CT^O
CRO
Oi:
cette dernière étymolopie, contredirait celle de d'Aubigné, c'est croquart qui se trouve dans Froissart, I, I, 326: Ce croquart clievauchoit une fois un jeune coursier.
2. CROQUANT, ANTE (kro-kan, kan-t') , adj. \\ 1* Oui crn(|ue. Biscuit croquant. H 2" S. f. Croquante, sorte de tourte croquante. {| S. f. plur. Gâteaux d'amandes séchées an four. |1 S. m. Nom des cartilapes dans la viande de boucherie.
— ETYM. Croquer.
CROQl'E. ÊK (Itro-ké, kée), pari. pas.ié.\\ !• Mangé.
Des poulets croqués par le renard. |1 2' Esquissé. Ce sont tous les plus violents sentiments qu'on pui.sse imaginer; mais ils sont croqués comme les grosses peintures; toutes les couleurs y sont; il n'y aurait qu'à les étaler, sÉv. 143. Il y a des chapitres importants qui ne sont que croqués, dideh. Re'flex. s. l'esprit. Oui voudrait te compter pour une créature? Tu n'en es qu'un essai croqué, lamottb. Fables, ni, 8.
t CROQUE -ABEILLES (kro-ka-bÎ!-ll', Il mouillées), s. f. Espèce de mésange. \\ Au plur. Des croque-abeilles.
— ËTYM Croquer, et abeille.
f CROQUE-LARDON (kro-ke-lar-don), s. m. Ëcor-
nifleur, parasite. || Au plur. Des croque-lardons.
— HIST. XVI' s. S'il n'y avoit que les enfants ou femme à la maison, lorsqu'il alloit en queste, il estoit si subtil et affecté croquelardon qu'il en avoit cuisse ou aile, Contes d'Eutrapel, dans le Dict. de
DOCHEZ.
— ÊTYM. Croquer, et lardon.
t CROQUEMBOUCHE (kro-kan-bou-ch') , s. m.
Terme de pAtissier. Toute sorte de pâtisserie croquante,et, particulièrement, certains petits bonbons glacés qu'on met comme ornement sur certaines pâtisseries. Des croquembouches bien faits.
— ÉTYM. Croquer, en, bouche.
t CROQUEMENT (kro-ke-man) , s. m. Action de
faire le bruit qui se produit quand on croque quelque chose.
— HlST. XVI' s. En maniant la partie fracturée, on sent une crépitation et attrition, ou croquement, c'est à dire un bruit qui vient du fragment des os,
PABÉ, XUI, 2.
— ÊTYM. Croquer.
}■ CROQUE - MITAINE ( kro-ke-mi-tè-n' ) , s. m. Monstre imaginaire, qui figure dans quelques contes de fées, et dont on fait peur aux petits enfants. Toi , ...Prends l'arme de ce héros; Puis, en vrai croquemitaine. Tu feras peur aux marmots, bérang. Mirmid. Il Avec le sens général d'épouvantail. C'est son croque-mitaine. \\Au plur. Des croque-mitaines.
— ETYM. Croquer, et mitaine. Mais que signifie mitaine ici ? Est-ce pour dire à l'enfant que le monstre croquera ses mitaines et ses doigts avec ? ou bien est-ce une altération du flamand metjien, petite fille, comme l'ont dit quelques-uns; étymologie satisfaisante pour le sens? Ce mot n'est pas dans les anciens dictionnaires.
CROQUE -MORT (kro-ke-mor), s. m. Nom donné par plaisanterie ou moquerie à celui qui transporte les morts au cimetière. || Au plur. Des croquemorts.
— ÊTYM. Croquer, et mort, parce que ces hommes vivent de leur emploi, ou plutôt parce qu'ils emportent les morts.
t CROQUE - MOUTONS (kroke-mou-ton), s. m. Nom donné, sous Henri IV, à une sorte de cavalerie légère.
— HIST. XVI' s. La cavalerie légère d'Henri IV pouvoit estre de cinq cents chevaux et cinq cents arquebusiers que l'on appelloit croque -moutons, Mém, d'angoulesme, p. 38, dans lacubne.
— ÉTYM. Croquer, et mouton; sobriquet venant sans doute des pilleries que faisaient les soldats.
t CROQUE-NOISETTE (kro-ke-noi-zè-f) ou CRO- QUE-NOIX (kro-ke-noî), s. m. Nom du muscardin, espèce de loir. || Au plur. Des croque-noisettes.
