‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 493 sur 504 · CCL-DE-FOCR (ku-de-four) , s. m. Voy. fodr · texte numérisé non relu

CCL-DE-FOCR (ku-de-four) , s. m. Voy. fodr

CUL-DE-JATTE (ku-de-ja-f) , s. m. Voy. cul.

CUL-DE-LAMPE (ku-de-Ian-p'), s. m. Voy. cuL.

CUL-DE-POT ou CUL DE POT (ku-de-po).Voy. CUL.

CUL-DE-POULE (ku-de-poule) , s. m. Voy. cul.

CUL-DE-SAC (ku-de-sak) , s. m. Voy. cul.

CULÉE (ku-Iée) , s. f. Il 1° Terme d'architecture. Massif de maçonnerie qui soutient, dans leur poussée,les voûtes des dernières arches d'un pont. j| Culée d'arc-boutant, pilier qui soutient les retombées d'un arc-boutant d'église. || Terme de ponts et chaussées. Rang de pieux pour soutenir les terres. || 2° La culée du cuir est la partie la plus proche de la queue de l'animal. || 3° Terme de marine. Action de culer, chemin fait par l'arrière; coup que la quille d'un Taisseau donne quelquefois contre le fond. Schouten, en parlant d'un tremblement de terre qui se fit aux tlesMoluques, dit que les montagnes furent ébranlées, et que les vaisseaux qui étaient à l'ancre sur trente ou quarante brasses, se tourmentèrent comme s'ils se fussent donné des culées sur le rivage, BUPFON, Théorie de la terre, art. xvi. ||4°Ter£ae i d'eaux et forêts. Souche.

— ÉTYM. Cxtler.

1 t CULEMKNT (ku-le-man), s. m. Terme de marine. Action d'un navire qui cule.

— ÉTYM. Culer.

CULEU (ku-lé), V. n. \\ 1° Terme de marine. Aller en arrière. Mettre ou brasser les voiles à culer. Le navire est masqué par une épouvantable rafale et forcé de culer entre une mer horrible. Presse scientifique, t. II, p. 4)7. Il Le vent cule, il souflle d'une direction plus d'arrière qu'auparavant. || 2° Fig. Reculer en parlant des personnes et des animaux. || On dit aussi la charrette cula.

— HIST. XVI* s. El s'estant cuIé dedans ledit ruisseau, le renart entroit petit à petit pour faire fuyr toutes les puces du corps en sa teste, palissy, 87.

— ÉTYM. Cul; saintong. chuler.

■{■ CULEKON (ku-le-ron), «. m. Terme de manège. Partie de la croupière qui porte la queue du cheval.

— HIST. xvi' s. Culeron, ouws , Dict.

— ÉTYM. Cul.

t CULETIN (ku-le-tin), s. m. Terme de pêche, Voile que les pêcheurs de morue mettent pour hlter la dérive d'un vaisseau qui va côté en travers.

t CULETON (ku-le-ton) , s. m. Terme de forges. Partie opposée à la têtière des soufflets.

t CULICIDE (ku-li-si-d'), s. m. Terme de zoologie. Nom d'une famille d'insectes ayant pour type le genre cousin.

— ÉTYM. Lat. culex, cousin.

t CULICIFOUME (ku-U-si-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un cousin.

— ÉTYM. Lat. culex, cousin, insecte, et forma, forme.

t CULICIVORE (ku-li-si-vo-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui se nourrit de moucherons.

— ÉTYM. Lat. culex, cousin, et vorare, manger. CULIER (ku-lié), adj. m. Usité seulement dans

cette locution : boyau culier, le rectum.

— UIST. XV* s. On en a de vache et brebis. De buefs, de pourceaulx, de moutons, Boyaulx cuillers, pance et le pis. Teste de veau.... eust. desch. Poésies mss. t° 348, dans lacurne. || xvi* s. Un d'entre eux print un morceau de gros boyau collier [dans un plat de tripes], paré, Introd. 2.

