‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 464 sur 504 · COUDRE (kou-dr'), s. m. Coudrier, noisetier · texte numérisé non relu

COUDRE (kou-dr'), s. m. Coudrier, noisetier

— HIST. xii' s. Belles et droites vont les coudre» croissant, Ronc. p. 156. || xiii' s. Desor une coudre menue, Ren. 23912. Se l'execucion de mort a de quoi soldre. Lors en envoient l'ame en Dieu plus droit que coldre, J. de meung. Test. 1096. Et remirer ces biaus moriers [mûriers]. Ces pins, ces codres, ces loriers, la Rose, <298. || xvi' s. U avoit un coudre blanc en main avec un petit fusil, d'aub. Fœn. II, 10. Glands, fannes, cornouiUes, cormes, couldres [noisettes], et semblables fruits bastards que les arbres sauvages produisent, o. de serres. 336. Les barreaux sont de til [tilleul], et la perchette blanche Qui traverse la cage est d'une coudre franche, RONS. 730.

— ÉTYM. Bourg, queudre; picard, keudre, coure; Berry, cœudre; normand, la coudre; ital. côrilo; paysdeCôme,C(i;er; bas-lat. coirtno, dans un texte du IX" siècle; du latin corylus, noisetier.

2. COUDRE (kou-dr'), je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent; je cousais; je cousis, nous cousîmes; je coudrai; je coudrais; couds, cousons, cousez, qu'ils cousent;que je couse, que nous cousions; que je cousisse; cousant; cousu, V. o. Il 1° Attacher au moyen d'un fil passé dans une aiguille. Coudre deux morceaux d'étoffe. Coudre une pièce à un vêtement. Coudre un bouton, un cahier. La vieille crut qu'on pouvait sans dommages Du livre affreux détacher quelques pages; Elle en prend quatre, et les coud proprement Pour relier un volume vivant [l'enfant de chœur dont la culotte était déchirée], gbesset. Lutrin viv. \\ Absolument Elle coud très-bien. Je l'ai vue heureuse et parée , Elle cousait, chantait, lisait, bérano. Jeanne la rousse. Et c'est assez pour elle, à vous en bien parler. De savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer, MOL. Éc. desf.i, I. Il Fig. On ne sait quelle pièce y coudre, on ne sait quel remède y ajsporter. || Coudre la peau du renard à celle du lion, joindre la ruse à la force. Car, disait-il, partout où la peau du

cou

cou

cou

lion ne peut atteindre, il faut y couilre la peau' du renard, kollin, Ilist. anc. OËuvres, t. iv, p. 77, dans poiiGENS. Vous sa?ez coudre avec encor plus d'art Peau de lion avec peau de renard, la font. Poésies mêlées, XLii, à Tnrenne. || 2° Par extension. X sa naissance on le coud dans un maillot, j. j. BOïSS. Ém. 1. Il Terme de treillageur. Arrêter les parties d un treillage en bois par des liens de fer. Il Terme de vannier. Lier les sarments avec de l'osier. Il Terme de pêche. Coudre un filet, joindre plusieurs filets de la même espèce pour en former un grand. || Terme de marine. Coudre un bordage, le clouer sur les membres. || 3° Fig. Assembler , mettre bouta bout. Si l'on cousait ensemble toutes les heures que l'on passe avec ce qui plaît, l'on ferait à peine d'un grand nombre d'années une vie de quelques mois, LA BRU Y. IV. || 4° AssemWer sans art. Il croyait avoir tout sauvé en cousant à ses expressions le mot de sacramentel, doss. For. 4. De sorte que, pour ne point rompre le fil de la pièce, on s'avisa de les coudre au sujet du mieux que l'on put, mol. Fâcheux, préf. Je ferais comme un autre, et, sans chercher si loin, J'aurois toujours des mots pour les coudre au besoin, boil. Sat. u. Je sais coudre une rime au bout de quelques vers, ID. 16. vu. Quand on ne s'applique qu'à des actions détachées, on coud des lambeaux qui ne sont point faits les uns pour les autres, fên. xxi, 39. On leur apprend à coudre des phrases de Cicéron, j. j. rouss. Ém. 11. J'ai suivi leur projet quant à l'événement, Y cousant en chemin quelque trait seulement, la font. Fabl. VI, t.

— HIST. XII' s. Bêle Yolans en ses chambres seoit, D'un bon samit une robe cosoit, Romancero, p. 39. Bêle Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailes desploie, Cost un fil d'or, l'autre de soie, 16. p. 53. Mère, de quoi me chastoiez? Est-ce de coudre ou de tailler? ib. p. 54. Adès senti les pointes li clers de la custure, Cum li saint le cusurent après la tailleilre, Th. le mart. IC8. || xiii' s. Et fu li vaissiaus bien cousus et poiés, et fu assis en l'aiguë [l'eau], Chron. de Rains, p. 95. Une meschine i troverez; Jo quid ke vus la conustrez: X chandele custlapucele, Lai del désiré. Celé ki esveillée iu E le bliaut aveit cosu, ib. Un vermeil samit [elle] ot vestu, Esloit à las molt bien cosu, Lai de Melion. Se aucuns cavatiers [savetier] mesprent en son mestier, si comme se il keust mauveisement un soulier ou lie mauvais fil.... Liv. des met. 233. Et pour ce qu'il convient que il taillent et cousent les robes aus haus homes aussi bien par nuit come par jour, ib. (44. Ces povres chapes mau cozues, ruteb. 256. || xv" s. Si l'emportèrent entre leurs bras dedans la forteresse, et lu y cousirent, bandèrent et appareillèrent ses playes et le gouvernèrent si bien qu'il guarit, froiss. liv. I, p. 225, dans lacubne. || xvi' s. Quand la peau du lion n'y peult fournir, disoit-il, il y fault couldre aussi celle du regnard, amyot, Lysand. i t. Hz luy montroient leurs mains cousues à coups de flesches avec leurs pavois, id. Crassus, 48. Ayant les cheveux et la barbe tous hérissez et pouldreux, et le visage desfaict et cousu pour les ennuis qu'il avoit supportez, m. Cicéron, 60. Ucousut celle pierre en sa ceincture, et puis nia qu'il l'eust prise, id. Anton. 104. L'on couche le patient dedans l'une de ces auges, et puis le couvre l'on de l'autre, et les coust on l'une à l'autre, id. Artax. 20. Touteslesdeux trouppes se revinrent coudre ensemble; et cette .seconde meslée s'opiniastroit à bon escient, quand.... d'aub. Ilist. 1, 278. Peu de gens voulant coudre la besongne que cette chaude teste entreprenoit, id. l'b.i, 303. Tout cela combattoit cousu de façon que les testes des chevaux alloient jusques aux arçons des ennemis, id. ib. 11, 287.

— ÉTYM. Wallon, keûse, coudre, fcosou, cousu; namurois, keilze; rouchi, ftcute; saintongeois, coudut, cousu; provenç. coser, coiir, cuzir; catal. cosir; espagn. coser; portug. cozer ; ital. cucire; baslat. cucire, dans les Gloses d'Isidore, de consuere de cum, avec, et suere, coudre (voy. sutdre). La forme est très-contracte , mais régulière : eonsûere, donne cou-re, et, par l'attraction de la dentale par l'r, coudre, puis dans les temps primitifs reparaît l's du radical : je cousais, je cousis.

•;- COUDREE (kou-drée), s. f. Terme d'agriculture. Terre desséchée.

t COUDREMENT (kou-dre-man), s. m. Terme de tanneur. Opération qui consiste à tremper les peaux, les unos*après les autres, dans une dissolution de noix de galle.

t CODDRER (kou-dré), V. a. Terme de tanneur. Soumettre les cuirs au coudrement.

COUDRETTE (kou-drè-f), s. f. Coudraie. Tien-

ne'teOui par hasard dormait sous la coudrette, la FONT. Troq. On dansa hors du village, sur le gazon, sous la coudrette, P.. L. cour. 11, 99.

— REM. Coudre étant féminin dans l'ancien français, coudrette en est un diminutif et signifie proprement un petit coudrier; la coudrette, dite ainsi d'une façon générale, signifie un ensemble de coudriers, et par conséquent une coudraie.

— HIST. XVI" s. Toy Perrot, prens en don ceste belle chevrette [cornemuse] : Son ventre est fait de cerf, son anche de coudrette, rons. 745.

— ÉTYM. Coudre i; Ardennes, courette, fruit du coudrier.

COUDRIER (kou-dri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel , l's se lie : les kou-dri-é-z et les noisettes), s. m. Noisetier. Baguette de coudrier. C'est d'une baguette de coudrier que se servent ceux qui font tourner la baguette. Les coudriers noueux, les palmiers toujours verts, delille, Géorg. 11.

— REM. Dans l'ancienne versification, coudrier était de deux syllabes, comme les mots analogues, ouvrier, sanglier, etc.

— HIST. XVI* s. Des coins de bois de coudrier ou sapin, PARÉ, XIV, 9. Grenadier, coignier, coudrier, 0. DE SERRES, 637. Le fruit du coudrier est diversement appelle, avelaines et noisetes, id. 681. Je mis, pour t'essayer encores devant-hier. Dans le creux de ma main des fueilles de coudrier, bons. <6I.

— ÉTYM. Coudre* ; Ardennes et rouchi, caurier; wallon, côri.

t CODÉ, ÉE (kou-é, ée), adj. Terme de chasse. Qui a sa queue. Animaux coués, animaux à qui l'on n'avait point ôté la queue. || Inusité.

— ÉTYM. Queue (voy. ce mot).

CO0ENNE (koua-n'), s. f. \\ 1° La peau du cochon raclée. Couenne de lard. || La peau des marsouins. Il 2° Terme de médecine. Nom donné quelquefois à certaines taches congénitales ou altérations locales de la peau. || Couenne inflammatoire, couenne pleurétique, concrétion d'un blanc jaunfttre, formée à la surface du sang provenant d'une saignée qu'on laisse se cailler dans un vase. La couenne se montre dans les maladies inflammatoires en général, et surtout dans les phlegmasies de la plèvre ou du poumon.

— HIST. xiir s. Basis, Constantin, Avicenne I ontlessié la couenne, laRose, 16164. || xiv's. Oindre l'escorce ou couane du porc, Ménagier, ii, 5. Comme un laboureur des champs a plus dure coane que le fils d'un roy, ib. m, 2. Quand les sangliers ont boutée et renversée la terre et la couenne de l'erbe pour querre les vers de la terre qu'ils mengent, ifodus, f" XXXI, verso. \\ xvi' s. On en voit naistre d'aucuns ayans en quelque endroit du corps la figure et la substance d'une coinne de lard, paré, xxii, 3. Coenne de lard, id. ib. Cornue, cuenne, récipient, aludel, materas, id. m, 638.

— ÉTYM. Normand, quouane, gazon, sens qui se trouve à peu près dans un des exemples de l'historique; picard, quotiane , bête, poltron; wallon, coiène; génev. couanne de lard, grande saleté, force, vigueur, orotr la couanne d'oser; provenç codena; ital. cotenna,codenna;na.pol.cotena. Origine difficile à déterminer, qui paraît pourtant bien être le latin cutis, peau. La difficulté est de trouver un suffixe enna ou ena; si le mot venait de cutaneus, il serait en français couaine; et, si l'on supposait que couaine se serait changé en couenne, il faudrait admettre que ce mot vient du françaisdans les autres langues romanes; ce dont on n'a aucune preuve. Grandgagnage dit qu'en wallon on trouve cote dt laine, peau de mouton, et que dans une ordonnance de (735 on lit : Ordonnons que les laines d'agneaux et autres qui ne tiennent pas à la cotte.... Cote paraît bien venir de c«(tï; mais le suffixe n'est pas expliqué.

COUENNECX, EUSE (koua-neû , neû-z'), adj. Terme de médecine. Couvert d'une couenne. Sang couenneux. Angine couenneuse, maladie très-grave dont un des caractères est l'exsudation d'une fausse membrane à la gorge.

— ÉTYM. Couenne; wallon, conièse.

•)■ COUET (kouè), s. m. Terme de marine. Nom de certaines grosses cordes de vaisseau, qui s'amarrent aux voiles et qui sont différentes des écoutes.

I. COUETTE (koi-f ou kouè-t'), Jf. f. \\ i° Lit de plumes. Coucher sur une couette. Elle les [les draps] fit venir à. moitié de la couette, Régnier, Sat. xi. Il 2° Pièce creuse, de fer ou de métal, dans laquelle tourne le pivot d'une porte ou l'arbre d'une machine. Il 3" Terme de marine. Couettes, ou coittes, ou coites, s. f. ptur. Nom de deux fortes pièces de bois, qui, placées sous un bâtiment en construction, glissent avec lui quand on le lance à la mer.

— HIST. XII* s. E li liz saint Thomas esteit appareilliez Desus un chaelit qui tut esteit quiriez D'une cuilte purpointe, d'un poi d'estraim junchiez. Th. le mart. i02. N'estoit pas de fuerre esmié La couche ne de coûtes a.spres, la Charrette, H98. ||hii*s. Kieutes [ils] i portent et tapis, Lai de Melion. Et ainçois que li rois fust couciés, entrèrent il en la sale où li rois Henris estoit acousté sour une coûte, Chr. de Rains, p. <5. Et quant par nuit dormir Toloient. En leu de coites aportoient En lor casiaus monceaus de gerbes , la Rose, 8438. Ausinc [sur l'herbe] y poïst l'en sa drue [amie] Couchier comme sur une coite, ib. (403. Et en aucun liu est il qu'on pot penre en cascun ostel une queute por les sorvenans, beaum. ixxii, <9. Ne coûte ne coussin, linceuil ne oreillier, Berte, xxxviii. Je sui sans coûtes et sans bz; N'a si povre jusqu'à Senlis, ruteb. 3. Ilxiv's. De lacoeteet dou coessin,DUCANGE, coisinut. (I XV* s. Une povre couste de vieille toile enfumée pour estuper le feu, froiss. ii, ii, (67. Si le menèrent glorieusement les prelatz et princes jusques en sa chambre, là où il se tint en sa quoyte jusques à my heure après midy, o. chastel. Chron. des ducs de Bourg, p. i, ch. 9. Hxvi* s. Or encor que fort peu vinssent aux mains sur les couetes et fagots, desquels la brèche estoit remparée.... d'aub. Hist. II , 280. Ils garnissent les nids de plume, laine, ou d'autre matière molle, comme s'ils leur preparoient une coulte ou un matelas, paré, Anim. 4. Ils couvrent les pommes avec du folrre , des linges, des couvertes, me.sme avec des cottes de plume, 0. DE SERRES, 248. X défaut de poule couvante, poserés les œufs dans un large pannier parmi de la plume de coette, m. 37t. Coette», cuissins, oreillers, materas, m. 88).

— ÉTYM. Génev. coi'tre , couatre; norm. cœle, keute; provenç. cousser, cosser, s. m. et cota, s. f.; espagn. et portug. eolcha; du latin ciikita (et culcitra qui a donné coitre dans le genevois, colcedra dans l'ancien espagnol, côltrice dans l'italien). L'J qui se trouve dans la plus ancienne forme et dans le portugais, prouve que ce mot ne peut venir du grec xoîr/i; dans les formes où \'l a disparu, il est arrivé ce qui est arrivé aussi en d'autres mots, par exempledansmout ou mot pour niou!t,mo(J. End'autres termes, les formes sans / s'expliquent par une suppression dont il ya desexemplesailleurs, tandis que les formes avec l ne pourraient s'expliquer que par un radical où cette lettre existerait.

f 2. COUETTE (kou-è-f) , s. f. Petite queue. Mot très-familier. || Un des noms de la mouette.

— ÉTYM. Diminutif de queue.

t COUFFE (kou-r) , s. m. Terme de commerce. Sorte de balle, de panier usité à Marseille et dans le Levant. Couffe de séné. Le sol était jonché de sacs de coton, de couffes de riz, chateaub. /lin. u, î9 Il On trouve aussi couffle.

— HIST. XIV* s. De chascun cartal, un cofel; et d'un dimieg cartal, un dimieg cofel, du cange, cofellus. Il XV* s. Il print la coffe, la quelle estoit toute plained'eaue, et la gette sur les dittes femmes, id. i6.

— ÉTYM. Latin, cophinus, corbeille (voy. coffre).

t COUFIQUE (kou-fi-k'), adj. Terme de philologie. Caractères coufiques, caractères dont se servaient les Arabes avant le iv* siècle de l'hégire. L'écriture coufique n'a pas de points diacritiques.

— ÉTYM. Coufa, ville de l'Irak arabe, où cette écriture était en usage.

t COCGUAR (kou-par) , s. m. Espèce de grand chat d'Amérique, dit aussi lion d'Amérique, tigre rouge, puma (felis concotor, L.).

— ÉTYM. o Le couguar , nom que nous avons donné à cet animal et que nous avons tiré, par contraction, de son nom brésilien cuguacu ara, que l'on prononce cougouacouare, buffon, Hist. nat. t. IX, p. 218, note. » C'est Margraff qui a donné ce nom de cuguacu ara, reproduit par Pison et adopté par Ray; mot guarani qui est écrit plus correctement guaçu ara dans le Dict. guarani du P. Ruiz, et gitasu ara dans l'Histoire du Paragtiai d'Azara.

I COIJI (koui) , s. m. Fruit gros , dont l'écorce dure sert à faire des ustensiles, et qui est rempli d'une pulpe blanche, aigrelette, employée comme remède populaire. On en fait un sirop, dit sirop de calebasse. C'est le calebassier proprement dit (cf»*centia aijete, L.).

t COUIER (kou-ié) , s. m. Corde qui attache la poupe d'un bateau au rivage.

— ÉTYM. Queue, la poupe étant comparée à U queue.

t COUILLARD (kou-Uar, 21 mouillées), s. m. Terme de marine. Sorte de cargue supplémentaire. Il Pièce d'un moulin.

COU

f COniLLOX (kou-llon, Il mouillées^ s. m. Terme 4e marine qui n'est guère usité que clans la Méditerranée. Petit tapon d'étoupe placé dans une poche que l'on fait faire à une voile, de manière à former une esp^ce de bouton auquel on amarre du bitord pour tendre la voile.

— ÉTYM. Dit par assimilation avec un mot bscène , couillon , couille, qui vient du latin coletis,

grecxo^cèc, testicule.

t COC-JADNE (kou-jfl-n'), s. m. Nom vulgaire du genre fauvette. || Au plur. Des cous-jaunes.

COULAGE (kou-Ia-j'), s. m.\\ 1° Action de s'écouler par...., de se per Ire. Le coulage du sel au travers de ces trémies grillées en dérobe ordinairement dix livres par minot, vaub. Dtme, p. <40. Déduisez les façons, l'impôt, le coulage [du vinj , etc. vous trouverez net 140 ou tsofr. pour le bonhomme, p. l. COUR. 11, 283. Il Action de couler la lessive. || Introduction, dans un moule, d'un métal qui a été mis en fusion. || 2° Fig. Déchet, perte, résultant d'un gaspillage quelconque. Il y a ici beaucoup de coulage.

— ÉTYM. Couler.

COULAMMENT (kou-la-man), adu. D'une manière coulante, aisée. 11 écrit coulamment. Tout lui fournissait [à Mlle Rase, béate à extases] de quoi dire et instruire naturellement, aisément, coulamment, ST-siM. 87, 13t. II [Pavillon] succédait aussi coulamment à Benserade dans l'Académie française qu'à Racine dans l'Académie des inscriptions , SAINTE-BEUVE, Une ruelle poétique sous Louis XIY.

— ÈTYM. Coulant, et le suffixe ment.

t. COULANT, ANTE (kou-lan, lan-t'), adj. || l'Oui coule. Quelques-unes des plus coulantes paities du sang, DEsc. Uéth. 6. || Vin coulant, vin léger et agréa'nle à boire. || Nœud coulant, nœud qui se serre et se desserre sans se dénouer. |1 2° Qui verse en abondance. Cette terre coulante de lait et de miel, Boss. Il, Visit. I. Il 3° Fig. Terme de littérature. Qui est comme s'il coulait, aisé, naturel. Ses vers sont bien coulants. Ses vers sont d'un beau style et sa prose est coulante, boil. Sat. m. Le ton de la conversation y est coulant et naturel, J. j. rouss. llél. II, 14. Rien n'est plus coulant ni plus harmonieux que l'endroit où le poète décrit U douce et insinuante éloquence de Nestor, rollin. Traité des Et. ii, i. Il Dans un sens analogue, dessin coulant. || 4° Etre coulant en affaires, être facile, accommodant. Je l'ai trouvé très-coulant. Il m'avait fait entendre que, si je m'engageais à quitter la plume, on serait coulant sur le passé, J.J. rouss. Confess. xii. Qui peut voir aujourd'hui ces mêmes ministres [pasteurs protestants], jadis si coulants et devenus tout à coup si rigides, chicaner sur l'orthodoxie d'un laïque et laisser la leur dans une si scandaleuse incertitude? j.j.Houss. Lett. de ta mont. ii.

— HiST. xiii" s. Si a bonnes portes coulans [à coulisses], Por faire ceus defors doulans. Et pour emprendre et retenir, S'il osoient avant venir, la Rose, 3839. Il xv s. En ai-je bien ett deus mille Des frans; que sont-il devenu? Si coulant sont et si menu , Quand ma bourse en est pourveUe ; Tost en ai perdu la vetle, froiss. Le dit dou florin. Plus que Wthon merveilleux à oultrage, Escorpion qui seult poindre les nus, Cuerplus coulant que couleuvre en marage [marais], Souriecte qui a les dens agus, E. DKscti. Poésies mss. f°38, dans lacubne. || xvi's. En un lieu glissant et coulant, suspendons nostre créance, mont, ii, 241. Le sang s'engendre tout soudain par la transmutation de quelque chair qui se tourne promptement en liqueur coulante, amyot, P. ^m. 23. Les sangsues qui habitent es eaux claires et coulantes, paré, xv, 69. Afin de rendre les parties plus glissantes et coulantes, id. xvui, 32. En manière de lacq colant, id. t. ii, p. 629. Ils tariront le coulant des fontaines, rons. 653.

— ÉTYM. Couler.

2. COULANT (kou-lan) , s. m. \\ i' Pierre fine qui coule le long d'un collier, d'un cordon, et qui peut le resserrer ou le relâcher à volonté. Cette dame avait un coulant de grand prix. || Nom d'un ornement de pierreries que les femmes ont porté au cou, composé d'un gros diamant et d'une croix au-dessous. Il 2" Anneau de fer ou d'acier au moyen duquel on serre et l'on desserre une chose. Des coulants de bourse. || Terme de lampiste. Enveloppe cylindrique en cuivre, destinée à porter la cheminée de la lampe et qui glisse sur le tuyau de la lampe pour régler la hauteur de la llamme. || 3° Terme de jardinage. Tige grêle qui s'allonge en coulant sur le sol et donnant de distance en distance des rosettes do feuilleu. || Rameau étalé sortant de l'aisseUe des feuilles intérieures, tout à fait nu dans une partie notable de sa longueur, et poussant, à son extré

COU

mité, d'abord des racines, ensuite des feuilles. Chaque fraisier donne naissance à des coulants qui propagent le plant. {| 4° Outil de l'orfèvre et du boutonnier. || 5° Terme de peinture. La longueur du pli d'une draperie. || 6° Coulants, s. m. plur. Pièces de bois placées verticalement sur les cadres d'un puits de mine, pour empêcher latine de toucher au boisnge.