— ÉTYM. Croquer, et noisette.
CROQUE-NOTE (kro-ke-no-f) , j. m. Par dénigrement, musicien pauvre et pauvre musicien sans talent et sans ressources. || Par dénigrement aussi, musicien habile à croquer les notes, c'est-à-dire qui exécute assez bien, mais sans autre mérite. [Écoliers] qui dans mes mains ne devinrent pas de grands croque-notes, J. j. rouss. Conf. iv. Comme je ne fus jamais un grand croque-note, ID. ib. viii. \\Au plur Des croque-note ou croque-notes.
— ETYM. Croquer, et note.
CROQUER (kro-ké). || !• Y. n. Faire un bruit sec," en parlant des choses que l'on broie en mâchant. I^s macarons croquent sous la dent. || 2° V. a. Man-
ger des choses croquantes. Croquer des pralines. Il 3° Par extension, dévorer. Le monarque des dieux leur envoie une grue Oui l^s cro(|ue, qui les tue, Oui les gobe à son plaisir, la font, l'abl. m, 4. Croquons les; le galant ne fit pas à demi, ID. i5. v, t8. ....Vous leur fîtes, seigneur, En les croquant, beaucoup d'honneur, m. ib. vu, ). Aussitôt qu'à portée il vit les contestants, Grippeminaud, le bon apôtre, Jetant des deux côtés la griffe en même temps. Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre, m. ib. vil, (6. Les députés [lapins] retournèrent dire à leurs frères que cet étranger (le chat] n'avait garde de croquer les lapins, puisqu'il croyait en bon bramin à la métempsycose, yf.N. t. xix,.p. 52. || Kig. et familièrement. N'en croquer que d'une dent, être loin d'avoir obtenu ce qu'on désirait. Mais ils n'en croqueront, ma foi, que d'une dent, begnard, Démocr. IV, s. Je leur jurerais, de mon côté, que les Thiriot et autres n'en croqueraient que d'une dent, VOLT. Lett. d'Argental, <3 juillet t703. Il a rompu tout net le contrat, à cause de l'aversion qu'il a pour la famille de Cléante.... par là vous voyez que ce Cléante n'en croquera que d'une dent, la chapelle. Carrosses d'Orl. se. 10. || 4* Fig. Croquer une fille, un jeune cœur, obtenir les faveurs d'une femme. [Le jeune homme] Trop bien croyait, ces sœurs étant peu sages. Qu'il en pourrait croquer une en passant, la font. Malet. Par où le drôle en put croquer, 11 en croqua; femmes et filles. Nymphes, grisettes, ce qu'il put. Toutes étaient de bonne prise, id. Pâté. Il eût de la pomme d'Eve, Ah! Croqué jusqu'au dernier pépin, bérang. Turlupin. Turpin d'abord trouve lui-même Cœur de vingt ans non profané; Mais un bon moine de Télème Le croque à l'instant sous son né, id. M. de Charl. Il 5° Faire l'esquisse d'un tableau, d'un portrait. Il Croquer le marmot, maugréer en attendant quelqu'un qui ne se presse pas. Monsieur le nouveau secrétaire, me disais-je pendant ce temps-là, prenez, s'il vous plaît, patience, vous croquerez bien le marmot, avant que vous le fassiez croquer aux autres, LESAGE, Cil Blas, VIII. 3. Il Croquer le mar
rien comprendre, m. Dtcl. de mus. au mot croquenote. \\ Au plur. Des croque-sols.
— ÉTYM. Croquer, et sol, note de musique.
CROQUET (krokè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vt se lie: des kro-kè-z appétissants; croquets rime avec traits, succ^s, paix), s. m. Il !• Sorte de biscuit fort dur, garni d'amandes. Depuis ce temps-là, toute la famille roya'e aime les croquets, et l'on a même remarqué ijue, plus les princesses de cette maison sont aimables, plus elles ont du goût pour ces sortes de pain d'épicc, CHAtl- LiEU, ùtt. à Mme de Lassay , Œuvres, t.i, p.<l», dans pouGENS. || Sorte de pâtisserie sèche et a.ssi'Z mince qui croque sous la dont. || Fig. et populalror ment. Être comme un croquet, être irritable, impatient, à cause de quelque chose qui a contrarié ou blessé. Il 2" La bernache.
— ÉTYM. Croquer I.