— ÉTYM. Cul.

CULIÈRE (ku-liê-r'), s. f. \\ 1° Sangle de cuir au

; derrière d'un cheval pour maintenir le harnais.

I I] 8* Terme d'architecture. Pierre creuse qui reçoit

I la chute des eaux d'un tuyau de descente.

I — HIST. xiii* s. Il trouva un Turc qui estoit monté

sur le cheval Monseigneur Gauchier de Chasteillon,

et estoit la culiere toute sariglante du cheval, joinv.

— ÉTYM. Cul.

CUL

CULINAIRE (ku-li-nê-r') , ad]. Qui se rapporte \ la cuisine. Préparation culinaire. L'art culinaire, l'art de préparer les aliments.

— HIST. XVI" s. Culinaire, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. culinarius , de culina, cuisine.

t CULINAIREMENT(ku-li-nê-re-man), adv. Xla façon d'un cuisinier, selon l'art culinaire. Culinairement parlant.

— ÉTYM. Culinaire, et le suffixe ment.

fCULIT-API (ku-li-ta-pi), s. m. Arbre dont l'é-

corce est aromatique et sert de parfum (rubiacées). -f CULLAGE (ku-la-j'), s. m. Terme de féodalité. Droit prétendu par les seigneurs sur les nouvelles mariées la première nuit de leurs noces, et qiii se rachetait moyennant argent. || Se disait aussi d'une espèce de pourboire que le nouveau marié, en certaines contrées, payait à ses compagnons la première nuit de ses noces. || On trouve aussi l'orthographe culage.

— HIST. XV* s. Item a le dit seigneur au lieu de St Martin droit de cullage quant on se marie, DU CANGE, collecta. Il XVI* s. Les quelz compaignons envoyèrent ou dit hostel où se faisoient des nopces pour demander à l'espousé son culaige, ainsi qu'ilz ont accoustumé de faire ou dit lieu [St-Leu] en Rethelois, iD. culagium,

— ÉTYM. Cul.

•j- CULLETER (ku-le-té), V. a. Avoir le cul sur quelque chose, sur une selle, un siège. {| Terme vieilli.

— HIST. XV* s. Ce bon chevalier, qui tout le jour avoit oulleté sa selle tant à la questedes lièvres comme pour quérir logis, Lonis ja, Nouv. lxxxi.

— ÉTYM. Cul.

j CDLMIFÈRE (kul-mi-fê-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte un chaume, comme le blé, le seigle.

— ÉTYM. Lat. eulmus, chaume, et fer, qui porte, t CULMINANCE (kul-mi-nan-s') , s.- f. Terme de

géologie. Nom donné aux points les plus élevés d'un terrain, d'une chaîne Le piton duTrenze, pyramide haute, rudement sculptée, n'est, malgré son aspect ardu, que l'extrémité d'une arête détachée desculminances granitiques du Bois-des-Armes, fournet, Acad. des se. Comptes rendus, t. lu, p. Ht s.

— ÉTYM. Culminant.

CULMINANT, ANTE (kul-mi-nan , nan-t'), adj. Terme d'astronomie. Qui culmine. || Pointculminant, point du ciel où un astre atteint sa plus grande hauteur sur l'horizon. || Parextension. Le mont Blanc est le pointculminant des Alpes. || Fig. Le plus haut degré. Le point culminant de sa fortune.

— ÉTYM. Culminer.

CULMINATION (kul-mi-na-sion) , s. f. Terme d'astronomie. La plus grande élévation qu'un astre atteigne au-dessus de l'horizon ; le moment de cette plus grande élévation. La longitude de Batna a été provisoirement déduite de la carte de la province de Constantine et de l'observation de quelques culminations lunaires combinées avec les observations correspondantes de Greenwich, Comptes rendus, Acad. des sciences, t. Li, p. 991.