— iilST. xvi* s. L'escroue et le coulant, lequel au moyen d'une viz se hausse et baisse, paré, ix, 4.

— ÉTYM. Coulant 1.

t COULAVAN (kou-la-van), s. m. Espèce de loriot, t COULK (kou-l'), s. f. E.spèce de capuchon porté par les religieux et religieuses.

— HIST. xii* s. Du chef de son braier une clef deffermerent. Et cole et estamine et un froc en estèrent, du cange, culla. || xiv s. Froc ou coule de moine, id. cucuUus.

— ÉTYM. Bas-latin, culla. Ce paraît être une contraction, bien qu'elle soit forte, de cuculta, cucuUus, capuchon, qui a donné régulièrement : provenç. cogula; catal. eugulla; espagn. cogulla; ital. ctinillo. Mais on a un exemple d'une aussi forte contraction dans l'ancien français coîtï, qui veut dire et représente cocu; provenç. cogul. On remarquera aussi que cticuHo veut dire capuchon; maison trouve cucuUa dans des textes du moyen âge avec le sens de froc.

1. COULÉ, ÉE (kou-lé, lée) , part passé. \\ 1° Introduit en coulant. Du plomb coulé dans les creux. Les esprits coulés dans les muscles parles nerfs répandus dans tous les membres font le mouvement, BOSS. Connaiss. ii, fi. || Terme d'architecture. Fermé avec du plomb fondu. Ces joints sont mal coulés. Il 2° Coulé à fond, ou, simplement, coulé, enfoncé au fond de l'eau. Le navire coulé par une bordée d'artillerie. || Familièrement. C'est un homme coulé, il est perdu, ruiné. || Question coulée, coulée à fond, question épuisée. || 3° Glissé furtivement. Quelques pistoles coulées adroitement dans sa main. Un mot important coulé dans l'oreille. || 4° Terme de gravure. Traits coulés, tailles coulées, traits, tailles qui suivent avec aisance la direction d'un contour. || S^Qui n'a pas noué, en parlant des fleurs et des boutons à fruit des plantes. Fleurs coulées. Fruits coulés. Blé coulé.

2. COULÉ (kou-lé) , s. m. || 1° Terme de musique. Passage qui se fait d'une note à une autre, en les liant par le même coup de gosier, de langue ou d'archet. Le coulé se marque par un trait en arc placé au-dessus des notes liées. || 2° Sorte de pas de danse , qui n'est autre chose que le glissé. || 3° Terme de peinture. La première teinte que l'on donne dans une ébauche. || 4° Terme de fondeur. Ouvrage jeté en moule. Il 5" Terme de broderie. Assemblage de deux points faits séparément sur une même ligne. {| 6° Un coulé, une liaison de la coulée, écriture. || 7° Un coulé, se dit au billard de l'action de couler. Voilà un beau coulé. Jouez ce carambolage par le coulé.

— ÉTYM. Coulé 1 .

COULÉE (kou-lée), s. f. || 1° Action de couler. La coulée d'une lessive. La coulée des laves d'un volcan. Il 2° Opération du coulage d'un métal. |1 Flot de lave, de métal ou de verre à l'état de fusion. Il paraît que ces déjections [du Vésuve] n'étaient point à l'état fluide; car je n'ai vu nulle part de trace d'une coulée de lave, tchihatchef, Comptes rendus, Acad. des se. t. LUI, p. 1090. || Endroit par où s'écoule la fonte contenue dans un creuset de forge. || 3° Sorte d'écriture penchée dont toutes les lettres sont unies par des liaisons. Écrire la coulée. Et, adjectivement, une écriture coulée. || 4° Terme de chasse. Chemin étroit que le cerf suit pour se rendre dans son réduit. Il En général, faux chemins que les animaux tracent dans les bois. || 5° Terme de géologie. Interposition de masses semi-liquides, qui se sont solidifiées sans se stratifier. || 6° Terme de marine. Adoucissement entre les genoux et la quille d'un vaisseau. || Partie submergée d'un navire recouverte par les bordages appelés ribords.

— ÉTYM. CouZi! 1 ; saintongeols, couline, coulée, vallon.

•[COULEMELLE (kou-le-mè-P) ,>. f. Champignon , dit aussi coulmotte, bon à manger; sorte d'agaric.

t COULEMENT (kou-le-man) , s. m. || 1° Mouvement des liquides suivant leur pente. || 2° Terme d'escrime. Coulement d'épée, action de faire glisser d'un bouta l'autre la lame de son épée contre celle de l'adversaire.

— HiST. XVI* s. Mais tout ainsi que l'onde à val des ruisseaux fuit Le pressant coulement de l'autre qui la suit. Ainsi le temps se coule.... rons. on.

— ÉTYM. Couler.

t COULEN (koulèn'), t. m. Plante légumineuse

COU

du Chili {ptnralea glandulosa, L.) dont les feuillet en infusion sont stomachiques.

t COULEQUIN (kou-le-kin) , ». m. Nom vulgaire de la cécropie, plante.

COULER (kou-lé), V. n. || 1" Se mouvoir, en parlant des liquides. Ce ruisseau, cette fontaine coula lentement. Malc aimait un ruisseau coulant entre des roches, la pont. Captivité de S' If aie. Épa.gnez-moi des pleurs qui coulent à ma honte, corn. Poly. Il, 2. Voyez couler nos pleurs sans y mêler vos larmes, ID. Ilor. iii,6.L'IndeetrHydaspe entier vont couler sous vos lois, nfiC. Alex, iv, 2. Moi qui.... Par d'austères conseils ai fait couler vos larmes, id. Iphig. v, 6. J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dan; Athènes, id. Pliéd. v, 7. Tant qu'un reste de sang coulera dans mes veines, id. Iph. iv, 6. De vos yeux attendris je vois des pleurs couler, volt. Orph. i, e. S'il faut mon sang pour la victoire, Agnès, tout mon sang coulera, bérang. Charles ¥11. L'union de deux rivières en une les fait couler plus vite, parce que, au lieu du frottement des quatre rives, elles n'ont plus que celui de deux à surmonter, ponten. Guglielmini. L'acier, l'or et l'argent coulent en longs ruisseaux, delille, Enéide, viii. || Par analogie. On appelait faire couler l'Eucharistie, la donner détrempée dans une liqueur, boss. Comm. || Faire couler le sang, engager une lutte, une bataille. Le sang à votre gré coule trop lentement, rag. Athal. II, 6. Il 2° Fig. Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace, cobn. Cid, i, 7. Aucun espoir n'y coule [dans mon cœur], où j'ose persister, id. Poly, m, 1. Elle sentit la flamme qui coulait déjà dans son sein, FÉN. Tél. vu. Il était convenable qu'il coulât dans son sein quelque étincelle de cet amour, boss. lu. Nativ. 2. Henri voit ces beaux lieux, et soudain à leur vue Sent couler dans son âme une joie inconnue, VOLT. Henr. vu. Heureux, dit-on, le peuple florissant Sur qui ces biens coulent en abondance! BAC. Esth. Il, 9. Par quelle adresse il fit couler jusqu'à vous ses assistances imprévues, pléch. U. de Mont. La douce persuasion coulait de ses lèvres, FÉN. Tél. x. Des provinces les plus éloignées par les soins des hommes apostoliques coulaient des fleuves de charité, mass. Carême, Aumône. Sentant couler dans son âme un détachement secret detouteg les choses créées et une sensible confiance que ses vœux seraient exaucés, fliîch. Panég. Ste Thérèse. Il 3° Par extension, laisser échapper, en parlant d'un vase, d'un tonneau. Ce tonneau coule. Quand on est enrhumé du cerveau, le nez coule. {| Ln chandelle coule, c'est-à-dire dusuifquine brûle pas avec la mèche , coule et se répand le long de la chandelle. Il 4° Être plus ou moins fluide. Cette encre ne coule pas assez. || B* Passer, en parlantdu temps. Elle aurait vu couler sans crainte et sans envie, Chez un prince allié, les restes de sa vie, corn. JVicom. i, 5. 11 coulera du temps avant qu'il s'établisse, Tristan, M. de Chrispe, iv, ii. Le temps coule trop vite à son gré, FLÉCH. Panég. i, 242. Seize années d'une prospérité accomplie qui coulèrent sans interruption, BOSS. Reine d'Anglet. ». Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours, boil. Poésies div. 6. Vos jours toujours sereins coulent dans les plaisirs, rac. Brit. Il, 3. Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence, ID. Phèd. 1 , 3. Tous les siècles qui ont coulé jusqu'à nous, vous les regarderiez comme des instants fugitifs, mass. Carême, Mon. Jusqu'à quand verrai-je couler les jours rapides de ma carrière? ID, Carême, Faus. confi. Le torrent des siècles, qui entraîne tous les hommes, coule devant ses yeux, id. Carême , Mort. Le siècle d'or coula sous ses auspices, Le siècle d'or ne vit que des heureux, malfil. Narcisse, ch. I. Laissons revenir en foule Mensonge, erreurs, passions; Sur ce peu de temps qui coule Faut-il des réflexions? chaulieu, d la duchesse de Bouillon. Il 6° Découler, résulter. C'est de lui que coulent ses autres vices, mass. Petit carême, Tent. d. gr. Si je puis une fois établir ce principe, on en verra couler les lois comme de leur source, montesq. Esp. i, a. C'étaient des effets différents, puisqu'ils coulaient de principes divers, id. Esp. xxvii, ch. unique. || 7° Avoir une facile et heureuse abondance, en parlant du style. Un style qui coule de source. Cette harmonie ravissante fait que, dans la plupart de ses ouvrages [deSapho], ses vers coulent avec plus de grâce et de mollesse que ceux d'Anacréon et de Simonide, barthél. Anach. ch. 3. IIS^Terme de fondeur. Celle cloche'a coulé, le métal s'est échappé par quelque fente du moule. Il 9° Terme d'agriculture.Ne pas venir à bien, en parlant des fleurs qui ne nouent pas et tombent sans se former en fruit. Ou quelque longue pluie, inondant

cou

vos valions,' A-t-elle fait couler vos vins et vos melons? BoiL. Sat. m. Les pluies ou les brouillards qui surviennent dans le temps de la floraison et qui font couler les frnils en empêchant l'action des poussières sur les embryons, bonnet, Leti. div. OEuvres, t. XII, p. 274, dans pougens. Nous voilà saufs de la Sâint-Anicet, temps critique pour nos bourgeons; si la vigne peut passer fleur et ne point couler, on n» saura où mettre tout le vin celte année, p. l. COUH. Gai. du village, iv.|| Couler, se dit aussi d'une chienne qui paraît pleine et ne fait pas de petits. Il 10" Glisser, s'échapper. L'échelle avait trop de pied, elle coula. Cette divinité ne touche point du pied à terre; elle coule légèrement dans l'air comme un oiseau le fend de ses ailes, fén. Tél. xxiv. || Ce rasoir coule bien, il coupe sans gratter. || Terme de billard. Jouer de telle façon que la bille du joueur, au lieu de faire un angle après le choc, suive la bille atteinte, en ligne droite ou légèrement oblique, pour toucher l'autre bille un peu masquée. Couler après, faire entrer sa bille dans une blouse après la bille de son adversaire. || Terme de manège. Rendre la bride au cheval, afin qu'il aille un peu plus vite, quand il galope autour du manège. Il Couler au galop, se dit lorsque le cheval va un galop uni et qui avance. || 11° Glisser le long d'une chose. Il saisit la corde et se laisse couler jusqu'à terre. Je voudrais couler sur une rivière tranquille, je suis entraîné par un torrent, montesq. Esp. xx, (. Il Passer sans bruit et à la dérobée. Coulez vile le long de cette muraille. L'ennemi commençait à couler sur la droite le long du camp. || Fig. Couler sur quelque chose, en parler à peine, ne pas s'y arrêter. Cet endroit était délicat; il a coulé dessus adroitement. Il me reproche que je coule doucement sur la transsubstantiation, Boss. Euch. 2. Coulant légèrement sur ces sujets, pasc. 2" conv. Plutarque, qui le regarde [Philopémen] avec raison comme un des plus grands capitaines de la Grèce, coule légèrement sur cette action et n'en dit qu'un mot, rollin, Uist. anc. OEuvres, t. viii, p. 455, dans POUGENS. || 12° Aller au fond de l'eau, en parlant des barques et navires qui s'emplissent d'eau. 11 a vu couler à fond l'amiral, sÉv. 478. Maintenant que.... ma nacelle coule bas, irai-je me remettre en mer? bern. de s. -p. Sociale. || 13° V. a. Pa.sser au liltre. Couler un bouillon. Après que cette substance a été délayée dans l'eau, on la coule à travers une espèce de tamis qui retient les parties les plus grossières, RAYNAL, 7/ is(.p/u'/. I, ) 7. Il Couler la lessive, mettre dans un cuvier le linge qu'on veut blanchir, le couvrir d'un morceau de toile dit charrier, sur lequel on met de la cendre; puis jeter de l'eau à peine tiède, et reprendre celte eau; la faire chauffer, la jeter de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à ce que le linge, très-échauffé, laisse l'eau, qui est alors lessive, couler presque bouillante. || Terme de maçon. Couler de la chaux, la délayer après l'avoir éteinte et la verser dans un bassin. Couler une pierre, la sceller en plâtre. Couler les joints, les dalles, y verser du plomb fondu. Ii 14° Terme de fondeur. Fondre et mouler. Couler une statue, un bronze, une pièce de canon. || Kig. Il [le christianisme] coule la pensée En bronze palpable et vivant, lamart. llarm. iv, (3. Il Couler une glace, en faire couler la matière fondue sur une table préparée à cet effet. || 15° Couler bas, ou, simplement, couler un vaisseau, le faire aller au fond de l'eau , en le perçant. Un boulet perça la barque et la coula. || Fig. Couler une question à fond, la traiter sans rien omettie. Couler une affaire à fond, la conclure définitivement. Le prince de Conli coulait tout avec lui [M. le duc] et l'accablait de devoirs et de prévenances, st-sim. 220, 217. ||Couler quelqu'un à fond, le confondre dans une discussion, ruiner son crédit, son inlluence. Qu'avant la fin du jour l'autre le coule à fond, piron, ilétrom. iv, t. il 16° Passer, en parlant du temps que l'on passe. Oue ne coule-t-il ses jours comme la bêle? mass. Carême, Avenir. Apprends que ton ami plein de gloire et d'années Coule ici près de moi ses douces destinées, voi.t. Ali. 11, 2. La douce chose de couler ses jours dans le sein d'une tranquille amitié, à l'abri de l'orage des passions impétueuses! J. j. Bouss. Udl. IV, <0. Ces barbares coulent des jours inutiles dans une inaction entière, haïn. Hisl. phil. i, 47. Il 17° Terme de musique. Exécuter des notes en les liant. Couler un trait, un passage. || Terme de danse. Exécuter en glissant. Couler un pas. || Terme de graveur. Conduire des coups de burin en lignes assez droites pour former des tailles. Couler une taille. Il 18° Faire glisser, faire arriver furtivement. Il a coulé quelques pièces de mauvais drap parmi celles qu'il m'a livrées. Tu sais adroitement couler

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ta flatterie, corn. Suite du Meilleur, 11, 6. Je ne sais quel malheur aujourd'hui me menace Et coule dans

ma joie une secrète glace, id. ilodog. 1, 7 Me

coulant en main quelques pistoles, scarr. Jodelet, u, i. Dans la main, en passant, coulons-lui ce papier, BOTR. Bélis. IV, 2. Je coulai mes avis dans ce libre murmure, iD. Yencesl. i, t. Dans les lettres nouvelles d'érection de Piney [en duché-pairie] on fit adroitement couler : a En tant que besoin serait, » ST-SIM. 16, (90. Ahl les di-scours de Dieu fatiguent alors le pécheur au lit de la mort; il faut ménager sa faiblesse en ne coulant que quelques mots à propos, MASS. Avent, ilort du pécheur. Et, faisant succéder les efîets aux paroles, 11 m'a voulu couler dans la main cent pisloles, la font. Florentin, 3. Il 19° Terme de chasse. Couler la queue, se dit du cerf qui fuit. || 20° Se couler, v. réfl. S'introduire à la dérobée; s'avancer furtivement. En son quartier souvent je me coulais sans bruit, corn, le Ment, u, 6. Ils furent enveloppés d'une troupe qui s'était coulée entre deux eaux, vaug. Q. C. 488. Je vous ai vu dans ce lieu vous couler, la font. Mari conf. Par malheur il se trouva là un enfant qui s'y était coulé, fonten. Parménisque. Viens alors , viens ; qu'au travers de la foule De son coté chacun de nous se coule Adroitement et trompe tous les yeux, malfil. Narcisse, ch. iv. || Par analogie. Leurs gens se coulaient furtivement dans les ordinations de l'Église romaine, boss. Var. <t. Voilà un traître, un scélérat, qui a violé tous les droits les plus saints, qui s'est coulé chez moi sous le titre de domestique, pour me dérober mon argent et pour me suborner ma fille, mol. l'Avare, v, 6. || Fig. Un faux bruit s'y coula touchant la mort du roi, corn. Rodog. i, 1 . Ces sentiments se coulaient insensiblement parmi le peuple, BOSs. Uist. 11, 5. Toutes sortes d'erreurs se coulaient insensiblement dans l'Angleterre, boss. Variât, vu, §71. Elle se coulait dans le sein de l'Église sous prétexte de piété, id. Or. I. || 21° Fig. et familièrement. Se couler, se perdre de réputation ou de fortune.

— SYN. COULER, GLISSER. Il lui coula dans la main, il lui glissa dans la main quelques pièces d'or; il se coula, il se glissa derrière la muraille. Ces expressions sont absolument synonymes pour exprimer une action furtive, à la dérobée; elles ne dilTèrent que par la nature de la métaphore ; couler, c'est faire aller comme une eau qui s'écoule; glisser, c'est faire aller comme sur la glace.

— HIST. xu' s. Aval la face [l'eau] lui est clere colée, iionc. p. 48. Li brans cola sur la sele dorée, ib. p. 60. Li sans vermex [vermeils] jusqu'as pies lui cola, ib. p. 80. Sur l'espaule senestre l'espée li cula, Li mantel e les dras tresqu'al cuir encisa, E le braz maistre Edward près tut en dous colpa, Th. le mari. < 60. |1 xiii" s. L'espié jusqu'à la croix [il] lui fait au cors couler, Bcrte, m. Non por quant li cos [coup] li coula sour le bras diestre, si que poi s'en lailli que il ne li eslossa [brisât], H. de valenc. XXVI. Et maintenant qu'il furent tout ens, les portes furent fermées et toutes les barres coulées, Chr. de llains, 205. Vers le rendu [moine] s'en est alez. Entre ses jambes s'est coulez, Ren. 287)2. Par deriere l'a assailli, Ferir le cuida, si failli. Le coup li cola en travers. Et dant Coslant chaï envers, ib. <235. Il xv° s. Mes paroles se vont et viennent; et quant à moy, j'en laisse beaucoup couler, chastel. Chr. des ducs de Bourg, p. 11, ch. I5. Six grans bateaulx et plusieurs petis à couler l'artillerie pour les servir à ce passage, comm. 1, 9. Atant il haussa son coustel, et enferit le premier que il trouva, en telle maniera que il luy coulla la lumelle au travers du corps, Perceforest, t. iv, f° 28. || xvi* s. Pourceque cest argument sera traité ci-après plus au long, je le coule pour cesle heure, calvin, Instil. 21. El qui de loing coules les cleres eaux En l'Océan d'une assez vive course, du bell. u, 8, verso. Do loing quelquefois reluit Une estoiUe espoinçonnée. Qui coule ou semble couler, id. u, 48, recto. Le miel qui les oreilles touche, A Nestor couloit de la bouche, id. m, 4 8, recto. Nostre leçon se coulera sans se faire sentir, mont, i, (82. L'orage debvra couler par dessus leur teste sans ofi'ense, id. m, 240. Scevola «'estant coulé dans le camp ennemi, iD. i, 307. Il les laissa couler [fuir] en liberté, id. 1, 362. Coulant le long des files, il enhorloit les soldats, iD. m, 04. Une sueur mortelle luy couloit tout le long du corps, ID. IV, 322. Hz sa couloient dedans les jardins le plus finement et le plus cautement qu'ilz pouvoient, AMYOT, Lyc. 36. D'entre les voeus et ofTrandes qui sont pendues aux voultes du santuaire, il coula un bandeau , qui tumba droiltement sur la teste de Timoleou, id. Ttmot. to, U passa et coula par un la-

COU

mis les cendres du feu, id. C. d'Utiq. ta. Ayant nouvelles que sa navire estoil perie, charge et tout coulés à bas en pleine mer, id. De la tranq. éHime, 9. Trouverez- vous mauvais de voslre fidelle moitié si avec plus de franchise que de respect elle coule sei pleurs et ses pensées dans vostre sein? d'aub. Uist. I, (32. Le reste de son armée coulée à fonds avec perle de 30 vaisseaux et plus de 2000 hommes, 10. ib. II, 209. La première décoction faite, coulée et passée, paré, xvi, s.

— ÊTYM. Bourguig. côlax; provenç. et espagn. cetlar; ital. colare; du latin colare, filtrer, de colum, filtre.

t COULERESSE (kou-le-rè-s"), ». f. Bassin à l'usage du raffineur de sucre.

— ÉTY.M. Couler.

t COULE -SANG (kou-le-san) , s. m. Nom d'une espèce de serpent et, en particulier, de la vipère de la Martinique.

— HiST. XVI* s. Le coule-sang a esté ainsi appelé pour autant que le sang coule par tous les conduits du corps qui en a esté mordu; c'est un petit serpent comme une vipère, paré, xxin, 24.

— ETYM. Couler, sang.

t COL'LETTE (kou-lè-f), s. f. Terme du rubanier. Petite broclie de fer qui sert à faire tourner un rochet de fil ou de soie. || Sorte de filet de pêche,

— ÊTYM. Couler.

