‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 487 sur 504 · ROT, I · texte numérisé non relu

ROT, I

— ÉTYM. Croire.

CROYANCE (kro-ian-s'; d'autres disent kroi-ian-s". D'après Vaugelas et Marguerite Buffet on prononçait créance), s. f. || l'Action de croire, confiance. Charles XII supportait la fatigue au delà de louto croyance. Puis-jo à de tels discours donner quelque croyance? cobn. Cid, l, 2. Uoit-on quelque croyance ù des âmes si noires? ID. Sicom. m, 8. Ceux dont il a gagné la croyance et l'appui, iD. Serlor. i, 1 . Dotv nez moins de croyance u votre paillon, iD. Ciiiiia, IV, 4. Et, ce qui n'a pas peine à gagner la rrovaiio MOL. D. Gare, v, 4. L'opinion sur les faits, soit moraux, soit physiques, est tantôt de pleine croyance, tantôt de simple adhésion, mabmont. Élém. litt. Œuvres, t. x, p. 608, dans pougens. || Crédibilité. L'efi'et à tes discours Ole toute croyance, corm. lléracl. IV, 6. ||2°Opinion, attente, prévision. Cela est arrivé contre la croyance de tout le monde. Il 3° Persuasion ou conviction intime. Tournez sur Vinius toute la défiance Dont veut ternir ma gloire une injuste croyance, coiiN. Oth. v, 4. La croyance de n'être entendu de personne me faisait parler aussi haut que si j'eusse parlé à quelque confident, scarh. Rom. com. 2* part. ch. 4 4. La croyance répandue partout que rien ne leur résistait, faisait tomber les armes des mains à leurs ennemis, et donnait à leurs alliés un invincible secours, Boss. Hist. lu, 8. || 4*Foi religieuse. Peut-être qu'après tout ces croyances publiques.... corn. Poly. iv, 6. Les décrets des conciles, la doctrine des Pères, l'ancienne tradition du saint-siége et de l'Eglise catholique n'ont plus été comme autrefois des lois sacrées et inviobbles ; chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance, BOss. Reine d'Anglet. Je le vois trop ; les soins qu'on prend de notre enfanco Forment nos sentiments, nos mœurs, notre croyance, VOLT. Zaïre, i, 4. On suppose que la croyance des hommes détermine leur morale, et que des idées qu'ils ont de la vie à venir dépend leur conduite en celle-ci, J. J. Rouss. Lett. à l'archev. de Parit. Il Par extension, adhésion accordée comme une espèce de fol à des opinions qui ne sont pas religieuses. Croyances philosophiques. Les croyances morales de l'humanité.

— SYN. croyance, foi. La foi est une persuasion déterminée par l'autorité de celui qui a parlé. La croyance est une persuasion déterminée par quelque motif que ce puisse être.

— HIST. xm* s. Leur créance est tele que nul no peut morir que à son jour, et pour ce ne se veulent il armer, JOiNV. 230. || xiv* s. 11 eurent tele croiauce par un signe ou argument qui n'est pas souTfîsâat,

OKESME, Eth. 231.

— ÉTYM. Croyant (voy. créance).

CROYANT, ANTE (kro-ian, ian-l': d'autres disent krol-ian, ian-t'). || 1* Adj. Qui a la foi religieuse. Elle est redeveuue croyante. Les 4mes croyantes.

cnu

CRU

CRU

Une nation croyante. J'étais croyant, je lai toujours été, quoique non pas comme les gens à symboles et à formules, J. 1. Bouss. flt'oi. i. M. Lambercier, bien qu'homme d'Eglise, était croyant en dedans, ID. Conf. II. Levraicroyaut ne peut s'accommoder de toutes ces ïimaKrtes; il sent que l'homme est un être intelligent auquel il faut un culte raisonnable, j. j. kouss. le','., à l'archev. de Paris. Ma conviction religieuse, en griindissant, a dévoré mes autres croyances; il n'est ici-bas chrétien plus croyant et homme plus incréduleque moi, chateaub. dansle Dict. dPDociiEz. 'I i'S. m. et/'. Kidèle, en parlant de la religion chrétienna. Abraham mérita d'être le père des croyants, MASS. Panég. St Benoit. Le corps des chrétiens se distinguait en croyants oufidijies, et en catéchumènes, CHATEAUB. Génie, iv, m, 2. || Les sectateurs de la religion musulmane se donnent aussi le titre de croyants. Commandeur ou chef des croyants était le titre que prenaient les califes.

— HIST. XII' s. Celé Dut à nom sébile, qui puis fu bien creanz [croyante], Sax. v. || xiii's. Et bien créant ei) Dieu et de moût bon courage, Berte, Lxx. Et disoit que il [le cordelier] ne trouvoit ne es creans ne es mescreans, que onques reaumesse perdist ne chanjast de seigneurie à autre, mez [mais] que pardefaute de droit, JOINV. t99.

— ÈTYM. Croire.

t CHOYE (kroî), s. f. Voy. croie.

1. CRU (kru), s. ni.||l''La quantité dont une chose a crii, a pris croissance. Ces arbres ont bien poussé, voilà le cru de cette année. {| 8° Production. On leur a défendu d'apporter d'autres marchandises que celles du cru rie leur pays, montesq. Esp. xx, 8. Son vin noir et grossier mais désaltérant et sain est du cru de sa vigne, j. j. rouss. Ém. m. || 3" Terroir considéré comme ce qui fait croître les végétaux et leurs produits. Ce vin-là est d'un bon cru. Après ce qui lui vient de son cru, rien ne lui paraît de meilleur goût que le gibier et les truffes que cet ami lui envoie, la bruy. m. Droit qui fut fixé à cinq pour cent sur toute^ les marchandises des Indes et de la Chine, et à trois pour cent sur toutes celles ilu cru des îles de France et de Bourbon, raynal, Hist. phil. IV, 26. Les seules denrées du cru couvrent n -tre table, j. j. rouss. Ilél. v, î. Des vins d'un cru céleste épanchent leurs trésors, dp.lille, Parod. ptrrdu.v. \\ Vin du cru, vin fait sur le lieu même où il est bu. Moi, gai comme un dieu sans nectar, Au vin du cru je me résigne, bërang. Nourrice. || Fig., Cet ouvrage est une compilation, l'auteur n'y a rien mis de son cru. Ce que nous désirons aujourd'hui avec tant de chaleur et de besoin vient immédiatement du cru de Dieu, balz. Pisc à la réyenie. Le vieux marchand nie dit à l'oreille : On voit bien que ce n'est pas de son cru (à M. de Beaufori], retz, m, 167. Il est bien n6cess;ure d'employer de l'argent à des perruques, lorsque l'on peut porter des cheveux de son cru qui ne coulent rien, mol. Avare, I, 5. C'est de votre cru que vous dites cela, boss. Instr. 2. Il n'a rien de son cru que le mensonge, ID. I, Fent. t. La pièce est de mon cru, rac. Épigr. 11 sait p;ir cœur une infinité de bons contes qu'il a récités tant de fois comme de son cru, qu'il est parvenu à se figurer qu'ils en sont elteciivement, le- SAGE, Cil Bios, III, tl.||Kig. Le vin de mon cru, le vin de son cru, les actions, les pensées, les paroles de queli|u'un. Lorsque Mondor osa te dire en face Que tu saignas du nez dix fois au moins. Te citant l'heure et le jour et la place. — Conte grossier que personne n'a cru. Oui n'était pas digne de ma colère : On me connaît, et le vin de mon cru Ne pas.sera jamais pour de l'eau claire, pons (de Verdun), ics Excuses dans les Contes et poMes diverses , p. t9(. Il 4°Termede chasse. Milieu d'un buisson, dit plus communément creux, où la perdrix se retire quelquefois pour éviter la poursuite drs chiens.

