‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 462 sur 504 · CUTTER · texte numérisé non relu

CUTTER

COTRET (ko-trè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie : kotrè-z et fagots; colrets rime avec succès, traits, jamais, paix, etc.), s. m. Il 1° Fagot de bois court et de médiocre grosseur. Acheter un cotret. Brûler des colrets. J'estime également ceux qui ont la charge des plus grandes

COT

affaires et ceux qui n'ont qu'une charge de colrets sur le dos, si la vertu n'y met de la différence, franci'on.liv. ii,p. 462. || Châtrer des cotrets, en ôter quelques bâtons. || 2" Chacun des bâtons qui composent le fagot. Il Familièrement. Un coup de cotret. De l'huile de cotret, des coups de bâton. || Etre sec comme un cotret, être fort maigre. Des jambes de cotreis, jambes fort menues. || 3* Morceau de bois qui fait partie des ailes d'un moulin à vent. || Madrier faisant partie du métier de haute lisse.

— HIST. XIV' s. En Crevé, un cent de costcrez de Bourgogne, Ménagier, ii, 4. |] xv s. Le cent de cotterets pour vingt sous parisis. Journal de Paris, an 1442. Brief, c'est un gentil compaiguon; Et si a ung très beau maintien ; Par mon ame, c'est grand dommaige Qu'il n'est porteur de cotherès, C0QUILLART, le MonoloQuc du puits. Et puis après, pour faire fin, Le cotteret et la bourrée, villo.-*, Repue fr. du souffreteux. \\ xvi' s. S'ils se fussent présentez à l'impourveue avec des basions de cotterets es mains , langue, 651 . Mettant d'un costé les grosses huches et bois de fente et de moule ; de l'autre les fagots, bourrées et costerets, o. de serres, 8u8. Je pense que plusieurs sont aujourd'hui empereurs, roys, ducz, princes et papes en la terre, lesquelz sont descenduz de quelques porteurs de roguatons et de coustrets, rab. Garg. i, i.

— ÉTYM. Sainlonge, cotera. Origine inconnue. Vient-il de Villers-Cotlerets, localité où il y a de grandes forêts? maison n'a aucun renseignement qui permette d'affirmer qu'il en est ainsi (en tout cas Villers-Cotterets se décompose en villers-coste-Reti, près de Relz). D'autre part, il y a dans le bas^latin costeretum, en français costerel, qui signifie une charge, un panier, une botte (texte de 1285) : Chacune mande [manne] de merlan ou poisson doit deux deniers, et s'ils sont en costerès, chascun costeret doit deux deniers. Ce coiterelum vient de costa dans le sens de panier, botte : une coste de raisins (texte de 1379); Costa circulorum, une botte de cercles. On peut sans beaucoup de peine passer de l'idée de botte à celle de fagot.

t COTTAGE (ko-ta-j"), s. m. Petite maison de campagne d'une simplicité rustique, mais élégante.

— ÉTYM. Angl. cottage, de cot, cabane; bas-lalin, cola, cabane (voy. coterie); du celtique : kymii, c«!(t,-gaél. coite, co(, chaumière. L'allemand a aussi Koth; suéd. kate, cabane. Le vieux français avait colin, cabane.

1. COTTE (ko-f), s. f. Il l" Jupe de paysanne, plissée par le haut à la ceinture. Cotte de serge. Tenez, voilà votre couronne, rendez-moi ma cotte grise, FÉN. XIX, 5. || Toute espèce de jupe.... J'ai encore un demi-ceint, deux cottes. Une robe de serge, un chaperon, deux bas, Trois chemises de lin, six mouchoirs, deux rabats, Régnier, Sat. xi. Ses gens [de Mme de St-Herem] la trouvèrent, ses cottes troussées , entre les mains de cet enragé, ST-siM. 97, 26. Gaiement frappons Sots et fripons En casque, en mitre, en cotte, béraxg. Marotte Il Fig. Donner la coite verte, jeter une filie sur l'herbe en folâtrant avec elle. Le cygne avait fait son devoir, et les deux Sylvains le leur; devoir de courir et rien davantage, hormis qu'ils dérobèrent à la suivante quelques baisers, lui donnèrent quelques brins de thym et de marjolaine, et peiil-èlre la cotte verte, la font. Psyché, ii, p. 184. || Trousser la cotte d'un enfant, lui donner le fouet. || Corps de cotte, le corps piqué que les femmes portaient sous leurs robes et où elles attachaient leurs jupes ou cottes. Il 2° Cotte morte, dans quelques couvents, succession d'un religieux en fait d'haiits, de meubles, d'épargnes. || 3" Cotte d'armes, habillement que mettaient autrefois les chevaliers sur leurs armes, tant à la guerre que dans les tournois, et qui était porté par les hérauts d'armes. La cotte d'armes était ouverte par les côtés, avait des manches courtes et descendait jusqu'au nombril. Le roi Jean était remarquable par sa cotte d'armes semée de fleurs delisd'or, l'abbé de choisi. Vie du roi Jean , Uv.i, ch. 2. Il i' Cotte de mailles ou cotte d'armes, armure défensive faite en forme de chemise, et tissue de plusieurs petits anneaux ou mailles de fer. Le consul Livinius, après avoir offert des vœux aux Dieux dans le Capitole, cartit de Rome revêtu d'une cotte d'armes selon la coutume, rollin, Hisl. anc. OEuvres, t. IX, p. 37. Leur cotte à maille d'or et la gaine éclatante Où repose l'épée à leur côté pendante, dï-

ULLE, Enéide, vu Et perce, avec son se'n,

Sa riche cotte d'or, ouvrage de sa mère, id. ib. i. Il 5* Terme de charcuterie. Le boyau de porc qui forme la saucisse.

