‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 465 sur 504 · XX · texte numérisé non relu

XX

— ÉTIfM. Coup; picard, coper; bourguig. côpai.

t COUPK-RACINES (kou-pe-ra-si-n'),«. m. Instrument propre à couper, à diviser en tranches plus ou moins minces les racines charnues. || Au plur. Des coupe- racines.

— ÉTYM. Couper, et racine.

t COUPERAS (kou-pe-râ), s. m. Terme de pêche. Sorte de poche pour prendre le poisson dans les bas parcs nommés courtines.

COUPERET (kou-pe-rè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des koupe-iè-z affilés; couperets rime avec traits, succès, paix), s. m.||l°Sorte de large et lourd couteau, pour trancher ou hacher la viande. Samuel prend un saint couperet et il hache en morceaux le roi Agag, VOLT. Phil. II, 2ii9. Il 2° Terme d'émailleur. Outil d'acier pour couper les filets d'émail. || 3° Marteau tranchant pour fendre les pavés.

— HlsT. xvi's. Desbroches, des coupperets et cousteaux de cuisine, amyot, Crass. li.

— ÉTYM. Couper; bourguig. côperô.

t. COUPEROSE (kou-pe-ro-z'). s. f. Nom ancien de divers sulfates : couperose verte, sulfate de fer; couperose blanche , sulfate de zinc; couperose bleue, sulfate de cuivre.

— REM. Dans une Déclaration du roi, nov. t040, il est masculin : couperose blanc, couperose rei t. Et un peu plus loin il est écrit : cumpros vert, compros blanc.

— HIST. XIV' s. Lors le convient oster du feu et mettre la couperose et gomme, Ménagier, ii, 5. il XVI' s. Matthiole conseille de donner de la coupperose dissoute en eau rose, parce qu'elle fait vomir et suer et asseller, paré, xxiv, 27. La cataracte ou laie des yeux se fond par la subtile poudre de sucre candi, de tulhie, de couperoze blanche, o. dk serres, 897.

— ÉTYM. Espagn. caparrosa; ital. topparosa; angl. copperas. La forme anglaise paraît indiquer que ce mot, d'origine allemande, représente Kup' fcr-asche, cendre de cuivre, chaux de cuivre, de A.'ii^/'fr, cuivre, et ylsc/ie, cendre; bien qu'on ne trouve pas <lans les dictionnaires Kupferasclie (on y trouve lileia.Kchi- , chaux de plomb), le mot a pu venir en France d'un dialecte allemand des pays limitrophes.

2. COUPEROSE (kou-pe-ro-z'), s. f. Terme de médecine. Infiammation chronique et non contjigieuse des glandes cutanées de la face, caractérisée par des pustules peu étendues, séparées, environnées d'une aréole ro.sée.

— HIST. XVI' s. Par(]uoy, pour guarir sa couperose, on luy appliqueioit un vesicaloire fait de cantnarides, sur toute la face, à fin d'attirer la matière des boutons, paré, xxiii, 3g. Contre la

cou

couperoze, autrement ditte goutto-roze, ces remèdes feront emploies, o. de serres, 960.

— f.TYM. La couperose médicale est rouge; comment a-t-elle pris son nom de la covpcrose minérale, qui est bleue ou verte? Kst-ce par une méprise sui la finale rose et par l'idée de cuivré qui est dans couperose!' Est-ce par une corruption de goutle-rosc en couperose ? Couperose, au sens médical, tient-il à coprose (voy. ce mot), un des noms vulgaires du coquelicot? Ces questions restent non résolues.

COUPEROSÉ, ÉE (kou-pe-rô-zé, zée), adj. Terme de médecine. Atteint de couperose. Teint, visape couperosé. Je suis toujours couperosée, ma pauvre petite, et je fais toujours des remèdes, sÉv. t. ni, îelt.su, danspouGENS. C'était un assez gros homme [d'Huxelles],tout d'une venue, un grand visage couperosé, mais assez agréable, st-sim. tt6, 7.

— HIST. xvi" s. Son visage estoit fort coupperosé et semé de taches blanches par endroits, dont on dit que le nom de Sylla lui fut imposé à raison de sa couleur, amyot, Sylla, 2. Les ladres ont toute la face tuméfiée et couperosée, de couleur rouge obscure, livide, paré, xxxii, <0. L'autre, tout ventre, lippu, copperosé.... d'aub. Ilist.i, -1)3.