COULEUR (kou-leur), s. f. || 1° Sensation que produit sur l'organe de la vue la lumière diversement rélléchie par les corps. Les couleurs, ainsi que l'a démontré Newton, sont le produit d<, la décomposition de la lumière. Les couleurs ne sont pas dans les corps colorés, mais dans la lumière; pour qu'on voie un objet, il faut qu'il soit éclairé, 1. 1. Roiss. Ess.Orig.des langues, ch. 16. || Couleurs primitives, les sept couleurs qui se montrent dans la décomposition de la lumière. Couleurs naturelles des corps, celles qui proviennent de la nature des rayons réfléchis ou réfractés par ces corps (ceux qui absorbent tous les rayons du spectre, moins le rayon rouge, qu'ils réfléchissent ou qu'ils laissent passer à travers leur substance, étant d'une couleur rouge, et ainsi de toutes les autres couleurs). Couleurs complémentaires, celles qui reproduisent la couleur blanche en se combinant à une autre couleur; c'est ainsi que six couleurs du speclre solaire réunies sont toujours complémentaires de la septième couleur avec laquelle elles donnent naissance à la couleur blanche , dans le système du contraste des couleurs, le mol complémentaire a une autre signification, il sert à indiquer la couleur qui est susceptible d'exhausser le ton d'une autre couleur. [| Juger, parler d'une chose comme un aveugle des couleurs, en parler sans la moindre connaissance. || Couleur se prend au mascuUn dans les expressions comme celles-ci : Le couleur de rose, d'or, d'eau, de chair, de citron, etc. Le plumage tire sur le couleur de rose vers la racine, la font. Psyché, liv. i, p. «3. Leur laine était d'un couleur de feu si vif qu'il éblouissait la vue, id. ib. u, p. I79. Je vous trouve les lèvres d'un couleur de feu surprenant, mol. Impromptu, 3. Après un substantif ces locutions s'emploient comme un adjectif invariable : un ruban couleur de feu; des souhers couleur de rose. || Terme de métallurgie. Couleur d'eau, brillant violet du fer bien poli, qui a passé au feu. Fer de couleur, fer qui devient cassant à la couleur rouge cerise. Couleurs de recuit, couleurs qui indiquent le degré de carburation de l'acier. |{ 2° Substance ou matière colorante dont on se sert en teinture, peinture, etc. Broyer, étendre des couleurs. Peindre à pleine couleur, peindre avec un pinceau très-chargé de couleur. Couleurs amies , celles qui s'assortissent agréablement. || Terme de peinture. Couleurs légères, celles qui sont comprises sous le blanc, c'est-à-dire sous la dénomination de couleurs blanches. L'outremer est compté parmi les couleurs légères. Couleurs pesantes, celles qui sont comprises sous le noir. Le brun-rouge, la terre d'ombre, le bistre, etc. sont des couleurs pesantes. Couleurs changeantes, celles qui dépendent de la situation des objets à l'égard de la lumière, comme celle des tafl'elas changeants, de la gorge des pigeons, etc. Couleurs noyées, celles qui s'alïaiblissent insensiblement, comme sont celles qui forment les nuances. Couleurs rompues, couleurs trop vives que les peintres affaiblissent par le mélange d'autres plus sombres. Couleur générale, le résultat de l'ensemble des divers objets colorés qui sont dans un tableau. Il Couleur locale, la couleur propre à chaque objet indépendamment de la distribution de la lumière, et, par eiiension, couleur locale, art de

COU

représenter, soit en peinture, soit dans une compoeilion littéraire, soit même dans une composition musicale, certains détails qu'on croit avoir caractérisé un pays, un temps, etc. Le procédé de la couleur locale a été particulièrement mis en usage par l'école romantique. || Terme de peintre en bâtiment. Couleurs simples, celles qui viennent des végétaux et qui ne peuvent pas souffrir le feu.|| Mettre en couleur, peindre un carreau, un parquet, etc. || Terme de teinturier. Couleurs matrices , cinq couleurs dont les autres dérivent. || 3° En parlant des vêtements, toute autre couleur que le blanc et le noir. Elle avait une robe de couleur. Les gens de guerre portent des habits de couleur, les gens d'église en portent de noirs. || Terme de liturgie. Se dit des ornements de l'Ëglise suivant les fêtes qu'elle célèbre. 1| Couleurs de blason ; on en distingue cinq ; gueules ou le rouge ; azur ou le bleu; sinople ou le vert; sable ou le no'r, et le pourpre qui est mélangé de gueules et d'azur. Ces couleurs sont dites émaux. || Anciennement, livrées. Gens de couleurs, les pages, laquais, cochers et suisses. Cet homme a porté les couleurs, il a été laquais. Comment I un aumônier portant vos couleurs? HAMiLT. Gramm. 7. Faire par les couleurs distinguer ses valets, boil. Sat. v. Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de sa roue. Qu'on verrait, de couleurs bizarrement orné. Conduire le carrosse où l'on le voit traîné, boil. Sat. i. H Porter les couleurs d'une dame, porter des couleurs semblables à celles qu'elle affectionne le plus. Je dois vaincre, j'ai de ma belle Et '^s chiffres et la couleur, bErang. Charles VII. Aux couleurs, au carrosse il ne doute de rien; Tout était à Lucrèce.... cohn. Ment, m, 4). Les couleurs et les chiffres de Mme de Valentinois paraissaient partout, lafayette, Princ. de Clèves , OEuvres, t. ii, p. < , dans pougens. Remettez-moi le soin de finir vos malheurs. J'irai dans les combats vaincre sous vos couleurs, delav. Vêpres sicil. n, 3. Il Fig. Le mal n'a point d'excuse, il n'est espoir, surprise. Intérêt, amitié, faveur, crainte, malheurs. Dont le pouvoir nous autorise A rien faire ou penser qui porte ses couleurs, corn. Imit.

I, (5. Il 4» Drapeau. Après un assaut acharné, les couleurs françaises flottèrent sur les remparts. Les couleurs nationales. Les trois couleurs, le drapeau ou la cocarde tricolore. ...Qui pouvait répoudre Que le ciel.... N'eiit point vu sur la tour de Londre Flotter enfin les trois couleurs! béhang. Cocarde. Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs? ID. Vieux drapeau. \\ Terme de marine. Couleurs, s. f. plur. Pavillon, drapeau national. Il 6° Fig. Caractère propre à telle ou telle opinion. Ses opinions ont complètement changé de couleur. La couleur de ce journal esf encore indécise. Prendre couleur, se décider pour un parti politique. M. Judas.... soutient avec chaleur Qu'il n'a joué qu'un seul rôle Et n'a pris qu'une couleur, BÉHANG. Judas. 116° Au jeu de cartes, le rouge elle noir, et chacune des quatre marques : pique, trèfle, cœur et carreau. De quelle couleur tournet-il? Je n'ai point de cette couleur. ||Au lansquenet, prendre couleur, entrer au jeu et couper. Il Nommer la couleur, se dit, à l'hombre, pour signifier : faire la triomphe en indiquant la couleur. Il Jeu des trois couleurs, sorte de jeu de hasard que l'on joue avec un plateau et trois dés, portant chacun trois couleurs différentes. || 7° Le teint, la couleur du visage. Déjà l'étonnement lui fait la couleur blèine, malh. i, 12. J'ai couru sur le lieu sans force et sans couleur, corn. Cid , ii, ». Est-ce vous, Ladislas, Dont la couleur éteinte et la vue égarée.... rotrou, Vencesl. iv, 4. Je vous vois sans épée, interdit, sans couleur, rac. Phèd. ii, 6. Néron l'a vu mourir sans changer de couleur, ID. Brit. v, 7. Vous changez de couleur [vous pâlissez] , princesse ! m.Ath. V, *. Son visage changeait à tout moment de couleur, FÉN. Tél. V. Quelle étrange pâleur De son teinttout à coup effacela couleur? RAC Esth. 11,7. Longtemps sans mouvement, sans couleur et sans vie, volt. Orphel.

II, 7. Il Être haut en couleur, avoir la figure très-colorée. La femme d'Harlay était extrêmement grosse et très-haute en couleur, st-sim. 37, Bt. M. leducd'Orléans était de taille médiocre au plus, fort plein sans être gros, l'air et le port aisé et fort noble, le visage large et agréable, fort haut en couleur, le poil noir et la perruque de même, ID. ï90, 2. Cunégonde était haute e.a couleur, fraîche, grasse, volt. Cand. 4. Il Reprendre couleur, perdre sa pâleur, revenir k la vie ■, et fig. rentrer en faveur, reparaître dans le monde. || Un homme, une femme de couleur, un mulâtre, une mulâtre. Les gens de couleur. || Terme de médecine. Les pâles couleurs, la chlorose. Les

lies malades des pilts couleurs se cro;^aient pos-

cou

sédées, volt. Phil. v, S50. HS-Terme de rôtissour et de boulanger. Qualité colorée qu'on donne à la viande et au pain, par le moyen du feu. Ce rôti, ce pain a pris couleur. || Fig. L'affaire prend couleur, tourne à bien, commence à bien aller. L'affaire du quiétisme, qui dormait un peu à la congrégation du saint-office, reprit couleur, et couleur qui commença à devenir fort louche pour M. de Cambrai, st-sim. 66, < 89. Il 9° Coloris, en parlant d'un tableau. Ce tableau est d'une bonne couleur. || Terme de gravure. Cette estampe est d'une belle couleur, on y reconnaît la couleur du tableau. || Fig. C'est à monseigneur à mettre la dernière couleur, sÉv. 408. || 10° Éclat, brillant du style. Son style a une couleur brillante. Ce morceau manque de couleur. || Expressions considérées en tant qu'elles peignent. Mais je ne trouve pas de couleurs assez noires Pour en représenter les tragiques histoires, corn. Cinna, l, 3. Toutes les langues ont les couleurs entières de l'expression et n'ont pas les mêmes nuances, marmont. Éiém. litt. OEuvres, t. X, p. 270, dans pougens. || Terme de musique. Couleurs des sons, se dit quelquefois pour timbre. Il 11° Certain caractère des choses. Aux yeux du mélancolique, tout revêt de sombres couleurs. Voir tout couleur de rose, voir tout en beau. Ainsi nous séduisant d'une fausse couleur, Régnier, Sat. xiv. Il m'a rendu ma gloire et préservé mon front Des infâmes couleurs d'un si mortel affront, corn. Théodore, IV, 6. Voilà de quelle couleur sont les réflexions d'une personne de mon âge, sÉv. (82. || Familièrement. J'ai fort causé avec Corbinelli, il est charmé du cardinal; il n'a jamais vu une âme de celte couleur; celles des anciens Romains en avaient quelque chose , SÉV. 337. Il Je ne sais de quelle couleur est son argent, c'est-à-dire il ne m'a pas payé ce qu'il me devait, il ne m'a pas fait les gratifications qu'il était convenable qu'il me fît. || On dit dans ce même sens : depuis huit jours je ne connais pas la couleur de ses paroles, il ne m'a parlé depuis huit jours. || 12° Apparence , prétexte , raison palliée. Sous couleur d'aller voir une femme malade, Régnier, Sat. xi. Ce traître.... Entra dedans mon cœur sous couleur d'amitié, id. Dial. Pour appuyer cette conjecture, on ne manque ni de preuves ni de couleurs, pathu, Plaid. II, dans richelet. Vous cherchez, Ptolémée, avecque trop de ruses. De mauvaises couleurs et de froides excuses, corn. Pomp. m, 2. Et tout ce qui pourra, sous quelque autre couleur. Autoriser ta haine et flatter ta douleur, m. Héracl. i, 2. Mais si tu veux trahir, trouve du moins, ingrat, De plus belles couleurs dans les raisons d'État, in. Perthar.

I, 4. Sous couleur de punir un injuste attentai, id. Cid, IV, B. Sous une autre couleur lui faire ses adieux, m. Sertor. i, 2. Sous couleur de lui servir d'appui, Le met hors du royaume et me répond de lui, ID. Perthar. v, l. Et trouve occasion dessous cette couleur De venger le mépris qu'on fait de sa valeur, id. D. San. ii, I. Vous ne manquerez jamais d'esprit pour donner de belles couleurs aux fautes que vous pourrez faire, mol. Comtesse, t. Sous couleur de changer de l'or que l'on doutait, ID. l'Étour. II, 7. Leurs injustices [des Romains] étaient d'autant plus dangereuses, qu'ils savaient mieux les couvrir du prétexte spécieux de l'équité, et qu'ils mettaient sous le joug insensiblement les rois et les nations sous couleur de les protéger et de les défendre, BOSS. Hist. univ. m, 6. S'ils s'en plaignent, c'est avec quelque couleur de justice, id. Serm. Sept. Des gens qui sachent donner au mensonge de belles couleurs, id. t" avert. De quelque couleur qu'il se déguise, id. m, Pent. 2. On donne de mauvaises couleurs à leurs actions , id. Pensées , 29 . Sous couleur de piété, on ne s'aperçoit pas qu'on veut dominer, bourd. Avent, Sur l'évang. H8. J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie, rac. Esth.

II, 1. Ne prétendrais-tu point, par tes fausses couleurs. Déguiser un amour qui te retient ailleurs ? ID. Baj. v, 4. Il Populairement, mauvaise raison, mensonge. Quelle couleur ! J'ai deviné la couleur. Il 13° Couleur, nom qu'on donnait, alors que les tulipes faisaient fureur, à celle qui n'était que d'une couleur.

— SYN. COULEUR, COLORIS. Proprement, couleur désigne une couleur particulière; et coloris est l'effet qui résulte de l'ensemble et de l'assortiment des couleurs. Coloris ne peut pas se prendre pour couleur; mais couleur peut se prendre pour coloris, couleur étant le terme générique et répondant à la sensation pure. Coloris est proprement un terme de peinture; il se dit, au propre, de l'effet produit par la couleur dans un tableau, et. par extension, de la couleur du visage, de celle de quelques fruits et de celle du style.

COU

— HIST. XI" S. Li rt.» Marsiles ad la culur muée, Ch. de Roi. xxxiii. || xn* s. (Ils font] Engin de mainte color [espèce]. Pour tourner joie en tristor, Couci, i. Bêle Eremborsàla fenestre, au jor. Sur ses genous tient paile de color, llomancero, p. 49. || xui' s. La colors n'estoit pas en semblance de choe [chouette], Berte, xxxiii. Quant li rois l'entendi, color [il] prit à muer, ib.cxii. Li bateurs d'estain puet taindreson estainde toutes manières de couleurs, Liv. des met. 76. Il iert biaus, et ele bêle; Bien resembloit rose novele De sa color.... la Rose, 843. Se leur messe [des ordres mendiants] vaut quatre, il ont bone couleur De dire que leur messe soit de greignor valeur, j. DE meung. Test. 996. Il xiv s. Ce que il dit eust aucune couleur, mais comme pourroit il coulourer son dit? ORESME, Eth. 296. Il xv° s Bon serviteur Sans couleur Vous a esté vrayement,CH. d'orl. Requête à Cupidon. Lors quant de nous approucher je le vy. Couleur changay.... id. t. Combien que nous avons couleur de penser que le mareschal, comme dict est, en soit cause, Bouciq. Hist. m, ch. B. Et fust ceste guerre depuis appellée le bien publique, pource qu'elle s'entreprenoit soubz couleur de dire que c'estoit pour le bien publique du royaulme, comm. i, 2. La plus part [des églises] furent pillées soubz umbre et couleur de prendre des. prisonniers, id. ii, I3. Ce qu'ilz font et la couleur qu'ils veulent prendre en leurs lectres n'est que pour parvenir à leurs fins. Lettre de Charles VIII , Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 687. || xvi* s. Ils desgorgent toutes les vilenies qu'ils peuvent contre nous, pensans avoir belle couleur de nous blasmer, en ce que.... calv. Instit. 145. Des peuples surprins soubs couleur d'amitié et de bonne foi , MONT, m, 6. Soubs couleur de quelque meurtre, il lui feit trencher.... id. i, 38. J'en ay veu engloutir du sable pour acquérir les pasles couleure, id. i, 308. A quoy faire la provision des couleurs à qui ne sçait ce qu'il a à peindre? id. ii, 9. Cela donna occasion à Mago de souspeçonner quelque trahison, avec cequ'ilnedemandoit que quelque couleur pour s'en aller, amyot, Timol. 30. Soubs couleur de faire ses préparatifs, et dilayant toujours, id. Pélop. B3. De meschantes robbes rappiecées de drap de couleur, ID. Agésil. 40. Caesar changea sur l'heure da plusieurs couleurs, monstrant évidemment à la face qu'il sentoit toutes sortes de mouvemens en son cueur, ID. Cicéron, Bo. Maintenant il nous faut traiter des pâlies couleurs, paré, xviii, 70. Or convient il de parler des exornations ou figures que l'on dict couleurs de rhétorique, fabri. Art de rhétor. t°8*,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Bourguig. quelou ; provenç. et espagn. color; portug. cor; ital. colore; du lalin colorem.

COULEUVRE (kou-leu-vr') , s. f.\\i° Reptile de la famille des serpents. Couleuvre de haie. || Nom, dans l'histoire naturelle, de plusieurs serpents dépourvus de glandes à venin et de crochets mobiles venimeux. Il Couleuvre d'eau, nom vulgairedu co/ubernafrù;, L., dit aussi serpent d'eau, couleuvre à collier et serpent nageur. || Fig. Toute herbe a pour moi sa couleuvre. Et la haine monte à mon œuvre.... v. HUGO, Crép. 20. Il Avaler des couleuvres, éprouver des mortifications, des dégoûts. Sachant toutes les couleuvres qu'il avale à Paris, sÉv. 4B6. C'eût été encore une couleuvre à avaler, id. boo. Ce goût lui fait avaler toutes sortes de couleuvres, id. 3|I. Le comte d'Auvergne, nourri de couleuvressur sa charge depuis longtemps, avala encore celle-ci en silence [nominations d'inspecteurs et de directeurs], st-sim. ■25, 32. Mmede Maintenon nourrit longtemps Mme de Montespan des couleuvres les [ilus cruelles, id. )8(, 153. Résous-toi, pauvre époux, à vivre de couleuvres, boil. Sat. X. Qu'il est doux de lire Virgile et Homère en foulant à ses pieds les BaviusetlesZoïle, et de se nourrir d'ambroisie, quand l'envie mange des couleuvres ! volt. Lettre à Albergati, 23. déc. 1700. Monsieur, j'ai traversé une crise de ce genre, et je ne .saurais vous faire l'énumération des couleuvres que l'on m'y prodigua, reybaud, Jér. Paturot, 1, 14. Il 2° Couleuvre de pierre, ammonite. Il 3° Terme de blason. Armes de certaines maisons. [Le soleil] N'aura point achevé l'an Que tes conquêtes ne rasent Tout le Piémont et n'écrasent La couleuvre de Milan [les Visconti], malh. ii, 2.

— HIST. XIII' S. Car destinée i envola Une culuevre grant et fort. Qui les deveure e trait à mort, marie, Fable 26. Quant il regardoit en ses mains, [il] Tro voit ou laisarde ou culuevre, FI. et Bl. S20. Vers qui de porreture nessent. Et mes serpens et mes coluevres. Tout s'estuidient à mes uevres, la Rose,

— ETYM. 'Wallon, culowc ; namurois, coloute ;

COL

COU

COU

provenç. colobre, cololiri,colobra ;esp8ign. eulebra; portuf;. cobra; ital. colubro; du latin colubra. COULEUVREAU (kou-leu-vrô) , s. m. Petit de

couleuvro.

— HIST. XVI* s. Comme un faucon perdu dedans les cieuK Pour ses appas va poursuivant des yeux r,e cnnlevreau dessus l'herl)e menue, r. belleau, tScrgeries, I. i, p. 63, dans pougens.

— f.TVM. Diminutif de couleuvre.

COUI.EUVRÉE (kou-leu-vrée), s. f. Terme de botanique. Plante do la famille des cucurbiiacées, dite aussi vigne blanche, vigne vierge {feryoïia diiiica,L.).

— HIST. XVI* s. Racines de Kuimaiive, coulevrije, semence de lin, paoê, xiii, 30. Comiioser un frontail avec des herbes et fleurs chaudes de melilot, de sauge, de rosmarin, de colevrée blanche, o. de

— ÉTYM. Couleuvre.

t CODLEUVRIN, INE (kou-leu-vrin, vri-n"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à une couleuvre.

— ÉTYM. Couleuvre.

COCLEVRIXE (kou-le-vri-n'), s. f. Espèce de canon, qui, étant plus long que les pièces ordinaires, chassnit beaucoup plus loin; le diamètre de son calibre était d'environ cinq pouces et son boulet de seize livres. Voilà vos longues coulevrines Qui soufflent du feu sur mes eaux, v. hugo. Orient. 3.".. Il Ancien terme de guerre. Être sous la coulevrine de la place, se dit d'une maison, d'un logis, d'un emplacement assez près du corps d'une place pour en être .soit défendu, soit incommodé. Kt fig. Être sousla coulevrii-.e de quelqu'un, avoir son bien dans le voisinage de quelqu'un plus riche et plus puissant que .soi, et, par extension, être dominé, être sous la dépendance. Vous êtes sous sa coulevrine. Dans cet emploi, il est sous la coulevrine d'un homme qui le fera marcher droit. Il [l'électeur palatin] devait se reconnaître trop petit prince et trop sous la coulevrine de la France pour ne pas s'accommoder au temps, Mme de la fayette, ilem. cour de Fr. OEuvres, t. ii, p. si, dans pougens.

— HIST. XV* S. Les Anglois firent une sortie sur le chemin de la chaussée, en laquelle ils pensèrent gangner des coulevrines et ribaudequinsqui estoient rangés sur la dite chaussée, Hist. d'Artus III, connesl. de Fr. p. T'T , dans lacurne. Si lais.seroient toute artillerie grosse et menue, réservé arcs, arlialestres et coulevrines à main, berby, Chron. depuis t402 jusqu'à 1461, p. 454, dans lacirne. Coulevrines et canons à largesse, en. d'orl. Hondel, 64. Il xvi" s. Il logea deux coulevrines royales, et deux bastardes dans les ridottes plus avancées, d'aub. Hi.\t. lU, 20. 11 le trouva prenant sa réfection sur le flasque d'une couleuvrine,CABL. 1,43. Quatorze grandes coulevrines à 18 pieds de chasse, et le reste coulevrines moyennes et hastardes, id. vui, 24. Couleuvrines, serpentines, basiliqs, noms pris des plus pernicieux animaux, comme des serpens, couleuvres et basiliqs, paré, ix, Préf.

— ÉTYM. Couleuvre; le nom d'animaux ayant été donné à des canons, par exemple fauconneau, lasilic etc.; génev. coutouvrine. Les coulnyrines

■ étaient très-longues et minces, ce qui permettait la comparaison avec la couleuvre.

t COULEVRINIER (kou-le-vri-nié), s. m. Ancien terme militaire. Soldat chargé de manœuvrer les coulevrines.

— HIST. XVI" s. Piquiers, hallebardiers, couUeuvriniers, suisses, Lettres, a mai 460).

— ÉTYM. Coulivrine.

t COULIÈRE (kou-liê-r') , s. f. Fer aplati en verge carrée. || Pièce d'un train de bois.

t COULIN (kou-lin), s. m. Pigeon ramier.

fCOULINAGE ^kou-li-na■j'), s. m. Terme rural. Action d'échauder rapidement avec une torche enflammée Pécorce des arbres à fruits, pour les débarrasser des insecies et des lichens.

t. COULIS (kou-li), s. m. Terme de cuisine. Suc d'une substance consommée par une cuisson lente. Coulis de perdrix, de pois. Elle avalait, en se couchant, d'excellents coulis, lesage. Cil Bas, ii, 4. Il Coulis d'écrevisses, purée obtenue en pilant les éciv.vis^es. Deux dindonneaux au coulis d'écrevisses. vnt.T. Taureau, 6. || Terme de maçon. Phtire ou mortier gâché a.ssez clair pour couler entre les joints i]u'il est destiné à garnir. || Métal fondu qu'où coule dans les joints.

HIST. xiii's. Et semengier l'estuet par foiblece,

51 meiiguce (qu'il mange) coleis et oef mau [mou], ALEBPANT, f" 28. || XIV* S. Coulis d'un poulet: cuisiez ke poulet tant que.... Ilénagier, n, B. || xv* s. Et luy fut mis des coullis en la bouche [de Charles Yll qui

Dir.T. UE LA LANGUE FRANÇAISE.

ne vouloit plus manger de lui-même, craignant qu'on ne l'empoisonnilt) , comm. vi, 7. || xvi* s. Bouillons et coulis humectans, pariî, vu, 40. Esjiais comme un coulis d'orge mondé, id. xviii,C8. La nuit ne faut estre dégarni de quelques bons pressis et bouillons, lescpiels sont plus à louer que les coul.s, à cause qu'ils [les coulis] sont trop espais, font obstruction aux Veines mesaraïques et capillaires du foye, id. xxiv, 22.

