‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 472 sur 504 · MÈRE · texte numérisé non relu

MÈRE

t COUSINET (kou-zi-né) , s. m. Un des noms vulgaires de l'airelle myrtille. Voy. coussinet, qui est plus autorisé.

t COUSINETTE (kou-zi-nè-f) s. f. Variété de pomme. Voy. coussinette, qui parait meilleur.

1 . COUSINIÈRE (kou-zi-niô-r') s. f. Rideau de gaze dont on entoure un ht pour se défendre des cousins. I! On dit aujourd'hui plus habituellement moustiquaire.

— ÉTYM. Cousin 2.

t 2. COUSINIÈRE (kou-zi-niê-r'), s. f. Parenté nombreuse et à charge. J'arrive, nt n'y suis pas une journée entière. Qu'abîmé tout d'un coup dans une cousinière. Je pense, tant je souffre et d'esprit et de corps. Que jamais assez tôt je n'en serai dehors, nu cerceau , dans le Dict. de beschehelle.

— ÈTYM. Cousin 1 .

t COUSOIR (kou-zoir) , s. m. Instrument de relieur et de gantier.

— ÉTYM. Coudre.

COUSSIN (kou-sin),i. m. || 1° Sorte de sac rempli de plumes, de crin ou de bourre, et qui sert à supporter quelque partie du corps dans le repos. Coussin de canapé. Une pitié qui leur a fait porter des cous-

sins sous les coudes des pécheurs, Boss. Comel. Sun nienlon sur son sein descend à double étage; Et son corps raïuassé dans sa courte grosseur Fait gémir les coussins sous .sa molle épaisseur, boil. Lutr. I. Sur des coussins il endort la molles.se, iiKRNAHD, Art d'aimer, m. Sur les coussins où la douleur l'enchaîne. Quel mal, dis-tu, vous fait ce roi des rois? bér-^no. Octavie. || Coussin de carrosse, espèce de traversin qu'on pose sur les banquettes du carrosse. || 2' Partie du collier qui s'applique contre l'épaule de l'animal attelé. || 3» Synonyme de coussinet, ^ans la machine électrique. ||4° Terme de relieur. Planche garnie débourre et de peau pour couper l'or. || Sac de cuir rempli de sable sur lequel on lie les pièces qu'on veut ciseler. || B° Coussin lie canon, gros billot de bois posé sur le derrière de l'affût et qui soutient la culasse. || Terme de marine. Coussin d'amure , tissu de bitord qu'on met sur le plat-bord du vaisseau, afin d'empêcher que la ralingue de la voile ne s'y coupe, ou sur le beaupré pour recevoir le frottement de certaines manœuvres. || Nom de morceaux de sapin ou de peuplier qu'on met sous les écubiers.

— HlST. xiii» s. Ne coûte ne coissin, linceul ne oreiller, Berte , xxxviii. Tuit .se tesent parmi la sale. Et Tybert defferma sa maie. Et dist au roi : Sire, or escoute. Lai le coissin, si pren la coule, lien. <8006. Il XIV" s. Et de prendre auquetons de soie ou bouquerant Et coittes [couettes] et coussins moiUies par avant, Guescl. 20162. || xv" s. Lors en moillant de larmes mon coessin. Je regrectay ma dure destinée, ch. d'orl. Bal. 67. || xvi" s. Fournissant les licts de coettes, cuissins, oreillers, materas, o. de serres, 88(.

— ÉTYM; Namurois, cosin; génev. coissin; bourguig. côssin; Berry, coissin, cuissin, cossin; espagn. coxin; ital. cuscino; angl. cushion ; d'un diminutif cu/cittnum, dérivé du latin cuicito (voy. couette). Il y a aussi dans les langues romanes : ital. côl- Irice, lit déplume; provenç. cousser, casser, même sens. L'allemand Kissen, qui signifie coussin, vient des langues romanes, d'après les germanistes.

t COUSSINER (kou-si-né), v. a. Garnir de petits coussins. Il Se coussiner, v. réfl. Se garnir de petits coussins pour remédier aux défauts de la taille.

— ÉTYM. Coussin.

COUSSINET (kou-si-nè; le (ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des kou-sinè-z élastiques; coussinets rime avec traits, succès, paix), s. m. Il 1° Petit coussin. Coussinet de selle, 'le cuirasse. Perrette sur sa tête ayant un pot au lait Bien posé sur un coussinet, la font. Fabl. vu, io. Il Fig. et familièrement. Mettre son coussinet sur quelqu'un ou sur quelque chose, s'emparer de quelqu'un ou de quelque chose; locution tirée de l'usage de retenir sa place en y mettant son coussinet. Celui-ci [Maisons], qui voulait circonvenir le prince [duc d'Orléans], ne trouva pas CaniUac suffisant; il jela son coussinet sur moi , st-sim. 369, 238. Il 2° Terme de bourrelier. Petit coussin qu'on met sur le garrot des chevaux de carrosse, de peurqu'ils ne s'y blessent. || Rouleau de paille nattée que les couvreurs attachent sous leurs échelles. || Petit sac garnissant les genouillères des bottes. {| Terme de graveur. Petit oreiller rond fait de cuir sur lequel on appuie et tourne la planche de cuivre, lorsqu'on grave avec le burin. || Dans une machine électrique, petit coussin en cuir de buffle, enduit d'un amalgame d'étain, sur lequel frotte le pl.ateau circulaire de verre. || 3° Terme de vétérinaire. Coussinet oculaire, amas de tissu adipeux qui entoure la face postérieure de l'œil. || Coussinet plantaire, la partie du dessous du pied des monodactyles qui compose la fourchette molle ou de chair. {| 4° Terme de botanique. Petite excroissance de la tige sur laquelle repose la base du pétiole des feuilles, dite aussi corps calleux. || 6° Terme de mécanique. Morceaux de bois ou de métal creusés en demi-cylindres, entre lesquels tournent les tourillons ou collets d'un axe. Il 6° Terme d'architecture. Ornement du chapiteau ionique, qui sert à former les volutes, entre l'ove et l'abaque. || Pierre placée à la partie supérieure d'un pied-droit, et dont le Ut inférieur est horizontal, tandis que celui de de,«sus est taillé en coupe. Il 7° Pièce de fonte qui, portant un rail de chemin de fer, sert d'intermédiaire entre lui et le support proprement dit. || 8° Terme d'artillerie. Coin (le bois sur lequel on appuie le mortier pour le pointer. Il 9° Coussinet des marais, un des noms vulgaires de la plante racciniuv\ oxycoccos, dit aussi canneberge et airelle des marais.

