‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 473 sur 504 · TEAU · texte numérisé non relu

TEAU

t COUTILLER (kou-ti-Ilié, «mouillées), s. k<. Soldat armé d'une coutiUe, qui accompagnait uu homme d'armes.

— HIST. XV* s. Les hommes d'armes serouc montez de trois chevaux, dont l'un sera sou'fisial de

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courre et rompre lance.... les deux autres chevaux ne soient moindres du priz, l'un de xxx escus, et l'autre de xx escus, pour porter leur paige et coustiller, DU CANGE, cultellus.

— ÉTYM. CoutUle 2.

+ r.OUTISSÉES (kou-ti-sée) , s. f. plur. Terme de broderie. Ensouples garnies d'une bande de grosse toile à laquelle on coud l'étoffe à broder.

t COUTON (kou-ton), s. m. Terme de cuisinière. Ce qui, dans la chair des jeunes poulets, canards ou oies, et avant la pousfse des plumes, est le rudiment de la plume ou duvet, et qu'il faut ûter avant de mettre la pièce à la broche.

t COU-TORS (kou-tor), s. m. Nom vulgaire du torcol, oiseau. \\Au plur. Des cous- tors.

— ÉTYM. Cou, et tors.

t COUTOUBÊE (kou-tou-bée), s. f. Terme de botanique. Genre de la famille des gentianacées, qui renferme plusieurs espèces appartenant à la Sud- Amérique.

t COUTOUILLE (kou-tou-11', Il mouiUées), s. f. Un des noms vulgaires du torcol.

t COUTRAIJ (kou-trô), s. m. Variété de poire.

COUTRE (kou-tr') , s. m. || 1° Espèce de fort couteau en fer, à lame courte, à tranchant mousse, à dos épais, adapté, en avant du soc, à la flèche de la charrue, et servant à fendre la terre. Et le contre aiguisé s'imprime sur la terre Moins avant.... malh.

I, 2. J'ai des maisons au bourg, j'ai des troupeaux aux champs. Je fais fendre la terre à vingt contres tranchants, quinault, la Comédie sans comédie, ii, s. Mais gardez d'enfoncer le coutre trop avant, SE- GRAis, Géorg. i. || 2° Fer tranchant pour fendre le bois k échalas. || Outil de fer, dit vulgairement merlin, qui sert à fendre le bois.

— HIST. XV" s. Laver les piez, seur, y alastes.... Or sont-il perciez d'oultre en oultre, X gros clous loncs comme un coutre, Résurr. de JV. S. J. C.

— ÈTYM. Picard, keute; provenç. coltre; ital. coJtro; du latin culter.

t COUTRIER (kou-tri-é), s. m. Sorte de charrue labourant profondément la terre.

— ÉTYM. Coutre.

t COUTOMAT (kou-tu-ma), s. m. Pays régi par le droit coutumier.

COUTUME (kou-tu-m') , s. f. || 1° Manière à laquelle la plupart se conforment. Cela est passé en coutume. Cette vieille coutume en ces lieux établie, CORN. Cid, IV, B. ï,a coutume ne doit être suivie que parce qu'elle est coutume, et non parce qu'elle soit raisonnable, pasc. Vrai bien, 9. Aigris par la nécessité, emportés par les coutumes, mass. Car. Prière, i. Les coutumes d'un peuple esclave sont une partie de sa servitude; celles d'un peuple libre sont une partie de sa liberté, montesq. Esp. xix, 27. Si ce n'est pas la religion, ce sont les coutumes qu'on y vénère au lieu des lois, id. ib. ii, 4. La coutume, la loi plia mes premiers ans X la religion des heureux Musulmans, volt. Zaïre, i, ). Ces raisons ne furent jamais senties dans une cour où la coutume était la loi suprême, baynal, llist. phil. VIII, 29. La coutume a sur les hommes une force qui n'a nullement besoin d'être appuyée de la raison, FONTEN. Oracles, i, 7. || 2° Terme de jurisprudence féodale. Législation introduite par l'usage seul en certaines provinces, par opposition k droit écrit. La coutume de Normandie, de Bretagne. Le roi Kepin ordonna que partout où il n'y aurait point de loi, on suivrait la coutume, mais que la coutume ne serait pas préférée à la loi. montesq. Esp. xxviii, 13. BientJt les coutumes détruisirent les lois, id. ib. 42. Il Recueil de droit coutumier particulier à un pays. La coutume porte que.... Sans cesse feuilletant les lois et la coutume, boil. Lulr. y. Cet avocat q\ii vient enseigner la coutume do Paris k St-Pétersbourg, VOLT. Lett. à Cath. 143. Faire une coutume générale de toutes les coutumes particulières serait une chose inconsidérée, même dans ce temps-ci où les princes ne trouvent partout que de l'obéissance, MONTESO. Esp. xxvui, 37. || Il s'est dit de certains péages et impôts. Payer la coutume. || Terme de pêche. Poissons de coutume, redevance qu'on donne avant la vente au propriétaire du bateau ou au maître pêcheur. || 3° Manière ordinaire d'agir, de se comporter, de parler, etc. Si c'est par instinct dénature Ou par coutume de m'aimer, corn. Uéracl.v, ).Sa coutume l'emporte et non pas la raison, id. Cinna,

II, f. Contre sa coutume il ne peut me déplaire, id. Hor. 1,3. Je n'enferai pas ma coutume, sÉv. 24. Vous savez sa coutume, et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses, rac. Millir. i, 5. Le sénat aima mièu'X armer, contre sa coutume, «000 esclaves que.... boss. Hist. m, o. Et tout ce

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qu'en semblable cas On est en coutume de dire, LA FONT. Fianafe. || Avoir la coutume, faire comme chose déterminée par une coutume. Les Anglais ont la coutume de finir presque tous les actes par une comparaison, volt. Lett. à M. lUafl'ci en tfte de Mérope. \\ Avoir coutume, faire d'ordinaire. Les gens qui ont coutume d'exagérer perdent bientôt toute créance, l'abbé Régnier, dans bouhours, Nouv. rem. Une dame de la première qualité se défit de tous les vains ornements dont elle avait coutume de se parer, bouhours, Nouv. rem. \\ De coutume, loc. adv. X l'ordinaire. Il en use comme de coutume. Il se porte mieux que de coutume. Et qu'étant loin de moi, quelque ombre d'amertume Vous fit trouver les jours plus longs que de coutume, rac. Théb. ii, 1. Il Avoir de coutume, locution vieillie pour avoir coutume. Pour vous ôter l'envie de nous faire courir toutes les nuits comme vous aviez de coutume, mol. Scapïn, II, 5. Plus librement que je n'ai de coutume, DESC. Ép. ||4°Fig. En parlant des choses. Ce pommier a coutume de donner du fruit. Cette cheminée a coutume de fumer. || Proverbes. C'est la coutume de Lorris, les battus payent l'amende, se dit quand un homme qui a sujet de se plaindre est encore condamné. || Une fois n'est pas coutume.

— SYN. 1° COUTUME, HABITUDE. Coutume est objectif, c'est-à-dire indique une manière d'être générale Maquelle nous nous conformons. Au contraire, habitude est subjectif, c'est-à-dire indique une manière d'être qui nous est personnelle et qui détermine nos actions. L'habitude devient un besoin; mais la coutume ne le devient jamais. Cependant on dira également : j'ai la coutume ou j'ai l'habitude de prendre du café, avec cette nuance cependant que avoir la coutume exprime seulement le fait que je prends ordinairement du calé, tandis que avoir l'habitude exprime qu'un certain besoin s'y joint. Il 2° j'ai coutume, j'ai la COUTUME. J'ai coutume de fumer, veut dire je fume d'ordinaire; j'ai la coutume de fumer, veut dire que cela est entré dans mes coutumes. C'est cette nuance délicate il est vrai mais réelle qui fait que avoir coutume peut se dire des choses, tandis que avoir la coutume ne peut pas s'en dire. La rivière a coutume de déborder à cette époque de l'année; mais elle n'en a pas la coutume.

— H!ST. XI* s. Ço'st la custume en.... Lois de Cuill. 4. Sa coustume est qu'il parole à leisir, Ch. de Itnl. X. Il XII* s. Il vous a de chevage la costume requise, Snx. xxiii. Custume n'est pas dreiz, bien lepoez veeir; Kar chascuns riches hum, qui ne volt nul cremeir [craindre] , Alieve sur sa gent custume à sun voleir, Th. le viart. 92. ]|xiii"s. [Il y] Avoit une coustume ens au Tyois païs, Ilerle, v. Mainte maie coustume [impôt] i ot ele establie, ib. LX. Dessur lesmarcheans [elle] fist coustume [impôt] asseïr, ib. Lxiii. Chascun jour [il] l'avoit [cela] à coustume, Lai d'Ignavr. Ceste floiche ot fiere coustume, Douçor i ot et amertume, (a 7?osc, 1883. Nous disons qu'il soit mis en trois pures defautes, toz .sans les jors qu'il puet contremander et essonier par coustume, beaum. 48. La différence qui est entre coustume et uzage, si est que toutes coustumes font à tenir, id. xxiv, 3. Loys rois dit que costume doit valoir loi; quant aucune doutance est de la loi, ele doit avoir l'autorité des choses qui toz jors sunt jugies, Liv. de just. 7.||xiv's. Des choses justes, aucunes en y a qui semblent eslre justes seulement par loy ou par coustumes et non pas par nature, ORESME, Eth. <n. Ainsi comme au pays est de coustume, DU CANGE, arantagium. OJe la complainte qui nous a esté faite par la coustume [corps de métier] des tisserans, du cange, consueludo. Cognoistre et déterminer sommierement selon la coustume de la mer,iD. ib. || xv" s. Un usage est en Angleterre, et aussi est-il en plusieurs pays, que les nobles ont grands franchises sur leur hommes et les tiennent en servage; c'est à dire que ils doivent de droit et par coustume labourer, froiss. ii, h, 106. Ils avaient et ont de coustume encores d'aller.... comm. ii, 3. Coustume rend maistre et devient nature, lioman du Jouvencel, f" 80, dans leroux de linxy, l'rov. t. II, p. 488. Il xvi* s. La force de la coustume [habitude], mont, i, t05. Ce que disent quelques coutumes : quand argent faut, finaison nulle, loysel, 692. Entre enfans, n'y a qu'un droit d'ainesse.... Toutefois, s'il y a diverses successions, coutumes ou bailliages, il prendra droit d'ainesse en chacune d'icelles, id. 631. Une fois n'est pas coutume [ne suffit pas pour prouver la coutume], in. 780. Il sortit de son logis, et s'en alla sur la place promener avec ses amis comme il avoit de coustume, amyot, Aratus, 7. Us et coustumes, id. Numa, 20. Coustume est ce qui a esté gardé d'ancienneté. Ane. coust. de A'or-

