JI
— ÉTYM. Génev. contre-pointe. Il n'y a là dans ce mot ni courte ni pointe. Courte-pointe est une fausse prononciation pour coulte-pointe ou coutepointe, c'est-à-dire une coûte pointe, une coûte piquée, du latin culotta puncta (yoy. couette et poindre).
t COURTE-POINTIER (kour-te-poin-tié), s. m. Celui qui fait des courtes-pointes.
t COURTE-QUEUE (kour-te-keue), s. f. || l'Espèce de tortue {cisiude Caroline). |{ 2° Variété de cerise. Il Au plur. Des courtes-queues.
t COURTER (kour-té). 1| 1° V. n. Terme de commerce. Faire le courtage; chercher à vendre une cnose. Il 2° V. a. Courter une marchandise.
— ÉTYM. Voy. COURTIER.
-t COURTEROLLE (kour-te-ro-1') , s. f. Larve du hanneton. || Courtilière.
t COURT! (kour-ti), s. m. Terme de blason. Tête rie More, lorsqu'elle porte un collier d'argent.
COU
COURTIER (kour-tié; IV ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des kour-tié-z actifs) , s. m. Hl' Terme de commerce. Agent qui s'entremet pour l'achat ou la vente des marchandises, pour les placements de fonds, les opérations de bourse, etc. Les Juifs allaient faire le métier de courtiers en Asie, volt. Mœurs, BS. Aussitôt un courtier juif prit la parole.... BEnN. HE s.-p. Cafd de Surate. || Il y a cinq sortes de courtiers : l^les courtiers de marchandises, ayant seuls le droit de faire le courtage des marchandises, d'en constater le cours et d'exercer, concurremment avec les agents de change, le courtage des matières métalliques; 2° les courtiers d'assurances (maritime et fluviale), rédigeant les contrats ou polices d'assurance, concurremment avec les notaires, en attestant par leur signature et certifiant le taux des primes pour tous les voyages de mer ou de rivière; 3» les courtiers-interprètes et conducteurs de navires, faisant le courtage des affrètements; 4° les courtiers de transport par terre et par mer , seuls autorisés, dans les lieux où ils sont établis, à faire les transports par terre et par eau; B° les courtiersgourmets-piqueurs de vin, servant, dans l'entrepôt, d'intermédiaire, quand ils sont requis, entre les vendeurs et les acheteurs de boissons, dégustant à cet eflet ces boissons et en indiquant fidèlement le cru et la qualité. || Courtier marron, celui qui exerce sans titre. || 2° Fig. Je n'ai point vu de plus insolent vieillard, s'écria un des courtiers de chair humaine [négrier], chateaub. Natch. ir, <79. C'est une chose merveilleuse que la facilité avec laquelle il se forme une liaison entre les courtiers de galanterie et les femmes qui ont besoin d'eux, lesage, Gil nias, VIII, iO. De tout Cythère Sois le courtier: On paira bien ton ministère, bérang. Ami Hobin. Il Courtier électoral, personne qui s'entremet d'élections et qui agit auprès des électeurs au nom et en faveur de quelqu'un. || Au sens figuré, courtier a un léminin. Une courtière de mariage.
— HIST. xm* s. On fait le ban qu'il ne soit nus si hardis couletiers ne autres qui accate warde [provision pour autrui] , se cieus [celui] n'est presens pour cui il l'acale, tailuar. Recueil, p. 43) . El mestier devant dit ne puet ne ne doit avoir nul couratier, Liv. des met. -149. Et s'il n'i a corelierne home qui fist le marchié, Ass. de J. I, 2)3. ||xiv's. Coppin et Jehan corretiers, Bibl. des Chartes, 2° série, t. III, p. 423. Il xv s. Alors envoyèrent quérir des plus souffisans et feables coratiers de chevaulx, Je/i. de Saint, ch. (8. Faulx laboureurs, faulx couratiers, Faulx marcheans, faulx regratiers, Mir. de Ste Genev. On passe par hic ou par hoc, Sans courratiers ou truchemens. On se rencontre bec à bec, COQUILL. Le blason des armes et des dames. \\ xvi' s. 11 ne prend courtier qui ne veut, loysel, 4ig. Celui qui a ravy ou pris à force femme de hbre condition, il ne le condemne qu'en l'amende de cent drachmes d'argent : et celuy qui en aura esté le courratier, et qui l'aura menée, à vingt drachmes seulement, amyot, Soloa, 44. Le même peuple saccagea ceulx que l'on appeloit prosagogides comme qui diroit les courratiers, hommes meschans, qui ne faisoient autre mestier que se promener parmy la ville, et se mesler parmy les citoyens, s'enquerans de ce que chacun alloit disant, faisant ou pensant, pour puis après l'aller rapporter au tyran, id. Dion, 37. Il sera fidèle courtier et ministre de quelques folles amourettes, m. Comm. discerner le flatteur, 4). X quoy M. le légat servoit de courratier, pour faire valoir la marchandise, Sat. Ilén.p. (74. Aujourd'hui, ditLupolde, les parties ne parlent aux juges que par courratiers et personnes interposées, NOËL DU PAiL, Contcs d'Eutropel, p. ibS, dans la-
CURNE
— ÉTYM. Génev. courialier, ière, couralier, ière, celui, celle qui perd son temps eu course; Berry, picard et saintongeois, couratier, vagabond, coureur; wallon, coulll; rouchi, coullier ; provenç. corratier; anc. calai, corrater; ital. curaltiere. Ménage et, après lui, Raynouard le tirent de cursitarius; mais les formes s'y opposent absolument; il vient d'une forme curatarius, dérivée de curare, soigner (voy. clre); le courtier est celui qui prend soin d'une affaire.
t COURTIÈRE (kour-tiê-r'), i. f. Espace dans lequel tourne la roue du moulin à eau.
f COURTIL (kour-ti) , s. m. Petit jardin attenant à une maison de paysan. Il est danslecourtil. || Vieux.
