, paré, xxvi, 9. Ains commandera-on aux vendangeurs, les raisins seuls, et bien qualifiés, estre nettement mis dans les pannicrs et corbeilles; et de là portés dans les cornues, et finalement charriés au celier, 0. de serres, 210, etc.

— ÉTYM. Cornue, à cause de sa forme recourbée; provenç. comuda.

f CORNUELLE (kor-nu-è-l'), s. f. Un des noms de la raâcre.

— ÉTYM. Diminutif du latin cornu.

f t. CORNUET (kor-nu-è), s. m. Terme d'agriculture. Bidenl.

— ÉTYM. Diminutif du latin cornu.

f 2. CORNUET (kor-nu-è), s. m. Nom d'une plante corymbifùre {bidens Iripartita, L.).

— ÉTYM. Lat. cornu.

f CORNCPËTE (kor-nu-pè-t') , adj. Terme de nu-

mismatique. Qui frappe de la corne. Taureau comiipète.

— ÉTYM. Lat. eomu, corne, et petere, attaquer, assaillir (voy. pétition). Bas cornupeta, dans saint Jérôme.

t COROLLACÉ, ÉE (ko-rol-la-sé, sée), adj. Terme do bolanique. Qui a l'apparence d'une coroUe.

— ÉTYM. Corolle.

(. COROLLAIRE (ko-rol-lê-r'), s. m. ||l°Tence didactique. Ce qu'on ajoute à l'appui des raisons dont on s'est servi. J'y ajouterai maintenant ce corollaire, que.... Boss. Préf. || 2° Terme de mathématiques. Conséquence découlant d'une proposition qui vient d'être démontrée. Voulez-vous peindre et toucher, on vous demande des axiomes et des corollaire», C11ATEAUD. Génie, i, 4. Des traités entiers faits par de grands auteurs se réduisent quelquefois à quelques corollaires que l'on rencontre en chemin, fonten. l'Hôpital.

— HIST. xv's. Après je viens au quart exemple de ma dite majeure, auquel je pense noter et proposer huit vérités principales.... et conférer huit autres conclusions par maniera de corollaires,

MONSTREL. liv. I, ch. 39.

— ÉTYM. Lat. corollarium, de corolla, petite couronne (voy. corolle); dit ainsi de la figure du signe qui indiquait le corollaire d'une proposition.

t 2. COROLLAIRE (ko-rol-lè-r'), adj. Terme de botanique. Qui est de la nature de la corolle.

— ÉTYM. Corolle.

COROLLE (ko-ro-1'), s. f. Terme de botanique. Enveloppe immédiate des étamines et du pistil; enveloppe interne d'un périanthe double. Si je pouvais t'offrir, pour m'ouvrir ta demeure. Ma goutte de rosée, ou mes corolles d'or, v. hdgo, Bail. ï. Cette partie enveloppante et colorée qui est blanche dans le lis, s'appelle la corolle et non pas la fleur comme chez le vulgaire, parce'que la fleur est un compo.>é de plusieurs parties dont la corolle est seulement la principale, j. j. rouss. Letl. Élém. botan.

— ÉTYM. Lat. corolla, diminutif de corona (voy. couronne).

t COROLLE, ËE (ko-rol-Ié, lée), adj. Terme de botanique. Qui est muni d'une corolle.

— ÉTYM. Corolle.

t COROLLIFÈRE (ko-rol-li-fô r'), adj. Terme de botanique. Qui porte une corolle.

— ÉTY.M. Corolle, et le latin feras, qui porte.

f COROLLIFLORES (ko-rol-liflo-r'), s. f. plur. Terme de bolanique. Plantes dont les (leurs ont une corolle hypogyne.

— ÉTYM. Corolle, et le latin flos, floris, fleur.

t COROLLIFORME (ko-rol-li-for-m), adj. Terme de bolanique. Qui a la forme d'une corolle.

— ÉTY.M. Corolle, et forme.

t COROLLIN, INE (ko-rol-lin, li-n'), adj. Qui est de la nature de la corolle. Étamines corollines. Il Nectaires corollins, ceux qui sont situés sur la corolle.

— ÉTYM. Corolle.

t COROLLITIQUE (ko-rol-li-ti-k') , adj. Terme d'architecture. Colonne coroUitique, colonne ornée de feuillages ou de fleurs tournées en spirale autour du fdt.

— ÉTYM. Lat. corolla, petite couronne (voy. corolle).

t COROLLULE (ko-rol-lu-l'), s, f. Terme de bolanique. Petite corolle.

— ÉTYM. Diminutif de corolle.

t CORONACH (ko-ro-nach), s. m. Chant funèbre des Ecossais des montagnes, qui sont de race celtique.

— ÉTYM. Mot celtique.

CORONAIRE (ko-ro-nê-r'), adj. || 1* Terme d'antiquité romaine. Or coronaire, couronne d'or donnée à un général vainqueur par les provinces, les nations alliées ou amies du peuple romain. || 2"Terme d'anatomie. Artères, veines coronaires, celles qui effectuent la circulation du sang dans le cœur. Elles ont formé les veines qu'on nomme coronaires, desc. Fœtus, 4. Il Artère, veine coronaire, artère. veine de l'estomac. || Vaisseaux ainsi nommés parce qu'ils sont disposés en couronne, en rond.

— HIST. xiu* s. Il loist bien [il est bien permis] au segneur que ses bons de cors devient clers, que il se traie à l'evesque et qu'il li requière qu'il ne U face pas coronere [tonsure], beadm. xiv, t7.|| xvi' s. La veine et artère viennent de la gastrique, gastrepiplo!qu(J7 coronaire etsplenique, paré, I, 14.

— ÉTYM. Lat. coronart'us, en forme de couronne, de corona (voy. couronne); provenç. eoronarii espagn. et ital. coronario.

CORONAL, ALE (ko-ro-nal, na-l"), a<<;'.j| 1* Terme

COR

d'nnatomie. Os coronal, l'os qui forme la parlin aulérieure du front. || S. m. Le coronal, les coroiiaux. il 2-' Terme do botanique. Périantho coronal, p6riantlie qui enveloppe circulairoment les organes sexuels.

— HiST. XVI* S. Par le front est e/itendu tout ce qui est depuis les sourcils jusquos à la suture coronale, pari!, m, <• L'os coronal, id. m, i.

— ÉTYM. Lat. coronalis, de corona, couronne; os ainsi dit à cause de sa forme.

t CORONELLE (ko-ro-nè-l') , s. f. Tringle de métal qui retient les dentîd'un peigne d'acier.

— ËTYM. Diminutif do coronne ou couronne. COllONEU (ko-ro-nèr) , s. m. Officier de justice

anglaise, qui a dans ses attributions de prendre des informations avec le jury et douze voisins sur la cause de toute mort violente, ainsi que sur les découvertes de trésors et les débris de naufrages.

— liTYM. Angl. coroner, du latin corona, couronne.

t CORONET (ko-ro-n5), s. m. Petite couronne qui est l'insigne de la pairie anglaise. Porter le coronet.

— ÉTYM. Angl. coronet, diminutif français de couronne.

f CORONIFORME (ko-ro-ni-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une couronne.

— ÈTYM. Lat. corona, et forme.

CORONILLE (ko-ro-ni-U', H mouillées, et non

ko-ro-ni-ye), s. f. Genre de plantes légumineuses, dont les fleurs sont disposées en couronne (coronilla emerus, L.).

— ËTYM. Diminutif de couronne.

t CORONIS (ko-ro-ni.s') , s. f. Terme de diplomatique. Signe qui marque la fin des livres ou celle de tout l'ouvrage dans les manuscrits. || Signe par lequel les grammairiens grecs marquaient une crase.

— ÉTYM. Lat. coronis, de KOfwvtç, coronis, proprement courbe; ainsi dit de .sa forme; de même radical que xofûvri, corneille.

CORONOÏDE (ko-ro-no-i-d'), adj. Terme d'anatomio. Apophyses coronoides , éminenoes osseuses comparées, à cause de leur forme, au bec d'une corneille.

— ÉTYM. KopûvTi , corneille (voy. corneille) , et e'ioo;, forme.

tCORONOÏDIEN,IENNE(ko-ro-no-i-diin,diè-n'), adj. Oui appartient à l'apophyse coronoïde.

t COllONULE (ko-ro-nu-l') , s. f. Rebord membraneux de certains fruits. |j Couronne ou demi-couroime d'épines qui garnit le sommet du coude ou du tibia de certains insectes.

— ETYM. Lat. coronula, diminutif de corona, couronne.

t COROSSOL (lo-ro-sol), s. m. Fruit du corossolier.

■j- COROSSOLIER (ko-ro-so-lié), s. m. Terme de botanique. Nom de Vanone muricdc.

t CORP (korp), s. m. Un des noms de l'ombre, poisson.

— ÉTYM. Lat. corvus, corbeau, sorte de poisson. t CORPON (kor pon) ou CORPOU (kor-pou), s. m.

Terme de pêche. Cinquième chambre, à la tête de la madrague où se prennent les thons.

CORPORAL (kor-po-ral) , s. m. Terme de liturgie catholique. Nom d'un linge consacré aux usages ecclésiastiques, qui se met sur l'autel pour y poser l'hostie pondant la messe. Je vous ai oflerte avec vos bons désirs sur le corporal , Boss. Lett. Corn. 6G. Il Au plur. Des corporaux.

— HIST. xV s. Le roy desiroit avoir le corporal sur quoy chantoit monseigneur sainct Pierre, comm. VI, 10. Il xvr s. Les hommes mal vestus, quand ils seroient plieurs de corporaux, si sont- ils à tous coups prins pour espies, desper. Contes, Lxxxii.

— ÉTYM. Lat. corporale, de corpus, corps (voy. corps), corps de Notre-Seigneur, hostie; provenç. corporal; ital. corporale.

fCORPORALlER (kor-po-ra-liô), s. m. Sorte de bourse dans laquelle on serre le corporal. On dit aujourd'hui bourse.

— ÉTYM. Corporal.

t CORPORALITÉ (kor-po-ra-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est corporel. Il s'obstine à soutenir, dans la trinité, de la corporalité, uoss. Avert. o. Arnobe parle positivement de la corporalité des âmes, volt. Phil. 11, 336.

— ÉTYM. Lat. corporalitas , de corporalis, corporel.

t CORPORATIF, IVE (kor-po-ra-tif, ti-v'), adj. Oui a rapport aux corporations ; qui est de la nature des corporations. Le prolétaire, seul en face delà puissance cenluplte du chef d'industrie, a été re-

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jeté dans l'incertitude, dans la dépendance d'où le travailleur était sorti peu à peu, au moyen âge, par l'organisation corporative, noui.LEAtix , Sur les coalitions. Courrier de l'aris, 8jllin^8no.

— ÉTYM. Voy. CORPORATION.

CORPORATION (kor-po-rasion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Réunion de personnes qui forment un corps ayant dos règlements, des droits ou privilèges particuliers. || Association d'ouvriers unis par dos droits et des devoirs réciproques. Les corporations d'arts, de métiers. X Rome les artisans libres étaient formés en corporations. || En Angleterre, communauté, ensemble des habitants d'une localité. La corporation de Bristol, c'est le corps des habitants.

— ÉTYM. Mot tiré du bas-latin corporatus, formé en corporation, de corpus (voy. corps).

t CORPORÉITÊ (kor-po-ré-i-té), s. f. Terme didactique. Ce qui constitue un corps tel qu'il e.st. L'âme ne forme des idées spirituelles qu'à l'aide des mots qui en sont les signes, et ces mots prouvent la corporéité de ces idées, bonnet, Ess. psych. Introduction. Il ne nous est pas possible do déterminer CD qui est en la puissance du corps, c'est-àdire ce qui peut sortir du fond de la simple corporéité, par les forces et les seules lois de la nature, BOULAI NviLLiERS, liéfut. de Spinosa, p. m.

— ÉTYM. Lat. corpus, corporis, corps.

CORPOREL, ELLE (kor-po-rèl, rè-1'), adj.\\ 1° Oui

a un corps, par opposition à spirituel. Dieu n'est point corporel. Que dirait ce dernier sur ces exemples-ci ? Que [aux bêles] la mémoire est corporelle, LA FONT. Fabl. X, i. La nature intelligente est distincte de la corporelle , de-SC. Mélh. Ce vaste univers que nous appelons monde corporel ou la nature, d'alemb. Encycl. Disc, prélim. OEuvres, 1. 1, p. 238, dans pouGENS. || Terme de métaphysique. Individu corporel, un corps qui, composé de plusieurs autres, forme un tout, un individu. Ces corps sont dits unis et composent ensemble un tout de certaine ligure, qui est un mode de l'étendue solide, que l'on nomme individu corporel ou suppôt, roulainviLLiERS, Rofut. de Spinosa, p. <09. || 2° Qui appartient au corps ou qui le concerne. Les infirmités corporelles. Peine, punition corporelle. Le remède d'immortalité lui est 6té, et une mort plus affreuse, qui est celle de l'âme, lui est figurée par cette mort corporelle à laquelle il est condamné, boss. Ilist. Il, i. Il prit des épicuriens le principe que, pour expliquer les effets corporels, il ne faut recourir qu'aux corps, hollin, Ilist. anc. liv. xxvl, ch. 3, art. 4. Combien l'esprit qui lui découvrait l'avenir le lui montrait-il comme présent et par une lumière au.ssi infaillible que s'U l'avait vu des yeux corporels! rollin, Hist. anc. t. viii, p. 67), dans pougens. Comme ce sont ceux qui n'ont point de bien, qui attaquent plus volontiers celui des autres, il a fallu que la peine corporelle suppléât à la pécuniaire, montesq. Esp. XII, 4.

— FllST. xn° s. E ainsi les arma non mie d'armes corporauz, mais de bonnes paroles, llachab. Il, 15. Pur amur St-Thoraas nus doinst la sue aïe. Que rien ne nus suffraigne k la corporal vie.... Tli. le mart. )60. || xiii' s. Nuls ne doit afl'eblir sa corporel sustance Par boivre jusqu'à ivre, ne pas emplir sa panse, J. de meung. Test. 1747. Bone amor doit de fin cuernestre; Don n'en doivent pas eslro mest*e. Ne que font corporel solas, la /iose,40i5. Quant à la corporel personne, ih. )9230. || xiv s. Ils en ont les richesses et les biens temporels; Sonz ce ne puet durer la vie corporelle, Girart de Ross. v. 6313. Il xv° s. Il est grant et corporel, par quoy il en est d'autant plus pesant, Pcrceforest , t. v, f° 30.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. corporal; ital. corporale; du latin corporalis, de corpus (voy. corps).

CORPORELLEMENT ( kor-po-rè-le-man), adv.

Il 1" D'une manière corporelle. Punir corporellement. || 2° Terme du dogme catholique. En corps même. Manger, recevoir le corps de Jésus-Christ réellement et corporellement. Où la divinité réside corporellement, mass. Carême, Resp. temples.