— ÉTYM. Culminer.

CULMINER (kul-mi-né), v.n. Terme d'astronomie. Atteindre son point culminant en parlant d'un astre. L'astre culmine quand il passe au méridien. La médaille représente un combat, avec un soleil qui culmine sur la tête des combattants, volt. Siècle de Louis XIV, 9.

— ÉTYM. Lat. culminare, de culmen, sommet

(voy. COMBLE 3).

CULOT (ku-lo ; le f ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. Il 1° Terme enfantin. Petit cul. Si tu n'es pas sage, je te donnerai sur ton culot. || 2° La partie la plus basse d'une lampe d'église. || La partie la plus basse d'un bénitier de chambre. || 3° 'Terme de fondeur. Lingot qui reste au fond du creuset après la fonte. || Masse métallique qui se trouve au fond du creuset, après une fonte en petit qu'on a exécutée dans un laboratoire. || Plateau de terre cuite sur lequel on pose le creuset dans le fourneau pour le garantir de l'action trop vive du feu. || i° Résidu noirâtre qui s'amasse au fond d'une pipe. Il 5° Terme d'architecture. Ornement de sculpture et d'architecture approchant de la forme d'une tige d'où naissent des fleurs, des feuillages. || 6° Terme de métier. Escabelle sur laquelle le miroitier pose la sébile au vif-argent. || Terme de chandelier. Culot du moule, espèce de petit entonnoir mobile fait de fer-blanc ou d'étain. || 7° Terme de marine. Fond d'une gargousse. || Terme d'artillerie. La partie d'une bombe diamétralement opposée à la fusée et où le métal a le plus d'épaisseur. || Terme d'artificier.

CUL

Base de la fusée sur laquelle on appuie la cartouclie pour la charger. ||8° Nom vulgaire du dernier éclos d'une couvée. || Nom vulgaire du dernier expulsé des fœtus chez les mammifères qui font plusieurs petits, comme les chiennes, les lapines, les truies, etc. lequel, occupant le fond de la corne utérine, est généralement plus petit et moins vigoureux que les autres. || Populairement, le dernier né des enfants dan:, une famille. || Fig. Le culot d'une compagnie, le dernier reçu dans une compagnie. Il 9° S. m. pi. Terme de géognosie. Dykes terminés en cônes ou en dômes.

— HIST. xvi* s. Avec des marchands estrangers pour fournir quantité de cuivres, rosette, potin, culot, hallebardes, estain, mitraille et autres métaux, SULLY, If^m. t. IV, p. 78, dans LACURNE. Qui ne chastie culot, ne chastie culasse, cotgbavb.

— ÉTYM. Cul ; wallon, coulo, houlo.

+ CULOTTAGE (ku-lo-ta-j'), s. m. Action de culotter. Il Action de noircir, en fumant, le bas du fourneau d'une pipe.

— ÉTYM. Culotter.