— ETYM. Couperose '2.

fCOUPEROSER (kou-pe-rô-zé) , D. a. Rendre couperosé. Il Se couperoser, v. réjl. Devenir couperosé.

— HIST. XVI" s. Il ne faudra qu'un haie qui basannera ou noircira vostre femme comme une moresque, qu'un vent qui vous la gersera, qu'une jaunisse qui la vous pallira, qu'une chaleur maligne qui la vous couperosera, Contes de Cholières, f° (69,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Couperose 2.

t COUPERC (kou-pe-ru), s. m. Terme de pêche. Espèce de petite nasse pour le poisson qui reste dans les écluses ou courtines quand l'eau ne s'est pas retirée entièrement.

— ÉTYM. Couper, et ru, ruisseau.

t COUPE-SÉVE (kou-pe-sè-v'), s. m. Terme de jardinage. Petit emporte-pièce pour enlever un anneau d'écorce à la floraison , afin d'avoir le fruit plus tôt et plus beau. || Au plur. Des coupe-séve.

— ÉTYM. Couper, et sève.

f COUPET (kou-pè) , s. m. Coquille univalve du genre cône.

t COCPETÉE, s. f. Vov. COPIÉE.

COUPE-TÊTE (kou-pe-tô-f), s. m. || 1° Celui qui coupe des têtes. Un homme surnommé coupe-tête dans la Révolution à cause des meurtres qu'd avait commis. || 2° Sorte de jeu où les enfants sautent tour à tour les uns par-dessus les autres. Jouer à coupetête. Il Fig. On disait qu'on avait joué à coupe-tête, quand, après quelques séditions ou révoltes, l'autorité avait fait trancher la tète à plusieurs révoltés.

— HIST. XIV* s. Jehan de la Mare, pour plusieurs paroles sentans commotion du pueple, fu jugié à avoir coppe-la-teste, nucANGE, copagorgius.\\ xV s. [Messire Gautier de Mauny intercède en faveur des bourgeois de Calais] X ce point grigna le roi les dents et dit : Messire Gautier, souffrez vous; il n'en sera autrement ; mais on fasse venir le coupe teste [bourreau], froiss. i, i, 32i.

— ÉTYM. Couper, et tête.

COUPEUR, EUSE (kou-peur, peû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui coupe des étoffes ou des cuirs dans un atelier. || Tailleur d'habits chargé de la coupe de l'étoffe. Il Coupeur de poil, ouvrier chapelier qui coupe le poil des peaux. || 2° Celui, celle qui coupe les grappes en vendange. Des coupeurs et des hotteurs. Il Se dit aussi de ceux qui coupent le bois aux colonies. Les coupeurs livraient le fruit de leurs peines, soit aux Jamaïcains qui leur portaient du vin de Madère, des liqueurs fortes, des toiles, des habits, soit.... raynal, Ilist. phil. vi, 25. || 3° Joueur au lansquenet. M. de Vendôme, qui était un des coupeurs, eut dispute avec un autre sur un mécompte de 7 pisloles, st-sim. 27, 63. || 4" Coupeur de bourse, un adroit filou. Ces coupeurs de bourse sont bien aimables dans la conversation, sÉv. 430. C'est la vie des voleurs d'aujourd'hui et des coupeurs de bourse, VOLT. Uœurs, av. propos. \\ 6° Terme de chasse. Coupeur, chien qui coupe, c'est-à-dire qui quitte la voie (le la bête et prend les devants pour avoir l'avantage sur elle. Je monte donc dessus [mon cheval], et ma joie était pleine De voir filer de loin les coupeurs dans la plaine, mol. Fdch. ii, 7.|| 6°Terme de zoologie. Coupeur d'eau, nom vulgaire des becsen-ciseaux ou des oiseaux du gerire bec-en-ciseaux. Il S. f. Coupeuse, nom d'une abeille. C'est aussi sous terre qu'il faut aller chercher le nid d'une autre abeille solitaire, dont l'industrie ne le cède guère à celle de la coupeuse de feuilles et qui travaille à

COU

peu près sur le même modèle, bonnet, Contempl. nat. <2« part. ch. 39.

