CROISÉ (kroi-zé), s. m. || 1° Sorte d'étolTe
(voy. CROISÉ 1 , n" 4). || 2° En termes de blason, un croisé se dit du globe impérial et des bannières qui portent une croix. || 3° S. m. plur. Bâtons qui soutiennent la corde sur laquelle on danse.
CROISÉE (kroi-zée), s. f. \\ 1° Fenêtre en croix comme on en voit dans les vieux châteaux, oil l'espace total était divisé en quatre par une croix de pierre || Aujourd'hui châssis vitré, ordinairement à battant, qui clôt une fenêtre. Fermer, ouvrir la croisée. Il 2° Par extension, ouverture pratiquée dans le mur d'un édifice pour donner du jour à l'intérieur, et que clôt le châssis. || Demi-croisée, petite fenêtre qui n'a que la moitié de la largeur d'une croisée, bien qu'elle en ait toute la hauteur. Il 3° Endroit où se croisent les chemins. X la première croisée de chemins qu'elle rencontra, la font. Psyché, II, p. (46. Je délibérais aux croisées des chemins, J. j. rouss. Conf. iv. || 4° Petits bâtons croisés au haut de la ruche par drdans, autour desquels les abeilles font leur cire, jj Sorte de triangle, fixé à la lanterne d'un moulin, et communiquant un fort mouvement d'oscillation au babillard. || Les quatre branches insérées dans l'axe d'un dévidoir. Il 5° Terme de tisserand. Entrelacement de fils bien serrés ensemble. || Terme d'horloger. Rayons qui
CRO
maintiennent le centre d'une roue. || Terme de ma riiie. Partie de l'ancre qui forme la croix sur la verge. Il La grande envergure des voiles vue en mer; la longueur de leurs vergues en rade. || Terme d'imprimerie. Pièces de bois qui, se croisant, sont attachées aux tourillons d'en haut d'une presse. |1 Outil du couverlurier et du potier d'étain.
— lllST. XIV' s. Avoir emploiez nos carreaulx et grez es terres d'aucuns seigneurs hors de la croisio [voirie] de Paris, du cange, croiseia. Jehannot fu feruz d'un espié ou de la croisie d'icellui espié, ID. ib. Il XV' s. Entr'autres en y a une [épée] qui a cinq croix en la croisée, Bibl. des Chartes, 4' série, t. v, p. 303. Lances leur furent baillées, et là de première course refirent point d'atteinte; à la seconde firent une rude croisée, cl. de la marche, Ifc'm. liv. i, p. 322, dans LACURNE. X la neufiesme et dernière course d'icelles armes, le chevalier atteindit sur le bord de la croisée de l'armet de l'escuyer, et fut l'atteinte si grande que la coiffe fut enfoncée jusque» à la teste, id. ib. Il trouva une espée qui avoit un pied et demy de long, tant richement esloffée qu'il la faisoit bon veoir, et sur la croisée avoit un brevet qui disoit.... Perceforest, t iv, f° 37. Icelui duo le fit pendre sur son chemin, avec deux autres qui estoient du party de ceux de la ville de Gand, à la croisée d'un moulin à vent, M. de coucï, Hist. de Charles VII, p. 654, dans lacurne. || xvi's. Un autre aleman luy rua une halebarde sur la teste de telle force, que jusques à la croisée de l'eschine le fouldroya, J. d'auton, Ann. de Louis XII, p. 188 dans LACURNE. S'estant doncques mis à l'une des croysées de la fenestre, et les dits sieurs en l'autre, CARL. II, <t. Il y aura une grande hallée, qui croisera ledit jardin, et aux quatre bouts de ladite croisée, il y aura un amphithéâtre, palissy, 58.
— ÉTYM. Croisé ^, à cause de la disposition des montants et des traverses; Berry.querots^e; wallon, creûlielade.
j CROISELLE (kroi-zè-l'), s. f. Espèce de papier.
CROISE.MENT (kroi-ze- man ), s. m. || 1° Actiou par laquelle deux choses se croisent. Le croisement de deux chemins. || Terme d'escrime. Le croisement du fer, action de se mettre en garde contre son adversaire. Il 2° Terme de chemin de fer. Passage, par une voie diagonale, des wagons d'une voie sur une autre. Il 3° Action d'accoupler des animaux de même genre, mais de races différentes. Cette race de moutons a été fort améliorée par son croisement avec le mérinos.
— lllST. XVI' s. Une torse de corps, un croisement de cuisses l'une sur l'autre mal-honeste, amyot, Com. il faut ouir, 21.
— ÉTYM. Croiser.
CROISER (kroi-zé), v. a. || l' Disposer deux choses
en croix. Croiser les jambes. {| Se croiser les bras, mettre ses bras en croix sur sa poitrine ; et fig. demeurer dans l'inaction. Mon maître en sort, croise les bras, me regarde et me dit : courage ! j. j. rouss. Conf. I. Il Croiser son habit, son cliâle, rapprocher les devants d'un habit, d'un châle, de manière à s'envelopper entièrement. || Ternie d'e.-^crime. Croiser le fer, engager les épées et aussi se battre à l'épée. Le fer croise le fer, les coups suivent les coups, delille, Enéide, xi. || Croiser la baïonnette, en pré.seuter la pointe en avant; mouvement ainsi dit parce que le fusil est mis à peu près en croix avec le corps. || 2° Terme de tisserand. Croiser les soies, les tordre par le moyen d'un métier à tirer les soies. || Croiser une étoffe. Faire passer des fils de la trame d'une éiolTe dans une double trame. || Terme de vannier. Mettre les osiers les uns sur les autres en les travaillant. || S" Terme de versification. Croiser les rimes, croiser les vers, écrire une pièce de vers en rimes croisées. M. de Voltaire a croisé les vers de la tragédie de Tancrède, et au moins cette singularité n'a-t-elle pas nui au succès de la pièce, l'une des plus intéressantes du plus pathétique de nos poètes, mabmont. htem. de lilt. Œuvres, t. V. p. H 9, dans pougens. || 4° Terme de manège. Croiser la gaule en arrière, frapper le cheval sur l^roupe. || 5° Couper, traverser, en parlant d'une route, d'une ligne. Celte roule croise celle qui va de Paris à Lyon. Je le vis devant moi qui croisait le chemin. L'éclair croise l'éclair; l'air mufjit, le ciel gronde. Ducia, Oscar, m, l. C'est un gouffre obscurci de sapins centenaires Où les torrents et les tonnerres Croisent des éclairs et des (lots, v. HUGO, Odrs. m, 6. Il ferme de chasse. Croiser les chiens, traverser la voie de l'animal qu'ils poursuivent. Il Terme de gravure. Croiser, couper uns suite de tailles par d'autres tailles. || On dit qu'un» lettre, qu'un courrier en croise un autre, quand
CRO
deux lettres, deux courriers, partis de pointsopposés, passent l'un à côié de l'autre en suivant une direction inverse. Cette lettre a croisé peut-être celle où elle sert de réponse, sÉv. 2U4. || Fig. Croiser quelqu'un, le traverser dans ses desseins. De quelle manière les choses viennent croiser notre clieniiii, SÉV. (41. 11 faut ajouter ici une autre bagatelle, parce que j'ai cru lui devoir des suites qui ont fort croisé ma vie, st-sim. )08, (S9. Mes amis, relisez Ricliard.son, vous ne déprimerez plus de grands talents qui vous croisent ou qui vous humilient, dider. Élo()e de Richardsnn. Résolu de décrier un art qui croisait son autorité, id. Pens. phil. 47. || 6° Biffer, effacer en raturant. Il a croisé trois ou quatre articles démon compte. || 7°Accoupler des animaux de même genre, mais d'espèces différentes. Croiser des moutons français avec des mérinos. Peut-être même ne perdent-ils pas à ce mélange, s'il est vrai que les hommes gagnent, comme les animaux, à croiser leurs races, raynal, Hist. phil. vm, 7. || 8° V. n. Passer l'un sur l'autre, en parlant des pans d'un vêtement. Cet habit croise trop. {| Les branches de l'espalier croisent, quand elles passent les unes sur les autres et font une manière de croix. || 9" Terme de marine. 11 se dit des navires qui vont et viennent dans un même parage. Croiser à vue de terre. Croiser au large. Vos vais.seaux ont croisé jusqu'à l'Ile d'Ouessant, SÉV. 586. Il 10° Se croiser, v. réfl. Être ou se mettre en travers l'un sur l'autre. Les deux glaives se croisent. Le point où deux lignes, deux chemins se croisent. || 11° Aller dans une direction différente ou opposée. Nous nous croisâmes en route. Le fleuve était couvert de nacelles qui se croisaient dans tous les sens. Nos deux lettres se croisèrent. Nous nous aimions sans nous connaître; Nos baisers se croisaient dans l'air, bérang. Maudit print. Ils parcouraient tumultueusement la ville, cherchant les uns des vivres, d'autres des fourrages, quelques-uns des 'logements; on se croisait, on s'entre-choquait, et, l'affluence augmentant à chaque instant, ce fut bientôt comme un chaos, sêgur, Hist. de Nap. iv, 7. En même temps la file des voitures s'arrêtait incertaine, le trouble s'y mettait : les uns voulaient continuer, d'autres retourner; elles se croisèrent, se culbutèrent; ce fut bientôt un tumulte, un désordre complet, ID. ib. ix, 3. || Kig. Des intrigues qui se mêlent et se croisent. || Ils se croisent dans leurs prétentions , ils se font mutuellement obstacle. On voit dans le monde, des personnes publiques, des familles d'un grand nom, se croiser, se détruire, se regarder avec des yeux jaloux, mass. Car. Pard. des off. 11 faut que l'Etat soit neutre en sa douane et son commerce, et qu'il fasse en sorte que ces deux choses ne se croisent point, montesq. Esp. XX, 13. Il 12° S'engager dans une croisade. L'avanie détermina les Vénitiens à se croiser contre les Turcs, montesq. Rom. 23. || Par extension, entrer dans une expédition commune faite par une coalition; cela ne se dit guère que d'expéditions faites au nom de principes religieux ou monarchiques. Les rois se croisèrent contre la Révolution française. Il 13° S'accoupler par croisement. Le loup peut se croiser avec le chien. || 14° Se croiser, su dit d'un cheval dont les deux bipèdes latéraux ne suivent pas la même ligne dans la marche en avant, et dont les hanches vacillent de côté et d'autre. Il 15° Terme de tailleur. Se croiser sur l'établi, s'y ass,eoir pour travailler et se mettre les jambes l'une sur l'autre.
