SYN. CRAINDRE, APPRÉHENDER, AVOIR PEUR
REDOUTER. Redouter se distingue des trois autres en ce qu'il exprime la crainte de quelque chose de supérieur, de terrible, à quoi on ne peut résister Appréhender se distingue de craindre et avoir peur, en ce que, conformément à son élymologie, il indique une vue de l'esprit, une attention portée sur l'avenir, sur la possibilité; ce qu'on appréhende apparaît moins comme probable que comme possible. Au contraire, ce qu'on craint apparaît non-seulement comme possible, mais aussi comme probable. Enfin, avoir peur désigne un état de l'àme où devant le péril le courage fait défaut; on peut craindre le danger et pourtant y faire tète; mais si on a peur du danger, il est le plus fort et nous emporte. Je redoute l!orage veut dire que je le regarde comme formidable; j'appréhende l'orage, qu'il me parait possible; je crains l'orage, que les elîets m'en semblent dangereux pour moi; j'ai peur de l'orage, qu'il m'Otp tout courage.
— HlST. XI' S. Je me crendreie que vous vous meslissiez [faire mêlée, combattre], Ch. de Roi. xv m. SeQrsest Charles, que nul homme [il] necrent, ib, XL. Il XII* s. Franc, dit Rollant, bone gent honorée, Sur toutes autres cremue et redoutée, Ronc. p. 48. fJel creim que occis soit ainz que soions là, ib. p. 95. Las ! je cren moût qu'il n'i ait encombrer, ib. p. < 65. Mais cil qui faillir crient Est si destrois, quant secours ne lui vient, Couci, xxi. Que povre sont H autre chevalier. Si crement la demorance [de rester à la croisade], quesnes. Romancero, p. toi. Car mult cremi de sei, quant le respuns oï; Mult nota les paroles que li quens respundi. Th. le mart. 52. Car plus criement assez le terrien seignur Que il ne funt Jesu le puissant créateur, ib. 28. Li sire est la rneie salut; cui crenderai je? Liber psalm. p. 3i. E crendrunt les genz le tuen num, ib. p. t46. Uns hom astoit en la terre Us, ki out num Job, simples et droituriers, cremmanz Deu e repairans ensusdel mal, Job, 442. Il XIII' s. Et li autre remestrent [restèrent] moult à malaise dedens Constantinople, come cil qui cremoient à perdre toute la terre, villeh. cl. Li diex d'amors onc ne cremut. Ne por fortune ne se mut, la Rose, 69(3. Forment se fist la serve et douter et cremir, Berte, lxiii. Si te criement li paien tuit, À pou que chascuns ne s'en fuit, Ren. (1269. Il XV* s. Un moult haut prince cremu et renommé, FBOiss. II, II, 53. Ja pour mesdit, barat ne jenglerie, Ne cesserai de vous craindre et amer De plus en plus, chiere dame sans per, elst. desch. Poésies mês. f* 44t, dans lacurne. Le peuple doit chascun jour labourer Pour les estas des nobles soutenir. Et si les doit honourer et cremir. id. Gouvern. des rois. Moins se soucyer et moins se tra- TalUei ev entreprendre moins de choses, plus craindre à offenser Dieu, COMM. VI, 13. ||xvi*s. Reprenez (l»no vos forces et couraiges, Et ne craignez des
François les oultraiges, j. mabot, v, <6. Je ne crains à vous donner de la peine, mars. Lett. Ui. Je ne crains vous recommander ung si homme de bien, id. ib. 120. Ma povre sœur faict un si très grant duel , que je crains bien sa santé, id. tb. 133. Je n'entends point parler de la dicte commission, qui me faict craindre qu'il y ait quelque empeschement, id. ib. (6) . Le gentilhomme craignant .sa vie s'il offensoit son maistre, et la damoiselle, son honneur, id. JVouk. XL. Le pape, se craignant qu'on luy teinst propos qui.... MONT. I, 41. Ses adversaires craignoient de le piquer, id. i, 41. Ne craindre point à mourir, id. I, 69. Si est-il à craindre que la honte les désespère, ID. I, 66. Ils craignoient à m'accoster, id. i, 194. Craignants qu'ils ne vinssent à.... id. i, 233. Les médecins ne craignent de s'en servir à toute sorte d'usage, id. i 240. Chascun craint à estre espié et contrerooUé, m. i, 332. Je ne veulx ny me craindre, ny me sauver à demy, id. m, 9. Je crains que c'est un traistre , id. m, 310. liien crains je que nous lui aurons très fort hasté sa ruine par notre contagion, et que nous lui aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts, id. iv, 17. Les tyrans qui sont contrains, faisans mal à tous, se craindre de tous, LA B0ÉTIE, 49. Quand la maison voisine ard, on doit bien craindre la sienne, yver, p. 626, Et craignoient les mariniers que leur vaisseau ne peust pas résister à la violence des vagues. — Ils craignoient de rencontrer des hommes, et si avoient peur de n'en rencontrer point pour la grande faulte et nécessité qu'ilz avoient de vivres, amyot, )larius,6b. Le commun populaire craint ordinairement ceulx qui le mesprisent, et avance ceulx qui le craignent, id. Nicias, 3. Il y en a qui disent que tous les princes le haïssent, et mesmes qu'il a à se craindre du ciel, d'aub. Fœn. lu, 20. Le duc d'Albe se craignant de la Bourgongne, quoi que les Suisses fussent obligez à la garantir, despescha quelques troupes légères, ID. }list. I, 339. Estrange est son plumage, et je crains à loger, Pour n'estre point deceu, un si jeune estranger, bons, si 4. Il ne craint ni les rez ni les tondus [il ne craint personne], cotghave.
— ÉTYM. Saintong. crainre; provenç. cremer; du latin Iremere, trembler et aussi craindre. L'articulation tr s'est changée facilement en cr; es qu'il faut admettre, bien qu'on n'en ait pas d'exemples, l'étymologie étant d'ailleurs appuyée par le sens et par la forme eindre qui répond à emere, comme dans empreindre d'imprimere. Craindre répond à trémere avec l'accent sur tré, comme geindre à gémcre; cremxr répond aune conjugaison changée, trcmire, comme gémir à gemire ; non pas tremiscere ou gemis-:ere qui auraient donné cremoistre, gemoisire ou gemaistre, comme dans les formations de ce genre.
CRAINT, CRAINTE (krin , krin-t') , part, passé de craindre. Elle fut plus crainte qu'aimée. Rome poursuit en vous un ennemi fatal Plus conjuré contre elle et plus craint qu'Annibal, rac. Uilhr.ni, 1. Craint de tout l'univers, il vous faudra tout craindre, lu. Brit. IV, 3. Les Espagnols sont craints, mais ils sont en horreur, volt. Ah. i, <. Qui sont-ils? Des savants renommés par leurs grâces, Des poètes loués dans toutes les préfaces. Des hommages du Nord dans Paris assiégés. Craints peut-être à la cour et pourtant protégés, Gilbert, Mon apotog.