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mandie, f"2t, dans lacurne. Oui croiroit combien est grande et impérieuse l'authorité de la coustume, qui la dit estre une autre nature, ne l'a pas assez exprimé; car elle fait plus que nature, elle combat nature, charron, Sagesse, p. 336, dans lacurne. (Jasteau et mauvaise coustume se doivent rompre, cotgrave. Le loup alla à Rome, et y laissa de son poil, mais rien de ses coustumes, id. Les bonnei coustumes sont à garder, elles mauvaises à laisser,

LEROUX DE LINCY, t. II, p. 332.

— ÉTYM. Berry, cotume, couteume ; provenç costum, s. m. el costuma, cosdumna, s. f.; espagn. costumbre, s. f.; portug. costume, s. m.; ital. costume, s. m. et costuma, s. f.; bas-lat. coustuma, dans un texte du commencement du viii* siècle. Il y a des distinctions à fairedans ces mots romans. Diez fait remarquer que les masculins ne peuvent venir directement de consuetudinem , el qu'il faut supposer que le suffixe s'est transformé en umen: consuetumen. Quant aux féminins en e; coutume et costumbre, ils viennent de consuetudinem, comme amertume, de amaritudinem. Enfin les féminins en a répondent à un pluriel neutre consuetumina (ces neutres pluriels deviennent souvent des noms féminins dans les langues romanes).

f. COUTUMIER, lËRE (kou-tu-mié, miè-r'), adj. Il 1° Qui a coutume de faire quelque chose. Il est coutumier de mentir. Je suis coutumière De payer toute la première, la font. Cord. \\ Être coutumier du fait, se dit de quelqu'un qui commet souvent un acte blAmable. || 2° Ordinaire , habituel. L'inconstance à nos ans coutumière, malh. i, 4. Et mes yeux, éclairés des célestes lumières. Ne trouvent plus aux siens [de Pauline] leurs grâces coutumières, corn. Poty. iv, 2. || 3° Qui appartient à la coutume ou droit non écrit. Droit coutumier. |] Régi par la coutume. Pays coutumier. Le droit commun de la France coutumière doit servir de loi, patru, Plaidoy. to, dans richelet. La distinction du pays de la France coutumière et de la France régie par le droit écrit était déjà établie, montesq. Esp. XXVIII, 4. Il Établi par la coutume. Douaire coutumier. Réserves coutumières. || 4° Terme d'ancienne législation. Qui n'est pas noble, qui est roturier. Homme coutumier, et, substantivement, un cou tumier. || Terme d'eaux et forêts. Usager.

— REM. Voltaire, de son temps, regrettait que ce mot ne fût plus d'usage. Il a repris faveur et est très-bon aujourd'hui.

— HIST. XII* s. N'oncques cil de Herupe n'en furent costumier [du tribut], Sax.xvi. Miex me venroit celui [celle] haïr, Qui de moi nuire est costumière, Que Ii amer en tel manière, gautier d'ar- EAS, Llle et Galeron. || xui* s. Il n'est costumiers d'outrage, Lai d'Ignaur. Et se Ii plastriers en est costumiers, Ii mestre Ii puet deffendre le mestier, Liv. des met. <<0. Tout Ii vins, quiex que il soit, qui vait contremant Marne, ib doit de coustume tant come Ii coustumiers [péager] qui la coustume garde de par lou Roy en veut prendre, laquiete chose seroit à amender se il piait au Roy, ib. 3ol. Par son gré sui-ge coustumiere De parler proprement des choses, Quant il me plest, sans mètre gloses, la Rose, me. Et quant tu iras par les rues, Car que tu soies costumiers De saluer les gens premiers, ib. 2ii3. Et d'ouvrer est si coustumiers Que il ataint [égale] toz les premiers, ruteb. II, <06. Se gentis feme prent home vilain coustumier, du cange, consuetudo. \\ xiv* s. Six muis et dix sestier de froment que les coustumiers de la forest doivent chascun, do cange, areale. Les hommes coustumier doublent à leur seigneur leur coustume, id. auxilium. Depierdre et de gaaingnier iorenl [ils étaient] Coustumier, pour cou peu plorerent; Car si fais est Ii mestiers d'armes, J. de con- DET, p. 76. Il XV* s. [Edouard chassa de Calais tous les habitants pour le repeupler de purs Anglais] et ne retint que trois hommes : un prestre et deux autres anciens hommes, bons coustumiers des lois et ordonnances de Calais ; et fut pour enseigner les héritages, froiss. i, i, 323. Les bourgeois, qui n'estoient,mie bons coustumiers de guerroyer, id. i, I, 302. Le dieu d'amours est coustumier, X ce jour, defeste tenir, en. d'orl. Bail. 47. Comme fortune est souvent coustumiere de nuire aux bons et aux vaillants, Bouciq. i, ch. 23. Les quelz pillârz prenoient femmes par force, tant nobles que coustumieres, du cange, consuetudo. \\ xvi*s. Ce précepte est salubre en l'usage des amitiez ordinaires et coustumieres, mont, i, 215. La douleur a'ant coureuse coustumiere de la mort, id. i, 302. Selon l'avis de M' Eudes de Sens, reçu contre l'opinion de qucl- .•pies autres coutumier's, loysel, 137. Femme qui

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prend douaire convenance se prive du coutumier, LOYSEL <47. Toute prescription annale ou moindre couiumiere court contre les absens et mineurs, sans espérance de restitution, id. 72t. Es pays coutumiers, id. 883. Et s'il faut préférer cehiy qui le premier Ose prie- sa dame et s'en fait coustumier, Sur mes d'ux col magnons je doy gaigner la place, RONS. 806. Historiej coustumier d'extravaguer hors de la vérité, amïot, Péricl. 63.

— ËTYM. Coutume; provenç. costumier, cosdumnier.

•i. COUTUMIER (kou-tu-mié), s. m. Recueil de coutumes, c'est-à-dire des articles qui forment le droit particulier de quelque pays, de quelque province, ou de quelque juridiction.

— HIST. xvi° s. Un livre intitulé le Coustumier de Rheims, imprimé par Nicolas Bacquenois, l'an IBB3, Coust. génér. t. i, p. B60.

— ÉTYM. Coutumier <. Coustumier a eu aussi le sens d'homme habile dans le droit coutumier : Nul ne soit reçeu à jurer l'assise, s'il n'est suffisant coustumier ou licencié en l'un des droiz civilz ou canons, Ordonn. des ducs de Bret. f» 222, dans l\-

CURNE

t COUTCMIÊREMENT (kou-tu- miê-re-man), adt). 'I 1° D'une façon coutumière. Le raisonnement des tout-puissants de ce monde étant trop naturellement et trop coutumièrement celui-ci, que.... st-sim. Î54, (66. Otanès fit demander à sa fille près de qui elle couchait coutumièrement, p. L. cour, ii, <83, Il 2° Suivant la coutume, ou loi des roturiers. Partager coutumièrement.

— IIIST. XV» s. Il se levé par chascun jour coutumièrement moult matin, Bouciq. iv, tt. || xvi" s. Coustumierement un sçavant est moins suffisant que loutaulire, mont, i, 150.

— ÉTYM. Coutumière, et le suffixe ment. COUTURE (kou-lu-r') , s.f. || 1° Action de coudre.

Faites la couture de cette robe. || Manière de coudre. Bellecouture.il L'art de coudre. Apprendre la couture. Il Assemtjlage de deux pièces d'étolTe ou de cuir, par leurs bordsjfaitavec l'aiguille ou avecl'alène. Couture ronde, plate. Couture en surjet. Couture à grands points. Mon doigt sur mon manteau lui dévoile à l'instant La couture invisible et qui va serpentant, A. CHÉN. <93. Il Feuiller les coutures, ou rabattre les coutures, les replier et aplatir sous le carreau. |{ Par ime extension plaisante, rabattre les coutures, battre quelqu'un, comme si, en frappant sur lui, on rabattait les coutures; et fig. rabaisser l'orgueil, les prétentions de quelqu'un. || Â plate couture, loc. adv. En rabattant à plat les coutures qu'on frappe, et de là, figurément, battre une armée à plate couture, la défaire complètement. Il accourt tout hors d'haleine, et, après avoir respiré un peu: Voilà, s'écrie-t-il, une grande nouvelle, ils sont défaits à plate couture, la bruy. x. L'armée les battit à plate couture, volt. Oreilles, 7. |i 2» Nom donné vulgairement à certaines cicatrices saillantes, allongées, plus ou moins difformes, produites par une balafre et surtout par la petite vérole. Visage plein de coutures. Il 3° Terme de marine. Distance entre deux bordages d'un vaisseau qu'on remplit d'étoupe et de calfat. Couture ouverte, celle dont le calfat est sorti. Il L'étoupe même qui sert à cette opération. Il 4° Terme d'architecture. Assemblage de deux tables de métal par le moyen d'un pli fait sur le bord de chacune d'elles. || 5° Marque des joints du moule sur une figure coulée en plâtre. || Ornement fait sur une botte en forme de couture, quoiqu'il n'y ait pas de couture.