CULOTTE (ku-lo-f), s. f. || 1" Vêtement d'homme, qui couvre depuis la ceinture jusqu'au bas des jambes. || Culotte courte, et, par abréviation, culotte, vêtement qui couvre depuis la ceinture jusqu'au dessous des genoux. Culotte à boucles. Je ne lui ai point fait de visite [à M. de Gérando] , parce qu'il m'eût fallu pour cela une culotte et un chapeau d'une certaine façon, p. L. COUR. Lett. ii, 9. || Culotte de peau, culotte faite en peau qui a été autrefois à l'usage des militaires; et, figurément et familièrement, un militaire qui n'a rien d'élevé au-dessus de sa profession. Ce n'est qu'une culotte de peau. Une vieille culotte de peau. || Fig. Dans celte maison c'est la femme qui porte la culotte, elle est plus maltresse que son mari. || On dit aussi une paire de culottes, ou, simplement, des culottes. Apportez-moi mes culottes. Les culottes du médecin ne tomberaient pas d'elles-mêmes le soir, entraînées par le poids de l'argent.... dider. Lett. || 2° Terme de boucherie. Partie de la cuisse du bœuf qui comprend l'échiné depuis le dessus de la queue jusqu'au filet et à peu près, en allant en pointe vers le pis, entre îâ tranche grasse et la bavette. || Terme de cuisine. Culotte de pigeon , la partie de derrière d'un pigeon. Il 3° La culotte d'un pistolet, le morceau de métal rond et creux qu'on attache au bout de la poignée d'un pistolet. || 4° Tuyau de plomb, de fonte, de tôle ou déterre cuite, ayant deux branches et destiné à réunir deux suites de tuyaux ou embranchements. Il 5° Culotte de Suisse , nom de certains verres à patte dont on se servait pour boire, ainsi nommés parce qu'ils étaient rayés comme la culotte que portaientalors les Suisses. || 6° Culotte de Suisse, coquille univalve. || Culotte de velours, variété de coq. Il Culotte de chien, espèce d'oranger. || Cuiotte de Suisse, variété de poire de la forme de la poire d'Angleterre, mais rayée de bandes vertes et jaunes qui alternent. || Culotte se dit, dans les grands* feuilles de l'anémone, de la moitié qui est la plus proche de la queue. || 7° Partie d'une pipe noircie par le tabac. || 8° Terme de marine. Culutteou paire de culottes, sorte d'étendard. || Tailler des culottes à un navire, le forcer à mettre toutes ses voiles dehors pour la fuite. || 9° Dans un langage trèsfamilier, au domino et à quelques autres jeux, perte (le toutes les parties que l'on joue. Quelle culotte! Donner une culotte. |{ C'est aussi, au domino, la perle d'un seul coup, quand cette perte est d'un nombre de points élevés. On dit aussi qu'un domino est culotte quand il n'y en a pas d'autre semblable dans les dés pris. Ainsi le joueur qui pose le double six n'ayant pas d'autre six pose un dé culotte. Il 10° Dans un langage très- tri vial , sedonner, prendre une culotte, s'enivrer.

— REM. On emploie souvent culotte pour pantalon; il y a cependant une différence entre ces deux parties de l'habillement : la culotte se dit de tout le vêtement inférieur, allant jusqu'au bas de la jambe, mais plus souvent s'arrètant au genou; le pantalon ne se dit que du vêlement qui descend jusque sur le cou de pied.

— ÉTYM. Cul ou culot; saintong. chulotte. CULOTTÉ, ÊE (ku-lo-té, tée), part, passé. Cet

homme est mal culotté. Votre Majesté Est mal culottée, Chanson du roi Dagobert. || Pipe culottée. || Ou dit que les pieds de certains oiseaux sont culottés, lorsque les plumes des cuisses sont allongées et pendantes.

CULOTTER (ku-lo-té), t;. a. || !• Mettre, attachei la culotte à quelqu'un. Culotter un enfant. || Absolument. Ce tailleur culotte bien, il fait des cuiotlts

CUL

qui vont bien. || 2° Populairement, culotter une pipe, lui donner, à force de fumer dedans, un certain enduit noir dans le lias du fourneau qui rend l'usage de cette pipe beaucoup plus agréable. Elle [Malvina] fumait des panatellasot culottait des pipes vec un bonheur particulier, reybaud, Jérôme Pâturât, I, H. Maintenant, guerrier, ajouta Malvina, acceptez cette pipe, et culottez-la en mon honneur, ID. tb. Il 3° Se culotter, v. réft. Mettre sa culotte. Cet enfant ne peut encore se culotter. || Devenir culotté. Cette pipe commence à se culotter.

— ÉTYM. Culotte.

+ CULOTTEUR ( ku-lo-teur ) , «. m. Celui qui culotte des pipes.

— ÊTYM. Culotter.

