‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 461 sur 504 · M. DU BELL · texte numérisé non relu

M. DU BELL

— ÉTYM. Cotiser; provenc. cotlixation.

COTISÉ , ÉE (ko-ti-zé , zée) , part, passé. Les

membres de l'association cotisés à tant.

COTISER (ko-ti-zé), v. a. || 1* Régler la cotisation de quelqu'un. On l'a cotisé à tant. || 2° Se cotiser, V. réft. Fournir sa quote-part. 11 faut que chacun se cotise selon ses moyens. Ils n'auraient qu'à se cotiser à proportion des besoins publics, i. J. Rouss. Écon. 3. Chaque gentilhomme se cotisa pour les comédiens selon sa libéralité, scarron, Rom. corn. 2* part. ch. 3. Il y eut un service solennel, et. en un moment ils se cotisèrent tous pour cette dépense, qui monta à cinq mille francs, sÉv. 211.... X cinq chevaliers, en nous cotisant tous, Et ramassant écus, livres, deniers, oboles, Nous n'avons encor pu faire que deux pistoles, regnard. Distrait, i, 6.

— HIST. XVI* s. Les Grecs voulurent qu'il se feist une taille, par laquelle chacune ville fust raisonnablement cotti-sée selon ses facultez. — Hz luy donnèrent pouvoir et mandement de cottiser et taxer également chacune ville, amyot, Arist. 68. Hz payoient bien l'argent à quoy ilz avoient esté cottisez, id. Cimon, 18. Que chacun des confederez se quottiseroit à ce qu'il devroit fournir, M. du bell. 182. La ville se cottisa à 3000 livres, d'aub. Hist. n, 298.

— ÉTYM. Cote.

COTISSDRE (ko-ti-su-r') , s. f. Meurtrissure faite à des fruits. La cotissure empêche que les fruits ne soient de garde.

— ÉTYM. Cotir.

COTON (ko-ton) , s. m. \\ 1° Nom donné à une sorte de bourre végétale qui, formée de filaments longs et ténus, environne les semences du cotonnier, arbre que l'on cultive dans l'Inde, aux États- Unis, dans l'Egypte et, depuis peu, dans l'Algérie. L'arbrisseau qui fournit le coton à nos manufactures demande un sol sec et pierreux; il préfère celui qui est déjà familiarisé par la culture , rayn. Hist. phil. XI, 28. Chaque loge, ens'ouvrant, laisse apercevoir plusieurs graines arrondies , enveloppées d'une bourre blanche, qui est le coton proprement dit, ID. ib. Le bois dont le colon vient blanchir les rameaux, malfil. G^nt'e de FiV^. || Coton en laine, coton brut. || Toile, étofTe de coton. Cette multitude, qui a peu de besoins, est presque nue ou est vêtue de coton, c'est-à-dire d'un produit si abondant qu'un arpent peut fournir de quoi habiller trois ou quatre cents personnes, condillac, Comm. gouv. part, i, ch. 25. Il Tricot de coton. Il était un roi d'Yvetot.... Et couronné par Jeanneton D'un simple bonnet de coton, BÉRANG. Tvetot. Il Jeter son coton, se dit de certaines étoffes qui se couvrent d'une sorte de bourre. || Cela jettera un beau coton , se dit d'une chose qui, mal entreprise, produira de mauvais effets. Locution basse, remarque de .':aillières, 1090. Il Cet homme jette un vilain coton, il file un mauvais coton; sa santé, son crédit, sa réputation est fortement compromise. || Fig. Élever un enfant dans du coton , l'élever trop mollement. Le laquais du coadjuteur, qui était à la Trappe, est revenu à demi-fou, n'ayant pu supporter ces austérités; on cherche un couvent de coton pour l'y mettre, sÉv. 42. Gouvernez-la bien, divertissez-la, amusez-la, enfin mettez-la dans du coton, et nous conservez cette chère et précieuse personne, sÉv. t. i. Lettre inédite, p. 201, dans pougens. || Par plaisanterie, porte-coton, valet de garde-robe. ||2'' Duvet long, entre-croisé et crépu, qui recouvre la surface de certaines feuilles ou d'autres parties de quelques végétaux. Leurs fleurs tendres et délicates, et, durant l'hiver, enveloppées comme dans un petit coton, Boss. Contiaiss. v, 2. || 3° Poil follet qui vient aux joues et au menton des jeunes gens. X peine son menton S'était vêtu de son premier coton, la font. Remède. Vraiment sur votre menton La main de l'aimable jeunesse N'a mis encor que son coton, volt. Ép. 42. Et ne tarderont ses conquêtes [du fils d'Henri IV], Qu'autant que le premier coton Qui de jeunes.se est le message. Tardera d'être en son visage Et de faire ombre à son menton, malh. ui, 1. A peine adolescent, de son léger coton La jeunesse en sa fieur ombrage son menton, deulle, Enéide, ix. || 4* Coton-poudre, ou coton azotique, ou fulmi-coton, substance explosive qu'on obtient par l'action de l'acide azotique sur le coton.