— HIST. xii's. Adès senti les pointes li clers de la r.usture, Cum H saint le cusurent après la tailleûre, Th. lemart. tes. L'une nef à l'autre hurler. Et mats cheoir et traverser, Cousture froissier et bois fendre ; Port ne rive ne puent [peuvent] prendre. Roman du Brut, p. 33, dans lacubne. || xiii's. Li valet couturier du mestier dessus dit qui mesprendront au dit mestier par leur cousture ou par leur fet, Liv. des met. <43. Toute est déroute [la robe] par devant, N'i remest mes cousture entière Ne par devant ne par derrière, ruteb. n, 12). S'aucuns pour ses enfans endure Aucune grant maie adventure. Ou les amis pour les amis, Loiauté et droit de nature Font et joingnent ceste cousture Par les poins que Dieu y a mis, J. de meung, Tr. 40i.||xvs. Ceux-là furent rompus à plate cousture et chassés jusques au charroy, comm. i, s. || xvi' s. La cousture du test [la suture du crâne], mont, i, 95. L'estroicte cousture de l'esprit et du corps, ID. I, tôt. Je n'aime point de tisoure où les liaisons et coustures paroisgent, ID. 1, 1 02. 11 s'est trouvé des philosophes desdaignantcette cousture naturelle [les liens de la parenté],

ID. I, 207. Cette saincte cousture [l'amitié], lo. ii, 210. Cestuy Gylippus desoousut par dessoubs les coustures des sacs où l'argent «stoit, et en lira une bonne somme, puis les recousut, amvot, l.ysand. 31. De forte cousture, dure deschirure, cotguave.

— ÉTYM. Bourguig. côture ; provenç. cordura, costura, cnxedura , coïiduro; espagn. cosfura; du latin fictif consHturo, formé de coniU(«m, supin de consuere, coudre (voy. coudre).

COUTURE, ÉE (ko'u-tu-ré, rée), part, passé. Qui a des coutures, des cicatrices. Visage tout couturé de petite vérole.

t COUTURER (kou-tu-ré), «. a. Couvrir de cicatrices ou coutures. La variole lui a couturé le visage.

— ÊTYM. Couture.

t COUTURERIE (kou-tu-re-rie), t. f. Atelier de couture.

— ÉTYM. Couture.

COUTURIER (kou-tu-rié), s. jn. || 1" Celui qui fait métier de coudre du linge ou des vêtements. Elle donna du temps pour s'y préparer, et durant ce temps on peut croire que les tailleurs, les couturiers et les brodeurs ne furent pas sans occupation, hamilt. Gramm. 7. Des couturiers qui apportaient de belles étofi'es de soie pour habiller la mariée, le- SAGE, Gil Blas, X, 9. || Cet emploi a vieilli; on dit tailleur. || Celui qui coud bien. Ce garçon est bon couturier. || 2° Terme d'anatomie. Muscle qui s'attache, d'une part à l'épine iliaque antérieure supérieure, et de l'autre à la partie supérieure antérieure et interne du tibia, ainsi nommé parce qu'il sert à porter la jambe dans la position que prennent les tailleurs assis sur l'établi.

— HIST. xiii's. Li valet couturier du mestier dessus dit qui mesprandront par leur couture ou par leur fet, Liv. des met. t43. Couturier de lormerie [ouvrages de cuir, brides, etc.], ib. 361. || xiv" s. Et puis croisent les jambes ainsi que cousturier, Guescl. 22253. Il xv» s. Ceste maison estoit toute asseulée hors des autres, et un pauvre homme cousturier y demeuroit, froiss. ii, m, 9. Et le dit cousturier respondit qu'il avoit leans une pièce de la robe de son maistre que naguère il avoit taillée, monstrel. i, ch. 210. Ne fut trouvé en la maison du suppliant cousturier tant seulement que un pourpoint taillé, DU GANGE, appire. Cousturiers qui feront les robbcs linges, prendront et auront de la façon d'une robbe linge à homme, d'œuvre commune, huit deniers, et delà chemise à femme, d'œuvre commune, quatre deniers et non plus, et les autres oeuvres de linge à la value, Ordon. des rois de France, t. ii, p. 372. Estre l'un chapuis [menuisier] ou maçon. L'un fevre et autre vigneron. L'un cousturier estre failloit; Ly autres les bestes gardoit, E. descu. Poésies mss. f°B48, dans lacurne. || xvi* s. Ce cousturier cousoit aussitost une manche par derrière comme par devant; tout lui estoit un; de sorte qu'il renonça du tout à ce fascheux cousturage, pour se retirer au plaisant mestier de boire, desper. Contes, Lxxix. Les muscles cousturiers que nous appellerons muscles longs, paré, i, 8.

— ÉTYM. Couture; provenç. cordurier; anc. catal. costurer.

COUTURIÈRE (kou-tu-riê-r'), s. f. \\ !• Autrefois ouvrière en linge. || Aujourd'hui, ouvrière en robes. Il Celle qui dirige un atelier où l'on confectionne des vêtements de femme. || 2° Espèce du genre fauvette.

— HIST. XII* s. E pois [il] me fi.st aprendre à costuriere, Gérard de Ross. p. 362. || xvi" s. X la couturière qui a vacqué quatre jours à adouber les aubbes et aultres draps de l'esglise, unze sols neuf deniers, JAUBERT, Glossaire. Lequel on disoit encore n'estre pas son filz légitime, ains avoir esté supposé, estant né d'une cousturiere qui se nommoit Gnathenium, AMYOT, Aratus, 64. Les cuisses croisées, comme volontiers font les cousturieres, parB, xjx, H.

— ÉTYM. Couturier; provenç. corduriera; espagn. costurera; portug. costureira.

t COUVAGE (kou-va-j'), s. m. Voy. couvaison.

— ÉTYM. Couver.

COUVAIN (kou-vin), s. m. Amas d'oeufs d'abeilles ou d'autres insectes. Les fourmis cherchent avec avidité le couvain des punaises. || Rayon de cire des abeilles, ne contenant que des œufs et des larves. Il faudrait s'assurer si un essaim qui a du couvain et qu'on prive de sa mère, ne continue pas à travailler, au moins jusqu'au temps où les petits se transforment en mouches, bonnet. Œuvres, t. x, p. 98,danspouGENS. || Fauxcouvain, couvain corrompu.

— ÉTYM. Couver; Berry, couain.

COUVAISON (kou-vè-zon) , s. f. Temps pendant

lequel couvent les oiseaux de basse-cour.

— ÉTYM. Latin, cuhatio, de cubare (voy. couver).

COUVÉ, t.E (kou-vé, vée), part, passé. Les œufs couvés par la poule. Un œuf couvé. || Fig. Des desseins longtemps couvés éclatèrent enfin. Il Un œuf couvé se dit quelquefois au lieu de œuf couvi.

COUVÉE (kou-vée), s. f. || !• Les œufs qu'une femelle d'oiseau couve en même temps. Il y avait tant d'œufs à la couvée. Achetait un cent d'œufs, faisait triple couvée, la font. Fabl. vu, lO. || 2° Les petits éclos. Notre alouette de retourTrouve en alarme sa couvée, ID. ib. iv, 22. On ne voit pas que

10 coq se mette aucunement en peine de la couvée, 1. j. Bouss. Inég. noie M. Poète, prends ton lulh, c'est moi, ton immortelle. Qui t'ai vu cette nuit trisie et silencieux. Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle. Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux, a. de musset, Poi'sies nouteies, la Nuit de mai. || 3° Fig. et famili.'Tement. II se dit de certaines gens et de leur famille. Toute la couvée n'en vaut rien. Quelle tristesse de se séparer d ; ce qui est bon, et quelle joie de voir partir une foule de Provençaux tels que vous me les nommez I .Ne vous souvient-il point de la couvée [visite nombreuse] de FouSsnel , et comme nous tirions agréalilement le jour et le moment de leur bienheureuse soitie?sÉv. 346. Et TOUS souhaite toute sorte de bonheur et à cette jolie couvée qui est sous votre aile, et qui vous doit donner tant de plaisir et de consolation, SËV. t. vm, letl. 762, dans pougens.

— HIST. XIII' s. Et s'el n'a pas prise provée D'eus deus ensemble la covée. Mes bien en cliiet en jalousie Qu'el set ou cuide estre acoiipie.... /a itoie, 0840.

11 XV* Il viendra d'estrange terre par mer une grande couvée de fortes et merveilleuses gens en la grande Bretaigne qui toute la terre mettra en sasubgection, Pereeforest, t. v, f» 97. I! xvi* s. On remuera les œufs une couple de fois durant la couvée [incubation artificielle], G. de sehres, 358. Pour \e^ primeraines couvées seront les cabinets les plus chaud* et ensuite les autres par ordre, id. ib. Plusieurs petites couvées pourra-on assembler pour faire une grande bande de poulets, id. 360. Comme la meilleure con'Iuite des poulets appartient au chapon, ainsi la plus profitable couvée est celle deue k 1» poule d'Inde, m. 361. Ainsi pour vous, oyseaux du ciel, Ne sçauriez faire une couvée, mabot, l. il, p. 3B5.