CULOTTIER (ku-lo-tié;rrne se liejamais),î. w. Celui qui fait et qui vend des culottes de peau, des gants, des guêtres de cuir, etc. || Adjectivement, Marchand culotlier.

— ÉTYM. Culotte.

t CULOTTIÈRE (ku-lo-tiê-r') , s. f. Ouvrière qui fait des culottes, des pantalons. |{ Adj. Marchande culottière.

— Rtym. Culotte.

t CULOTTIN (ku-Io-tin), s. m. Anciennement, espèce de culotte fort étroite. || Fig. Enfant nouvellement culotté.

— ÉTYM. Culotte.

CULPABILITÉ (kul-pa-bi-li-té), s. f. Ëtat de celui qui est coupable, ou de ce qui est coupable. La culpabilité de l'accusé n'est pas douteuse. La culpabilité d'une action.

— REM. Ce mot ne se trouve ni dans Richelet, ni dans Furetière, ni dans les anciennes éditions de l'Académie.

— ÈTYM. Lat. culpabilù, coupable (voy. ce mot), •j- CUL-ROUSSELKT (ku-rou-se-lè), s. m. Un des

noms vulgaires de la sylvie rouge-queue (oiseaux insectivores), appelée aussi rossignol de muraille, le-

GOARANT.

— ÉTYM. Cul, etrousselet, diminutif de roux.

t CUL-ROUSSET (ku-rou-sè), s. m. Nom sous lequel Buffon a décrit l'emfc^rwe des prairies (oiseaux granivores), nommée par d'autres bruand du Canada. Il Un des noms vulgaires de la sylvie suédoise (granivore) dite aussi gorge-bleue , ou fauvette gorgebleue de certains auteurs, lçgoarant. || Au plur. Des culs-roussets.

— ÉTYJI. Cul, et rousset, diminutif de roux. CULTE {kul-t'),s.tn. Il l°Honneurqu'on rend àla

Divinité. Le culte du vrai Dieu. Le culte divin. Les théologiens distinguent trois sortes de culte : celui de latrie qui n'appartient qu'au souverain être; celui de dulie, qui se rend aux saints; et celui d'hyperdulie qu'on doit à la sainte Vierge. La réponse des Juifs était aisée : Les illusions des magiciens n'ont jamais un effet durable, ni ne tendent à établir, comme a fait Moïse, le culte du Dieu véritable et la sainteté de vie, Boss. Hist. ii, 4 2. Quel est cet aveuglement dans une âme chrétienne, et qui le pourrait comprendre, d'être incapable de manqueraux hommes et de ne craindre pas de manquer à Dieu ; comme si le culte de Dieu ne tenait aucun rang parmi les devoirs, id. Anne de Gom. || 2° Dans les religions polythéistiques, honneurs qu'on rend aux dieux. Le culte des idoles, des faux dieux. Les Chinois rendent à leurs ancêtres une espèce de culte. Qui oserait raconter les cérémonies,des dieux immortels et leurs mystères impurs? Leurs amours, leurs cruautés, leurs jalousies et fous leurs autres excès étaient le sujet de leurs fêtes, de leurs sacrifices, des hymnes qu'on leur chantait, et des peintures que l'on consacrait dans leurs temples; ainsi le crime était adoré et reconnu nécessaire au culte des dieux, boss. Hist. II, 5. Platon, qui voyait la Grèce et tous les pays du monde remplis d'un culte insensé et scandaleux, ne laisse pas de poser comme un fondement de sa république, qu'il ne faut jamais rien changer dans la religion qu'on trouve établie et que c'est avoir perdu le sens que d'y penser, id. ib. Ces enseignes étaient aux soldats un objet de culte, id. ib. ii, 9. Il se mêlait de la politique dans les honneurs qu'ils fies païens] rendaient à Jésus-Christ : ils prétendaient qu'à la fin les religions s'uniraient et que les dieux de toutes les sectes deviendraient communs; les chrétiens ne connaissaient pas ce culte mêlé et ne méprisèrent pas moins les condescendances que les rigueurs de la politique romaine, ID. Hist. ii, <2. Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites Qui, lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel.... rac. Ath. iv, 3. jj Kig. Se vouer au culte des muses, s'adonner à la poésie, aux arts libéraux. || 3" Religion considérée dans ses