— HIST. xiii* s. L'espée temporel si est d'autre trempeûre, car par 11 doit estre fête droite justice sans délai et venjance prise des malfeteurs corporelement, beaum. xlvi, 12. \\ xiV s. La nature bien disposée corporelment se esjoït et ilelette es choses qui sont simplement delettables, oresme, Elh. 220.

j — ÉTYM. Corporelle, et le suffixe ment. . t CORPORIFICATION (kor-po-ri-fi-ka-sion), s. f. Ancien terme de chimie. Action de condenser des vapeurs en un corps solide.

— ÉTYM. Corporifier.

' COUPORIFIÉ, ÉE (kor-po-ri-fi-é, ée), part, passé.

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Vapeurs corporifiées par le froid. C'est ainsi qiia l'air corporilié dans les substances s'en dégage pendant leur décomposition pour rentrer dans la masse atmosphérique , bonnet, Contempl. nat. v» part, ch. 17, note l.

CORPORIFIER (kor-po-ri-fi-é), je corporifiais, nous corporifiions; que Je corporifle, que nous corporifiions , v. a. || 1° Terme de théologie. Supposer, donner un corps à ce qui e.st esprit. Les hérétique! qui corporifiaicnt les anges. {| 2' Ancien terme de chimie. Fixer en corps les parties éparses d'une substance. Corporifier du mercure. || 3° Se corporifier, V. réfl. La terre se corporifle avec les sels et avec les esprits pour la formation des pierres dans la vessie, CIIARRAS, Fharmac. i, 6 et 8.

— ÉTYM. Lat. corpus, corporis, et le suffixe picore, faire.

CORPS (kor; Vs ne se lie pas: un corps animé, dites : un cor animé; cependant plusieurs prononcent Vs dans ce cas : un cor-z animé), s. m. || 1° Ce qui fait l'existence matérielle d'un homme ou d'un animal, vivant ou mort. Les corps vivants. Les membres du corps. Corps très- bien conformé. Les maladies qui attaquent le corps humain. Un corps souple et agile. Mais garde de toucher ce misérable corps, CORN. Médée, v, b. La mort ne nous laisse pas assez dé corps pour occuper quelque place, et on ne voit là que les tombeaux qui fitssent quelque figure; notre chair change bientôt de nature; notre corps prend un autre nom; même celui de cadavre, parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps; il devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue, BOSS. Duch. d'Orl. Que de corps entassés, que de membres éparsl rac. Esth. i, 5. De son corps tout sanglant le misérable reste , id. Esth. m, 8. X ces mots ce héros expiré N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré, id. Phèd. v, 6. Tout nage dans le sang, et on ne tombe que sur des corps morts, BOSS. Anne de Goni. Son époux en cherchait le corps Pour lui rendre en cette aventure Les honneurs de la sépulture, la font. Fabl. xiii, 4 8. Pensez-vous que mon corps, devenu un épi de blé, un ver, un gazon, soit changé en un ouvrage de la nature moins digne d'elle? monte.sq. Letl. pers. 71. Il N'être qu'un en deux corps , être hé par une étroite amitié. Il est riche en vertu, cela vaut des trésors; Et puis, son père et moi n'étions qu'un en deux corps, mol. F. sav. n, 4, || Un corps de fer, un homme qui résiste aux plus dures fatigues.jl Faire de son corps une boutique d'apothicaire, prendre trop de remèdes, se droguer. || Gagner sa vie, son pain à la sueur de son corps, manger son pain à la sueur de son corps , se procurer par un rude travail ce qui est nécessaire à la subsistance. || Familièrement. Il faut voir ce que cet homme a dans le corps, il faut tâcher de découvrir ses opinions, ses sentiments, et aussi tàter son courage. C'est un homme qui n'a rien dans le corps. {| Passer sur le corps d'une troupe ennemie, la renverser. Quoi! vous doutez, dit-il, qu'avec mes huit mille braves Suédois je ne passe sur le corps à quatre-vingt mille Moscovites? volt. Charles XII, 2. || Fig. Passer sur le corps de quelqu'un, obtenir un emploi auqyel sou rang lui donnait droit, devenir, de son inférieur, son supérieur. On se voit passer sur le corps par des subalternes, mass. Pet. car. Drap. || Familièrement. Faire rentrer dans le corps, faire rengainer, faire taire. Si tu pouvais savoir quel plaisir on a lors De leur faire rentrer leurs nouvelles au corps.... corn. Ment, i, 0. Il Avoir le diable au corps, être d'une audace extrême, et encore, être singulièrement habile, ingénieux. Se dit aussi en parlant d'un cheval fougueux. Il Honorer de son corps, a été dit par Molière d'un homme qui épouse une femme, quand il croit lui faire honneur en l'épousant; mais dit pour faire ressortir le ridicule du personnage. Et celle que je dois honorer de mon corps. Non-seulement doit être et pudique et bien née; Il ne faut môme pas qu'elle soit soupçonnée, mol. Éc. des mar. m, 2. Il Un corps mort, un cadavre d'homme ou de femme. Je ne sais ce que c'est, monsieur, mais il me semble Qu'Agnès et le corps mort s'en sont allés ensemble, MOL. Éc. des f. V, 5. Il X bras-le-corps, loc. adv. En passant les bras autour du corps d'un «autre. Il le saisit à bras-le-corps et le retint sur sa chaise malgré lui. La construction est : saisir, prendre la corp.i à [avec les] bras. || Corps à corps, loc. adi: En attaquant de près son adversaire. Combat coips à corps. Étant forcés de combattre de près, ils mirent tous l'épéeàla main, et alors il se fit un grand carnage; car on se battait corps à corps, et l'on se portait la pointe de l'épée contre le visage les uns

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des autres, rollin, llist. anc. Œuvres, t. vi, p. 244, dans pouGENS. Il Fig. Comment Voltaire ne comprit-il pas le danper d'une lutte corps à corps avec Bossuet et Pascal? cHATEAUB. Génie, m, ni, 6. Il 2° Plus particulièrement, la partie du corps humain qui est entre le cou et les hanches, le tronc. Il a un coup d'épée dans le corps. || X mi-corps, par la moitié du corps. Il était penché à mi-corps par la fenêtre. D'autres animaux à mi-corps, quelquefois des lions en ronde hosse, sont attachés aux bras [de la statue fie Diane] . barthél. Anach. ch. 72. || Terme d'escrime. Plier le corps en avant, en arrière. Plier le corps sur la jambe droite, sur la jambe gauche. Avancer le corps. Effacer son corps. Tenir le corps ferme. Partirdu corps. || Fig. Prendre lelièvre au corps, attaquer, dans une affaire, le point essentiel; locution tirée de la chasse, le chien prenant le lièvre au corps effectivement. || Terme de manége.On dit qu'un cheval a du corps, quand ses côtes sont amples et longues. Il 3° Le corps considéré par opposition à l'Ame ; la partie sensuelle de l'être humain. Macérer, mortifier son corps.... Dans son premier lustre il est déjà soldat, Le corps attend les ans, mais l'âme est toute prête, CORN. Attila, ii, 5. Le ciel n'a point encor, par de si doux accords, Uni tant de vertus aux grâces d'un beau corps, td. Pomp. m, 3. Il y a des gens qui plaisent, quelque défaut qu'ils aient au corps et à l'esprit, la rochef. Max. dans richelet. Ce sont des filles qui n'ont ni au corps ni à l'âme aucun des défauts dont il est parlé dans les constitutions, PATRU, Piot'd. 16, dans RICHELET. Le corps, cette guenille, est-il d'une importance, D'un prix à mériter seulement qu'on y pense? mol. F. sav. II, 7. C'est cette union admirable de notre corps et de notre âme que nous avons à considérer, aoss. Conn. III, 2. Suis-je libre en effet? ou mon âme et mon corps Sont-ils d'un autre agent les aveugles ressorts? VOLT. 2' Discours. Ce corps vil et mortel est-il donc si sacré Que l'esprit qui le meut ne le quitte à son gré? ID. Alx. v, 3. || Tant que l'âme me battra dans le corps, tant que je serai en vie. Il Se tuer le corps et l'âme, se donner beaucoup de mal sans résultat. || Se donner à quelqu'un corps et â&e ou de corps et d'âme, se dévouer entièrement à lui. Il Faire folie de son corps, se dit d'une femme qui se livre au désordre. Une femme folle de son corps, une femme qui se livre au désordre. Il Un corps sans âme, un homme qui ne sait que faire, que devenir Je suis à Paris triste, pauvre et reclus. Ainsi qu'un corps sans âme ou devenu perclus, BoiL. Sat. i. || Un corps sans âme, se dit aussi d'un parti, d'une armée sans chef. || Familièrement. Il n'est pas traître à son corps, se dit d'un homme qui ne s'épargne rien, qui ne se refuse pas les commodités de la vie. || Dans la justice féodale, on disait que le corps était perdu quand une condamnation capitale était prononcée, par opposition à l'âme qui pouvait toujours être sauvée. Si elle [la partie] était vaincue [en combat judiciaire], elle ne perdait point ie corps, mais le témoin était rejeté, montesq. Esp. xx, 15. || Fig. Le corps d'une devise, la figure qui y est représentée, par opposition à l'âme de la devise ou mots qui accompagnent cette figure. || 4° La personne même. Répondre de quelqu'un corps pour corps, se porter garant de sa loyauté. J'en réponds corps pour corps, CORN, le Ment, iv, 9. Je réponds de vous corps pour corps, LA FONT. Oics. Il Faire bon marché de son corps, s'exposer hardiment au péril, ne pas se ménager assez. Il Bourreau de son corps, celui qui ne ménage pas sa santé. || Un drôle de corps, un homme original , plaisant. On dit dans le même sens : c'est un plaisant corps. || C'est un pauvre corps, c'est un homme sans esprit ni vigueur. || Fig. Tomber sur le corps de quelqu'un, l'attaquer vivement en paroles, soit présent, soitabsent. || Avoir une mauvais? affaire sur le corps, être impliqué dans quelque affaire compromettante, dangereuse. || La personne du prince. Les gardes du corps. || Terme de jurisprudence. La personne, par opposition aux biens ou aux marchandises. Séparation de corps et de biens. La contrainte par corps. Il ordonna que personne ne serait obligé par corps pour dettes civiles, montesq. Esp. XII, 21. Solon ordonna à Athènes qu'on n'obligerait plus le corps pour dettes, m. Esp. xx, <5. Il Le par-corps, la contrainte par corps. Craindre le par-corps. || Terme de marine. Périr corps et cargaison, corps et biens, se dit quand tout périt, vaisseau et marchandises. || S corps perdu, loc. adv. sans ménagement pour sa personne, sans circonspection. Il se jeta à corps perdu dans la mêlée. Il se jeta à corps perdu dans les entreprises. Je te veux découvrir les maux qui sont attachés à cette

CICT. DE LA LANCJUE FRANÇAISE.

profession; tu t'y jetteras, si lu veux, à corps perdu, d'ablancouht, Lucien, t. i, dans richelet. || Xson corps défendant, loc. adv. En résistant à une attaque. S'il l'a tué, c'est à son corps défendant. La construction est : à [en] défendant son corps. || Fig. malgré soi, à regret. Je n'y ai consenti qu'à mon corps défendant. Or si parfois j'écris suivant mon ascendant. Je vous jure, encore est-ce à mon corps défendant, Régnier, Sat. xv. Et l'on sait qu'elle est prude à son corps défendant, mol. Tart. i, t. Il 6° Bon corps, mauvais corps, bon état, mauvais état do la constitution. Ce roi vit un troupeau qui couvrait tous les champs. Bien broutant, en bon corps.... la font. Fabl. x, 40. || Absolument. Corps, l'embonpoint. Prendre du corps. || Faire corps neuf, se dit du rétablissement après une longue maladie. Cela se dit aussi des chevaux mis au vert. || Terme de fauconnerie. Être trop en corps, se dit d'un oiseau, quand il est trop gras et qu'il vole avec difficulté. Il 6° Terme de théologie. Il se dit en parlant du sacrement de l'Eucharistie. Recevoir le corps de Notre-Seigneur. || Corps saint, le corps d'un saint. On trouva dans cette église plusieurs corps saints. Il Enlever un homme comme un corps saint, l'enlever de vive force et sans qu'il ait le temps de résister. Ainsi écrite, cette locution est inintelligible; caries corps des saints ne sont enlevés ni de vive force ni sans qu'ils aient le temps de résister; voyez-en l'explication à corsin qui est une bonne orthographe, celle-ci étant tout à fait vicieuse. Aussi, comme on ne comprenait plus la locution, on y a attaché un sens tout opposé et en rapport avec corps saint, c'est-à-dire enlever en pompe et avec honneur, ainsi qu'on le voit par cette phrase d'une traduction de Don Quichotte, citée par LEROUX de uncy, Prov. t. i, p. 9 : «On vint le [Sancho] recevoir sous les armes, on l'enleva en pompe comme un corps saint, et on le porta sur les épaules à la grande église. » Mais le fait est qu'en ce sens la locution n'existe ni dans les textes ni dans les dictionnaires. || Corps glorieux, état où seront les corps des bienheureux après la résurrection. Il Familièrement et par antiphrase. C'est un corps glorieux, ce n'est pas un corps glorieux, c'est ou ce n'est pas une personne qui reste longtemps sans éprouver certains besoins corporels. |] 7° Partie des vêtements qui s'applique à la partie supérieure du corps. Je crois toujours que c'est qu'on voit mes pensées au travers de mon corps de jupe, SÉv. 75. Il faut lui mettre un petit corps qui lui tienne la taille, ID. 27). Elle paraît en simple déshabillé, sans corps, ID. 3. Il Corset. Sa santé [de Mme de Chevreuse] ne lui permettait pas depuis quelque temps de mettre un corps, st-sim. 238, 4 74. Ces modes étaient extravagantes; c'était un corps qu'on laçait par derrière, volt. Mœurs, 82. Leurs femmes ignoraientl'usage de ces corps de baleine, i. J. rouss. Ém. V. Les bandages du maillot peuvent être comparés aux corps que l'on fait porter aux filles dans leur jeunesse, bl'fp. De l'enfance. || Corps de baleine, ancien corset de femme fait avec des baleines. D'habiles naturalistes ont soutenu que ces espèces de cuirasses (les corps de baleines serrés) pour renfermer et contenir la taille des enfants sont très-pernicieuses, parce qu'elles gênent la nature, la forcent et souvent l'étouffent; ce fut Catherine de Médicis qui en introduisit l'usage en France, saint-foix, Ess. Paris, t. iv, p. 265, danspouGENS. || Corps de cuirasse. Il leur avait passé un corps de cuirasse, LA BRUY. XII. Il 8° Par extension de l'idée de corps d'animal à celle d'un objet quelconque, tout ce qui frappe nos sens par des qualités spéciales. L'air, la terre, une pierre, un arbre, un animal, sont autant de corps. L'impénétrabilité des corps. Le corps n'est autre chose qu'une étendue solide et bornée par une figure qui est une manière d'être de cette étendue, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. 34. Les corps ne sont figurés, mobiles, etc. que parce qu'ils sont étendus, condillac, Oramm. Précis des leçons préliminaires , art. 4. H est certain que nous n'avons aucune démonstration de l'existence des corps ; l'auteur célèbre des causes occasionnelles l'avait déjà prouvé ; et les raisons qu'allègue le théologien anglais ne font que mettre cette proposition dans un plus grand jour, bonnet, Essai psychol. ch. 33. Cependant le cerf vole; et les chiens sur la voie Suivent ces corps légers que le vent leur envoie, delille. Homme des cliamps, 1. 1| En physique, on distingue les corps en solides et en fiuides, et ceux-ci en liquides et en fluides élastiques. Il Terme de chimie. Corps simples, ceux dont on n'a pu tirer, jusqu'à ce jour, qu'une seule espèce de molécules, Corps composés, ceux qui sont for-

