CUB
t CUBÈBE (ku-bè-b"), s m. Terme de botanique. Fruit du piper cubeba ou cubeba officinarum, et du cubeba canina.
— HIST. xiv's. Citoual, cubebbes [employé dans la cuisine], Ui'n')gier,i\, 5.||xvi's. Aussi est bon, raascher des cubebes, gingembre, el boire de bon
vin, 0. DE SERRES, 003.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. cuheba; portug. cubebas; ilal. cubehe ; de l'arabe cubabn.
tCUBflBl.N (kii-bé-bin), s. m. ou CUBÉBINE (kubé-bi-n'), s. f. Terme de chimie. Principe neutre découvert dans le cubèbe.
— ÉTYM. Cubèbe.
CUBER (ku-hé), V. a. || 1° Terme de géométrie. Évaluer le volume d'un solide. Cuber des bois de construction. 112» Terme d'arithméti(|iie. Élever un nombre au cube ou troisième puissance. || 3° Se cuber, V. réfl. Être cubé. Le bois se cube.
— IIIST. XIII' s. Se tu vels trover la mesure de l'espère |sphère| reonde, tu troveras le dyametre du cercle, lu comberasce dyametre en son quarré, et si note bien que.... Comput, {° 20.
— ÉTYM. Cube.
f CUBILOT (ku-bi-lo), s. m. T. de métallurgie. Cylindre portant plusieurs tuyères sur les côtés.
CUBIQUF (ku-bi-k'), adj.\\U Terme de géométrie. Qui appartient au cube. Forme cubique. Qu'on mette dam un vivier cent pieds cubiques d'eau, volt. Newt. III, 11. Il 2° Terme d'arithmétique. La racine cubique d'un nombre, le nombre qui, multiplié deux fois par lui-même, donne le nombre proposé. 3 est la racine cubique de 27. || 3° Ancien terme d'algèbre. Équation cubique, équation du troisième degré.
— HIST. xiv s. Nombre solide et cubique: figure cubique ou quarrée, oresme. Thèse de meunier. Il xvi' s. Extraire la racine cubique d'ung nombre, c'est sercher ung nombre qui multiplié on soy et puis ceste multiplication encores multipliée par celluy nombre, ceste seconde multiplication soit égale au nombre proposé de qui on a extrait la racine, est. de la boche, Arismetique, f° 33, verso.
— ÉTYM. KuSixô;, de xûôo;, cube.
CUBrrAL, ALE (ku-bi-lal, ta-l"), a</j. || 1° Terme
d'aiiatomie. Qui appartient au cubitus ou à la partie de l'avant-bras oii cet os se trouve. Nerf cubital. Muscles cubitaux. || Os cubital, troisième os de la première rangée du carpe, plus connu sous le nom de pyramidal. Il 2° Qui a une coudée de longueur. Il Ecriture cubitale, se disait, par exagération, d'une écriture dont les caractères étaient très-allongés.
— ÉTYM. Lat. cubitalis, de cubitus, coudée ou cubitus.
t CUBITO-CARPIEN, ENNE ( Itu-bi-to-kar-piin, piè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au cubitus et au carpe. Muscle cubito-cariiien.
t CUBITO-MÉTACARPIEN, lENNE (ku-bi-to-méta-kar-piin, piè-n'), adj. Terme d'anatomie. Muscle cubito-mélacarpien, ou, substantivement, le cubito- métacarpien oblique, nom donné par les vétérinaires à un petit muscle situé obliquement à la partie inférieure de l'avant-bras du chevaL
— ÉTY.M. Cubitus, et métacarpim.
t CUBITO-PIIALANGIEN, lENNE (ku-bi-to-falan-jiin, jiè-n'), ad). Terme d'anatomie. Muscle cubito-phalangien, ou , substantivement, cubito-plialangien, nom donné par les vétérinaires à un muscle fiéchisseur situé dans la région postérieure de l'avant-bras du cheval.
— ÉTYM. Cubitus, et phalangien.
CUBITUS (ku-bi-tus'), s. m. Terme d'anatomie. Os de l'avant-bras, qui en occupe la partie interne et s'étend du coude au carpe. |{ Le 4* article des pattes antérieures des hexapodes et la nervure interne ou postérieure de leurs ailes.
— HIST. xvi* s. La situation du radius est oblique, et celle du cubitus droite, paré, iv, 26.
— ÉTYM. Lat. cubitus, l'os cubitus, de xûSitov, le coude (voy. coude).
f CUBO (ku-bo), s. m. Nom, au Japon, depuis la révolution de l.sss, de l'empereur temporel par opposition au dairo qui est l'empereur spirituel
t CUBOCUBE (ku-bo-ku-b'), i. m. Terme de mathématique. Cube du cube ou neuvième puissance.
— ÉTYM. Kv66xu6o;.
f CUBOÏDE (ku-bo-i-d'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un cube. || Terme d'anatomie. L'os cubcïde, ou, simplement, le cuboide,os court el cubique, situé à la partie antérieure et supérieure du tarse, el articulé avec le calcanéum. || Terme de minéralogie. Se dit d'un rhomboïde très-peu différent du cube.
— UlST. xvi* s. Le dernier des nommés [os du
eue
tnrse] est appelle cyboïde, pour la similitude qu'il a avec un dé, combien qu'il ne luy ressemble gueres,
— ÉTYM. Ku6oei5iî;, de xû6o;, cube, et eîSo?, forme.
t CUBO-PRISMATIOCE (ku bo-pri-sma-ti-k'), ad}. Terme de minéralogie Qui participe du cube et du prisme.
t CUCERON (ku-se-ron), s. m. Insecte qui dévore les légumes.
CUCUB.ALE (ku-ku-ba-l'), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes qui, ayant été démembré, ne contient plus qu'une espèce (cunibalus haccifer).
fCLCULÉS (ku-ku-lé) ou CUCULIDKS (ku-ku-li-d'j, i. m. plur. Terme d'histoire naturelle. Famille d'oiseaux analogues au coucou.
— ETYM. Lat. cueiilus, coucou.
t CUCULI\ES (ku-ku-lin') , s. f. plur. Terme d'histoire naturelle. Abeilles parasites qui, comme le coucou, mettent leur progéniture dans le nid d'autrui.
— F.TYM. Lat. cucuhts, coucou.
t CUCULL.ilRE (ku-kul-lê-r'), adj. Qui est en forme d'un capuclion. Muscle cucullaire, nom donné quelquefois au muscle trapèze à cause de sa ressemblance avec le ca|niclion d'un moine, lorsqu'on le considère avec son congénère.
— ETYM. lat. cucullus, capuchon.
•f CUCULLE (ku-ku-1'), s. f. Les chartreux nomment cucuUe ce que les autres religieux appellent scapulaire.
— ÉTYM. Lat. cuculla, capuchon.
t CCCULLIFËRE ( ku-kul-li-fè-r' ) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des appendices en forme de capuchon ou de cornet.
— ETYM. Lat. cucullus, capuchon, et fer, qui pote.
t CCCULLIFOLIÊ, ÉE (ku-kul-li-fo-li-é. ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en forme de capuchon.
— ETYM. Lat. CKcuMuï.capuchon, et foliitm, feuille, t CUtX'LLlFORME (ku-kul-li-for-m'), adj. Termu
d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un capuchon ou d'un cornet.
— ETYM. Lat. cucullus, capuchon, et forme.
t CrCUMÉRACÉ, ÉE (ku-ku-mé-ra-sé, sée), adj. Terme de liolanique. Qui ressemble à un concombre.
— ETYM. Lat. cucuiiier, concombre.
fCUCUMÉRlN, INE (ku-ku-mé-rin , ri-n'), ailj.
Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un gram de courge.
— ETYM. Lat. cucumer, concombre.
t CCCCMIFORME (ku-ku-mi-ror-m'), adj. Terme didaclique. Oui a la forme d'un concombre.
— ETYM. Lat. cncumis, concombre, et forme.
f CUCUPUE (ku-ku-f), s. m. Ancien terme de pharn:acie. Espèce de bonnet à double fond, contenant entre ses deux fonds un mélange de poudres aromatiques.
— ETYM. Bas-Iat. cucufa, coiffe, qui est une forme, avec réduplicatinn, du bas-laiin cufa (voy. coiffe).
CL'CURBITACÊE (ku-kur-bi-ta-sée), adj. f. Terme de botanique. Plantes cucurbitacées, plantes herbacées, à tiges rampantes, telles que les melons, les concombres, etc., et, substantivement, les cucurbitacées, famille de plantes dont la courge est le type.
— ETYM. lat. cucnrhila, courge.
■f CL'CURBITAIN (ku-kur-bi-tin), s. m. Voy. cn-
CUBllITlN.
CUCIIRBITE (ku-kur-bi-f), s. f. ||1» Partie de l'alambic qui s'introduit dans le fourneau et dans laquelle on met la matière àilistiller. || 2° Nom d'une pierre argileuse, dont la figure approche de celle du concombre.
— msT. XIV" s. Par alambics et descensoires, Cucurbiles, disliUatoires, Par pélicans et matheras, Oncques tu ne l'arresteras Cestuy vif-argent tant folage, Nat. à l'alch. err. 40.
— ETYM. Lat. cucurbita, courge (voy. ce mot), à cau-se de la forme.
t (XCURBITÉ, ÊE (ku-kur-bi-té,tée), adj. Qui est en forme de courge. Les branches du calebassier se chargenlde fruits cucurbités donton peut faire toute sorte (le vaisselle, dern. de st-p. llarm. », Science des enfants.
— ETVj; Lat. cucurbita, courge.
] CIÎCURRITIN, INE (ku-kur-bi-tin, ti-n"). |1 IMdj. Terme de botanique. Qui a de la ressemblance avec un potiron, en parlant des baies de certaines plantes. \\ î" S. m. Terme d'histoire naturelle. Nom donné au tœnia {txnia solium), parce qu'il est composé d'anneaux qui ressemblent à des semences de
CUE
courge. Los anciens nommaient cucurbitins ces anneaux qui sont souvent rendus isolés et qu'ils prenaient pour des vers particuliers. Chaque anneau parait un véritable ver; et ce sont ces anneaux ainsi dét.ichés qui ont été nommés par erreur vers cucurbitins, de leur ressemblance avec la graine de courge, BONNET, Nouv. rech. Txnxa.
— ETYM. Lat. cucurbita, courge.
t CUCURI (ku-ku-ri) , s. m. Sorte de chien de mer.
t CUDELË, ÉE (ku-de-lé, lée), adj. Ancien terme de vétérinaire. Affecté d'eaux aux jambes en parlant d'un cheval.
t CUEILLAGE (keu-lla-j', Il mouillées), s. m. Il 1° Action (le cueillir les fruits. {| Saison où on les cueille. 112° Action d'enlever le verre en fusion avec la sarbacane. || Quantité de matière prise à la fois.
— ÉTYM. Cueillir.
tCUEILLAISON(keu-llê-zon, (I mouillées), J. ^.
Terme d'agriculture. Époque de cueillir.
— ÉTYM. Cueillir.
t t. CUEILLE (keu-ir. Il mouillées), s. f. Terme d'agriculture. L'action de cueillir. La cueille est faite.
— ÉTYM. Voy. CUEILLIR. On a dit au masculin dans lexv siècle : Soit la terre labourée Et la revenue en cueil, E. DE.scn. Poésies mss. f° 09, dans lacurne.
fs. CUEILLE (keu-11'. Il mouillées), s. f. Terme de marine. Largeur d'une pièce de toile à voile.
— ETYM. Cueillir, dans le sens de rassembler.
i CUEILLÉE (keu-Uée, Il mouillées), s. f. Faisceau de fils redressé par l'engin de l'épinglier.
— ÉTYM. Cueillir, dans le sens de rassembler.
t CUEILLEMENT (keu-Ue-man, U mouillées), s. m. Action de cueillir.
— msT. XVI* s. CueiUement, cotghayb.
— ÉTYM. Cueillir.
CUEILLKTTE (keu-lle-f, Il mouillées, et non keuyè-t'), s. f. Il 1° Récolte de certains fruits. La cueillette des olives, des pommes. Oui, d'abord vivant de nos miettes. Il [l'homme] prit de nous [singes] l'arldescueillettes, BÊBANG. Orangs-out. || 2° Collecte, produit d'une quête. Faire une cueillette pour les pauvres. || En ce sens il est vieux. {| 3° Terme de marine. Charger un navire en cueillette, à la cueillette, le cliarger de marchandises appartenant à divers. Si le vaisseau est chargé à cueillette ou au quinlal ou tonneau, le marchand qui voudra retirer ses marchandises avant le di^part du vaisseau, pourra les faire décharger à ses frais, en payant la moitié du fret, Ordonn. août J68i. || 4" Récolte des chiffons à faire le papier.
— HlST. xiii* s. Si que il apert que les coilloites aient perdu le droit du cours de lor nature, beaum. XLiv, 34. Il XIV* s. La queuillette de (oooo livres parisis que la ville de Paris paie pour la chevalerie du roy Loys fils le roy Philippe le bel, nu cange, auxilium. Les fruiz des vignes venuz i. nieurté et presque en estât de cueillette , m. collecta. Il XV* s. Or avint ainsi que messire Henri de Fiandre se mit un jour en la compagnie et cueillette de plusieurs chevaliers, froiss. i, i, 86. Lecom.te Derby fit une cueillette et un amas de gens d'armes et d'archers, m. i,i, 232. En temps d'esté, doit on assigier les chasteaulx et citez, affin que ilz ne puissent faire leur cueille, chris. de pisan, Charles V, ii, ch. 34. Il XVI* s. On lui avoit laissé plus de rameaux que de coustume, parce qu'on la vouloit arracher après la cueillie, PALissY, 80. Le laboureur attend patiemment le temps et saison de cueillette, après avoir semé, ID. 102. Cueillettes d'aumosnes pour les pauvres et nece.s,sité des églises, d'aub. Ilist. li, (74. Il y a plus de proufit de faire tousjours suffisante cueillette desfruicis, que d'en avoir une fois à grand foison, LA BOETiE, 233. Il envoya vers le pape luy remontrer la disette du pays et le prier de luy donner deux cueillettes l'an d'après, Noyen de parvenir, p. 3(0, dans laci'RNE.
— ETYM. Le même que collecte; provenç. eulhida; portug. collirila; ital. colletla.
tCUEILLEUR, EUSE (keu-lleur, Ueû-z', ÎJ mouillées), s. m. et f II l" Celui, celle qui cueille. || Être fait en cucilleur de pommes, être mal accoutré, ou être accoutré comme quelqu'un se préparant à quelque ouvrage rustique, à quelque travail pénible. Il 2° Celui qui prend le verru fondu dans le pot. Il 3° Pièce du rouet à filer l'or.
