‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 486 sur 504 · CANGE · texte numérisé non relu

CANGE

— ÉTYM. Crouler.

t CROCLARD (krou-Iar), t. m. Nom du traquet ou tarier (oiseau).

t CROULE ikrou-l') , s. f. Chasse aux bécasses à l'époque de l'nccouplement, au printemps.

CROIILEMENT (kiou-le-man) , ». m. Action de crouler. Le cioulement d'un bastion, d'une terrasse. Les rats qui sentent de loin le prochain croulement d'un logis l'abandonnent à temps, st-sim. 447, 229.

— HIST. XVI' s. [Les mœurs changent, se corrompent] Toiitesfois, pour la difficulté de nous mettre en meilleur estât, et le dangier de ce croulleinent.... si jepouvois planter une cheville à nostre roue, MONT. lii, 64. L'eiigraveure d'un cachet fut cause du plus horrible croulement que cette machine aye oncques souffert [la guerre civile deSyllaetMarius], iD. IV, <67. Le croulement et tremblement des coclies [voilures], in. iv, <89.

— ÉTYM. Crouler

CROULER (krou-lé), v. n. || 1° S'affaisser avec fracas, en parlant de masses solides qui tombent. N'est-ce que quand la maison croule Qu'on permet de crier au feu? bébang. G. nat. Ses greniers crouleront sous leur charge pesante, seorais, Céorg. i. Ces gigantesques monts crouleront à leur tour, la- MART. Harm. ii, 3. L'illusion n'est plus, et son temple a croulé, bernis, Relig. vengée, lu. Tes greniers crouleront SDUS tes grains entassés, relille, Géorg. i. i demi renversé croule un antique mont Avec les vieux sapins qui couronnent son front, id. Parad. perdu, VI. Et sur son frêle appui le colosse a croulé, ID. rroi» règnes, 1. 1| 2" Fig. Je vois crouler sur moi le fatal édifice Que mes mains élevaient avec laiit d'artifice, volt. Harianne, ii, I. Tous leurs systèmes [à ceux-ci ou à ceux-là] croulent par quelque endroit, œ. Sewt. ii, 7. Ce point une fuis manqué, Il est aisé de voir que tout le système de M. l'abbé Dubos croule de fond en comble, uontesq. Esp. xxx, 24. L'ouvrage de la sagesse n'est pas éternel, mais celui de la folia s'ébranle sans cesse et ne tarde pas

CRO

à crouler, baïkal, Uist. phil. iv, 8S. |{ 3« f. a. Agiter, secouer. En ce sens il a vieilli , mais il reste très-usité comme terme provincial. Je les compare à ces ambitieux Qui, monts sur monts, déclarèrent la guerre Aux immortels; Jupin, croulant la terre, Les abîma sous des rochers affreux, la font. Ballade au roi, 4 684, Poésies mêlées, LVii. {| Terme de marine, lancer à la mer. Crouler un vaisseau. Il Terme de vénerie. Crouler la queue, remuer la queue, en parlant d'une bête qui s'efl'raye.

— REM. Crouler se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand il exprime l'acte: la maison a croulé cetta nuit; avec l'auxiliaire éire, quand il exprime l'état : la maison est croulée depuis hier.

— HIST. XI' s. De son algeir [dard] [il] a la haste croUée [agitée], Ch. de Roi. xixiii. || xii* s. Par tel vertu [il] l'a [la lance] crolée et brandie, Jlone. p. 33. Et de cors et de membres [elle] par fu si avenanz, Qu'onques Dex ne fist homme, tant soit vielz ne crolanz, Se l'osast esgarder, ne li muast talanz, Sax. y. E nostre sires ferrad [frappera] Israël , e croler le frad si cume fait 11 rosels par celé rivière. Rois, 293. Les fundemenz des munz sunt esmeQz e crodiez; kar nostre sires est curuciez, ib. 205. Il XIII* s. Et assemblèrent si grant ost qu'avis estoit que toute la terre deust crolier des.sous aus [eux], Chr. de Hains, (44. Et fist garnir Saintes et les autres quatre casliaus moult bien , et s'en revint en France, et n'estoit roiaumes qui centre lui s'osast crolier, «6. <95. Et quant il entendit teus paroles, si croUa la tieste, et dist que par l'ame son père biel li estoit, ib. p. 74. Tapiz s'est desoz une espine, Que ne volt mie estre veûz, Ne s'est crolez, ne s'est meUz, Coiz se tient et puis si escoute, Ben. 60(5. Il xv s. De paour le corps me croule tous, la Pass. de N. S. J. C. Il XVI* s. Adonc veissiez armes bruyre et crouller, Chevaulx hennir, harnoys estinceller, J. MABOT, V, 449. X Ce seul mot, un gros marteau carré Frappe tel coup contre un portai barré Qu'il fait crousier les tours du lieu infâme, maeot, i, 25S. [Les vents] Croulent son tronc d'une horrible menace, Et de fueiUars pavent toute la place, nu bell. IV, 4 9, recto. Ung aultre jour, s'exerceoyt à la hasche, laquelle tant bien crouUoyt, que.... rab. Garg. i, 23. Abattans les noiz, crouUans tous les fruictz des arbres, iD. ib. i, 26. C'est un bastiment qui croulera tout, si vous y touchez, mont, i, 346. La secousse de nos entrailles en est si violente qu'il est malaysé qu'elle ne crouUe tout le corps, id. i, 3B6. J'ay le pied si instable et si mal assis, je le treuve si aysé à crouler et si prest au branle.... ID. Il, 323. Us manient cette matière, comme gents qui ont peur de s'eschaulder : croulez la tant soit peu; elle leur eschappe, ID. IV, 56. Tout croule autour de nous [change et se ruine], ID. iv, 86. Ils sentent le pouls du joug, et ne peuvent tenir de le crouler, ID. iv, 304. Courant çà et là, et croulant sa lance toute teinte du sang qui couloit au long, amyot. Galba. 32. La terre du fessé par sa propre pesanteur croule d'elle-mesme de jour à autre, o. de serres, 4u9. Pour garder les dents qu'elles s'esbranlent, les affermir croulans, les nettoier estans ordes et sales,