— HlST. XIII' s. Nus chapeliers de fleurs ne doit ne ne-puet cueillir ne fere cueillir au jour de diemenche en ses courtiuz nules herbes, nules Heurs à chapiaus fere.... Liv. des met. 247. Cest cortil fut moult très bien closDepieï de chesae aguz et grosj
COU
Ren. (289. Prix de courtix et d'aunols et de gardins doit estre selonc les liex là ù il siéent, beaum xxvii, ) 9. Et trouvâmes un hermitage ancien dedani les roches, et trouvâmes les courtilz que les hermites qui i dormirent anciennement avoient fait, joiNV. 285. Une maison avec le courtil qui apend à la dite maison, du cange, appendere. || xv s. Toutes fois moy et mon jardin , Nous différons en une chose : Je me vueil abreuver de vin. Et d'eau nostre courtil s'arroze, basselin, Fou de Ki're, <7. || xvi' s. La vieille sortit en ung courtil ou vergier prez sa maison, RAB. Pant. m, 47.
— ÉTYM. Génev. courli, corti; wallon, cor(i; rouchi, tourti; provenç. cortil; espagn. cortijo ; ital. cor(i7e; du bas-latin, curd'Jê, dérivé de curtw, métairie (voy. coun).
COURTILIÈRE (kour-ti-liê-r'), s. f. Taupe-grillon, insecte qui vit sous terre.
— HIST. xvi* s. Le plus grand ennemi qu'aient les jardins est la courtiUiere; elle est ainsi appelléo à Paris, et, en Languedoc, sterpi, ettaille-sebe, de l'oignon qu'on y nomme sebe, que ceste meschante beste aime par dessus toute autre viande, 0. deserres, 624.
— ÉTYM. Courtil.
f COURTILLAGE (kour-ti-lla-j', «mouillées), s. m. Production des courtils ou jardins. || Vieux.
— HIST. XIII' s. Courtillage, c'e.st à savoir toute manière de porées, pois noviauz, fèves novelles en cosse vert.... Liv. des met. il 6. ||xv's. Foin, avoine, sol, courtillage; Porrée, lart , oingnons , porreaulx, Chambres, tapis, carreaulx d'ouvraige, eust. desch. Poésies mss. f° 442-, dans laclrne.
— ÉTYM. Courtil.
t COURTILLE (kour-ti-ir, Il mouillées, et non kour-ti-ye), s. f. Partie des faubourgs du nord de Paris où se trouvent beaucoup de cabarets. || Descente de la Courtil le, rentrée dans Paris des masques après la nuit du mardi gras passée à la CourtiUe.
— ÉTYM. Courtil, parce qu'il y avait là autrefois beaucoup de jardins et de vignes. La vigne de la CourtiUe, belle montre et peu de rapport, cïrano DE BERGERAC, le Pédant joué, p. 26.
COURTINE (kour-ti-n') , s. f. || 1° Rideau de lit. Vieux, ou du moins il ne se dit guère qu'en vers ou par archaïsme. Vous dormez dessous les courtines Des trois Grâces et des neuf sœurs, volt, dans le Dict. de dochfz. Que me veux-tu, femme infidèle? ne m'as-tu pas contraint de te punir? Qu'elle est pâle et hideuse I Elle déroule son suaire et me montre sa blessure, elle arrose de sang mes courtines, dusillet, Yseull de Dôle, ch. 43. || Fig. Du haut de la montagne pendaient des lianes qui formaient sur les flancs des rochers de grandes courtines de verdure, Bernard, de s.-p. Paul et Yirg. Il S. f. plur. Terme de blason. Partie du pavillon qui forme le manteau. 1| 2° Terme de fortification. Front de la muraille d'une place, entre deux bastions. Bellone va réduire en cendres Les courtinesde Philipsbourg, volt. Ép. xxxv. || 3° Terme d'architecture. Façade de bâtiment comprise entre deux pavillons. Il 4' Terme de pêche. Sorte de petit parc formé par des filets tendus sur des piquets.
— HIST. XII' s. Qui le tenroit [tiendrait] tôt nu sorlacortine.... Raoulde Cita. |i xiir s. Tant furent bonnement, bras à bras, souz courtine.... audefr. lebast. Jiomanccro, p. 21. [11] Amenoient une charete Qui enclose ert d'une cortine, lien. 9977. Cil arbre vert par ces gaudines Lor paveiUons et lor cortines De lor rains [rameaux] sor eus estendoient , Qui du soleil les deffendoient, la Rose, 8474. Trais en sus ung poi la cortine. Qui les reliques enoorline, ib. 21805. || xv' s. Et avoient le duc et le roi leurs chambres tendues de draps, de courtines et de tapis, froiss. ii, m, 41. [Diane surprise au bain par Actéon] Ne sot de quoi faire courtine. En la fontaine se retire, id. Poésies mss. p. 373, dans LACUBNE. Lors mist la main à la courtine pour la tirer arrière, Pcrceforest, t. 11, f° 42. Car je sçay qu'entre deux courtines Est tout le bien, toute la* joie D'amours, de soûlas et la voie, eust. DEscH. Poésies mss. f° 663, dans lacurne. De grasses soupes jacobines Et flans leur faire oblation. Et puis après sous les courtines Parler de contemplation , VILLON, G. Testam. Legs aux frères mendians et béguines. || xvi' s. Pour pavillon, qui d'un tel roy soit digne. Tu tends le ciel, ainsi qu'une courtine, marot, jv, 311. Et, approchant de la courtine, lui demandèrent comme il avoit reposé celle nuit, UESper. Contes, cxxviii. La seconde chose que l'expérience a fait approuver à beaucoup do gens, c'est de destacher les bastions des courtines, mesmes
cou
les porter outre le fossé.... ils ne laissent d'estre Irîs bien défendus de [par] l'harquebuserie des courtines, LANOUK, 337. ils firent tous mervedleux devoir, combien que rartillerie [des assiégeants] qui battoit en courtine, les cndommageoit fort, m. B8I. Une longue terrasse pratiquée sur les flancs d'un roclier.... à petites tourelles tournées et massonnées b. cul de lampe, avancées hors de la courtine de la terrasse, r. belleau, Bergeries, p. 1 , dans lacubne.