— HIST. XIII' s. Autrement iroit, se li mors ou li navrés estoit présentement avec le copeur [celui qui a fait la blessure], beaum. lxix, 4. || xiv s. Vilains, tu semblés miex pendeour de larrons Que ne fais charbonnier ne copeur de jarrons, Girart de Itoss. p. 2359. Il XVI" s. Il n'y a pas mestier au monde qui ait besoin de plus grande habileté, que celui des coupeurs de bourses, coupeurs de pendants, desper. Contes, Lxxxr. Un de ces vénérables coupeurs de cuir [bourses], ID. ib. lxxxiii. Pour la nécessaire et prompte expédition des moissons, convient avoir nombre suffisant de couppeurs, o. de serres, 128. Aussi estonné qu'un coupeur de bourses pris sur le fait, H. est. Apol. d'Ilérod. p. 656, dans lacurne.

— ÉTYM. Couper.

t 1. COUPIS (kou-pi),s. m. Terme de marine. Élévation verticale entre le pont coupé et le reste du pont.

t 2. COUPIS (kou-pi), s. m. Toile de coton des Indes.

t COUPLAGE (kou-pla-j') , s. m. Terme de mécanique. Assemblage. || Seizième partie d'un train de bois. Il Bateaux qui descendent une rivière attachés latéralement deux par deux.

— ÉTYM. Coupler.

COUPLE (kou-pl"), s. f. Il 1° Lien pour attacher ensemble deux ou plusieurs choses pareilles. Une couple pour trois ou quatre chevaux. || 2° Lien dont on attache deux chiens de chasse ensemble. Où est la couple de ces chiens? || 3° 11 se dit, par extension, de deux choses de même espèce, prises ensemble. Une couple d'œufs. Une couple de serviettes. Une couple de pigeons. Au bout d'une couple d'années de pénitence, Mme de Valentinois obtint son retour, ST-siM. 44, 2. Il Adverbialement. Etcomme des forçats couple à couple liés, mair. Mort d'Asdrubal, IV, 4. Il Terme de marine. Une couple de haubans, une paire de haubans, faite du même cordage, lequel est plié en deux par le milieu. || 4° S. m. Le mari et la femme, l'amant et l'amante, ou deux personnes vivant ensemble dans des relations d'amitié ou d'intérêt. Heureux couple d'amants, notre grande Marie A pour vous combattu le sort, MALH. II, 10. Oui, je vous unirai, couple ingrat et perfide, corn. Cinna, v, 2. Certain couple d'amis en un bourg établi, la font, t'abl. va, 12. Tout vivait en commun sous ce couple adoré, BOIL. Sat. XI. De ce couple perfide J'avais presque oublié l'attentat parricide, rac. Estk. ii, 3. Au lieu que, dans toute l'antiquité, à peine comptait-on pendant plusieurs siècles trois couples de vrais amis, Ëpicure avait su en réunir des troupes nombreuses dans une assez petite maison, rollin, Hiit. anc. liv. XXVI, 1" part.ch.3, art. 2, §4. Vous êtes un couple de fripons quimejouez d'intelligence, j. j. rol'ss. llcl. VI, 2. De ce couple qui s'aime Livrons la vie au sarcasme des cours, hérang. Cachet. La barque errante Berça sur l'onde transparente Deux couples par l'amour conduits, LAMART.Afedit.il, 1. |{ Par extension. Un couple de chiens, de pigeons, le mâle et la femelle. || 5° Terme de marine. Deux pièces bées entre elles qui, placées sur un double rang, forment la membrure. Le maître couple. || Par abus. Couple simple, celui qui est formé d'une seule pièce. || On dit qu'un navire est en couple quand il en touche un autre de long en long, ou quand il se tient exactement par son travers, à petite distance. || Avirons à couple, avirons montés deux à deux, un de chai|ue bord. Il 6° Terme dépêche. Fil de fer un peu courbe, qui porte au milieu un petit poids, et aux deux bouts deux piles garnies d'hameçons. || 7° Terme de mécanique. Nom donné à deux forces égales, parallèles et de direction opposée, qui sont appliquées l'une à l'extrémité d'un levier, l'autre à l'autre.