— • ÉTYM. Couler (voy. coulis 2).

2. COULIS (kou-ll), adj. m. Vent coulis, vent qui coule, c'est-à-dire qui se glisse à travers les petites ouvertures, les fentes, etc.

— HIST, XIII* s. Et les entrées estoient bien garnies de hares couleîces, Chr. de Rains, 205. Et mangoniaus de maintes guises. Et liones portes coleïces, Ren. 4 8223. Il XV' s. Et le premier char passa avant et s'arresta sous la porte coulisse, froiss. h, ii, 22t. On doict mectre es portes des chasteaulx et villes, portes colices [herses] et anneaulx de fer, christ. DE PISAN, Charles V, ii, ch. 3a. || xvi* s. Pour les malades, ilz usent de vent couliz, commedecouliz on nourrit les malades de nostre pays, rab. Panl. IV, 43. Il avoit ordonné de faire faire à la porte du parc, sous une grande vouie, deux ou trois herses coulisses, M. DU BELL. 4 13, Un vent coulis me donna tellement contre une hanche, que.... paré, vin, 4i. Aucuns font des huis coulis, lesquelles avec une longue corde haussent et baissent, du bas du colombier, 0. DE serres, 390. Je la voulois atoucher en cachette Par le coulis [action de couler, de glisser] d'une secretle main Dedans son lit.... pasquier, OEuvres mêlées, p. 377, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. colnditz, coulant; du latin colare, couler (voy. ce mot). L'ancienne forme est couleîs, et suppose un adjectif colalicius.

COULISSE (kou-li-s'), .t. f. \\ l°Rainure par laquelle on fait glisser ou couler un châssis, un tiroir, etc. Graisser une coulisse. Des métopes ou petits tableaux de marbre à coulisse séparaient entre eux les triglyphes, chateaub. ll'in. 192. || Volet qui va et vient dans la rainure. Fermez celte coulisse. Il Coulisse de confessionnal, petite pl.mche que le confesseur fait couler quand il veut entendre le pénitent. Il Terme d'anatomie. Rainure profonde de la surface des os, qui, tapissée d'un périoste Usse ou d'une membrane synoviale pour faciliter le glissement des tendons qu'elle reçoit, se distingue par là de la gouttière. || Terme d'imprimerie. Coulisse de galée, planche mince qui sert à faire couler les pages sur le marbre. || Terme de marine. Canal que suit, sur le chantier, la quille d'un bâtiment lancé à l'eau sans ber. || Petite porte pratiquée dans la grande porte d'un poêle. || 2° Terme "de théâtre. Châssis mohile garni de todes peintes, qui sert à la décoration latérale. Le feu prit aux coulisses. {| Nom qu'on donne à l'espace qui est entre les ais ou les pilastres qui sont aux deux côtés d'un théâtre, et où se tiennent les acteurs avant d'entrer en scène. Fréquenter les coulisses, se mêler souvent aux acteurs dans lescoulis^ies. Nous n'irons plus dans les coulisses Brailler en choeur à l'opéra, bérang. Coneord. Grands réformateurs, Piliers de coulisses, id. Scand. \\ Kig. Il se dit de ce qui est propre aux gens de théâtre. Langage, intrigue de coulisses. || Le derrière des affaires. On agit; mais lui se tient dans la coulisse. Voilà ce qu'on dit en public; mais dans lacouli.sse.... Il 3° Rempli qu'on fait à un vêtement pour le serrer au moyen de cordons. Passer un lacet dans une coulisse. Il Familièrement. Faire les yeux en coulisse, regarder de côté à la dérobée. Dans le môme sens, regarder en coulisse. || 4° Terme de bourse. Petit parquet, non reconnu par la loi, où des courtiers, non autorisés, mais, en dépit d'efforts contraires, consacrés par l'usage et la coutume, font l'office d'agents de change; on ne s'y occupe que des rentes et à peu près exclusivement du 3 o/o. La coulisse est une succursale du parquet pour les afliaires exclusivement dites de jeu. |l Réunion de courtiers marrons (c'est-à-dire non institués par la loi) ne faisant que des opérations à terme, ne 1 vaut ni ne livrant jamais de rentes, mais compensant avec le panjupt, et faisant des marchés non escomptables, et des primes dans des conditions de temps tout autres qu'au parquet (du jour au lendemain, par exemple). HS'Terme de sernirier. Place qui reroit les charnons d'un charnière. Bouton à coulisse , celui qui est placé sur le palatre ou sur la cloison d'une serrure et qui sert à en ouvrir le demi-tour. |1 Terme d'horlOi;er. Pièce d'une montre placés- sur la petite plaline, audessous du balancier. || 6" Terme de terrassier. Sorte do tranchée couverte. |i 7' Terme de blason. Herse placée à la porte d'un châtesu ou d'une tour.

— HIST. xvi* s Cataracte ou coulisse : c'est un« concrétion d'hun eur entre la coniée et l'humeur crysialin. PA.ti! , *v, 6.

— ÉTY.M. Féminin de l'adjectif coulis », pris suhsiantivcment et signifiant la chose qui coule, qui glisse.

t COULISSÉ. ÊE fknu-li-sé. sée), adj. TerTDe didactique. Qui a des coulis.ses. || Termi; de blason. Château coulissé, château dont la porte est garnie d'une herse.

— ÉTYM. Coulisse. Ilerse coulisse se trouve dans les anciens textes; voy. coulis 2.

t COULISSEAU (kou li-sô) , s. m. || 1* Au plur.

I es coulisseaux, double coulis e de bois sur la(|uclie repose un lit à rouleites. || 2* Terme de serrurier. Petit mnuvement de tirage monté sur plaline pour sonner les domestiques. || 3° Terme de cunstructiOD. Bâti dans lequel on place des tiroirs.

— ÉTYM. Coulisse.

+ COCLISSIER (kou-li-sié; l'r ne se lie pas: au pluriel, \'s se lie : les kou-li-sié-z à la bourse), s. m. Terme de bourse. Celui qui fail des aflaires à la coulisse.

— ÉTYM. Cotilisse.

t COrUS-SOIRE (kou-li-soi-r'), î. f. Outil de facteur d'instruments de musique, pour faire les coulisses.

— ÉTYM. Coulisse.

t COULMOTTE (koul-mo-f) , s. f. Voy coule-

MELLF,.

COULOIR (kou-loir), s. m. Il 1° Sorte d'écuelle à fnnd de toile, par où l'on coule le lail qu'on vient de traire. || 2° Terme d'architeciure. Passage inlérieur peu large, servant au dégagement, à la circulation. Un couloir obscur. Se pronener dans les couloirs. Il Le couloir dans les assemblées politiques, le passage qui conduit à la salle de-: séances et où l'on s'arrête pour causer. Intrigues de coi-loir. î] 3° Terme de marine. Galerie de l'entre-pont.

II Terme de poêlier. Petit espace pour la circulation de la fumée. Il Terme d'eaux et forêts. Le plan incliné suivant lequel on précifiite le bois au l>as d'une montagne ou d'un rocher. || 4° Terme d'ana'omie. Ancien nom des canaux ou conduits par le.squels sont rejetées en dehors lHhumenrs excrémentitielles du corps animal. Les couloirs de la bile. Les ulcères, les exutoires étaient des couloirs accidentels ou arlificiels.

— HIST. xiv* s. Et fineront, pour la sale, de deux ou trois coulouerespourgecter le gros relief comme souppes, pain trenché ou brisié, tranchouers, chars et telles choses, et deux seaulx pour gecter et recueillir broueis, sausses et choses coujans, de la- BOBDE, Émaux, p. 23o. Il XVI* s. Lors coulerés la matière à travers d'une toile nuefve, violemment, pour la difficulté de sortirdu couloir, à cause de sua naturel glutineux, o. de serres, 8oa.

— ÉTYM. Couler; saintong. couroi.

COULOIRE (kou-loi-r'), s. (. Vaisseau disposé, ft

son fond, de manière à laisser s'écouler la partie la plus liquide de certaines prép.iralions. || Petit vase qu'on met sous le robinet de la cuve lorsqu'on tire le vin. Il Espèce de filière d'épinglier.

— HIST. xvi* s. Restant le tiers assésespès, lequel par après l'on passera par une couloire de cuivre, persée à petits trous, o. de serres, 23a.

— ÉTYM. Couloir.

I COCLON (kou- Ion), s. m. Un des noms vulgaires du pigeon. || Coulon-chaud, un des noms vulgaires du tourne-pierre, oiseau. || Coulon de mer, un des noms vulgaires de la mouette.

— ÉTYM. Latin, cohimbus. Coulon on eo/on était, ilans l'ancienne langue, le nom du pigeon.

t COULOTTE (kou-lo-t'), s. f. Outil de plombier. Il Pièce qui soutient le bois que refend le scieur de long.

f COULOCGLI (kou-lou-gli), t. m. Voy. coLOucu.

COLLPE (koul-p'),î. f. Il 1* Terme de dogme. La souillure du péché qui fait perdre la grâce. Il fallait déiruire la coiilpe et la peine du péché, Boss. Il, Pass. 3. C'est une vérité de foi que l'absoliiiion du prêtre, en nous rcmeiiant, quant i la coiilpe, les péchés que nous avons confesse», na nous en remet pas pour cela toute la peine, je veux dire toute la peine leraporelle, bourd. A'-nsées , t. 1, p. 331. Par le baptême la rémission est complète, rémission de la coiilpe et ."émission de toute la peine; au lieu que dans le sacrement de pénitence Dieu ne remet pas toujours, avec la coulpe et la peine éternelle, ce que nous appelons peine temporelle. ID. ib. La coulpe ou l'offense faite à Dieu, FLÉcii. Serm. ii, 4 14. Les actions tie sont pas d'une maUce de coulpe quand l'intention est

COU

pure, VOIT. Inqinu, i 6. t| Dire sa coulpe d'une chose, er témoiftner son repentir. Trois fois la semaine, les capiinns disent leurcoulpe devant leur gardien, et en présence de tous les religieux. J'en dis ma f/oulpe et j'en suis tout honteux, la font. Aoeux. Il Battre sa conipe, dans le style ancien et poétique, se frapper la poitrine en disant son mea cnlpa. Lors bat sa coulpe, à Dieu se recommande, Son cœur défaille et son ftme s'en va, cbeuzé de lesser, la Tdblc ronde, ch. XIX. || 2" D'une façon générale, faute. La pauvre Marion trouve tant de vengeurs en ce monde que, quelque grande qu'ait été mon offense, je crains peu d'en emporter la coulpe avec moi, I. J. Rouss. Conf. ii. X l'heure oii, prés de .sortir de cette vie, ils seront sollicités par leur conscience à ne pas emporter leur coulpe avec eux, ID. Dial. 3.

— HiST. X" s. Elle colpes non avret [avait] , por 0 no s'coit [pour cela elle ne fut brûlée], Eulalie. Il xrs. Clamez vos culpes, si priez dieu merci, Ch. de Ilol. Lxxxvii. N'i a culpe li bers, ib. xc. || xii's. D'heures en autres [il] va sa coupe battant, Ronc. p. 92. Ijxiirs. Bien diriez que n'ai coupe en ceste destinée, llerle, xvi. Et vois [vais] je jus ma corpe balre; Il a [y a] en vos mal confessor, lien. 20812. Quant en cope se sentira, Du forfet se repentira, la Rose, (0617. Si li sers s'en est foïz et ce n'est pas es colpes à celui qui l'achata, il n'en paiera riens, Dig. (■iS. Le pechié et la colpe en est soe [sienne], non pas de celui qui est à son conseill , Àss. de J. is. Et je vous donrai tant, que la coulpe n'iertpas moie, mes vostre, se vous ne voulez demeurer, joinv. 257. Il XIV* s. Pour ce disoit Chaton d'un homme ivre, que ce n'est pas la culpe du vin mais est la culpe du bevant, oiiesme, Eth. 60. || xv*s. Et que ce n'estoit pas sa coulpe qu'elle [Isabelle, femme d'Edouard II] tstoit partie de lui, car il ne lui vouloit que tout amour, froiss. i, i, <). || xvi's. [Tu croiras que mou absence] Vient par sentir la coulpe qui mepoinct D'aiiCim mesfait : mais ce n'est pas le poincl, mahot, II, (05. Que doivent espérer les meschans, qui sans ce.sse Portent dedans le cueur leur coulpe vengeresse? DUHELL. VIII, 34, verso. Il semble qu'en nous esmouvants de l'accusation nous nous deschargeons aulcunement de la coulpe, kO!^ m, 78. Les médecins en atiribuent la coulpe au patient, id. m, 210. Perseus, troublé de ses malheurs, cherchoit à rejetter la coulpe de sa desfaitte sur tous autres que sur luy , AMVOT, /'. /£m. 37. Il ne se pouvoit trouver autre satisfaction suffisante pour abolir la coulpe de nos péchez, calv. Instit. 384.

— ÉTVM. Provenç. colpa ; espagn. culpa; ital. colpa ; du latin culpa.

t COULT (koulf), s. m. Bois de marqueterie.

COULURE (kou-lu-r'), s. f. || 1° Mouvement d'une chose, d'un liquide qui coule. Ce que les fondeurs craignent le plus, c'est la coulure du métal hors du moule. Il 2° Terme de culture. Accident qui arrive à la grappe en fleur et qui fait que tout ou partie des grains de raisin coulent, ne se iléveloppent pas. La vigne est sauvée de la gelée, il n'y a plus que la coulure à craindre. Cette différence vient peut-être des divers accidents auxquels la vigne est sujette dans ce pays-ci, gelées, pluies, coulure, qu'on n'a point tant à craindre dans les pays chauds, rollin, Ilisl. anc. OEiivres, t. x, p. 4B0. || 3" Terme de pêche. Nom de cordes de crin qui, bordant le haut et le bas des seines, portent des lignes par en haut, et des cailloux par en bas.

— ËTYM. Couler.

t COUMAILLE (kou-mâ-ir, Il mouillées), s. f. Roclie des mines dans le.squelles la houille est divisée.

t COUMARINE (kou-ma-ri-n'), s. f. Terme de chimie. Principe cristallisable, d'une odeur aromatique, qui existe dans la fève tonka.

— f.TYM. Conmarou.

t COUMAROU kou-ma-rou), s. m. Arbre de la Guiane, de la famille des légumineuses, dont le fruit est la fève tonka {coumarouna adorala, L.).

~ ËTYM. Mot galibi.

i COUMIKR (kou-mié), s. m. Arbre laiteux et résineux des forêts de la Guiane.

t COUNTRV-DANCE (on devrait prononcer kaoun'tri-dan-s'; mais on a presque toujours prononcé kon-tre-dan-s', comme pour la contredanse française), s. (. Voy. CONTRi:nANSE 2.

COlIP(kou ; le p ne se prononce pas et ne se lie pas: unkouaud.icieux; coup. se comporte comme loup, oii le p ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie: des kou-z audacieux; Bèze, au xvi' siècle, remarque que le p »e prononce au singulier et non au pluriel) , s. m. *° Impression qu'un corps fait sur un autre en le

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heurtant; 2° les coups, le combat; 3» blessure, contusion; 4» la décharge d'une arme à feu; r," atteinte, attaque, blessure morale; 6" son, bruitque rendent certains corps par le choc; 7° action rapide d'un organe, d'un instrument, etc.; 8" coup de main, terme de guerre; 9° coup d'œil; <o° action vive, effet subit de certaines choses; <l° chance favorable ou défavorable, circonstance imprévue; 12° action; (3''coup d'État, coupdo théStre; (4° fois, occasion; <6° coup devin; (6° terme de jeu , manière de jouer, chance dujeu ; \T toutà coup; 18° à coup; (9° tout d'un coup; 20° coup sur coup; 21° après coup; 22° à tous coups; 23» pour le coup; 24' encore un coup; proverbes. || 1" Impression qu'un corps fait sur un autre en le heurtant. Donner un coup de bâton, un coup de fouet, un coup de marteau. Se donner un coup contre un mur, se faire une contusion en se heurtant. Où chacun seul témoin des grands coups qu'il portait.... corn. Cid, iv, 3. Je veux ici l'attendre et le rouer de coups, scarron, D. Jnphet, iv, 2. C'est un de ces braves de profession, de ces gens qui sont tout coups d'épée, qui ne parlent que d'échiner, mol. l'ourb. de Scapin, 11, 8. Et les coups de bâton d'un dieu Font honneur à qui les endure, id. Amph. m, to. Il se donna cin(j ou six coups de couteau, sav. 143. Le cheval s'approchant lui donne un coup de pied. Le loup un coup de dent, le bcouf un coup de corne, la font. Fahl. m, 44. Il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre, ébranlé par tant de mains et frappé de tant de coups à sa racine, Boss. Anne de Gonz. Le Samien m'avait porté un faux coup, FÉN. Tél. V. Au premier coup qu'on lui porte, l'idole se renverse, m. ib. xii. Us [les mauvais rois dans le Tartare] sont sous les coups de ces esclaves, devenus leurs tyrans impitoyables, id. 16. xviii. L'onde était écornante sous le coup de rames innombrables, ID. ib. II. Il en couvrait d'autres de peaux de sangliers et d'ours, et lâchant sur eux ses chiens de chasse, il les faisait déchirer, ou les tuait à coups de fléchas, rollin, llist. anc. OKiares, t. v, p. 423, dans POUGENS. || Faire le coup de poing, se battre avec le poing fermé. || Coup de poing, instrument pour percer les tonneaux; espèce de pistolets fort petits. Il Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiser des gens aigris les uns contre les autres. || Casser le nez à coups d'encensoir, donner en face des louanges exagérées et grossières. || Faire d'une pierre deux coups, venir à bout de deux choses par un seul moyen. Il Frapper les grands coups, employer les moyens décisifs. Il Frapper des coups en l'air, perdre sa peine. || C'est un coupdans l'eau, c'est un coup d'épée dans l'eau, se dit d'une tentative inutile. || Avoir un coup de hache à la tète, ou, simplement, avoir un coup de hache, un coup de marteau, être un peu fou. Il Terme de manège. Coup de hache, dépression existant au point de jonction de l'encolure avec le garrot. Coup de lance, cavité à la base de l'encolure, à l'épaule, au bras ou à la fesse. Coup de reins, mouvement par lequel le cheval roidit les reins. Il Coup de fouet, coup porté avec un fouet. Le soldat anglais reçoit des coups de fouet. Un coup de fouet vigoureusement assené fit partir le cheval au galop. Il Terme de pathologie. Coup de fouet, rupture de fibres musculaires ou de muscles minces, qui survient à lajambe pendant un effort, et qui fait éprouver au patient une sen.sation comme s'il recevait un coup de fouet. || Terme de vétérinaire. Coup de fouet, mouvement brusque observé aux flancs dans la respiration d'un cheval poussif, surtout pendant l'expiration. || Dans le langage général, coup de fouet, effort redoublé par lequel on tente d'obtenir ou d'emporter quelque chose, et, en musique, efl'ort plus brillant que tout le reste, par lequel on finit un morceau. Coup de fouet signifie aussi excitation, action d'animer, de presser. {| Terme de marine. Coup de fouet, la dernière crise du coup de vent, ou le coup de vent lui-même, s'il est de peu de durée. Il Coup de talon, choc qu'éprouve un navire en passant sur un écueil. || Coup de boutoir, coup porté par le sanglier avec son boutoir; et, figurément, attaque brusque et inattendue en paroles. Il Terme de maréchalerie. Coup de boutoir dans la sole, plaie iMitL- |iar le maréchal, lorsque avec le boutoir il pare trop profondément la sole du cheval. Il Terme d'escrime. Coup pour coup, action de deux tireurs qui se toiiclient en même temps. Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement; . et fig. circonstance inopinée, ou occasion qui passe vite. Il a su profiter du coup de temps. |l Coup fourré, dans un combat au fleuret, à l'èpôe, se dit quand chacun des deux adversaires en même temps donne et reçoit un coup. Et, figurément, faire un coup |

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fourré, se rendre mutuellement et en même temps de mauvais offices. Ils ont fait un coup fourré. Et contre cet assaut je sais un coup fourré. Par ipii je veux (pi'il soit de lui-même enferré, Mol. VÉtniir. II, 6. Il Dans un autre sens, porter un coup fourré, rendre in secret un mauvais office. |1 Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer la balle dans le de<lans, près des encoignures. || Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau prend coup, quand il heurte trop rudement sa proie. || Terme de maçonnerie. Un mur prend coup, il menacedechute, il fait ventre, il n'est plus à plomb. || 2° Les coups, le combat. Mais s'il fallait encor que l'on en vînt aux coups. Je combattrais pour elle en soupirant pour vous, CORN. Ilor. i, 4. Elle-même leur dresse nneembtlche au passage. Se mêle dans les coups, porte partout sa rage, in. Rodng. 1,6. Hercule respirant sur le bruit de vos coups, rac. P/ièd. m, 5. Il Fig. Juger des coups, rester spectateur d'une lutte, d'un débat. Nous étions neutres et nous jugions des coups, sÉv. 344. Il Sans coup férir, sans combattre, sans en venir aux mains. Il s'empara des positions de l'ennemi sans coup férir. Et fig. et familièrement, sans résistance. Il en est venu à bout sans coup férir. Il 3" Blessure, contusion. Il est tout couvert de coups. Il tomba percé de coups. L'époux expirant sous les coups d'une épouse barbare, mass. Car. Avenir. Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé? RAC. Àndr. v, se. dern. || Coupde feu, plaie produite par une arme à feu. || Le coup de la mort, la blessure, l'accident qui la détermine. Il se jeta à son cou. disant qu'il devinait bien ce qu'il avait à lui dire, que c'était le coup de sa mort, qu'il le recevait de la main de Dieu, skv. (73. L'amour lui a donné le coup de la mort, boss. i, Ass. ). || Le coup de grâce, celui par lequel le bourreau achevait le patient; et, par extension , ce qui consomme la ruine de quelqu'un. Il souhaite la mort comme le coup de grâce, SÉV. 32. Il Populairement et ironiquement. Il a été le plus fort, il a porté les coups, il a été battu. 114° La décharge d'une arme à feu. Tirer un coup de canon. Cent pièces de canon tonnèrent sur eHe à son arrivée, et la maison où elle entra fut percée de leurs coups, boss. Reine d'Anglet. De» filous effrontés, d'un coup de pistolet. Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet, boil. Sat. vi. Il ne s'avisa pas seulement de lui tirer son coup, hamilt. Gramm. 5 || Tirer à coup perdu, tirer hors de portée. Il Fusil à deux coups, fusil à double canon. Il Faire le coup de fusil, prendre part à un combat d'infanterie, se battre en tirailleurs. On dit de môme pour la cavalerie, faire le coup de pistolet. Les Mazarins venaient faire le coup de pistolet dans le faubourg St-Anloine, retz, 11, 2)3. || Se dit aussi de la charge de l'arme. J'ai encore deux coups de poudre et un coup de plomb. || Terme de chas,se. Coup double, coup qui tue deux pièces de gibier. Et fig. Le cardinal prit si bien son temps et ses mesures qu'il fit coup double; le confesseur fut renvoyé, et il en donna un autre auquel il était assuré de faire dire ce qu'il voudrait, st-sim. 8, 65. || Par extension. Coup de tonnerre, bruit violent qui accompagne une décharge d'électricité dans un orage. Un violent coup de tonnerre fit trembler toutes les vitres. || Familièrement et par ironie, il est secret comme un coup de tonnerre, comme un coup de canon, il divulgue ce qu'on lui confie. || Coup de foudre, coup que frappe l'électricité dans un orage. Un coup de foudre fendit le peuplier. || Fig. Ce coup de foudre est grand, CORN. Poly. 11, <. Un coup de foudre est tout ce que je veux de vous, rac. Théb. v, 6. Les dieux, longs à se résoudre. Ont fait un coup de leur foudre, M*LH. Il, 4. Il 6* Fig. Atteinte, attaque, blessure morale. En vos beautés parfaites Vous ne pouvez savoir tous les coups que vous faites, Régnier, Sat. xiii Il veut frapper le coup sans notre ministère, corn. Iléracl. m, 3. J l'honneur de tous deux il porte un coup mortel, id. Cid, 1, 5. Les Sarrasins reçurent de grands coups durant l'empire de Léonce, boss. llist. m. Vous vous troublez beaucoup I Mon cœur n'est point du tout ébranlé de ce coup, mol. F. sav. v, 4. Amour est un étrange maître; Heureux qui peut ne le connaître Que par récit, lui ni ses coups, LA PONT. Fabl. IV, ). Mais il me faut tout perdre et toujours par vos coups, bac. Andr. 1, 4. S'il préparait ses coups tandis que je vous vois, m. Bnt. v, 5, Constantin, après avoir affaibli la capitale, frappii un autre coup sur les frontières, monteso- Rom. I7. Il Le dernier coup , ce qui achève d'accabler, de ruiner, etc Donner ledernier coup à la dernière tête De la rébellion, malh. ii, (2. Donner le dernier coup au parti des tyrans, mol. l). Gare, v, 6. 11 ne restait qu'à donner le dernier coup i cette