CROQUETTE (krokèf), s. f. Poulette de riz ou de pâte de yjommes de terre, frite dans la poêle, de manière à présenter une surface croquante.
— ÉTYM. Croquet I .
tCROQUEUR, ErSE(kro-keur,keû-z'), t. m. et f. Celui, celle qui croque quelque chose. Un vieux renard....Grand croqueur de poulets, grand preneur de lapins, LA FONT. Fabl. v, 6. || Fig. Un croqueur de femmes , un homme qui gagne facilement les bonnes grâces des femmes.... Tout le minois d'un vrai croqueur de nonnes, la font. Lun.
— ÊTYM. Croquer.
CROQUIGNOLE (kro-ki-gno-l'), t. /•. |( 1* Sorte (le pâtisserie sèche et très-dure. Manger des croquignoles. Il 2° Chiquenaude donnée sur la tête ou sur le nez. S'appliqua mainte croquipnole. Pocha ses yeux, mordit ses doigts, scarr. Virg. (rot), iv. Au défaut de six pistoles, Choisissez donc sans façon D'avoir trente croquignoles Ou douze coups de bâton, MOL. Mal. imaq. i, t" intermède. L'un me baille un soufflet, et l'autre un coup de pied. L'autre unecroquignole; enfin chacun s'empresse, Tout du mieux qu'il le peut, à me faire caresse, reg.nabd, Démoer. v, 2. Je prends la liberté de donner quel-
mot, dit Furetière, attendre longtemps sur les de- | ques croquignoles à leur maître [des janissaires].
grés, dans un vestibule, et, en général, en un lieu quelconque; locution venue de ce que les compa- j gnons peintres, quand ils attendent quelqu'un, s'a- ! musent à faire sur les murailles le croquis de mar- ' mots. Il Enfant gentil à croquer, d'une gentillesse extrême. Il Cela se dit aussi d'une jeune personne très-jolie ou très-agréable. Elle est jolie à croquer, gentille à croquer, ou, simplement, elle est à croquer. Il 6° Faire l'esquisse, l'abrégé d'un discours, d'un récit. C'est un fait qui mérite d'être un peu expliqué pour réparer ce que j'ai trop croqué en parlant du retour du père [ViUeroy], st-sim. <70, (3. je gâte cette pièce par la grossièreté dont je la croque; c'est comme si un barbouilleur voulait toucher à un tableau de Raphaël, sÉv. t. viii, Leit. 76t , p. 31 , dans POUGENS. Il Terme de musique. Croquer des notes, ne pas faire entendre toutes les notes d'un morceau, d'un trait. Croquer un passage, un trait, les passer. || 7° X la croque au sel, /oc. adv. ?ans autre assaisonnement que du sel. Manger du poulet à la croque au sel. Des artichauds, des radis à la croque au sel. || Populairement et par menace, en parlant d'un homme à qui on se croit trèssupérieur, je le mangerais à la croque au sel.
— HIST. XV' s. Or vous retournerez si povres et si nuds que les poux vous estrangleront, et vous les croquerez entre vos ongles, froiss. i, m, <8. Il aperçut sur le bord de la cuve un très beau diamant qu'elle avoit osté de son doigt, doutant de l'eau le gaster : si le croqua si souplement qu'il ne fut d'ame aperçu, louis xi, JVoue. m. || xvi's. Vrai est que ces os lui croquoient parfois sous les dents; mais ils passoient nonobstant, desper. Contes, lxxv. Ils le serroient, le tournoient, le viraient en la foule, pour trouver moyen de croquer [escroquer] cette gibecière, iD. ib. LXX)ji. Il y a aussi de la noblesse, qui pour des querelles qu'elle prend sans propos , ou pour croquer la dépouille d'un gros bénéfice, fait des ports d'armes, langue, toe.
— ÉTYM. Croc, onomatopée.
■j 2. CROQUER (kro-ké), v. a. Terme de marine. Croquer le croc de palan, le passer dans l'arganeau de l'ancre, afin de la remettre au bossoir.
— ÉTYM. Croc 2.
CROQUE-SOL (kro-ke-sol), s. m. Synonyme de croque-note dans la seconde acception. Il ne s'est pas donné, que je sache, pour un croque-sol ni pour un chantre de cathédrale, j. j. rouss. Dial. II. Un croque-sol, rendant plutôt les sons que les phrases, Ut la musique la plus énergique sans y
VOLT. Leit. à Ciitli. 76. Ils prétendent que je me mets à genoux pour leur donner des croquignoles, id. Roi de Prusse, t87.