— ÉTYM. Berry et norm. corline, rideau de lit; wallon, gordène; provenç. esp. etital. cortina; baslat. cortina, petite cour, mur entre bastions, rideau autour d'un autre, en somme quelque chose qui protège; cortina, dans Isidore, tapisserie, tenture en peaux; latin classique, cortina, chose ronde, espace circulaire, chaudron.
COURTISAN (kour-ti-zan) , s. m. \\ 1° Celui qui fait partie de la cour du prince. L'éducation qu'il avait reçue de ce courtisan chrétien qui passa pour l'homme le plus vrai de son siècle, mass. Or. /un. Dauphin. Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu? LA BRUY. VIII. Oui considérera que le visage du prince fait la félicité du courtisan, comprendra un peu comment Dieu peut faire toute la gloire et tout le bonheur des saints, id. ib. Se dérober à la cour un seul moment, c'est y renoncer; le courtisan qui l'a vue le matin, la voit le soir pour la reconnaître le lendemain, ou afin que lui-même y soit connu, ID. ib. Les roues, les ressorts, les mouvements sont cachés; rien ne paraît d'une montre que son aiguille, qui insensiblement s'avance et achève son tour; image du courtisan, d'autant plus parfaite qu'après avoir fait assez de chemin il revient au même point d'oil il est parti, id. ib. Et de ses courtisans souvent les plus heureux Vous pressent ,"l genoux de lui parler pour eux, corn. Cinna, i, 2. D'un courtisan flatteur la présence importune.... id. ib. II, 1. Mais un vieux courtisan est un peu moins crédule; Il voit quand on le joue et quand on dissimule, CORN. Poly. V, < On voit partout que
l'art des courtisans Ne tend qu'à profiter des faiblesses des grands, mol. D. Gare, n, i. Sachez, s'il vous plaît, monsieur Lysidas, que les courtisans ont d'aussi bons yeux que d'autres, qu'on peut être habile avec un point de Venise et des plumes, aussi bien qu'avec une perruque courte et un petit rabat uni, MOL. Critique, se. 7. Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire; Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire; Le ma! se rend chez vous au quadruple du bien, la font. Fabl. viii, 3. Le courtisan n'eut plus de sentiment à soi, boil. Épît. IX. Le choix des temps et des occasions est la grande science du courtisan, mass. Or. fun. Dauphin. Ce qui est encore plus difficile, quelquefois il résistait en leur faveur [des soldats] à l'impatience des généraux et s'exposait aux redoutables discours du courtisan oisif, fonten. Vauban. || 2° Celui qui cherche à gagner par des prévenances ou des fiatteries les bonnes grâces de quelqu'un. Le maréchal d'Humières, homme d'honneur quoique fort liant avec les ministres et très-bon courtisan, st-sim. 23, 42. Il Se dit aussi de celui qui recherche les bonnes grâces d'une dame. || 3° Adjectivement. Il en résultera l'avantage d'amortir parmi la noblesse l'esprit courtisan, J. j. bousseau, Pol. 7. || Au féminin. Donc à si peu de frais la vertu se profane, Se déguise, se masque et devient courtisane. Se transforme aux humeurs, suit le cours du marché, Et dispense les gens de blâme et de péché, Régnier, Sat. V. 11 me crut en grande faveur auprès de M. de Richelieu; et la souplesse courtisane qu'on lui connaît, l'obligeait à beaucoup d'égards pour un nouveau venu, j. j. Rouss. Conf. m.
— HIST. xvr s. Il avait quelque façon externe qui pouvoit n'estre pas civilisée à la courtisane, MONT. I, 147. Un courtisan [un homme attaché au prince], id. i, 467. Un cheval, qui n'est ni flateur ny cortisan, verse un roy.... id. iv, 31. Ces contes sont fort plaisants; mais il faudroit savoir le courtisan [patois] du pays, pour les faire trouver tels, DESPER. Contes, lxxii. Des ungs il fut reçu cordialement, des aultres à la courtisanne, carl. vi, 33. La pauvre reyne était patiente, suportant constamment les assauts de l'envie courtis,anne, Kuits de Straparole, 1. 1, p. 2flS, dans lacurne. Par Dieu, ce n'est pas sans cause si l'on dit qu'il se cueille plus d'espines que de rozes au jardin des courti.sans, et que pour un verre cassé, auprès des rois et des princes, bien souvent vingt années de services demeurent bien égarées, sullt, t m, p. 73, dans lacurne.
— ÉTYM. Ital. 'cortigiano, de corie, cour (voy.
COI
cour). Comp. le l)as-lat. acortisianus qui signifie métayer.
COURTISANE (kour-ti-za-n') , s. f. || i' Nom que l'on donne aux femmes de mœurs déréglées, mais non sans quelque élégance, qui sont dans les grandes villes d'Italie. Les courtisanes de Venise. La (.'ourtisane amoureuse, titre d'un conte de la fontaine, dont la scène est à Rome. || Par extension, nom donné aux femmes de ce genre dans l'antiquité. Les particuliers qui veulent assurer le succès de leurs entreprises, promettent d'offrir à Vénus un certain nombre de courtisanes qu'il font venir de divers endroits, barthél. Anach. ch. 37. Corinthe érigea un temple à Vénus où plus de mille courtisanes furent consacrées; c'est de ce séminaire que sortirent la plupart de ces beautés célèbres dont Athénée a osé écrire l'histoire, montesq. Esp. x.xi, 7. (I Par une autre extension, dans le style soutenu, toute femme de mauvaise vie qui est au-dessus des simples prostituées. Une vile courtisane. Le Canara est toujours en possession de fournir les courtisanes les plus voluptueuses et les plus belles danseuses de tout rindoustan, raynal, Hisl. phil. m, ta. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Vénus courtisane, sorte de mollusque (Venus meretrix).