— REM. Couple, vu l'étymologie, aurait dû être toujours du féminin; mais la langue ayant hésité de très-bonne heure sur le genre, l'usage en a profité pour introduire des nuances dans l'emploi du féminin ou du masculin.

— SYN. 1° UN couple, une couple. Un couple, au masculin, se dit de deux personnes unies ensemble par amour ou par mariage; il se dit de même de deux animaux unis pour la propagation. Une couple, au féminin, se dit de deux choses quelconques de même espèce, qui ne vont point ensemlile nécessairement et qui ne sont unies qu'accidentellement. 11 résulte que la construction peut varier , c'est-àdire qu'on dira toujours, au singulier: un couple de pigeons suffit pour repeupler un pigeonnier; mais on dira au singulier, ou au pluriel, suivant l'idée de celui qui parle ; une couple de poulets suffira bien ou suffiront bien Dour notre dîiicr.|| 2° une

COU

couple, une paire. Une couple désignant deux choses qui ne sont unies qu'accidentellement, paire désigne deux choses qui vont ensemble par une nécessité d'usage, comme les bas, les souliers, ou une seule chose composée de deux parties ou pièces, comme des ciseaux, des lunettes, des pincettes. Une couple et une paire peuvent se dire aussi des animaux, mais la couple ne marque que le nombre et la paire y ajoute l'idée d'une association nécessaire pour une fin particulière. Un boucher achètera une couple de bœufs, c'est-à-dire deux. Un laboureur doit dire qu'il en achètera une paire, parce qu'il veut les atteler à la même charrue, beauzée.

— HIST. XII" s. Cueilliez ces copies por ces chiens retenir, Garin, dans du cange, cupla. Mal culpe en fist li criatur; Tu [Eve] es trop tendre, e il [Adam] trop dur, Adam, Mystère, p. î.(. || xiii" s. La dame gist lez Sun ami; Ains mes si biau couple ne vi, MARIE , Ivenec. || xiv" s. Et les delettacions nécessaires sont aucunes corporeles, et teles sont celle» qui sunt en boire et mengier et vers oportunité de couple charnel, oresme, Elh. 200. || xvi" s. Il prend plus de plaisir quand on luy faict présent d'un bon couple de bœufz, rab. Garg. I, 39. Quand on te voit, il vient à maints Une envie dedans les mains De te prendre avec les gants doubles Pour en donner cinq ou six couples De SOUffietZ.... MAROT, m, 45. Mémoire à mon solliciteur. Qui prend à Paris mes paquets. De m'envoyer par ce porteur Un couple de bons perroquets, st-gelais, 250. Voici la jeune Cynthienne, Vefve de son Endymion : Belle couple, heureuse union, du bell. il, 76, recto. De maint propos ce couple [Enée et Achates] devisoit, ID. iv, 44, verso.... Je vis à sa mammelle Mignardement jouer ceste couple jumelle, id. vi, 6I, verso. Le plus beau couple de la chrestienté, marg. Nouv. x. Une couple de beaux chevaux, m. t6. xxvi. L'une des plus belles couples qui fust en la chrestienté, ID. ib. XL. Comme une couple de chevaux attelez à mesme timon, mont, i, 183. La couple de vies, justement la plus noble qui feust en Plutarque, ID. m, 196. De quoy ils n'avoyent pas tasté une couple de fois qu'ils ne changeassent vistemenl d'opinion, lanoue, 708. Isocrates a escrit un plaidoyer en la défense de Alcibiades, louchant une couple de chevaulx, AMYOT, Aie. 18. Peult estre ne sera il point mauvais d'entrelacer, parmy les exemples de ces grands personnages, une couple ou deux de ceulx qui ont un peu trop inconsidérément abuzé de leur licence, id. Démétr. 2. Une couple d'années, d'alb. Fœn. IV, 14. J'en spécifierai un couple des plus apparentes [entreprises], id. Ilist. ii, 169. .Un couple de mois, id. ib. ii, 347. Un couble d» javelots, id. ib. m, 197. Les plus communes mesures sont: arpents, asnées, journaux, sesterées, acres, couples de bœufs, o. de serres, io.