— HIST. xiii* s. Et li atachierent la crois en un grant chapel de coton [oualte] par devant, pour ce que il voloit que tous le veissent, villeh. xl. Ouiconques est chapelier de coton à Paris, il doit jurer

COT

seur sains qu'il fera bone œuvre et leal, I»». des met. 25t. Il peut mètre devant son pis et devant son ventre un contrecuer de teille et de coton, Ass. de J. I, (70. 11 li lancèrent le feu grejois qui se prist en la tour, qui estoit faite de planches de sapin et de telle [toile] de coton, joinv. 246. || xv* s. Je cognoys approcher ma soif, Je crache blanc comme cotton Jacobins aussi gros que un œf, villon, Grand testament. Il XVI" s. L'arbrisseau, portant le cotton, jette des petites pommes, lesquelles, s'approchans de maturité, s'entr'ouvrent en croix à la pointe, comme la grenade, par là faisant jour au cotton,

— £TYM. Provenç. coton; calai, cota; espagn. algodon; portug. cofôo ; de l'arabe qothon ou, avec l'article, al qolhon.

COTONNADE (ko-to-nad') , s. f. Toute sorte d'étoffes de colon. Une pièce de cotonnade. || Dans un sens plus restreint, étoffe de coton de couleur ordinairement h carreaux ou à raies, dont le dessin est tissé et non imprimé.

— ÉTYM. Cototl.

t COTONNANT, ANTE (ko-to-nan, nan-t'), adj. Terme de métier. Se dit des lames de cuivre sur lesquelles on aperçoit de petits points blancs.

— ÉTYM. Cotonner.

COTONNÉ, ÉE (ko-to-né, née), part, passé. Il 1° Terme de commerce. Qui est plein et couvert de coton. || 2° Terme de marine. Voile cotonnée, voile usée. || 3° Garni de poil follet. Le prieur remarqua que l'Ingénu avait un peu de barbe; il savait très-bien que les Hurons n'en ont point; son menton est colonne; il est donc fils d'un homme d'Europe, volt. l'Ingénu, 2. || Cheveux colonnes, cheveux courts , frisés et crépus.

COTONNER (ko-to-né), «. o. || 1° Remplir de coton. Il 2° Se cotonner, v. réfl. En parlant de certaines étoffes, se couvrir d'une certaine bourre. Le drap d'Espagne se cotonne. || Absolument. Ce drap cotonne. || 3° Se couvrir d'une sorte de coton ou duvet. Ses joues commencent à se cotonner. || 4° En parlant des fruits, prendre une pulpe molle et spongieuse. Ces pêches se sont cotonnées.