— ÉTYM. Sans doute du verbe croquer à cause du bruit qui se produit; mais la dérivation ne s'explique guère; elle est plus claire dans le wallon crokète.
t CROQUIGNOLER (kro-ki-gno-lé), v. a. Donnw des croquignoles.
— ÉTYM. Croquiqnole.
CROQUIS (kro-ki; l'-sse lie: un kro-ki-z admirable), s. m. Il l" Terme d'art, surtout de peinture. Ouvrage fait à la hâte , qui n'a que les premiers traits au-dessous encore de l'esqui.sse. Faire le croquisd'une figure. Il Esquisse d'un ensemble dont les détails ne sont pas terminés. || 2° Par extension. Il a jeté sur le papier un croquis de son pnême. Lekain a une vieille Éryphile de moi; c'est une esquisse assez mauvaise de la Sémiramis; il serait ridicule que ce croquis parût, volt. Lett d'Argental, 8 mars (77B. Renvoyez ce croquis, afin qu'on tâche de tous présenter un tableau, id. Lett. Chauvelin, 28 août I7C5.
— REM. Croquis ne se trouve ilans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de t7aï; iJ n'est pas non plus dans. Furetière.
— ÊTYM. Croquer t.
fCRORE (kro-r'), *. m. Nom donné, dans l'Inde, à une monnaie de compte valant cent lacks de roupies, pouvant dès lors être estimée à vingt-cinq millions de francs.
t CROSSANDRE (kro-ssan-dr"), t. f.Terme de botanique. Genre Je la famille des acanthacées, ne contenant que deux espèces originaires de l'Inde.
— ÊTYM. Kfotraii, frange, et iv^np, mâle, étamine.
CROSSE (kro-s'), s. f. \\ 1* Le bâton pastoral des évoques. Les évêques n'avaient autrefois que des crosses de bois. Au temps passé du siècle d'or, Cros.se de bois, évêque d'or; Maintenant changent les lois. Crosse d'or, évêque de bois, coquille, dans BICIIELET. Oïl le vice orgueilleux s'érige en souverain Et va la mitre en tête et la crosse à la main, doil. Sat. I. Afin qu'un jour l'épée ou bien la crosse Trouvent un sot dans un Caton précoce, J. B. Bouss. Épit. II, 8 II 2* La |iartie recourbée d'une tête de canne; et aussi, dans plusieurs provinces, le nom de 'a béquille qui se pose sous l'aisselle pour marcher sans toucher à terre; on dit alors : marîher aux crosses. || Bâton recourbé, avec lequel le» enfants s'amusent à chasser une pierre ou une boule. || S" La pî>rtie, plus grosse que le reste, qui termine le liois I. — lli>
CRO
d'un fusil. I.a crosse d'un fusil. Donner des coups décrusse. Deux soldats.... Leurs crosses à l'épaule avançaient sur sa trace, lamaut. Joc. m, 94. {| La cros-^e du mousquet était autrefois recouriiée et faite en croc. || Mettre la crosse en l'air, retourner le fusil, ce qui est, (ie la part d'une troupe, le signe qu'elle cesse de combattre ou qu'elle se rend. Il 4» Bâton allongé servant à fixer les claies d'un parc à moutons. || l'ièce du gouvernail d'un bateau. Il B° Crosse d'aiguière, anse d'une aiguière faite en forme de crosse. || Couteau à crosse, couteau dont le manche est arrondi par le bout. || S» Terme de mélalUirgie. Harre de fer que le marteleur ou le fondeur, avant de retirer la loupe du creuset, soude à celte loupe, afin de la manœuvrer avec plus de facilité sous le marteau. || 7° Terme de botanique. Inflorescence en cropse, fleurs portées par un axe recourlié sur lui-même, comme dans lesborraginées. Il Terme d'anatomio. Crosse de l'aorte, la partie recourbée de ce gros vaisseau.