— HlST. XV" s. Mieux amassent [aimeraient] à gogo Gésir sur molz coussiuès, eu. c'oia. Chanson.

||xvi" s. Leduc de Parmey succéda le mesmejour, et le dernier du mois envola saisir le logis de Cheles, mais les mareschaux de camp du roy y aians mis leur coissinet et mieux soustenus que les estrangers, .es poussèrent jusques au passage du marais, d'aub. Ilist. m, 23». Voudriez-vous mettre vostre coussinet sur une haquenée qu'on a chavauché à dos et qui a les genoux tout escorchez? ID. Conf. IV.

— ËTYM. Diminutir de eotusin; namurois, eosinè.

t COUSSINETTE (kou-si-nè-f), f. f. Variété do pomme, dite aussi passe-pomme.

fCOUSTILLADE (kou-ti-Ua-d', H mouillées), t. f. Coup de couteau. Qui n'aimaient pas la coustillade, SCARR. Virg. trav. ii. || Inusité.

— HIST. XVI" s. CoutiUade, cotgrave.

— ÉTYM. Coustel, ancienne et mauvaise orthographe pour coutel (voy. couteau) ; de coustel on avait fait aussi coustiller, celui qui est armé d'un couteau.

t COUSTON (kou-ton), ». m. Filaments courts qui restent après que l'on a passé le chanvre écru.

— ÉTYM. Diminutif de coste ou c6te. ' COUSU, UE (kou-zu, zu-c), part, passé de coudre. Il 1" Des souliers bien cousus. || Fig. des finesses cousues de fil blanc, de gros fil, des finesses grossières et faciles à reconnaître. || Terme de blason, qui se dit d'une pièce d'une autre couleur, ou d'un autre métal, placée sur une autre pièce, comme si elle y était cousue. || 2° Joint, uni comme par une couture. Que d'éloges charmants cousus les uns aux autres! boursault, Merc. gai. iv, 3. || 3° Par extension. Elle ne s'est point condamnée à être cousue avec la reine [toujours avec elle] , sÉv. 4) ». || Terme de manège. Cousu à la selle, se dit d'un homme qui est solide à cheval. |{ Bouche cousue, se dit pour recommander de ne pas divulguer un secret, comme si la bouche était fermée par une couture. Tenir bouche cousue, garderie silence. M. de Revel et moi dans la confidence, nos bouches cousues, sÈv. 574. Lisette, quelque temps tiens la bouche cousue, Si tu peux; va fermer la porte de la rue, begnaud. Légat, m, s. Adieu, bouche cousue au moins, mol. G. Dand. i, 2. Motus, bouche cousue, la font. Jum. Il 4° Avoir les joues cousues, avoir le visage trèsmaigre, comme si les joues étaient tenues près des os par une couture. {| Ce cheval a les flancs cousus, il est maigre et efflanqué. || B°Être tout cousu de.,., avoir une grande quantité, comme si la chose dont il s'agit était cousue partout à la personne ou à la chose dont on parle. Un livre cousu de passages grecs, hébreux, arabes, de citations de rabbins et d'autres auteurs obscurs et extraordinaires, malebb. Recherche, iv, 7. Loin de ces sots atrabilaires Qui, cousus de petits mystères. Ne nous parlent qu'incognito, ghesset, Chartreufe. Il Être tout cousu d'or, avoir en ornements beaucoup d'or sur ses habits. Aux pieds de prélats cousus d'or Charles dit son confiteor, bébang. Ch. le Simple. |j Fig. Être tout cousu d'or, être fort riche. Oui, de pareils discours et les dépenses que vous faites, seront cause qu'un de ces jours on me viendra couper la gorge, dans la pensée que je suis tout cousu de pistoles, itoL. l'Avare, i,6. Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or, Chantait peu, dormait moins encor, la font. Fabl. viii, 2. Ce vieux Crésus, en sablant du Champagne, Gémit des maux que souffre la campagne Et, cousu d'or, dans le luxe plongé. Plaint le pays de tailles surchargé, volt. Épit. liiv. || Etre tout cousu de coups, être couvert de blessures. Il Avoir le visage cousu de petite vérole, être trèsmarqué de petite vérole.

COÛT (koù ; le « ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie : les koù-z et dépens), s. m. Ce que coule une chose. Il ne se dit guère qu'au palais. Le coût de l'acte est de tant. Les menus coùls, les petites dépenses. Monsieur le mort, j'aurai de vous Tant en argent, et tant en cire. Et tant en autres menus coûts, la font. Fabl. va, <<. Un gentilhomme fera son loyal devoir à mes coûts et dépens, volt. Mœurs, (00. Et puis, la sainte alliance, que de coûts I que de dépenses 1 P. l. cou». II, 94. Il Proverbe. Le coût fait perdre le goût, c'est-à-dire le prix élevé d'une chose 6te l'envie de l'acheter.