— ÉTYM. Cnuver; Berry, coM^e; saintong. coûée COUVENT (kou-van),î. m. || 1" Maison religieuse

d'hommes ou de femmes. Mettre une fille au couvent. Les seigneurs et lesévêquesde France mirent, par le consentement du pape Zacharie en 752 . Pépin maire du pal.iis sur le trône, et Childéric le dernier de leurs rois dans un couvent, mézerai, Ilist. de France, t. i, dans bichelet. Ah ! souffrez qu'un couvent, dans les austérités, Use les tristes jours

que le ciel m'a comptés, mol. Tari, iv, 3 Après

qu'une personne, Bon gré, mal gré, s'est mise en un couvent, la pont. Hazet. Les garçons dans les collèges et les filles dans les couvents, j. j. nouss. Ém. 1. On tolère quelques asiles pour de vieilles filles à Bahia et à Rio-Janeiro; mais jamais il ne fut permis, dans le Brésd, de fonder aucun couvent pour des religieuses, raynal, Ilist. phil. u, U. Il 2° Les religieux, les religieuses qui composent la communauté. Tout le couvent s'assembla. || 3* l'eiisionnat tenu par des religieuses pour des jeunes filles du monde.

— REM. D'après Vaugehts, on écrivait conreni, tout en prononçant couvent. On trouve encn"eldani RÉGNIER, Sat. xiil : Jour et nuit elle va de couvent en convenl. La première édition du Dictionnaire dt l'Académie écrit convent.

— HIST. xiifs. Oui convent [union] a à mal mari. Souvent s'en part à cœur marri, audepr. l8 bast. Romancero, p. 2(. Il li dit qu'ele est nice et Mla, Dont tant demore à la karole, Et dont ele hante si sovent Des jolis va'ez le convent [société], la Rose, 8500. Il n'est paj jiestier que li convenl des églises voisent as pies por lor drois maintenir, beauan. XLV, 42. Et là vint le mestre du Temple ei tout le convent, toutdeschaus parmi l'ost.pource que leur héberge estoit parmi rost,JoiNV. 2«h. || xv's. Ainsi s'en retournèrent à leur convent, cohm. vm, î» Il XVI* s. Si quelque beau père affectionné au con vent vient à lire ceci, langue, 63.

— ÉTYM. Provenç. convenl, conren, eoven, accord, convention; cotent, coven, couvent, assemblée; catal. coui'fnl; espagn. et ital. cnntenlo.Convent ou couvent , dans le sens d'accord , vient du latin convfNtum; dans le sens de réunion, assem-> blée, couvent, du latin eonventus; et tous deui

COU

Tiennent éealement de rnnvenire (voy. convenir). Dès le xiii' si'cle, cnnyeni a, du sens de réunion, passi* .1 C'Iui 'le réunion de religieux.

COCVRR (kou-vé), t). a. \\ 1° Se tenir sur les œufs pour les faire éclore, en parlant des femelles des oi- S'îaux. La poule a couvé tant d'œufs. J'avais d'al ord regardé comme une faille ce que Diodore rapporte de l'industrie des Êf;ypliens, qui savaient, par une fécondité artificielle, faire éclore des poulets, sans faire couver les œufs par des poules; mais tous les ïoyagei.rs modernes attestent la vérité de ce fait, ROLLiN, llist. anc. CEuvrcs, t. i, p. 08, dans pou- OKNs. || Absolument. Cette poule veut couver. Elle hAtit un nid, pond, couve et fait éclore, À la hâte; le tout alla du mieux qu'il put, la font. Fabl. iv, 22. Il [Diphile] retrouve ses oiseaux dans son sommeil : lui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il perclie, il rêve la nuit qu'il mue ou qu'il couve, la BRuy. xiii. Il 2° Fig. Entretenir avec soin et mystère. Ennuyés de couver leur cruelle manie, malh. ii, <. Ce fier serpent qui couve un venin sous des fleurs, RÉGNIER, Sat. VI. Je vous avoue, ma très-aimable chère, que je couve une grande joie, mais elle n'éclatera point que je ne sache votre résolution, sÉv. (S3. N'est-ce pas sous un beau semblant d'obéissance et de modestie couver la rébellion et la violence dans le sein? Boss. Var.Avert. v, § I4. Vous avez couvé le feu profane dans votre cœur, mass Car. Tiédeur, 2. L'ouvrage d'un scélérat qui couvait de mauvais desseins, i. j. rouss. I" dial. Je vois sur votre visage celte méditation profonde qui couve les germes du génie et les dispose à la fécondité, MARMONT. Contes mor. Connaiss. Quel que soit le destin que couve l'avenir, Terre [Italie], enveloiipe-toi de ton grand souvenir, lamabt. Harm. II, 3. Il Couver des yeux, regarder avec plaisir, avec convoitise. Lorsqu'il est jaloux de son trésor et qu'il le couve des yeux, desc. Pass. <59. Telle prenait Goût à le voir et des yeux le couvait [un jouvenceau]. Lui souriait, faisait la complaisante, la font. Psaut. Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort. Comme si l'on eût dû Ii'i ravir ce trésor, id. Fabl. VII, 4. Gaillard corbeau disait en le couvant des yeux [un mouton] : Je ne sais qui fut ta nourrice, ID. ib. II, 16. Il Préparer, renfermer dans son sein. Ces grands mouvements Couvent, en leurs fureurs, de piteux changements, Régnier , Sat. iv. L'air calme couve une pluie, nEsc. Metéor. 2. || Familièment. Couver une maladie, porter en soi les germes d'une maladie qu'on craiut de voir apparaître, [j 3" V. n. Être entretenu sourdement, préparé en silence, sans paraître. Le feu couve -sous la cendre. Tant qu'aucun souffle ne l'éveille. L'humble foyer couve et sommeille, lamart. Médit, ii, 6. || p'ig. C'est un feu qui couve sous la cendre, se dit d'une passion, d'une haine prête à se réveiller. C'est le feu de l'Etna qui couvait sous la cendre, volt. Catil. v, 3. Le feu terrible qui paraissait presque éteint couvait sous la cendre, pour éclater bientôt avec plus de fureur que jamais, j. J. rouss. Ém. v. || Il faut laisser couver cela, il ne faut le faire qu'après de mûres réflexions. || 4° Se couver, «. re'/ï. Etre en sourde préparation. Ne mettez point d'obstacle aux choses qui se couvent, boss. Devoirs, 2. Tous les gens un peu pénétrants virent bien qu'il se couvait, au sujet de mon livre et de moi, quelque complot qui ne tarderait pas d'éclater, j. j. rouss. Conf. xi. — HIST. XIII' s. Ce sunt cil qui en leur cuer covent leur malice. Psautier, (° 37. Chose que li ton cuer covoit, Ren. 5720. Une geline oï cover. Qui desoz liavoit douze oes [œufs], ib. 23388. Tel mal ai dedenz moi cové. l'ar quoi me covendra finer; Bien voi ne puis longues durer, ib. 8058. Quatre loviax gisent enmi. Et ma dame Hersent la love, Qui ses loviax norrist et cove, ib. 36). Car bien estores esprouvée Latraïson qu'avez couvée, la Rose, 295i. Com plus couve li feus, plu» art, ruteb. 38. )| xiv* s. La très grant traïson qu'il ont longtemps coiée Fu en l'ost dessus dit très clairement provée. Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Chartes, 3' série, t. ii, p. 2«l. Et ainsi [le feu d'amour] se queuve et engendre, Com li charbons de.souz la cendre, machallt, p. 85. Et en droite aventure, je vous acerlefie. Met-on les oefs couver, on l'a dit mainte fie, Guescl. 4400. Il XVI' s. Je me couve continuellement de mes pensées, et les couche en nioy, mont, i, 78. Les tortues et les autruches couvent leurs œufs de la seule vue, lo. i, loi. Les accoustremenls nous eschaufient de nostre chaleur, laquelle Us sont propres à couver et nourrir, id. i, 319. Un vieillard se faict ton et aux siens de couver inutilement un grand tas de richesses, id. ii, 76. 11 couvoit de longtemps eu son cœur l« pag-anisme, id. m, 83. Que

COU

je couve quelque maladie causée d'excès, yver, p. 582. Cela descouvrit la maladie cachée et secrette, qui de long temps se couvoit en la ville de Rome, amyot, Marins, C2. Les plus téméraires se prirent à crier que Crispinus ne couvoit rien de bon en son cueur, id. Olhon, 4. La poule couvante ne les pou'^sins esclos ne peuvent souffrir l'incommodité d'un mauvais logis, o. de serbes, 358. Qui te retient, disoy je, ainsi tard endormie? Tu ne dois si longtemps en paresse couver; La femme d'unvieillard malin se doit lever, desportes, Œuvres, p. S27, dans lacurne. Elle y peut bien pondre, mais elle n'y couvera pas, cotgrave.

— ÉTYM. Berry et normand, couer; saintong. coder; wallon, cover; génev. gonver; Franche- Comté, gouver; provenç. coar ; cataL C0B0r;ital. corare; du latin cubare, être couché.

COUVERCLE (kou-vèr-kl") , s. m. Ce qui est pour couvrir et fermer. Le couvercle d'une boite, d'un pot, d'une marmite. Polyphème referme la porle sur nous avec cet horrible rocher qu'il remue avec la même aisance que si c'eût été le couvercle d'un carquois, fén. xxi, 400. || Fig. Trouver couvercle à sa marmite, se dit, dans un parler très-libre, d'une femme qui trouve mari ou amant. Il n'est si décrépite Oui ne trouve, en donnant, couvercle à sa marmite, Régnier, Sat. xiii. || Dans le même sens. Il n'est pas si méchant pot qui ne trouve son couvercle, c'est-à-dire il n'y a pas de femme, quelque disgraciée qu'elle soit, qui ne trouve à se marier.