— ÉTYM. Bourguig. copie; génev. une couble de chevaux; Berry, couble, coube; wallon, cope; saintong. couble; provenç. cobla; ital. coppia; anc. ital. côbbola; du latin copula, lien.

COUPLÉ, ÉE (kou-plé, plée), part, passé. Attaché

avec une couple Je vois qu'ils se soucient D'avoir

chevaux à leur char attelés De même taille, et mêmes chiens couplés, la pont. Cal. Nous fûmes envoyés au bagne couplés comme des chiens de chasse, J. J. Rouss. Ém. V. Il Par extension, réuni comme un couple. Nous fîmes nos sollicitations ensemble, couplés deux dans un carrosse, st-sim. 18, 212. Un cinqtiièrae fut souvent admis à ce conseil [d'Espagne] étroit; ce cinquième était bien couplé avec Orry, id. 123, 102. || S'est dit de deux personnes logées ensemble, faute d'espace. La cour en hommes fut nombreuse, et tellement qu'à Compiègno les ducs furent couplés, st-sim. 60, 4. || Terme de marine. Flammes couplées, fiammes dont la queue, au lieu de flotter, se dédouble pour donner certains signaux. Il Dans les chemins de fer, loues couplées, roues accouplées.

COUPLER (kou-plé), v. a. || 1* Terme de vénerie. Attacher deux à deux des chiens de chasse. || 2" Autrefois, loger deux personnes ensemble dans les occasions où les logements étaient marqués par des maréchaux des logis. On pouvait, pour honorer les princes du sang, coupler M. le Duc avec H. le duo d'Orléans, st-sim. 287, 146. || 3" Coupler du linge, l'attacher en le cousant pour le donner au blanchissage. Il Coupler un train de bois, en rassembler les parties.

— HIST. xn" s. Li vers est d'une rime en cinc clauses cuplez ; Mis languages est bons , car en France fui nez. Th. lemart. I66. || xm"s. En ton lardier le saleras, Et de la pel fere jiorras Coroies à coplel flaiaus, lien. IC027. Et tuit li autre s'entremenent.

COU

Li uns so lie à l'autre et copie; One en estor ne vi tel copie, la Itose, <B8«7. || xiV s. Et prudence et vertu moral sont couplées et conjointes ensemble et as passions, ohesme, Eth. 319. Et les deux amistés dessus dites ne sont pas tousjours couplées ensemble, m. 16. 227. || xv* s. Le chevalier nouvel dont nous parlons, se voult, par son grand hardement, coupler main à main à un Flamand, Bouciq. I, ch. 9. Ces Allemans se couploient deux à deux de bonnes cordes, et s'y mettoient cent à deux cents à la fois, comm. viii, 5. ||xvi* s. [Les choses élémentaires] Qui lors estoient ensemble mal couplées, Et l'une et l'autre en grand discord troublées, MAROT, IV, (2. Les vers sacrez, les célestes augures, Les poincts couplez, les magiques figures, DU BELL. VII, 85, verso. Et combien que je couple ici la richesse avec la vertu, si est-ce que je ne la mets que comme servante, langue, 27b. Quand les Thebains passoient leur temps aux exercices du corps, Epaminondas trouvoit moyen de les faire tousjours coupler à la lucte aux Lacedœmoniens, AMYOT, Pélop. <3. Les seigneurs qui le suivoient se couplèrent avec ceux du pals pour passer les arcs triomphaux, d'aud. }list. 11, <I2. Nature a voulu que les animaux fussent aiguillonnés d'une ardeur et envie extrême de-se coupler ensemble, paré, xvm, \.

— ÉTYM. Couple; saintong. couhler.