— REM. Cru n'est pas autre chose que le participe passé du verbe croître qui s'écrit crû; l'Académie devrait donc l'écrire avec un accent circonlleie, comme elle fait pour dû : réclamer son dû.

— HIST. XVI' s. Est dit vin du cru de la ditte ville tout vin qui croist dedans les limittes du ruisseau ue Saint Jouandeau.... Nouv. cou't. génér. t. iv, p. 81 1. Je sçais très bien sentir, à mesurer ma portée, que mon terroir n'est aulcunement cafiable d'aulcunes fleurs trop riches que j'y treuve semées 31 que touls les fruicts de mon creu ne les sçauroieot payer, mont, n, 99.

— ÉTYM. Cril, participe de crottre.

i. GRC, CRUE (kru,krue),adj. || l'Oui n'est point cuit. De la viande crue. Des fruits crus. Préparer les viaiidesqu'auparavam ils dévoraient crues, j. j. rouss. In^g. 2* part. || Fig, La sagesse toute sèche et toute

crue fait mal au cœur, balz. liv. vi, lett. 5. Ils n'en suivaient pas la doctrine toute crue, boss. Var. xi. Il 2" Oui est d'une digestion difficile. Le concombre est trés-cru. {| 3° De l'eau crue, eau chargée de sels et qui ne peut dissou<lre le savon ni cuire les légumes. L'eau que je buvois était un peu crue et difficile à passer, comme sont la plupart des eaux des montagnes, j. j. bouss. Conf. vi. || 4" Qui n'a pas encore subi de préparation. Cuir cru. Soie crue. Métaux crus, ceux qui sont tels qu'ils sortent de la mine. || Chanvre cru, chanvre qui n'a pas été trempé dans l'eau. || 5° Qui n'a pas encore subi une élaboration suffisante. Ces semences, tant qu'elles sont vertes et crues, demeurent attachées à l'arbre pour prendre leur maturité, boss. Conn. v, 2. || Terme de médecine. Humeurs crues, matières crues, celles qui n'ont pas reçu le degré de coction nécessaire. Il 6° Oui est à l'état de simple ébauche, en parlant des choses de l'esprit. Ce n'est encore là que sa pensée toute crue. Ronsardavait forcé notre langue par des inversions trop hardies et obscures; c'était un langagecru et informe, FÉN. t. xxi, p. t9t. || 7° Terme de peinture. On ton cru, ton qui ne se fond pas avec les autres. Couleur crue, couleur trop tranchante. Ce ne sont point les feuilles d'un vert cru qui font les admirables paysages, chateaub. /lin. <tt.\\ Lumière, ornbre crue, se dit quand les grands clairs ne sont pas séparés des grands bruns par des gradations de nuances. || 8° Choquant, dur, en parlant des expre.ssions, du langage. Cela est bien cru. Je te vois accablé d'un chagrin si profond, Que j'excuse aisément ta réponse un peu crue, corn, la Veiivi', m, 3. Il À cru, d'une façon crue. Elle veut qu'en détours la chose s'enveloppe. Et ce mot dit à cru lui cause une syncope, regnard, le Joueur, il, 4. || Peu décent, trop libre. Us ont tenu devant elle des discours un peu trop crus. || 9° Â cru, loc. adv. Sur la peau nue. Bottés à cru les gros milours [milords], Armés d'épieui, en habits courts, scarr. Virg. trav. IV. Il prit les bottes qui étaient au pied du Ut et les ayant chaussées à cru.... s'alla mettre auprès de l'Olive , id. Rom. corn. 2' part. ch. 2. Leurs transparents seraient plus beaux, si elles voulaient les mettre à cru, sév. 324. N'avoir de la dévotion que ce retranchement me paraît être bottée à cru, ID. 648. Un surtout emprunté Vêtit à cru ma triste nudité, volt. P. diable. || Monter à cru, monter un cheval sans selle ni couverture. 11 fut étonné de voir Massinissa, âgé pour lors de plus de quatrevingts ans, monté à cru sur un cheval selon la coutume de .son pays, donner partout les ordres comme un jeune officier et soutenir les fatigues les plus dures, bollin, Uist. anc. Œuvres, t. i, p. 5<9, dans POUQENS. Les barbares [Francs] montaient à cru des étalons sauvages, chateaub. Mart. i90. Il Terme d'architecture. Une construction porte à cru, quand elle repose sur le sol même, et non sur des fondements. || Teindre sur le cru, ou teindre à demi-bain, mettre les soies à la teinture, sans qu'elles soient bien décreusées.

— RE!«. Cet adjectif se met toujours après son substantif.

— HlST. XIII' s. Riens qu'on peùst mangier [il] n'i ot ne cru ne cuit, Berte, xxxvi. Et i|uanqu'il i auia de cuirier [cuir] cru es charretes, Liv. des mi!t. 280. Il XIV' s. Mais les autres plus impurs sont, Por ce que le vif argent ont Trop cruel et leur soulphre terrestre Trop aduste.... Nat. à Valch. err. t29. || xvs. Au roy fut faicte la responce non point creue, mais la plus honneste qu'on l'eust peu entendre, comm. II, 13. ||xvi' s. Son herbe tant verde et crude que conficte et préparée, babel. m, 47. Ils truuvoient trop crud de dire qu'il n'estoit pas plus vraisemblable que la neige feust blanche que noire, mont, ii, 317. Ce fut aussi un estât nouveau quand la ligue formée inonstra les cornes en desploiant ses tiltres et ses forces armées à cru de toutes les fonctions et authoritez d'un parti, d'aub. Hist. il, 485. Un feuillant boiteux, qui armé tout à crud se faisoit faire place avec une espée à deux mains, Sat. Me'n. p. ta. Le labeur toutesfois ses membres ne consomme. Tant il est cru [veni] vieillard, bons. 746. Aucuns font leur mère ou saloir, d'une peau de beuf crue, un peu salée, o. be serres, 83a. Armure à cru, MO- NET, Dict. Un discours bien crud, oudin, Curios. fr. Vous me la baillez crue [vous me la donnez belle], les Marguer. de la Marguerite, t. i, f* 90, dans la-

CURNE

— ÉTYM. Liégeois, crou; namurois, cru, froid et humide en parlant du temps; provenç. cru; espagn. et ital. crudo; du latin crudus.

3. CRU, CRUE (kru, krue), part, paué du verbe croire, || 1° A quoi on donne croyance. Une nou-

Telle crue légèrement. Les miroirs trop p»u crus par celles qui les consultent. Quel plaisir d'aimer la religion, de la voir crue, soutenue, expliquée par de si beaux génies et par de si solides espritsi la brut. XVI. Il resta encore à la piété de la troisième race [les Capétiens| a.ssez de fondations à faire et de terres à donner; les opinions répandues et crues dans ces temps-là auraient privé les laïques de tout leur bien, s'ils avaient été honnêtes gens, montesq. Esp. XXXI, )0. Il î" X qui on donne croyance. Un sage ami cru trop tard. Les dieux crus par les païens. Il 3» Regardé comme, tenu pour. Hercule cru fila de Jupiter.