— ÉTYM. Normand, crolier, remuer; Berry, groûler, grouller, remuer; wallon, hrouler , tamiser; hourguig. craulai ; provenç. crollar, crotlar ; ital. crollare. Les formes crodùr, crollar, nécessairement plus anciennes que les autres, conduisent à un verbe bas-latin co-rolulare {rotuUire a donné en effet le provençal rotlar),de co, avec, et rolutore, rouler (voy. bouler).

CROULIER, 1ÈRE (krou-llé, liê-r"), adj. Qui s'enfonce sous les pieds, qui s'éboule, qui est mouvant, en parlant de la terre. Terre crouUère. Prés crouliers.

— ÉTYM. Crouler.

f CROULIÈRE (krou-liê-r') , *. f. Terrain qui est mouvant et qui n'est propre à aucune culture.

HIST. xV s. Et par dessus les montagnes et au

plain des valées estoient crolieres et grans marais, FBOISS. 1,1, 37.

— ÉTYM. Crouler.

CROUP (kroup') , ». m. Terme de médecine. Sorte d'angine, commune chez les enfants, et se caractérisant par le développement de fausses membranes dans les voies respiratoires et par une toux singulière qu'on a comparée au cri d'un jeune coq. Le croup, monstre hideux, épervier des ténèbres, Sur la blanche maison brusquement s'abattit. Horrible, et, se ruant sur le pauvre petit, Le saisit à la gorge; Ô noire maladie 1 De l'air par qui l'on vit sinistre perfidie! Qui n'a vu se débattre hélas I ces doux enfants Qu'étreint le croup féroce en ses doigts étouf-

CRO

fantsf Ils luttent; l'ombre emplit lentement leurs yeux d'ange, Et de leur bouche froide il sort un râle étrange, Et si mystérieux qu'il semble qu'^n entend. Dans leur poitrine où meurt le soufle haletant, L'atfreux coq du Ujmbeau chanter son auba obscure, v. uuGO, Contempl. m, 23. || Faux croup, maladie qui présente les principaux symptômes ilu croup, la difficulté de respirer et la voix croupale, mais où il n'y a point de fausses membranes; ce qui la rend infiniment moins dangereuse.

— ETYM. Mot usité à Ëdimlxjurg pour désigner cette maladie, ainsi que le dit Francis Home, dans son Traité du croup, 4766, et qui de là est pasté dans la langue méilicale ; gêner, group.

CROCPADE (krou-pa-d'), ». f. Terme de manège. Saut d'un cheval, qu'il fait en troussant les jambes de derrière sous le ventre, sans montrer ses fers, et qui est plus relevé que la courbette. Le cheval fit une croupade qui remit Kagotin en selle, scarr, iiom. corn. ch. 4 9.

— ÉTYM. Croupe.

t CROUPAL, ALE (krou-pal, pa-l'), ad;. Terme d« médecine. Qui a le caractère du croup. Voix croupale, Tcix des enfants affectés de croup et qui a été comparée au chant d'un jeune coq ou au son rendu par un tube d'airain dans lequel on souffle avec force.

— ÉTYM. Croup.