— HisT. XIV* s. Willaume Lefevre cuelieur ou receveur du paage du pont de Pinquigny, du cange, collectaruis. || xvi* s. Adventuriers en cueilleurs de chasiaignes Furent transmis ung baston blanc au poing, J. MAROT, t. V, 98. Diogenes recoursa ses manches jusques es coubtes, se troussa en cueilleur
euE
des pommes, rab. Pant. m, prol II s'en alloit par les rues, tantnst habillé en marinier, tantost en magister, tanlost en cueilleur do prunes, et toujours en fou, DESPER. Contes, lxx. Mon galland fut mi» en cueilleur de pommes, h. mt. Apol. (tllérod. p. 441, dans lacurn».
— ÉTYM. Cueillir; wallon, codeû; namurois, coudeC; provenç. culhidor.
CUEILLI, lE (keu-m, Ilie, H mouillée», et non keu-yi), part, passé de cueillir. Des fruit» cueillis à point. Les plantes cueilhes le malin à la rosée ou le soir à l'humidité ou le jourdurant la pluie, ne se conservent point; il faut absolument choisir un temps sec, j. j. rousseau. Lettre élément, sur la botanique. Il Fig. [L'ode] Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste, et, par un doux caprice, Queliguefoia le refuse afin qu'on le ravisse, boil. Art p. II.
t CUEILLIE (keu-llie. Il mouillées), s. f.\\ 1* Tenu» de maçonnerie. Trait de plâtre par Ic'piel les maçons commencent pour dresser un enduit. La cueillie sert aussi à former les angles. || 2* Terme d'épinglier. Faisceau de fils de laiton redressés par l'engin.
— ETYM. Cueillir.
CUEILLIR (keu-Uir, Il mouillées, et non keu-yir), je cueille, nous cueillons; je cueillais; je cueillis; je cueillerai; je cueillerais; cueUle, cueillons, cueillez ; que je cueille, que nous cueillions; que je cueillisse; cueillant, cueilli, ti. a. || 1* Déucher des fruits, des lleurs, des feuilles de la tige. Cueillir des fruits, des fraises, des raisins. Cueillir une rose. Cueillir des feuilles de mûrier. Les nymphes s« mirent à cueillir des fleurs , fén. Tél. vu. Ces herbes ne sont pas d'une vertu commune ; Moimême, en les cueillant, je fis pftlir la lune, co^:». SIédée, IV, 2. Telle qu'une l)ergére au plus beau jour de fête De superbes rubis ne charge point sa tête. Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamanis. Cueille en un champ voisin .ses plus beaui ornements, BOIL. Art p. H. Le gouvernement fait cueillir tous les ans cette plante par dix mille sohiats tartares, dont chacun doit rendre gratuitement deux onces du meilleur ginseng, baynal, Ilist. phil. v, 24. Il Cueillir un bouquet, cueillir des fleurs pour en faire un bou(|uet. Il oublie à les voir [les fleurs] l'emploi qui le demande. Et s'égare à cueillir une bedeguiilande, a. chKn. Idylles, lly'as. || Kig. Quelque fruit que par là j'espère de cueillir, corn. Cinna, m, 3. Il Cueillir des palmes, des lauriers, remporter des victoires. C'est le fruit que j'attends des lauriers qui m'attendent; Heureux si mon destin, encore un peu plus doux, He les faisait cueill.r sans m'éloigner de vous, corn. Pomp. iv, S. Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre mal. Et d'avancer par là les desseins d'un rival, mol. le Dép. I, î. Mayenne.... Songe à cueillir le fruit sans en être complice [du crime de J. Clément], volt. Ilenr. V. Il 2" Cueillir un baiser, prendre un baiser à une femme. C'est du poison que j'ai cueilli sur les lèvres, J. J. Rouss. Ilél. l, <4. Il [l'Amour] dormait; un souris sur sa bouche formé L'entr'ouvrail mollement; et de jeunes abeilles Viennent cueillir le miel de ses lèvres vermeilles, a. chê». Idylles, imité de Platon. Il 3* Cueillir, dans le langage des maçons, faire une cueillie. Cueillir une fenêtre en plillre. || 4* Terme de marine. Plier une manœuvre en rond ou en ellipse. Il 5° Prendre le verre fondu avec la canne. Il 6" Boucler la soie étendue sur les plaline-s. || 7*Cou' per le fil destiné à Taire les épingles. || 8* Se cueillir, t<. rr'fl. Être cueilli. C'est en cette saison que les pommes se cueillent.
— REM. L'orthographe de cueillir et de ses formations est très-irrèpulière. Le c y prend un u après lui à la manière du q ; et cet u est sup|<osâ encore après l'e pour en former le son euil; l'orthographe rationnelle serait cœuillir, où l'a de œ rappellerait l'étymologie , en même temps qu'il conserverait le .son dur du c comme dans eorur, et l'u placé après l'e donnerait le son eu qu'on doit entendre, tandis que ctJ ne peut faire que eil, comme dans pareil, jullien, Thèsesde gramm. p. tu.
HIST. XI* s. Rolans sis niez me coillit en haOr
[haine], Ch. de Itol. cCLxxiv. || xii*s. Par vos barons en fut rai.sons cellie [accueillie], Ronc. p. to. El«r fist tant que ele m'ot bien pris Par tralson que [elle] cueille et niouteploie [multiplie]. Coud, p. t2*. L'aicevesciues Thomas ad esté mis servanz; Mes rentes ad cueilleites tuies par plusursaiis. Th. U marf. 33. Mais à ïoz letres puis e veeir e sentir Que ne puis pas les grapes des espincs cuillir Ne des runccs les ficlies.... t6. 85. L'arcevesque Thomas ad vers le rei mespris; Il de tut le reaume ad esté poestis, E les rentes cueilletes tûtes e ans 8 diz, ib. 63. ||xm' s.
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1,1 dame est jà par U verdour [verdure] , En un verger cueillant la flour, AUDEPH.LEBASTARD, Romtnecro, p. >. Et cil des cinc nés [navires], si tost comme il porent apercevoir le jor, cueillirent leur Toiles et s'en alerent sans parler à nuUui, vii.leh. cxLviii. Celui qui queut la coustume [perçoit la taxe], liv. des ni//. 7. Plus en quiaul [il en cuoille plus] de pleine jaloie [sorte de mesure], Ren. <9272. Mes or vendent [les juges] lesjugemens, Et bestornent les erremens, Et taillent et cuellent et salent [scient], Et les povres gens trestout paient, la Rote, B607. Mais li termes moult Ions estoit, Corn li ert vis, du fruit cuellir, FI. et Bl. 386. Les plusor vont les pieresenlor mances coillir [ramasser en leurs manches], Ch. d'Anl. VIII, 493. Gentius dus [duc], monté sont en la cité garnie, Trente ou plus, ne savons, I)iix lor soit en aïe! Tant avoit sor l'eschiele de nostre gfnt coillie [rassemblée] , Que por le fais des armes est rompue et froisie, ib. vi, 827. Encore, qui acate, et, por doute de rescousse, queut blés, mars ou vins, en l'eritage qu'il a aceté, ains le lans de droite meurison, eeaum. xliv, 3*. Et li rescoveres vient ains le tans qu'il fust poins de coillir, ip. XLiv, îi. Et s'ele ne se pot partir [partager] si comme viyiers ou travers ou teles cozes sanllavles, li siies les doit fere coillir porfltavlement as cos [coûts] des compaignons, ID. xxi, 3i. Une des galles le roy le queilli et l'aporta en nostre nef, là oii il nous conta comment ce li estoit avenu, joinv. 287. || xiv' s. Aprrs ce que les fruis sont cuillis, oresme, Elh. 246. '] ïv's. Et avoit intention d'arriver à Harfleu; mais un tciurment le prit et cueillit en mer, qui lui dura plus de quin7.e jours, froiss. i, i, 214. Tous ces seigneurs s'estoient cueillis en grant désir de là venir, et faire leur pouvoir de la conquérir [la ville], ID. I, I, 86. Il prit et cueillit environ quarante lances de bons compagnons, ID. i, i, 79. Elle sera tousjours coincte, jolie et bien cueillie, Aresta amorum, p. 24), dans i.ACURNE. Et le chevalier qui tant avoit aydé à monseigneur Yvain, dit qu'il ne le laissera devant qu'il soit guary; si fait cueillir le pavillon à son nepveu et une coutte pointe; car il pense bien que mostier il aura de pavillon, se gésir le convient hors de la ville, Lancelot du Lac, t. i, f° <49. Puis esta son beaulme, et abbatit sa ventaille pour mieulx cueillir le vent, car il avoit eu trop de cbault, ib. t. m, t° 4 8. Et avoit cueilly et perceu grant argent contant, comm. iv, <2. Vestus de toile blanche et déliée cueillie [ramassée] à l'entour d'eux si mignonement que c'estoit merveilles à veoir la beaulté de leur vesture, Perceforest, t. i, f°2t. Et quant ce vint à l'approcher, Lionnel baisse sa lance et va cueillir la ventaille du beaulme du chevalier, et hii rompt le laz, et emporte son heaulme enmy le camp, ib. P" (08. Car là [il] cueilloit cueur et hardement en tous ses faitz, ib. t. ii, f° 82. Adonc fut temps de nappes oster; si les cueillirent escuyers et sergens; après se levèrent dames et damoiselles et chevaliers, ib. 1. 1, ^ (34. Il XVI" s. Le doulx fruict d'amourettes, lequel veult Venus estre secrètement et furlifvement cueilly, rab. Pant. n, 18. Les mousches en sont tant friandes que merveilles, et se y cueilleroyent facillement, et y feroyent leurs ordures, id. ib. ii, (5. Roses aussi de diverses couleurs, S'on ne les cueult, sans profiter périssent: Et s'on les cueult, les cueillans les chérissent, marot, ii, 288. Fol, dit-il, ce que tu semés ne cueille point de vigueur, sinon qu'il soit mort auparavant, calvin, Instit. 795. Je cueilliray tellement la somme de ce qu'il dit là, que j'useray mesme de ses mots tant qu'il me sera possible, ID. ib. (014. Pour la culture de la terre, si je m'en voulois mesler, je cueillirois plus d'orge et de froument, i,a doétie, 229. Caesar, s'esmerveillant de son gentil cueur, luy alla au devant avec grands cris de joye pour le cueillir et caresser, amyot, Cétar, 20. Parc de vignoble où il se cueult tous les ans environ deux cents queues de vin blanc et clairet, CARL. n, (0. On fera une cousture, en cueillant et comprenant du processus du péritoine tant profondement qu'il en soit retressi, paré, vi, (5. L'on cueillira les noisilles ou avelaines devant qu'elles aient grené, o. de serbes, 860. Livres auxquels on peut cueillir quelque plajsir, Nuits de Straparole, ip. t. I, p. 2. Quant il vit l'englois qui tel orgueil ■ démena, il cueilly force et hardement, et prist en toy grant air, et proposa de illec vivre ou mourir où il conquerroit honneurs, menard, Hist. de du Guesd. p. 2:12, dans lacurne. La Cypris de sa main cueut trois pommes dorées, baIf, OEuvres, p. (80,
dans LACURNB.
— ÉTYM. Wallon, codt; namurois, coude; Berry, quillir (prononcé ftt); provenç. coillir, cuelhir, culhir; futal. cuiirr; espagn. coger; portug. colher;
CTIÏ
ilal. cogliere ; du latin colligere, de col, cum, «t légère, recueillir. Les formes en ir sont irréguliéres, et proviennent d'une transformation de colligere en eolligire ; du reste, la conjugaison suit colligere, et non eolligire: je cueille, cMligo ; il cueille ou, anciennement, il queut, eôUigit ; au {iiiUT , je cueillerai {eu ciller- ai) , et non cueillir-ai, qui s'est dit cependant au xvi* sitcle et au xvii*. « X la cour tout le monde dit cueillira et recueillira; à la ville tout le monde dit cueillera et recueillera; et, cela présupposé, que s'ensuit-il autre chose, sinon que cueillira et recueillira est comme il faut parlerT vaugel. Rem. t. u, p. 885. » L'usage a prononcé pour cueillerai, qui suit la conjugaison de colligere, contre cueillirai qui suit la conjugaison de eolligire. Dans certaines provinces on dit cueiller, de la f'conjugaison.
+ CCEILLISSAGE (keu-lli-sa-j', Il mouiUées),*. m. Action de cueillir la soie sur les platines. || Mouvement du métier à bas qui plie le fil étendu sur les aiguilles.
— lîTYM. Cueillir. La formation est barbare, cueillir n'ayant jamais fait cueiUissant au participe présent; il faudrait dire cueillage.
CUEILLOIR (keu-Uoir, U mouillées, et non keuyoir), s. m. Panier oil l'on met la cueillette. || Corbeille attachée au bout d'un long bâton pour cueillir les fruits des hautes branches. Les dômes découpés en feuillage ou creusés en forme de cueilloir deviennent autant de corbeilles, chateaub. Génie, m, V, 6. Il Espèce ûe cisaille pour cueillir des fruits délicats.
— ÉTYM. Cueillir.
t CUFFAT (ku-fa), s. m. Sorte de tonne, employée dans les puits de mines, pour transporter le minerai et les mineurs.
— ÉTYM. Bas-Iat. cupha, qui s'est dit pour cxipa, coupe, sorte de vase.
t CUFIQUE (ku-fi-k'), adj. Voy. coufique.
\ (. CUIDER (kui-dé), V. «.Terme vieilli et tombé en désuétude. ||1° Croire, penser. Me cuidant tromper, tu voudrais faire accroire.... Régnier, Étég. 2. 11 se platt aux trésors qu'il cuide ravager, m. Sat. ix. Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui. Qui souvent s'engeigne soi-môme, la font. Fabl. iv, ( I . Il 2° Se cuider, v. réfl. Se pavaner, faire l'outrecuidant. Quelques vieux et plats courtisans, comme Dangeau, Cavoie, regrettèrent de n'avoir plus à se cuider parmi les sots et les ignorants, dans les raisonnements et l'amusement journalier d'une cour qui s'éteignait avec le roi, st-sim. 417, 2).
— HIST. XI* s. Et des raellors qui al champ [de bataille] quient estre, Ch. de Roi. clv. Si grand duel [deuil] a, sempres cuida morir, ih. cclv. || xii's. Je le cuidai à mon neveu doner, Roncisv. p. 157. Bien [je] cuidai vivre sans amour Des ore en pais tout mon aé [âge, vie], Cowct, ii.Orquidoutqu'il fust tels cum il Tout ainz veû, Th. le mart. 39. || xiii's. Cil qui onques mes ne l'avoient veûe ne cuidoient mie que si riche cité peûst avoir en tout le monde, viLLEH. LXi. Quiconque cuide ne qui die Que soit folor ou musardie De croire que songes aviengne , Qui ce voidra, pour fol m'en tiengne, la Rose, ((. Il XV* s. Ceste beste [l'ours] est de telle nature que ce qu'elle tient, soit homme ou beste, quant il ne se remue plus, elle le laisse là, cuydant qu'il soit mort, coMM. IV, 3. || xvi*s. Je cuyde que soye descendu de quelque riche roy, BABEL. Garg. 1, (. Ils marcboient en desordre, comme ceux qui cuidoient bien estre hors de tout dangier, mont, i, 3i3. Or est-ce bien un grand abus, s'on cuide Que d'inventer la fontaine soit vide, la boetie, 479. Si cuida Theseus au commencement user de force, mais il fut contraint par les brigues et menées de ses adversaires de s'en déporter, amyot, Thés. 43.