més de deux ou de plusieurs espèces de molécules. Il Les corps célestes, le soleil, les étoiles fixes, les planètes, les satellites et les comètes. Toute leur félicité consiste en ce qu'elles y entendent l'hannonie que les corps célestes font par leurs mouvements, fonten. Mondes, 3* soir. Le fameux problème que les géomètres ont appelé problème des trois corps, parce qu'il consiste à déterminer l'orbite d'un corps céleste attiré par deux autres , d'alemb. Encycl. Disc, prélim. Œuvres, t. xiv, p. 93, dans pougeks. Il Terme de physiologie. Corps organisé, tout corps ou portion de corps appartenant ou ayant appartenu à un corps vivant, végétal ou animal. || Terme de chirurgie. Corps étrangers, corps qui sont introduits accidentellement ou qui se développent dans l'économie. || Prendre l'ombre pour le corps, prendre l'apparence pour la réalité. || C'est l'ombra et le corps, se dit de deux personnes inséparables. Il Faire corps, se dit des choses unies ou adhérentes. Le bourgeon fait corps avec l'écorce. || Fig. Les nouvelles prières faisaient corps avec les anciennes, Boss. Messe. Une magistrature qui ne fait point corps avec les autres, i. i. rouss. Contr. iv, 6. Il 9" Terme de droit. Corps de délit, fait matériel qui constate le crime. || Corps certain et déterminé, un objet désigné, comme par exemple le cheval qui est dans l'écurie : cela se dit par opposition aux choses de genre. || Corps héréditaire , la masse des biens qui composent une succession. Il 10° La partie principale ou la plus grosse de certains objets. Le corps d'un violon, d'une pompe, d'un carrosse, d'un édifice, d'un vaisseau. || Par extension. Ce n'est là que l'ouvrage d'un académicien; si celui de l'Académie était publié, non-seulement il nous résoudrait une infinité de doutes, mais encore il est vraisemblable qu'il affermirait et fixerait en quelque sorte le corps de la langue, pellisson, Hist. Acad. t. i, p. IBO, dans pougens. || Corps de sonde , ensemble d'jillonges ajustées les unes à la suite des autres. || Dans l'écriture, le corps d'une lettre, le principal trait de cette lettre. Il Quand on parle d'une lettre missive, le corps d'une lettre est cette lettre sans les compliments, la date, la signature, etc. || En typographie, la dimension de la pièce fondue qui supporte l'œil de la lettre et qui se mesure par points typographiques du côté du cran. Au lieu de trismégiste, gros canon, etc. on dit corps 36, corps 44, en sous-entendant points. Il La partie d'un poêle, comprise entre le socle et la corniche. || Terme de serrurerie. La tige d'une espagnolette. || 11° Collection, recueil de pièces. Le corps de l'histoire de France par les bénédictins. Le corps du droit civil. Dans un temps où chaque ville, bourg ou village, avait sa coutume, donner un corps général de lois écrites , c'était vouloir renverser dans un moment toutes les lois particulières sous lesquelles on vivait dans chaque lieu du royaume, montesq. Esp. xxvm, 37. Dès l'âge de vingt ans, le jeune Montesquieu préparait déjà les matériaux de l'Esprit des lois, par un extrait raisonné des immenses volumes qui composent le corps du droit civil, d'alemb. Éloges, ifontoquieu. || 12° Corps de doctrine, ensemble de principes religieux ou philosophiques. Il Corps de la conduite, ensemble de la conduite que tient une personne. Lorsque l'œil est simple et éclairé, il répand la lumière sur tout le corps de la conduite, mass. Confér. Conduite. Il Terme de jurisprudence. Corps de preuves, réunion de plusieurs sortes de preuves qui toutes ensemble concourent à former une preuve complète. Il 13° Epaisseur ou consistance que présentent certaines choses. Ce papier, cette étoffe, ce sirop n'a pas de corps. Un vin qui a du corps, de la force. Il Fig. Ce sont viandes creuses qui n'ont pas asseï de corps pour la sustenter, boss. Bonté, 2. 11 faut donner du corps à toutes les instructions qu'on veut insinuer dans l'esprit de l'homme, fBn. xxi, 49. Il 14° Réunion de personnes vivant sous les mêmes lois. L'État est un corps politique dont le souverain est le chef. L'Église est un corps mystique dont J. C est le chef. X moins que d'une tête, un si grand corps chancelle, corn. Othon, m, 2. Le corps politique, aussi bien que la corps de l'homme, commence à mourir dès sa naissance et porte en luimême les causes de la destruction, l. J. Rocss. Contr. soc. m , n. Le corps politique , pris individuellement, peut être considéré comme un corps organisé vivant, semblable à celui de l'homme, ID. Économie polit. Le corps entier du peuple n'affecte, ne flatte ni ne dissimule, montbsq. Rom. 4 4. Vois l'empire romain tombant de toutes parts, Ce grand corps déchiré dont les membres épars Languissent diispersés sans honneur et sans vie,

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VOLT. Fanât, u, ». Il est venu de tous les États ne former qu'un corps, mass. Car. Immut. Pour faire de tout un même corps, Boss. Hist. ii, <3. Les Juifs demeurent toujours en corps de peuple, ID. tb. il, 7. Il Le corps de l'Ëglise, l'ensemble des fidèles. La profession du christianisme suffit pour faire partie du corps de l'Ëglise ; ce qu'il avance contre M. Claude, qui ne compose le corps de l'Église que de vén6rables fidèles, BOSS. Variât, i'avert. § <. C'était un corps d'église qu'il fallait montrer, un corps où l'on prêchât la vérité et où l'on administrât les sacrements, BOss. Variât, xv, § 6. |{ 16" Compagnie qui, réunie par un certain lien , a une existence et une fonction dans l'Ëtat ou dans l'Église. Le corps du clergé, de la noblesse. Les grands corps de l'État. Le corps législatif. Ce grand corps tous les ans change d'âme et de cœurs. C'est le même sénat et d'autres sénateurs, CORN. Tite et Bérén. v, 2. Son inimitié Voulut de ce grand corps retrancher la moitié [des janissaires], bac. Baj. i, t. Les grands corps s'attachent toujours si fort aux minuties, aux vains usages, que l'essentiel ne va jamais qu'après , montesq. Lett. pers. <09. De sorte que tout notre corps est responsable des livres de chacun de nos pères [jésuites], PASO. Prov. 9. Un si grand corps [l'ordre des jésuites] ne subsisterait pas dans une conduite téméraire et sans une âme qui le gouverne et qui règle tous ses mouvements, pasc. Prov. 6. Quel parti prenez-vous dans la querelle des deux médecins, Thêophraste et Artemius? car c'est une affaire qui partage tout notre corps, mol. Amour méd. ii, 3. Les corps, aussi peu infaillibles que les particuliers, payent comme eux le tribut à l'erreur et à la fragilité humaine , d'alemd. Éloges , J. Test, de Mauroy. || Corps constitués, les divers tribunaux ou administrations, par opposition soit au corps de la nation, soit au corps législatif ou constituant. |{ En droit, collection d'individus qui a une existence légale, exerce des droits propres, pris par opposition aux personnes individuelles. || Le corps de ville, les magistrats de la municipalité. Pierre le Grand reçut les respects du corps de ville, volt. Russie, II, 8. Il Le corps diplomatique, les ambassadeurs et les ministres étrangers. || Corps de métier, réunion des ouvriers d'un même état. |1 Corps d'état, réunion des personnes d'un même état. || Esprit de corps, opinions bonnes et mauvaises communes aux divers membres d'une corporation. Ce n'est pas seulement dans le militaire qu'on prend l'esprit de corps, j. j. nouss. Ém. iv. Hélène, la plus célèbre des belles, à laquelle vous devriez, madame, par le même esprit de corps, vous intéresser aussi bien qu'à la dixième muse, p. l. cour, i, 2). Admis enfin, aurai-je alors Pour tout esprit l'esprit du corps ? béhang. Acade'm. et Cav. Il Repas de corps, repas d'apparat où se réunissent les membres d'un corps. Il En corps, /oc. adv. En masse, collectivement. Et le sénat en corps vient exprès d'y monter, Pour jurer sur vos lois, aux yeux de Jupiter.... corn. Olhon,,v, 40. Toute ia ville en corps reconnaîtra ce zèle, mol. l'Étour. m, 2. La faculté a été consultée en corps, boss. Cornet. Il 16° Terme du langage militaire. Corps d'armée, grande division d'une armée. Le troisième corps d'armée, ou, simplement, le troisième corps prit position. Corps de bataille, la partie centreJe de l'armée. Corps de réserve, corps tenu en arrière pour être appelé au besoin. 11 formera un grand corps d'armée, pasc. Proph. 26. Il parait que les Asiatiques ont été des siècles avant de savoir diviser une armée en différents corps, condillac, Uist. anc. I, 4 8. Un général d'armée n'emploie pas plus d'attention à placer sa droite ou son corps de réserve.... MONTESQ. Lett. pers. uo. Ses ordres de mouvement avaient été exécutés avec une telle précision, que tous ces corps, partis du Niémen à des époques et par des routes différentes, malgré des obstacles de tout genre, après un mois de séparation et à cent lieues du point où ils s'étaient quittés, se trouvèrent à la fois réunis à Beszenkowiczi , où ils arrivèrent le même jour et à la même heure, ségdh, Hist. de Nap. IV, 7. Il Un corps d'infanterie, de cavalerie. Il est aimé dans son corps. Il a rejoint son corps, il a rejoint son régiment. Chaque corps ennemi qui se présenta sur nos flancs comme assaillant fut assailli ; la cavalerie fut refoulée dans le bois, et l'infanterie rompue à coups de sabre, séguh, Hist. de Nap. rv,7. Il L'ensemble de ceux qui appartiennent à certaines armes spéciales. Le corps du génie. Le corps a artillerie. Nos dragons, notre corps d'artillerie, VOLT. Lett. Urne de St-JuUen, 21 sept. 4 77B. || Corps rrancs, petits corps de troupes qui n'appartiennent pas à la ligue, qui d'ordinaire ne reçoivent pas de soiae, et tpu souvent ont un caractère insurrection-

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nel. Il Dans l'ancienne armée française les premiers corps d'infanterie étaient les régiments des gardes françaises et suisses ; après marchaient les six vieux corps, qui étaient les régiments de la plus ancienne création, Picardie, Piémont, Champagne, Navarre , Normandie et le Maine; ensuite les six petits vieux corps , qui portaient chacun le nom de son colonel. Il Corps de garde, petite troupe qui monte la garde. J'aime les sobriquets qu'un corps de garde impose; Ils conviennent toujours.... la font. Ballade, sur le nom de Louis le Hardi. \\ Lieu où se tient cette petite troupe. || Plaisanteries de corps de Rarde, plaisanteries grossières. Les quolibets que je hasarde Sentent un peu le corps de garde, la font. Lett. xxiii. Il Habitudes de corps de garde, se dit d'habitudes de sans-gêne, comme fumer, se coucher nonchalamment, etc. Il 17° Corps d'harmonie, se dit quelquefois d'un corps de musique militaire. Il Le corps de ballet, la troupe des danseurs qui exécutent un ballet, par opposition à ceux qui dansent un pas. Corps de ballet désigne aussi la troupe des danseurs. || 18° Corps de logis, la masse ou la partie principale d'un bâtiment, considérée séparément des pavillons ou ailes. Quand l'architecte travaille au corps du bâtiment, s'il ne songe ni à la cour ni au portail, son ouvrage n'est qu'un assemblage confus de parties magnifiques qui ne sont point faites les unes pour les autres, fén. Tél. xxii. Trois corps de logis, formant avec l'église un carré long, composent l'édifice des Invalides, chateaub. Génie, ui, I, 6. Il Corps de logit simple, celui qui ne renferme qu'une pièce ou qu'une seule suite de pièces. Corps de logis double, celui qui, dans son épaisseur, renferme deux pièces ou une suite de pièces. || Corps de logis se dit aussi d'un édifice détaché de l'édifice principal. Il occupe un petit corps de logis au fond du jardin. Il 19° Terme d'architecture. Corps, toute partie qui, par sa saiUie, excède le nu du muret sert de champ à quelque décoration. || Terme de conitruction hydraulique. Corps mort, pièce de bois pour assujettir les mâts au fond de l'eau. || 20° Terme de marine. Corps mort, objet établi solidement sur le rivage ou sur le fond d'une rade pour l'amarrage des navires. || Corps de voile, voile principale. Il Corps de pompe, l'ensemble des pompes principales. Il Corps de voilure, la voilure entière. || Corps organisés, nom des équipages de ligne et des compagnies d'ouvriers mécaniciens. || La partie d'un bateau de pêche comprise depuis le mât jusqu'à peu près les deux tiers de sa longueur, tant à l'avant qu'à l'arrière. || 21° Terme d'anatomie, nom de certaines parties. Le corps calleux. Le corps vitré. || La partie principale de chaque os ou de chaque muscle. Le corps du sphénoïde. Le corps du fémur. Le corps du triceps fémoral. || Le corps jaune, petite vésicule qui est dans l'ovaire. || 22° Terme de botanique. Le corps ligneux, le bois, la partie de la tige comprise entre la moelle et l'écorce. || Corps cotylédonaire, les cotylédons rapprochés et soudés, de manière à ne faire qu'un seul corps. || 23° Terme de numismatique. Se dit de toutes les figures empreintes sur les médailles. || 24° Terme de gravure. La largeur et l'épaisseur de la partie du burin qui est aiguisée en losange. |{ Terme de peinture. Corps percé, couleur claire placée sur une autre couleur claire.

— HIST. x« s. Bel avret [elle avait] corps, bellezour anima, Eulalie.

— XI' s. Home qui plaide en curt, à cui curt que ço. soit, fors là où 11 cors le rei est.... L. de Guill. 28. Cent ad le cors et contenance fiere, Ch. de Bol. vm. Je conduirai mon cors [ma personne] en Roncevauz, ib. lxix. Franceis descendent, si adoubent lur cors, ib. cxxxiv. Li amirals on jure quanqu'il puet De Mahomet les vertuz et le cors, ib. ccxxxiv.