CRAINTE (krin-f), s. f. \\ 1° Sentiment par lequel on craint, ôter de crainte, voit. Lett. 9. C'est par là que l'on tient ses voisins en contrainte. Ses peuples en repos, ses ennemis en crainte, corn. Nicom. III, 2. S'ils vous tiennent ici, tout est pour eux sans crainte, id. ib. I, 4. Comme si notre Rome eût fait toutes vos craintes, ID. Hor. i, l . J'ai crainte ici dessous de quelque manigance, mol. l'Étour. I, 4. L'homme qui est toujours en crainte, pasc. dans cousin. Les barbares furent tenus en crainte par ses armes, Boss. Hist. 1,10. Cet animal est triste, et la crainte le ronge, la font. Fabl. Il, 14. Cette crainte maudite M'empêche de dormir sinon les yeux ouverts , id.
ib Fi du-plaisir Que la crainte peut corrompre,
ID. ib. 1,9. La crainte est aux enfants la première leçon, ID. Oies. La crainte est nécessaire quand l'amour manque; mais il la faut toujours employer à regret, comme les remèdes les plus violents et les plus dangereux, fén. Tél. xxiv. Une âme menée par la crainte en est toujours plus faible, id. Éduc. des filles, ch. 6. Qu'ils pleurent, 6 mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte. Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront po'nt l'éternelle splendeur, BAC. Athal. Il , 9. Que de craintes , mes sœurs , que de troubles mortels I id. ib. m, 8. Le respect et la crainte Ferment autour de moi le passage à la plainte, ID. Bérén. u, 2. Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai
point d'autre crainte, m. Athal. i, 1. Jamais crainte ne fut plus juste que la vôtre , id. Phèd. m , 3. Le tyran [Pluton] qui tient en crainte les vivants et les morts, FEN. Tél. xviii. Comme il était sans crainte, il était sans défense, volt. Œdipe, iv, 1. ||a° Sentiment de crainte respectueuse. La crainte de Dieu. Crainte filiale. Celui-ci avait la crainte des dieux, FÉN. Tél. XIII. La bonne crainte vient de la foi . U fausse crainte vient du doute, pasc. Pensées, part, ii, art. 17. [ô Dieu] rendez-le heureux, en lui conservant votre crainte, qui seule fait le bonheur de» peuples et des rois, mass. Petit car. Malheur des grands. || Terme de droit. Crainte révérenlielle, synonyme de crainte filiale ou respectueuse. Crainte servile, celle qui naît de la .seule appréhension du châtiment. Crainte grave, celle qui est capable d'ébranler même une âme forte, comme la crainte de la mort. Une crainte grave suffit pour annuler un contrat. On dit par opposition : crainte légère. Il 3° Sentiment d'un respect mal placé. Cette disposition renferme premièrement un mépris de Dieu qui la rend très - criminelle , secondement une crainte du monde qui la rend très-insensée, mass. Carême, Resp. hum. Rappelé d'un côté par la voix de Dieu, de l'autre retenu par la crainte des hommes, ID. ib. Il 4° Dans la crainte de, avec l'infinitif, ou dans la crainte que, avec le subjonctif et la particule ne. Dans la crainte de tomber. Dans la crainte que l'orage ne survienne. || C'est une licence de ne pas mettre ne. Le maréchal de Bouf fiers attaqua deux heures avant l'arrivée de son infanterie, dans la crainte que les ennemis se retirassent, st-sim. ii9, 61. Il 5° De crainte de, avec l'infinitif. Quoique ce soit un bien que l'un et l'autre attende. De crainte de le perdre, aucun ne le demande, cobn. Rodog. II, "l. Il De crainte que, avec le subjonctif et la particule ne, en craignant que. De crainte que l'on ne vous trompe. De crainte que l'heure ne fût passée. Il C'est une licence de ne pas mettre ne. Anaxagoras abandonna tout ce qu'il avait, de crainte que le soin de ses propres intérêts le détournât de l'étude, FÉN. Anaxagoras. \\ Elliptiquement, crainte de. Il n'a, crainte du chaud, que l'air pour couverture, EÉGNIEB, Sat. XIV. Crainte pourtant de sinistre aventure. Allons chez nous achever l'entretien, mol. Amph. I, a. Le peuple est désespéré entre la nécessité de payer, de peur des exactions, et le danger de payer, crainte des surcharges, montesq. Esp. xiii, (8. Il Crainte de, pris ainsi adverbialement, se dit de» choses et jamais des personnes : Il a fait cela crainte de pis; on ne dirait pas: Il a fait cela crainte de vous. Cette locution s'emploie avec un sub-tantif pour complément, plutôt qu'avec un infinitif; cependant on trouve cet exemple-ci de l'infinitif dans J. J. Rousseau, exemple qui pourrait être imité : On n'osait interroger personne, crainte d'apprendre plus qu'on ne voulait savoir, Hél. vi, il. Elle ne s'emploie pas avec que : De crainte qu'on ne nous dérange, et non : Crainte qu'on ne nous dérange.
— SYN. APPRÉHENSION, CBAlNTE, PEUR. L'appré-
hension est une vue de l'esprit qui aperçoit un péril comme pos.sible. La crainte est une émotion du cœur à la vue du péril. La peur est, en face du péril, la perte du courage et de la puissance de résister.
— HIST. XII* s. Cumencementdesapience, lacrieme de nostre Segnor, Liber psalm. p. 172. Jo tis serfs, dès m'enfance, ai crieme oild de nostre Seignur, Rois, 314. Il XIII* s. Grant craime et grant paor en a. Mes sachiez qu'il se deffendra, S'il li vient nus hom qui l'assaille, hen. i85i i. ||xv* s. Lequel s'en alla sans dire adieu à son maistre, pour la crainte de sa personne, autrement il eust esté tué ou prins, COMM. I, 2. Il XVI* s. Boire à la françoise, et moderéement en crainte de sa santé, mont, ii, 16. Sa gravité estoit mêlée d'une manière de crainte, qu'il semblait qu'il redoubtast la présence du peuple, AMYOT, Nicias, 3.
— Etym. Craint; wallon, crimeûre. L'ancien français crieme, craime vient directement de l'ancien verbe cremir.
CRAINTIF, IVE (krin-tif, ti-v'), adj. Qui craint. Une craintive espérance. L'amour que j'ai pour vous hait ces molles bassesses. Où d'un sexe craintif descendent les faiblesses, cobn. Perthar. iv, 5. Et depuis quand, madame, êies-vous si craintive? bac. Brit. II, 6. Je cours, et je ne vois que des troupes craintives D'esclaves effrayés, de femmes fugitives, ID. Baj. v, 9. Craintive je te sers, aveugle je te suis, VOLT. Fanât, m, 2. Il n'osait voyager, craintif au dernier point, la font. Fabl. vin, 9. Loin ces limeurs craintifs , dont l'esprit flegmatique Garde dans ses fureurs un ordre didactique, boil. Art poét, II. Je devins craintif chez mon maître, et dès lort
CRA
CRA
CRA
je devins un enfant perdu, J. j. rouss. Conf. i. Cette sensibilité délicate la rendait craintive à l'excès, MARMONT. Contes moraux , Bnnnc mère.
— HIST. xiv's. Leurs femmes qui leur estoient peu humbles, craintives et obeissans, llénagier, i, 6. Il XV' s. 11 estoitcraintifde desplaire à ceux à qui.... COMM. VIII, <2. ||xvi' s. Et ne devons alléguer que nos péchez nous doivent rendre craintifs de nous adressera lui, calv. /nstit. 7)5.... PuisdeMouy les nobles et gentils Et de Boucal les hommes peu craintifs, MAROT, II, 2). Devant le Dieu de Jacob, quand il veut. Terre tremble craintive, m. iv, 324. X tous qui sont de t'offenser craintifs, Grans biens as fait, depuis les plus petits Jusqu'à ceux de grand aage, ID. IV, 326. Une vieille dame, craintive de ces sorcelleries. MONT. I, 9B. Et comme Philippus lui dict que ce Phocas estoit lasche et craintif, l'empereur conclud incontinens par là qu'il estoit doncques meurtrier et cruel, ID. m, i 17. Craintive prévoyance, AMYOT, Nicias, 3. Homme de sa nature craintif et deffiant, id. ib. 3.
— ËTYM. Crainte; Berry, crainli.
CRAINTIVEMENT (krin-ti-ve-man), adv. D'une
manière craintive. Parler, agir craintivement.
— HIST. XV" s. Estoient si craintivement obéis, AL. CHARTiER, Quadriloge inreclif, p. 448^ dans i.ACURNE. Elle repondit aiîrùement et comme craintivement, LOUIS XI, Nouv. XXVII. ||xvi«s. Il no faut point prier craintivement, quand il nous est commandé de Dieu, calv. Inslit. 088.
— ÉTYM. Craintive, et le suftixe ment.
t CRA ION (krè-ion), s. m. Terme de géologie.
Voy. CBAYON.