— ÉTYM. Provenç. cuidar, cuiar; espagn. cuidar; ital. coitare; du latin cn^tare, penser, de cum, avec, et agitare (voy. agiter).
t 2. CUIDER (kui-dé), s. m. Panier long pour cueillir et porter les fruits.
CUILLER ou, suivant l'orthographe de quelquesuns, dit l'Académie, CUILLÈRE (kui-Uê-r', Il mouillées, et non kui-yê-r; la prononciation est la même pour les deux orthographes, bien que, pour la première, quelques-uns disent kui-llé ; ce qui est une prononciation tombant en désuétude. Henri IV ayant dit à Malherbe qu'il fallait prononcer cuiller, et le faire faire masculin, Malherbe répondit que, tout puissant qu'étaa le roi, il ne ferait pas qu'on dit ainsi en deçà de la Loire. D'autre part Ménage remarque que le petit peuple de Paris prononce cueille, la cueille du pot, et que les honnêtes bourgeois y disent cueillère; l'usage a aussi écarté la prononciation cueillère),
CUl
». f. Il 1* Petite palette creuie tenue par un manche , dont on se sert pour porter à u bouche les aliments peu consistants ou pour les servir à table. Cuiller de fer, d'argent, d'étain. Cuiller à potage. Cuiller à ragoût. [Dans les catacombes] Anciens calices, anciennes croix, anciennes cuillers pour administrer la communion, chateaub. Italie , »8. Il Cuiller à pot, cuiller large et profonde, avec laquelle on prend le bouillon dans le pot-au-feu pour tremper la soupe. || Cuiller à punch, grande cuiller dans laquelle la palette, au lieu d'avoir sa longueur dans la direction du manche, l'a perpendiculairement à ce manche; de plus elle est terminée par des goulots à droite et à gauche, afin de pouvoir verser commodément la liqueur soit dans les verres pour la boire, soit dans le bol lui-même lorsqu'on brûle l'eau-de-vie. || Petite cuiller se dit des cuiller» à café. Il Biscuit à la cuiller, biscuit long et mince, fort léger, qu'on trempe ordinairement dans le vin ; ainsi nommé parce que, pour le faire, on en répand la pâte en long sur le papier avec la cuiller. Il Terme de botanique. Pétales, feuilles en cuiller, pétales, feuilles qui en ont la forme. || Chevaliers de la cuiller, nom que prirent, dans le xvi* siècle, des nobles du pays de Vaud, s'étant vantés, dans une orgie, de manger les Genevois à la cuiller. Il 2° Ustensile de cuisine. Cuiller de bois. || Par extension, nom d'instruments de formes diverses employés dans les arts. Cuiller h fondre du plomb. Cuiller à brai. || Cuiller à projection, demi-sphère creuse, en fer ou en fonte, munie d'un manche à bois, à l'aide de laquelle, dans les laboratoires, on fait fondre les métaux, les alliages, on verse certains corps dans les creusets chaufi'és au rouge. || Outil pour transporter les boulets rouges du gril à la pièce. Il Pierre creusée en rond ou en ovale pour recevoir l'eau d'un tuyau de descente. |j Morceau de fer qui embrasse le bout de l'essieu des roues de devant d'un carrosse. || 3° Tarière de sabotier. || t'Termede marine. Sorte de foret acéré et coupant, pour percer les pompes. || Instrument pour décharger les bouches à feu. Il 5° Herbe à cuillers, cochléaria. || 6° Nom vulgaire de la spatule, espèce de héron qui ne diffère du héron que par le bec, qu'il a de la forme d'une cuiller, d'où il tire son nom. || 7°Nomdecertaines coquilles de mer.
— HIST. XII* s. Il s'abaissa [se baissa], si a pris un cuillier. Bat. d'Aleschans, v. 3888. Cuilliers, cupes, hanas d'argent, d'or esmeré, Th. le mart. (52. Il XIII* s. Quilliers de boys ou de fust, Liv. des met. 321. Lors sai je bien et puis savoir, Li vilain dit raison et voir, Qui dit qu'entre bouche et quiller Avientsoventgrand encombrier, Rcn. 4077. ||xiv*s. Autre pluspetitestuy pour mettre une petite cuillier d'or de la royne, de laborde, Émaux, p. 238. Cuillers d'argent, quatre douzaines, Ménagier, u, 4. Il xv's. On ne perdroit pas céans une cueillier d'or ou d'argent, ni rien qui soit, que il ne le sçusl lantost, froiss. II, m, 22. Vêla à tel pot, telculier, COQLTLL. Plaidoy. de la simple. Une petite cuiller à nectoyer la langue, de laborde, Émaux, p. 238. Après mengier, cuiller, lerouxdelincy, Prov.t. 11, p. (93. Il XVI* s. Trudon, prenez toutes ces cuillères d'argent, et ce drageouer, rab. Pant. iv, (3. On dit que bien souvent entre bec et cuiller II vient destourbier, j. le houx, Yau de Vire, 26. Faut mettre en la vessie l'autre bout qui est cave en façon de cueiller, paré, xv, 45. Une cuillère d'argent, id. XX bis, 26. Plein une cuillier, in. xxiv, 49. Avec une cueiller on recueillira le beurre, 0. de serres, 285. Les grosses pièces de fruit seront plongées dans l'eau, une à une, avec la cueiller persée, id. 869. Entre tantde maisons armées, moyseul, que je sçache, en France, de ma condition, ay fié puremet». au ciel la protection de la mienne, et n'en ay jamais osté ny cueillier d'argent, ny tiltre, ny tapisserie, MONT, ni, 9. Entre la bouche et la cueiljier souvent advient grant destourbier, cotgrave.
— ÉTYM. Wallon, eut; Berry, quillère (prononcé fti) ; saintong. chillère, chulière; provenç. culhier, cuiller, cuilier, cuHer; du latin cochledre, de cochlea, par comparaison de la cuiller avec la coquille du limaçon. Le wallon cui vient du nominati f côchlear, avec l'accent sur co.
CUILLERÉE (kui-lle-rée. Il mouillées, et non kuiye-rée), i. f. Quantité contenue dans une cuiller. Une cuillerée de potage, de sirop. Une cuillerée à café équivaut à cinq grammes d'eau commune; une cuillerée à bouche équivaut à quatre cuillerées à café, et par conséquent à vingt grammes; il faut huit cuillerées à bouche pour un verre ou une verreu.
— HIST. ivi* s. Deux ou trois cueiUerées d'huile d'amandes douces, pars, xviii, 18. On en donnera,
CM
cm
cui
avec (le l'huile d'olive, une cuillerée d'argent, o. de
SF.RBFS, «41.
— CTVM. Cuiller.
CCILLERON (kui-Ue-ron, 21 mouillées, et non kuiye-ron), i. m. Partie creuse d'une cuiller. || Cuilleron ou balancier, appendice placé derrière les ailes des insectes diptères. || Pétale ou autre partie d'une (leur ou plante qui a la forme d'une cuiller. |{ Pièce qui, dans un fusil de munition, retient la baguette.
— ÊTYM. Diminutif de cuiller.
t CCINE (kui-n'), s. f. Cornue qui servait à la distillation de l'eau-forte.
— HIST. xvi's. Cornue, cuenne, recipiens, paré,
t. III, p. 638.
— ÊTYM. Origine inconnue.
i . CUIR (kuir), s. m. || 1° Peau épaisse de certains animaux. L'épaisseur du cuir qui couvre l'éléphant. Il Terme d'anatomie. Cuir chevelu, la peau qui recouvre le crSne et où naissent les cheveux. || 1° Peau des animaux séparée de la chair et corroyée. Cuir de vache. Les cuirs, fruit unique des courses des boucaniers, avaient été le premier objet d'exportation de St-Domingue, raynal, Ilist. phil. xiii, 35. Nos cuirs dorés, où il n'entre pas la moindre parcelle d'or, montrent que nous savons au moins, dans certains arts, imiter la sage économie de la nature, bonnet, Palingén. phil. < 4' part. ch. 4. Il Par plaisanterie, un orfèvre en cuir, un savetier. Il Cuir bouilli, cuir cuit et préparé qu'on emploie sous diverses formes. || Un visage de cuir bouilli, visage de mauvaise couleur. || Cuir cru, vert ou en vert, cuir qui n'a reçu aucune préparation. || Cuir plaque, cuir tanné et corroyé dans son tan. jjCuir à l'orge, cuir qu'on fait fermenter dans une pâte d'orge. Il Cuir à œuvre, cuir mince des petits bœufs. Il Cuir de Valachie, cuir préparé dans un passement d'orge. Il Cuir en triple, cuir pelé et rincé. || Cuir de Transylvanie, cuir préparé à la farine de seigle. Il Cuir de poule, cuir qui sert à faire des gants. Il Cuir de Russie ou de Roussi, cuir de vache préparé en Russie. La locution cuir de Russie est la seule correcte; cuir de Roussi en est une vieille corruption. Ses souliers étaient si couverts de rubans, qu'il ne m'est pas possible de vous dire s'ils étaient de roussi, de vache d'Angleterre ou de maroquin, Récit en prose et en vers de la farce des précieuses,Paris, ieeo. Il Cuir de Russie est aussi la peau de phoque tannée avec l'écorce du bouleau noir. Il 3* Cuir à rasoir, ou, simplement, cuir, bande de cuir tendue sur une palette pour donner le fil aux rasoirs. || 4° Familièrement, la peau. Le beau corps, le beau cuirl la font. Roi Cand. C'est bien le cuir plus doux! ID. Berc. Une grosse Aricie [l'Aricie de la Phèdre de Racine], au cuir rouge, aux crins blonds, N'est là que pour montrer deux énormes tétons, Que malgré sa froideur Hippolyte idolâtre, deshouuÈRF.s, Poésies, t. ii, p. 2|S), dans lacurne. || Entre cuir et chair, sous la peau. || Fig. et familièrement. Pester entre cuir et chair, s'impatienter sans oser le faire paraître. || 5° Cuir de laine, épaisse et forte étoffe croisée. || 6° Cuir des arbres, le rhacodion xy- /osfotïie. Il Cuir de montagne, cuir fossile, asbeste. Il Proverbe. Faire du cuir d'autrui large courroie, se dit de ceux qui sont libéraux du bien d'autrui.
— HIST. XI* s. En [pour cela, pour servir son roi] doit hom perdre et du quir et du peil, Ch. de Roi. Lxxvii. Dur [ils] ont le quir ensement come fer, ib. ccxxxv. Il xii* s. Sur l'espaule senestre l'espée li cula. Le mantel e les dras tresqu'al cuir encisa, E le braz maistre Edward près tut en dous colpa. Th. lemart. 160. Coustume est de mecine, ke ele la chalor des entrailhes trait par defors el cuir, et de ce dont ele navret par defors sanet ele par dedens , Job, 489. Un cuir boli [sorte d'armure] a en son dos glté, Par desore ot un clavain afautré, de labobde. Émaux, p. 239. Il XIII* s. La carre du roi Phyon fut de cuir d'elephant bouilli, dont le tabernacle et la raarcellefu peintàcollorset à vernis, m. ib. Si garnissiez si vos chasteax De perrieres, de mangoneax ; Si faites cuir et verge atraire. Fer et merrien por engin faire, Partonop. Ms. de St-Germain, f° 168, dans LACURNE. Qui cuir voit tailler, Corroies demande. Ce dit li vilains, Prov. du vilain, Us. de St-Germ. f° 74 , dans lacurne. Ouvrier de cuir bouilli, Liv. des met. (64. Au mains ne puet il pas tout perdre, S'il se devoit au cuir aerdre, la Rose, 10824. Uns Turs i mist la sele, qui fu à or vernis. Moult fu riches li frains qu'il li a el chief mis; Son poitral U laça qui fu de cuir bolis, Ch. d'Ant. iv, 18». S'il y a sanc dont cuirs soit perchiés, li baleres doit estre pris.... beaum. xxx, 17. Les veines petites entre cuir el chair, alebrant, {° <3. ||xiv*s. Une courroye de cuir de lyon, sans nulle ferrure, de |
LABûRPE, Émaux, p. ail. Une ceinture de cuir de lionn, harnessé d'or od camaeux , ID. ib. p. 240. Deux escrins de cuir boulli que il fit ii la royne, l'un pour une nef d'argent, et l'autre pour un cliarriot d'argent qui porte une nef, ID. tb. p. 239. Un livre en un fourrel de quir bouli, ID. ib. Un livre couvert de cuir rouge à empreintes, ID. ib. p. 240. Il XV* s. Un estuy de cuir noir, où il a quatre compas d'argent, ID. tîi. Un grant livre couvert de cuir vermeil et empraint de plusieurs fers, ID. ib. Le service de la chappelle du Roy, couvert de cuir rouge marqueté, m. ib. Jamais mestier aprendre ne voudray; Car ces ouvriers ont trop courbes les dos; Je voy qu'ils n'ont que le cuir et les os, eust. desch. Poésies m.w. f* 238, dans lacurne. Lors s'affiche es estriers dont les couroyes estoient de cuir de soye, Perceforest, t. ii, f" 46. Il XVI* s. Un de ces vénérables coupeurs de cuir [bourse], desper. Contes, Lxxxiii. L'epiderme, le vray cuir, le pannicule charneux meslé avec la gresse, paré, i, 2. Un bonnet de cuir bouilli, m. VIII, 22. On gardera ceste composition bien enveloppée dedans un cuir, id. xxiv, 8. Le fin cuir transparent qui trahit sous la peau Mainte veine en serpent.... d'aub. Tragiques, liv. m. Il ne faut pas toujours estre chaussé ainsi : Il faut qu'il ait souvent la botte de Roussi, Et l'esperon aux pieds, encore qu'il ne pense Que de passer le jour à l'entour d'une danse. Discours sur la mode, en 4613.
— ÉTYM. Génev. cuer, couer (l'r sonne); wallon, eûr; namurois, cil; provenc. cuer, cur; anc. catal. cuyr; espagn. cucro; ital. cuojo; du latin corium; grec, y.ôpiov.