— ■ni' s. Et ton saint cors livras à la passion, Bonc. p. 48. Outre, cuiversl [que] li cors Dieu te honnie, ib. p. B8. Dusque je soie de vostre cors [sur votre personne] vengez, ib. p. 407. Car je mon cors de traïson défont, ib. p. 481. Mais [ils] n'i voient rien qui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton. Coud, u. Et ses beaus bras et son cors bel et gent, ib. v. Comment me puet li cuers au cors durer Qu'il ne s'en part? ib. XIII. Se par bataille ne me puis esploitier Tôt cors à cors encontre un chevalier, Li coronemens Looys, V. 2363. Si m'est au cors une autre amour emprise, Qui me requiert et allume et esprent, QUESNES, Bomancero, p. 90. Qui puis derraisna [défendit la cause de] France cors à cors à [contre] Broier, Sax. iv. De tout vostre gaain ne vous demant-jemieForsli corsHelissant [la personne d'Helissant], ib. vu. Et si dui filocis et sa famé au cors gent ib. xii. Jofroiz li Angevins se dresse en son es-

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tage ; Bel chevalier i ot de cors et de visage, t&. xxvi, [Que chaque baron aille chez soi] Pour aprester ses homes, son cors et son afaire, ib. xxxi.

— xiii" s. Et mande à tous cous de l'os, et à petis et grans, que ses cors [sa personne] meismea ira avecques vous en la terre d'outre mer, villeh. II. Et d'autre part del bras saint Jorge ne tenoient fors que seulement le cors de la cité, id. cl. Et U Venicien leur firent marchié plenteureus de toutes choses que il convenoit à cors d'orne et à cors de cheval, ib. xxxiii. Mainte ame en fu de cor sevrée et départie, Berle, ii. Après [ils] le marièrent pour son cor [sa personne] honorer, ib. m. C'ert [c'était] la fille à la serve, ses cors soit lui [à elle] honnis, ib. v. Or soit Diex de mon cor et de m'ame gardere, ib. XVIII. X Dieu [elle] s'est comandée et au cor [de] saint Denise, ib. xxxi. [Il] n'ot plus d'hoirs de son cor fors Berle la courtoise, ib. lxii. En la serve [il] avoit mis cuer et cor et désir, ib. lxiii. Dont [donc] ne lui faites mie du cor la vie ester, ib. xcvii. Plus [j'] eusse vo cor [votre personne] honoré et servi, ib. cxviii. D'un samit portret à oysiaus. Qui ère tout à or batus, Fu ses cors richement vestus, la Bose, 826. Et aussi quant feme est condampnée à perdre le cors par jugement, et ele dit que ele est grosse, li jugemens ne doit pas estre fes ne mis à execussion, beaum. vn, 4 2. En tel cas doit estre fête recreance à cix qui poent baillier bons pièges, cors por cors, de revenir à jor et de penre droit, ID. LViii, 4 8. Li rois ne cil qui tient en baronnie ne doivent lever nul ronci de service, porce qu'il poent penre les cors armés et montés toutes les fois qu'il veulent et qu'il en ont mestier, id. xxviii, 9. Selon le [la] coustume, nus cors d'omme n'est pris por dette , s'il n'a par letres son cors obligié à tenir et à mètre en prison, id. xxiv, 4 2. Li Sarrazins distrent que il n'en feroient riens, se en ne leur lessoit le cors [la personne] le roy en gage, ioinv. 237. Nous trouvâmes que le roy son cors [de sa personne] avoit fait enfouir les cors des crestiens que' les Sarrazins avoient occis, m. 278. X l'onneur du vrai cors saint, id. 4 92.

— xiv* s. En un champ de bataille, corps à corps, per à per, Gucicl. 2397. Vassaus, dist Polibans, tu scés d'encanterie. Qui desarmés te veus combatre, à cheste fie [à cette fois]. Contre mi corps à corps; tu penses à folie, liaud. de Seb. xi, 253. Les exposans trouvèrent un jeune homme couchié sur l'autel de la Magdalaine, où l'en chante et célèbre continuelement le corps nostre Seigneur,

DU GANGE, corpus.

— XV' s. Qui garde le corps ne garde rien, froiss. II, II, 206. Dont le roi eut si grand joie do sa venue [messire Jean de Hainaut] qu'il le retint pour son corps et de son plus privé et especial conseil, m. I, I, 269. X l'un des lez de la ville sied le chastel ; au corps de la ville estoient le comte d'Eu et de Chines, id. i, i, 274. Ils ne cuidoient mie que nul François corps à corps s'osast combattre contre un Anglo'is, id. ii, u, 69. La tierce bataille eut le roi pour son corps [de sa personne], id. i, i, 284. Et fut délivrée à Mgr Jean de Hainaut une abbaye de blans moines pour son corps et son tinel tenir, ID. I, I, 30. Or avint ainsi que messire Henri de Flandre, en sa nouvelle chevalerie, et pour son corps avancer et accroistre son honneur, se mit un jour en la compagnie de plusieurs chevaliers, id. I, i, 86. Et s'elle veidt aller au corps [enterrement] De Gautier, Hersant ou Jehannette, eust. desch. Poésies mss. f° *96. Et que sa femme soit de corps [serve], lD.tb.f°6B4. Mauldit soit mon corps, se vous ne vous repentez de la parolle que avez dicte, Lancelot du lac, t. ir, f» 416. Le pauvre corps de luy n'aura jamais repos, fors tribulation et peine, Let 4 B joyes du mariaige, p. 1 66, dans lacorne.

— XVI' s. La contemplation embesongnenostreame à part du corps, mont, i, 68. Avoir encores vingt ans dans le corps, id. i, 73. Jen'en cognoissois pas seulement le nom [de ces livres] , ny ne foys encores le corps, id. i, 496. X corps perdu, id. i, 254. Ilportoit un corps de cuirasse soubsunhabit de religieux, id. i, 309. Un corps d'ennemis, id. ii, 6. Les autres, luy donnans de loing de grands coups de piques, luy faulserent son corps de cuirace, amïot, Pélop, 60. U accusa tout le corps de la ville, ne plus ne Koins que si c'eust esté une seule personne privée, du meurtre commis, id. Cimon, *. Les assiegeans firent un grand retranchement bien tenaillé, avec plalte forme et cazemattes, par lequel (comme on dit en telles choses) ils mirent ce corps de logis dehors, d'aub. Bist. 11,4 54. Ils n'avoient qu'un corps de logis , qui ne pouvoit attendre un canon, id. ib. t »3. Us ne prenoieut de l'eau benisteen entrant en l'église

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qu'en leurs corps deffendant, Satyre Mén. p. 70. Un corps [corset] de fer, un pourpoint contrepointé, afin de tenir le corps droit et menu, paré, Inlrod. II. Une once de suc de laictue et de morelle, avec un peu de cire pour luy donner corps, id. xxi, 2. Corps vuide, ame désolée; Et bien repeu, ame consolée, LE ROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 242. Ce que n'entre au corps Entre aui manches ou aui bords, m. ib. Et est entendu le corps de la chaslellenie la principale ville ou le principal bourg d'icelle, et les branches sont les autres lieux, Coust. génér. t. ii, p. 4 23. Ce feu estoit au corps d'hostel de devant, l'Amant ressuscité, p. 624, dans lacurne. Bon chasteau garde qui sçait son corps garder, cotgrave, Homme endormi , corps enseveli , id. Quand les biens viennent, les corps faillent, id. Dans les livres de la discipline militaire de Langey vous ne trouverez ny corps de garde ny sentinelle, ains au lieu du premier il l'appelle guet, et le second estre aux escoutes, pasquier. Recherches, p. 662, dans

LACURNE

— ÉTYM. Provenç. cors; espagn. cuerpo; ital. corpo ; du latin coryus ; comparez le celtique : gaél. corp ; irland. cuirp; cornw. coref; kymri, corf, cwrf; bas-bret. carf ; d'après Burnouf, Yaçna, p. cxix et p. 137,1e même que le zend kèhrpa, corps, sanscrit kripita, ventre. Dans l'ancien français, le nominatif est H cors, et le régime, par une faute devenue habituelle, le cors, aussi avec l's; cependant quelques textes ont la forme régulière le cor.

CORPULENCE (kor-pu-lan-s'), s. f. La grandeur et la grosseur de l'homme considérées ensemble. Cet homme est d'une grosse, d'une petite corpulence. Quelque garçon d'honnête corpulence, la FONT. Mandr. Être jeune, bien fait, de large corpulence, HAUTEROCHE, App. irompeuses , lu , 4. Il en est même [des oiseaux de proie] qui , malgré leur grosse corpulence, chassent encore avec assez de légèreté et d'adresse, et c'est ce qu'on remarque en particulier dans le gros oiseau de nuit nommé le grandduc, BONNET, Contempl. nat. 12" part. ch. 28.

— HIST. xv s. Il n'est mie moult haut de corpulence, ni aussi des moindres, Bouciq. iv, ch. 1. Il xvi* s. De la sorte elles rendoient leurs enfans plus délivres de leurs membres, mieulx formez et de plus belle et gentille corpulence, amyot, Lyc. 32. Le soudard de seiche corpulence, m. Comm. il faut nourrir les enfants, 23. S'il est délicat et de petite corpulence et rare, ou robuste et charnu et dense, PARÉ, Introd. 22.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. corpulencia ; ital. corpulenxa; du latin corpulentia, de corpulentus, corpulent. Le genevois dit corporanee, usité aussi dans le xvi" siècle : Car on dict, veu sa corporanee, Que c'eust esté un maistre bœuf, marot , Épit. de Jehan le Veau.

CORPULENT, ENTE (kor-pu-lan, lan-t'), ad.j. Qui a beaucoup de corpulence. Un homme gros et corpulent. Une femme corpulente.

— HIST. XV* s. Mais estoit corpulent, bien croisé et bien formé, fors de bras et d'eschine, chastel. Éloge de Charles le Hardi. || xvi" s. Telle semence n'est point espaisse et corpulente, ains liquide et de nature d'eau, paré, xvin, 45.

— ÉTYM. Provenç. corpulent ; espagn. et ital. corpulento; du latin corpulentus, de corpus (voy. corps).

t CORPUS (kor-pus') , i. m. Terme latin employé pour signifier la collection du droit romain. Le corpus juris, ou, simplement, le corpus.

— ÉTYM. Voy. CORPS.

CORPUSCULAIRE (kor-pu-sku-lê-r'), àdj. Qui est relatif aux corpuscules ou atomes. ]| Philosophie corpusculaire, système de physique, où l'on explique les phénomènes par le mouvement, le repos, la position, l'arrangement, etc. des corpuscules. Ce n'est pas qu'il ne regardât la philosophie corpusculaire ou mécanique comme la seule légitime, mais on n'est pas cartésien pour cela, fonten. Leibnitz. Quoi qu'il en soit, on ne peut abandonner la philosophie corpusculaire sans tomber dans des pensées qui seront, si l'on veut, spécieuses, nobles, brillantes, mais à qui il manquera de la clarté, fonten. Poli. Ce qu'on appelait il y a quelques années la philosophie corpusculaire, volt. Dial. xxix, 10.

— ÉTYM. Corpuscule.

CORPUSCULE (kor-pu-sku-l'), s. m. Terme de physique. Corps d'une extrême ténuité. Pour revenir à notre chien, cet être infini ne peut-il pas avoir fait des ressorts si délicats, que les corpuscules qui sortent de ce lièvre, touchant ces ressorts, les fessent agir en sorte que cela les tire vers le lièvre? FÉN. Xix, 440. L'intérieur de mon corps ne peut

être pénétré que par des corpuscules très-déliés, VOLT. Dial. VII, 2. On découvre, dans différentes sortes d'infusoires, des corpuscules vivants que leurs mouvements et leurs diverses apparences ne permettent guère de ne pas regarder comme de vrais animaux, bonnet, Palingén. phil. b' part. ch. 2. C'est surtout dans la mer qu'on observe un nombre infini de corpuscules phosphoriques, behn. de st-p. Harm. liv. v, Ilarm. ontm. || Corpuscules aériens, poussière très-fine tenue en suspension dans l'atmosphère et devenant visible quand un rayon de soleil pénètre, par une ouverture étroite, dans un lieu obscur.

— ÉTYM. Lat. corpusculum, diminutif de corpus (voy. corps).

f CORPUSCULISTE (kor-pu-sku-li-sf), s. m. Terme didactique. Partisan de la physique et de la philosophie corpusculaires.

— ÉTYM. Corpuscule.

t CORRADOUX (ko-rra-dou) ou COURRADOUX (kou-rra-dou), s. m. Terme de marine. Espace compris entre les deux ponts d'un vaisseau.

— ÉTYM. Ancienne forme pour corridor.

t CORRE (ko-r') ou CORRET (co-rè), s. m. Terme de pêche. Sorte de filet.

— ÉTYM. Provenç. corre (dans DuCange), qui paraît dériver de currere, courir, parce que, le filet ayant été jeté selon le courant de l'eau, on le ramène par un long circuit au lieu où il avait été jeté.

t CORREAU (ko-rô) , s. m. Ancien terme de marine. Bateau qui servait à décharger les navires.

CORRECT, ECTE (ko-rrèkt, rrè - kt' ; le et se prononce; Chifflet, Gramm. p. 208, l'indique dans le XVII* s. ; le pluriel se prononce comme au singulier: des auteurs corrects et élégants, dites: des auteurs ko-rrè-kt et élégants; mais comment faudrait-il prononcer: ôvous corrects auteurs.. .?ko-rrè-kt-zauteurs serait bien dur; ko-rrè-kt auteur serait le plus conforme aux anciennes habitudes ; mais la prononciation la meilleure serait de prononcer corrects comme respects, c'est-à-dire co-rrè, comme rè-spè), adj. Il 1° Qui a de la correction, .c'est-à-dire une forme exacte et pure. Copie, écriture correcte. Dessin correct. Un peintre correct. Boileau, correct auteur de quelques bons écrits , volt. Ép.xcy. Il est aisé d'être plus correct que Fénelon , .mais il est difficile de penser mieux que lui, condillac. Art d'écrire, m, 2. Quinault, méprisé par Despréaux si injustement, est non-seulement le plus naturel et le plus tendre de nos poètes, mais le plus pur et le plus correct de tous, d'alemb. Dial. poésie et philos, t. iv, p. 168, dans pouGENS. || 2° Conforme aux règles. Phrase, locution correcte. || 3° Adverbialement. Il faut parler correct, sév. 560. Cette phrase de Mme de Sévigné paraît une imitation de Rabelais.

— HIST. XVI* s. Vous parlez à ceste heure correct, ainsy parlans, jamais ne serez hereticques, rab. Pant. V, 8. Il voulut aussi avoir l'Iliade d'Homère de la correction d'Aristote, que l'on appelle la correcte, comme ayant passé soubs la verge, amyot, Alex. 10

— ÉTYM. Latin correctus, part, passé de corrigere; ital. corretto (voy. corriger).

CORRECTEMENT (ko-rrè-kte-man), adv. D'une manière correcte. Parler, écrire, dessiner correctement. La Sophonisbe de Mairet est plus correctement écrite [que celle de Corneille] , quoique antérieure de près de quarante ans, volt. Lett. Richelieu,, B juil. 1773. Parlez toujours correctement devant eux [les enfants] , faites qu'ils ne se plaisent avec personne autant qu'avec vous, et soyez sûrs qu'insensiblement leur langage s'épurera sur le vôtre, sans que vous les ayez jamais repris, J. J. rouss. En», i.