— HIST. XI' s. Cruisiedes [il] a ses blanches mains les bêles, Ch. de Roi. cLXiv. ||xu's. [Il] croisa la main, s'est un peu aciinez, Ronc. p. 53. Ne remainrai avecques ces tirans Qui sont croisé à loier Pour dimer ciers et bourjois et sergens; Plus en croisa envie qu'encreance [l'envie en détermina plus à se croiser, que la foi, la croyance], quesnes. Romancero, p. 97. Mais se volez la terre e le règne laissier Pur le servise Deu, e vus voilliez cruisier. Th. te mart. us. || xni" s. Tuit cil qui se croiseroient et feroient le servise Dieu un an en l'ost seroient quites de tous les pechiés, villeii. i. Il en orent tel duel [deuil] que chascuns se croisa, Berte, cviii. Chi vous lairons dou roi Richart qui est emprisonnés; si dirons dou comte de Ulois qui monta sour mer à Marselle, voile croisiet, Cfir. de Rains, p. 40. Et \\ me dit ainsi : Sire, vous verres que le roy se croisera demnin, joinv. 299. Après ce que il fu croisié, se croisierent Robert le conte d'Artois, Auphons [Alphonse] conte de Poitiers, etc. m. 208. Il xv s. Et seoit le dit duc de Bourbon par usage le plus du jour au dehors de son pavillon, jambes croisées, froiss. m, iv, (6. Quand [les chevaliers envoyés en Bretagne par Richard] purent sentir
CRO
qu'ils eurent vent pour partir, ils croisèrent leurs nefs et entrèrent en leurs vaisseaux et desancrerent et partirent, id. ii, il, 59. Ces capita.nes firent en Bigorre plusieurs courses et envahies, etsecroisoient en courant et chi'vauchant le pays, id. ii, 111,0. Là s'arresia le chevalier sur les champs et dit : « Vezci Berne », et estoit sur un chemin croisé, et ne savoit lequel faire ou d'aller à Morlens ou à Pau, in. n, ui, il. Jà k'ur avoit on baillé nouvelles lances; et se cuiderent très bien atteindre, mais non firent; car les chevaux croisèrent, par quoy leurs coups n'eurent point de force; si passèrent outre, id. liv. IV, p. 44, dans lacurne. [Le connétable de Clisson] se couvroit contre les coups [de son assassin] et croisoit son badelaire [épéej en soy deffendant vaillamment, id. liv. IV, p. t42. Il xvi's. Parquoi adonc ensemble se serrèrent, Tindrent bonne ordre, et leurs picques croyserent, j. mahot, v, (37. Comme ilz vinilrent à s'entrecharger, les espées croisans glissèrent jusques sur leurs mains, amyot, Pomp. 27. Quand je me suis veu croisé par mes inférieurs, et par ceux mesmes, qui sous mon nom estoient entrez à son service, je me suis payé, en disant: Eux et moi avons bien servi, d'aub. Hist. préf. 6. Ces deux compagnies trouvent à une lieue St Jean Puigaillard qui leur croisoit le chemin, id. ib. 1, 335. Les chrestienspour expier leurs crimes se croisoient, et alloient faire la guerre contre les mescreans, Sat. Mén. p. 08. 11 fautque la nourrice soit de bonne habitude, et bien saine, bien quarrée de poitrine, et bien croisée d'espaules,PARÉ, xviii.23.
— ÉTYM. Wallon, creûheler; Berry, queroiser ; provenç. crosar; catal. crusar; espagn. et portug. cruzar; ital. crociare; du latin crux, croix.
t CKOISERIE (kroi-se-rie), s. f. Ouvrage de brins d'osier croisés les uns sur les autres.
— ÉTYM. Croiser.
t CROISETÉ, ÉE (kroi-ze-té, tée), adj. Terme de blason. Croix croisetée, croix garnie d'une croisette.
— ÉTYM. Croisette.
t CROISETTE (kroi-zè-f), s. f. || 1° Terme de blason. Petite croix. {| 2° Terme de marine. Barre de perroquet. |j Cheville qui joint le bâton du pavillon avec le mât qui est au-dessus. || 3° Terme d'escrime. Fleuret de maître d'armes. || 4° Terme de botanique. Plante des champs (gaillet crucié) , dite aussi croix de St- André [gentiatw, cruciata, L. ). |{ 5° Terme de minéralogie. Un des noms de la staurotide ou pierre de croix.
— HIST. xv s. Et sur le chevron messire Robert portoit une petite croisette d'or, froiss. i, 1, <34. Que ma borce est mal garnie ! Aler ne puis en compaignie; Y n'i a miton ni croisete [petite monnaie] .... Le jeu des trois rois. || xvi* s. Ils estoient tous couverts de tapis parsemez de croisetles de Lorraine, noires et rouges, Sat. Xén. p. 26. Grèves faites d'argent et jointes à clous d'or; D'or les boucles estoient, où sourdoient eslevées Mille croisettes d'or au burin engravées, bons. 932.
— ÊTYM. Diminutif de craix; provenç. crozeta. t CROISETTE (kroi-zè-té) , adj. Voy. croiseté. CROISEUR (kroi-zeur), s. m. || 1° Terme de
marine. Vaisseau de guerre qui est en croisière. || Adjectivement. Un bâtiment croiseur. Malgré la vigilance de dix bâtiments croiseurs avec quatre-vingtsix canons, raynal, Hist. phil. vu, (4. || Capitaine d'un vaisseau croiseur. || 2° Hirondelle de mer. Il 3° Dans les mines, filon qui en coupe uu autre.
— P.TYM. Croiser.
t CROISIER (kroi-zié), s. m. Nom d'un ordre religieux, congrégation de chanoines réguliers.
CROISIÈRE (kroi-ziê-r') , s. f. || 1° Terme de marine. Action de croiser. Tenir la croisière. La croisière a duré trois mois. Après trente et un jours île croisière sans rien trouver, je joignis, le 18 juin, une flotte hollandaise que j'attendais depuis quinze jours. Rapport de }. bart, t696, dans jal. || 2° Parages où l'on croise. La Manche est une mauvaise croisière. Les croisières n'y sont pas faciles, ray- .NAL, Hist. phil. xiii, 46. Il 3° Vaisseaux qui croisent. Une forte, une nombreuse croisière. || 4° Rencontre de deux chemins de fer qui se croisent de niveau.
— HIST. xv s. Adonc les prélats en leurs prelalations et seigneuries commencèrent à prescher ce voyage par manière de croisière [croisade], froiss. Il, n, 207.
— ÉTYM. Croiser.
t CROISILLE (kroi-zi-U', Il mouillées), s. f. Pièce du rouet des fileurs de corde, qui porte les molettes.
— ÉTYM. Croiser.