— HIST. XIII* s. Item un pot qui dessus le couvercle a un chevalerot [figure de chevalier], du GANGE, cavaillerii. Reiiart tint le covercle haut, EtTybert saut hors de plain vol. Et Renartlet chaoir si fort Le covercle. et si l'empaint, Tybert en a la qeueataint, Ren. 2806. Ens au covercle [de la coupe] par desus, Illoec ert paint comme Venus, Pallas et Juno en.sement.... FI. et Bl. 465. |1 xv s. Ha hayl qui puet avoir osté Du monument et descouvert Le couvescle et entrouvert ? Résur. de N. S. J. C. Il xvrs. Il teint le couvercle si ferme parle dedans, que plusieurs ensemble qui se preforcerentde l'ouvrir n'y sceurent onques rien faire, amyot, Rom. 46. Tel pot, tel couvercle, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. coopercuJum, de cooperire (voy. convrir).

t COUVERSEAU (kou-vèr-5Ô), s. m. \\ 1° Planche mince dont on forme un couvercle pour les meules d'un moulin. || 2» Anciennement. ÉtofTe, tapisserie servant à couvrir des chaises et autres meubles.

— HIST. XV* s. Leur lit, leur habitation Estoit soubz arbres; les rainsel [rameaux] Furent leur toit et couversel, E. desch. Poésies mss. f''387, dans LACufNE. Le mortier, c'est je veux complaire; le pillon, c'est vous n'aurez rien; Le couverceau, vous me fa.schez; La fiole, vous me plaisez, coquillahd, Droits nouveaux.

— ÉTYM. Couvrir; provenç. cubresel, couvercle. t . COUVERT, ERTE (kou-vêr, vèr-t'), part, passé

de couvrir. || 1° Garni, muni de quelque chose qui couvre. Maison couverte en tuile. || Clos et couvert, logé dans une maison qui est bien close et qui a bonne toiture. Le propriétaire doit tenir son locataire clos et couvert, j] Fig. Se tsnir clos et couvert, se tenir en lieu de sûreté. || Terme de marine. Batterie couverte, batterie de bouches à feu renfermée entre deux ponts. || Ailes couvertes, ailes des insectes qui sont tout à fait cachées sous les élytres. || Terme de botanique. Fruit couvert, fruit que le calice, persistant autour de l'ovaire, et se fermant vers le sommet, enveloppe en entier. || Fig. Servir quelqu'un à plats couverts, ne lui confier un secret qu'en partie, et aussi lui rendre de mauvais offices secrètement. || 2° Vêtu. 11 n'était couvert que de simple serge. Un homme bien couvert. Mais q^ue veut ce soldat couvert à la romaine? mair. Sophon. IV, I. Dans ce désordre à mes yeux se présente Un jeune enfant couvert d'une robe éclatante, bac. Athal. II, 6. Il D'après de Caillières, 1690, dire un homme bien couvert, était une façon de parler du dernier bourgeois. || Qui a son chapeau sur la tête. Le chancelier Guy de Rochefort était a.ssis et couvert, volt, ilœurs, <)0. || Terme de musique. Couvert, mot qui indique qu'on doit couvrir d'un drap les timbales afin d'en amortir le son. || 3° Mots couverts, paroles qui cachent un sens différent de celui qu'elles expriment. C'est me conseiller de mourir, en paroles couvertes, sÉv. 219. || Mots couverts, paroles honnêtes qui en font entendre d'ob.-;cènes. Il 4° Allée couverte, allée taillée en berceau. || Pays couvert, pays très-boisé. || 6''Chargé, plein de. Une table couverte de mets. Pays couvert de bois. Ces portiques, ces lieux que vous voyez déserts. De

COU

nombreux citoyens seront bientôt couverts, volt. Tancr. m, 3. L'océan était couvert de ses flottes, ravnal, Jlist. phil. IX, 8. Il Par extension. Bientôt nos amis Viendront couverts du sang que je vous ai promis, rac. Andr. v, 4 Le héros en pri're Demeura tout couvert de feux et de lumière, boil. lutr. VI. Tu gémis et tes yeux de larmes sont couverts, volt. Ali. IV, 7. Il Fig. Un discours couvert d'applaudissements. Et j'aime mieux voir morts que couverts d'infamie Ceux que vient de m'ôter une main ennemie, cohn. Ilor. iv, 2. Nous mourrons, je le sais, mais tout couverts de gloire, volt. Orphel. iv, 6. || 6° Protégé, défendu. Couvert» de toutes parts, la France est capable de tenir la paix avec sûreté dans son sein, mais aussi de porter la guerre partout où il faut, boss. Marie-Thér. Marie est couverte de la vertu du Très-Haut, id. iv, Annonc. i. Dans la gloire éternelle, les fautes des saints pénitents, couvertes de ce qu'ils ont fait pour les réparer et de l'éclat infini de la divine miséricorde, ne paraissent plus, id. Louis de Bourbon. Mannheim.... est au confluent du Neckeretdu Rhin, et couverte d'un côté par un marais, lafayette, ilém. Gourde France, Œuvres, t. ii, p. 371 , dans POL'GENS. Aimé du souverain, de ses rayons couvert, Vous ne servez qu'un maître, et le reste vous sert, volt. Brut. Il . 2. One l'accusé couvert de votre autorité. Sorte de son palais et parle en liberté, M. t. CHÉN. Tibère, v, 5. || Terme d'art militaire. Cette porte est couverte par une demi-lune. Chemin couvert, chemin sur le bord extérieur du fossé et oii l'assiégé est à l'abri du feu des assiégeants. || 7° Caché. Et lorsque sous mon nom il se livre à sa perte, Tiendrai-jesouslesien ma fortune couverte? corn. Héracl. iv, t. Il tient en ma faveur leur naissance couverte, id. ib. v, 3. Mais, tenons, s'il se peut, notre douleur couverte, mol. llélic. ii, 2. Tes yeux sur ma conduite incessamment ouverts M'ont sauvé jusqu'ici de mille écueils couverts, rac. Brit. i, 4. Votre empire n'est plein que d'ennemis couverts, ID. Alex. Il, 2. Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux, in. Andr. u, 2. Au milieu d'ennemis couverts ou déclarés, LA BBUY. X. Quoi! VOUS le soupçonnez d'une haine couverte? rac. Brit. v,

t Je ne sais quel ennemi couvert Révélant nos

secrets, vous trahit et me perd, id. lUiihr. iv, 2. Jalousies tantôt couvertes, tantôt déclarées, boss. Ifisl. m, 6. Ëcouta-t-il Jason, quand sa haine couverte L'envoya sur nos bords se livrer à sa perte! corn. Médée, li,- 2. Ce feu, tantôt couvert, tantôt soufflé avec violence, désolait ces beaux climats, VOLT. Scarmentado. || Terme de musique. Quinte, octave couverte, synonyme de quinte, octave cachée. Il 8° Dissimulé. C'est un homme couvert. || Se tenir couvert, cacher ses pensées, ses projets. Il [Monsieur] se tint couvert au dernier point au sujet des trois ministres, retz, ilém. liv. m, p. 404, dans pouGENS. Il On dit dans le même sens : clos et couvert. Il 9° Vin couvert, vin d'une couleur rouge foncée. Il y pleut [dans l'Ile des Plaisirs] du vin couvert quand le temps est chargé, et, dans les plus beaux jours, la rosée du matin est toujours du vin blanc, FÉN. XIX, 38. || 10° Drap couvert, drap qui n'a pas été tondu d'assez près.

2. COUVERT (kou-vêr; le t ne se lie pas; un couver épais; au pluriel, Vs ne se lie pas : des cou-vèr épais; cependant plusieurs lient; des kou-vêr-z épais), s. m. Il 1° Logis où l'on e.st couvert des intempéries. Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage Le vivre et le couvert : que faut-il davantage? la font. Fah. vu, 3. Des hommes ayant souvent à peine le couvert et la pâture, volt, ilœurs, <44. On donne le couvert à des passants embarrassés de leur gîte, i. 3. ROUSS. Ém. v. La solitude a préparé à l'oiseau le vivre et le couvert, ciiateaub. Cents, i, v, 7. X Dieu ne plaise, dit le lévite, que je loge chez un peuple infidèle, et qu'un Cananéen donne le couvert à uii ministre du Seigneur, j. j. rouss. Lév. d'Éphr. ch. 11. Il Terme de blason. Château ou tour avec un comble. || i° Terme de fortification. Ouvrage défendu par un autre. || Glacis qui sert de parapet au grand chemin des rondes. || 3° Ombrage que donne un massif d'arbres. Ce jeune bois donne un beau couvert. Ces boutures de peupliers et des épines qui, après avoir pris racine, ont fait un peu de couvert, BUFFON, Exp. sur les végét. i' mém. || 4° Sous le couvert , avec une enveloppe qui porte l'adresse d'un tiers. Je supplie V. A. R. d'adresser les ordres sous le couvert de M. du Breuil, volt. Lett. Prusse, 12. On m'a déjà adressé quelques volumes sous Is couvert du général MioUis, p. l. cour. Lell. il, (6. Il Fig. Sous le couvert de l'amitié, en prenant les dehors de l'amitié; Sous le couvert des formes