CRÛ, CRUE (kru, krue), part, pajîrf dn verbe croitre. Les arbres crus depuis mon départ. La rivière crue et menaçante empêchait le passage.-

CRUAUTÉ (kru-ô-té), t. f. || !• Penchant à infliger des souffrances et la mort. Exercer sa cruauté contre des innocents. Quels foudres lancez-vous quand vous vous irritez. Si même vos faveurs ont tant de cruautés? corn. Hor. m, 1. Il y a de la cruauté à tuer un homme, pasc. Prov. 7. Insensé qui ne voit pas que sa cruauté, à laquelle il se confie, le fera périr, fén. Tél. m. Les remparts abattus, les palais mis en cendre Sont de ta cruauté les plus doux monuments, j. b. rouss. Odes, iv, 8. La loi séparait sans cesse la monarchie; la crainte, l'ambition et la cruauté voulaient la réunir, montesq. Esp. rviii, 2». Le tyran le plus dur, l'esclave le plus bas. Si dans une même âme ils confondaient leur être. En lâche cruauté ne l'effaceraient pas, masson, Ilelvét. u. \\ 2° Action cruelle. Les cruautés de Néron. U exerce des cruautés inouïes, boss. Hist, II, 5. Père dénaturé, malheureux politique. Esclave ambitieux d'une peur chimérique, Polyeucte est donc mort, et par vos cruautés Vous pensez conserver vos tristes dignités, corn. Puty. v, 6. J'en ai fait un martyr, sa mort me fait chrétien ; J'ai fait tout son bonheur, il veut faire le mien; C'est ainsi qu'un chrétien se venge et se courrouce: Heureuse cruauté dont la suite est si douce ! id. ib, L'excèsde la douleur m'a fait commettre contre Lichas une cruauté que je me reproche, fén. Tél. xv. || 3° Chose ttcheuse; acte rigoureux. Quelle cruauté de se voir trahi par ses amis ! Vous refusez de me voir, quelle cruautél Je ne me ferais pas de cruautés comme cette fois [je ne m'infligerais pas une peine si grande], sÊv. 287. Il Les cruautés du sort. Que nos plaisirs passés augmentent nos supplices I Qu'il est dur d'éprouver après tant de délices Les cruautés du sorti LA FONT. Psyché, II, p. 133 Partout environnés des cruautés du sort. Des fureurs des méchants, des pièges de la mort, volt. Dés. de Liibonne. Je plains Gusman, son sort a trop de cruauté, m. Ah. v, 2. I! 4° La cruauté, les cruautés d'une maîtresse, son indifférence ou ses rigueurs. Que je béuis, seigneur, l'heureuse cruauté Qui vous rend.... — Tu l'as vu comme elle m'a traité, rac. Andr. ii, B.

— uiST. XII' s. Par vos grant cruautez, Ronc. p. 44. Membrer vous doit que laide cruauté Fait qui ocist son lige homme demaine, Couci. xiv. || xiii' s. Or oés se cesle gens dévoient terre tenir, qui si grant cruauté faisoient li uns envers les autres, viLLEH. cxv. [Ils] Lui Ont mis celé corde; ce fut grant cruauté, Berte, xv. Il nieïsmes n'a pas vergoigne De recongnoistre, ains le lesmoigne. Et sa cruallé pas ne celé, Quant perilleus miroir l'apele, la Rose, 208(5. Ne nul testamens ne doit mie estre fes selonc crualté, mais selonc miséricorde, beaum. XII, 55. Il xiv's. Crudelité ou ire, orksme, Eth. 204. xv s. Sire de Laval, respondit le duc, laissez moy faire ma voulenté; car Clisson m'a tant de fois courroucé, que maintenant il est heure que je luy mon* tre; et partez vous d'icy; je ne vous demande rien; laissez moy faire ma cruauté; car je vueil qu'il meure, froiss. liv. iiii, p. (98, dans lacurne. Et encores par tel folie A.s-tu hui fais regrès et plains; Tu es un jeune homme tous plains De cruautés [de soufl'iances] , ID. Poésies )nss. p. (2, dans lacurne. Et prendrons tribus et apatissemens sur nos adversaires le plus que pourrons; et sur ceuli de nostre parti feronsaucune cruaulté [impofiition] la moindre et la plus douce que faire se pourra, le Jouvencel, f" 3( , dans lacurne. Quant la dame se fust iucun peu advisée et qu'elle eut fort regardé le fondement du temple et la cruauté [aspect horrible] des lance, qui y apparoient, Perceforest. t. iv, f° 73. || xvi'i , C'est comme une Heleine, pour laquelle les ennu' mis de la vérité aujourd'hui bataillent en si granda crudelité, en si grande fureur, en si grande r«ge, CALV. Instit. ))6|. Comment se vient-il à enfiamber de une telle cruauté ? ID. t'fc. t)9». Parquoi, si vous aimer ma vie, en sauvant votre conscience decrudelité,

CUTI

vous me la sauverer, mabo. Naiw. xxii. Qua nul ne faict cruauté en la rendant, que les premières s'appellent cruautés, les secomies justice, d'aub IHsI. I, 155. Je ne leu jamais tant de rij^ueur (je ne dirai cruauté) comme celle qui fui exercée contre cette dame [Marie Stuarl] , ny de constance comme celle qui se trouva en elle, pasquier, iîecfr. liv. vi,

p. 6)2, dans LACURNE.

— ETYM. l'rovenç. cnneltat , crueltat; catal. crudeltat; espa^rn. crueldad; portug. emeldadf ; ital. crudeltà ; du lalin crudelitatem , de crndelis (voy. CRUEL). Crudelité qu'on trouve dans quelques textes était refait sur le latin, qui, à l'origine, avait donné réftulièrement cruelté, cruaim, cruauté.

t CRUCUADE (kru-cha-d*) , s. f. Sorte de bouillie de maïs.

— ÉTYM. Crucfte; cette préparation se faisant dans une cruche.

CRDCIIK (kru-ch"), s. /". Ill'Vase en poterie à large panse Aller quérir de l'eau avec une cruche. D'un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe; Il l'avale d'un trait, et, chacun l'imitant, La cruclie au large ventre est vide en un instant, boil. Lutr. I. Le pilote couronné de fleurs laissait le gouvernail et tenait en sa main une grande cruche de vin qu'il avait presque vidée, fén. Tél. iv |1 2° Quantité de liquidecontenuedansunecruche. Unecruched'huile. Répandre une cruche d'eau. Joseph ne cessa de me donnera boire de grandes cruches d'eau, ciiateai;b. Ilin. 246. Une cruche de vin de Kalerne se vendait cent deniers romains, montksq. Esp. vu, 2. || 3° Familièrement. Personne ignorante et stupide. J'aimerais mieux cent fois être grosse pécore, Devenir cruche, chou, lanterne, loup-garou, Etque monsieur Satan vous vint tordre le cou, mol. l'Ètour. i, il. Cornes cela! vous me prenez pour cruche! Ce sont oreilles que Dieu fit, la font. Fabl. v, 4. Le cousin me connaît; oh! je ne suis pas cruche, Tel que vous me voyez, regnabd, le liai, 7. N'y aurait-il pas moyen de réveiller le deux-cents [nom d'un conseil à Genève]? s'il ne voit pas ici son intérêt, ses membres ne sont que des cruches, j. J. rouss. Lett. à M. d'Itiernois, Corresp. t. vi, p. <61 , danspouGENS. |{ Vous le feriez devenir cruche, se dit à ceux qui veulent trop s'opinifttrer ou trop tourmenter un homme. Il Proverbe. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse ou qu'enfin elle se brise, c'est-à-dire quand on s'expose souvent à quelque danger, à quelque tentation, on y succombe. || Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle s'emplit, arrangement du proverbe par Beaumarchais, pour signifierqu'une fille qui s'expose finit par succomber.

— HIST. xv" s. Jehanne print sa cruye ou bouteille, pour aler à l'eaue en une fontaine, oucangk, eniga. Pour ce est bien dit que tant va la cruche à l'eaue que le cul y demeure, le chev. de la tour, Inslr. à ses filles, t° 33, dans lacurne. || xvi's. La cruche va si souvent à la fontaine, qu'à la fin elle se rompt le col, desper. Contes, lxxxi. Telle terre, telle cruche, cotgrave. Ce chien, estant en peine d'avoir l'huile qui estoit dans le fond d'une cruche oïl il ne pouvoit arriver de la langue, alla quérir des cailloux et en meit dans cette cruche jusques à ce qu'il eust faict haulser l'huile plus prez du bord, où il la peust attaindre, mont, ii, 176.