CROISILLO' (kroi-zi-llon, H mouillées, et non
CRO
kroi-zi-yon), t. m. \\ 1° La traverse d'une croix. La croix de Lorraine avait deux croisillons. f| i° Ce qui sépare une croisée de fenêtre en deux. Croisée à deux croisillons. || Petites tiges de bois ou de plomb qui remplissent le châssis d'ur.e croisée. || 8* Morceaux •le charpente qui se croisent perpendiculairement Il 4° S. m. plur. Branches de fer qui, se croisant (lans le cœur d'un arbre tournant, l'empêchent de se fendre.
— IlisT. XIV' S. Une autre crois à double croisellon, où il a du fust de la vraie crois, Bihl. des Chartes, *' série, t. v, p. 470. || xvi' s. Ils portent leur pétard à la grille d'un canal qui eniroil dan» la ville, appliquent ce pétard, le font jouer, et en emportent un croison, d'aub. Hist. m, 246.
— ÉTYM. Croix.
t CROISOIRE (kroi-zoi-r'), t. f. Instrument pour rayer le dessus du biscuit de mer.
— ÉTYM. Croiser.
CROISSANCE (kroi san-s') , t. ^ || 1* Développement pr igressif des corps vivants, particulièrement en hauteur. Prendre sa croissance. L'âge de croissance. Avoir toute sa croissance. || 2* On donne ce nom à certaines rocailles, ou à des herbes de mer congelées , dont on fait l'ornement des grottes. CeUes qu'on appelle croissances des Indes sont en forme de crête de coq.
— HIST. xrv' s. Les metalx n'ont for» que l'e»- .sence; Les herbes ont estre et croissance, Nat. à l'akh. err. 70. || xv* s. La lune estoit à neuf jours de croissance, e. deschamps, Saiss. de Charles YI. Il XVI' s. Ce que fait aussi ledit Egypiiac appliqué seul sur la croissance de la chair mauvaise, pabè, IX, 6. Créons, ordonnons et establissonsdeui foires de croissance [de plus] au dit lieu de Montargis, outre celle qui a accuustumé seoir, tbauhassiere, Coul. de Berry, p. 406, dans lacL'RNE.
— ÉTYM. Provenç. creissensa ; catal. crezensa; anc. espagn. crecencia ; ital. cr'scenza; du latin crescenlia, de crescetis (voy. croissant i).
1. CROISSANT, ANTE (kroi-san, san-t'), adj. Qui croît. Fureur croissante. Une population croissante. Un bruit croissant. Je priais; par degrés d'affreux pressentiments D'une terreur croissante ont pénétré mes sens, delav. Vêpres sicil. m, t. Que Dieu bénisse votre famille croissante et donne à ma patrie, dans vos enfants, des citoyens qui vous ressemblent, j. j. Rouss. Lett. à à. i/ouJiou, Corresp. t. V, p. <52, dans pougens. Je sentis à mon trouble croissant que j'allais me perdre, et je m'arrêtai, ID. Hét. I, 1. Il Terme de marine. Échelle de latitude croissante, échelle au mayen de laquelle on mesuré les dislances parallèles à l'équateur, sur le* cartes dont tous les méridiens sont parallèles entre eux.
2. CROISSANT (kroi-san), s. m. || 1° Temps pendant lequel la lune croit, c'est-à-dire a une augmentation apparente, et, par une extension naturelle, temps depuis la lune nouvelle jusqu'à la pleine lune. Au dixième croissant de la lune nouvelle, On peut du fier taureau dompter le front rebelle, de- LiLLE, Géorg. i. |l Par restriction à la forme, on nomme croissant la figure échancrée delà lune plus petite que le demi-cercle. Le croi.ss;mt se dit de la nouvelle lune jusqu'au premier quartier; ii se dit aussi de la figure échancrée depuis le dernier quartier jusqu'à la nouvelle lune. La lune est dans son croissant. Le croissant de la lune, constamment dirigé vers le soleil, indique évidemment qu'elle en emprunte sa lumière, la place. Expos, i, ï. || Fig. et par plaisanterie, être logé au croissant, être de la confrérie dos maris trompés par leurs femmes. Son ascendant Toujours l'entraîne à loger au croissant, Théatr. ital. Baguette de Vulcnin, <iins is.noix . Dtet. comique. || Croissant solaire, forme en croissant que présente le soleil à un certain moment d'une éclipse. Il 2°Terme de blason. Le croissant prend différents noms suivant sa situation : croissant renversé, croissant couché, croissant montant, croissants adossés. Il 3" Les armes de l'empire turc. Mahomet 11 arbora le croissant sur les murs de Constantinople. || La Turquie. Faire trembler Memphis ou pâlir le croissant, BOiL. Sat. IX. Le sort longiemps barbare Me fit quitter bientôt l'empire du croissant, volt. Zaïre, il, *. Contre le croissant déplo>ant leur b^innière , lo. raiicr. 111, ♦. Il 4* Ce qui a la forme du croissant de la lune. Cela est en forme de crois.sant. || Nom d'ouvrages nouveaux dans les places de guerre (au temps de Louis XIV). Ces ouvrages inconnus jusquei ici dans notre fortification se nomment des flèches à cause de leur figure, et sont, à l'égard de ces angles saillants, ce qu'est une contre-garde k l'égard d'un bastion; il y a aussi, entre les deux, d'autres petits
CRO
ouvrages qu'ils nomment croissants; et tout cela palissade, quoique de terre simplenjent, se défend assez bien l'un l'autre , quand on a beaucoup de monde et beaucoup de feu, pellisson, Lctt. hist. t. III, p. 320. Il 5° Un instrument de fer en arc, emmanché dans un long bâton, qui sert à tondre les charmilles et autres palissades. || 6° Petites branches de fer poli, faites en forme d« croissant, qu'on scelle au dedans des jambes des cheminées pour tenir la pelle et les pincettes. || Branches de fer ou de cuivre pour soutenir les portières, ou les rideaux d'une fenêtre. || 7° Terme de serrurier. Evidement dans la platine d'une targette, d'un loqueteau, d'un verrou à ressort. H Terme de luthier. Enfoncement fait en forme de demi-cercle aux côtés des violons, des violes et basses violes. 1| 8" Terme de marine. Portion de cercle décrite par le bout de la barre du gouvernail. Il Massifs de bois dur, qui, placés sur l'avant des affûts, d'une flasque à l'autre, facilitent le pointage des canons. || 9° Terme de vétérinaire. Éminence semi-lunaire existant à la surface de la sole du cheval et formée par une déviation de l'os du pied, dans la fourbure chronique. || 10° Ordre du Croissant, ordre de chevalerie institué au quinzième siècle par René d'Anjou, dit le bon roi de Sicile, et composé de trente-six chevaliers, qui avaient un croissant d'or pour marque, avec le mot Loz pour devise. || 11° Papier qui offre trois croissants dans le filigrane. || 12° Petit pain ou petit gâteau qui a la forme d'un croissant.
— HIST. xiii' s. Il fist la lune en ses tens, en croissant et en décors. Psautier, f°-l24. Soleil et lune et ans et jors. Et les croisans et les décors, Partonop. v. 855. Nus chapuisieres ne puet mètre croissant de fust en harçon ne en haume, en quelque lieu que ce soit, Liv. des met. 2)6.
— ÊTYM. Croissant t , à cause que la lune est en croissance (au moins dans une de ses phases) quand elle a la forme d'un croissant; angl. crescent.
t CROISSEMENT (kroi-se-man) , s. m. Action de croître.
— HIST. XII* s. Li parreins fu ocis e gist en Orient; Car sainte iglise esteit idunc en creissement. Th. le mart. t57. Maintes foiz, si com nos avons là desor dit, est nostre oevre occaisons de dampnation, et si quidons ke ele soit creissemenz de vertut, Job, ♦69. Il xvi* s. Ces dents se peuvent régénérer et ont croissement continuel jusques à la mort, paré, iv, a. Les croissements des vignes et la couppure des sarmens, laur. du premier faict, Trad. de la vieillesse de Cicéron, f° 35, dans raynouard. En tous taux et fermes de censés et métairies faits à outrée ou enchère publique, il y a régulièrement tiercement, moitiement et croissement qui doivent estre faits dedans quarante jours, à prendre du jour de l'outrée première et principale, Coiist. génér.
tu, p. 1068.
— ETYM. Croître; provenç. creisshement, creycement; anc. catal. crexement; espagn. crecimiento; ital. crescimento.
CUOISURE (kroi-zu-r'), s. f. La tissure de la serge qui se fait en croix, par opposition à celle du drap qui se dit filure. || Terme de marine. Croix que les vergues font avec les mûts. || Croisure d'un cordage, l'endroit où les doubles se rencontrent. || Action de croiser les rimes de vers, d'entre-croiser de différentes mesures. La diversité de la mesure et de la croisure des vers que j'y ai mêlés, corn. Rodog. examen, jj Terme de blason. Centre d'un écu divisé en quatre quartiers. || Opération par laquelle, les cocons étant transformés en soie grége, on croise deux brins à la sortie des filières. || La levée la plus large dans un marais salant.