— mS'f. XI* s. En l'archevesque est bien la croce salve, Ch. de Rnl. cxiii. [Il pensait] Que pur co [ce]de(lst perdre e croce e dignité, Th. le mart. 43. Il xui* s. Et puis li mist on le [la] croche en la main seniesire, Chr. de Rains, i04. Li chevaliers tint une croce Dont il va les lioissons bâtant; Et li vénères va cornant, Ren. 23372. Et lors il se leva, et s'apuia sur sa croce, jomv. I9«. L'evesques Pierre de CliMalons beney en abbé M. Jehan de Mymcri . et li donna la croce, id. 29). ||xiv' s. Comme plusieurs jeunes gens feussent assemblez pour chouler [sorte de jeu] h la crosse les uns contre les autres, du CANGE, crossare. || xv's. Deux crosses [abbayes cros- Bées], collège ensement [dans la ville de Vertus], ErsT. DESCH. Poésies mss. f° 364, dans lacurne. Tous biens mondains et toute crosse [gloire ou richesse] avoye [j'avois] , ib. f» ( 88. Le long de la procession de l'Eglise il y avoit treize crosses [évêquesj, dont l'archevesque de Bordeaux faisoit le bout du costé dextre, math, de couct, Uist. de Ch. Vil, p. 734, dans LACURNE. Le duc de Bourgogne estoit retourné en son païs, et avoit le coeur très élevé pour cette duché qu'il avoit jointe à sa crosse, COMM. p. 247, dans lacurne. {| xvi' s. Le sergent de qui Goas avoit tiré promesse de ne tirer que le bourre n'entrast, et de rompre croce sur cap, passe plus de la moitié du champ. —Les uns levèrent la croce en haut, d'aub. Hist. i, 288. L'archevesque de Coulongne avec iBiio chevaux, et ooo que lui envola l'électeur de Trêves, quitta la croce et vint renforcer le siège, id. ib. li, «9. Ses Anglois, pour braver, jetoient leurs chapeaux en l'air, et quand ce fust à tirer , n'aprocherent point la crosse de demipied du menton, ne blessèrent aucun de cette cavalerie, ID. ib. m, 200. Les soldats du dedans aians joué de la crosse après avoir tiré....iD. ib. *0B. Cet homme de crosse [ce prélat], iD.tb. 438. Les malades cheminent quelque temps sur des crosses, pahé, XIII, 21. Alors il chemine sans baston, potence ou croce, ID. XIV, 42.
— ÉTYM. Génev. crosse, béquille ; provenç. crossa; anc. espagn. croxa; ital. croccia , gruccia ; bas-lat. crncia, crocia, crossa, croceus, bas-latin qui luimême est un dérivé du latin crrix, croix. L'allemand Krûcke, béquille, bon pour le sens, ne l'est pas pour la forme : il n'aurait pas donné le c doux ou les deux ss.
4. CnOSSÉ, ÉE (kro-sé, sée ) , adj. Qui a droit de porter la crosse. Il n'y avait ni évêque, ni abbé crosse, VOLT. rhil. in, 300.
— ÊTYM. Crosse.
i. CROSSE, ËE (kro-sé, sée), part, passé. Il 1" Poussé avec la crosse. Balle crossée. || 2° Maltraité. Barbésieux [était] crosse par le roi comme un jeune homme, des débauches et des disparates duquel il était souvent mécontent, st-sim. 474,79.
CROSSER (kro-sé). || 1° V. n. Jouer à la crosse. Cet enfant est allé crosser. || 2° Y. a. Crosser une balle, une pisrre, la pousser avec la crosse. || Fig. et familièrement, traiter durement, avec mépris. On l'a crosse comme il le méritait. [LesSulpiciens] troupe de barbes sales qui sans elle [ Mme de Waintenon] n'avaient point de consi-stance, et que les jésuites tôt ou tard crosseraieut avec le pied, STiiH. J45, 23. Il 3° Terme populaire. Se crosser, e. Té/l. Se battre, se chamailler.
— msT. XIV' s. Ainsi que les diz enfans croissoient ensemble [jouoient avec une crosse], du canob, erossare. || xv« s. Du quel baston icellui Jehan donna au s\ipplianl pluseurs cops et collées, tant qu'il fist ploier et crosser le fer du dit baston, id. t6. Item plus, je adjoins à la crosse Celle de la rueSainct Anlhoine, En ung billart de quoy on crosse, villon, Petit tel-
CRO
tam. Il xvi's. Aussi chascun n'a pas mérité que d'un roy La libéralité luy face comme à toy. Ou son archet doré , ou sa lyre crossée [cela s'adresse à Ronsard], du BELL. VI, 9, verso.
— ÊTYM. Crosse.