— HIST. xvi" s. La courtisane Flora disoit. ... MONT, m, 2. Le mot de courtisanne qui est le moins deshonneste synonyme de putain, a pris son origine de lacourdeRome.àsçavoir des premières devottes qui frequentoientplus que très familièrement jouret nuit avec les prélats de Rome, u. est. Àpol. d'Hérod. p. 670, dans lacurne.
— ÉTYM. Courtisan.
t COURTISANERIE (kour-ti-za-ne-rie) , s. f. Adulation de courtisan.
— HIST. xvi* s. Maquerellage, flatterie, parasiterie, crocqueterie, courtisannerie, menterie, diablerie, damnerie,et toutes telles sciences et practiques desguisantes ou destruisantes vérité, Àlector, roman, p. 35 , dans lacurne. Pasquier a dit courtisante : Ostez de votre teste cette courtisanie que je vois estre pratiquée par quelques uns qui ne se veulent charger de cause contre les grands, pour ne leur desplaire. Lettres, 1. 1, p. 636, dans l.acurne.
— ÉTYM. Courtisanier. Courtisanie, dérivé immédiatement de courtisan, était meilleur et plus logique que courtisanerie.
t COUKTISANESQUE (kour-ti-za-nè-sk'), ad/. Qui est à la façon des courtisans, peu naturel. Se donner de garde du venin qui est caché sous le miel de vos beaux conseils courtisanesques, villeroi, ilém. t. in, p. 70. J'emploie non la langue courtisanesque, mais celle des gens avec qui je travaille à mes champs, p. l. cour, ii, <3e.
— ÉTYM. Courtisan, et la finale esque, qui est italienne.
t COUUTISANIER, 1ÈRE (kour-ti-za-nié, niê-r'), adj. Synonyme inusité de courtisanesque.
— ÉTYM. Courtisan.
COURTISÉ, ÉE (kour-ti-zé, zée), part, passé. Les ministres courtisés par ceux qui ont besoin d'eux. Une femme courtisée. Toujours prodigue et jamais épuisé. Par conséquent d'un chacun courtisé, J. B. ROuss. Àllég. 1, 6. Il Substantivement. Le courtisan et le courtisé.
t COURTISEMENT (kour-ti-ze-man), s. m. Action de courtiser.
— HIST. XVI* s. [On voit les courtisans] De mesme façon morguer Et de mesme harenguer. Partout en tout n'ayant qu'un Geste et jargon pour chacun , Selon que différemment S'offre à leurcourtisement..,. DU VERDIER, Hiblioth. p. 290, dans lacurne.
COURTISER (kour-ti-zé), v. a. || 1° Faire sa cour à une personne. On t'honore dans Rome, on te courtise, on t'aime, corn. Cinna, v, 4. Il courtisait le peuple en vous servant vous-même, m. j. cnftN. Tibère, m, t. [Je n'ai] Ni d'un peuple avili courtisé la faveur, id. t6. || 2° Courtiser une femme, chercher à lui plaire. || Fig. Et, tel qu'un souverain. De loin et sur la foi d'une vaine peinture, l'ar ses ambassadeurs courtisa la nature, delille, Homme des champs, m. || Courtiser les muses, s'adonner à la poésie. Juge si, toujours triste, interrompu, troublé, Lamoignon, j'ai le temps de courtiser les muses, BOIL. Éptt. VI. Il On dit dans le mémo sens : courtiser la gloire, la fortune. |{ Courtiser le malheur, rendre un juste hommage à quelque noble infortune.
— HIST. xii* S. Puis t'envoiai à Paris cortoier X quatre cens [avec quatre cents chevaliers], sans point de mensongier, Raoul de C. 45. || xiii" s. Et li dites.... Qu'il vaingneaprendreàcortoier,flen. (8910. Il XV" s. L'amour je laisserai faire Et les dames cour-
tiser, Il ne me faut plus qu'à boire D'autant et me reposer, basselin, xxx. On va disant que j'ai fait une amie; Mais je n'en ai point encore d'envie; Je nesauroy assez bien courtiser, id. xlh. || xvi* s. Le premier où j'ay leucourtizer est dans la poésie d'Olivier de Magny, parole qui nous est pour le jour d'hui fort familière, pasquier, Itecherches, liv. vin, p. 662, dans LACURNE. Des François on ne sçait plui faire un corps d'armée constant et réglé.... c'est au commandant de suyvre , courtizer et plier, à luy seul d'obéir; tout le reste est libre et dissolu, mont.
— ÉTYM. Voy. cocRTOis;saintongeois, courtoiser; provenç. corlejar, cortetar; espagn. cortejar; ital. corteggiare. Cortoier, de l'ancien français, signifiait être à la cour du prince, du seigneur; courtiser est plus récent. On a dit aussi beaucoup au xvi* siècle courtisaner.
COURT-JOINTÉ, ÊE (kour-join-té, lée), adj. Il 1° Terme de vétérinaire. On dit qu'un cheval est court-jointé, quand il aie paturon court. Point d'épaules non plus qu'un lièvre, court-jointé, mol. Fâch. II, 7. Il 2° Terme de fauconnerie. Se dit d'un oiseau qui a les jambes de médiocre longueur.
— ÉTYM. Court, p.t joint, s. m., articulation. fCOURT-MANCHER (kour-man-ché), v. a. Terme
do cuisine. Passer une broche de bois dans le manche d'une épaule de mouton, pour rapprocher ce manche du gros de l'épaule. Épaule court-manchée.