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secte, FI.ÉCH. le Tellier. Il donna le dernier coup à leur empire, Boss. Ilùt. m, 6. Voilà le dernier coup quMl fallait donner à notre ignorance , m. ib. ii, H. Cet &lil qui donna le dernier coup à l'hérésie, id. le Tellier. Les flatteurs nous donnent le dernier coup, ID. Ilisp. 3. Mme de Jouarie donne le dernier coup à l'exemption, m. Lrttr. abb. 7u.|l Tenir coup, tenir tête. Pr?.le chacune à tenir coup aux gens, LA FONT, ilazct. || Le coup de pied de l'flne, insulte qu'un Ificlie adresse à un homme jadis puissant et maintenant hors d'état de se venger. Locution tirée de la fable où l'Ane vient en dernier frapper le lion mourant. || Coup de Jarnac, manœuvre perfide, déloyale. François de Vivonne fut tué en combat public et singulier par Guy Chabot, fils du seigneur de Jarnac, d'où est venu le proverbe du coup de Jarnac, st-sim. 352, 133. Il 6° Son, bruit que rendent certains corps par le choc. Le premier coup de cloche le réveilla. Au coup de miimit, de midi. Les coups de marteau retentissaient dans toute la maison. Tout est prêt; nous partirons au coup de dix heures. || Familièrement. N'être pas sujet au coup de cloche, au coup de marteau, n'être pas sujet à la cloche, au marteau qui demande que la porte soit ouverte et qui indique qu'on vient réclamer votre office, être libre et maître de son temps. || 7° Action rapide d'un organe, d'un instrument, etc. Un coup de langue. Des coups de gosier sonores. En quelques coups de balai la maison fut nettoyée. || Un coup de dent, action de faire aller la mâchoire pour manger. [L'âne] Craignit qu'en perdant un moment II ne perdît un coup de dent, la font. Fabl. viii, )7. 11 y procédait d'une vitesse toujours égale et trouvait moyen, sans perdre un coup de dent, de me donner louanges sur louanges, lesage, Gil Blas, i,-2. ||r,oup de pinceau, application du pinceau pour peindre; et fig. description. Tu demeures surpris et changes de couleur à ce discours; ce n'est là qu'une ébauche; et, pour achever le portrait, il faudrait bien d'autres coups de pinceau, mol. D. Juan, i, -l. Si Molière a rendu Tartufi'e odieux au cinquième acte, c'est par la nécessité de donner le dernier coup de pinceau à son personnage, mahmont. Élém.lilt. t. vi, p. m , dans poLGENS. || Coup de chapeau, salutation donnée au passage. Encor? Que de coups de chapeau! mol. Éc. desmar.i, 5. || Traduire à coups de dictionnaire, ne pouvoir traduirequ'enayantrecoursfréquemment au dictionnaire. La plupart des livres de certains savants ne sont fabriqués qu'à coups de dictionnaires, et ils n'iint guère lu que les tables des livres qu'ils citent, ou (pielques lieux communs ramassés de différents auteurs, MALLEBR. llech. liv. IV, cli. 8. |i COUJ)S de ciseaux, coupures qu'on fait avec des ciseaux dans quelque écrit pour les insérer textuellement dans une composition. Faire un journal à coups de ciseaux. || Donner à quelqu'un un coup de main , d'épaule, lui venir en aide, unir momentanément ses efforts aux siens. || Donner un coup de collier, faire un nouvel effort, locution prise des chevaux qui, faisant un effort, appuient sur le collier. || Familièrement. Donner un coup de pied jusqu'à tel endroit, y aller : cela ne se dit que d'un endroit peu éloigné. Il Terme de peinture. Application, sur la toile, de la brosse ou du pincpau chargé de couleur, l'eindre au premier coup, peindred'une manière large, facile, rapide. Coup de jour, trait vif de lumière ou de clair placé à propos. || Terme de musique. Coup de langue, coup de gosier, couii d'archet, manière de lancer le son. Il Fig. Coup de bec, de dent, de langue, de patte, propos médisant. Les absents sont assa.ssinés à coups de langue, scarkon, iiom. eom. ch. S. Pour vous, vous représentez une de' ces personnes qui prêtent doucement des charités à tout le monde, de ces femmes qui donnent toujours le petit coup de laiigue en passant, mol. Impromptu, <.||Coup de filet, action de lancer le filet, et résultat de cette action, prise de poisson; et fig. une ca|ituie, un gain. La police, d'un coup de filet, a saisi plusieurs malfaiteurs. Ce seul coup de filet lui a rapporté une grosse somme. |! Terme de typographie. Coup de planche, aciiun de poser la planche sur le papier [lour l'imprimer. || Coup de piston, la course entière accomplie par un fiiston dans un corps de |ioinpe, pour se rendre il'une extrémité à l'antre. || 8° Terme de guerre. Coups de main, ceux qui se donnent avec les armes ordinaires, sans artillerie, l'ne place emportée à coups de main, c'est une place emportée d'emblée, l'épée à la main. || Coup de main, expédition, attaque de vive force, et, en général, toute espèce d'entreprise hardie. S'il est permis, sous ce prétexte, de faire des coups de main, quels États sont en sûreté dans la jeune.sse des rois? boss.

Variât. Déf. <" dise. § <ii. La Grande-Bretagne n'oublia pas, à Ulrecht, que ces voisins entreprenants, soutenus des Canadiens, accoutumés à la chasse et aux coups de main, avaient porté, durant les deux dernières guerres, la désolation dans ses divers établissements, haynal, llist. phil. xvii, <2. Il 9°Coup d'ueil, vue, regard. Jetez un coup d'oeil sur ce tabhau. Et dès qu'il m'aura plu d'abattre votre orgueil. Vos têtes pour tomber n'attendront qu'un coup d'oeil, cobn. AUila,s, 3. Je crains d'en recevoir quelque coup d'usil fatal. Et chasse un ennemi dont je me défends mal, ID. l'hénd. il, 2. Enfin, avant de paraître au parloir. On doit au moins deux coups d'oeil au miroir, gresset, yerl-vcrl, i. Les opticiens, fondés sur l'expérience, disent que l'étendue d'un coup d'oeil est bornée à l'angle droit, BONNET, Ess. psyih. ch. 38. Il Fig. Bannis toute imposture , et d'un coup d'oeil plus sage Regarde ce prophète à qui tu rends hommage , von. Fanât, i, 4. || Coup d'œil, sûreté dans l'appréciation des choses. 11 avait ce qu'on appelle le coup d'œil d'une justesse et d'une promptitude singulière et peut-être unique; c'était une sorte d'inspiration dont la clarté et la force prouvaient la vérité, du moins pour lui, fonten. Chirac. Un Condé, dont le premier coup d'œil décidait toujours de la victoire, mass. Or. fun. Louis le Grand. Descartes a envisagé la nature comme un homme qui , plongeant sur elle un vaste coup d'œil, l'embrasse tout entière et en fait pour ainsi dire le plan à vue d'oiseau, TuaooT, Ébauche du 2" discours. Progrès de l'esprit humain, p. 27H. Il avait reçu de la nature ce coup d'œil prompt et juste qui saisit tout ce qui mérite d'être observé et qui ne voit les objets que tels qu'ils sont, conuorcet, Linné. ||Coup d'œil, aspect. La vertu n'a de triste que le premier coup d'œil , MASS. Car. Dégoûts. Il n'a de beau que la surface et le premier coup d'œil, m. Profess. relig. t. Le coup d'œil de son retour à sa toute-puissance en Espagne [la princesse des Ursins] ne la dérangea pas plus qu'avait fait la chute de la foudre sur elle S Ma^lrid, st-sim. <44, toc. Il 10° Action vive, effet subit de certaines choses. Un coup de vent fit écrouler une partie delà muraille. Du premier coup de vent il me conduit au port, corn. Poly. iv, 3. L'hiver était si près de nous, qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur, siiGUR, Hist. de Nap. ix, 7. || Terme de marine. Coup de mer, choc d'une grosse lame. Bien tenir le coup, résister aux coups de vent et de mer. Faireuncoup d'écoute, forcersa voilure par une brise fraîche. Il Terme de médecine. Coup de sang, attaque d'apo[ilexie. et aussi congestion momentanée du sang vers la tête. || Coup de lumière, effet subit d'une lumière qui apparaît. Malgré l'obscurité du crépuscule où les nations semblent encore errer, des coups fréquents de lumière annoncent l'aurore et la venue du grand jour, holbacii, dans du mar- SAis, Essai préj. ch. I4. || Cou]) de soleil, effet produit, sur une partie quelconque -d'un être \ivant, animal ou végétal, par l'action d'un soleil ardent. Il Coup de soleil, sorte d'érysipèle causé parle soled. J'attrapai un coup de soleil sur une main, cuateaub. Itin, 243. Il Coup de soleil, ensemble d'accidents cérébraux causés par le soleil, et qui [i«uvent causer rapidement la mort. || Populairement. Coup de soleil, acton de rougir soudainement par honte ou |iar embarras. || Coup d'air, fluxion ou douleur causée par un courant d'air. |{ Terme de vétérinaire. Coup de chaleur, congestion sanguine, brusque, rapide, du poumon, quelquefois de l'intestin et plus rarement de l'encéphale, arrivant communément sur les chevaux de trait rapide, pendant le travail et au temps des chaleurs. || Terme d'arts. Coup de feu, action d'activer le feu [lour la cuisson ou la fusion de différentes matières. Toute porcelaine, au moment qu'elle reçoit son dernier coup de feu, se trouve dans un état de fusion commencée, bavnal, llist. phil. v, 27. Il Terme de cuisine. Coup de feu, l'action d'activer le feu des fourneaux au moment d'achever la cuisson des mets; et figurément, moment de piesse. Il Coup de feu, action d'un feu trop ardent sur une préparation culinaire. Le rôti a un coup de feu. Il 11» Chance favorable ou défavonible, circonstiinC'imprévue. Coup du ciel. Coup de bonheur. Comment la retrouver sans un coup du hasard? iihifaut, .Vi'iius II, 111, 4. Fais agir ta constance en ce coup de malheur,- COHN. Cid. ii, 3. La fortune se plaît à faire de ses coups, la fo.nt. /-"aft. vu, <3. Mille fois la religion a été à la veille d'une destruction universelle; et, toutes les fois qu'elle a été dans cet état, Dieu l'a relevée par 'es coups extraordinaires de sa

puissance, pasc. Pensées, pari, ii, art. *. Glaive du Seigneur, quel coup vous venez de faire! toute la terre en est étonnée, boss. Uarie-Thér. Quel coup vient nous confondre! volt. Zaïre, u, 4. Parle, achève, ô mon Dieu! ce sont là de tes coups, volt. i(). u, 3. Il 12' Action. Voilà un coup d'étourdi. C'est un coup de désespoir. C'est là que votre muia peut faire de beaux coups, Régnier. Sat. xiii. Quoi! de tuer un homme auriej-vous conscience? Loin que votre dessein vous fasse aimer d'Horteuse, Ce coup augmentera sa haine, il est certain, la FONT. Florentin, 3. Nous savons que ce prince magnanime [Charles II] eût pu hâter ses affaires en se servant de la main de ceux qui s'offraient à détruire la tyrannie par un seul coup, boss. Heine d'AnglH. Vous vouliez toutes deux un coup trop inhumain, CORN. Hodoq. V, 4. Il n'a point pris le ciel ni le sort à partie, Point querellé le bras qui fait ces lâches coups, iD. Iléracl. lli, 3. Un même coup a mis ma gloire en sûreté, Mon âme au désespoir, ma flamme en liberté, id. Cid, v, 8. Votre bras dans Pharsale a fait de plus grands coups, id. Pomp. iv, 3. S'il a cette vertu, cette valeur insigne, Donnez-lui votre armée, et voyons ces grands coups, id. Nicom. ii, 3. ôcoupi ô trahison trop indigne d'un homme! id. Cinna, m, 3. Si de mon propre sang ma main versant des flots N'eût par ce coup hardi réprimij vos complots, HAC. Alliai. 11, 7. Gardez qu'avant le coup voire dessein n'éclate, id. Andr. m, i. Cet ouvrage, madame, est un coup d'Agrippine, id. Brit. v, 1. L'action de Léonidas, avec ses trois cents Spartiates, n'était pas un coup de désespoir, mais une conduite sage et genereii.se, comme Diodure de Sicile a soin de le faire remarquer, rollin, ll-st. anc. OEuvres, t. iii, p. 220. Ils ont fait un beau coup vraiment; Mais, pour réparer leur sottise, La folie et l'amour ont fait adroitement Réussir l'heureuse entreprise, regnard, Folies amour. Diiertiss. Je crus faire un coup d'une profonde politique en.... fEn. Tél. xiii. Il n'appartient de proposer des changements qu'à ceux qui sont assez heureusement nés pour pénétrer d'un coup de génie toute la constitution d'un État, montesq. Esp. Préface. Le coup du génie [dans le Misanthnope de Molière] est de l'avoir fait amoureux d'une coquette, J. J. Rouss. Lettre à d'Ali'mbert. \\V3iive le coup, faire l'action dont il s'agit, en parlant d'une action mauvaise, ou tout au moins d'une action hardie. Je crois que c'est monsieur votre cher intendant qui a fait le coup, mol. l'Av. v, 2. On ne put pas le convaincre d avuir fait le coup, Boss. Variât, x. Non, non ; Britaiinicus est mort empoisonné; Narcisse a fait le coup; vous l'avez ordonné, rac. Hrit. v, 8. On découvre que le jardinier a lait le coup, j. j. ROUss. Éin. 11. || Faire de bons coups, faire de bons tours. Font quelques lois ensemble de bons coujis, la font. Ilerm. Faire un mauvais coup, une mauvaise action. Celui qui reçoit de l'argent pour un méchant coup , pasc.

Prnv. xviii Comme le vuilà fait! Débraillé, mal

peigné, l'œil hagard! à sa mine. On croirait qu'il viendrait, dans la foiêt voisine. De faire un mau. vais coup.... hegnard, le Joueur, i, 7. || Faire un coup lie tète, faire étourdiment une cho.se hanlie ou extravagante. Faire un coup de sa tête, ne demander conseil à personne. 1| Un coup de maître, une action digne d'un maitie, d'un homme habile, vaillant, etc. Mes pareils à deux fois ne se font pas connallre. Et pour leur coup d'es.sai veulent des coups de maître, corn. Cid. 11. 2. ||Coiip d'e.'-sai, la première fois qu'on lente une chose. Ne cherche point à faire un coup d'es.sai fatal, corn. Cid, u, i. Sur ce beau coup d'essai de votre ingratitude, ID. iVicom. IV, 5. Ce sont des coups d'essai, mais si grands que peut-être Le (^apitoie a droit d'en craindre un coup de maître, id. Nicom. m. 2. N'est que le coup d'essai de ses illusions, id. Poly. i, t. Il fit voir que les plus difficiles victoires ne sont que les coups d'essai de ceux que Dieu même instruit pour la guerre, flêch. Pauég. 11, p. to. En voilà assez pour des faussetés si vaines; ce ne sont là que des coups d'essai de vos novices, et non pas les coups d'importance de vos grands profès. p*sc. Pror. xvi. il Coup d'éclat, aclKin qui fait grand bruit, qui attire beaucoup de renom, et aussi aciiun qui lompl avec des habitudes, avec une situation, etc. Il Coup monté, coup préparé à l'avance, préiuéH 1 té. || .Manquer son coup, ne pas réu-<sir. Ayant manqué mon coup, je ne fis poin* de vains cirurts contre un .M grand nombre d'ennemis , scarh W0//1. roin. 2* part. ch. 14. Les anges de la réfoime ne manquèrent par leur coup à celle fois [le tuèrenl], boss. D<(. Une de ces flèches qui n'ont jamais manqué leur coup . FÉN. Tél. XX. Il Dans un sens ouposé, porter coup

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sans rfgime, profUiiro un eflet considérable. Ce 1 discotirs porta coup et fit songer noire homme, lA FONT. Coupe. Les événements qui ont porté caiip <lAns la suite, boss. Ilist.iu, 2. Ce qui se pa"!se ''Il la vie porte coup au point do la mort, ID. Imp. t. Pour Taire îles menaces qui portent coup, LA BniY. X. La plus petite tolérance porte coup, pathu. Plaid. 6, dans bichei.et 11 s'en fauir bien que toutes nos habiletés ou toutes nos fautes portent coup, vabvf.n. Max. 54fl. || Porter coup, nuiie. Taire tort. Le coup est porté, le mal est Tait. L'injuste porte coup sur lui-même, mass. Ferv.i. I.e pouverncment portera coupa l'a^'riculture et au (.-ommorce, toutes les Tois qu'il entreprendra de fixer le prix des denrées, condillac, Comm. gouv. part.

I, ch. 4, Il Etre sous le coup, être menacé par, être en butte h. Il est sous le coup d'une accusation. Il 13° Coup d'Étal, mesure violente à la(|uelle un gouvernement a recours. Il ne faut plus que vous parliez d'agir puissamment, ni de faire des coups d'État qu'avec la reine, ualz. liv. ii, lett. 5. Jamais un coup d'État ne fut mieux entrepris, corn. Pomp.

II, 3. Non qu'en un coup d'État je n'approuve le crime, id. ib. i. t. Et je puis dire enfin que jamais potentat N'eut à délibérer d'un si grand coup d'Etat, m. ib. I, I. Au lieu de gouverner par les lois, ils veulent étonner par des coups d'État, condillac, Èlud. hist. part, i, ch. 4. || Action qui décide de quelque chose d'important pour le bien de l'État. La bataille de Denain fut un coup d'État. || Entreprise violente par laquelle un personnage s'empare du pouvoir (coup d'État du )8 lirumaire par lequel le général Bonaparte devint maître de la France), ou mesure par laquelle un gouvernement change violemment et en dehors des lois la constitution (le coup d'Etat tenté par Charles X en 1830). || Fig. Tout ce qui est décisif dans quelque affaire importante. Ce mariage fut un coup d'État dans cette famille. C'était un coup d'Éiat, mol. le Dép. m, 7. Il Coup d'autorité, usage extraordinaire qu'une personne fait de son autorité envers ceux qui lui résistent. Il Coup de théâtre, se dit en poésie dramatique, d'un événement ou d'une situation, qui frappe tout d'un coup l'esprit, parce qu'on ne s'y attendait pas. On ne forme point les esprits avec des tableaux et des coups de théâtre, marmont. Élém. litt. OEuvres, t. ix, p. 16, dans pougens. Et fig. Son arrivée fut un coup de théâtre. Cela fit uu coup de théâtre. || 14° Fois, occasion, moment. [L'honneur qui] perdu pour un coup jamais ne se recouvre, RÉGNIEB, Sat. VI. Elles n'arrivent pas à leur dernier degré de perfection du premier coup, desc. Diiipt. t. Il n'est pas permis de faire ces actions-là lactés de vaillance] beaucoup de fois en sa vie ; et la fortune, qui vous en a tiré pour ce coup, est un mauvais garant pour l'avenir, voit. Lett. U8. Les hommes valeureux le sont du premier coup, corn. Cid, II, 3. Certes Rome à ce coup pourrait bien se vanter. D'avoir eu juste lieu de me persécuter, m. Pomp. III, 2. C'est à ce coup qu'il est bon de partir, Mes enfants.... la font. Fobl. iv, 22. Mais le pauvret, ce coup, y laissa ses houseaux,iD. ib. xii, 2a. Vous ne bougerez pour ce coup,iD. Cord. M'empoisonne à tous coups [à chaque instant] leurs plus charmants appas, mol. le Dép. 1, t. Voyons si votre diable aura bien le pouvoir De détruire à ce coup un si solide espoir, id. l'Étour. v, <6. Je l'ai déjà manquée,et même plusieurs coups, id. ib., v, 0. Sans menacer, sans avertir, la mort se fait sentir tout entière dès le premier coup, boss. Duch. d'Orl. Tout cela ne se fait pas d'un coup, lu. Visite, 2. X ce coup, le Saint-Esprit irrité se retire, les ténèbres s'épaississent, la foi s'éteint, m. Atme de Gons. Il 15° Coup de vin, ce qu'on boit de vin en une fois. Il Le coup du milieu, le coup qu'on boit entre les lieux services. || Le coup de l'étrier, le coup qu'on boit en montant à cheval pour partir. || Familièrement. Boire un coup, un verre de vin. Un jour le cuisinier ayant bu trop d'un coup.... la font. Fabl. m, <2. [Tartuire] But, à son déjeuner, quatre grands coups de vin, mol. Tart. i, 6. Il avait envie d'y boire un coup, hamilt. Gramm. II. Matta but cinq ou six grands coups pour étouffer un reste de délicatesse qui l'inquiétait, ID. ib. 3. Frère Giroflée buvait un coup en altendaut le dtner, volt. Cand. 24. On a vu le bossu passer près de la Villeaux-Dames, où il a bu un coup, p. l. cour, n, 276. Il Boire à petits coups, [leu à la fois, mais souvent. L'aîné IBellislej était fort sobre; le cadet aimait à souper et à boire le petit coup, mais sans excès, stsiM. 523, 221. Du vin vieux d'un hôte aimable II faut boire à petiu coups, bérang. P. coups. \\ Boire un coup est aussi faire un excès de vin. 11 avait bu un