— HIST. XVI* s. Vivre correctement, amyot, Comm. dise, le flatt. 53.

— ÉTYM. Correcte, et le suffixe ment.

CORRECTEUR (ko-rrè-kteur), s. m. || 1* Celui qui

corrige. Sévère correcteur. || Titre du supérieur dans quelques ordres religieux, tels que les minimes. Il 2" Correcteur d'imprimerie, celui qui lit les premières épreuves pour corriger les fautes d'impression. Le roi et Mme deMaintenon trouvèrent mauvais que M. de Chevreuse eût fait le personnage de correcteur d'imprimerie, st-siu. 45, 16. || 3° Correcteur des classes, c'était, dans les collèges, un garçon qui fouettait les écoliers. || 4° Anciennement, nom de certains officiers de la chambre des comptes.

— HIST. XV* s. Doivent les corrigeurs et maistres ou parens des jueunes faire comme le bon médecin, christ, de pisan, llist. de Charles V, part, i, ch. u. Il XVI* s. Si ceste modération n'est diligemment gardée, il y a danger que de correcteurs nous ne devenions bourreaux, calvin, Instit. 983. Ce censeur

et correcteur des aultres , Caton , a esté reproché de bien boire, mont, ii, 14.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. correetor; itil. correttore; du latin correetorem, de correctum , tapio de corrigere (voy. corriger).

t t. CORRECTIF, IVE (ko-rrè-ktif, kti-v'), adj. Qui a la vertu de corriger. Saint Clément d'Alexandrie proposait en ce lieu les châtiments qui sont de deux sortes: châtiments correctifs ou, par conséquent , temporels , et châtiments de vengeance , Boss. dunsie Dict. de dochez.

— HIST. xvi's. Un si ancien et long usage [de l'année avant la correction faite par ordre du pape Grégoire] me vendique et rappelle à soy; je suis contrainot d'estre un peu hérétique par là; incapable de nouvelleté, mesme correctifve, bjont. iv, 167.

— ÉTYM. Voy. correction.

2. CORRECTIF (ko-rrè-ktif) , s. m. || 1° Ce qui corrige , tempère. Le sucre est le correctif des acides. Il Terme de pharmacie. Ce que l'on ajoute à un médicament pour en adoucir ou en modifier l'action. Il 2°Fig. Ce par quoi l'on corrige; termes par lesquels on adoucit ce qu'il y a de trop dur ou d'excessif dans l'expression. Ce dernier mot de ma lettre servira, s'il vous plaît, de correctif au premier, BALz. liv. VII, lett. 13. Il ne faut point s'arrêter à certains petits correctifs qu'ils sèment deçà et delà dans leurs écrits, boss. Or. t. Ces passages ont leurs correctifs, id. Lett. abb. 113. Les correctifs qu'ils apportaient aux excès des autres, id. Var. n. La fermeté, c'est le correctif d'une lâche et molle condescendance, BOURD. Pensées, t. n, p. 472. Le cardinal de Noailles et sept évêques ne voulurent ni de la bulle ni de ses correctifs, volt. Louis XIV, 37. On ajoute qu'il est d'une âme npire de ne louer personne sans un petit correctif, et que, dans cet ouvrage dangereux, nous n'avons jamais manqué de faire quelque égratignure à ceux que nous avons caressés, volt. Temple du goût, lett. à Cideville.

— HIST. xvi' s. On le mistionne avec certains correctifs, comme moyeux d'œufs, vin, etc. parS, XXIV, ch. compl.

— ÉTYM. Correctif l .

CORRECTION (ko-rrè-ksion ; en poésie, de quatre syDabes), s. f. || 1° Action de corriger ou de changer en mieux. Faire des corrections à un devoir de grammaire, à une pièce de théâtre. La correction des défauts, des abus, des erreurs. Ce critique a fait une très-bonne correction dans un passage corrompu de Cicéron. Le théâtre a une grande vertu pour la correction, mol. Préf. du Tart. Dieu l'avait élevé comme un signal à tous ceux qui aimçnt la correction des mœurs, fléch. Panég. II, p. 297. ôtons l'impiété, et la joie sera sans mélange; ne nous en prenons donc pas à la dévotion, mais à nous-mêmes, et n'y cherchons du soulagement que par notre correction , papc. Pensées, part. II, art. 17. On sent les abus anciens, on en voit la correction; mais on voit encore les abus de la correction même, montesq. Espr. Préface. \\ Les changements mêmes qu'on fait à un ouvrage d'esprit ou d'art. Les marges de ses manuscrits sont chargées de corrections. Rien n'est plus propre à former le goût que de démêler, dans les corrections d'un grand écrivain, le motif des arrêts qu'il a prononcés contre lui-même, d'alemb. Éloges, Despréaux. Il Recevoir une pièce de théâtre à correction, la recevoir à la condition que l'auteur y fera des corrections. || Terme d'imprimerie. La correction des épreuves, action d'indiquer les fautes de composition ou les changements à faire au texte avant le tirage. Cette épreuve a très-peu de corrections. Correction se dit aussi, en parlant de celui qui corrige, de l'action de faire disparaître ces fautes. Il Terme d'astronomie et de physique. Quantité qu'il faut ajouter à une observation, à une mesure, etc. ou en retrancher, pour obtenir le vrai résultat. || Terme de marine. Corrections des roules, corrections qu'on apphque à la route et au rumb de vent, pour avoir une détermination plus précise du point d'arrivée. || 2* Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur semble se reprendre pour rétracter plus ou moins ce qu'il a dit. jj Sauf correction, sous correction, locution dont on ss sert pour modifier ce qu'on Tient de dire. Il me semble, sauf correction, que ceci ne vous regarde pas, p. l. cour. Lett. i, «i. Je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps, mol. VAv. i, *. Il 3* Terme de pharmacie. Opération où l'on fait u.sage d'un correctif pour tempérer la force de certaines substances. || 4° Réprimande, admonition. Qu'il faut mettre le poids d'une vie exemplaire A cas correctiooi qu'aux autres on veut faire, nol.

COR

Mil. III, 6. Comhifin de désordres a-l-elle arrêtés moins par la force de ses corrections que par la persuasion de son exemple I plèch. Marie-Thér. La délation la plus infime, la superstition l'appelle correction fraternelle, volt. Phil. ii, <28. || B° Punition, châtiment. Cela mérite correction. Il a subi la correction. Il Maison de correction, lieu destiné à enfermer par autorité publique les personnes dont la conduite est déréglée, et, aujourd'hui, les enfants acquittés pour défaut de discernement. || 6° Autorité, pouvoir de réprimander, de corriger. Les enfants sont sous la correction du p6re. || 7° Forme exacte et pure. La correction du style, du dessin. [Un peu d'écume] objet informe, qui ne demande qu'un peu de couleur blanchfttre, sans aucune figure précise, ni aucune correction de dessin, fén. Exist, 8. Il S" Autrefois , bureau où travaillaient les correcteurs des comptes.

— HIST. XV' s. Et n'osoit nul homme de la nation d'Audenarde aller sur les murs de la ville; autrement, qui y fust trouvé, il estoit de correction au point de perdre la teste, froiss. ii, ii, <66. Je dis, cher sire, sauve la correction de votre noble conseil, que.... ID. II, 11, 494. Sire, ce dit le Moine de lîasele, je parlerai puisqu'il vous plaist, sous la correction de mes compagnons [ils avaient exécuté ensemble l'ordre d'aller examiner les dispositions des ennemis], id. i, i, 288. Comment voyons-nous les jeunes gens adouler et entrister, quant correction leur est présentée, christ, de pisan, IHst. de Charles V, i, to. Sire, dist Estonné, je vous diray soubs la correction de vous et de Dagon.... Perceforest, 1. 1, f° 08. Il XVI" s. Cela, sauf votre correction, se doit entendre des jeux de repos, yver, p. 598. Il voulut aussi avoir l'iliade d'Homère de la correction d'Aristote, amyot, Alex. io. Il escrivit bien aigrement et en grande cholere aux Macédoniens qui avoient accepté la correction [modification] du serment, id. Eumènes, 24. Pour sa meschanceté il avoit la mesme correction [ostracisme] que l'on donnoit aux plus gens de bien pour leur grandeur, id. Nicias, 2(.

— ÉTYM. Provenç. correch'o; espagn. correccion; ital. correzione; du latin correctionem , de correctus, part, passé de corrigere (voy. corriger).

t CORRECTIONNALISER (ko-rrè-ksio-na-Ii-zé), V. a. Terme de pratique. Donner à une afl'aire le caractère correctionnel. Correctionnaliser un crime.

— Rtym. Correctionnel.

t CORRECTIONNAUTÉ ( ko-rrè-ksio-na-li-té ) , s. f. Terme de pratique. Qualité d'une affaire correctionnelle.

— ÉTYM. Correctionnel.

CORRECTIONNEL, ELLE (ko-rrè-ksio-nèl, né-l'),

adj. Terme de jurisprudence criminelle. Qui appartient aux actes qualifiés de délits par la loi, par opposition aux crimes et aux contraventions. Tribunal de police correctionnelle. Peine correctionnelle. Toutes les peines qui sont de la juridiction correctionnelle, MONTESQ. Espr. XII, 4. || Populairement, la correctionnelle, s. f. Le tribunal de police correctionnelle.

— ÉTYM. Correction.

t CORRECTIONNELLEMENT (ko-rrè-ksio-nè-leman), adv. D'une manière correctionnelle; devant un tribunal correctionnel. Poursuivre correctionnellement. Si un castor est surpris en maraude sur le territoire d'une tribu qui n'est pas la'sienne, il est conduit devant le chef de cette tribu et puni correctionnellement, chateaub. Amer. 7.

— ÉTYM. Correctionnelle, et le suffixe ment.

t CORRECTIVEMENT (ko-rrè-kli-ve-man) , adv. De manière à corriger; comme correctif.

— ÉTYM. Corrective, et le suffixe ment.

•f CORRECTRICE (ko-rrè-ktri-s') , s. f. La supérieure d'un couvent de religieuses minimes, et celle du tiers ordre de St-François de Paule.

— ÉTYM. Correcteur.

CORRÉGIDOR (ko-rrè-ji-dor), s. m. En Espagne, le premier officier de justice d'une ville, d'une province. Un cacique, un corrégidor formaient le corps militaire et civil des réductions, chateaub. Génie, IV, 4, B. Onze corrégidors, répandus dans la province, sont chargés, sous ses ordres, des détails de l'administration, baynal, llist. phil. viii, 4.

— ÉTYM. Espagn. corrégidor, de corregir, corriger (voy. CORRIGER).

CORRÉLATIF , IVE (ko-rré-la-tif , ti-v') , adj. Il f° Qui est dans une relation telle avec un autre objet que l'un suppose l'autre. Termes corrélatifs, par exemple, père et fils, puisqu'on ne peut pas être père sans avoir un fils (ou une fille) , ni fils sans avoir un père. || Terme de droit. Obligation

con

corrélative, obligation relative à une autre obligation. Il Quelquefois corrélatif ne signifie pas plus que relatif. Il y a dans le cerveau de l'animal une organisation corrélative aux mouvements que tel ou tel organe doit exécuter, bonnet, OEuvres mêlées, t. XVIII, p. 189, dans pougens. || 2° S. m. Le corrélatif d'un termi, d'une proposition. On doit toujours rapprocher les mots de leurs corrélatifs, et exprimer ceux q\ù sont sous- entendus, lorsque l'on veut pénétrer Ij sens de l'auteur, du MARSAis, OEuvres, t. m, p. 40o. || S. f. Une corrélative, une proposition corrélative. Quand le sens d'une proposition met l'esprit dans la situation d'exiger ou de supposer le sens d'une autre proposition, nous disons que ces propositions sont relatives, et que l'une est la corrélative de l'autre, id. ib. t. V, p. 48.

— HIST. XVI' s. Corrélatif, oudin, Dict.

— ÉTYM. Co, avec, et relatif.

CORRÉLATION (ko-rré-la-sion), s. f. Qualité de

ce qui est corrélatif. Les termes de père e\ de fils emportent corrélation. Une étroite corrélation unit ces deux principes. Les mots de sujet et de souverain sont des corrélations identiques dont l'idée se réunit sous le seul mot de citoyen, j. j. bouss. Contr. soc. m, 13.

— ÉTYM. Co, avec, et relation.

t CORRÉLATIVEMENT ( ko-rré-la-ti-ve-man ) , adv. D'une manière corrélative.

— HIST. XVI" s. Corrélativement, oudin, Dict.

— ÉTYM. Corrélative, et le suffixe ment.

t CORREPTION (ko-rrè-psion) , s. f. Terme de métrique ancienne. Abrègement d'une voyelle longue.

— ÉTYM. Latin correptio, abrègement, proprement action d'entraîner, de corripere, entraîner, de cum, avec, et rapere, ravir (voy. ravir).

CORRESPONDANCE (ko-rè-spon-dan-s'), s. f.

Il 1° Echange de lettres. Avoir une correspondance avec quelqu'un. Toutes les personnes de Rome qui ont ici correspondance écrivent en conformité, Eoss. Lett. quiét. 149. || Ces lettres mêmes. La correspondance de Voltaire. || 2° Relations avec des personnes éloignées. Avoir des correspondances suspectes. Nous avons entretenu des correspondances avec les ennemis, boss. Paix, 2. U est agréable d'avoir des correspondances dans les pays éloignés, j. j. BOUSs. Ém. y. || En termes de journal, on dit : Ce journal a d'excellentes correspondances. Dans ce journal, la correspondance est peu intéressante. Il 3° Terme de commerce. Rapport d'affaires entre négociants de pays différents. Ce négociant a des correspondances dans toutes les villes de l'Europe. On dit dans une maison de commerce qu'un tel est chargé de la correspondance, est à la correspondance, fait la correspondance. || 4° Moyen de communication d'un lieu à un autre. La correspondance entre ces deux villes a lieu par mer. || Voiture de correspondance, celle qui prend les voyageurs amenés par les voitures faisant le service des grandes lignes. Les correspondances des chemins de fer desservent les localités qui ne sont pas sur la ligne. Il Services de correspondance, postes desservant les lieux oii la malle-poste n'arrive pas. || Se dit aussi des omnibus. Demander, prendre la correspondance, une correspondance. Et en parlant du billet même qui donne droit à l'autre voiture : Qui est-ce qui a une correspondance ? Donnez-moi votre correspondance. Il 5° Conformité d'une chose à une autre. On trouvera une correspondance parfaite entre ces choses, pasc. Géom. Le corps est, à le regarder comme organique, un par la proportion et la correspondance de ses parties, BOSs. Conn. de Dieu, m, 1. Deux horloges qui vont un certain temps dans une correspondance parfaite, volt. JVetcl. iv, 7. || Terme de peinture et de sculpture. Rapport naturel entre les diverses parties d'une figure. Pécher contre la correspondance. || Correspondance a aussi le sens de corrélation. || 6° En parlant des personnes, réciprocité de sentiments. Se séquestrer et laisser faire l'époux [Jésus, en langage mystique], c'est là toute la correspondance de l'épouse, Boss. Lett. Corn. 87. Il faut exciter l'un par la protection qu'on lui donnera, l'accroître et l'augmenter, et interdire l'autre autant que la bonne correspondance avec les voisins le pourra permettre, vaub. Dîmes, p. 8B. Quoi! écouter impudemment l'amour d'un damoiseau et y promettre en même temps de la correspondance! MOL. G. Dand. i, 3. Ce n'est qu'une harmonie et une correspondance parfaite entre un pftre et un précepteur qui peut assurer le succès d'une bonne éducation, J. J. Rouss. Projet d'éducation.