CUL

manifestations extérieures. Interdire, abolir, rétablir un culte. La liberté des cultes. Après avoir marqué que les Romains avaient honoré les dieux sans statues pendant plus de <70 ans, Varron ajoute que, si l'on avait conservé cette coutume, le" culte des dieux en serait plus pur et plus saint, rollin, Hist. ane. Œuvres, l. II, p. 442, dans pougens. Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l'établir par la force, j. j. Rouss. Lettre à l'arch. de Paris. Ne confondons point le cérémonial de la religion; le culte que Dieu demande est celui du cœur, et celui-là, quand il est sincère, est toujours uniforme, id. Èm. IV. Je lui dirai le culte où mon cœur est lié, VOLT. Zaïre, v, 3. Pour un de ces tyrans que notre culte abhorre, id. Tancr. n, e. || Le culte extérieur, les cérémonies qui se pratiquent au dehors des temples. La religion des Natchez se bornait à l'adoration du soleil; mais cette croyance était accompagnée de beaucoup de culte, et, par conséquent, suivie de mauvais effets, raynal, Hist. phil. xvi, 7. Il Le culte domestique, les prières, les lectures pieuses, etc. qui se font en commun dans la famille. Il 4° Par extension, vénération profonde. Ils rendaient à sa mémoire une sorte de culte. Impatient des cultes qu'on rend à la fortune d'un ministre, iiAMiLT. Gramm. 6. Fagon aimait en tout la médecine jusqu'au culte, st-sim. h , <B8. Oui, j'eus pour Scipion Ce culte qu'il est doux d'accorder au génie, M. J. cnÉN. Gracques, ii, 3. Eh I qui pourrait compter tous les cultes divers Qui font de l'intérêt le dieu de l'univers? DELiLLE, Imng. vm.

— REM. Vaugelas observe que culte est fort nouveau dans la langue; que Coeffeteau n'en a jamais usé, le rejetant à cause de sa rudesse et de la mauvaise équivoque, et que plusieurs personnes de la cour, hommes et femmes, le condamnent et ne le peuvent souffrir; mais pourtant qu'il est employé par les meilleurs écrivains, Bossuet, Bourdaloue, Fléchier,etc. Culte a heureusement triomphéde tous ces obstacles.

— ÉTYM. Lat. cultus, de euï<«m, 'supin de colère, cultiver.

t CDLTELLAIRE (kul-tèl-lê-r') , adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un couteau. Cautère cultellaire.

— HIST. XVI* S. Des quels cautères aucuns sont cultellaires, les autres ponctuels, les autres olivaires,

— ÉTYM. Lat. cultellus, couteau.

•j- CULTEIXATION (kul-tèl-la-sion), s. f. Terme d'arpentage. Quand le terrain à mesurer a une déclivité très -sensible, on est obligé d'effectuer le chaînage en descendant, et le porte-chalne tient la poignée de la chaîne à une certaine hauteur audessus du sol, pour qu'elle soit au même niveau que l'autre poignée. Se retournant alors vers le portechaîne pour juger de la hauteur à laquelle il doit tenir sa poignée, il met en contact avec celle-ci extérieurement la fiche plombée et la laisse tomber verticalement, en ayant soin de ne faire aucun mouvement qui puisse donner à cette fiche une impulsion oblique. Elle s'implante dans le sol par la pointe, marquant ainsi le pied de la verticale. Le porte-chaîne l'enlève et la remplace par une fiche ordinaire, que le chaîneur lève ensuite après que la fiche suivante a été plantée. Cette manière de déterminer le pied de la verticale qui correspond à la poignée de la chaîne élevée au-dessus du sol constitue ce que l'on appelle la cultellalion. Dans l'origine, on se servait, au lieu de la fiche plombée, d'un couteau qu'on tenait suspendu la pointe en bas et qu'on laissait tomber; en s'implantant dans le sol il marquait le pied de la verticale, breton de champ.