CROUPE (krou-p'), ». f. Il 1* Partie du cheval et de quelques autres animaux qui s'étend depuis la région lombaire jusqu'à l'origine de la queue. Ce cheval a une belle croupe, n'a guère de croupe. Une croupe, en largeur à nulle autre pareille, «OL. Fdch. II , 7. Sa croupe se recourbe en replis tortueux, RAC. Phèd. V, 6. Il Croupe avalée, celle qui tombe trop tôt et qui fait que l'origine de la queue est mal placée. Croupe de mulet, croupe pointue, aiguS. Croupe double, croupe formée par des muscles trèsdéveioppés, et présentant dans son mUieu un sillon longitudinal. || Porter la croupe au mur, faire aller un cheval de côté, la croupe tournée vers la muraille ou la barrière, et la tête et les épaules vers le centre du manège. || Gagner la croupe du cheval de son ennemi, l'approcher par derrière. || Monter en croupe, monter à cheval derrière la personne qui est en selle. Je suis tout seul à pied; lui de m'olfrir la croupe, Régnier, Sat. viii. La riame en croupe et le galant en selle, sév. 432. La princesse en croupe se met, la font. Fiancée. Porter en croupe belles damoiselles , hamilt. Gramm. 4. L'homme.... mil son fils en croupe, LA pont. Fabl. m, i. || Prendrequelqu'un en croupe, le mettre derrière soi à cheval. Il Fig. Un double ennui Allait en croupe à la chasse aveclui.LA font. Fauc. Le chagrin monteen croupe et galope avec lui. boil. Ép. v. Moitié figue, moitié raisin, avec la fraude en croupe, elle[Mme de Chevreuse] arracha le t;ibourel pour la princesse Guôméné, st-sim. B7, 2I7. || J" Terme de clia.sse qui se dit quelquefois pour cimier. || 3* Partie renflée d'une montagne. Nous franchîmes une des croupes du mont Sardène [près de Smyrne], chatealb. Itin. II, 33. Ils s'étaient saisis de la croupe du mont, VAUGBU Q. C. liv. m, chap. 4. Lorsque ses anciens vainqueurs se remissent pour l'attiquer dans celte position heureuse, il lâche un grand nombre de bœufs sur la croupe de ses montagnes, raynal, llitt. phil. IV, 4. Sur la croupe du montses mains allaient chercher L'eau qui tomlait des cieux dans le creux du rocher, dkulle, ïrot» rèynes, v. || 4° Terme d'architecture. Partie arrondie du comble qui surmonte le chevet d'une éghse. || Demi-croupe, la partie du toit formant le retour d'un comble en appentis. Il 6* Intérêt qu'on donne à quelqu'un dans les |.-rofits d'une place ou d'une entreprise financière; expression figurée dans laquelle on compare cet inlériH à la place secondaire qu'occupe sur un cheval l'homi'ie mis en croupe.

— HIST. XI* s. Courte la cuisse et la crupe bien large, Ch. de Roi. cxiii. || xii* s. Parmi les crope.s des destriers arabis, Ronc. p. 72. El destrier monte à la crupe estelée; X son col peni une targe roèe, Rmucl d* C. 7 4. Il xui's. Li roncis [le cheval] est magres et las, Crupe ot ague et les flans bas, Partonop. v. 777. Lors vindrent avant les sis batailles des barons de France qui estoient armées, et lor sergent et lor escuier à pié derrière, seur les cropes deleurchevaus, viLLEH. lxzxi. Et se ferirent sous les blasons si roidément, que il rompirent poitraus et chaingles et sa portèrent à terre par de.ssus les crupes des chevau.s , Chr. de Raiia, p. 66. i destre main [elle] batoit sa coupe.... Douche suer, mais bâtés la crupe Ki vou« fait faire les pechiés. Lai d^lgnaur. Garnement de ventres, de braieus, de croupes, de gorges ou

CRO

d'escroies, Liv. des met. 3S6. Et Renart prist la qeue asdenr, Et li renverse sor lacrope, J?en. 696. ||xv*s. Et si avoient les Escots leurs deux premières batailles estalilies sur les deux croupes de montagnes, FROiss. I, I, 41. Il XVI' s. 11 apperceut un valet portant en croupe une malle rouge, d'aub. Vie, xiii. 11 le mit en croupe derrière lui, ID. ib. xiv. Prenant sur une crouppe de montagne place de bataille, ID. Hist. I, 273. Ceux-là donneront en crouppe et en flanc, si bien que les Roiaux quittèrent le pied, ID. ifc. S48. Granderis avec huict chevaux et autant d'arquebusiers en crouppe alla enlever un logis, ID. l'b. n, *3. I.e roi de Navarre aiant mis les passions huguenottes en crouppe, ID. tb. 43. Le roi y séjourna quelques jours, pour donner ordre à plusieurs affaires que ses diligences avoient laissés en croupe, m. ti. m, 226. Afin que vous ne vous amusiez pas à la beauté de son poil ou largeur de sa croupe, mont, i, 324. Ils eussent fait leurs affaires sans se mesler de celles d'autruy, ains les laisser en croupe [rejeter, laisser derrière soi], bhant. Cap.fr. t. II, p. 34i,dansLACUBNE. Tous mes parents [c'est Alexandre qui parle après sa mort] demeurèrent non seulement en croupe, mais aussi furent misérablement meurtris par ceux que j'avois eslevez, pasquier, Recherches, p. »02, dans

LACUHNE.

— ÉTYM. Bourguig. crôpe; Berry, crope; namur. ciupe; saintong. courpe ; provenç. cropa ; catal. gropa; espagn. grupa; porlug. t/arwppo; iial. groppa. Le radical de ce mot signifiant quelque chose de ramassé, se trouve dans le germanique: Scandinave, kryppa; allem. Kropf, protubérance; et dans le celtique: gaél. crup, ramasser, conglomérer.

CUOUPÉ, ÉE (krou-pé, pée), adj. Terme de manège. Qui a une croupe formée de telle manière. Un cheval bien croupe.

— f.TYM. Croupe.

t CROUPETON (À) (krou-po-ton) , loc. adv. Dans uni situation accroupie.