cou

judiciaires, en usant loyalement ou déloyalement des formes qu'imposent les lois. {| 5° X couvert, loc. adv. Les troupeaux ne pouvaient trouver d'élables pour être mis à couvert, fén. Tél. i. || Fig. Ma fourbe est à couvert, l'autre a tout avoué, mair. Solunan, m, 9. Il n'est pas de ces rois qui-, loin du liruit des armes, Sons des lambris dorés donnent ordre aux abirraes, Kt, traçant en repos d'ambitieux projets, Prodiguent à couvert le sangdeieurs sujets, conN. Victoires du roi. Mettre à couvert son honneur, la font. Contr. Pour savoir, dites-vous, si Jansénius est à couvert, il faut savoir s'il défend la grftce efficace à la manière de Calvin, pasc. Prov. t8. Afin de vous mettre parla à couvert du cÔlé des juges, id. 16. 43. Voilà tout ce qu'on peut souliaiter pour mettre l'honneur à couvert, lo. ib. 1. Cette définition vous met fort à couvert, SÉV. 442. Pour mettre la conscience à couvert, boss. Kor. 7. On mettait à couvert la faiblesse et l'innocence, MASS. Prière, 2. || Mettre son bien, sa fortune à couvert, les garantir contre les dangers de les perdre, contre des répétitions qui pourraient les compromettre. Voyant ses affaires embarrassées, il a mis la dot de sa femme à couvert. On leur permet de mettre une partie de leur bien à couvert, pasc. Prov. 8. Mazarin prit ses mesures pour mettre à couvert ses richesses, volt. Louis XIV, 6. || Terme de commerce.Êtreà couvert, avoir des garanties sûres pour les avances faites à quelqu'un. || 6° Â couvert de, loc. jirépos. Dans une situation oij l'on est couvert, et défendu contre quelque chose. Être à couvert du canon. Une tente où l'on pourra se mettre à couvert de tout, S6V. 435. Vous qui mettez sa tête à couvert de la foudre, CORN. Ilor. v, 3. C'est attendre l'issue à couvert de l'orage, id. Pulch. m, t. La vengeance dont Dieu avait voulu les mettre à couvert, boss. Uist. n, 9. Il F'g- •'6 veux me voir en vous renaître de ma cendre. Et, par vous à couvert des outrages du temps. Commencer à mon âge un règne de cent

ans, BOTR. Vencesl.i, ) Nous, à couvert de toutes

ses poursuites. De ce coup hasardeux ne craindrons point les suites, mol. l'Étour. m, 7. Quand on est faite comme vous, on doit être à couvert de toutes ces sortes de ciaintes, id. festinde P. 11, 2. il entre [dans la rivière], et son cheval le met X couvert des voleurs, mais non de l'onde noire, la font. Fabl. vm, î3. Je me crois à couvert des rhumatismes, SÉV. 282. Dans ces refuges où la pudicité est à couvert des tentations du désespoir et de l'Indigence, FLÉCH. Panfg. 11, p. 32t. Etant seul à couvert des traits de la satire, boil. Sat. ix. Votre vertu vous met i couvert du trépas, rag. Théb. 11, 2. On y est [dans la vertu] du moins à couvert des dégoûts du monde et des passions, mass. Car. Dégoûts. La vertu la plus entière n'est plus à couvert de la contradiction des langues, ID. ib. Pet. nombre des Ëlus. Que n'opposez-vous pas pour vous mettre à couvert de ce devoir? in. ib. Mot. de conv. Elle mit à couvert de la contagion le trésor de la grflce, id. Av. Conc. Pour mettre son héros à couvert de surprise, volt. Calil. Il, I. Il Dans un tout autre sens, à couvert de, protégé par. Le régiment était à couvert d'un bois. X couvert de sa mauvaise mine, sÊv. 498. 11 n'a songé qu'à se mettre à couvert de Rome, boss. Lett. quiét. 4e4

— SYN. X COUVERT, X l'abw. X l'abri ajoute une idée de protection qui n'est pas dans la locution à couvert. Celui qui est à couvert est simplement couvert; celui qui est à l'abri est protégé, défendu, garanti.

— HIST. xiii" s. Il deit jurer sur sains que il n'a, ne autre por lui, dou sien à covert ne à descovert, de quel il li puisse fere que plege.... Ass. de J. i, t92. Meson en laquele ele doit avoir le covert por son cors garder et garantir, beaum. xxx, too. ]|xvi's. S'estant jecté hors du couvert d'un moulin à vent, MONT, i, 4». Il ne change, pour hyver et temps qu'il face, le mesme bonnet qu'il porte au couvert, id. i, 260. Nul moyen de loger à couvert ses blecez, id. i,356. Il le fit lever, lui priant de lui donner le couvert pour cette nuit. — Endurez que je demeure ici à couvert, attendant qu'il soit jour, DESPKR. Contes. XLiii. Un grand couvert [hangar] comme haie de marché, y sera dressé, 0. de serres, 21. Ce que les veneurs en leurs termes appellent couvert, l'opposans à la campagne, pithou, Coust. de Troyes, p. 535, dans lacubnk. 0 combien de biens faits obmis, et de mechaiicetez se commettent sous le couvert des formes, lesquelles l'on ne sent pas, CHARRON, Sagesse, ji. 43, dans lacurne.

— ÊTYM. Couvert i; provenç. cubert ; porlug. coberta; ital copi-rto.

COU

vert élégant; dites : un kou-vêr élégant; au pluriel, l's ne se lie pas: des kou-vêr élégants; cependant plusieurs lient . des kou-vêr-z élégants), s. m. Il 1" Ce dont on couvre une table, nappe, assiettes, cuillers, fourchettes, etc. avant de servir les mots. On apporte la nappe et l'on met le couvert, Régnier, Sat. X. La vieille.... met le couvert, la font., Fauc. Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis; Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis, LA font. Fabl. i, 9. Mais, que vois-je! de bons amis Que rassemble un couvert bien mis, bérang. Àcad. ^t Cav. Il Grand couvert, repas qu'un monarque fait en public avec un certain cérémonial. Mais je vois en pitié le Crésus imbécile Qui jusque dans les champs me transporte la ville; Avec pompe on le couche, on l'habille, on le sert. Et Mondor au village est à son grand couvert, delille. Homme des ch. I. Il Petit couvert, repas sans cérémonie des rois et princes. Elles [les princesses] mangèrent à leur petit couvert, volt. Babyl. 4. || 2° L'assiette, la serviette, la cuiller, la fourchette, le couteau et le verre de chaque convive. Mettez un couvert pour Monsieur. 11 y avait dans un coin cinq ou six couverts où se mettaient lantût les unes [des princesses] tantôt les autres, mais qui n'étaient tenus par personne, ST-siM. 32, H2I. Alexandre dressa pour le festin une tente qui contenait cent tables, où par conséquent il pouvait y avoir neuf cents couverts, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. tfll, dans P0CGENS. On lui apporta un couvert; il se jeta d'abord sur l'omelette avec tant d'avidité qu'il semblait n'avoir mangé de trois jours, lesage, Cil Bios, 1, 2. |{ Avoir toujours son couvert mis chez quelqu'un, être certain qu'on y sera toujours reçu à dîner. || 3° La cuiller et la fourchette réunies. Une douzaine de couverts d'argent à tilet. ||4°Ëtui garni d'un couvert et du couteau. Couvert de vermeil. Il porte toujours son couvert en voyage.

— HlST. xv's. Messire Gautier de Passac et messire Guillaume de Lignac demeurèrent avec les chevaliers et les menèrent en une belle cliambre où on avoit couvert pour disner, froiss. 11, m, 85. Madame ma mère vit que l'on servait madame la Dauphine à couvert, et madame la duchusse de Bourgogne point, DELABOBDE, Émmix, p. 232. Quand madame la duchesse mangeoit là où monsieur le Dauphin estoit, l'on ne la servoit point à couvert, et ne fuisoit on pas d'essay devant elle, mais beuvoit en sa coupe sans couvrir, id ib. {| xvi" s. Puis furent amenez en la grande sale, qu'ils trouvèrent si riche parée, et ie couvert de quatre longues tables si bien ordonné que.... carl. v, fi.

— ËTYM. Couvert i; bourguig. couvar. Mettre le couvert se disait ainsi parce que, aux tables des rois et des princes, les plats, hanaps, salières avaient uu couvercle, sorte de garantie extérieure contre l'empoisonnement; de là couvert a pris le sens des assiettes, fourchette, cuiUer, couteau, qu'on met devant un convive, et plus particulièrement encore, de la fourchette et de la cuiller.

COUVERTE (kou-vèr-f), s. f. l\ 1° Terme de manufactures de terres fines. L'émail dont est revêtue la terre mise en oeuvre, faïence ou porcelaine, et qui est composé de substances facilement vitrescibles. C'est sur la couverte que l'on peint. Quoi qu'il en soit de cette conjecture, on peut assurer qu'il n'y a point de porcelaine dont la couverte soit plus agréable à la vue, plus égale, plus unie, plus solide et plus fine, raynal, Uist. pitil. v, 7. De quels métaux fondus la pâte blanchissante Korma d'un riche enduit leur couverte brillante, dklille. Trots règnes, iv. || La portion extérieure de la porceiauie qui est à demi vitrifiée par la cuisson. On donne le nom de couverte à cette couche qui constitue proprement la porcelaine, raynal, Hist. phil. v, 27. Il 2° Couverture. Un garde-robe gras servait de pavillon, De couverte un rideau, Régnier, Sat. xi. Hors d'usage en ce sens. || Aujourd'hui, couverture de laine employée par les mditaires. || Chez les emballeurs, enveloppe extérieure de toiles qui viennent du Levant. || Châssis sur la forme du papetier. Il 3° Terme de marine. Toiture des bâtiments désarmés; pont supérieur. || 4° Terme de fauconnerie. L'une des deux grandes pennes du milieu de la queue d'un faucon. || Vol à la couverte, chasse où l'on approche le gibier à la faveur de quelque couvert, haie ou bosquet.