— ÉTYM. Lat. cultellus, à cause du couteau, cultellus, qui était employé à cette opération.

t CULTISME (kul-ti-sm'), s. m. Système de recherche et d'affectation qui prévalut pendant quelque temps dans la littérature espagnole, et l'école du poète Gongora.

— ÉTYM. Espagn. culio, poli, recherché, et la terminaison isme qui signifie l'étude spéciale et exclusive d'une chose.

CULTI'VABLE (kul-ti-va-bl') , adj. Susceptible do culture. Un sol cultivable. Les pays les plus aisément cultivables sont nécessairement les premiers peuplés et les premiers florissanls,voLT. Jfœurî, ir^trod. Syrie.

— ÉTYM. Cultiver:

CULTIVATEUR, TRICE (kul-ti-va-teur, tri-s'), s. m. et f. Il 1° Celui qui cultive la terre ou un certain produit de la terre. Un riche cultivateur. Un cultivateur de lin, do trèfle. L'agriculture ne peut se perfectionner que lorsque des propriétaires riches, devenus cultivateurs, s'occuperont des pro-

CUL

grès de l'arl par eurio;ité, par intérêt, par ce sentiment naturel qui attache l'hommo à l'objet de ses travaux, condorcet, Duhamel. Sages cultivateurs, dans vos humbles asiles Vos hiver» sont remplis, vos loisirs sont utiles, st-lambkht, Saisont, hiver. Un sage cultivateur doit dépenser ses moments avec la même économie que ses revenus, BABTiiÉL..^nac/i. ch. 69. Nouveau cultivateur, armé d'un aiguillon, L'Amour guide le soc et trace le sillon; Il presse sous le joug les taureaux qu'il enchaîne; Son bras porte le grain qu'il sème dans la plaine, a. chên. p. 74. || Dans certaines provinces, celui qui est à la tête d'une exploitation agricole \\ Au féminin, cultivatrice. Dans un village habile une demoiselle L.... cultivatrice, âgée de 74 ans, Joum.det Débats, îdéc. (860. ||jld;. Les peuples cultivateurs. Le premier fondement d'une société cultivatrice ou commerçante est la propriété, saynal, Hist. phil. xviii,35. Le fer cultivateur et le bronze qui tonne, BRLiiLe, Trois règn es, V. \\ i' S. m. Cultivateur, charrue légère, remplaçant la houe dans les binages, employé conséquemment dans la culture des plantes en lignes, et caractéri.s6 par l'existence du versoir. Il Nom donné aussi, dans la pratique, aux binoirs, aux Ijuttoirs, aux houes à cheval, aux ratissoirg, aux scarificateurs, auxextirpateurs,qui remplacent dans quelques circonstances le cultivateur proprement dit.

— REM. Cultivateur n'est, dans le Dictionnaire de l'Académie, qu'à partir de l'édition de (782. Hais c'était un mot tombé en désuétude; car il estdao* les plus anciens textes de la langue.

— HIST. XII* s. X tei dunrai la terre de Chanaan; cum il esteient de petit nurabre, e très poi [peu] li cultivedur de li [elle], Liber psalm. fia. E Jacob cultivere fuden la terre de Cham, ib. p. (68. jjxiv'S. Aus cultivateurs et laboureurs de terre. — Les cultiveurs des terres et les pasteurs, oresme. Thèse de MEUNIER. Il XV* s. Cultivateur de paix [celui qui aima la paix], JUVEN. des orsins, Hist. de Charles VI, p. 290, dans LACDRNE. Il xvi* s. Au moyen de l'industrie et diligence des cultivateurs d'icelle [langue française], dubell. i, 6, verso.