— ÉTYM. Court, et manche, s. m.
t COURT-MONTÉ, ÉE (kour-mon-té, tée), adj. Terme de manège. Cheval court-monté, cheval qui a les reins bas.
— ÉTYM. Court , et monté.
COURTOIS, OISE (kour-tol, toJ-z'; Chifllet, au XVII* siècle, remarque qu'on tolérait courtais), adj. Il l" Gracieux dans ses discours et ses manières. Tout courtois il me .suit et d'un parler remis.... regnier, Sat. X. Ils sont toujours parfaitement courtois envers un chacun, DEsc. Pass. *ie Maximin courtois ou furieux, roth. St-Gen. ii, 8. Voyons sous cet habit qui me fait méconnaître. S'il m'est aussi courtois qu'il m'a promis de l'être, id. Bilis. i, •. Il Par extension. Un âne accompagnait un cheval peu courtois, la font. Fabl. vi, 16. || 2° En parlant des choses, qui a le caractère de la courtoisie. Façons peu courtoises. Ce monstre si cruel [l'Envie] sous un front si courtois N'a-t-il pas de l'accès en la maison des rois? hotr. Bélis. y, b. || En langage de chevalerie, on appelait armes courtoises, c'est-àdire douces et innocentes, des armes qui ne pouvaient blesser, par opposition aux armes à outrance.
— REM. Marguerite Buffet et Bouhours déclarent vieilli ce mot ainsi que courtoisie; et de Caillières dit : « Courtois n'est plus guère dans le commerce des gens du monde; civil a pris sa place, de même que civilité a remplacé courtoisie. » U est certain que dans le langage ordinaire on dit plutêt civil et civilité; mais, dans le style soutenu, et quand on veut ajouter quelque idée d'élégance à la civilité, courtois, courtoisie ont repris faveur, et l'on s'en sert très-bien.
— HIST. XI* s. Et Oliviers li preux et li curteis, Ch. de Roi. XLii. Il XII* s. Ses oncles [son oncle] ii cortois, Ronc. p. 25. Oliviers fu cortois et afailiés, ib. p. 65. Beaus et cortois, pleins de chevalerie, ib. p. ne. Fils, moût feroies que cortois.... la Charrette, V. 3234. Certes, dame, moût s'honeure Qui cortois est contre tort , Couei, iv. Car nuls dons n'est cortois qu'en trop délaie [retarde], ib. xvi. Après parla dus Bueves li proz et li cortois, Sax. xixiii. Guillames en fu i ns, li buens quens d'Arundel, Sages, curteis e pre s e senz nul mal apel. Th. lemart. 5ï. Il XIII* s. Adono sali li rois es pies, et prist un frain, et s'en ala as cambres cortoises, tous désespérés, et s'estrangle des rienes dou frain, Chr. de Rains, p. tt. Et il i entrèrent volentiers à son cornant, car il e»toit larges et courtois, ib. p. 7». Belin, ce disi Nobles li rois. Moult estes sages et cortois, Jà mauvèa conseil ne donez.... Ren. (8408. Moult est espérance cortoise, Qu'el ne laira [laissera] jà une toise Nul vaillant homme jusqu'au chief [à la fin]. Ne por péril, ne por meschief, la Rose, 2643. Je n'i letse mie atouchier Chascun vilain, chascun porchier} Ains doit estre cortois et frans Cil de qui tel serris» prens, ïf>. 1949. La tierce rcson, comment cil qui est porsivis de servitute se pol deffendre, si est pir une cause qui n'est pas cortoise, beaum. xlv, <•. Il XIV* s. Laides paroles ou courtoises, oresmk, Elfc. 137.... [Les oiseaux de fauconnerie] Que nature fai» a si beaux. Si joincts, si courtois, si jolis, Modus, f" cvi. Il XV* s. [Le sire des Flamands ne voulait pas
COU
cou
cou
épouser la fille du roi d'Angleterre par qui son père avait été tué, les Flamands étaient au coiUraire portés pour l'alliance anglaise] Si le prirent et mirent en prison courtoise, et bien lui dirent que jamais n'en istroit s'il ne creoit leur conseil, fhoiss. i, i, 310. L'escuyer espaignol entra tout premièrement dedans [le gué de la rivière] et leur monstra le chemin; quant ils veirent que le passage estoit bon et courtois, si furent tous resjouis, m. liv. m, p. 242, dans LACUBNE. Il XVI' s. Qui fit françois il fit courtois, FAUCHET, Des origines, liv. i, p. 88, dans la-
CURNE
— ÉTYM. Provenç. et anc. espagn. cortei ,• portug, cônes; ital. cortese; du bas-latin curtis, cour (voy. COUR), par l'intermédiaire du suflixe ois, eis, qui est le représentant du suffixe latin ensis. Chambre courtoise, dans l'ancienne langue, signifiait latrines, lieux d'aisance.
COURTOISEMENT (kour-toi-ze-man) , adv. D'une manière courtoise.
— HlST. xi«s. Si luraditunmotcurteisement,C/i. de Roi. Lxxxix. || xii' s. Uns petit biens vaut mieux, si Diex me voie. Qu'on fait courtoisement, Que cent greignor [plus grands] fait envieusement, Couci, xvi. Il xm* s. Berte fils] vont saluer moût très courtoisement, Berîe, IX. Partir s'en doit, mais ce doitestre courtoisement, beaum. v, t2. On ne doit nului savoir mal gré, se il requiert son droit debonerement et cortoisement, id. u, 22. Et fesoit servir si courtoisement à sa court, et largement et habandonnéement, et plus que il n'i avoit eu lonc temps passé, joiNV. 298. Il xiv s. La chose courtoisement traitée, bercheure, f°64, verso. || xv« s. Le comte [de Hainaut] leur respondit moult courtoisement [aux commissaires d'Edouard lUJ et leur dit.... froiss. I, I, 45. Et octroia courtoisement le demeurer jusqu'à la volenlé de madame la roine, id. i, i, 2S.