— HIST. xvi* s. Tous lesquels coings sont cottonnés, mais plus les moiens et dorés que les autres, comme marque de bonté, o. de serres, 090. Les peupliers ont la fueille cotonnée d'un costé, mais plus les uns que les autres, va. 800. En lieu d'un teint vermeil une barbe follette Cotonne son menton.... RONS. 713.

— ÉTYM. Coton.

t COTONNERIE (ko-to-ne-rie), s. (. Culture du coton; champ où croît le cotonnier. Ce vaste espace est rempli par cent soixante caféières, soixantedeux indigoteries et soixante cotonneries, baïnal, Hist. phil. XIII, 38.

— ÉTYM. Coton.

t COTONNETTE ( ko-to-nè-t' ) , s. f. Terme de commerce. Sorte d'étoffe de coton.

— ÉTYM. Coton.

COTONNEUX, EUSE (ko-to-neû, neû-z"), adj. Il 1° Recouvert d'une sorte de coton ou de duvet. "Tige, feuille cotonneuse. Le bourgeon cotonneux du pommier se gonfle et se crève, bern. de st-p. Ilarmon. liv. I, Tabl. général. M. de Réaumur a fait représenter la coque de cette chenille à brosses, et il a désigné par les termes d'enveloppe cotonneuse ce que j'ai nommé la coque extérieure, bonnet, Insectes, observ. 25. Tapisse de duvet la pêche cotonneuse, DEL1LLE, Trois règnes, vi. || 2° Dont la pulpe est devenue mollasse et spongieuse. Pèches cotonneuses, il Fig.Style cotonneux.style mou et filandreux.

— ÉTYM. Coton.

i. COTONNIER (ko-to-nié; Vr ne se lie jamais; au pluriel, ï's se lie: les ko-to-nié-z et le coton), s. m. Terme de botanique. Plante de la famille des malvacées qui produit le coton {gossypium herbaceutn, L.).

— ÉTYM. Coton.

t 2. COTONNIER, 1ÈRE (ko-to-nié, niê-r'), adj. Qui se rapporte au coton. Industrie cotonnière. |1 S. m. Fabricant de toiles, d'étoffes de coton.

— ÉTYM. Coton.

t COTONNIÈRE (ko-to-niê-r') , s. f. Nom vulgaire de plusieurs plantes communes dans les champs, entre autres le filage des champs, le gruiphalium uliginosum.

— ÉTYM. Cotonnier.

COTONNINE(ko-to-ni-n'),ï./'.GrossetoIIeàchalnede

coton et à trame de chanvre, dont on faisait des voiles.

— ÉTYM. Coton.

t COTONNIS (ko-to-ni), s. m. Terme de commerce. Étoffe des Indes moitié soie moitié coton.

COT

COtOYÉ, ÉE (kû-to-ié, iée; plusieurs disent kotoi-ié, iée), pan. passé. La banquise longtemps côtoyée par le navire. || Terme de blason. Se dit des pals, bandes, barres et autres pièces de même situation , lorsqu'elles sont accompagnées d'autres meubles.