2. CCIR (kuir), ». m. Terme populaire. Faute de langage qui consiste à prononcer à la fin d'un mot qu'on lie à un autre, un t pour un s, j'étai-t h la campagne, et réciproquement, il étai-z à la campagne, ou à intercaler une liaison là où il n'en faut point, j'ai-z été. Faire un cuir, des cuirs. X faire mon d'voir toujours prête, Not' maître, je v'nons vous offrir C'te paire de rasoirs pour vot' fête ; Acceptezla z'avec un cuir, désaugiebs, le Diner de Madelon, se. 3.
— ÉTYM. On prétend que ce mot vient du substantif cut'r, employé pour désigner la peau des animaux , et qu'on s'en est servi en ce sens i raison de l'analogie que présentent les expressions écorcher un mot et faire un cuir avec l'action d'enlever la peau des animaux pour en faire du cuir; peut-être aussi est-ce à cuir de rasoir qu'il faut le rapporter, ces lettres ainsi prononcées étant de prétendus adoucissements de la prononciation, comme le cuir adoucit le rasoir.
CUIRASSE (kui-ra-s'), s. f. || l'Arme défensive qui recouvre le buste. Cuirasse de cuir, d'acier. Il y avait des cuirasses d'un métal si dur, qu'elles étaient absolument à l'épreuve des coups; Zoïle, habile ouvrier dans ce genre, en offrit deux à Démétrius surnommé Poliorcète, et, pour en montrer l'excellence, il fit lancer une flèche par une machine nommée catapulte qui n'était qu'à vingt-six pas de distance, ROLLiN, Hist. anc. Œuvres, t. xi, 4'*part. p. 377, dans pouGENS. Avec quelque force que la flèche fût lancée, à peine effieura-t-elle la cuirasse, et y laissât-elle quelque trace, in. ib. Ce qu'il y avait de plus admirable dans cette cuirasse, c'est que chacun des fils, quoiqu'il fût fort délié, était composé de trois cent soixante plus petits fils qu'on distinguait aisément, iD.ib. p. 378. Il Endosser la cuirasse, prendre le parti des armes. Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire,vOLT. Ilenr. iv. || Ledéfautde la cuirasse, l'intervalle entre le bord de la cuirasse et les autres pièces qui s'y joignent. || Fig. Trouver le défaut de la cuirasse, trouver l'endroit faible, le côté sensible. Il 2° Sorte de revêtement osseux que produisent les écailles serrées de certains poissons. 1| 3* Cuirasse marine ou flottante, appareil destiné à soutenir sur l'eau en laissant la faculté de mouvoir les bras et les jambes. || 4° Revêtement en fer qui protège les navires contre l'action du boulet.
— HIST. XIII* s. Oui lor veist d'une part et d'autre pourpoins, quiries et escus enarmor, et sieles et poitras appareiller.... Chr. de Rains, p. 7«. Li uns endosse sa cuirie. L'autre prent son chapel de fer, Ren. 3454. Lor darz, lor arz et lor cuirées Orent delez eus apoiées, la Rose, 4 6894. || xv*s. Et devez savoir que les Sarrazins ne sont pas si bien armés ni si forts comme senties chrestlens.... Et s'arment le plus de cuiries et portent large à leurs cols moult légères, froiss. m, iv, 45. ||xvi's. Ce qui faisoit en tout peu moins de six cens arquebusiers et soixante cuirasses [cuirassiers] , d'aub. Hist. i,3II. Ils se firent faire place avec huict cornettes de cui-
rasses [comme ils les appelloient] et dix d'arquebusirrs à cheval, ID. tb. I, 315. Il lui planta une Uarquebusade dam l'estomac de sa cuirasse, ID. ib. II, 380. Gens cousus en leurs cuirasses comme tortues, ennemis de l'aise et du repos, id. tb. m, ïh».
— ÊTYM. Cuir; provenç. eoirassa, cuirassa ; cspagn. corasa; ital. coraxia. L'ancien français disait cuirie ou cuirie. Cuirasse est formé de cuir, avec le suffixe ace ou asse, sur l'exemple du provençal, de l'espagnol et de l'italien.
CUIRASSE, RE (kui-ra-sé, séo), part, patte. Il 1* Armé d'une cuirasse. || 2* Terme de zoologie. Revêtu d'une sorte de cuirasse. || 3* Fig. Ame cuirassée contre les revers. || U croyait le surprendre, mais il l'a trouvé bien cuirassé, il l'a trouvé sur ses gardes. || En un mauvais sens, dont l'âme est endurcie. Cuirassé aux afTronts. Cuirassé contre les remords. Hypocrite, jaloux, cuirassé d'impudence, Vous ne l'ignorez pas, votre méchanceté Donna seule à vos vers quelque célébrité, gilb. Apologie.
•t CUIRASSEAU (kui-ra-sô), t. m. Prononciation fort commune, mais fort mauvaise, de la liqueur nommée curaçao (voy. curaçao).
CUIRASSER (kui-ra-sé), V. a. Armer, revêtir quelqu'un d'une cuirasse. || Se cuirasser, r. réfl. Se revêtir d'une cuirasse. || Fig. Se cuirasser contre la pitié, contre les remords.
— ÊTYM. Cuirasse.
CUIRASSIER (kui-ra-sié; l'r ne se lie jama's; au pluriel, l'sse lie : les kui-ra-sié-z et les dragons), t. m. .Soldat arméd'unecuirasse. || Aujourd'hui cavalier portant casque et cuirasse. Régiment de cuirassiers. Revel le suit de près; sous ce chef redouté .Marche des cuirassiers l'escadron indompté, boil. Ép. iv. Le roi lui montre le nouveau flanc de l'ennemi : il faut l'enfoncer jusqu'à la hauteur de la gorge de leur grande batterie; là, pendant que la cavalerie légère poussera son avantage, lui, Caulaincourt, tournera subitement à gauche avec ses cuirassiers, pour prendre à dos celte terrible redoute, dont lo front écrase encore le vice-roi, ségur, Hist. dtHap. vn, 4t.
— HIST. xvi*s. Cuirassier, cotgbave.
— ÉTYM. Cuirasse.
t CUIRATIER (kui-ra-tié), s. m. Celui qui travaille à la préparation des cuirs.
— ÊTYM. Cuir.
CUIRE (,kui-r'), je cuis, nous cuisons; je cuisais; je cuisis; je cuirai; je cuirais; cuis, cuisons; que je cuise, que nous cuisions; que je cuii^.sse; cuisant, cuit, t'. a. Il 1° Préparer les aliments par l'action de la chaleur. Cuire du bœuf dans une marmite. Cuire du pain, des pommes au four. || Par extension, il se dit de la préparation qu'on donne à de certaines choses par l'action du feu. Cuire du plâtre, de la chaux, de la brique. Cuire du fil, de la soie. || Dans le style familier, faire périr par le supplice du feu. C'était [ma nation] un composé d'ignorance, de superstition, de bêtise, de cruauté et de plaisanterie; on commença par pendre et par faire cuire tous ceux qui parlaient sérieusement contre les papegauds, VOLT. Dial. 4 0. Il Un boute-tout-cuire (voy. boutetout-cuibe). C'est une vraie boute-tout-cuire, Qui ne fait que sauter et rire. Et ne va jamais qu'au galop, sCXRR0N,rt'r5. ira», ii. 112" Opérer la cuisson, en parlant du feu, de la chaleur. Un feu doux et modéré cuit un rôti à point. || 3* Absolument. Ce boulanger cuit deux fois par jour, il met deux foi» une fournée de pain à cuire. || 4* Amener à maturité, en parlant du soleil et de la chaleur. Le soleil n'ost pas assez chaud pour cuire les melons. Il 6° Terme de médecine. Digérer, élaborer. U y a des aliments que l'estomac a peine à cuire. Cuire un rhume. || 6* Y. n. Devenir cuit. Il faut que cette viande cuise dans son jus. Être plus ou moins facile à cuire. Ces légumes, ces pois ne cuisent pas bien. Il Fig. J'ai été ravie de ce discours, mettons-le cuire, nous y penserons quelque jour, SÊV. 37». Je vous ai vu mettre cuire des pensées et rêver profondément pour des sujets qui le méritaient moins, ID. 4*0. Il 7° Causer une douleur brûlante. Je me suis brûlé, la main me cuit. Les yeux me cuisent comme du feu. C'est un mal [l'amour] qui jamais n'entendit raillerie, Oui cuit et qui chatouille, et qui sut de tout temps Donner & corps perdu sur les honnêtes gens, hautrnociiE, Crisp. niuîi'c. v, 3. Un aiguillon qui, prompt à la venger. Cuit plus d'un jour à qui l'ose outrager, 1. B. Rouss. Ép. l, 4. Il En cuire, c. impers. Être l'occasion d'un désagrément, d'un regret, d'un repentir. Il vous en cuira quelque jour. Il pourra bien vous en cuire. Chacun d'eux s'éveilla chapon. Dont cuit à la pauvre volaille, pibon, fabJ. ||8*Secuire. r. réfl. Devenir cuit. Le gigot à la casserole se cuit
CUI
CTJI
CUI
ft petit feu. Il Fig. Tout se cuisait de loin en Bretagne, on y flattait les Bretons d'une conquête d'indépendance qui ne serait due qu'à leur union et à leur fermeté, st-sim. 479, (95. || Proverbes. Trop gratter cuit, trop parler nuit, c'est â-d ire il faut se garder de trop parler. || Vous viendrez cuire à mon four, vous aurez quelque jour besoin de moi, et j'aurai l'occasion de me venger.
— HiST. X' s. Elle colpes non avret , por o no s'coist [ne fut pas brûlée], Eulaîie. \\ xm' s. Aucunes fois les fait on sain nier [les artères de la tête], et cuire [brûler] après chou [ce] qu'ele sont trancies, ale- BRANT, f''2. Riens qu'on peUst manger, [i'] n'i ot ne cru ne cuit, Berle, xxxvi. Haisler [rôti] [il] quisseit sur le liracer D'un sangler parcreU et grant. Lai del désiré. Que nuls ne cuise ou rôtisse oues [oies] ou veel, agniaux, chevraus ou cochons, se il ne sont bons, loyaux et souffisans pour manger et pour vendre, Liv. des met. <70. Nul talemelier ne doit cuire au dimenche ne au jour de Noël, ne.... ib. to. Li rois Nobles est en mal point, N'en puet partir en nule guise Que de cest siège ne se cuise, Ren. 2704B. Forment li delt et cuit sa plaie, ib. 2094. Ceus [ces vents] versent bléz et vignes cuisent. Et flors et fruiz d'arbres abatent, la Rose, 28 H 4. Il ot angoisse en la pointure, Mes moult m'assoage [soulage] l'ointure; Dune part m'oint, d'autre me cuit, Ain.sinc m'aille, ainsinc me nuit, ib. (889. Atten e suefl're ladetrece. Qui orendroit te cuit et blece, ib. 4042. Les bras li ont loiés et les pies environ, Les garés [jarrets] li ont quisà fu et à charbon, Â soufre tout ardant, et puis après à pion, Ch. d'Ant. y, 340. Autant vaut fours qui ne cuist, comme chartre qui n'est uzée, beaum. l, (. || xiv s. Pain bien à point cuit ou bien fait, oresme, E(/t. 66. || xv's. Cher sire, un jour viendra que telles choses vous seront si renouvelées qu'elles vous cuiront, froiss. m, iv, B6. Veuillent au roy monstrer que je suis cuis; 11 m'aidera par leur bonne raison De trois cens frans; d'autre chose ne ruis [je ne demande], e. desch. Poésies mss. f"2i3, dans lacurne. Les chasteaulx prins par maléfice. Dont maint pais ont esté cuis, tb. f°209. Et pour ce dit vray le proverbe, que à grant peine peut fuyr celluy qui a les pieds cuictz, Percpforest, t. iv, f- 22. Et tant plus me doit cuire quand vous avez f.iict contre mon gré, chastel. CItr. des 1). de Bourg, ii, ch. B. Vente, gresle, gelle, j'ay mon pain cuict. Je suis paillard, la paillarde me duit, villon. Rail. \\ xvi's. Je pourrai bien avoir telle haine qu'elle vous cuira, makg. Nouv. XLiii. Ils les cuisent et apprestent à diverses saulces, MONT. I, <06. Ils font cuire le corps du trespassé, ID. I, )t2. Ils en font des grils à cuire viande, id. I, 2.17. Si n'y en eut-il pas un à qui les paroles de Marcellus ne cuisissent plus que ses propres bleceures, amyot, Marcel. 43. On leur bailloit leur orge toute mondée et escorchée, à fin qu'ils la cuisissent mieulx et la digérassent plus tost, ID. Eum. 22. Le jour il dormoilou se promenoit toutyvre pour cuire et digérer le vin qu'il avoit trop pris la nuict, ]d. Anton. 12. Si vous y faillez, vostre désobéissance serachastiée par vos envieux, qui élèveront en risées les merveilles de Dieu dans mes délivrances et vous feront cuire de vostre curieuse vanité, d'a.ub. Vie, III. Si je voulois cuire, le four cherroit [tomberait] , OUDIN, Curios. fr. add. Elle a payé au boulanger, il ne luy cuit plus, id. ib.
— liTYM. 'Wallon, cure, cuire, cilf, cuit; saintong. cftenre; bourguig. cosu, cuit; provenç. cozer, coire; espagn. cocpr; ital. cuncere ; à\x latin coquere, de même radical que le grec itéiaeiv, le sanscrit pacha (le p sanscrit devenant souvent c en latin, comme dans pane/la, TtévTe, quinqne, cinq, et la syllabe cha étant ici représentée en grec par «ir et en latin par qu). Dansl'ancienfrançais, cuire, outre son sensordinaire. avait celui de faire périr par le supplice du feu.
•fCUlUEU (kui-ré), v.a. Garnir de cuir une malle de bois. Malle cuirée.
— lilST. xiii* s. Dont fist Hues d'Aire faire un chat [machine de guerre], et le fist bien cuirier et acesmer [parer], ii. de valenc. xxxiv.
— ÈTYM. Cuir.
t CUIRET (kui-rè) , *. m. Morceau de cuir que le chapelier met entre la chanterelle et la corde de l'arçon. || Peau pelée.
— ETYM. Cuir.
i* CUIRIE (kui-rie), s. f. Ancien nom de la cuirasse (voy. cuirasse à l'historique).
t CUIRIEU (kui-rié), s. m. Terme de pèche. Tablier de cuir.
— ÉTYM. Ciu'r.
t CUISAGE (kui-za-f), s. m. Terme de charbonnier. Réduction du bois en charbon.
— niST. XIV* s. L'argent pour le cuisage de sept hostiaux de pain, du cange, cuechum.
— F.TYM. Cuire.