— ÉTYM. Courtoise, et le suffixe ment, provenç. cortesaments ; catal. cortesamenl; espagn. cortesmente; ital. cortesemenle.
COURTOISIE (kour-toi-zie), s. f. || 1° Civilité relevée d'élégance ou de générosité. Penses-tu que par courtoisie Le monde entier te fasse accueil? BÉRANG. Portrait. On vit la courtoisie habiter les châteaux, st-lambert, Saisons, iv. Malgré la courtoisie prescrite aux chevaliers, il régnait, parmi les grands, de la grossièreté et de la rudesse, ray- NAL, Uist. phil. I, introd. [\ 2° Bon office, gracieusement rendu. Je vous remercie de votre courtoisie. Mon âme est de merveille également saisie Et de sa diligence et de sa courtoisie, Tristan, Panthée, m, 8. Votre courtoisie, Ô vainqueur généreui. Fait un miracle en moi qui n'est pas ordinaire, MAIRET, Sophon. lu, 4. Il Dans un langage familier et dahs un sens qui a vieiUi, les faveurs d'une femme. Tous ces beaux suffisants dont la cour est semée Ne sont que triacleurs et vendeurs de fumée; Us sont beaux, bien peignés, belle barbe au menton; Mais quand il faut payer, au diable le teston; Et, faisant des mourants et de l'âme saisie. Ils croient qu'on leur doit pour rien la courtoisie, BÉGNiER, Sat. XIII. Il 3° Terme de fauconnerie. Faire courtoisie aux autours, leur permettre de plunler le gibier.
— HiST. XII' s. Puis lui a dit deuz moz par courtesie, Ronc. p. 68. S'ele le fait, ce sera courtoisie, Couci, II, Dame, valor, biauté et courtoisie [il y] A tant en vous qu'on n'i fait qu'amender, ib. xxi. Quant je recort la simple corloisie Et les douz mots que [je] soil [j'ai coutume] à lui [elle] parler, ib. XXII. Il XIII" s. Trois ans [il] fut clievaliers, pleins fu de courtoisie, Berte, u. Nul mestre ne le doit prendre pour mains de vingt sols parisis, et prendre boin gage ou boin argent, ne ne li est tenus de rien à fere courtoisie, Liv. des met. 388. Doit-il estre pour moi haïs, S'il, por moi faire corloisie, Languist en la tor Jalousie? la Rose, 417). L'en se merveilla moult quant le roy list ce.... mez il le fist par sa courtoisie, joinv. 204. Geste gracî courtoisie fist Diex à moy et à mes chevahers; car nous eussions le soir gueté en grant péril, id. 223. Courtoisie est que l'on sequeure [secourej celi dont on est au desseure [celui qu'on a vaincu], leroux de LiNCY, Prov. t. II, p. 278. Il XIV S. Et doit chescun au comancement entendre et prendre garde de qui ii reçoit courtoisie, oresme, Hlh. 256. U demanda »a partie [sa part] de la courtoisie [pourboire] des dites fiançailles, ainsi comme au pays est de coustume, DU CANGE, avantagium. Ménestrels huit francs, sans les cuiUers et autre." courtoisies, ilénagier U, 4, Les auBuns disent qu'ils [les assiégés] trouvèrent moult de courtoisies en ceux de Brabant, et qu'ils souffrirent par plusieurs l'Ois laisser passer
parmi leur ost vivres assez largement pour mener devant Tournay , fhoiss. i, i, -13». Gueres plus belle courtoisie ne peut homme faire à autrui que lui prester son argent sec, leiîoux de lincy, Pruv. t. II, p. 303. Passez, passez hardiement. — C'est donc par commandement? — Certes non est, mais courtoisie, eust. descii. Poésies mss. f° 5(2, dans LACLiRNK. Courtoisie et mesure est une mesme chose; beau filz, à tous tes faitz adjouste manière et mesure, si auras en toy moult belle vertu, Perceforest, t. II, p. t47. Quant la journée du tournoi et les courtoysies des honneurs acquerre seront passées.... ib. t. IV, f° 3. Il XVI' s. Courtoisie tardive est discourtoisie, cotgbave. Courtoisie qui ne vient que d'un costé ne peut longuement durer, id.
— ÉTYM Courtois; provenç. corleiia; espagn. et ital. corlesia.
t COURTON (kour-ton). s. m. Troisième qualité de filasse; les quatre qualités sont le chanvre, la filasse, le courton, l'étoupe.
— ÉTYM. Court.
t COURT-PENDU (kour-pan-du) , s. m. || 1° Espèce de pomme rouge à courte queue, dite aussi capendu (voy. capendu). || 2° Un des noms du loriot d'Europe. || Au plur. Des court-pendus.
— HIST. xvi* s. On peut faire quelque sirop magistral de pommes de reinette ou court-pendu,
— ÉTYM. Court, et pendu, à cause que la queue e.st très-courte.
t COUIIT-TOCR (kour-tour), s. m. Petit écheveau de soie qui doit être porté à la cuite et à la teinture. Il Au plur. Des courts-tours.
tCOUKT-VÊTU, UE (kour-vê-tu, tue), adj. Qui a des vêtements courts. Voy. court.
t COURT- VITE (kour-vi-f), s. m. Genre, d'oiseaux des pays chauds (échassiers). |{ Au plur. Des court-vite.
— ÉTYM. Courir, et vile.