— HIST. XII" s. E pur quei dune te serreie i grief e à charge e à cust? flots, (95. {| iiu* s. El paierai tout vostre coust as Veniciens, viukh. Lxxxviii. Et s'il ne plaisoit à l'aprenliz k aler au mestier, il ii convendroit forjurer le mestier. et rendre à son mestre toz les couz et touz les doumagi's qu'illi auroit (ez, Liv. des met. »4. Trop suntnoQAiiis

COU

de grain(lre[plus grand) coust, laJtoge, (4830. Dame, [celui] qui tele vie maine, Sans coust, sans travail et sanz paine. Lai dit conseil. Ançois l'emporteia cil qui le plet maintint i son coust, beaum. xii, 24. Et des coz qui y sunt à mètre [faire], ID. xiii, 22. Li procureur ne sont pas tenu à procurer les besognes de lor mestres à lor coz, ainçois doivent avoir salaire soufizant, ID. 82. || xv" s. Faites le parfaire bien et noblement, et n'espargnez coust qui y puisse estre, Perceforcst, t. i, f" 405. || xvi' s. De peu de coust, mont, i, <8. Nous ne considérons que nostre coust à les recouvrer, ID. i, 3)2. Loyaux coûts sont entendus, frais de lettre [acte], labourages, semences, façons et réparations nécessaires, LOYSEL , 40O. Clinias ayant armé et equippé une galère à ses propres cousis et despens, amyot, Aie. l.

— ÉTYM. Voy. coûter; géney. coille, s. f.; provenç. cost; espagn. et ital. costo. 1,'ancien français aviiit constance ou coustange, encore usité du temps de Malherbe : C'est chose contraire à la nature de se tourmenter le corps et de mépriser les choses qui sont de peu de coustange, Épit. v.

COÛTANT (kou-tan), adj. Usité seulement dans cette locution : Prix coûtant, le prix qu'une chose a coulé.

t COCTARDE (kou-tar-d'), s. f. Espèce de pâtisserie, composée de lait, d'œufs, de miel et de ileur de farine.

t.COUTACDER (kou-tô-dé) , v. a. Voy. couR-

TADDER.

COUTEAU (kou-tô), s. m. || 1° Instrument tranchant composé d'une lame et d'un manche. Couteau de table. Couteau de poche. Ce couteau coupe bien. Mettre couteaux sur table, donner à mang:er. || Fig. Porter le couteau sur, supprimer sans miséricorde. Il veut porter le couteau jusqu'aux inclinations les plus naturelles, boss. i, Pdq. i. || Fig. Couteau pendant, homme qui en accompagne toujours un autre; locution tirée de l'habitude d'avoir, en certaines professions, un couteau pendu à son côté. Un tel est toujours avec lui, c'est son couteau pendant. Il Couteau de tripière, couteau qui tranche des deux côtés; et fig. C'est un couteau de tripière, c'est un couteau à deux tranchants, c'est un couteau qui tranche des deux côtés, celui qui dit du bien et du mal d'une même personne. || Familièrement. On vous en donnera de petits couteaux pour les perdre, se dit aux enfants à qui l'on refuse quelque chose. I) Boîte à couteaux, boîte où l'on serre les couteaux. || 2° Terme de chirurgie. Instrument tranchant dont on se sert pour divi.ser les parties molles et qui ne diffère du bistouri que parce qu'il est ordinairement plus grand et que la lame est toujours fixée à demeure sur le manche. Il Couteau à deux tranchants ou couteau interosseux, dit ainsi parce qu'il sert particulièrement pour pratiquer les amputations dans les articles, et pour diviser les chairs des espaces interosseux à la jambe ou à l'avant- bras. || Couteau lenticulaire, couteau dont on se sert dans la trépanation, pour détruire les inégalités que la couronne d u trépan a laissées au voisinage des bords de l'ouverture faiteàl'os. || 3° Poétiquement , coutelas , poignard. Où toi-même , des tiens devenu le bourreau. Au sein de ton tuteur enfonças le couteau, corn. Cinna, iv,2. Qu'on lui fasse en mon sein enfoncer le couteau, rac. Athal. v, C. Il Fig. Plonger le couteau dans le sein de quelqu'un, lui causer un violent chagrin. Vous par qui je plongeai le couteau dans le sein maternel, j. j. rouss. Hél. II, 5. Comment mettre le couteau dans le cœur de ses parents? volt. Blanc et noir. \\ Être sous le couteau, avoir le couteau sur la gorge, être contraint par force ou par menace. Rien n'est changé, je suis encor sous le couteau, id. Tancr. iri, 7. || On dit dans le môme sens : mettre le couteau sur la gorge. Il Couteaux sacrés, ceux qui servaient à égorger les victimes dans les anciens sacrifices. [Elle] tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés, eac. Iph.v, 4. C'est peu que de vouloir, sous un couteau mortel. Me montrer votre cœur fumant sur un autel, iD. ib. m, 6. Les victimes qui tombaient sous le couteau sacré, fén. Tél. xi. || 4° Instrument de supplice. L'abandonnerez-vous à l'infâme couteau Qui fait choir les méchants sous la main du bourreau? CORN. llor. v, 3. Il Le couteau de la guillotine. Il 5° Couteau de chasse, courte épée qui ne tranche ordinairement que d'un côté, -pour couper les branches quand on brosse au travers des bois. \\ 6" Courte épée. Il ne porte qu'un couteau. Vieux en ce sens. H Fig. En être aux couteaux tirés, être à couteaux tirés, être en inimitié ouverte. Il était avec