COUPLET (kou-plè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: des kou-plè-z élégants; couplets rime avec traits, succès, paix), s. m. Il 1° Proprement, ce qui est accouplé. || Terme de serrurerie. Nom de deux pièces de fer jointes ensemble avec des charnières et des rivures. Les couplets servent de penture pour les portes et les fenêtres. || Couplets de presse, deux grosses charnières de fer qui attachent le grand châssis ou tympan au coffre de la presse. || Fusil dont le canon est formé de deux pièces vissées ensemble. || 2°Fig.Terme de théâtre. Tirade , morceau de quelque étendue dit par un acteur sans interruption. || 3° Ce qui est accouplé par la rime. Dans les chansons de geste, nom donné à une suite plus ou moins longue de vers sur une même rime. Un couplet sur la rime en in. Les chansons de geste sont composées de couplets monorimes. || 4° Dans une chanson, ce qui est couplé, uni par le repos à la fin de la stance; et, de là, stance d'unechanson. Il tourne bien le couplet, il fait bien la chanson. Et fournir sans génie un couplet à Linière, boil. Art p. 11. Denys, sur moi fais donc vite un couplet, bérang. Damoclès. Et qu'une faible pointe à la fin d'un couplet. En dépit de Phébus, donne à l'art un soufflet, corn. Exmse à Ariste. Acante ne se put tenir de réciter certains couplets de poésie que les autres se souvinrent d'avoir vus dans un ouvrage de sa façon, la font. Psyché, i, p. U. Par un couplet agaçant une belle. Chanter gaiement son martyre pour elle, Bernard, Art d'aimer, n. Il Couplets carrés, couplets de huit vers de huit syllabes chacun. || Auplur. Chanson. De joyeux couplets. Nous fîmes quelques couplets de ces Léridas, hamilt. Gramm. 8. Il [la Paye] fut outragé dans les fameux couplets qui causèrent les malheurs du poêle célèbre J. U. Rousseau; mais il ne se vengea de l'outrage que par le mépris, d'alemb. Éloges, la Faye.

— HlST. XV S. Et fut le pont achevé, amené et dressé, sauf le dernier couplet qui tournoit de costé, prest à dresser, comm. dans le Dict. de dochez. Les coupletz ou charnières de l'arbaleste, du cange, copula. Le suppliant print icelle boete et arracha avec les mains le clou qui tient la charnière ou couplet de la dite boite, id. ib. \\ xvi's. Cela n'est pas de mon histoire, mais j'en ay bien voulu reciter ce couplet [trait, chapitre] en passant, carl. vu, 1 . Les plus jeunes [rossignols] ruminent pensifs, et prennent à imiter certains couplets de chanson; le disciple escoute la leçon de son précepteur.... mont, ii, <7i.

— ÉTYM. Diminutif de eouple ; bourguig. copiai. COUPLETÉ, ÉE (kou-ple-té, tée), part, passé.

Coupleté par quelques railleurs.

COUPLETER (kou-ple-té), je couplette, je coupletais, jecoupletterai, jecoupletterais, coupletant, coupleté), V. a. Faire des couplets contre quelqu'un. On l'a coupleté. |1 Vieux; on dit chansonner.

+ COUPLETIER (kou-ple-tié), s. m. Par dénigrement, faiseur de couplets médiocres. || On dit aussi coupleteur.

— ÉTYM. Coupleter.

t COUPLIÈRE (kou-pli-ê-r'), s. f. Portion d'un train de bois.

— ÉTYM. CoupU.

COUPOIK (kou-poir), s. m. Instrument propre à couper, à rogner. Il Instrument de monnayage, qui

COL

sert à couper des lames d'or, d'argent, ou de cuivre, pour en faire des flans.

— ÊTYM. Couper.

COUPOLE (kou-po-l') , s. f. Terme d'architecture. La partie concave d'un dôme. La coupole du Panthéon. Il Le dôme même. La coupole de St-Pierre à Rome. C'est ainsi que du sein des vastes métropoles, On voit un riche amas d'édifices épars S'élancer en clochers, s'arrondir en coupoles. Ou s'étendre et s'enfuir en immenses remparts, masson, Helvétiens, 11. Cette capitale, justement nommée par ses poètes Moscou aux coupoles dorées, ségor, Hist. de Napol. viii, 4. \\ Fig. Les premiers objets qui s'offrirent à sa vue [de René] furent la vaste coupole d'un ciel bleu, chateaubr. Natch. 11, <03.

— ÉTYM. Ital. cupola, diminutif de cupa, coupe (voy. coupe) , par comparaison aune coupe renversée.