+ CUAM (kran), s. m. Voy. cran 2.
t CRAMAILLIER (kra-ma-Ué, Il mouillées), s. m. Râteau denté dont se sert l'horloger. Pièce des montres à répétition.
— ÉTYM. 'Voy. CRÉMAILLÈRE.
t ). CRAMRE (kran-b') ou CRAMBÉ (kran-bé) , s. m. Terme de botanique. Nom du chou en général, et, en pariiculier, du colza. || Crambe ou chou marin, genre de plantes appartenant à la tribu des raphanées, famille des crucifères.
— ÉTYM. Kpiij.g/1, chou.
t 2. CRAMBE (kran-l/) ou CRAMBÉ (kran-bé), s. m. Terme d'entomologie. Genre de papillons nocturnes dont la chenille s'attache à la vigne.
— ÉTYM. Kpaaêiî, chenille du chou.
t CRAMBITE (kran-bif) , s. m. Terme d'entomologie. Tribu d'insectes lépidoptères ayant pour type le crambe.
t CRAMINER (kra-mi-né), e. o. Fouler et amollir les peaux avant de les tanner. || Étirer les peaux sur un chevalet.
t. CRAMOISI, lE (kra-moi-zi, zie), adj. Oui a la couleur du cramoisi. Les rameaux des arbres sont parsemés de boutons de fleurs blanches et cramoisies, BERN. DE ST-p. Hatm. liv. I. Tabl. génér. Dans la chevelure blanche du vieillard [Chactas] on place une couronne de plumes cramoisies, chateaub. Naich. m, 83 || Familièrement. Devenir tout cramoisi, rougir de honte ou de colère. Mme la duchesse de Berry devint cramoisie et tremblante de colère,
— HIST. XV' s. Je ne me laisserai mourir de la
pépie. Quant en debvroy avoir la face cramoisie Et le nez violet, basselin, ii. || xvi's. 406 aulnes de velours bleu cramoisy, rab. Garg. i, 8. Voulez vous une pièce de veloux violet cramoisy, tainct en grene; une pièce de satin broché, ou bien cramoisy? jD. Pant. u, H. J'en notay une aultre insigne, à cause d'ung beau floc de soye cramoisyne que elle avoit sus la teste, id. ib. v, 33. Et tousjours les plus cramoisies [cerises] S'en vont les premières choisies, st-gelais, 42. Un haut-de-chausses de veloux cramoisi rouge, d'aub. Fœn. m, 23. Les longues gousses du garrobier, colorées d'incarnat cramoisi,
— • ÉTYM. Espagn. carmesi; portug. carme lim ; ital. chermisi, chermisi; de l'arabe karmesi, cramoisi, dérivé de kermès (voy. ce mol).
2. CRAMOISI (kra-moi-zi), s. m. || 1° Couleur d'un rouge foncé Voilà un beau cramoisi. || 2''Sorte de teinture qui rend les couleurs plus vives et plus durables. || Kig. Être sot, être laid en cramoisi, être extrêmement sot, extrêmement laid. Loculion vieillie. Vous seriez sotte en cramoisi. Si vous nous la donniez ainsi, ecarron. Virg. trav. i. Vouilriez-vous bien quitter Carthage ? Vous seriez folle en cramoisi , a), ib. IV. Il Leroux, dans son Dict. comiiiue, dit que jette locution est fort à la mode à Paris et que même, ru sa force, elle ne vieillira jamais. Il s'est trompé.
— ÉTYM. Cramoisi i
DKT. DE LA LANGUK FRANÇAISE.
+ CRAMOISIE (kra-moi-zie), s. f. Anémone à peluche.
— ÉTYM. Cramoisi 4.
t CRAMOISIËRE (kra-moi-ziê-r*), s. f. Variété de
poire à couteau.
*. CRAMPE (kran-p') , s. f. \\ i' Contraction, involontaire et douloureuse, de muscles isolés. Avoir des crampes. Il lui prit une crampe. 1| Autrefois on disait aussi goutte-crampe. || Fig. Avoir la crumpe, être lent. N'avoir pas la crampe, être vif, être éveillé sur ses intérêts. || i' Crampe nerveuse de l'estomac, ou, simplement, crampe d'estomac, douleur vive qui a son siège dans les parois de ce viscère. || Crampes, douleurs que les femmes en couches ressentent souvent dans les membres abdominaux, lorsque la tête de l'enfant s'engage au détroit abdominal. || Crampe des écrivains, afl'ectiDn consistant en une inaptitude de certains muscles des doigts de la main, le pouce, l'indicateur, à se contracter régulièrement pour retenir et diriger une plume, pour appuyer sur les touches d'un piano, etc.
— HIST. xiu"s. Luxure n'est de riens endormie ne crampe; Partout queurt [court], partout muiite, partout gravist et rampe J. UE meung, Test. 1753. Vos alez en esteisi joint. Et en yver alezsi cranche, RUTEB. 2( I. Ijxv's. Mais lacranceOntceulx dehors, s'il est qui y prent garde, e. desch. Administ. de l'hôtel du prince. Il xvi" s. D'Alvian tint, Petillan recula; Aussi l'on dit en la gloire qu'il a Que son cheval n'eut pas la goutte grappe En Aignatlel.... j. MABOT, v, 439. La goutte grampe est une espèce de convulsion, faite d'une matière flatulente, par le moyen de laquelle souventesfois le col, les bras et jambes sont par une grande force retirées, ou estendues, causant une extresme douleur, non toutesfois de longue durée, paré, xxi, i9.
— ÉTYM. Picard, kranke; de l'anc. allem. krampf, du même radical que crampon (voy. ce mot). Crampe, cranche, crance, grampe, et même grappe, sont toutes formes d'un même mot qui était adjectif: estre crampe, avoir les membres contractés, engourdis, avoir la goutte crampe, etc.
t a. CRAMPE (kran-p'), s. f. P" Terme de marine. Espèce de crampon. || Crampe à chambrière, petite barre ployée en équerre vers les bouts, pour maintenir le màt sur ses tins pendant qu'on le travaille. Il 2° Terme de sellier. Voy. crampon.
— ÉTYM. Voy. CRAMPON.
CRAMPON (kran-pon), s. m. || 1° Attache en fer qui a un bout recourbé. Ce sont de vieilles murailles [la prison de saint Pierre, à Rome] où l'on montre des crampons de fer, chateaub. /lin. ii, 239. || Fig. Saint-Simon s'en est servi pour exprimer les appuis à l'aide desquels un homme peut s'élever dans le monde et pousser sa fortune : Noailles n'était admis à rien, en jeune homme qu'on ne connaissait pas assez, et dont le grand vol et les nombreux crampons tenaient en égale attention et défiance, st-sim. 238, (68. || 2'Ti.rœe de blason. Représentation du crochet de fer dont on se servait pour monter à l'assaut. || 3° Terme de serrurier. Crampon de fermeture, morceau de fer plié en carré et attaché dan.i la pièce du milieu de la croisée de la fenêtre, dans lequel on pousse le verrou des targettes qui sont attachées sur le châssis de la vitre. Il 4° Terme de maréchalerie. Bout de fer recourbe à l'extrémité des éponges du fer à cheval, alin d'assurer la stabilité des bêtes de trait sur le sol. || Pendant les temps de glace, on emploie le crampon à oreilles de chat,dit àl'aragonaise, disposé en forme de pyramide. Pourquoi tant de soldats déjà morts de faim et de froid sous le poids de leurs sacs, chargés d'or au lieu de vivres et de vêtements, et surtout si trente-trois journées de repos n'avaient pas suffi pour préparer aux chevaux de cavalerie, de l'artillerie et à ceux des voitures, des fers à crampon qui eussent rendu leur marche plus sûre et plus rapide? sêgijr, Hist. de Nap. x, 2. || 6° ferme de chemin de fer. Morceau de fer plat servant à fixer provisoirement un coussinet sur sa traverse lorsque le boulon s'est cassé dans le trou. || 6° Terme d'orfèvre. Fd de fer retenant ensemble deux pièces qu'on veut souder. || 7° S. m. plur. Terme d'imprimerie. Pièces de cuivre en demi-cercle fixées au coffre de la presse et glissant sur les bandes pour procéder au foulage. || 8° Terme de .sellier. Petit morceau de cuir qui est en forme d'anneau et qui est sur le devant de la selle pour attacher les fourreaux des pistolets. Il 9" Terme de botanique. Appendice de la lige par lequel elle s'accroche aux corps voisins, et qui n'est ni roulé en spirale comme la vrille, ni propre à pomper la nourriture comme les racines. La tige du lierre est pourvue de crampons.