— HIST. xiv S. Ne scez tu bien qu'au mouvement

COR

Des Ciemit e.st ung entendement. Qui ha ça bas correspondance. Et qui faict, par son influence, A toutes choses avoir estre? JVat. à l'aleh. err. 727. Il XVI' s. La correspondance et relation qui engendre \p.s vrayes amitiez, mont, i, 208. Pour suyvre encores un peu plus loing cette egualitè et correspondance de nous aux bestos, id. ii, 198. Ils estimoyenl la servitude de leurs compatriotes comme la leur propre, tant il? avoyent bonne correspondance entr'eux, LANGUE, te.

— ÉTYM. Correspondant; espagn. correspondent cia; ital. corrispondenxa.

1 . CORRESPONDANT, ANTE (ko-rè-spon-dan, dan-t'), adj. Qui se correspond. Angles correspondants. Il Membre correspondant de l'Institut. Voy. CORRESPONDANT 2. || Qui est en rapport. Une civilisation correspondante aux conditions de temps et de pays.

— HIST. xiv s. Et ainsi appert il que la mi.se est grande et l'œuvre est avenant et correspondant, par quoy il s'ensuit que l'euvre soit digne de telle despence, ORESME, Élh. 113. Encor y sont plusieurs motz grecs qui n'ont pas mots qui leurs soient correspondans en latin, id. Prol.

— ÉTYM. Espagn. correspondiente ; ital. eorrispondente (voy. corr'espondre).

2. CORRESPONDANT (ko-rè-spon-dan), s. r». Il 1° Personne avec qui on entretient un commerce de lettres. Il a des correspondants dans toutes les villes de commerce. || 2° Celui qu'on a chargé de quelque affaire dans un lieu où l'on n'est pas, et de qui l'on reçoit des informations régulières. Pour subvenir aux frais de l'entreprise. On lui donna mainte et mainte remise. Toutes à vue, et qu'en lieux différents II pût toucher par des correspondants, LA FONT. Belph. Il Se dit aussi de ceux qui sont chargés de la correspondance d'un journal. Il 3" Celui qui est chargé de pourvoir aux besoins d'un jeune homme éloigné de sa famille. Il ne sort qu'avec son correspondant. {| 4° Celui qui est en relation avec un ^orps savant. Un correspondant de l'Académie. || Membre de l'Institut qui ne réside pas à Paris.

— ÉTYM. Correspondant l .

CORRESPONDRE (ko-rè-spon-dr'), je corresponds,

tu corresponds, il correspond, nous correspondons, ils correspondent; je correspondais; je correspondis; je correspondrai; je correspondrais; correspons, correspondons; que je corresponde, que nous correspondions; que je correspondisse; correspondanf • correspondu, t). n. || 1° Entretenir une correspondance, un commerce de lettres. Nous avons cessé de correspondre. || 2° Avoir des communications d'un lieu à un autre. L'inondation empêche cette ville de correspondre avec la capitale. 1| 3° Communiquer avec, en parlant des choses. Cette chambre correspond à telle autre. || Se correspondre, communiquer l'un avec l'autre. Ces pièces se correspondent. Ces pièces se sont correspondu autrefois. Il 4° Fig. Rendre sentiment pour sentiment, action pour action, etc. La fille correspond -elle à votre amour? mol. l'Av. iv, 3. La fidélité qu'on apporte à correspondre à la grâce, boss. Lett. abb. 103. L'attention à son salut pour correspondre aux desseins de Dieu, bourd. Carême, i, Prédest. 377. Le pauvre, pour peu qu'il corresponde à la grâce de son état, conserve aisément l'innocence de son cœur, ID. ib. II, Richesses, 34. || 6° Être en rapport, en symétrie avec. L'aile gauche de cet édifice ne correspond pas avec l'aile droite. Ces objets se sont longtemps correspondu, mais on les a dérangés. Il 6° Par extension, se rapporter à, être en conformité avec. Cet article correspond à tel autre.

— HIST. XV' s. Et correspondoient toutes ses mœurs à la tournure de sa face, G. chastelain, dans le Dict. de DOCiiEZ. || xvi' s. Quand ce vint à la bataille, il s'en fouit très laschement sans y faire aucun acte de vertu, ne qui correspondist aux belles harengues dont il avoit presché le peuple, amyot, Démosth. 27.

— ÉTYM. Co, avec, et respondre (pour répondre), où Ys latine a été gardée, parce que le mot est venu tard dans le français. Espagn. corresponder ; ital. corrispnndere.

CORRIDOR (ko-ri-dor) , s. m. Allée le long des chambres ou des appartements d'une maison. Cette porte donne sur le corridor. Ici s'offre un perron , là règne un corridor , boil. Art p. i. || Galeria étroite qui tourne autour d'un bâtiment. || Ancien terme de fortification. Le corridor du bastion, le chemin couvert. || Terme de marine. Se dit quelquefois de la galerie de l'entre-pont.

— HIST. xvi" s. U met en divers endroits sentinelle» nordues, fournit le courridour de rondes, et

COR

COR

COR

les mes de patrouilles, d'aub. Jlist. n, fil. La muraille qui estoit sans corridor, ID. tb. n, 263.

— ËTYM. Génev. colidor; de l'ital. corridore ou de l'espagn. eorredor ; de correre, courir : l'endroit où l'on court, où l'on passe. Colidor, que disent certaines gens, est un provincialisme et un barbarisme.

CORRIGÉ, ÉE {ko-ri-jé, jée), part, passé. ||1° Dont les fautes ont été réparées, enlevées. Édition revue et corrigée. Epreuves corrigées avec soin. || 2° Dont le caractère ou l'esprit s'est amendé. Tout ce que l'on peut faire à force de faillir, c'est de mourir corrigé, LA bruy. xi. |{ 3° Puni. L'enfant corrigé par son père. || 4° Tempéré. Des sucs acides corrigés par du sucre. || 5° S. m. Dans les collèges, le corrigé, la composition servant de modèle que le professeur communique aux écoliers après qu'ils ont fait euxmêmes le devoir. Un cahier de corrigés.

t CORRIGEANT, ANTE (ko-ri-jan, jan-t'), adj. Qui corrige, qui aime à corriger. Des gens [les Spartiates] toujours corrigeants ou toujours corrigés, qui instruisaient toujours et étaient toujours instruits, également simples et rigides, exerçaient plutôt entre eux des vertus qu'ils n'avaient d'égards,

MONTESQ. Esp. XIX, M.

I CORRIGEMENT (ko-ri-je-man), s. m. Action de corriger.

— HIST. XIV* s. Jehan dist au dit Fresquet par manière de corrigement.... nu cange, correctio.

— ÉTYM. Corriger; ital. corregimenlo. L'ancien français avait aussi corrigence.

CORRIGER (ko-ri-jé. Le g prend un e quand il est suivi d'un a ou d'un o; je corrigeais, corrigeons, corrigeant), r. a. || 1° Ramener au bien ce qui est mal, à la règle ce qui s'en écarte, redresser. On corrige les défauts d'une personne, et on corrige une personne de ses défauts. Une faute qui devait servira me corriger de ma présomption, fén. Tél. I. Le sénat, qui croyait que corriger Rome de ses vieilles superstitions était faire injure au nom romain , boss. Hist. m , t. Chacun a débité ses maximes frivoles. Corrigé la police et réformé l'État, BOiL. Sat. m. Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets à profit leurs malignes fureurs, BOIL. Ép. VII. Pourquoi ne pas donner pouvoir aux d'Argensons Qui règlent la police et corrigent la France , De mettre les rimeurs aux Petites-Maisons? CHAULIEU, Ép. à Lafare, iioa. || 2° Redresser ce qui est fautif ou défectueux. Corriger un thème, un devoir. Il corrigea longtemps son livre. Corriger les défauts d'un tableau. Le plan fut corrigé par une main habile, {j Terme d'imprimerie. Corriger des épreuves, indiquer par certains signes les fautes de composition ou les changements à faire ; et aussi exécuter les corrections indiquées par l'auteur ou le correcteur. || Terme de marine. Corriger la route d'un bâtiment, rectifier par l'observation les erreurs provenant de la dérive. |{ 3° Tempérer, adoucir parquelque mélange de certaines substances. Il faut corriger la crudité de l'eau par un peu de vin. Assez insensé pour imaginer que le bain dans le sang des enfants pouvait corriger le sang des vieillards, volt. Phil. v, <2. || Fig. 11 corrigea habilement ce que ses paroles avaient de trop dur. Et si l'âge à mon rang fait quelque préjudice, Vous en corrigerez la fatale injustice, corn. Nicom. i, 2. J'ai su de mon destin corriger l'injustice, rac. Esth. II, i. Il était juste que les merveilles de sa mort corrigeassent l'obscurité de sa vie, mass. Myst. Assomp. Pour corriger le sort, il régla qu'on ne pourrait élire que dans le nombre de ceux qui se présenteraient, montesq. Espr. n, 2. || Corriger la fortune, se dit d'un joueur qui répare ses pertes en trichant avec adresse. La fortune est devenue mauvaise, il la faut corriger, hamilt. Gramm. 3. || 4° Punir. Il fut sévèrement corrigé. Ne méconnais donc plus la main qui te corrige; Au défaut de la foi , ta gloire même exige Qu'on reconnaisse ici le bras d'un Dieu vengeur, mass. Helvétiens, v. || 5° Se corriger, v. réfl. Amender en soi ce qui est mal. Se corriger de ses défauts. Corrigez-vous, humains; que le fruit de mes vers Soit l'usage réglé des dons de la nature, la font. Quinquina, II. Molina assure qu'un religieux chassé de son monastère n'est point obligé de se corriger pour y retourner et qu'il n'est plus lié par son vœu d'obéissance, PASO. Prov. 6. Il coûte moins à certains hommes de s'enrichir de mille vertus que de se corriger d'un seul défaut, la bruy. xi. 11 s'était corrigé des excès du vin, très-ordinaires en Moscovie, et dont les suites peuvent être terribles dans celui à qui on ne résiste jamais, fonten. Ciar Pierre. Les hommes [à Sybaris] se frisent avec tant d'art, ils emploient tant de temps à se corriger à leur miroir,

MONTESQ. Gnide, IV. Personne ne se corrige, dit-on; malheur à ceux pour qui ce principe est une vérité de sentiment, marmont. Éléin. de litt. t. vi, p. 168, dans POUGENS. || Se rectifier l'un l'autre, réciproquement. La découverte de nouveaux instruments, la multiplication même des observations qui .se corrigent et se réforment mutuellement, condorcet, Maurepas. \\ Etre corrigé, en parlant des choses. Les vices de l'esprit peuvent se corriger. Ehl la peur se corrige-t-elle? la font. Fabl. ii, t*. || Être tempéré, adouci. L'acidité du citron se corrige par le sucre.

— SYN. cobbiger, reprendre. Celui qui corrige montre la manière de rectifier le défaut. Celui qui reprend ne fait qu'indiquer la faute. Peu de gens savent corriger et beaucoup se mêlent de reprendre.

— HIST. XIII* s. Toz tex cas et les cas qui de tex [tels] poent naistre doivent estre corregié par sainte Eglise, beaum. xi, 28. Li articles qui est royés est ainsi corrigiés.... Liv. des met. 363. {| xiv s. Les consuls ainsi corrigé et blasmé par les pères, bercheure, f" 37, verso. Je vous pri, s'il y ha aucunes choses à corrigier dans le livre, que vous y faites enseignes [marques], machault, p. <48. Ainsi faisoient les nobles du bon temps, et corrigoient les gens qui disoieiit fables de Dieu, Modus, f° lxiii, verso. 11 pense et promet tousjours à lui mesme de amender sa vie, et si ne se corrige point, Ménagier, I, 3. Il XV* s. Car seignourir [il] se doit premièrement, Et corrigierpour l'exemple d'autrui, E. desch. Des vertus nécessaires au prince. Mon frère, je vous envoyai l'autre jour une fourme de scellé, afin que m'en envoyissiez ung pareil pour envoyer en Bretaigne; et depuis ay advisé qu'il n'est pas en bonne forme et l'ay fait corriger, Lettre de Louis XI, Bibl. des Chartes, 4« série, t. i, p. (5. Passelion fut moult joyeulx du beau cofi're et se seist au plus près, puis commença à vouloir corriger à tout les doigts à la serrure pour l'ouvrir; et, quant il veit qu'il n'en povoit venir à chef, adonc il commença fort à se courroucer, Perceforest, t. iv, f» 46. Concluant que les compaignons fussent bannis, confiscation de biens et héritages, pugnis et corrigiés, et tous les maulx du monde, viriville , p. 347. || xvi* s. Qu'il se contente de se corriger soy mesme, mont, i, t66. Quand Froissard a faict une faulte, il la corrige en l'endroict oii il en a esté adverty, id. ii, tio. Eumenes, ayant veu le serment, ne le voulut pas ainsi jurer, ains le corrigea, AMYOT, Eum. 23. Apprenant de luy beaucoup de choses, et réciproquement aussi le corrigeant de quelques imperfections qu'il avoit de nature, id. Phoc. 8. Je treuve celle manière de vouloir corriger et redresser l'un par desvoyer et desbaucher l'autre, incivile et inhumaine, id. Démétr. 2. Le laict d'asnesse pris chaudement, et corrigé avec un peu de sel, paré, xx, 35. Espée, baston et verge meiirdriers, varlets, enfans corrigent, GÉNIN, Récréât, t. ii, p. 239.

— ÊTYM. Provenç. corregir, corrigir ; catal. corretgir; espagn. corregir; portug. corrigir; ital. correggere ; du latin corrigere, de cttm, et rigere pour regere (voy. régir).

t CORRIGEUR (ko-ri-jeur), s. m. Celui qui corrige. On distingue, en imprimerie, le correcteur et le corrigeur. Le correcteur est celui qui lit l'épreuve et marque les fautes; le corrigeur est celui qui exécute les corrections.

— HIST. XV* s. Doivent les corrigeurs et maistres ou parens des jueunes faire comme le bon médecin, CHRIST. DE pisAN, Hist. de Charles V, part, i, ch. U.

— ÊTYM. Corriger.

t CORRIGIBILITÉ (ko-ri-ji-bi-li-té), s. /'.Qualité de celui, de celle qui est corrigible. Sa corrigibilité est possible.

— ÉTYM. Corrigible.