— HIST. xv s. Estoit gent en corsage plus qu'autre; droict comme un jonc; fort d'eschine et de bras, et de bonne croisure, o. chastel. Éloge du hou duc Philippe.
— ÉTYJI. Croiser.
CROÎT (kroî; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'i se lie : lescroî-z appartiennent....), s. m. Il 1° Terme d'agriculture. Augmentation d'un troupeau par les naissances de chaque année. Le cheptel se donne à perte età croît. || 2° Terme de droit. Le croit des animaux. Le croît appartient au
propriétaire La plupart sont déjà Aussi grandes
que leurs mères; Le croît m'en appartient, la font. Fabl. IV, 42. Il Bail à croît, bail de bétail fait à charge d'en partager le produit. || Croît de cens, synunyme de surcens.
— HIST. xiii* s. Qui vos donra [donnera] de rentes crois, i'arlonop. v. 6309. Et se aucuns tient en fié franc, la garde de l'enfant et des choses sont ou pooir au plu» prés, et sunt tuit li croiz des fruiz et dou fié |
CRO
à celi qui l'a en garde, Liv. de just. 58. Mors fait laissier usure et crois, uelinand, Vers sur la mort, dans RAYNOUARO. Il XIV* s. Un agneau que le suppliant avait baillié en croiz et en chatel [cheptel] à Guiot, DU CA^GE, crescentia. Comme le suppliant eust pris à crois et en chastel deux buefs, ID. ib. \\ xvi* s. L'homme marche entier vers son croist et vers soii decroist, mont, m, 274. Ceux qui ont droit de mettre bestes chevalines et vaches avec leurs suittes, n'y mettront que le croist et suitte de l'année seulement, Coust. génér. t. ii, p. 8. Toutes manières de bestes se peuvent bailler à croist et chaptel, le dit chaptel estimé par le bail pour tel prix qu'il sera convenu entre les parties, ib. t. i, p. 888.
— ÉTYM. Croître; wallon, crux, le surplus d'une chose; Berry, croit, croissance (cet enfant a fait son croît), et le cret, le croît; provenç. creys.
CROÎTRE (krol-tr'; au xvii* siècle plusieurs prononçaient craltre; et en effet les poètes font rimer croître avec des sons en aître; La victoire aura droit de le faire renaître; Si ma haine est trop faible, elle la fera croître, corn. Sert, m, 4; Celui qu'ils craignaient fut le maître; Proposez- vous d'avoir le lion pour ami, Si vous voulez le laisser croître, la font. Fab. 11 , I ; Â de moindres objets tu peux le reconnaître; Contemple seulement l'arbre que je fais croître, LOUIS bac. Religion,!. Quel parti prendre? où suis-jeî Et qui dois-je être? Sur quel terrain puis-je espérer de croître? volt. Pauvre diable. Cette prononciation est tout à fait abandonnée par l'usage), je croîs, tu croîs, il croît, nous croissons, vous croissez, ils croissent; je croissais; je crûs, tu crûs, il crût, nous crûmes, vous crûtes, ils crûrent; je croîtrai; je croîtrais; croîs, croissons; que je croisse, que nous croissions; que je crusse; crû, crue; croissant, V. n. irrég. || 1' Acquérir une taille plus grande, se développer, en parlant des êtres animés. Cette pluie a fait croître les blés. Ils sont crûs de six grands doigts, VOIT. Lett. 42. Laissez-le croître, ce roi chéri du ciel; il saura tantôt se servir, tantôt se passer de ses plus fameux capitaines, boss. Louis de Bourbon. Ainsi l'on vit l'aimable Samuel Croître à l'ombre du tabernacle, rac. Athal. ii, 9. Le boisqui, dans le même terrain, croît le plus vite est le plus fort; celui qui a crû lentement est plus faible que l'autre, buffon, Exp. sur les végét. i"mcm. Toutes les parties d'un corps organisé ont à croître, et, tandis qu'elles croissent, elles continuent à s'acquitter des fonctions qui leur sont propres, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. v, p. 300. Ce jeune homme qui croissait pour changer la face de la botanique, condorcf.t, Linné. Ce retard donnait aux moissons nouvelles des Russes le temps de croître; elles nourriront sa cavalerie [de Napoléon]; son armée traînera moins de transports à sa suite, SÉgur, llist. de Nap. ii, 6. |j Ne faire que croître et embellir, se dit d'une jeune personne qui devient plus belle en devenant plus grande. || Fig. Des caresses qui ne faisaient que croître et embellir, hamilt. Gramm. \\. Une passion qui ne fait que croître et embellir, volt. Lett. à Calh. 63. || Ironiquement. L'approche de l'air de la cour a donné à son ridicule de nouveaux agréments, et sa sottise tous les jours ne fait que croître et embellir, mol. Comt. d'Escarb. t. Il II est crû comme un champignon, tout en une nuit, se dit d'un homme de néant qui a fait une grande fortune en peu de temps. || 2° Par extension. Croître en beauté, en sagesse, eu vertu,' acquérir progressivement plus de beauté, plus de sagesse, plusdevertu. || 3° Provenir, en parlant des végétaux. Il ne croît pas de blé en ce pays. La vigne ne croît pas dans les pays du nord. || Par extension, en parlant de choses inanimées. Cette pierre est crueen unegrande montagne, PASC. Proph. 25. || Fig. Il y croit [à Paris] des badauds autant et plus qu'ailleurs,coRN. Ment, i, ). Il 4° Devenir plus grand, en parlantdeschosesinanimées. Les pluies ont fait croître la rivière. La lune commence à croître. Le Dieu de Seine était dehors X regarder croître l'ouvrage, malh. ii, 3. Puisque le jugement nous croît parle dommage, bégnier, Épit. II. Ton nom ne peut plus croître, il ne lui manque rien, corn. Ilor. ii, 5. Ainsi l'ont autrefois versé [leur sang] Brute et Manlie; Mais leur gloire en a crû loin d'en être avilie, id. Poly. v, 4. Mais malgré ma bonté qui croît plus tu l'irrites, m. th. v, 2. 'Votre péril croîtrait, et je serais perdue, ID. Rodog. III, I. Malgré tous mes respects je vois de jour en jour Croître sa résistance autant que mon
amour, in. Perthar. ii, 3 Un si rare mérite
Semble croître de prix quand par force on le quitte, iD. Serlor. i, 3. Vos impostures croissent tous les jours, PAsc. Prov. 4 5. C'est ainsi que vous faites croître peu à peu vos opinions, id, ib, 4 3. La faveur
CRO
de Mme de Maintenon croît toujours, sév. 432. Les persécutions feront croître l'Eglise, boss. Jlist. ii, 7. Sa grandeur est crue selon la mesure de sa bassesse, ID. Asc. i. Cependant l'empire des Perses allait croissant, id. Hist. 1, 8. Que le trouble, toujours croissant de scène en scène, X son comble arrivé, se débrouille sans peine, boil. Art p. m. [CetamourJ Dont les feux avec nous ont crû dans le silence, RAC. Baj. Il, 5. Je sens croître ma joie et mon étonnement, id. Iphig. ii, 2. Je vois mes honneurs croître et tomber mon crédit, id. Brit. i, 4. Ah! laisse à ma fureur le temps de croître encore, id. Andr. ii, 4. Le trouble semble croître en son âme incertaine, id. Phèd. v, B. Votre douleur redouble et croît à chaque pas, id. Iphig. ii, 4. Plus la dépravation sembloit croître parmi les hommes.... MASS. Av. Noël. Il y a, dans la cour d'une mosquée, une colonne où l'on marque les degrés de l'accroissement du Nil, et, chaque jour, des crieurs publics annoncent dans tous les quartiers de la ville de combien il est crû, rollin, Uist. anc. Œuvres, t. I, p. 37, dans pouGENS. De sorte que le pouvoir va croissant et la sûreté diminuant, jusqu'au despote, sur la tête duquel est l'excès du pouvoir et du danger, montesq. Esp. viii, 5. La quantité de marchandises et denrées croit par une augmentation de commerce, id. ib. xxii, 8. Depuis les Perses nous voyons croître le luxe en Asie et, par conséquent, les dépenses; mais nous ne voyons pas croître les richesses prises pour la masse des denrées et des matières premières , condillac , Ilisl. anc. Lois, ch. 9. Comme si l'objet de l'intrigue n'était pas rempli quand l'intérêt croît d'acte en acte, marm. Rép. à La Harpe, Œuvres, t. xvii, p. 34, dans pougens. Et les maux de l'exil et de l'oppression Croissent au souvenir de sa chère Sion , delille, Pitié, iv. Il 5» Y. a. Augmenter, accroître. Qu'à des cœurs bien touchés tarder la jouissance C'est infailliblement leur croître le désir, malh. ii, 8. M'ordonner du repos, c'est croître mes malheurs, corn. Cid, u, 8. Regarde-le plutôt pour exciter ta haine. Pour croître ta colère et pour hâter ma peine, id. ib. m, 4. Mais la plus belle mort souille notre mémoire. Quand nous avons pu vivre et croître notre gloire, ID. Cinna, ii, 4 . Ma mort était ma gloire, et le destin m'en prive Pour croître mes malheurs et me voir ta captive, ID. Pomp. m, 4. Loin de me soulager, vous croissez mes tourments, id. Méde'e, v, 3. De ceux qui m'ont trahi croissez l'indigne nombre, id. Perthar. v , 3. Me plaindre à l'empereur serait croître ma peine, rotrou, Bélis. lu, 3. Peuvent-ils [les domestiques] croître leurs gages en se garnissant? PASC. Prov. 6. Je ne prends point plaisir à croître ma misère, rac. Baj. m, s. Que ce nouvel honneur va croître son audace, id. Esth. m, 3. Tu verras que les Dieux n'ont dicté cet oracle Que pour croître à la fois sa gloire et mon tourment, ID. Iphig. IV, 4. Faut-il payer si cher cette paix d'un moment Qui croîtrait à la fois ma honte et mon tourment? delille, Par. perdu, iv. Pourquoi chercher vous-même à croître vos ennuis? ducis, Othello, V, 2. Il Proverbe. Mauvaise herbe croît toujours, se dit par plaisanterie des enfants qui grandissent beaucoup. || A chemin battu il ne croît point d'herbe. Il On disait par plaisanterie à ceux qui se plaignent qu'une chose n'est pas assez grande: Faites-la éternuer et lui dites : Dieu vous croisse.