CROSSETTE (kro-sè-f), s. m. ||1° Terme d'agriculture. Branche de vigne ou de figuier, portant un peu de bois de l'année précédente, et qui sert à faire des boutures. || 2° Terme d'architecture. Partie d'un voussoir qui est prolongée horizontalement au delà du joint de la voûte. || S. f. Nom qu'on donne, dans les bâtiments, aux retours des chambranles de portes et de fenêtres; comme aux plâtres de couvertures, qui sont à côté des lucarnes.
— HIST. XVI' s. Il ne pensera qu'à choisir les bonnes races de raisins, planter les margotftes et les crossettes, les provigner, tailler, marrer, o. de SERRES, (5. Une vigne dont les crocetes ont esté portées directement de Candie, id. (&4. Vous cueillirez les crocetes pour aussitost, ou gardées durant quelques jours, estre plantées, ou mises barber ou cheveler, pour en faire des sautelles, id. <0(.
— ETYM. Diminutif de crosse.
GROSSEUR (kro-seur), s. m. Celui qui joue à la crosse.
— ÊTYM. Crosser.
t CROSSILLON (kro-si-Uon, Il mouillées), s. m. Extrémité recourbée d'une crosse
— ÊTYM. Crosse.
t CROSSOSTYLIDE (kro-sso-sti-li-d'), i. f. Terme de botanique. Genre de la famille des myrtacées, qui n'a qu'une espèce trouvée à Tahiti.
— ÉTYM. KpoScô;, frange, et avuXii, colonnette.
f CROSSOTE (kro-sso-t') , s. m. Terme de zoologie. Genre de coléoptères dont les espèces appartiennent à l'Afrique.
— ÊTYM, Kpoaaèç, frange.
t CROSSURE (kro-ssu-r') , s. m. Terme de zoologie. Genre de reptiles de la famille des sauriens.
— ÉTYM. KpoiiTo;, frange, et oOpà, queue.
t CROTALAIRE (krotalê-r'), t. f. Terme de botanique. Genre de la famille des papilionacées.
— ÊTYM. KpoTolo», grelot.
t CROTALE (kro-ta-le), s. m. \\ 1° Terme d'antiquité. Sorte de cliquette. Et le rauque tambour, les sonores cymbales. Les hautbois tortueux et les doubles crotales, Qu'agitaient en dansant sur ton bruyant chemin Le faune, le satyre et le jeune Sylvain, A. ciif.n. Idylle, Bacchus. || 2° Terme d'histoire naturelle. Nom de serpents qui ont des crochets cannelés et fistuleux sur l'os susmaxillaire , lequel ne porte pas d'autre dent, et auxquels appartient le serpent à sonnette.
— ÉTYM. KpÔToXov , sonnette.
t CROTALIDÉ, ÉE (kro-ta-Ii-dé , dée), adj'.Terme de zoologie. Qui ressemble à un crotale. || S. m. plur. Crotalidés, famille de l'ordre des reptiles ophidiens.
t CROTALOÏDE (kro-ta-lo-i-d') , adj. Terme de zoologie. Qui a la forme du crotale, serpent. || S. m. pfur. Les crotaloïdes, famille de reptiles qui a pour type le genre crotale.
— ÊTYM. KpoTix)ov, grelot, et iWoç, forme.
t CROTALOPHORE (kro-talo-fo-r'), j. m. Terme de zoologie. Le même que le crotale, serpent.
— ÉTYM. KpôraXov, grelot, et çopè;, qui porte.
t CROTAUIRE (kro-ta-lu-r') , adj. Terme de zoologie. Qui a des grelots à la queue. |{ S. m. plur. Les crotalures, synonyme de crotaloïdes.
— ÉTYM. KpÔTaXov, grelot, et oOpà, queue.
t CROTAPHAL (kro-ta-fal) , ad;'. Terme danatomie. Se dit d'une des pièces élémentaires du crâne.
— ÊTYM. KpÔTajJoç, tempe.
tCROTAPÙlQUE (kro-ta-li-k'), adj. Terme d'a-
natomie. Qui appartient à la tempe.
— ÉTYM. KpoTaço;, tempe.
t CROTAPHITE (kro-ta-fi-f), *. m. Terme d'anatomie. Le crotaphite, ou, adjectivement, le muscle crotapHite, le muscle temporal.