0"^°^®""'.^™*"' ^^^ ^P^"^ *=' ^™ couteaux, sév. »*♦. D Achy était aux couteaux tirés avec Puyrobert,

COU

st-sim. <i, <20. Mme de Montespan fut toujours aux couteaux avec ce ministre [Louvois], id. 22«, 09. Il Aiguiser ses couteaux, se [Préparer au combat, à la dispute. || Jouer des couteaux, se battre à l'épéo. J'ensuis, etj'yjouerai, comme il faut, dos couteaux, scarron, d. Japhet, vi, 4. || 7° 'ferme de vétérinaire. Couteau de feu, instrument qui est de fer ou de cuivre, et qui, étant chauffé dans la forge, sert à brûler quelque partie malade d'un cheval. || Couteau anglais, instrument dont les maréchaux anglais se .servent pour rogner la corne des sabots et qui remplace le boutoir des ouvriers français. || Couteau de chaleur, latte de bois polie sur ses Ijprds, dont on se sert pour racler la surface de la peau du cheval et abattre la sueur après un exercice forcé. || 8° Couteau à papier, autrement dit plioir, ustensile en bois ou en ivoire qui sert à couper le papier. || Couteau sourd, instrument des corroyeurs dont le trancliant est fort émoussé. || L'arête du prisme triangulaire qui porte le fléau d'une balance. || Couteau ramasseur, couteau qui ramène constamment la pâte de cacao sous la meule. {| 9° Couteau aimanté, sorte d'instrument en forme de couteau qui servait à des recherches sur le magnétisme. Le couteau aimanté nous découvre, dans les cendres de plusieurs espèces, des particules ferrugineuses, bonnet, Consid. corps org. OlCuvres, t. v, p. 4 6), dans pougens. Il 10° Terme de marine. Partie saillante du faux étambot, et mèche du gouvernail qui lui est opposée. Il 11° Couteau de St-Jacques , nom d'un coquillage long et plat. {| Manche de couteau, coquillage bivalve. || Couteau polonais, espèce du genre solen. || 12°Terme de fauconnerie. Premières pennes des ailes des oiseaux qu'on emploie à la chasse. || Proverbes. Les mauvais couteaux coupent les doigts et laissent le bois. || Tel couteau, tel fourreau. Il C'est comme le couteau de Jeannot, se dit d'une chose qui conserve le même nom, mais qui n'a plus rien de ce qui la constituait autrefois. Cette locution est fondée sur ce que Jeannot, personnage de comédie et type des niais, des imbéciles, raconte qu'il a depuis longues années un couteau auquel il a fait remettre successivement et plusieurs fois tantôt une lame, tantôt un manche; et il croit que c'est toujours le même couteau.

— iiisr. xa" s. Il a traite l'espée dont tranche 11 coutel, Ronc. p. )84. Dune fîst saint Thomas prendre U reis senz nul demur, E escorchier le chief à cutaus tut entur, Th. le mart. )0l. Pristrent sun bon cultel qui valeit une cit, E sun anel ù out un safir mult eslit, if». )52. [Ils] se trenchierent, si cume fud lurusages, de cuUels,erifflerent lacharn jusque il furent sanglenz. Rois, 3)7. || xur s. Et li quensde Pierche i fu mors par un ribaut qui li leva le pan dou haubert et l'ocist d'un coutiel, Chr. de liains, )57. Miex vodroie à [avec] cotiaus d'acier Pièce h pièce estre despeciés, la Rose, 2900. Li dis Jehans courut sus à ceii qui fu tués, le coutel tret, REAUM. xxxix, )2. Il se combatont à ceval, armé de toutes armeures, teles comme il lor plest, exepté coutel à pointe et mâche [massue], m. lxi, 7. Devant le roy, tranchoit du coutel le bon conte Jehan de Soissons, JOiNV. 205. Il tenoit trois coutiaus en son poing, dont l'un entroit ou manche de l'autre, ID. 250. Il XIV» s. Li pons fu avalés, qui estoit levés haus : Chil de l'ost i entrèrent, tout mirent as coutiaus. Fors que la damoiselle qui se rendi à iaus [eux], Daud. de Seb. viii, COO. Un tel cop, que il li départ Jus les maistres coutiaus [plumes] de l'ele, Renart le novel, dans du cange, Gloss. franc. Et doit avoir le chappon de rente [fourni par le fermier ou autre] couteaulz [plumes des ailes] suffisans; et si n'estoient suffisans, on rabat de cliascun couteau deux deniers tournois, bouteiller. Somme rurale, titre 87. Je Guillaume Tirel, maistro des garnisons de cuisine du roy, certifie à tous quej'ey baillé et fait bailler dix paires de costeaux aux personnes ci-dessus nommées, de laborde, Émaux, p. 23). Une paire de cousteaux à tranchier, c'est à sçavoir deux grands et un petit, à manche de lignum allées, garnis d'or esmailliez de France, et a en chacun une perle au bout, id. ib. ||xv° s. Un gros cousteaul d'alemaigne, garni de six cousteaulx, une lyme et ung poinsson, et d'une forsetes, pendans à une courroye de fil blanc, àclouz de leton,iD. ib. Le vallet servant doibt mectre son pain et les trençoirs sur la table, et puis doibt tirer les cousteaux, et doigt asseoir les deux grans cousteaux, en baisant les manches, devant le lieu où le prince doibt estre assis, et doibt mettre les poinctes devers le prince en couvrant icelles pointes de la nappe qui est redoublée, et puis doibt mettre le manche vers le prince ; et les causes sont, que les grans couteaux se doivent