COURU, UE (kou-ru, rue), part, passé du verbe courir. Il l°Poursuivi, Cerf couru. || 2° Parcouru. Un pays couru par les ennemis. || 3" Recherché. Garçon couru des filles, la font. Ilerm. Ce n'est pas un attachement h ce qui est parfait, mais à ce qui est couru, LA BRUY. XIII. Il suffisait à Bathylle d'être pantomime pour être couru des dames romaines, ID. xu. Les maris aujourd'hui, monsieur, sont si courus; Et que peut-on, hélas! avoir pour Vingt écus? REGNARD, Légal, v, 3. Avouez que c'est un fatigant mérite que celui d'être un joli homme, et de ne pouvoir pas faire un pas sans être couru de tout le monde? BARON, l'Homme abonnes fortunes, 1 , 8. La place de dame d'atour de Mme la duchesse de Chartres était peu courue, st-sim. 42, 25i. On ne souhaite les fonctions que pour les rétributions qui y sont attachées ; les mieux payées sont les plus courues, mass. Conf. Ambit. Des ennemis de la croix de Jésus-Christ et de sa doctrine, et qui, par l'ascendant que leur donne la facilité et l'agrément de leur esprit, sont courus, recherchés, reçus partout avec distinction, id. ib. Manière dont les clercs doivent se conduire dans le monde.
f COURUE (kou-rue) , s. f. Espace de temps pendant lequel on laisse l'eau couler hors des étangs ou réservoirs dans le ruisseau qui sert à llolter le bois.
— ÉTYM. Couru.
t COUSCOU (kou-skou), s. m. Graine de houlque en épi ou de maïs mondée. {| On trouve ce mot écrit cuzcuz. Leriz, !e maïs, le cuzcuz, le mil, la cassave, j. j. rouss. Conlr. m, ».
t COUSCOUS (kou-skous') , s. m. Mélange de viande et de farine réduites en boulettes très-petites qu'on fait frire dans l'huile.
— UEM. On trouve aussi couscoussou ; mais les orientalistes disent que celte forme est fautive.
— ÉTYM. Arabe, kouskous.
t COUSEAU (kou-zô), s. m. Botte de paille de froment et de seigle mélangés.
COUSEUSE (kou-zeû-z'), s. f. Ouvrière qui coud, et, particulièrement, femme qui coud les livres pour les brocher, jl Machine qui coud et fait la besogne descouseuses.
— ÉTYM. Coudre, par le participe cowiOHt.
+ COUSHITE (kou-chi-f) , s. m. Proprement, nom que la Bible donne aux Éthiopiens; ce nom est étendu par les érudits de nos jours à une population (encore mal déterminée puisqu'on n'en connaît pas la langue) qu'on suppose avoir jeté les fondements desemojres puissants de l'Asie occidentale, Babylonie, Susiane, Gédrosie.
— ÉTYM. Hébreu, Kuseh, Ethiopie.
t. COUSIN, INE (kou-zin,zi-n'), s. m. et f. || 1° U
se dit de tous les parents ou alliés a^itres que ceux qui ont un nom spécial. Les cousins germain» sont les cousins issus de frères ou sœurs. Les cousins issus de cousins germains sont les cousins au second degré. Cousins au troisième, au quatrième degré, au sixième degré, parents à ce degré. Chacun, jetant les yeux dans un rang ennemi, P.ecounalt un beau-frère, un cousin, un ami , corn. Uor. i, 4. S'il vous souvient aussi, dès lors un trait de (lamnie Des yeux de ma cousine avait blessé votre âme, hotr. Relis. IV, 2. Vous donnant des conseils de cousin à cousine, 11 prétend vous tirer de vos égarements. Et par même moyen savoir vos sentiments, LA font. Florentin,!, e. Un cousin, abusant d'un fâcheux parentage. Veut qu'encor tout poudreux et sans me débotter, Chez vingt juges pour lui j'aille solliciter, boil. Éplt. vi. Vois-tu cet autre avec ce visage farouche? C'est Ajax, fils de Télamon et cousin d'Achille, FÉN. 7'él. xix. i Rome, le mariage entre cousins germains était permis, chateadb. Génie, 1, 1, to. Il Mon cousin, titre que le roi de France donnait, dans ses lettres, aux princes du sang, aux cardinaux, aux pairs, aux ducs, aux maréchaux de France. Le roi répondit aux grands d'Espagne, et leur donna à tous le cousin qu'ils ont aussi des rois d'Espagne, st-sim. 84, 98. || Familièrement. Jen'eus pas de peine à lui faire entendre [à M. de Beauvillier] que, quand bien même son expulsion ne serait pas résolue, l'intrusion d'Harcourt en était le cousin germain [en était l'équivalent, l'avanl-coureur], ID. 22), 236. Il Fig. Si cette fortune lui arrivait, le roi ne serait pas son cousin, il en ressentirait un orgueil excessif. || 2° Familièrement. Cousins, personnes qui vivent comme bons amis. Ils sont grands cousins. Si vous fautes telle chose, nous ne serons pas cousins. Ces animaux vivaient entre eux comme cousins, LA FONT. Fabl. xii, 8. || 3° Cousin de la gueule noire, se dit dans le Berry de ceux qui sont intéressés dans les forges. La gueule noire est une métaphore par laquelle on désigne une usine à fer. Il 4° Chanteau de pâtisserie qu'on envoie, quand on rend le pain bénit, aux parents et aux amis. |1 Proverbe. Tous gentilshommes sont cousins, et tous vilains compères.