— REM. 1. Croître se conjugue avec l'auxiliaire arot'r quand il exprime l'action de croître : La rivière a crû d'un pied; cet enfant a crû de trots centimètres. Use conjugue avec l'auxiliaire être, quand il exprime l'état : La rivière est crue; cet enfant est crû de deux pouces. || 2. Croître a été employé activement; c'est du reste un archaïsme, mais qui est de très-bon usage dans la poésie et la prose élevée.
— SYN. croître, augmenter. Croître se dit des êtres animés dont la taille devient plus grande : Cet enfant croît rapidement; cet arbre a crû beaucoup dans l'année. Augmenter ne peut se dire des êtres animés: ni un enfant ni un arbre n'augmentent; augmenter implique une idée d'agrandissement en tous sens qui n'est pas dans croître. Mais quand il s'agit de choses au propre ou au figuré, croître et augmenter sont synonymes; sa générosité croît ou augmente tous les jours; l'incendie croît ou augmente; avec cette nuance cependant que croître porte à l'esprit l'idée d'un développement semblable à celui d'un être animé, et augmenter celle d'un agrandissement brut et en tout sens.
— HIST. xi's. Soleil n'i luist, ne blet n'i puet pa» creistre, Ch. de Roi. Lxxvi. || xii* s. En France crut si dolereus tourment, Ronc. p. 07. Dex! puis leur est si grant peine creUe, ib. p. C9. Par Guenelou me
CRO
CRO
CIIO
eroist peine moût grant, Itonc. p. 86. Car sor chascun [il] fist croistre unaubespin, ib. p. 155. Croistre [il] TOUS veut d'onor et de bernage, tb. p. <59 Belle nièce Aude, or vous eroist segnorie, tb. p. (60. Ja n'i croistra vos los ne vos honors, Couci, vu. Si [la reine Blanche] fait fermer [fortifier] chastiaus, pour mieus valoir; De tant sont jà par lui [elle] créa si hoir, hues delà ferté, Romancero, p. 183. Il XIII* s. Dame, ce distli rois, honor vous sstcreûe, Bfrie, Lxxx. En plorant s'en part Berte, cui Diex croisse bontés, ib. cxxxii. Et tout adiès croissoit li os [l'armée] de jor en jour, h. de valenc. <). Et bien saciez de voir que vous avez ailleurs deux tans de gens que vous n'avez chi , et se lestes en vôstre terre, et toujours vous croistront gent, Chr. de Rains, p. 76. Devant els [ils] virent un enfant; Genz ert et grant et ben crettz, Lai del désiré. Car les gens le conte croissoient. Qui plus et plus tous jours venoient, Bl. et Jeh. 4236. Toute autre manière de fruit crut en règne de France, aus, oignons, Liv. des met. 32. Quant li arbres furent creû, la Rose, B99. Et si estoit [un pin] si haut creûs. Qu'où vergiern'ot nul si bel arbre, tb. («as. Cil qui à lui ira de moi iert afiés; Si licroistrai sa rente de mil mars d'or pesés ; Si iert tote sa vie mes drus et mes privés, Ch. d'Ànt. V, 470. Tout soit-il ainsi que li vin ou li blé soient encore sor les liex où il crurent, BEÀUM. XLiv, 4). Et se le [la] mesure est plus grans qu'à Clermont, si comme ele est en aucunes viles, on doit croistre du pris, id. xxvii, (6. || xiv's. Donnons povoir de mander et assembler gens d'armes et de pié, de les croistre et amenuiser toutes et quantes fois que bon vous semblera, Ord. des rois, t. III, p. (60. Et les richesses de celui qui pescho [pèche] en prodigalité ne croissent pas moult, OHESME, Eth. (08. Il XV" s. Finalement leur défense ne valut néant, car gens d'armes frisques et nouveaux croissoient toudis sur eux, froiss. l, i, (08. Les saisons passèrent, et ce jeune duc de Guéries cresist en honneur, en force, en sens et en grand vouloir de faire armes, id. u, m, 94. Afin qu'on eulx dignité plus en cresse, ch. d'orl. Compl. de la France. Estez nourrist et eroist selon raison Vignes et blez et tous biens de nature, e. desch. Adieu jeunesse. Afin que chascun soit engrant [désireux] De croistre [enchérir], et que au plus offrant.... ID. Poésies mss. f" 407, dans lacurne. Pour lorsle cueur lui estoit creu, et ne se trouvoit point humble envers ledit duc comme autrefois, comm. II, 5. Il XVI* s. Ce qu'ilz ont fait, car par rapt, tromperie. Ont augmenté et creu leur seigneurie. Malle herbe eroist trop plus que l'on ne veut, j. marot, v, 69. U mesloitdans sa mangeaille des pierres pour en croistre la mesure, mont, ii, (76. En la grande place de Syracuse l'herbe estoit crue si haulte et si forte que les chevaux y paissoient, amyot, Timol. 32. Au moyen de quoy le cueur leur estant creu, ilz allèrent incontinent mettre le siège devant la ville d'Acerres, id. Marcel. 6. En une abbaye au dessous de Beaurevoir, où eroist la rivière de l'Escaut,
u. DU BELL. 43.
— ÉTYM. Berry, crêtre; wallon, crèhe, au participe, créhou, crû; namurois, crèche, au participe, créchu; rouchi, crécher; saintong. crétre ; provenc. crescer, creisser ; catal. crexer , espagn. crecer ; ital. crescerc; du latin crescere.