— ÉTYM. Cultiver; provenç. cultivaire, coUivador; espagn. coltivador; ital. cottivalore. Le provençal cultivaire et le vieux français cultivere sont le nominatif singulier; le provençal coltivador et le vieux français cuitiredur sont le régime singulier; au pluriel, le nominatif est cultivedur, et le régime cultivedurs. Cultivedur ou cultivedor s'est changé en cuUiveur; et odlivateur est plus récent et tiré directement de cultiver; cuUiveur élait plus court et plus logique.

tCULTIVATION (kul-ti-va-sion), s. f. Travail nécessaire pour mettre la terre en culture. On juge avec raison que, lorsqu'une nation n'est recherchée ni dans sa nourriture, ni dans son haliillemcnt, ni dans son logement, il suffit, pour la faire subsister dans l'abondance et dans l'aisance, d'employer le quart des citoyens aux travaux journaliers de la cultivation et des arts grossiers, condillac, Comm joue, part. I, ch. 28. Loin d'attaquer la cultivation des colonies par des impôts, on devrait l'encourager par des libéralités, ratnal, Hist. phil. xiii, 61. Celui qui, comme Penn, ordonnerait la cultivalion de sa colonie, et lui défendrait la guerre, celui-là, sans doute, serait un dieu sur la terre, id, ib. zii, 9.

— HIST. XVI* s. Cultivation, cotoravb.

— ÉTYM. Cultiver.

CULTIVÉ, ÉE (kul-ti-vé, Tée) , part, passé. || 1* Mis en culture. Un terrain bien cultivé. Les pays no sont pas cultivés en raison de leur fertilité, mais en raison de leur liberté, monte.sq. Esp. xviii, 3. Tout terrain qui n'est pas cultivé appartient également à tous les hommes, CONDILLAC, Hist. ane. Lois, cb. 4 6. Qu'elle est belle cette nature cultivée! que par les soins de l'homme elle est brillante et pompeusement parée ! buff. Morceaux choisis , p. 2 < , || 2* Fig. Les bons sentiments cultivés dans cet enfant par sa mère. Les lettres et les sciences cultivées dans nos pays. Pour de l'esprit, elle n'en manque pas; elle l'a même a<:sez cultivé, lesage, Gil Bios, it, «. Il étudia la langue anglaise, presque inconnue en France à l'époque où il aurait pu l'apprendre, mais devenue pendant son ministère la langue étrangère la plus cultivée, CONDORCET, Jfaurepos. jj Un esprit cultivé, un homme instruit, orné de connaissances agréaliles. Un bon esprit cultivé est, pour ainsi dire, composé de tous les esprits des siècles précétlents, foxtb.n. Digr. ane. et mod. Œuvres, t. iv, p. <94,dans poocems. Si ce siècle n'est pas celui des grands talents, il est celui des esprits cultivés, volt. Lett. Urne duDejfant, 24 sept. 1788. Il n'ya rien de suivi dans les conseils

CUL

de ces nations sauvages et mal cultivées, boss. Ilùt. ni, 3- Il 3°Entretenu, conservé. D'honorables amitiés cultivées avec un soin digne de louange.

t CDLTIVEMENT (kul-ti-ve-man) , s. m. L'action de cultiver. Le cuUivemerit des terres.

— HiST. xiv's. Toutes choses appartenantes au cultivement [culie] des demones, oresme, Élh. <I4. Je regarderai l'onneur et le cultivement de Dieu et des églises, Chr. deSt-Venis, t. i, f <80, dans LACURNE. Il XV* S. Une autre porcion de peuple fu par lui commise au labour et coultivement des terres, CHRIST. DE piSAN, C/ioWcs F,ii, 2. 1| xvi* S. On laisse les pauvres ignares pour le cultivement de la terre,

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