— HlST. XI" S. Tedbal de Reims et Milon son cubin, Ch. de Roi. xii. || xii' s. Cil quatre estoient et cosin et parent, Ronc. p. )2). Mult nota les paroles que li quens respundi. Pur ço que li quens en cusins le rei Henri, E erent d'un conseil e durement ami, Th. le mari. 52. || xm' s. Cil dui conte estoient cousin germain et neveu le roi de France, villeh. LI. Qu'à sa cousine [il] puist hastivement venir, Berte, xm. U estoit en guerre contre Burile, qui ses cousins germains estoit, H. de valenc. )I. Paorqui tint la teste encline. Parla à Honte sa cousine, la Rose, 3668. Li dis doit le fait resembler; Car les vois as choses voisines Doivent estre à lor faiz cousines, ib. )5394.Nosapelonscoisinstozcez quela loi apeleparenzdeparpereoude par mère, Liv. dejust. 23) . En ce meisme degré sont cil qui sont apelé cosin germain et coisines germaines : ce sont cilqui nessent de deus frères et de deusserors, ou de frère ou de seror, t6.227.Etli fi x de mon oncle m'est el secont degré de lignage en montant, et l'apel on cousin germain, BEAUM. XIX, 3. Je ving au conte de Soissons, cui [duquel] cousine germaine j'avoie espousée, joinv. 227. Sire, se vous ne me lessiez dire que vous soies cousin au roy, l'en vous occirra touz et nous avec, m. 240. Il xiV s. Cognoislre sa cousine ou cas dessus dit n'est pas pechié pource que la decrelale le defl'ent, oresme, Eth. ) 63. || xV s. Son mari lui rendit la chose telle comme elle lui bailla, combien qu'il en demourast toujours le cousin [dupe], louis xi, JVoMtJ. XIX. Et tiens, qui en auroit affaire, qu'on la trouveroitaujourd'hui au rang de nos cousines [courtisanes] en Avignon , à Beaucai re ou autre part , id. ib. Lv. Nous ferons venir à notre logis deux jeunes filles de nos cousines [filles de joie], id. ib. Lviii.Mes amis, vous faictes comme celuy qui espouse sa cousine, puis en demande dispensacion. Petit Jehan de Saintré, p. 235, dans lacurne. |{ xvi' s. Après disner, ayant toujours continué ses premiers propos, ils furent incontinent cousins', despeb. Contes, lxi. Le faillir à gaigner honnestement, est cousin germain de perte, o. de serbes, 738. Et diroit on à voir la chère et grâce de ces beaux mespriseurs de toutes choses, qu'ils sont cousins germains de quelque grosse souche de bois, Dial. de tahurkau, p. 46, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. cosin, colin, cousin, coxina, cousine; catal. cosi ; ital. cugino; pays de Coire, cusrin, cusdrin; cosina, cousine; bas-lat, cossofrenus, dans un glossaire du vu* siècle; du lalin
cou
cou
cofijofcrt ntis , de cum, avec, et sobrinus, cousin; c'est ce que montrent les formes cusrin, cusdriii, où IV est conservée.
2. COUSIN (kou-zin), s. m. || l" Moucheron dont la piqûre est fort incommode {culex jripiens). Vous êtes tourmentée des cousins, sèv. 4«7. Je le compare aux. cousins de votre pays qui font beaucoup de mal , sans qu'on les voie ou qu'on les entende, ID. t. VI, lett. 637, p. 404, dans pougens. Le cousin qui voltige dans l'air a d'abord été habitant de l'eau; c'est aussi sur l'eau qu'il va déposer ses œufs, bonnet, Contempl. nal. W part. ch. 5. Il 2° Fig. Chasser les cousins, éloigner les parasites qui prennent prétexte de parenté ou d'amitié, par un jeu de mot sur le double sens que présente le mot cousin. || Par un mêmejeu de mot. Être mangé de cousins, avoir toujours des cousins chez soi.
— HIST. XVI" s. Cusin, monstre à double aile, au mufle elephantin. Canal à tirer sang, qui, voletant en presse, Sifles d'un son aigu.... bons. 270. Tant n'est la guespe ennemie au raisin. Ni au bergeail le moleste cusin, am. jamyn, liv. v, Épigr. àGellia.
— f.TYM. Génev. cusin; sainlong. cheusson; du latin hypothétique culicinus, diminutif 'de culex, cousin.
COUSINAGE (kou-zi-na-j') , i. m. |1 1° Parenté entre cousins. Les prérogatives du cousinage. 11 vient les visiter sous le nom de cousin; La soubrette d'ailleurs sait gagner un voisin; Là, tout devenant libre à ce feint cousinage. Us y vont en secret jouer leur personnage, hauteroche, les Apparences trompeuses, m, 2. || 2° Tous les parents. Il pria tout son cousinage.
— HlST. xiii* s. [Il] verra se 11 ferez amur et cusinage, jordan fantosme, dans le Gloss. français de Du Gange. Et com nature aist establi entre nos un cosinage loial, desloial chose est que nus homs face conchiemant ne barat à autres, Liv. de just. 2. Cosin Renart, dist Chantecler, Nus ne se doit en vos fier; Dahez ait vostre cosinage, Uen, MOT. Il xvi' s. Il [un seigneur au fond de sa province] oyt parler de son maistre [le roi] une fois l'an comme du roi de Perse, et ne le recognoist que par quelque vieux cousinage que son secrétaire tient en registre, mont, i, 333. Les ducs qu'il avoit accousinez [appelés cousins] n'empêchèrent point les premiers coups de poings du cousinage nouveau, d'aub. Fœn. m, <8. Or ces deux, l'ouye et la parole, se respondent et rapportent l'une à l'autre, ont un grand cousinage ensemble, l'un n'est rien sans l'autre, charron. Sagesse, i, <2.
— t.TYM. Cousin t.
COUSINE, ÉE(kou-zi-né, née), part, passé. Cousine par tous les hobereaux de son canton.
COUSINER (kou-zi-né). || 1" V. a. Traiter de cousin. Je le cousine. {| Absolument. La grande Mademoiselle cousinait, et distinguait, et s'intéressait fort en ceux qui avaient l'honneur de lui appartenir, ST-siM. 5, 71. Il Kaire l'office de cousin. Guitaud me reconduira en cousinant jusques à une journée de Nevers, sév. 339. || 2» V. n. Faire le parasite sous prétexte de cousinage. Il va cousiner chez l'un ou chez l'autre. || 3° Fig. Ils ne cousinent pas ensemble, se dit de deux personnes mal disposées l'une contre l'autre. || 4° Se cousiner, v. réfl. Se traiter réciproquement de cousins.
— ÉTYM. Cousin t.
t COUSINERIE (kou-zi-ne-rie), s. f. Voy. cousi-