— HIST. XIII* S. Nus ne puet ouvrer de cranponi qui ne soient bon et fort selonc la grandeur où il s'afierent, Liv. des met. (68. I|xvi's. Je le pendy, accrochant la broche à deux «roz crampons qui sousienoyent les hallebardes. ri.b. l'ant. n, U. Elle trouva les huis couverts, entre autres, celui de la cave, et la serrure et les cram;ions par terre, DESPER. Contes, XLvii. Les deux navires apportèrent en mesme temps leur voilée, les crampons et telle! escouj>pettcrie qu'd leur fallut quitter le t llac, d'alb. Ilist. Il, 179. Le fer estant en forme de crampon marm, de quoy on meurdrist les morhons et b.illaines, Pièce publiée par leroux de u.ncy, liibl. det Chartes, 5* série, t !i, p. (79.
— ÉTYM. Allem. Krampe; anc. h. allem. ehrapfo; chrempfo. Il y avait dans l'ancien français crampi, courbé : L'un pié cranpi et l'autre droit, Hen.
CRAMPONNÉ, ÊE (kran-po-né. née), part, passé.
Fixé avec des crampons. || Solidement fixé. Kt où faudrait-il que la terre fût cramponnée pour résister au mouvement de celte matière céleste ei ne s'y pas laisser emporter? fontes, les Mondes, c loir. Il Fig. et familicrement. Avoir l'Ame craniponnée dans le cori>s, avoir la vie dure, résister à des accidents, à des maladies, qui auraient fait périr bien d'autres. || Dans le même sens. Cramponné à la vie. Cramponné à un dernier espoir, j) Terme de blason. Pièces cramponnées, pièces dont les extrémités sont courbées en crampon.
CRAMPONNER (kran-po-né), t>. a. || l' Fixer au moyen d'un crampon. Cramponnez bien celte serrure. || 2° Terme de maréchalerie. Cramponner des fers de cheval, y faire des cranripons. \\ Cramponner un cheval, le ferrer à crampons. || 3" Se cramponner, V. ré(l. S'accrocher. La joujiarbe se cramponne dans le ciment, chateaub. Génie, m, v, 5. Mes chenilles tapissèrent de soie toutes les parois du poudrier, ce qui leur donnait plus de facilité pour se cramiionner conire le verre, bonnet. Insectes, observ. 4. || Se cramponner à la fenêtre, à un barreau, etc. se dit en parlant de quelqu'un qui s'y fixe fortement à l'aide des mains. |{ Fig. S'attacher obstinément à quelqu'un pour en obtenir ce qu'on désire. Cet homme est-il bien de ma race [Juifs)?.... X mes fils comme il se cramponne! bérang. Échelle. Je cours après mon homme, et, s'il faut qu'il m'échappe. Je me cramponne après le premier que j'attrape, PIRON, Mélrom. m, (4. || Se cramponner à une chose, faire tous ses eBbrts pour ne pas la quitter, pour ne pas la perdre. Se cramponner à un espoir, à la vie. L'abbé d'Eslrées se promettait je ne sais comment une fortune en se cramponnant comme que ce fût dans son trisie emploi en Espagne, stsim. (3( , 199.
— HIST. XV* s. Et l'on se retrahist à son pavillon, et aussi messire Enguerrant, pour leurs b.issineis faire cramponner, Jeh. de Saintré, th. 4o. || xvi's. Il fallut paier d'autre monnoie, quand l'amiral et Haumont tapperent à bord, et cramponnèrent de haut en bas, d'aub. Ilist. ii, 208. Les uns et les autres, n'ayant tiré qu'une volée, se cramponnèrent ID. ib. II, 209. Et l'ayant cramponnée, luy et ses soldats, se lancèrent à corps perdu sur la parmente, carloix, I, (0.
— ÉTYM. Crampon.
CRAMPONNET (kranpo-nè), J. m. Petit crampon. Il La partie d'une serrure où se meut le pêne. || Conduit du verrou d'une targette.
— ÉTYM. Diminutif de crampon.
(. CRAN (kran), s. m. ||l"Peiite entaille dans un corps dur servant à y accrocluT ou y arrêter quelque chose. Le cran d'une arbalète. Hausser, l)aisser une crémaillère d'un cran, jj Fig. Chacun d'eux (des courtisans] la monte [leur biche politique] et la baisse à .son cran, retz, v. 390. || Monier, descendre d'un cran, passer à quelque chose de supérieur ou d'inférieur. U méritait bien da monter d'un cran, SKv. 266. Nous sommes baissées d'un cran, madame Bertrand, nous donnons dans lobas bourgeois, daxcoirt, Uoul.jav. se. 4. Mon amour vont dompter des co-ura d'un plus haut rang. Je prcnJs uu vol plus ûer et suis haussé d'un cran, regiard, Ménech. IV, 2. Uo faux brillants, trop da niagio Muttci.l le Tasse un cran plus bas, VOLT. Goûl. Du reste, que j'aie abandonné les échecs, ou qu'un jouanl je me soi.* remis eu haleine, je n'ai jamais avaneo d'un cran depuis cette première st-ancc, J. J. Rorss. Conf. v. || 2» Ternie d'imprimerie, l'etile entaille ou canal qui est vers le bas de chique caractère et qui se fait dans .a fonte même. Il 3* Terme de manne. Entaille sur 1» bourrelet d'une bouche à feu. || Mettre un vaisseau en cran , le meure en carène ou lui donner le raaouD.
CUA
Il 4* Terme de métallurgie. Défaut d'un métal mal forgé ou mal étiré. || 5° Nom de certains replis ou inéga'.ités que les chevaux ont aux ctiairs du palais, et où l'usage est de les .saigner lorsqu'ils ont la bouche échauffée. || 6° Morceau d'étoffe que le tailleur ajuste au derrière d'un habit.
— HIST. XV' S. Il convient qu'ils [les Ecossais] entrent en l'evesché de Duram, ardant et exilant le païs; ils feront bien grand cran en Angleterre, avant que nos ennemis soient pourveus, fhoiss. liv. m, p. 330, dans lacurne.
— ÉTYM. Wallon cren; lombard, crena; piémont. cran; pays de Coire, crenna; du latin crena, mot qui se trouve dans Pline. H faut aussi prendre en considération le bas-allem. karn, s. m., entaille, bavarrois, krinnen, s. f., même sens. Crena dans Pline est une leçon douteuse; mais on peut croire que les langues romanes, ayant ce mot, ajoutent quelque autorité au texte. Il n'e.st pas sûr que cran, dans l'exemple ci-dessus de Kroissart, soit le même que le cran dont il s'agit ici ; mais il est certain que dans l'exemple suivant c'est un tout autre mot : Et quand les armes eussent esté accordées, et nous eussions aussi avisé et eslu les nostres, et de ce pris aux Sarrazins cran et ostages, et aussi livré, ce fust raison, fboiss. m, iv, <5. Il y avait en effet dans l'ancienne langue cran ou crand avec le sens de gage, de sûreté.
2. CKAN (kran), s. m. Nom vulgaire du cochléaria rustique (crucifères), appelé aussi cram, cron et raifort sauvage.
fCRANAGE (kra-na-j'), s. m. Terme d'horlogerie. Opération par laquelle on enlève l'excès de matière qui reste à la base des dents d'une roue quand on a formé ces dents.