— ÉTYM. Kymri, crwc, dont le radical est aussi dans l'allemand : anc. h. allem. cruoc, krôg; allem. mod. Krug.

CRUCIIÊE (kru-chée), t. f. La quantité de liquide quecontieiitune cruche. Une cruchée de vin. Va-t'en tout à l'heure à la fontaine de Jouvence, et m'en rapporte une cruchée d'eau, la FONT. PsycW, II, p. 470.

— ETYM. Cruche.

f CRUCUER (kru-ché), V. n. Ancien terme de musique. Se disait du son du tuyau d'orgue appelé cromorne.

f CRCCHERIE (kru-che-rie), î. f. Terme trèsfamilier. Bêtise, ânerie.

— ÉTYM. Cruche.

t CRUCHETTE (kru-chè-f), ». f. Petite cruche.

— HlsT. ivi's. Cruchette, cotgrave.

— ÉTYM. Diminutif de cruche.

CRUCUON (kru-chon), s. m. Petite cruche. || Le contenu d'un cruchon. Boire un cruchon de bi'Te.

— HlST. XV* s. Ung crugeon d'uylle, du cange, cruja. Il XVI* s. Un cruion d'huile de noix, d'aub. Fœn. m 3.

— ETYM. Dérivé de cruche; provenc. crtigo. fCRUCIADE (kru-si-a-d'), s. f. Bulle accordée

par les papes aux rois d'Kspagne et de Portugal, pour lever sur les ecclé.siastiques des décimes destinés aux guerres contre les infidèles,

— ÉTYM. Cruciade, croisade.

CRU

CRtJCIAI,, ALE (kru-si-al, a-l'), adj. Terme technique. Oui est fait en croix. Des ferrements cruciaux. Ah! quel plaisir je vais prendre à faire sur son corps [un corps à disséquer] une incision cruciale et à lui ouvrir le ventre depuis le cartilage liplioïde jusqu'aux os pubis! hauteroche, Cri.vpin médecin, il, 4. Le chirurgien me fit d'abord une incision cruciale, volt. Cand. 28.

— IIIST. XVI* s. Faut faire la section triangulaire ou cruciale, de grandeur qu'il sera besoin, pahS,

— ETYM. Lat. crux, croix (voy. croit).

tCRUClANELLE (kru-si-a-iiè-1'), s. f. Terme de

botani'iue. Genre de la famille des rubiacées {crucianeHa).

— ÉTYM. Lat. crux, crueis, croix.

CRITCIFRRE (kru-si-fê-r'), ad}. \\ f Terme d'architecture. Colonne crucif'Te, monument de religion, qui porte une croix, dans tes cimetières et sur les grands chemins || 2 Terme de botani(]ue. Plantes crucifères, plantes ainsi nommées à cause de la disposition de leurs pétales (]ui est en forme de croix. Il S. /■. plur. La famille des crucifères. La nombreuse famille des crucifères ou fieurs en croix, laquelle compose une classe entière dans presque tous les systèmes des botanistes, j. j. rouss. LM. sur la botan.

— ÉTYM. Lat. crtM!, croix (voy. croix), et le suffixe fer, qui porte.

t CRUCIFIANT, ANTE (kru-si-fi-an, an-t'), adj. Terme de dévotion. Qui crucifie, qui mortifie. On s'unit bien mieux à Dieu en sa volonté crucifiante, FÊN. xviii, 207. ôtez de la morale les maximes crucifiantes, la violence, l'humilité, mass. Car. Mot. de conv.

— ÉTYM. Crucifier.

CRUCIFIÉ, ÉE (kru-si-fi-é, ée)', part, passé. Il 1" Mis en croix, soumis au supplice de la croix. Les jésuites, quand ils se trouvent en des pays où un Dieu crucifié passe pour fohe, suppriment le scandale de la croix et ne prêchent que Jésus-Christ glorieux et non pas Jésus-Christ souffrant, comme ils ont fait dans les Indes et dans la Chine, pasg. Prov. B. Et nous, continue l'Apôtre, nous prêchons Jésus- Christ crucifié, scandale aux Juifs (et non pas miracle), folie aux gentils (et non pas sagesse), mais qui est aux Juifs et aux gentils appelés à la connaissance de la vérité, la puissance et la sagesse de Dieu, Boss. Hist. II, U. Ouvrez les yeux, incrédules; n'est-il pas vrai que la rémission des péchés vous a été prêchée au nom de Jésus-Christ crucifié? ID. ib. II, 10. Cette fable avait indisposé les Siamois contre la religion d'un Dieu crucifié, raynal, Ilist. phil. IV, 13. Il Substantivement, ô ridicule erreur, de vanter la puissance D'un imposteur, d'un fourbe et d'un crucifié! rotbou. Si Gen. v, 2. Si tu ne veux périr, charge sur toi ta croix. Suis du crucifié les douloureuses traces, corn. Imit. n, 12. C'est ce monde qui doit être pour vous un crucifié, c'est-àdire un objet d'horreur, mass. Car. Élus. Leur premier législateur [des chrétiens] leur a fait accroire qu'ils sont tous frères, depuis qu'ils ont renoncé à notre religion [le paganisme] et qu'adorant le crucifié, ils vivent selon ses lois : de sorte qu'ils méprisent tout etcroientque tout est commun, recevant ses dogmes avec une obéissance aveugle, d'ablancouht, Lucien, Mort de Peregrinus. \\ i° Terme de dévotion. Mortifié. Quelle vie I une vie soufl'raute et crucifiée! fléch. Dauph. || Fig. Rire crucifié avec Jésus-Christ, être entièrement mort au monde.

CRUCIFIEMENT ou CRUCIFÎMENT ( kru-si-fiman), s. m. || 1° Action de crucifier et aussi le supplice de la croix. L'action du crucifiement semble avoir élevé Jésus pour être l'objet de tout le monde; il est en butte à toute conlrailiction d'un côté; et de t'autre il est l'objet de l'espérance du monde, boss. dans le Dict. de uochez. Nos sibylles ont prédit le crucifiement de cet ami de la vérité, volt. Phil. V, 264. Il Tableau représentant Jésus- Christ sur la croix. Le crucifiement de Kubens Il 2°Kig. Mortification. Le crucifiement de la chair. Klle [Ste Thérèse] porte la chanté jusqu'à l'union intime avec son époux, l'humilité jusqu'à l'anéantissement, la pauvreté jusqu'à l'entier dépouillement des liiens et du désir de les posséder, la chasteté jusqu'au continuel crucifiement de sa chair, FLâca. Panég. Ste Thérèse.

— ÉTYM. Crucifier; provenç. erucifiamen; anc catal. cnicrficavien.