CDISANr, ANTE (kui-zan, zan-t'), adj. || !• Qui
se cuit facilement. Ces légumes sont cuisants.jl 2°0ui cause une douleur brûlante, vive. Douleur cuisante. Elle [une fourrure] garanlirnit des froids les plus cuisants, la font. Fabl. v, 20. Un mal cuisant déchire ma poitrine. Ma faible voix s'éteint dans les douleurs, BÈRKno. Malade. || Fig. Et que leur belle muse à mordre si cuisante, Régnier, Sat. ix. Fuyez ce médisant, son parler est cuisant, id. ib. xii. Il Terme de botanique. Tiges cuisantes , tiges parsemées de poils piquants et qui causent une certaine inflammalion par la piqûre. || 3° Fig. Qui cause une vive peine morale. Mais puis(]ue dans un mal si doux et si cuisant Votre vertu combat et .son cliarmo et sa force, corn. Cid, i, 4. Et l'on doit mettre au rang des plus cui.sants malheurs La mort d'un ennemi qui coûte tant de pleurs, id. Cinna, l, ). Je sens au fond du cœur mille remords cuisants, id. ib. m, 2. IÇlon plus cuisant chagrin est de ne vous voir pas, ID. Perihar. iv, B. Quel caprice, Philon, l'amùne jusqu'ici M'ex|iliquer elle-même un si cuisant .souci? ID. Tile et Bér. m, 4. Travaux cuisants, rotrou, St Gen. ni, 7. C'est prendre peu de part à mes cuisants soucis Que de rire et me voir en l'état où je suis, MOL. Dép. am. iv, t. Et quelque mal cuisant que m'aient causé vos yeux, id. l'Étour. i, 3. Ce qu'elle pouvait moins supporter que tout le reste était le souvenir de l'état où elle avait passé la nuit, et les cuisantes douleurs que lui avait causées la pensée que M. de Nemours aimait ailleurs et qu'elle était trompée. M'"' de la fayette, Princ. de Clèves, Œuvres, t. ii, p. (64, dans pouoens. L'horreur, les cuisants remords, la consternation, la fureur, la rage, le désespoir marchent avec lui, fén. Tél. XX. Il a excité dans votre cœur des remords vifs et cuisants, mass. Carême, Pass. Plus leur salut [des pécheurs] lui paraît déploré, plus ses entrailles sont déchirées de mille douleurs cuisantes et secrètes, id. Confér. Zèle contre les vices. Chagrins toujours cuisants! honte toujours nouvelle! volt. Sémiram. Ii, 4 . Mes bons amis , d u sort et de l'envie On brave ainsi les traits cuisants, bérang. Mes cheveux.
— HIST. xiii" s Ore me dist vostre boche Les
foies paroles cuisanz,^!™. 20083. Carrions n'en puet à chief venir [des femmes], Quant des secrez sunt parçonieres. Tant sunt orguiUeuses et fieres. Et tant ont les langues cuisans Et venimeuses et nuisans, la Rose, (6807. || xiv* s. Navets sont durs et mal cuisans, jusques <l ce qu'ils aient esté au froit et à la gelée, Ménagier, ii, 6. || xv s. Pauvreté, chagrine, dolente, Tousjours despiteuse et rebelle. Dit quelque paroUecuysarite; S'elle n'ose, si le pense elle, VILLON, Grand test. \\ xvi* s. Son feu, je le confesse, est plus actif, plus cuisant et plus aspre [l'amour], MONT. I, 209. Les febves creues en un champ sont cuisantes. — Il y a d'autres eaux desquelles les legumes seront cuisans, palissy, (7.
— ETYM. Cuire.
t CCISEUR (kui-zeur), î. m. Ouvrier qui dirige le feu d'un fourneau à briques. || Celui qui fait cuire du vin.
— HIST. XIII* s. Si le fournier faisait dommage aux cuiseeurs [ceux qui vont cuire à un four], le sire leur devroit amender, Ordonn. des rois, 1. 1, p. 1 99.
— ÉTYM. Cuire.
CUISINE (kui-zi-n*) , s. /•. || 1° Pièce d'une maison, où l'on fait cuire les mets. Portez ces provisions à la cuisine. Ustensile de cuisine. Chef, garçon, aide de cuisine. |1 Fonder la cuisine, pourvoir à la subsistance. Dans un nouveau ménage, il faut commencer par fonder la cuisine. Si c'est sur mon bien seul qu'il fonde sa cuisine. Je t'assure déjà qu'il mourra de famine, Et qu'il n'aura pas lieu de rire à mes dépens, regnard. Légat, m, 3. || Se ruer en cuisine, manger avidement beaucoup; et fig. dépenser beaucoup pour la bonne chère. || Fig. La cuisine est bien froide, n'est guère échauffée dans cette maison, on y fait maigre chère. La beauté, les attraits, l'esprit, la bonne mine Echauffent bien le cœur, mais non pas la cuisine, corn. Mélite, l, 1 . Dans sa retraite où le pauvre homme n'eut Pour le servir qu'une vieille édentée. Cuisine froide et fort peu fréquentée, la FONT. Faucon. J'étais assis près d'un maître cafard. Lequel me dit : Vous avez bien la mine D'aller un jour échauffer la cuisine De Lucifer; et moi, prédestiné. Je rirai bien quand vous serez damné, volt. Défense du mondain. \\ Faire aller, faire rouler la cuisine, avoir soin de ce qui regarde la dépense ordinaire de la table. || Familièrement. Du latin de ciiisine, du latin mauvais et plat tel que le faisaient
les cuisinières et les marmitons dans les anciens collèges, où c'était la règle que tout le monde parlât latin. Il Cuisine-bouche, cuisine où l'on apprête les mets qui doivent être .servis au roi. {| Cuisine-poêle, ustensile propre à chauffer les appartements et à faire cuire les mets. |] 2" Le personnel de la cuisine. Il a laissé sa cuisine à Paris. {| 3* L'ordinaire d'une maison, la chère qu'on y fait. Faire maigre cuisine. Jamais idole, quel qu'il fût. N'avait eu cuisine aussi grasse, la font. Fabl. iv, 8. Qui vous a pu plonger en cette humeur chagrine? A-t-on par quelque édit réformé la cuisine? boil. Sat. m. || Faire la cuisine, apprêter à manger. Au noble hôtel de la Vermine, On est logé très-proprement : Hivarol y fait la cuisine. Et Chamcenctz l'appartement, beaumarcii. ^pi'jr. Il Flaireur de cuisine, parasile. Tu viens ici mettre ton nez, Impudent fiaireur de cuisine, mol. Awphit. m, 7. Il Fig. et familièrement. Être chargé de cuisine, être gras, avoir gros ventre. |1 4* L'art d'apprêter les mets. Savoir la cuisine. La cuisine française. La cuisine anglaise. Et Malherbe et Balzac, si savants en bons mots. En cuisine peutêtre auraient élé des sots, mol. Femm. sav. u, 8, Qu'importe qu'elle manque aux lois do Vaugelas, Pourvu qu'à la cuisine elle ne manque pas, id. ib. il, 7. Enfin son goût pour cette nation [Anglais] était si décidé qu'il en préférait même la cuisine à la nôtre trop justement célèbre dans toute l'Europe, d'alemb. Éloges, miord ilaréchnl. || 5° Fig. et familièrement, cuisine se dit quelquefois des préparatifs et tripotages pour les affaires. La cuisine politique. La cuisine électorale. Il 6" Boîte longue à différents compartiments, où l'on mettait divers ingrédients propres pour les ragoûts. || 7° Terme de marine. Caisse de tôle, divisée en plusieurs parties, pour mettre les chaudières, casseroles, etc.
— HIST. xii" s. Par devers la quisine sunt entré el vergier, Th. le mart. (44. F. à sa quesine furent asis, chascun jur, dis hues gras de guarde e vint ki veneientde lacumune pasture, Rois, 239. || xiii*s. Si prist la reiibe à un garchon et se mist en la quisine à tourner les capons, Chr. de Rains, p. 40. Chacun jor jusqu'à quaroime, cosine à huile, et à chacun un ïiaran, du cange, ccqaiua. Que touz ceulz qui voudront tenir estai ou fenestre à vendre cuisine, sachentappareiliier toute manière de viandes conmunes et prouffitables au peuple, Liv. des met. (75. Et vit la cuisine fumer Où il ot fait feu alumer, Ren. 937. Vins en posou en bariv, ou viandes prestes à envoler à la quisine, deaum. 33. || xiv* s. Tost et isnelement est en fuite tournés; En le [la] cuisine vint li cuivers deffaés, Raud. de Seb. vin, 950. Vous deux qui avez perdu, paierez chascun un pot de servoise, et nous autres paierons la cuisine et le pain, DU CANGE, coqnina. || xv* s. Il en est temps, car vo hiaulé décline. En charité donnez de vo cuisine Aux povres gens, eust. descii. Poésies mss. f" 206, dans lacurne. ||xvrs. Il y en eust deux qui se lassèrent de trotter, pource qu'ils estoient un petit chargés de cuisine [d'embonpoint], de^per. Contes, xxviii. Il leur dist: Seigneurs, la table est mise leens pour nous disner et aisier, et est la cuisine au feu et le vin au celier; de quoy il nous fauldra boire et mengier, menard, Ilist. de du Guesclin, f" 427, dans lacurne. Elle commença à se remuer en cuisine. Nuits de Straparole, t. u, p. 225, dans laciRNE. U dit que le premier bastiment d'une maison doit estre la cuisine, c'est à dire le revenu et le fonds pour l'entretenir, dlvehdier, Bibliolh. p. (53j dans lacurne. Grasse cuisine, maigre testament, cotgrave. De gras.se cuisine povreté s'avoisine, id. Mauvais chien ne veut jamais compaignon en cuisine, iD. Cuisine estroite fait bastir grande maison,
LEROUX DE LINCY, PrOV. t. II, p. (94.
— ÉTYM. Saintong. cheunne; wallon, couhène; namurois, coujène; rouchi, cuiséne ; bourguig. cusène; provenç. coiina; espagn. cocina; portug. cosinha ; ital. cucina; du latin coquina, de coquere, cuire (voy. cuire).
CUISINER (kui-zi-né), v. n. Faire la cuisine. Elle aime à cuisiner. Il cuisine assez bien.
— HIST. xiu* s. Et en l'iave et en rost [ils] ont la char quisine, Ch. d'Ant. v, (6, ||xvi's. Us apprennent à .se chausser, à se vestir, à donner à boire, à cuysiner, et n'y a rien de tout cela qu'ils sçachent bien faire, s'ils ne l'ont appris, amyot. Que la vertu se peut apprendre, (.
— ÉTYM. Cuisine; provenç. eosinar; espagn. cocinar ; portug. cosinhar ; ital. aicinare.
t CUiSlNERlE (kui-zi-ne-rie), s. f. Terme trèsfamilier pour dire la manière de faire la cuisine.
— lllST. XVI* s. Cuisinerie, monet, Dicl.
— ÉTYM. Cuisiner.
cm
CmSINIER, 1ÈRE (kui-zi-nié, niê-r), ». m. et f. Il !• Celui, celle dont la fonction est de faire la cuisine. Un bon cuisinier. Une mauvaise cuisinière. One de son cuisinier il s'est fait un mérile, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite, mol. Mis. m, B. Un jour le cuisitiier, ayant trop bu d'un coup. Prit pour oison le cysîno, et, le tenant au cou, 11 allait l'igorger, puis le mettre en potage, la font, l'abl, m, )2. Un bon cuisinier coûtait quatre talents, montebq. Esp. VII, 2. Après m'avoir dit en passant que Cadmus, l'aïeul delSacclius, le fondateur de Thèbes, commença par être cuisinier du roi de Sidon, bartiiél. Aitach. ch. 25. i|Fig. La gaieté, les travaux rustiques, les folâtres jeux sont les premiers cuisiniers du monde, J. J. bol'SS. Ém. iv. || 2° Personne qui sait faire la cuisine. || 3° Le Parfait Cuisinier, la Cuisinière bourgeoise, livres où l'on traite de la cuisine. Mithœcus qui nous a donné le Cuisinier sicilien, nARTiiÉL. Anach. ch. 25. Le Cuisinier français, qui n'est pas un bon livre. Nous donne quelquefois des maximes à suivre '.J'emprunterai de lui ce refrain bien connu : Servez chaud.... berchoux, Gastron. iji.
— HIST. xiii's. Que se aucune personne est devant estai ou fenostre de cuisinier pour marchander ou achater des dits cuisiniers, que si aucuns des autres cuisiniers l'appelé devant que l'on soit partiz de son gré de Testai ou fenestre, si soit en la peine de cinq sols, in', des met. (37. || xvi's. Ainsi tu attraperois quelque bénéfice, que tu ferois tenir par quelque cuisinior de prestre et tu prendrois le revenu, pa- LissY, RI. Il donna la maison d'un citoyen de Magnésie à un cuisinier, pour autant qu'il avoit bien appareillé un soiipper, a.myot, Anloii. 27. Style de ramoneur de cheminée ou de cuisinier, rab. p. 109,
dans LACURNE.
— ÊTY.M. Cuisine; saintong. cheunier; bourguig. cusenei; provenç. cosiner; espagu. cocinero; portug. coiinheiro ; ital. cuciniere.
CUISINIÈRE (kui-zi-niè-r'), s. f. Ustensile en ferblanc, où l'on met la viande rôtir k la broche. On l'appelle aussi rôtissoire.
— F.TYM. Cuisinier.
jCUISSAGE (kui-sa-j'), s. m. Terme de droit féodal. Droit qu'avait le seigneur de mettre la jambe dans le lit de la nouvelle mariée la première nuit des noces, et aussi, dans quelijues localités, droit de coucher avec la nouvelle mariée la première nuit: droits qui d'ordinaire étaient rachetés à prix d'argent. Les seigneurs avaient imaginé le droit de tuissage, volt. Maturs, 51.
— HlST. xvi's. Je me suis laissé dire qu'il n'y a pas longtemps qu'aucuns seigneurs, mesme ecclésiastiques, avoient droict par ancienne coustume de mettre une jambe dans le lit où couclioit l'espousée la première nuit de ses noces; il y en eut un le quel voulant outrepasser les limites de son devoir d'une effrénée lubricité ,fist perdre cette coutume au pris de sa vie, du verdier, Div. leçons, p. 9(i. dans lacur.ne.
— ÊTYM. Cuisse.
CC1SS.\RD (kui-sar; le d ne se lie pas: un kuisar épais; au pluriel, l's ne se lie pas; des kui-sar épais; cependant plusieurs la lient: des kui-sar-z épais), s. m. || 1" Partie de l'armure qui couvrait les cuis.ses de l'homme d'armes. Les Troyens et les Grecs, armés de piques, de massues, d'épées, de flèches et de javelots, couverts de casques, de cuirasses, de cuissards et de boucliers, les rangs pressés, les généraux à leur tète, s'avançaient les uns contre les autres, bartiiél. Anuch. introd. part. i". Contemplez ces armets, ces casques, ces cuissards Des Nemours, des Clissons, des Concis, des Bayards; J'aime à les revêtir de ces armes antiques, deulle, Imag. iv. || 2° Instrument destiné à remplacer le membre inférieur après l'amputation de la cuisse. Dans ce sens . plusieurs écrivent cuissart; ce qui est une inutile variation d'orthograjihe.