— illST. xv« s. Or resgardez, ils veulent pondre : Veez comme ilz sont à croupetons, ilart. de St P. et St Paul. Ainsi lebon temps regretons Entre nous pauvres vieilles sottes, Assises bus à croppetons, Tout fin ung tas comme pelottes, villon, Regrets de la belle Heajdmyere.

— ÉTYM. Croupe; génev. d crepeîons; Neufchâtel, à crepotons; Lorraine, à cripotons.

f CROUPEUX, EUSE (krou-peû, peû-z'), adj. Terme de médecine. Qui appartient au croup; qui est affecté du croup.

CROUPI, lE (krou-pi, pie), part, passé de croupir. Ne se dit que des liquides qui sont gâtés par la stagnation. De l'eau croupie.

1 CROUPI.\T (krou-pi-a) , i. m. Terme de marine. Nœud qu'on fait sur le câble. || Aussière ou grelm frappé sur un des câbles que l'on paumoie à cet effet au moment de s'en servir ; on le fait passer par un des sabords de l'arrière.

t CROIIPIEN, lENNE (krou-piin, piè-n'), adj. Terme d'analomie. Muscles croupiens , les trois muscles qui forment la croupe.

— ETYM. Croupe.

CROUPIER (krou-pié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie: des krou-pié-z adroits), s. m. Il 1» Celui qui est associé avec le joueur tenant la carte ou le dé. C'est un bon croupier, il conseille bien. ChamiUart prit des croupiers [au jeu du roi], parce que le jeu était gros; il y fut heureux, sr- SIH. 70, 148. Il 2° Anciennement, celui qui assistait le banquier à la bassette et l'avertissait des cartes qu'il passait. || Le commis qui tient le jeu pour le compte du banquier dans les établissements de jeu. Il 3* Celui qui prend part à quelque affaire de finance, sans s'y faire nommer. Sur les trente-cinq sous réservés aux fermiers généraux, dix-neuf sont partagés à des croupiers inutiles, necker, Compte rendu au roi, janv. 4781 ,p. 43. || Celui qui a un intérêt dans la part d'un associé ; un sous-associé. || Fig. Celui qui est dans les intérêts d'un autre et lessoutient gecrètement. Dubois avait olitenu du récent de n'en parler à personne [du traité de La Haye]; mais je n'ai jamais douté que le duc de Noailles et Canillac , alors ses croupiers , n'en fussent exceptés, ST-siu. 454, t28. Le duc de la Force fut bien aveiti de se défier de d'Aumont à Sceaux et de se conduira comme avec le croupier de Mme du Maine, m. 378, 4)0. || 4' Terme'de droit canonique. Confidentiaire prêtant son nom à celui qui plaide pour un bénéfice. || 5* Adjectivement. Qui est en croupe, derrière une personne en selle. Lorsqu'il l'espérait le moins , le cavalier croupier se laissa tomber à t»rre et se mit ài rire, scarron. Rom. com. I, 2* part.

CRO

— ÉTYM. Croupe; à cause que le croupier est celui qu'on prend pour ainsi dire en croupe, qui devient compagnon, associé.

CROUPIÈRE (krou-piê-r"), s. f. || !• Partie du harnais qui, passant par-dessous la queue du cheval, vient se rattaclier à la selle par-dessus la croupe. Mettre, passer la croupière. Je fis cinq charges en tout; j'en fus quitte pour la croupière de mon courtaut coupée, Sï-siM. 42, )4o. || Tailler des croupières, se dit des cavaliers qui en poursuivent d'autres l'ér pée dans les reins, d'assez près pour couper les croupières des chevaux. Les ennemis pensant nous tailler des croupières Firent trois pelotons de leurs gens à cheval, mol. Amph. i, 4, Les guerriers du roi très-chrétien X qui vous taillez des croupières, VOLT. Roi de Prusse, 414. || Fig. Malmener quelqu'un, lui susciter des embarras. Je m'en vais lui tailler des croupières. || Hausser la croupière, se dit, dans un langage très-libre, d'une femme qui a des galants. |j 2° Terme de marine. Grelin qui , attaché par un bout au cAble près de l'ancre avant de la mouiller, passe de l'autre bout par l'un des sabords de l'arrière. || Mouiller en croupière, jeter une ancre du côté de la poupe pour maintenir les ancres de l'avant et empêcher un vaisseau de se tourmenter. Il 3° S. f. plur. Pièces qui tiennent en état le devant ou le derrière d'un train de bois.

— HIST. XHi's. Tardif, qui porte la baniere, Li a donné une cropiere, Reii. 41847. || xvi* s. La vieille prit le bas du mulet du moine, mit la croupière dans son cou, le bas sur son ventre, d'auh. Fœn. ni, 3. Quelqu'un d'eux qui eut l'œil à la croupière, vid que ceux qui les dévoient soustenir esloient à l'eau, ID. llist. m, 249.

— ÉTYM. Croupe; saintong. courpicre; Berry, cropiere; provenç. cropiera; catal. gropera; espagn. grupera; ital. groppiera.