— ÉTYM. Crâner.
t CRANCELIX (kran-se-lin) ou CANCERLIN (kansèr-lin) ou mieux CRANTZELIN (kran-tse-lin), s. m. Terme de blason. Portion de couronne en bande à travers un écu, du chef à la pointe. On attribue à une origine semblable les armoiries de Saxe, du moins quant au crantzelin, puisque l'on dit que Bernard, fils d'Othon d'Ascagne, recevant de l'empereur Frédéric l'investiture de la Saxe, cet empereur lui jeta une couronne de rue [plante] qu'il portait sur la tète durant les chaleurs de l'été, et que ce nouveau duc l'ajouta à ses armoiries comme une faveur singulière, le p. menestrier , De la chevalerie, p. 167, dans lacurne.
— ÉTYM. L'orthographe du P. Menestrier est la bonne, puisque c'est le mot allemand Krdntilein, petite couronne, diminutif de Kranti.
t CRANCIUE (kran-chie), s. f. Nom d'un genre de mollusques céphalopodes.
— ÉTVM. Crang, nom d'un naturaliste anglais. CRANE (krâ-n'), s. m. \\ 1° Assemblage des os qui
renferment le cerveau et le garantissent. La conformation du crâne n'est pas exactement la même dans les diverses races d'hommes. Les Scythes qui s'abreuvaient de sang dans le crâne de leurs ennemis, VOLT, l'hil. 1, 467. Nous pourrons dévorer nos ennemis vivants, Et nous désaltérer dans leurs crânes sanglants, G. de la touche, Iphig. en Taur. i, 4. Et boive avec plaisir dans des crânes sanglants, belille. Pitié, ii. || Fig. Avoir le crâne étroit, avoir peu de moyens. Mon bon oncle de Fargis est un bon et brave homme, mais il a le crâne étroit, retz, i, 32. Il 2° Fig. et populairement, homme hardi et querelleur. C'est un crâne. Faire le crâne. || Adjectivement. Avoir l'air crâne. || Cette locution est prise à la même métaphore que celle qui a donné la locution basse et populaire: faire sa tête, se montrer récalcitrant. || 3° Terme de botanique. Espèce de vesse-loup ou lycoperdon.
— ÉTYM. Espagn. crâtieo; ital. cranio; du latin cranium, qui vient de xpavtov, crâne, dérivé de xpâvov, tête. L'ancien français n'avait pas crâne; il disait test.
I CRANEMENT (krâ-ne-man), adv. Mot populaire. En crâne, hardiment et vigoureusement,
— ÉTYM. Crâne, et le suffixe ment.
t CRANEQUIN (kra-ne-kin), s. m. Ancien terme militaire. Instrument dont les soldats se servaient pour tendre les arbalètes. || Sorte d'arbalète.
— HIST. XV' s. Lequel Haquinet a tendu grenequins et arbalestes à croq, du cange, crenkinarii. Bautluin prist une arbalestre nommée cranequin et la monta, m. tb. Bande ton crennequin, qui est dire arbalestre à pied, id. .'^. Item a légué, donné et devisé à son frère Jehan de Failly son petit grenequiu fourny, id. ib.
— ÉTYM. Wallon, crènekin, arbalète; du bas-allem. krteneke, grue; ainsi dit à cause de la forme.
CRA
t CRANEQUINIER (kra-ne-ki-nié), s. m. Ancien terme militaire. Soldat armé du cranequin.
— HIST. xv* s. Grand nombre d'arbalestriers, de cranequiniers, picquenaires et gens d'armes, proiss. m, IV, 50. Michel, lors cranequinier de la compaignie, DU GANGE, crenkinarii. Les arbalestriers ou crennequiniers auront brigandine ou corsset comme lescoustilliers,!n. ib. \\ xvi' s. Et sembloient les anciens cranequiniers de France, Sat. Uén. p. t3.
— ÉTYM. Cranequin.
t CRANER (kra-né) , v. a. Terme d'horlogerie. Faire l'opération du cranage.
— HIST. xv s. Seront tenuz de cranner [boucher les crans] autour de le [la] dite maison, du cange, cranare.
— ÉTYM. Cran.
CRANERIE (krâ-ne-rie) , s. f. Caractère, acte de crâne, bravade, mépris affecté du danger. Ses crâneries n'épouvantent personne. Cet héroïsme en jupon [celui des femmes qui poussent toujours aux duels] tourne d'autant plus à la crânerie qu'il est moins exposé à se voir mis à l'épreuve, CH. de Bernard, le Gendre, § 6.
— ÉTYM. Crâne.
t CRANGON (kran-gon), s. m. Terme de zoologie. Crangon vulgaire, nom scientifique de la crevette de mer.
— ÉTYM. Kparfwv.
t CRANIACÉ (kra-ni-a-sé) , s. m. Terme de conchyliologie. Nom d'un groupe très-étendu de la famille des brachiopodes, dont la cranie est le type.
t CRANIE (kra-nie), s. (. Terme d'histoire naturelle. Genre de coquilles bivalves dont le type est la cranie en masque ou cranie personnée, seule espèce actuellement vivante dans les mers de l'Inde et dans la Méditerranée, legoarant.
t CRANIEN, lENNE (krâ-niin,niô-n'),adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au crâne. Cavité crânienne. Nerfs crâniens.
— ÉTYM. Crâne.
t CRANIOABDOMINAL, ALE (krâ-nio-a-bdomi-nal',na-r),adj. Terme de physiologie. Tempérament craftio-abdominal, celui où prédominent l'influence du cerveau et celle des viscères abdominaux.
— ÉTYM. Crâne, et abdomen.
t CRANIO-FACIAL, ALE (krâ-ni-o-fa-si-al, a-I'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au crâne et à la face.
— ÉTYM. Crâne, et face.
+ CRANIOGRAPUE (krâ-nio-gra-f), s. m. Terme didactique. Celui qui a fait une description du crâne.
— ÉTYM. Kpaviov, crâne, etYpâyeiv, décrire.
t CRANIOGRAPHIE (krâ-ni-o-gra-fie), s. f. Description du crâne.
t CRANIOGRAPHIQUE (krâ-ni-o-gra-fi-k') , adj. Qui a rapport à lacraniographie.
CRANIOLOGIE (krâ-nio-lo-jie) , s. f. Terme de physiologie. Art au moyen duquel on prétend reconnaître l'intelligence et le moral d'un homme, par l'inspection des différents points de la surface de son crâne.
— REM. L'Académie écrit, sans accent circonflexe sur cra, craniologie et cranolngie. Cela oblige â Tôter aussi des autres composés de crâ)ie qui ne sont pas dans le Dictionnaire de l'Académie.
— ÉTYM. Kpavîov, crâne, et lo-(Oi, théorie.
t CRANIOLOGIQUE (krâ-ni-o-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à la craniologie.
t CRANIOLOGISTE (krâ-ni-o-lo-ji-sf) ou CRA- NIOLOGUE (krâ-ni-o-lo-gh'), s. m. Celui qui s'occupe de la craniologie; partisan delà craniologie.
t CRANIOMANCIE (krâ-ni-o-man-sie), s. {. Art prétendu de deviner les dispositions intellectuelles et morales d'un individu d'après l'inspection de son crâne.
— ÉTYM. Kpavtov, crâne, et le suffixe mande.
t CRANIOMËTRE (krâ-ni-o-mè-tr'), s. m. Terme didactique. Espèce de compas d'épaisseur avec lequel on mesure les diamètres du crâne.
— ÉTYM. Kpavtov, crâne, et nexpov, mesure. fCRANlOMÉTRIE (krâ-ni-o-mé-trie), s. (. Terme
didactique. Mesure du crâne.
— ÉTYM. Craninmètre.
f CRANIOMÉTRIQUE (krâ-ni-o-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à la craniométrie.
t CRANIOSCOPIE (krâ-ni-o-sko-pie), s. f. Terme didactique. Art d'examiner le crâne et d'apprécier, d'après cet examen, les facultés intellectuelles et morales.
— ÉTYJi. KpavCov, crâne, et axoviïv, examiner, t CRANIOSCOPIQCE (krâ-ni-o-sko-pi-k'), adj.