CRUCIFIER (kru-si-fi-é), je crucifiais, nous crucifiions, vous crucifiiez; que je crucifie, que nous crucifiions, que vous crucifiiez, i\ a. || 1° Infliger le supplice de la croix. Alexandre, ayant pris une

CRU

j ville où plusieurs rebelles s'étA'ent enfermés, en I emmena huit cents à Jérusalem, el les fit touscruj cifier en un même jour, bollin, Ilist. anc. CEu-

I tTf», t. IX, p. 451, dans pougens Et les auteur*

du crime Sont fils de ces bourreaux qui t'ont [6 Jésus] crucifié, HALH. VI, ï7. Ne suffit-il pas de voir I par l'Evangile que ceux qui crucifiaient Jésus-Christ avaient besoin du panlon qu'il demandait pour eux, quoiqu'ils ne connussent pas la malice de leur action? pAsc. l'rov. 4. Il est vrai que, dans la dernière persécution, et trois cents ans après Jésus- Christ, les païens, qui ne savaient plus que reprocher ni à lui ni à ses disciples, publièrent de faux lactés de Pilale, où ils préleiidaienl qu'on verrait les crimes pour lesquels il avait été crucifié, boss. Hitt. I II, 12. Il Par exagéraiion. Je mêlasse plutât laissé crucifier Que.... Régnier, ScU. xi. || Se faire crucifier pour quelqu'un, lui être compléiemeiit dévoué. Il Se faire crucifier pour quelque chose, souffrir tout ptiur cette chose. || 2° Fig. Mortifier, sacrifier. [Celui qui] De la chair et des sens tellement se défie, Qu'k force de ferveur l'esprit les crucifie, corn. /mil. m, 48. Les macérations vivifient l'ànie en crucifiant le corps et la chair, patru, Ptaid. 15, dans richklbt. Il faut renoncer à tout, tout crucifier pour le suivre, boss. Ilisl. u. 11. Pour lui apprendre à crucifier sa propre chair, lo. Serin. Quinq. i. Nous devons crucifier en nous le vieil homme, ID. Pén. 3. La nuit du prétoire, les crachats, les soufllels, le» fouets, les dérisions, le buis falal, ces images affreuses U crucifient par avance [l'âme de J. C.J, hass. Car. Passion. Les chiétiens ont crucifié leur chair avec ses désirs. ID. Car. Riche. Il faut vous appliquera crucifier vos sens, id. ÈÊyst. Miser. || Al.solument. Mais elle est menée par une autre voie, par celle qui crucifie davantage, boss. Anne de Goni.

— HlST. XII* s. Ne sunt pas fil Jesu, ainx sunt tiiit forsligiiié; N'erent uan [cette année], s'il poent, pur Deu crucifié, Th le mart. i27. E si cum en Calvaire untDeu crucifié ib. 150. ||xiii*s. Dame en cui nous nous fions. Devant vous nous crucefions; Dame, par Dieu merchi prions, Et vos crioas, Vierge saintisme , Poésies fr. avaiU I3oo , t. u, p. 872, dans laclrne. Que, puisque Dieu laissa sou cors crucefier, Berte, xi. Si m'aïst Diex li crucefls, la Rose, 19409. Lors m'assaillent tuit de rechief; Chascun à hors bouter me tent : Il ne me grevas! mie tant Oui me vosist crucefier, ib. 16271. || xt* s. Toutes excuses mises derrière, sa commune crioit: Crucifif,'el crucifigel o. chastelain, Chron. du duc Philippe, ch. 65. ||xvi*s. Elle commanda aux bourreaux qu'ils crucifiassent et attachassent son corps en travers à trois crois, amtot, Artax. 21.

— ÉTYM. Picard, cruchifié , mortifié; provenç. et espagn. cruci/icar; de crux, croix, el /icar, ficher (voy. ficher). L'italien dit crociftggere, dérivé directement du latin figere, fixer.

CRUCIFIX (kru-si-fl; l'ï se lie: un kru-si-fi-z en ivoire), s. m. ]| Représentation de Jésus-Christ attaché à la croix. Un crucifix de bots. Baiser le crucifix. Des pieds d'un crucifix devant lequel il avait accoutumé de faire sa prière, il écrit à Erasme des choses si tendres sur les douleurs ineffables de Jésus-Christ, BOSS. Var. Il, § 24. Madame demande le cruciflz sur lequel elle avait vu expirer la reine, sa bellemère, comme pour recueillir les impressions de constance que cette Ame vraiment'chrélienne y avait laissées avec les derniers soupirs, ID. Dueh. d'Or!. M. de Conilom [Bossuet] lui parlait toujours; el elle lui répondait avec le même jugement que si elle n'eût pas été malade, tenant loiijnurs le crucifix aliaché sur sa bouche; la mort seule le lui fil abandonner, M'»* de la Fayette, Hist. d'Ilmr. d'Angleterre, ÙEuvres, t. m, p. 187, dans laclrn». Je n'osais!... mais le prélre entendit mon silence. Et, de ses doigts [de la morte] prenant le crucifix - Voilk le souvenir el voilà l'espérance; Einporlez-les, mon fils, LAMABT, Nour. mtd. 22. Il Mettre une injure au pied du crucifix, la souffrir |>aliemm>-nt pour l'amour de Dieu. || Fig. et faïuilièremeiil. Un mangeur de crucifix, un faux dévot. Aller dans les églises manger les crucifix. ]] Confrérie du crucifix, à Rome, société de bienfaisance. || Popul.iirement. Faire le demi-crucifii, c'est demander l'aumAne, parce qu'on n'étend qu'un bras pour la recevoir.

— HIST. xii* s. Entrée en est el mustier saint Geri ; En crois se met devant le crucefi. Dieu reclama qui onques ne menti, Raoul de C. i*. || xili* s. Quiconqucs veut estre ymagiers à Paris, ce est k savoir lailleres de crucefix, tir. des met. 16&. Se raison vient, point n'en créés; S'el votis aportoit crucolii, Nel créés point ne que ge Hz [ne la croyez ^las plus que je iio la crus], la Rose, I6M7. Diex veut que

CRU

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vous l'alez vengier, Sans controver nul autre essoine, Ou vous lessiez le patrimoine Qui est du sanc au crucefi: Ma) le tenez, je vous afi.... rl'teb. 88. Il XIV" s. Et riches croces à evesques, A aliez et à archevesques, Crucefiz et ymagerie D'argent et d'yvoire entaillie, Dict drs marcheans, dans de la- BORnK, Émaux, p. 237. || xvi' s. Je n'estdis pas grand mangeur de crucifix, et je sentois un peu le fagot, Sal.Mén. p. 72. Quel devotieux Ypocrite, Qui faisiez semblant de manger Les crucefix, et estre hermitel l'Amant rendu cordelier, p. 532, dans

LACURNE

— ÉTYM. Provenç. crucifie; espagn. crucifixo ; ital. croct/isio ; du latin cruct'/iius, de crux, croix, et jixus . attaché (voy. fixk).

t CRUCIFIXION (kru-si-fi-ksion), s. f. Action de crucifier. Dans le manicliéisme la crucifixion du Clirist est le symbole des souffrances de la nature el de rime humaine, Nicolas, Uev. Germ. t. viii,

— ÉTYM. Crucifix.

t CRUCIFORME (kru-si-for-m') , adj. Qui est en forme ae cruix. || Terme d'anatomie. Ligaments cruciformes. Petits ligaments en forme de croix qui affermissent l'articulation des phalanges.

— f.TYM. Lat. erux (voy. croix) , et forma (voy.

FORME f).

t CRUCIGÈRE (kru-si-jê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une croix.

— F.TYM. Lat. crux, croix, et gerere, porter.

t CRUCIROSTRE (kru-si-ro-str"), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a le bec croisé.

— Ftym. Lat. crux, croix, et rostrum, bec. CRUDITÉ {kru-di-té),i./". || l'lîtatde ce qiiiestcru.

La crudité des fruits, des viandes. Le fruit est mùr et garde, en sa douce ftpreté. D'un fruit à peine mûr l'aimable crudité, A.CHÉN.ylrcase( PaWmo«. || 2° Aliments crus. Manger des crudités. || 3° Terme de médecine. La crudité des humeurs, l'état des humeurs qui ne sont pas encore arrivées à ce que les anciens médecins nommaient coction. {| i;rudité des maladies, élat où elles n'offrent encore aucun signe de coction. Il 4° Mal d'estomac venant de la mauvaise qualité de certains aliments dont la digestion est difficile. Il Fig. Tu dis.... Que mes vers à les ouïr lire Te font venir des crudités, malh. iv, I5. Nos faiseurs de notes ne rapportent dans leurs écrits que la crudité et l'indigestion de leur lecture , balj. liv. v, lett. t8. Il 5° Fig. Qualité de ce qui est non mitigé, comme les substances qui ne sont pas mitigées par la cuisson ou la maturation. F.n ce sens il s'emploie dans les cas suivants. || Crudité de l'eau, état de l'eau qui contient une forte proportion de sels calcaires et qui est froide, indigeste. || Terme de peinture. Effet dur et tranchant des tons crus. Il Expression qui est trop libre, ou qui a quelque grossièreté. Les crudités sont de mauvais goût. La politesse n'avait point appris aux héros d'Homère à se quereller noblement, et la crudité des injures qu'Achille dit à Agamemnon n'était encore que de la franchise, marmont. Ess. sur le goût, OKuvres, t. IV, p. 347, dans pougens.