COU

rotirci- par l'escuyer trenchant, et pour ce sont le.s manches devers luy, et le petit couteau est tourné au contraire, pour ce que le prince s'en doilit ayder, ID. ib. Il avoit deux coutiaulx de bouchier c'en dit rousse, en une gaigne; et estoit de ces lairge! coustiatilx de quoy qu'ils escourchent les bestes c'en appelle rousses, id. ib. || xvi*s. Gaisnegamie de deux cousteaulx, à manches d'acier, faits à combats, ])0ur servir à ouvrir les huislres en escaiUe, in. 16. Celuy se monstre estre bien veau, qui parla poincte rend le Cousteau, oénin, RécrcaH.u,p. 230. L'ung Cousteau aguise l'autre, id. ib. p. 244. Ce cousteau ne vient pas de ceste gaine, lerouxde uncv, J'rov. t. II, p. )93. Changer son couteau à une allumette [faire un troc désavantageux], id. t&.Ceuzqui portent les longs cousteaux ne sont pas tous queux [cuisiniers] ne bourreaux, id. ib. En une belle gaine d'or Cousteau de plomb gist et dort, iD.ib. Le cousteau n'appaise l'herésio [proverbe tiré des supplices inutiles contre l'hérésie au xvi' siècle], id. ib. Les mauvais couteaux coupent les doigts et laissent le bois, id. ib.

— ÉTYM. Picard, couliau, coulieu ; Berry, couliau; saiiitongeois,cow((î; provenç. co/teZft, co(e(h; catal. collell; espagn. cuc/uWo; portug. cule/io; ital. cullello: du latin cultellus, diminutif de cuifer (voy. couthe). Dans le vieux français au nominatif singuher, li culiels ou cultaus; au régime, le cultel.

t COUTEL (kûu-tèl), s. m. Serpe pour couper les roseaux.

— ÉTYM. Voy. couteau.

COUTELAS (kou-te-li\; l's se lie : des kou-te-Iâz-affilés),ï.m. Il 1° Sorte d'épée courte, large et tranchante d'un seul côté. Derrière ce héros tirant son coutelas..., corn. Pomp. 11, 2. Point de tambours, force bons coutelas, la font. Fianc. Le bourreau tenait un grand coutelas pour l'exécution, fén. xix, 1G. Au mousquet réuni le sanglant coutelas [ baïonnette] Déjà de tous côtés porte un double trépas, VOLT. Ilenr. viii. Le monstre [J. Clément] au même instant tire son coutelas, iD. ib. v. || Grand couteau de cuisine. || 2° Outil de papetier, propre à rogner. Il 3° Un des noms vulgaires de re.spadon, poisson. Il 4° Terme de marine. Nom de petites voiles qu'on emploie quelquefois à côté des grandes, et qui s'appellent autrement bonnettes à étui.

— HlST. XV" s. Le quel Benoit se mit à défense à fout une grant coutelesse qu'il portoit, du cange, coulelarius. Icellui Helie s'efforça de prendre une coutelasse que le suppliant avoit pendue à sa sainture,iD. ih. Il xvi° s. Ores rouant sa grand masse. Et ores sa coutelace, rons. 342. Et de la main leurs coutelas trouvèrent Bien aiguisez qui de l'arçon pendoient, id. 619. En tous endroits s'estend la dure coutelace; Le fer n'épargne aucun, et les temples sacrés Sont enivrez du sang des hommes massacrés, AM. jamin, Poésies, p. 248, dans lacurne.

— ÉTYM. Couteau, par l'intermédiaire de coutel, avec la finale péjorative ouaugmentativeace, occto, as; génev. coutelar; ital. coltellaccio.

fCOUTELÉ, ÉE (kou-te-lé, lée), adj. Terme de mégissier. Peau coutelée, peau qui a été endommagée par le couteau.

— ÉTYM. Couteau.

t COUTELET (kou-te-lè) , s. m. Terme de pêche, Entrée des bourdigues.

COUTELIEU, lËRE (kou-te-lié, liê-r'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fabrique ou qui vend des couteaux, des ciseaux, des rasoirs, etc. ||jld/. Maître coutelier. Apprenti coutelier. {| 2° Nom d'un coquillage, qui est dans sa coquille comme un couteau dans sa gaine. Le coutelier ne rampe point; il perce le sable perpendiculairement, il s'y creusa un trou ou une sorte de cellule qui a quelquefois deux pieds de longueur et dans laquelle il monte et descend à son gré, bonnet, Contempl. nat. ) 2' part. ch. 9.

— HlST. XIII* s. Fevre marischal , grossier et greifier et hiaumier pueent ovrer de nuiz, se leur plaist. et tout li mestier devant dit, hormis serruriers et couteliers, Liv. des met. 45.

— ÉTYM. Couteau, par l'intermédiaire i&^ coutel, ital. coltclliuaio.

COUTELIÈRE (kou-te-liê-r'), s. f. Etui à couteaux de table. || On dit à présent boîte à couteaux.

— HIST. XIV s. Le suppliant saclia [tira] de la coutelière un coutel, du cange, coutelaritis.

— ÉTYM. Coutelier; ital. coltelliera.

fCOUTELINE (kou-te-li-n'), s. f. Grosse toile de

coton des Indes.