Qui a rapport à la cranioscopie.
t CRANIO - THORACIQOE (krâ-ni-o-to-ra-si-k'),
CRA
adj. Terme de physiologie. Tempérament craniothoracique, celui où prédominent l'influence du cerveau et celle de la poitrine.
— ÉTYM. Crâne, et thorax.
t CRANIOTOME (krâ-nio-to-m'), s. m. Terme de chirurgie. Nom des instruments avec lesquels on pratique la section des os du crâne d'un enfant mort quand l'accouchement ne peut se faire.
— ÉTYM. Kpavîov, crâne, etTÉ(j:v£iv, couper (voy. tome).
t CRANIOTOMIE (krâ-ni-o-to-mie), s. f. Terme de chirurgie. Opération dans laquelle on emploie le craniotome.
— ÉTYM. Craniotome.
t CRANOIR (kra-noir) , s. m. Sorte de lime qt- i sert à crâner.
— ÉTYM. Crâner.
CRANOLOGIE (krâ-no-lo-jie), s. f. Voy. craniologie.
— ÉTYM. Kpivov, tête, et ^ôyo;.
t CRANQUILLIER (kran-ki-Ilié , Il mouillées), s. m. Nom, dans quelques localités, du chèvrefeuille des bois.
t CRANSON (kran-son) , s. m. Nom vulgaire du cochléaria officinal.
t CRAOUILLASSE (kra-ou-lla-s' , Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de la pie-grièche.
t CRAO0ILLE (kra-ou-U') ou CRAOUILLËRE (kra-ou-Uô-r', Il mouillées) , s. f. Pie-grièche.
CRAPAUD (kra-pô; le d ne se lie pas: un kra-pû énorme; au pluriel, l's se lie: des kra-pô-z énormes), s. m. Il 1" Reptile batracien qui a les pattes beaucoup plus courtes que celles des grenouilles et dont le corps est couvert de tubercules ou glandes d'où suinte une humeur vénéneuse. Passerai-je sous silence les amours du crapaud, cet animal hideux, et qui peut néanmoins nous intéresser par sa constance, par sa patience et par sa dextérité à servir d'accoucheur à sa femelle? bonnet, Consid. Corps org. Œuvres, t. vi, p. -142, dans pougens. Ce n'est qu'assez improprement qu'on peut dire que le crapaud est ovipare; c'est que les petits corps qu'il met au jour en si grand nombre ne sont pas précisément des œufs; ils sont, à parler exactement, les têtards eux-mêmes, déjà tout formés, id. Contempl. nat. part. XII, ch. 42. || Pierre de crapaud, sorte de pierre qu'on disait se trouver dans la tête du crapaud, et à laquelle on attribuait des vertus particulières. Il Populairement. Sauter comme un crapaud, sauter d'une manière lourde. || Être chargé d'argent comme un crapaud de plumes, n'avoir pas le sou. Il Un vilain crapaud, un petit homme fort laid. C'est aussi un terme d'injure qui n'implique pas la laideur. || Fig. et familièrement. Avaler un crapaud, faire quelque chose de désagréable, qui coûte beaucoup. Il 2° Crapaud de mer, nom vulgaire de la synancée horride, poisson qui habite la mer des Indes et qui est dit aussi pythonisse. C'est encore le nom de lalophie histrion, poisson. || Crapaud pêcheur, la baudroie, poisson. 1| Crapaud ailé, nom marchand d'une coquille univalve, le strombe très-large de Linné. || 3° Crapaud volant, nom vulgaire de l'engoulevent, oiseau. Il 4" Terme de vétérinaire. Maladie du sabot regardée par quelques auteurs comme de nature cancéreuse. || 5° Terme d'artillerie. Affùtde mortier plat etsansroue. || Terme de marine. Forte platebande de fer coudée, qui maintient le gouvernail toujours à la même hauteur. || 6° Terme de minéralogie. Pierre grossière qui se trouve dans un bloc de marbre. || 7° Petit fauteuil très-bas pour s'asseoir au coin du feu. || 8' Petite bourse de soie dans laquelle les hommes enfermaient leurs cheveux par derrière. Il 9° Crapaud- du marais, nom donné pai dénigrement à ceux des membres de la Convention qui siégeaient dans le bas et qui suivaient d'ordinaire l'impulsion du pouvoir dominant.
— HIST. XII' s. Quar des serpenz i ot à grant planté, Laisardes grans et grans crapoz enflés. Le moniage Guillaume, v. 2642. || xiii's. À deables tant de maistres, dist li crapos à la herse [ancien proverbe], LEROUX de lincy, Prov. 1. 1, p. 174. Ki crapaut aime, lunette [petite lune] li semble, id. ib. Lesards etcoluvres, grants crapots et serpens pesans, Hiver et esté. Pour ce qu'elle volt [voulut] se [son] baron [mari] doner un crapaut à megner [manger], Bibl. des Chart. 2* série, t. m, p. 423. || xiv s. Les quelles femmes portèrent un gros crapot pour deffaire le sort; et, ce fait, la fille tantost après fu aussi comme toute garie, »u cange, bu/po. || xvi* s. D'où vient donc une si grande hcence à ces vers ou crapaux, d'establir patrons et advocats devant Dieu? calvin, Inslit. 899. De plus on a apporté le madrier, pour les barrières, pour les crapaux, pour les grilles,
CRA
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d'adb. hisl. II, 350. Ho le meschant crapaut françois ! CARL. V, (0. Encores que les crapaux n'ayent des dents.... le crapaut est vestu d'une grosse peau àure, PARÉ, XXIII, 32. Au reguard des lettres, d'humanités, de congnoissance des anticques liistoiies, ils en estoyent chargés comme crapault de plumes, KAB. II, 4 1. Saute, crapaud, -voici la pluie, oudin, Curios. fr. Comme en la danse des crapauds en laquelle chascun veut estre maistre , julien , Mesl. hist. p. 4*5, dans LACURNE.
— ÉTYM. Berry, grapaud; picard, crapeux; wallon, crapan; limousin, gropal; provenç. grapaut, crapaut; anc. catal. grapalt, grapaut; calai, mod. calapat; bas-lat. crapaldus, crapoUus. On a indiqué le danois groen-padde, crapaud, de groen, vert, et padde, grenouille; mais la forme du mot ne .s'y prête pas. Il vaut mieux recourir avec Grandgagnage et Diez à l'anglo-saxon creopan; frison, kriapa; holland. kruipen; angl. (o creep ; island. craup, ramper; l'anglais a aussi creeper, vermine qui rampe.
t t. CRAPATTDAILLE (kra-pô-dâ-U' , Il mouillées), s. f. Ramassis de gens méprisables.
— HIST. XV* s. Allez en Angleterre, orde crapaudaille, que jamais pied n'en puisse retourner, froiss. II, m, 44. Venez ens, douce damiselle; Et que vault ceste crapaudaille? Allez en arrière, merdaille. Patelin. Elles ont prins chacune un compagnon, et ont fait jusqu'à outrance la folie. Au diable les crapaudaillesl laissons-les là, louis xi, Nouv. LVlii.
— ÉTYM. Crapaud.
2. CRAPADDAILLE (kra-pô-dâ-U', Il mouillées), s. f. Par corruption pour crépodaille. Voy. ce mot.
■f CRAPAUDE (kra-pô-d') , s. f. La femelle d'un crapaud. || Terme familier forgé par Voltaire : Demandez à un crapaud ce que c'est que le beau, le to kalon? Il vous répondra que c'est sa crapaude, avec deux gros yeux sortant de sa petite tète, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun, volt. Dici. Philos, au mot Beau.
CRAPAUDIÈRE (kra-pô-diê-r'), s. f.\\i' Lieu où se trouvent beaucoup de crapauds. || 2° Fig. et familièrement, lieu bas, humide, malpropre. Ce jardin est une crapaudière.
— ÉTYM. Crapaud.
t CRAPAUDIN (kra-pô-din), s. m. Plaque creuse en fer dans laquelle on tourne les fers à friser l'étofTe.