— HIST. XVI' s. Les crotaphites, qui du milieu de leur ventre prodliisent leurs tendons, paré, i, 8. Le muscle nommé crotaphite, c'est ^ dire temporal,
— ÉTYM. KpoTaf(rnç , de xpéxaipo; , tempe.
t CROTON (kro-ton), s. m. Terme de botanique. Nom vulgaire du croton tiglium, L. qui fournit le bols des Moluques, et dont les graines, dites graines de Tilly, donnent par expression l'huile connue sous le nom d'huile de croton. Cette huile est un trèsviolent purgatif.
— ÉTYM. KpoTow, nom que les Égyptiens donnaient au kiki ou ricin commun.
CRO
tCROTONIODE(kro-to-ni-k'),od/. Terme de chimie. Acide crotonique, acide préparé en saponifiant avec la potasse l'huile de croton.
CROTTE (kro-f), s. f. \\l' Fiente globuleuse de certains animaux. Crottes de cheval. Crottes de brebis, da lapin. [L'escarbot] Sur la robe du dieu fit tomber une crotte; Le dieu, la secouant, jeta les œufs à bas, la font. Fabl. ii, 8. || 2" Boue des rues. Il fait bien de la crotte. Il y a de la crotte sur vôtre habit. Ce sont des incommodités de Paris que j'appréhende beaucoup plus que les crottes, ni que la rencontre de charrettes, balz. liv. vu, lett. 27 Des crottes dans toutes les rues, scabr. Sonnet sur Paris. Nouvelle pension fatale à ma calotte , l'récij.ice élevé qui te jette en la crotte, boil. Chapelain décoiffé. Sa mignonne chaussure fut Dientôt percée; elle enfonçait dans la crotte, j. j. rouss. Con(. n. Il Les chiens ont mangé les crottes ou la crotte, se dit quand la gelée a séché les rues. || Fig. Être, tomber dans la crotte, être, tomber dans une condition basse et misérable. || 3° Cicatrices, croûtes sur la peau. Et fut pour étriller mes galles et mes crottes. RÉGNIER, Sat. x. \\ Vieilli en ce sens.
— REM. Le sens primitif est fiente de certains animaux; aussi, quand ce mot a paseé au seni de boue, on l'a d'abord employé au pluriel. Aujourd'hui, au contraire, avec cette acception de boue, il ne se dit guère qu'au singulier.
— HIST. xiv's. Les fientes des lièvres et des conninssontapeléps crotes, ilodus, f'vi, rerso. ||xv's. Sinon aux trahistres chiens mastins Qui m'ont fait manger dures crostes Et boire eau maintz soirs et matins. Que ores je ne crains pas trois crottes, viLi.oN, G. testam. || xvi* s. Vérole de Rouen et crottes de Paris ne s'en vont jamais qu'avec la pièce, LE duchat, sur Rabelais, p. 98, dans lacuhne. Ses paroles s'entretiennent comme crottes de chèvre [sont sans suite], oudin, Curios. fr. add. Au jugement, crotte de chat vaudra autant que marc d'argent, ID. ib.
— ÊTYM. Provenç. crolade cabra, crotte de chèvre. On le tire ordinairement de crusta, croûte; mais la forme provençale ne permet pas cette dérivation. Diez demande s'il ne viendrait pas du germanique: suédois, klôl; allemand, Kloss, masse globuleuse : le changement de l'I en r ne faisant pas difficulté. Il n'est pas complètement sûr que crotte, dans le sens de croûte, cicatrice, soit de même origine que crotte dans le sens de boue ou de fiente; à la vérité, on peut croire que crotte, dans le sens de galle ou cicatrice, provient d'une comparaison de l'apparence qu'a un visage couturé avec un visage sali par des crottes ou de la crotte; mais il est possible aussi que crotte ait ici le sens de creux, cavité, qu'il a dans l'ancien français (voy. grotte).