CROIX (krol; l'x se lie : une croî-z argentée), s. f. Il 1° Sorte de gibet où l'on attachait, dans l'antiquité, certains criminels. Le supplice de la croix. Il le fit attacher en croix au pied du rocher, vauoel. Q. C. liv. VII. Les haches et les croix sont lasses de trépas, ROTR. St Gen. n, 8. Un soldat qui gardait les croix vit de la lumière dans le monument, st- ÉVREMOND, Matrone d'Éphèse. Ils l'attachèrent à une croix qui était un supplice ordinaire chez les Carthaginois, et l'y firent périr, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. i, p. 330, dans pougens. La colère du roi n'étant pas encore assouvie, il fit voir un spectacle horrible aux yeux même des vainqueurs; ces deux mille hommes étant restés du massacre, après qu'on fut las de tuer, il les fit attacher en croix le long du rivage, ID. tb. t. vi, p. 289. X la croix, il [Jésus] regarde dans les prophéties ce qui lui restait à faire, il l'achève, et dit enfin : Tout est consommé, Boss. Hist. II, 6. Aussitôt qu'il [Jésus] fut à la croix, le voile qui couvrait le sanctuaire fut déchiré de haut en bas, et le ciel fut ouvert aux âmes saintes ; c'est au sortir de la croix et des horreurs de son supplice qu'il parut à ses apôtres, glorieux et vainqueur de la mort, afin qu'ils comprissent que c'est par la croix qu'il devait entrer en la gloire et qu'il ne montrait point d'autre voie à ses enfants, iD. tb. La croix est la vraie épreuve de la foi, le vrai
fondement de l'espérance, le parfait épurement de la charité, en un mot le chemin du ciel; Jésus-Christ est mort à la croix, il a porté sa croix toute sa vie; c'est à la croix qu'il veut qu'on le suive, et il met la vie éternelle à ce prix, id. tb. Et, d'une infâme croix souffrant l'ignominie, Doit la mort aux ingrats qui lui devront la vie, delille. Par. perdu, xii. Il 2* Le bois même où Jésus-Christ fut attaché. La vraie, la sainte croix. || Invention de la sainte croix. Exaltation de lasainte croix, nom de deux fêtes que l'Église romaine célèbre : la première le 3 mai , en mémoire de ce que sainte Hélène, mère de Constantin, trouva la vraie croix ; la seconde le ( 4 septembre, en mémoire de ce que Héraclius rapporta sur le Calvaire la vraie croix enlevée quatorze ans auparavant par Cosroès roi de Perse. || Fig. Mettre une injure, une disgrâce, son ressentiment au pied de la croix, se résigner, pardonner pour l'amour de Dieu. Il 3° Par extension, le chri.stianisme. Faire triompher la croix. L'étendard de la croix. La prédication du mystère de la croix est folie à ceux qui périssent et ne paraît un effet de la puissance de Dieu qu'à ceux qui se sauvent, c'est-à-dire à nous, BOSS. Hist. II, ((. Un ouvrage [le monde] dont il [l'homme] entendait la sagesse ne l'a point touché; un ouvrage lui est présenté où son raisonnement se perd, et où tout lui parait folie, c'est la croix de Jésus-Christ, id. ib. La conversion du monde ne devait être l'ouvrage ni des philosophes ni même des prophètes; il était réservé au Christ, et c'était le fruit de sa croix, id. tb. Constantin devenu la conquête de la croix, mass. Pet. car. Drap. Paris va révérer le martyr de la croix, volt. Zaïre, ii, 3. Quand la croix, si honteuse et si dure aux pervers, N'aurait pas subjugué le perfide univers, X sa morale seule on la croirait divine, bernis, Relig. vengée, x. ||4°Terme de dévotion. Affliction que Dieu envoie aux hommes pour les éprouver. Aussi le corps se plaint, le corps gémit sans cesse, Accablé sous les moindres croix, corn. Irait, i, 2(. La loi la plus propre à l'Évangile est celle de porter sa croix, boss. Uist. ii, 6. Jésus ne promet que des afflictions et des croix, id. Serm. Sept. Les croix que Dieu nous envoie, id. Souff. 2. Leurs croix leur sont insupportables, flEcii. Serm. i, 95. On a bien de la peine à se convaincre de la bonté avec laquelle Dieu accable de croix ceux qu'il aime, fén. xviii, 430. Les dégoûts du monde sont des croix forcées qui nous viennent sans nous consulter, mass. Car. Dégoûts. Porter les croix que sa bonté nous ménage, id. Av. Affl. Un lien mal assorti devient votre croix de tous les jours, id. tb. U faut trouver le secret de porter .sa croix, id. Car. Samar. Le monde nous fournit des croix et des afflictions, id. ib. Mot. de conv. Il Chacun a sa croix, chacun a ses peines, ses souffrances. || 5* Simulacre représentant la croix de Jésus-Christ. Elever, planter une croix. Porter une croix. Tandis qu'il assiégeait Maxence dans Rome, une croix lumineuse lui parut en l'air devant tout le monde avec une inscription qui lui promettait la victoire.... Le lendemain il gagna cette célèbre bataille qui défit Rome d'un tyran et l'Église d'un persécuteur; la croix fut étalée comme la défense du peuple romain et de tout l'empire, BOSS. Hist. i, ((. Jusqu'au jour, où des morts perçant la voûte sombre, Une voix, dans le ciel les appelant sept fois. Ensemble éveillera ceux qui dorment à l'ombre De l'éternelle croix, lamart. Méd. 22. Il fallut de longs efforts pour arracher à la tour du Grand-Yvan [au KremlinJ sa gigantesque croix; l'empereur voulait qu'à Paris le dôme des Invalides en fût orné, ségur, Hist. de JVap. viii, (0.|| Aller, marcher avec la croix et la bannière, se dit d'une solennité ecclésiastique, quand , en procession et avec la croix et la bannière de l'église, on va recevoir un grand dignitaire de l'église, un évêque, un cardinal, etc. || Fig. Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et la bannière, aller à sa rencontre, le recevoir avec beaucoup d'appareil. 1| U faut aller le chercher avec la croix et la bannière, se dit de celui avec lequel on est obligé de faire de grandes cérémonies. || Terme de jurisprudence des temps barbares et aussi du moyen âge. Jugement de la croix, jugement qui se faisait par la croix, sans qu'on sache exactement en quoi l'épreuve consistait; cependant les érudits pensent que celui qui subissaitce jugement était mis au pied d'une croix, les bras étendus en croix, et qu'il était condamné s'il ne pouvait garder cette position un temps déterminé ou aussi longtemps que son adversaire. Charlemagne ordonna que, s'il survenait quelque différend entre ses enfants, il fat terminé par le ju-
gement de la croix; Louis le Débonnaire borna ce ' jugement aux affaires ecclésiastiques, monteso. Esp xxvm, (8. Il Croix qu'on élevait autrefois aux lieux où était arrivé un accident, où s'était commis un assassinat. || Croix de Sairft-André ou croix de Bourgogne, croix en forme d'X. Il Dans la charpente, croix de Saint-André se dit de l'assemblage de poteaux ou de pièces de \x>h qui se coupent diagonalement et qui arc-boutent les pièces d'un pan de charpente. Il Croix de Sainl-André s'est dit de pièces de bois disposées en croixde Saint-André sur lesquelles le bourreau étendait le criminel qu'il allait rouer. || Croix de Saint-André se dit du pavage d'une place à laquelle aboutissent quatre rues, j] Dans la marine, croix de Saint-André se dit d'une forte sangle placée quelquefois en sautoir sur l'avant de la misaine pour la fortifier. Il Croix greciue, croix dont les quatre branches sont d'égale longueur. Croix latine, croix dont la branche inférieure est plus longue que les trois autres. Une église est bâtie en croix grecque, en croix latine, quand elle représente une croix grecque, une croix latine : le plan de l'église de Sainte-Geneviève à Paris est une croix grecque; celui de l'église Notre-Dame est une croix latine. Il 6* Petit ornement, en forme de croix. Cette croix dont cent fois mes soins vous ont parée. Peut-être entre vos mains est-elle demeurée Comme un gage sacré de la fidélité Que vous deviez au Dieu que vous avez quitté, volt. Zaïre, l,(. || Croix pectorale, croix d'or, d'argent ou de diamants que les archevêques, évêques, etc. portent suspendue au cou. Il Prendre la croix, s'enrôler dans une croisade contre les Mahomélans ou les hérétiques; locution qui vient de ce que les croisés portaient sur leurs vêtements la figure d'une croix. Tout le monde prit donc la croix et les armes, monteso. Rom. 23. Adémar de Monteil, évêque du Puy, demanda le premier à entrer dans la voie de Dieu et prit la croix des mains du pape; plusieurs évêques suivirent son exemple.... tous les fidèles promirent de respeclei les décisions du concile, et décorèrent leurs vêtements d'une croix rouge, de drap ou de soie; ils prirent dès lors le nom de croisés, michaud, Uitt. des crois, i, an (095. |1 Privilège de la croix, privilège qu'avaient les croisés de n'être pas poursuivis pour dettes, de ne pas payer d'intérêt des sommes à eux prêtées, de ne payer ni collectes ni tailles. || Filles de la Croix, filles vivant en communauté dont l'occupation était de tenir des écoles chrétiennes et d'instruire les personnes de leur sexe; l'institut est de (266. Il Chanoines de la Sainte Croix, chanoines réguliers fondés par Théodore de Celles en (21 (, qui suivaient la règle de saint Augustin, qui étaient vêtus de blanc avec un scapulaire noir et une croix blanche et rouge par-dessus et qui, en chantant l'office au chœur, portaient l'aumusse noire. || 7* Le signe de la croix, signe que les chrétiens font en portant la main au front, à la poitrine, puis à l'une et à l'autre épaule. || Fig. Quand je le vis entrer, je fis un grand signe de croix, j'éprouvai de la surprise, delà peur. || S" Croix de par Dieu, croix de par Jésus, alphabet où l'on apprenait à lire aux enfants, ainsi dit parce que le titre est orné d'une croix, qui se nommait croix de par Dieu, c'est-à-dire croix faite au nom de Dieu. C'est un homme qui sait la médecine à fond, comme je sais ma croix de par Di-iu, MOL. Pourc. 