— HIST. XII' s. Que est avoir cotte juske al talun,

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se avoir n'est espérance juske à la fin? Job, *i9. I) xiii* s. Cote [ello| ot d'un blanc bliaiit et mantel mont très cher, Iterte, xix. Et sa cote qui ert [était] en maint lieu despanée, ib. xlvi. Cil qui crient par la vile la cote et la chape ont achaté le meslier de freperie, liv. dès met. 200. Famé est plus cointe et plus mignote Kn sorqiianie [souqueniUe] que en cote, la Base, <226. Et chascun deit aveir cote à armer et ganbisson se il viaut [veut], Axs. de ./. i, 170. Li bons de poeste se présente à piô, en pure se [sa] cote, sans armeure, fors de baston et d'escu, BEAUM. Lxiv, 3. Le roi sailli de son lit tout deschaus, une cote, sans plus, vestue, joinv. 1 06. || xv" s. Et prirent dix ou douze des compagnons es quels ils se confioient le plus, et se vestirout de povres cotes deschirées et de povres chapeaux, en guise de povres marchands, froiss. i, i, Vil. Une bonne cote hardie Me donna de vingt llorins d'or, m. Poésies mss. p. 3S3, dans lacubne. Selon l'esté et les yvers Et la saison des temps divers, Fanlt chances et cotte hardie [sorte de vêtement], Courtelette, alin que l'en die: Vez là biau pié et faiticet, eust. DESCH. Poésies mss. f° 497, dans lacuhne. X chascun doitsouffire, quoi qu'on die. Vivre, une chambre, une cotte, un cheval, ib. !' 03. Se povres est, ait de gros drap cotte; Et, quant il doit porter la hotte. Ou faire aucun labour de bras. Ait ung surpeliz de bourras. Qui sa robe honneste lui tiengne, 16. f" 6<8. Escu lui fault, espée et lance, Coite d'acier et gardebras, ib. f° B04. J'ay esté de divers estas, Et oy crier plusieurs cris, La cote, la chappe, vieulz draps, L'engin à prendre les souris, Pastez chauls, le sel blanc, le riz, Cbastaignes, fromaiges de Crie, ib. f" 354. Après que nostre homme fust arrivé à l'ost des Anglois avecques sa cotte d'armes sur le doz, comm. iv, 7. Si estoient les puoelles vestues de cottes parties d'ung vermeil samys encontre ung blanc, et les jouvenceaux estoient aussy vestus de cottes, mais elles estoient parties d'ung samys jaulne encontre ung azuré, Perceforest, 1. 11, f" tn. Une cotte simple [jupon] de satin, louis xi, Nouv. xxvii. Madame se mit en cotte simple [jupon de dessous], et print son atour de nuit, m. xxxiv. Il xvr s. Aussi Jacques, au lieu de baisser la cotte verte à s'amie, lui baissa la cotte rouge, mars. JVouv. XLiv. Que de plaisir de voir sous la nuit brune, Quand le soleil a fait place à la lune, Au fond des bois les nymphes s'assembler, Monstrer au vent leur gorge descouverte, Danser, sauter, se donner cotte verte. Et sous leur pas toijt l'herbage trembler, DES PORTES, OEuvres, p. 687, dans lacurne. Là les buissons et les beaulx taillis verds Estoient si fort de feuillettes couvers. Que très belle umbre faisoient les raminseaulx, Pour y tailler verte cotte à l'envers, Chasse d'amours, p. 39, dans lacubne. Et sur ce point j'eus grant envye De lui donner à descouvert Joyeusement la cotte vert, EOGtiR de COLLERYE, OEuvres, p. 63, dans lacurne. Femme sotte se cognoist à la cotte, cotghave.

— ÉTYM. "Wallon, cote; provenç. cot, s. m. et cota, cotha, quota; catal. cot; espagn. et portug. cota; ital, cotta ; bas-latin, cotta, cottus dans un texte du ix* siècle. Diez le tire de cutis, peau; mais il y a deux difficultés : la déclinaison et surtout la déclinaison au masculin, supposant cuta et cutus; puis le sens; au lieu que le celtique et l'allemand se réunissent pour donner une étymologie: gaél. cot; angl. coat, vêtement; allem. Kutt, Kittel, iv> nique.

t 2. COTTE (ko-f), s. m. Le petit chabot r'.'eaa douce (cottus gobio). || Cotte chabot, petit rsjssaa de mer.

COTTEKON (ko-te-ron), s. m. Petite cotte C'si^s et étroite. || Vieux.

— ÉTYM. Diminutif de cotte; picard, cotron, jupon; wallon, cotcrot ; namurois, coteria.

t COTTIÈRE (ko-tiê-r') , s. f. Terme de métier. Barre de fer plus large qu'une barre ordinaire.

COTCTEUR, TRICE (ko-tu-teur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui est chargée d'une tutelle conjointement avec un autre.

— niST. XVI* s. Celui de plusieurs tuteurs et curateurs qui voudra bailler caution suffisante de rendre compte aux mineurs venuz en âge et en acquiter et indemniser leurs cotuteurs, administrera seul au refuz de bailler caution par ses dits cotuteurs, Coustum. génér. t. 11, p. (020.

— ÉTYM. Co, avec, &\ tuteur.

t. COTYLE (ko-ti-1') , s. f. Terme d'antiquité. Mesure de capacité pour les liquides et les choses sèches, valant 0 litre, 27.

ÊTYM., KoxOXri, cotyle, chose creuse.

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