CORRIGIBLE (ko-ri-ji-bl'), adj. Qui peut être corrigé, en parlant des personnes. Cet homme n'est pas corrigible. || Qui peut recevoir une émendation. Ce texte n'est pas corrigible sans manuscrits.

— HIST. xv* s. Il faut qu'il soit disciplinable et corrigible, Jlist. de la toison d'or, dans le Dict. de

DOCIIEZ.

— ETYM. Corriger.

f CORKIGIOLÉ, ËE (ko-rri-ji-o-lé, lée), àdj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une bande colorée en forme de jarretière.

— ÉTYM. Corrigiola, diminutif de corrigia, courroie (voy. ce mot). Corrigiole, dans Paré, xxii, 6, signifie la renouée, plante.

f tORRIVAL (ko-ri-val) , s. m. Rival. Aussi froid qu'un jaloux qui voit son corrival, héonieb. Sol. viii. Il Inusité.

— ÉTYM. Co, avec, et rival. Corriral, dit le Com-

plément du Dict. de l'Académie, est dans Montaigne, qui l'a formé.

CORROBORANT, ANTE (ko-rro-bo-ran , ran-t"), adj. Qui corrobore, qui fortifie. |{ En termes de médecine, moyens corroborants, les moyens qui, suffisamment prolongés, ont la vertu d'augmenter la force de la constitution. || Substantivement. Les corroborants. Le grand air, le séjour à la campagne, une bonne nourriture sont des corroborants.

— SYN. CORROBORANT, TONIQUE, EXCITANT. Ce qui

corrobore donne de la force à la con.stitution; une bonne nourriture est corroborante. Ce qui est tonique, donne du ton, c'est-à-dire augmente l'activité d'un organe ou même de la constitution entière; les amers sont toniques. Ce qui est excitant cause une excitation momentanée du système nerveux; le café est excitant.

— HIST. XVI* s. Faut appliquer remèdes refroidissans et corroborans, pour repousser et empescher la fluxion des humeurs, paré, ix, 5.

— ÊTYM. Corroborer.

COBROBORATIF, TIVE (ko-rro-bo-ra-tif, ti-v"), adj. Il 1° Qui a la vertu de corroborer. Un moyen corroboratif, et, substantivement, un corroboralif. Il 2° Terme de grammaire. Qui sert à corroborer, qui ajoute quelque force à l'expression.

— HIST. XVI* s. Choses adstringentes et corroboratives, paré, xxbis, 49.

— ÉTYM. Corroborer.

CORROBORATION (ko-rro-bo-ra-sion), s. f. Action de corroborer; état de ce qui est corroboré.

— HIST. XVI* s. La corroboration du cœur, paré, VIII, 46. Et ont ces dits muscles interuptions nerveuses et transverses, pour la corroboration d'iceux, ID. I, ti.

— ÉTYM. Corroborer; provenç. corroboration; espagn. corroboracion ; ital. corroboraxione.

CORROBORÉ, ÉE (ko-rro-bo-ré, rée), part, passé. Corroboré par un verre de vin chaud.

CORROHORER (ko-rro-bo-ré), v. a. || 1* Terme de médecine. Donner de la force, du ton. Le vin corrobore l'estomac. || Absolument. Il faut donner à cet enfant étiolé tout ce qui corrobore. || 2° En général, donner appui, force. Ces faits peuvent corroborer mon système.

— HIST. XV* s. Avec ses lettres de son scei, signées desonseingmanuel.etcorroboréesparun acte public et notarié, monstrel. i, 49. || xvi* s. Par intervalle on corrobore les entrailles, pabé, rx, 36. Par leur aromaticité, ils corroborent la vertu animale, id. XXV, 46.

— ÊTYM. Espagn. corroborar; ital. corroborare; du latin corroborare, de eum, et roborare, fortifier, de robur, force fvoy. rouvbe).

CORROBANT, ANTE (ko-rro-dan, dan-t'), adj. Qui corrode. || Substantivement. Les corrodants. L'eau forte est un corrodant.

— HIST. XVI* s. Les ulcères virulentes et corrodantes, pabé, XI, u.

CORRODÉ, ÉE (ko-rro-dé, dée), part, passé- L'estomac corrodé par le poison.

CORRODER (ko-rro-dé), v. a. jj 1* Ronger, faire des trous, des entamures. La rouille corrode le fer. Il Fig. Exercer une action morale malfaisante. L'éloquence dangereuse de démagogues qui corrodent les institutions et les mœurs. || 2* Se corroder, v. réfl. Être rongé. Le fer se corrode aisément.

— HIST. ivi*s. Estouper quelque trou du palais, à cause que la veroUe auroit corrodé ou corrompu l'os, PARÉ, Introd. 2.

— ÉTYM. Provenç. corroder; catal. corroir; espagn. corroer; ital. corrodere; du latin corrodere, de eum, etrodere, ronger.

CORROI (ko-roi), «. m. Façon que le corroyeur donne au cuir. || Étendoir sur lequel l'apprêteur déplisse et étend les étoffes. || Epaisseur de terre, surtout de terre glaise, qui sert à retenir les eaux des fontaines, des réservoirs, etc. || Terme de marine. Enduit gras dit aussi courée et courai qu'on emploie pour les navires.

HIST. xm* s. Des ci qu'il voit venir le roi. Deux

mil armés en son conroi, Partonop. v. 2167. Si prist grant cure et grant conroi De moi afaitier et garnir, «6. v. 4572. L'autre corroi sont à cent mile nombre, Àgolant, v. 7(i4. Le conroi de nos et de no maisnie, du cange, eonredium. jjiiv'S. Lesconrois qui sont appelle repas, id. ib.

— ÉTYM. Provenç. conre, conrc», équipage, nour riture; catal. conre'u; espagn. correo; ital. corredo; bas-lat. eonredium (et conredum, dans un texte du IX* siècle); mot hybride de eum, avec, et du flamand réden, préparer, qui correspond au moyen hautallemand ge-'eiten, anglo-saxon ge-radian, goth.

COR

raidian. Conroi était un mot três-usité et ayant toute sorte de sens dérivés du sens primitif, qui est préparation.

f CORROIERIE (ko-roi-ne), s. f. Atelier, art du corroyeur.

— HIST. xin* s. Et est accordé que nus ne poie [appuyé] riens, hors de l'uis, de denrées qu'il vende, quant à corroieries, Liv. des met. 226

— ÉTYM. Corroyer.

fCORROMPABLE (ko-ron-pa-bl'), adj. Qui peut être corrompu. Les matières organiques sont facilement corrompables.

REM. Ce mot, anciennement usité, pourrait

être employé à côté de corruptible, qui se dit moins communément do la corruption matérielle, et qui vient du latin corruptihilis, tandis que corrompable est formé directement de corrompre.

— HIST. xm* s. Par nature estes corrumpables, la Rose, 4424. || xiv's. Et teles choses sont sans nécessité et nient corrumpables, oresme, Elh. <73. Nostre nature est composée d'une chose et avec ce, d'une autre chose qui est corrumpable, ID. ib. 226. Il XV' s. Le corps ne puet au monde demeurer. Qu'à certain temps ne le faille pourir ; Corrompable est ; si le faut retourner, Corrupcion et cendre devenir, E. DEscH. Poésies mss. f°)46, dans lagubne. ||xvrs. Il n'estoit aucunement corrumpable par presens, AMYOT, Péric. 33.

— ËTYM. Corrompre; provenç. corrompable.

CORROMPRE (ko-ron-pre) , je corromps, tu corromps, il corrompt, nous corrompons, ils corrompent; je corrompais; je corrompis; je corromprai; je corromprais; corromps, corrompons; que je corrompe, que nous corrompions; que je corrompisse; corrompant; corrompu, v. a. || 1° Rompre l'ensemble, et, par suite, gâter, détruire. Arsanes mit le feu partout et corrompit tout ce qui pouvait servir à l'usage des hommes, vaug. Q. C. tes. \\ Fig. Adieu doncl Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre, LA FONT. Fabl. I, 9. Vous corrompez tout par d'injustes usages, MASS. Car. Yoc. Comme toute chair a corrompu sa voie, m. ib. Motifs. Belle Aréthuse, ainsi ton onde fortunée Roule, au sein furieux d'Amphitrite étonnée, Un cristal toujours pur et des flots toujours clairs. Que ne corrompt jamais l'amertume des mers, volt. Ilenr. ix. Vous avez corrompu tous les dons précieux Que pour un autre usage ont mis en vous les dieux, ID. Calil. i, <. L'efTroi qui me saisit, corrompant mon espoir.... ID. Triumv. iv, 6. Vous comprenez assez quelle amertume affreuse Corrompait de mes jours la durée odieuse, ID. Zaïre, i, 2. Les novateurs dont les interprétations corrompaient la simplicité de la foi , CHATEAUB. Génie, l, i, -t. Je puis t'abandonner; oui, je mourrai content. J'ai corrompu ta joie, DULAv. Yépres, sicil. iv, 6. || Altérer la forme, la figure, l'état de certaines choses. Corrompre la forme d'un chapeau. Ce sens a vieilli. |{ Terme de corroyeur. Faire venir le grain à un cuir de vache. Corrompre la vache. || Terme de métallurgie. Corrompre le fer, en pétrir toutes les parties par le feu ou par le marteau. || Terme de cirier. Corrompre la cire, lui ôter la ductilité. || Terme de cartonnier. Corrompre les coupeaux ou cartons , les recourber de manière que la partie concave soit du côté de la peinture des cartes à jouer. || Populairement. Corrompre l'eau, la corriger en y ajoutant un peu de vin, de vinaigre, de sucre, etc. || 2° Gâter par décomposition putride. La décomposition de substances organiques avait corrompu les eaux. La terre que nous habitons n'est devenue salubre que par les travaux de l'homme; dans son origine, elle était couverte de forêts et de marécages qui corrompaient l'air; c'est l'état actuel de Madagascar, hay- NAL, llist. phil. IV, 4. Il 3° Dépraver. Corrompre les mœurs. La flatterie le corrompit. Deux cœurs nés généreux qu'un traître a corrompus, volt, fanât, m, H. Cambyse, fils de Cyrus, fut celui qui corrompit les mœurs des Perses, Boss. Hist. m, 5. Il 4° Altérer, modifier en mal, en parlant de la langue, du goût, du style. La lecture des mauvais auteurs corrompt le goût. Corrompre une langue. L'invasion des barbares corrompit le latin. Dans les arts d'imagination, tout ce qui n'est pas neuf ou brillant est inutile ; et la multiplication des ouvrages médiocres corrompt le goût au lieu de le former, coNDûRCET, Jlaller. || Corrompre un texte. La négligence des copistes a corrompu bien des passages dans les auteurs anciens. 11 a omis ces paroles par un dessein outrageux, pour corrompre la pensée de ce père, pasc. Prov. liéftU. de la rép. àla iH' letl. 11 découvre- l'orgueil caché et l'hypocrisie des Pliansiens et des docteurs de la loi qui la corrompaient

COR

par leurs interprétations, boss. Hist. ii, 6. || 5° Fig. Gagner quelqu'un par dons ou promesses. 11 essaya de corrompre ses juges. On corrompit les témoins. C'est à qui se sent faible à corrompre son juge, QuiNAULT, la Comédie sans comi'die , ii, 6. 11 avait corrompu par argent la garnison, fén. Tél. xx. On l'accusait aussi d'avoir corrompu à force de présents la prêtresse de Delphes, qui avait ordonné, de la part du Dieu, de le rappeler de l'exil, rollin, Hist. anc. OEuvres, t. m, p. B9i , dans pougens. Des moines, parcourant l'Helvétie alarmée, Divisent les tribus et corrompent l'armée, mass. Ilelvétiens, v. Il Séduire, en parlant d'une femme. En poursuivant les fuyards, il fut tué par un des siens dont il avait corrompu la femme, uoss. llist. i, <0. Crispe, fils de Constantin, mais d'un autre mariage, accusé par cette marâtre [la seconde femme de l'empereur Constantin] de l'avoir voulu corrompre, trouva son père inflexible, id. ib. i, 4i. || Absolument. Les vices n'y sont point un sujet de ridicule; corrompre ou être corrompu ne s'appelle point un usage ou une manière de vivre, montesq. Esp. xviii, 25. Ce Philippe qui, mieux qu'homme du monde, savait diviser pour réduire et corrompre pour asservir, MARMONT. Élem. litt. OEuvres, t. viil, p. 86, dans pouGENS. Il 6° Se corrompre, v. réft. Se putréfier. La viande "se corrompt rapidement dans les jours chauds et orageux. Je vois qu'un corps tel que l'eau est divisible, muable, sujet à se corrompre, à se geler, boulainvilliers. Réfutation de Spinosa, p. 4i. || Se dépraver, s'altérer. Les mœurs se corrompent. La langue grecque se corrompit peu à peu. Cette sagesse insensée, ingénieuse à se tourmenter, habile à se tromper elle-même, qui se corrompt dans le présent, qui s'égare dans l'avenir , boss. Duch. d'Orl. C'est une chose étonnante comment les langues se forment, s'augmentent, se perfectionnent, et comment, après un certain cours d'années, elles dégénèrent et se corrompent, rollin, Bist. anc. OEuvres, t. xi, 2« part. p. 602, dans pougens.

— HIST. XII' S. Deus, quel duel [deuil] des prelaz que lur mestier ne funl I Mucie est la lumière qui esclaire le munt [monde] , Il sunt li puUent cors que l'esperit corrunt. Th. le mart. 69. || xiii' s. Qui gist en mortel pechié est corrumpuz. Psautier, {"21. Li lius [lieu] estoit tout corrompus, et moult i ot mors de gens, Chr. dcRains, ^77. Nostre coustume a corrumpu ceste loi et suefre que testaraens se prueve par deus loiax tesmoins, beaum. xii, 40. Et parce est le [la] droite mesure du souverain corrompue en plusors liex, si comme il est dit dessus, m. xxvi, i 2. Et por ce loonz [conseillons] noz à toute manière de juges qu'il se gardent de prendre dons par les quix il soient corrompu, id. xl, 33. Donques li baillas doit estre soufrans et escoutans, en tele manière qu'il laist à cex qui sont devant li en jugement, dire toute lor volonté et tout ce qu'il lor plera, partie contre autre, et sans corrumpre lor paroles, id. ■)9. Il XIV' s. Ceulx qui ont l'apetit corrompu et la volonté pour malvois vices se delettent en choses qui ne sont pas bonnes à l'ame, oresme, Eth. t9. J'ai pour l'amour de toi grant paine-recheûe. Et en terre et en mer; mais Diex m'a secorue; De nul homme de char n'ai esté corrompue, Daud. de Seb. m, 132. Icellui suppliant a congneu que ses diz tesmoings il avoit induis et corroz, et leur avoit promis de donner le vin, mais qu'ilz déposassent à son entension, du cange, corrump^re. || xv" s. Et pour ce que je n'y veux mettre ni ester [â la matière de ses chroniques], oublier ni corrompre, ni abréger, FROiss. i, I, t. ||xvi' s. De peur que les grains ne se corrompent et pourrissent, mont, ii, 186. S'ils faisoient quelque appointement avec serment solennel, il duroit jusques à ce que l'une des parties se trouvast la plus forte, pour le corrompre et violer, et vaincre par malice, langue, B6. One oligarchie corrompue comme aussi fut celle d'Athènes, id. 65. 11 estimoit estre convenable de déposer la substance du feu en garde de personnes non corrompues ny polluées, AMYOT, Numa, 17. Ses ambassadeurs corrompirent deux des meilleures et plus anciennes maisons de la ville, id. Publ. 5. Se laisser corrompre par argent, id. Aie. et Cor. comp. 8. Boire de l'eau puante et corrompue, id. Anton. 2(. On luy fit entendre que la tourmente estoit sur la montagne, ce nonobstant on ne luy sceut dissuader de passer ce jour là, pensant corrompre [rompre, vaincre] le temps, contre l'opinion de tous, m. du BELL. 521. Hormis qu'il se trouvoit fort las ei corrompu [courbatu] , à cause du tourment qu'il avoit souffert, PARÉ, xix, 32.