CROUPION (krou-pi-on) , s. m. || 1° Nom donné à la partie inférieure du tronc des oiseaux, composée des dernières vertèbres dorsales; éminence qui est au-dessus du coccyx. L'Albanais voulut me régaler d.'une de ces poules sans croupion et sans queue, CIIATEAUB. llin. 453. Il 2" Daiis les mammifères, la ba.sc de la queue. || 3" Chez l'homme, nom vulgaire de la partie inférieure et postérieure du bassin, formée par le bas du sacrum et par l'os coccyx. || 4° Dans l'histoire d'Angleterre, nom du long parlement qui fit la guerre à Charles I" et fut renvoyé par CromwoU.

— HIST. XV' s. Mais de cela il ne m'en chault, Mes grans doduictz en sont passez; Plus n'en ay le cropion chault, villon, Envoi d'une ballade à sa viie. Il XVI' s. Deux sergens l'emmenèrent, lui donnant du pommeau de la dague dans le croupion pour le faire aller, d'aub. Fœn. m, 6. La commissure de l'os sacrum avec le cropion , paré, iv, 35. Le croupion,, nommé os coccyx, est composé de quatre petits osselets, id. xiii, 4 3. Que c'est un misérable soupe, si on n'a saoulé les assistans de cropions de divers oiseaulx, et que le seul bequefigue mérite qu'on le mange entier, mont, iv, 282.

— ÊTYM. Croupe; saintong. courpignoti; Berry, cropion. On trouve crespon (qui d'ailleurs ne peut venir de croupe) avec un sens très-analogue à croupion: xiii' s. Cil point [pique] l'asne del aguillou Par derrière sor le crespon, Ren. Î22.

t CROUPIONNER (krou-pio-né), V. n. Terme de manège. Plier les reins en élevant plusieurs fois la croupe sans ruer, en pariant d'un cheval faible ou gêné du derrière.

— ÉTYM. Croupion.

CROUPIR (krou-pir), v. n. || 1' S'accroupir; sens ancien et qui n'est plus du tout usité. || Par extension et avec un sens spécial, être dans l'ordure, en jiarlant des enfants, des malades. Cet enfant croupit dans ses langes. || Fig. Demeurer en des conditions comparées à l'état d'un enfant qui croupit dans l'ordure. Croupir en une extrême misère, valgel. Q. C. liv. v. Las de vous signaler et de vaincre en tous lieux, Allez, allez croupir en un calme odieux, brébeuf, Phars. v. Que ceux qui croupissent dans le péché s'en retirent promplement, maucroix, Homélie 24 , dans RicHELET. Vous n'avez point de honte de croupir dans la même ordure, boss. Bonlé, ii. Nous aimons mieux croupir dans notre ignorance que de chercher à en sortir, id. llist. ii, 43. Enfin, lui dit-il, c'est l'amour du luxe qui est cause de cette fainéantise où tous les esprits, excepté un petit nombre, croupissent aujourd'hui, boil. Longin, Sublime, 35. Croupissant comme vous faites tranquillement dans des passions injustes, hass. Car. Fausse confiance. Dans quelle ignorance avaient croupi les peuples d'Occident, volt, Uœurs, 73. C'est

CRO

en vain que je connais les devoirs , si je croupis dans l'erreur, dideh. Religion naturelle, 4. Mais à l'homme on crie en tout lieu, Qu'il s'agite. Ou croupisse au gîte. Tu nais, bonjour, tu meurs, adieu, bBrans. Dohém. |l 2'' En parlant des eaux, être stagnantes, se corrompre par la stagnation. Et fonder un empire où croupissaient dos eaux, millev. Invention poétique. Au fond des bois croupit une eau dormante et sale; Là, le monstre se plaît aux vapeurs qu'elle exhale, la font. Adonis. || Fig. Ces fautes passagère» qui, n'ayant pas longtemps croupi dans le cœur, n'ont pas eu le loisir de le gâter, bass. Conférences, Voc. à l'état eccl. || Demeurer dans des conditions de putréfaction, en parlant de matières végétales. De la paille qui croupit dans une mate. Le fumier croupissait dans la cour de cette ferme.

— REM. Croupir se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action : cette eau a croupi longtemps; et l'auxiliaire être, quand on veut exprimer l'état: cette eau est croupie.