CROTTÉ, ÉE (kro-té, tée), part, passé. || 1° Sali par la crotte. Un habit crotté. Me vit en se levant si sale et si crotté, Régnier, Sat. xi. Moi crotté jusqu'au cul, et mouillé jusqu'à l'os, id. ib. L'amour est nu, mais il n'est pas crotté, la font. Orais. 11 était crotté jusques aux genoux, hamilt. Gramm. 9. || Familièrement. Être crotté comme un barbet, jusqu'aux oreilles, jusqu'à l'échiné, l'être beaucoup. 'Tandis que CoUetet, crotté jusqu'à l'échiné. S'en va chercher son pain de cuisine en cuisine, boil. Sat. l. Il II fait bien crotté dans les rues, il y a beaucoup de boue. Il 2° Fig. Qui a l'air misérable et sale. Il a l'air crotté. Il est bien crotté. || Poêle crotté, un poète misérable. Ce ne seront point quelques poètes crottés et mal vêtus, qui diront du bien de lui, balz. Avis écrit. Campistron était de ces poètes crottés qui meurent de faim et qui font tout pour vivre,
CROTTER (kro-té), V. a. Salir de crotte. Crotter son pantalon. Ah! je devais du moins lui jeter son chapeau, Lui ruer quelque pierre ou crotter son manteau, bol. Sganar. se. te. || Se crotter, v. réfl. Se salir avec de la boue. Prenez garde de vous crotter.
— HIST. xni* s. Et lessiez ester les gelines Qui trop ontmegres leseschines; Megressunt et entrepelées, Dures et vieilles et crotées, Ren. 2882. ||xiv's. Si les chiens sont mouillés ou crottés, Uénagier, m, î. L'en doit laver le lart [tiré des pois où il a bouilli] de l'eaue de la char, afin qu'il n'appere point crotté de pois, ib. ii, B. ||xv's. Les compagnons d'icelles nopces portèrent le cochet, autrement dit le plat de l'espousée, en une taverne, où ils firent plein plat de souppes crotées, du canor, crntatus. \\ xvr s. Le chemin n'est ny fascheux, ny crotté, marot, u, 29. En vérité, damoyselle, vous estes crottée, palsgr. p. 44B. Qu'on lui face du feu viste, le poure hommo est crotté jusques aux genoulx, n>, p. 63». Notre
CRO
Dame des Crottes, non pas qu'elle soit crotée, mais pour ce qu'elle est en quelque creux sous terre fait en façon de cave, car ce mot crote en cette signification vient du grec crypta, h. est. Apol. d'Hérod. p. 603, dans lacurne. Nous disons qu'un homme qui est fort crotté est crotté en archidiacre, pasq. Recherches, liv. viii, p. 700, dans lacubne.
— ÉTYM. Crotte. Quant à soupe crottée, soupes signifiant tranches de pain, crottées désignait sans doute quelque chose qui les crottait, qui les garnissait, comme dans le Kénagier : du lard crotté de pois.
tCROTTIFIER(kro-ti-fié), t). o. Terme burlesque pour dire crotter. Jusqu'à la cheville du pied Le rendait croltifié, scARBON, Yirg. trav. v.
— ÉTYM. Crotte.
CROTTIN (kro-tin) , t. m. Nom donné aux excréments formés d'un certain nombre de petites parcelles ou pelotes, comme ceux du mouton, du cheval.
— ÉTYM. Diminutif de crotte.
t CROTTON (kro-ton) , s. m. Morceau de sucre qui n'a pu passer par le sas.
— ÉTYM. Crotte, à cause de la forme.
t CROTU, UK (kro-tu, tue), adj. Marqué de petite vérole. Veux-tu que je coure baiser un visage noir et crotu? J. J. rouss. Nouv. Hél. iv, 8.
— ÉTYM. Crotte. On trouve croteux: Après cestuy, je vous empoignay la teste d'une croteuse femme d'un officier royal, palissy, 95.
t CROU (krou), s. m. Sorte de terre, dite aussi crain, argileuse et pierreuse, qui ne se laisse pas pénétrer par les racines des plantes, et s'oppose plus ou moins à la culture.
— ÉTYM. Le même que erou.
t CROUAS (krou-â), s. m. Un des noms provinciaux de la corbine.
t CKOUCHACT (krou-chô), *. m. Nom d'une pièce de bois, qui fait la rondeur du devant d'un bateau.
t CROCE (kroû), s. f. Nom, dans la Lorraine, de portions de terres que les propriétaires abandonnent aux vignerons pour y cultiver des légumes.
CROUL.\NT, ANTE (krou-lan, lan-t'), adj. Qui croule ou est prêt à crouler. Un édifice croulant. Quoi! ni leurs "murs croulants n'ont pu les écraser, Ni leurs remparts en feu n'ont pu les embraser! DELiLLE, Enéide, vu. || Fig. Une société croulante, une société dont une cause quelconque sape les appuis.
— HIST. xiu' s. Or estoit si vix [vif] et croUans, Rot Guillaume, p. 82, dans le Glost. fr. de du