— ÉTYM. Provenç. corrompre ; catal. corromprer; espagn. cormmper; ital. corrompere; du latin cor-

CvOR

rumpere, de cum, et rumpcre, rompre. L'ancien français, à côté du participe corrompu, avait aussi enrrot ou corrout, dont le simple se trouve: un nombre rout ou roupt, un nombre fractionnaire. Corrompu est un participe fait sur le verbe français ; corrot provient directement du participe latin corrûptus, avec l'accent sur ru.

CORROMPU, UE (ko-ron-pu pue) , par». pa*i^ d e corrompre. || 1° Gâté, détruit. Tout le pays ayant été corrompu par l'ennemi qui battait en retraite. Il Peu usité en ce sens. || 2° Altéré, en parlant de langues, de textes, etc. Il est étonnant que Belleau, Jodelle et Dubartas aient été sitôt suivis d'un Racan et d'un Malherbe, et que notre langue, à peina corrompue, se soit vue réparée, la bbuy. i. La critique qui restitue dans les auteurs les endroits corrompus, donne des éditions.... d'alemb. Explic. sytt. conn. hum. OEuvres, t. i, p. 335, dans pougens. Il 3° Gâté par décomposition putride. De l'eau corrompue. Un sang noir et corrompu coula de sa plaie, FÉN. Tél. XV. Il 4'Dépravé. Desmœurscorrompues. Je neveux nulle place en des cœurs corrompus, mol. Mis. 1, 1. Les hommes corrompus n'ont aucune pudeur, et ils sont toujours prêts à toutes sortes de bassesses, FÉN. Tél. XXIV. Les illusions mêmes de l'amour se purifient dans un cœur chaste et ne corrompent qu'un cœur déjà corrompu, J. J. houss. Hél. ii, 27. Leur religion est un mahométisme extrêmement corrompu par les superstitions indiennes, raynal, Hist. phil. I, 8. Il 5" Séduit par argent. Une sentinelle ayant été corrompue laissa approcher les assaillants. Il On dit quelquefois substantivement. Un corrompu, les corrompus, les gens qui ont de mauvaises mœurs, et surtout les gens qui se laissent corrompre par l'argent, et, en politique, ceux qui par intérêt passent du côté du pouvoir.

t CORROND (ko-rron) , s. m. Terme de métallurgie. Extrémité d'une barre dont l'étirage n'a pas été achevé faute de chaleur suffisante.

CORROSIF, IVE (ko-rro-zif, zi-v'), od;'. ||l°Qui corrode. Substances corrosives, celles qui, mises en contact avec les parties vivantes, les désorganisent peu à peu. On devait user de remèdes moins corrosifs, BOSS. Var. i. 11 en renforce les traits comme une eau forte et corrosive, j. j. eouss. Hél. u, 3. Il Substantivement. Les corrosifs. Le nitrate d'argent est un puissant corrosif. || 2° Fig. La parole corrosive de ce calomniateur.

— HIST. xm' s. Â la maille [tache à l'œil] qui est enclose Covient mult curuzive chose, Ms. St-Jean. Il xv's. La poudre, qui corrosive estoit, lui gasta et mangea trestout l'œil, louis xi, Nouv. ii. || xvi' s. Ulcères corrosives et chancreuses, paré, v, 1 9. Médicament corrosif, ID. xi, 18.

— ÉTYM. Provenç. corroziu, corrossiu; espagn. et ital. corrosivo; du latin corrosit'us (voy. corroder).

CORROSION (ko-rro-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Action, effet de ce qui est corrosif. La corrosion de l'estomac par l'arsenic. || Par extension, se dit de l'efl'et des eaux sur leurs rivages. Il avait grimpé avec une peine infinie sur une roche escarpée, pour voir de là le cours du Serchio et la corrosion qu'il causait à ses rives, fonten. Manfredi.

— HIST. xiv s. Leur corps .«euffre continuelment une manière de corrosion, oresme, Eth. 226. || xvi's. Dont s'ensuit corrosion aux parties qui sont sous le cuir, paré, v, il. Par corrosion de certaine humeur acre qui tombe aux gencives, id. xv, 27.

— ÉTYM. Provenç. corrosio, corrossio; espagn. corrosion; ital. corrosione ; du latin corrosionem (voy. corroder).

t CORROSIVETÉ (ko-rro-zi-ve-té) , s. f. Qualité de ce qui est corrosif.

— HIST. xV s. Et là où corrosiveté aucune se trouvera en ma tractation non agréable à chascun, que icelle vuellent plus imputer à la nature du temps qu'à la perverse et oblique intencion de l'aucteur, G. CHASTEL. Expos. Sur vérité mal prise.

— ÉTYM. Corrosif.

f CORROYAGE (ko-ro-ia-j'), s. m. Art du corroyeur; dernière préparation que le corroyeur donna au cuir. || Terme de métallurgie. Réunion de plusieurs barres de métal qui doivent être soumises à un nouvel étirage.

— ÉTYM. Corroyer.

CORROYÉ, ÉE (ko-ro-ié, iée), part, passé. Cuir corroyé. || Fer corroyé.

CORROYER (ko-ro-ié; plusieurs disent ko-roi-ié), je corroie, tu corroies, il corroie, nous corroyons, vous corroyez, ils corroient; je corroyais, nous corroyions, vous corroyiez, ils corroyaient;je corroyai; je corroierai; je corroierais; corroie, corroyons; que je corroie, que nous corroyions, que vous

COR

COR

COR

corroyiez; que je corroyasse; corroyant; corroyé, ». a. Il 1° Préparer le cuir pour les divers usages auxquels il est destiné. Corroyer des peaux, des cuirs. Il î° Corroyer du bois, le dégrossir extérieurement. Il 3* Corroyer du fer, le battre k chaud; souder ensemble plusieurs tiges au marteau. || 4° Pétrir soigneusement le sable, la chaux, etc. avec de l'eau, pour en fai re de meilleur mortier ; ou battre de la terre glaise pour en faire un corroi. Corroyer un canal, un bassin, le garnir d'un corroi. La plus grande partie des glands n'avaient pas levé; les pluies de l'hiver avaient tellement battu et corroyé la terre qu'ils n'avaient pu percer, buffon, Exp. sur les végét. 2« mém. Les murs étaient corroyés de stuc mêlé de bouse de vache, bern. de st-p. Ch. ind. Il 5° Terme de fonderie. Corroyer du sable, en écraser toutes les mottes, pour le rendre plus maniable.

— HIST. xii's. X honur [il] les fit cunreer, U ke il volorent sejurner, Rou, v. 6448. || xm' s. La nuit [il] le fait en sa maison jesir. Et conreer et richement servir, nu cange, conredium. Li mangiers fu richement conreé, ID. ib. Et sur ces cercles getent piaus de moutons que l'en appelle piaus de Damas, conreées en alun, joinv. 230. || xvi' s. Ptolemaeus commanda que l'on pendist le corps de Cleomenes, l'ayant devant conroyé, amyot. Agis et Cléom. 72. L'escorce de laquelle les taneurs courrayent leurs peaux, PALissY, 2). Les terres argileuses de quoy l'on se sert pour tenir lesdites eaux, faut qu'elles soyent conroyées, id. t77. Puis faut avoir une chausse de cuir de chien conroyé, paré, xxi, 24. La peau de bouc escorchée, seichée et courroyée par les taneurs, id. Animaux, 21.

— ÉTYM. Corroi; anc. wallon, coureir ; rouchi, corer ; namurois, conrer; provenç. conrear, arranger, régaler; espagn. conrear, donner la seconde façon à la terre; ital. corredare. Conreer avait, dans l'ancien français, tous les sens qu'avait conroi, et signifiait en général disposer, arranger, préparer. Bien qu'on trouve dans le bas-latin corregeria, corroierie, corregerius, corroyeur, provenç. corrigier, anc. catal. correjer, espagn. correero, portug. correeiro, ital. corregiajo, courroie, les sens divers qu'a corroi en français montrent qu'il provient de l'ancien français conroi.

t CORROYÈRE (ko-ro-iê-r') , s. f. Terme de botanique. Espèce de sumac dont les feuilles sont employées pour tanner les cuirs.

— ÉTY.M. Corroyer.

CORROYEDR ( ko-ro-ieur ; plusieurs disent koroi-ieur ; Ménage recommande de ne pas prononcer conroyeur, ce qui était un archaïsme, l'ancienne forme étant conroi , et il ajoute qu'on prononce corrayeur), i. m. Celui qui corroie les cuirs.... Et l'animal de somme Passe du jardinier aux mains d'un corroyeur, la font, vi, o. Cléon [un démagogue athénien] était fils de corroyeur et corroyeur lui-même, rollin, Uist. anc. OEuvres, t. m, p. 497, dans pouGENS.

— mST. XIII* s. Quiconques est corroiers à Paris, il doit ouvrer as us et as coustumes de la vile, Liv. des met. 234. Nus corroiers ne puet rendre son aprenti , se li mestre ne va outre mer ou il ne gist ou lit de langueur, ib. 235. Nus ne puet estre baudroier à Paris, ce est à savoir conreeur, de qui por fere conrroies.... ib. 224. || xvi*s. Un cordonnier et un conroyeur, d'aub. Hist. i, 78. Peaussiers, corroyeurs, paré, xxiv, 10. Les corrayeurs, palissy, 33.

— ÉTYM. Corroyer; wallon, côreû; namurois, conreu; bas-lat. conreator. Il y a eu confusion entre corroyeur venant de conreer, et corroier venant de courroie.

t CORRODE (ko-rru-d') , s. f. Terme de botanique. Asperge sauvage {asparagus acutifolius, L.).

— ÉTYM. Latin, corruda.

t CORRCGATEUR, TRICE (ko-rru-ga-teur, tri-s'), adj. Terme d'anatomie. Qui plisse. Muscle corrugateur, et, substantivement, le corrugateur, le muscle sourciller, parce qu'en se contractant il fait froncer le sourcil.

— ÉTYM. Voy. corrugation.

t CORRUGATION (ko-rru-ga-sion) , s. f. Terme didactique. Froncement, plissement. La corrugation de la peau par l'action des muscles sous-jacents. - ÉTYM. Lat. corrugatio, de cum, et ruga, ride (voy. ride).

CORRUPTEUR, TRICE (ko-ru-pteur , ptri-s'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui corrompt les mœurs, l'esprit ou le goût. Fallait-il dans l'exil chercher des corrupteurs? rac. Brit. i, 2. Eux seuls [les mauvais prêtres] sont les corrupteurs des peuples , mass. Confér. Excell. Fuyant des corrupteurs les conseils désastreux , briffault , Ninus II , ii, 2. Quelus et

Saint-Maigrin , Joyeuse et d'Espernon, Jeunes voluptueux qui régnaient sous son nom. D'un maître efféminé corrupteurs politiques. Plongeaient dans les plaisirs ses langueurs léthargiques, volt. Ilenr. I. Toutes les nouveautés utiles lui semblaient des sacrilèges, et tous les étrangers dont le czar se servait pour exécuter ses grands desseins lui paraissaient des corrupteurs, id. Russie, ii, <0. Un lâche, un corrupteur , un traître l'a séduite , Ducis , Othello, 1,4. Il 2° Celui, celle qui par dons ou promesses détourne quelqu'un de son devoir. La loi punit les corrupteurs de témoins. Il abdiquera le rôle d'ambassadeur ou de député pour prendre celui de corrupteur, le seul qui puisse lui réussir, rat- NAL, Uist. phil. XIX, 3. Il 3° Celui qui altère un texte. C'est un insigne corrupteur de l'Écriture, MAUCROix, Schisme, liv. il, dans richelet. (| i" Adj. Une doctrine corruptrice. Nous avons rejeté ces présents corrupteurs. Trop étrangers pour nous, trop peu faits pour nos mœurs, volt. Scythes, i, *. Que ne puis-je à la fois engloutir sous le Tibre Ces métaux corrupteurs d'un peuple jadis libre! M. J. CHÉN. Gracques, ii, 3. C'est là que tous les préjugés d'une éducation corruptrice sont ébranlés par les maximes de la nature et de la raison, marmont. Elèm. litt. OEuvres, t. x, p. 340, dans pougens. Il laissait Barclay faire aux soldats français et à leurs alliés ces adresses corruptrices qui avaient tant ému Napoléon, ségur, Hist. de Napol. viii, t.

— ÉTYM. Lat. corruptor, de corrupium , supin de corrumpere, corrompre.

CORRUPTIBIUTÉ (ko-ru-pti-bi-li-té) , s. f. Etat, nature de ce qui est corruptible.

— ÉTYM. Provenç. corruptibilitat ; espagn. corruptibilidad ; ital. corrutfibilità ; du latin corruptibilitalem (voy. corrompre).

CORRUPTIBLE (ko-ru-pti-W), odj. || 1° Qui est sujet à corruption. Les matières corruptibles. Notre âme d'une nature spirituelle et incorruptible a un corps corruptible qui lui est uni, boss. Hist. u, 6. Il 2° Qu'on peut corrompre, en parlant des personnes. C'est un homme très-corruptible. Us seraient donc plus délicats que les courtisans et les gens de robe, qui voient tous les jours avec plaisir représenter des marquis fats et des juges ignorants et corruptibles , lesage , Critique de Turcaret. Cet exemple et mille autres prouvent que l'imagination est la plus corruptible des facultés de l'âme, marmont. Essai tur le goût, OEuvres, t. iv, p. 366, dans pougens. || S. m. Nom donné à des hérétiques du sixième siècle, qui prétendaient que Jésus-Christ avait été sujet aux douleurs, aux passions, et que sa chair était corruptible.

— HIST. xiv s. Choses corruptibles, ohesmè, Thèse de meunier. || xV s. Un édifice que feu ne fer ne autre chose corruptile ne pourra consumer, Bouciq. IV, oh. t5. ||xvi°s. Le corps qui est corruptible aggrave l'ame, calvin, 57. Le privilège de quoy nostre ame se glorifie, de renger les choses qu'elle estime dignes de son accointance, à desvestir et despouiller leurs conditions corruptibles, et leur faire laisser à part, comme vestemens superflus et viles, l'espesseur, la longueur, la profondeur....

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