— HIST. xiv s. Pour ce convint que il jurast; S'il ne l'eust fait, il estoit masl; Mais il joua d'une couverte Et se sauva de plus grant perte, Liv. du bon Jeh. 2960. Il s'est, à la couverte, armé souffisamment, Baud. de Seb. viu, 895. ||xv s. Si chevau-

COU

». COUVERT (kou-vêr; le J ne se lie pas; un cou- 1 cherent bien un grand temps à la couverte tousdis

en costiant l'ost aux Anglois, proiss. i, i, »t . || xvi* g. Quand il eut bien fait du mauvais, il fut contraint de s'apaiser pour une couverte de Catalogne que lut donna le sire André, desper. Contes, xi.

— Etvm. Couvert i ; provenç. cubetta; espagn. cubierla.

COUVERTEMENT (kou-vèr-te-man) , adv. D'une manière couverte, cachée. M. de Mayenne se servit, quoique couverlement, des seize, qui étaient les quarleniers de la ville, betz, h, iOO. On corrompt mes sujets, on conspire ma perte. Tantôt couvertement, tantôt à force ouverte, desmarets, ilirame, t, t.

— iiiST. xm* s. Car li plusor songent de nuit Maintes choses couvertement Que l'on voit puis apertement, la Rose, 19. Et cil meisme qui esloient contre lui estoient si ami couviertement, Chr. de Raint, p. t3i. Il XV' s. Quand jour fut, ces marchands qui estoient couvertement armés.... froiss. i, i, t'Jt Il xvr s. Dès la naissance de l'Eglise chrestienne telles diversilez ont aparu, qui se sont continuées tantost couvertement, tantost ouvertement, et dureront jusqu'à la fin du monde, langue, 70. Les femmes Scythes crevoient les yeuli à touts leurs esclaves et prisonniers de guerre, pour s'en servir plus librement et couvertement , mont, m ,

— ÊTYM. Couverte, et le suffixe ment; provenç. euberlament; espagn. cubierlamenle ; ital. coj'ertcmerde.

COUVERTURE (kou-vèr-tu-r") , s. f. || f Toile, drap, étoffe quelconque qu'on étend ou qu'on dresse sur une chose pour la couvrir. Couverture de canapé. Les capuchons sont les plus anciennes couvertures de tête que les ecclésiastiques aient portées à l'église, THiERS, Uist. des perruques, ch. 4. || 2* Papier, peau, etc. qui sert à couvrir un livre. La couverture d'un livre. Une riche couverture. || On dit plutôt reliure, quand la couverture est en peau. || 3' Absolument, la couverture d'un lit. llne couverture de laine. Il mit la tête sous les couvertures, ha- MiLT. Gramm. 9. De peur que .son père ne découvrît par la lumière qui était dans sa chambre toutes les nuits, qu'il les passait à travailler, il étendait devant sa fenêtre les couvertures de son lit qui ne lui servaient plus qu'à cacher qu'd ne dormait pas, fonten. llarlsoeker. Des domestiques qui étaient entrés dans sa chambre lui jetèrent des couvertures sur la tête et l'étouffèrent [Démétriusl, rollin, Uiat. anc. t. VIII, p. 576, dans polgens. || Faire la couverture, replier le drap et la couverture et préparer le lit de façon à ce qu'il n'y ail plus qu'à se glisser dedans. |j Mettre un homme dans la couverture, le berner; et fig. se moquer de lui. Je fus berné vendredi après dîné.... j'eus beau crier et me défendre; la couverture fut apportée, et quatre des plus forts hommes du monde furent choisis pour cela, voit. Leit. 9. Une des choses qui m'effrayait le plus était que, lorsque j'étais bien haut et que je regardais en bas, la couverture me paraissait si petite, qu'd me semblait impossible que je retombasse dedans, ID. ib. Il Kig. Tirer la couverture à soi, de son côté, se faire sa part plus grosse qu'il ne serait juste. || 4* Pièce d'étoffe en fil ou en laine, plus ou moins ornée, et attachée par un surfaix sur le corps des animaux et surtout des chevaux, pour les protéger contre la froid, la malpropreté, les insectes. || S* Ternie de jardinage. Objet mauvais conducteur du calorique, employé par les jardiniers pour protéger les semis ou plantes contre le froid ou les rajons du soleil, et qui est fait de paille, de litière, de feuilles, de branches sèches, de paillassons, de caisses en bois, de cloches. || 6* Ce qui forme la surface extérieure d'un toit. Couverture en tuile, en chaume, etc. Il 7° Le droit, en Espagne, de se couvrir devant le souverain, droit dont l'octroi est l'objet d'une certaine solennité. D'abord le nouveau grand Ou celui qui succède à un autre, car cela est pareil pour la couverture, visite tous les grands: j'y menai mon fils; ensuite il en choisit un pour être son parrain. .... Je remarquai la bonté du roi, qui, en peine que mon fils manquât à se couvrir à temps, lui fit deux fois signe de le faire comme il se relevait de son inclination après le cobrios [couvrez-vous] ; il obéit, et s'éiant couvert, il fil, comme c'est lusage, un remerciment au roi de demi-quart d'heure, pendant lequel il mit quelquefois la main au cliapeau et la souleva deux fois, â une de>quelles le roi mit U main au sien, st-sim. 576, 264. La couverture de mon second fils se fit le t" février, jour pour jour, précisément quatre-vingt-sept ans depuis la réception de mon père au parlement, comme duc et pair de France, id. 589, st. || 8* Fig. Prétexte, masque,

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fàux-semblant. Des excuses de mal faire et des couvertures de crimes. Fuis outre le saint vœu qui sert do couverture.... fégnier, Sat. xiii. L'étroite parenté leur sert de coux'erture, twstan, Mort de Chrispe, II. 2. C'est pour servirde prcîtexteet de couverture à l'avarice et à l'inffratiturie, patku, Ptaidoy. 9, dans BiCHELET. Il paraît que tout ce qu'il [Henri VIII] publia sur l'embarras de sa succession ne fut qu'une couverture, taiit de ses nouvelles amours que ilu dégoût qu'il avait conçu de la reine sa fumme, boss. Var. vu, § si. Il fallait trouver quelque couverture à un défaut si visible, ID. ib. xv. M. le Prince, sensible à la gloire d'une couronne pour un gendre qu'il estimait, cachait sous celle couverture la joie du repos de sa famille, st-sim. 48, 62. ||9° Terme de banque et de commerce. Provisions, cautions données pour assurer un payement. Ce négociant me doit beaucoup, mais j'ai de bonnes couvertures. Il Terme de bourse. Dépôt de titres ou d'espi-ces exigé souvent du client par l'intermédiaire pour diminuer les risques que ce dernier a à courir dans la conclusion des marchés à terme. |j 10° Morceau de gros acier forgé recouvrant un morceau d'acier fin. Il Plaque d'une serrure. || Planches inclinées pour garantir de la pluie des piles de bois. || 11° S. f. plur. Plumes recouvrant le dessus et le dessous des pennes des ailes et de la queue des oiseaux.

— HIST. xii' s. E [tu] dunas à mei la coverture de la tue salut, e la tue désire receut mei, Liber psalm. p. 20. X ma dolor n'a mestier couverture; Si souspris sui, que je ne sai que faire, Coud, p. (20. Por ce ke il puist ferir et ocire les dévotes pensées, s'atapisl il desor la covreture de dolor, Job, 446. Flert soi fie feu] es tours, et el maistre clochier; Lescovretures covint justrebuchier, Raoul de C. «0. |l xiii" s. Toute la couverture [du lit] à ses deus mains [elle] saisi, Berte, Lxxxix. La covreture de la sele Ert d'un brun paile de Castele, FI. et Bl.

, -ItST. Ijxv's. Et le bourgeois qui trahit les avoit, \ se mit à fuire par couverture avec eux [afin de cou- ' vnr sa trahison], froiss. i, i, (90. Je vous vouldroye prier que vous me prestissiez ung de ces escus à iiorter à cesie assemblée et les couvertures [cottes] et tout l'autre habillement, Lancelot du lac, t. m, f* H6. Sire chevalier, que povez vous avoir de ainsi seigner? Certes, dit Nero par couverture peinte], c'est pour la douleur de ma playe qui se est reprinse à seigner , Perceforest , t. v , f° 33. Il xvi' s. Les femmes saisissent à deux mains toute couverture de contraster à leurs maris, mont, m, 81. L'harquebiiserie sans couverture se renverse aisément, LANGUE, 3-21. Les nappes, les couvertures du lit, il vendoit tout cela, desper. Contes, lxxix. Elle leur monstra un flambeau ardent de dessus un figuier sauvage, en estendant derrière quelques tapis et couvertures, amïot, Rom. 49. Des couvertures de licts, ID. Lyc. 23. Ses faultes n'ont aucune couverture ne couleur honneste, ID. Thés, et Rom. cott'p. 6. Il ordonna que les couvertures des maisons se feissent avec la cognée, et les huisseries avec la sie seulement, ID. Lyc. 23. Leur commune voix [des chirurgiens] est que ce fut le roy St Louys, le tirant en couverture [preuve] de l'appointé qui fut fait entre maistre François Fromond et Robert de Langres, chirurgiens du roy jurez du chastelet d'une part, et maistre François de Troyes prevost d'autre, PASQUiEH, Recherches, ix, p. 82* , dans la-

CUBNE.