1, 7. Ce siècle-là [de Louis XIV] est en tout supérieur au vôtre depuis l'astronomie jusqu'à la croix de par Dieu, p. l. cour. Leit. u, 2io. Il Fig. Les commencements tout à fait élémentaires. l'rètend-il nous renvoyer à la croix de par DieuT Il En être encore à la croix de par Dieu, être obligé de recommencer une affaire, quelque procédure mal faite. || 9* Disposition en forme de croix. Les pétales des crucifères sont disposés en croix. Avoir, mettre les jambes en croix. Il met ses bras en croix, PASC. Prop/i. 28. || Baiser les [XJuces en croix, faire les vœux les plus ardents pour le succès d'une affaire. || La croix de l'épée, sorte de croix que formait la poignée des épées des chevaliers et que forme encore la poignée de l'épée quand on n'en con.sidère que la partie horizontale et la partie perpendiculaire. Il Mariage sur la croix de l'épée, sorte de promesse miliuire de mariage. Il entre avec un homme à lui dans ce couvent, trouve Mlle deVaubrun qui l'attendait, la prend, la met dans un carrosse, la mène chez M. de Gesvres, fait un mariage sur la croix de l'épée, couche avec elle, et, ce matin, dès la pointe du jour, ils ont disparu tous deux, et on ne les a pas encore trouvés, siv. t ix- Lett. 87(,p. 3, dans pougens. || Terme de botanique. Croix de Calatrava ou de Saint-Jacques, espèce d'amaryllis. || Croix de chevalier de Jérusalem ou de
CRO
Malte, ou, simplement, crofx de Jérusnlem, plante d'ornement. || Croix de Saint-André, croisette velue. Il Croix de Lorraine, espèce de cactus. || 10° Marque formfe de deux traits croisés. Faire une croix au bas d'un acte quand on ne sait pas signer. Marquer quelque chose d'une croix. || Kig. II faut faire la croix, faire une croix à la cheminée, se dit quand quelqu'un fait quelque chose de singulier, qui ne lui est pas habituel, quand il commet une grosse sottise. Quand nous serons h dix, nous ferons une croix , MOL. l'Étour. i, tl.\\ Faire une croix, se dit surtout quand on voit une personne entrer dans une maison où elle n'était pas venue depuis longtemps. Il Terme de musique. Signe qui marquait un trille. La croix ne s'emploie plus que dans la basse chiffrée pourindiquer les intervalles augmentés, etc. Il 11° Décoration de divers ordres de chevalerie. La croix de Malte, du Saint-Esprit, de Saint Louis, delà Légion d'honneur. Souvent ce lâche effronté Porte l'habit militaire Avec la croix au côté.BÉRANO. Judas. Mon fils le baron. Quoiqu'un peu poltron. Veut avoir
des croix; Il en aura trois, ID. Carabas Ailleurs
de vieux guerriers. Échangeant pour du pain, en les baignant de larmes, Ces croix prix de leur sang et l'honneur de leurs armes, nELiLLE, Homme des champs, iv, Var. et add. \\ Absolument, la croix, celle de la Légion d'honneur. Il a eu la croix pour une action d'éclat. || S. m. Grand-croix, celui qui a le grade le plus élevé dans la plupart des ordres de chevalerie dont une croix est l'insigne. Le corps du grand maître d'Aubusson fut porté à l'église .Saint- Jean sur les épaules des principaux grand-croix, BOUHOiJRS, nist. d'Aubusson, liv. vi. Il [Renau] fut fait conseiller du conseil de marine et grandcroix de l'ordre de Suint-Louis, fonten. Renau. Il S. f. Grand'croix, la décoration même que portent les grand-croix. On assure qu'il va recevoir la grand' croix de la Légion d'honneur. || 12° Le côté d'une pièce de monnaie opposé à la face et marqué autrefois d'une croix. Croix ou pile. Sans croix ne pile et n'ayant rien en somme Qu'un vieil habit.... la ronT. ilazct. || Croix ou pile, croix et pile, croix-pile, sorte de jeu de hasard où l'un des joueurs jette une pièce de monnaie en l'air, l'autre nommant le côlé qu'il veut de la pièce et gagnant si la pièce tombée présente ce côté. iEneas, en tout fort habile. Voulut qu'on jouSt à croix-pile, scarbon. Virg. trav. v. Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est, pasc. Moyens, t. Il y a un cnaos infini qui nous sépare; il se joue un jeu à cette distance infinie où il arrivera croix ou pile; que gagnere/,vous? l'ar raison, vous ne pouvez affirmer ni l'un ni l'autre; par raison, vous ne pouvez nier aucun des deux, id. Pensées, part, ii, art. 3. Supposons que l'on projette en l'air une pièce large et trèsmince dont les deux grandes faces opposées que nous nommerons croix et pile soient parfaitement semblables; cherchons la probabilité d'amener croù: une fois au moins en deux coups, laplack. Essai philos, sur les probabililé.i,au commencement. 1| Je les jetterais à croix ou à pile, à croix el à pile, à croix-pile, .se dit de deux choses dont le choix est indifférent. || 13° Terme d'astronomie. Croix australe. Croix du Sud, nom d'une constellation de l'hémisphère austral. Il Grande Croix, le carré de l'égase. Il 14" Latte croisée que les maçons et couvreurs suspendent au bout d'une corde quand ils funt une réparation au haut de la maison. Là je trouve une croix de funeste présage ; Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, boil. Sat. vi. || Croix géométrique ou bMon de Jacob, instrumentcomposéd'un longbâton et d'un autre plus court mis en croix, dont les pilotes se servaient pour prendre les hauteurs. j| Terme de vénerie. Croix de cerf, petit cartilage en forme de croix, quise trouvedanslecœurducerf. || Morceau de bois portant les têtes dechardon à carder. || 15° Croix de mer, l'huître appelée manteau. || Pierre de croix, nom d'une sorte de pierre. M. Bucquet.a donné à l'Académie un mémoire sur la pierre à qui sa configuration singulière a fait donner le nom de pierre de croix, coNiioncET, Bucquel. \\ 16° Terme de manège. Faire la croix à courbettes ou à ballottades, faire exécuter à un cheval des sauts, tels qu'ils simulent la figure d'une croix. || 17° Terme de blason. La réunion du pal et de la fasce. La croix est une des douze pièces honorables de l'ècu. || Croix à degrés, ce'le dont le pied est posé sur une sorte d'escalier. || Croix de Toulouse, croix vidée, tréllée et pommelée d'or, qui se met sur les armoiries qu'on prétend être descendues du ciel. || Croix de Lorraine, croix qui a deux traverses ou croisillons. || 18° Terme de marine. Forme que prennent les deux cibles
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d'un bâtiment afTourché, lorsqu'on évitant il passe par-dessous le câble qui ne travaille pas. || Être en croix, se dit des vergues brassées perpendiculairement à leurs mâts.
— SYN. CROIX, afflictions. Croix est du langage de la dévotion et exprime les peines que Dieu envoie aux hommes pour les éprouver. Afflictions n'implique rien de pareil; c'est le terme général qui indique les souffrances morales , sans se rapporter ni à une religion particulière ni à une dispensation de la Providence.
— HIST. XI* s. [La lance] Dont nostre sire fut en la cruiz navret, Ch. de Roi. clxxix.
— xii' s. Monnayers [nous] ferons querre, lues que [dès que] pourrons ainçois; D'acier leur ferons faire angevins et mansois [monnaie.s] ; Du quint de nostre terre aurons piles et crois, Sax. xxxiii.
— XIII" s. Et par la grâce de Dieu si ailvint que li quens Thiebaus de Champaigne et de Brie prist la crois, villeii. ii. Sachiez que la renommée de cil .saint homme alla tant qu'ele vint à l'apostoille de Rome, Innocent, et l'apostoille envoya en France et manda al prodome que il empreschast des croiz [croisades] par s'autorité, ID. i. L'espieu jusqu'à la croi [il] lui fait au corps couler, Bi-rte, m. Dame Dieu, qui en croi fu pour nous estendus, ib. xxiv. En croi sur l'herbe drue doucement [elle] se couchoit, ib. xxViii. Piteusement [elle] fait croi de ses bras sur son pis , ib. XXX. Ens en la sainte crois pour ton peuple sauver, ib. XLiii. Li trabities a pris à dire, Rist et fist crois en mi sa chiere [visage]. Lai d'tgnaur. Coustume est en moult de liex qu'on fet crois de pierre ou de fust es quarrefors des quemins ou en autres liex, BEAi'M. XXV, 24. Et lors frère Remon ala dire au roy, qui estoit en croiz sur le pont de la nef, tout deschaus, en pure cote.... joiNV. 283. Et ont renoncié au privilège de croix prise ou à prendre, du cange, crux. Alors fu une croiserie [croisade] Dont on portoit la crois partie; Les crois furent, si come semble. De blanc et de vermeil ensemble, id. ib. Et lors fist l'en un croisement. Dont on portoitia croix devant, id. ib.