COUPON ;kou-pon), s. m. || 1° Petit reste d'une pièce d'étoffe. Les pièces de toiles et toileries qu'on est dans l'usage de plier par feuillets, auront toutes leurs plis égaux, et il ne pourra être joint ou cousu ensemble plusieurs coupons , Lettres patentes , 28 juin 1780, art. <o. || 2° Terme de finance. Coupon d'action, terme formé dans le xviii" siècle pour signifier une portion de la division d'une action. Chaque coupon de la compagnie des Indes portait l'empreintedusceaudela compagnie. || Coupon d'intérêts, promesse d'intérêts jointe à une action et qu'on détacheàuneéchéancedéterminée. |] 3" Terme de théâtre. Coupon de loge, le billet qui don ne droit à une loge entière. Il 4° Certaine quantité de bûches liées ensemble. Dix-huit coupons forment un train de bois flotté.

— HIST. xm' s. Des coupons de candelle, teille [telle] que on le [la] livre en l'ostel de Flandres, du cange, copallus. \\ xv" s. Et après ce destrier venoit le conte d'Estampes, qui sur ung couppon de lance portait son heaulme, Jeh. de Saintré , ch. BO. Il XVI* s. Quant aux sierges et coppons que on apporte à l'offrande en la dicte église, du cange, ib.

— ÉTYM. Couper.

t COUPONNÊ, ÉE (kou-po-né, née),od;'. Terme de blason. Partagé.

— HIST. xv* s. Vint en très grant estât le conte de Cambruges, qui fist sa très riche bannière de broderie, à trois lambeaux couponnés d'argent, J. de Saintré, 65.

— ÉTYM. Coupon.

t COUPOUI (kou-pou-i) , s. m. Terme de botanique. Arbre de la Guiane, de la famille des myrtacées,

COUPURE (kou-pu-r*), s. f. Il 1° Division faite par un instrument tranchant. J'ai une coupure au doigt. Il y a une coupure à cette étoffe. || Plaie faite par un cheval qui s'entretaiUe, qui se coupe. Il 2" Fossé qu'on ouvre pour faire écouler des eaux. Saigner une rizière, un marais par des coupures. Il Par extension, se dit des coupures qui ne sont pas de main d'homme. Dans ses marches Philopémen observait exactement la position des lieux hauts et des lieux bas, toutes les coupures et les irrégularités du terrain, hollin, llist. anc. OEuvres, t. VIII, p. (34, dans lacurne. |{ 3° Terme de fortification. Fossé retranché qui, fait en arrière d'une brèche, coupe tout accès aux assaillants. Il [Charles XII] faisait faire des coupures et des retranchements derrière les murailles , volt. Charles KIl , 8. Il 4° Suppression qu'on fait dans une œuvre littéraire, surtout dans les pièces de théâtre, et aussi dans un morceau de musique pour en rendre la marche plus rapide. Pour rassurer les imprimeurs, Courier a fait de grandes coupures [dans le Pamphlet des pamphlets], p. j. cour, ii, 333. || 5" Coupures des monnaies, fraction de l'unité monétaire, du billet de banque type. Multiplier les petites coupures des billets de banque, c'est-à-dire les billets de 200 fr. de < 00 fr. et au-dessous. Suivant l'état de la société, suivant 1q nombre et la valeur des choses qu'elle vend et achète le plus communément, elle a besoin d'une plus ou moins grande quantité de coupures, de fractions des grosses pièces.J. b. say, Cours, (840, 1. 1, p. 4(6.

— HIST. iiV s. La chaleur du soleil cuiroit la coupeure [de la plante], et ainsi ne regetteroit jamais par icelui endroit de la coupure, Ménagier, II, 2. Il XVI* s. Si ces impétueuses furies exercent tousjours cruauté par prisons, fouets, géhennes, ooppures, bruslures, calv. Inslit. Pour la douleur il avoit lasché la couppeure, et puis y avoit remis le ferrement à plusieurs fois, amvot, Dion, 4«. Tu délieras la première ligature que tu avois faite au dessus du lieu de la coupure [amputation], paré,x, 23.

— ÉTYM. Couper; picard, copure.

f COUQUE (kou-k'), I. f. Terme de boulangerie. Sorte de petit gâteau qui se fait en Flandre. COUR (kour), s. (. Il 1* Domaine rural: sens pri-

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