— ÉTYM. Provenç. cruditat; ital. crudità ; du latin crudilalem, de crudus, cru.

t CRUDl'VORE (kru-di-vo-r'), adj. Terme didactique. Populations crudivores, celles qui ne se nourrissent que d'aliments crus.

— f.TYM. Lat. crudus, cru, et vorare, manger. CRUE (krue), s. /■. || l" Élévation du niveau des

eaux d'un cours d'eau, par suite de pluies ou de fonte de neiges. Ce fleuve [Nil], qui prend sa source dans l'Ethiopie, doit son accroissement à des nuages qui, retombant en pluie, occasionnent sa crue périodique, raynal, Ilist.phil.xi, 3. Montez à travers Blois cet escalier de rues Que n'inonde jamais la Loire au temps des crues, v. nuGO, F. d'aut. 2. Il 2° Croissance. Cet enfant, cet arbre n'a pas pris toute sa crue. || 3° Autrefois l'augmentation des tailles. La crue de la taille. || Dans l'ancienne pratique et en matière d'inventaire, le cinquième denier au-dessus delà prisée, lequel était attribuéaux commissaires-priseurs, parce qu'alors ils étaient responsables. La crue est abolie. Estimation à juste prix et sans crue. || En un autre sens. Je ne sais qui a pu imaginer que nous demandions à prendre le soi de la ferme à bas prix, pour en tirer un petit profit qu'on appelle crue, volt. Lett. Dupont, lo

OCt. 4776.

— HiST. xiii« s. Ne scet l'en [l'on] dont celleoreue [du Nil] vient, mez que de la volenté de Dieu, JOINV. 220. Il XV s. Qui du marchié le denier à Dieu pruui, Il n'y peut mectre ne rabat ne creUe, CH. d'orl. iond. Octroions que tout le sel qui sera vendu

es grenierà sel do nostre pays de Normandie.. ..soit vendu à la creue de douze deniers tournois sur chacim minot pour les deniers qui vendront [viendront] de ladite creue.... tourner et convertir au profit de nostre dit conseiller, vallet de vibiville, Chron. de la Pucelle, p. 78. ||xvi's. Que les creues des compagnies de gens de pied, et la levée des Suisses n'estoit à autre fin que pour ruiner les lipguenots, CASTELNAL', («6. Joinct les ordinaires commi.ssions des creues et recreues, que l'on distribue par toutes les provinces , causées sur levées des deniers, pour la subvention de ses affaires, carl. IV, 5.

— ÉTYM. Féminin du participe crû; provenç. crequda; catal. crescuda; espagn. crecida.

CRUEL, ELLE (kru-èl, è l'), odj. ||l°Oui aime à infliger des souffrances, la mort. Un tyran cruel. Lecruel Henri VIII fit périr plusieurs de ses femmes. Valérien ne fut cruel qu'aux chrétiens, Boss. Ilist.

1, 10. J'ai mendié la mort chez des peuples cruels, HAC. Andr. n, 2. Mes inhumaines sœurs sont d'autant plus cruelles. Qu'elles le sont par piété, lamotte, Odes, t. 1, p. 500, dans pougfns. Perfide par instinct et cruel par penchant. Son âme est un enfer et sa vie un long crime, masson, Uelvél. ii. Dans cette guerre à mort, leur donner la vie [aux prisonniers], c'eiU été se sacrifier soi-même; on fut cruel par nécessité; le mal venait de s'être jeté dans une si terrible alternative, sègur, Hist. de Nap. IX, 8. Il Les plus cruels ennemis, les ennemis les plus acharnés. || Il se dit de quelques animaux. Le tigre est un animal cruel. || 2° Qui a un caractère de cruauté, en parlant des choses. Un ordre cruel. Une politique cruelle et ambitieuse. Une guerre cruelle, sanglante, acharnée. Cruelle bataille, rac. Théb. III, 4. On fit une cruelle boucherie de ces brigands, vertot, néiol. rom. xi, p. f43. Loin do ces lieux cruels précipitez vos pas, rac. Iphig. iv, to. Je suis persuadé plus que jamais de l'innocence des Calas et de la cruelle bonne foi du parlement de Toulouse, VOLT. Lett. d'Argental, 2i juin I76l. Une guerre longue et cruelle, inutile à l'Autriche, funeste à la France, profitable aux seuls Anglais, et glorieuse au seul roi de Prusse, qui, après l'avoir soutenue pendant sept ans contre la moilié de l'Europe, l'a terminée sans perdre un village, b'alemb. Eloges, milnrd Maréchal. Ses expériences n'avaient pu être faites sans assujettir un grand nombre d'animaux à des douleurs cruelles; et c'etlt été acheter bien cher une vérité inutile; M. de Haller le sentait, condorcet, Haller. |13°Dur, sévère, rigoureux, en parlant des personnes et des choses. Père, tuteur cruel. Une peine cruelle. Des devoirs cruels à remplir. C'est cette vertu même à nos désirs cruelle, Que vous louez encore en blasphémant contre elle, corn. Poly. il,

2. Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds, BAC Iphig. ii, 2. Hélas! fus-je jamais si cruel que vous l'êtes? m. Andr. l, 4. Tous deux hais du peuple, et tous deux admirés; Enfin, par leurs efforts ou par leur industrie. Utiles à leurs rois, cruels à la patrie, volt. //enr. vu. Ses parents, à la fois jacobites et catholiques, étaient opprimés, à ce dernier titre, sous des lois cruelles, indignes de la sagesse et de l'humanité des lois anglaises, mais qu'une fausse politique avait crues nécessaires dans le siècle dernier, condobcet, d'Arci. || 4° Douloureux, fâcheux. C'est une chose cruelle que d'être abandonné de ses amis. Quels reproches cruels ne nous ferons-nous pas'? corn. Sertor. ii, 2. Je dois TOUS annoncer, Léandre, une nouvelle, Mais la trouverez-vous agréable ou cruelle? mol. l'Étour. n, to. Le ciel eut pour ses vœux une bonté cruelle, LA FONT. Fabl. VII, )7. C'est une cruelle chose que de mettre sa vie entre les mains d'un médecin, qui croit fermement qu'il va prendre possession d'une souveraineté en Italie, sév. t. x, lett. toi2, dans POUGENS. Ce ne peut être que cette seule curiosité qui vous ait fait faire une si cruelle imprudence, M'"' DE LAFAYETTE, J'rinc. deCUves, Œuvres, t. ii, p. 185, dans POUGENS. Non, vous ne verrez pas cette fête cruelle, rac. Baj. n, 5. Ah! souvenir cruel, ID. Andr. i, 4. Et ton nom paraîtra dans la race future Aux plus cruels tyrans une cruelle injure, ID. Brit. v, «. [C'est lui qui] Veut, la force à la main, m'attacher à son sort Parun hymen pour moi plus cruel que la mort, ID. Mithr. 1, 2. Mesdames [les sœurs du roi] savaient combien est cruelle pour ceux qui souffrent, la perte du médecin dont ils attendent la conservation de leur vie ou la fin de leurs douleurs, condorcet, Bourdcitn. Il Destin, sort cruel, destin, sort tout à fait contraire. Que ma destinée est cruelle! mol. le Fcst. m, 4. || 5° Insensible. Beauté cruelle. Et même en ce moment où ta bouche