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coup. Il Populairement. Hoirs un coup, être en danger de se noyer. || 16° Terme de jeu. Manière de jouer, chance du jeu. lia fait un beaucoup. Il Le donner en trois coups, quatre coups, etc. se dit pour exprimer qu'on défie quelqu'un de faire la chose dont il s'agit, qui est diTficile, et qu'on n'a pas su ou qu'on ne saurait pa.s Taire soi-même. Je le donne en six coups au Tourbe le plus brave, mol. l'Étour. 11, 7. || Coup se dit de chaque fois qu'un des joueurs a donné une carie, lancé des dés, etc. Coup forcé, coup qu'il n'est pas possible de parer. Remettre un coup, autoriser quelqu'un à recommencer un coup mal joué. || Coupsilr, coup qui ne peut manquer de réussir. || Fig. Imperceptiblement ensemble ils se rendront, Et malgré vos elTorls, mon fils, ils se joindront; C'est un coup sûr.... LA font. Florentin, 3. |] X coup silr, loc. adv. Immanqualilement, avec certitude de gain, de succès. Nous réussirons à coup sûr. Ce n'est pas toujours à coup sur qu'on spécule. Mais vantés, à coup sûr, du Mercure galant, boil. Sa(. xii. || Coup de dés, toute combinaison que les dés. peuvent présenter. De leurs différentes comhinaisoiis [osselets à quatre faces dont se servaient les anciens] résultent trente-cinq coups auxquels on a donné les noms des dieux, des princes, des héros, etc. darth. Anoch. ch. 20. Et figurément, c'est un coup de dés ou de dé, c'est une affaire où le hasard aura beaucoup de part. || Rompre le coup, arrêter, détourner une chance des dés, en les empêchant de rouler librement; et fig. empêcher le succès d'une entrepri.se. || Au trictrac, coup et dés, veut dire que la primauté appartiendra à celui qui amènera le dé le plus fort. || 'Tout coup vaille, arrive ce qu'il pourra. || Au billard, coup du roi, coup où, la bille étant placée en arrière de la blouse du milieu près de la bande, on va frapper de sa bille la bande du haut, de manière qu'en revenant elle pousse l'autre dans la blouse. || Dans toute espèce de jeux, faux coup, se dit, en général, d'un coup qui n'a pas réussi ou qui n'a pas porté. || Au billard, faux coup de la queue, faute que commet le joueur quand il touche la bille à faux. || Coup de partie, ce qui décide du succès d'une partie de jeu; et fig. du succès d'une affaire. Ce que je viens de faire est un coup de partie Oui les sauve tous quatre et moi-même avec eux, LACHAUSSÉK, Mélanide , m, 8. || Coup de bourse, opération de bourse qui réussit, qui apporte un grand profit. Il 17° Toup à coup, loc. adv. Soudain et sans qu'on s'y attende. Faire accroire tout à coup à tout

un peuple que boss. Hitt. 11, 13. Tout à coup

elle aperçut les débris d'un navire, fén. Tel. 1. Il 18° À coup, à la fois. Le sang des veines y entre si à coup et en si grande quantité que.... desc. Pass. 122. Selon que ce froid vient plus lentement ou plus à coup, ID. ilétéor. 5. Au lieu de descendre doucement dans leur matière, ils y tombent soudainement et à coup, BALZ. liv. vu, lett. 60. Il 19° Tout d'un coup, loc. adti.Tout en une fois, à la fois, du premier coup. Et pour voir tout d'un coup vos malheurs terminés, CORN. Nicom. V, 7. Et de Servilius l'astre prédominant Dis.sipa tout d'un coup ce bonheur étonnant, ID. Sertor. 11, 1. On ne va pas tout d'un coup à la corruption entière, st-évrem. dans BOCHOURS.noutJ. Ilem. Et croyant entrer tout d'un coup, laf. Fabl. IV, 15. Ou plutôt il fallait, comblant ta perfidie. Lui ravir tout d'un coup la parole et la vie, rac. Phi'd. IV, I. Il Dans le sens de tout à coup. Non, monsieur, elle a fermé tout doucement la fenêtre, et s'est allée mettre sur son lit; là elle s'est prise à pleurer amèrement; et tout d'un coup son visage a pâli, ses yeux se sont tournés, le coeur lui a manqué, et elle m'est demeurée entre les bras, mol. l'Am. méd. i, 6. La fille unique de notre matlre, attaquée d'une maladie qui lui a ôté tout d'un coup l'usage de la langue, in. Uéd. m. lui, 1, 6. Comment I il y avait six jours entiers qu'il ne pouvait mourir, et cela le fit mourir tout d'un coup, ID. le Fest. m, I. Ne disons plus que la mort a tout d'un coup arrêté le cours de la plus belle vie du monde; disons qu'elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme chrétienne peut être assaillie, BOss. Duch. d'Orl. 11 arrive aussi quelquefois qu'un écrivain, parlant de quelqu'un, tout d'un coup se met à sa place et joue son personnage, boil. Sublime, 23. Le roi fit un grand ha! comme un homme oppressé qui tout d'un coup respire, st-sim. 94, ii6. || 20"Coup sur coup, loc. adv. Successivement et sims interruption. Coup sur coup je verrai par leur intelligence De mes soins vigilants confondre la prudence, MOL. Fc. des f. IV, 7. Trois rendez-vous coup sur coup furent pris, la font, ilagn. Elle a été deux fois à la Trappe coup sur coup, boss. Lett. 840. La

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reine écrivit coup sur coup quatre lettres, m. Déf. Les prophètes qu'il envoie coup sur coup, m.llisl. 11, 4. Tant de malheurs qui arrivaient coup sur coup entre SCS mains, lu. Char. (rat. 2. Tandis que.... coup sur coup. Pour ma santé je bois beaucoup, bèrang. Drograt. Il produisit coup sur coup divers ouvrages qui certainement devaient lui faire liormcur, d'oli- VET, llist. acad. 1. 11, p. l7.i,danspouGENS. || 21°Aprè3 coup, loe. adv. Après que la chose est faite. Ces actes n'ont été faits qu'après coup, patru, Plaid. B, dans RICHELET. Ou'Esdras y ail ajouté après coup les prédictions, aoss. Hist. 11, 13. Elles n'étaient que des additions après coup, id. Rem. L'amour-propre a voulu après coup vous déguiser votre crime, mass. Car. Tiéd. l. Dans tous les autres Etats les lois sont faites après coup, volt. Lettres à Cath. 45. Quelques mots auxquels je n'ai réfléchi qu'après coup, 3. }. Rouss. Conf. III. Il 22° i tous coups, loe. adv. X tous propos, chaque fois. Non, je no veux plus voir à tous coups hasardé. Un si grand différend par le sort décidé, Tristan, ilort de Chrispe, 11, 6. || 23° Pour le coup, toc. adv. Pour celte lois. Ah! c'est pour le coup qu'il faut se croire heureux en bêchant son jardin, marmont. ISélis. II. Il Expression d'impatience et d'humeur. Pour le coup, c'en est trop! Pour le coup, l'enfant n'y est plus; comment concevoir qu'on le laisse sortir seuli' 1. j. rouss. Ém. m. || 24° Encore un coup, loc. adv. Encore une fuis. Madame, encore un coup, cet homme est-il à vous? corn. Nicom. 1, 2. Non, mais encore un coup, ne la revoyez point, id. Poly. II, I. Va-t'en, encore un coup je ne l'écoute plus, ID. Cid, III, 4. Allons encore un coup le donner à Chimène, id, ib. v, 4. Ô ma coignèe! ô ma pauvre coignée! S'écriail-il, Jupiter, rends-la-mui; Je tiendrai l'être encore un coup de toi, la font. Fabl. V, I. Il raisonne mal, encore un coup, Bos.s. Déf. J'espère donc encore un coup, que vous voudrez, ID. Lett. 251. Mettons, encore un coup, toule la Grèce en flamme, bac. Andr. iv, 3. Madame, encore un coup c'est Ji vous de choisir, ID. Boj. 11, l. Encore un coup vivez, et revenez à vous, id. Esth. II, 7. Il Proverbes. Le coup vaut la balle, le coup vaut l'argent, la chose vaut bien la peine qu'on a prise. Il Ses plus grands coups sont rues, s'est dit jadis d'un homme qui est sur l'âge.

— REM. Les grammairiens font observer que tout d'un coup se dit de ce qui se fait eu même temps : Ils ont résolu de partir tout d'un coup; et tout à coup de ce qui se fait soudainement et comme à l'improviste : Ils ont disparu tout à coup. 11 faut en effet distinguer tout à coup, de tout d'un coup; mais la distinction indiquée n'est pas exacte. Tout à coup ne peut pas s'employer pour tout dun coup; mais tout d'un coup peut avoir le sens de tout à coup. Voy. les exemples.

— HIST. xi° s. Tans cols a pris sur son escu boucler, Ch. de Ilol. xxxix. Donez mon fief: c'est le colp de Rolant [c'est de frapper Rulant], ib. Lxvii. De cous ferir, receveir et doner, ib. xc. Franc et paien merveilleus colps i rendent, ib. cvii. Colp en auras ainz que nous départons, 16. cvii.

— XII" s Ja par cnp d'arme [le baume] ne sera entamez, Jîonc. p. 36. Nus cops de lance, de dart et de penon, tf>. p. 51. D'ores en altres i [il] va grans cols douant, ib. p. 136.

— xiii" s. Apertemenl lui va Pépins tel cop donner, Berte, m. En la seneslre cuisse [elle] a tel cop assené, ib. xv. Et veez chi un castiel qui a nom Tenis priés de chi à quatre lieues [Tunis, à quatre lieues de Damiette] que nous prendrons au premier cop, C/ir. de Rains, ICI. Li ménestrel du meslier desus dit doivent lesier oevre au samedi au darrenier coup de vespres en la paroisse où il demeurent, Lir. des vxét. 63. Amours, aine ne fu ctievaucie [chevauchée], Tornoieme"ns, ne os [armée] banie, Oii on ne sentist de tes caus, Hist. litt. t. xxiu, p. 613. Vous savés bien qu'au premier cop Ne cope l'en mie le chesne, la Rose, 3424. Et ainsi s'en revint et ramena sa gent à piè ; et ses trois biaus cops fist-il devant le seigneur d'Arsur et les riches hommes qui estoient en Acre, joinv. 277. Li rois ot, par la pez fesant, grant coup [beaucoup] de la terre le conte, 16. 206. Oui ot le vis [visage] et teint et pale Por les cous qu'il ot receiis, Ren. 24858.

— xiv's. Se voslre faulcon a mal es yeulx, de cop ou de toyes [taies], Uodus, C xciv. Tournemine qui fu prudoms au cops donner, Gutscl. 183(2. L'en estoil en conseill souvant, Grant coup avoit de saga gent ; Là Dissiez de beaux langages, Liv. du bon Jeh.

— XV* s. X ces coups [cette fois] passoient et dévoient passer le roi de France et ses oncles, rnoiss.

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lî. II, 212. 1.e bateau n'estoit pas trop grand où nous passasmes, car il n'y pouvoit entrer que deux chevaux au coup [à la fois], id. ii, m, 7. Et puis de petit à petit je mènerai tel Jean Lyon que il sera tout rué jus; ainsi serons-nous vengés subtilement et sans coup ferir [Mahieu à ses frères], m. Ii, il, 52 Si se retrait en sa bataille et onlrtnna que toutes gens mangeassent à leur aise et bussent un coup, lu. I, I, 284. Mais il n'a nul recovreni nt, Quant la Diort a S-in cop féru, CH. n'oRL. Requête àCwpidnn. Mais les daines si nous prièrent très De lioire un coup; et illec assez près Nous menèrent eu lieu bel, cler et frès Pour desjuner, cnnisT. de pisan, DU de Poissy. Lois le roy mist sa lance en arrest et se afficha du tout sur les estriers, puis s'appuya sur le coup pour le chevalier tuer, Ptrceforest, t. i, f» 28. Le duc de Normandie s'estoit délibéré ung coup de fuyr en Flandres, mais.... comii i, I8. Sage après le coup, iD. ib. Son artillerie tyroit à coup perdu par dessus et dedans la ville, m. m, 3. Disant que on faisoit ces dissimulations pourn'avoir point la guerre aux deux royaulmes à ung coup, id. m, 6. Ung coup me trouvay présent que le seigneur Durfé dist ces parolles au dit duc, lo. m, 8. Qu'est ce cy, à qui sommes nous? Ma maistresse est bien arrivée; X co p à coup, despechez vous, villon, i"repue fr. Le mari qui mouroit et enrageoit de faire un coup de sa main, trouva façon de.... louis xi, Nonv. lvi. — xvi's. Lors me dist à voix espamye : Encore un coup, le ciieur me deult, J. marot, v, 333. Chargez, compaienons, clûirgez vos ennemys, et commencez le hiist; car le premier coup vault deux, jkan d'auton, Ann. de Louis XII, ms. f" 74, dans lacurne. Il en a faict son coupd'essay, mabot, ii, 144. l'our belle femme l'on visite X toas les coups un laid mari, id. ii, 189. Pour si à coup [soudain] de nous ne l'estrangor, id. ii, 294. ô le bon gain de mort qui nous délivre Tout à un coup de tribulation, ID. II, 322. X lacompaigne, à coup, à coup, Hau capilaine pinsemaille, id. ii, (32. Tirer à coups de (loches, MONT, i, 23. X louts coups, ID. i, 36. Le tromper peult servir pour le coup, id. i, 21. X coups d'aviron, id. j, 63. X tous les coups qu'il se meltoit à table, id. i, 35. Tout à [d'] un coup, id. i, 82. Mort du seul coup de son imagination, id. i, oi. Ce conte lui vint à coup [tout à coup] frapper l'imagination, m. i, 84. [['réservatif] contre le coup du soleil et la douleur de teste, iD. i, 96. Arracher quelqu'un du sommeil tout à coup et par violence, ID. 1, )95. Je bois le dernier coup quasi tousjours le plus grand, id. ii. ir. Vulcanus en est encor boiteux du coup qu'il print [de la chute qu'il fit], et sera toute sa vie. desper. Cymhal. I2i. Ils esmeurent ui:e partie de la Krance contre l'autre, et eux cependant jugeoyent des coups, langue, 99. Lors ses souhaits seront à un coup [enliùrement] assouvis AMYOT, Pri'-f. xiii, 41. Un vaisseau athénien arrive tout coy <lu commencement, puis tout à cuup ceulx qii sont deilans font un grand hiuit, id. Solon, i4. X tous coups, m. Thém. 28. Il comhattoit à coups de tiaict et de gect, id. ib. 28. Il m'a fallu es jours sai rez de mon triumphe ensepveiir coup sur coup, de mes propres mains, mes deux jeunes enfans, m P. jEm. B8. Celu> qui avoit fait le coup s'en fouit incontinent, tenant toiisjuurs son esjiée nue au poing, id. Timnl. 24. Quand il perdit coup à coup ses deux enl'ans, id. Timol. et P. Mm. comp. 3. Elle avoit desja pris coup, et il estoit trop mal aisé de la retenir qu'elle n'allasl en précipice, id. LucuU. "7.11 alloit aussi au sénat quand il esioit question de rompre le coup i"i quelque menée, id. ib. 85. X grand peine peut sa cuirasse résister aux coups de traictet de main qu'il receut, id. Dion, 41. Et si est son cours fort aspre et fort roide, tellement que les troncs d'arbres que l'on jettoit à val la rivière, avoient grand coup, et faisoient granl eHort contre les poiiltres qui soustenoient le pont, id. César, 30. Le duc estoit homme de guerre, remaniué pour, en plusieurs batailles et combats, avoir par ses chaiges gag.né le coup de la partie, d'aub. Htsl. i, 30O. I.t afin que cett3 manière d'assurance porlast plus de coup, on depesche deux ediis l'un dessus l'autrj plains de faveur et asseurance à tous ceux qui se voiidroient retirer, lu. ib. Il, 34. Qu'il falloit l'oliliger à son avènement pour en tirer une pareille à coup de besoin, id. ib. 158. Toutes les autres volées firent coup [portèrent] dans la cavalerie, id. ib. m, 62. Ils baptisèrent ce prodigieux et horrible forfait, du nom de coup du ciel, Sat. Mén. p. 5. Aussi, de coup à coup, regarderés Testât de sa cuite, pour prenilre avis du poinct de la sortie du feu, o. de SERBES 8«6. Les autres coups hors mains et vrnan» de loin, comme pierres, iraicls et dards,

Roman d'Ah'Clor, p. <t , dans lacubnf,. Je y ai receu plus de trois cents coups de main et beaucoup plus de traict, ib. p. 9. X son réveil elle fut trouvée avoir perdu le sens; car elle tennit des propos Impudiques contre sa nature et costume, changeans et muabl'es coup à quille [comme les coups au jeu de quilles] et s'entietenanlcomniearene sanschaulx, ib. p. 27, dans lacurne. S'eslant transpercez les visages par coups fourrés, comme en ce temps là on usoil de ces mots, bhant. Cap. eslrangA. I, p. 3U3, dans LACuriNE. Piocedans sur lieu [pour établir des limites de possessions territoriales], si l'une des parties frapi lit aucuns coups h. un ou plusieurs cailloux, maintenant estre bornes, Nouv. coust. géncr. t. ii, p. 79. Chacun est recevable pour rehausser et renchérir ces biens, jusqu'à ce que le coup de la main ou de la palmée en sera donné, ib. t. I, p. 492. Un coup de langue est plus dangereux qu'un coup de lance, cotgrave. Chascun est sage après le coup, ID. En adventure gisent grands coups, ID. Qui vise loin, jamais ne rend son coup heureux, id.

— liTYM. Picard, keu; bourguig. cô; saintong. co(,- provenç. co/p, cop, colbe; espagn. et poitug. golpe; ital. colpn; bas-latin, colpus, dans la loi salique, de cnlapus, colaphus qui se trouve avec le sens général de coup; du latin colaphus, coup de poing, soufflet, en grec xoXoi^oç.

COUPABLE (kou-pa-bl'), adj. \\ 1° Qui a commis un crime, un délit, une faute. Quiconque tue est coupable d'homicide, pasc. Prov. 14. Pour se rendre coupable devant Dieu, id. ib. 4. 11 n'est point de malheur dont je ne sois coupable, rac. ISrit. v, 6. Si je te hais, est-il coupable de ma haine? id. Andr. m, 8 II serait moins coupable à m'avoir moins aimée, CORN. Sertiir. v, 4. Ils [les mécliantsj hoironl d.ins la coupe affreuse, inépuisable. Que tu présenteras, au jour de ta fureur, X toute la race coupable, RAC. Alli. II, 9. Hélas! de vos malheurs innocente ou coupable, m. Plièd. m, ). Ils [les grands] .se trouveront encore coupables devant vous des désordres publics, MASS. Pet. car. Vices et vertus. Pour un fils téméraire et coupahla envers vous, volt. Sémiramis, m, 5. Vous sentez-vous coupable, et pouvez-vous répondre? id. AU. m, B. Non, si je suis aimé, non, tu nus |ius coujialjlL'. !d. tli m, 4. Lorsqu'un Athénien attente à ses jours, il est coupable envers l'État qu'il prive d'un citoyen, babthél. Anach. Imrod. part, ii, sect. t. Ce qui me désespère, s'écri::it le jeune Apollodore dans l'égarement de son affliction, c'est que vous mourrez innocent. — Aimeriez-voiis mieux, lui répondit Socraie en souriant, ipie je mourusse coupable? m. ib. ch. 07. Il Dans le langage de la galanterie, amant téméraire ou trop impétueux. Quelquefois les femmes, sans ég.ird pour le dictionnaire, prennent le mot de coupable en meilleure part que celui d'innocent, en. DE BERNARD, la Chasse aux amants, § l. || Terme de dévotion. Se rendre coupable du corps et du sang de Jésus-Christ, recevoir la communinn quand on en est indigne. Que l'homme sonde son propre cœur, de peur de .se rendre coupable du corps et du sang du Sauveur, fEn. xviii, I7«. Le plus grand nombre de ceux qui recevront -lésus-Chiist en cesjours saints se remirent coupables du corps et du sang du Seigneur, mass.Cot. Comm. I. Il Parantiphrase. Malheur aux citoyens coupables de vertu! m. j. ciiènier, Tibère, I. I. Il 2° On le dit aussi des choses. Trahissant la vertu sur un papier coupable, uoil. Art p. iv. .... De vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités [du christianisme] donne l'air de la fable, id. ib. m. Par île pareils objets [une femme trop décolletée] les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées, mol. Tart. m. 2. Seigneur, lu croirez-vous qu'un dessein si coupable.... rac. Milhr. m, 3. J'en ai tro|i prolongé la coupable durée, lu. Phèd. I, 3. D'une tige coupable il craint un rejeton, ID. ib. I, I. Et je ne prétends pas que sa coupable audace Une seconde fois lui promette ma place, ID. Brit. IV, 3. Il 3" Substantivement. Les coupables

furent condamnés Il n'est point de coupable en

repos, DOiL. Épit. xi. Un jour, il m'en souvient, le sénat équitahie Vous pre.ssait de souscrire à la mort d'un coupable, rac. Brit. iv, 3. La coupable est punie et vos mains innocentes, corn. Rodog. v, 5. Une coupable aimée est bientôt innocente, mol. )lis. IV, 2. Tout coupable est timide, volt. Sémiram. v,6 Coupables, approchez; De la chaîne des ans les joursde la clémence Sont enfin retiam hés, Gilbert. le Jug. dernier. Souvent dans sa grandeur quand le coupable en paix Semble de crime en crime affermi pour jamais, delav. Vêpres sicil. l, s. || Familièrement et par plaisanterie, se dit d'une personne qui a fait quelque chose qu'elle désire cacher,

Vous cherchez l'auteur de cette espièglerie, voici le coupable, la coupable.

— IlIST. XII' s. Purço que pur lui fu (ço conuist) ocis [parce que Thomas fut occis pour lui, Henri II, qui le reconnut]. Est venuz al martyr culpabloï e clamis, E se rent e conuist e forfait e chaitis, Th le mari. ici. Qui en un forfait culpables est de loi, Job, 442. Il xiii' s. Li bourgois respondirent que de la mort le bailli lor pesoil et qu'il n'en estoient pas coupable, Chr. de Hains, 227. Ainsi [je] sui de sa mort coupable, Dl. et Jeh. I009. Lors se coucha adens à terre. Et trois foiz se rendi copables. Puis se seigna por les deables.... Ren. «iis87. Tybers s'escuse molement, Que vers lui corpablcs se sent, ib. 2204. Et se li corpables vient por droit avoir, iiv. de just. i 1 3. Plusors personnes poent estre coupavles d'un vilain fot, beacm. lxi, 43. ]|xiv's. Ou cas que il seroit prouvé par lesmoings en forme de droit que il est culpable, obesme, Eth. 102. Celui qui est incontinent, il est culpable du proverbe ou quel nous dison en ceste manière.... id. ib. (95. || xv g. Il en fut trouvé non culpable, et pour ce fut tenus prisonnier sans estre mis à mort, fenin , 4420. Il xvi' s. Celui qui hait son frère est coupable de jugement; qui monstre signe de courroux est coulpahle d'estre condamné par tout le consistoire; quiconque lui dit injure est coulpable de la géhenne du feu, CALVIN, Instit. 302. Coulpable d'impudicité, ID. ib. 304. Certes, seisneur, je sens bien que ma faulte Me rend coulpable à ta majesté haulte, DUiiELL. VA, 92, recto. Les innocens, qui en tels lieux damnables Tiennent souvent la place des coulpables, MAROT, 1, 254. Coupable craint de comparaître , LEROUX DR LINCY , ProV. t. Il, p. 278. Voilà

doncques jusqiies oïl je me sens coulpable de ceste première partie que je disois estre au vice de la presumption, mont, m, 67.