— ÉT'ïM. Couvert i; bourguig. couvature; rouchi, courerto; wallon, cofeleu; provenç. coopertura, cubertura; catal. cubertora; espagn. coberlura; ilal. copritura. L'ancien français avait aussi covertor, covertur,couvretoir, qui étalent masculins et venaient de cooperlorium. Fort sont li lac [lien.s] et grant li couvertour, Ce n'est pas gas, Enquelz cil est ki aime par amours, Poésies mss. avant 4300, t. i, f° 63, dans ncuRNE.

COCVERTURIER (kou-vÈr-tu-rié ; Vr ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie: des kou-vèr-tu-rié-z' achalandés) , s. m. Fabricant ou marchand de couvertures de lit.

— ÉTYM. Couverture; provenç. coberturier. COUVET (kou-vè: le ( ne se lie pas dans le parler

ordinaire; au pluriel, l's se lie: les kou-vè-z et la braise), s. m. Peut pot de cuivre ou de terre qui sert de chaufferette aux marchandes se tenant en plein air.

— ET'ÏM. Couver; génev. covet; bourguig. côvà, couveau, chaufferstte.

COUVEUSE (kou-veû-z') , s. f. Poule qui couve. Une bonne couveuse. || Four hydraulique où l'on fait les couvaisons artificielles, soit de graine des vers à soie soit d'œufs de poule.

— HIST. xvx* s. En quelque lieu qu'on loge les couveuses, o. de serres, 359.

— ETYM. Couver; picard, couvoère.

COUVI (kou-vi), adj. m. Des œufs couvis, œufs gâtés soit par un commencement de couvaison, soit pour avoir été trop longtemps gardés.

— HIST. xv° s. .N'ous allons par péché périssant pour plusieurs dieux, où sommes obéissant; dont puons trop plus que l'œuf couvy, et tout par nostre folye, Perceforest, t. i, f" 64.

— ETVM. Autre forme de couvé; Berry, coiit.

t COUVOIR (kou-voir), s. m. Appareil à couver* artificiellement des œufs.

— HIST. XVI' s. La hauteur de la couche appellée couvoir [dans un jardin] montera jusqu'à deux ou trois pieds sur terre.... au couvoir, en telle manière dressé et accommodé, sera semée la graine de melon, o. de serres, 643.

— ÉTYM. Couver.

t COUVRAILLE (kou-vra-ll'. Il mouillées), s. f. Nom des semailles dans quelques contrées.

— Rtym. Couvrir.

COCVKE-CHEF (kou-vre-chèf; Chifllet, Gramm. p. 208, au xvir siècle, dit que l'/'ne se prononce jamais),*■. ni. Il 1» Bonnet, chapeau. JupilerfilàTyphon leur grand chef Dune montagne un couvre-chef, SCARRON, Gigantomachie. Ayant sur soi ce nouveau couvre -chef, la font. P.^aut. Elle [l\Inie la duchesse] était sur son lit en robe ûe veuve bordée et doublée d'hermine, pareille à celle des duchesses veuves, et comme elles ayant le couvre-chef, srsiM. 262, 7. Il Aujourd'hui il ne se dit plus que par plaisanterie. 112° ferme de chirurgie. Bandage pour la tête, ainsi appelé parce que les circonvolutions recouvrent la tête.|l^u plur. Des couvre-chefs.

— HIST. xiii* s. Ouiconques veut estre teisserandes [ouvrière] de queuvrechiers de soie à Paris, Liv. des met. 99. S'il vuet à s'amie novele Donner cuevrechief ou cotele, la Rose, 9808. || xv* s. Chacun de nous prit sa buire et les emplismes, et puis nous mismes au retour vers la ville, nos visages enveloppés de couvre-chefs, froiss. ii, m, (6. Ladiote damoyselle estoit en son habit de dueil et n'avoit que ung couvre chief sur la teste, qui estoit habit humhle et simple et pour leur faire pitié par raison, comm. v, n. Pour faire draps et cravechiez , Napijes, touailles et oreiUez.... la Nativité de N. S. J. C. Mystère. \\ xvi°s. Les femmes mariées, icy prez, en forgent, de leur couvrechef, une figure sur leur front, pour se glorifier de la jouissance [d'être mariées] ; et, venant à estre veufves, le couchent en arrière et ensepvelissent soubz leur coeffure, mont. m, 332. J'ayme mieulx mourir l'espée au poing à la defîense de la muraille pour le service du roy, que languir en mon list le couvrechief en la teste, pour naturelle mort attendre, jean u'auton, Ann. de Louis XII, ms. f° 27, dans lacurne.

— ÉTYM. Couvrir, et chef dans le sens de tête; wallon, courchl.

t COUVRE-FACE (kou- vre-fa-s'), s. f. Ancien terme de fortification. Pièce à peu près pareille aux contre-gardes. || Att plur. Des couvre-faces.

— ÉTYM. Couvrir, et face.

COUVRE-FEU (kou-vre-feu), s. »». j] 1° Ustensile dont on se sert pour couvrir le feu et le conserver. Il 2° Coup de cloche qui marquait l'heure de se retirer chez soi el d'éteindre feu et lumière. Sonner le couvre -feu. Elles [les femmes publiques] étaient obligées de s'y rendre à dix heures du matin el d'en sortir dès qu'on sonnait le couvre-feu, saint- Foix, Ess. Paris, Œuvres, t. ui, p. 73, dans pougens. Il Au plur. Des couvre-feu.

HIST. xiii's. S'il ne portent lanterne et can-

delle ardant, puis ke li cloke de cuevrefu ara soné, tailliar, Recueil, p. 398. Nus crespignier ne puel ne ne doit ouvrer ne faire ouvrer en nule seson, puis l'eure que quevre feu est sonez à Saint Merry, Liv. des met. 86. S'o'irent covre-feu soner. Et con il l'orent entendu, Onques n'i ont plus atendu, lien. 22086.

— ÉTYM. Couvrir . et feu; angl. curfew.

t COUVRE-GIBERNE (kou-vre-ji-bèr-n'), s. m. Ëlui , soit de toile écrue , soit de cuir verni , dont on enveloppe la giberne. i| Au plur. Des couvre-gibernes.

— ÊTYM. Couvrir, et giberne.

f COUVRE-JOINT (kou-vre-join), i. m. || 1» Terme de maçonnerie. Maçonnage qui cache le joint de deux dalles. || 2° Terme de menuiserie. Tringle de bois dont on couvre les joints des planches. |1 Au plur. Des couvre-joints.

— ÉTYM. Couvrir, et joint.

t COU'VRE-LIT (kou-vre-li), s. m. Pièce d'étoffe

ou ae tapisserie servant à couvrir des lits, {| Au plur Des couvre-lits.

— ÉTYM. Couvrir, et lit.

t COUVRE-LUMIÈRE ( kou-vre-lu-miê-r"), ». m. Terme de marine. Autrefois petite plaque en plomb ou en cuivre, aujourd'hui petit dôme en plomb ou en cuivre, dont on recouvre la lumière des canons, pour empêcher que rien n'y entre. || Au plur. De» couvre-lumières.

— ÉTYM. Couvrir, et lumière.

COUVRE-PIEU (kou-vre-pié), s. m. Petite couverture qui sert à couvrir les pieds. || Couverture en laine ouvragée, ou en étofl'e blanche, ou en autre étoffe, généralement assortie aux rideaux, et qui s'étend sur le lit tout entier pour l'orner et cacher le de.ssous.

— REM. L'Académie ne dit rien sur le pluriel. De son côlé Laveaux remarque : » On devrait écrire, au singulier, un couvre-pieds, car il s'agit de ce qui couvre les pieds et non le pied. Mais, puisque l'usage veut qu'on écrive couvre-pted sans s au singulier, on doit l'écrire de même au pluriel; car, au singulier comme au pluriel, il a la même signification.» X ce que dit Laveaux, il faut ajouter que, au pluriel, s'il n'y a pas de faute à écrire des couvre-pied, il n'y en a pas non plus à écrire des couvre-pieds.

— ÉTYM. Couvrir, et pied.

t COUVRE-PLAT (kou-vre-pla) , s. m. Couvercle qu'on place sur un plat. || Au plur. Des couvre-plats.

— ÉTYM. Couvrir, et plat.

\ COUVRE-PLATINE (kou-vre-pla-ti-ii' ), s. m. Morceau de cuir qui couvrait la platine d'un fusil pour la défendre de l'humidité. H Plaque de plomb dont on recouvre la ballerie-platine d'un canon. Il Au plur. Des couvre-platines.

— ÉTYM. Couvrir, e\ platine.

t COUVRE-SHAKO (kou-vre-cha-ko), s. m. Couverture de shako en toile cirée. || Au. plur. Des couvre-shakos.

— ÉTYM. Couvrir, et shako.

COUVREUR (kou-vreur), s. m. Ouvrier qui fait ou répare les couvertures de maison. Un homme de cœur pense à remplir ses devoirs, à peu près comme le couvreur pense à couvrir.... Le premier n'est guère plus vain d'avoir forcé un retranchement, que celui-ci d'avoir monté sur de hauts combles, ou sur la pointe d'un clocher, la bruy. ii. El des couvreurs, grimpés au toit d'une maison. Eu font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, uoiL. Sat. vi. La tête ne tourne point aux couvreurs sur les toits, j. j. Rouss. Ém. il. Il Adjectivement. Compagnon couvreur.

— HIST. XIII' s. Et li couvreres ki autrement le [la maison] couverroit, il seroit à dis livres [d'amende], TAILLIAR, Recueil, p. 226. Charrons, couvreurs de mesons et toutes autres manières d'ouvriers qui euvrent du trenchant en merrien, Liv. des met. <04. Il XV s. Cil Vautre estoit un couvreur de maisons,

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