— HIST. xni' s. El chemin se croupi Renarz, Si coloie [tourne le cou] de toutes parz, Ren. 7«5. Lors s'estoit li prestre avancié; Si a veû trestot debot Renart, qui seur un angle crot, ib. 23448. Bleciée fu, si ot peor, Qant ele ne vit son seignor: En la sele où il seut seïr. Vit dant Tybert desus cropir, »i». 26)4. Et quant el voit la mescheance, Si quiert honteuse chevisance. Et s'en vait au bordiau cropir, Plaine de duel et de sopir, la Rose, 648J. Si voit-il sovent que ge plore. Et que ge me plains et sospir, For ce qu'il me fait trop cropir Deiez la haie, que ge n'ose Passer por aler à la rose, ib. 3246. Des autres fu [Povreté] un poi loignet, Cum chien honteus en ung coigiiet. Se cropoit [s'accroupissait] et s'aiapissoit, ïb. 467. Princes nobles, bons rois des Frans, Ne me fai plus croupir sous bans Ni dessous haches. Un dit de vérité. || xiV s. Qui croust en sa maison, il n'aura jà que paine; N'aventure n'araqui à honneur le maine, Guescl. 4 0678. Yver fait champs et arbres vieulx. Leurs barbes de neiges blanchir; Et est si froid, ort, pluvieux, Qu'emprès le feu convient croupir, cii. d'orl. Bail. 421. {| xvi' s. Embarrassé d'une grande diversité de choses, l'esprit perd le moyen de se demesler, et cette charge le tient courbe et croupy, mont, i, 4 39. J'escrivois c«cy environ le temps qu'une forte charge de nos troubles se croupit plusieurs mois, de tout son poids, droict sur moi, id. iv, 4 98. Notre esprit se constipe et se croupit en vieillissant, id. iv, 224. La plus calamiteu.se et fraile de toutes les créatures, c'est l'homme; elle se sent et se vcoid logée icy parmy la bourbe et le fient du monde, attachée et clouée à la pire, plus morte et croupie partie de l'univers, au dernier estage du logis et le plus esloingnié de la voulte céleste, id. ii, 466. La sanie eschauffe les parties qu'elle touche et croupit, et d'elles s'eslevent vapeurs putredineuses, paré, vin, 33.

— ÉTYM. Croupe; Berry, gourmir, groumir; provenç. crupir.

CROUPISSANT, ANTE (krou-pi-san. san-t'), adj. Qui crou|iit. L'eau croupissante des marais et des étangs. Dans une plaine marécageuse et souvent inondée, le long d'un grand nombre de canaux remplis d'une eau croupissante, raynal, Hist. phil.

'' ''• t CROUPISSEMENT (krou-pi-se-man) , s. m. État

de ce qui croupit.

— ÉTYM. Croupir.

fCROUPON (krou-pon), s. m. Cuir de bœuf taimé, sans la tête ni le ventre.

— ÊTYM. Croupe.

•[ CROUSILLE (krou-zi-ir. Il mouillées), ». f. Terme de pêche. Espèce de parc en filets qu'on établit, en Provence, au bord des étangs.

f CROUSTADE (krou-sta-d'), s. f. Terme de cuisine. Préparation de certains mets avec ime croûte de pain.

— ÉTYM. Croûte.

t CROUSTILLANT, ANTE (krou-sti-llan , llan-t', Il mouillées), adj. Qui croque comme la croûte.

— ÉTYM. Croustiller.

CROUSTILLE (krou-sti-U', i2 mouillées, et non krou-sti-ye) , s. f. {| 1° Petite croûte. || Par extension, petit repas. Il ne faut pas que les plaisirs deviennent des fatigues et que les chasseurs règlent la vie des dames sur l'heure de leur appétit; je trouve cette vision fort plaisante de faire quelqu'un le maître du temps, du lieu et des mets de vos croustilles, siv. 446. Il 2''Sorie d'agrément qu'on mettait aux coiffures des femmes.

— ÉTYM. Diminutif de croûte.

CROUSTILLER (krou-sti-llé,iJ mouillées, et non

krou-sti-yé), iv fi. Manger pour boire après le repas

CRO

(!n petites croûtes de pain. U se met à croustiller. Il Activement. ... J'étais occupé X croustiller là-bas les restes du soupe, legrand, l'Amour diable, se. 3.

— ÉTYM. Croustille.

CROUSTILLKL'SK.MENT (krou-sti-lleû-ze-man, U

mouillées), adv. D'une manière plaisante, graveleuse.

— ÉTYM. Crnustilleuse , et le suffixe ment. CROUSTILLEnX, EUSE (krou-sli-lleû, lleû-z', Il

mouillées, et non krou-sti-yeû), adj. Oui produit sur l'esprit l'effet que quelque chose de croustillant produit dans la bouche, plaisant, graveleux, dangereux. Des contes croustilleux. Anecdote croustilleuse. Le juge les a prises [les pages], a cherché l'endroit croustilleux, a déchiré les feuillets et les a jetés au feu, bachaumont, Uém. secrets, t. xxxiv, p. 94, dans pouGENS.

— REM. D'après De Caillières, <690, qui donne ces exemples : Cela est croustilleux, cet homme est crousiilleux, c'étaient alors des locutions basses. Aujourd'hui ce sont des locutions familières.

— ÊTYM. Croustille.