— HlST. xiii's. Cuissots, braconniere de maille Avoir te fault, et n'y fais faille, ducange, cuissetus. Un cuisiauxgamboisez, ID. ib. |{ xv's. IU'aconsuivit bas ens es cuisses, et lui perça du glaive tout outre les cuisseaulx, FROiss. 11, 11, 81. || xvi' s. Lesjamhes armées de grèves et de cuissots, vestus de hocquetons noirs, amyot, P. Jîm. 30. li leur persuada de s'armer les cuisses et jambes de bons cuissots et bonnes grefves, id. Philop. 13. Voici comment je voudrois qu'ils fussent accomrao<lez, à sçavoir de corcelets noirs assez légers, caries pesans accablent, avec les cuissots, demi brassais et la bourguignote, LANGUE, 237. Armés de grèves, genouillères, cuyssots, cuyrasse, carl. vu, i:).
— ÉTYM. Cuisse. Les anciens textes ne donnent que cuissau ou cuitsot.
CUI
|- CUISSARDÉ.ÉË (kui-sar-dé, dée), cul). Armé de cuissards.
CUKSSE (kui-s'), s. /■.lit" La partie du corps de l'homme et des animaux qui s'étend de la hiinche jusqu'au genou. || 'l'ermede manège. Aide des cuisses, mouvements des cuisses, par lesquels le cavalier fait mouvoir à son gré le cheval. || Chez les ruminants et les solipèdes, la partie qu'on nomme vulgairement cuisse, est, à proprement parler, la jambe; car c'est là qu'est le tibia, l'os de la cuisse étant trtscnurt et comme caché par les chairs, contre l'abdomen. || 2° Une cuisse de noix, un des quartiers de lanoii. Il 3°Terme d'architecture. Cuisse de triglyphe, la côte qui est entre deux glyphes. || 4°Pilierquisupportelaco^Jronne et l'arche dans une verrerie. Il Matière vitrifiée qui a coulé des pots dans le fond du four. || 5° Sorte de coquille, du genre des huîtres. || 6° Terme de serrurerie. Cuisses de grenouilles, certains anneaux de clefs limés et arrondis. Il 7° Rose cuisse de nymphe, ou cuisse de nymphe, variété de rose blanche avec une nuance rosée.
— HlST. xi's. [Un cheval qui a] Courte la quisse et la croupe bien large, Ch. de Roi. cxiii. ||xii's. Entre ses cuisses [le cheval] fu souz lui mort jetez, Roiic. p. 96. Là ù parlout al rei saint Thomas à cheval. De quisse en quisse sist, sovent changot estai, L'une quisse en la selle et l'autre contreval. Th. le mart. m. || xiii's. D'un coutel en vo [votre] cuisse vous conviendra ferir, Derte, xiii. Et se portèrent à terre par dessus les cropes des chevaus lor siele entre les cuisses, Chr. de Rains, p. «5. Oil, dit Renart, par ma foi, Je le tieng par col et par caisse; Ne m'eschapera que je puisse, Ren. 2909. Di'vantli mete ou cuisse ou ele, Ou buef ou porc devant li taille, Selonc ce qu'il auront vitaille Soit de poisson, ou soit de char, la Rose, t3(i06. La quisse d'asne crue font cent sous acater [dans une famine] ; Cinq sous vent on la poire, quant on la peut trouver, Ch. d'Ant. IV, 698. ||xiv*s. Wistaces de Boulongne va ferir Galerant, Cousin germain Gaulroi, le félon soudoiant; La cuisse li abat, toute li va rasant, Baud. de Seb. vu, 287. || xvi's. 11 fut dict, que de chascun costé on ne pourroit amener que cent gentilshommes la lance sur la cuisse, d'aub. Hist.i, )40.
— ÊTYM. Bourguig. qneusse; provenç. cueissa. coissa, cuyssa; portug. coxa; itaL coscia; du latin coxa.
t CUISSE.\U (kui-sô), s. m. Terme de boucherie. Partie du veau prenant un peu au-dessous de la queue dans toute la circonférence de l'animal, et se prolongeant jusque vers le rognon.
— ËTY.M. Cuisse.
CUISSE-M.\D.\ME (kui-se-ma-da-m'J, s. f. Poire de forme allongée et de couleur fauve. || On dit aussi cuisse-dame. || Au plur. Des cuisses-madame.
t CULSSETTE (kui-sè-f) , s. (. La moitié des fils d'une portée, en termes d'ourdisseur.
— ÊTYM. Diminutif de cuisse. Autrefois la cuisselte était une sorle d'étoffe. Or a bonne pane de gris, De menu vair et de cuissettes, E. descii. Poésxes mss. f5l4, dans lacubne. Le quel sera tenu faire pour son chef d'œuvre ung manteau de cuissettes noires, du nombre de huit cens jambes et huit tiers de hauteur, Ordonn. juillet i486.
t CUISSIÈRE (kui-siê-r'), s. f. Garniture de peau qui recouvre la cuisse gauche du tambour, depuis le genou jusqu'aux reins, pour la préserver du frottement.
— f.TYM. Cuisse.
CUISSON (kui-son), s. f. \\ 1° Action de cuire: opération qui consiste à soumettre dans des vases, et pendant un temps limité, à l'action d'une tempes rature d'au moins too", des substances organiques solides ou dissoutes. || Pain de cuisson, le pain de ménage que l'on fait chez soi. || Cuisson du sucre, se dit de la préparation du sirop de sucre. |{ 2° Espèce de douleur, qui est causée par une brûlure légt:re, par la piqûre des orties, par certaines affections cutanées, par le frottement trop prolongé des parties.
— HlST. XIII" s. Où François par mésaventure Reçurent si maie cuisson, G. guiart, t. 11, p. 24), V. 6248 (IB228). Et que toutes cuisson de plates et toutes trumelles de plaies soient faites en ceste manière ou en meilleur, Liv. des mit. 372. || xvi* s. S'il y a grande ardeur, cuisson et douleur, on fera asseoir le malade en un demy bain, paré, xi, 25. Il faut que, pour donner cuisson à la farine, le laicl cuise semblablement longtemps, ID. xviii, 29. Viandes froides et de difficile cuisson [digestion], ID. I, )4. Et Dionysius Heracleotes, jflligé d'une cuison véhémente des yeulx, feut rengé à quitter ces resolutions stoïques, mont II, 2)1.
— ÉTY.M. Génev. cuison; picard, cuichon ; du latin coctionein, decoquere, cuire.
CUI
CUISSOT (kui-so; te ( ne se Ho pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'isetie : des kui-so-z atipétissants; cuissots rime avec dos, faux, sauts, etc.), î. m. Terme de vénerie. Cuisse de cerf, de chevreuil, de sanglier. || Pièce d'armes, voy. cuissard.
— HlST. XVI' s. Prenez un cuissot de porc, Minagicr, II, 5.
— ETYM. Cuisse.
CUISTRE (kui-str*), î. m. || 1* Valet de collège. J'ai été cuistre dans le collège de l'Assomption. Il 2° Par extension, pédant encrassé. Quelque ancré (|u'il fût [Godet, évêque de Chartres], son extérieur de cuistre le rassura [Fénelon], st-siu. 34, <36. M. Furia e.st un cuistre, ancien cordonnier comme son père, p. l. cour, i, 64. Nul front sinistre; Propos de cuistre. Airs de ministre N'y sont point permis, bérano. Cocaqne. Allez, cuistre fieffé, moi. Bourg, gent. 11, 4. Pauvre enfant, se disait le vieillard, tu chantes comme l'oiseau que tient en joue le chasseur : tout le monde conspire à te marier avec ce cuistre, ch. db bebnard. Un Homme sérieux, S 13.
— HlST. XI* s. Revint li costre à l'imagine el muster, St Alexis, xxxvi. Hxiii* s. X un soir vint à la chapiele; Et li coustres ferme les huis, Roman de Robert le Diable. ||xv* s. Le coustre, tenant le lieu de son compagnon estant à Rome.... louis xi, Souv. XLii. Il XVI* s. Cuistre (domestique qui cuit pour les écoliers), oudin, Diel.
— ETYM. Diez le tire de eocistro, qui est dan» le» Gloses d'Isidore avec le sens de cuisinier; mai» on ne trouve aucun exemple ancien de ce mot; ce qui serait étrange, s'il venait de celte plose, au lieu que cela sera tout naturel si l'on suppose que cuistre n'est qu'une autre prononciation de coustre, sacristain (qui vient, lui, du latin custos, gardien, avec épenthèse de l'r ; voy. ct;sTODE; allem. Kà-iler); le sens aur:\ facilement passé de serviteur d'église à serviteur de collège.
CUIT, CUITE (kui, kui-t'), part, passé Ae cuire. H 1° Oui a subi la cuisson. Du pain bien cuit. Des pommes cuites. Du vin cuit. A l'heure dite il courut au logis De la cigogne son hôtesse. Loua trcs-fort sa politesse. Trouva le dîner cuit à point, la font. Fabl. I, t8. Il Fig. Avoir du pain cuit, avoir une fortune assurée et pouvant dispenser de tout travail. Il Proverbe. Liberté et pain cuit, c'est-à-dire les deux plus grands biens en ce monde sont d'être libre et d'avoir ce qui est nécessaire à la vie. ||2"0ui a subi par le feu une préparation comparée à la cuisson. Terre cuite. Statue cuite. |{ 3° Oui a subi élaboration, coction. Les aliments cuits dans l'estomac. Un rhume cuit et qui tire à sa fin. || 4° Fig. Qui est à point. Nous avons dans la tête un fort joli mariage, mai» il n'est pas cuit; la belle n'a que quinze ans, et l'on veut qu'elle en ait davantage pour penser à la marier, sÉv. 242. Il Familièrement. Il est cuit, c'est un homme cuit, c'est-à-dire sa fortune est ruinée, son crédit est perdu; ou, dans un langage plus que familier, il va mourir. On dit aussi : Il a plus de la moitié de son pain de cuit, il ne vivra plus longtemps.
CUITE (kui-t'), *. f. Il 1° Sorte de cuisson donnée à la porcelaine, aux briques, au plâtre, etc. La premiùre, la seconde cuite. || 2* Ce qu'on cuit en une fournée. Toute la cuite est perdue. |1 Maître de cuite, celui qui dirige celte opération, jl 8* Concentration d'un liquide. La cuite d'un sirop. ||4* Petii-'.ait provenant de la fabrication des fromages de Gruyère.
— HlST. XIII* s. Et se son levain est fait, il puel cuire la cuite du levain, Liv. des mél. 1*. || xvi" s. Exceptez les escrovices, que l'on cardinalise à la cuycte, rab. Car. i, 39. Il inventa les horologes et quadrans pour entendre le temps de la cuycte de pain, ID. Pant. iv, 61. Telles chairs, bien que grasses, no sont jamais do bonne cuitle, se diminuans de beaucoup au feu, 0. deserres, 841. X quoi aura aidé, un peu de gros vin rouge, qu'aurés auparavant jette dans le moust, sur la lia de sa cuite,
— F.TYM. Cuite; Berry, cuisse.
tCUIVRAGK (kui-vra-j'), s. m. Actionde cuivrer,
de recouvrir de cuivre; résultat de cette action. Le cuivrage s'obtient au moyen du cyanure de cuivre dissous dans les cyanures alcalins.
— ÉTYM. Cut'rrer.
CUIVRE (kui-vr"), s. m. || !• Métal rougeilre, moins dur que le fer; le» anciens chimiste» l'appelaient Vénus, à cause de sa tendance à s'unir avec les autres métaux. Avant la première guerre puniçue le cuivre était à l'argent comme »60 est à t ; il est à peu près aujourd'hui comme 73 •;, est à < , uoNTESQ. Esp. XXII, i. k la suite de l'argent parait
CUL
le cuivi'o qui a avec ce métal une grande affinité; il est lui-même suivi de l'étaiu, du plomb, du fer, BONNKT, Contempl. nat. 3' part. ch. 4. Le cuivre précieux que, depuis un temps immémorial, on tire des mines de Délos et que l'art industrieux convertit en vases élégants, bartiiél. Ànach. 76. || Cuivre jaune, voy. laiton. Le cuivre naturel est rouge; et ce qu'on nomme cuivre jaune est du cuivre jauni avec la calamine [c'est-à-dire allié au zinc, qui, en une certaine proportion, lui donne la teinte de l'or], noLLiN, Jlist. anc. Œuvres, t. x, p. bo5, dans POUGENS. Il Cuivre vierge, celui qui sort de la mine. Cuivre blanc, alliage de cuivre, d'arsenic et de zinc. Cuivre noir, celui qui n'a pas été encore parlaitement purifié. Cuivre de rosette, celui qui a été entièrement purifié des autres métaux. || 2° Terme de graveur. Planche gravée sur cuivre. Acheter les cuivres d'un ouvrage. || Couper le cuivre, manier le burin. || 3° Terme de musique. L'ensemble des instruments à vent dont le corps est métallique. Le cuivre ou les cuivres dominent dans cet orchestre. Et moi, je vais rester, soufl'rir, agir et vivre; Voir mon nom se grossir dans les bouches de cuivre De la célébrité, v. iiuGO, Voix, 29. || 4° Terme de minéralogie. Cuivre lileu, variété bleue de carbonate de cuivre. Cuivre corné, chlorure de cuivre. Cuivre gris, sulfure de cuivre antimonifère. || Banc de cuivre, pierre dure et jaunâtre, employée à paver les cours des maisons.
— HIST. xiii' s. Sus un coffre ferré de cuivre, Lai de l'ombre || xiv s. Roches sont moult agues, et li fosse [fouit] on toudis; Car li ors croistdesous,et argens et vernis, Qœuvres, metaus, estains, tout croist en elle pourpris, Baud. de Seb. xiii, 64. || xv" s. Venus par le cuy vre entendon , Et aussi c'est moult bien son
nom, LA FONT. 415.
— ÉTYM. Lat. ctiprum, de Kûnpoç, l'Ile de Chypre, à cause du cuivre qu'on trouvait dans cette île.
i. CUIVRÉ, ÉE (kui-vré, vrée), adj. \\ 1° De couleur de cuivre, c'est-à-dire roujeàtre (il ne faut pas confondre cuivré et bronzé). Teint cuivré. Peau cuivrée. Dans la siphylis certaines taches de la peau ont une teinte cuivrée. Tout son corps frotté d'huile avait une couleur cuivrée, chateaub. Nalch. n, 367. Colonne! il m'a semblé qu'éblouissant mes yeux Tes bataillons cuivrés cherchaient à redescendre! V.HUGO, Odes, m, 7. || 2" Voix cuivrée, voix «jui a un timbre éclatant comme celui des instruments de cuivre. On dit dans lu même sens : voix métallique.