cruelle Vient .« tranquillement m'annoncer le trépas, RAC. Andr. iv, 6. Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissait à ses pieds peu s'en faut prosternée! ID. Phèd. III, t. Eh! comment font tant de jeunes filles qui, pendant des mois entiers, résistent à leur penchant, cachent leur amour, et paraissent non-seulement insensibles, mais encore cruplles à un amant qui leur plaît? saint-foix, Oracle, se. 7. || Dans le langage familier. Cette femme passe pour n'être pas cruelle, elle cède facilement à ceux qui la poursuivent. || 6" Un cruel homme, un fScheux, un ennuyeux personnage; une cruelle femme, une femme bien insupportable. || 7° Substantivement. La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles; On a beau la prier; La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier, malu. VI, 18. Vous triomphez, cruelle, et bravez ma douleur, RAC. Iphig. II, 5. Un cruel (comment p^is-je autrement l'appeler?) Par la main de Calchas s'en va vous immoler, id. Iphig. m, 6. Je ne t'ai point aimé, cruel ?qu'ai-je donc fait? id. .4ndr. iv,5. || 8°Femme qui n'écoute pas un amant. Venge-toi d'une ingrate et quitte une cruelle, corn. Nicom. v, 1. Soulagez mon tourment, disais-je à ma cruelle; Ma mort vous ferait perdre un amant si fidèle Qu'il n'en est point de tel en l'empire amoureux, la font. Poésies mêVes, xlv. Mon fils me parle de la grosse cousine d'une étrange façon; il ne désire qu'une bonne cruelle pour le consoler un peu, sÉv. t. vu, p. «49, p. 17, d.jns POUGENS. Les cruelles ne me sont rien, Je ne crains que les infidèles, fonten. Poésies past. Gluvres, t. iv, p. 22, dans pougens. Ceux qui son) accablés des rigueurs d'une cruelle y viennent soupirer, montesq. Gnide, 1. Si elle vous nomme audacieux, vous l'appellerez cruelle; les femmes aiment beaucoup qu'on les appelle cruelles, beau- MAHcn. Barbier, iv, 5. || Familièrement. Ne pas trouver de cruelles, être toujours heureux en amour. Jamais surintendant ne trouva de cruelles, boil. Sat. VIII. Il Familièrement. Faire le cruel, se montrer dédaigneux à l'égard des femmes. || 9° S. f. Cruelle, nom qu'on donne à de l'eau-de-vie rendue plus brûlante par l'addition de substances acres.

— REM. 1. On dit (les exemples rapportés le prouvent) être cruel \ quelqu'un. Mais on dit aussi : être cruel envers quelqu'un. || 2. Il faut faire aaention à la différence de sens que produit quelquefois la place de cruel: un homme cruel, c'est un homme qui a de la cruauté; un cruel homme, c'est un homme insupportable.

— HiST. XII' S. Cruez hom est Reliant, Ronc. p. 20 Ja de crueul au desseure [dans le triomphe] N'orrés [vous n'ouirez] dire bon recort, Couci, iv. Ha! douce riens cruels, tant mar [je] vous vi. Quant pour ma mort nasquites sans merci , ib. ix. Au mont [monde] n'a [il n'y a], voir, si cruel traîson Qu'un bel semblant et courage félon, ib. ix. Lors vous truis je [je vous trouve] cruel si durement, ib. x. Car tant est fors et crueus sa prisons, ib. xiii. Mais j'ai de ce moult cruel avantage, Qu'il les m'esteut sur mon cuer obéir, ib. xix. Celé [madame] me fut crueus à l'acointier, ib. xxi. Je chanterai, car plus ne m'en puis taire. Pour conforter ma cruel aventure, ib. p. 125. [Ils] Ne leur poissent [pussent] faire un plus cruel cembel [combat] , Sax. ix. Si que 11 rois puist dire.... Qu'onc vers lui ne plaidierentsi cruel aversaire, tî». xxxi. || xiii* s. [Toi] Qui ainsi m'as traïe de traîson crual, Berte, xxvi. Tant cum Gauvains li bien apris Par sa cortoisie ot le pris, Autretant ot de blasme Keus Por ce qu'il fu fel et crueus, ib. 2106. Et por ce que lor espée esperituel est plus cruel que le [la] temporel, porce que l'ame y enquort, doivent moult garder cil qui l'ont en garde, qu'il n'en fièrent sans reson, beaum. xlvi, 1 1 . Trop sont li mal cruel à sousteni r Ee fi ne amours me fait sentir souvent, Bibl. des Chartes, t. v, 4« série, p. 487. Il XV" s. Les aucuns en donnent la droit de la guerre qui fut en ce temps si grande et si cruelle en Flandre, froiss. ii, ii, 82. Le prince de Galles, qui estoit courageux et cruel comme un lyon, print ce jour grant plaisir à combattre el chacer ses ennemis, id. liv. i, p. 105, dans lacurnk. Tout homme armé doit estre par effect Crueulx devant, piteus après victoire, e. desch. Poésies mss. f» 109, dans LACURNE. Il xvi's. Mais la cruelle, accoustumée X tromper son poursuivant , S'enfuit comme une fumée Qui se perd au gré du vent, noNS. 549. Par trop cruel à son ennemy Sera rude à son amy, leroux de LiNCY.Proiî. t. ii, p. 307.

— ÉTYM. Bourguig. crual, croufJ; provenç. cruzel, cruel; espagn. cruel; ital. crudele, du latin crudelis. dérivé de crudus. Dans l'ancien français au nominatif singulier cruelt ou crueus pour les deux

CRU

genras; au régime cruel pour les deux genres, «u pluriel nominatif cruel pour les deux genres; au régime cruels ou crueus. De cette forme cruels ou erueut, on arait tiré un adjectif irrégulifcrement formé crueus, crueuse : De plus crueuse besle ne fu parole oie, Berte, ii; En si crueuses batailles et si périlleuses, froiss. i, i, ).

CRUELLEMENT (kru-è-le-man) , adv. || 1° D'une manière cruelle, avec cruauté. Il le fait mourir cruellement. Cruellement docile aux leçons de ton maître, TOLT. Fanât, m, 8. || 2" D'une façon douloureuse. Cruellement humilié. Cruellement blessé, mais trop fier pour me plaindre, volt. Zaïre, iv, î.Cruellemenl«trompé, je t'ai trompé toi-même, ID. Tancr. V, 6. La marmotte a les quatre dents de devant assez longues et assez fortes pour blesser cruellement, BUFP. Marmotte. Enfin on atteignit Gjatz avec la nuit; mais cette première journée d'hiver avait été cruellement remplie; l'aspect du champ de bataille, de ces deux hôpitaux abandonnés, cette multitude de caissons livrés aux flammes, ces Russes fusillés.... sÉGun, Uist. de Nap. ix, 8. || 3° Familièrement. Cruellement laid, très-laid. Charaillart se trouva d'autant pins flatté [de la demande de la Feuillade] que sa fille était cruellement vilaine, st-sim. 99, B8. L'esprit y est toujours naturel et exempt de ce jargon ridicule, à la fois puéril et barbare, dont plusieurs de nos pièces modernes sont si cruellement infectées, d'alemb. Éloges, Boissi. Sa gloire, cruellement obscurcie par la fin de son règne, au moins si on en juge par les événements, ID. Éloges, Card. d'Est.

— HIST. XIII* S. Et quant il melTont, li baillis les doit plus cruelment punir de lor meffet que nule autre manière de gent, beaum. 25. {{ xv* s. [Le prince doit] Requérir crueusement Son ennemi, et mener doucement Ses vrais subgiez, sans asservir nuUi, E. DESCH. Des vertus nécess. au prince.