CRAPAUDINE (kra-p6-di-n') , s.f.\\ 1° Espèce de pierre qu'on croyait se trouver dans la tète des crapauds et qui est la dent pétrifiée du poisson appelé loup marin. Il est faux que la crapaudine change de couleur et qu'elle sue quand on l'approche du gohelet où il y ait du poison; quoique Boot et quelques autres assurent que la crapaudine se trouve dans la terre, je ne voudrais pas néanmoins contester qu'il ne s'en trouve dans la tête des vieux crapauds, mais il est certain que celle que nous vendons ne provient pas de ces animaux, pomet, Hist. des drogues, dans de laborde, Émaux, p. 233. Il 2° Manière d'accommoder les pigeons qui consiste d'abord à les fendre, les élargir et les aplatir, de telle sorte que, tout déformés, on a pu les comparer à des crapauds. Pigeons à la crapaudine. Je n'aime ni le pigeon à la crapaudine ni le pain qui n'a pas de croûte, volt. Lett. d'Autre, 0 sept. 1765. Il 3° Plaque de plomb posée à l'entrée d'un, tuyau de bassin ou de réservoir, pour empêcher les crapauds et les ordures d'y entrer. Il Soupape de décharge au fond d'un réservoir , d'une baignoire. De petits bouts de bois faisant une espèce de grdlage ou de crapaudine, J. J. rouss. Conf. i. Il Fer creux dans lequel pénètre le gond d'une porte. Il Terme de mécanique. Bois qui reçoit le pivot d'un arbre vertical. |1 Terme d'imprimerie. Morceau de fer sur lequel est placée la grenouille. || Terme de marine. Support en fonte d'une caronade. || 4° Terme de vétérinaire. Ulcération située sur la couronne des animaux monodactyles (chevaux, ânes, mulets) et produite par les atteintes que se donne l'animal. Il 5° Un des noms vulgaires de l'anarrhique loup, appelé aussi loup de mer et loup marin, poisson. Il 6° Un des noms vulgaires de la slachyde droite {sideritis velaâes officines), plante.
— HIST. XIV* s. Fourme sur couronnelle est quant au travers sur le coup du pié a une soubaudreure [sic] qui se hausse, et en huit jours est formée aussi derrière comme devant, et durant ce qu'elle est entière, l'en l'appelle fourme et fait pies avalés; mais quant elle est crevée, l'en dist crapaudine, et ne garist l'en puis, et est sur le bout de la couronnelle du pié, Ménagier, n, 3. \\ xv* s. Sept anneaulx, à pierres crapaudines,DB LABORDE, È*mo«x, p. 232. Une
crapaudine assize en un annel, id. t'b. Grosses bombardes, gros canons, veuglaires, serpentines, crapaudines, couleuvrines et rihaudequins, jean char- TiER, Hist. de Charles Vil , p. 216, dans lacurne. Il xvi* s. Une bague d'argent de Limoge avec une crapodine, d'aub. Fœn. m, S. L'opinion du vulgaire est fausse, pensant qu'on trouve dedans leur teste une pierre nommée crapaudine, bonne contre le venin, paré, xxui, 32.
— ÉTYM. Crapaud; provenç. erapaudina.
t CRAPELET (kra-pe-16), s. m. Nom vulgaire du jeune crapaud.
t CRAPELU (kra-pe-lu) , s. m. Variété de crabe.
t CRAPONE (kra-po-n'), s. f. Sorte de lime bâtarde à l'usage des horlogers.
CRAPOUSSIN, INE (kra-pou-sin , si-n'), J.m. et^. Terme populaire. Personne courte, grosse et mal faite.
— REM. L'Académie dit que crapoussin est aussi une sorte d'animal crustacé. Mais les naturalistes ne le connaissent pas.
— ÉTYM. Dérivé de crapaud, avec une signification diminutive.
t GRAPPE (kra-p'), s. f. Graisse de la meule du moulin.
CRAPULE (kra-pu-1'), s. f. \\ 1* Grossière débauche, surtout dans le boire. Le grand s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple : seule différence que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnées, entre le grand seigneur et i'estafier, la bruy. ix. Tout ce qu'il cherche n'est que crapule et brutalité, patru, Plaidoyer i i , àdins niCHELET. St-Pouange se conduisit dans la Guyenne avec tant de crapule, qu'il ne put y être soutenu davantage, st-sim. ^o^, m. Claude entouré des affranchis qui abusent de son penchant à la crapule, DiDER. Ess.s. Claude. Ne pouvant souffrir ni la gène de la bonne compagnie, ni la crapule du cabaret, J. J. ROUSS. Conf. I. Quand j'aurais passé mes premiers ans dans la crapule, m. Jlél. i, 5). La crapule endurcit le cœur, rend ceux qui s'y livrent impudents, grossiers, brutaux, cruels, id. Dialogue*. Cet homme n'avait jamais voulu se marier; il ne reconnut aucun de ses parents, vécut dans la crapule et mourut d'indigestion, volt. l'H. aux ioécus, entret. avec le chirurg. || 2° Par extension, gens crapuleux. N'allez pas avec ces gens-là : c'est de la crapule.
— HIST. XIV* s. Il met tousjours contre luxure Contenance, et contre crepule Abstinence.... gage de LA BiGNE, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. crapula; du latin crapula, du grec xpaiirâXri, de xpàî, tête, et iiàX),!iv, agiter.
CKAPULER (kra-pu-lé), ti. n. Vivre dans la crapule. Et quelques-uns trop en tâtèrent. C'est-à-dire qu'ils crapulèrent, scarron, Virg. (rat), vu. || Peu usité.
— HIST. XVI* s. Les hommes gras et replets, ceux qui crapulent et qui usent des bains mal à propos, paré, XX, 22. Par la mauvaise manière de vivre, et pour avoir crapule et beu des vins foris, id. xxi, i. Et m'ayant dit qu'il estoit difficile à vomir, je luy conseillay qu'il crapulast, et mangeast plusieurs et diverses viandes au souper, id. xii, t*.
— ÉTYM. Crapule.
f aiAPULEOSEMENT (kra-pu-Ieu-ze-man), adv. D'une manière crapuleuse.
— ÉTYM. Crapuleuse, et le suffixe ment. CRAPULEUX, EUSE (kra-pu-leû, leû-z'), adj.
Il 1° Qui se plaît, qui vit dans la crapule. C'est un homme crapuleux. || 2''Efl parlant des choses. Goùls crapuleux. Nous apprîmes qu'il menait une vie débordée et crapuleuse, von.Jenni, 4. Toute la joie de Rome ne consistait pas dans les débauches nocturnes et les fêtes crapuleuses de la cour dider. Ess. s. Claude. Les mœurs crapuleuses auxquelles ils ne sont que trop sujets,;, j. rouss. Pol. (3. Galérius prolonge dans les ténèbres de la nuit de basses et crapuleuses orgies, ciiateaub. lUart. (22. Au lieu de ses anciennes grâces, je ne lui trouvai plus qu'un air crapuleux qui m'empêcha de m'épanouir avec lui, j. j. rouss. Conf. vin.
— HIST. XVI* s. Les corps cacochymes, crapuleux et vieils, sont coustumierement vexés de telles tumeurs, paré, v, t4.
— ÉTYM. Lat. crapulosus, de crapula, crapule.
t < . CRAQUE (kra-k') , s. f. Terme populaire. Mensonge par exagération et par pasconnade. Ce qu'il dit là n'est pas vrai, c'est une craque.
— ÉTYM. Origine incertaine; à moins que l'on ne suppose que la craque est une chose qui sonne, qui craque. Collin d'Harleville a fait une jolie comédie intitulée M. de Crac dans ion petit castel ;
c'est un Gascon qui pousse à l'excès la manie d'exagérer. X défaut de renseignements hisloriques, on se demande si c'est la pièce qui a suggéré la locution de craque, ou la locution qui a suggéré le nom du personnage.