— ÉTYM. Cuivre.
f s. CUIVRÉ, ÊE (kui-vré, vrée), part, pusse. Revêt" de lames de cuivre.
f CUIVRÉE (kui-vrée) , s. f. Fausse dorure faite avec du cuivre en feuilles.
— f.TYM. Cuivre.
t CUIVRER (kui-vré), v. a. Revêtir de cuivre en feuilles. || Pratiquer l'opération du cuivrage. || Se cuivrer, v. réjl. Être revêtu de cuivre. Tous ces ouvrages doivent se cuivrer.
— ÊTYM. Cuivre.
t CUIVRETTE (kui-vrè-f), s. f. Terme de musique. Petite auche de cuivre dans certains instruments à vent.
— ÉTYM. Cuivre.
t CUIVREUX, EUSE (kui-vreû, vreû-z'), adj. Qui a rapport au cuivre, qui en est formé. |j Terme de musique. Qui a le son du cuivre. || Terme de peinture. Qui approche de la couleur du cuivre. Tons cuivreux.
— ÊTYM. Cuivre.
t CUIVRIQUE (kui-vri-k'), adj. Terme de chimie. Qui a rapport au cuivre. Oxyda cuivrique, deutoxyde do cuivre.
— ÉTYM. Cuivre.
t CUIVROT (kui-vro), s. m. Outil d'horloger, pour recevoir les tiges des pièces qu'il s'agit de tourner.
t CUJELIER (ku-je-lié), s. m. Un des ngms vulgaires de la farlouse ou alouette des bois (alaude cujelier) , appelée aussi cochelerieu, cochelevier, turlut et turlutoir, legoarant.
CUL (ku ; VI ne se prononce jamais, même devant une voyelle) ou OU (ku), s. m. || 1° Le derrière de l'homme et des animaux. 11 tomba sur sou cul. Donner des coups de pied au cul. Chacune sur le cul au foyer s'accroupit, Régnier, Sot. xi. Trébuchant par le cul s'en va devant derrière, m. ib. Revenez, mes fesses perdues, Revenez me donner un cul, scar- »0N, Poésies diverses, Q'uvres, t. vu, p. 233, daus POUGENS. Qui le fit aller choir sur le cul , AUX pieds des comédiennes, après une rétrogradation fort précipitée, id. liom. comique, ch. 10. Voulez-vous parier que je vais donner un coup
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de pied au cul de Béchameil, et qu'il m'en saura le meilleur gré du monde? st-sim. lis, S4. Pour moi, j'ai pratiqué toujours cette leçon dans ma petite philosophie; et je ne suis jamais revenu au logis, que je ne me sois tenu prêt à la colère de mes maîtres, aux réprimandes, aux injures, aux coups de pied au cul, aux bastonnades, aux élrivières; et, ce qui a manqué à m'arriver, j'en ai rendu grâces à mon bon destin, mol. Scapin, ii, 8. Depuis la nuque du col jusqu'au cul, volt. Cand. 2. Quoi! vivrez-vous donc toujours. Vieux petits culs nus d'amours? bérang. Pauvres am. \\ Cul pardessus tête, chute dans laquelle on fait la culbute. Ils renversent cul par-dessus tête le pauvre homme et le cheval, sÉv. <80. || Il a le cul romjju, se dit de celui qui marche mal et on traînant les jambes. Il est crotté jusqu'au cul, il est très-crotté. || Avoir toujours le cul sur une chaise, être constamment assis. Il Avoir le cul sur la selle, être à cheval. On dit d'un officier actif et vigilant, qu'il a toujours le cul sur la selle. || Par extension. Avoir le cul sur la selle, être toujours assis. Si vous étiez dans un autre état, je vous dirais de marcher.... je suis persuadée que la plupart des maux viennent d'avoir le cul sur la selle, sÉv. 79. || Demeurer entre deux selles le cul par terre, échouer dans la poursuite de deux choses. Je vois ces héros retournés Chez eux avec un pied de nez, Et le protecteur des rebelles Le cul à terre entre deux selles, la font. Lettres, xxiii. Il Faire une chose à écorche-cul, la faire à regret en rechignant. || La tête a emporté le cul, se dit d'une personne qui est tombée la tête la première. Il Terme de joueur. Â cul levé, c'est à-dire que celui qui perd s'en va. Jouer à cul levé. || Aller de cul et de tête, s'y prendre avec ardeur, mais sans précaution et sans mesure. M. de Vendôme fit donner ses troupes d'arrivée, de cul et de tête, sans ordre et sans règle, st-sim. 2o4, 234. || 11 perdrait son cul s'il ne tenait, se dit d'un homme négligent qui perd tout ce qu'il a, d'un joueur qui perd tout son avoir au jeu. Il Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, le censurer sans ménagement. On n'est point plus ravi que de vous tenir au cul et aux chausses, mol. l'Av. m, 6. Cette locution signifie aussi serrer de près. Il Donner du pied au cul à un valet, le chasser de son service. Donner du pied au oui à quelqu'un, le chasser honteusement. Et qui me donneriez bientôt du pied au cul. Lorsque vous me verriez être sans quart d'écu, scarron, Uér. ridic. dans leroux, Dict. comî'gup. Il Prendre son cul pour ses chausses, se méprendre grossièrement. || Montrer le cul, avoir des habits très-mauvais. Monsieur mon père, on me voit le cul de tous les côtés [je suis en guenilles], HAUTEROCHE, Crispin médecin, i, 6. || Montrer le cul, signifie aussi avoir peur. Il avait fait le brave, mais, au faire et au prendre, il montra le cul. || Se lever le cul devant , n'être pas de bonne humeur , en se levant, et durant la journée. || Arrêter quelqu'un sur le cul, l'srrêter tout court. Le feu de l'infanterie arrêta la cavalerie sur le cul. || Mettre une personne à cul, la mettre dans l'impossibilité d'éluder plus longtemps. || Être à cul, être sans ressources. || En avoir dans le cul, être perdu, vaincu, sans ressource. Nous en avons eu dans le cul, scarron, Virg. trot). 1. 1| lisse tiennent tous parle cul comme des hannetons, ou comme des juifs, se dit de plusieurs gens alliés en même famille. || Ce sont deux culs dans une chemise, ce sont des gens intimement liés. Il Un bout de cul, un petit homme gros et trapu. Il Baiser le cul de la vieille, se dit d'un joueur qui a perdu sans avoir pu gagner ni prendre un seul point. Il Baiser ou lécher le cul à quelqu'un, lui témoigner une soumission servile et aussi faire tout ce qu'il veut. Le chancelier me répondit qu'il voudrait me baiser au cul, et que cela [le projet de paix] fût exécuté, st-sim. 152, 216. || Toutes ces locutions sont du langage très-familier ou du langage bas. || 2° L'anus par où sortent les excréments. Il Fig. et bassement. Péter plus haut que le cul, entreprendre des choses au-dessus de ses forces , prendre des airs au-dessus de son état. Il Bassement. On lui boucherait le cul d'un grain de millet, se dit d'une personne qui a une grande peur. Il 3° La personne. Cul de plomb , homme sédentaire. Je fis le cul de plomb, travaillant des mieux avec les autres clercs, Pièces comiques, dans leroux, Dict. comique. Il Cul blanc, nom de petits merciers qui vont par la campagne vendre de menues marchandises qu'ils portent sur leur dos. || Cul-dejatle, personne estropiée qui ne peut faire usage de ses jambes. De pauvres culs -de -jatte. Il est cul-de-jatte. Locution tirée de ce que les pauvres qui sont culs-de-jatle ont le derrière appuyé sur
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une espèce de jatte. Souvent le doux penser me fialte De n'être plus un cul-dc-jatte, Et qu'un jour je pourrai marcher, Et où vous serez, vous chgrcher, scarron. Poésies div. (JCuvres, t. vu, p. lo, dans POUGENS. Je suis un cul-de-jatte à qui membres tortus Font grand mal à toute heure, id. ib. p. 45. La pauvre veuve [Maintenon] rougit, non pas de la réputation du cul-de-jatte [.Scarron] attaquée, mais d'entendre prononcer son nom et devant le successeur [Louis XIV], st-sim. 66, 103. Qu'on me rende impotent. Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme Je vive, c'est assez, je suis plus que content, LA font. Fahl. i, IB. Vous n'êtes qu'un manchot, et vous o.sez prétendre à ma fille? Savezvous bien que je l'ai refusée à un cul-de-jalle? le- SAGE, Diable boiteux, ch.8. 1(4° Cul-de-poule, renflement en forme du cul de la poule. || Fig. et familièrement. Faire le cul de poule , faire une espèce de moue en avançant et pressant les lèvres. Il Cul-de-poule, partie arrondie de la plaque de couche d'un fusil. || Terme de chirurgie. Éminence qui se forme à l'ouverture de quelques fistules. || Terme de vétérinaire. Cul-de-poule, ulcère dont les bords sont saillants; éminence que la graisse forme près de l'anus du cheval. || Terme de serrurerie. Cul-de-poule, renflement que l'on donne au corps d'une espagnolette, au droit de la poignée. Il 5° Le dos. Nous étions campés le cul dans le Necker, à, la petite portée de canon d'Heidelberg, st-sim. 22, 258. On campa le cul à Manheim et la gauche appuyée au bord du Necker, ID. 28 , 87. || 6° Cul s'est dit de certains jupons rembourrés que mettent les femmes et qu'aujourd'hui on nomme plus décemment tournure. Si l'on porte encore des culs, dans ce cas je vous prierai de m'en envoyer deux, m"* de GENLis, Adèle et Théodore, t. ii, lett. 28. || 7° Par extension, la base, le fond de certains objets. Le cul d'une bouteille, d'une barrique. Quelques grains de sel dans le cul d'un pot de terre cassé, lesage, Guim. d'Alfarache, i, 5. || Mettre un tonneau sur le cul, le lever sur son fond, et aussi le vider. L'on mange peu; l'on boit en récompense; Quelques tonneaux sont mis sur cul, la font. Fianc. Un baril défoncé, deux bouteilles sur cul. Qui disaient, sans goulet : nous avons trop vécu, Régnier, Sat. xi. Il Cul de bouteille, se dit de la couleur d'un vert très-foncé. Cette nuance est cul de bouteille. |{ Terme de vétérinaire. L'œil de ce cheval est cul de verre, il est de couleur de bouteille, et par conséquent il a une cataracte. ||8°Cul d'artichaut, la partie charnue d'un artichaut, celle qui porte le foin. lisent un goût supérieur à celui de nos choux et semblable à celui des culs d'artichaut, bern. de st-pierre. Étude. B. On vous a déjà reproché de dire.... un cul d'artichaut, un cul-de-lampe, un cul-de-sac ; à peine vous permettez-vous de parler d'un vrai cul devant des matrones respectables, et cependant vous n'employez pas d'autre expression pour signifier des choses auxquelles un cul n'a nul rapport, volt. Dite, aux Velches. || 9° Le derrière d'une charre'te. Mettez cela au cul de la charrette. Mettre une charrette à cul, la mettre les Umons en l'air. || 10° Cul de bassefosse, cachot souterrain creusé dans la basse fosse même. || Par extension. Vous rebutez mes vœux, vous me poussez à bout ; Mais un cul de couvent me vengera de tout, mol. Éc. des femmes, v, 4. || 11° Culde-sac, rue qui n'a qu'une issue; maintenant de préférence on dit impasse. Nous descendîmes à la contrée des Francs [à Boulaq] , espèce de cul-de-sac dont on ferme l'entrée tous les soirs, chateaub. Itin. III, 80. Un mur pour vue, un cul-de-sac pour rue, peu d'air, peu de jour, peu d'espace, des grillons, des rats, des planches pourries, t. j. rouss. Confes. V. || Par extension , un cul-de-sac , un lieu qui n'a pas d'issue. Avancer est chose impossible dans la position où nous nous trouvons ; par pitié ou par amitié, tire-moi de ce cul-desac [l'extrémité de l'Italie], p. L. colr. Letl. i, 164. Il Fig. Un cul-de-sac, un emploi qui ne peut mener à rien. Bissy vit que ses alTaires à Rome par rapport à la Lorraine et à ses espérances prenaient un tour à ne lui plus faire regarder Toul comme un cul-de-sac, st-sik. 346, as. || Terme de marine. Cul-de-sac, enfoncement de la mer dans les terres. Il Terme de pêche. Fond du filet. i| 12° Terme d'architecture. Cul en pendentif, voûte sphérique qui est rachetée par quatre fourches ou pendentifs. || Cul de niche, fermeture cintrée d'une niche sur un plan circulaire. Il Cul-de- four, voy. four. |1 13° Cul-delampe. Terme d'architecture. Tout support en encorbellement qui n'est pas un corbeau, c'est-à-dire qui ne présente pas deux faces parallèle» perpeudiculaires au mur, viOLiET-LE-uuc. Le cul-dg-
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lampe est dit ainsi parce qu'il imite le cul d'une lampe, le bas, le fond d'une lampe portée à la main. || Cabinet saillant en dehors d'une maison, et dont la partie inTérieure a celle forme. || Terme de construction militaire. Cul-de-lampe, encorbellement qui sert à maintenir une tourelle, une guérite de rempart qui ne monte pas de fond. || Terme d'imprimerie. Cul-de-lampe, ornement aujourd'hui peu employé et qui servait à remplir un blanc de page. Des culs-de-lampe. Que voulait-il qu'un musicien fit de toutes ces comparaisons façonnées en ariettes, qui terminent des scènes comme des culs-de-lampes, ou qui plutôt sont dans le chant comme des bouquets d'artifice pour obtenir l'applaudissement? marmont. Élém. litt. (Euvres, t. ix, p. 404, dans pouGENS. Il Terme de- fonderie. Cul-delampe, partie du canon comprenant le relief de la culasse et du bouton. |{ Terme de serrurerie. Cul-delampe, le faux fond d'une serrure, le bouton d'une porte. Il Terme de pêche. Cul-de-lampe, enceinte qu'on forme derrière les bords d'un étang pour retenir l'eau. Il Cul-de-lampe, nom de plusieurs coquilles univalves. || 14° Terme de fortification. Cul de chaudron, fond arrondidel'entonnoird'une mine, lors qu'elle a fait explosion. || 15° Terme de serrurerie. Cul de chapeau , se dit des extrémités de la platine d'une targette, d'un verrou, qui sont découpées en demirond. || 16° Terme de marine. Le cul, l'arriére d'un vaisseau, la poupe. || Mettre cul en vent, mettre vent enpoupe parun gros temps. || Cul de pot, nœud qui se fait au bout d'un cordage pour y former un bouton. Il Cul-rond, grand bateau de pêcheur en forme de gondole. Il Cul pu queue d'une poulie, partie de la caisse de la poulie opposée au point d'attache. {| 17° Terme d'artillerie. Faux-cul, masse de matière, ou gâteau qui se forme sous les pilons des mortiers à poudre. Il 18° Paille-en-cul, oiseau de mer dit aussi pailleen-queue, et oiseau des tropiques, qui, à la queue, a deux longues plumes dépassant toutes les autres. Il Au plur. Des paille-en-cul, des paille-en-queue. Il Cul-blanc, nom de la bécassine et d'un auteur. Des culs-blancs. Le motteux ou cul-blanc niche, ccmme le todier, sous terre, mais d'une manière différente, et avec des précautions que le todier n'est pas obligé de prendre, BONNEf , Contempl. nat. 4 2» part. ch. 2«.||Cul d'or, espèce de merle d'Afrique {turdus aurigaster) , insectivore. |1 Cul rouge, rossignol de muraille. || Culrousset, gorgebleue et rossignol du muraille. j| Cul luisant, femelle du ver luisant. || Cul de singe, nom vulgaire d'une coquille du genre pourpre. || 19° Cul de mulet, variété de figue. Il Cul noué, variété de pomme à cidre. Il Cul tout nu , le colchique d'automne. Il Cul de chaudron, nom vulgaire de l'amélanchier, plante.