COUTELLERIE (kou-tè-Ie-rie), s. f. L'art du coutelier. Il entend bien la coutellerie. || Fabrique de couteaux. Établir une coutellerie. || Objets de coutellerie. Acheter, vendre de la coutellerie.

cou

cou

cou

— HIST. xiii' S. Nus fovre coulelicr no piict ne no doit ouvrer au jour de feste que li commun de la ville foire [célàbre], ne par nuit, en chose qui npartiegne h son mestier de coutolerie, Liv. des met. 48.

— ÈTYM. Coutelier.

I CO0TELURE (kou-te-lu-r'), s. f. Défaut du parohemin endommagé par le couteau.

— ÉTYM. Le verbe fictif couteler, formé de coutel ou couteau.

COCter (kou-té), V. n. ]\ l-Être acquis à un certain prix. Combien vous coûte cette étoffe, ce cheval, cette maison? Il 2» Causer des frais, de la dépense. i Combien coûte un cheval à nourrir? Les réparations ( de sa maison lui ont coûté dix mille francs. || Il m'en coûte bon, j'ai payé fort cher; et fig. cela m'a été très-onéreux, très-pénible. || Coûter cher, revenir à un prix élevé. || Fig. Cette sottise lui coûtera cher, il en sera cruellement puni. Son amitié vous a coûté cher à ce prix, SÉV. 4<6. Oh! mon fils! que tes jours coûtent cher à ta mère! hac. Andr. m, s. Il Absolument. Les bâtisses, les voyages coûtent. Il 3° Être cause de quelque perte, de quelque effort, de quelque sacrifice. La place à l'emporter coûterait bien des têtes, cohn. Nicom. i, 2. Sa perle aux Romains a coûté bien du sang, id. Pomp. v, 3. Cette grandeur sans borne, et cet illustre rang Qui m'a jadis coûté tant de peine et de sang, ID. Cinna, ii,

I. Pourvu que par ma mort tout le peuple irrité Ne vous ravisse pas ce qui m'a tant coûté I rac. Brit, IV, 2. Hercule à désarmer coûtait moins qu'Hippolyte, ID. ib. ii, 1. || Coûter la vie, être cause de la mort. Cette imprudence lui coûta la vie. Vous, cruels, vous, tyrans, qui lui coûtez la vie, volt. Tancr. v, c. Il On dit d'un homme prodigue, que l'argent ne lui coûte guère, il le dépense comme si l'argent ne coûtait rien à gagner. |{ On dit qu'une chose ne coûte guère, ne coûte rien à un homme qui la prodigue, sans y attacher d'importance ou pour tromper. 11 vouspromettratout ce que vous voudrez, celanelui coûte rien. Toutes ces accusations d'hérésie qui ne vous coûtent rien qu'à les avancer, pasc. Lettre de Nicole au P.Amat. Les larmes ne coûtaient rien à cette femme artificieuse, fén. Tél. viii. Denys deSyracuse faisait sans peine l'aveu de ses fautes, apparemment parce qu'elles ne lui avaient guère coûté, BARTHÉL. Ânach. ch. 03. Il Coûter des larmes, être cause d'une grande douleur. Ne croyez pas, seigneur, qu'auteur de mes alarmes, Pharnace m'ait jamais coûté les moindres larmes , bac. Milhr. m, B. Sa perle à ses vainqueurs coûtera bien des larmes, id. Iphig. ii, 6. Songiez-vous aux douleurs que vous m'alliez coûter? id. Jirit.

II, 6. Il 4° Être fait k regret ou avec difficulté. Madame, ce qu'on fait sans honle et sans remords, Ne coule rien à dire; il n'y faut point d'efforts, CORN. Suréna, u, 2. jamais résolution ne m'a tant coûté à prendre, voit. Lett. 28. Il ne coûta rien aux Athéniens d'abandonner leur ville au pillage et M'incendie, boss. Hist. m, B. || Absolument. Les mortifications coûtent, les observances deviennent pénibles, mass. Profess. rel. 2. Cette paresse invincible à qui tout coûte, id. Car. Tiéd. 2. Qu'on interroge les écrivains do génie sur les plus beaux endroits de leurs ouvrages, ils avoueront que ces endroits sont presque toujours ceux qui leur ont le moins coûté, parce qu'ils ont été comme inspirés en les produisant, d'alemb. Met. litl. Qliuvrcs, t. m, p. 240, dans LACURNE. Il Rien ne lui coule, il n'épargne rien. || Tout lui coule, il a de la peine à faire tout ce qu'il fait. || 5° Impersonnellement. Dans quelque pauvreté que je sois, je voudraisqu'il m'eût coûté mille écus et pouvoir.... voit. Lett. 25. En vain nous appelons mille gens à notre aide ; Plus ils sont, plus il coûte, et je ne les tiens bons Qu'à manger leur part de moulons, la font. Fab. xi, t. || Fig. U coule si peu aux grands à ne donner que des paroles, LA BRUY. IX. Le plus fort et le plus pénible est de donner; que coûte-t-il d'y ajouter un sourire? ID. vm. Benoît parut instruit sur le vide et l'amertume des plaisirs sans qu'il eût coûté à son innocence pour s'en instruire, mass. Panég. St Benoit. Et je sais ce qu'il coûte à de certaines gens Pour avoir pris les leurs [leurs femmes] avec trop de talents, mol. Éc. des femmes, i, I. Quand celui qui est assis sur le trône d'où relève tout l'univers, et à qui il ne coûte pas plus à faire qu'à dire parce qu'il fait tout ce qu'il lui plaît par sa parole, BOSs. la Vallière. || Coule que coûte, à quelque prix ciue ce soit, quoi qu'il puisse arriver. Locution elliptique qui équivaut à : (que cela) coûte (ce) que (l'on voudra que cela) coûte. || 6° Impersonnellement avec le pronom en. Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter, mol. Mis. v, 2.

Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ; Comptez ce qu'il en reste à beaucoup de familles, LA FONT. Fabl. IX, 9. Il Fig. Il m'en coûte la vie, il m'en coûte la gloire, corn. Cinna, iv, 7. L'autre [tonnerre] s'écarte en son cours; Ce n'est qu'aux monts qu'il en coûte; Bien souvent même il se perd, LA PONT. Fabl. viii, 20. Quand il en devrait coûter quoique petite chose à la bienséance, sÉv. t38. Sans qu'il en coûte une goutte de sang, m. 505. U lui en coûta la vie, boss. Hist. m, e. U apprit ce qu'il en coûte à sauver les enfants de Dieu, id. ib. II, 3. Il ne lui en coûte que de le vouloir, id. ib. Il, t. Il m'en coûterait trop s'il m'en coûtait deux fils, RAC. Théb. III, 6. Je l'ai voulu sans doute, Et je le veux toujours, quelque prix qu'il m'en coule, ID. Baj. III, t. Toi-même, jem'a.ssure, as rougi plus d'un jour Du peu qu'il t'en coulait pour tromper tant d'amour, id. ib. iv, 5. Crois qu'il m'en a coûté pour vaincre tant d'amour, id. Bér. 11, 2. Partons, et quelque prix qu'il en puisse coûter.... id. Plièd. II, 6. Quel plaisir barbare, grand Dieu! pour des chrétiens I il faut qu'il en coûte le sang et la réputation à leurs frères, pour les délasser , mass. Paraphr. ps. xv, verset i. Vous regarderiez comme des insensés ceux qui mettraient en balance des difficultés de pure spéculation, qu'il n'en coûte rien de croire, avec une éternité malheureuse qui au fond peut devenir le partage des incrédules, id. Av. Délai de la conversion. Us [les apôtres] attendaient que leur maître délivrerait Israël du joug desnations et qu'il les ferait asseoir eux-mêmes sur douze troues terrestres sans qu'il leur en coûtât ni soins ni peines pourymonter, id. Car. Fous.vecon/iance. Jésus-Christ a donc prévu qu'il nous en coûterait pour aimer nos frères, id. ib. Pardon. Qu'il en coûte pour se préparer des malheurs éternels! id. Av. Bonh. Vous le feriez, quoi qu'il en dût coûter, id. Car. Tiéd. 1. Quelques efforts d'esprit que l'on fasse et quelque assiduité qu'on y donne, on est trop heureux quand il n'en coûte que de demeurer dans son cabinet, FONTEN. Maraldi. Il pourra m'en coûter; mais mon cœur s'y résout, volt. Zaire, iv, 2. Je sais ce qu'il eu coûte, iD. Tancr, v, 3.

— REM. 1. Coûter est un verbe neutre, et quand on dit '.cela m'a coûté dix francs, beaucoup de peine, quelques larmes, francs, peine, larmes ne sont point des régimes directs; il y a une ellipse, et la locution entière est : cela m'a coûté (pour) dix fianos, (pour) beaucoup de peine, (pour) quelques larmes. En effet on ne peut pas dire : dix francs m'ont été coûtés; des larmes me sont coûtées, etc. CorXler ne pouvant .se tourner par le passif, n'a donc dans les phrases de ce genre que l'apparence de l'actif; il dérive du latin conslare qui signifie proprement être avec, être acquis; de là provient l'impossibilité d'un passif. Il 2. Coûter n'étant pas actif, il faut dire : la somme que cette maison a coûté, et non coûtée; les pleurs que la mort de cet enfant a coûté à sa mère, et non coûtés, etc. Cependant l'Académie, qui dit bien que coi2(^ est toujours invariable, note que plusieurs écrivains ont accordé colî(^ en ces cas-là. En voici en effet des exemples. Après tous les ennuis que ce jour m'a coûtés, RAC.JÏnt.v, 3. Quede soins m'eût coûtés celte tête si chère! m.Phèd. 11, B. Vous n'avez pas oublié les soins que vous m'avez coûtés depuis votre enfance, fén. Tél. vu. U paraît en effet digne de vos bontés; U mérite surtout les pleurs qu'il m'a coulés, volt. Comtesse de Givry, u, 2. Mes manuscrits raturés, barbouillés et même indéchiffrables, attestent la peine qu'ils m'ont coûtée, 1. J. Rouss. Ém. liv. I. Un enfant devient plus précieux en avançant en âge; au prix de sa personne so joint celui des soins qu'il a coûtés, id. ib. On ne peut considérer ces exemples que comme des licences condamnables en prose et tout au plus permises en poésie.