— ÊTYM. Provenç. colpable ; espapn. culpable; portug. culparel; ital. colpeiole; du latin culpabilis (voy. coulpe).

t COUPABLEMENT (kou-pa-ble-man), odti. D'une manière coupable.

— BT'V'M. Coupable, et le suffixe ment; provenç. colpablement ; espagn. colpablemente ; ital. colpabilmente.

t COUPAGE (kou-pa-j') , s. m. Action de couper, c'est-à-dire d'atténuer une liqueur forte par une moins forte. Le coupage de l'alcool par 1 eau. Le coupage des vins spiritueux du midi par des vins plus légers.

— f.TYM. Couper.

COUPANT, ANTE (kou-pan, pan-t'), adj. lll'Qui coupe. Ce couteau n'est pas assez coupant. || 8° .S. m. Traiichint. Le coupant d un sabre. || terme de vénerie. Le coupant de l'ongle du sanglier, le bord de l'ongle.

— HIST. xvi' s. Les coupans des costez des traces d'un sanglier, cotguave. •

I ■ COUPE (kou-p'), s. f. Il 1° Action de couper. La coupe d'un taillis. La coupe des foins se fait en juin. La coupé des cheveux, La coupe du gâteau qu'on fait pour le jour des Rois. Hien n'est plus efficace pour redresser les arbres et pour leur donner une tige droite et nette, que la coupe f.iite au pied, bufk. Exp. sur les légét. 2' mém. Celle association puissante a tourné ses vues vers la coupe du bois, vers la multiplication des troupeaux, vers le coton et le cacao, mais principalement \ers le tabac, raysal, llist. Phil. xiii, 12. Vers le temps de la coupe des blés, on entendait au lever de l'aurore les petites sonneries de nos hameaux , chateaub. Génie, iv. I, 1. Il Faire des coupes dans une sulistance. la couper en différents sens pour en examiner la structure. Il faisait d'une partie qu'il examinait toutes les coupes dilTérentes qu'il pouvait imaginer, pour la voir de tous sens, fonten. Du Verney || Coupe, chaque tousurequ'ondonneauxétoiïesde laine. || Partie abattue d'une masse d'ardoise. || Terme de menuiserie. Coupes carrées, celles qui se fint dans une piècede bois perpendiculairement à sa longueur. || %• Coupe do bois, étendue de forêt abattue ou à abattre. Les coupes réglées sont les aménagemenis suivant lesquels on coupe chaque année une portion de bois déterminée. On a <lts bois en coupe réglée autant qu'on en peut consommer, J. J. Ro-'^s. Uél. v, i. \m fripon qui me vola la moitié d'une coupe de bois, obtient de l'équité des juges un encouragement de 800 francs, p L. cour, i, 448 || Coupe sombre ou d'ensemencement, opérai ion qui consiste à enlever, dans un massif, une partie des arbres qui le composent, de manière à permettre à ceux qu'on laisse s jr pied d'ensemencer ce sol au moyen des graines qu'il produisent et qui se disséminent naturellement.

UG

COU

Coupe claire, opération qui consiste h abattre uoe partie des arbres précédemment conservés afin d'habituer peu à peu le jeune recru à la lumiùro. Coupe définitive, opération qui consisie en l'extraction (les derniers arbres laissés sur pied, quand la nouvelle forêt est assez vigoureuse pour n'avoir plus rien à redouter des inlluences atraosphérii|U(;s. Loupe de nettoiement, opération qui consiste à enlever les pieds nuisibles, parasites, racbitiques. Coupe il tire et à aire, celle qui se fait sans rien laisser [en tirant, ôtant ce qui est sur l'aire, sur l'emplacement]. Il Fig. Coupe réglée, prélèvement qui se répète régulièrement. Sous le premier empire la population de la France était misa en coupe réglée par la conscription. Mettre quelqu'un en coupe réglée, imposer à quelqu'un, d'une façon régulière, des privations, des sacrifices d'argent. || 3° Emlroit où une chose a été coupée. Ce drap est beau à la coupe. La coupe d'un tronc d'arbre. || X la coupe, lac. adv. À la condition de couper pour essayer. Acheter un melon à la cou|)e. On n'a reconnu qu'à la coupe la fausseté de cette pièce de monnaie. !| 4° Terme d'architecture. Plan qu'on suppose couper l'intérieur d'une construction, pour en montrer les dimensions relatives et les détails intérieurs. Coupe perpendiculaire. || Fausse cou[ie, assemblage qui se trace avec la sauterelle, sans le secours de l'équerre, ni de l'onglet. Fausse coupe, direction d'un joint de tête oblique à la douelle d'une voûte. Il 5° L'art de tailler les pierres. La coupe des pierres est un art particulier. M. Desargues, qui était du petit nombre de mathématiciens de Paris , et M. Bosse, fameux graveur, avaient fait une première partie d'un traité de la coupe des pierres, matière alors toute neuve, fonten. Lahire. \\ Action de couper le verre avec le diamant. || 6" Manière dont la coupe est pratiquée, disposition qui en résulte. La coupe de ce cintre est élégante et hardie. La coupe d'un habit. || Par extension. Coupe de corps [du cygne] élégante, formes arrondies, gracieux contours, buff. Cygne. Dans sa coupe légère, avec solidité, Il réunit la force à la rapidité, DELILLE, Imagin. v. || On dit dans le même sens : la coupe du visage; une coupe gracieuse du visage. Il Terme de marine. Fausse coupe, coupe manquée d'une pièce de tiois ou d'une voile. || 7° Manière de découper les étoffes, les cuirs. Ou vante cet ouvrier pour l'habileté de sa coupe. || Terme de marine. Maître de coupe, celui qui coupe les manœuvres d'un bâtiment. Coupe des voiles, action, art de les tailler. || 8° Fig. Division, distribution. La coupe d'un poème, d'un ouvrage. || Arrangement des repos dans le vers, dans la phrase. La coupe d'un vers, d'une phrase. Les coupes du style. Un écrivain, qui a de l'oredle et assez d'art pour donner h son style le mouvement de la pensée ou du sentiment qu'il exprime . saura bien varier encore la coupe et le rhytftme du vers, marmont. Élém. lia. Oliuvres, t. X, p. 472, dans pougens. || 9° Terme de jeu de cartes. Sé|)aration qu'on fait en deux parties du jeu de cartes qu'un joueur a mêlé. || Faire sauter la coupe, rétablir avec dextérité les deux paquets comme ils étaient avant davcjir fait couper. Il Fig. Cet homme est heureux à la coupe, mani're adoucie de dire qu'un homme triche au jeu. j| Être sous la coupe de quelqu'un, être le premier en carte, le premier après la coupe. Les joueurs ont souvent cetle superstitieuse croyance qu'il y a des gens qui ont une coupe malheureuse, et ils ne veulent point être sous leur coupe. || Fig. Être sous la coupe de quelqu'un, être dans sa dépendance, êire exjiosé ù son ressentiment. CliamiUart et Tessé ne purent se résoudre à retomber une autre fois sous sa coupe [de Câlinai], quelque généreux et chrétien qu'il se fût montré alors, st-sim. t80, 2. Un étranger qui n'a rien en France et peu sous une coupe étrangère et souvent ennemie n'était pas un parti aisé à établir, in. 76, 247. Il Terme de gravure. Action et manière d'entamer la planche avec le burin. || 10"Terme do verrier. 0"<iniité de verre en fusion que l'on prend pour faire une glace soufllée. || 11° Terme de maçonnerie. Espèce de petit canal qui, placé sous les appuis de croisée, sert à l'écoulement des eaux. Il 12° Manière de nager, qui, consistant à porter, alteniaiivemenl et avec force, chaciue liras en avant et à le ramener le long du corps, d'avant en arrière, coupe l'eau rapidement. Nager à la coupe. Faire la coupe.

— msT. XIV" s. Se les coustuniiers abatent bois et ne font bien -la coppe. Ordonnances des rois, t. VII, p. 770. Il XV' s. De telle laçon que la chemise paroissoit, et estoient ces coupes [manches décou- ^"iesj touttes attachées avec un grand ruban , code-

COU

•FBOY, Observ. sur Charles VllI, p. 7io, dans la-

ouhne. Il XVI" s. La garenne sera complantée de plusieurs espèces d'arbres découpe, o. de serres, 'iio. Vendre à la coiijie, oudin, Dict. Levers françois lié et encliainé est contraint de se cendre en ceste estroite prison de rithme sous la garde le plus .souvent d'une couppe féminine, fâcheux et rude geôlier et incogneu des autres vulgaires, dubellay,

p. 3) , dans LACUKNE.

— ÉTYM. Voy. COUPER.

2. COUPE (kou-p'),«. /. ||l°Vaseàboire, ordinairement plus large que profond. C'est de ma main qu'il prend et l'encens et la coupe, coRN.fïnwa,!, 3. Recevez de ma main la coupe nuptiale, ID. Rodng.

V, 3. César prend le premier une coupe à la main, BAC. Brit. V, 5. Hérodote parle de six coupes d'or qui pesaient trente talents, ce qui montait à près d'un million, hollin , Uist. anc. t. ii, p. 4io, dans POUGENS. La céleste troupe Dans ce jus vanté Boit à à pleine coupe L'immortalité, J. B. rouss. Cantate i). Après avoir distribué des coupes aux convives et fait des libations, on apportait le premier service qui commençait ordinairement par des œufs frais, et on finissait le second par des fruits, d'où est venue l'expression ab ovo usque ad mala, pour dire du commencement à la fin, condillac, Ilist. anc. xi, 3. La coupe aux larges bords est vide en un moment, DELILLE, Enéide, i. Tu peux jeter ta coupe, orgueilleux Diogène, Et boire dans tes mains; moi je garde la mienne, delille, Imagin. vi. || Il se dit surtout en poésie. || 2° Fig. Et d'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joief à pleine coupe, RAC. E.vf/t. II, 9. Vous versez sur nos villes et sur nos provinces la coupiî de vos fureurs, mass. Avent, Dispos, à lacomm. Il a versé sur nous la coupe de sa fureur, in. Car. Mot. de conv. La bouche du jeune convive [l'enfant qui n'a point encore de dents] n'est point armée, de peurde blesser la coupe du banquet maternel [le sein, le mamelon], chaïeaub. Génie, i,

VI, 5. Tous les hôtes qui ont bu avec moi la coupe de la joie, id. ilart. ii, 28». Chez l'étranger la mort l'atteint; Qu'il dut trouver sa coupe amère! bBrang. Convoi de David. || Boire la coupe jusqu'à la lie, souffrir une humiliation, une infortune complète. Il 3° La partie de la communion de l'Eucharistie qui se fait avec le vin qu'on met dans la coupe. Le concile de Constance a retranché la coupe aux laïques qui en avaient autrefois l'usage. Le commandement pour tous les fidèles de participer à la coupe, Boss. Comm. Quant au désir qu'il a du rétablissement de la coupe, ID. Déclar. Il 4° Terme d'architecture. Coupe de fontaine, petit bassin en marbie ou en pierre, recevant l'eau du jet. || Partie concave d'une voi"ite ronde, qui se nomme autrement coupole, d'après les Italiens. Il Donner plus ou moins de coupe aux joints des voussoirs d'un arc, en rendre l'inclinaison plus ou moins forte. || 5° Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral. || 6° La fausse coupe, certaine partie d'im calice. Les calices seront marqués et contre-marqués au bouge, fausse coupe et couvercle, Hèglem. orfévr. 3o déc. 1679.

— FllST. XII' s. Lores pristrent la lancée la cupe ki fud alchief .SaUl; si s'en alerent. Rois, to4. ||xiii' s. Li bacin .sont andui d'or fin; Em pior [pire] coupe met on vin, l'artonop. v. 975. Li coupiors ert cieis et vaillans, D'escarboucles resplendissans, FI. el Hl. »l. Et li rois Uters avoit devant lui une moult bêle coppe d'or, ilerlin, 58, tcrso. Hxiv s. Lors lui ala de vin si largement verser Que la coupe convint pardessus suronder, Gnescl. t53, (74. Une couppe d'argent doré à porter le corps nostre Seigneur, du CANGE, coppa. Une coupe couverte, dorée et esmadlée, et au fonds de ladicte coupe a une ymagede saint Martin, delabohde. Émaux, p. 230. Une autre couppe où il a par de<lans une fieurde lys enlevée, et est le couvescle semé d'esmaulx à un clocher pardessus, id. ib. \\ xv" s. Le suppliant ala acheter une cope [sorte de mesure] de sel pour saler le potage, du GANGE, COpa.

— ÊTVM. Picard, cope; provenç. espagn. et portug. copa; ital. coppa; du iMin cuppa ou cupa (voy. aussi ct:vE).

1. COUPÉ, ËE (kou-pé, pée), part, passé. \\ l°Tranché. Home a pour ma ruine une hydre trop fertde; Une tète coupée en fait renaître mille, corn. Cinni, IV, 3. Et n'y voyant qu'un tronc dont la tète est coupée, ui.Pnmp. v, t. || Avoir le cou coupé, perdre la tête sur l'écliafaud. Pomenars ne fait que sortir de ma chambre; nous avons parlé assez sérieusement de ses affaires, qui ne sont jamais de moins que de sa tête; le comte de Créance veut à toute force qu'il ait le cou coupé; Pomenars ne veut pas; voilà le procès, sÉv. 70. || Barbe coupéo. Cheveux

COU

coupés. Il Familièrement. Elle venait d'être coupée [d'avoir les cheveux coupés], sév. 44. Il Cette locution n'est plus usitée du tout. || 2° Terme d'architecture. Pan coupé, surface qui remplace l'angle à la rencontre de deux pans de mur. |{ Terme lie jieinture. Contour coupé, contour qui n'est pas bien tournant et qui, étant tranché trop net, parait dur. Il 3° Interrompu. Pays coupé de canaux. La route est fort coupée et le pays difficile, j. j. rouss. Ém. V. Le royaume de Siam, quoique coupé par une chaîne de montagnes qui va se réunir aux rochers de la Tartane, est d'une fertilité prodigieuse, bay- NAL, Ilist. phil. IV, <2. Il Terme militaire. Dont la retraite est interceptée. L'ennemi coupé par une manœuvre audacieuse. Il annonce que la première ligne de Mural a été surprise el culbutée, sa gauche tournée à la faveur des bois, son flanc attaqué, sa retraite coupée, ségur, Uist. de Nap. viii , tt. Il 4° Terme de marine. Pont coupé, élévation d'une partie du pont de certains bAtiments de commerce. Il 5° Châtré. L'Angleterre ne permet pas la sortie de ses chevaux s'ils ne sont coupés, montesq. Esp. XX, 12. Il 6" Fig. Voix coupée par les sanglots. Les échos as.soupis ne livrent au zéphyre Que des soupirs mourants, de silence coupés, lamart. Méd. II, 2. Il Terme de littérature. Style coupé, style à phrases courtes, et aussi celui où l'orateur, paraissant entraîné par la passion, ne fait pas toujours les phrases complètes , supprime quelque liaison entre les propositions, n'achève pas toujours sa pensée et la laisse deviner en partie. Sa conversation était légère, agréable et instructive par le grand nombre d'hommes et de peuples qu'il avait connus; elle était coupée comme son style, pleine de sel et de saillies, sans amertume i:t sans satire, d'alemliERT, Éloges, Montesquieu. \\ Phra.se. «trophe bien coupée, phrase, strophe où les repos sont bien ménagés. Il 7° Point coupé, espèce de dentelle faite avec des feuilles pointues. || 8° Terme de blason. Ecu coupé, écu divisé par le milieu, de droite à gauche, par une ligne horizontale ou dans le sens de la fasce. || Animaux coupés, têtes de loups, de sangliers et autres animaux, ou pieds et autres membres, quand ils paraissent nettement séparés du corps. Coupé de l'un ou l'autre, se dit quand, sur un écu ainsi coupé, il y a un animal ou autre pièce ou meuble brochant sur le tout, qui est pareiUomenl coupé, en sorte que l'émail du chef se trouve en la pointe, et, réciproquement, celui d'en bas se trouve en haut. || 9° Mélangé avec un autre liquide de force moindre. Du vin coupé d'eau. Les vins forts sont coii|)és avec des vins plus légers. || Alisobirnent. Mélangé avec de l'eau. Lait coupé. Bouillon coupé. Il Proverbe. Pain coupé n'a point de maître.

2. COUPÉ (kou-pé), s. m. || 1° Voiture bourgeoise, dont la caisse n'a qu'un fond. Un joli coupé. || Adjectivement. Carrosse coupé. |{ Compartiment antérieur d'une diligence. Prendre une place dans le coupé. Il Dans les chemins de fer, coupii-lit, wagon disposé pour le transport de malades ou de blessés. Coupé simple, compartiment où Ton n'a pas de visà-vis, exactement comme dans le coupé d'une diligence. Il 2° l'as de danse autrefois fort en usage. On en distinguait plusieurs : le plus ordinaire comprenait un demi-coupé, c'est-à-dire un plié relevé avec changement de pied, suivi d'un pas glissé. Vois-tu ce petit trait de feinte que voilà? Ce fieuret? ces coupés courant après la belle? Dos à dos, faceà face, en se pressant sur tlle? mol. Fdch. i, B. Il Demi-couiié, pas de danse qui commence le coupé, il consiste à rapporter devant le pied i\m est derrière, ou réciproquement, en pliant les geooux et se relevant aussitôt. Le demi-coupé e.xige deux temps; il se fait en avant, en arrière ou de côté. Il 3° Terme d'escrime. Coupé sur pointe ou, simplement, coupé, mouvement de l'épée qui équivaut, quant au résultat, à un dégagement. |{ 4° Terme de musique. Mot qui, écrit sur une note, marque que l'on doit la frapper, mais l'abandonner à l'instant, sans lui donner sa valeur de durée. || 5° Ternie de blason. Une des (|uatre partitions de lécu. Il 6° Terme de marine. Élévation de quelques centimètres faite à l'arriére sur le pont d'un bâtiment.

— ÉTV.M. Coupé t.

i. COUl'K.VU (kou-pô), s. m. Sommet d'un coteau, d'une montagne Pour grimper au couiieaii

Du Parnasse français, bégnieh. Sot. ii. Voyez-vous au-dessous de ce petit coupeau Le berger Alcidor qui mène son troupeau? hacan, lierg. acteu, se. *. Il Vieux.

— UIST. XII' s. Quant ne porent le saint hors del mustier geler, Enz el chief de l'espée grant colp li vait Uuner, Si qtte de la curune le cupel emporta,

cori

cou

cou

Ï7i. le mart. <60. || xiv" s. Boiichier li couru encore sus à tout un grant coustel et l'en feri tellement qu'il le profeniii du couplet île la teste jusques au tronc, DU CANGE, copa. Il XV" s. Car par tropeaulx, Nonobstant les cris et rappeaulx Des bons, coiivristes les coppeaulx Des hea Imes, a. chaktif.r. Le livre des i liâmes. Quant le suppliant eut amassé sa hachette, remonta au dit arbre jusques au coupel d'icellui, nu cange, copa. \\ xvi» s. Les plantes humides seront posées eu lieu arrousé par le moien de la fontaine sourdant au coupeau de la montaignete, 0. DE SERRES, 600.... Le coiipeau Du chevelu Parnasse, RONSARD, 476. Quand la fureur qui bat les grands coupeaux.... du isellay, ii, 26, verso. Ils vindrent à se montrer tout soudain au couppeau de la montagne, amyot, Sylla, 40. Par les montagnes dont il est parlé en pluriel, on entend communément Sion et Moria, qui estoient deux couppets prochains l'un de l'autre comme des cornes, calvin, 2S7. Depuis le couppet de la teste jusques à la plante des pieds on n'y trouvera un seul grain de bien, id. Inslit. (504.

— ÈTYM. Diminutif de l'anc. franc, coppe, sommet (voy. DU CANGE, coppa); picard, coupet, couplet,'{àîle, coupinrtte, cime d'un arbre; norm. coupet, cime; wallon, copète , sommet; espagn. copa, coupe et sommet, cnpete, cime; kymri, cop et copa.; flamand, kop ; haut-allem. kuppe, cime. Tous ces mots paraissent provenir d'une certaine assimilation entre l'apparence d'une coupe renversée et le sommet d'un coteau et puis de tout autre objet (voy. coupole).

t 2. "coupeau (kou-p6), s. m. Bande de carton, contenant cinq cartes sur sa largeur. On dit aussi coupon. Il S. m. plur. Terme de gravure. Parties du métal que le burin enlève.

— ÉTVM. Le même que copeau.

t COUPE-BOURGKON (kou-pe-hour-jon) , s. m. Petit insecte (|ui, pendant les mois de mai et de juin, fait de grands dégâts parmi les jeunes pousses; il en coupe Texf-émité, ce qui les fait périr. Dit aussi bêche, lisette. Il jIu pdir. Des coupe-bourgeons.

— ÉTYM. Couper, et bourgeon.

\ COUPE-BOURSE (kou-pe-bour-s'), s. m. Ancien nom des filous qui enlevaient subtilement la bourse et autres objets. || Au plur. Des coupe-bourses.

— HIST. XVI" s. Ayant condamné un coupe-bourse d'avoir l'aureille coupée, des accords, Bigarrures des entends-trois.

— ÉTYM. Couper, et bourse;voleurs ainsi nommés, parce qu'ils coupaient les cordons qui anciennement tenaient la bourse.

f COUPE-CERCLE (kou-pe-sér-k?) , s. m. Instrument qui sert à couper circulairementle carton employé à l'aire des sphères et autres pièces pour l'astronomie et la géométrie. || Terme de menuisier.. Vilbrequin armé d'une couronne tranchante. || Au plur. Des coupe-cercles.

— ÉTYM. Couper, it cercle.

f COUPE-CHOUX (kou-pe-chou), s. m. || 1° Frère coupe-choux, religieux qui n'est d'aucune considération dans son couvent, et, par dérision, un moine. Ah ! préférez à leur audace [de Voltaire et des siens] L'esprit d'un frère coupe-choux, béranc. Mission», de Monlrouge. || Par extension, homme sans considération. Le duc de Béthune, son mari, n'était qu'un frère coupe-choux qu'on tolérait à cause d'elle, ST-siM. 302, (82. ||2° Coupe-chou; an plur. Des coupe-choux, nom qu'on a donné, par ironie, à un sabre très-court porté par les fantassins.

— ÉTYM. Couper, et chou; dénomination passée sans doute du frère chargé du soin des légumes à un sens de moquerie.

f COUPE-CORS (kou-pe-kor) , s. m. Terme de pédicure. Instrument qui sert à couper les cors.

— ÉTYM. Couper, et cor, durillon.

COUPE-CUL (kou-pe-ku), s. m. || l" Au lansquenet se dit quand celui qui donne ne fait pas une seule carte et amène la sienne la première. || Vieux. On dit maintenant coupe-gorge. || 2° Jouer à coupe-cul, jouer une seule partie sans donner de revanche.

— HI.ST. XVI' s. Le roi Henri IV, ayant pris Mantes, voulant se divertir, joua une partie de pauline contre des boulangers de la ville, qui lui gagnèrent son argent et ne lui voulurent donner sa revanche, parce que, disoient-ils, ils avoient joué à coupe-cu en trois parties. Mémoires pour servir à l'histoire de France, Cologne, (7(9, t. ii, dans bichelet.

— ÉTYM. Couper, et cul.

t COUPEE (kou-pée),s. f. Terme de marine. Ouverture faite dans la muraille d'un navire au-dessus du pont supérieur.