— HIST. XIII' s. Mal se cuevre cui li cul père [paraît], y^roi;. du vilain, Us. de St Germ. !- 75, dans lACURNE. Son cul [il] a par l'oreille pris [il a pris son cul à deux mains, il s'est mis à courir], Si a passée la charriere, Fabliauxmss. p. 422, dans la- CURNE. Il xiV s. Si fort au mur justot, et de tel destrier, Que de cul et de pointes versoit jus dou destrier, Baud. de Seb. xiii, 690. Icellui Cervoise donna au dit Dufresne avecques le cul de sa dague deux ou trois cops sur la teste, du cange, cuiafa. || xv" s. Je serai le premier à recouvrer les torfaits lesquels on nous fait encore tous les jours par la simplesse et la lascheté de vous et par espeoial de nostre chef le roi qui est allié par mariage à son adversaire; ce n'est pas signe qu'il le veuille guerroyer. Nennil, il a le cul trop pesant; il ne demande que le boire et le manger, froiss. m, iv, 56. Et firent de gratis blasphèmes au Roy, comme monstrer leur cul et autres villenies, j. de troyes, Chron, 4470, Tu seras partout diffamé; Car, quant l'en te monstroit les voies De marier, tu respondoies X ceuls qui t'en parloient lors, En ce blasmant, le cul dehors. Alléguant franchise, franchise; Et tu as fait de femme prise, EUST. DESCH. J'oésies mss. f° 4 1 8, dans lacurne. Mais au dessoubs fault faire voile Depuis les reins jusques au piet Du cul de robe qui leur chiet [leur tombe, aux femmes] Contre val comme un fons de cuve Bien fourré, où elle s'encuve; Et ainsi ara la meschine Giesle corps, gros cul et poitrine, ib. f 401. Oui fait les choses mal aler. Qui nous a fait tant de dolour, Les fous es estas eslever, Les saiges laisser en descour, Les vaillans mettre au cul du four, ib. i' 434. Deux grans chandeliers, fais à cul de lampe, et en icelui cul de lamppe avoit sept des plus grans miroirs qu'on troeuve, ayant chacun huit branches estoffées de feullages pour au bout de chacune branche mettre ung flambeau de cirre ardant, DE LABORDE, Émaux, p. 204. Quarante hom-
mCT. DE LA L\m:[E FRANÇilSE.
CUL
mes d'armes qui estoient au roi , furent chassés cul pardessus teste par les coureurs et quelque nombre de gens de l'avant-garde du duc, Bibl. des Charles, 4* série, t. i, p. 430. Vouster, jouster, rompre la lance. Et mettre ung homme le cul par terre, coquillart, Blason des armes et des dames. \\ xvi' s. Là environ cent villageois armés de fondes et de quelques arbalestes arresterent sur cul cette armée, d'aub. Il st. 1, 68. Sommerive se sauva par le pont de fourches, et le fit rompre à son cul, id. ib. i, 463. Ils firent encore une grande sortie, oïl ils mirent haut le cul tous les gabions, id. ib. ii,46. En l'orifice de toutes ces fistules se voit quelque callosité eminente, que les chirurgiens appellent vulgairement cul de poulie, paré, xi, 24. j'ay crainte, madame, à parler par révérence, que ce povre duc n'en soit de deux selles le cul à terre, Lelt. de Louis XII, t. iv, p. 25-2, dans lacurne. La lance lui feit voler du poing, et meit son cheval du cul, lequel fut puissant et se releva, jean d'auton, Annales de Louis XII, p. 447, dans LACURNE. Encores que ce gros cul empesche les femmes qui le portent, si est-ce que, quand elles veulent, elles le laissent; et en ay veu plusieurs qui disoienl : apportez moy mon cul, j'ay laissé mon cul à la maison, et me suis tant advancée que je suis venue icy sans mon cul, BOUCHET, Serées , liv. m, p. 64 , dans lacurne. Voulant faire marcher son iiomme à la première poincte d'un assaut qui se donnoit à Vezelay, il le trouva tout autre qu'il n'estoit, mangeant le cul de pouUet sur le bon homme [le paysan], ib. p. 69. Entre deux selles le cul à terre, genin, Recréai. t. Il, p. 239. Qui vous fait mal, Macée, pour nous faire une mine pire qu'un excommuniement? vous vous estes levée le cul le premier; vous estes bien engrongnée, la Comédie des proverbes, i, 6. On reclust Balde au fonds de la terre soubz le cul du diable, et ne luy octroyé on point une seule dragme de jour ou de lumière, Merlin cocaïe, t. i, p. 435, dans lacurne. Après avoir rué plusieurs coups l'un sur l'autre, et voyant que leur force ne diminuoit en rien, délibéra jouer h quitte ou double, parquoy baissant la teste et se parant au mieulx qu'il peult, entra sur Macarée de cul et de teste, luy ruant un coup de taille, duquel il pensoit luy couper les jarretz, D. Flores de Grèce, f°cviii, dans lacurne. Ce n'est qu'un cul et une chemise, oudin, Curios. fr. 11 est bien caché à qui l'on voit le cul, id. ib. Quand il a quelque chose à la teste, il ne l'a pas au cul, ID. ib. Il s'est sauvé par le cul de sa bourse [à force d'argent] , id. ib. Gratter son cul au soleil [avoir patience], oudin, Dict
— ÉTYM. Saintong. chul; provenç. cul; espagn. et ital. culo ; du latin cuius; il y a aussi dans le gaélique cûl; kymri, kil, cul.
t CULAIGNON (ku-lè-gnon), s. m. Terme de pêche. Fond d'un filet.
— ÉTYM. Cul.
t CULAtlT (ku-lar), s. m. Partie de l'équipage d'un gros marteau de forge.
— ÉTYM. Cul.
CULASSE (ku-la-s'), s. f. La partie qui fait le fond du canon, d'une arme à feu. || Terme de marine. Le gros de la vergue d'une ancre. || Terme de jardinage. Partie de la racine qui se trouve immédiatement au-dessous du collet. || Terme de bijoutier. Partie inférieure d'un diamant taillé en biseau.
— ÉTYM. Cul; saintong. chulasse.
t CULASSEMENT (ku-la-se-man) , i. m. Action de culasser.
— ÉTYM. Culasser.
j CULASSER (ku-la-sé) , ti. o. Mettre la culasse d'une arme à feu.
— ÉTYM. Culasse.
t CULATE (ku-la-f), s. f. Terme militaire. Partie qui, étant en arrière de la lumière ou du noyau du canon , aboutit à un gros bouton de métal.
— iiiST. XVI' s. Culatte de canon, oudin, Dicl.
— ÉTYM. Cul.
t CULA'VE (ku-Ia-v'), s. f. 'Vase de terre ou de tôle pour faire recuire des ouvrages de verre.
t CUL-BAS (ku-bà), s. m. Sorte de jeu analogue au jeu dit commerce, sauf qu'on s'y défait de ses cartes au lieu d'en amasser.
— ÉTYM. Cul, et bas, adj.
CUL-BLANC (ku-blan), s. m. Voy. cul.
t CULBUTABLE (kul-bu-ta-bl'), adj. Qui peut être culbuté, renversé. Ce ministère est aisément culbutable.
— ÉTYM. Culbuter.
t CULBUTANT ( kul-bu-tan ) , s. m. Variété de pigeon.
CULBUTE (kul-bu-f), s. f. [jl' Sorte de saut qui
CUL
consiste à faire un tour sur soi-même, en se renversant en avant ou en arrière. Jusqu'à ce que la maudite bêle, ne se ressentant plus de sa chute, se remit à faire ses ronds et ses culbutes ordinaires, LE SAGE, Gil Blas, VII, 46. 'Ne savez-vous pas que, parmi les Velclics, il y a des tigres acharnés à dévorer les hommes, comme il y a des singes occupés à faire la culbute? volt. Lelt. nickelieu, 48 févr. 1774. Nos marchands turcs faisaient des espèces de culbutes religieuses, chateaub. Iiin. m, 7o. || Faire la culbute, tomber en roulant; et fig tomlier de la faveur dans la disgrâce, de la riches.se dans la pauvreté. Je suis bien aise qu'il n'ait point fait la culbute, siiv. S82. On dit que toutes les pièces nouvelles à Fontainebleau ont fait la culbute, volt. dans le Pict. de dochez. || X la culbute, en désordre, à la diable. Tout a été à la culbute à cause de ces huit jours que j'ai été sans lettres, SÉV. 42u. || J* Anciennement, noeud de rubans de couleur que les jeunes demoiselles portaient presque sur le deniers de la coiffe, {j Proverbe. Au bout du fossé la culbute, voy. BOUT.
— KEJI. Bégnier écrivait culebute : El du haut jusqu'au bas je fis la culebute, Sat. xi. La Fontaine aussi : Non sans rire en secret, songeant à cette chute, De mon invention et de sa culebute, FlO' rentin, i, 8.
— HlST. xv's. Maistre Bidault de Cullebutte, Grand abatteur de prime lutte, coouillabt, Knquéle de la simple et de la rusée. || xvi' s. Faire faire la culbute, OUDIN, Curios. fr. Chry.sippus disoit qu'un philosophe fera une douzaine de culebuttes eu public, voire sans hault de chausses, pour une dou» zaine d'olives, mont, u, 34»,
— ÉTYM. Voy. culbuter.
CULBUTÉ, ËE (kul-bu-té, tée), part.paui. Renversé comme par une culhule. Culbuté par un grand chien qui courait impétueusement. || Par extension. L'infanterie culbutée par la cavalerie, l'ne fortune culbutée par des jeux de bourse. Ceux qui ne furent point tués, blessés ou démontés, et qui purent arriver jusqu'au bout du défilé, furent aisément culbutés, et mirent le désordre dans notre gendarmerie qui devait les soutenir, saint- FOix, Kss. Farit, (Jiiivres, t. V, p. 4 23, dans poi'Gens.
CULBUTER (kul-bu-té), V. a. || 1» Faire faire la culbute à quelqu'un, le renverser violemment. U le culbuta du haut en bas de l'escalier. J'ai transi de vous voir passer de nuit cette montagne [Tarare] que l'on ne passe jamais qu'entre deux soleils et en litière; je ne m'étonne pas si vos parties nobles ont été si culbutées, sÉv. 21. || Par extension. Culbuter l'ennemi, le rompre et le mettre en fuite. Caulaincourt répondit : vous m'y verrez tout à l'heure mort ou vif; il part aussitôt et culbute tout ce qui lui résiste; puis, tournant subitement à gauche avec ses cuirassiers, il pénètre le premier dans la redouta sanglante où une balle le frappe et l'aliat, sêgur, llist. de Napol. vu, 4 1. Dix mille chevaux russes, dans une rencontre d'avant-garde, avaient culbuté Sébastiani et sa cavalerie, ID. ib. vi, 4. || Fig. Culbuter quelqu'un, le faire tomber du pouvoir; ruiner son crédit. Une coalition dans le paiement culbuta le ministère tory. Les amis de Law tirèrent sur le temps et culbutèrent le garde dei sceaux, st-sim. 454, (44. || Terme d'imprimerie. Se dit en parlant des feuilles que l'on met tout de suite en retiration sur la même forme et que l'on retourna in-octavo. || i' V. n. Tomber, faire la culbute. Il Ht un faux pas et culbuta. Heurtantune porte.... ainsi [aussitôt] qu'elle obéit, je vins à culbuter, rêgnieh, Sat. X. Il Fig. Tomber du pouvoir ou de la richesse. Il faut relever d'anciennes familles qui relèveront la monarchie si elle culbute en Espagne, p. l. cour. Il, 267. Qu'un ministre culbute, Il doit tout, à l'en croire, emporter dans sa chute, c delav. la Popularité, IV, 3. La Touane et Sauvion, trésoriers de l'extraordinaire des guerres, culbutèrent et firent banqueroute, st-sim. 92, ais. ||3°Se culbuter, t. réft. Faire la culbute. Et les petits en même temps. Voletants, se culebutants, la font. Fabt. iv, 22. (La Fontaine a écrit ici culebuter, comme il écrivait culebute ; voy. culbute.)
— HIST. XVI' s. Les forts chevaux qui de peur tresbuscherent, Culebutans tous ensemble, arrachèrent Leurs cols du joug, marot, iv, 72. Et d'où vient que l'yvrognerie, la morsure du chien enragé, une fièvre ardente, un coup en la teste, une fumée montant de l'estomach, et autres accidens, feront culbuter et renverseront entièrement le jugement.... charron. Sagesse, i, li.
— ETYM. Cul , et buter ou bouter, mot» qui d'ailleurs sont étymologiquement identiques.
CUL
f CPLBUTECR (kul-bu-teur), s. m. Terme de physique. Petite figure représentant grossièrement un homme, et qui descend toute seule les degrés d'une sorte d'escalier, en faisant sur elle-même une culbute à chaque marche, par le seul déplacement de son centre de gravité.
— F.TYM. Culbuter.
COLBOTIS (kul-bu-ti), s. m. || l'Amas confus de choses culbutées, en désordre. || Scarron écrit culebulis : Çà, mettons la main à la plume. Et du rude culebutis De ces grands hommes mal bâtis Faisons une gaie peinture, Gigantom. ch. v. || 2° Action de culbuter, culbute. Hélas 1 si contre quelque butte Il eût fait une culebute , Par cet heureux culebutis Nous eussions été garantis, scarhon, Virg. trav. il.
— ÉTYM. Culbuter.