— xiv's. [Que] Jehan, la vigile de l'ascension nostre Seigneur y portast un confanon ou baniere de l'église de Landricourt aux processions et crois, en la compaignie du curé et des gens d'icelle ville, DU CANGE, crux. Le quel Jehan lui respondi qu'il renioit Dieu et la croix de Beleen, s'il mouroit jà par autres mains que par les siennes, id. ib. La première letanie en trois manières est appelée, au premier letanie gregnour; au secont est dite procession de sept fourmes, au tierz est dite croix noires, id. ib. Caria table estoit d'or; en croix aloit ployant Par charnières d'or fin qui bien furent séant, Guescl. 9095. Et dois savoir que si croix [barres faites en croix sur une écriture] y a.... bouteiller, Somme rural, p. 188, titre 30, dans lacurne. Le moulin à vent et tout ce qui se meut et tourne à celuy moulin, est meuble; et tout ce qui ne se tourne, c'est à sçavoir l'estache du moulin, l'estanfique et croix qui le porte, tout ce est héritage, id. ib. titre 74, p. 431.
— xv's. Si se refroida grandement de cette croix [croisade] emprise et prescbée, et contremandases officiers, FROiss. I, i, 63. Par despit [l'hôtelier] m'a dit : est-ce manière De délivrer trois chevaulx la sepmaine Sans croix avoir; vuidez, allez arrière; Vous n'arez plus de moy ne foing n'aveine, e. desch. Poésies m.is. f°208, lacurne. Là comptent hault, et ne leur chault du pris. Tant qu'il ne m'est demeuré croix ne pille, ib. [° 275. X la porte de mon logis et de ma chambre me firent plus de cent croix blanches et des rymes contenant que.... comm. m, 6. Il lui fit bailler cinquante mil lîorins à la croix sainct André, id, m, 6. Le toy eut nouvelles de l'empereur qu'il avoit fait rafreschir ceulx de la dicte ville de Nuz.... et partant mist le dit duc de Bourgogne [qui l'assiégeait] à sa croix de par Dieu [ le mit au même point qu'il était au commencement du siège], Chr. scandai, de Louis XI, p. 228, dans LACURNE. Quant à moi, je croy qu'on va plus à la court pour la croix d'or et d'argent [pièces de monnaie] que jiour l'amour de celle de cèdre el de cyprès où Dieu souffri mort, le Jouvencel, f25, dans LACURNF.. Se aucun damné [condamné] ou fuitif s'enfuit à leglise ou en cymitiere ou en lieu saint, ou si il s'aeit [s'attache] à une croix qui soit fichée en terre, la justice laye le doit laisser en paix par le privilège de l'église, si qu'elle ne mette la main à
luy, DU GANGE, CTUX.
— xvi' s. Le numbre de nos croix c'est à dire afflictions, ennuiz, fascheryes est selon le numbre de noz varletz, bab. Pant. v, I7. Qu'un chacun porte sa croix, CALV. Instit. B48. Toute sa vie n'a esté qu'une
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espèce de croix perpétuelle, in. t'fc. Mon frère, marquez-moi ceux qui ne sont pas bons, et y faites une croix, DHSPER. Contes, i. Parquoy Caîsar le feit mettre en croix, amvot, Anton. I04. Mettre un pied en croix par dessus l'autre [croiser les jambes], id. Que la vertu se peut apprendre, 4. Elle command;! aux bourreaux qu'ilz crucifiassent et attachassent son corps à trois croix, id. Artax. 2i. Ce muscle s'en va obli(|uement, croisant le premier en croix bour giiignonne, pabé, iv, (5. Chacune maison a sa croix et pas.sion, leroux de lincv, Prov. t. ii, p. 270.
— ÉTY.M. Wallon, creûs ; rouchi, cro ; Berry, queroix, queroué ; picard, cros; provenç. eroti ; espagn. cru!; ital. croce; du latin crux, crucem.
CROIX-PILE (kroi-pi-l'), t. f. Voy. croix.
t CIIOLER (kro-lé), v. n. Terme de fauconnerie, qui se dit des oiseaux de proie, pour fienter, se vider par le bas.
— ÉTYM. Sans doute crouler ou croler, qui s'est dit pour agiter, et qui ici exprime les mouvements de l'oiseau dans la défécation.
fCROMLEK (krom'-lèk), s. m. Pierres verticales, disposées symétriquement en cercle et qu'on attribue aux anciens Celtes.
— ÉTYM. Bas-breton, kroumlech', de kroumm, courbe, et lech' , pierre sacrée.
t CROMMYOMANCIE (kro-mmi-o-man-sie), s. f. Prétendue divination qui se pratiquait au moyen d'un oignon.
— Rtym. Kpôti|ji.viov, oignon, et le suffixe mande. CROMORNE (kro-mor-n'), s. m. Ensemble des
tuyaux qui entrent dans un des jeux de l'orgue. Il Sorte de trompette. Le cromorne fait la partie du cor anglais et se trouve à la quinte au-dessous du hautbois; il est à anche comme ce dernier, et, celuici étant à l'unisson de la trompette, le cromorne donne aussi la quinte au-dessous de la trompette, et non l'unisson de la trompette, comme le dit l'Académie, LEGOARANT.
— ÈTYM. Allem. Krummhorn, de krumm, courbe, et Horn, corne, cor (voy. cor et corne).
t CRON (kron), s. m. Terre sablonneuse où l'on voit beaucoup de débris de coquillages.
t I. CRÔNE ou CROSNE (krô-n'), î. f. Terme de pêche. Endroit garni d'herbage et de racines dans lesquels se retire le poisson.
t 2. CRONE (krô-n'), s. m. Terme de marine. Machine qui sert dans les ports pour charger et décharger les navires.
fCRONOGRAPUlE (kro-no-gra-fie), s. f. Description de la planète Saturne.
— ÉTYM. Kfôvoç, Saturne, et -ypiiçeiv, décrire.
t CRONOGRAPHIQUE (kro-no-gra-fi-k'), adj. Qui est relatif à la cronographie.
t CROQUAUE (kro-ka-d'), s. f. Terme de peinture. Composition faite à la hâte et comme on fait un croquis, qui, lui, est non pas une composition, mais l'esquisse rapide d'une composition.
— ÉTYM. Cro<iuis.
i. CROQUANT (kro-kan), s. m. || 1° Terme méprisant. Un homme de rien, sans consistance, sans valeur. Passe un certain croquant qui marchait les pieds nus; Ce croquant par hasard portait une arbalète, LA FONT, l'abl. 11, )2. Quoi I après la figure que nous avons faite, à la barbe des grands et des étrangers de l'armée, quitter la partie comme des sots, plier bagage comme des croquants au premier épuisement des finances, hamilt. Giamm. 2. Quoi I Dorante, cet homme à maintien débonnaire, Ce croquant qu'à l'instant je viens de voir sortir, beonard, le Joueur, iv, 9. Ces croquants-là vous disent plus de sottises dans une brochure de deux pages ifue la meilleure compagnie de Paris ne peut dire de choses agréables et instructives dans un souper de quatre heures, volt. L'homme aux 40 écus, un bori souper. Bien qu'après coup tous ces croquants Osent me traiter d'antiquaille, bérang. Prélint. || 2° S. m. plur. Paysans qui se révoltèrent en Guienne sous Henri IV. La révolte des croquants.
— HIST. xvi* s. La petite guerre des croquans, ainsi nommez, pour ce que la première bande qui prit les armes fut d'une paroisse nommée Croc de Limousin, d'aub. Uist. m, 382. Discourir sur un ordre nouveau, menacer de se faire croquan, et sur la monnoye de sa réputation mandier quelque pauvre ri'pas, id. Conf. i, 6. La déroute des croquans en Limousin au nombre de quinze miile, SULLY, ilém. t. m, p. (59, dans lacurne.
— ÉTYM. D'après d'Aubigné croquant vient du nom du village de Croc; d'après de Thou, de ce que les paysans révoltés criaient : aux croquants, c'està-dire à ceux qui croquaient, mangeaient les pauvres gens; ce qui, sans venir en confirmation do
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