1 2. CRAQUE (kra-k'), ». f. Terme de minéralogie. Cavité pleine de cristaux, dans une roche.
— ÉTYM. Craquer.
t CRAQUELAGE (kra-ke-la-j"), *. m. Procédé par lequel on craquelle la porcelaine.
— ÉTYM. Craqueler.
tCRAQUELER (kra-que-lé. Dans la syllabe quel, \'l se redouble quand la syllabe qui suit est muette : je craquelle, je craquellerai), v. a. Terme de manufacture de porcelaine. Donner à la porcelaine un émail fendillé. || Vases craquelés, vases à fonds diver.-, dont l'émail est fendillé de mille manières, soit en dehors, soit en dedans.
1. CRAQUELIN (kra-ke-lin), s. m. Sorte de biscuit qui craque sous la dent. Craquelin au beurre. Il Nom, dans quelques provinces, de Téchaudé.
— HIST. XVI* s. Il est ordonné que tous les boullangersde Rouen fassent de bon pain blanc, comme mollet, fouache, pain de rouelle, semineaui, cornuyaux, craquelins, cretelées, Ordonn. d'oct. 1608.
— ETYM. Craquer i.
t 2. CRAQUELIN (kra-kelin), s. m. Terme de marine. Bâtiment d'une charpente trop faible et qui joue ou craque à la mer. || Fig. Homme peu vigoureux.
— ÉTYM. Craquer t.
t 3. CRAQUELIN (kra-ke-lin), ». m. Crabe qui vient de changer de peau.
— ÉTYM. Craquer t.
t CRAQUELOT (kra-ke-lo) , ». m. || 1* Hareng saur nouveau. || Hareng peu salé et peu fumé. || 2* S. m. plur. Terme de pêche. Crustacés dits aussi craquelins venant de subir leur mue, qu'on emploie comme appâts.
— ÉTYM. Craquer.
\ CRAQUELOTIÈRE (kra-ke-Io-liê-r'), ». f. Femme qui prépare les craquelots.
— ÉTYM. Craquelât.
t CRAQUELURE (kra-ke-lu - r') , ». f. Terme de peinture. Défautdu vernis et de la couleur qui s'écaillent. Ce tableau est très-bien conservé ; il est impossible d'y découvrir une craquelure.
— ÉTYM. Craqueler.
CRAQUEMENT (kra-ke-man), ». m. Bruit que font certains corps en craquant. Le craquement d'une poutre. On entendait, à plusieurs centaines de pas, des craquements semblables au claquement d'un fouet ou aux éclats d'un feu d'artifice, bonnkt, Contempl. nat. part, v, ch. I3. Le bruit sourd et monotone de nos pas, le craquement de la neige, et les faibles gémissements des mourants interrompaient seuls cette vaste et lugubre taciturnité, séclr, Hist. de Napol. xii, a. || Craquement des dents, bruit produit par un mouveme:it des mâchoires pressées l'une contre l'autre violemment ou convulsivement de manière à faire craquer les dents. || Terme de médecine. Bruit de craquement ou bruit de cuir neuf, bruit produit par le frottement de la plèvre ou du péricarde, quand ces membranes sont devenues inégales et raboteuses par quelque altération.
— HIST. XVI* s. On trouve une cavité et enfonceure, avec quelque hruit d'une petite crépitation ou craquement, paré, xiu, <3.
— ÉTYM. Craquer l. On trouve aussi craquelis: Tousjours d'un craquetis leur maschoire cliquoit,
t . CRAQUER (kra-ké) , r. n. || f Produire un bruit sec, en se déchirant on en se froissant. La glace craquait sous les pieds. Le biscuit craque sous la dent. Faire craquer ses doigts. Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme et une dernière base constante, pour y édifier une tour qui s'élève à l'mfini; mais tout notre fondement craque et la terre s'ouvre jusiau'aux abîmes, pasc. Penséet, l, », éd. Lahure, <86Ô. Toute la famille priaitDieu dans la case, dor.t le toit craquait horriblement, bern. de et-pierre, Paul et Virg. || Fig. et familièrement Cette affaire craque, elle menace de ne pas réussir. L'opposition est victorieuse, et le ministère craque, il est ébranlé. En Europe , tout craquait après la révolution de février. Cet homme vous craquera dans les mains, c'est-à-dire il vous manquera de parole, il vous abandonnera. || 2* Terme de fauconnerie. On dit que la grue craque, quand elle fait du bruit en fermant son bec, et aussi quand elle crie. || Il se conjugue avec l'auxiliaire aïotV.
— HIST. XVI* s. D'un horrible regard rouant se» yeux ardents El d'un horrible son faisant crarqutr
CRA
ses dents, dubell, m, 3i, verso. Ainsi qu'on voit les bien-volantef grues Craquer aigu quand passer il leur fa'it La mer, pour vivre en un pays plus chaud, BONS. «02. En mangeant ils craf|Uoierit et du bec et des ailes. Comme font ces corbeaux qui succent les ciirvelles Des animaux pourris, ID. 842. ....El de coups redoublés l'un sur l'autre abondans, Font craquer leur maschoire et claqueter leurs dents,
— ÉTYM Crae.
t 2. CUAQUER (kra-ké), v. n. Terme populaire. Dire des hâbleries. Cet homme ne fait que craquer.
— ÊTYM. Voy. CRAQUE ).
CRAQOERIE (kra ke-rie), s. f. Menterle, conte en vue d'attraper, d'en faire accroire. |1 Populaire.
— ÉTYM. Craquer 2.
t CRAQUET (kra-kè), I. m. Terme de botanique. Espèce de varech,
— ÉTVM. Croquer i.
CRAOUËTE.MENT (kra-k5-te-man), s. m. Action de crapieier; bruit produit par ce qui craqueté. Il Cri (le la cigogne.
— f.TYM. Craqueler.
CRAQUETER (kra-ke-té. L'Académie ne conjugue pas craqueler; mais comme elle écrit craquèlemenl , il faut, par analogie, employer aussi l'accent dans le verbe : je craqueté; je craquetais; je craquèterai, craquetant), v. n. \\ 1° Produire un craquement fréquemment répété; produire un petitcraquement. Le sel craijuète dans le feu. 112° Il se dit aussi du cri de certains oiseaux. On entend craqueter les cigognes. || 3* Fig. et familièrement, mais dans un sens qui n'est plus en usage. Quand on l'avait [la princesse d'Harcourt] bien fait craqueter [demander grâce], Mme la duchesse de Bourgogne se laissait toucher, ST-SIM. (13, 234.
— msT. XVI' s de là s'entend le bruit Des gemis-
sans sous le fouet esclattant. Et des gros fers tirez en cracquetant, dubf.ll. iv, 55, recto. Quand j'oy les Muses cacqueter, Enflant leurs mots d'un vain langa^'e, Il me semble ouyr cracqueter Un perroquet dedans sa cage, id. m, 9) , recto. Il faisoit craqueter un fouet aussi bien que charretier de France, mont. I, <09. Elle se (lonnoit dans le bras des coups de poinçon, qui luy faisoient craqueter la peau et la saignoient bien enbon escient, id. i, 309. Comme ce poil craquette, Ce disoit-elle, et brûle tout en soy, Ainsi Francus puisse brusler de moi, rons. 624. L'adverlissant s'il ne sent point quelque os craqueter; car si les os de la teste sont rompus, ils ne faudront point lors à faire bruit et craquetis, paré,
— ÉTYSI. Craquer.
t CRAQUETTE (kra-kè-f), s. f. || 1° Petit billot de fer avec lequel les tailleurs repassent les boutonnières. Il 2° Espèce d'écume retirée du beurre fondu.
— ÉTYM. Craquer ^.
CRAQUEUR, EUSE (kra-keur, keû-z'), s. m. et/". Terme populaire. Menteur, hâbleur. C'est un grand craqueur.
— ÉTYM. Craquer 2.
fCRASANE (kra-za-n') , s. f. Mot qui se trouve dans le Dictionnaire de Trévoux. Voy. ckésane et