CROÛTE (krou-f), s. f. ||l°La partie extérieure du pain, durcie par la cuisson. [Le dlniT de M. le Prince) C'était un potage, et la moitié d'une poule rôtie sur une croûte de pain, st-sim. 225, 64. Quand nous -mangeons quelque croûte de pain, il nous est avis que nous faisons un bien grand bruit, mais il n'y a personne que nous qui l'entende; ainsi en estil de ce pauvre rimailleur, Francien, liv. vi, p. 231. Nous y rencontrâmes un homme de vingt-sept à vingt-huit ans, qui trempait des croûtes de pain dans une fontaine, lesage. Cil Blas, u, 8. || Familièrement. Casser la croûte, une croûte avec quelqu'un, manger amicalement et sans façon avec lui. Il Absolument. Casser la croûte, manger un morceau. || Fig, Ne manger que des croûtes, faire maigre chère. || 2° Absolument, gros morceau de pain où il y a plus de croûte que de mie et que Ton fait tremper dans le pot au feu. Manger une croûte au pot. || Croûte au pot, tranches de pain qu'on met au fond d'une casserole , qu'on laisse gratiner avec un peu de bouillon, qu'on dresse dans la soupif're et sur lesquelles on verse le bouillon. || On ditdansunsensanaloguecroûteau madère. || Croûte aux champignons, croûte de pain frite dans du beurre, sur laquelle on sert les champignons préparés d'une certaine façon. || 3° La pâte cuite qui enferme un pâté, une tourte, un vol-au-vent. 114° Le dessus de certaines choses. U s'est fait une croûte de tartre autour du tonneau. Le limon que le 'l'anaïs avait apporté avait formé une espèce de croûte sur le Bosphore, montesq. Rom. t7. Le terrain qui s'étend sous son front escarpé , D'une croûte brillante au loin enveloppé, Trahissait le trésor des mines souterraines, delille, Paradis perdu, i. Il Croûte terrestre, la portion superficielle du globe terrestre qui est accessible à l'observation des hommes et que l'on suppose portée sur un noyau central de matières en fusion. La terre, selon Woodward, n'est qu'une croûte superficielle et fort mince qui sert d'enveloppe au fluide qu'elle renferme, bufh. TUéor.de la terre, '2' dise. Ainsi Descartes l'a regardé [un corps céleste] comme ayant été autrefois un soleil, obscurci et étouffé depuis par une croûte épaisse dont il s'est couvert, d'alemb. Abus de la critique. Œuvres, t. iv, p. 255, dans pougens. L'étude des tremblements de terre importe à la science, qui commence à dresser des tables et des inventaires de la croûte terrestre, marchand, Acad. des se. Comptes rendus, t.- un, p. 1269. || Fig. Une croûte d'ignorance et d'avarice a tellement recouvert les principes invariables de la doctrine monétaire.... MIRABEAU, Collecliim, t. v, p. 63. Il 5°Terme de marine. Partie irrégulière et inégale d'épaisseur que l'on scie en planche, plus ou moins épaisse, sur une pièce de bois de construction. || 6° Nom vulgaire de petites plaques formées sur la peau ou à l'origine des membranes muqueuses par une humeur muqueuse ou purulente qui se dessèche et se solidifie. Croûtes varioleuses. Croûtes vaccinales. Croules dartreuses. || Sou corps n'est qu'une croûte, il est tout couvert de gale. || Croules de lait éruption exanthématique qui occupe particulièrement le cuir chevelu et le visage chez les enfants à la mamelle. |] 7* Terme de botanique. Partie du lichen qui, produisant les fructifications, est adhérente aux pierres, aux écorces, etc. ||8°Cuir en croûte, cuir plané, poudré, tanné et séché, en sortant de la fosse au tan. Il Croûte de garance, superficie dure de la garance pulvérisée et mise en pipe ou en sac. || 9° Terme ie peinture. Vieux tableau noirci et gercé par te

CRO

temps et que l'on compare à quelque chose de croûteux. Toujours point de coloris, ou plutôt un ton iilafard, qui donne l'air d'une croûte à celui-ci [tableau] et qui répugne au spectateur, BACUAfMO.NT, Uém. srcrcts, t. xxx, p. (70, dans polgens. || Mauvais tableau. Ce peintre ne fait que des croûtes. || Tableau douteux, copie qu'on voudrait faire passer pour un original. || 10" Locution populaire. C'est une croule, c'est une vieille croûte, se dit d'un homme encroûté dans la routine, dans des idées arriérées. Il Proverbe. Croûte de pâté vaut bien pain.

— MIST. XII' s. Porterons nos au vec nos nule chose, Ne pain, ne vin, ne nulle crostre grosse? Raoul de C. 286. Il xtu" s. Durs fu li pains et crouste et mie,

HUTEB. <73.

— ÊTYM. Artois, truste; bourguig. crôte; wallon, crose; provenç. crosta; espagn. costra; ilal. crosta ; du latin crusia. Le latin crusta signifie tout ce qui enveloppe, et la croûtejde pain n'y est qu'un sens particulier; [lar conséquent l'ordre des sens devrait commencer non par la croûte de pain, mais par le sens qui est le plus général. Mais en français, à en juger par l'historique, croûte de pain est l'acception ancienne, d'où alors les autres dérivent.

CROC'TELETTE (krou-te-lè-t'),i. /".Petite croûte, petit morceau de pain. Manger une croûtelette en goûtant du vin.

— ÊTYM. Diminutif de croiîte; provenç. crostela; catal. crosteta ; espagn. costrilla.

t CKOC'TER (SE) (krou-té) , v. réfl. Se couvrir de croûte, se durcir en croûte.

— HIST. XVI' s. On n'en cognoissoit rien à l'œil, pour ce que le dessus [de ce bourbier] estoit crousté,

AMYOT, llom. 27 Et les glaçons Dont janvier

crouste la terre De l'eau prompte à se brider, rons. p. 337.

— ÉTYM. Croûte.

tCROCiTEUX, EUSE (krou-teu, luù-z'), adj. Qui a des croûtes, des galles.