— ÉTYM. Cruelle, et le suffixe ment; provenç. cruxelmen; catal. crudelment ; espagn. cruelmente ; ital. crudelmente. L'ancien adverbe était cruelment, régulièrement formé, et crueusemtnt , irrégulièrement formé.

tCRCENTATION (kru-an-ta-sion ), s. {. Nom donné par les anciens médecins au phénomène du .suintement et même du jaillissement de sang, plus ou moins de temps après la mort, par les plaies d'une personne tuée; phénomène auquel on attachait une valeur superstitieuse et fausse pour la découverte des meurtriers.

— ÉTYjl. Lat. cruentatio, de même radical que cruor (voy. ce mot).

t CRCMÉNIFÈRE (kru-mé-ni-fê-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une bourse.

— *TYM. Lat. crumena, bourse, et (er, qui porte.

t CRU.MÉ.VOPHTUALME (kru-mé-nof-tal-m' ), adj. Terme de zoologie. Se dit de poissons qui ont l'œil entouré d'une bourse. || S. m. pi. Les cruménophthalmes, famille de poissons de mer du genre des scombres.

— ÉTYM. Mot hybride formé du latin crumena, bourse, et du grec ôçOainè;, oeil.

CRCmeNT (kru-man) , adv. D'une manière crue, sans ménagement ni correctif. Mademoiselle, personne n'est encore mort de votre absence, hormis moi; et je ne crains point de vous le dire aussi crûment, parce que je crois que vous ne vous en souciez guère, VOIT. Lett. MO. Ne lui laissez point penser tout crûment qu'on la sacrifie, sÉv. 44). Oui, pour vous, dit Cloris, qui passez cinquante ans... Car, pour vous découvrir le fond de ma pensée, Je me plais aux livres d'amour. Cloris eut quelque tort de parler si crûment, la font. Ballade. Je sens qu'un prince très-délicat sur la charité du prochain pourrait s'effaroucher aisément de ce qui est dit un peu crûment par rapport à sa délicatesse, ST-siM. î«5, «a. Non d'un vrai sec et crûment historique. Mais de ce vrai moral et théorique, Qui, nous montrant les hommes tels qu'ils sont, De notre cœur nous découvre le fond, J. b. nouss. Ép. ii, 4. Rendre crûment la vérité commune est le talent d'un ouvrier; faire mieux que n'a fait la nature ellemême et l'embellir en l'imitant est l'art réservé au génie, marmoht. ÉUm. litt. Œuvres, t. vu, p. 45, dans pouGKNS. Les femmes, à qui l'on reproche tout crûment dans las Harangueuses [d'Aristophane] de se soûier, de ferrer la mule et bien d'autres espiègleries, tD ib. t. II, p. 398.

— HIST. XVI' s. Ce propos, encore qu'il soit dit un peu trop cruement et témérairement, pourroit sembler véritable, aictot, Phoc. i.

— ÉTYM. cm pour crue, et le suffixe ment.

DirT. riE I.A T.ANGIJ!; fran':aise.

CRU

i CRUOR (kni-or), s. m. Terme d'anatomie. Matière colorante du sang, ou, plus souvent, le caillot lui-même, et, quand il y a couenne, la partie du caillot colorée par les globules sanguins.

— ÉTYM. Lat. cruor, sang. Il y a dans le celtique : irlandais, cru; kymri, crau, sang.

t CRUORIQUE (kru-o-ri-k'), adj. Terme d'anatomie. Oui appartient au cruor. Éléments cruoriques du sang, parties solides de ce liquide, qui, par leur réunion , constituent le caillot.

— ÉTYM. Cruor.

CRURAL, ALE (kru-ral, ra-l'), adj. Terme d'anatomie. Oui appartient à la cuisse. L'artère crurale. Les nerfs cruraux. || Plexus crural, réunion des branches antérieures des quatre dernières paires de nerfs lombaires et des quatre premières paires de nerfs sacrés. || Arcade crurale, repli formé par l'aponévrose abdominale et qui est fixé d'une part à l'épine iliaque antérieure supérieure, de l'autre au pubis. Il Canal crural, aussi nommé anneau crural, anneau fémoral, canal par où passent les vaisseaux cruraux à leur sortie de l'abdomen.

— HIST. xvi* s. La huitième ramification fait les iliaques, jiisques h ce qu'elles soyent hors du péritoine, où les crurales commencent, pabê, i, î2. Le muscle crural, ID. iv, 37.

— ÉTYM. Lat. eruralis, de crus, jambe.

t CRUSCA (krou-ska), s. f. Académie de la Crusca, académie célèbre, établie à Florence en (682, pour le perfectionnement de la langue italienne. Il faut voir aussi une autre espèce de ménagerie, c'est la salle de l'académie de la Crusca, où le siège de toutes les chaises sur lesquelles on se met est une hotte et le dos une pelle à four; le directeur est élevé sur un trône de meules; la table est un pètrissoir; les garde-robes sont des sacs; on tire les papiers d'une trémie; celui qui les lit a la moitié du corps passé dans un blutoir et cent autres coîonneries relatives au nom de la Crusca, qui signifie son de farine; car le but de son institution est de bluter et ressasser la langue italienne, pour en tirer ce qu'il y a de plus fine Heur de langage, rejetant ce qu'il y a de moins pur, de brosses, Lettres sur l'Italie, t. II, lettre 2.

t CRUSCANTISME (krou-skan-ti-sm'), s. m. Purisme, en parlant de la langue italienne. Il avait rapporté [de l'université] une assez forte dose de cruscantisme, j. i. Bouss. Conf. m.

— ÉTYM. Crusca.

CRUSTACÊ, ÉE (kru-sta-sé, sée), adj. \\ l' Terme de zoologie. Qui a l'apparence d'une espèce de croûte. Les vers dont le corps est logé dans un tuyau crustacé ou pierreux sembUnt lier les insectes avec les coquillages, bonnet, Contempl. nat. 3« part, ch. 20. Les œufs des insectes sont de deux genres : les uns pont membraneux, comme ceux des tortues et des reptiles; les autres sont crustacés, comme ceux des oiseaux, m. ib. t. vin, p. (21, dans pougens. Il Terme de botanique. Péricarpe crustacé , celui qui est mince, très-fragile, et que l'eau ne peut ramollir. || 8° Terme de zoologie. Qui est revêtu d'une sorte de croûte, d'une écaille. || S. m. plur. Nom d'une classe comprenant tous les animaux articulés, qui ont la tête confondue avec le thorax, une croûte extérieure plus ou moins calcaire, des pieds articulés au nombre de 5 à 7 paires, et qui respirent, soit par des branchies, comme les crabes, les écrovisses, les cloportes, soit par la peau, comme les lernées. || 3° Terme de médecine. Qui est accompagné de croûtes à la peau. Dartre cruslacée. Lèpre crustacée.

— ÉTYM. Lat. crmia, croûte.

t CRUSTACÊEN, ENNE (kru-sta-sé-in, è-n'),ad;. Terme de zoologie. Qui a rapport aux crustacés.

t CRUSTACIXE (kru-sta-si-f), J. m. Crustacé fossile.

t CRUSTODERME (kru-sto-dèr-m'), adj. Terme de zoologie. Se dit de poissons qui ont la peau dure et croûteuse. || S. m. pi. Les crustodermes, tribu de poissons qui ont la peau ainsi constituée.

— ÊTYM. Mot hybride formé du latin cruxto, croûte, et du grec Sépaa, peau.

t CRUSTULIFORME (kru-stu-li-for-m') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un échaudé.

— ÉTYM. Lat. crustula, diminutif de enula, petite croûte, et forme.

CRUZADE (kiu-7.a-d'), s. f. Cruzade vieille, monnaie d'or des Portugais, valant 3 fr. 30 c. Cruzade neuve, monnaie d'argent valant un peu moins de s francs.

— *TYM. Portug. cruxado, de erux, croix (voy. croix); ainsi dite de ce qu'elle a été fabriquée à

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