CÔTOYER (kô-to-ié; plusieurs disent kô-toi-ié; Richelet remarque qu'on prononce côteier, prononciation aujourd'hui abandonnée), je cûtoie, tu côtoies, il côtoie, nous côtoyons, vous côtoyez, ils côtoient ; je côtoyais, nous côtoyions, vous côtoyiez ; je côtoyai ; je côtoierai ; je côtoierais; que je côtoie, que nous côtoyions, que vous côtoyiez; que je côtoyasse; côtoyant; côtoyé, v. o. || 1° Aller côte à côte de quelqu'un. Un vassal ne devait pas côtoyer son seigneur. Un valet ne doit pas côtoyer son maître. || Côtoyer une armée, marcher sur son flanc. Ayant ramassé toutes leurs troui)es et celles de leurs alliés au nombre de plus de cinquante mille hommes, ils côtoyaient l'armée d'Amilcar, rollin, llist. anc. OEuvres, t. i, p. 356, dans pougens. Simon le côtoya de si près dans toutes ses marches et contremarches, qu'il prévint tous ses desseins et l'obligea de se retirer, ID. ib. t. ix,p. 332. Ce jour-là même, une autre route nous amenait Kutusof ; il la couvrait tout entière avec quatre-vingt-dix mille hommes ; il côtoyait, il dépassait Napoléon, ségur, llist. de Nap. X, 3. Il 2° Aller le long de. Leurs navires côtoyaient le rivage. Il [le héron] côtoyait une rivière, LA FONT. Fabl. VII, 4. Il y a un grand précipice que l'on côtoie fort longtemps, sÉv. 523. On dit que ce bois que nous côtoyâmes fourmille de voleurs, la FONT. Lettres, vi. On fit faire par les Cosaques des bateaux légers auxquels ils sont accoutumés et qui peuvent côtoyer aisément les rivages de la Crimée, VOLT. Russ. I, 8. Nous côtoyous d'abord ces sommets escarpés Queles traits de la foudre ont si souvent frappés , DELILLE , Enéide, m. || Absolument. Ils ne firent que côtoyer. || Fig. Se tenir très-près de. Il avait dans son discours à côtoyer un sujet très-scabreux. Dans sa vie aventureuse il côtoya souvent la misère. || 3° Se côtoyer, «. réfl. Se suivre en marchant l'un à côté de l'autre. Les deux armées se côtoyèrent longtemps.

— HIST. XI' s. Li emperere fait Rolant costeïr [mettre à son côté] , Ch. de Roi. ccx. || xii' s. Tote IJretaigne [il] commence à costoier, Ainz ne fina trusqu'au mont Saint Michiel, li Coronemens Looys, V. 203g. Perse [ils] costient, Larchant et Balaguer, Ronc. p. H». Et la pucele toute voie Le chevalier de près costoie [va à côté], la Charrette, v. 1997. Il XIII* s. Et en alerent costiant terre et nagant, tant qu'il vinrent à port de salu, Chron. de Rains, 22 5. Lors m'en alai parmi la prée Contreval l'iaue esbanoiant. Tôt le rivage costo;ant, la Rose, <27. Il xv s. Et puis chevauchèrent le chemin de Valenciennes, et le costierent à la droite main, et vinrent à Denain, froiss. i, i, 79. Et se mirent à chemin en costoyant Zelande, id. i, i, 18. Ainsi qu'ils assembloient les coureurs dessus nommés qui costiés lesavoient, in. i, i, <40. Atant dressa son viaire et voyt parmy sa visière que c'esloit il voirement; adono se veult plus aler que devant, mais le roi le costoie et dist : certes il convient que vous venez avecques nioy, Perceforest, t. vi, f" 94. || xvi* s. 11 s'en alloyt coustoyant tousjours son ennemy, amyot, Fab. tl. Il estoit descendu à sa requeste en la Macédoine dix mille lîasternes combatans à cheval, et autres dix mille qui les cousloyoient toujours es batailles à pied, m. P.jEm. 18. Pyrrus avec deux mille Gaulois, coustoyant le long de la trenchée, essaya de passer de l'autre costé, id. l'yrrh. 63. Ils rebroussèrent chemin, ayans opinion que l'armée enemie les costoyeroit, pour espérer une occasion d'attraper quelqu'une de leurs troupes, lanoue, 627. Quant la clémence ne s'escartoit pas du tout de la sévérité, ains la coustoyoit et accompagnoit, afin que l'une des voyes fust aydée de l'aullre, condé. Mémoires, p. 552. En costoyant la mer à la queste de leurs raines, aulcuns Espaignols.... mont, iv, 20. Cettuy-ci [le commerce avec les livres] costoye tout mon cours et m'assiste partout; il me console en la vieillesse et en la solitude.... id. m, 287.

— ÉTYM. Côte) Berry, coûtéger; ital. costeggiare.

COTRE (ko-tr'), s. m. Terme de marine. Voy.

Page 1