— HIST. xvi* s. Lors il advient ron et gralele crouteuse, paré, Introd. 6. Pustules malignes et crousteuses, m. v, 7.

— ÉTYM. Croûte.

CROCTIER (krou-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie: des krou-tié-z indignes), s. ni. Mauvais peintre qui ne fait que des croûtes. |1 lirocanteur qui se charge de vieux et mauvais tableaux et qui cherche à tromper.

— ÉTYM. Croûte.

CROÛTON (krou-ton), s. m. || l' Le bout du pain avant qu'il soit entamé, et aussi un morceau de pain entouré de croûte. Donnez-moi un croûton. Ils veulent absolument qu'on mange un croûton à certains jours, VOLT. Lettr. lime du Dejfant, 24 avril 4 769. || 2° Petites croûtes grillées ou frites. Purée aux croûtons. Il 3° Terme de dénigrement. Mauvais peintre. Ce n'est qu'un barbouilleur, un croûton. || 4° Populairement. Celui qui est entiché de routine, d'idées arriérées.

— ÉTYM. Crodtc/Berry, crouston, crousson.

t CROWN -GLASS (krôn'-gla.s'), s. m. Espèce de verre constitué par 4 atome quadrisilicate de potasse et 4 atome quadrisilicate de chaux. C'est un verre blanc de la plus belle qualité, qui est employé dans les lunettes achromatiques.

— ÉTY,M. Angl. crown-gla!,s, proprement verre de couronne; de glass, verre, et croit'», couronne.

CROYABLE (kro-ia-bl' ; d'autres disent kroi-ia-bl'), adj. Il 1° Digne d'être cru, en parlant des personnes et des choses. J'ai voulu être hardi (]uelquefois, afin d'être croyable toujours, balz. à RicMieu. J'entre en des sentiments qui ne sont pas croyables, cokn. Poly. m, 5. ô toi qui me connais, te sembloit-il croyable Oue....?RAC. Plièd. n, i. Les dix seigneurs qui étaient avec le dauphin étaient aussi croyables que les dix qui avaient accompagné le duc de bourgogne, ST-Foix, Ess. Paris, (JEuires, t. v, p. 2U2, dans POUGENS. On ne croirait pas ces choses, si tout n'était pas croyable de la part d'un homme en démence qui voulait passer pour Dieu, conuillac, llist. anc. II, lO. Mais peut-être que vous avez jugé que cette fortune était tellement au delà do ce que je devais espérer, qu'il vous fallait avec loisir chercher des termes pour me la rendre croyable, voit. Lett. 4. Il 2° Substantivement. Tout renchérit au delàdu croyable, tandis qu'il ne restait plusdequoi acheter au meilleur marché, st-sim. 223, 261.

— IIE.'U. Il est croyable (jue.... veut l'indicatif: Il est croyable que cela est ainsi. Il n'est pas croyable que.. . Est-il croyable que.... vent le subjonctif: Il n'est pas croyable que cela soit ainsi. Avec l'imparfait et la négation ou l'interrogation, le verbe suivant se met également il l'indicatif; mais il peut

CRO

se mettre aussi au conditionnel: Il était croyable, il n'était pas croyable, était-il croyable, n'était-'l pas croyable que vous iriez dans cet endroit, que vous feriez une telle chose?

— HIST. XII* s. Li luen tcstimonie [témoignages] credable fait sunt mult, Liberpsalm. p. 436. || xiii's. Ouiconques veut estre boucliers d'archal à Paris, estre le puet, [lor tant que II se face creable par devant le prevost de Paris que il stjit preudome et loial, Liv. des met. 6». Et à cel recort soufist une seule personne creable et envoie de par le [la] corl ou uns .serjans serementés, beaum. ix, 8. El s'il en.sonioit [s'excusait], et li sires requeroit qu'il M feist creavles de l'ensoine, il le feroil, ID. uivii. Or. doit regarder li quel tesmong sunt plus creable et de mellor renommée, ii>. XL, 3a. .Se hume u feas venoit avant, qui se fesist creaule que ce fust sien [l'objet mis en gage], il le raveroit quitement, TAa- LAH, Recueil, p. 227. Car se li faus traistrcs pooil estre veables [visible], De rien qu'il en osust ne serait jà creables, j. de meuno, Test. 4779. |1 xiv s. Et celui qui noie [nie] ceste raison, il ne a pas paroles plus croyables, okesme, Eth. 290. Je irouve ches aucuns aucteurs, et ce est plus creable..., BERCiiEtRE, P" 42, verso. La quelle chose fut asseï creable au peuple, qui estoit indigné contre son seigneur, Uénagier, i, «.||xv*s. Ainsi que leur disoient chacun jour gens creables, chevaliers et escuyers, qui bien le cuidoient savoir, froiss. l, l, 34. Il XVI* s. U n'est pas croyable combien cela le faisoit aimer, souhaiter et désirer des soudards, AMïOT, Anton. 8. La malignité de ce Theophanes n'a pas tant rendu cela croyable, comme le naturel de Pompeius l'a fait tenir pour incroyable, ID. Pump. 70. Saint Paul, estant de son dire croyable, ux-

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