— fiTYM. Couper.

t COCPE-FAUCILLK (koii-pe-fô-si-U', Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires dumudier. {| Au plur. Des coupe faucilles.

— ÉTYM. Couper, flfavr.ille.

t COUPE-FOIN (kou-pe-foin), s. m. Instrument propre à couper, à trancher le foin conservé en tas ou en meule. || Au plur. Des coupe-foin.

— ÉTYM. Couper, et foin.

t COUPE-GAZON (kou-pe-ga-zou) , s. m. Instrument pour détacher le gazon par plaques. \\ Au plur. Des coupe-gazon.

— ÉTYM. Couper, et gaion.

COUPE-GORGE (kou-pe-gor-j'), s. m. || 1° Endroit

écarté, maison mal famée où l'on court risque d'être assassiné ou volé. U semble qu'il ait passé toute sa vie dans un coupe-gorge, siîv. 597. Moabdar est devenu fou, Babylone est un grand coupe-gorge, volt. Zadig, tB. Il Par extension. Les académies de jeux sont souvent des coupe-gorge. Le monde est un coupe-gorge, il n'y a que fraude, st-évrem. dans RicnELiîT. Apprenez, maître Jacques, vous et vos pareils, que c'est un coupe-gorge qu'une table remplie de trop de viandes, MOL. l'Avare, ni, 8. Allons, c'est trop soufl'rir les chagrins qu'on nous forge; Tirons-nous de ce bois et de ce coupe-gorge, mol. mis. V, t. On joue le bi^ca : c'est un coupe-gorge, sÉv. 224. Allons voir mon notaire; et sortons, si je puis. Du coupe-gorge aflVeux et du bois où je suis, REGNARD, Ménechmes, iv, 6. Un de mes amis me raconte une scène tragique dont il venait d'être témoin dans un de ces coupe-gorge à tapis vert dont je parlais tout à l'heure, ch. de behnard, la Peau de lion, § to. || 2° Au lansquenet, coupe-gorge, se dit du malheur de celui <jui, ayant la main, tire sa carte avant que d'en avoir tiré aucune de celles des joueurs; ce qui lui fait perdre tout ce qui est sur le tapis. U a fait trente fois coupe-gorge aujourd'hui. REGNARD, le Joueur, I, 7. Le hasard fit qu'elle [la grande duchesse) coupait M. le Grand, et qu'elle lui donna un coupe-gorge, st-sim. 177, HO. || 3° Terme de marine. Courbe de charpente qui, formant la gorge du vaisseau, se courbe vers l'étrave et sous l'éperon. || Au plur. Des coupe-gorge.

— HIST. xin" s. Kt fist en sa manche glacier Ung bien trenchant rasoer d'acier. Qu'il fist forgier à une forge. Que l'en apele cope-gorge, la Rose, 1 2300. Coupe-gorge [sorte d'arme] qui n'ist du fuerre [ne sort du fourreau] , Fors quand larrecin vet en fuerre, Fabliaux mss. n°76(5, t. ii , f° t»i, dans LACURNE, au mot fuerre. \\ xv" s. Un grand coustel, appelle coppegorge. autrement ganivete, Dti cange, copagorgins.

— ÉTYM. Couper, et gorge.

f COUPEILLON (kou-pè-llon, ii mouillées) , s. m. Terme de pêche. Petite truble pourretirer le poisson des poches d'une bourdigue.

COUPE-JARRET (kou-pe-ja-rè) , s. m. Brigand, assassin do profession. S'étant écrié avec un transport de joie que le coadjuteur n'aurait plus tant de crieurs à gage dans la .salle du palais, et le président de Mesmes ayant ajouté, ni tant de coupe-jarrots.... RETZ, Mém. t. I, liv. 2, p. 390, dans pougens. Je vis ces Albanais qui sont des coupe-jarrets enrôlés, p. L. COUR. Lett. I, 69.

— REM. Des grammairiens ont dit que, ne s'agissant pas de couper un seul jarret, il fallait écrire un coupe-jarrets. D'autres ont remarqué que, admettant un coupe-jarret , il fallait écrire au pluriel aussi des coxtpe-jarret, la pluralité tombant non sur jarret, mais sur hommes sous-entendu. L'Académie écrit un coupe-jarret, des coupe-jarrets.

— ÉTYM. Couper, eX jarret.

t COUPE-LANDE (kou-pe-lan-d') , s. m. Sorte de houe en fer avec laquelle on coupe, entre deux terres, les ajoncs et les autres plantes qui obstruent les terrains incultes. || Axi, plur. Des coupe-lande.

— ÉTYM. Couper, Pt lande.

I COUPE-LftGUMES (kou-pe-lé-gu-m*), s. m. Instrument pour couper les légumes en menus morceaux. \\ Au plur. Des coupe-légumes.

— ÉTYM. Couper, et légumes.

COUPELLATiON (kou-pèl-la-sion) , s. f. Terme de

chimie. Opération par laquelle ou sépare l'argent des autres métaux avec lesquels il est uni, excepté de l'or.

— ÉTYM. Coupelle.

COUPELLE (kou-pè-1'), s. f.\H' Petit vase fait avec des os calcinés, réduits en poudre, puis délayés dans l'eau, et dont on se sert pour la coupellation. Mettre à la coupelle. Passer à la coupelle. Il Or ou argent de coupelle, or, argent très-fin, qui a passé par l'essai de la coupelle. || Fig. Mon cœur s'est purifié à la coupelle de l'adversité, J. J.

I BOURs. Vrom. 1. 1| 2° Terme de marine. Pelle de ferbl.inc, (|ui sert aux canonniers pour prendre de la poudre.

— HIST. XV" S. Je crois qu'homme n'est gi rusé . Fust fin comme argent de coufielle, Oui n'y laissast linge et draficUe, vilH'.n, dans le Dict. de dogmez.

— ÉTYM. Lat. cupella, dimiiiut f de cupa, cuve, coupe ivoy. cuvk) : propreoient p>-iiie coui^-.

COUPELLE. ÉE (kou-pèl-lé, ]ée), part, passe. Argent coupelle.

COUPELLER (kou-p'1-lé), V. a. Terme de chimie. Passer un métal à la coupdle.

— ÉTYM. Coupelle.

t COUPEMENT (kou-pe-man), t. m. Terme de charpentier. Action de couper une pièce avec la scie.

— HIST. XVI' s. Coupement [action de couper],

COTGBAVE.

— ÉTVM. Couper.

t COUPE-PAILLE (l(OU-pe-pft-ll' , Il mouillées), s. m. Instrument pour couper la paille en fragments très-petits. || Au plur. Des coupe-paiUe.

— ÉTYM. Couper, et paille.

t COUPE-PÂTE (kou-pe-pâ-f), s. m. Terme de boulanger. Instrument pour couper la pâte || Au plur. Des coupe-pâte.

— ÉTYM. Couper, et pâle.

t COUPE-QUEUE (kou-pe-keûe), s. m. || l'Instrument (le chirurgie vétérinaire composé de deux branches, l'une mâle, qui porte un tranchant demi-circulaire, l'autre femelle, qui est creusée d'une cavitécorrespondante. Il 2° Platine de cuivre que l'on chauffe, et sur laquelle on aplanit l'extrémité inférieure des chandelles à la baguette. || 3" Instrument pour couper les queues des peaux qu'on veut passer en mégie. || Au plur. Des coupe-queues.

— ÉTYM. Couper, et queue.

COUPER (kou-pé), V. a. || 1° Diviser un corps avec un instrument tranchant. Couper du pain avec un couteau, du bois avec une hache. David, rencontrant Saûl à son avantage, après lui avoir sauvé la vie malgré les instances de tous les siens, se sentit saisi de frayeur pour lui avoir seulement coupé le bord de sa robe et avoir mis la main, quoique d'une manière si innocente, sur sa personne sacrée, boss. Variât. 6" avert. § 30. || Familièrement. X couper au couteau, se dit de choses épaisses, d'un liq lide plus consistant qu'il ne doit l'être. Un brouillard, une fumée h couper au couteau. Voilà un bouillon à couper au couteau. Quelques verres d'un gros vin à couper par tranches, j. j. rouss. Conf. u. || Absolument. Ce rasoir coupe bien. || Couper la bourse à quelqu'un, lui voler sa bourse. || Couper la gorge à quelqu'un, et, populairement, le sifflet à quelqu'un, l'égorger, le tuer. On coupa la gorge à tous les Français dans les Vêpres siciliennes || Fig. Couper la gorge à quelqu'un, lui faire perdre sa position, lui causer un grand dommage. |( Fig. Couper le sifflet à quelqu'un , le rendre muet. || Famihèrement. Je lui couperai les oreilles, se dit par exagération et par menace. Laissez-moi, je lui veux couper les deux oreilles, mol. Tart. v,2. || On dit aussi couper le nez. Lais.sez-moi lui couper le ne/. — Laissez-le aller; Que feriez-vous, monsieur, du nez d'un marguillier? regnard. Ùenechm. m, H. Il Couper le visage à quelqu'un d'un coup de cravache, lui asséner un coup de cravache à travers la fii,'ure. Il Fig. Couper la jupe, couper la robe au cul, façon de parler grossière qui se dit à des prostituées ou à des femmes qui ne valent pas mieux. Il me ferait couper ma jupe; Ma foi, je ne suis pas si dupe, scABR. Yirg. trave.iti, dans leroux, Dict. comique. Il Fig. Couper l'iierhe .sous le pied à quelqu'un, lesupplanterdansuneafraire.il Couper pied à un abus, en ôter la cause. || Couper bras et jambes à quelqu'un , lui ôter tout moyen d'agir efficacement, et aussi lui causer une consternation grande. Cette nouvelle m'a coupé bras et jambes. Je m'en consolerai quand je verrai Phocas Croire alTermir son trône en se coupant le bras, corn. Héracl. iv, 6. || Fig. Quelle horreur d'embrasser un homme dont l'épée De toute ma famille a la trame coupée! corn. //or. v, 3. Si vous voidez couper d'une race odieuse Dam ses derniers rameaux la tige dangereuse, volt. Orphel. IK, 4. Il Couper le mal à sa racine, l'attaquer à sa source et l'extirper. C'en est encor bien moins [de prudence] alors qu'on s'imagine Guérir un si grand mal sans couper la racine, corn. Cinna, II, 2. Il 2° Se couper, couper à soi-même. Se couper les ongles. Coupez-vous du pain. En taillant sa plume, il s'est coupé le doigt. Quand on eut appris sa mort chez les barbares, la douleur fut extrême, ds se coupèrent les cheveux , coupèrent les crins de leurs chevaux et de l>urs mulets, et remplirent tout le camp

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de oriB et de gémissements, rollin, IHsl. anc. OEurres, i. m, p. 269, dans pougens. I| Se couper la gorge, se donner la mort en s'ouvrant la gorge. || Se couper la gorge avec quelqu'un, se battre en duel avec lui. Mon ami. lui dit le chevalier, j'ai autant d'envie que vous de me couper la gorge, car je suis outré de dépit; mais ce ne sera pas avec vous, s'il vous plaît, MARMONT. Conle.1 mnr. Laurel. || S'Tailler d'une cerlaine façon. Il s'enlend bien à couper les pierres. Couper un habit. La voilà qui me coupe des servieties, sév. 2-2I. || Terme de gravure. Conduire d'une certaine manière le burin. Ce graveur coupe bien le cuivre. Exécuter en creux ou en relief différents ornements. |{ Terme de sculpture. Couper le plâtre, faire à la main des moulures ou autres ornements en plâtre. || Terme d'architecture. Couper du trait, faire le modèle d'une voûte ou d'une pièce de Irait en petit, avec de la craie, du plâtre, etc.|| Absolument, en termes de cordonnieret de tailleur, tailler le cuir ou l'étoffe selon les règles du métier. Il coupe bien. || Entermesdejardinage, couper à l'épaisseur d'un écu, couper en moignon, couper en talus, couper en pied de biche, couper carrément, termes de LAQUINTINIE, Jardins, 1. 1, dans riciiklet.|| 4° Enlever, retrancher une iiartie d'une chose. Couper un pan de bois. || En termes de maçonnerie, couper une pierre, en ôier trop, de sorte qu'elle nepeutpa.-î servir à l'endroit où elle étaitdestinée. || En termes de chirurgie, couper un membre, l'amputer. Couper dans levif, couper, poiirmieux extirper un mal, tout autour dansles chairs vives. || l'ig.CoujierdansIe vif, prendre des mesures énergiques pour mettre fin à une situation mauvaise. || Terme de vétérinaire. Couper un animal, le châtrer. || S" Barrer, détourner, intercepter. Couper le cours d'une rivière. Couper une route, un passage. Les ponts furent coupés pour empêcher les ennemis dépasser. || Couper le chemin à quelqu'un, le lui barrer, passer devant lui. Son fils et deux valets me coupent le chemin, corn, le tient, n, 5. Ils avaient coupé le chemin aux Madianiies, Buss. Polit. Il fait signeaux siens, qui étaient de l'autre côté de l'arbre, de couper le chemin au perfide Adraste, fé.nel. TiH. XX. Depuis, les Russes ont reproché à Napoléon de ne s'êire point décidé à cette manœuvre ; mais ont-ils assez songé qu'aller ainsi se placer par delà un fleuve, une ville forte et une armée ennemie, c'eTit été, pour couper aux Busses le chemin de leur capitale, se faire couper à soi-même toute commuiiicati"n avec ses renforts, ses autresarmées et l'iMrope?sÉGUR,//i47. dei\ap. vi, 3. || Couper lescommunications, couper les vivres à une place assiégée, empêcher qu'elle ne communique avec le dehors, qu'elle ne se ravitaille. || Fig. Coupons dès cette nuit tout accès à ses vœux, rotr. Vcncesl. m, s. A tous nos démêlés coupons chemin, de grâce, mol. Mis. II. 4. Il Couper les vivres à quehju'un, cesser de subvetiirà ses dépenses, lui refuser de l'argent. Il Couper le feu, circonscrire, borner l'action de l'incendie. Des capucins travaillèrent si bien qu'ils coupèrent le feu, sÉv. 20. || Par analogie. Couper la fièvre, empfcher le retour des accès. Avec la seconde écorce du sassafras, ils [les sauvages] coupent les fièvres, chateaubr. Amer. 96. || Fig. Je coupe en lui tout intérêt de mentir, j. j. rouss. Ém. n. Il 6° Passer devant quelqu'un en le séparant de la personne ou de la chose vers laquelle il va. Elle coupe la duchesse et donne la serviette, sÉv. 27. Tantôt il vous quitte brusquement pour joindre un seigneur ou un premier commis, et tantôt, s'il les trouve en conversation avec vous, il vous coupe et vous les enlève, la bruy. ix. Vardes convint avec mou père que le carrosse de M. de Vardes couperait celui de mon père, st-sim. <0, h 9. Tous [au conseil d'ÊiatJ étaient assis, et les conseillers d'État y coupaient les secrétairesd'État et le contrôleur général, id. in, 7. Il Terme de manège. Couper la volte ou le rond, changer de main en faisant des voltes. || 7° Séparer, diviser. Je couperai cette pièce en deux par une cloison, lisent coupédetrofigrandespièces, pour avoirdes logements mieux distribués, i.i. roiss. Wc/. IV, (0. Il Se croiser avec. Ce chemin cuupe la route d'Orléans. L'rie ligne qui en coupe une autre à angle droit. || Couper l'eau, couper le courant, aller en tiaveis ou en remontant. || Fig. Couper à quelqu'un sa journée, iléranger le plan de ses occupations. Il Terme deniaiiiie. Le vaisseau coupe la lame, quand l'avant court sur la lame et la traverse. Il On diiau.-isi couper la ligne de l'ennemi, quand un DU plusieurs vaisseaux la traversaient et la séparaient en deux, rendant ainsi I une des parties inutiles pour le combat, alors que les vaisseaux à vapeur n'existaient pas. X Irafalgar, les Anglais coupèrent la ligne française. || Fig. Couper l'équateur, traverser

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l'équateur. || 8°Termedejeu de carte. Prendre avec l'atout une carte de son adversaire. Je coupe le carreau. Le jeu rassemble tout ; il unit à la fois Le turbulent marquis, le paisible bourgeois ; La femme du banquier, dorée et triomphante. Coupe orgueilleusement la duchesse indigente, rhgnard, le Joueur, m, 8. || Absolument. Je coupe à carreau. I! 9" Empêcher, en parlant de la voix, de la parole. La Parque à ce mot lui coupe la parole, corn. Ilodorj. V, i. Ce n'est que la douleur qui lui coupe la voix, m. Tfiéod. V, 9. Peut-êire, si la voix ne m'eût été coupée, L'affreuse vérité me serait échappée, rac. Phèdre,, iv, 6. Ses pleurs précipités ont coupé mes discours, id. Baj. m, 4. || Couper la parole à quelqu'un, l'interrompre en la prenant soi-même. Couper la parole à son maître, la bruy. iv. Néron lui coupe la parole et lui réplique que Claude ne fit jamais accuser personne, djder. TSss. s. Claude. Il lO" Gercer, en parlant du froid Le froid m'a coupé les lèvres. || Ce vent coupe la figure, il est vif et froid. Il 11° Tempérer un liquide par un autre. Couper du vin blanc avec du vin rouge. || Absolument. Couper, c'est mélanger d'eau. Cou|ier le bouillon. On a beau couper le lait de mille manières, j. j. rouss. Ém. I. Il 12" Couper le style, faire des phrases courtes et d'où les liaisons sont absentes. || Mettre les repos dans les phrases, dans les vers. Ce vers est heureusement coupé. L'orateur a mal coupé ses phrases. Il faut couper vos [ihrases à propos; mais il y a une manière de les couper qui, bien loin d'interrompre l'harmonie, sert à la continuer, d'olivet, Prosodie [r. art. v, § 2. !| Terme de musique. Couper les sons, marquer un silence d'un son à l'autre. || 13" A la paume, couper le coup, couper la balle, pousser la balle de manière qu'elle ne fasse point de bond. Ils la touchent en biaisant de leur raquette, ce qu'ils nomment couper, desg. Diopt. B. || Terme de jeu. Couper cul, se retirer après avoir gagné et sans donner de revanche. || Couper les dés, les jeter en retirant le cornet, pour qu'ils restent à la même place. Il 14° Couper court, abréger. Je dirais beaucoup de choses sur ce sujet que je coupe court par mille raisons, SÉv. 346. Il Absolument. Couper court au discours; et, elliptiquement, couper au discours. Tout cela va le mieux du monde. Mais enfin coupons au discours, MuL. Amph. m, tl. || Par extension, mettre un terme. Coupons court Aux erreurs de la jeunesse, BÉRANG. Cliap. Il Couper court à quoiqu'un, le quitter brusquement en lui faisant une réponse brève et décisive. Et absolument : Monsieur, point tant de paroles, coupons court. || 15° V.n. Passer la racloire sur une mesure de grains qui est comble. Il 16° Couper à travers champs, par le plus court chemin, se diriger par la ligne la plus courte. Il Terme de vénerie. Un chien coupe, lorsqu'il veut gagner la tête de la meule ou lorsqu'il manque de force. |l 17° Terme de peinture. On dit qu'une couleur coupe quand elle n'est pas assez fondue. Il 18° Terme de danse. Exécuter le pas dit coupé. Il Terme d'escrime. Exécuter le dégagement dit coupé. Couper sous le poignet, dégager par-dessous le poignet de son adversaire. Couper sur pointe, porter une botte en dégageant par-dessus la pointe de l'épée de l'adversaire. || On dit aussi couper la mesure, la dégager. || 19" Terme de jeu de cartes. Séparer en deux un jeu de cartes, après que celui qui les tient lésa bien mêlées. || Au jeu du lansquenet, prendre carte et se mettre au nombre des joueurs. Il coupait. || 20° Terme de marine. Couper à terre, aller directement le cap sur la terre. || Passer entre un vaisseau et un autre. Dans ce momentlà j'avais Ruyter par mon travers, et je voyais l'arrière-garde ennemie dans nos eaux, qui pouvait, en revirant, couper entre notre corps de bataille et la division de M. Cabaret, iUm.de Yillette, en (675, dans JAL. Il 21" Se couper, v. réfl. Se blesser avec un instrument tranchant. Elle s'est coupée à la main. Il Terme de manège. On dit que des chevaux se coupent, quand ils s'entre-heurtent les jambes, ou quand, avec l'un des fers, ils se blessent le boulet de l'autre pied. || Se dit aussi des enfants et des personnes grasses, lorsi|u'il leur vient des excoriations aux plis que forme la peau. || 22" Être coupé. Le roc celle et se coupe aisément. || Eu parlant des étoffes, se gâter par les plis. Les étofles fortes se coupent plutôt que celles qui sont souples et déliées. Il 23° S'enlre-croiser. Ces deux lignes, ces deux loutes se coupent. || 24° Fig. Se contredire dans ses assertions. On se coupe aisément quand on ne dit pas la vérité. Ces deux répon>es se coupent, Boss. Aoit!). myst. 90. La comtesse de Soissons, craignant toujours qu'on ne lui eût fait quelque finesse, tourna tant Vardes qu'il se coupa sur deux ou trois choses,

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Mme DE LA FAYETTE, //tj(. d'I/enr. d'Amjlet. OF.utres, t. III, p. 167, dans pougens. J

— HIST. XI' s. Si ço avent que alquen colpe la " poin à altre u le pied. Lois de Guill. )3. i| xii' s. Au

bon destrier [il] a l'eschine coupée, Honc. p. 6e. Ne faiz pas cum. saint Piere qui doua la colée: Al serf al prince aveit l'une oreille coupée, Th. le uiart. 90, Pardouz [deux] lèis i fu pris: si l'en laLssaaler, Mai» ainceis II fist l'um les oreilles couper, ib. 3(.|| xiii's. Et li François lor remanderent qu'il i seroient l'endemain devant tierce, et le [l'ormeau] copperoient ou despit de lui, Chr. de Itatns, p. es. Se feme tient bos [bois] en douaire, elle ne le poet couper devant que liait sept ans acomplis, beaum. xiii, 7. Et quant il les orent pris, il lor coperent les testes à toz, id. XXX, 63. Et lors il me portèrent à terre et me saillirent sur le cors pour moy coper la gorge, joinv. 240. Mal apertement se partirent les Turs de Damiete, quant il ne firent coper le pont qui estoit de nez [nefs], iD. 2)6. ]] xiv* s. Et on voit qu'uns tarons qui se meta l'embler. Il n'aconle noient d'une bourse à couper, Baud. de Seb. vi, 203. || xv s. Et à tant je coupe le compte de che chevalier, jusques cy après que j'en releveray le remannant, G. chastel. Chron. des ducs de Bourg. 1. i, ch. 54. Que ce vin on ne coupe; Ainçois qu'on boive net; Je pry toute la troupe De vider le godet, bas.selin, xviii. Il XVI' s. S'estant si lourdement cnuppé [contredit], MONT. 1,30. C'estoit un précipices! droictetsi couppé, que.... ID. 1, t56. Un mont coupé, rabotteux et inaccessible , id. i, t76. Un langage trop serré, coupé, ID. i, 292. Murena en rencontra les uns fuyans, ausquelz il couppa le chemin et les desfeit, AMY0T, Sylla, 40. Ses ennemis luy coupoient les vivres, ID. Lucull. 4. La montée n'esloit pas fort roide ny couppée [à pic], id. ib. 63. 11 faut couper la cause de la fièvre par son contraire, pari!,

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