— IIIST. xii" s. Car qui le sien donne retraianment [do mauvaise grâce] , Son gré en pert, et si couste ensement Com à celui qui volontiers l'otroie, Couci, XVI. Il xiir s. Sixante sols [il] cousta, un an a, en certain, Berte, Lxxiii. Ma volonté ferez, quoi qu'il doie cousler, ib. cxil. Renart me quide plus coster Que ne me coslera des mois, Ren. ima. Et me dit la royne, que la façon avoit cousté cent livres, jomv. 285. Il XIV" s. De ci ne partirons, quoi qu'il doie cousler, S'arons prise la ville.... Guescl. 8092. Ilxvs. Je voudroie bien avoir un tel messager; il ne vous couste rien, et si savez véritablement tout quant que il avient parle monde, froiss. ii, m, 22. Dit en soi-mesme Jean Lyon ; Je mettrai un tel trouble entre cette ville et le comte , qu'il coustera cent mille vies, id. ii, 11, 62. Quand le capitaine vit que les seigneurs fraoçois ne se deparliroient point sans

avoir le fort, quoi(|ue il cousta.st, m. ir, ni, 29. .... No me chault, couste et vaillel Encor ay denier et maille Qu'oncques ne virent père ne mère. Patelin, 215. Alors luy bailla le varlet un glaive dont la hante estoit à merveilles moult forte et le fer tranchant, et la damo^scUe dist que elle veult veoir comment il cousto [comment il vaut, est mis en usage], Lancelot du Lac, t. m, f° 37. || xvi* s. Les lettres qui me couslentle plus sont celles qui valent le moins, mont, i, 293. U me coustoit à m'empescher de le faire, id. 1, 316. Quoyqu'il me couste, je délibère de dire ce qui en est, id. in, 67. Il ne porta onques robbe qui eust cousté plus de cent drachmes d'argent, amyot, Caton, io. 11 ne leur feist pas cousler pour luy un tout seul denier, id. ib. )3. U leur porloit envie, do ce qu'ilz avoient la guerre à des ennemis qui leur cousteroient si peu à desfaire, ID. Philop. 29. Il se jetloit à clos yeux au danger : aussi lui en cousta il la vie dedans l'isle de Chio, ID. P/ioC!On,8. Cela, direz vous, est bien cher; toute» fois couste mais que [pourvu que] vaille, Contes de

CHOLIÊRES, f° 20, dans LACURNE.

— ÉTYM. Provenç. et espagii. costar ; portug. cuttor; ital. cosfore; du latin constare, coûter, proprement, être avec, être fixé, déterminé, de cum, et store, demeurer (voy. stable).

t OOOteuSEMENT (kou-teù-ze-man), adv. D'une manière coûteuse.

— ÉTYM. Coûteuse, et le suffixe ment.

COÛTEUX (kou-teû, teû-z'), adj. || 1° Qui cause

de la dépense. Les voyages sont coûteux. Il est inutile et il serait coûteux de leur opposer de grosses armées, le p. catrou, dans desfontaines. Le luxe d'une monarchie rendant le mariage à charge et coûteux, il faut y être invité et par les richesses que les femmes peuvent donner et par l'espérance des successions qu'elles peuvent procurer, montesq. Esp. XXVII, ch. unique. || 2° Fig. 11 a eu pour mes avis des déférences coûteuses [qui lui coûtaient à avoir] que je n'oublierai jamais, j. J. ROUSS. Uél. VI, 8. La souveraineté de l'homme, titre si cruel et si coûteux à tous les êtres vivants, baynal, Hist. phil. XV, 8. Sans lui reprocher sa coûteuse victoire, LEMERC. Charles VI, v, 4. Que m'importe une gloire et coûteuse et peu sûre ?ARNAULT, Mariusàil. m, 6.

— HIST. xiii' s. Que me vaut ceste cointerie [toilette], Ceste robe cousleuse etchiere? la Rose, 8883. Et ceste proeve si e.st le [la] meiUor, et le [la] plus clere, et le [la] mains coûteuse de toutes, beaum xxxix, 2. Héritage qui est cousteus à retenir, ID XXII, t. Et je ne sui pas trop cousleux; Je ne maiijuefein ne aveine, jubi.nal, Denier et Brebis, t. u, p. tG8.

— ÉTYJI. Coûter.

COUTIER (kou-tié), s. m. Tisseur en coutil.

— HIST. XIV* s. Les coustiers et coustieres de la ville de Paris nous ont fait monstrer que les droiz, libériez et franchises de leur mestier de coustcriu...

DU GANGE , coûta.

— ÉTYM. Couette.

f CODÏIÈRES (kou-tiê-r') , s. f. pi. Terme de marine. Gros cordages qui, contenant les mâts d'une galère, lui servent de haubans.

COUTIL (kou-ti; l'I ne se prononce jamais), s. m. Toile serrée et lissée, propre à envelopper des matelas, des oreillers, à faire des tentes, des habits d'été, des robes.

— HIST. xiii* s. Doivent de cliascun drap en carete ou en car un denier, et del keulil un denier, TAILLIAR, Recueil, p. 25. Ilxv's. Toiles, coutls, or, argent en Dlate et en vaisselles, froiss. 11, 11, 188. Apportèrent grant pillage de coulils, de charroy, de pourveances, in. liv. 11, p. 225, dans LACL'nNE.

— ÉTYM. Couette, par l'intermédiaire de l'ancien franc, keule.

t COUTILLADE (kou-ti-lla-d", H mouillées), t. f.

Voy. COL'STILLADE.

t I. COUTILLE (kou-ti-ll', <{ mouillées), s. f. Nom vulgaire de laféluque dorée, plante.

— ÉTYM. Anç. français, coulille, qui signifiait petit couteau; ainsi dit par quelque assimilation.

t 2. COUTILLE (kou-ti-ir, U mouillées), j. f. Dans le moyen âge, sorte d'arme tranchante.

— HIST. XIV» s. Et s'avoient coustiUes, qui bien furent tranchans, ducange, cultellus. Garni et prémuni d'une grant coutitle ou miséricorde, m. ib.

— ÉTYM. Lat. cultellus, petit couteau (voy. coo-

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